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Etude des projets de loi nos 80, 104, 102 et
103
(Seize heures quarante-trois minutes)
Le Président (M. Laberge): A l'ordre, mesdames,
messieurs.
La commission du revenu entreprend l'étude des projets de loi nos
80, 104, 102 et 103.
Les membres de la commission du revenu sont: M. Clair (Drummond), M.
Gagnon (Champlain), M. Goulet (Bellechasse), M. Marcoux (Rimouski), M. Martel
(Richelieu), M. Michaud (Laprairie), M. Ouellette (Beauce-Nord), M. Raynauld
(Outremont) remplacé par M. Scowen (Notre-Dame-de-Grâce); M.
Verreault (Shefford).
Peuvent aussi intervenir: M. Boucher (Rivière-du-Loup), M.
Cordeau (Saint-Hyacinthe), M. Desbiens (Dubuc), M. Gosselin (Sherbrooke), M.
Grégoire (Frontenac), M. Marquis (Matapédia), M. O'Gallagher
(Robert Baldwin), M. Samson (Rouyn-Noranda), M. Scowen
(Notre-Dame-de-Grâce) évidemment, est membre de la commission
maintenant.
Y a-t-il une suggestion pour un rapporteur?
M. Michaud: M. le Président, pour ces quatre lois
importantes qui entraîneront des réductions de taxes et
d'impôts, je proposerais le député de Champlain, M. Marcel
Gagnon.
Projet de loi no 80
Le Président (M. Laberge): M. Gagnon, député
de Champlain, sera rapporteur de cette commission. Sans plus tarder, j'appelle
le projet de loi no 80, Loi modifiant la Loi sur les droits successoraux et
modifiant de nouveau la Loi sur les impôts. M. le ministre.
M. Clair: M. le Président, afin d'éviter que nos
travaux ne prennent une allure peu orthodoxe, je ferais appel au sens de la
charité chrétienne de tous. Nous allons procéder le plus
simplement du monde. J'ai beaucoup de renseignements en ce qui concerne chacun
des articles soumis, mais j'ai eu une discussion préliminaire avec mon
collègue, le député de Notre-Dame-de-Grâce, et on
pourrait surtout s'attarder aux articles qui feraient problème de son
côté, sur lesquels il aimerait obtenir plus de renseignements. (16
h 45)
Je n'ai pas l'intention de lire l'ensemble des notes dont je dispose sur
chacun des articles. Je pourrais, cependant en préciser, dans un premier
temps, à peu près la nature et, si le député ou
notre collègue de Bellechasse désirent de plus amples
renseignements, il nous fera plaisir de les donner.
Alors, à l'article 1, M. le Président, il s'agit
essentiellement d'un amendement technique qui est proposé. L'amendement
a pour but d'étendre l'application de cet article au bien qui a
été substitué à celui qui a fait l'objet de la
disposition à l'origine.
Le Président (M. Laberge): Alors, l'article 1 du projet de
loi no 80 sera-t-il adopté? M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: M. le Président, juste quelques commentaires au
début. Comme le ministre l'a constaté, je n'ai pas l'intention de
retarder indûment l'étude de ces projets de loi. J'apprécie
d'abord le délai qui a été accordé par le leader et
par le ministre afin de nous donner l'occasion d'étudier ces projets de
loi en l'absence de mon collègue, M. Raynauld.
Nous sommes prêts et nous allons soulever des questions sur
quelques points seulement. Si le ministre peut accepter de ne pas suivre
l'exemple de ses collègues et m'offrir des leçons
d'économie au début, je pense qu'on pourra terminer les travaux
dans de très brefs délais.
M. Clair: M. le Président, c'est avec d'autant plus de
plaisir que j'ai accepté d'accorder les délais à mon
collègue de l'Opposition que je savais que je pouvais compter sur sa
collaboration pour l'étude article par article de ces projets de
loi.
Le Président (M. Laberge): Si je comprends bien, M. le
ministre, vous ne répondrez qu'aux questions? Ou à peu
près?
M. Clair: En principe, je pense que, comme mode de
fonctionnement, c'est ce que nous pourrions adopter.
Le Président (M. Laberge): Parfait! Alors, article 1,
adopté? Adopté. Article 2?
M. Clair: C'est également un amendement technique.
Des Voix: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 3?
M. Clair: A l'article 3, M. le Président, il y a un
amendement...
Le Président (M. Laberge): Oui. A l'article 3, ici...
M. Clair: ... au projet de loi qui est également un
amendement technique. Le nouveau texte de l'article 3 est entre vos mains, M.
le Président, et entre les mains de mes collègues.
Le Président (M. Laberge): L'article 3 dit ceci: L'article
15 de ladite loi est remplacé par le suivant, et il y a un nouveau texte
qui va jusqu'au bas de la page.
M. Scowen: Si le ministre pouvait indiquer le changement, cela
pourrait accélérer les choses.
M. Clair: On ajoute la notion de valeur marchande. Au lieu de
lire, à la ligne 6 de l'article 15, "représenté par le
rapport entre le nombre d'actions qu'il détient...", on remplace cette
motion par "la notion de valeur marchande des actions". Même chose
à la ligne suivante. Alors, au lieu du nombre total des actions, c'est
leur valeur marchande.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 4? Pas
de modification, il reste tel qu'il est au cahier. L'article 4 est-il
adopté? Adopté. Article 5? Adopté.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): L'article 5 est adopté.
J'appelle l'article 6.
M. Clair: A l'article 6, M. le Président, il y a
également un amendement qui est proposé. Le changement porte sur
les deux dernières lignes du premier paragraphe dans lequel on fait
référence à la Loi sur les impôts.
Le Président (M. Laberge): L'article 6 remplaçant
l'article 26 sera-t-il adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. J'appelle
l'article 7.
M. Scowen: Adopté.
M. Goulet: M. le Président...
Le Président (M. Laberge): M. le député de
Bellechasse.
M. Goulet: Cet article, comparativement à ce qu'on
connaissait avant... Si je pose la question, c'est que j'ai reçu deux
appels téléphoniques concernant cet article. Au sujet des enfants
qui décèdent et qui lèguent quelque chose à leurs
parents, est-ce qu'il y a quelque chose de changé? Cela a eu l'air
d'apeurer les gens. Qu'est-ce qui s'est passé exactement?
M. Clair: Auparavant, l'exemption de $75 000 ne valait que pour
les parents vers les enfants alors que maintenant l'exemption vaut maintenant
dans le sens inverse.
M. Goulet: Avant, c'était seulement quand le père
ou la mère décédait; maintenant, si c'est l'enfant qui
décède, les parents sont également exemptés.
M. Clair: Ils ont droit à une exemption de $75 000 alors
qu'ils n'avaient droit qu'à une exemption de $5000 auparavant.
M. Goulet: J'ai reçu deux appels
téléphoniques de deux personnes différentes. Je posais la
question pour savoir ce qui aurait pu se passer...
M. Scowen: C'est les parents qui sont ajoutés.
M. Clair: Oui, c'est cela.
M. Scowen: Pour les enfants, ça existait
déjà.
M. Clair: Les enfants étaient déjà
exemptés. La nouvelle exemption porte maintenant vers les ascendants, si
on veut. Cela vaut dans les deux sens.
M. Scowen: C'est cela.
M. Goulet: M. le Président, on me permettra une question
additionnelle.
Le Président (M. Laberge): Toujours sur l'article 6.
M. Goulet: Si je comprends bien, de $5000 à $75 000
je pense que c'est là l'objet des appels téléphoniques que
nous avons reçus si la loi est adoptée demain, c'est
seulement à partir des décès de demain et non pas des
règlements de succession.
M. Clair: II est prévu à l'article 14 que les
articles 3, 4, 5, 7, 9 et 10 s'appliquent à compter du 19 avril
1978.
M. Goulet: D'accord.
Le Président (M. Laberge): L'article 6 est
déjà adopté, l'article 7.
M. Goulet: M. le Président, c'est bien le
décès du 19 avril et non pas le règlement de la succession
du 19 avril.
M. Clair: La date du décès. M. Goulet:
Décès toujours. D'accord. Le Président (M.
Laberge): Article 7 M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): L'article 7 modifié,
c'est-à-dire...
M. Clair: L'article 7 est adopté tel quel et on
insère un nouvel article 7.1 après, M. le Président.
Le Président (M. Laberge): D'accord, alors article 7,
adopté.
M. Clair: Après l'article 7, M. le Président, je
propose l'insertion d'un article 7.1 qui se lirait
comme suit: "L'article 32 de ladite loi est remplacé par le
suivant: "Tout bénéficiaire autre que ceux qui sont visés
dans les articles 26, 26.1 et 27 peut déduire, dans le calcul de la
valeur imposable des biens qui lui sont transmis en raison d'un
décès, un montant n'excédant pas $5000".
Adopté? L'article 7.1 sera-t-il adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): J'appelle l'article 8.
M. Clair: Essentiellement d'ordre technique, M. le
Président.
Le Président (M. Laberge): L'article 8 sera-t-il
adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 9.
M. Clair: A l'article 9, M. le Président, il y a une
modification. On propose de remplacer l'article 47 par un nouveau texte.
M. le Président, c'est essentiellement pour raccourcir les
délais dans lesquels le ministère du Revenu peut agir lorsque de
nouveaux renseignements sont portés à sa connaissance. Au lieu de
quatre ans, ce serait deux ans. Le nouveau texte est complet. Si vous voulez
qu'on le lise, on peut le faire.
Le Président (M. Laberge): Mais il s'applique seulement
à l'article 37 de la loi plutôt qu'aux articles 37 et 39 selon le
texte original. D'accord.
M. Clair: C'est volontaire, M. le Président, qu'on fasse
référence seulement à l'article 37.
Le Président (M. Laberge): Parfait. Article 9, nouvelle
rédaction... M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: M. le Président, on avait l'intention de poser
beaucoup de questions sur l'article 9 et, à première vue,
l'amendement que vous avez apporté est une nette amélioration. La
tradition, au fédéral et au Québec, si je comprends bien,
a été, en principe, soit pour les impôts sur le revenu
personnel, soit pour les droits sur les successions, d'avoir une période
de quatre ans à l'intérieur de laquelle le ministre pouvait faire
une nouvelle réclamation. Il avait toujours, bien sûr, le droit de
faire des procès criminels dans les cas de fraudes. On a trouvé
dans l'article 9 quelque chose qui n'était pas raisonnable du tout.
Le seul commentaire que je veux faire sur l'amendement proposé,
c'est que l'amendement n'est pas clair quant à cette ouverture qui
existe, là où vous dites... Attendez, je vais vous citer: ... une
dette non comprise dans la déclaration visée dans l'article 50.
C'est une exception qui va au-delà de la fraude. C'est une ouverture, si
je comprends bien, qui dépasse les possibilités qui existent
à l'intérieur des lois sur les impôts, la loi
québécoise et la loi fédérale. En effet, nous avons
laissé un droit ici au ministre des Finances, en ce qui concerne les
droits successoraux, qui dépasse ceux qui existent dans la loi
fédérale et dans notre propre loi sur les impôts des
particuliers. Est-ce correct et si oui, pourquoi? Pourquoi cette exception
à la règle générale canadienne et
québécoise?
M. Clair: M. le Président, c'est qu'effectivement, lorsque
de nouveaux renseignements sont portés à la connaissance du
ministère du Revenu ou encore à la connaissance des
héritiers eux-mêmes, le ministère ne peut agir en aucun
temps. On n'a pas prévu de délai de prescription, sauf qu'en tout
temps le ministère n'aura que deux ans pour agir, deux ans qui suivront
la prise de connaissance des renseignements en cause. Cela ne présume
aucunement d'intentions frauduleuses de la part d'héritiers puisqu'il
pourrait se produire que des héritiers apprennent cinq, six, dix, quinze
ans plus tard l'existence d'un coffret de sûreté en Suisse ou
l'existence de biens situés ailleurs qu'au Québec.
M. Scowen: Oui, mais la question qui se pose, c'est qu'il y a
cette exception de la mutation de deux ans. Pour moi, ce n'est pas la
même chose qui existe au fédéral, et les deux lois
étaient, si vous voulez, de concordance dans ce domaine jusqu'ici. Ce
n'est pas clair pourquoi le ministre veut créer un
précédent, une nouvelle direction, ici, qui, au fond, n'est pas
celle que nous connaissons.
C'est important parce que les personnes qui sont responsables pour les
droits successoraux, les bénéficiaires et les "trusts" ont besoin
d'une certaine certitude quant à la cotisation. Mais, bien sûr,
dans des cas de fraudes, comme je l'ai dit, il n'en est pas question. Mais,
dans le cours normal des événements, ils sont habitués
à un processus, une règle, une tradition qui, semble-t-il, n'est
pas...
M. Clair: Qui serait de quatre ans?
M. Scowen: Oui. C'est cela. Mais celui-ci, ce n'est pas
ça.
M. Clair: En fait, le but essentiel d'un délai de deux ans
par rapport à un délai de quatre ans, c'est de forcer le
ministère à agir dans des délais plus courts de deux ans,
plutôt que de quatre ans. Et ce délai de deux ans est à
l'avantage, il me semble, du contribuable beaucoup plus qu'à l'avantage
du ministère.
M. Scowen: Oui, mais je pense que vous ne répondez pas
à ma question. Le quatre ans était une chose. Cette idée
de deux ans, sauf dans certains cas, c'est une autre chose. Pourquoi le
changer? (17 heures)
L'essentiel, M. le ministre, c'est que quatre ans était une
période déterminée. C'était quatre ans de la date
du décès de la personne concernée.
Dans ce cas-ci, vous avez deux ans, mais c'est deux ans qui datent du
moment où le ministre prend connaissance de quelque chose qui
l'intéresse. Alors, c'est la distinction qu'on fait.
M. Clair: Que vous voulez faire. Je comprends. Dans ce
cas-là, la réponse est la suivante; c'est que le gouvernement
refuse d'envisager la possibilité de se bloquer dans un délai
fixe de quatre ans ou de deux ans. Le gouvernement refuse, si on veut, de
s'empêcher d'agir à la suite de renseignements qui seraient
portés à sa connaissance quatre ans, six ans ou huit ans
après. Il n'y a pas de raisons pour lesquelles, lorsque des
renseignements sont portés à la connaissance du ministère
deux ans, quatre ans, six ans ou dix ans après l'ouverture de la
succession, l'Etat ne devrait pas agir.
M. Scowen: II y a de très bonnes raisons. Vous dites que
le gouvernement refuse; le gouvernement n'a pas refusé depuis des
années et des années. Même aujourd'hui, avec la Loi sur les
impôts, c'est la loi qui existe. Est-ce que je peux présumer que
vous avez l'intention de modifier la Loi sur les impôts pour les
mêmes principes?
M. Clair: Non, il ne faut pas...
M. Scowen: L'idée est que si une personne apporte quelque
chose de frauduleux, si le gouvernement n'a pas trouvé des erreurs
commises de bonne foi, il doit y avoir une certaine période limite
après laquelle la succession peut tenir pour acquis qu'elle n'est pas
obligée d'avoir des réserves dans le cas d'erreurs
découvertes des années et des années après. La
période qui a toujours été déterminée
jusqu'ici est de quatre ans. Le principe de prescription n'est pas un principe
nouveau. C'est accepté depuis longtemps.
M. Clair: Ce que je peux ajouter pour le député de
Notre-Dame-de-Grâce, c'est ce qui suit. Dans un premier temps, dans le
règlement d'une succession, les biens se distribuent et
s'éparpillent, si on veut, dans le paysage alors qu'il n'en va pas de
même sous la Loi sur les impôts d'une part. D'autre part,
fondamentalement, la raison pour laquelle, dans ce cas-ci, le ministère
ne pourra jamais agir et insérer cet amendement, c'est parce que c'est
basé sur l'expérience des cas qui n'étaient pas frauduleux
mais qui ont été portés à la connaissance du
ministère après, et qu'on a été incapable d'agir
dans l'ancien délai de quatre ans, faisant ainsi un double sort à
des renseignements portés à la connaissance du ministère
dans le délai de quatre ans ou après le délai de quatre
ans.
M. Scowen: II me semble très déraisonnable que si
le ministre prend connaissance d'une erreur mathématique qui est
découverte cinq, six ou sept ans après, il peut avoir le droit de
réagir pendant une période de deux ans. Il doit y avoir un
délai, c'est un principe qui est accepté depuis longtemps dans la
loi. Les personnes ont le droit de savoir que, à un moment donné,
l'Etat n'a plus recours à leur propriété, même si
c'est à cause d'une erreur qui n'a pas été corrigée
et qui n'a pas été réglée par l'Etat à un
moment donné.
M. Clair: M. le Président...
M. Scowen: A cause d'une négligence de l'Etat, ces choses
peuvent traîner indéfiniment.
M. Clair: Sauf erreur, l'Etat ne serait pas protégé
de ses propres erreurs ou de sa propre négligence dans ce cas. Ce qui se
produit, c'est que si des renseignements nouveaux qui auraient dû
apparaître à la déclaration et qui n'y sont pas apparus par
erreur ou par omission, non pas par fraude, le ministère pourra agir en
tout temps.
M. Scowen: Ce n'est pas la pratique dans la Loi sur les
impôts existant au Québec. S'il y a de nouveaux
éléments à ajouter dans le cas de l'impôt des
particuliers, cette loi ne s'applique pas.
M. Clair: Vous avez tout à fait raison.
M. Scowen: Quant à moi, vous n'avez pas donné les
raisons; vous avez dit que les biens sont distribués dans un cas et pas
dans l'autre. Ce n'est pas un argument. Même dans le cas des
impôts, il n'y a plus de raisons parce qu'il y a une tierce personne qui
est impliquée là-dedans. Dans le cas des droits successoraux,
vous avez normalement deux parties en cause. Cela a beaucoup plus de sens de le
faire d'abord, si vous voulez le faire, dans l'impôt des
particuliers.
M. Clair: On pourrait ajouter, M. le Président, que dans
le cas de la Loi sur les impôts, le déclarant est vivant et fait
lui-même sa déclaration, de sorte qu'il connaît la
totalité de ses biens et de ses revenus. Alors que, dans le cas d'une
succession, c'est l'exécuteur qui procède, et il peut fort bien
se produire que l'exécuteur comme le ministère
ignore l'existence de certains biens, sans que cela ne prenne aucunement une
forme de fraude. Il y a une différence fondamentale entre une
déclaration d'impôt sur le revenu qui est complétée
par un déclarant qui est vivant et une déclaration en vertu de la
Loi sur les droits successoraux...
M. Scowen: J'ai l'impression que...
M. Clair: ... qui, elle, n'est pas complétée par le
de cujus, si on veut, ou par le décédé, mais qui est
complétée par l'exécuteur testamentaire qui, lui, peut
très bien découvrir des biens plusieurs années
après.
Et j'ajoute que si jamais l'exécuteur testamentaire
découvrait des dettes, à ce moment-là, ce serait de la
même façon à l'avantage du contribuable, à
l'avantage de ceux qui bénéficieraient d'une découverte de
nouvelles dettes.
M. Scowen: M. le Président, j'ai l'impression que cet
argument n'a pas beaucoup de sens juridique. Vous dites qu'un individu doit
connaître ses
propres chiffres, ses propres propriétés, ses propres
revenus, dans ce cas, et qu'une succession n'a peut-être pas toutes les
connaissances nécessaires. Mais le principe, c'est que les successions
sont censées le savoir, elles ont cette responsabilité. Je ne
vois pas comment vous pouvez demander aux successions de garder ouverts leurs
livres pour une période indéfinie au cas où quelque chose
pourrait arriver. Ils auront des responsabilités juridiques devant cet
article de loi qui peut avoir des conséquences très
sérieuses pour les successions.
M. Clair: M. le Président, on ne demande en aucune
façon que la succession reste ouverte ad vitam aeternam, que le dossier
soit ajourné sine die. C'est si des faits nouveaux, des renseignements
nouveaux sont portés à sa connaissance que le ministère
peut agir. Uniquement dans ce cas-là.
M. Scowen: Je comprends.
M. Clair: Et l'argument que je donnais, tantôt, au
député de Notre-Dame-de-Grâce, en ce qui concerne la
différence entre quelqu'un qui remplit lui-même son rapport
d'impôt et un exécuteur testamentaire qui règle les
affaires de quelqu'un d'autre, ce n'est pas nécessairement un argument
juridique mais c'est factuel, c'est comme cela que ça se passe dans la
vie de tous les jours.
M. Scowen: Je n'ai pas l'intention de continuer
indéfiniment, mais prenez l'exemple d'une succession qui fait une
distribution à trois ou quatre personnes. Ces personnes reçoivent
les fonds de bonne foi, c'est approuvé par le gouvernement, les
bénéficiaires connaissent seulement ce que la succession leur a
donné et le fait que c'était approuvé par le gouvernement.
Quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix années plus tard, ces
bénéficiaires, les filles et les garçons de ce pauvre
Québécois mort, sont obligés de trouver... ces Canadiens,
je m'excuse, pour moi, ça n'a pas de bon sens, pas du tout.
M. Clair: M. le Président, prenons un exemple pratique:
Une succession s'ouvre, et, prenons l'exemple du député de
Notre-Dame-de-Grâce, il a quatre héritiers, la succession est
réglée. Dans vingt ans d'ici, on apprend que le
décédé était propriétaire d'un ranch en
Australie. On n'ira pas cotiser les gens sur les biens qui ont
déjà fait l'objet de droits qui ont été
payés. On ne demandera pas à ces gens-là si l'argent dont
ils avaient hérité, ils l'ont dispersé; ils ont fait ce
qu'ils ont voulu avec. On ne leur demandera pas d'aller reconstituer des biens
ou reconstituer de l'argent qu'ils auraient déjà
dépensé. Mais, cependant, si vingt ans après le
règlement de la succession, ces trois héritiers apprennent qu'ils
ont hérité en plus, dans le lot, d'un ranch qui vaut $1 000 000,
en Australie, tout simplement, sur ce nouveau bien-là, il y aura un
nouvel avis de cotisation qui devra être émis dans les deux ans.
Mais si, auparavant, ils avaient hérité chacun d'une somme X, Y
ou Z, ils ne seront pas troublés dans leur bien ou dans ce qu'ils ont
déjà réglé. Cela aura déjà
été réglé.
M. Scowen: II existe, comme vous le savez, un principe bien
établi dans la loi, le principe de prescription, et c'est clair que ce
nouvel article va au-delà de ce principe. Si vous acceptez d'aller
au-delà de ce principe, vous devez le dire parce que c'est clair que
c'est le cas. Il n'y a pas de prescription ici, c'est ouvert pour
l'éternité.
M. Clair: Ce qui est nouveau dans le texte de loi proposé,
c'est qu'on devra agir dans un délai de deux ans à compter de la
connaissance de... Contrairement à ce qu'affirme mon collègue, le
député de Notre-Dame-de-Grâce, il y a d'autres cas, dans
nos lois, où le délai de prescription court à compter du
moment de la connaissance de certains renseignements. Je lui cite deux cas au
Code civil: l'action oblique et l'action paulienne où on a un
délai, je ne me souviens plus de combien de temps, pour agir, mais
à compter de la connaissance des événements.
M. Scowen: Est-ce que je peux tenir pour acquis que le ministre
et ses fonctionnaires comprennent bien le sens de notre objection? C'est
clair?
M. Clair: On le comprend bien.
M. Scowen: Parfait. On peut voter sur division, si vous
voulez.
Le Président (M. Laberge): Ce nouvel article 9 sera-t-il
adopté?
M. Clair: Adopté, M. le Président.
Le Président (M. Laberge): Article 9, adopté.
J'appelle l'article 10.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 10, adopté.
Article 11?
M. Goulet: Pourquoi est-ce toujours le 19 avril 1978? Il doit
sûrement y avoir une bonne raison. Qu'est-ce que c'est?
M. Clair: C'est pour rétroagir à la date
d'entrée en vigueur de la loi 51 de la réforme de 1978, la Loi
sur les droits successoraux.
Le Président (M. Laberge): L'article 11 sera-t-il
adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 11, adopté.
Article 12, adopté?
M. Scowen: Oui.
Le Président (M. Laberge): Article 12, adopté.
Article 13?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 13, adopté.
Article 14?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): C'est vrai, il y a un
amendement.
M. Clair: II y a un amendement, soit ajouter l'article 7.1
après l'article 7.
Le Président (M. Laberge): C'est cela. Une nouvelle
rédaction. Article 14 nouveau, adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 14, adopté.
Article 15?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 15, adopté.
Article 16?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 16, adopté.
Article 17?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 17, adopté.
Article 18?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 18, adopté. Le
projet de loi numéro 80, Loi modifiant la Loi sur les droits
successoraux et modifiant de nouveau la Loi sur les impôts, adopté
avec amendement? Adopté.
M. Scowen: Adopté sur division.
Le Président (M. Laberge): Avec amendement.
M. Scowen: L'article 9 a été adopté sur
division.
Le Président (M. Laberge): A cause de l'article 9.
M. Clair: Cela peut être sur division sur un article et non
pas sur l'ensemble du projet de loi.
Le Président (M. Laberge): Je n'avais pas mentionné
l'article 9. A l'article 9, je mentionne que vous adoptez sur division. Le
projet de loi numéro 80 est adopté sur division.
Projet de loi no 104
J'appelle maintenant le projet de loi numéro 104, Loi modifiant
de nouveau la Loi sur les droits successoraux. Le projet de loi contient
présentement 12 articles, mais on porte à notre attention un
amendement, qu'on verra en temps et lieu. J'appelle l'article 1.
M. Scowen: Un moment, s'il vous plaît.
M. Clair: C'est un amendement essentiellement technique, M. le
Président, pour corriger le texte de la version anglaise de l'article en
cause. (17 h 15)
M. Scowen: Alors, il n'y a pas d'amendement à l'article
1?
M. Clair: Non, non.
M. Scowen: D'accord. Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 1, adopté.
J'appelle l'article 2?
M. Clair: De $75 000 à $85 000 pour l'exemption.
M. Scowen: Indexation. Adopté.
M. Clair: Augmentation substantielle, M. le
député.
Le Président (M. Laberge): Article 2, adopté.
Article 3?
M. Clair: Même chose.
Le Président (M. Laberge): Article 3, adopté.
Article 4?
M. Clair: Concordance.
Le Président (M. Laberge): Article 4, adopté.
Article 5?
M. Clair: Concordance également, M. le
Président.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 6?
M. Clair: Concordance avec le budget.
Le Président (M. Laberge): L'article 6, ça va?
M. Scowen: Non, à l'article 6, j'ai une question à
poser.
Le Président (M. Laberge): M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce, à l'article 6.
M. Scowen: A l'article 37, auquel vous faites
référence dans cet article, vous faites référence
à la déduction pour les petites entreprises, dont la
définition a été acceptée. Cette définition
com-
prend la restriction de propriété canadienne majoritaire.
Il existe plusieurs situations au Québec où des personnes se
trouvent actionnaires dans des sociétés privées dont la
majorité n'est peut-être pas canadienne, mais où ils ont un
intérêt important. Il nous semble contradictoire qu'une personne
qui détient des actions dans une compagnie, par exemple, dont la
propriété est à 49% canadienne, ne se trouve pas à
bénéficier des mêmes avantages, dans cette loi, qu'une
personne qui détient des actions dans une compagnie qui est à 51%
canadienne. C'est une restriction. Ce serait facile à régler,
simplement si c'était basé sur les compagnies privées, les
corporations privées plutôt que sur celles qui sont admissibles
à cette exemption, tel que c'est défini dans le projet de
loi.
M. Clair: On s'est limité, dans ce cas, essentiellement,
à utiliser la définition qui est déjà fournie des
corporations canadiennes privées dans les lois fédérales.
Essentiellement, on s'est limité à cela.
M. Scowen: Oui, mais comme vous venez de le constater, l'exemple
du fédéral n'est pas toujours bon. Je pense que vous devez, enfin
j'espère que vous pouvez, me donner des raisons qui sont meilleures que
celle du fait qu'ils le font à Ottawa. Parce que je sais très
bien qu'il y a plusieurs choses qui se font à Ottawa et qui ne vous
plaisent pas.
M. Clair: Le député souhaitait, au moment du
discours en deuxième lecture, qu'on harmonise au maximum nos lois avec
les lois fédérales. C'est un bel exemple où le
gouvernement a suivi son souhait.
M. Scowen: Oui, mais c'est une question très
sérieuse, M. le Président. Je veux proposer au ministre qu'il
fasse simplement ce petit changement. Une question des droits successoraux a
été transférée plus tôt au
bénéficiaire, dans le projet de loi de M. Parizeau, lequel date
de deux ou trois ans maintenant, c'est la question du
bénéficiaire, de la résidence du
bénéficiaire. Il me semble que ce principe doit être suivi
et que ce privilège doit s'appliquer aux personnes qui sont
détentrices d'actions dans les compagnies, même si elles ne sont
pas nécessairement majoritairement canadiennes.
Cela n'a rien à faire avec les droits successoraux, à mon
avis. Je propose que le ministre prenne note de cette suggestion, qu'il en
parle ce soir avec ses fonctionnaires et peut-être qu'il pourra trouver
les moyens d'accepter. Ce n'est pas un grand changement, mais je pense que
c'est sain, les deux n'ont rien à voir l'un avec l'autre, surtout quand
vous avez décidé que le principe des droits successoraux doit
reposer sur la résidence du bénéficiaire, qui est un
principe adopté dans la loi sur les successions que vous avez
adoptée tantôt.
M. Clair: M. le Président, je pense que le débat
sur cette question-là a été fait au moment de l'adoption
de la loi no 51. Je voudrais simplement dire à mon collègue que,
personnellement, je retiens son opinion, mais je pense qu'il n'appartient pas
à la commission, au moment de l'étude article par article,
d'introduire un amendement comme celui-là puisqu'il faudrait
sûrement que le ministre des Finances soit impliqué
là-dedans. Je suis convaincu qu'il prendra en considération
l'opinion du député de Notre-Dame-de-Grâce, mais
malheureusement, pour l'instant, M. le Président, je n'envisage
aucunement la possibilité d'introduire un amendement dans le sens que le
souhaiterait le député de Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: Est-ce que je peux demander au ministre de soumettre
cette question au ministre des Finances et lui demander de nous donner une
opinion écrite, une lettre ou quelque chose, pour simplement expliquer
d'une façon plus claire son raisonnement?
M. Clair: Ce sera fait, M. le Président. Je m'engage
à le faire auprès du député de
Notre-Dame-de-Grâce.
Le Président (M. Laberge): Parfait. L'article 6 sera-t-il
adopté?
M. Scowen: Sur division.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division.
Article 7.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 7 adopté.
Article 8.
M. Clair: A l'article 8, M. le Président, il y a un
amendement. On ajoute simplement, après les mots, à la
troisième ligne, "de l'exemption", les mots "ou de la
déduction".
Le Président (M. Laberge): L'article 8 amendé
sera-t-il adopté?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 9.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 9 adopté.
Article 10.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 10 adopté.
Article 11 appelé.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 11 adopté.
Article 12.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 12 adopté. Donc,
le projet de loi no 104, Loi modifiant de nouveau la Loi sur les droits
successoraux...
M. Scowen: M. le Président, juste avant que ce soit
adopté, j'avais l'intention de me permettre sur ce projet de loi
seulement un petit préambule, mais j'ai oublié. Peut-être
que je peux faire un petit commentaire d'une minute simplement pour constater
que, comme je l'ai dit amplement en deuxième lecture, nous ne sommes pas
d'accord sur les droits successoraux. Je pense qu'ils n'existent que pour des
raisons symboliques et ce sont de mauvais symboles inappropriés pour
n'importe quelle province du Canada. Québec est la seule province qui
ait gardé ses droits successoraux et nous sommes très très
découragés de voir de nouveau que le gouvernement n'a pas
accepté le raisonnement de l'Opposition et de la grande majorité,
je pense, de la population.
M. Clair: M. le Président, mon seul commentaire, ce serait
de dire que c'est peut-être symbolique dans l'esprit du
député de Notre-Dame-de-Grâce, mais il s'agit de $40 000
000 qu'il faudrait aller chercher ailleurs. J'ai déjà
demandé au député de Notre-Dame-de-Grâce de nous
indiquer où il désirerait aller les chercher, vu qu'il appartient
à une formation qui nous proposait des augmentations d'impôts, il
y a peu de temps.
M. Scowen: J'ai toute une liste où l'on peut
réduire les dépenses gouvernementales et je peux commencer, si
vous voulez.
Le Président (M. Laberge): Le projet de loi no 104
sera-t-il adopté?
M. Scowen: Adopté sur division.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division avec
un amendement.
M. Clair: M. le Président, j'aurais presque envie de
proposer à mon collègue, compte tenu du temps qu'il pense que
dureront nos débats, qu'on débute par l'étude du projet de
loi no 103 plutôt que du projet de loi no 102. Peut-être qu'on
aurait une chance d'en disposer avant six heures.
Projet de loi no 103
Le Président (M. Laberge): Avec le consentement des
membres de la commission, nous inversons l'ordre d'appel. J'appelle maintenant
le projet de loi no 103, Loi modifiant de nouveau la Loi concernant la taxe sur
les carburants et modifiant d'autres dispositions législatives. Article
1 ?
M. Scowen: M. le Président, avant d'étudier
l'article 1, je veux souligner que nous trouvons que le titre de ce projet de
loi n'est pas acceptable; il est un peu trompeur. C'est un projet de loi qui
modifie quatre lois très précises: la loi sur les carburants, la
loi sur la vente en détail, celle sur les licences et celle concernant
l'impôt sur le tabac. Je pense qu'au simple point de vue des techniques
législatives, ce n'est pas une bonne pratique de se
référer à une seule de ces quatre lois et de parler
d'autres dispositions législatives. Je ne sais pas si le titre peut
être sujet à révision lors d'une commission parlementaire,
mais c'est un principe assez important. Cela donne des possibilités
juridiques par la suite. Ce n'est pas difficile de préciser dans le
titre que cette loi modifie de nouveau les lois suivantes. Il y a quatre lois,
chacune est d'égale importance et je propose que le ministre prenne en
considération la possibilité de modifier le titre.
M. Clair: M. le Président, c'est beaucoup plus technique
que quoi que ce soit d'autre. Etant donné que les notes explicatives
annoncent dès le départ que quatre lois sont touchées par
ce projet de loi, quant à nous, nous voulions proposer une modification
au titre pour enlever les mots "de nouveau", parce que la loi s'intitule Loi
modifiant de nouveau la Loi concernant la taxe sur les carburants et modifiant
d'autres dispositions législatives.
M. Scowen: La meilleure façon de procéder aurait
été de proposer quatre projets de loi modifiant chacune des
quatre lois parce que chacune de ces quatre lois est importante et a ses
propres caractéristiques.
M. Clair: Sauf erreur, M. le Président, comme je le dis au
député, c'est essentiellement de la technique législative.
Etant donné qu'il s'agit de quatre lois qui concernent des taxes
à la consommation, la pratique semble être de nommer la
première loi qui est touchée et d'indiquer que cela concerne
également d'autres dispositions législatives.
M. Scowen: Imaginez-vous, d'ici un an, deux ou trois ans, des
avocats et des citoyens qui veulent s'informer des lois sur le tabac, sur les
licences; ils ne seront pas en mesure de trouver facilement les lois qui
amendent la loi de base. Pour moi, c'est important que ce soit clair pour tout
le monde; ce n'est pas quelque chose de déraisonnable que je demande. Je
pense qu'il est trop tard pour présenter quatre projets de loi, mais il
n'est pas trop tard pour proposer que le titre soit changé pour
refléter de façon fidèle le contenu. Ce n'est pas
déraisonnable, je pense.
M. Clair: M. le Président, j'aimerais, d'abord, dire deux
choses au député de Notre-Dame-de-Grâce, qui vont
peut-être diminuer ses inquiétudes. Il faut dire qu'il existe des
codifications administratives qui sont mises à jour
régulièrement pour l'ensemble des gens des professions
concernées, et le député le sait sûrement. En
conséquence, le titre d'une loi a peu de chances de nuire à la
recherche d'un avocat, d'un comptable ou d'un fiscaliste. D'autre part, il y a
eu, à de nombreuses reprises, des projets de loi qui ont
été adoptés d'une façon semblable. L'engagement que
je peux prendre auprès du député, c'est de souligner le
fait au ministère de la Justice et au comité de
législation. C'est un bill omnibus qui touche quatre lois concernant des
taxes à la consommation et, à moins que le député
ne vous prévienne d'un "filibuster" sur cette question, je suis
porté à dire que la loi est déjà publiée
comme cela et qu'il y a peu de chances qu'elle soit réimprimée,
compte tenu du fait que le projet de loi est déjà devant
l'Assemblée pour l'étude article par article. Je ne vois pas
à qui cela profiterait, vraiment, qu'on modifie le titre du projet de
loi, sauf en enlevant les mots "de nouveau", qui sont un peu redondants. (17 h
30)
M. Scowen: Je n'ai pas du tout l'intention de faire un
"filibuster". Tout ce que je demande au ministre... On est ici, en commission
parlementaire, pour bonifier des lois. Si nous proposons, de notre
côté, des changements qui sont, dans ce cas, du gros bon sens, je
pense, à moins que le ministre ne puisse nous apporter un argument
solide, qu'il doit l'accepter. Nous sommes ici ensemble pour bonifier les lois.
S'il accepte de travailler dans cet esprit, je n'ai pas du tout l'intention de
faire un "filibuster" ou quelque histoire.
M. Clair: M. le Président, compte tenu du fait que nous
aurons, visiblement, à continuer nos travaux à 20 heures, ce que
je vais proposer à mon collègue de Notre-Dame-de-Grâce,
c'est que lui-même, pendant la suspension, vérifie auprès
du secrétariat des commissions quant à savoir si la commission a
le pouvoir de modifier aussi substantiellement le titre du projet de loi, de
vérifier les précédents, comment le projet de loi
était intitulé. L'on pourrait alors disposer de ce sujet au
moment de la reprise de nos travaux à 20 heures.
M. Scowen: Très bien.
M. Clair: Cela va?
M. Scowen: Oui, excellent.
M. Clair: L'article 1 a déjà été
appelé, M. le Président?
Le Président (M. Laberge): Oui, j'ai appelé
l'article 1.
Des Voix: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Attendez, je vérifie
s'il y a des modifications. Non, il n'y en a pas.
M. Clair: A l'article 1, on a un amendement, M. le
Président. Il est déjà entre vos mains.
Le Président (M. Laberge): Celui que j'ai ici est le
paragraphe 1 de l'article 3, comme premier amendement.
M. Clair: Alors, à l'article 1, l'amendement qu'on apporte
au texte est la définition de "coloration" et de "mazout coloré",
respectivement au paragraphe d) de l'article 1 et au paragraphe h).
Le Président (M. Laberge): Alors, l'article 1 serait
remplacé par tout ce qu'il y a sur le premier papillon?
M. Clair: M. le Président, pour bien vous situer ainsi que
mes collègues, ce qu'on fait, à l'article 1, si on regarde
visuellement, c'est qu'on annonce de nouveaux articles, soit de 2 à 11,
mais, avant la section II, on ajouterait un article 1 qui aurait deux
paragraphes, d) et h). C'est là qu'ils seraient introduits,
immédiatement avant le titre "section II".
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. L'amendement et
l'article 1 ?
M. Scowen: Non, excusez-moi. Vous ne parlez pas de l'article au
complet?
Le Président (M. Laberge): Alors, l'article 1 tel qu'au
cahier demeure et on ajoute ce qui est au papillon.
M. Clair: C'est ça.
Le Président (M. Laberge): Cela va. Disons qu'on commence
par le papillon. Le papillon est-il adopté?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté.
M. Scowen: Le papillon de...
Le Président (M. Laberge): Le papillon qui ajoute un texte
à l'article 1.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. L'article 1,
modifié, adopté?
M. Scowen: L'article, non...
Le Président (M. Laberge): L'article 1, non. Ce n'est pas
encore dit. On peut rester sur l'article 1.
M. Clair: L'article 1 comporte neuf articles, si on veut, dans la
loi amendée.
M. Scowen: Qu'est-ce qu'on appelle les "sections" des articles?
Quel est le qualificatif qu'on doit utiliser?
M. Clair: L'article 1 porte sur une section complète,
section II. Maintenant, la section II comprend onze articles et deux
sections.
M. Scowen: Section II, article 2. M. Clair: Section II,
article 2?
M. Scowen: Nous sommes là. Je veux simplement dire qu'on
n'est pas d'accord avec ce changement d'un taux fixe, en termes absolus,
à un pourcentage. C'est une façon, pour nous, extrêmement
compliquée qui n'apporte pas les bénéfices
suggérés par le ministre. On aurait de beaucoup
préféré que le ministre garde le pouvoir, qu'il a
toujours, de changer les taux, les impôts sur le carburant au moment
où il décide que c'est convenable.
C'est clair qu'il sera obligé, de toute façon,
d'établir le prix qui est, à toutes fins pratiques, la même
chose. Alors ça ne réduit pas du tout le travail, le ministre
devant changer le taux chaque fois. Alors ce n'est pas du tout quelque chose
qui nous donne un système plus clair et mieux compris par la population,
ou qui diminue le travail du ministre. On ne comprend pas.
M. Clair: M. le Président, sur la dimension
essentiellement technique d'une augmentation de la taxe, dans ce cas-ci, il est
inexact de dire que cela ne simplifie pas le travail, puisque, pour fixer le
prix moyen, le ministre n'aura pas à revenir devant l'Assemblée
nationale, alors que dans le cas présent il doit le faire.
M. Scowen: C'est ça.
M. Clair: Et je voudrais rappeler au député de
Notre-Dame-de-Grâce que la taxe ad valorem qui est introduite par cet
article a déjà été adoptée par deux autres
provinces, soit l'Ile-du-Prince-Edouard et le Manitoba.
M. Scowen: Je vais revenir sur d'autres sous-articles, mais, pour
le moment, le "2, sur division.
M. Clair: Le paragraphe "2 serait adopté? M. Scowen:
Sur division.
M. Clair: Adopté. Le "2 est toujours dans l'article 1. On
est toujours dans l'article 1.
M. Scowen: Paragraphe "2.
Le Président (M. Laberge): Le paragraphe "2. Alors, le
paragraphe "2 adopté sur division.
M. Scowen: Oui.
Le Président (M. Laberge): On va y aller. Si on prend
paragraphe par paragraphe...
M. Goulet: Sur rail, il est nouveau? Sur rail, avant cela, il
n'était pas taxé?
M. Clair: II était taxé. Il était
taxé à un taux différent.
M. Goulet: Ce n'est pas nouveau cela?
M. Clair: Aiors, le changement est fait de taxe unitaire en taxe
ad valorem dans ce cas-là également et comporte une
légère augmentation puisqu'il était taxé à
un taux réduit auparavant.
Il n'y a pas de majoration, on fait simplement passer ad valorem dans ce
cas-là. Et il demeure taxé à taux réduit, 8% par
rapport à 20%.
Le Président (M. Laberge): Alors, toujours à la
section II, article "3, adopté?
M. Goulet: Oui.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article "4.
M. Goulet: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. On devrait dire
paragraphe, si vous voulez, ou quelque chose du genre, paragraphe "4,
adopté. Paragraphe "5.
M. Goulet: M. le Président, à 5.
Le Président (M. Laberge): A 5. M. le député
de Bellechasse.
M. Goulet: Je ne vois vraiment pas l'utilité de cet
article. Si on décide de 20%, c'est 20%. J'aimerais que le ministre
m'explique l'utilité de ce paragraphe.
M. Clair: Dans la mesure où on veut appliquer à la
grandeur de la province une taxe ad valorem, il devient nécessaire de
déterminer le prix de l'essence. Un prix qui est déterminé
en vertu de la loi, et pour l'ensemble du Québec, c'est le même
prix. Il fallait donc le déterminer. C'est ce qui est fait à
l'article "5 dans ce cas-ci.
M. Goulet: Cela veut dire, concrètement, qu'il est
possible qu'il y ait une augmentation d'essence au Québec, mais que ce
ne soit pas nécessairement le 20% du prix de l'essence. Est-ce le 20% au
détail ou le 20% de l'augmentation que...
M. Clair: C'est le prix moyen au détail qui est
déterminé de la manière prévue par la loi, tel que
c'est indiqué plus loin. Pour partir, il fallait indiquer un prix de
base qui était indiqué dans la loi, mais ce prix pourra
être modifié selon une formule qui est prévue un peu plus
loin dans la loi et qui sera publiée dans la Gazette officielle.
Autrement dit, ce qu'on voulait éviter c'est que l'essence qui se vend
un peu plus cher en Abitibi ou dans une autre région
éloignée, au Lac Saint-Jean, en Gaspésie, que les 20%
s'appliquent sur le coût le plus élevé. C'est un coût
moyen qui s'applique à l'ensemble du Québec.
M. Goulet: Cela veut dire qu'il y a des endroits où
ça va être moins de 20% et d'autres endroits plus...
M. Clair: Non, c'est 20% partout, sauf que le prix sur lequel
s'appliquent les 20%, l'assiette, si on veut, de la taxe est uniforme à
travers le Québec et est basée sur un prix moyen qui est
basé lui-même sur la région de Montréal, là
où le prix de l'essence est le plus bas.
Le Président (M. Laberge): Le paragraphe "5 adopté?
M. le député de Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: Adopté. Vous pouvez passer au paragraphe
"6.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Paragraphe "6
adopté?
M. Scowen: Les paragraphes "5, "6 et "7 font, dans leur ensemble,
tout un système qu'on trouve très lourd. J'aimerais poser une ou
deux questions au ministre. La première, c'est: Est-ce que ce n'est pas
possible, si vous voulez imposer une taxe, qui est en effet une taxe de vente
de 20%, de le faire de la même façon que c'est fait par le
gouvernement fédéral sur la taxe de vente qui est simplement
d'imposer 20% sur le prix de vente du fabricant dans chaque cas? Pourquoi
est-il nécessaire de créer ce système prévu dans
les paragraphes "5, "6 et "7?
M. Clair: M. le Président, dans un premier temps, ce que
je dois dire au député, c'est que la suggestion qu'il fait serait
probablement d'application plus simple, mais elle serait anticonstitutionnelle
puisque ça constituerait une taxe indirecte qui n'est pas du ressort de
la législature provinciale.
M. Scowen: C'est sûr? M. Clair: C'est sûr.
M. Scowen: Ce serait beaucoup plus simple. Il faut changer la
constitution.
M. Clair: Tout à fait d'accord. Est-ce que le
député veut nous répéter ça?
M. Scowen: Je suis complètement d'accord. On doit avoir le
droit...
M. Clair: D'ouvrir le champ de taxation indirecte au gouvernement
de Québec?
M. Scowen: Oui, on dit avoir le droit de taxation.
Complètement d'accord. Mais, c'est sûr que c'est la raison?
M. Clair: Oui.
M. Scowen: Dans ce cas-là, je vais passer au paragraphe
"7.
Le Président (M. Laberge): Alors le paragraphe "6 est-il
adopté?
Une Voix: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté, le paragraphe
"7.
M. Scowen: Comme vous le savez, pour ceux qui ont trouvé
du plaisir dans ma recommandation, le livre beige était clair
là-dessus.
Le Président (M. Laberge): Parfait, le paragraphe "7.
M. Marcoux: Le livre beige était clair. C'est le livre qui
propose que nos impôts soient perçus par Ottawa?
M. Clair: Non, que le niveau de revenu serait
nécessairement concordant avec le niveau de besoin.
M. Scowen: Chaque gouvernement doit avoir le droit d'imposer les
taxes directes ou indirectes qui sont conformes à ses propres
besoins.
M. Marcoux: Nous proposons un amendement au livre beige.
M. Scowen: Au paragraphe "7, M. le Président, je ne sais
pas si je dois proposer un amendement ou faire simplement une suggestion:
cependant, le ministre ne déterminera le prix de vente en détail
moyen qu'une fois tous les six mois. On doit avoir au moins pour les citoyens,
un minimum... C'est clair que c'est l'intention du ministre de faire de petits
ajustements de prix à mesure que des changements viendront de l'Alberta
ou du gouvernement fédéral, mais il me semble qu'on doit au moins
prévoir un maximum de changements au cours d'une année. Je
propose qu'on ajoute une phrase qui dise: pas plus souvent que tous les six
mois.
M. Clair: M. le Président...
Le Président (M. Laberge): M. le ministre. (17 h 45)
M. Clair: Dans la mesure où la taxe est ad valorem
un pourcentage sur le prix de vente au détail est fixé, comme
l'expliquent ces articles je pense que ce ne serait pas sage de se
couler dans le béton à ce point de vue. Si le prix augmente une
fois dans l'année, il y aura éventuellement un
réajustement une fois dans l'année, mais on ne peut pas
prévoir les augmentations qui surviendront. En conséquence, il
faut garder la souplesse nécessaire pour donner à la taxe ad
valorem la possibilité d'avoir l'effet recherché.
M. Scowen: Me permettrez-vous de proposer un amendement à
cet article?
Le Président (M. Laberge): On verra s'il est
recevable.
M. Scowen: L'amendement que je propose est à l'article "7,
soit d'ajouter la phrase suivante: Cependant, le ministre ne déterminera
ledit prix de vente au détail moyen qu'une fois tous les six mois, ou
plus souvent que tous les six mois.
M. Clair: M. le Président, vous déciderez si
l'amendement est recevable, mais, sur la recevabilité, il me semble que
cela contredit l'esprit même de l'article "7 tel qu'il existe
actuellement.
M. Scowen: Avant que vous ne rendiez votre décision, je
trouve que ce n'est pas fondamental. Au paragraphe "6, on dit "détermine
de temps à autre". C'est un amendement qui peut être
apporté à ce paragraphe, c'est une question de détail,
changer "de temps à autre" par "pas plus que tous les six mois". C'est
une autre façon de le faire, je crois que c'est recevable.
Le Président (M. Laberge): Cet amendement, vous le
proposez au paragraphe "7?
M. Scowen: Je le propose d'abord au paragraphe "7, mais il y a
les deux possibilités. Si ce n'est pas recevable...
M. Clair: Cela se rattacherait beaucoup plus, en toute logique,
à l'article "6 qu'à l'article "7, M. le Président, mais
pour les raisons déjà évoquées, si vous
considérez l'amendement recevable, je m'y opposerai puisque ce serait
contredire le but poursuivi par les articles "6, "7 et suivants. J'ajoute, pour
le député de Notre-Dame-de-Grâce, qu'actuellement rien
n'empêcherait la Législature d'adopter trois fois par année
une loi augmentant la taxe unitaire. Je pense que ce serait...
M. Scowen: Exactement. Dans ce cas, ça revient à
l'Assemblée nationale pour un débat. Dans les cas d'urgence, on
doit le faire.
M. Clair: Regardez, puisque...
M. Scowen: Mais on laisse cela à la discrétion du
ministre.
M. Clair: Juste pour donner un exemple de ce que ça
pourrait donner en pratique, si on se limitait à tous les six mois. Je
ne prête de mauvaise intention à personne, mais le gouvernement
fédéral, les compagnies pétrolières
décident, le 1er janvier, d'augmenter faiblement le prix de l'essence et
de l'augmenter fortement trois mois plus tard, on vient de manquer
complètement le but poursuivi par la loi.
M. Scowen: Je pense qu'il a raison, je retire mon propos. On ne
doit pas laisser le fédéral faire une telle chose. Il a
raison.
Le Président (M. Laberge): Alors, je considère
votre amendement retiré. Parfait.
M. Goulet: Mais pour l'autre débat constitu- tionnel, M.
le député de Notre-Dame-de-Grâce, vous allez être de
l'autre côté de la table.
Le Président (M. Laberge): Nous allons nous en tenir
à la pertinence du débat. Paragraphe "7, adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Paragraphe
"8.
M. Scowen: Oui, c'est correct.
Le Président (M. Laberge): Paragraphe "8, adopté.
Paragraphe "9?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Paragraphe
"10.
M. Scowen: Oui, adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Après le
paragraphe "10, je crois qu'on nous propose de modifier, par l'insertion
après l'article... Pardon, ça mène très...
M. Clair: C'est plus loin, M. le Président.
Le Président (M. Laberge): Oui, c'est l'article du projet
de loi. Cela mène à la page... beaucoup plus loin, d'accord.
Alors, paragraphe "10, adopté. Paragraphe "11?
M. Scowen: Oui, adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté.
M. Clair: On arrive à l'article 2 maintenant.
Le Président (M. Laberge): C'est ça. On retombe sur
nos pieds.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 2, adopté.
Article 3.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 4.
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 4, adopté.
Article 5.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 5, adopté.
Article 6.
M. Scowen: Adopté.
M. Goulet: L'article 5, M. le Président, est-ce que...
Le Président (M. Laberge): A l'article 5, M. le
député de Bellechasse.
M. Goulet: Une petite question. Est-ce qu'on a découvert
à ce jour des gens qui ont fraudé au niveau de la coloration? Je
n'entends pas les gens qui n'ont pas employé la bonne sorte de
carburant, mais qui ont coloré le carburant pour en arriver à une
formule semblable à celle... Je veux savoir s'il y a eu des plaintes ou
pas.
M. Clair: Comme il n'y a pas d'avantages à colorer, il n'y
a pas eu de cas où on a vu que des gens avaient essayé de
fabriquer du colorant.
Le Président (M. Laberge): Avant d'aller plus loin et de
faire un oubli, comme nous avons adopté tous les paragraphes de
l'article 1 sans adopter lui-même l'article 1, je vous demande si
l'article 1 est adopté.
M. Clair: Adopté.
M. Scowen: Adopté sur division.
Le Président (M. Laberge): Oui, oui, il y avait
déjà... Parfait, adopté sur division. Je reviens à
l'article 7. L'article 7 sera-t-il adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 8.
M. Scowen: Adopté.
M. Clair: L'article 8, M. le Président, c'est un article
pour lequel on a des amendements. On remplace partout le mot "prévu" par
le mot "permis". On voit que tous les paragraphes se terminent par le mot
"prévu". On remplace ça par le mot "permis".
Le Président (M. Laberge): Cela va. Alors, on a un
papillon en conséquence ici. Donc, le nouvel article 8 sera-t-il
adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 8, nouvelle
rédaction, adopté. L'article 9 sera-t-il adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 9, adopté.
Article 10.
M. Clair: Concordance.
M. Scowen: Dans l'article 10, on a un amendement à
proposer soit que dans la onzième ligne les mots "hors de tout doute"
soient rayés. Est-ce que c'est recevable?
M. Clair: J'aimerais vous écouter.
M. Scowen: Vous avez, dans la onzième ligne, l'expression
"hors de tout doute". Il nous semble clair que cela enlève même
les droits normaux juridiques des citoyens. Ici, il faut qu'une personne
établisse la preuve; vous avez déjà mis le fardeau de la
preuve sur la personne qui se trouve avec ce mazout coloré dans son
appareil, et on accepte, c'est correct. Mais ajouter l'expression "hors de tout
doute", c'est enlever le droit à un processus normal devant les
tribunaux. Je pense que ce n'est pas nécessaire. Cela dépasse les
systèmes normaux qu'on utilise d'établir le fardeau de la preuve
et la culpabilité de quelqu'un. Je propose, tout simplement, qu'on
l'enlève.
M. Clair: M. le Président, je voudrais dire au
député que les amendements qui sont apportés dans
l'article 10, dans le nouvel article 45.2, ne portent absolument pas sur
l'expression "hors de tout doute" qui apparaissait déjà dans la
loi, et qui est conséquente à la création de la
présomption qui existe dans la loi actuellement.
M. Scowen: Oui, je ne doute pas. Mais, M. le Président, je
pense que le ministre et moi avons le même objectif. On veut bonifier les
lois. On ne peut pas dire que, simplement parce que ça se fait à
Ottawa ou que ça se fait en Suède ou que ça se fait
déjà au Québec, c'est parfait. Alors, j'aimerais
plutôt que le ministre défende une telle cause dans cet article
sur la base de la raison et de la justice plutôt que sur le fait qu'un
ministre, probablement un ministre libéral, a décidé
d'être aussi agressif envers les citoyens.
M. Clair: M. le Président, l'amendement de l'article qui a
porté sur "hors de tout doute " a déjà été
apporté l'automne dernier, si ma mémoire est fidèle. Il y
avait eu un long débat à l'Assemblée nationale ou en
commission parlementaire sur ce point et toute l'argumentation porte sur le
fait que, dans la mesure où on veut créer une présomption,
et que cette présomption ait un effet réel, au moment de
l'audition de la cause devant les tribunaux, il fallait, à cause de
l'expérience acquise par le ministère devant les tribunaux, que
la présomption soit aussi forte que celle-là si on voulait
s'assurer d'avoir des chances de gagner nos causes devant les tribunaux.
M. Scowen: S'assurer de quoi?
M. Clair: Qu'on a des chances de gagner nos causes devant les
tribunaux dans les cas où il y a de la fraude. C'est un article qui vise
à contrer la fraude.
M. Scowen: Mais vous ne laissez pas aux tribunaux le droit de
décider s'il y a fraude ou non. Il faut que la personne ait "une preuve
documentaire identifiant l'acheteur et le vendeur du mazout, ainsi que
l'endroit et la date de la transaction, et mentionnant la quantité de
mazout ven-
due". C'est fort, ça! C'est très fort! C'est clair, quant
à moi. Vous avez bien décrit l'affaire. Alors, ajouter cette
expression, pour moi, ça n'a pas de bon sens, entre vous et moi.
Laissant de côté les débats à l'Assemblée
nationale, vous et moi, nous pouvons faire quelque chose pour la population du
Québec.
M. Clair: Laissez-nous nous mettre dans un cas pratique.
Quelqu'un est pris parce que c'est ce que prévoit l'article "45.2
après une analyse, à avoir eu dans son réservoir
à essence du mazout coloré. C'est une infraction. C'est
défendu. D'accord? Dans la mesure où on veut que cette infraction
puisse être constatée par le tribunal et que le contrevenant soit
puni en conséquence, il fallait, d'une part, créer une
présomption, mais, d'autre part, la seule chance pour le contribuable de
s'en sortir, c'est par une preuve documentaire attestant qu'il a payé la
taxe. Cette preuve doit être hors de tout doute. Si on agit autrement,
comme je le dis au député, par expérience devant les
tribunaux, on sait qu'on perd nos causes.
M. Scowen: Mais s'il reste un doute... Vous avez ajouté
"hors de tout doute". S'il y a un doute, si minime soit-il, après que la
personne a fait tout ce qu'elle est obligée de faire dans cet
article...
M. Clair: Ce sera au tribunal d'apprécier si, dans les
circonstances, la preuve documentaire le rend sûr, hors de tout doute,
que l'individu a déjà payé la taxe.
M. Scowen: Oui, exactement. Est-ce que vous comprenez le sens de
mon argumentation?
M. Clair: Oui, je la comprends.
M. Scowen: Vous comprenez? Et vous n'êtes pas encore
d'accord avec moi, vous personnellement?
M. Clair: Ce qu'il est difficile de communiquer au
député, c'est l'expérience du ministère devant les
tribunaux, où on a agi avec des textes de loi qui étaient moins
restrictifs, qui visaient à contrer la fraude. De deux choses l'une: ou
on veut que l'interdiction entraîne effectivement des condamnations de
fraude, dans un cas comme celui-là, ou on dit: Laissons l'article avec
un certain laxisme, ce qui a fait que le ministère perdait
systématiquement ses causes devant les tribunaux.
M. Scowen: Tout ce que vous dites, en effet, M. le ministre,
c'est que vous avez entrepris des poursuites devant les tribunaux et que vous
les avez perdues. Vous n'aimez pas perdre, alors vous allez renforcer la loi
afin de ne plus perdre.
Quant à moi, ce n'est pas une position justifiable de dire,
à chaque fois qu'on perd trois ou quatre ou cinq causes: On va changer
la loi afin que les tribunaux ne puissent pas trouver des personnes non
coupables.
M. Clair: Je vais formuler ma réponse d'une autre
manière...
M. Scowen: II y a un point là... Moi... S'il vous
plaît.
M. Clair: La consommation, si on veut, de l'infraction est
déjà démontrée, elle est constatée par une
analyse qui prouve que l'individu avait du mazout coloré dans le
réservoir de son véhicule. C'est déjà
constaté. Il s'agit, maintenant, de s'assurer qu'une fois l'infraction
constatée on va pouvoir amener à une condamnation, sans pour
autant empêcher l'individu de prouver hors de tout doute, par une preuve
documentaire, qu'il a déjà payé la taxe.
Comment le député peut-il être contre le fait que le
ministère du Revenu, qui est chargé de s'assurer du respect des
lois et de contrer la fraude dans ces cas-là, et qui, par
expérience, s'est servi d'une loi où il y avait, effectivement,
une infraction déjà existante... On la constatait, mais le
tribunal, à cause de l'absence d'une présomption aussi forte que
celle-là, pouvait permettre au contrevenant d'échapper à
la rigueur de la loi et de continuer à frauder. (18 heures)
M. Scowen: Oui, je comprends. Je pense que le ministre comprend
bien le sens de mon argumentation. J'ai déjà donné la
réponse à sa déclaration. Est-ce que mon amendement est
receva-ble? Est-ce que je peux quand même le proposer?
Le Président (M. Laberge): A l'article 10?
M. Scowen: Oui, que soit biffée l'expression "hors de tout
doute", à la onzième ligne.
Le Président (M. Laberge): A la onzième ligne, vous
proposez de biffer les mots "hors de tout doute"?
M. Scowen: Oui, je pense que...
Le Président (M. Laberge): C'est recevable.
M. Scowen: Je le propose, je trouve que, même en admettant
qu'il y a une présomption de culpabilité, comme a décrit
le ministre, c'est une infraction de l'avoir même dans la voiture. Si
vous permettez des exceptions, vous devez permettre aux tribunaux de
décider du bien-fondé ou non de l'argumentation des personnes
accusées, basé sur les trois dernières lignes qui, pour
moi, sont suffisantes. A cause de ça, dans l'intérêt de
tout un système de justice qui est établi depuis longtemps, je
pense qu'on doit tous voter pour mon amendement.
M. Clair: M. le Président, puisqu'on s'apprête
à défaire l'amendement proposé par le député
de Notre-Dame-de-Grâce, ce sera encore aux tribunaux de décider
si, oui ou non, la preuve documentaire est hors de tout doute. On ne peut pas
se
permettre, dans ces matières, de laisser libre cours à des
possibilités de fraude dont on est conscient sans mettre dans la loi les
dents qu'il faut pour prévenir et contrer de telles fraudes.
Le Président (M. Laberge): Je répète que le
député de Notre-Dame-de-Grâce a proposé de rayer les
mots "hors de tout doute" à la onzième ligne de l'article "45.2.
Cet amendement est-il adopté?
M. Marcoux: Rejeté sur division. M. Clair:
Rejeté.
Le Président (M. Laberge): Amendement rejeté sur
division. Je reviens à l'article 10, tel qu'il se lit au projet de loi.
L'article 10 sera-t-il adopté?
M. Scowen: Adopté sur division. M. Clair:
Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division.
M. Clair: Après l'article 10, M. le Président, je
propose l'insertion d'un article 10.1, dont vous avez le texte sous les yeux et
qui est de concordance.
Le Président (M. Laberge): Cet amendement,
insérant, après l'article 10, l'article 10.1 et se
référant à l'article "55.1 de la loi, sera-t-il
adopté?
M. Scowen: Peut-être le ministre pourrait-il
expliquer...
M. Clair: C'est simplement qu'on a oublié, au moment de la
rédaction du projet de loi, d'insérer deux articles, un qui est
de concordance, concernant le paiement, à la Régie de l'assurance
automobile, d'une partie de la taxe.
M. Scowen: De combien est cette partie? M. Clair: C'est
inscrit...
M. Scowen: Ce n'est pas clair dans l'amendement, c'est un
système...
M. Clair: II n'y a pas de changement d'apporté à ce
qui est versé, si on veut, à la Régie de l'assurance
automobile du Québec. C'est la même chose qu'avant; seulement
c'est écrit à la nouvelle mode. D'autre part, on se
référait auparavant à deux articles de la loi, alors que
maintenant on ne se réfère qu'à un seul article.
M. Scowen: J'ai deux questions. La première est: Qu'est-ce
que cela veut dire exactement ".002 2"? Qu'est-ce que c'est, cela? C'est un
système de chiffrage...
M. Clair: Cela fait vingt-deux millièmes de cent pour
chaque litre.
M. Scowen: Alors, les deux 2 doivent être collés; il
n'y a rien dans l'espace entre les deux 2.
M. Clair: C'est comme s'ils étaient consécutifs.
C'est la façon dont cela s'écrit, tout simplement. On n'essaie
pas de passer quelque chose au député, M. le
Président.
Le Président (M. Laberge): Si vous voulez, on
complétera cette discussion après avoir soupe. Je suspends les
travaux jusqu'à 20 heures.
M. Clair: M. le Président, est-ce que l'article 10.1 est
adopté?
Le Président (M. Laberge): J'ai déjà
plié mes...
M. Clair: Vous avez d'autres questions? M. Scowen: J'ai
une deuxième question.
Le Président (M. Laberge): Vous la poserez après,
parce que j'ai déjà rangé mes livres.
Suspension de la séance à 18 h 05
Reprise de la séance à 20 h 20
Le Président (M. Laberge): La Commission du revenu reprend
ses travaux. Nous en étions à l'étude du projet de loi
numéro 103 et lorsque nous avons suspendu nos travaux avant le
dîner, nous en étions à l'étude de l'article 10.1
qui est présenté dans la série d'amendements.
Est-ce que cet article 10.1 sera adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): L'article 10.1 est
adopté. J'appelle maintenant l'article 11.
M. Clair: On passe à la Loi concernant l'impôt sur
la vente en détail, M. le Président.
Le Président (M. Laberge): L'article 11 sera-t-il
adopté?
M. Scowen: Est-ce que je peux profiter de l'occasion de ces
changements pour demander au ministre s'il a pu demander aux personnes
responsables si le titre de ce projet de loi pourrait être
amendé?
M. Clair: Les vérifications qu'on a faites, M. le
Président, ont confirmé que ce n'était pas une position du
ministère du Revenu, mais plutôt du comité de
législation, qui relève du Conseil exécutif et du
ministère de la Justice, qui nous demande, dans des cas semblables,
d'adopter un titre semblable. Personnellement, M. le Président, on
n'aurait même pas d'objection à ce que, dans ce cas, par exemple,
ce soit quatre projets de loi séparés. Cela pourrait toujours
être plus facile à
manipuler pour certaines personnes, dans l'optique de certains. Il
semble, cependant, que, dans l'optique de certains autres, ce soit plutôt
le contraire. On fera part des représentations du député
de Notre-Dame-de-Grâce aux autorités concernées, soit au
comité de législation. Nous avons quand même un petit
amendement à proposer qui nous vient d'ailleurs du comité de
législation. Le titre de la loi actuellement est: Loi modifiant de
nouveau la Loi concernant la taxe sur les carburants et modifiants d'autres
dispositions législatives. Il semblerait que les mots "de nouveau"
induiraient les gens en erreur et seraient superflus dans les circonstances, de
sorte que je proposerais qu'on les retranche.
Le Président (M. Laberge): C'est ce que vous aviez comme
amendement à l'article 1? Comme c'est le titre, on y reviendra à
la fin.
M. Clair: On peut clore la discussion sur cela?
Le Président (M. Laberge): Ou on peut clore, comme vous
voulez.
M. Scowen: Si on a le droit d'amender le nom je n'ai rien
du tout contre votre proposition je suggère, parce que ce sera
plus clair pour tout le monde, que ce soit intitulé: Loi amendant les
lois sur...
M. Clair: Cela va être très long, d'un autre
côté.
M. Scowen: Ce ne sera pas très long, ce sera d'une
longueur limitée par le nom de quatre lois existantes, pour que tout le
monde puisse comprendre. Pour moi, à moins que vous n'ayez des raisons
logiques, je pense que ce n'est pas une longueur qui va causer de la confusion
et ça va rendre plus clair le titre du projet de loi.
M. Clair: M. le Président, je n'ai pu rejoindre le
secrétaire général du comité de législation,
mais même si, comme je vous le disais tantôt, à
première vue... Que voulez-vous que ça me fasse que la loi
s'appelle Loi modifiant la Loi concernant la taxe sur les carburants, modifiant
la Loi concernant l'impôt sur la vente en détail, la Loi sur les
licences et la Loi concernant l'impôt sur le tabac? Qu'elle s'appelle
comme ça ou Loi modifiant la Loi concernant la taxe sur les carburants
et modifiant d'autres dispositions législatives, ça ne change pas
le contenu. Mais j'imagine, puisque le comité de législation a
toujours adopté cette attitude, qu'il y a des raisons. Je siège
d'ailleurs au comité de législation et ce problème n'a
jamais été soulevé en ma présence au moment
où j'y étais.
Je m'engage envers le député, à la prochaine
séance du comité de législation à laquelle
j'assisterai, à soulever la question pour savoir quelle est la raison
pour laquelle on adopte cette attitude. Mais je ne voudrais pas, sans
consultation avec mes collègues du comité de législation
et également sans avoir parlé aux permanents de ce comité,
modifier le titre d'un projet de loi qui est celui qui est normalement
utilisé dans pareil cas.
M. Scowen: A moins que je n'aie mal compris l'engagement du
ministre, c'est exactement ça qu'il s'est engagé à faire
pendant la période du souper.
M. Clair: Oui, mais je n'ai pu rejoindre le secrétaire
général du comité de législation. Ce que j'avais
proposé, d'ailleurs, c'était plutôt dans le sens de voir si
des précédents avaient eu cours. L'information que le
président m'a transmise, c'est qu'il semble que, selon ses informations,
des projets de loi semblables ont déjà été
adoptés dans les années antérieures et que c'est la
politique qui est suivie.
M. Scowen: Cela n'a pas de bon sens. Pourquoi ne pas l'appeler la
loi modifiant la loi sur le tabac et d'autres législations? Pourquoi pas
la loi modifiant la loi sur la taxe de vente? Pourquoi est-ce la
première? Ce n'est pas parce que c'est plus important.
M. Clair: Probablement, M. le Président...
M. Scowen: Vous comprenez, ça n'a pas de bon sens. Vous
êtes ministre, je suis député de l'Opposition; entre vous
et moi, ça n'a pas de bon sens.
M. Clair: Je ne vous dis pas que ce que vous dites n'a pas de bon
sens, mais, à mon avis, si ça porte le nom de la taxe sur le
carburant, ça doit être probablement dû au fait que le plus
grand nombre de dispositions législatives qui est touché a trait
à cette taxe, à cette loi.
M. Scowen: On va décider en comptant les articles. C'est
très intelligent, imaginez-vous! Cela n'a pas de bon sens, M. le
ministre. Je vous demande de m'appuyer dans des représentations
auprès du Conseil exécutif ou du comité de
législation pour changer cela.
M. Clair: M. le Président, je vais faire les
représentations, mais ce que je dis au député, c'est que
c'est une matière de technique législative. Je comprends toute la
bonne volonté et la bonne foi de mon collègue, le
député de Notre-Dame-de-Grâce, sauf que ce que je lui dis,
c'est que je ne considère pas que cela relève au premier chef du
ministre du Revenu de déterminer quelle est la politique à suivre
concernant les titres des projets de loi. Cela me semble beaucoup plus une
attitude qui doit être adaptée par le législateur, laquelle
lui est dictée probablement par la tradition, les
précédents et les raisons que je ne connais pas et qui
relèvent, comme je l'ai dit, de la tradition.
Je prends un engagement auprès du député de
Notre-Dame-de-Grâce. Je lui dis: Je siège au comité de
législation. A la prochaine réunion, je vais en saisir,
dès la première heure, tous mes
collègues et le secrétaire général en
personne. Je vais leur demander quel est le mystère qui se cache
derrière cela. Sauf que je ne vois pas l'utilité de modifier le
titre. Nous, on s'entend, je vous le dis; sur le fond je suis d'accord avec
vous. Cela ne me dérange pas que ça porte quatre noms au lieu
d'un. Mais quatre noms, d'un autre côté, c'est beaucoup. Quelle
sera la règle quand ça touchera cinq lois, dix lois?
M. Scowen: Excusez-moi, M. le Président, je ne veux pas
passer la nuit sur ce petit point, mais le principe est important. Nous sommes
ici, vous êtes le ministre du Revenu. Or, vous avez été
nommé par le premier ministre, vous en portez la responsabilité
et moi j'ai une autre responsabilité.
Pour moi, il y a quelque chose qui n'a pas de bon sens. Si vous me
dites: M. Scowen, à l'article 3, vos arguments ne sont pas bons parce
que, et que vous me donnez des raisons qui ont du bon sens, je vais dire:
Ecoutez, je retire mes propos, cela n'a pas de bon sens, vous avez raison. Mais
si vous me dites: C'est cela qui se fait au Canada, au fédéral,
en Saskatchewan, en Suède ou c'est la tradition au gouvernement, si
c'est le seul argument que vous pouvez apporter, la tradition... Vous ne
comprenez pas, nous avons non seulement la responsabilité, mais nous
avons le droit, vous et moi, de la changer, ensemble, à deux et les
autres qui viendront après décideront. Nous sommes nommés
par le gouvernement pour prendre des décisions. Pour moi, ça n'a
pas de bon sens, vous êtes d'accord. Pourquoi n'adopterions-nous pas une
motion, maintenant, pour changer cette affaire en disant: Tant pis pour les
autres, pour la tradition, tant pis pour le Conseil exécutif. Nous en
avons la responsabilité ici. Vous êtes ministre.
M. Clair: M. le Président.
M. Scowen: Si vous n'êtes pas d'accord, donnez-moi de
bonnes raisons. Si vous êtes d'accord, on va adopter un amendement.
M. Clair: Je vous l'ai dit, la seule raison pour laquelle je ne
veux pas modifier sur-le-champ le titre du projet de loi est fort simple, c'est
qu'on suit en cela une politique. Ce n'est pas de la responsabilité du
ministre du Revenu de décider comment s'intitulent les projets de loi.
Ils portent sur telle ou telle loi, mais je ne vois pas l'utilité,
aujourd'hui, de créer un précédent dans ce cas-là,
quand on aura l'occasion d'en parler au comité de législation et
de voir s'il y a lieu de modifier cette politique. Si toutes les autres lois,
si on est les seuls à faire ça et que ce n'est pas... Je ne sais
pas pour quelle raison ça se fait comme ça. Tout de suite, je
vois un embêtement; c'est qu'un titre avec quatre lois, qui ont un titre
assez long, on va se rendre où avec ça? Peut-être qu'on
devrait se rendre à douze, à quatre ou à deux sans que,
pour l'instant, ce soit une seule loi dont on retienne le titre au niveau de
l'intitulé. Finalement, pourquoi appelle-t-on ça projet de loi?
Pourquoi ne donnerait-on pas, je ne sais pas, un autre nom? Pourquoi
donnerait-on des numéros? Pourquoi ne les mettrait-on pas par ordre
alphabétique, les projets de loi? On peut poser des questions comme
celles-là, sauf que ça ne m'apparaît pas essentiel à
la discussion ici ce soir. (20 h 30)
Le Président (M. Laberge): Selon ce que vous m'aviez
demandé, je vais tâcher d'avoir aussi, de ma part, une certaine
forme d'avis ou d'information sur les raisons qui justifient cette technique
que je connais quand même depuis que je suis ici. Chaque année,
ça s'est produit comme cela. Sur ce, est-ce que le titre modifié
par le papillon présenté par le ministre et se lisant: "Loi
modifiant la Loi concernant la taxe sur les carburants et modifiant d'autres
dispositions législatives" sera adopté?
M. Clair: Adopté.
M. Scowen: Est-ce que le ministre peut me donner la raison pour
laquelle il veut enlever l'expression "de nouveau"?
M. Clair: Je l'ai donnée tantôt, je crois. La
première raison, c'est que ça semble être redondant, et la
deuxième, c'est que, dans les cas où on modifierait deux fois la
même loi durant la même session, à ce moment-là, on
indiquerait, semble-t-il, "loi modifiant de nouveau".
M. Scowen: Deux fois dans la même session, c'est "de
nouveau", une fois...
M. Clair: C'est modifiant tout court. M. Scowen: C'est
merveilleux, ça. M. Clair: C'est très convaincant.
Le Président (M. Laberge): Alors, le titre modifié
est adopté?
M. Scowen: Sur division.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division. Je
reviens à l'article 11 du projet de loi. Alors, article 11,
adopté; j'appelle l'article 12.
M. Scowen: Adopté.
M. Clair: A l'article 12, M. le Président, est-ce qu'il
n'y a pas un amendement?
Le Président (M. Laberge): C'est-à-dire que vous
avez un amendement ici qui dit: Le paragraphe 2 de l'article 12 de ce projet de
loi est remplacé par ce qui suit, et il y a deux pages et trois lignes
de texte à ma disposition, ce qui signifie que le paragraphe 1° de
l'article 12 serait conservé et après le mot "aveugles", le
deuxième paragraphe deviendrait le nouvel article, paragraphe
2°.
M. Clair: M. le Président, les amendements portent
simplement sur la numérotation, les amen-
dements qui sont soumis à l'attention de la commission. Par
exemple, dès le départ, on parlait, dans le projet de loi,
à l'article 2, deuxième paragraphe, du remplacement des
paragraphes "ad) et "af). On parlerait maintenant du paragraphe "ad).
M. Scowen: Si je comprends bien, l'amendement n'apporte aucun
changement en substance.
M. Clair: Non.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): L'amendement est adopté
et l'article 12 amendé adopté. J'appelle l'article 13.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 13 adopté.
Article 14?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 14 adopté.
Article 15?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 15 adopté.
Article 16?
M. Scowen: Quant à nous, c'est tout un changement pour pas
grand-chose. Le ministre pourrait peut-être nous expliquer en
détail comment la collectivité québécoise sera plus
heureuse suite à l'adoption des articles 16, 17, 18 et 19
excusez-moi, je laisse de côté les articles 18 et 19 ce
sont les articles 16 et 17.
M. Clair: En ce qui concerne l'article 16, il a pour but de
modifier les droits payables, en vertu de la Loi sur les licences, par les
gagnants sur les enjeux faits en vertu d'un système de pari mutuel lors
d'une course de chevaux. Auparavant, c'était 7% de la mise totale pour
un billet comportant le choix d'un seul cheval gagnant et 9% sur tout autre
billet gagnant.
Comme le député le remarquera, les droits sont moins
élevés dans les petites pistes où les mises sont moins
élevées que dans les plus grandes.
M. Scowen: Oui, je comprends. Mais c'est un tableau très
complexe qui va compliquer la vie de tout le monde. Qu'est-ce que cela va
donner exactement?
M. Clair: Le but est essentiellement de donner une chance aux
petites pistes. Il y aura toujours deux tarifs de 7% et de 9%, sauf que, selon
le niveau de gageure, il y aura un pourcentage différent.
M. Scowen: Oui. Mais pour une petite piste, qu'est-ce que cela
veut dire en termes concrets, en dollars par année ou quelque chose
comme ça? Pour moi, c'est un grand changement technique et
bureaucratique qui ne donnera presque rien, finalement, aux pistes. La formule,
en termes concrets, pour une piste plus petite, qu'est-ce qu'ils peuvent
prévoir comme bénéfices à la suite d'un tel
changement des pourcentages?
M. Clair: En ce qui concerne les petites pistes?
M. Scowen: Ou les personnes qui en
bénéficieront?
M. Clair: II y aura toujours deux taux, soit l'un de 7%,
lorsqu'il n'y a qu'un seul cheval, et de 9%, s'il y a... Il y avait un taux de
7% et un autre de 9%. Pour un cheval courant, le taux était de 7%; pour
un cheval gagnant, c'était 7%. Lorsqu'il y en aura plusieurs, le taux
demeure à 9%, sauf que cela pourra jouer selon le total des mises
globales. Cela pourra varier de 4,5% jusqu'à 7%, et dans l'autre cas, de
9% à 11,5%.
M. Scowen: Je comprends le changement. Je pose deux questions:
Oui, précisément, avez-vous l'intention de faire
bénéficier ou d'aider avec ce changement? Dans quelle mesure
seront-ils aidés? Comment? Est-ce que vous pouvez me donner un exemple
d'une piste de telle ou telle longueur? Notre impression, c'est qu'il n'y a
rien là-dedans sauf une complication de la façon de calculer.
Alors, qui voulez-vous aider précisément? Passez un message
à ces personnes ou à ces pistes pour leur expliquer, et à
moi à la fois, exactement ce qu'elles vont recevoir comme
bénéfices à cause de ces changements. C'est tout ce que je
veux savoir.
M. Clair: Voici, ce n'est pas plus compliqué pour ce qui
est de l'application des nouvelles mesures qu'autrefois. Pour une piste
donnée, il va y avoir deux taux applicables, comme c'était le cas
antérieurement. Donc, pour une piste donnée, ce n'est pas plus
compliqué. Le principal avantage, c'est que, pour ce qui est des
gagnants, des gens qui ont placé des gageures et qui gagnent, les
retenues du provincial sont inversement proportionnelles à celles du
fédéral. Pour les pistes où les gageures sont faibles, au
fédéral, le taux est plus élevé. Alors, le
résultat, c'est que nous, on marche dans le sens contraire; n'importe
où, que ce soit une piste où il y a de grosses gageures ou une
piste où les gageures sont moins élevées, le gagnant va
avoir un gain net qui va être égal. Le principal avantage pour les
gens qui font des gageures, c'est que le gain net va être le même
partout, sur toutes les pistes, à cause du fait que nos droits sont
contraires à ceux du fédéral.
M. Scowen: En effet, au fédéral, si l'enjeu devient
plus élevé, le pourcentage est à la baisse.
M. Clair: Est moins élevé, c'est ça. Alors,
nous, on fait juste le contraire.
M. Scowen: Et le raisonnement, c'est simplement d'être
à rencontre du fédéral?
M. Clair: Non, c'est que les gens qui font des mises, s'ils sont
gagnants, vont avoir un revenu net ou, si vous voulez, un gain qui va
être égal partout. Le pourcentage net qui va rester au gagnant va
être le même sur toutes les pistes. C'est un avantage.
M. Scowen: Comment pouvez-vous justifier une telle position?
Quelle raison y a-t-il de penser que pour une grande ce doit être pareil
que pour une petite?
M. Clair: Pour le gagnant?
M. Scowen: Oui, pour le gagnant, c'est ça.
M. Clair: Ce qui arrive avec ceci, c'est que le personne qui veut
faire des mises n'a plus à considérer le fait qu'elle va gagner
moins à une piste qu'à une autre piste. Le rapport va être
le même parce que le revenu net à gagner va être le
même, peu importent les pistes, à cause du fait que les droits
vont en sens contraire.
M. Scowen: Et la raison pour laquelle vous avez fait un tel
changement, c'était...
M. Clair: Cela va favoriser les petites pistes.
M. Scowen:... si vous voulez, d'aller équilibrer
l'échelle du fédéral.
M. Clair: Oui. C'est qu'en faisant ça, M. le
député, cela a pour effet de favoriser les gageures, les mises
dans les petites pistes, parce que les gens, en allant aux petites pistes
antérieurement, avaient un pourcentage net de gain inférieur
à celui des grandes pistes.
M. Scowen: Mais, à moins que je ne comprenne mal la
situation, le Québec n'a pas le choix d'aller à une grande piste
ou à une petite piste, ou il est à Montréal et il va
à Richelieu ou à Blue Bonnets, ou il est à
Trois-Rivières et il va à une petite piste. Ce n'est pas une
question, il peut choisir entre les deux.
M. Clair: Les gens font souvent placer des gageures par
d'autres.
M. Scowen: Et vous prévoyez que ça va encourager
les gens à rester à Trois-Rivières?
M. Clair: Je pense que ça va contribuer à
éviter l'élimination des petites pistes. Il va y avoir plus de
gageures faites dans des petites pistes.
M. Scowen: C'est fait pour favoriser l'assistance aux petites
pistes par rapport aux grandes pistes? C'est-à-dire de favoriser les
petites pistes et de défavoriser les grandes?
M. Clair: C'est de neutraliser l'effet; que ce soit la même
situation dans les petites pistes et les grandes pistes. En procédant
comme ça, c'est évident que, en mettant sur un pied
d'égalité les petites et les grandes pistes, le gageur pourra
aller, indifféremment, à l'une ou l'autre en étant
assuré d'avoir les mêmes revenus.
M. Scowen: Est-ce que vous prévoyez une augmentation du
revenu pour le gouvernement ou est-ce que ça va s'équilibrer?
M. Clair: Cela peut représenter environ $3 000 000 ou $4
000 000 par année.
M. Scowen: De plus? M. Clair: De plus.
M. Scowen: Mais l'objectif principal n'est pas d'aller chercher
les $3 000 000 ou $4 000 000, c'est de favoriser les petites pistes par rapport
aux grandes pistes...
M. Clair: C'est de donner une chance aux petites pistes; c'est de
neutraliser...
M. Scowen: ... à cause d'une décision du
fédéral qui...
M. Clair: Non, c'est déjà existant au
fédéral, il n'y a pas eu de changements au
fédéral.
M. Scowen: Mais l'échelle du fédéral avait
une tendance à favoriser les grandes pistes?
M. Clair: L'effet des lois n'est pas le même partout; en
procédant de cette façon on neutralise en quelque sorte l'effet
des droits sur l'industrie.
M. Scowen: Le ministre des Finances est d'opinion qu'avec un tel
changement on peut encourager vraiment un nombre important de personnes qui
voyagent de Trois-Rivières à Montréal, pour gager à
Blue Bonnets ou à Richelieu, à rester à
Trois-Rivières?
M. Clair: Probablement, c'est l'effet escompté. M.
Scowen: C'est l'objectif? M. Clair: C'est un des objectifs.
M. Scowen: C'est sur cette base, sur ce mouvement des gageure que
vous allez évaluer le succès du programme?
M. Clair: C'est un objectif, très certainement.
Le Président (M. Laberge): L'article 16 est-il
adopté?
M. Scowen: Adopté. M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 16, adopté.
J'appelle l'article 17.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 17, adopté.
Article 18. Y a-t-il des questions sur l'article 18?
M. Scowen: Non; adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 18, adopté.
Article 19?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 20?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 20, adopté.
Article 21 ?
M. Scowen: M. le Président, à l'article 21...
Le Président (M. Laberge): Oui, M. le député
de Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: ... vous avez le même problème qu'on a
soulevé avec la taxe d'accise sur le carburant, ce droit du ministre
d'établir le prix de vente en détail moyen,
pondéré, pour 200 cigarettes, à l'aide d'un
échantillonnage, etc.
J'imagine que la réponse à ce système qui, pour
nous... (20 h 45)
M. Clair: C'est le même système et c'est la
même raison.
M. Scowen: Pour nous autres, c'est malhabile et c'est à
cause de la question constitutionnelle. Vous êtes certain, il n'y a pas
de question...
M. Clair: C'est vide de tout trucage, M. le Président.
M. Scowen: ... c'est la seule façon d'établir un
système qui ne peut pas être contesté par quelqu'un?
M. Clair: C'est ça.
M. Scowen: Est-ce que c'est le système en vigueur
aujourd'hui dans le cas du tabac?
M. Clair: Dans quel sens, le système en vigueur
aujourd'hui?
M. Scowen: Dans le cas du tabac, c'est déjà un
pourcentage, si je comprends bien. C'était avant environ 25%?
M. Clair: Pour les cigarettes, c'était un prix unitaire
qui devient à pourcentage, ad valorem.
M. Scowen: C'était aussi un prix unitaire?
M. Clair: Oui. De la même façon que le carburant,
c'est exactement le même modèle qui est adopté.
Une Voix: ...
M. Clair: Mais non.
M. Scowen: Je veux répéter que, si vous tenez
compte du mode constitutionnel dans lequel on vit et si vous tenez compte du
système très lourd qu'on est obligé de mettre en place,
effectivement, les avantages dont le ministre a parlé en changeant le
système du prix unitaire par un pourcentage, ce n'est pas du tout une
amélioration. Cela ne donne rien. A moins que vous ne puissiez me donner
une preuve du contraire, il est encore obligé d'établir le prix.
Il avait le droit de le faire avant. Maintenant, c'est simplement qu'il peut le
faire par règlement plutôt que de demander l'avis de
l'Assemblée nationale pour augmenter les taxes.
M. Clair: Auparavant, M. le Président, on n'avait pas le
droit d'établir le prix. On avait le droit de changer le taux
unitaire.
M. Scowen: Oui.
M. Clair: Et non pas de fixer le prix.
M. Scowen: Oui. Mais quelle est la taxe unitaire aujourd'hui?
M. Clair: C'était $0.0108 par cigarette.
M. Scowen: $0.0108 par cigarette. Et, jusqu'à maintenant,
le ministre avait le droit de changer la taxe par une nouvelle loi. Il
était obligé de venir devant l'Assemblée nationale pour
changer le taux.
M. Clair: Ce n'était pas le ministre qui avait le pouvoir,
c'était l'Assemblée nationale qui avait le pouvoir d'adopter une
loi à cet effet-là.
M. Scowen: Maintenant, pour ce qui a été une
question de taxation, une question qui relevait d'un changement de taxation,
une question qui relevait de la compétence de l'Assemblée
nationale, le ministre, en développant ce système que j'appelle
lourd, a trouvé le moyen de changer le niveau des impôts par
réglementation plutôt que d'être obligé de retourner
à l'Assemblée nationale pour changer les taxes. C'est la seule
conséquence significative qui découle de cette décision,
si je comprends bien. C'est en effet cela.
M. Clair: M. le Président, en faisant de la taxe unitaire
sur la cigarette une taxe ad valorem, on
fait la même chose pour que la Loi concernant l'impôt sur la
vente en détail, on a un taux fixe qui, dans ce cas-ci, est de 40%. La
taxe de vente est de 8%. Si le prix de quelque denrée augmente, la taxe
de 8% rapporte en conséquence, c'est évident. Alors, dans le cas
de la cigarette, il en sera de même.
Pour autant, on ne dit pas, en vertu de la Loi concernant l'impôt
sur la vente en détail, que le ministre a le pouvoir de changer les taux
de taxe. Il n'a pas le pouvoir de changer les taux de taxe. La taxe varie en
fonction du prix de vente en détail de tel ou tel bien.
M. Scowen: Mais vous n'avez pas nié qu'en effet le seul
changement significatif de cette nouvelle position du ministre, c'est qu'il est
maintenant permis de changer l'impôt, la taxe sur le carburant et sur le
tabac par réglementation. Ce sont des taxes qu'il était
obligé de changer par législation, par la voie de
l'Assemblée nationale jusqu'à maintenant.
M. Clair: M. le Président, le niveau de la taxe de 40% est
fixe. Mais le prix qui va être déterminé le sera en
fonction des prix à la consommation.
M. Scowen: Je comprends le système, mais je parle du
résultat. La seule raison de le faire, c'est de lui permettre de changer
le taux effectif par réglementation plutôt que d'être
obligé de retourner à l'Assemblée nationale.
M. Clair: Non. Ce n'est pas la raison, M. le Président,
c'est de s'assurer que la taxe va être changée d'une taxe unitaire
en une taxe à pourcentage, ad valorem, et qui va suivre le coût,
le prix de vente en détail du tabac, des cigarettes, des cigares.
M. Scowen: Oui, mais il peut le faire... M. Clair: Comme
c'est le cas dans...
M. Scowen: II avait le droit de le faire n'importe quand par une
loi, si je comprends bien. Il avait toujours le droit de le faire par une loi.
Maintenant les taxes vont augmenter sans que l'Assemblée nationale ne
soit saisie de la question.
M. Clair: On peut le dire d'une autre façon. Le ministre
n'a pas le pouvoir de faire monter artificiellement le prix des cigarettes. Il
n'a pas ce pouvoir. Tout ce qu'il peut faire, en vertu de la méthode
déterminée dans la loi, c'est de constater que le prix de vente
en détail des cigarettes a augmenté et d'en fixer un: on
l'appelle le prix de vente en détail moyen pondéré pour
200 cigarettes.
M. Scowen: Laissez-moi poser la question d'une autre
façon. Jusqu'ici, le montant en cents ou en dollars que le citoyen
pouvait être obligé de payer sur le tabac ou les carburants
était fixé par l'Assemblée nationale. Dès
l'adoption de cette loi, le montant en cents ou en dollars que le citoyen sera
obligé de payer sur les carburants ou les tabacs sera fixé par
réglementation du ministre. Est-ce que c'est vrai? Est-ce que c'est vrai
ou non? Je pense que c'est vrai!
M. Clair: M. le Président, ce que le député
ne comprend pas, c'est qu'en changeant la taxe unitaire en taxe ad valorem,
tout ce qu'on fait c'est qu'on s'ajuste en quelque sorte à la Loi
concernant l'impôt sur la vente en détail, qui est de 8%, comme il
le sait. On ne dit pas pour autant que le ministre a le pouvoir de fixer le
prix de vente en détail de tel ou tel article. Le seul pouvoir du
ministre c'est de déterminer ce qu'est le prix de vente en détail
moyen et pondéré. Il n'a pas le pouvoir d'influencer les prix sur
le marché.
M. Scowen: Le résultat est ce que j'ai constaté, je
pense? Effectivement, oui.
M. Clair: Au lieu d'avoir une taxe unitaire, on va avoir une taxe
ad valorem, une taxe qui fixe un pourcentage sur le prix de vente en
détail, lequel prix de vente en détail est le prix de vente en
détail moyen, pondéré, tel qu'expliqué à
l'article 9.4.
M. Scowen: Sur division.
Le Président (M. Laberge): Article 21, adopté sur
division. J'appelle l'article 22.
M. Scowen: D'accord.
Le Président (M. Laberge): Article 22, adopté.
Article 23?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 23, adopté.
L'article 24, on nous dit qu'il est remplacé.
M. Clair: C'est essentiellement, M. le Président,
l'article 24, des modifications de référence, à cause du
renumérotage qu'on a fait à l'article 12.
Une Voix: Oui, c'est cela. M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Nouvel article 24,
adopté. Article 25?
M. Scowen: Adopté.
M. Clair: A l'article 25, M. le Président, il y a
également un amendement de la même façon que le
précédent, c'est de la concordance avec les articles
déjà amendés.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Nouvel article 25,
adopté. Article 26?
M. Clair: A l'article 26, M. le Président, on a un nouveau
texte à proposer. L'article 26 sera remplacé par le suivant:
"Sous réserve de l'article 21, dans la mesure où celui-ci
édicte l'article 9.1 de la Loi concernant l'impôt sur le tabac, et
des articles 24 et 25, la présente loi a effet depuis le 26 mars
1980."
M. Scowen: C'est quoi l'effet du changement?
M. Clair: C'est pour éviter de la taxation
rétroactive dans le cas de l'impôt sur le tabac.
M. Scowen: Adopté.
M. Clair: Après l'article 26, M. le Président, je
propose l'insertion d'un article 26.1 qui est un article de concordance. Cela
découle des amendements apportés à l'article 10.
Le Président (M. Laberge): Un instant! C'est moi qui ne
suis plus. Article 26, adopté. Article 26.1, adopté. J'appelle
l'article 27, qui est aussi un nouvel article.
M. Clair: Effectivement, M. le Président, là aussi,
ce sont des modifications de concordance. Essentiellement du
renumérotage.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Nouvel article 27,
adopté. Article 28?
M. Clair: Là aussi, c'est du renumérotage. Il n'y a
pas d'amendement.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): II n'y a pas d'amendement.
Article 28, adopté. Article 29? Adopté.
Une Voix: Est-ce que l'article 25 est adopté, M. le
Président?
Le Président (M. Laberge): Oui. Alors, les articles et les
amendements ayant été adoptés, je déclare donc que
le projet de loi no 103, Loi modifiant la Loi concernant la taxe sur les
carburants et modifiant d'autres dispositions législatives, a
été adopté avec amendements.
Est-ce que vous ajoutez que c'est sur division?
M. Scowen: S'il vous plaît, oui.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division.
Cela ne sera pas long, si vous me laissez 30 secondes...
Projet de loi no 102
J'appelle maintenant le projet de loi no 102, Loi modifiant la Loi sur
les impôts et certaines dispositions législatives. Dans ce projet
de loi, on nous suggère des modifications, mais pas
immédiatement, alors j'appelle l'article 1. L'article 1 nous donne
certaines définitions, je crois.
M. Clair: C'est un article comportant essentiellement des
définitions, M. le Président.
Le Président (M. Laberge): L'article 1 sera-t-il
adopté? Article 1, adopté. Article 2?
M. Scowen: II n'y a pas de problème là.
Le Président (M. Laberge): Article 2, adopté.
Article 3? On dit ici, au paragraphe 1 de l'article 3, que le projet de loi no
102 est modifié par le remplacement du paragraphe b) de l'article 21.5,
par le suivant... Vous en avez une copie. Est-ce que le remplacement du
paragraphe b) de l'article 21.5 sera adopté?
M. Scowen: L'amendement, oui.
Le Président (M. Laberge): L'amendement est adopté.
Je reviens à l'article 3 amendé.
M. Scowen: J'ai une question. Dans l'amendement, si vous voulez,
vous parlez, dans le sous-paragraphe ii, d'une corporation décrite dans
les paragraphes b) à f) de l'article 250.3. Alors, il y a tout ce
problème de numérotation avec les statuts refondus. Quant
à nous, à moins que vous n'ayez amendé l'annexe, vous ne
faites pas référence à l'article 250.3. Ce n'est pas un
article qui apparaît dans les statuts refondus 1978. A notre avis, cet
article doit être ajouté à la liste de concordance dans
l'annexe des articles sur lesquels on n'a pas répondu et des articles
renumérotés. Je pense qu'il n'y a pas d'article 250.3 dans les
lois. D'après les informations que j'ai, c'était le vieux 232c.
(21 heures)
M. Clair: M. le Président, il semble que la politique qui
a été retenue par le comité de législation, encore
une fois, en matière de renumérotation, ce serait que lorsqu'on
parle d'un article dans l'en-tête, si on veut, ou dans l'introduction de
l'article qui est amendé, la concordance est faite et apparaît en
annexe, alors que lorsque ça apparaît dans le corps d'un article,
la concordance n'est pas faite, mais sera faite plus tard en vertu de l'article
124, l'avant-dernier article du projet de loi lui-même. L'explication est
essentiellement technique.
M. Scowen: L'article 124? M. Clair: Oui.
M. Scowen: Oui, c'est exactement ça. C'est ça que
je vous dis, c'est que c'était censé être
renuméroté conformément à l'annexe de la
présente loi. Mais, dans l'annexe de la présente loi, on ne voit
pas cette concordance entre le vieil article 232c et le nouvel article
250.3.
M. Clair: II semble que le sens de l'article 124, c'est que
lorsqu'on parle de la présente loi, il s'agit du projet de loi no 102,
et que pour toutes les modifications comme telles à la Loi sur les
impôts qui sont apportées dans le corps d'un article, la
renumérotation n'est pas faite.
M. Scowen: Mais l'article 250.3 auquel vous faites
référence, c'était l'article 250.3 dans les lois refondues
de 1978?
M. Clair: J'ai l'impression que ça doit être dans la
loi sur la réforme comme telle qui nous permet d'agir par la suite.
M. Scowen: Est-ce que l'article 250.3 dont vous parlez, c'est
l'article 250.3 des lois refondues?
M. Clair: M. le Président, je ne sais pas si ma
réponse va satisfaire le député de
Notre-Dame-de-Grâce. Ce sont des explications essentiellement techniques,
très techniques, mais il semble bien que tout le monde est très
conscient de ça au comité de législation comme à la
refonte des lois; c'est volontairement que ça se passe comme on est en
train de le faire et on ne commet pas d'erreur technique en
légiférant de cette façon.
M. Scowen: Oui, mais à deux ou trois reprises dans ces
lois, les personnes qui ont passé à travers ce projet de loi,
pour moi, ont trouvé deux ou trois points, deux ou trois instances
où la concordance n'était pas faite. Il y en avait d'autres
où c'était fait. Je porte à votre attention une erreur. Je
vous demande de vérifier, maintenant que vous avez pas mal
d'experts.
M. Clair: Ce que j'essaie de vous expliquer, c'est qu'il
semble...
M. Scowen: Est-ce que l'article 250.3 est effectivement l'article
250.3 des lois refondues dont vous parlez? Est-ce que c'est vrai que
c'était le vieil article 232c?
M. Clair: Par la proclamation qui va être faite le 1er
juillet en ce qui concerne la refonte des lois, l'article 232c va effectivement
être l'article 250.3 et il va adopter rétroactivement la
numérotation qu'on trouve dans le texte que vous avez.
M. Scowen: Mais aujourd'hui? Je n'ai pas les lois que vous allez
adopter le 1er juillet. Je porte ce problème à votre attention;
c'est clair que... A moins que vous n'ayez quelque chose... A moins que ce ne
soit pas clair pour vous non plus... Voulez-vous étudier cette question
et...
M. Clair: On peut la regarder à nouveau, mais il me semble
bien que mes conseillers juridiques me donnent toutes les assurances que
ça fait partie d'une stratégie d'ensemble pour régler ce
problème de renumérotation.
M. Scowen: Je vais vous poser la question une dernière
fois. Est-ce que l'article 250.3, dont vous parlez, est effectivement l'article
250.3 qu'on trouve actuellement dans les lois refondues de 1978?
M. Clair: Non, on va l'utiliser à compter du 1er
juillet.
M. Scowen: A quelle loi faites-vous référence dans
ce cas-ci?
M. Clair: On va le trouver à compter du 1er juillet. Si on
ne faisait pas ça, la situation inverse ne serait pas plus
intéressante; au contraire, puisque la renumérotation ne se
ferait pas.
M. Scowen: A moins que je ne me trompe, on travaille
déjà sur les lois refondues de 1978, elles sont disponibles
depuis quelque temps. Une autre refonte? Il y en a une autre qui va venir?
M. Clair: Nous avons quatre projets de loi qui, actuellement, ne
sont pas encore refondus, c'est-à-dire pas des projets de loi, mais des
lois adoptées récemment et qui n'ont pas encore été
refondues depuis 1978.
M. Scowen: Entre parenthèses, il y a un autre point que je
veux soulever, parce que ça touche le même problème qui a
été soulevé. Est-ce que, dès le 1er juillet, ces
lois refondues de 1978 qui vont dater de 1978, si je comprends bien
seront disponibles dans les deux langues?
M. Clair: Je pense qu'il faudrait plutôt poser la question
en commission parlementaire de la justice, de qui relève la Commission
de refonte des lois. Je ne peux absolument pas me porter garant de ça,
je l'ignore. Nos codifications administratives, nous, seront disponibles assez
rapidement, semble-t-il.
M. Scowen: Mais la réponse, c'est que vous ne savez
pas.
M. Clair: A propos de la refonte, M. le Président, la
refonte ne relève pas de mon ministère et je ne peux pas donner
de réponse précise au député là-dessus; je
le réfère à un de mes collègues ou directement
à la commission.
M. Scowen: Mais on ne prévoit pas de commission
parlementaire de la justice d'ici la fin de la session. Est-ce que le ministre
accepterait de poser la question, demain, au ministre de la Justice et de me
donner une réponse? Parce que ça cause pas mal de
problèmes; il y a toute cette question qui relève maintenant de
la décision de la Cour suprême et la question de la version
anglaise.
Jusqu'ici, si je comprends bien, la refonte de 1978, qui est
déjà faite, n'est pas disponible, même aujourd'hui, en
anglais.
M. Clair: Je l'ignore, M. le Président. Mais une chose est
certaine, c'est que, pour le fonctionnement du ministère,
nous-mêmes sommes intéressés à ce que la refonte
soit faite le plus rapidement possible. On a déjà fait des
représentations à la commission, parce qu'on est dans un secteur
qui est particulièrement difficile, où il y a effectivement
beaucoup d'amendements. Je peux assurer le député que les
premiers intéressés à ce que ce travail soit
complété dans les meilleurs délais, ce sont bel et bien
les responsables du ministère du Revenu.
M. Scowen: Est-ce que le ministre peut s'engager, parce que je
n'aurai pas l'occasion de parler avec le ministre de la Justice et vous
représentez le gouvernement à me donner une réponse
à cette question avant la fin de la session, à savoir quand la
version anglaise des lois refondues sera prête?
M. Clair: Je vais essayer, M. le Président. Mon
sous-ministre me soulignait d'ailleurs qu'il semble qu'au niveau de la refonte,
la commission nous aurait donné des garanties que nous allons être
traités en priorité.
M. Scowen: La version française sera disponible pour le
1er juillet, c'est ça?
M. Clair: A l'automne.
M. Scowen: A l'automne? Je m'excuse, M. le Président, mais
je persiste dans ces questions parce que je pense que vous serez d'accord avec
moi que je n'ai pas de réponse très précise. Vous me dites
que la concordance, ici, n'est pas faite, que ce sera fait sur la base d'une
refonte qui sera disponible le 1er juillet. Mais, si je comprends bien, ce
n'est pas le 1er juillet, c'est à l'automne.
M. Clair: M. le Président, il semble que la commission
vise comme objectif de nous fournir cela pour le 1er juillet, mais je ne peux
pas donner de réponse, ici, de la part de la Commission de refonte des
lois. Ce n'est pas notre affaire, M. le Président. On donne des
réponses au député du mieux qu'on peut et le
député nous dit qu'on lui donne des réponses
imprécises. Ce que je pourrais facilement répondre, c'est que
dans la mesure où ça ne relève pas de notre
ministère on pourrait bien refuser complètement de lui fournir
des réponses. On fournit les meilleures réponses qu'on a
actuellement. Ce que je lui dis c'est que la meilleure garantie qu'il puisse
avoir que ça va être disponible le plus rapidement possible, c'est
que les premiers intéressés à ce que ça le soit
c'est nous.
M. Scowen: Oui, exactement, je pense que j'étais en train
de dire que c'est une question à laquelle le ministre sera même
plus intéressé que moi de recevoir une réponse.
Le Président (M. Laberge): Je souligne simplement que
c'est peut-être pertinent à notre inté- rêt mais pas
à la loi dont on discute. Cela s'est glissé en aparté
entre l'adoption de la modification au paragraphe b) et l'adoption de l'article
comme tel. Alors, le paragraphe b) a été adopté.
M. Clair: ... des informations au député, M. le
Président.
M. Scowen: Pour éviter que ça ne revienne plus
tard, parce que j'ai au moins un autre endroit où cette question va
revenir, vous avez fait, à l'article 124, et à l'annexe dont
l'article 124 parle, une espèce de concordance entre les articles
renumérotés refondus et les articles non refondus. Vous en avez
une liste d'une quinzaine, peut-être, je n'ai pas compté, mais
c'est à peu près quinze. Le point que j'ai soulevé c'est
que, d'après moi, sur cette liste vous devez avoir, dans la
première colonne, parmi les articles non refondus, l'article 232c et,
parmi les articles renumérotés, l'article 250.3. Le point que je
voulais soulever, c'est une omission que vous avez faite dans l'annexe. Est-ce
que c'est vrai, oui ou non?
M. Clair: M. le Président...
M. Scowen: Non, c'est au cas...
Le Président (M. Laberge): On pourra revenir
là-dessus.
M. Clair: Je vais fournir la même réponse, encore
une fois, au député de Notre-Dame-de-Grâce. Les directives
que nous avons eues de tous ceux que cette question intéresse au
ministère de la Justice, à la Commission de refonte des lois, au
comité de législation, c'est que les numéros d'articles
apparaissant dans le corps des articles eux-mêmes ne devaient pas
être inscrits à l'annexe.
M. Scowen: Pourquoi?
M. Clair: J'imagine que c'est pour permettre aux autres lois,
à la Loi sur la refonte des lois et des règlements, d'être
appliquées normalement.
M. Scowen: D'être appliquées normalement, mais je
m'excuse...
M. Clair: J'imagine, M. le Président, que dans la Loi sur
les refontes des lois et des règlements il doit y avoir une disposition
qui fait en sorte qu'on est autorisé à faire une chose comme
celle-là. L'article 124, d'ailleurs, fait référence
à cela.
M. Scowen: M. le Président, est-ce que je peux
suggérer que quant à nous il y a deux, peut-être trois de
ces omissions que vous accepteriez d'ajouter; comme cela la concordance pour la
loi serait faite au complet.
M. Clair: M. le Président, sur ce point-là, je ne
peux pas, malgré toute la bonne volonté du député
de Notre-Dame-de-Grâce, me fier à la recherche que quelqu'un a pu
faire avec lui à savoir que ce
qu'il proposerait serait exhaustif au niveau des numéros
d'articles. On risquerait de compliquer davantage la situation si on acceptait
sa proposition, plutôt que de la simplifier. S'il en oubliait un, deux,
trois ou quatre, je pense que ça risquerait de compliquer la situation
plutôt que de la simplifier.
M. Scowen: Je veux simplement souligner que je ne suis pas
satisfait de la réponse du ministre. (21 h 15)
Le Président (M. Laberge): Je vous avise que je suis en
train de faire une recherche qui répondra peut-être à votre
question de tout à l'heure.
M. Scowen: Merci.
Le Président (M. Laberge): Non, ça n'y
répondra pas. Je pensais que ce à quoi on faisait
référence dans l'annexe c'étaient les articles dont on
faisait la renumérotation, mais cela ne semble pas être le cas,
sauf certains articles.
M. Scowen: Je reste très insatisfait des
réponses.
Le Président (M. Laberge): On reste là-dessus. Le
premier amendement, paragraphe b) de l'article 21.5 est amendé, cela a
été adopté. Je reviens à l'article 3 qui comprend
les articles 21.4 à 21.16 de la loi concernée. Est-ce que cet
article 3 est adopté?
M. Scowen: Adopté sur division. M. Clair:
Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division.
Article 4, à la page 13 de notre projet de loi.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 4, adopté.
Article 5?
M. Scowen: M. le Président, je n'ai pas de question
jusqu'à l'article 13. Vous pouvez...
Le Président (M. Laberge): Rien de spécial. Article
5, adopté. Article 6, adopté. Article 7, adopté. Article
8, adopté. Article 9, adopté. Article 10, adopté. Article
11, adopté. Article 12, adopté. Article 13. M. le
député de Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: II y a deux questions, M. le Président. Le
titre de cette section, c'est corporations de la couronne. A moins que je
comprenne mal le sens de l'article 13, ça n'a rien à faire en
particulier avec les corporations de la couronne et je suggère que le
titre soit changé ou qu'une autre section soit créée. Je
sais que...
M. Clair: M. le Président, cela a effectivement trait aux
corporations de la couronne dans le sens suivant. La modification
proposée a pour but de réputer que toute corporation prescrite ou
toute corporation contrôlée par une telle corporation ne soit pas
une corporation privée. A cette fin, une corporation prescrite sera une
corporation mentionnée à l'annexe D de la Loi sur
l'administration financière, Statuts refondus du Canada, 1970, chapitre
F-10.
Or, une corporation prescrite, ça fait référence
à une corporation de la couronne, ça fait appel à des
règlements qui ont un impact sur des corporations de la couronne.
M. Scowen: Excusez-moi, le mot prescrite... M. Clair:
Prescrite...
M. Scowen: ... donne un sens que je ne comprends pas, c'est que
vous avez le droit d'écrire des réglementations
vous-même.
M. Clair: "Prescrite" fait référence à
prescrit par règlement.
M. Scowen: Oui, je comprends. Ce sera ma deuxième
question.
M. Clair: Ce n'est pas prescrit par le ministre, mais par
règlement du gouvernement.
M. Scowen: Mais vous avez le droit d'écrire des
réglementations pour définir les corporations privées.
M. Clair: Ce n'est pas le ministre qui a ce pouvoir. C'est le
gouvernement.
M. Scowen: Excusez-moi, le gouvernement a le droit, par
arrêté en conseil, d'écrire des réglementations pour
définir une corporation privée, si je comprends bien.
Ma deuxième question porte sur ce droit de réglementation.
Mais ma première question porte simplement sur le titre. Quant à
moi, je pense que l'article 13 n'a rien à faire avec les corporations de
la couronne. Une entreprise, à titre de mandataire de Sa Majesté
ou du gouvernement... Ce n'est pas cela.
M. Clair: Le mandataire de Sa Majesté, c'est une
corporation de la couronne. L'annexe D, je ne l'ai pas entre les mains, mais il
semble que cela fasse effectivement référence exclusivement
à des corporations de la couronne, des agents de la couronne.
M. Scowen: C'est quoi la définition d'une corporation de
la couronne? Toute corporation fédérale? C'est une corporation
avec une charte fédérale? Ou une charte provinciale?
M. Clair: Dans l'annexe D en question, je peux en faire
l'énumération au député, il y a Air Canada,
Eldorado, Via Rail, Saint Lawrence Seaway, Téléglobe Inc.,
Petro-Canada, Polysar Corporation. Ce sont toutes des corporations de la
couronne fédérale.
M. Scowen: Et en effet l'article 13 ne fait
référence qu'aux corporations qu'on appelle normalement les
sociétés d'Etat.
M. Clair: C'est cela. M. Scowen: C'est vrai? M. Clair:
Oui.
M. Scowen: L'article 13, dans cette loi, ne s'applique pas qu'aux
sociétés d'Etat?
M. Clair: A celles qui sont prévues à l'annexe D en
question.
M. Scowen: Et ce sont effectivement des sociétés
d'Etat?
M. Clair: Oui, effectivement. Exclusivement à des
sociétés d'Etat.
M. Scowen: Cela ne s'applique qu'aux sociétés
d'Etat?
M. Clair: C'est cela.
M. Scowen: Ah bon!
Ma deuxième question porte sur la corporation prescrite.
Pouvez-vous m'expliquer de nouveau ce que cela veut dire, parce que, quant
à moi, une corporation prescrite, cela peut être n'importe quelle
compagnie définie par règlement du gouvernement.
M. Clair: Une corporation prescrite sera une corporation
prescrite par règlement et celle-ci sera une corporation
mentionnée à l'annexe D de la Loi sur l'administration
financière du gouvernement fédéral. C'est là qu'on
fait référence à l'annexe D en question, qui comporte
uniquement les compagnies de la couronne.
M. Scowen: Mais la référence à l'annexe D
n'apparaît pas dans la loi.
M. Clair: Elle n'apparaît pas dans la loi, mais je vous dis
que prescrite... Je vous dis ce qu'est le sens de prescrite. Je vous donne le
contenu du règlement avant même que vous l'ayez.
M. Scowen: Si je comprends bien, si vous avez dans une loi le mot
"prescrite", cela veut dire que le gouvernement peut, par arrêté
en conseil, ajouter n'importe quelle compagnie. Ce n'est pas
nécessairement réservé à une liste des compagnies
de la couronne. Le gouvernement peut, par...
M. Clair: Sauf que moi, je vous dis ce qu'est l'intention. C'est
de se rattacher à l'annexe D de la Loi sur l'administration
financière fédérale. Là-dessus, on se colle
exclusivement aux dispositions fédérales. Ce qu'on évite
par cela, c'est que les corporations de la couronne fédérales
soient trai- tées comme des corporations privées. Ce que je vous
dis, c'est qu'on les nomme en faisant référence à l'annexe
D.
M. Scowen: Mais à cause du fait que cette section est
intitulée Corporations de la couronne et que la corporation de la
couronne est plus ou moins définie dans le premier alinéa, les
réglementations permises ne peuvent toucher que les corporations de la
couronne. C'est vrai?
M. Clair: De l'annexe D. M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 13 modifiant l'article
192 de la Loi sur les impôts adopté. Article 14?
M. Scowen: Vous pouvez aller à l'article 44, quant
à moi.
Le Président (M. Laberge): Jusqu'à 44, un instant.
On va aller à 29 au moins...
M. Clair: On aura des amendements, M. le Président,
avant.
Le Président (M. Laberge): ... c'est-à-dire
seulement. On va y aller par ordre. Article 14, adopté. Article 15,
adopté. Article 16, adopté. Article 17, adopté. Article
18, adopté. Article 19, adopté. Article 20, adopté.
Article 21, adopté. Article 22, adopté. Article 23,
adopté. Article 24, adopté. Article 25, adopté. Article
26, adopté. Article 27, adopté. Article 28, adopté.
Article 29, remplacé par un papillon.
M. Clair: M. le Président, d'une part, il s'agit de
modifications techniques et, d'autre part, il s'agit de l'addition,
après le paragraphe a), d'un paragraphe b) qui lui-même
amène l'addition, après le paragraphe h), d'un paragraphe i): "un
paiement que le particulier reçoit dans l'année à la suite
d'une ordonnance ou d'un jugement d'un tribunal compétent, etc."
Le Président (M. Laberge): Article 29, nouvelle
rédaction, adopté?
Une Voix: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Ce ne sera pas
long, je vous suis. Article 30, adopté. Article 31, adopté.
Article 32, adopté. Article 33, adopté. Article 34,
adopté. Article 35, adopté. Article 36, adopté. Article
37, adopté. Article 38, adopté. Article 39, adopté.
Article 40, adopté. Article 41, adopté. Article 42,
adopté. Article 43, adopté. Article 44, adopté.
M. Scowen: Article 44.
Le Président (M. Laberge): Pardon. Nous arrivons à
l'article 44.
M. Scowen: Oui.
Le Président (M. Laberge): Le disque était
accroché.
M. Scowen: A l'article 44, c'est simplement une question de
rédaction. Il semble qu'à ce moment vous avez
décidé de ne pas suivre, etc. Je pense que vous connaissez le
sens. Pourquoi ne pas mettre l'article 415.1 et l'article 415.2 ensemble? Vous
avez enlevé une partie de la loi fédérale, l'article 66.2
et vous avez enlevé une autre section. Quant à nous, cela aurait
été plus clair et plus conforme à l'article de la loi
fédérale si vous... Vous faites allusion, à l'article
415.2, au premier paragraphe de l'article 415.1 et vous avez ajouté
l'article 415.2, comme on l'a fait dans la loi fédérale. Ce n'est
pas un point énorme, mais je pense qu'il faut le soulever, parce que
c'est une des rares fois où vous avez décidé de ne pas
suivre l'organisation des lois fédérales. (21 h 30)
M. Clair: Les deux principes qui ont guidé les
légistes dans la réécriture de cet article, c'est
qu'auparavant on fonctionnait beaucoup avec le mutatis mutandis. Alors,
plutôt que de fonctionner avec ce mutatis mutandis et des
références, on a réécrit le texte, d'une part.
D'autre part, on essaie, au point de vue de la technique législative,
d'avoir plus d'articles plutôt que d'avoir un grand nombre de paragraphes
qui vont jusqu'à z) et zz). Il semble que ce soient les deux principes
qui aient prévalu dans l'écriture de ces articles.
M. Scowen: Un autre principe, pour ceux qui sont obligés
de gagner leur vie avec ces lois très complexes, c'est à moins
que vous n'ayiez de bonnes raisons, pourquoi ne pas suivre la façon du
fédérai, si vous voulez faire surtout des concordances avec le
fédéral? Pourquoi, soudainement, développer une
imagination québécoise dans le cas d'une corcordance avec le
fédéral?
M. Clair: M. le Président, mes fonctionnaires me
fournissent une réponse péremptoire, semble-t-il. Tous les
fiscalistes s'entendent pour dire que les lois fiscales du Québec sont
mieux rédigées que celles du gouvernement fédéral,
d'une part. D'autre part, dans la mesure où le système est
déjà introduit dans nos lois fiscales et que, justement, ce
système fait l'affaire de tous ceux qui travaillent avec, on ne peut pas
modifier, non plus changer constamment de mode de rédaction des articles
et de références. Ceci compliquerait davantage la situation qu'il
ne la faciliterait. Je peux vous dire, effectivement, qu'il semble, au niveau
de la rédaction de nos lois fiscales, qu'on n'ait pas à envier la
façon de procéder du gouvernement fédéral sur ce
point. Ce n'est pas le ministre du Revenu seulement qui vous le dit; ce sont
les gens qui sont habitués dans le milieu. Ils disent que nos lois
fiscales sont effectivement mieux rédigées et que cette
méthode est préférable.
M. Scowen: Oui. M. le ministre, je ne veux pas commencer à
élaborer sur la question de la qualité de la rédaction, je
suis persuadé que c'est très bon. Je vous parle, à vous.
Je ne veux pas parler aux autres. Il y a quelque chose ici. Normalement,
jusqu'ici, dans chacun des articles de concordance, vous avez suivi la
rédaction du fédéral. Tout à coup, on se retrouve
dans les articles 415.1 et 415.2 avec une divergence. Je vous demande pourquoi
dans ce cas-ci. Vous répondez en disant que nos lois sont mieux
rédigées que celles du fédéral. Je soumet
respectueusement que ce n'est pas une réponse à ma question.
M. Clair: Ce que je peux ajouter, c'est que le
député de Notre-Dame-de-Grâce fait erreur, puisqu'on
retient la substance quand il y a lieu de la retenir, mais, au niveau de la
forme, on écrit en français et on écrit de la façon
dont nos lois fiscales sont écrites, ici au Québec. On les ajuste
à la méthode de rédaction des lois fiscales du
Québec.
M. Scowen: M. le Président, au fédéral, on
écrit en français et en anglais. Ici, au Québec, on les
écrit aussi en français et en anglais. Effectivement.
M. Clair: Alors, à Ottawa, les lois sont écrites en
anglais et traduites en français. Elles ne sont pas écrites dans
les deux langues.
Le Président (M. Laberge): L'article 44 sera-t-il
adopté? Adopté sur division. Article 45, page 31,
adopté?
M. Scowen: Oui, je n'ai rien sur cet article.
Le Président (M. Laberge): Article 45, ça va?
Adopté.
M. Scowen: Je n'ai rien, M. le Président, jusqu'à
l'article 53, mais vous avez des amendements à 54.
Le Président (M. Laberge): Oui, j'ai des amendements. On
va procéder dans l'ordre. Article 45? Adopté. Article 46?
Adopté. Article 47? Adopté. Article 48? Une nouvelle
rédaction.
M. Clair: Aux articles 48 et 49, M. le Président, il y a
des amendements. Les articles sont renversés avec les modifications de
concordance. Il n'y a même pas de modifications de concordance. C'est
seulement la numérotation qui change.
Le Président (M. Laberge): L'article 48. Nouvel article 48
rédigé sur les papillons, adopté?
M. Scowen: Oui.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Nouvel article
49 adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 50? Cela va?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 50 adopté.
Article 51 ?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 52?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 53?
M. Scowen: Dans la paragraphe 550.4, vous dites: "Aux fins des
articles 21.12 à 21.15, lorsque, suite à une fusion faite
après le 16 novembre 1978", ainsi de suite...
M. Clair: Quel article?
M. Scowen: 550.4. Vous parlez des fusions faites après le
16 novembre 1978, ainsi de suite et vous dites que "le présent article a
effet depuis le 6 décembre 1979." Il y a une période d'à
peu près 13 mois qui, pour nous, n'est pas tout à fait claire.
Est-ce que cet article est applicable ou non? Peut-être que vous pouvez
nous donner des explications. Est-ce que la partie de cette loi est applicable
à une fusion qui aurait été faite, par exemple, au mois de
mai 1979? Oui ou non?
M. Clair: Le 6 décembre 1979, est-ce que le
député sait que c'est la date où la loi
fédérale a été sanctionnée? Voilà le
premier renseignement que je voulais lui donner.
M. Scowen: Je parle de la loi du Québec. M. Clair:
Oui.
M. Scowen: C'est une loi du Québec où vous dites
que cet article a effet depuis le 6 décembre 1979.
M. Clair: Dans la mesure où on veut se rattacher aux lois
fédérales...
M. Scowen: S'il y a eu une fusion au mois de mai 1979, soit
après le 16 novembre 1978, quant à nous, ce n'est pas clair, ce
n'est pas transparent. Laquelle des deux dates a la priorité?
M. Clair: M. le Président, si la fusion a
été effectuée entre le 16 novembre 1978 et le 6
décembre 1979, la nouvelle corporation, en quelque sorte, est couverte,
mais seulement pour des revenus obtenus après le 6 décembre 1979.
Alors, si la fusion a eu lieu entre le 16 novembre 1978 et le 6 décembre
1979, le sujet, si on veut, la fusion comme telle, on en tient compte. Mais
pour l'imposition comme telle, elle a effet seulement si ça fait
référence à des revenus obtenus après le 6
décembre 1979.
M. Scowen: Si la fusion a été faite avant le 16
novembre 1978, l'article n'a aucun effet. Si elle a eu lieu après le 16
novembre 1978, c'est effectif pour les revenus obtenus après le 6
décembre 1979.
M. Clair: C'est cela.
M. Scowen: Attendez juste un moment, je vais lire. Juste un
moment, s'il vous plaît.
Le Président (M. Laberge): M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: II y a une autre question que je veux soulever. La loi
fédérale avec laquelle vous faites la concordance porte une date,
qui correspond au 16 novembre 1978, si je comprends bien, en 1974. Est-ce vrai?
En fait, c'est quoi, la signification du 16 novembre 1978? Je pense que la
concordance, c'est avec 87.
M. Clair: C'est la date de la déclaration
ministérielle du ministre des Finances ou du discours sur le budget de
novembre 1978.
M. Scowen: Ah bon.
M. Clair: Et il y a un changement de gouvernement entre les
deux.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 53 adopté.
Article 54?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 55?
L'article 55 est-il adopté?
M. Scowen: 55? Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 55 adopté.
Article 56?
M. Scowen: Dans l'article 56 qui touche aux liquidations, vous
avez ajouté un élément qui n'apparaît pas dans la
loi fédérale, c'est "autrement que par suite d'une fusion", c'est
à la 7e ou la 6e ligne, je pense. C'est un élément qui
n'apparaît pas dans la loi fédérale. (21 h 45)
M. Clair: M. le Président, ce que je peux dire au
député de Notre-Dame-de-Grâce, c'est que les mots
"autrement que par suite d'une fusion" apparaissaient déjà dans
l'ancien article 437 et l'amendement ne porte donc pas sur ça, mais sur
d'autres éléments.
M. Scowen: Excusez-moi, je n'ai pas compris.
M. Clair: Les mots "autrement que par suite d'une fusion"...
M. Scowen: Oui.
M. Clair: Le député affirme que cette
partie-là de la phrase n'est pas incluse dans la loi
fédérale.
M. Scowen: Dans l'article 88.1c. M. Clair: De la loi
fédérale. M. Scowen: Oui.
M. Clair: II a raison, sauf que ces mots-là apparaissaient
déjà dans le texte de l'article 437, de l'article 559, si vous
voulez.
M. Scowen: Article 437 de quoi?
M. Clair: Article 437 de la Loi sur les impôts. Cela
apparaissait déjà.
M. Scowen: Dans la loi.
M. Clair: C'est plutôt l'ancien article 559.
M. Scowen: Du fédéral?
M. Clair: Non, du Québec. C'était
déjà dans la loi. L'amendement qu'on apporte actuellement
à l'article 559, si on veut, ça ne porte pas sur ces mots
"autrement que par suite d'une fusion", lesquels apparaissaient
déjà dans la loi québécoise.
M. Scowen: Oui et je vous pose la question. M. Clair:
Pourquoi ils apparaissent? M. Scowen: Oui.
M. Clair: On va tenter de vous trouver une réponse.
M. Scowen: Parce qu'en effet on essaie de faire la concordance
avec les lois fédérales. Si je comprends bien, vous avez toujours
dit que c'était le cas.
M. Clair: Alors, il semble que ça pourrait être
relié au fait que l'effet d'une fusion en vertu de la Loi sur les
corporations n'est pas le même en vertu des lois fédérales
et des lois du Québec, de sorte que cette disposition aurait
été insérée pour tenir compte du
phénomène des fusions sous les lois québécoises en
particulier et que ce ne soit pas nécessaire de le faire au niveau du
gouvernement fédéral.
M. Scowen: Est-ce que je peux demander au ministre de
m'écrire un mot là-dessus pour expliquer un peu davantage? Parce
que c'est une question qui a été soulevée par deux ou
trois personnes et je veux avoir une réponse un peu plus
élaborée que ça. J'accepte le fait qu'il n'est
peut-être pas en mesure de me donner le fondement de cette distinction.
On peut continuer les travaux. Si vous pouvez simplement accepter de
m'écrire un mot donnant l'explication.
M. Clair: Nous allons vous fournir une réponse par
écrit dans les meilleurs délais.
Le Président (M. Laberge): Alors, article 56,
adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 57?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 58?
M. Scowen: Jusqu'à l'article 68.
Le Président (M. Laberge): Article 58 adopté.
Article 59? Adopté. Article 60? Adopté. Article 61?
Adopté. Article 62? Adopté. Article 63? Adopté. Article
64? Adopté. Article 65? Adopté. Article 66? Adopté. Vous
m'avez dit 67? Article 67 adopté. Article 68? M. le député
de Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: II y a deux questions; la première, je ne sais
pas si c'est très important, mais, si vous prenez 5% de 21 %, vous
arrivez à 11,9%. C'est très bien pour les contribuables, mais
c'est mauvais pour la caisse. J'imagine que vous êtes au courant de cet
écart?
M. Clair: II est vrai que ce serait plus avantageux.
M. Scowen: En effet, ce n'est pas 12%, c'est 11,9%.
M. Clair: Parce qu'on aurait dû prendre un vingt et
unième et, en prenant 5%, il est évident que c'est un peu plus
avantageux.
M. Scowen: Vous devez, au moins, l'annoncer et en accepter le
crédit.
M. Clair: Je vais laisser le député, pour une fois,
faire l'annonce lui-même. Cela va lui faire plaisir. Les bonnes
nouvelles, c'est rare qu'il les reconnaît!
M. Scowen: Le deuxième aspect: comme vous le savez, on a
passé à travers deux ou trois budgets récemment au
fédéral, mais il y a cette question des compagnies qu'on appelle,
je pense, maintenant je ne sais pas l'expression en français
"non qualifying companies". Il y a, en effet, trois taux au
fédéral. Je pense que c'est un cas... C'est quoi "non
qualifiant"?
M. Clair: Non admissible.
M. Scowen: Un cas non admissible. On est justifié de
demander pourquoi vous n'avez pas accepté de reconnaître
l'existence de cette espèce de société, de corporation
dans cette loi parce que c'est quelque chose qui est accepté chez nos
confrères.
M. Clair: M. le Président, on a retenu simplement celles
qui sont considérées comme des
petites entreprises au niveau fédéral et on a
appliqué l'autre taux pour l'ensemble des autres, considérant que
nous voulions réserver cela uniquement aux petites entreprises en
référence avec les dispositions fédérales et cela
avait déjà été annoncé au niveau du discours
sur le budget.
M. Scowen: Oui, je comprends, mais la question que je pose, c'est
pourquoi? C'est une catégorie qui est reconnue...
M. Clair: C'est une décision gouvernementale, M. le
Président. Le gouvernement a décidé de s'aligner de cette
façon. Je ne sais pas si mon collègue, le député de
Notre-Dame-de-Grâce, veut creuser beaucoup ce sujet? Je lui dirai
simplement que pour ma part j'ai beaucoup plus à vous expliquer la
mécanique de la loi que de savoir pour quelle raison le ministre des
Finances a préféré y aller sur cette base.
M. Scowen: Mais, quand vous avez décidé de
maintenir des droits successoraux et d'aller à l'encontre d'une
politique établie par toutes les autres provinces du Canada, vous aviez
au moins une argumentation; c'est une autre différence, peut-être
pas aussi importante, mais significative. Alors, je pense que j'ai au moins
droit de poser la question: Quelle est l'argumentation? Comme vous le savez,
avant, c'était reconnu comme une petite entreprise et ils ont
trouvé que ce n'était peut-être pas justifiable de la
garder comme petite entreprise; il y avait certaines caractéristiques
d'une petite entreprise, mais il y avait d'autres aspects qui étaient...
On peut poser des questions là-dessus. C'est une petite entreprise dont
on parle, mais c'est une petite entreprise un peu différente d'une
petite entreprise normale. Quant à moi, vous ne pouvez pas justifier
l'absence de cette catégorie en disant que vous voulez avantager les
petites entreprises; les entreprises dont je parle sont, presque par
définition, des petites ou des moyennes entreprises. C'est dans ce
cadre. Si vous ne voulez pas avoir trois catégories, il me semble que
vous devez changer la définition de nouveau pour permettre à ces
compagnies de bénéficier du taux de 12% ou de 11,93% si vous
préférez; ce sont des petites entreprises.
M. Clair: M. le Président, où le
député voit-il la possibilité d'inclure, entre 12% et 13%,
un taux différent pour les entreprises qu'il veut viser? Ce serait
12,5%, sa suggestion?
M. Scowen: Oui.
M. Clair: Alors, le choix du gouvernement a été de
garder 12% pour les petites entreprises qui se qualifient à la loi
fédérale. Point.
M. Scowen: Oui, ça, je le sais, mais je demandais
pourquoi. Je sais que vous avez pris cette décision; c'est pourquoi je
pose cette question: Pourquoi?
M. Clair: Les entreprises non admissibles du
fédéral ne sont pas toutes nécessairement des petites
entreprises; vous avez, dans ça, des entreprises qui ont
d'énormes revenus, qui sont assez grosses, parce que ce sont des
professionnels. Or, du point de vue du gouvernement, ce ne sont pas des petites
entreprises; c'est ça, le principe.
M. Scowen: Mais, souvent, ce sont des petites entreprises.
M. Clair: Elles peuvent l'être, mais, dans le moment, nous
avons réservé notre déduction aux petites entreprises
suivant l'article 125 du fédéral.
M. Scowen: Je pense que j'ai épuisé le nombre de
fois où je peux poser la même question, M. le Président.
Adopté sur division.
Le Président (M. Laberge): L'article 68 adopté sur
division. Article 69? L'article 69 est adopté?
M. Scowen: Oui.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 70?
M. Scowen: Quant à moi, vous pouvez aller jusqu'à
91.
Le Président (M. Laberge): Allons-y. Article 69
adopté. Article 70 adopté. Article 71 ?
M. Scowen: Article 91, je m'excuse là...
Le Président (M. Laberge): C'est ce que vous aviez dit,
article 91. Alors, je roule jusque-là.
Article 71 adopté. Article 72 adopté. Article 73
adopté. Article 74 adopté. Article 75 adopté. Article
76adopté. On pourrait aussi bien dire: Les articles 77 à 91
exclusivement sont adoptés. J'appelle l'article 91.
M. Scowen: C'est la même question que j'ai posée
dans un autre cas. J'imagine que la réponse est que nous avons la
meilleure rédaction au Canada. Il nous semble que l'article 146.3 du
fédéral, si vous voulez être fidèle à cela,
ça doit devenir 961.17.2 et être intégré à
cet article qui est dans le 93. C'est plutôt dans le 93 que ça
doit apparaître. (22 heures)
M. Clair: 961.8?
M. Scowen: Oui. C'est quelque chose qui doit suivre 961.17.1 dans
l'article 93, quant à nous. Peut-être pouvez-vous adopter au moins
une de mes recommandations ce soir. Vous avez au moins une surprise pour M.
Parizeau.
M. Clair: M. le Président, c'est essentiellement pour les
raisons que j'évoquais tantôt. C'est pour des raisons de
méthode de rédaction des lois québécoises qu'on a
mis cet article-là à l'endroit où il apparaît.
Le Président (M. Laberge): Je suis en train de vous
rejoindre, ce ne sera pas long. Article 91, donc, adopté.
M. Scowen: Sur division.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division.
Article 92?
M. Scowen: L'article 92, c'est une reprise d'une autre question
que j'ai soulevée. Dans votre annexe, vous avez fait une concordance
pour 961.16, mais vous ne l'avez pas faite pour 961.12. Pourquoi?
M. Clair: Je pense que 961.16 est dans le préambule et que
961.12 est dans le corps de l'article. Même situation que
tantôt.
M. Scowen: Si vous aviez accepté d'ajouter ces deux, la
loi au complet aurait été cohérente dans ce sens.
M. Clair: Sur ce, M. le Président, malgré toute la
bonne volonté et la bonne foi de mon collègue, je
répète ce que j'ai dit tantôt. Ce n'est pas parce qu'il y a
des gens qui ont fait des recherches pour lui qu'ils ont nécessairement
vu toutes les possibilités de concordance là-dedans.
M. Scowen: Mais expliquez-moi les autres possibilités.
M. Clair: M. le Président, je ne lirai pas tous les
numéros des articles pour faire plaisir au député de
Notre-Dame-de-Grâce.
Le Président (M. Laberge): L'article 92 sera-t-il
adopté?
M. Scowen: Sur division.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division.
M. Clair: A l'article 93, M. le Président, il y a un
amendement.
Le Président (M. Laberge): Article 93, oui, il a
été porté à ma connaissance.
L'article 93 du projet de loi est modifié par l'addition, dans
l'article 961.17, de l'alinéa suivant. Je me demande si c'est à
la fin de l'article 961.17.
M. Clair: Oui.
Le Président (M. Laberge): Plutôt que dans
l'article, à la fin de?
M. Clair: A la fin de, mais faisant partie de ce qui va
être l'article 961.17.
Le Président (M. Laberge): Oui c'est cela. Parce que,
autrement, on ne saurait pas si on doit l'insérer à
l'intérieur. Alors, l'amendement ajoutant un alinéa à
l'article 961.17 sera-t-il adopté?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. Article 961.17,
on devra l'adopter parce qu'il a un amendement. Alors, sera-t-il
adopté?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté avec amendement.
Et maintenant l'article 93 sera-t-il adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté avec amendement.
On peut passer à l'article 94.
M. Scowen: Jusqu'à l'article 100, M. le Président,
adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 94 adopté.
Article 95 adopté. Article 96 adopté. Article 97 adopté.
Article 98 adopté. Article 99 adopté. J'appelle l'article
100.
M. Clair: M. le Président, peut-être que cela
répondra au député de Notre-Dame-de-Grâce. La
modification proposée ajoute un quatrième alinéa à
l'article 985 de la loi pour préciser que l'exonération
d'impôt ne s'applique pas à une corporation prescrite ni à
une corporation qu'elle contrôle.
M. Scowen: Vous avez un amendement à l'article 100?
M. Clair: Non, non, j'explique. M. Scowen: Oui,
d'accord.
M. Clair: Je reprends. La modification proposée ajoute un
quatrième alinéa à l'article 985 de la loi pour
préciser que l'exonération d'impôt ne s'applique pas
à une corporation prescrite ni à une corporation qu'elle
contrôle. A cette fin, une corporation prescrite sera une corporation
mentionnée à l'annexe D de la Loi sur l'administration
financière dont on parlait tantôt.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 100 adopté.
Article 101?
M. Scowen: Adopté jusqu'à l'article 110.
Le Président (M. Laberge): Article 101 adopté.
Article 102 adopté. Article 103 adopté. Articles 104 à 109
inclusivement adoptés. J'appelle l'article 110.
M. Scowen: Je pense que vous avez un amendement?
Le Président (M. Laberge): Oui, j'ai un amendement.
M. Scowen: J'aimerais que vous l'expliquiez.
Le Président (M. Laberge): A l'article 110, on dit:
"L'article 110 de ce projet de loi est remplacé par le suivant: 110.1.
L'article 1138..." Cela ne change pas du tout. Cela va. Est-ce que vous avez
des explications à donner, M. le ministre?
M. Clair: M. le Président, mon conseiller va expliquer au
député de Notre-Dame-de-Grâce en quoi consiste le papillon
et, ensuite, l'amendement comme tel.
L'amendement qui est déposé en deuxième lecture
reprend l'article 110 qui existe dans le projet de loi 102. La première
partie de l'amendement qu'on retrouve au nouvel article 110, qui est la motion
4 de l'amendement en deuxième lecture, la partie A est exactement ce que
vous retrouvez dans le projet de loi 110 à l'heure actuelle.
Le but de cet amendement est de permettre à une corporation qui
est taxée au niveau de son capital versé de déduire la
valeur du placement qu'elle a dans des actions d'une autre corporation. La
raison pour cela est que ces placements sont déjà imposés
dans la deuxième corporation. C'est pour éviter la double
taxation.
M. Scowen: C'est dans la deuxième partie.
M. Clair: C'est la deuxième partie de l'amendement. C'est
une recommandation faite par divers groupes. C'est pour remplacer la
référence à "les montants à recevoir par une
filiale d'une corporation mère" par les mots "de sa corporation
mère". C'est simplement cela.
M. Scowen: C'est ce que je ne comprends pas.
M. Clair: Dans le projet de loi 42, le projet de loi où se
trouve cet article 1138, on parlait des montants à recevoir par une
filiale d'une corporation mère; il y a eu une certaine équivoque
dans le milieu pour savoir de quelle corporation mère il s'agissait.
L'amendement, c'est simplement pour préciser que c'est évidemment
la corporation mère de la filiale.
M. Scowen: Une corporation mère, sa corporation
mère.
M. Clair: Exactement.
Le Président (M. Laberge): Le nouvel article 110 sera-t-il
adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 110 adopté.
Article 111 ?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 111 adopté.
Article 112?
M. Clair: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 112 adopté.
Article 113?
M. Scowen: A l'article 113, 1140b, la réserve
générale, est-ce la réserve acquise par la Banque du
Canada? En effet.
M. Clair: Par réserve générale, on entend ce
qu'il est convenu dans le métier d'appeler "the rest account"; ce ne
sont pas les montants de réserve première et secondaire qui sont
déposés auprès de la Banque du Canada, parce que cela
constitue un élément d'actif puisque c'est de l'argent en caisse
que la banque à charte est obligée de déposer
auprès de la Banque du Canada. Réserve générale,
c'est beaucoup plus un compte de réserve qui existe dans les surplus
d'une banque à charte. C'est un montant qu'elle vire des
bénéfices non répartis à un compte qui s'appelle
compte de réserve générale pour pallier certaines
éventualités.
M. Scowen: C'est la réserve requise par la Banque du
Canada? Ce n'est que cela?
M. Clair: C'est une réserve qui est requise en vertu des
différentes annexes de la Loi sur les banques, mais ce ne sont pas les
dépôts des banques à charte auprès de la Banque du
Canada. C'est la distinction qu'on doit faire.
M. Scowen: C'est la réserve requise par...
M. Clair: C'est requis par la Loi sur les banques, oui.
M. Scowen: La Loi sur les banques?
M. Clair: Le chapitre B-2 des Statuts fédéraux de
1970.
M. Scowen: L'expression "réserve générale"
est très vague.
M. Clair: L'expression "réserve générale"
fait référence à un terme qui est défini par le
lexique des termes comptables, c'est la traduction de "rest account". C'est un
élément qui est spécifié dans l'annexe de la Loi
sur les banques.
M. Scowen: Est-ce que cette expression a toujours
été utilisée depuis le début?
M. Clair: C'est la définition qu'on retrouve dans les
différentes lois et c'est pour apporter une correction à une
référence antérieure qu'on avait introduite dans l'article
1140 où on parlait de réserve requise par la Loi sur les banques,
ce qui était plus général et qui allait chercher
même des dépôts des banques à charte auprès de
la Banque du Canada. On se trouve à restreindre le montant imposable en
faisant cet amendement.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 113? M. Scowen:
Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 113 adopté.
Article 114, il y a un papillon. Le paragraphe 2 de l'article 114 de ce projet
de loi est modifié par le remplacement de l'article 1160 par le suivant.
A 114, on remplacerait...
M. Clair: M. le Président, on remplace les mots "des taxes
prévues" par "de la taxe prévue".
Le Président (M. Laberge): C'est le paragraphe 1 qui est
remplacé. Amendement adopté. Y a-t-il autre chose au 114?
M. Clair: II y a un deuxième amendement à l'article
114 au paragraphe 4 qui est remplacé.
M. Scowen: J'aimerais avoir une explication, s'il vous
plaît.
Le Président (M. Laberge): Le paragraphe 1 est
remplacé. Cela va, c'est adopté. Le paragraphe 4. (22 h 15)
Bon, d'accord.
M. Scowen: Lequel?
Le Président (M. Laberge): Le paragraphe 1 est
remplacé; cela va, c'est adopté. Le paragraphe 4? M. le
ministre.
M. Clair: L'amendement qui est proposé au paragraphe 4,
c'est pour s'assurer que les versements que les corporations qui font le
raffinage de pétrole peuvent faire à chaque mois,
périodiquement, seront effectivement conformes au nouveau taux qui est
prescrit par l'amendement qui est introduit par le projet de loi 102.
M. Scowen: Mais c'est quoi, le sens de l'amendement?
M. Clair: Le sens de l'amendement, c'est de dire à une
compagnie qui fait le raffinage de pétrole: Pour l'année
prochaine, vous allez faire vos versements pour tenir compte de la taxe sur le
capital à payer pour l'année 1981 comme si le nouveau taux de 2%
s'était appliqué pour l'ensemble de l'année.
M. Scowen: Et le paragraphe 4 original?
M. Clair: Dans le paragraphe 4 original, il y a une erreur
technique qui s'était glissée. On visait la mauvaise
année; c'est pour ça qu'on a été obligé de
faire la correction.
M. Scowen: Alors, dans ce cas-là...
Le Président (M. Laberge): Le paragraphe 4 de l'article
114 sera-t-il adopté? Autre question.
M. Scowen: Non, juste un instant, s'il vous plaît, M. le
Président. Je vais le lire plus soigneusement parce que je ne comprends
pas la distinction. D'accord.
Le Président (M. Laberge): Alors, paragraphe 4 de
l'article 114 adopté, c'est-à-dire l'amendement adopté et
l'article 114 avec deux amendements adopté.
M. Scowen: Sur division.
Le Président (M. Laberge): Adopté avec amendements
sur division. Article 115?
M. Scowen: Sur division.
Le Président (M. Laberge): Article 115 adopté sur
division. Article 116?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 116 adopté.
Article 117?
M. Scowen: Adopté.
M. Clair: A l'article 117, M. le Président...
Le Président (M. Laberge): C'est vrai, on a quelque chose
à retoucher. A l'article 117, on dit: Le paragraphe 1 de l'article 117
de ce projet de loi est remplacé par le suivant... Alors, ça
touche 117.1, l'article 1165.
M. Clair: M. le Président, c'est essentiellement des
numéros. On remplace le mot "paragraphe" par le mot "sous-paragraphe" et
on ajoute des articles de 1000 à 1082 plutôt que de 1005 à
1079.
M. Scowen: Est-ce que c'est un changement de substance?
M. Clair: Cela n'apporte pas, M. le Président,
d'amendement de substance.
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Donc, le paragraphe 1
adopté et l'article 117 amendé adopté. A l'article 118, il
y a un changement aussi.
M. Clair: II y a un amendement, M. le Président.
Même si, à première vue, l'amendement peut paraître
substantiel, il ne vise qu'à écrire en bon français ce
qu'il y avait déjà dans le texte du projet de loi.
Le Président (M. Laberge): Si je lis bien, il y a une page
et demie de texte et l'amendement se lit jusqu'à "accident".
M. Clair: C'est ça, M. le Président.
Le Président (M. Laberge): Alors, je considère tout
ça comme étant l'amendement au paragraphe 1 de l'article 118. Cet
amendement est-il adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Adopté. L'article 118
amendé est adopté.
M. Scowen: Comme on n'est pas d'accord avec cette taxe, c'est
donc adopté sur division.
Le Président (M. Laberge): C'est donc adopté avec
amendement sur division. Article 119. Y a-t-il des questions?
M. Scowen: Qu'est-ce que cela veut dire exactement?
M. Clair: L'article 119? L'article 1174 traite du pouvoir
réglementaire de la partie VI et fait référence à
l'article 1144 qui contient le pouvoir réglementaire de la partie IV. La
modification proposée par l'article 119 vise à permettre
d'exempter de la taxe sur le capital une corporation d'assurance qui est
exonérée d'impôt et à exonérer
également une telle corporation à l'égard d'une classe ou
d'un genre d'affaires.
M. Scowen: Oui, je comprends, mais le gouvernement a
décidé d'adopter une taxe sur les compagnies d'assurance et c'est
une loi qui sera adoptée par l'Assemblée nationale probablement
demain. Mais là-dedans, vous avez un article qui donne le droit au
gouvernement, par règlement, d'exonérer n'importe quelle
compagnie d'assurance de cette taxe. Si vous avez l'intention d'exonérer
une compagnie ou une classe de compagnies, pourquoi ne pas l'intégrer
dans une loi?
M. Clair: M. le Président, le pouvoir existait
déjà; il avait été aboli lors de l'adoption du
projet de loi 42, l'année dernière. On doit le
réintroduire avec un effet rétroactif au 1er avril 1979. C'est
pour tenir compte, semble-t-il, de situations particulières en ce qui
concerne les assurances d'églises, de fabriques, des écoles,
etc.
M. Scowen: Oui, mais il n'existe absolument rien qui vous
empêche de définir ces exceptions dans la loi. Quant à moi,
ce n'est pas nécessaire de donner au gouvernement le droit
d'exonérer n'importe qui. Si vous connaissez déjà les
classes des compagnies d'assurance des églises, vous avez toute
possibilité de les mentionner dans un article de la loi.
M. Clair: M. le Président, on ne reprendra pas ici toute
la discussion sur le pouvoir réglementaire du gouvernement, mais ce
n'est pas la première fois que, à partir d'un pouvoir
réglementaire qui est confié au gouvernement, un
député de l'Opposition va prétendre que le gouvernement va
faire 56 folies. M. le Président, ce n'est pas le cas, ce n'est pas le
but et, quant aux folies que, d'après le député de
Notre-Dame-de-Grâce, ce gouvernement pourrait faire, je pense que le jour
est loin où des choses comme celles-là pourraient se passer.
Cela vise, comme je vous le dis, à assurer les églises,
les fabriques, les écoles, etc.
M. Scowen: M. le Président, excusez-moi, mais j'ai
essayé, ce soir, de ne pas causer de problème sur la grande
majorité des questions; on a adopté pas mal tous les articles de
cette loi assez vite, mais chaque fois que j'ai posé une question qui,
d'après moi, semblait avoir un certain sens, la réponse que j'ai
eue, c'est: Nous avons les meilleures lois ou ce n'est pas la première
fois qu'un député de l'Opposition essaie de dire qu'on fait trop
par réglementation ou ça se fait au fédéral ou
ça se fait ailleurs.
Je pense, M. le Président, que j'ai au moins le droit de poser
cette question. J'accepte que le ministre ne soit pas obligé de
répondre, mais on est ici pour essayer de bonifier les lois. Je pose de
nouveau la question: Pourquoi ne serait-il pas possible, ce soir, d'ajouter un
article à cette loi qui va faire une liste du type de compagnies
d'assurance qui sont exonérées de cette loi et éliminer un
article qui donne le droit au gouvernement d'exonérer n'importe qui?
Vous avez dit vous-même que vous prévoyez une classe
déjà de compagnies d'assurance qui doivent être
exonérées. Ce n'est pas difficile de les définir dans la
loi. Quant à moi, ce n'est pas du tout un cas où c'est
nécessaire de prévoir des réglementations. C'est une loi
pour taxer les compagnies d'assurance. Je propose que, ce soir, on
définisse ces compagnies.
M. Clair: M. le Président, les lois fiscales sont pleines
de pouvoirs d'exonération dans des cas semblables. J'ai dit au
député qu'on ne reprendra pas toute la discussion sur le pouvoir
réglementaire du gouvernement. Le pouvoir réglementaire existe
bien souvent et, dans ce cas-là en particulier, pour prévoir de
la souplesse dans les lois. On ne peut pas figer définitivement dans le
ciment toute matière. C'est la raison pour laquelle le pouvoir
réglementaire qui existait déjà est réintroduit
dans ce cas-ci.
En commentaire au député de Notre-Dame-de-Grâce qui
considère que ses questions sont pleines de bon sens, je dirai qu'il est
libre de penser ce qu'il veut de ses questions et, pour ma part, je suis libre
de penser ce que je veux de mes réponses.
Le Président (M. Laberge): M. le député de
Bellechasse.
M. Goulet: Rapidement, M. le Président, concernant les
classes ou genres d'affaires, le ministre a mentionné les écoles,
les fabriques; y a-t-il d'autres exemples qu'il pourrait porter à notre
connaissance qu'on peut voir assez souvent, même un cas isolé, ou
si ça se limite à cela?
M. Clair: M. le Président, j'ajouterai que le pouvoir
réglementaire avait été aboli par mégarde je
l'avais dit tantôt semble-t-il, puisque le règlement comme
tel n'avait pas été aboli. Je peux
donner d'autres exemples. Il y avait, au niveau de l'exonération
de la taxe sur le capital, une société de secours mutuelle. Il
semble qu'il y avait également une société d'assurance sur
les fabriques, qu'on a mentionnée tantôt. Il y aurait aussi une
corporation d'assurance qui exerce au Québec une entreprise d'assurance
maritime océanique. C'est le genre de cas que le règlement
couvrait.
Le pouvoir réglementaire est réintroduit. Il existait
déjà, il avait été aboli lors de l'adoption d'un
projet de loi précédemment. Il semble même qu'il ait
été aboli par mégarde, puisqu'on ne visait pas à
abolir ce pouvoir réglementaire qui vise à exonérer
certaines corporations d'assurance. Un pouvoir réglementaire, par
définition, en général, vise à donner une certaine
souplesse et, si jamais le gouvernement décidait, dans d'autres cas,
d'exonérer, il aurait le pouvoir réglementaire de le faire. Ce ne
doit pas être le genre de chose qui varie tous les quinze jours,
j'imagine. Par contre, l'avantage du pouvoir réglementaire est de
permettre une certaine souplesse.
Le Président (M. Laberge): L'article 119 sera-t-il
adopté?
M. Goulet: Ça permet une souplesse, mais ça peut
ouvrir la porte à des pressions. N'avez-vous pas peur que le
gouvernement puisse faire des règlements aux conditions qu'il prescrit?
Cela ne peut-il pas apporter une certaine vulnérabilité justement
de la part du gouvernement?
M. Clair: D'abord, je rappelle au député que tous
ces règlements-là sont publiés dans la Gazette officielle,
que nos lois contiennent un très grand nombre de pouvoirs
réglementaires dans le but d'assurer une certaine souplesse, qu'il y a
même à plusieurs endroits, dans nos lois fiscales, des pouvoirs
d'exonération qui sont, à toutes fins pratiques, libellées
à peu près de la même façon. Il pourrait faire
lecture au député d'autres articles qui prévoient des
pouvoirs réglementaires semblables. Il ne faut pas présumer que
le gouvernement... (22 h 30)
M. Goulet: Quand vous adoptez un règlement, c'est le
même processus, vous dites: Gazette officielle et, s'il y a opposition,
etc., comment ça fonctionne?
M. Clair: Les règlements en matière fiscale
fonctionnent exactement de la même façon que n'importe quel autre
règlement, ils doivent être publiés dans la Gazette
officielle. Il ne faut pas présumer que les gouvernements ou que le
gouvernement fait tout de travers et qu'il exerce un pouvoir
discrétionnaire. Il faut qu'il y ait un pouvoir réglementaire
prévu dans la loi et que ce pouvoir réglementaire soit
exercé conformément à la loi, avec publication dans la
Gazette officielle.
Le Président (M. Laberge): M. le député de
Notre-Dame-de-Grâce.
M. Scowen: Je voudrais revenir brièvement à la
question de bon sens. J'accepte que le ministre ait le droit d'avoir sa propre
opinion sur ce qu'est le bon sens et moi aussi. A plusieurs reprises, ce soir,
j'ai eu des réserves sur des articles. J'ai posé des questions et
le ministre m'a donné des réponses qui, pour moi, étaient
pleines de bon sens, c'étaient des choses auxquelles je n'aurais pas
pensé et j'ai accepté ses raisonnements. Mais, en d'autres
occasions et c'est le cas ici les réponses étaient
comme celle-ci: Le pouvoir réglementaire, c'est le droit d'un
gouvernement.
Au cours des deux dernières années, assez souvent, j'ai eu
l'occasion de voter favorablement pour que le gouvernement puisse adopter un
article qui donne les pouvoirs réglementaires. Tout le monde est
d'accord que les pouvoirs réglementaires, ce sont des choses
nécessaires. Mais on a quand même la responsabilité de
demander, à chaque fois: Est-ce que ce cas spécifique est un cas
où le pouvoir réglementaire est vraiment nécessaire?
J'ai déjà posé la question, à savoir si vous
avez déjà prévu les classes d'exonération que vous
voulez faire; quant à moi, la définition que vous avez
donnée est très claire, le principe est bon, je ne vois aucune
raison qui vous empêche d'insérer ces classes de compagnies
d'assurance de toute façon, il n'y a pas un nombre de classes
illimité dans la loi. C'est la question que je pose et je pense
que ce n'est pas acceptable de dire simplement: Le gouvernement a le pouvoir de
réglementation et les députés de l'Opposition sont
toujours contre ces pouvoirs de réglementation. Ce n'est pas du tout le
cas. Je demande, dans ce cas spécifique, pourquoi, si vous
prévoyez simplement d'exonérer les cas que vous avez
mentionnés cas à but non lucratif, si vous voulez
n'avez-vous pas intégré cette partie dans la loi. Je pense que
vous êtes d'accord avec moi que plus on peut clarifier les choses dans
les lois, mieux c'est pour tout le monde.
M. Clair: Plus on peut clarifier les choses dans la loi et les
préciser, le mieux c'est, M. le Président, sauf qu'il faut
conserver, là où c'est nécessaire et ç'a
été jugé nécessaire dans ce cas une certaine
souplesse pour pouvoir agir par pouvoir réglementaire pour éviter
d'avoir à revenir avec des amendements à la loi quand on peut
procéder par règlement. Le député dit qu'il est
d'accord avec l'objectif visé; quelle réticence a-t-il, à
ce moment, à permettre au gouvernement d'avoir une souplesse pour
répondre rapidement à des cas si jamais il y en a
en évitant une procédure d'un projet de loi qui passe en
première, deuxième et troisième lectures et qui prend du
temps à venir, alors que le pouvoir réglementaire peut être
exercé avec beaucoup plus de souplesse?
M. Scowen: Vous parlez d'une loi sur une catégorie de
compagnies qui est déjà très limitée, les
compagnies d'assurance d'un certain type.
Alors, pour moi, ce n'est pas du tout impossible de prévoir une
définition des catégories. Quant à moi, ce sont les
compagnies d'assurance à but non lucratif, c'est ce que vous avez dit.
Ce n'est pas nécessaire d'avoir un pouvoir de réglementation
très large puisque la loi touche à un groupe de compagnies assez
étroit.
M. Clair: M. le Président, je comprends l'argumentation du
député, mais je lui fournis la même réponse, c'est
qu'il a été jugé, dans ce cas, que c'était inutile
de fondre définitivement dans un texte de loi des exonérations
qui peuvent avantageusement être prescrites par règlement
plutôt que dans un texte de loi. Peut-être que ma réponse ne
satisfait pas le député, mais c'est cela.
Le Président (M. Laberge): M. le député de
Bellechasse.
M. Goulet: Le député de Notre-Dame-de-Grâce a
parlé des compagnies sans but lucratif. C'est surtout cela, mais pas
nécessairement cela.
M. Clair: La notion de "sans but lucratif", à laquelle
fait allusion le député de Bellechasse, peut s'appliquer
effectivement dans le cas des églises, des fabriques. Mais, dans le cas
de l'assurance maritime, cela ne s'applique pas. A ce moment-là,
l'exonération est partielle et conditionnelle selon des modalités
qui sont prévues dans le règlement.
Le Président (M. Laberge): Alors, cela donne une
explication. Article 119, adopté?
M. Scowen: Sur division.
Le Président (M. Laberge): Adopté sur division.
Article 120? Adopté. Article 121? Adopté. Article 122?
Adopté?
M. Clair: M. le Président, après l'article 122, je
propose l'insertion d'un nouvel article, 122.1.
Le Président (M. Laberge): Oui, j'ai le papillon ici. Pour
insérer après l'article 122. Ce papillon se lit: "Le nouvel
article 122.1: Cette loi est modifiée par l'insertion, après
l'article 122, du suivant, 122.1". Le texte est là. Est-ce que ce sera
adopté?
M. Scowen: Adopté.
Le Président (M. Laberge): Article 122.1, adopté.
Article 123? Adopté. Article 124? Cela se réfère aux
annexes. Article 124, adopté? Adopté. Article 125? Adopté.
Tous les articles ayant été adoptés avec ou sans
amendements, je déclare donc que le projet de loi no... On n'adopte pas
les annexes, généralement.
M. Scowen: Non. Je pense que c'est l'article 124 qui fait
référence à l'annexe?
Le Président (M. Laberge): C'est possible.
M. Scowen: Alors, l'article 124, adopté sur division,
parce que...
Le Président (M. Laberge): Ah! excusez. A cause des
raisons antérieures.
M. Scowen: Oui.
Le Président (M. Laberge): Alors, annexe adoptée
sur division.
Avant de clore, la parole est à M. le ministre.
M. Clair: M. le Président, j'aimerais,
premièrement, vous remercier de votre patience et remercier
également mes collègues ministériels de leur patience de
même que de la collaboration qui m'a été offerte par les
responsables fonctionnaires de mon ministère. Il s'agit là de
sujets qui sont particulièrement difficiles et, sans leur participation,
il serait difficile de répondre aux nombreuses questions du
député de Notre-Dame-de-Grâce et de l'autre
député de l'Opposition. Je les remercie également de leur
participation et de leur collaboration pour l'étude de ces quatre
projets de loi.
M. Scowen: Si vous me permettez, M. le Président...
Le Président (M. Laberge): Avec plaisir.
M. Scowen: ... je veux vous remercier aussi, M. le ministre,
ainsi que vos collaborateurs. J'ai trouvé cette journée quand
même assez frustrante. Je veux vous dire que j'avais l'impression que le
ministre et son personnel étaient envoyés ici, soit par le
Conseil exécutif, soit par le ministre des Finances, avec les ordres de
n'accepter aucun amendement pour aucune considération.
On avait l'impression, quand on soulevait des questions qui
étaient bonnes, même s'il n'y avait pas une réponse, que la
décision était à peu près: C'est une question qui a
été réglée ailleurs; même si votre question
est pertinente, on ne peut pas l'accepter. Je vous donne mon impression. Je
pense que ces lois et ces articles sont importants et, si c'était
possible, il faudrait avoir, la prochaine fois, la présence du ministre
ou des personnes qui ont vraiment le pouvoir décisionnel, qui pourraient
au moins donner les vrais arguments et accepter des changements.
On a essayé d'apporter, je pense, 25 changements à ces 4
projets de loi. Je pense que ce n'est pas excessif compte tenu du nombre. Comme
vous le constatez, le nombre d'amendements adoptés à la demande
de l'Opposition, c'est exactement 0 sur 25. Je trouve qu'il est impossible de
croire que toutes ces suggestions étaient mauvaises. J'en ai
retiré pas mal moi-même parce que vous avez donné des
réponses cohérentes, mais, pour d'autres, il était clair
que c'était inutile de continuer de parler parce qu'on était
obligé de s'adresser aux autres pour avoir des réponses.
Pour avoir un meilleur gouvernement, au nom de nous tous, je
suggère que la prochaine fois, si possible, nous ayons la
présence du ministre du Revenu, du ministre des Finances, du ministre
de
je ne sais pas quoi qui pourront nous donner des réponses plus
satisfaisantes ou encore accepter des modifications suggérées de
bonne foi, parce que, finalement, je trouve que 0 sur 25, c'est une
espèce de blocage systématique, à moins que vous ne
puissiez dire que toutes les suggestions de l'Opposition n'avaient aucune
valeur. Je le répète: Je ne mets pas du tout en doute la bonne
foi du ministre; ce n'est pas du tout cela. C'est simplement que le
système adopté par lui ou par le ministre des Finances ne semble
pas avoir été juste.
Le Président (M. Laberge): M. le ministre.
M. Clair: M. le Président, je voudrais tout simplement
ajouter que je ne voulais pas prêter d'intention à mon
collègue, le député de Notre-Dame-de-Grâce, dans ses
questions. Au niveau de ses impressions, je pense que le député
l'a fait en nous prêtant l'intention d'être venus ici avec
l'intention ferme de refuser tout amendement qui serait venu du
député de Notre-Dame-de-Grâce, ce qui n'était pas le
cas. Il faut être bien conscient qu'en matière de
législation fiscale, ce n'est pas parce qu'un député de
l'Opposition a fait ou a fait faire des recherches et qu'il se pose des
questions et que les réponses qu'on lui donne lui apparaissent à
lui insuffisantes qu'il a nécessairement raison. On a essayé de
répondre à toutes les ques- tions du député de
Notre-Dame-de-Grâce du mieux qu'on a pu, avec toute la patience
requise.
Je regrette que le député ait cette impression qu'on
voulait à tout prix refuser tous ses amendements. Je pense qu'au niveau
de l'étude article par article en commission parlementaire de projets de
loi aussi complexes que des projets de loi fiscaux il faut être bien
sûr qu'il s'agit vraiment d'erreurs qui ne modifient pas les principes
adoptés en deuxième lecture. A ce niveau, le député
nous prêtait des intentions en nous livrant ses impressions en disant
qu'il était venu ici un peu d'une façon inutile parce qu'on
aurait eu comme idée de bloquer systématiquement ses amendements.
(22 h 45)
Le Président (M. Laberge): Merci M. le ministre. M. le
député de Bellechasse, voulez-vous faire un commentaire ou si
tout va très bien? Parfait! Je dois d'abord vous dire que, tous les
articles du projet de loi no 102 ayant été adoptés avec ou
sans amendements, le projet de loi no 102 lui-même, Loi modifiant la Loi
sur les impôts et certaines dispositions législatives, a
été adopté avec amendements sur division. Sur ce, je vous
remercie de votre collaboration; cela a été agréable de
présider vos travaux. La commission du revenu ajourne ses travaux sine
die.
Fin de la séance à 22 h 46