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(Vingt heures vingt-six minutes)
Le Président (M. Blouin): À l'ordre, s'il vous
plaît:
MM. les membres de la commission, la commission élue
parlementaire des transports entame ses travaux dans le but d'étudier,
article par article, trois projets de loi, le projet de loi 15, Loi modifiant
la Loi sur l'expropriation et le Code civil, le projet de loi 25, Loi sur la
Société québécoise des transports, et le projet de
loi 31, Loi modifiant la Loi sur les transports.
Les membres de la commission sont M. Leduc (Saint-Laurent), Mme Juneau
(Johnson), M. Bourbeau (Laporte), M. Clair (Drummond), M. Lachance
(Bellechasse), M. Baril (Artha-baska), M. Tremblay (Chambly), M.
Lévesque (Kamouraska-Témiscouata), M. Mathieu (Beauce-Sud), M.
Rodrigue (Vimont), M. Marx (D'Arcy McGee).
Les intervenants sont: M. Assad (Papineau), M. Bisaillon (Sainte-Marie),
M. Brouillet (Chauveau), M. Caron (Verdun), M. Cusano (Viau), M. de
Bellefeuille (Deux-Montagnes), M. Gauthier (Roberval), M. Houde (Berthier), M.
Perron (Duplessis).
Avant de commencer nos travaux, je demande aux membres de la commission
de nous indiquer qui sera rapporteur de cette commission.
M. Clair: M. le Président, je voudrais proposer que le
député de Bellechasse puisse agir comme rapporteur de cette
commission.
M. Marx: Adopté de façon unanime.
M. Lachance: Moyennant quelques kilomètres d'asphalte, M.
le Président, je pourrai accepter volontiers cette tâche
ardue.
Le Président (M. Blouin): Est-ce que vous acceptez, M. le
ministre?
M. Clair: Oui, oui, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Les kilomètres
d'asphalte?
M. Clair: Non.
Projet de loi 15
Le Président (M. Blouin): Très bien. Alors, le
député de Bellechasse sera le rapporteur de cette commission.
Sans plus tarder, je demanderai au ministre des Transports de nous livrer ses
remarques prélimi- naires relativement au projet de loi 15, Loi
modifiant la Loi sur l'expropriation et le Code civil. M. le ministre, vous
avez la parole.
M. Clair: Merci, M. le Président. En ce qui concerne les
remarques préliminaires, je me référerai simplement au
discours que j'ai tenu en deuxième lecture. Je pense qu'il n'y a pas
beaucoup de choses à ajouter à ce que j'ai déclaré
au moment du discours en deuxième lecture.
Cependant, M. le Président, j'avais indiqué, au moment de
l'adoption en deuxième lecture de ce projet de loi que nous aurions des
amendements à proposer à ce projet de loi. Afin justement de
tenir compte des amendements qui seront proposés, je voudrais, dans un
premier amendement, proposer que le titre même du projet de loi 15 soit
modifié pour s'intituler plutôt "Loi modifiant la Loi sur
l'expropriation, le Code civil et la Loi sur la Communauté urbaine de
Montréal". Je m'explique sur cela, M. le Président. Dans une
bonne mesure, c'est une question de concordance. Mais aussi, à la
demande de la Communauté urbaine de Montréal, nous allons, mon
collègue des Affaires municipales et moi-même, proposer certains
amendements qui concernent le pouvoir d'expropriation de la Communauté
urbaine de Montréal. Je pense que ce serait plus conforme si le titre du
projet de loi était modifié de cette façon.
M. Marx: Tout à fait d'accord, parce que souvent les
titres des lois peuvent être trompeurs et ici ce serait exact.
Adopté.
Le Président (M. Blouin): Est-ce que de là nous
pouvons considérer que le titre même du projet de loi est
modifié et que, dorénavant, nous devrons lire "Loi modifiant la
Loi sur l'expropriation, le Code civil et la Communauté urbaine de
Montréal"? Cette modification est adoptée?
M. Marx: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Très bien.
Modifications à la Loi sur
l'expropriation
M. Clair: On pourrait immédiatement entamer l'étude
article par article, M. le Président. Les articles 1 et 2 sont deux
articles qui sont interreliés puisque l'un modifie l'article 4 de
la Loi sur l'expropriation et l'autre ajoute après l'article 4 un
article 4.1. En fait, l'article 2 de la loi actuelle divise le tribunal en deux
sections: l'article 4 précise que le président et le
vice-président ont le même statut; l'article 7 énonce que
les membres siégeant dans les causes portées devant le tribunal
sont désignés, dit la loi, par le président ou, suivant le
cas, par le vice-président; l'article 16 prévoit que les membres
du tribunal sont - et je cite encore la loi - soumis à la surveillance
du président ou, suivant le cas, du vice-président. Le tribunal
est donc un organisme bicéphale. Il ne semble pas, ce qui est plus rare,
que le président ait un contrôle sur l'ensemble de l'organisme,
à savoir ces deux sections. Lorsque, sur le plan administratif, des
ministères ou des organismes ont à s'adresser au tribunal, il ne
semble pas qu'il y ait un interlocuteur dont l'autorité ne fait aucun
doute. De plus, la confirmation du statut du président comme dirigeant
de cet organisme devrait faciliter la réalisation d'une réduction
du personnel, car celui-ci, comme le prévoit le nouvel article, aurait
la direction de l'ensemble du travail. Alors, voilà, M. le
Président, l'explication de l'article 1 et de l'article 2 du projet de
loi.
M. Marx: Ce soit être une des seules lois où le
président et le vice-président ont le même statut.
Normalement, le président a quelque part plus de pouvoirs que le
vice-président. C'est la première fois que je vois un projet de
loi où ils ont tous les deux le même statut. Je ne suis pas...
M. Clair: Je pense que le député de D'Arcy McGee a
raison. Généralement, ce n'est qu'en cas d'absence ou
d'incapacité d'agir que le vice-président a les mêmes
pouvoirs. J'ignore les motifs pour lesquels, à l'origine, au moment de
l'adoption de la Loi sur l'expropriation, une telle formule avait
été retenue en 1973, mais il est apparu qu'il fallait
effectivement préciser le texte de la loi afin de bien préciser
que le président du Tribunal de l'expropriation est sur le plan
administratif comme sur le plan quasi judiciaire le dirigeant de cet
organisme.
M. Marx: La seule différence est à l'article 2 -
l'article 4.1 dans la loi - où le vice-président exerce ses
pouvoirs sous l'autorité de président, donc même...
M. Clair: Qui vient préciser.
M. Marx: ...s'ils ont le même statut, les deux sont
égaux mais un est plus égal que l'autre.
M. Clair: Oui. C'est probablement à cause de la technique
législative qu'à l'époque, on procédait de cette
façon-là alors qu'aujourd'hui, on procède à
l'inverse en disant que c'est en cas d'incapacité, ou d'absence, ou de
délégation des pouvoirs du président à son
vice-président que celui-ci a pleine autorité. J'imagine que, sur
le plan de la technique législative, à l'époque, on avait
retenu cette formulation et, plutôt que de reformuler tous les articles,
on apporte simplement ces précisions.
M. Marx: D'accord.
Le Président (M. Rodrigue): L'article 1 est-il
adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Si vous me le permettez, je ne sais pas
si c'est le moment, je regardais le cas de la ville de Saint-Laurent où
on a préparé un projet de loi pour exproprier un fonds
industriel. C'est en vertu de quelle loi? Y a-t-il une loi spécifique
qui est requise chaque fois ou s'il y a une loi-cadre?
M. Clair: Dans la Loi sur l'expropriation, il n'y a pas de
pouvoir d'expropriation de conféré à quelque organisme que
ce soit. C'est une procédure de la Loi sur l'expropriation. J'imagine
que la ville a soit par sa charte ou par la Loi sur les cités et villes
des pouvoirs d'expropriation. Ce à quoi le député fait
peut-être référence, c'est qu'il existait certaines
difficultés - on y reviendra plus tard - en ce qui concernait la
capacité de villes ou de municipalités ou de la Communauté
urbaine de Montréal de procéder à des expropriations et de
pouvoir procéder soit à des échanges de terrains ou de
céder le terrain avant que l'expropriation soit complétée,
ce qui rendait complexes les transactions pour les municipalités en
matière de développement des parcs industriels. C'est la
Communauté urbaine de Montréal, en particulier, qui m'avait
pressé de faire adopter ce projet de loi afin de solutionner le
problème en question.
M. Leduc (Saint-Laurent): Je me demandais si c'était
soumis à la Loi sur l'expropriation. J'ai regardé dans la Loi sur
les cités et villes et je n'ai vu nulle part un article qui disait que
la ville pouvait exproprier pour des fins industrielles et des fonds
industriels. Je regardais le projet de loi, évidemment, c'est pour
Ayerst. C'est qu'on permettra à Ayerst d'acheter un morceau de terrain,
c'est-à-dire de gré à gré ou par expropriation.
C'est bien sûr que le propriétaire a sauté au plafond
lorsqu'il a reçu cela. Il y a eu des discussions. Il a dit: C'est mon
bien. Est-ce qu'on a le droit de m'exproprier pour ces fins? J'étais au
courant, parce que, personnellement, je me
suis déjà fait exproprier en vertu de cette loi que je
trouve exorbitante.
M. Clair: Monsieur...
M. Leduc (Saint-Laurent): Ce n'est pas pour des fins municipales.
En fait, c'est pour permettre un développement industriel. On permet
à des entreprises privées d'acquérir -c'est exactement
cela - par expropriation. La ville achète et revend ensuite.
M. Clair: M. le Président, sur cette question, encore une
fois, la Loi sur l'expropriation ne confère aucun pouvoir
d'expropriation à qui que ce soit. Tous les expropriants, privés
ou publics, sont soumis au mécanisme de la Loi sur l'expropriation.
D'ailleurs, des expropriants privés, je pense qu'il n'y a plus
guère que la Johns-Manville qui a un pouvoir d'expropriation et
Québec Téléphone.
En ce qui concerne les fonds industriels, on va vérifier la Loi
sur les fonds industriels, qui comporte peut-être des dispositions qui
habilitent une municipalité, pour des fins de création d'un fonds
industriel, à procéder à certaines expropriations.
Mais, encore une fois, M. le Président, nous ne modifions pas ici
les droits de qui que ce soit d'exproprier. On ne confère pas des droits
à l'expropriation. On indique seulement, par la Loi sur l'expropriation
et les amendements quels sont les droits et obligations de ceux qui ont le
pouvoir d'exproprier, c'est-à-dire les expropriants et les
expropriés.
M. le Président, je n'aime pas la remarque du
député. Il dit: Je n'ai pas de réponse. La réponse,
je la lui donne, elle n'est pas dans cette loi-ci.
M. Leduc (Saint-Laurent): Elle n'est pas dans les fonds
industriels non plus. Cela doit être en vertu du pouvoir
général d'exproprier.
M. Clair: Peut-être que son droit serait contestable.
D'ailleurs, vous le verrez, on a des dispositions en ce qui concerne la
possibilité de contester le droit à l'expropriation. Est-ce que
les articles 1 et 2 sont adoptés, M. le Président?
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Est-ce qu'il y a eu des
amendements? Je m'excuse, j'ai dû m'absenter pendant trois minutes.
M. Clair: Non, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Les articles 1 et 2 sont-ils
adoptés?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 3.
M. Lachance: M. le Président...
M. Clair: Oui.
Le Président (M. Blouin): Monsieur...
M. Lachance: Ce n'est pas spécifiquement sur l'article 3,
c'est peut-être sur la portée générale de la loi.
Pour ma connaissance des dispositions de cette loi et surtout pour sa
portée, j'aimerais savoir de la part du ministre ce qui arrive des
causes qui ont été introduites au Tribunal de l'expropriation
avant la sanction de cette loi et, de façon particulière,
à quel moment cette loi commencera à s'appliquer.
M. Clair: C'est à l'article 33, M. le Président,
qu'on indique - c'est un certain nombre d'articles qui tiennent davantage de la
technique que des articles de fonds - que certains articles s'appliquent aux
affaires pendantes qui, pour le surplus tout comme les réserves
existantes, continuent à être régies par la Loi sur
l'expropriation telle qu'elle se lisait avant l'adoption de la présente
loi. Il est prévu qu'il y a un certain nombre d'articles qui entrent en
vigueur le jour de la sanction de la loi et que d'autres entreront en vigueur
sur proclamation du gouvernement.
M. Lachance: De façon très spécifique, M. le
Président, dans le cas d'une municipalité qui trouverait la loi
en vigueur présentement plus intéressante que celle qui s'en
vient, est-ce qu'elle pourrait éventuellement dire: Je me
dépêche à apporter au Tribunal de l'expropriation une cause
avant que cette loi ne soit adoptée?
M. Clair: Tant que la loi n'est pas proclamée, oui. Une
municipalité peut effectivement procéder plus rapidement qu'elle
ne l'avait envisagé à une expropriation, mais encore faudrait-il
que l'exercice par la municipalité de son droit à l'expropriation
soit conforme à la loi actuelle qui est quand même très
exigeante également.
M. Lachance: Merci.
Le Président (M. Blouin): Je signale aux membres de la
commission que nous avons un travail à abattre ce soir et que nous
allons nous contraindre un peu à intervenir sur les articles au moment
où ils sont appelés, sinon, je pense qu'on ne réussira pas
à s'en sortir. Nous appelons l'article 3.
M. Marx: Oui, le cas échéant, on est prêt
à laisser parler l'adjoint parlementaire au ministre des
Transports...
Le Président (M. Blouin): Article 3, s'il vous
plaît! M. le ministre.
M. Marx: Ah! c'est lui, je me suis trompé de
député!
M. Clair: M. le Président, en ce qui concerne l'article 3,
qui modifie l'article 10 de la Loi sur l'expropriation, cet article est
modifié pour permettre à tout membre qui est juge d'entendre les
requêtes qui sont présentées en dehors de l'instruction de
la cause. Cela assouplit l'ancienne règle et ne diminue pas le
rôle du président et du vice-président, car ce sont eux qui
désigneront les membres qui siégeront.
De plus, une incongruité est corrigée: l'article 7
prévoit que le tribunal siège en division; l'article 8, que le
président d'une division est un juge; et l'article 9, que le
président d'une division décide de toute question de droit.
Aussi, il est bien logique que le président d'une division puisse se
prononcer seul sur une procédure qui comporte une question de droit
puisque, de toute façon, il aurait seul l'autorité pour la
trancher. Il est inutile qu'un membre qui n'est pas juge entende la
requête alors qu'il n'aurait pas le droit de se prononcer. La Palice
n'aurait pas dit mieux.
Le Président (M. Blouin): L'article 3 est adopté.
Article 4.
M. Clair: II est ajouté, au début de cet article
12, les mots "sauf sur une question de compétence". À la suite de
la décision rendue par la Cour suprême du Canada dans
l'arrêt Crevier, la direction du droit constitutionnel du
ministère de la Justice recommande d'ajouter ces mots aux clauses
privatives afin d'assurer la sécurité juridique sur le plan
constitutionnel de ces clauses privatives.
Le Président (M. Blouin): L'article 4 est-il
adopté?
M. Marx: J'essaie de voir la différence avec l'ancien
article 12.
M. Clair; C'est qu'on ajoute, au début de l'article 12,
les mots "sauf sur une question de compétence".
M. Marx: D'accord. On a ajouté les six mots au
début "sauf sur une question de compétence".
Le Président (M. Blouin): Article 5.
M. Clair: M. le Président, cet article 5 modifie l'article
17 de la loi et, en fait, c'en est un de concordance avec le nouvel article
4.
Le Président (M. Blouin): L'article 5 est adopté.
Article 6.
M. Clair: Les anciens articles 31 et 32 ne permettent l'appel que
des ordonnances finales du Tribunal de l'expropriation. Comme le nouvel article
32.1 permet, sur permission d'un juge de la Cour d'appel, l'appel d'une
ordonnance intérimaire, il fallait donc modifier l'article 31.
Le Président (M. Blouin): L'article 6 est-il
adopté?
Une voix: Oui.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Il est
adopté. Article 7.
M. Clair. M. le Président, l'article 7 modifie l'article 32
actuel qui prévoit l'appel des ordonnances homologuées du
Tribunal de l'expropriation. Seules les ordonnances finales sont
homologuées. Pourtant, le tribunal tranche des questions très
importantes par ordonnances incidentes et il y a lieu de prévoir un
droit d'appel sur permission, sur une question de droit ou de
compétence. De plus, actuellement, des décisions importantes,
comme celle autorisant ou refusant un désistement en vertu de l'article
55, celle ordonnant un déplacement en vertu de l'article 60, et celle
ordonnant l'expropriation d'une partie restante d'un immeuble, à
l'article 65, ne peuvent être portées en appel. Le nouvel article
modifie cette règle. Il faut ajouter que le nouveau texte fait
disparaître toute ambiguïté quant à la
possibilité pour le locataire et l'occupant de bonne foi d'en
appeler.
M. le Président, au dernier paragraphe de l'article 7, qui
s'intitule 32.2, on lit: "Les articles 491 à 525 du Code de
procédure civile s'appliquent, en les adaptant, à un appel
prévu par la présente loi." En fait, il faudrait remplacer le
chiffre 525 par le chiffre 524.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'amendement à
l'article 7 est adopté?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 7 tel qu'amendé
est adopté. Article 8. (20 h 45)
M. Clair: L'article 8, M. le Président. D'abord, l'article
39 de la Loi sur l'expropriation. Cet article est nouveau. Dans la loi
actuelle, l'expropriation commence par la signification d'un avis
d'expropriation. Cet avis est enregistré dans les quinze jours
au
bureau d'enregistrement où est situé l'immeuble et il est
produit dans les quinze jours qui suivent au greffe de la section du tribunal
ayant compétence. L'exproprié doit comparaître dans les
quinze jours de la signification de cet avis d'expropriation. Cette
procédure offre quelques difficultés. Ainsi l'exproorié
comparaît très souvent dans un dossier inexistant au tribunal car
l'expropriant, qui a 30 jours pour le faire, n'a pas encore ouvert de dossier.
De plus, si l'expropriant ne peut établir l'identité du
propriétaire, l'article 40 permet de demander au tribunal de prescrire
un autre mode de notification. Cette requête, encore une fois, est
présentée dans un dossier inexistant au tribunal. En
procédant de la nouvelle façon, on adopte un mode de
fonctionnement similaire à celui suivi devant la Cour provinciale ou la
Cour supérieure, mode de fonctionnement beaucoup mieux connu.
La nouvelle façon de procéder à l'expropriation ne
change pas le fond des dispositions actuelles. On retrouve au nouvel article 39
des éléments qui existent à l'article 42 actuel. La
nouvelle méthode permet, puisqu'il n'y a pas encore de signification, de
modifier le plan déposé sans préjudice pour personne et
même de ne pas y donner suite. De plus, elle permet, lorsqu'il y a plus
d'un immeuble à exproprier, de déposer un plan et une description
détaillée ce qui ne peut être qu'avantageux pour les
expropriés qui sont ainsi mieux informés sur la portée
exacte de l'expropriation concernant leur propriété.
Quant à l'article 40, contrairement aux dispositions de l'article
39, le locataire dont le bail est enregistré n'est plus
considéré comme un exproprié. Le bail enregistré en
soi n'accorde aucun droit réel. De plus, il peut arriver facilement
qu'un locataire ait un bail enregistré alors que les autres locataires
du même édifice n'en n'aient pas. Pourquoi aurait-il des droits
supérieurs? Ainsi, il n'y a pas de raison pour lui accorder le droit de
contester le droit à l'expropriation alors que le propriétaire ne
conteste pas le bien-fondé du droit d'exproprier. De la même
façon, il n'y a pas de justification pour lui permettre de contester, en
vertu du nouvel article 53.6, l'avis de transfert de
propriété.
À l'article 53.10, nous avons cependant voulu nous assurer qu'il
ne perde aucun droit et nous avons fait une exception à cet effet. Cette
modification ne changera en rien le montant de ,l'indemnité qu'il pourra
recevoir et le tribunal tiendra compte du bail enregistré dans
l'adjudication de cette indemnité. Autre nouveauté, l'avis
d'expropriation devra contenir le texte apparaissant à l'annexe I de la
loi. Les article 53.10 et 67.1 prévoient des situations où,
à la suite d'un manquement de sa part, l'exproprié pourrait
engager sa responsabilité. Nous avons voulu l'informer, éviter de
le prendre par surprise en lui annonçant clairement et par un texte
compréhensible ses obligations.
En ce qui concerne l'article 40.1, il y a un amendement que je peux lire
immédiatement: "L'article 40.1 de la Loi sur l'expropriation, introduit
par l'article 8 du projet de loi 15, est remplacé par le suivant: "40.1
La signification de l'avis d'expropriation doit être faite
conformément aux articles 120 à 146 du Code de procédure
civile. Lorsque ce code prévoit qu'un mode de signification requiert une
autorisation, elle peut être obtenue d'un membre du tribunal qui est
juge.".
M. Scowen: Aujourd'hui, dans un autre projet de loi, un projet de
loi omnibus, on a apporté une modification en ce qui concerne le mode de
signification dans le cas de procédures. Je me demande si on a
modifié une des dispositions aux articles 120 à 146. Ce sont les
modes spéciaux de signification qu'on a modifiés.
M. Clair: II faudrait s'assurer que... Est-ce que cela a
été adopté sans amendement?
M. Scowen: Oui, je pense que oui. Cela a été
adopté sans amendement.
M. Clair: On m'indique, M. le Président, que notre
amendement a effectivement été vu par le ministère de la
Justice. En fait...
M. Scowen: Ce n'est pas une garantie pour vous, mais quand
même cela a été fait.
M. Clair: C'est une garantie. En fait, la raison pour laquelle on
modifie, c'est parce que cet article avait été modifié
pour permettre un mode spécial de signification lorsque l'expropriant ne
peut retracer l'adresse d'un exproprié. Cependant, il existe des
situations où l'on connaît le nom de l'adresse de
l'exproprié, mais où cela ne devrait pas amener une signification
par huissier. La personne, par exemple, demeure en Floride. Pour solutionner
tous les problèmes de signification, nous croyons qu'il est
préférable de se rapporter aux règles du Code de
procédure civile purement et simplement.
Est-ce qu'on peut disposer de l'amendement tout de suite?
M. Marx: Oui, cela va. Adopté.
Le Président (M. Blouin): Je vais relire l'amendement pour
que ce soit plus clair. "L'article 40.1 de la Loi sur l'expropriation,
introduit par l'article 8 du projet de loi no 15, est remplacé par le
suivant: "40.1 La signification de l'avis
d'expropriation doit être faite conformément aux articles
120 à 146 du Code de procédure civile. Lorsque ce code
prévoit qu'un mode de signification requiert une autorisation, elle peut
être obtenue d'un membre du tribunal qui est juge.".
Est-ce que cet amendement est adopté?
M. Marx: Oui.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Bellechasse.
M. Lachance: Dans le cas d'un expropriant et de plusieurs
expropriés - je pense toujours à une municipalité - est-ce
qu'à ce moment-là, il y a un avis d'expropriation ou plusieurs
avis d'expropriation?
M. Clair: Autant d'avis d'expropriation qu'il y a
d'expropriés. Dans la mesure où quelqu'un détient un droit
réel soit par bail emphytéotique ou par droit de
propriété, il est tout à fait normal, légitime que
ce détenteur d'un droit réel soit avisé personnellement
qu'il est soumis à une expropriation. C'est à ce moment-là
qu'il peut effectivement enclencher ses droits de s'opposer, de contester
même le droit d'expropriation.
M. Lachance: Ce que je veux savoir, est-ce que, par exemple,
l'exproprié À peut recevoir un avis sur lequel on parle des
expropriés B, C et D? Ou bien est-ce seulement un avis qui concerne
l'exproprié À?
M. Clair: C'est seulement le cas qui concerne l'exproprié
lui-même, ses droits et la désignation de ce qu'on a l'intention
d'exproprier. C'est dans la mesure et pour les droits réels qui sont
affectés que l'avis d'expropriation est expédié à
chaque exproprié.
M. Lachance: Cela veut dire que s'il y a, par exemple, de la part
d'un expropriant cinq expropriés, ce sera cinq causes
différentes.
M. Clair: Absolument. C'est déjà le cas,
d'ailleurs.
M. Leduc (Saint-Laurent): II est évident...
M. Clair: M. le Président, toujours à l'article 8,
le paragraphe 41 en est un de concordance. En ce qui concerne le paragraphe 42,
l'obligation d'enregistrer l'avis est impérative. Comme le
ministère des Transports exproprie dans tout le Québec, le
service de l'expropriation a demandé que le délai pour
enregistrer soit porté de 15 à 20 jours, ce qui n'a aucun effet
sur l'exproprié. De plus, la sanction au défaut de respecter cet
impératif se retrouvait auparavant à la fin de l'article 42, ce
qui est incongru. L'expropriant qui faisait défaut de déposer au
tribunal dans les 15 jours de son enregistrement l'avis d'expropriation,
pouvait voir son enregistrement attaqué par requête en radiation.
Cette sanction, à notre avis, doit apparaître dans l'article
traitant de l'enregistrement.
Il y a une nouveauté. Lorsque l'expropriant était une
municipalité ou une commission scolaire, la copie de l'acte autorisant
l'expropriation n'était pas requise, alors que, dans tous les autres
cas, le décret du gouvernement autorisant l'expropriation devait
accompagner l'avis d'expropriation pour l'enregistrement. Ce changement vise
à permettre à l'exproprié de prendre connaissance dans
tous les cas de l'acte autorisant l'expropriation.
En ce qui concerne le paragraphe 42.1, le plan et la description
étant déjà déposés, il n'y a plus
qu'à produire l'avis d'expropriation. Le nouveau texte indique
clairement que cet avis d'expropriation doit être fait en double
puisqu'un avis doit être enregistré et un autre produit au greffe
du tribunal. Dans ce cas, nos services ont aussi demandé que le
délai soit porté de 15 à 20 jours, ce qui ne crée
aucun préjudice à l'exproprié.
Au paragraphe 43, l'explication est la suivante: La signification et
l'enregistrement de l'avis d'expropriation n'interdisent pas d'effectuer des
transactions. Certaines ventes sont fort justifiées, d'autres sont
dilatoires. La transaction oblige l'expropriant à recommencer ses
procédures contre l'acquéreur et cela peut retarder, sinon
compromettre l'exécution de travaux durant l'année où
ceux-ci sont prévus. Une série de ventes successives et
rapprochées pourrait entraver l'expropriation. Dans tous les cas,
l'acquéreur connaissait l'existence des procédures, puisque
l'avis est enregistré.
Le nouveau texte avise l'acheteur qu'il doit reprendre l'instance, et
celui qui acquiert un droit réel intervenir, à défaut de
quoi les procédures sont continuées contre le propriétaire
initial. En ce qui concerne le paragraphe 44, même lorsque le droit
à l'expropriation est contesté, certains expropriants continuent
les procédures d'expropriation. Cette pratique, qui est pour le moins
curieuse, peut devenir inadmissible avec l'introduction du régime de
transfert préalable de propriété introduit par les
articles 53.1 à 53.17. On pourrait se retrouver dans une situation
où l'expropriant obtient le transfert de propriété,
vend l'immeuble à un tiers et voit ensuite la Cour
supérieure déclarer que cet expropriant ne pouvait exproprier.
Par ailleurs, on introduit, après l'article 44, un article 44.1 que je
lis:
"L'article 8 de ce projet de loi est modifié par l'insertion,
après l'article 44, de l'article suivant: "44.1 Malgré le
deuxième alinéa de l'article 44, l'expropriant peut, par
requête signifiée à l'exproprié qui doit être
instruite et jugée d'urgence, demander à la Cour
supérieure l'autorisation de poursuivre les procédures
d'expropriation s'il y a une urgence telle que tout retard entraînerait
pour l'expropriant un préjudice considérable, à la
condition que l'exproprié n'en souffre pas un préjudice
irréparable. "Ce jugement est final et sans appel."
M. le Président, pourquoi cet amendement? Lorsqu'il y a
contestation du droit à l'expropriation, il y a lieu de prévoir
une mesure d'exception permettant la poursuite des procédures
d'expropriation durant que la question du droit à l'expropriation est
débattu, si le retard causé par cette suspension causait un
préjudice considérable à l'expropriation, à
l'expropriant, à condition que l'exproprié n'en souffre pas un
préjudice irréparable. Dans ces très rares cas, le moyen
le plus équitable consiste à obtenir une autorisation de la Cour
supérieure qui pourra alors apprécier la preuve offerte. Il va de
soi que si la contestation du droit à l'expropriation est nettement
dilatoire, le juge sera plus enclin à accorder, à ce moment, la
demande de l'expropriant.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Saint-Laurent.
M. Leduc (Saint-Laurent): Si vous permettez, j'ai des
restrictions sur ces deux articles. Je ne vois pas pourquoi, en fait,
l'expropriant, qui est la plupart du temps une corporation publique, aurait des
droits exorbitants. Les droits de l'exproprié, à mon sens, c'est
aussi important. On doit voir à les protéger. Je ne suis pas
d'accord, moi, avec ces règles d'exception: "Doit être instruite
et jugée d'urgence". J'ai déjà eu un cas où
vraiment l'exproprié a pu avoir une indemnité satisfaisante
justement parce qu'il contestait le droit d'expropriation.
M. Clair: Sur cette question, il faut bien comprendre
qu'actuellement, trois mois après l'avis d'expropriation,
déjà, même si une personne conteste le droit de
l'expropriant à exproprier, de par la loi actuelle, l'expropriant est
autorisé à construire, démolir, déplacer, enlever,
faire enlever... L'exproprié qui conteste le droit à
l'expropriation peut obtenir gain de cause cinq ans plus tard, mais la route
est construite, son immeuble est démoli ou quoi que ce soit. On remplace
ce régime par un nouveau régime qui fait en sorte que le
transfert de propriété a lieu plus rapidement, mais, que
cependant, si l'exproprié conteste le droit à l'expropriation,
cela suspend les procédures d'expropriation.
Il faut cependant prévoir des cas susceptibles de se produire
pour des raisons qu'on peut difficilement imaginer à l'oeil, par
exemple, si un barrage cédait dans une région et
qu'Hydro-Québec devait procéder en hâte à certaines
expropriations qui même dans certains cas peuvent ne pas être de
très grosses expropriations. Pour des raisons supérieures,
d'intérêt public, parce qu'on reconnaît maintenant le
pouvoir, par une procédure spécifique, pour l'exproprié de
suspendre la procédure d'expropriation en contestant le droit de
l'expropriant à procéder à cette expropriation, on
pourrait se retrouver dans des situations qui font en sorte qu'un
intérêt privé, pour des raisons dilatoires, dans le fond,
pourrait avoir le pas sur l'intérêt public. Comme les pouvoirs
d'expropriation sont quand même bien balisés dans chacune des lois
qui confient les droits d'exproprier, on ne peut pas exproprier pour le plaisir
de le faire. (21 heures)
Cela fait partie du domaine des droits exorbitants
conférés par le législateur à certaines
autorités publiques et il nous semble que ce serait dangereux de ne pas
introduire l'amendement à l'article 44.1. Cependant, je ne vois pas - le
député disait qu'il était contre les deux articles - que
le député puisse être contre la possibilité de
contester le droit à l'expropriant de procéder à
l'expropriation et que cela suspende les procédure d'expropriation.
M. Leduc (Saint-Laurent): S'il y a urgence, il pourrait
procéder en vertu d'une requête.
M. Clair: C'est exactement ce que l'on fait.
M. Leduc (Saint-Laurent): C'est-à-dire qu'il aura à
établir par sa requête qu'il y a vraiment urgence; ce sera au juge
de l'apprécier. Tandis qu'ici il est dit qu'elle doit être
instruite et jugée d'urgence. Cela veut dire, à mon sens, que le
juge n'a pas... Il va y avoir une requête, mais ce n'est pas la
même chose. S'il n'y a pas cette procédure, l'avocat peut
présenter une requête et ce sera au juge à décider
si la requête est recevable ou non. Tandis qu'ici, il n'a pas à
juger si elle est recevable ou non, il doit la recevoir.
M. Clair: Absolument, mais il me semble, M. le Président,
que, dans l'intérêt même de l'exproprié... Il faut
bien comprendre la situation dans laquelle on est. Vous avez reçu un
avis d'expropriation. Dans la situation actuelle, vous contestez le droit de la
Communauté urbaine de Montréal de vous exproprier. Les
procédures vont suivre
leur cours normal et, dans cinq ans, vous allez avoir une
décision, peut-être, en Cour d'appel, mais, entre-temps, votre
immeuble a été démoli trois mois après l'avis
d'expropriation, vous perdez la possession de l'immeuble. Vos droits sont
théoriques. C'est une situation qui me semble absurde.
Ce que nous proposons par ces amendements c'est de permettre à
l'exproprié de pouvoir efficacement combattre, attaquer - et valablement
attaquer - le droit à l'expropriation de l'expropriant. Cependant pour
des raisons d'intérêt public supérieur - une urgence telle
que tout retard entraînerait pour l'expropriant un préjudice
considérable, plutôt que de donner simplement à
l'expropriant le pouvoir de présenter une requête pour suspendre
la "suspension" des procédures, on dit: On va donner ce droit à
l'expropriant de demander qu'il y ait une suspension, mais le tribunal, dans
l'intérêt de l'exproprié, devra entendre cela d'urgence,
c'est-à-dire que ce sera inscrit au rôle par
préséance et il me semble que c'est à l'avantage de
l'exproprié qu'il en soit ainsi.
M. Marx: Pour prendre un exemple, supposons qu'une
autorité publique est en train d'exproprier une partie d'une
réserve indienne qu'elle n'a pas le droit d'exproprier. Comment va-t-on
arrêter tout cela? Parce qu'on dit à l'article 44.1 que ce
jugement est final et sans appel. Quels seront les recours?
M. Clair: D'abord, la cour n'est pas obligée de donner
raison à l'expropriant. Cet exemple m'apparaît tellement
évident que la couronne ne peut pas...
M. Marx: J'ai donné un exemple clair. Mais il peut y avoir
une contestation à savoir si cela fait partie d'une réserve
indienne ou non. Cela veut dire...
M. Clair: À ce moment-là - supposons
qu'effectivement quelqu'un prétende, après arpentage, que le
territoire en question fait partie de la réserve indienne - il y a un
avis d'expropriation, l'exproprié prend les moyens devant la Cour
supérieure pour faire cesser l'expropriation et c'est entendu au
mérite, c'est entendu d'urgence. Maintenant, à supposer que
l'expropriant prétende quand même que non seulement son droit
à l'expropriation est bien fondé, mais également qu'au
sens de l'amendement il y a urgence, il dépose une requête
à la Cour supérieure et fait valoir qu'il y a une telle urgence
que tout retard entraînerait pour lui un préjudice
considérable et, en plus de cela, que l'exproprié n'en souffrira
pas un préjudice irréparable. C'est quand même une
côte à remonter pour l'expropriant. Si le tribunal se rend compte
que, manifestement, le droit à l'expropriation est très
contestable, qu'il n'y a pas d'urgence, que cela risque effectivement de causer
un préjudice irréparable, j'imagine que l'expropriant sera
rapidement débouté de sa requête.
Mais ce n'est pas par dépôt de la requête que la
suspension de la "suspension" de l'expropriation s'opère, c'est par
jugement de la Cour supérieure sur le fond.
Le Président (M. Blouin): Alors...
M. Leduc (Saint-Laurent): En fait, on parlait...
M. Marx: Je pense que, peut-être dans le cas que j'ai
soulevé, les tribunaux vont accepter l'appel, même si c'est
écrit dans l'article "sans appel", parce qu'on conteste la
compétence non seulement du Tribunal de l'expropriation mais même
de l'autorité provinciale, de l'Assemblée nationale d'accorder un
tel pouvoir. Mais je comprends. Je pense que le ministre a donné une
bonne explication.
M. Leduc (Saint-Laurent): C'est parce qu'on part du point
où vous dites qu'auparavant il pouvait exproprier, il pouvait contester
dans l'intervalle, il pouvait établir la route. À mon sens,
c'était exorbitant et inacceptable. Je ne suis pas tellement d'accord
non plus avec le nouvel article. Je pense que le droit de l'individu est aussi
important que le droit de la municipalité ou du corps public.
Le Président (M. Blouin): Alors je...
M. Clair: M. le Président, un dernier argument pour le
député. Il faut bien comprendre que, la plupart du temps, ces
projets ont été étudiés par une MRC, qui a
donné un avis sur le schéma d'aménagement, qu'il y a eu
souvent des audiences publiques du Bureau d'audiences publiques sur
l'environnement, qu'il y a eu une décision de la Commission de la
protection du territoire agricole. Il faut prendre garde aussi de ne pas mettre
tellement de contraintes sur le chemin des pouvoirs publics qui exercent
finalement leurs pouvoirs dans l'intérêt public, de mettre
tellement d'obstacles sur leur chemin qu'une personne mal intentionnée
puisse enrayer le fonctionnement des pouvoirs publics. Cela
m'apparaîtrait exorbitant.
M. Marx: Disons ici...
M. Clair: Mais je donne raison au député sur le
fait que toute la Loi sur l'expropriation, dans le fond, a effectivement des
pouvoirs exorbitants.
M. Leduc (Saint-Laurent): Exorbitants,
et je pense qu'il faut faire bien attention quand on utilise ces
articles, quand on utilise cette loi.
M. Marx: Parce que ce ne sont pas seulement les
municipalités. Cela peut être une commission scolaire, une
université; l'Université de Montréal a les pouvoirs
d'expropriation tout autour de l'université.
M. Leduc (Saint-Laurent): En vertu des fonds industriels - je
l'ai vu surtout dans le cas des fonds industriels - à mon sens,
c'était inacceptable.
Le Président (M. Blouin): Alors je...
M. Clair: C'est ce que j'ai déjà indiqué au
député.
Le Président (M. Blouin): Je vais donc relire
l'amendement. "L'article 8 de ce projet de loi est modifié par
l'insertion, après l'article 44, de l'article suivant: "44.1.
Malgré le deuxième alinéa de l'article 44, l'expropriant
peut, par requête signifiée à l'exproprié qui doit
être instruite et jugée d'urgence, demander à la Cour
supérieure l'autorisation de poursuivre les procédures
d'expropriation s'il y a urgence telle que tout retard entraînerait pour
l'expropriant un préjudice considérable, à la condition
que l'exproprié n'en souffre pas un préjudice irréparable.
"Ce jugement est final et sans appel. "L'article 44.1 de la Loi sur
l'expropriation, introduit par l'article 8 de ce projet de loi, est
renuméroté 44.2." L'amendement...
M. Marx: Juste une dernière question au ministre. Comment
se fait-il que le projet de loi était déposé et qu'on
vienne avec un tel amendement à la dernière minute? Pourquoi
n'a-t-on pas pensé à cela avant?
M. Clair: Je vais être d'une sincérité
désarmante pour le député parce que nous-mêmes avons
longtemps hésité sur cette question et, finalement, après
avoir pris davantage de conseils, je suis retourné au Conseil des
ministres après le dépôt de la loi, parce que cela me
chicotait.
M. Marx: Nous n'avons pas surmonté encore nos
hésitations, étant donné que l'amendement est
arrivé il y a trois minutes et...
Le Président (M. Blouin): Je comprends que l'amendement
est adopté.
M. Leduc (Saint-Laurent): Sur division. M. Clair: Sur
division.
M. Leduc (Saint-Laurent): J'ai vécu des cas, une cause, un
cas inacceptable...
Le Président (M. Blouin): Très bien.
M. Rodrigue: M. le Président, quand vous avez lu
l'article, à la cinquième ligne, on dit: "S'il y a une urgence
telle que tout retard entraînerait"... Vous avez sauté le mot
"une". Je voulais vous le signaler pour les fins de l'enregistrement des
débats.
Le Président (M. Blouin): Ah bon! "S'il y a une urgence
telle"...
M. Rodrigue: Oui, à la cinquième ligne.
Le Président (M. Blouin): Très bien, merci.
M. Clair: Alors, M. le Président, je proposerais un petit
amendement technique: que l'article 44.1 soit renuméroté 44.2.
Vous l'aviez fait?
Le Président (M. Blouin): Alors, celui-là est
adopté? Adopté.
M. Clair: D'accord. En ce qui concerne le paragraphe 44.2, pour
éviter les appels dilatoires et ne pas nuire
inconsidérément à l'expropriant, l'appel se fait sur
permission et est conduit rapidement comme dans le cas de l'appel d'un jugement
interlocutoire. De plus, après l'article 44.2, je propose un amendement,
soit de modifier l'article 8 après l'article 44.2, en y ajoutant le
paragraphe 44.3 suivant: "Lorsque la Cour supérieure fait droit à
la requête de l'exproprié contestant le droit à
l'expropriation, l'exproprié a un recours contre l'expropriant si des
dommages lui ont été causés par la poursuite des
procédures d'expropriation qui a été autorisée en
vertu de l'article 44.1."
Je pense que cela donne raison au député de Saint-Laurent.
Cela vise à mieux protéger les droits de l'expropriant.
Le Président (M. Blouin): Alors, cet amendement est-il
adopté?
M. Clair: On va laisser au député de Saint-Laurent
l'occasion de dire oui.
M. Leduc (Saint-Laurent): Non, je suis contre.
Le Président (M. Blouin): II est adopté sur
division.
M. Clair: Même quand on lui donne raison, il est contre. Je
ne le suis plus.
M. Leduc (Saint-Laurent): Cela se tient.
M. Clair: M. le Président, je l'ai déjà dit,
l'Opposition, c'est: Je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire.
Le Président (M. Blouin): Alors...
M. Leduc (Saint-Laurent): Cela ne défait pas les articles
44 et 44.1. Ils sont toujours là.
Le Président (M. Blouin): L'article 45?
M. Clair: Alors l'amendement est-il adopté sur division?
Après, cela nous mène à l'article 45, qui est de
concordance. C'est mon dernier point sur l'article 8 du projet de loi qui
concernait toute cette série d'articles.
Le Président (M. Blouin): L'article 8.
M. Marx: On est pour l'article 45, parce que c'est un article de
concordance. On ne veut pas que le ministre soit illogique avec lui-même,
on va donc l'adopter.
Le Président (M. Blouin): Alors, sur ces bonnes paroles,
l'article 8 tel qu'amendé est-il adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté?
M. Clair: L'article 9...
M. Marx: Sur division, tel que...
M. Clair: Alors, M. le Président, en ce qui concerne
l'article 48, il contenait deux vices, v-i-c-e-s. Son but visait à
attribuer à l'expropriant le fardeau de prouver la valeur de l'immeuble
ou du droit réel. Il pouvait le faire en examinant les lieux et en
faisant procéder à l'évaluation du bien. Les autres
parties de l'indemnité touchent les dommages subis. L'expropriant ne
connaît pas ces dommages et il était tout à fait normal
d'imposer ce fardeau aux autres parties. Le premier vice réside dans
l'oubli du locataire et de l'occupant de bonne foi. Ceux-ci subissent presque
uniquement les dommages. Il est plus que normal que, tout comme
l'exproprié, ils aient le fardeau de prouver leurs dommages. Il ne faut
pas oublier qu'un commerçant locataire sans bail enregistré peut
quand même subir des dommages importants qui ne sont pas connus de
l'expropriant. Le deuxième découle de l'énumération
inutile qui y est faite de l'entreprise du fonds de commerce et du fonds
industriel. L'exploitation agricole a été oubliée bien que
l'article 51 en parle et d'autres activités comme celles des artisans ne
sont pas visées. Le nouveau texte corrige ces deux lacunes.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article 9 est-il
adopté?
Une voix: D'accord!
M. Marx: Je n'ai qu'une question...
Le Président (M. Blouin): M. le député de
D'Arcy McGee.
M. Marx: ...parce que le ministre a dit que l'ancien article
contient deux v-i-c-e-s. J'ai peur que cela contienne une v-i-s en ce qui
concerne l'exproprié parce que, si l'on regarde l'article 33...
M. Clair: De la loi actuelle?
M. Marx: Non, du projet de loi. Il prévoit que l'article
9...
M. Clair: Oui.
M. Marx: ...s'applique. Ai-je raison de dire que l'article 9
s'applique aux affaires pendantes?
M. Clair: Oui. Le député de...
M. Marx: Je veux m'assurer maintenant qu'on n'exproprie pas les
droits des gens qui sont devant les tribunaux.
M. Clair: L'article 9 va effectivement s'appliquer aux affaires
pendantes. De plus, M. le Président, dans la mesure où on
reconnaît qu'effectivement, il y a un vice et qu'on le corrige, qu'il y a
deux vices dans cet article et qu'on les corrige par le projet de loi, il nous
est apparu inévitable qu'effectivement l'article 9 entre en vigueur le
jour de la sanction de la loi. (21 h 15)
M. Marx: Cela n'aura pas des effets négatifs sur quelqu'un
qui est devant les tribunaux?
M. Clain Aucunement.
M. Marx: Cela aura des effets positifs?
M. Clain Positifs.
M. Marx: D'accord.
Le Président (M. Blouin): L'article 9 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Marx: Oui, sur les paroles du ministre.
Le Président (M. Blouin): Le vice devenant vertu. Article
10.
M. Clair: M. le Président, en ce qui concerne l'article
10, qui abroge deux articles de la Loi sur l'expropriation, ces articles qui
traitent de la prise de possession sont remplacés par le nouveau
régime de transfert préalable de propriété que l'on
retrouve aux articles 53.1 à 54.1.
Le Président (M. Blouin): L'article 10 est-il
adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 11.
M. Clair: D'abord, en ce qui concerne le paragraphe 52.1, le
texte de l'article 55 a été déplacé pour
apparaître avant la section in, intitulée "Transfert de
propriété", car le désistement n'est posssible que si
l'indemnité provisionnelle n'a pas été versée,
alors que le transfert de propriété n'est possible que si
l'indemnité provisionnelle a été versée.
Il était inutile et inadéquat de dire que le
désistement rétroagit à la date de l'enregistrement de
l'avis d'expropriation, car, dans un tel cas, les dommages que pourrait
réclamer l'exproprié à la suite du désistement
seraient les dommages subis de la signification de l'avis d'expropriation au
jour de l'enregistrement de l'avis, soit quelques jours seulement. On peut
penser que les dommages sont subis, dans la plupart des cas, bien après
la date de cet enregistrement.
De plus, l'article oubliait le locataire et l'occupant de bonne foi qui,
eux aussi, ont pu subir des dommages. La signification se fait à
l'exproprié, mais, si la requête est accordée, il faut
aviser le locataire et l'occupant de bonne foi pour qu'ils puissent
présenter leur requête en dédommagement.
Enfin, avant de statuer sur les dommages, le tribunal doit se prononcer
sur le désistement. Il n'est pas souhaitable que les deux sujets soient
abordés simultanément et qu'une partie ait à se
préparer pour faire une preuve, alors que le résultat de la
demande principale n'est pas encore connu. Il est préférable de
retenir un processus en deux étapes. On tranche d'abord la question du
désistement et, par la suite, on examine les demandes de
dédommagement de ceux qui en ont subi.
Le Président (M. Blouin): L'article...
M. Marx: J'aimerais poser la même question...
Le Président (M. Blouin): Oui, M. le député
de D'Arcy McGee.
M. Marx: ...que j'ai posée relativement à l'article
9: Est-ce qu'il y aura des effets négatifs sur les expropriés
concernant les affaires pendantes?
M. Clair: Non, M. le Président, puisqu'on ne fait que
donner des droits par cet article.
Le Président (M. Blouin): L'article 11 est adopté.
Article 12.
Transfert de propriété
M. Clair: En ce qui concerne l'article 12 qui introduit le
nouveau régime, commençons d'abord par l'article 53 de la Loi sur
l'expropriation. Selon les dispositions de la loi actuelle, l'expropriant ne
peut devenir propriétaire que par l'enregistrement du jugement
homologuant l'ordonnance finale du tribunal, à la condition que
l'indemnité ait été versée. Il peut cependant
prendre possession du bien exproprié trois mois après la
signification de l'avis d'expropriation si l'indemnité provisionnelle a
été versée à l'exproprié comme l'exprime
l'article 49.
L'article 50 lui permet de prendre possession plus rapidement, en cas
d'urgence, en adressant une demande à cet effet à la Cour
supérieure. Le projet de loi prévoit trois méthodes de
transfert de propriété. Chaque méthode est décrite
dans une sous-section. L'article 53 se veut donc introductif, afin que le
lecteur soit avisé qu'il existe plus d'une façon pour
opérer le transfert de propriété.
Article 53.1: Sous la loi actuelle, l'expropriant, après un
délai de trois mois et après avoir versé à
l'exproprié l'indemnité provisionnelle, pouvait prendre
possession à toute époque au terme de l'article 49. Comme le
projet prévoit le transfert de propriété, un
enregistrement est requis afin d'aviser les tiers de ce transfert. De plus,
lorsqu'il s'agit de tranfert de propriété, nous avons voulu
renforcer les droits de l'exproprié et l'article 53.2 nous fera
bientôt voir que cet avis de tranfert de propriété doit lui
être signifié.
L'article 53.2, justement, conserve la règle qui existe sous
l'article 49 actuel. Il annonce, de plus, que l'avis de transfert de
propriété doit être signifié et que
l'indemnité provisionnelle doit avoir été versée
avant que l'on puisse transférer la propriété.
L'article 53.3 demande que l'offre de l'expropriant apparaisse dans
l'avis de transfert de propriété afin qu'on puisse facilement
s'assurer que l'indemnité provisionnelle correspond à celle qui
doit être versée. La prise de possession, à la suite du
transfert de propriété, est d'au moins quinze jours afin de
s'assurer que les personnes ne seront pas délogées sans jouir
d'un délai pour déménager. Même encore là, si
le délai accordé pour déménager est
déraisonnable, la Cour supérieure pourrait
l'étendre, comme le prévoit l'article 53.14. Le
présent article oblige aussi l'expropriant à inclure à
l'avis qu'il donne à l'exproprié, au locataire et à
l'occupant de bonne foi un texte qui le renseigne sur ses droits. Ce texte est
vulgarisé afin que tous comprennent bien. Il est à noter que la
loi actuelle ne prévoit qu'un avis à l'exproprié de la
date à laquelle il entendait prendre possession sans imposer de
délai minimal.
Il y en a beaucoup. Je me demande, M. le Président, si on ne
ferait pas mieux d'adopter le projet de loi paragraphe par paragraphe. Ce
serait plus simple.
M. Leduc (Saint-Laurent): 53.
M. Clair: C'est parce qu'il y en a beaucoup.
Le Président (M. Blouin): II y en a beaucoup.
M. Clair: On va se rendre jusqu'à 53.16.
M. Leduc (Saint-Laurent): Peut-être sur le principe, sur le
transfert de propriété...
M. Clair: Peut-être que, dans le fond, ce n'est pas
nécessaire que je donne toutes ces explications
détaillées. On peut en discuter en bloc.
M. Marx: Je pense que les explications sont bonnes pour les fins
du journal des Débats. Je pense que c'est très utile au nom des
gens qui veulent comprendre...
M. Clair: L'esprit du législateur.
M. Leduc (Saint-Laurent): II y aurait peut-être lieu qu'on
les regarde article par article. Sur le principe, je serais d'accord, mais je
me demande s'il ne risque pas d'y avoir un délai qui pourrait être
long en fait entre le paiement provisionnel et le paiement final.
M. Clair: II nous semble, M. le Président, qu'au contraire toutes
les améliorations que l'on fait à la procédure
d'expropriation vont raccourcir la durée des procédures. Comme on
ne modifie pas l'indemnité provisionnelle de 70% qui doit continuer de
devoir être versée avant le transfert de propriété,
les droits de l'exproprié sont protégés et tout le reste,
dans le fond, ne vise que l'objectif souhaité par le
député et par tout le monde, soit l'accélération
des procédures.
M. Leduc (Saint-Laurent): Avant, pour devenir
propriétaire, il fallait que le jugement homologué soit
enregistré. Maintenant, l'expropriant devient propriétaire
rapidement. Quelle sorte de garantie l'exproprié peut-il avoir que sa
cause va être réglée rapidement? Quand peut-il
espérer? Quelle garantie lui donne-t-on...
M. Clair: D'accord, je comprends le député.
M. Leduc (Saint-Laurent): ...qu'on va le payer, qu'on va lui
donner le paiement final dans un délai raisonnable?
M. Clair: Le pouvoir de l'exproprié de bloquer
l'expropriant existait théoriquement, mais, dans les faits, trois mois
après l'avis d'expropriation, la prise de possession par l'expropriant
était pleine et entière. Ce n'était donc pas une pression
pour l'expropriant de régler plus vite.
Par ailleurs, même les procureurs des expropriés et les
expropriés eux-mêmes vont préférer, j'en suis
certain - ils nous l'ont déjà indiqué d'ailleurs - la
méthode de transfert de propriété que nous proposons
puisque, même si le transfert de propriété n'avait pas
lieu, l'exproprié, même s'il ne pouvait plus jouir de son
immeuble, de sa propriété, devait continuer à payer son
hypothèque, payer ses taxes municipales, ses taxes scolaires. Il
était responsable, en vertu de la Loi sur les abus préjudiciables
à l'agriculture, s'il ne fauchait pas le foin. Il avait toute une
série d'obligations. Il n'avait plus qu'un droit théorique de
propriété, mais il en subissait tous les inconvénients que
cela comporte d'être propriétaire, payer des taxes, faucher son
herbe, etc., alors que le nouveau régime va, au contraire,
améliorer le sort de l'exproprié à ce point.
M. Leduc (Saint-Laurent): On ne lui donne aucune garantie que
l'expropriation va être réglée dans un délai X. En
fait, c'est cela que je trouve...
M. Clair: Si cela tarde, M. le Président, c'est à
lui à procéder à l'inscription de sa cause au Tribunal de
l'expropriation.
M. Leduc (Saint-Laurent): Mais si l'expropriant ne bouge pas?
M. Clair: En d'autres termes - ce sera mon dernier commentaire à
ce sujet - il n'y a rien dans le projet de loi qui va favoriser un prolongement
des procédures par des expropriants. Au contraire, si le
député a bien pris connaissance du projet de loi, comme je suis
certain qu'il l'a fait, il a pu constater que, dans tous les cas, on
améliorait la rapidité des procédures et les droits des
expropriés et non pas l'inverse.
Le Président (M. Blouin): De quelle façon
désirez-vous procéder? Désirez-vous
que nous adoptions les paragraphes un à un?
M. Clair: Oui, M. le Président. Nous sommes rendus au
paragraphe 53.4. Est-ce que les paragraphes précédents sont
adoptés?
Le Président (M. Blouin): Est-ce que je dois
présumer que les paragraphes 53, 53.1 53.2 et 53.3 sont
adoptés?
M. Leduc (Saint-Laurent): Cela va.
Le Président (M. Blouin): Ils sont adoptés. Article
53.4, M. le ministre.
M. Clair: Paragraphe 53.4: L'avis de transfert de
propriété doit être accompagné, lors de
l'enregistrement, des pièces qui établissent que
l'indemnité provisionnelle a été versée et que
l'avis de transfert a été signifié.
M. Leduc (Saint-Laurent): D'accord.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.4 est
adopté. Article 53.5.
M. Clair: Les mêmes remarques s'appliquent, M. le
Président.
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Article 53.6.
M. Clair: L'expropriant devra scrupuleusement respecter les
conditions de transfert de propriété, à défaut de
quoi son avis de transfert de propriété pourra être
cassé par la Cour supérieure et il pourra voir ses travaux
retardés car il devra recommencer au complet ses procédures. Cet
article s'inspire du quatrième alinéa de l'article 49 de la loi
actuelle, mais il est beaucoup plus exigeant pour l'expropriant.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.6 est
adopté. Article 53.7.
M. Clair: Lorsque l'exproprié reçoit l'avis de
transfert de propriété, il connaît la date à
laquelle il devra quitter les lieux. Puisqu'un transfert de
propriété s'effectue, ri cessera de payer ses taxes et ses
créanciers hypothécaires et il fera les démarches pour se
trouver un nouveau local ou logis. Il est donc très important que
l'expropriant enregistre l'avis qu'il a fait signifier. À défaut
de le faire dans le délai mentionné, il devra répondre des
dommages. Cet article protège tout autant le locataire et l'occupant de
bonne foi que l'exproprié.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.7 est
adopté. Article 53.8.
M. Clair: Les locataires et les occupants de bonne foi doivent
aussi être avisés avant l'enregistrement de l'avis de tranfert de
propriété car ils doivent connaître la date de la prise de
possession pour prendre les dispositions nécessaires à leur
déménagement. Cette disposition nouvelle accorde des droits. Nous
verrons à l'article 53.14 que l'exproprié, le locataire et
l'occupant de bonne foi doivent s'adresser à la Cour supérieure
pour demeurer dans les lieux qu'ils occupent au-delà de la date
mentionnée à l'avis de transfert de propriété. Le
présent article oblige l'expropriant à inclure à l'avis
qu'il donne à l'exproprié, au locataire et à l'occupant de
bonne foi, un texte qui les renseigne sur ce droit. Ce texte est
vulgarisé afin qu'il soit facile de compréhension.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.8 est-il
adopté? Adopté. Article 53.9.
M. Clair: Tout comme pour l'exproprié, le locataire et
l'occupant de bonne foi doivent recevoir leur indemnité provisionnelle
avant qu'on leur demande de quitter les lieux. Si cette indemnité n'a
pas été versée, l'article 53.10 nous fait voir qu'ils
pourront s'opposer à la prise de possession. Cette disposition, encore
une fois, accorde des droits.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.9 est
adopté. Article 53.10.
M. Clair: Lorsque l'expropriant a scrupuleusement respecté
toutes les obligations pour transférer la propriété et
prendre possession du bien et lorsqu'il se prépare à effectuer
les travaux, il serait injuste et déraisonnable qu'il en soit
empêché par un locataire ou un occupant dont l'existence ne lui a
pas été dénoncée et qu'il ne connaissait pas.
L'exproprié qui n'a pas dénoncé cette personne, comme
obligation lui en est faite par l'article 41, doit être le seul
responsable des dommages que son défaut a occasionnés. Cependant,
pour ne pas prendre l'exproprié par surprise, nous avons vu que
l'article 40 oblige l'expropriant à inclure dans l'avis d'expropriation
un texte vulgarisé qui le met en garde. Enfin, nous avons fait une
exception en ce qui concerne le locataire dont le bail est enregistré
afin d'assurer la protection de ses droits. Même s'il n'a pas
été dénoncé à l'expropriant, celui-ci, par
ses recherches de titres, devrait le connaître et il n'y a aucune raison
pour que, dans tous les cas, il ne reçoive pas son indemnité
provisionnelle avant de devoir quitter les lieux.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.10 est-il
adopté? Adopté. Article 53.11.
M. Clair: Cet article reprend les
dispositions contenues aux trois premiers alinéas de l'article
49.
Le Président (M. Blouin): Le paragraphe 53.11 est-il
adopté? Adopté. Article 53.12.
M. Clair: Cet article reprend le texte du premier alinéa
de l'article 51.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.12 est
adopté. Article 53.13.
M. Clair: Cet article reprend le texte du deuxième
alinéa de l'article 51. Cependant, il précise que, dans les cas
qui y sont mentionnés, aucune distinction n'est faite entre
l'exproprié et le locataire et l'occupant de bonne foi. Il est
inimaginable de ne donner comme indemnité provisionnelle que trois mois
de loyer à un locataire commerçant qui doit se trouver un nouveau
local, déménager et faire connaître à sa
clientèle sa nouvelle adresse. Cette requête est
présentée par l'expropriant seulement car il y a lieu de fixer
l'indemnité provisionnelle dans le seul cas où l'expropriant
désire le transfert préalable de propriété.
Autrement, cela est inutile.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.13 est
adopté. Article 53.14.
M. Clair: Cet article s'inspire du premier alinéa de
l'article 50. Cependant, il exprime clairement que ce droit appartient tout
autant au locataire et à l'occupant de bonne foi qu'à
l'exproprié. Le délai d'extension est ramené de neuf
à six mois, ce qui devrait amplement suffire pour la recherche d'un
nouveau logement ou d'un nouveau local. (21 h 30)
Si la Cour supérieure fait droit à la demande, elle fixera
un loyer afin de ne pas enrichir indûment le requérant et pour
être équitable envers tous. Celui qui doit déménager
devra payer un loyer au nouvel endroit. Celui qui jouit d'un délai doit
être traité de la même façon. La Cour
supérieure aura discrétion pour se prononcer sur cette
question.
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Article 53.14 adopté.
Article 53.15.
M. Marx: II y a un amendement.
M. Clair: II y a un amendement, M. le Président.
"L'article 53.15 de la Loi sur l'expropriation, introduit par l'article 12 de
ce projet de loi, est modifié par l'addition, à la fin du premier
alinéa, de la phrase suivante: "Cependant, l'exproprié,
propriétaire du bien, peut prendre l'initiative de fournir les documents
nécessaires au protonotaire." Pour procéder à la
distribution, le protonotaire doit se procurer les documents mentionnés
au premier alinéa de l'article 53.15. La modification vise à
permettre à l'exproprié, pour accélérer le dossier,
d'obtenir lui-même ses documents pour les remettre au protonotaire.
Le Président (M. Blouin): L'amendement est-il
adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Oui, cela va.
Le Président (M. Blouin): L'amendement est adopté.
L'article 53.15 est-il adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): D'accord.
Le Président (M. Blouin): L'article 53.15 est
adopté tel qu'amendé. Article 53.16.
M. Clair: Certains contrats hypothécaires prévoient
qu'un remboursement anticipé comporte une pénalité
pécuniaire. En cas d'expropriation, nous rencontrons constamment des
paiements anticipés puisque le protonotaire distribue les
indemnités aux créanciers. L'exproprié n'a pas voulu cette
situation. De plus, le créancier ne subit pas grand dommage en
récupérant rapidement ce qui lui est dû. Cette clause
pénale est de nature personnelle et il est inacceptable que, lorsque
l'utilité publique est en jeu, l'exproprié ait à
écoper.
M. Leduc (Saint-Laurent): Je ne vois pas le rapport du tout.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Saint-Laurent.
M. Leduc (Saint-Laurent): Si vous avez une hypothèque
à 18% pour trois ans et que le taux est rendu à 9%, c'est une
véritable expropriation de la créance. C'est absolument
inacceptable.
M. Clair: Sur division.
M. Leduc (Saint-Laurent): Ce n'est pas acceptable du tout. Il n'y
a pas de division.
M. Marx: Est-ce que le ministre...
M. Leduc (Saint-Laurent): Vous n'êtes pas capable
d'accepter un article comme celui-ci. Cela n'a pas de bon sens. Écoutez,
vous avez une hypothèque à 18%, il vous reste encore quatre ou
cinq ans à courir. Le taux d'hypothèque est rendu à 8%.
Vous allez lui dire: Reprends ton argent. Il faut que tu collabores.
M. Clair: M. le Président, je pense que le
député tantôt... Effectivement, il y a une distance. Nous
on défend les expropriés, lui, il défend les
créanciers.
M. Leduc (Saint-Laurent): Non, un instant. Est-ce qu'il a un
droit ou s'il n'en a pas? C'est inacceptable.
M. Marx: Je pense que cela ne passera pas bien à votre
caucus de dire que vous défendez juste les expropriés.
M. Clair: Non, je défends la justice, l'ordre, le
bien-être, la justice sociale.
M. Marx: Les bonnes moeurs.
M. Clair: Les bonnes moeurs et la famille.
M. Leduc (Saint-Laurent): Vous pensez que vous pouvez lui
remettre son argent comme cela et lui dire: Tu dois collaborer, tu dois aider
l'expropriant, qui est une entreprise - cela peut être une entreprise, en
vertu des fonds industriels - qui va être le gouvernement. On va lui
dire: Écoute donc, il faudrait peut-être que tu collabores et que
tu nous aides. Vous êtes d'accord avec cela?
M. Clair: Absolument. C'est moi qui propose l'article. Si je
n'étais pas d'accord, j'aurais démissionné avant.
M. Leduc (Saint-Laurent): II ne subit pas de préjudice, le
créancier.
M. Marx: De temps en temps, on voit des ministres qui sont
pistonnés par leurs fonctionnaires. Ils proposent des choses avec
lesquelles ils ne sont pas tout à fait d'accord.
M. Clair: M. le Président, sérieusement sur le
fond, je ne vois pas que le créancier en subisse un grave
préjudice. Effectivement, s'il avait placé son argent à
18% et qu'à ce moment-là, le taux en vigueur était
à 6%, l'inverse peut aussi être vrai. Il me semble qu'une Loi sur
l'expropriation, son objectif est de reconnaître les droits et les
obligations à l'expropriant et à l'exproprié. On ne peut
pas, dans la Loi sur l'expropriation, reconnaître des
inconvénients et accorder des indemnités jusqu'au
quatorzième voisin qui, effectivement, à cause de
l'expropriation, peut subir certains inconvénients.
M. Leduc (Saint-Laurent): Cela ne se compare pas du tout.
M. Clair: J'ai donné mes arguments. Je comprends le
désaccord du député.
M. Leduc (Saint-Laurent): Est-ce qu'il subit un préjudice?
C'est cela que je veux savoir. Est-ce que l'exproprié a droit à
une indemnité? Oui, on l'exproprie. On exproprie sa créance.
C'est évident qu'à mon sens, c'est absolument injuste,
inacceptable. Je ne pense pas que ce soit quelque chose qui soit difficile
à défendre. Ce serait protéger celui qui a de l'argent,
qui prête. Je ne vois pas comment. Il a prêté.
C'était à un moment où le tout a été
établi. Il a un droit. Cela se fait dans le cours normal des choses.
À ce moment-là, enlevons le bénéfice du terme. En
fait, on va être obligé de faire la même chose pour le
débiteur. On va le permettre au débiteur. Pourquoi le
débiteur n'a-t-il pas le droit de rembourser si...
M. Clair: M. le Président, parfois, je me demande
même si le député de Saint-Laurent est vraiment
sérieux dans son argumentation, parce que le prêteur
hypothécaire est complètement remboursé à ce
moment-là. Il a encore une meilleure garantie qu'une
propriété en garantie de ses prêts.
M. Leduc (Saint-Laurent): Pourquoi prêter, à ce
moment-là?
M. Clair: II reçoit son argent.
M. Leduc (Saint-Laurent): Vous ne comprenez pas. Sûrement
que vous ne comprenez pas. Écoutezl Si vous ne comprenez pas cela, cela
ne vaut même pas la peine d'en parler. C'est tellement clair.
M. Marx: J'ai une brève question au ministre.
Le Président (M. Blouin): Justement, le
député de Laporte avait demandé la parole. M. le
député de Laporte, vous avez la parole.
M. Bourbeau: J'aimerais dire simplement ceci. Je comprends le
point de vue du député de Saint-Laurent. Je n'aurais
peut-être pas utilisé le même exemple, à 18%, mais je
pense, par exemple, à la veuve qui a une créance de 8% sur un
immeuble.
M. Clair: Peut-être même qu'un orphelin peut en avoir
reçu.
M. Bourbeau: Un orphelin ou une veuve. C'est tout ce qu'elle a
pour vivre, les revenus de l'hypothèque que son mari lui a
légués, à 8%. Tout à coup, le gouvernement arrive
et exproprie le bien et la veuve se fait rembourser son hypothèque avec
8% d'intérêt. Or, on sait que, souvent, ce n'est pas très
facile de replacer un montant d'argent à court terme; cela peut prendre
plusieurs mois avant qu'elle réussisse à
trouver un autre endroit où elle peut replacer son petit
pécule. Dans ce cas, elle peut subir un préjudice.
On le voit parfois quand un prêteur privé, une veuve ou un
orphelin, se retrouve avec un montant d'argent. C'est tout ce qu'il a pour
vivre. Il ne réussit pas à le placer rapidement et il subit un
préjudice. Si on le regarde dans ce sens-là, je pense
qu'effectivement il est dans le même cas que le locataire dont il est
question à l'article 53.12, qui est délogé et qui doit
payer un loyer pendant trois mois pour se retirer. Si on considère cela
sous cet angle, je pense que le ministre pourrait peut-être... Ce sont
des cas réels dont je parle. Je ne parle pas du gros prêteur
institutionnel qui fait du 18%. On n'a pas tellement de sympathie pour cela. Je
comprends la réaction du ministre, qui est plutôt porté
vers le socialisme. Alors, encore plus pour lui...
M. Clair: ... de grands "bouttes".
M. Bourbeau: Si vous prenez le cas d'un particulier...
Une voix: II est près du communisme!
M. Bourbeau: ... et surtout d'une veuve qui se retrouve dans un
cas semblable, cela existe réellement. On voit des gens qui se font
rembourser sans préavis, qui ne peuvent pas replacer leur argent
à court terme et qui subissent un préjudice.
Une voix: C'est épouvantable!
M. Bourbeau: Dans ce cas, je pense que, par analogie, le point de
vue du député de Saint-Laurent se défend très
bien.
M. Clair: M. le Président, je pense que mon
collègue, le député de D'Arcy McGee, sera d'accord avec
moi que les deux députés qui viennent de parler
représentent, bien sûr, leur point de vue de député,
mais peut-être qu'ils sont un peu trop influencés par leur
profession. Il faut bien comprendre qu'actuellement les inconvénients
sont assumés très lourdement par l'exproprié qui peut
être obligé de continuer à faire ses paiements
hypothécaires, à payer ses taxes municipales et scolaires,
à faucher son herbe, alors qu'il demeure propriétaire.
Effectivement, le créancier hypothécaire est bien
protégé. Je trouve que c'est déséquilibré
par rapport à l'exproprié. Ce qu'il faut bien dire aussi - les
expériences du ministère des Transports ne sont pas
nécessairement les miennes - c'est que, dans certains cas, parfois, des
prêteurs voient venir un expropriant et vont effectivement dans des
endroits susceptibles d'être expropriés, avec la collaboration de
notaires qui ne font que leur devoir et prévoir toutes sortes de
pénalités à la clause hypothécaire,
entraînant pour l'exproprié et pour l'expropriant des
inconvénients importants.
M. Marx: M. le Président.
M. Bourbeau: Non, ce n'est pas le cas du tout.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
D'Arcy McGee.
M. Leduc (Saint-Laurent): C'est très faible comme
argument.
M. Marx: Si je comprends bien la situation actuelle, le
prêteur a garanti tout ce qu'il y a dans le contrat.
M. Leduc (Saint-Laurent): Je serais d'accord qu'on mette
un...
M. Marx: Non, mais à l'heure actuelle?
M. Leduc (Saint-Laurent): Quel est le régime actuel?
M. Marx: Quel est le régime actuel? C'est ma question.
M. Clair: Cela a l'air que vous avez fait pire avec l'article 56,
paragraphe 7. À l'article 56, troisième alinéa...
M. Marx: De la loi actuelle, M. le ministre?
M. Clair: Oui. Il est déjà indiqué que
l'exproprié peut demander que le montant déposé à
titre d'indemnité provisionnelle soit sans délai distribué
conformément aux dispositions de l'article 54 sans préjudice de
son droit de réclamer une indemnité plus élevée.
C'est du remboursement hâtif, à l'article 54, qui se produit
à ce moment. Maintenant, tout ce qu'on fait, c'est que, compte tenu
qu'on avance le transfert de propriété, on avance à la
même date les dispositions qui existaient déjà. C'est de
concordance avec tout le processus de transfert de propriété qui
est accéléré. Il y a un changement. Le remboursement
hâtif est plus hâtif, si vous voulez, mais il coïncide avec le
transfert de propriété.
M. Marx: C'est-à-dire que c'est une question de
délai, mais, sur le fond, c'est exactement le même
régime.
M. Clair: Exact.
M. Marx: Si on lit l'article 53.16: "Un versement effectué
en vertu de la présente loi à un créancier de
l'exproprié ne constitue pas un remboursement anticipé pour
lequel
ce créancier peut réclamer une indemnité." Le droit
actuel, c'est cela. C'est à l'article 53.16 et c'est le régime
actuel aussi, sauf le temps...
M. Clair: C'est-à-dire que c'était à
l'article 56, au troisième paragraphe dans la loi. Là, cela
devient 53.16.
M. Marx: Donc, 56...
M. Leduc (Saint-Laurent): J'essaie de comprendre, pour que ce
soit la même chose. Je lis le texte et ce n'est pas ce que cela dit.
"Peut demander que le montant déposé à titre
d'indemnité soit distribué conformément aux dispositions
de l'article 54 sans préjudice de son droit de réclamer une
indemnité plus élevée." Je ne vois pas quel rapport cela a
avec une créance. J'essaie de comprendre. Où est-il question de
créance?
M. Marx: La question de créance de 53.16, ce n'est pas
dans la loi actuelle.
M. Leduc (Saint-Laurent): Ce n'est pas cela du tout.
M. Clair: À l'article 54, quand on dit -je me pose la
question - "Le montant déposé est distribué au
créancier selon les règles prévues pour les cas d'une
saisie, exécution immobilière, sans toutefois qu'il y ait
collocation des frais de justice et, si le montant à distribuer
n'excède pas 1000 $, sans la formalité d'un état de
collocation, la créance de l'exproprié est assimilée
à celle d'un vendeur."
M. Leduc (Saint-Laurent): Laissons le tribunal juger, fixer
l'indemnité. Si vraiment le tribunal juge que c'est injuste ou bien que
c'est raisonnable, qu'il reprenne son argent sans indemnité. Cela sera
au tribunal d'évaluer. Si c'est 18%, cela peut être 12%
comparé à 6%, je n'ai pas peur des chiffres, cela ne me
dérange pas du tout.
Le Président (M. Blouin): M. le ministre.
M. Clair: Après avoir consulté les avocats du
ministère qui ont fait quelques-unes des expropriations, je ne change
pas d'avis parce que, dans le fond, lorsque l'expropriant exerce son droit
à l'expropriation, si son droit est reconnu valide et qu'effectivement
il l'exerce, à ce moment, c'est évident que l'exproprié ne
peut plus tenir les engagements personnels, si on veut, qu'il avait à
l'égard de son créancier, dont les droits doivent être
respectés, par ailleurs. Il me semble que, dans pareille matière,
tout ce qu'on fait, c'est de rendre plus hâtif, le prodédé
par un processus peut-être un peu différent, mais on ne change pas
le fond du fonctionnement de ce qui existe déjà. Puisqu'on
modifie le régime de transfert de propriété, il est
inévitable qu'on hâte la date à laquelle le
créancier peut être remboursé par paiement hâtif. (21
h 45)
Si on ne le fait pas, ce sera l'exproprié qui va écoper.
Il n'y a aucune raison pour laquelle ce serait l'exproprié qui
écoperait de la responsabilité d'obligations qu'il ne peut plus
tenir à cause de l'expropriant. Quant à fournir une
indemnité à un créancier qui se voit pleinement
remboursé de sa créance sur paiement hâtif, pour des
raisons d'intérêt public, je ne vois pas... Même si je
reconnais que quelqu'un qui a prêté 100 000 $ à 18% se les
voit tout à coup rembourser alors que le taux courant est de 3%
inférieur, c'est évident, mais l'inverse aussi peut se produire
et il m'apparaît qu'on n'a pas à aller...
M. Leduc (Saint-Laurent): Le juge va juger et va dire: À
ce moment-là, on ne paiera pas d'indemnité, vous pouvez
prêter votre argent à un taux supérieur. C'est un cas
d'espèce; chaque cas est un cas particulier qui doit être
apprécié. Je pense qu'ici c'est une véritable
expropriation et je pense qu'on doit dédommager les gens qui sont
expropriés. Je ne vois pas du tout pourquoi... Je pense que l'article
est absolument inacceptable. Tantôt on disait qu'on peut mentionner
n'importe quoi. Vous dites que cela pourrait être avantageux d'être
payé hâtivement, mais supposez que le bonhomme ou la dame a
prêté son argent il y a six mois, l'a prêté pour cinq
ans ou trois ans et se fait rembourser, je pense que ce n'est pas correct.
Comme le disait mon collègue, on peut prendre une veuve, on peut prendre
des gens qui n'ont pas une grosse fortune, 15 000 $ ou 20 000 $, je pense
qu'ils subiraient un préjudice. Je ne vois pas pourquoi un organisme
public ne dédommagerait pas celui qui doit reprendre son argent à
cause d'une expropriation.
Le Président (M. Blouin): M. le ministre.
M. Clair: M. le Président, je répète
simplement que je suis tout à fait d'avis contraire à celui qui
est exprimé par le député de Saint-Laurent. Le Tribunal de
l'expropriation n'a jamais, à ma connaissance, dans les lois de
l'expropriation - même sous l'ancien régime -
considéré le prêteur hypothécaire d'un
exproprié comme étant lui-même un exproprié. Il
n'est pas question qu'on ouvre la Loi sur l'expropriation pour
considérer le prêteur qui, lui-même, si jamais il s'agissait
d'argent reprêté, pourrait remonter jusqu'à la Banque du
Canada.
M. Leduc (Saint-Laurent): Dans ce cas,
vous ne respectez pas les contrats, c'est clair.
M. Clair: C'est déjà le cas, M. le
Président.
M. Leduc (Saint-Laurent): À ce moment-là, je suis
d'accord, si vous dites que vous ne respectez pas les contrats, je suis
d'accord.
Le Président (M. Blouin): S'il vous plaît. M. le
député, je constate que les positions sont inconciliables. S'il y
a des commentaires supplémentaires, je n'aimerais pas qu'on
répète sans cesse les mêmes arguments ou à peu
près. Je parle de part de d'autre. Comme ce n'est pas conciliable, s'il
y a quelques commentaires en conclusion...
M. Leduc (Saint-Laurent): J'ai peut-être un autre
commentaire. Supposons que vous ayez une expropriation partielle, comment cela
va-t-il se produire?
M. Clair: Comment se fait une expropriation partielle,
éclairez-moi donc là-dessus?
M. Leduc (Saint-Laurent): Pour l'expropriation partielle d'un
immeuble, allez-vous être obligé de rembourser la créance
en totalité?
M. Clair: Mettons qu'on exproprierait le toit, comme dit...
M. Leduc (Saint-Laurent): Non, pas du tout. On vient justement de
vivre le cas, la partie de terrain en arrière. Soyez sérieux, M.
le ministre!
M. Clair: Mais le même régime s'applique...
M. Leduc (Saint-Laurent): Qu'est-ce que cela veut dire?
M. Clair: II n'y a jamais d'expropriation partielle, on
exproprie...
M. Leduc (Saint-Laurent): Pardon? On ne peut pas exproprier une
partie du terrain? Vous n'avez jamais vu cela?
M. Clair: Oui, mais...
M. Leduc (Saint-Laurent): Alors, est-ce partiel oui ou non?
M. Clair: ...une expropriation, qu'elle porte sur un immeuble qui
est grand comme l'île de Montréal ou qu'elle porte sur une
immeuble de 100 par 100, dans un cas comme dans l'autre, c'est le même
régime d'expropriation qui s'applique.
M. Leduc (Saint-Laurent): Prenons un terrain de 10 000 pieds
carrés et qu'on en exproprie 5000 - je vais vous mettre les points sur
les "i", vous ne semblez pas comprendre - il me semble que ce sont des choses
qui se vivent tous les jours. Vous avez un terrain de 100 000 pieds, vous avez
exproprié 50 000 pieds, il y a une créance. Qu'est-ce qui se
produit?
M. Clair: Alors, le régime...
M. Leduc (Saint-Laurent): On a eu un cas nous et il n'y a pas une
cour ou en tout cas pas un avocat qui a pu régler cela, il ne savait
pas. Alors, je voudrais peut-être qu'on l'inscrive.
M. Clair: Tout ce que je peux indiquer au député,
c'est que le régime - vous savez, quand on soulève des
problèmes qui n'existent pas, même les plus brillants avocats ont
de la misère à trouver la réponse, parce qu'elle n'existe
pas, tout ce que j'indique au député, c'est que, que
l'expropriation se fasse sur la totalité ou sur une partie d'un
immeuble, le régime est le même, 70% d'indemnité
provisionnelle s'applique et entre dans l'ensemble...
M. Leduc (Saint-Laurent): Mais je parle du créancier.
M. Clair: Comme je vous le dis, il est soumis au même
régime.
M. Leduc (Saint-Laurent): Alors, lui, il va être
remboursé. Où est-ce dit?
M. Clair: Cela s'infère de toute la loi, M. le
Président.
M. Leduc (Saint-Laurent): Toute la loi? Je n'ai pas vu cela du
tout, je ne vois pas en vertu de quel article on pourrait... Je pense qu'il
faudrait que ce soit mentionné à 53.16.
M. Clair: Vous me rappelez l'ancien député de
Jacques-Cartier.
M. Leduc (Saint-Laurent): Vous me rappelez un ministre, vous.
M. Rodrigue: M. le Président, j'ai l'impression qu'on va
devoir adopter cet...
M. Clair: II était particulièrement tenace.
M. Rodrigue: On va devoir adopter cet article sur division.
M. Marx: M. le Président. C'est moi
qui ai commencé...
Le Président (M. Blouin): Oui, M. le député
de D'Arcy McGee, vous avez la parole.
M. Marx: J'ai posé une question au ministre. Il a
répondu, mais je n'ai pas trouvé la réponse à ma
question. À l'article 53.16, on dit... "ce créancier peut
réclamer une indemnité." Mais que fait-on dans la loi actuelle?
C'est la question avec laquelle on a commencé. Dans la loi actuelle, on
ne retrouve pas les dispositions en ce qui concerne le créancier. Oui,
est-ce que...
M. Clair: Dans la loi actuelle...
M. Marx: Est-ce que cette personne peut s'identifier pour le
journal des Débats?
Une voix: Oui.
M. Clair: C'est comme si c'était le ministre qui
parlait.
M. Marx: Oui, oui. Mais j'aimerais savoir qui parle.
M. Clair: Je vais faire appel à Me Luc Leblanc, M. le
Président, qui est un avocat du contentieux du ministère, pour
répondre à la question.
Cette mesure est une mesure nouvelle. Dans la loi actuelle, on n'a rien
qui touche ce sujet. Alors, dans la situation actuelle, lorsqu'il y a une
expropriation, l'exproprié a une dette personnelle, et même s'il
n'a pas recherché l'expropriation, il est obligé de rembourser
lui-même son créancier à la suite de cette expropriation.
C'est la situation qu'on a voulu corriger. Les faits qui se sont
déroulés à quelques reprises étaient sur des
prêts hypothécaires qui survenaient après que l'avis
d'expropriation eut été signifié, prêts
hypothécaires qui prévoyaient jusqu'à une année de
pénalité pour remboursement hâtif et des montants
qu'à ce moment l'exproprié devait rembourser alors qu'il n'avait
pas recherché l'expropriation.
M. Leduc (Saint-Laurent): II y avait collusion. On parle d'un
cas. Ce n'est pas de cela du tout qu'on parle. Voyons! C'est la...
M. Marx: Qu'arrivait-il dans ces cas? Est-ce qu'il y avait des
clauses judiciaires ou...
M. Clair: II faut dire que, dans un tel cas, le créancier
hypothécaire n'est jamais un exproprié. Théoriquement,
dans un tel cas, c'est à l'exproprié de dédommager son
créancier hypothécaire en vertu de la clause pénale.
M. Marx: Est-ce qu'il est dédommagé pour un an
d'indemnité? C'est cela?
M. Clair: Non. Ce qui se produit dans un tel cas, c'est que
l'exproprié, lorsqu'il ira devant le Tribunal de l'expropriation, va
demander ce montant comme étant un dommage qui découle de
l'expropriation.
M. Marx: Oui.
M. Clair: Alors, finalement, c'est l'expropriant qui le paie.
M. Marx: Est-ce que cela a été accordé dans
des cas semblables?
M. Clair: Cela a été accordé, étant
donné que c'est un dommage qui découle de l'expropriation.
M. Marx: Jusqu'à maintenant, c'était payé,
même s'il y avait collusion, comme vous l'avez signalé. C'est
cela?
M. Clair: C'est cela.
M. Leduc (Saint-Laurent): Si vous me permettez. Si on veut
être logique, vous dites que ce n'est pas à l'expropriant mais
à l'exproprié. Vous dites que vous ne vous mêliez pas de
cela auparavant. Pourquoi voulez-vous vous en mêler maintenant? C'est ce
que je me demande.
M. Clair: La seule...
M. Leduc (Saint-Laurent): Si cela ne vous concerne pas, laissez
le problème se solutionner entre...
M. Clair: C'est là la bonne doctrine libérale.
Laissez courir les problèmes.
M. Leduc (Saint-Laurent): Pas du tout. Mais n'intervenons pas
où on n'a pas à intervenir, n'exproprions pas...
Une voix: Surtout, laissons les fraudeurs frauder.
M. Leduc (Saint-Laurent): À mon sens, il n'est pas
question d'exproprier sans payer une indemnité juste et raisonnable.
M. Clair: II y a des raisons très honnêtes ici. Les
clauses sont modifiées et on va retrouver de plus en plus des clauses de
pénalité pour paiement hâtif qui sont beaucoup plus
onéreuses. Alors, c'est tout simplement une pratique qui
s'étend.
M. Leduc (Saint-Laurent): Mais je pense, comme vous me disiez
tantôt, qu'il y avait collusion dans ce cas. Je suis complètement
contre à ce moment. Il n'y a
pas à payer une indemnité, mais c'est au tribunal à
évaluer et à juger. C'est tout.
M. Lachance: Adopté sur division?
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article 53.16 est-il
adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): À mon sens, cela devrait
être réglé par le tribunal. Il est là, il est
habilité à établir l'indemnité. Eh bien! Il va
l'établir là également.
Le Président (M. Blouin): On peut procéder
maintenant à l'adoption de l'article sur division?
Une voix: Sur division.
M. Leduc (Saint-Laurent): Oui, oui. Vu que M. le ministre
consentirait à ce que...
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article 53.16.
Une voix: II est adopté sur division.
Le Président (M. Blouin): Est-il adopté? Sur
division. Article 53.17.
M. Lachance: M. le Président.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Bellechasse.
M. Lachance: M. le Président, les sparages que j'entends,
de façon fort démocratique, je l'avoue, on est ici pour cela...
Si je comprends bien cette loi qui nous est présentée, c'est une
loi de bonification de ce qui existe. Je comprends mal que les gens de
l'Opposition soient là pour faire des sparages alors qu'actuellement, on
a une loi qui régit le domaine de l'expropriation dont les dispositions
sont pires que celles qui sont présentement devant nous et qu'on s'en
aille à gauche et à droite avec toutes sortes de
problèmes.
M. Leduc (Saint-Laurent): On ne s'en va pas à gauche et
à droite, on suit les articles un par un.
M. Clair: M. le Président, ce que je peux indiquer au
député de Bellechasse, c'est que je considérais que
l'Opposition était encore en deçà de mon seuil de
tolérance. J'aurais commencé à lui parler de ses
expropriations massives et du gaspillage de 100 000 000 $ qu'elle a
occasionnés au gouvernement du Québec...
M. Bourbeau: Est-ce qu'on parle de cette loi?
Une voix: La démagogie qui recommence'.
M. Clair: ...à la suite de dépôts massifs de
plans en 1975, mais comme les gens de l'Exposition étaient encore en
deçà...
M. Leduc (Saint-Laurent): C'est de la démagogiel
Le Président (M. Blouin): Nous allons maintenant
revenir...
M. Leduc (Saint-Laurent): On parle de la loi, on est
pertinent.
Le Président (M. Blouin): Je vous rappelle que...
M. Leduc (Saint-Laurent): Est-ce qu'on est pertinent, M le
ministre, ou non?
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Saint-Laurent.
M. Bourbeau: Est-ce le député de Bourassa ou le
député de Bellechasse qu'on a avec nous?
M. Leduc (Saint-Laurent): II parle de sparages, il n'y a pas de
sparages. C'est vous, cher collègue, qui faites des sparages.
Le Président (M. Blouin): Alors, nous sommes réunis
pour...
M. Clair: II n'y a pas de sparages. Il n'ont pas de "spares",
c'est bien connu.
Le Président (M. Blouin): Je rappelle...
M. Bourbeau: L'Opposition est plus nombreuse que le parti
gouvernemental. On va prendre le vote.
M. Clair: Alors, le paragraphe 53.17, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): II est déjà
adopté sur division. Paragraphe 53.17.
M. Clair: M. le Président, il y a lieu de conserver
l'hypothèque pour assurer au créancier hypothécaire qu'il
sera payé. Cependant, il y a aussi lieu de permettre à
l'expropriant de procéder aux fins de l'expropriation. Il faut donc
lever les interdictions de l'article 2054 du Code civil et des clauses
hypothécaires qui empêchent de détériorer le bien.
S'il faut construire une route, on devra soit démolir, soit
déplacer des constructions. Il faut aussi permettre à
l'expropriant de céder le bien si l'expropriation avait ce but.
L'hypothèque sera purgée plus tard.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article
53.17 est-il adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Si vous me le permettez, est-ce que
c'est du droit public, l'article 53.16? S'il y avait une stipulation dans un
acte qui disait...
M. Rodrique: M. le Président, l'article 53.16, on en a
disposé.
M. Leduc (Saint-Laurent): ...qu'en cas d'expropriation... Je
pense que c'est pertinent. Pouvez-vous répondre à cela?
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Saint-Laurent.
M. Leduc (Saint-Laurent): Est-ce qu'on pourrait stipuler?
M. Clair: La Loi sur l'expropriation est d'ordre public.
Le Président (M. Blouin): M. le ministre, je n'accepterai
pas que nous commencions à revenir sur des articles qui ont
déjà été adoptés.
M. Rodrique: Non, je regrette, le député de
Saint-Laurent a parlé de l'article 53.16.
M. Bourbeau: Oui, mais on parle de l'article 53.17 par analogie
avec l'article 53.16.
M. Rodrique: C'est ce que le président est en train de lui
rappeler justement.
M. Clair: C'est donné, M. le Président.
Une voix: Comme Duplessis, on donne tout.
Le Président (M. Blouin): Alors, article 54.
M. Clair: M. le Président, à l'article 54...
Une voix: II y aurait lieu d'adopter l'article 12 au complet.
M. Clair: On n'a pas terminé l'article 12.
Le Président (M. Blouin): Non, non, on n'a pas
terminé l'article 12.
M. Rodrique: On vient d'adopter l'article 53.17?
M. Clair: Oui. Alors, l'article 54, ce deuxième moyen de
transférer la propriété correspond à la prise de
possession d'urgence prévue au deuxième alinéa de
l'article 50. Le nouveau texte accorde cependant plus de droits, car il tient
compte des locataires et des occupants de bonne foi. Comme il s'agit d'une
procédure d'urgence, nous avons fait disparaître la
possibilité d'appel, car, autrement, la requête n'aurait plus
aucun sens. Puisque le nouveau texte parle de transfert de
propriété, le jugement doit donc être enregistré.
Adopté?
M. Bourbeau: II y a une observation seulement, M. le
Président. L'article 54, à la fin du premier alinéa,
stipule: "et le jugement rendu n'est pas susceptible d'appel". Est-ce courant
d'avoir un jugement qui n'est pas susceptible d'appel?
M. Clair: La règle de droit, c'est que, normalement, il
n'y a pas d'appel. L'appel est autorisé par des dispositions
spécifiques. La raison pour laquelle on le précise, c'est
qu'auparavant il y avait une possibilité d'appel qu'on fait
disparaître. Alors, si on veut que le texte soit clair, il y a lieu de
faire disparaître le droit d'appel.
M. Bourbeau: II me semble que la Charte des droits et
libertés de la personne, que mon collègue, le
député de D'Arcy McGee, connaît très bien,
reconnaît à tous les justiciables le droit d'appel. Je ne sais pas
ce qu'en pense le député de D'Arcy McGee.
M. Clair: S'il y a possibilité d'appel, il n'y aura plus
jamais d'expropriation d'urgence, alors cela viendrait faire disparaître
le recours...
M. Marx: On a déjà traité de cette question
lors de l'étude d'autres articles où on enlève le droit
d'appel.
M. Clair: Je ne pense pas qu'on enlève des droits
substantiels aux expropriés de façon générale.
Comme on modifie l'ensemble de la procédure, je ne pense pas qu'on
puisse dire qu'on... On a un souci, dans tous les cas, effectivement, comme je
l'indiquais tantôt, de s'assurer que les procédures sont les plus
expéditives possible et que, quand il y a des droits d'appel, ce soit
sur des choses fondamentales et que cela ne vienne pas nuire au processus.
M. Bourbeau: Enfin, comme dirait...
M. Marx: Pour répondre à mon collègue, le
député de Laporte, il y avait un autre article où on a
enlevé le droit d'appel. On a fait tout un débat autour de cette
question. Le ministre n'a pas voulu céder et faire des modifications.
Donc, ce serait la même chose, j'imagine, avec cet article.
Le Président (M. Blouin): M. le député
de Laporte.
M. Bourbeau: M. le Président, comme dirait mon
collègue de Gatineau, je ne suis pas avocat. Si les avocats sacrifient
les droits d'appel aussi facilement, je n'ai qu'à m'incliner, mais je
suis étonné.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article 54
est-il...?
M. Marx: Pas tous les avocats, le ministre.
Le Président (M. Blouin): L'article 54 est-il
adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): II est adopté?
M. Clair: Oui. L'article 54.1, M. le Président...
M. Bourbeau: L'article 54 est-il adopté sur division?
M. Marx: Non.
M. Clair: Si vous voulez. Cela ne me fait rien. (22 heures)
Le Président (M. Blouin): II est adopté?
M. Clair: Oui. L'article 54.1, M. le Président...
Le Président (M. Blouin): II est adopté.
M. Clair: L'article 54.1, M. le Président, est uniquement
de la concordance.
Le Président (M. Blouin): L'article 54.1 est-il
adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Article 55.
M. Clair: Lorsque la situation d'urgence n'existe pas et lorsque
l'expropriant ne s'est pas prévalu de la possibilité
d'opérer un transfert préalable de propriété, il
devient propriétaire de la façon prévue par la loi
actuelle. Le dépôt de l'indemnité se fait au greffe de la
Cour supérieure, endroit qui est plus rapproché de
l'exproprié que le bureau du ministre des Finances.
Le Président (M. Blouin): L'article 55 est-il
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 55.1.
M. Clain La loi actuelle prévoit, à l'article 56,
que l'expropriant peut prendre possession du bien dès l'enregistrement
du jugement de la Cour supérieure homologuant la décision du
Tribunal de l'expropriation. Si l'expropriant a procédé de la
façon prévue au nouvel article 55, nous ne voyons pas pourquoi
nous n'accorderions pas un délai additionnel de quinze jours, même
si, dans presque tous les cas, l'exproprié et les locataires ont
déjà quitté les lieux.
Le Président (M. Blouin): Est-ce que l'article 55.1 est
adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 55.2.
M. Clair: "Lorsque le bien exproprié est grevé de
droits réels enregistrés et que l'expropriant dépose
l'indemnité au greffe de la Cour supérieure, ces droits
réels sont purgés par l'enregistrement du
récépissé du dépôt; il en est de même
des actions en résolution, en revendication ou autres actions
réelles qui sont transformées en créances personnelles
contre l'exproprié." "Le régistrateur est tenu de radier les
droits ainsi purgés. - Le protonotaire doit se conformer à
l'article 53.15. - Le protonotaire doit distribuer l'indemnité de la
manière prévue à l'article 53.15 et l'article 53.16
s'applique à cette distribution."
M. Marx: Le ministre a presque lu l'article. Il n'y a pas
d'explication.
M. Clair: Effectivement, c'est ce que j'ai fait.
Le Président (M. Blouin): L'article 55...
M. Marx: Le ministre s'est trompé de page.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article...
M. Rodrigue: Non, le ministre ne s'est pas trompé, M. le
Président, il voulait tout simplement voir si le député de
D'Arcy McGee suivait nos débats attentivement.
M. Clair: C'est parce que cet article...
Une voix: Le ministre a pris du soleil en fin de semaine.
M. Clair: Cet article, M. le Président, reprend les
dispositions de l'article 54. Elle est bonne!
Le Président (M. Blouin): L'article 55.2 est-il
adopté?
M. Marx: Le ministre nous donnera maintenant les
explications.
M. Rodrigue: Adopté. M. Clair: C'est cela.
M. Marx: II a lu l'article, ce n'était pas
nécessaire. Maintenant, il nous donnera les explications.
Une voix: Est-ce qu'on pourrait avoir l'explication?
M. Clair: Cet article, M. le Président, reprend les
dispositions de l'article 54.
Le Président (M. Blouin): L'article 55.2 est-il
adopté?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 55.3.
M. Clair: Lorsque les créances ne sont pas tout
éteintes, le protonotaire continue à distribuer le solde...
M. Leduc (Saint-Laurent): Enlevez donc le reste des
documents.
M. Clair: ...jusqu'à leur extinction. Dans ce cas, comme
on est rendu au terme des procédures, un régistrateur radie tous
les droits réels.
Le Président (M. Blouin): L'article 55.3 est-il
adopté?
Des voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): II est adopté. Donc,
l'article 12 tel qu'amendé est-il adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté?
Une voix: Oui.
Le Président (M. Blouin): Article 13.
M. Marx: Juste avant de commencer l'article 13, j'ai une question
qui nous fera gagner beaucoup de temps. Les articles 13, 14, 15 et 16 auront
effet sur les affaires pendantes. J'aimerais m'assurer une autre fois qu'il n'y
aura pas d'effets négatifs sur les expropriés.
M. Clair: D'accord. Dans tous les cas, effectivement, cela
entrera en vigueur le jour de la sanction et cela s'appliquera aux causes
pendantes. Il n'y a qu'un cas où on pourrait dire que l'amendement n'est
pas à l'avantage de l'exproprié, c'est à l'article 14. Je
peux assurer le député que, justement, là-dessus, on a un
amendement à la suite de représentations qui nous ont
été faites par le Barreau du Québec, un amendement qui
nous vient du barreau et que nous avons accepté. C'est le seul cas
où, à notre connaissance, il est susceptible d'y avoir un impact
qui ne soit pas positif dans l'intérêt des expropriés.
M. Marx: Donc, lorsqu'on arrivera à l'article 14, on fera
une modification qui fera en sorte qu'il y aura un impact positif?
M. Clair: Non, mais que...
M. Marx: On va laisser un impact...
M. Clair: C'est parce que, voyez-vous...
M. Marx: D'accord, appelez l'article 13, si vous voulez.
M. Clair: D'accord.
M. Marx: Ensuite, on va...
Le Président (M. Blouin): Quand nous y arriverons,
très bien. Article 13.
M. Clair: Cet article, quant à la prise de possession
forcée, reprend les dispositions des articles 56 et 57 actuels en
éliminant les ambiguïtés. La requête est
présentée devant un juge en chambre qui peut, dans les
délais qu'il détermine, exempter l'expropriant de la faire
signifier. Le troisième alinéa de l'article 56 actuel devient
inutile car la distribution qu'il vise est clairement décrite au nouvel
article 53.15. Il en va de même du quatrième alinéa, dont
la substance se retrouve à l'article 53.9.
Le Président (M. Blouin): L'article 13 est-il
adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 14.
M. Clair: C'est le paragraphe 59. Je propose un amendement, M. le
Président. L'article 59 de la Loi sur l'expropriation, remplacé
par l'article 14 de ce projet, est modifié par l'insertion, à la
troisième ligne, du mot "particulière" après les mots "une
autre partie acquiert une plus-value". Selon la loi actuelle - l'explication de
l'amendement - lorsque la partie restante d'un immeuble exproprié
acquiert une plus-value, il y a compensation avec le montant des dommages. Le
projet de loi prévoit une compensation avec le montant de
l'indemnité. Le barreau s'est opposé à cette ouverture
trop large et nous proposons d'ajouter le mot "particulière"
à l'article. Ceci aura pour effet de diminuer le montant de
l'indemnité de l'expropriation dans les seuls cas où
l'exproprié est personnellement avantagé par l'expropriation.
Lorsque l'expropriation donne une plus-value à plusieurs immeubles qui
n'ont pas été expropriés, il n'y a pas lieu de
réduire l'indemnité de l'exproprié alors que tous ses
voisins s'enrichissent par la plus-value donnée à leur immeuble.
L'exemple le plus simple qu'on puisse donner, probablement, c'est la
construction d'une station de métro. Si tous les propriétaires
voisins bénéficient d'une plus-value, il n'y a pas de raison pour
laquelle un exproprié en particulier obtiendrait compensation quant
à cette plus-value. Donc, c'est pour cela qu'on introduit le mot
"particulière" après les mots "une autre partie acquiert une
plus-value".
Le Président (M. Blouin): Alors, l'amendement est-il
adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Si vous le permettez, M. le
Président.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Saint-Laurent.
M. Leduc (Saint-Laurent): L'ancien article 59 était
à peu près aux mêmes fins.
M. Clair: Oui.
M. Leduc (Saint-Laurent): II y a un ajout, je pense.
M. Clair: Je vais vous donner l'explication. Si on lit l'article,
avant l'amendement - mes commentaires portent sur le contenu avant
l'amendement. Il est établi depuis longtemps par la jurisprudence que
l'exproprié doit être indemnisé pour ce qui lui est pris,
que cette indemnité doit être calculée selon la valeur au
propriétaire en tenant compte de l'utilisation qu'il fait du bien et non
pas selon la valeur qu'il a pour l'expropriant, et, finalement, que
l'indemnité doit être équitable pour les deux parties et
qu'elle ne doit pas servir à enrichir une partie. L'expropriation ne
donne pas de plus-value à un immeuble contigu. Ce sont des travaux qui
peuvent donner une plus-value. De plus, souvent, ce n'est pas toujours la
partie restante qui acquiert une plus-value. C'est souvent une autre partie de
l'immeuble et non pas la partie restante dans sa totalité. Cette
plus-value n'est pas immédiate. Elle naîtra lors de
l'exécution des travaux. L'expropriant devra donc faire la preuve que
les travaux ont été effectués ou que tout est prévu
pour qu'ils commencent rapidement. Dans bien des cas, les dommages seront
minimes, alors que la plus-value sera grande. Si la compensation se fait
uniquement avec les dommages, l'exproprié s'enrichit indûment. Ces
considérations ont mené à la nouvelle
rédaction.
Le Président (M. Blouin): Cela va?
M. Marx: II y a un point qui me tracasse, c'est qu'on va affecter
d'une façon négative les droits des expropriés qui ont des
causes pendantes. Je trouve...
M. Clair: C'est pour cela, M. le Président, comme il faut
toujours agir avec beaucoup de prudence dans ces matières-là, que
nous avons consulté le barreau. À la suite des consultations que
nous avons menées avec le barreau, nous avons précisé afin
de bien identifier qu'il s'agissait d'une plus-value particulière et non
pas d'une plus-value qui s'applique à plusieurs autres immeubles
à proximité d'un endroit où se déroulent des
travaux.
M. Marx: Donc, cela va nuire aux droits des expropriés qui
sont devant les tribunaux maintenant, mais d'une façon moindre.
M. Clair: D'une façon beaucoup moindre, mais par une
mesure qui est quand même équitable.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'amendement est-il
adopté?
M. Marx: Oui.
Le Président (M. Blouin): Adopté. L'article 14
amendé est-il adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Oui.
Le Président (M. Blouin): Article 15.
M. Clair: II y avait le paragraphe 60 aussi, M. le
Président, à l'article 14.
Le Président (M. Blouin): Ah oui? Le paragraphe 60,
très bien.
M. Clair: II est presque impossible de déplacer une
construction avec avantage pour l'exproprié, comme le dit la loi. S'il a
construit à un endroit, c'est que ce site lui convenait mieux. Le
déplacement pourrait être convenablement fait. C'est au tribunal
de l'apprécier. De plus, un déplacement pourrait être
convenablement fait sur un terrain voisin plutôt qu'adjacent. Enfin, pour
diminuer les coûts d'expropriation, la loi permet au ministre des
Transports d'exproprier des terrains pour donner accès à des
propriétés isolées ou pour permettre le déplacement
de constructions sur ces terrains. Référence à la Loi sur
la voirie,
article 10, et à la Loi sur l'expropriation, article 64.
L'expropriant devrait donc pouvoir offrir que le déplacement
s'effectue sur un terrain qui lui appartient si le tribunal estime que cela
peut être convenablement fait. L'article 60 ne remplissait pas les
fonctions pour lesquelles il avait été adopté. La
modification vise à apporter des corrections pour lui permettre
d'atteindre ces fins.
Le Président (M. Blouin): L'article 59 étant
déjà adopté tel qu'amendé, l'article 60 est-il
adopté?
M. Marx: Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 60 est-il
adopté?
M. le député de Saint-Laurent.
M. Leduc (Saint-Laurent): Si le terrain appartient à
l'expropriant, il va falloir qu'on tienne compte de la valeur. Qui va en tenir
compte? Est-ce que ce sera le tribunal?
M. Clair: La réponse au député se trouve
dans une proposition d'amendement que j'ai déposée tantôt.
On propose de modifier l'article 14 en supprimant, à la fin de l'article
60, les guillemets et le point et en ajoutant, après l'article 60, les
articles suivants: "60.1 Lorsque l'expropriant demande que le
déplacement soit effectué sur un terrain qui lui appartient, il
doit accompagner sa requête d'une offre de vente du terrain offert. Si le
tribunal fait droit à la demande, il statue sur la valeur du terrain
laquelle sera réduite de l'indemnité. "60.2. L'ordonnance du
tribunal enjoignant le déplacement sur un terrain appartenant à
l'expropriant est homologuée. L'enregistrement, au bureau
d'enregistrement de la division où est situé l'immeuble, du
jugement de la Cour supérieure homologuant l'ordonnance du tribunal
opère transfert de propriété." Je pense que cela
répond...
M. Leduc (Saint-Laurent): D'accord.
M. Clair: Je pense qu'on peut adopter en même temps
les...
Le Président (M. Blouin): II faut d'abord adopter
l'amendement. Donc, l'amendement que le ministre vient de lire à
l'article 14 est-il adopté, c'est-à-dire ce qui amende le
paragraphe 60?
M. Clain Adopté.
M. Marx: Oui.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Donc, l'article
60 tel qu'amendé est-il adopté? M. Leduc (Saint-Laurent):
Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. L'article 14 du
projet de loi est-il adopté tel qu'amendé?
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. L'article 15.
M. Clair: L'article 15 est de concordance.
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. L'article 16.
M. Clair: Actuellement, lorsque la partie restante n'est plus
utilisable aux fins auxquelles elle pourrait être utilisée,
l'exproprié, plutôt que de demander au tribunal d'en ordonner
l'expropriation, plaide que la partie restante n'a plus de valeur et demande
qu'elle soit dépréciée à 100%. Ceci signifie qu'il
demande la valeur totale de la partie restante, mais en demeure
propriétaire, puis il la vend et fait un autre profit. Aussi, il est
important que l'expropriant puisse faire la même demande car s'il paie la
valeur de cette partie, il est juste qu'il en soit propriétaire. De
plus, un immeuble pourrait ne plus être utilisable pour une fin alors
qu'il aurait une valeur pour une autre fin. C'est pourquoi nous avons
changé cette partie de la rédaction de l'article. Si le
changement de fin occasionne un dommage, le tribunal en tiendra compte dans
l'établissement de l'indemnité. De toute façon, c'est au
tribunal de statuer sur toute la question et d'user de sa
discrétion.
Le Président (M. Blouin): L'article 16 est-il
adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 17.
M. Clair: L'indemnité n'est due qu'aux locataires qui
subissent un dommage à la suite de l'expropriation. Si l'avis
d'expropriation a été signifié, le nouveau locataire loue
à ses propres risques. Il faut cependant qu'il connaisse l'existence des
procédures d'expropriation et seul le propriétaire peut le
renseigner. Cette obligation incombe donc au propriétaire sous peine de
dommages. Afin de ne pas le prendre par surprise, le texte de l'annexe I qui
doit apparaître à l'avis d'expropriation le met en garde.
Le Président (M. Blouin): L'article 17 est
adopté.
M. Clair: II y a un petit amendement, M. le Président je
m'excuse, à l'article en cause. "L'article 67.1 de la Loi sur
l'expropriation, introduit par l'article 17 de ce projet, est modifié
par le remplacement de la première phrase par la suivante: "Une personne
qui devient un nouveau locataire ou un nouvel occupant de bonne foi d'un
immeuble après que le propriétaire ait reçu l'avis
d'expropriation, ne peut réclamer aucune indemnité de
l'expropriant."
Le Président (M. Blouin): L'amendement est-il
adopté? (22 h 15)
M. Clair: Le mot "nouveau" est ajouté pour s'assurer qu'il
ne vise pas le renouvellement d'un bail.
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'amendement est adopté.
L'article 17 tel qu'amendé est-il adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Article
18?
M. Marx: M. le Président, à l'article 18,
j'aimerais demander au ministre de nous assurer une autre fois que cet article
n'aura pas des effets sur les causes pendantes, c'est-à-dire des effets
négatifs en ce qui concerne les expropriés. S'il y en a, qu'il
nous explique de quel ordre.
M. Clair: Ce n'est que la procédure qui est nouvelle, M.
le Président, et non pas le droit substantif, puisqu'auparavant on
devait prendre une action, alors que maintenant il n'y aura pas
nécessité de prendre une action pour réclamer. Ce sera par
compensation, à toutes fins utiles. Mais il n'y a pas de modification au
droit substantif.
M. Marx: D'accord.
Le Président (M. Blouin): L'article 18 est-il
adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Avant de
passer à l'article 19, je signale simplement que, tout à l'heure,
lorsque nous avons adopté les articles 60.1 et 60.2, il s'agissait d'un
amendement à l'article 14 et non pas à l'article 60.
M. Marx: D'accord.
Le Président (M. Blouin): Article 19? M. Leduc
(Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 19 est...
M. Marx: Un instant!
Le Président (M. Blouin): Oui.
M. Marx: Avant qu'on l'adopte, je pense qu'il serait
préférable que le ministre nous donne l'explication.
M. Clair: L'article 19 et l'article 73 indiquent que la
réserve, à moins d'abandon, d'annulation ou d'expropriation, est
imposée pour une période de dix ans. L'article 74 permet au
propriétaire, après l'expiration de deux ans ou de quatre ans,
s'il y a eu renouvellement, de présenter en tout temps une requête
à la Cour supérieure pour faire annuler la réserve. La
réserve, pratiquement, n'a d'effet que pour deux ans, quatre ans s'il y
a eu renouvellement. Mais le propriétaire est obligé de
s'adresser à la Cour supérieure, donc d'encourir des frais, s'il
veut effectuer des travaux. Les corps publics doivent de plus en plus planifier
leurs interventions. Souvent, des autorisations sont requises:
aménagement, urbanisme, protection du territoire agricole. Il y a donc
lieu d'enlever cette obligation de se rendre à la Cour supérieure
pour faire annuler la réserve et poser, de façon claire, que
celle-ci est imposée pour deux ans et, sur renouvellement, pour deux
autres années.
M. Marx: Nous aimerions féliciter le ministre pour cet
article qui améliore vraiment la situation actuelle.
M. Clair: Merci.
Le Président (M. Blouin): Je remercie également le
député de D'Arcy McGee pour sa bonne participation à nos
travaux.
Maintenant, nous en sommes à l'article 20.
Une voix: D'accord pour l'article 19?
Le Président (M. Blouin): L'article 19 était
adopté.
M. Clair: L'article 77 permettait au gouvernement d'exproprier un
bien réservé par une autre autorité. Afin que les projets
gouvernementaux ne soient pas gênés par des réserves
existantes, il est aussi important que le gouvernement ou un de ses mandataires
puisse acquérir une réserve. L'acquisition se distingue de la
cession prévue à l'article 76 du fait qu'elle soit
unilatérale et qu'elle ne requière donc pas un
consensualisme quant à la cession. L'intérêt
d'acquérir une réserve réside dans le fait qu'on s'assure
que celle-ci ne sera pas abandonnée, comme le permet l'article 83. Pour
atteindre ces buts, nous avons retranché l'exception qui se trouve
à l'article 77 pour, par un nouvel article 77.1, établir une
exception qui vise tout autant l'acquisition que l'expropriation d'une
réserve.
Le Président (M. Blouin): L'article 20 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté. M. Marx: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 21?
M. Clair: La modification apportée à la
façon de procéder à l'expropriation comporte des
modifications à la méthode d'imposition des réserves
puisque l'article 79 se référait aux articles concernant l'avis
d'expropriation. Le nouvel article 79 se réfère donc au nouvel
article 40. Le seul changement découle du fait qu'aucune distinction
n'est faite entre le locataire dont le bail est enregistré et celui qui
n'a pas de bail enregistré, car la nouvelle procédure, comme nous
le verrons à l'article 85, donne un recours à tous ceux qui
pourront subir un dommage à la suite de l'imposition de la
réserve. Le nouvel article prévoit le mode spécial de
signification que l'on retrouve à l'article 40.1.
Le Président (M. Blouin): L'article 21 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté. Une voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 22?
M. Clair: Une proposition d'amendement, M. le Président.
L'article 80 de la Loi sur l'expropriation, modifié par l'article 22 de
ce projet, est de nouveau modifié par le remplacement, au premier
alinéa, des mots "aux articles 44 et 44.1" par les mots "aux articles 44
et 44.2". C'est de la concordance.
Le Président (M. Blouin): L'amendement est-il
adopté?
M. Marx: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté.
M. Clair: L'article 22 comme tel n'est qu'un article de
concordance, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): L'article 22 est-il
adopté?
M. Marx: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 23?
M. Clair: Les locataires et les occupants de bonne foi sont
avisés de l'imposition de la réserve. Si le droit d'imposer une
réserve est contesté, les locataires et les occupants de bonne
foi sont avisés des résultats de la requête en
contestation.
Le Président (M. Blouin): L'article 23 est-il
adopté?
Une voix: Adopté.
M. Marx: Étant donné que son adjoint parlementaire
dit que c'est excellent, on va l'adopter à l'unanimité.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Sur cette
parfaite harmonie, nous passons à l'article 24.
M. Clair: Cet article devait être modifié pour tenir
compte de la modification de l'article 73 et de la disparition de l'article 74.
Cet article traite de l'expiration de la réserve. Comme l'abandon de la
réserve prévue à l'article 83 est aussi une forme
d'expiration de réserve, nous avons cru bon de déplacer cet
article 82 modifié à l'article 83.1.
Le Président (M. Blouin): L'article 24 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 25.
M. Clair: Lors de l'imposition de la réserve, aucun
dossier n'est ouvert au Tribunal de l'expropriation. La Loi sur l'expropriation
fut modifiée sur ce point en 1975 et le juge Dorion, président du
Tribunal de l'expropriation, fit remarquer avec raison que c'est à la
suite d'un oubli législatif que ces mots furent conservés. Il y a
lieu de les rayer.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Oui?
M. Marx: Adopté. Espérons qu'il n'y aura pas
d'oubli dans ce projet de loi.
M. Clair: Dieu nous garde!
Le Président (M. Blouin): Sur ces espoirs pertinents et
légitimes, nous passons à l'article 26.
M. Clair: Une correction, M. le Président. Dans le projet
de loi, on a parlé de "l'expropriation" au lieu de "l'expiration".
Voudriez-vous procéder à la correction d'écriture.
À l'article 83...
Le Président (M. Blouin): À 83.2? Une voix:
Oui.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Cet amendement
est-il adopté?
M. Clair: Est-ce que c'est bien cela?
Le Président (M. Blouin): Je lis l'amendement. "L'article
83.2 de la Loi sur l'expropriation, introduit par l'article 26 de ce projet,
est modifié par le remplacement du mot "expropriation" par le mot
"expiration". Cet amendement est-il adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Clair: Cet article qui remplace l'article 82 couvre tous les
cas d'expiration de réserve prévus par les nouvelles
règles: l'abandon, la fin de période d'imposition ou
l'expropriation.
Le Président (M. Blouin): L'article 26 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Article 27.
M. Clair: Lorsque la réserve est abandonnée,
l'expropriant enregistre par dépôt une déclaration
d'abandon. Si le bien est exproprié, l'avis d'expropriation sera lui
aussi enregistré par dépôt. Dans ces deux cas, les titres
sont clairs. Il n'y a pas lieu de redire quoi que ce soit. Cependant, si la
réserve expire avant la fin de la période à laquelle elle
a été imposée, tout intéressé peut en
demander la radiation.
M. Leduc (Saint-Laurent): D'accord.
Le Président (M. Blouin): L'article 27 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Je signale que l'article 26
était adopté tel qu'amendé. Article 28.
M. Clair: De concordance.
Le Président (M. Blouin): L'article 28 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Article 29.
M. Clair: C'est l'annexe, et je pense que j'ai donné les
explications là-dessus.
M. Leduc (Saint-Laurent): D'accord. Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 29 est adopté.
Article 30.
Modifications au Code civil
M. Clair: Ce sont des articles de concordance.
M. Marx: Est-ce que ces articles qui touchent le Code civil ont
été vus par le ministre de la Justice pour avoir son
imprimatur?
M. Clair: Absolument.
Le Président (M. Blouin): L'article 30 est-il
adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté. Le Président
(M. Blouin): Article 31.
M. Marx: II faut que quelqu'un protège les droits et
privilèges du ministre de la Justice.
M. Clair: C'est de la concordance également.
Le Président (M. Blouin): Très bien. L'article 32
est-il adopté?
M. Clair: L'article 32 est-il adopté?
M. Leduc (Saint-Laurent): Qu'est-ce qu'il dit à
1661.3?
M. Clair: Je peux vous le dire.
M. Marx: Notre pauvre Code civil subit tellement de modifications
ces jours-ci que c'est difficile de se retrouver.
M. Leduc (Saint-Laurent): Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 32 est adopté.
L'article 33.
M. Clair: Avant l'article 33, il y a les articles 32.1 et 32.2.
Me dispensez-vous de la lecture, M. le Président, de la proposition
d'amendement de l'article? En fait, dans le cas de l'article 32.1, ce sont des
ajustements au pouvoir de réserve de la Communauté
urbaine de Montréal. Dans le cas de l'article 32.2, ce sont
également des ajustements au pouvoir d'expropriation de la
communauté.
Le Président (M. Blouin): L'article 32.1 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Clair: C'est pour cela d'ailleurs, M. le Président, que
tantôt je proposais de modifier le titre du projet de loi afin que ce
soit plus représentatif.
M. Marx: Quelle est la portée de ces deux articles? Si
vous voulez nous donner des explications.
M. Clair: "La Communauté urbaine de Montréal
décrète une expropriation ou l'imposition d'une réserve,
par résolution de son conseil. Pour éviter les
spéculations entre l'adoption de la résolution et la
signification de l'avis de l'expropriation ou d'imposition de réserve,
il y a lieu de décréter un gel des constructions et des
améliorations." "118. Comme ce gel équivaut à une
réserve pour fins publiques, il y a lieu de prévoir la
possibilité d'obtenir une indemnité de la même façon
que le prévoit la Loi sur l'expropriation dans le cas d'imposition de
réserve." "294d. La Communauté urbaine pourra exproprier un
terrain pour le céder à un tiers afin de réduire les
coûts de construction du métro ou pour en faciliter
l'implantation." "33.1... Non, là...
Le Président (M. Blouin): Un instant, M. le ministre.
M. Clair: ...à un tiers. En fait, c'est pour favoriser des
échanges de terrains. Le pouvoir d'expropriation, c'est toujours un
pouvoir très strict et limité. Mettons que nous, au
ministère des Transports, on a le pouvoir d'exproprier pour des fins de
construction de routes, mais aussi j'imagine qu'on a le pouvoir de
procéder à des échanges de terrains, autrement dit
d'exproprier et de céder à un tiers, même si on ne
construit pas la route sur cela, pour des raisons qui peuvent être
très avantageuses. Alors, pour les fins de la construction du
métro, il peut s'avérer qu'il y ait avantage à exproprier
et à céder le terrain à un tiers. Qu'on prenne, par
exemple...
M. Leduc (Saint-Laurent): Cela rejoint un peu l'article...
M. Clair: ...le métro de surface à Montréal.
S'il y avait construction du métro de surface...
M. Leduc (Saint-Laurent): Est-ce qu'on va l'avoir?
M. Clair: On en discutera un autre tantôt!
M. Leduc (Saint-Laurent): Mais est-ce une bonne chose?
M. Clair: On sait, par exemple, que les voies du CN seraient
déplacées, donc la Communauté urbaine de Montréal
exproprierait une partie de terrain pour le céder au Canadien National
et non pas pour construire. Il est susceptible de se représenter
d'autres exemples où le pouvoir de la Communauté urbaine de
Montréal pourrait être contesté, compte tenu de la
façon dont il y a avantage à procéder.
M. Leduc (Saint-Laurent): On rejoint un peu l'autre article,
article qui disait qu'on pouvait avoir des échanges.
M. Clair: L'article 64 de la loi actuelle a des dispositions
similaires, il n'y a rien d'exorbitant là-dedans. Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 32.1 a
été adopté tout à l'heure. L'article 32.2 est-il
adopté?
M. Clair: Adopté.
M. Leduc (Saint-Laurent): Oui.
Le Président (M. Blouin): L'article 33 est-il
adopté?
M. Clair: Je pense que j'ai donné les explications au fur
et à mesure.
M. Marx: Mais j'ai un amendement à faire, M. le
Président.
M. Clair: Ah! oui?
M. Marx: À la première ligne, j'aimerais proposer
qu'après le chiffre 13 on mette une virgule, 15 et 16.
C'est-à-dire que l'article 33 ne s'applique pas à l'article 14.
Je pense que ce ne serait que juste de ne pas faire appliquer l'article
14 aux causes pendantes, étant donné que cela va avoir des effets
négatifs. Franchement, on ne sait pas ce qu'on fait parce qu'on n'a pas
la liste des causes pendantes devant nous et je n'aimerais pas adopter un
article dont je ne connais pas la portée et les effets. On peut
nuire à quelqu'un sans le vouloir.
M. Clair: M. le Président, je donne mon accord à
l'amendement proposé par...
Le Président (M. Blouin): Voulez-vous
répéter l'amendement et m'en fournir une copie, M. le
député, s'il vous plaît?
M. Marx: Bien...
M. Clair: C'est très simple, M. le Président. En
fait, c'est à la première ligne de l'article 33. Remplacer les
mots et chiffres "13 à 16" par "13, 15, 16 et 18".
M. Marx: C'est cela. Ce sera parfait. Des virgules...
M. Clair: Et des virgules entre. M. Marx: Où c'est
nécessaire.
M. Lachance: Vous ne pourrez pas dire que le ministre n'a pas
l'esprit ouvert, n'est-ce-pas?
M. Marx: C'est un des seuls. C'est pourquoi cela allait assez
vite ce soir.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'amendement est
adopté?
M. Marx: Le ministre de la Justice devrait venir prendre des
leçons.
M. Clair: Je remercie le député de D'Arcy McGee
pour ses compliments empoisonnés.
M. Marx: Ce n'étaient pas des compliments, c'était
la vérité telle que vue de ce côté de la table.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article 33 tel
qu'amendé est-il adopté?
M. Marx: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Article 34.
Une voix: Adopté.
M. Marx: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Non, non, non, M. le
député, un moment. Il y a de nouveaux articles.
M. Clair. C'est vrai, M. le Président, je m'excuse. Il y a un
petit ajout, l'article 33.1. Je propose d'introduire après l'article 33
l'article 33.1, qui se lirait comme suit: "Malgré l'article 1, le
deuxième alinéa de l'article 35 du chapitre 19 des lois de 1978
continue de s'appliquer au président et au vice-président du
Tribunal de l'expropriation en fonction au moment de l'entrée en vigueur
du présent article."; 2 par l'addition, à l'article 35, d'une
virgule et du chiffre 33.1 après le chiffre 33."
Le deuxième, c'est de concordance. M. Marx: Oui, mais
l'effet de...
Le Président (M. Blouin): Oui, mais ce que vous avez lu en
deuxième lieu concerne l'article 35, si j'ai bien saisi.
M. Clair: C'est cela.
Le Président (M. Blouin): Alors, nous l'adopterons quand
nous arriverons à l'article 35.
M. Clair: Oui. D'accord.
Le Président (M. Blouin): L'article...
M. Clair: En fait, c'est presque de la correction
d'écriture dans les circonstances. Pour fins d'explication, en voulant
consacrer le rôle de dirigeant du président du Tribunal de
l'expropriation, il fallait enlever à l'article 4 les mots "ont le
même statut", car le président ne peut avoir - Ah voilà'.
-le même statut que le président. Malencontreusement, la Loi
modifiant la Loi sur les tribunaux judiciaires de 1978, chapitre 19, article
35, donnait un droit à une pension à ceux qui, de par la charge
qu'ils occupaient, avaient le même statut que le juge en chef de la Cour
provinciale. Il n'a jamais été de notre intention de toucher aux
droits acquis et c'est ce que ce nouveau texte veut exprimer.
M. Marx: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Alors l'article 33.1 est-il
adopté?
Une voix: Adopté. M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Article 34.
M. Marx: M. le Président, on ne peut accepter l'article
34, qui enlève des droits et libertés aux
Québécois. C'est inacceptable.
Le Président (M. Blouin): L'article 34 est adopté
sur division. L'article...
M. Rodrigue: II y a un amendement à l'article 35.
Le Président (M. Blouin): Oui, je sais. Vous avez lu tout
à l'heure l'amendement qui se lit ainsi "par l'addition, à
l'article 35, d'une virgule et du chiffre 33.1 après le chiffre 33." Cet
amendement est-il adopté?
Une voix: Adopté.
M. Clair: Pardon, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Oui, M. le ministre.
M. Clair: Je pense qu'il faudrait une autre modification pour
tenir compte de l'amendement qui a été proposé
tantôt par le député de D'Arcy McGee, pour remplacer les
mots et chiffres "de 13 à 16" par les chiffres "13, 14,"...
M. Marx: Non, ", 15".
M. Clair: ",15, 16, 18" etc.
Le Président (M. Blouin): Alors, je relis l'article 35.
L'article 35 se lirait comme suit avec les amendements.
Il faudrait d'abord disposer de l'amendement de concordance que vous
venez d'évoquer. Cet amendement de concordance 13, 15, 16, etc., est-il
adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Je relis donc
l'article. "Les articles 1 à 7, 9, 11, 13, 15, 16, 18, 33, 33.1, et 34
entrent en vigueur le jour de la sanction de la présente loi. L'article
35, tel qu'amendé, est-il adopté?
M. Marx: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Article 36. M. le ministre.
M. Marx: On est habitué à un tel article dans
chaque projet de loi, et même si on n'est pas toujours d'accord, on n'a
pas le choix.
Le Président (M. Blouin): L'article 36 est
adopté.
M. Clair: M. le Président, je propose finalement que les
articles de ce projet de loi soient renumérotés. À cette
fin, les articles 32.1, 32.2, 33, 33.1, 34, 35, 36 de la Loi modifiant la Loi
sur l'expropriation et le Code civil et la Loi sur la Communauté urbaine
de Montréal sont respectivement renumérotés: 33, 34, 35,
36, 37, 38 et 39. L'article 38 se lit de la façon suivante: Les articles
1 à 7, 9, 11, 13, 15, 16, 18 et 35 à 37 entrent en vigueur le
jour de la sanction de la présente loi.
Le Président (M. Blouin): Cet amendement est-il
adopté?
M. Marx: Adopté.
M. Clair: Cette motion d'amendement est adoptée.
Le Président (M. Blouin): Sur ce...
M. Marx: Est-ce que le ministre va amener le ministre de la
Justice...
Le Président (M. Blouin): Sur ce, un instant, s'il vous
plaît, je propose que le projet de loi 15...
M. Marx: ...à l'étude d'un autre projet de loi pour
lui faire la leçon?
Le Président (M. Blouin): ...loi modifiant la loi sur...
Je reprends, je propose donc que nous adoptions, tel qu'amendé, le
projet de loi 15, Loi modifiant la Loi sur l'expropriation, le Code civil et la
Communauté urbaine de Montréal.
M. Marx: Adopté.
M. Clair: Adopté.
M. le Président, en réponse à la question du
député de D'Arcy McGee, je pourrais lui retourner le même
compliment et lui dire qu'il me ferait grand plaisir d'entreprendre
immédiatement, avec lui, maintenant, l'étude article par article
du projet de loi 25 ou de la loi 31 sur le covoiturage, puisqu'il a
été convenu qu'on étudiait ce projet de loi ce soir. Il me
fait plaisir d'en discuter avec lui tout de suite.
M. Marx: Notre expert en la matière, M. le
député de Laporte, s'en vient. Merci.
Le Président (M. Blouin): Alors, je propose que nous
suspendions pour quelques minutes.
(Suspension de la séance à 22 h 38)
(Reprise de la séance à 22 h 53)
Le Président (M. Blouin): À l'ordre, s'il vous
plaît!
Projet de loi 25
La commission permanente des transports reprend ses travaux. Les membres
de la commission étant les mêmes que tout à l'heure, nous
allons maintenant étudier le projet de loi 25, Loi sur la
Société québécoise des transports. Dès
à présent, je demanderais au ministre de nous livrer, s'il y a
lieu, ses remarques préliminaires.
M. Clair: M. le Président, je n'ai pas à proprement
parler de remarques préliminaires à ajouter. Je pense que le
discours en deuxième lecture était suffisamment explicite. Je
serais prêt à entamer immédiatement l'article 1.
M. Bourbeau: M. le Président, je suis d'accord pour dire
qu'en deuxième lecture, on a convenu qu'on n'était pas d'accord.
Alors, je pense qu'on va continuer sur la même voie.
Le Président (M. Blouin): Très bien, je vous
rappelle cependant que...
M. Bourbeau: Je ne suis pas d'accord sur les principes,
évidemment.
Le Président (M. Blouin): D'accord. Alors, le rapporteur
étant le même que tout à l'heure, nous allons donc appeler
l'article 1 du projet de loi. M. le ministre.
M. Clair: Je n'ai pas de commentaire à faire quant
à l'article 1. Une compagnie à fonds social, ci-après
appelée "société" est constituée sous le nom de
"Société québécoise des transports". C'est un
article qu'on retrouve dans toutes les lois qui créent des
sociétés comme celle-ci.
Le Président (M. Blouin): L'article 1 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 2.
M. Clair: Je n'ai rien à ajouter encore là, M. le
Président. Cet article précise simplement que la
société est un mandataire du gouvernement, que les biens de la
société font partie du domaine public, mais que
l'exécution de ses obligations peut être poursuivie sur ces biens.
La société n'engage qu'elle-même lorsqu'elle agit en son
propre nom.
Le Président (M. Blouin): L'article 2 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division. M.
le ministre, article 3.
M. Clair: C'est l'article qui prévoit que la
société aura un siège social, qui sera situé
à un endroit déterminé par le gouvernement.
Le Président (M. Blouin): L'article 3 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin); Sur division. Article 4.
M. Clair: L'article 4 pourvoit à la constitution d'un
conseil d'administration chargé d'administrer les affaires de la
société.
Le Président (M. Blouin): L'article 4 est-il
adopté? M. le député de Laporte.
M. Bourbeau: Sur division, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 5.
M. Clair: L'article 5 prévoit simplement que les membres
du conseil d'administration sont les administrateurs de la
société au sens de la Loi sur les compagnies, mais que la
qualité d'actionnaire n'est pas requise puisque toutes les actions sont
du domaine public.
Le Président (M. Blouin): L'article 5 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Adopté sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 6.
M. Clair: L'article 6 prévoit que les membres du conseil
d'administration élisent parmi les membres visés dans le
paragraphe 3 du premier alinéa de l'article 4 un vice-président
pour exercer les fonctions du président en son absence. C'est
normal.
Le Président (M. Blouin): L'article 6 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 7.
M. Clair: L'article 7 prévoit les responsabilités
et les fonctions du président du conseil.
Le Président (M. Blouin): L'article 7 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Au sujet de l'article 7...
Le Président (M. Blouin): Oui, M. le député
de Laporte.
M. Bourbeau: ...on dit que le président préside les
réunions du conseil, etc. On avait dit, à l'article 6, que le
vice-président exerce les fonctions de président en son absence,
alors, je pense bien qu'il n'y a pas lieu de répéter qu'en
l'absence du président, c'est le vice-président qui... Souvent,
dans plusieurs projets de loi, c'est à cet article-là qu'on dit
qu'en son absence, c'est le vice-président qui exerce les mêmes
fonctions, mais je pense bien qu'on peut le dire de cette
façon-là aussi.
M. Clair: Si on se souvient de ce à quoi on se
référait tantôt quant au problème que nous avions
dans la Loi sur l'expropriation, quant au rôle du président et du
vice-président, c'est de la technique législative. Il semble que
celle-ci est meilleure que celle qui prévalait autrefois.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article 7 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 8.
M. Clair: C'est la prévision d'un quorum.
M. Bourbeau: M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Oui, M. le député
de Laporte.
M. Bourbeau: J'ai un amendement ici. En fait, je voudrais
seulement souligner ceci. Il semble y avoir dans la loi, telle que
présentée, à moins que j'en comprenne mal le sens, un
illogisme entre l'article 4 et l'article 8. On dit que le quorum est de quatre
membres, et à l'article 4, au paragraphe 3, on dit que le conseil
d'administration se compose du président, du vice-président et de
cinq à neuf autres membres. Donc, on peut avoir en fait un conseil de
sept membres, si on a cinq administrateurs plus le président et le
vice-président, ou un conseil de onze membres. Donc, cela va de sept
à onze membres, selon que l'on nomme de cinq à neuf
administrateurs. Je comprends qu'on ait un quorum de quatre personnes, si on a
le minimum de sept personnes, mais si on se retrouvait par hasard avec un
conseil de onze membres, cela me semblerait assez étonnant qu'on garde
un quorum de quatre membres pour un conseil de onze. En fait, ce serait unique
dans les annales corporatives d'avoir un quorum si peu important pour un
conseil de onze membres. Je proposerais un amendement qui remplacerait,
à l'article 8, le mot "quatre" par les mots "la moitié des". Cela
pourrait se lire: "Le quorum, lors d'une réunion du conseil, se compose
de la moitié des membres, dont le président ou le
vice-président." Je pourrais peut-être vous donner la copie des
amendements qu'on a préparés. Il y en a trois ou quatre. Cela
permettrait, dans les cas où on a sept membres, de conserver les quatre;
si on a neuf membres, ce serait cinq; si on a onze membres, ce serait six, de
sorte qu'on aurait toujours la moitié ou plus un. Je n'ai pas
rencontré de cas où on a un quorum qui est de moins de 50% du
nombre de membres d'un conseil d'administration.
M. Clair: Ce que je pourrais faire, M. le Président, ce
serait de proposer au député de retenir son amendement, parce
que, par concordance avec les autres lois de même nature, je ne voudrais
pas créer, sur le coin de la table, un précédent. Ce que
je pourrais indiquer au député, c'est que je retiens son
amendement et, au moment de la prise en considération du rapport, on
pourra indiquer si on retient l'amendement.
M. Bourbeau: Je n'ai pas d'objection, mais si le ministre
vérifie les autres lois, à ma connaissance, la tendance est
plutôt de suivre ce que j'ai indiqué.
Le Président (M. Blouin): L'article 8 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Bien...
Une voix: II faut l'adopter.
M. Clair: Oui, il faut quand même l'adopter.
Le Président (M. Blouin): Nous devons procéder
à son adoption. SI vous désirez présenter votre
amendement...
M. Clair: C'est au moment de la prise en considération du
rapport.
Le Président (M. Blouin): ...vous le faites au moment de
la prise en considération à l'Assemblée nationale.
M. Bourbeau: Bon, alors sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 9.
M. Clair: C'est un article qui prévoit que, en cas de
partage égal des voix lors d'un vote, le président ou, en son
absence, le vice-président a droit à un second vote ou vote
prépondérant.
Le Président (M. Blouin): L'article 9 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur la question du vote prépondérant,
M. le Président, en principe j'ai toujours une certaine répulsion
à voir un vote prépondérant, en ce sens qu'une même
personne peut voter deux fois. Je sais que c'est défendu dans la Loi
électorale. Je ne vois pas pourquoi on le permettrait dans les conseils
d'administration.
On peut, par exemple, considérer que, lors d'un vote, si vous
avez un conseil où il y a sept personnes autres que le président,
vous pouvez avoir quatre personnes qui votent pour et trois qui votent contre.
Mais le président peut exercer son vote une fois et faire en sorte que
le vote soit quatre
contre quatre; ensuite, il peut voter une deuxième fois pour
faire rejeter une motion. De sorte que, au départ, vous avez une
situation où un conseil d'administration est opposé à une
motion à quatre contre trois, mais à cause des deux votes du
président, la motion peut être adoptée. Cela me semble un
peu exorbitant comme pouvoir.
Je me demande s'il n'y aurait pas plutôt lieu de
préférer une solution où on dirait que le président
ne vote pas. Mais, en cas d'égalité des votes, le
président peut voter, comme cela se fait dans les conseils municipaux
par exemple, c'est ce qui est adopté. Le maire a le droit de vote, mais
n'est pas obligé de voter. En général, les maires ne
votent pas. Si c'est égal, dans ce cas, il fait valoir son point de vue.
Cela me semble une formule infiniment supérieure à celle qui
donne deux votes à un même individu.
Le Président (M. Blouin): M. le ministre.
M. Bourbeau: Je pourrais même proposer un amendement qui se
lirait comme suit: "L'article 9 est modifié en ajoutant, au
début, les mots... L'article commencerait donc par: "Le président
ou le vice-président, lorsqu'il préside l'assemblée, ne
vote pas, sauf en cas de partage égal des voix lors d'un vote."
M. Clair: M. le Président, je me prononcerai contre cette
proposition d'amendement du député, même si je suis
sensible à ses arguments, essentiellement parce que, dans une
société comme celle-là, le président est quand
même membre du conseil d'administration. Il m'apparaît normal qu'il
dispose d'un droit de vote et que, effectivement, dans les cas
d'égalité des voix, il puisse obtenir un vote
prépondérant.
Maintenant, il est évident que l'objectif n'est pas de faire en
sorte qu'il y ait parité, qu'il y ait six membres, par exemple, et qu'en
de plus nombreuses circonstances, le président puisse exercer son vote
prépondérant. Parce que le président est également
membre du conseil d'administration, M. le Président, il me semble que
c'est plus prudent et plus logique de garder la formulation telle qu'on l'a
à l'article 9.
Le Président (M. Blouin): L'amendement est-il
adopté?
M. Bourbeau: M. le Président, je n'ai pas l'intention de
faire une bataille là-dessus. C'est une question de principe. À
mon avis, un individu ne devrait pas voter deux fois. Étant donné
que nous sommes contre le projet de loi dans son ensemble, ce n'est pas un
article de plus ou de moins qui nous fera détester davantage le projet
de loi. Mais je soumets quand même que la formule que j'ai
proposée est éminemment plus démocratique que celle qui
est proposée dans le projet de loi.
Le Président (M. Blouin): Alors l'amendement est
rejeté. L'article 9 est-il adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 10.
M. Clair: M. le Président, l'article 10 prévoit les
responsabilités du directeur général.
Le Président (M. Blouin): L'article 10 est-il
adopté?
Une voix: Adopté.
Le Président (M. Blouin): Adopté. M. le
député de Laporte.
M. Bourbeau: Un instant, M. le Président, j'ai
été dérangé.
M. Clair. Article 10.
M. Bourbeau: Pour pouvoir vous informer...
Le Président (M. Blouin): Oui, oui, je comprends.
M. Bourbeau: L'article traite du rôle du directeur
général de la société et des pouvoirs qu'il exerce,
enfin ce qui traite de la rémunération et qui dit que le contrat
qui le lie doit être ratifié par le gouvernement. Est-ce que c'est
l'intention du gouvernement de déposer ce contrat à
l'Assemblée nationale?
M. Clair: M. le Président, dans le fond, l'objectif de
cette ratification par le gouvernement c'est que, dans la mesure où la
loi prévoit la possibilité de nommer un président et un
directeur général, il s'agit simplement de s'assurer que le
gouvernement procède à la nomination des deux, indirectement,
dans le fond, puisque son contrat doit être ratifié par le
gouvernement. Quant à savoir si c'est rendu public, c'est au même
titre que tous les mandats, toutes les nominations parfois de gens qui sont
contractuels, ce qui est en cause, et c'est la même politique qui va
être suivie dans ce cas comme dans les autres cas.
M. Bourbeau: Pour quelle raison fait-on une distinction, par
exemple, entre le
directeur général et le président? Dans le cas du
directeur général, on stipule gu'il doit y avoir un contrat.
M. Clair: Justement parce que, dans cette loi-là, on voit
bien que le président est nommé par le gouvernement, et comme on
prévoit la possibilité qu'il y ait un président et un
directeur général, il faut prévoir les conditions
d'exercice des fonctions du directeur général. C'est donc pour
cette raison qu'on veut qu'il soit soumis au même régime que le
président comme tel.
M. Bourbeau: Le directeur général aussi est
nommé par le gouvernement? Les deux sont donc nommés par le
gouvernement. Dans un cas, on stipule qu'il doit y avoir un contrat et non dans
l'autre. Quelle est la raison administrative qui motive cette
décision-là?
M. Clair: Mon nom est Pierre-Paul Vigneault, du contentieux du
ministère des Transports. C'est comme officier de la compagnie qu'il a
un contrat, comme le directeur de services. C'est le directeur de la compagnie
et, comme officier directeur, et non pas comme administrateur, il a un contrat
qui le lie à la société.
M. Bourbeau: Vous avez un administrateur, un président, un
vice-président, un secrétaire-trésorier. Ce sont les
officiers de la compagnie. Les administrateurs sont les membres du conseil
d'administration. Les officiers sont ceux qui ont des titres, mais le directeur
général n'est pas un officier dans le sens courant du mot.
M. Clair: C'est lui qui voit à la gestion des affaires
courantes et c'est à ce titre-là qu'il est lié par contrat
avec la compagnie.
M. Bourbeau: Par exemple, un directeur général,
à la fin de son contrat, aura-t-il la sécurité
d'emploi?
M. Clair: Si elle est négociée dans son
contrat.
M. Bourbeau: Ah bon!
M. Clair: Cela dépend aussi de la personne qui a
été nommée. Si c'est une personne qui a déjà
la sécurité d'emploi, elle la conserve. Maintenant, cela
dépend des négociations qui interviennent et du résultat.
Il y a donc une négociation qui se fait entre la société
et son directeur général, et ce contrat doit être
ratifié par le gouvernement justement pour les raisons qu'évoque
le député.
M. Bourbeau: Est-ce que le but d'exiger, je dois dire, un
contrat, c'est qu'on veut éviter de lier la compagnie à long
terme avec le directeur général?
M. Clair: C'est effectivement dans ce sens-là. Si vous
avez remarqué, dans plusieurs cas, maintenant, le gouvernement
prévoit, plutôt que des nominations qui entraînent
nécessairement la permanence, pouvoir plutôt contracter avec des
gens et avoir un contrat de cinq ans, par exemple, avec des personnes que la
chose intéresse.
Le Président (M. Blouin): L'article 10 est-il
adopté?
M. Lachance: Concernant l'article 10, brièvement, on a vu
plus tôt, à l'article 4, 2 , que le directeur
général était nommé par le gouvernement pour une
période d'au plus cinq ans, sous réserve du contrat visé
dans le deuxième alinéa de l'article 10. Est-ce qu'il faut
comprendre, M. le Président, qu'il n'est pas possible que la personne
fasse plus de cinq ans ou bien, en tenant compte du deuxième
alinéa de l'article 10, dans les autres conditions d'exercice de ses
fonctions, pourrait-il lui être possible d'avoir un deuxième
mandat de cinq ans?
M. Clair: Oui, c'est possible. Mais c'est une nouvelle
négociation qui intervient à ce moment-là, une nouvelle
nomination et un nouveau contrat.
M. Bourbeau: Une reconduction du contrat original ne pourrait pas
excéder cinq ans, si je comprends bien le sens de l'article 4.
M. Clair: C'est d'au plus cinq ans à la fois.
M. Bourbeau: Si on...
M. Clair: C'est afin de ne pas lier le gouvernement
indéfiniment. La même personne pourrait être renommée
plusieurs fois. Cela arrive, car il y a des personnes qui occupent des postes
dans des sociétés ou dans des régies qui ont
été renommées plusieurs fois, mais, chaque fois, la
nomination ne vaut que pour cinq ans.
M. Lachance: C'est la même chose en ce qui concerne
l'article 4, 1 , pour le président.
M. Clair: Exactement.
M. Bourbeau: Pour bien comprendre l'intention du
législateur, la restriction qu'on trouve au paragraphe 4, 2 , selon
laquelle le directeur général est nommé pour une
période d'au plus cinq ans, sous réserve du contrat visé
à l'article 10, cette réserve-là
ne signifierait pas que le contrat pourrait être pour plus de cinq
ans.
M. Clair: Non.
M. Bourbeau: D'accord.
Le Président (M. Blouin): L'article 10 est-il
adopté?
M. Clair: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 11.
M. Clair: C'est un article qui prévoit que le gouvernement
fixe la rétribution du président et du vice-président et
celle des autres membres.
Le Président (M. Blouin): L'article 11 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Sur division. Article 12.
M. Clair: L'article 12 prévoit que chacun des membres du
conseil d'administration demeure en fonction malgré l'expiration de son
mandat jusqu'à ce qu'il ait été remplacé ou
nommé à nouveau.
Le Président (M. Blouin): L'article 12 est-il
adopté?
M. Bourbeau: II y a un problème ici, M. le
Président. Si un administrateur voit arriver le terme de son mandat et
qu'il ne soit pas à ce moment-là remplacé, on dit qu'il
demeure en fonction malgré l'expiration de son mandat.
Subséquemment, on renouvelle son mandat. Il me semble qu'il serait
normal que le renouvellement soit à partir du moment de l'expiration du
premier mandat de façon qu'il n'y ait pas une période entre les
deux mandats où il aurait été en fonction sans mandat
précis. C'est pourquoi je soumettrais un amendement qui ajouterait ceci
à la fin du deuxième alinéa: "le renouvellement d'un
mandat prend effet à compter de la date d'expiration du mandat
précédent." Quelqu'un termine son mandat et on prend six mois
pour renouveler le mandat, si on renouvelle le mandat, il serait
rétroactif à la date d'expiration du premier mandat. Je ne sais
pas si le ministre est sensible à cette...
M. Clair: Oui, on est sensible à cela et parfois le
gouvernement le fait, il a d'ailleurs le pouvoir de le faire. La raison pour
laquelle il est avantageux de prévoir la formule qu'on a
présentement, c'est que souvent il y a avantage à ce qu'il y ait
un certain renouvellement chez les membres d'un conseil d'administration. Au
fil des ans, on se rend compte, que ce soit dans les grandes
sociétés d'État ou les plus petites ou les régies
les plus importantes ou les plus petites, qu'il est avantageux que les mandats
ne viennent pas tous à échéance en même temps.
Souvent, cela s'est fait pour toutes sortes de raisons, une personne a
été retenue en vertu de la loi pendant six mois, un an. Le
renouvellement de tous les mandats ne vient pas à échéance
en même temps, ce qui permet d'assurer une saine rotation des membres des
conseils d'administration et d'éviter qu'à tous les cinq ans, on
connaisse un renouvellement complet du conseil d'administration. C'est la
raison pour laquelle on préfère laisser la souplesse de la
formulation, comme le prévoit l'article actuel, au gouvernement.
M. Bourbeau: Je comprends très bien ce que le ministre me
dit et je suis d'accord avec lui, sauf que cela ne couvre pas le cas qui est
prévu par l'amendement, parce que, si on laisse, à la fin d'un
mandat, quelqu'un filer pendant six mois ou un an, dès qu'on
décide de le remplacer, il n'y a pas de problème, il est hors de
mandat. (23 h 15)
Si, cependant, on décide de renouveler le mandat, soit pour la
période de cinq ans prévue à l'article 4, 1° ou 4,
2°, ou pour la période de deux ans prévue à l'article
4, 3 et uniquement dans le cas où on décide de renouveler le
mandat, il nous apparaîtrait souhaitable que le renouvellement soit
compté rétroactivement à la date d'expiration du premier
mandat. Cela n'empêchera pas le gouvernement, comme l'a dit le ministre
tout à l'heure, de laisser filer un administrateur pendant quelques mois
à la fin de son mandat, en vertu de l'article 12, sans qu'il ait de
contrat. Mais, au moment où le gouvernement déciderait de
renouveler le mandat, il y aurait rétroactivité.
M. Clair: Je pense que, sur le plan juridique, on n'a pas besoin
d'une telle rétroactivité avec le libellé de l'article 12.
Tantôt, le député disait: Quelqu'un demeure là, sans
trop de mandat. Il conserve exactement le mandat qu'il avait jusqu'à son
remplacement. Par expérience - je ne blâme pas le
député de son inexpérience là-dessus -comme membre
du gouvernement depuis maintenant près de quatre ans, je dois dire que
ce genre de formulation, à mon avis, offre la souplesse
nécessaire au gouvernement. C'est la formule qui est retenue
actuellement dans les autres lois. Elle donne la souplesse nécessaire et
elle n'empêche pas de procéder, comme le député le
souhaite, en prolongeant, pour une durée
plus courte à ce moment-là, le mandat de la personne en
cause. Cela prend un peu... Dans le fond, le législateur parlerait pour
ne rien dire, parce qu'on dirait que le mandat se prolonge, même s'il est
expiré. Et, par contre, quand on le renomme, on le renommerait
rétroactivement. Donc, pour une certaine période de temps, la
même personne aurait été nommée deux fois et cela
m'apparaît superfétatoire, comme dirait mon collègue, le
ministre de l'Éducation.
M. Bourbeau: Oui. Cela veut dire qu'effectivement, si on gardait
la formule comme elle est actuellement, on pourrait avoir des mandats de six
ans, sept ans, huit ans, en ce sens que quelqu'un verrait son mandat se
terminer à une période donnée. On ne fait rien, on laisse
filer pendant deux ans sans nomination nouvelle et, tout à coup, au bout
de deux ans, on décide de le nommer de nouveau. Alors, si on n'accepte
pas l'amendement que je propose, on le nommerait pour cinq ans à compter
de la date où on prendrait la décision, de sorte que l'individu
en question aurait eu un premier mandat de cinq ans et un deuxième de
sept ans, soit deux ans de flottement et cinq ans de nomination.
M. Clair: Je dois dire au député que je comprends
que, théoriquement, cela serait susceptible de se produire, mais je peux
l'assurer, selon mon expérience, que d'abord les membres eux-mêmes
se font toujours un devoir d'aviser le président de l'organisme et le
ministre de tutelle de la venue à expiration de leur mandat. D'autre
part, dans tous les bureaux de sous-ministres et dans les cabinets de
ministres, il y a quelqu'un qui se charge effectivement de suivre cela, ainsi
qu'au secrétariat général du Conseil exécutif.
Personnellement, en tout cas, je ne me souviens pas d'avoir vu le mandat d'une
personne prolongé comme cela pendant des années, sans une
nouvelle nomination, parce que le membre lui-même d'ailleurs
considère cela rapidement comme inconvenant. Les membres le font pour
rendre service ou pour assurer une transition et, la plupart du temps, ce sont
des dépassements de quelques mois tout au plus.
M. Bourbeau: Alors, en pratique, qu'est-ce qui se passe? Quand
vous renommez quelqu'un qui est déjà en poste pour un autre
mandat de cinq ans, alors que son mandat est expiré depuis six mois,
est-ce que vous le nommez à compter de la date d'expiration de son
premier mandat, ou à compter du moment où vous faites la
nomination?
M. Clair: Les deux se produisent à ma connaissance, mais
je le reconnais, je n'ai pas tenu de statistiques sur cela. Vous me demandez
plus une impression qu'une information, je ne pourrais pas vous donner
l'information; il faudrait que je m'adresse au secrétaire
général du Conseil exécutif pour l'obtenir. Je vous donne
mon impression comme membre du gouvernement: les deux se produisent, mais j'ai
quand même l'impression que la situation la plus régulière,
c'est que le mandat va venir à échéance prochainement et
qu'une personne est renommée souvent avant l'expiration de son mandat.
Si elle est renommée après l'expiration de son mandat, la plupart
du temps, je dirais qu'elle est renommée à compter du jour de sa
renomination et non pas rétroactivement.
Le Président (M. Blouin): Je crois que..
M. Clair: La façon dont cela se fait, c'est qu'on ne
renomme pas rétroactivement. On nomme pour une plus courte
période, tenant pour acquis que la partie de mandat prolongée est
comptée dans la nomination de cinq ans.
Le Président (M. Blouin): Très bien.
M. Bourbeau: Quant à moi, je n'aime pas les vides
juridiques. Or, j'ai l'impression qu'il se trouve à y avoir une
espèce de vide juridique entre le moment où se termine le premier
mandat et le moment où on procède à la nomination d'un
deuxième mandat, une période de flottement où la personne
n'a pas vraiment de mandat.
M. Clair: J'assure le député, M. le
Président, qu'il n'y a pas de vide juridique là-dessus et que
c'est une formule éprouvée.
Le Président (M. Blouin): Sur ce, est-ce que nous pouvons
procéder?
M. Bourbeau: Non, M. le Président, j'ai encore une
question à poser au ministre au sujet du...
Le Président (M. Blouin): Très bien.
M. Bourbeau: ...deuxième paragraphe de l'article 12. On
dit que le gouvernement comble une vacance survenue avant l'expiration d'un
mandat de la manière et pour le - ce doit être une faute, ce doit
être la durée...
M. Clair: Oui, la durée.
Le Président (M. Blouin): II y a un petit amendement.
Alors, est-ce que cet amendement est adopté?
M. Clair: Oui.
Le Président (M. Blouin): Remplacer "le" par "la".
D'accord, cet amendement est
adopté.
M. Bourbeau: Le "la", M. le Président, seulement. Je
reprends: Pourquoi est-ce qu'on a choisi d'ajouter ce paragraphe? Je ne
comprends pas tellement. On fait la distinction "que le gouvernement comble une
vacance survenue avant l'expiration d'un mandat de manière et pour la
durée mentionnée à l'article 4." Qu'est-ce qui arrive si
c'est une vacance survenue après l'expiration d'un mandat? Est-ce qu'on
procède différemment?
M. Clair: Je pense que la jurisprudence prévoit que, si on
n'a pas une telle disposition, on ne pourrait nommer que pour la durée
du mandat qui n'est pas encore expirée du membre à remplacer.
M. Bourbeau: Je m'excuse.
M. Clair: Je pense que la jurisprudence est que, s'il n'y a pas
une telle disposition -admettons qu'il reste à quelqu'un six mois
à courir sur son mandat - s'il n'y a pas un tel pouvoir habilitant, nous
ne pourrions nommer quelqu'un que pour le reste de la durée du mandat du
membre démissionnaire ou décédé. C'est pour cela
qu'on doit avoir une disposition comme celle-là, afin d'éviter,
si, par un malencontreux hasard - le quorum est de quatre membres dans un
conseil d'administration - un membre est à l'étranger, un autre
à l'hôpital, deux démissionnent ou décèdent,
d'avoir à procéder à des nominations pour quinze jours,
trois semaines ou trois mois.
Le Président (M. Blouin): Très bien. L'amendement
proposé par le député de Laporte est-il adopté?
M. Clair: Adopté. C'est le "la"? Le Président
(M. Blouin): Non.
M. Clair: Non, non, rejeté, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): L'amendement est
rejeté. L'amendement qui remplace le mot "le", entre "pour" et
"durée", par le mot "la", est donc adopté.
M. Bourbeau: M. le Président, on l'a adopté
tantôt celui-là.
Le Président (M. Blouin): Oui, d'accord. Je le
répète pour que ce soit très clair.
M. Bourbeau: Est-ce que vous avez voté sur l'amendement de
l'Opposition?
Le Président (M. Blouin): Nous venons de voter sur votre
amendement.
M. Bourbeau: Je n'ai pas voté. Vous ne me l'avez pas
demandé. Je vote pour l'amendement.
Le Président (M. Blouin): Oui, d'accord. M. Clair: C'est
enregistré. Une voix: C'est rejeté.
Le Président (M. Blouin): II a été
rejeté. Sur ce, l'article 12 tel qu'amendé est adopté sur
division. Évidemment, l'amendement adopté, c'est "le" qui devient
"la". Article 13.
M. Clair: C'est un article qui vise à pallier la
difficulté que pourrait éprouver la société
advenant l'incapacité d'agir du directeur général.
Le Président (M. Blouin): L'article 13 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Sur division. Article 14.
M. Clair: C'est un article concernant les conflits
d'intérêts, qui prévoit des dispositions
régulières dans ce genre de cas.
Le Président (M. Blouin): L'article 14 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Adopté. On est contre les conflits
d'intérêts.
Le Président (M. Blouin): Adopté. Très bien.
Article 15.
M. Clair: Cet article prévoit que la société
peut constituer un comité exécutif.
Le Président (M. Blouin): L'article 15 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: M. le Président, à l'article 15, je
verrais très bien un comité exécutif, s'il y avait un
conseil de onze personnes. Si jamais on avait un conseil de sept personnes,
est-ce que le ministre trouve que ce serait quand même souhaitable
d'avoir un comité exécutif pour un si petit conseil?
M. Clair: Je pense que cela vise davantage le cas où il y
aurait effectivement onze membres; à ce moment-là, cela pourrait
être utile d'avoir un comité exécutif. Cela
m'apparaît qu'effectivement...
M. Bourbeau: Superfétatoire encore.
M. Clair: ...s'il n'y avait que sept membres, le minimum de
membres, à ce moment-là il s'impose qu'il y ait un comité
exécutif. Les affaires de la société, au départ,
étant quand même limitées, ce sera au conseil
d'administration de la société à aviser.
M. Bourbeau: Je fais confiance au ministre et l'assure qu'il va
bientôt y avoir un conseil de onze membres et un comité
exécutif, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): L'article 15 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 16?
M. Clair: C'est l'article qui pourvoit à la nomination
d'un secrétaire.
Le Président (M. Blouin): L'article 16 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 17?
M. Clair: C'est la possibilité pour la
société d'adopter un règlement concernant sa régie
interne.
Le Président (M. Blouin): L'article 17 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Sur division. Article 18?
M. Clair: Cet article prévoit que les règlements de
la société entrent en vigueur sur approbation du
gouvernement.
Le Président (M. Blouin): L'article 18 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Sur division. Article 19?
M. Clair: Cet article traite seulement des procès-verbaux
des séances du conseil d'administration, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): L'article 19 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Section II. Objets et pouvoirs de la société. Article
20?
Objets et pouvoirs de la société
M. Clair: À l'article 20, M. le Président, c'est
l'énumération des objets de la société.
M. Rodrigue: Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 20 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Un instant, M. le Président. De toute
façon, on a dit tout ce qu'il y avait à dire en deuxième
lecture là-dessus. On ne va pas reprendre le débat, M. le
Président. Adopté sur division.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Adopté
sur division. Article 21?
M. Clair: L'article 21, c'est l'article qui prévoit les
pouvoirs de la société, d'emprunt, de location, d'acquisition,
d'association, etc.
Le Président (M. Blouin): L'article 21 est-il
adopté?
M. Bourbeau: J'ai une question, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Oui, M. le député
de Laporte.
M. Bourbeau: Au deuxième paragraphe, on dit que la
société a le pouvoir d'organiser et de louer des services
techniques d'administration et de recherche pour elle-même ou pour
autrui. Qu'est-ce qu'on entend exactement par autrui?
M. Clair: J'imagine, M. le Président, qu'encore une fois
ces dispositions-là sont, à toutes fins utiles, calquées
sur d'autres dispositions existant déjà dans des
sociétés semblables. J'imagine que la société,
étant actionnaire minoritaire dans une entreprise, désire avoir
une étude technique qui va bénéficier à
l'entreprise en question tout autant qu'à la société pour
protéger et faire fructifier le capital investi. Si on n'avait pas une
telle disposition, dans la mesure où elle
mènerait l'étude dans une entreprise dont elle est
actionnaire minoritaire, quelqu'un pourrait prétendre qu'elle ne le fait
pas dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés par la loi,
alors qu'en procédant de cette façon, la société
peut le faire.
M. Bourbeau: Mais est-ce que le ministre pourrait nous donner un
exemple pratique pour qu'on puisse comprendre de quelle façon la
Société québécoise des transports pourrait mettre
sur pied un service de recherche pour autrui?
M. Clair: Non, louer des services techniques d'administration et
de recherche pour elle-même et pour autrui. Supposons...
M. Bourbeau: Un instant! Ce n'est pas seulement louer; c'est
organiser un service de recherche pour autrui. On peut lire l'article:
organiser un service de recherche pour autrui.
M. Clair: Organiser des services techniques d'administration et
de recherche pour elle-même et pour autrui.
M. Bourbeau: Ou pour autrui. M. Clair: Ou pour autrui.
M. Bourbeau: Alors, ce pourrait être pour elle-même,
mais ce pourrait être aussi pour autrui.
M. Clair: Prenons l'exemple de SONAMAR. Actuellement, comme j'ai
déjà eu l'occasion de l'indiquer, SONAMAR étudie toujours
la possibilité de faire construire au Québec un navire à
la suite de l'obtention par cette compagnie d'un deuxième contrat de
transport de sel. Si la société considère qu'il pourrait y
avoir avantage pour cette compagnie, donc pour faire fructifier son
capital-actions, d'organiser des services techniques d'administration et de
recherche dans le but de voir quelle est la meilleure technologie disponible
sur le marché, est-ce qu'il y a lieu, dans l'intérêt de la
société, mais aussi de la compagnie, de faire construire au
Québec ce navire et à quelles conditions? J'imagine que c'est un
exemple concret de cette situation. (23 h 30)
M. Bourbeau: Cela m'apparaît assez large comme formulation.
Dans le cas où la Société québécoise des
transports a un intérêt minoritaire dans une société
et qu'elle engage des fonds de recherche au profit d'une société
dans laquelle elle a des intérêts minoritaires, je pourrais voir,
par exemple, que les fonds publics serviraient à enrichir, si je
puis dire, des actionnaires autres que le gouvernement à même les
fonds publics. Est-ce qu'il n'y a pas là un problème, un
danger?
M. Clair: Si le pouvoir n'existe pas, d'un autre
côté on priverait la société du pouvoir de faire de
telles choses pour faire fructifier également son capital investi.
M. Bourbeau: Si c'est bon pour elle, ce serait bon pour les
autres actionnaires de cette société. Je ne verrais pas
qu'uniquement la société québécoise engage des
fonds comme ceux-là au profit d'autres sociétés, qui,
elles, ne feraient pas les mêmes efforts. C'est très vague comme
formulation. Je dois avouer que cela et rien, c'est la même chose.
D'ailleurs, le ministre lui-même a un peu de difficulté - je ne
lui en fais pas reproche - à préciser ce que cela veut dire.
Est-ce qu'on cherche à viser quelque chose de spécifique avec
cela? C'est une formulation...
M. Clair: Non. C'est une formulation nouvelle.
M. Bourbeau: Cela veut tout dire et cela ne veut rien dire.
Est-ce que cela voudrait dire louer à d'autres ou louer d'autres? C'est
peut-être cela le sens.
M. Clair: L'exemple le plus plausible que je puisse donner au
député, c'est celui que j'expliquais tantôt. Maintenant, il
n'empêche que par ailleurs, sur le plan de la recherche et du
développement, des services techniques d'administration, le
ministère de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme, par exemple,
fournit de tels services. Le Centre de recherche industrielle du Québec
en fournit. Le ministère des Transports pourrait en fournir. Il peut
s'avérer utile que, dans certaines circonstances, la
société ait le pouvoir, puisque c'est elle qui va être
détentrice des actions dans les compagnies où elle a un
intérêt minoritaire, il peut s'avérer utile, dis-je, que ce
soit elle-même qui y procède plutôt que d'y faire
procéder le ministère des Transports ou le ministère de
l'Industrie, du Commerce et du Tourisme.
M. Bourbeau: Cela devient donc un genre de subvention
déguisée à une tierce partie. Est-ce que la
société aurait le pouvoir d'accorder des subventions?
M. Clair: Non. Elle n'a pas le pouvoir d'accorder des
subventions, mais, effectivement, je ne peux nier que, dans la mesure où
son intérêt est minoritaire, on pourrait penser que cela constitue
une forme indirecte de subvention. Par contre, si on n'a pas ce pouvoir, si la
société n'a pas ce pouvoir, elle risque d'être
privée d'un instrument de mise en valeur de son capital-actions. Si
l'entreprise où elle a un capital minoritaire peut faire des choses plus
vite,
se développer plus rapidement et avoir une rentabilité
plus grande, je pense que c'est à l'avantage même d'actionnaires
minoritaires.
M. Bourbeau: Dans ce cas, cela deviendra très
intéressant de s'associer au gouvernement, parce que l'actionnaire
minoritaire gouvernemental pourrait prendre à son compte des
dépenses de recherche et de développement que la compagnie,
n'aurait pas besoin d'absorber elle-même.
M. Clair: C'est un pouvoir de la société. Il n'y a
rien qui empêche que le ministre - on le verra plus loin - qui a un
pouvoir de directive à la société, exerce son pouvoir de
directive sur cette question.
Le Président (M. Blouin): Adopté?
M. Bourbeau: Le mot "louer" employé au paragraphe 2,
s'entend-il dans le sens de locateur ou de locataire, de bailleur ou de
locataire? Je présume que c'est locataire et de louer pour
elle-même...
M. Clair: C'est locataire.
M. Bourbeau: La société serait locataire de
services. Je dois avouer que, au paragraphe 2, le principe même d'une
société minoritaire qui fournit des services à la
société dans laquelle elle a des intérêts
minoritaires, cela m'apparaît comme étant des subventions
déguisées qui auraient pour effet d'enrichir les gens qui
auraient l'avantage d'être actionnaires ainsi que le gouvernement.
M. Clair: Par ailleurs, il n'y a rien qui interdit que la
société effectivement comme me le souligne mon adjoint
parlementaire - impose une charge et, si elle le fait, qu'elle facture
l'entreprise, autrement dit, que ce soit à l'avantage encore plus
évident de la société. Il n'y a rien qui empêche que
la société facture la compagnie, qu'elle ait une
négociation avant avec les actionnaires majoritaires et que, si les
actionnaires majoritaires sont intéressés, ils en
défraient, sinon 100%, au moins une partie correspondante aux profits
qu'ils en retireraient.
M. Rodrigue: Un exemple simple, M. le Président, c'est un
service de paie informatisé. Peut-être que, s'il y a des
entreprises relativement petites qui sont détenues en partie par la
Société québécoise des transports, elles
préféreraient faire faire leur paie par les services de paie de
la Société québécoise des transports, qui aurait
centralisé cela pour l'ensemble de ses sociétés
affiliées. À ce moment, cela permet des économies
d'échelles. C'est un exemple. Elle peut facturer la
société affiliée pour les coûts qu'elle a à
absorber pour la préparation de la paie.
M. Bourbeau: Je suis parfaitement d'accord avec cela, sauf qu'il
n'y a pas d'obligation de faite à la société de faire
payer ces services; cela pourrait être fait gratuitement, ce qui me
semblerait assez inacceptable.
Le Président (M. Blouin): Est-ce que nous pouvons
maintenant procéder à...
M. Bourbeau: II y a un autre...
Le Président (M. Blouin): M. le ministre, est-ce que vous
avez d'autres observations à faire?
M. Clair: Non, c'était sur un autre commentaire que vous
aviez fait tantôt relativement à un autre article sur le
quorum.
M. Bourbeau: Toujours sur l'article 21, au paragraphe 3, la
société a, entre autres, le pouvoir d'exploiter. J'avais cru
comprendre que l'objet du projet de loi était de créer une
société de gestion.
M. Clair: Oui.
M. Bourbeau: Alors, est-ce que ce n'est pas un peu
étonnant de voir une société de gestion qui tout à
coup commence à exploiter des entreprises? Enfin, est-ce que cela
signifie que la société elle-même pourrait devenir un
manufacturier, un exploitant, un constructeur?
M. Clair: Un manufacturier, non, parce qu'on ne vise pas la
fabrication de matériel de transport par cela, c'est plus l'acheminement
des personnes et des marchandises. Mais on a voulu permettre ce pouvoir. Par
exemple, prenez le service aérien. Il y a déjà eu des
avant-projets qui remontent à plusieurs années, c'est une
idée qui a circulé sous tous les gouvernements de transformer le
service aérien gouvernemental qui, actuellement, est exploité
directement par le gouvernement, en société d'État afin de
faciliter son expansion sur le plan de la location d'un certain nombre de
services. Ce serait beaucoup plus facile si c'était constitué en
société. Il y a du pour et du contre là-dessus. Si le
ministère a le pouvoir d'exploiter directement le service aérien,
si un tel transfert devait s'opérer, il pourrait être avantageux
que la société ait, dans certains cas, le pouvoir d'exploiter
directement une entreprise.
Il est bien clair, comme je l'ai indiqué au député,
que notre objectif, c'est de créer une société de gestion
d'abord et avant tout, dans un premier temps. Dans un deuxième
temps, la société verra à présenter au
gouvernement un plan de développement qui concernera l'ensemble des
préoccupations qui ont circulé sous tous les gouvernements
relativement à la Société des traversiers, à
COGEMA, au service aérien et, en ce sens, cela peut être utile de
prévoir un pouvoir comme celui-là, plutôt que d'apporter
des amendements.
M. Bourbeau: Est-ce que c'est l'intention du gouvernement,
à court terme, de faire en sorte que la société exploite
des entreprises elle-même?
M. Clair: Non.
M. Bourbeau: Non? Sauf peut-être le service aérien
gouvernemental?
M. Clair: Peut-être que cela ne se fera jamais, mais on
veut avoir le coeur net de cette affaire et explorer pleinement cette
possibilité.
M. Bourbeau: Oui.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article 21 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Sur division. Article 22.
M. Clair: L'article 22 prévoit justement, M. le
Président, que les pouvoirs prévus aux articles 2, 3 et 4 de
l'article 21 ne peuvent être exercés sans l'autorisation du
gouvernement.
Le Président (M. Blouin): L'article 22 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Un instant, M. le Président.
M. Lachance: De toute façon, ce sera sur division, M. le
Président, cela ne sert à rien de réfléchir.
M. Bourbeau: Dans l'article 22, la société ne peut
exercer les pouvoirs mentionnés aux paragraphes 2, 3 et 4 de l'article
21 sans l'autorisation du gouvernement. En fait, la question que je me posais,
c'est...
M. Clair: C'est donc dire qu'avant de devenir autre chose
qu'essentiellement une société de gestion, pour être bien
sûr que dans un premier temps ce sera une société de
gestion, ces pouvoirs ne pourront être exercés que sur
autorisation du gouvernement.
Le Président (M. Blouin): Cela va?
M. Bourbeau: "...sous réserve des exceptions et conditions
prévues par règlement du gouvernement". Ce qui accroche un peu -
peut-être que le ministre pourrait nous donner un peu d'éclairage
-c'est qu'on prévoit une double censure du gouvernement ici. On dit: "La
société ne peut, sans l'autorisation du gouvernement..." et "sous
réserve des exceptions et conditions prévues par règlement
du gouvernement".
M. Clair: Absolument. Une double réserve.
M. Bourbeau: Cela veut dire que, finalement, le gouvernement met
comme deux crans de sûreté pour l'exercice des pouvoirs. C'est
donc dire qu'il faut faire son deuil de l'autonomie de la
société.
M. Clair: C'est donc dire, M. le Président, que les
indications que j'ai fournies en deuxième lecture, soit que la
société serait d'abord une société de gestion vont,
selon cet article, dans le sens de ce que j'ai déclaré.
M. Bourbeau: À mon avis, cela va plutôt dans le sens
contraire de ce que le ministre indiquait à certains moments, soit qu'il
se trouvait trop près à certains égards de certaines
sociétés et qu'on lui faisait des reproches d'avoir un genre de
conflit d'intérêts, si je peux dire, en tant qu'actionnaire
et en tant que celui réglementant parfois certaines
sociétés. Le ministre nous avait dit: On crée une
entité juridique différente, on met un paravent entre le
gouvernement et les sociétés. Finalement, quand on regarde
l'article 22, le gouvernement attache doublement les sociétés
avec deux séries de noeuds différents et je n'en vois vraiment
pas l'utilité.
M. Clair: Non, M. le Président. Je ne pense pas que ce
soit du tout contradictoire parce que, dans le fond, le rôle de la
Société québécoise des transports, comme
société de gestion, pour les actions qui sont déjà
détenues par le ministre des Transports et qui mettent le ministre un
peu en porte à faux, ce pouvoir n'est nullement diminué par
l'article 22. Je pense qu'il n'y a pas de contradiction là-dedans.
M. Bourbeau: Ce que je retiens de l'article 22, c'est que le
gouvernement s'assure à double tour, si je peux dire, d'un
contrôle absolu sur la société à tous les niveaux et
que cela devient presque inutile
d'avoir créé une société parce qu'elle n'a
absolument aucune autonomie.
M. Clair: Je dois dire, M. le Président, que je ne partage
absolument pas l'interprétation du député de Laporte. Ce
que le député dit est un peu contradictoire parce que, souvent,
on reproche au gouvernement de trop contrôler ses sociétés
d'État et, dans d'autres cas, on lui reproche de ne pas le faire assez.
Il faudrait que l'Opposition se fasse une idée là-dessus. Nous
essayons d'avoir un juste milieu et il y a des avantages réels, dans ce
cas particulier, alors que le ministre des Transports, que ce soit dans le
transport maritime, par camion et même le transport aérien, le
ministre des Transports, dis-je, actuellement est en même temps, dans
certains cas, celui qui réglemente, qui est le principal client, qui est
actionnaire, qui a des intérêts en tant que "réglementeur",
client et actionnaire. Je pense que c'est une situation que ce projet de loi
corrigera. Il me semble que cela ne compromet nullement l'article 22. Le
député a droit à son opinion.
(23 h 45)
M. Bourbeau: Oui, mais, à mon avis, cela ne change
strictement rien à la situation actuelle, parce que, dans la situation
actuelle, on reproche au ministre de réglementer. L'article 18 du projet
de loi dit: "Les règlements entreront en vigueur sur approbation du
gouvernement." Donc, le gouvernement approuve les règlements.
M. Clair: Ce n'est pas la même chose. La gestion...
M. Bourbeau: Bien, les approuver...
M. Clair: Un ministre et un ministère ne sont pas un
véhicule approprié, idéal, pour gérer des actions
dans des sociétés commerciales. Je pense qu'une
société de gestion comme celle qu'on propose est un
véhicule beaucoup plus adapté.
M. Bourbeau: De toute façon, M. le Président...
Le Président (M. Blouin): L'article...
M. Bourbeau: ...on ne s'entendra jamais là-dessus.
Le Président (M. Blouin): Non, c'est ce que je constate.
L'article 22 est-il adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 23.
Financement
M. Clair: L'article 23 prévoit que le fonds social
autorisé de la société est de 75 000 000 $.
Le Président (M. Blouin): L'article 23 est-il
adopté?
M. Bourbeau: M. le Président, je pense que cela
mérite quelques secondes.
Le Président (M. Blouin): Oui, M. le député
de Laporte.
M. Bourbeau: Même si c'est 75 000 000 $, je sais que ce
n'est pas un gros montant pour le gouvernement, on peut peut-être en
parler un peu. Est-ce que le ministre a l'intention d'investir une partie de
ces 75 000 000 $ dans les prochains mois?
M. Clair: M. le Président, il ne fait aucun doute que,
effectivement, dans le dossier de la réorganisation financière de
Quebecair, que ce soit avec ou sans le gouvernement fédéral et
Air Canada, dans la mesure où il y a une réorganisation
financière, la recapitalisation de l'entreprise Quebecair pourrait se
faire à partir du fonds social du capital de la
société.
M. Bourbeau: Dans la situation actuelle, est-ce qu'il y a
d'autres sociétés que Quebecair qui nécessiteraient des
fonds à court terme à même le fonds de la
société?
M. Clair: Cela m'embête un peu de répondre au
député, M. le Président, parce que je ne voudrais pas,
d'une part, l'induire en erreur et, d'autre part, je dois tenir compte du fait
que les autres compagnies, que ce soit Bussières, SONAMAR ou Propair,
opèrent sur le plan commercial. Je vous dis que, à ce moment-ci,
il n'y a de projet précis d'arrêté concernant l'injection
de capital dans aucune des sociétés dans lesquelles la
société détiendra des actions après le transfert
des actions du ministre des Transports à la société.
Mais je vous dis qu'il n'est pas impossible, par ailleurs, que, dans au
moins une autre entreprise - qui n'est peut-être pas du tout celle
à laquelle le député pense - la société
puisse être appelée, pas pour des raisons de difficulté
financière, mais pour d'autres raisons, à procéder
à une injection de capital.
M. Bourbeau: Est-ce que le fonds social de la
société pourrait servir à des fins autres que la
souscription d'actions, comme par exemple des prêts à des
sociétés en difficulté ou des subventions?
M. Clair: Pour des subventions, non.
Mais par le pouvoir...
M. Bourbe ou: Je ne vois pas de pouvoir de prêt...
M. Clair: Donnez donc un exemple de ce que vous avez en
tête.
M. Bourbeau: Supposons que vous faites l'acquisition de Quebecair
et que, l'année suivante, Quebecair a un déficit d'exploitation
de 15 000 000 $. À ce moment-là, comme c'est une filiale à
100% de la Société québécoise des transports, le
siège social de la Société québécoise des
transports devra fournir le fonds de roulement, sans quoi Quebecair aurait des
problèmes insurmontables. Est-ce que la Société
québécoise des transports pourrait faire carrément des
prêts à Quebecair ou si cela devrait être sous forme d'achat
d'actions de la compagnie?
M. Clair: Elle aurait certainement le pouvoir de recapitaliser,
cela ne fait pas de doute.
M. Rodrigue: En vertu du paragraphe 3 de l'article 21, elle peut
acquérir des droits, des actions, des obligations et autres valeurs de
toutes sortes. Donc, elle peut faire du financement à court terme,
à moyen terme et à long terme.
M. Clair: Acquérir des créances.
M. Bourbeau: Acquérir des valeurs, est-ce que cela veut
dire des billets?
M. Rodrigue: Des droits, des actions et des obligations.
M. Clair: Voyez-vous, la loi a... Avez-vous la loi de SOQUIA?
M. Bourbeau: Des obligations, oui... Des obligations, c'est une
chose, mais un prêt, par exemple, sur billet, est-ce que...
M. Clair: Je serais porté à dire que oui, elle en
aurait le pouvoir parce que c'est acquérir d'autres valeurs de toutes
sortes. Alors, cela pourrait être un prêt avec débentures.
Si on avait la loi de SOQUIA, parce que je pense que c'est tiré de la
loi de SOQUIA, je serais porté à vous dire que oui. Cependant,
elle ne pourrait pas subventionner. C'est seulement de par la loi du
ministère des Transports. C'est le ministre des Transports qui peut
être autorisé par le gouvernement à subventionner.
Maintenant, de prêter, quand on dit d'acquérir, d'administrer, de
disposer d'entreprises, biens, droits, actions, obligations et autres valeurs
de toutes sortes...
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Laporte.
M. Bourbeau: M. le Président, si je résume bien,
dans l'immédiat, il n'y aurait que le cas de Quebecair qui pourrait
faire en sorte que le gouvernement investisse déjà des sommes
dans cette société, j'entends des sommes importantes. Le ministre
peut-il nous dire si...
M. Clair: Avec la réserve que j'ai indiquée
tantôt, il est possible que des développements surviennent dans
d'autres entreprises et je ne peux pas l'écarter.
M. Bourbeau: À quel moment le gouvernement a-t-il
l'intention de mettre sur pied l'appareil administratif de la
société? Dès maintenant?
M. Clair: Dans les prochaines semaines ou les prochains mois.
Comme je l'ai indiqué au député, dans un premier temps, la
société va oeuvrer comme société de gestion pour
les quatre entreprises privées dans lesquelles le ministre des
Transports détient des actions. Avant qu'elle ne soit, si vous me passez
l'expression, pleinement "staffée"... On prévoit une quinzaine de
personnes. Comme ce sont des personnes qui seront triées sur le volet -
j'imagine, en tout cas - par le conseil, avant que tout cela se soit
passé, il va s'être écoulé plusieurs mois.
M. Bourbeau: Est-ce que la principale place d'affaires de la
société sera à Québec?
M. Clair: Je n'ai pas encore pris de décision. Remarquez
que la décision sera prise par le Conseil des ministres et non...
Le Président (M. Blouin): Nous sommes à l'article
23.
M. Clair: ...par moi-même, mais il n'est pas impossible que
ce soit à Montréal. Le domaine des transports est beaucoup plus
actif, le centre nerveux des transports, c'est beaucoup plus Montréal
que Québec. Je n'ai pas de décision de prise quant à la
recommandation que je ferai au conseil.
Le Président (M. Blouin): II ne faudrait pas
s'étendre sur des considérations de cette nature
conformément à l'article 160, qui nous indique qu'il faut
discuter du contenu des articles.
M. Clair: Je m'excuse, M. le Président.
M. Bourbeau: M. le Président, je donne mon consentement
pour que le ministre continue la phrase qu'il avait commencée.
M. Clair: J'avais terminé.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Alors,
l'article 23 est-il adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 24.
M. Clair: C'est l'article qui prévoit que les actions de
la société font partie du domaine public et sont
attribuées au ministre des Finances.
M. Rodrigue: ...avec cela? Adopté. M. Bourbeau: Sur
division.
Le Président (M. Blouin): L'article 24 est adopté
sur division. Article 25.
M. Rodrigue: À qui voulez-vous les donner?
M. Clair: Cet article prévoit quelles sont les
approbations que le ministre des Finances doit avoir pour payer à la
société le fonds social.
Le Président (M. Blouin): L'article 25 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 26.
M. Clair: C'est l'article qui prévoit justement que le
ministre des Transports est autorisé à céder à la
société le capital-actions qu'il détient d'une compagnie
qu'il a acquise pour le gouvernement.
Le Président (M. Blouin): Très bien. L'article 26
est-il adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 27. M. le ministre.
M. Clair: Cet article prévoit un certain nombre de
pouvoirs pour le gouvernement.
Le Président (M. Blouin): L'article 27...
M. Bourbeau: M. le Président, l'article 27, paragraphe
1...
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Laporte.
M. Bourbeau: On dit au paragraphe 1 que le gouvernement peut, aux
conditions qu'il détermine, "garantir le paiement en capital et
intérêt de tout emprunt de la société ou d'une
filiale dont elle détient plus de 50% des actions, ainsi que le paiement
des sommes d'argent payables par la société ou toute telle
filiale par suite de l'inexécution de ses contrats". Est-ce que le
ministre ne trouve pas un peu incommodant, inconvenant, que le gouvernement
garantisse les emprunts d'une filiale dans laquelle la société
n'aurait que 51% des actions?
M. Clair: Je crois que c'est tiré de la loi de la SGF.
M. Rodrigue: II me semble, M. le Président, que la loi de
la SGF a été adoptée par le gouvernement libéral de
M. Lesage.
M. Clair: Je sais, M. le Président, que c'est
déjà prévu dans la Loi sur la Société
nationale de l'amiante.
M. Bourbeau: Je pense que le député de Vimont va
retirer ses paroles.
M. Rodrigue: Peut-être...
M. Clair: Je pense aussi - je n'ai pas le renseignement - que
cela était prévu dans la loi de la SGF. C'est dans la Loi sur la
Société nationale de l'amiante.
M. Rodrigue: On ne le saura pas ce soir.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Laporte.
M. Bourbeau: Je trouve assez étrange qu'on puisse voir une
société dans laquelle le gouvernement détient 51% des
actions, qui aurait une filiale de la société... La
Société québécoise des transports aurait 51% des
actions d'une filiale, cette filiale-là ferait des dettes et ces dettes
pourraient, en théorie, n'être garanties que par le gouvernement
alors que les actionnaires privés n'auraient aucun risque.
M. Clair: C'est relié au contrôle majoritaire de
l'entreprise, M. le Président. Si l'actionnaire majoritaire d'une
entreprise n'a pas ce pouvoir, il serait surprenant que les actionnaires
minoritaires soient prêts à le faire.
M. Bourbeau: Cela remet en question toute la problématique
des sociétés mixtes où souvent le gouvernement prend tous
les risques et où les actionnaires minoritaires n'ont pas à le
faire.
M. Clair: J'ai le renseignement. Dans la loi de la SGF, on
prévoit que le ministre des Finances est autorisé à
consentir des prêts à
la société et à ses filiales." Ses filiales; cela
s'entend dans le sens d'un contrôle.
M. Bourbeau: Oui, faire des prêts, je comprends. Quand on
fait des prêts, on a une créance et on prend des garanties. Dans
le cas présent, il ne s'agit pas de faire des prêts, enfin ce
n'est pas ce que je lis. On dit: Le gouvernement peut garantir le paiement en
capital des emprunts d'une filiale et même le paiement des sommes
d'argent dues par une filiale pour l'inexécution des contrats. Il ne
s'agit pas d'un cas comme à la SGF où l'on fait un prêt
moyennant une garantie quelconque. Il s'agit...
M. Clair: II me semble que c'est beaucoup plus - vous me passerez
l'expression - "clean" de procéder comme cela que... Si on prend
d'autres exemples -je ne dis pas cela pour faire une chicane
fédérale-provinciale - le cas de Maislin Transport ou encore de
Dome Petroleum, le gouvernement fédéral a dû intervenir par
le pouvoir général du gouvernement de garantir des prêts
à des entreprises privées. Je pense qu'il est beaucoup plus
"clean" de dire, lorsque le gouvernement, par une de ses
sociétés, est propriétaire de 51% des actions - donc qu'il
la contrôle - qu'il peut le faire comme un autre actionnaire majoritaire.
Si cet actionnaire majoritaire ne peut pas le faire, il y aurait des chances
à ce moment-là que le gouvernement doive recourir à son
pouvoir général de garantie. Je pense qu'il est plus
honnête de l'indiquer clairement dans une loi.
M. Bourbeau: II y a une différence...
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Laporte, il est minuit. Je comprends donc que nous avons le consentement pour
terminer l'étude de ce projet de loi et de procéder à
l'étude du projet de loi 31 qui comporte trois articles, (minuit)
M. Bourbeau: Oui, M. le Président, jusqu'au bout. Pour
revenir à ce qu'on disait, quand un gouvernement, quel qu'il soit,
décide de venir en aide à une société, il le fait,
il l'annonce et on sait que cela se passe. Les citoyens portent un jugement
éventuellement sur l'opportunité ou non de le faire. Dans le cas
présent, les citoyens ne seront pas avisés que le gouvernement
garantit les dettes d'une filiale, à moins de faire une lecture
très attentive des rapports annuels. Comme ce sont des opérations
qui sont peut-être montrées comme notes au bilan, je ne suis
même pas certain que ce serait montré comme note à un
bilan, une garantie comme celle-là. Probablement que cela devrait
être fait. Ce sont des obligations contingentes et moi je trouve qu'au
contraire c'est une façon de procéder qui n'est pas très
transparente.
M. Clair: Je pense, M. le Président, que dans ce genre de
choses... De toute façon, quand les gouvernements, dans les cas que j'ai
nommés ou dans le dossier de Quebecair, prennent des mesures comme
celles-là, généralement, ce sont des dossiers qui sont
connus de l'opinion publique. Et je pense que c'est plus correct d'agir comme
cela parce que les responsabilités de l'actionnaire majoritaire et ses
intérêts sont les mêmes, que ce soit dans le domaine
privé ou dans le domaine public. Si un tel pouvoir n'existe pas pour
l'actionnaire majoritaire, je pense que c'est se voiler le visage et ne pas
voir que l'actionnaire majoritaire, qui, dans ce cas-là, serait du
capital public, puisse faire des choses comme celles-là.
Le Président (M. Blouin): Très bien. L'article 27
est-il adopté?
M. Bourbeau: Adopté sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 28.
M. Clair: Cet article prévoit, M. le Président, que
les dividendes payés par la société sont fixés par
le gouvernement et non par les administrateurs.
Le Président (M. Blouin): Article 28...
M. Bourbeau: Est-ce que le ministre pourrait nous donner un
aperçu du montant des dividendes qu'il pense percevoir de Quebecair au
cours des premières années? Des projections...
M. Clair: Pas à ce moment-ci, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Alors, l'article 28 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Pas encore, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Très bien.
M. Bourbeau: Est-ce qu'effectivement le ministre compte percevoir
des dividendes de cette société? Sérieusement?
M. Clair: Éventuellement. Maintenant, la
difficulté, comme l'expliquait mon collègue, le ministre de
l'Agriculture, en ce qui concerne SOQUIA, dans la mesure où les actions
détenues dans une compagnie ou la société minoritaire -
l'appréciation de ces actions n'est pas aussi visible que les pertes de
la société - je pense qu'il est normal que
ce genre de pouvoir soit prévu et il n'est pas impossible que la
société ait éventuellement à se départir de
certaines actions dans des entreprises. Je pense que c'est normal de
prévoir que le gouvernement puisse fixer des dividendes à
être payés par la société.
M. Bourbeau: Si on regarde la liste des entreprises qui sont
susceptibles d'être gérées par la Société
québécoise des transports, est-ce que le ministre pourrait nous
dire s'il y a des sociétés dans ce groupe-là qui seraient
en mesure d'émettre des dividendes? Je nomme Navigation SONAMAR,
Entreprises Bussières, Propair, la société mère de
Quebecair, peut-être la Société des traversiers du
Québec, COGEMA, SOCAR. Est-ce qu'il y en a là-dedans qui sont en
mesure d'émettre des dividendes?
M. Clair: En ce qui concerne les entreprises publiques, aucune,
M. le Président. En ce qui concerne les entreprises privées, je
ne peux pas répondre à la question.
M. Bourbeau: Vous ne le pouvez pas parce que vous ne le savez pas
ou vous ne le voulez pas?
M. Clair: Parce que je ne le veux pas. M. Bourbeau: Mais
je ne vois pas...
M. Clair: Parce que ce sont des entreprises privées, M. le
Président.
M. Bourbeau: Je comprends. Je ne demande pas au ministre de me
donner l'état des finances de ces sociétés-là.
Est-ce qu'il y en a dans le groupe qui seraient en mesure d'émettre des
dividendes?
M. Clair: Je ne réponds pas à la question, M. le
Président.
M. Bourbeau: Le ministre ne veut pas nous dire s'il y a des
entreprises là-dedans qui sont solvables?
M. Clair: M. le Président, je ne voudrais pas que le
député interprète mes propos de cette façon.
M. Rodrigue: ...surtout pour refus de répondre.
M. Lachance: C'est confidentiel, M. le Président.
M. Bourbeau: Je me souviens...
M. Clair: Je dois dire, M. le Président, pour être
honnête avec le député, que je n'ai pas revu ces jours
derniers les états financiers de chacune de ces entreprises. Ce que je
peux lui dire cependant, lui confirmer, c'est qu'effectivement Quebecair ne
pourrait pas en payer.
M. Bourbeau: Cela m'étonne un peu d'entendre le ministre
qui commence par nous dire que ce sont des sociétés
privées pour lesquelles il n'a pas à donner de renseignements. Je
me souviens que c'est la réponse qu'il nous avait faite la
première fois qu'on l'avait questionné sur Quebecair, que
c'était une société privée et qu'il n'avait pas
à donner de renseignements. Le ministre sait fort bien que ce sont des
fonds publics qui sont investis là-dedans. Quant à moi, je n'aime
pas tellement me faire répondre qu'on ne peut donner aucun renseignement
parce que ce sont des sociétés privées. Il me semble qu'en
demandant si ces sociétés-là sont solvables, si elles
seraient en mesure d'émettre des dividendes, le ministre ne trahit pas
des secrets d'État en donnant une réponse.
M. Clair: M. le Président, simplement, écoutez, la
situation est bien connue. Vous connaissez la situation de Quebecair. Vous
connaissez la situation de Propair dans...
M. Bourbeau: Je n'ai jamais vu le bilan.
M. Clair: Bussières, c'est une entreprise qui est
détenue à 50% par le gouvernement du Québec et à
50% par le CN. En ce qui concerne SONAMAR, nous sommes actionnaires à
25%. SONAMAR exploite actuellement un navire sur un contrat rentable pour
SONAMAR. C'est un contrat de 20 ans.
M. Bourbeau: Pour SOQUEM, si je comprends bien.
M. Clair: Je pense qu'il est à l'avantage des deux
parties. L'avantage pour SOQUEM d'avoir un contrat de 20 ans avec des
fluctuations... Si SOQUEM avait fonctionné sur le "spot market" - si
vous le voulez - pour faire des affaires à la sauvette, sûrement
qu'à certaines années SOQUEM aurait eu un avantage, mais, d'un
autre côté, elle n'aurait pas eu la sécurité d'un
contrat à long terme avec un transporteur maritime qui est formé
du regroupement des intérêts maritimes les mieux connus dans le
milieu québécois, dans ce secteur-là.
M. Bourbeau: Si je me souviens bien, le président ou un
des officiers de SOQUEM disait récemment que si ce n'était pas du
contrat de transport qui lie SOQUEM à SONAMAR, SOQUEM pourrait faire des
profits avec les mines de sel des Îles-de-la-Madeleine. C'était
uniquement en fonction
d'un contrat qui était absolument non rentable pour SOQUEM, que
la compagnie perdait de l'argent.
M. Clair: M. le Président, je pense là-dessus - je
parle de mémoire - que le président de SOQUEM a fait d'autres
déclarations qui ont précisé ce qu'il avait dit.
Effectivement, il ne fait aucun doute que, sur un contrat de 20 ans, s'il n'y
avait pas un contrat de 20 ans, à court terme pour une année
donnée, alors qu'on sait qu'actuellement il y a une surcapacité
de navires dans le monde entier. Ce serait avantageux pour SOQUEM de faire
affaires avec des entreprises non intéressées à
opérer quasiment à perte et même à perte. Cela
pourrait être le cas actuellement. Cela ne veut pas dire que, sur une
période de 20 ans, ce ne soit pas avantageux pour les deux parties.
M. Bourbeau: Pour terminer, M. le ministre, est-ce qu'on peut
conclure que ce n'est pas cette année, mais l'an prochain, que la taxe
sur l'essence va baisser au Québec en fonction des dividendes que vous
pourriez retirer de la Société québécoise des
transports?
M. Clair: M. le Président, pas pour 600 000 000 $. Je ne
penserais pas. Non.
Le Président (M. Blouin): Est-ce que l'article 28 est
adopté?
M. Rodrigue: Adopté. M. Bourbeau: Sur division.
Comptes et rapports
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Section IV. Comptes et rapports. Article 29.
M. Clair: C'est l'article qui prévoit que l'exercice
financier de la société se termine à la date fixée
par règlement du gouvernement, qui doit être publié
à la Gazette officielle.
Le Président (M. Blouin): L'article 29 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 30.
M. Clair: Cet article prévoit que la société
doit chaque année faire un rapport au ministre des Transports de ses
activités pour son exercice financier précédent. Ce
rapport doit être déposé à l'Assemblée
nationale.
Le Président (M. Blouin): L'article 30 est-il
adopté?
M. Bourbeau: M. le Président.
Le Président (M. Blouin): M. le député.
M. Bourbeau: M. le Président, une question
là-dessus. On dit que l'Opposition, bien sûr, est d'accord avec le
fait qu'un rapport doit être déposé à
l'Assemblée nationale. C'est ici qu'on le dit, je crois. Le contraire
serait vraiment intolérable. Récemment, le gouvernement
fédéral a créé une société qui est un
peu analogue à celle-ci, soit la CDIC, le projet de loi
fédéral C-158.
M. Rodrigue: Vous aviez voté contre ou si vous aviez
été...
M. Bourbeau: C'est la société... Je cherche le nom
exact.
M. Clair: Des investissements du Canada.
M. Bourbeau: La Corporation de développement des
investissements du Canada est une société de gestion qui va
être la société mère de quatre compagnies, Canadair,
DeHavilland, Eldorado et Téléglobe. Dans ce projet de loi, on
fait obligation à la société d'État de
déposer des états financiers trimestriels, lesquels seraient
déposés au Parlement canadien, de produire des états
financiers trimestriels qui seront déposés au Parlement, pour la
CDIC et chacune de ses filiales à 100%. Est-ce que le ministre a
considéré la possibilité de demander et d'obtenir des
états financiers trimestriels qui pourraient être
déposés à l'Assemblée nationale?
M. Clair: D'en exiger, oui. De les déposer à
l'Assemblée nationale, j'ai pris connaissance de ce projet de loi et je
dois dire que c'est certainement une préoccupation légitime que,
dans des cas délicats comme ceux de DeHavilland, de Canadair ou de
Quebecair, par exemple, le Parlement soit tenu informé de trois mois en
trois mois. Cependant, je vous dirai là-dessus qu'il m'apparaît,
par ailleurs, qu'il faut éviter, dans le cas d'entreprises comme
celles-là qui sont en difficulté, que ce soit Canadair ou
Quebecair... Le souci est légitime, je le reconnais. Par contre, si les
administrateurs et les gestionnaires de la compagnie administrent sans cesse en
fonction de cette préoccupation, si, à l'interne, ils sont trop
pris par le dépôt trimestriel, par les difficultés, les
conséquences, dans l'opinion publique, dans le fond, du
dépôt sur la table du Parlement, tous les trois mois, de rapports
trimestriels,
il m'apparaît que cela risque de ne pas être dans le
meilleur intérêt de l'entreprise et qu'à la limite ce ne
soit pas non plus dans le meilleur intérêt des actionnaires que
sont les Canadiens ou les Québécois, parce que l'administration
risque trop de fonctionner en fonction du dépôt de trois mois en
trois mois des états financiers trimestriels.
Je dois dire que, là-dessus mon collègue, le ministre des
Finances, qui est responsable des actions détenues dans toutes les
sociétés d'État ou à peu près maintenant,
réfléchit à cette question. Il a déjà
innové beaucoup en ce qui concerne les états financiers, les
prévisions du gouvernement, les résultats trimestriels. Je
préférerais, quant à cela, juste aujourd'hui vous donner
une indication de mes réflexions. S'il y avait une politique
générale du gouvernement qui était retenue, on va s'y
conformer sans difficulté. J'ai personnellement de la réticence
non pas à ce que ce soit fourni au gouvernement, mais à ce que ce
soit déposé sur la table du Parlement tous les trois mois. Je ne
connais pas votre avis là-dessus, mais il me semble qu'il y a un certain
risque que les dirigeants... On ne peut pas administrer une compagnie comme
Canadair, par exemple, ou même comme Quebecair en étant
constamment préoccupé davantage par le dépôt dans
les trois mois des résultats financiers que par l'amélioration de
la situation de l'entreprise. Je pense qu'il y a un risque.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Laporte.
M. Bourbeau: En fait, il y a peut-être certains
inconvénients que souligne le ministre, mais j'ai l'impression que la
prépondérance des inconvénients irait probablement dans le
sens de forcer les administrateurs à se préoccuper plus à
l'occasion des réactions que pourrait avoir sur le public une mauvaise
gestion. On dit que la crainte est souvent le commencement de la sagesse.
M. Clair: Je reconnais qu'il y a du pour, je le reconnais
volontiers.
M. Bourbeau: Je reconnais qu'il n'y a pas de tradition
actuellement à l'Assemblée nationale de dépôt
d'états financiers trimestriels. Je ne pense pas que ce soit ici qu'on
doive innover, mais j'espère que le ministre va se préoccuper
d'en obtenir, lui, de son côté, parce que c'est souvent la
meilleure façon de pouvoir détecter à l'avance les
problèmes sérieux qui pourraient se poser.
M. Clair: J'avoue qu'à ma connaissance c'est la
première fois que cela se produit pour un gouvernement au Canada, ce qui
a été retenu dans la loi créant la Corporation de
développement des investissements du Canada. Je dois avouer que cela m'a
surpris moi-même de voir cette disposition.
Le Président (M. Blouin): Très bien. L'article 30
est-il adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Sur division. Article 31.
M. Clair: L'article 31 prévoit que le ministre peut, dans
le cadre des responsabilités et pouvoirs qui lui sont accordés,
émettre des directives portant sur les objectifs et l'orientation de la
société.
Le Président (M. Blouin): L'article 31 est-il
adopté? (0 h 15)
M. Bourbeau: M. le Président, je veux seulement souligner
qu'encore ici le pouvoir de directive que se réserve le ministre
confirme, à toutes fins utiles la Société
québécoise des transports n'a aucune espèce d'autonomie.
Elle est sous la direction constante du ministre des Transports et, à
mon avis, cela ne fait que rendre inutile la mise sur pied d'un véhicule
semblable puisqu'elle n'a absolument aucune espèce d'autonomie. Mais, de
toute façon...
M. Clair: Comme vous savez, M. le Président, je ne partage
absolument pas le point de vue du député. D'ailleurs...
Le Président (M. Blouin): Nous allons tenir ce
débat tout à l'heure.
M. Clair: ...le deuxième paragraphe prévoit que ces
directives seront déposées sur la table de l'Assemblée
nationale.
M. Bourbeau: Cela ne change pas le fait que c'est quand
même le ministre qui les donne, ce n'est pas parce qu'il les
dépose ou qu'il ne les dépose pas.
M. Lachance: Cela vous permet quand même de critiquer
puisqu'elles deviennent publiques.
Le Président (M. Blouin): Nous avons tenu ce débat
il y a...
M. Houde: II faut remarquer qu'il ne les change pas... bien
souvent, par exemple.
M. Clair: J'ai accepté un amendement du
député de D'Arcy McGee tantôt.
M. Houde: Oui, un! II y a de quoi. C'est une
amélioration.
Le Président (M. Blouin): L'article 31 est-il
adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Laporte, sur division. Article 32.
M. Clair: Cet article prévoit que la société
établit un plan de développement selon la forme, la teneur et la
périodicité fixées par le gouvernement.
Le Président (M. Blouin): L'article 32 est-il
adopté?
M. Bourbeau: M. le Président, au sujet du plan de
développement, il nous apparaîtrait normal qu'il soit
déposé à l'Assemblée nationale après avoir
été approuvé par le gouvernement. J'attire l'attention du
ministre sur le fait que, justement, dans le projet de loi
fédéral qui crée la Corporation de développement
des investissements du Canada, on prévoit que la CDIC doit
présenter chaque année un plan d'investissements et que le
gouvernement, après les avoir approuvés, les transmet au
Parlement. Est-ce qu'ici encore, le ministre serait d'accord pour accepter
l'amendement qui aurait pour effet d'amender le deuxième alinéa
de l'article 32 en ajoutant après le mot "gouvernement" les mots "et
déposé devant l'Assemblée nationale, si elle est en
session ou, si elle ne siège pas, dans les quinze jours de l'ouverture
de la session suivante ou, suivant le cas, dans les quinze jours de la reprise
de ses travaux."?
M. Clair: Compte tenu du premier alinéa voulant que la
société établisse un plan de développement selon la
forme, la teneur et la périodicité fixées par le
gouvernement, l'amendement proposé par le député pourrait
dans le fond demeurer lettre morte. Je pense que le gouvernement pourrait
demander un plan de développement détaillé ou peu
détaillé et que les discussions qui peuvent avoir lieu autour de
ce plan de développement font en sorte que le gouvernement et la
société se comprennent mais que, par contre, le grand public ne
voit pas vraiment les orientations contenues dans le plan de
développement. Dans le fond, c'est un peu la même réponse
que pour l'autre article. Je pense que cela pourrait être envisagé
éventuellement, mais il faut bien comprendre que, compte tenu que ce
sera un premier plan de développement, il va certainement y avoir
beaucoup de discussions entre le gouvernement et la société quant
à ses propositions et que, avant que ce soit déposable, il va
s'écouler un certain temps.
M. Bourbeau: Évidemment, l'amendement qu'on propose ne dit
pas que ce plan devrait être déposé dans les six mois ou
dans les trois mois, on dit que, quand un plan de développement sera
approuvé par le gouvernement - même si cela prend un an -à
ce moment, ce plan devrait faire l'objet d'un dépôt à
l'Assemblée nationale. Cela m'apparaît tout à fait normal
que, dans le cas d'une société d'État comme
celle-là, qui a un capital social très important et qui,
effectivement, va administrer des actifs considérables,
l'Assemblée nationale soit informée des objectifs de la
société et du plan de développement. Je ne pense pas que
ce soit une demande qui soit déraisonnable, cela m'apparaît
même assez conforme au voeu de transparence que ce gouvernement nous fait
valoir depuis quelques années.
M. Clair: M. le Président, j'ai l'impression que, si vous
avez entendu parler des mêmes choses que moi en ce qui concerne l'avenir
de nos commissions parlementaires, et si j'ai bien compris les propositions du
président, j'ai l'impression qu'une commission parlementaire qui
s'occuperait des sociétés d'État pourrait de toute
façon inviter à parader à peu près toute
société d'État quant à son plan de
développement. Il semble bien que, ni dans le cas de la SGF ni dans le
cas de la Loi sur la Société nationale de l'amiante, une telle
disposition n'existe.
M. Bourbeau: Je n'ai pas fait le tour de toutes les autres lois
du Parlement et le ministre ne l'a d'ailleurs pas fait non plus puisqu'on est
en train de vérifier rapidement. Je ne fais référence
à aucune autre loi, je parle du cas présent. Il me semble que le
ministre pourrait lui-même, de son propre chef, prendre ses
responsabilités et nous dire s'il serait prêt à
déposer un plan de développement à l'Assemblée
nationale. Cela m'importe peu de savoir si on le fait ou non dans la loi qui
crée la Société de l'amiante ou qui crée les
loteries et les courses. On parle ici de la Société
québécoise des transports et je trouve qu'on pourrait
certainement le faire ici.
M. Clair: Je ne change pas d'opinion, M. le Président.
M. Lachance: Amendement rejeté.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Donc, nous
allons maintenant procéder à...
M. Bourbeau: Je prends note de l'entêtement du ministre, M.
le Président.
Le Président (M. Blouin): L'amendement est rejeté.
L'article 32 est-il adopté?
M. Lachance: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Adopté sur division.
Article 33.
M. Clair: C'est l'article qui prévoit que les comptes et
les livres de la société sont vérifiés, chaque
année et chaque fois que le décrète le gouvernement, par
le Vérificateur général ou avec l'approbation du
gouvernement par un vérificateur dont les services sont proposés
par la société.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Laporte.
M. Bourbeau: M. le Président, est-ce que le ministre
pourrait nous expliquer pourquoi on ajoute un vérificateur privé?
N'est-ce pas normal que les actifs d'une société d'État
soient vérifiés par le Vérificateur
général?
M. Clair: C'est normal, M. le Président, mais il pourrait
se produire que le Vérificateur général lui-même,
pour des raisons que je ne pourrais préciser, considère qu'il est
avantageux de laisser cela à la vérification privée, mais
je peux dire au député que notre intention est effectivement que
le Vérificateur général soit le vérificateur de la
société. C'est beaucoup plus simple.
M. Bourbeau: Je comprends que le ministre nous dise qu'il
pourrait arriver que le Vérificateur général demande que
ce soit fait par un vérificateur privé, mais ce n'est pas ce que
l'article dit. L'article donne le pouvoir au gouvernement de faire faire la
vérification par un vérificateur privé et sans que le
Vérificateur général ne soit consulté, à
moins que je lise mal le sens de l'article.
M. Clair: Ce n'est pas écrit que le Vérificateur
général est consulté, je vous explique ce qu'il y a
derrière l'article. Je vous répète aussi que c'est
l'intention du gouvernement que le vérificateur de la
société soit le Vérificateur général.
M. Bourbeau: Si on regarde le texte de l'article: "Les livres et
comptes de la Société sont vérifiés, chaque
année et chaque fois que le décrète le gouvernement, par
le Vérificateur général ou, avec l'approbation du
gouvernement, par un vérificateur..." Donc, si le gouvernement
décide que ce ne sera pas le Vérificateur général,
c'est le gouvernement qui va, sans... Il n'est pas obligé de consulter
le Vérificateur général. Il pourrait donner la
vérification à un vérificateur privé de sorte
que..
M. Clair: Théoriquement, vous avez raison.
M. Bourbeau: ...l'Assemblée nationale n'aurait pas le
bénéfice d'une vérification faite par le
Vérificateur général.
M. Clair: Oui, mais à ce moment chacun se formera une
opinion sur ce fait.
M. Bourbeau: Est-ce qu'il y a d'autres précédents
dans les sociétés d'État actuellement détenues
à 100% par le gouvernement où ce n'est pas le Vérificateur
général qui fait les vérifications?
M. Clair: On me dit qu'il y a des précédents, M. le
Président.
M. Lachance: La liste exhaustive, cela risque-t-il d'être
long?
M. Clair: La Société du Palais des congrès,
voyez-vous...
M. Bourbeau: Qu'est-ce qu'elle a la Société du
Palais des congrès?
M. Clair: A-t-elle le pouvoir de nommer un autre
vérificateur que le
Vérificateur général? Cela existe pour la
société des congrès, cela existe pour la
Société nationale de l'amiante.
M. Bourbeau: Si je comprends bien, ce sont toutes les nouvelles
sociétés fondées par le gouvernement péquiste
depuis un an ou deux.
M. Clair: Non, je suis loin d'être convaincu de ça,
M. le Président. Je pense qu'au contraire, la vérification par le
Vérificateur général est plutôt, sous toutes
réserves, de tradition récente.
M. Bourbeau: J'aimerais, M. le Président, déposer
un amendement à l'article 33 qui ferait en sorte qu'on supprimerait tous
les mots après le mot "général" de façon que
l'article puisse se lire: "Les livres et les comptes de la
société sont vérifiés, chaque année et
chaque fois que le décrète le gouvernement, par le
Vérificateur général."
Le Président (M. Blouin): L'amendement soumis par le
député de Laporte est-il adopté?
M. Clair: Rejeté.
Le Président (M. Blouin): II est rejeté. L'article
32 est-il adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Clair: Adopté.
M. Bourbeau: Quel article, M. le Président?
Le Président (M. Blouin): L'article 33 plutôt, je
m'excuse.
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Je voulais vérifier si
tout le monde était bien alerte. J'ai constaté que le
député de Laporte était très alerte.
L'article 34.
M. Bourbeau: Heureusement que l'Opposition est là,
oui!
M. Clair: Aucun commentaire, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): M. le député de
Laporte, l'article 34 est-il adopté?
M. Bourbeau: Cela a trait au paiement des actions qui... J'ai
pris des notes quand il était question de la Loi sur les compagnies.
Est-ce que le ministre pourrait nous dire quels sont les articles dans la Loi
sur les compagnies qui sont visés?
M. Rodrigue: 159 à 163.
Le Président (M. Blouin): Alors, je note également
que le député de Vimont est aussi très alerte.
M. Bourbeau: Je comprends que le député de Vimont
n'est pas avocat, M. le Président, ça paraît.
M. Lachance: Si c'est une qualité que d'être
avocat!
M. Clair: Ce sont des articles qui ont trait aux appels de
versements pour les actions.
M. Bourbeau: C'est ça, oui. Sur division.
Le Président (M. Blouin): Très bien. Sur division.
Section V. Dispositions finales. L'article 35. M. le ministre.
M. Clair: M. le Président, cet article prévoit
justement que la loi n'a pas pour effet de restreindre les pouvoirs du ministre
d'acquérir pour le compte du gouvernement des actions du capital-actions
de compagnies du secteur des transports.
Le Président (M. Blouin): L'article 35 est-il
adopté?
M. Bourbeau: M. le Président, je souligne seulement que le
ministre veut avoir son pain et le manger en même temps. Il se
réserve tous les pouvoirs. Il veut avoir son gâteau et le manger
en même temps.
Sur division, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): Sur division. L'article 36.
Est-il adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Sur division. L'article 37
est-il adopté?
M. Bourbeau: Sur division.
Le Président (M. Blouin): Sur division. L'article 38
est-il adopté?
M. Rodrigue: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division.
M. Clair: M. le Président, l'article 8, est-ce qu'on
l'avait adopté sur le quorum?
Le Président (M. Blouin): Oui.
M. Clair: Mais cependant j'avais dit qu'on allait regarder...
Le Président (M. Blouin): Cela pourrait revenir à
l'Assemblée nationale.
M. Bourbeau: Est-ce que vous avez une réponse à
l'article 8?
M. Clair: Je n'ai pas de réponse définitive.
Le Président (M. Blouin): Est-ce que le projet de loi 25,
Loi sur la Société québécoise des transports, est
adopté tel qu'amendé?
M. Clair: Est-ce qu'on l'a amendé?
Le Président (M. Blouin): On l'a amendé en
modifiant le mot "le " par le mot "la".
M. Clair: Ah bon!
Le Président (M. Blouin): Alors, est-il adopté?
M. Clair: Adopté.
M. Bourbeau: Sur division, M. le Président.
Le Président (M. Blouin): II est adopté sur
division. Sur ce, je demande au rapporteur, le député de
Bellechasse, de faire rapport dans les meilleurs délais à
l'Assemblée nationale.
Je vous remercie de votre collaboration soutenue et, sur ce, avec les
mêmes membres et les mêmes intervenants, évidemment, la
commission des transports étudie article par article le projet de loi
31, Loi modifiant la Loi sur les transports.
M. le ministre.
Projet de loi 31
M. Clair: M. le Président, je ne pense pas que le
débat soit très long sur ce projet de loi...
Le Président (M. Blouin): Très bien.
M. Clair: ...qui ne vise qu'à légaliser la pratique
du covoiturage pour les déplacements domicile-travail et
domicile-études.
Le Président (M. Blouin): Cela va. M. le
député de Laporte, les remarques préliminaires
succinctes.
M. Bourbeau: Oui, M. le Président, en ce qui concerne le
covoiturage, je veux simplement souligner qu'il y a déjà
près d'un an que nous réclamons l'adoption de la
légalisation du covoiturage et je ne peux que...
M. Clair: ...féliciter le ministre.
M. Bourbeau: ...non pas féliciter le ministre, parce que
je pense qu'il s'est traîné les pieds. Il nous avait promis le
dépôt du projet de loi pour la session de décembre dernier,
ce qui n'a pas été fait et cela a pris vraiment toutes les
pressions de l'Opposition pour le décider cette année même
à le déposer. Si cela n'avait pas été de
l'Opposition, je crois qu'on n'en aurait pas un. On ne veut donc certainement
pas que le ministre change d'idée à ce stade-ci, M. le
Président. Je vous assure de la plus grande collaboration de
l'Opposition.
M. Clair: Est-ce que j'ai compris, M. le Président, que le
député de Berthier avait des amendements à proposer? (0 h
30)
Le Président (M. Blouin): Sur cette note de grande
harmonie, j'appelle donc...
M. Houde: C'est pour le prochain projet de loi que vous
déposerez.
Le Président (M. Blouin): Très bien, alors...
M. Clair: Même s'il n'est pas déposé, vos
amendements sont déjà prêts.
M. Houde: Ils sont prêts. On est en avance, nous. À
l'avant-garde tout le temps.
Le Président (M. Blouin): Dans cette harmonie unanime,
j'appelle maintenant l'article 1. M. le ministre.
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 1 est-il
adopté?
M. Bourbeau: Adopté.
Le Président (M. Blouin): L'article 2 est-il
adopté?
M. Clair: Adopté.
M. Houde: C'est toujours la même chose.
Le Président (M. Blouin): L'article 3 est-il
adopté?
M. Clair: Adopté.
M. Bourbeau: J'ai une question: Est-ce que le ministre a
l'intention de faire en sorte que la loi soit en vigueur bientôt?
M. Clair: Elle va entrer en vigueur le jour de sa sanction.
M. Bourbeau: Je comprends, mais est-ce que sa sanction va se
faire incessamment?
Une voix: Le ministre est vraiment fatigué.
M. Bourbeau: II n'est pas question d'en retarder la sanction.
M. Clair: Le lieutenant-gouverneur va se tenir disponible, j'en
suis convaincu, pour sanctionner la loi dès qu'elle aura
été adoptée en troisième lecture et j'ai
l'intention de la faire sanctionner rapidement.
M. Bourbeau: C'était évidemment le but de ma
question, vous n'avez pas l'intention d'en retarder la sanction?
M. Clair: Non, je n'ai pas l'intention d'en retarder la
sanction.
M. Lachance: Je voudrais vous signaler une erreur de typographie
à l'article 3. "La présente loi entre en vigueur le jour "de", et
non "se" sa sanction.
Le Président (M. Blouin): Je propose donc que l'article 3
soit amendé afin de modifier le mot "se", entre "jour" et "sa", par le
mot "de". Cet amendement est-il adopté?
M. Bourbeau: Adopté.
M. Clair: Maintenant que mes trois projets de loi sont
adoptés en commission parlementaire, M. le Président, vous allez
me permettre de dire simplement au député de Laporte que ce n'est
pas vrai que c'est parce qu'il a poussé qu'on a obtenu la
légalisation du covoiturage. Si cela a pris du temps, c'est à
cause du sens de la diplomatie du ministre des Transports.
Le Président (M. Blouin): Sur ce, le projet de loi 31, Loi
modifiant la Loi sur les transports, est-il adopté tel
qu'amendé?
M. Bourbeau: Adopté.
Le Président (M. Blouin): II est adopté. Je
remercie donc tous les membres de cette commission de leur collaboration
soutenue. Nous avons abattu du bon travail et je demande donc encore une fois
au rapporteur de la commission, qui aura une lourde tâche, le
député de Bellechasse, de faire rapport dans les meilleurs
délais à l'Assemblée nationale et sur ce, nous ajournons
nos travaux sine die.
(Fin de la séance à 24 h 32)