Journal des débats de la Commission de l'économie et du travail
Version préliminaire
43e législature, 2e session
(début : 30 septembre 2025)
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Le
mardi 2 décembre 2025
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Vol. 48 N° 8
Interpellation de la députée de Jeanne-Mance–Viger au ministre délégué au
Développement économique régional sur le sujet suivant : Le gouvernement
caquiste déconnecté des réalités économiques régionales du Québec
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Intervenants par tranches d'heure
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Allaire, Simon
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Rotiroti, Filomena
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Rotiroti, Filomena
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Allaire, Simon
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Girard, Eric
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Jeannotte, Chantale
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Allaire, Simon
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Grandmont, Etienne
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Girard, Eric
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Sainte-Croix, Stéphane
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Rotiroti, Filomena
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Grondin, Agnès
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Allaire, Simon
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Gentilcore, Catherine
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Girard, Eric
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Sainte-Croix, Stéphane
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Rotiroti, Filomena
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Jeannotte, Chantale
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Allaire, Simon
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Rotiroti, Filomena
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Girard, Eric
9 h (version révisée)
(Neuf heures trente minutes)
Le Président (M. Allaire) :
Alors, à l'ordre, s'il vous plaît! Je déclare la séance de la Commission de
l'économie et du travail ouverte. Merci de prendre quelques secondes pour
éteindre l'ensemble de vos sonneries, de vos multiples appareils électroniques,
s'il vous plaît.
La commission est réunie afin de procéder à
l'interpellation de la députée de Jeanne-Mance—Viger au ministre délégué à l'Économie
régionale sur le sujet suivant : Le gouvernement caquiste déconnecté des
réalités économiques régionales du Québec.
Mme la secrétaire, est-ce qu'il y a des
remplacements?
La Secrétaire : Oui, M. le
Président. Mme Hébert (Saint-François) est remplacée par M. Sainte-Croix
(Gaspé); M. Thouin (Rousseau), par Mme Grondin (Argenteuil); M. Fontecilla
(Laurier-Dorion), par M. Grandmont (Taschereau); et M. Paradis
(Jean-Talon), par Mme Gentilcore (Terrebonne).
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Conformément à l'entente prévue pour la 43e législature, le deuxième
groupe d'opposition interviendra lors de la deuxième série d'interventions, et
le député de Jean-Talon interviendra lors de la quatrième série d'interventions.
Alors, on débute. Déclarations d'ouverture.
Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger, je vous cède la parole 10 minutes.
La parole est à vous.
Exposé du sujet
Mme Filomena Rotiroti
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Bon matin à tous. Alors, a priori, j'aimerais prendre quelques
minutes... de dire... de saluer le nouveau ministre délégué au Développement
régional ainsi que député d'une région, du Lac-Saint-Jean, mais responsable,
surtout, de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, ainsi que l'ensemble de mes
collègues des autres formations politiques qui sont parmi nous aujourd'hui.
Alors, c'est une discussion très importante
que nous amorçons aujourd'hui, et j'espère qu'elle permettra d'éclairer les
véritables enjeux qui vivent dans nos régions... qui vivent nos régions. Le
dossier ou l'enjeu que nous allons aborder aujourd'hui est important, et vous
comprenez tous que la santé économique de nos régions au Québec dépasse
largement des lignes partisanes. Ce n'est pas une question de couleur
politique, c'est une question d'équilibre, de prospérité collective et de
justice territoriale.
M. le Président, vous le savez, la santé
et le dynamisme économique de l'ensemble de nos régions sont essentiels économiquement
et bénéficient à tous les Québécois, mais ce dynamisme doit se faire
équitablement, de l'est à l'ouest, de nord... du nord au sud de la province.
Quand une région s'appauvrit, c'est tout le Québec qui recule. Quand une région
progresse, c'est tout le Québec qui avance.
M. le Président, soyons clairs, depuis
plusieurs années maintenant, le signal qu'on reçoit de la part des régions
pointent toutes dans la même direction. Nous avons un gouvernement qui s'éloigne
des réalités économiques régionales, qui improvise, qui gère dans la panique et,
ultimement, laisse des secteurs entiers sans vision ou soutien. Les entreprises
et PME de régions nous le disent régulièrement : La machine
gouvernementale caquiste est trop lourde, trop lente et profondément déconnectée.
Je rappelle à tous ici qu'en fin 2018 la CAQ promettait la réduction de la
paperasse. Sept ans plus tard, où sont les résultats espérés et promis? On
attend toujours. Les entrepreneurs, eux, n'attendent plus, ils abandonnent ou ils
retardent des projets.
Depuis plusieurs mois maintenant, nous
multiplions des tournées régionales au Québec, et je dois vous dire, M. le
Président, que l'ensemble des groupes, entreprises, agriculteurs, travailleurs
et même dans l'industrie forestière, les villes... les villes et MRC qu'on
rencontre nous disent toutes la même chose : ce <gouvernement...
>
9 h 30 (version révisée)
<1171
Mme
Rotiroti
: ...toute la même chose : Ce >gouvernement
n'écoute pas ses partenaires, n'écoute pas les
entreprises, les PME et les acteurs municipaux. C'est problématique. C'est
un gouvernement qui a tout centralisé et est de plus en plus interventionniste.
Ce gouvernement n'a aucune vision économique d'ensemble. La vision économique
présentée par le gouvernement manque de précision, de concret. On a dressé un
catalogue de bonnes intentions sans priorité, sans calendrier, sans moyen
clair. Puis que dire de l'environnement d'affaires? Le premier ministre nous
promet... nous a promis un environnement d'affaires simple. Les entrepreneurs,
eux, savent très bien qu'il fait l'inverse depuis sept ans. La bureaucratie a
explosé, la machine de l'État s'est alourdie. Les délais sont allongés.
Difficile de parler de crédibilité économique quand on passe son temps à
compliquer la vie de ceux qui créent la richesse.
On l'a vu dans la mise à jour économique
présentée la semaine dernière, gain de productivité anémique à chaque année, les
entreprises n'investissent pas ou très peu. L'environnement d'affaires n'est
pas du tout prévisible avec ce gouvernement. Il décourage l'investissement et
les régions en sont les premières victimes parce que ce sont elles qui
dépendent de ces investissements locaux pour maintenir des emplois de qualité.
On a en face de nous un gouvernement de plus en plus interventionniste, qui
tente de choisir les gagnants plutôt que de créer des conditions gagnantes.
M. le Président, je peux vous parler de
les gros deals, hein, qui étaient supposés nous amener de la richesse ici, au
Québec, qui finalement ont été un échec monumental. Quand on parle de Northvolt,
c'est des millions; Recyclage Carbone Varennes, 365 millions; Lion Électrique,
TY Moteurs, Flying Whales, Panier bleu, et j'en passe, M. le Président. Imaginez
qu'est-ce qu'on aurait pu faire avec ces millions de dollars là s'ils avaient été
investis dans nos régions et dans nos PME à travers le Québec. Au total, le
gouvernement a injecté 5,1 milliards dans le Fonds de développement
économique depuis 2019 pour compenser pour des pertes qu'on a subies en
investissements à coups de millions. 5,1 milliards de dollars, ce
n'est quand même pas rien, là, avoir gaspillé cet argent-là. C'est sans compter
le grand nombre de gaspillages des fonds publics, puis là j'en passe, M. le
Président, SAAQclic, 1 milliard, les fonctionnaires de plus en plus, qui
nous coûtent 600 millions, d'autres projets qui ont été arrêtés, mal gérés
ou incomplets.
Ces erreurs de gouvernance, les
investissements improvisés, les programmes mal arrimés, tout cela finit à créer
un environnement instable pour nos PME, qui a un effet sur l'ensemble de l'écosystème
économique de nos régions. Quand l'économie manque de direction, les régions manquent
d'oxygène. Quand le gouvernement improvise, ce sont nos travailleurs, nos
entrepreneurs et nos jeunes qui en subissent les conséquences directes. Ce sont
des projets reportés, des agrandissements annulés, des investissements qui se
déplacent ailleurs. Quand les entrepreneurs régionaux doivent se battre contre
la paperasse, la bureaucratie, plutôt que d'investir dans des projets, quand nos
industries clés, comme le secteur forestier, sont laissés à eux-mêmes, quand le
gouvernement coupe des organismes d'accompagnement à nos PME et centralise l'aide
pour choisir les gagnants, quand nos PME qui veulent des travailleurs étrangers
temporaires essentiels à l'économie régionale font face à une bureaucratie qui
les décourage ou les bloque tout court, cela nous révèle un gouvernement
profondément déconnecté de ceux qui vivent dans nos régions.
Aujourd'hui, nous allons parler des vrais
enjeux, des vrais obstacles et des vrais besoins. Nous allons demander des
réponses claires au ministre, mais surtout nous allons lui partager ce que les
entrepreneurs et les travailleurs nous ont dit à travers le Québec. J'espère qu'aujourd'hui
le ministre ne nous donnera pas les lignes politiques qu'on entend depuis les
sept dernières années. J'ose espérer que, comme député d'une région névralgique
comme le Saguenay—Lac-Saint-Jean, puis je répète, il est responsable, en plus,
dans son titre, là, il est responsable de la région, j'espère qu'aujourd'hui il
a les réponses à des enjeux vraiment concrets, là. J'ai parlé de paperasse, de
bureaucratie, j'ai parlé des travailleurs temporaires. C'est tous des éléments
qu'on va discuter tout le long de notre échange ce matin. J'ose espérer, là, j'ose
espérer, M. le Président, qu'aujourd'hui on va avoir un début d'un commencement
d'un ministre qui est vraiment connecté dans sa propre région et qui va nous,
quand même... qui va nous donner des pistes de solution.
Moi, je veux savoir, depuis qu'il est
arrivé comme ministre, puis il est assis autour de la table du Conseil des
ministres, s'il est d'accord avec certaines politiques que... mises de l'avant,
de son gouvernement. J'aimerais ça l'entendre là-dessus. J'espère... L'objectif
de cette interpellation ce matin, c'est vraiment un cri du coeur, M. le
Président. J'ai été nommée dans l'Escouade PME avec mon collègue de <Marguerite-Bourgeoys...
Mme Rotiroti :
...PME
avec mon collègue de >Marguerite-Bourgeoys, et on a fait la tournée du
Québec. On visite plusieurs régions. Je vais vous dire, les enjeux partout au Québec
sont les mêmes. Il n'y a pas un entrepreneur, une PME qui ne nous parle pas de
ces enjeux-là. Alors, quand le facteur commun, les... les enjeux à travers le
Québec sont les mêmes, il me semble qu'un gouvernement qui est à l'écoute doit
s'attaquer à ces enjeux-là au lieu de faire des annonces. Tu sais, ils font des
belles annonces, mais qu'est-ce qu'on entend, c'est que l'argent n'arrive
jamais. L'argent n'est pas là, les outils... Un gouvernement qui veut s'assurer
que le Québec peut prospérer dans un environnement prospère est là pour donner
les outils, les outils nécessaires à ces entrepreneurs, pas pour leur dire quoi
faire et comment gérer leurs entreprises. Ils n'ont pas besoin de ça.
D'ailleurs, la plupart nous disent : Bien, que le gouvernement sorte de
là, on n'a pas besoin d'eux, de nous dire quoi faire dans notre propre
entreprise pour être plus productifs puis aller chercher des contrats, on sait
comment faire, laissez-nous gérer nos affaires, gérez, vous, les vôtres. Alors,
donnez-leur les outils, c'est juste ça qu'ils en demandent. Le reste, ils vont
s'en occuper, M. le ministre. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. Alors, on continue ce bloc de déclarations d'ouverture. M. le ministre,
la parole est à vous, 10 minutes.
Réponse du ministre
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Pardon?
Le Président (M. Allaire) : La
parole est à vous pour 10 minutes.
• (9 h 40) •
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : 10 minutes.
Merci. Merci, M. le Président. Je tiens à saluer ma collègue en face de moi,
députée de... Jeanne-Mance—Viger, pardon, ainsi que mes trois collègues qui
sont ici avec moi. Merci d'être présents. J'ai aussi les gens, là, qui
m'accompagnent, du cabinet et du ministère.
Donc, je souhaite remercier l'Assemblée de
me donner la chance aujourd'hui de m'exprimer sur un sujet qui me tient
extrêmement à cœur, le développement économique régional. C'est un dossier que
le premier ministre m'a accordé en septembre dernier, et j'ai la volonté ferme
de défendre vigoureusement le développement économique régional.
J'aimerais commencer, M. le Président,
tout d'abord en... en déboulonnant ce mythe qu'on entend parfois : le
gouvernement caquiste est déconnecté des réalités économiques régionales du
Québec. C'est faux, M. le Président, et j'ai bien l'intention de vous prouver
tout le contraire aujourd'hui.
Comme ma collègue le mentionnait, je suis
moi-même originaire d'une région, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, pour laquelle
j'assume aujourd'hui avec une grande fierté le rôle de ministre responsable.
Vous savez, M. le Président, avant ma carrière politique, j'ai évolué dans le
milieu agricole, un secteur qui joue un rôle socioéconomique essentiel, là, dans
plusieurs régions du Québec, dont la mienne aussi et la vôtre aussi, M. le
Président. J'ai aussi été maire d'une municipalité, de... d'un village, on va
dire, d'un village de 2 000 habitants au Lac-Saint-Jean. Alors, je...
je considère que je suis bien placé pour connaître la réalité régionale comme
le fond de ma poche et la comprendre aussi.
Dans ma région, l'industrie forestière,
l'agroalimentaire, l'industrie de l'aluminium et le manufacturier sont
essentiels. Avec les années, j'ai développé des connaissances approfondies dans
ces domaines et sur les enjeux que les entreprises vivent. Puis j'ai été à même
de constater aussi l'importance de l'entrepreneuriat pour la création de
richesse collective, mais aussi l'importance pour les entrepreneurs d'avoir les
bons outils en main pour réussir.
Bon. Vous savez, le soutien au
développement économique régional, c'est primordial, M. le Président. On sait
que le succès du Québec, ça passe par nos régions. Bien entendu, on est dans un
contexte géopolitique qui est changeant, qui est en changement. On a des
voisins avec qui on fait affaire, avec qui ce n'est pas facile, on en est tous
conscients. Et c'est d'ailleurs pourquoi l'une des... d'une... d'une des
prémisses de base de notre vision économique de notre gouvernement qui a été
annoncée par le premier ministre le 10 novembre... On sait que nos régions
disposent de nombreuses forces qui font du Québec un véritable acteur
économique vert et prospère aujourd'hui et pour les générations à venir. Puis
moi, mon rôle, c'est de m'assurer que nos entreprises, on a ce qu'il faut pour
déployer davantage nos forces, et ça, en travaillant de concert avec les
intervenants, les organismes de développement économique présents dans notre
région. Oui, on est dans les régions, oui, on annonce des subventions, des
aides gouvernementales, mais on est là aussi pour rencontrer les organisations
de développement économique régional, puis de travailler avec eux, puis
s'assurer qu'ils aient les bons outils nécessaires.
D'entrée de jeu, on fait des choix
stratégiques, aussi, et audacieux dans plusieurs secteurs de notre <économie...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...on fait des choix stratégiques aussi et audacieux dans plusieurs secteurs de
notre >économie, des choix qui nous ont permis de gagner en
productivité, d'améliorer notre niveau de vie et d'augmenter le pouvoir d'achat
des Québécois. Moi, je peux vous dire, M. le Président, que, malgré le
contexte, on peut s'appuyer sur un bilan positif avec des investissements qui
ont profité à l'ensemble de nos régions. Depuis 2018, le gouvernement a en
effet investi plus de 25 milliards de dollars pour soutenir des
projets partout au Québec, dont la valeur totale s'élève à
94 milliards de dollars. C'est énorme. À chaque dollar investi par
Québec, M. le Président, c'est 3,7 $ d'investissement, directement dans
notre économie.
On a aussi réalisé quelque 25 000 interventions
avec Investissement Québec, dont près de 95 % ont été faites auprès de
PME, qui sont le fondement de notre économie régionale, M. le Président. Puis,
de plus, là, la moitié des projets qui ont été réalisés l'ont été dans des MRC
non urbaines. Le nombre d'entreprises québécoises soutenues par le gouvernement
a augmenté de près de 44 % depuis notre arrivée au gouvernement. Alors, je
pense que c'est important de mentionner ces chiffres-là à l'échelle du Québec.
On a aussi un plan PME. Ce sont près de
500 millions de dollars en interventions financières qu'on va réaliser...
qui seront réalisées d'ici 2028 pour bonifier l'accompagnement et le soutien
aux PME partout au Québec. Donc, notre objectif, M. le Président, c'est de
stimuler encore plus leur croissance et leur productivité, grâce, bien entendu,
à sept mesures-phares qui sont déployées dans l'écosystème entrepreneurial.
Puis, une des pièces maîtresses de notre plan PME, c'est le Réseau accès PME.
Je rappelle que ce réseau propose un accompagnement-conseil aux entrepreneurs
partout au Québec, peu importe leur secteur d'activité, pour leur stade de
développement. Ce réseau offre à... plus de 450 professionnels répartis en
province... donc, c'est réparti dans 100 MRC. C'est un soutien direct pour
leur projet d'affaires, que ces gens-là aident nos entreprises. C'est des
références vers les services et les programmes régionaux et nationaux, et c'est
une aide pour leurs démarches de financement. C'est plus de 10 000 projets
d'entreprises, 8 000 référencements qui ont été faits par ces gens-là
dans la dernière année. Ce sont nos yeux et nos oreilles sur le terrain, M. le
Président. Donc, ça démontre que nous, on déploie des organisations sur le
terrain qui connaissent le milieu et qui sont les mieux placés afin d'orienter,
de diriger les entreprises, les PME qui sont dans des municipalités, qui sont
situées dans des régions. Ça fait qu'on a prolongé Réseau accès PME encore pour
deux ans. Donc, on y croit, M. le Président, dans la mise à jour économique qui
a été faite.
Sur ce point, je rappelle aussi que notre
gouvernement a mis en place des leviers en réponse aux défis actuels, notamment
liés aux tarifs douaniers américains, je le disais tout à l'heure, justement
pour aider nos PME à accroître leur productivité et leur compétitivité. Je l'ai
déjà mentionné, on est dans un contexte géopolitique en mouvance. On a mis
quelque chose en place, puis on va poursuivre là-dessus. On veut surtout que
nos entreprises en région aient accès aux nouvelles technologies et qu'elles
puissent se moderniser, innover et se démarquer. Puis je suis bien placé pour
le voir et le comprendre parce que le contexte géopolitique actuel affecte,
entre autres, beaucoup tout ce qui est la question des ressources. Mais on est
présent, on continue d'être là, puis nos programmes s'adaptent en fonction
justement du contexte actuel. Juste, par exemple, FRONTIERE, qui vient offrir
un financement rapide aux entreprises qui ont besoin de liquidités pour ajuster
leur modèle d'affaires ou leur chaîne d'approvisionnement. Puis on a une autre
mesure aussi, M. le Président, qui est le Chantier productivité, il vient... il
vise à améliorer la productivité des entreprises en offrant des aides
financières flexibles pour les projets d'investissement, puis il est
complémentaire au programme Essor à l'initiative grand V d'Investissement
Québec, qui vient aussi encourager et accompagner les entreprises dans leurs
projets de croissance et d'innovation et de productivité durable, M. le
Président.
Un autre élément qui est important, puis
qu'on n'en parle pas assez souvent, qui est aussi nos fonds locaux
d'investissement qui sont dans nos MRC, dont les MRC sont <délégataires...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...fonds locaux d'investissement qui sont dans nos MRC, dont les MRC sont >délégataires,
qui sont un levier extrêmement important, qui génèrent de l'économie, qui
viennent en aide, justement, à nos entreprises sur le terrain et qui sont très
appréciés aussi de la part du milieu. Ces fonds locaux d'investissement là
permettent à nos entreprises de se développer, d'investir, de faire du
repreneuriat. On vient réaliser des projets à travers le Québec avec ces fonds
locaux d'investissement là, et aussi on est partenaire avec les FLS qui sont
les fonds locaux, aussi, de solidarité.
Je mentionnais aussi que pour les entreprises
qui ont subi des impacts liés aux tarifs, il est possible aussi d'obtenir un
moratoire de six mois sur le remboursement d'une aide issu d'un fonds local
d'investissement. Donc, c'est important, vous voyez, on s'adapte, on va
continuer de s'adapter, M. le Président, parce que c'est en écoutant puis en
étant présent sur le terrain, avec les gens qui font le développement, qui
connaissent leur milieu, qui sont au fait aussi des enjeux de leur milieu...
Donc, ils nous font des recommandations, ils nous demandent des choses, de
s'adapter, puis c'est ce qu'on fait, M. le Président, avec ces tournées-là.
Donc... OK, alors je m'arrête là-dessus. Merci, M. le Président.
• (9 h 50) •
Le Président (M. Allaire) :
Parfait. Merci, M. le ministre. On débute la période d'échange avec la première
série d'interventions. Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger, je vous cède la
parole pour cinq minutes.
Argumentation
Mme Rotiroti : Merci. Merci,
M. le Président. Écoutez, j'aurais voulu... Je vois que le ministre nous sert
quand même les mêmes lignes de son gouvernement. J'aurais pensé puis j'aurais
osé espérer, aujourd'hui, en ayant un ministre de région devant moi, qu'il
aurait été un peu plus... un peu plus... Il dit qu'il a fait la tournée, qu'il
parle à les MRC. Lui-même, comme ancien entrepreneur dans le secteur agricole
et ancien maire, il me semble qu'aujourd'hui je lui donne l'opportunité de
s'adresser à les entrepreneurs et les gens en région qui nous écoutent ce
matin, et je vois qu'il nous sert les mêmes recettes de son gouvernement.
Ceci dit, il parle toujours de contexte
géopolitique. C'est toujours la faute des autres, hein, quand c'était... quand
ce n'est pas la pandémie, c'est la faute des tarifs, c'est la faute des autres,
c'est la faute à une époque des libéraux, qui a quand même laissé un surplus de
7 milliards dans le coffre. Alors, moi, je vais... j'aimerais... moi, là,
je vais aborder des sujets extrêmement précis, M. le Président, puis
j'aimerais ça avoir des réponses précises aussi.
Alors, il a parlé de plusieurs choses,
entre autres le plan PME 2025-2028. Alors, parlons-nous du programme PME
2025-2028 qui, dans le fond, succédait l'ancien Plan québécois en
entrepreneuriat, là, qui s'appelait le PQE 2022-2025. Sur papier, on
annonce, le gouvernement annonce 219 millions. Seulement 116 millions
sont réellement de l'argent nouveau. Le reste provient des crédits déjà
existants. Ça fait qu'on va mettre ça au clair. Dans ce 6 millions, c'est
6 millions de moins que le précédent plan pour les PME. Alors, je répète,
c'est un nouveau plan qui reprend essentiellement des mesures qui existaient.
Ça fait que, dans le fond, il reconduit les mesures puis l'enveloppe qui
était... qui était là, et il n'y a rien de... il n'y a pas grand-chose de nouveau.
Alors, il y a très peu de moyens dans ce plan-là pour soutenir les PME et les
défis qu'ils ont présentement.
Alors, juste pour vous dire à quel point
c'est... le ministre pense que son... le plan PME, c'est un bon plan, je vais
vous citer quelques quelques commentaires. Alors, je cite la PDG de la Fédération
des chambres de commerce du Québec, Véronique Proulx, qui dit, concernant le
plan PME : «Le plan PME 2025-2028 ne répond ni aux besoins ni aux
attentes prioritaires des PME et des entrepreneurs du Québec. C'est un plan axé
sur la continuité, avec des moyens financiers réduits», réduits, M. le
ministre. «C'est nettement insuffisant pour tenir compte du contexte qui a
changé depuis 2022.» Vous aimez ça, parler de le contexte géopolitique, bien,
il me semble que ça aurait dû être pris en compte avec le nouveau plan. Alors,
des mesures, c'est beau. Si elles ne sont pas accompagnées des fonds qui
viennent avec, ça ne donne absolument rien. Et je continue la citation :
«Nos entreprises doivent composer avec la menace des tarifs douaniers
américains, des contre-tarifs canadiens, la hausse de l'inflation et des tarifs
d'électricité, les restrictions imposées aux travailleurs étrangers temporaires
et l'alourdissement constant du <fardeau...
Mme Rotiroti :
...imposées
aux travailleurs étrangers temporaires et l'alourdissement constant du >fardeau
réglementaire. Face à ces défis, le gouvernement doit en faire plus, pas moins.»
Pas moins. C'est exactement qu'est-ce que vous faites.
La Chambre de commerce de l'industrie
Saguenay-Le Fjord est très claire. Ça, c'est dans la région du ministre. Elle
dit ceci concernant son plan : «Ce plan ne répond pas véritablement aux
besoins des PME.» Sa PDG, Sandra Rossignol, résume : «Le gouvernement ne
tient pas compte des besoins réels. Les mesures sont politiques, sans impact
concret.» Politiques, sans impact concret. Elle ajoute que «la paperasse
demeure imposante, et les normes augmentent sans cesse». Elle souligne
plusieurs problèmes majeurs : l'absence d'écoute, la complexité
réglementaire persistante, l'obligation accrue en santé et sécurité et aucune
mesure fiscale forte.
Le ministre a fait allusion quand il a
parlé du plan PME... il a parlé de Réseau accès PME. Selon, toujours, sa PDG de
sa chambre de commerce... dit ceci : «Ce sont des mêmes ressources déjà
mises en place en 2020 avec Accès entreprise Québec.» Ça ne change rien pour
les entrepreneurs, absolument rien. Espaces PME innovation, une autre mesure
dans son programme, mesure jugée insuffisante à l'échelle des besoins...
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Vous aurez le temps de revenir avec une autre intervention, plusieurs autres
interventions. M. le ministre, je vous cède la parole pour cinq minutes.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
OK. Merci, M. le Président. Puis j'aimerais continuer encore, M. le Président,
en mentionnant qu'on a aussi, notre gouvernement, on a agit aussi sur la
requalification des travailleurs. Ça, c'est important parce que je pense que
c'est quelque chose qui vaut la peine d'être mentionné, en fait, concernant
toute la question des barrières commerciales au Canada et la diversification
des marchés. Puis je veux quand même continuer aussi pour nos exportateurs
québécois qui souhaitent diversifier leurs exportations ailleurs qu'aux
États-Unis. Investissement Québec a mis en place la solution Panorama, M. le
Président, pour les accompagner, les soutenir financièrement. Donc, c'est
important de le mentionner.
Et vous savez, M. le Président, j'insiste
sur le fait que, pour moi, il est essentiel, il est primordial de donner tous
les outils nécessaires à nos entreprises, bien entendu, pour qu'elles
atteignent leur plein potentiel. Je sais aussi que mes consœurs et mes
confrères députés vont vous donner, au cours de cette interpellation, des
exemples, aussi, concrets de projets réalisés dans nos régions, bien entendu,
grâce à nos mesures qu'on a mises en place ces dernières années. Je pense qu'il
n'y a rien de mieux que de donner des exemples pour démontrer l'efficacité de
nos interventions.
Vous savez, M. le Président, depuis nos
débuts, on est présents, on est présents partout au Québec pour soutenir, bien
entendu, et accompagner nos entreprises et pour collaborer aussi étroitement
avec elles afin de créer de la richesse pour l'ensemble des Québécoises et des
Québécois. Tu sais, les chiffres, tout à l'heure, que j'ai sortis viennent le
démontrer. Vous verrez que les retombées de nos investissements en matière de
développement économique régional sont tangibles, M. le Président. Je l'ai
mentionné tout à l'heure, il y a des exemples concrets aussi qui se font sur le
terrain. Quand on fait nos tournées, aussi, régionales, on le voit, les gens nous
en parlent.
Je veux quand même vous dire, M. le
Président, que je veux... je suis très fier, en fait, de travailler au succès
de toutes les régions du Québec, parce qu'il y a des belles choses qui se font
au Québec, il y a des beaux projets. On a des régions qui sont diversifiées, on
a des régions qui se développent, M. le Président. On est sur le terrain à la
rencontre de nos entrepreneurs et à leur écoute aussi, M. le Président. C'est
essentiel pour moi de comprendre leur réalité et de travailler avec eux pour
trouver des solutions à leurs enjeux, et c'est ce qu'on fait, et avec mes
collègues aussi, M. le Président. Les enjeux sont... ne sont pas toujours
financiers, bien au contraire. Les enjeux sont autres bien souvent, et c'est
là-dessus qu'on travaille.
Le développement économique régional, à
mes yeux, ça signifie d'abord et avant tout de donner aux communautés les
moyens de bâtir leur avenir selon leurs forces et leurs particularités. Puis
c'est ce qu'on est en train de faire, M. le Président, on adapte nos programmes
aux particularités régionales, parce que chaque région du Québec possède ses
richesses, ses talents et son potentiel à développer. Puis on y croit, nous, M.
le Président, ici, c'est important. Puis notre rôle, comme gouvernement, c'est de
créer des meilleures conditions possibles pour qu'elles puissent, bien entendu,
se réaliser pleinement. Et c'est ce qu'on fait, M. le Président, depuis plus de
sept ans. Je sais que ce n'est pas parfait, mais, en ce moment, M. le
Président, ce qu'on me dit sur le terrain, c'est que ça répond, ça répond, nos <programmes...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...le
Président, ce qu'on me dit sur le terrain, c'est que ça répond, ça répond, nos >programmes
sont là, on a besoin que vous nous aidez. Puis c'est ce qu'on fait, M. le
Président. Puis on parlait tout à l'heure du réseau... du plan PME, puis je
veux juste retourner un peu sur le... le... en fait, le Réseau accès PME.
C'est... Vous savez, c'est important d'avoir renouvelé ce... ce programme, parce
que la FQM, dès mon entrée en poste, la FQM, c'est ce qu'ils m'ont demandé.
C'était leur priorité. Dans ma région, j'ai été interpelé par mon préfet aussi,
qui m'a dit : M. Girard, M. le ministre, si vous avez quelque chose
que vous pouvez faire en ce moment, c'est le Réseau accès PME, il est essentiel
pour nous. Puis c'est ce qu'on a fait, M. le Président. On a écouté le milieu,
M. le Président, en renouvelant le programme — avec mon collègue
ministre des Finances — qui a été dans la mise à jour économique, M.
le Président.
On a apporté des choses aussi à la mise à
jour économique. C'est... Je le dis, c'est... ce n'est pas parfait, et c'est
interministériel, mais on a amené des choses, justement, pour aider nos
entreprises. Dans le contexte actuel, on va continuer de le faire, M. le
Président. Il y a d'autres mesures aussi qu'on travaille en ce moment pour
justement venir s'adapter aux réalités régionales dans les contextes actuels.
Alors, M. le Président, sur ce, je pense
que je vais céder la parole à mes... à mes collègues, je... qui ont des choses
à dire aussi. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. Effectivement, on enchaîne avec la députée de Labelle. La parole est à
vous pour cinq minutes.
• (10 heures) •
Mme Jeannotte : ...bonjour,
collègues des oppositions et de la banquette gouvernementale.
Vous savez, M. le Président, la semaine
dernière, mon collègue le ministre des Finances a annoncé sa mise à jour
économique, qui vise à protéger le pouvoir d'achat des Québécois et notre
économie. C'est une annonce importante et responsable. Nous sommes un
gouvernement qui est engagé pour soutenir nos régions, et les mesures annoncées
en sont la preuve.
C'est important de parler du contexte. On
a surmonté plusieurs épreuves et incertitudes dès notre arrivée au pouvoir,
vous le savez. Un gouvernement, quand on arrive en poste, il faut toujours
arriver avec un contexte. On a vécu une pandémie, ensuite, une pénurie de
main-d'oeuvre, et puis là c'est la... les guerres tarifaires. Puis ma collègue
oublie que quand on est dans un contexte de guerre tarifaire comme ça, les
entreprises ne sont pas très enclines à investir parce qu'ils détestent
l'incertitude. Donc, il faut les comprendre, puis un gouvernement doit s'adapter.
Puis c'est ce dont mon collègue ministre vient de parler.
On a commencé notre gouverne avec un
objectif précis. Ça, c'est de la vision : atteindre un niveau de richesse
comparable à celui des... de nos partenaires commerciaux. Ce que nous avons
accompli, M. le Président. Grâce à nos initiatives pour augmenter la
productivité de nos marchés, le Québec a pu faire un rattrapage significatif
par rapport à l'Ontario et le reste du Canada. Puis ça, c'est du leadership.
Notre niveau de vie a augmenté de 4,9 %
versus des reculs de 0,3 % pour l'Ontario et de 0,9 % pour le reste
du Canada. Donc, ça, c'est des résultats concrets. Le pouvoir d'achat des
Québécois a crû de 9,2 %, alors qu'il n'a augmenté que seulement de 5,1 %,
M. le Président, en Ontario et le reste du Canada. Si ce n'est pas grâce à nos
actions, je me demande bien c'est quoi.
Mais notre ambition économique ne se
limite pas à ça. Nous avons une vision pour augmenter notre autonomie. Encore
là, c'est du leadership, c'est de la vision, vouloir augmenter notre autonomie.
Nous ne pouvons pas dépendre que de nos partenaires, il faut qu'on soit
capables de se prévaloir de nos propres ressources, entreprises et marchés pour
s'adapter rapidement aux changements et bouleversements, souvent imprévisibles
à l'échelle internationale. On le sait, on a affaire à un voisin du sud
particulier.
Alors, pour y... pour soutenir tout ça, on
a accéléré l'accélération de la productivité d'énergies renouvelables pour
tendre vers la souveraineté énergétique, appuyer la décarbonation et soutenir
la réalisation des projets économiques. Ça, là, moi, je n'ai jamais vu ça dans
le passé, là, M. le Président. J'ai travaillé pendant plus de 15 ans en
développement économique régional, et ça, là, c'est du nouveau, contrairement à
ce que disent les oppositions.
La création d'un environnement d'affaires
plus simple et efficace pour les entreprises, ça aussi, M. le Président, c'est
une priorité. Puis on a été capables de s'ajuster. Pourquoi? Parce que les
entreprises nous le disent : C'est trop lourd, il y a trop de
bureaucratie, trop de réglementations. Puis on s'y attaque, M. le Président, en
se dotant d'un État plus performant, en mettant en place une voie rapide pour
les projets stratégiques.
Il y a des exemples partout, M. le Président :
à Charlevoix, au Centre-du-Québec, dans l'Estrie, dans les Laurentides.
Malheureusement, je n'ai pas assez de ce bloc de cinq minutes pour en parler.
J'aurais tellement aimé ça, mais je n'ai pas le temps. Mais le soutien à la <croissance...
>
10 h (version révisée)
<17959
Mme
Jeannotte : ...Mais le soutien à la >croissance et à la pénurie
des entreprises québécoises, notamment par des mesures pour soutenir l'innovation...
parce qu'on le sait à quel point l'innovation est importante et le repreneuriat,
ça aussi, c'est tout à fait important, tout en favorisant la diversification
des marchés et le développement des infrastructures stratégiques, on y est, M.
le Président, solidement. Donc, le positionnement du Québec comme acteur clé
dans la sécurité et la défense, ainsi que la filière des minéraux critiques et
stratégiques, si ce n'est pas du nouveau, ça, M. le Président, je ne le sais
pas , c'est quoi. Donc c'est essentiel pour la transition énergétique et
technologique. Ça veut dire qu'on oublie... ça ne veut pas dire qu'on oublie d'autres
secteurs, là. Ça veut dire qu'on priorise ceux-là. Hier, j'étais avec ma
collègue ministre du Tourisme. On est très, très impliqués en tourisme. On est
impliqués... On pourrait en nommer comme ça, le numérique, le métal, on
pourrait toutes les nommer, mais on a... on pose un geste stratégique en
priorisant la sécurité, la défense et les minéraux critiques et stratégiques.
À cette fin, mardi dernier, on a révélé
notre intention d'investir 8,3 milliards de dollars sur cinq ans pour
protéger le pouvoir d'achat des Québécois et Québécoises et notre économie, d'où
2,5 milliards qui seront dédiés à nos entreprises — ce n'est pas
rien — notre main-d'œuvre, nos régions et la recherche dans les
domaines d'importance stratégique.
M. le Président, plus concrètement, dans
le cadre de cette interpellation, ce sont 400,6 millions de dollars qui
seront octroyés pour le développement économique des régions et ils seront
distribués dans des secteurs comme l'agriculture, la forêt, les pêches. Et on
en est très fiers.
C'est tout le temps dont je dispose, malheureusement,
parce que j'aurais pu tout expliquer encore plus en détail comment, mais je
vous remercie pour ce temps.
Le Président (M. Allaire) : Merci.
Merci, Mme la députée de Labelle. On débute la deuxième série d'interventions. M.
le député de Taschereau, la parole est à vous pour cinq minutes.
M. Grandmont : Oui. M. le
Président, merci beaucoup. D'abord, je salue le ministre, nouvellement nommé au
Développement économique régional. Je remercie aussi la députée de Jeanne-Mance—Viger
pour son... la question d'interpellation, très pertinente.
C'est clair que le gouvernement a des
failles, ne fait pas son travail en termes de développement économique
régional. On a un gouvernement qui s'était présenté comme un gouvernement de l'économie
et un gouvernement des régions. Or, ça a été une grande faillite, M. le
Président, sur les deux tableaux. La stratégie du gouvernement a été d'abord
d'aider les multinationales, hein, on... je vais en parler un peu. Il y a
plusieurs... Le premier ministre parle tout le temps de moyenne au bâton. Ça a
été une vraie catastrophe, la moyenne, très basse, puis, de l'autre côté, bien,
on a abandonné, du côté gouvernemental, nos champions locaux, qui souffrent, oui,
des perturbations économiques au sud de la frontière, mais qui souffrent aussi
des changements dans lesquels nous nous inscrivons actuellement, notamment au
regard des changements climatiques. Je vais en nommer quelques-uns, je parle de
la moyenne au bâton du premier ministre, là, il se rappelle... il nous rappelle
souvent ça.
Des articles, il y en a plusieurs, j'ai
choisi celui du Journal de Québec paru récemment, là, le 19 novembre
dernier. Plusieurs entreprises ont été subventionnées, ont fait l'objet des
largesses financières budgétaires du gouvernement, notamment dans la filière
batterie, cinq annonces ont été faites. On se souvient notamment de Northvolt,
où on ne sait pas, toujours pas si 240 millions sur les 270 vont pouvoir
être récupérés. On parle aussi, là, du projet de Lion Électrique. En fait, on a
perdu environ 200 millions de dollars qui a été investi dans Lion
Électrique. Puis, les projets Ford et GM ont tous deux du plomb dans l'aile. Le
projet Airbus, bon, en 2020, une grosse décision, quand même, du
gouvernement, il a dû radier un investissement de 1,3 milliard qui a été
fait en 2016 par le précédent gouvernement, mais, quand même, on a décidé de
réinvestir là-dedans, du côté du gouvernement de la CAQ, et actuellement c'est
plus de 3 500 personnes qui travaillent pour Airbus à Mirabel. Puis,
évidemment, on est bien contents qu'ils travaillent pour Airbus à Mirabel, mais
voyez le coût que ça occasionne pour l'ensemble des Québécoises et des
Québécois : chaque emploi coûte 500 000 $ à l'État québécois. On
pourrait parler de Recyclage Carbone Varennes, on pourrait parler de Sonder, de
AppDirect, Agropur, Kraft Nordic, Kruger, des investissements dans lesquels,
finalement, le gouvernement met beaucoup d'argent, mais il y a peu de
retombées.
Pendant ce temps-là, bien, l'industrie
forestière a bien de la misère, M. le Président. Il n'y a pas longtemps, Marc-André
Despins, qui est directeur général de la Coopérative forestière du Haut-St-Maurice,
disait : Comment on peut dire ça sur le coin d'une table, que 50 %
des emplois vont disparaître au profit de jobs éphémères dans le domaine de l'énergie?
M. le Président, ça n'a pas de bon sens de jouer comme ça avec les jobs des
gens.
Même chose du côté des acériculteurs. On
leur avait fait miroiter des investissements... en fait, des... l'accès à des
terres, des terres de la couronne. On leur avait promis l'octroi de
500 000... de 50 000 <hectares...
M. Grandmont :
...des
terres, des terres de la couronne. On leur avait promis l'octroi de
500 000... de 50 000>hectares, répartis dans toutes les
régions de la province, pour les 20 prochaines années, c'était
l'équivalent, à peu près, là, de la taille de l'île de Montréal, qui s'ajoutaient
aux 45 300 déjà sous permis en forêt publique. Bien, tout ça, ça a été
coupé, M. le Président. Pour vrai, c'est difficile de suivre la CAQ là-dessus.
Ce qu'on comprend, par contre, c'est que,
pour marquer... masquer ses échecs économiques, et particulièrement en région,
le gouvernement, lui, préfère partir des guerres contre d'autres secteurs ou
d'autres acteurs de la société, par exemple, contre les syndicats, le projet de
loi n° 3, notamment. On n'a pas de problème aussi à
taper sur la tête des personnes issues de l'immigration. On s'invente des
menaces, comme l'islamisme radical. On se souviendra encore, là, du discours
inaugural du premier ministre.
On recule sur les ambitions climatiques du
Québec. Moi, je suis actuellement sur les consultations sur les cibles de GES,
avec le ministre de l'Environnement, puis c'est très, très clair, dans la...
dans la tête de bien, bien tout le monde, là, qu'on devrait repousser... que le
ministre va vouloir repousser les cibles à 2035, plutôt que 2030. Ce qu'il
faudrait faire, en fait, c'est s'assurer de faire profiter de notre
inventivité, de notre énergie propre, de notre résilience à l'ensemble des
Québécoises et des Québécois. On devrait, notamment, garder les cibles à 2030,
s'assurer de travailler à une transition juste, assurer qu'aucune job ne se
perde, s'assurer que les travailleurs et les travailleuses qui sont dans des
secteurs à risque, à cause des changements climatiques, puissent se réorienter
vers des bons secteurs d'avenir.
Puis il faudrait aussi travailler à
développer notre filet social. Regardez ce qui se passe actuellement, le nombre
de personnes qui sont dans les banques alimentaires. Notre filet social est
inadéquat actuellement. Il faudrait s'assurer que, dans cette transition juste là,
personne n'ait à souffrir du manque de compétence de la CAQ sur les enjeux
économiques.
• (10 h 10) •
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le député de Taschereau. On poursuit avec M. le ministre. Cinq
minutes. La parole est à vous.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Merci,
M. le Président. J'aimerais vous parler un peu d'économie sociale. Je pense que
c'est un secteur d'activité économique extrêmement important au Québec, et
c'est un modèle unique au Québec, parce qu'on est des leaders mondiaux en
économie sociale, entre autres, avec nos coopératives. Juste un peu vous donner
quelques chiffres. On parle de plus de 11 000 entreprises d'économie
sociale. C'est 54 milliards de revenus, 248 000 personnes
salariées, et on parle de 11,5 millions de membres. On a lancé le
programme d'action gouvernemental en économie sociale 2020-2025, M. le
Président. En fait, on parle d'investissements totaux de 531 millions de
dollars en économie sociale, ce qui a généré près de 3 200 activités
d'accompagnement et de financement d'entreprises réalisées, et c'est des
retombées économiques qui ont été évaluées à 219 millions de dollars pour
une création ou un maintien, en fait, de beaucoup d'emplois partout au Québec.
On sait que c'est des... beaucoup
d'entreprises d'économie sociale se retrouvent dans les régions du Québec.
C'est des entreprises qui ont un rôle, en fait, d'ancrage, de mobilisation des
acteurs. À titre d'exemple, moi, j'en ai une dans ma région, qui est les
entreprises Coderr, que le gouvernement du Québec a soutenues de façon
considérable depuis plusieurs années, et ils ont fait un nouveau projet, qui
était du logement abordable et social. On a été présents, M. le Président, et,
encore plus, cela s'est fait en collaboration aussi avec d'autres ministères pour
régulariser des situations. Donc, c'est un... un bel exemple, là, de
démonstration d'un gouvernement qui est connecté aux réalités du terrain, parce
qu'on croit à ces entreprises d'économie sociale. On en a partout au Québec.
C'est des entreprises qui oeuvrent dans des... différents secteurs d'activité
économique, agricole, au niveau du logement, au niveau environnemental, au
niveau de la santé.
Et juste un peu vous... pour vous dire, au
niveau, là, du renouvellement des travaux du PAGES 2025-2030, en fait, ces
travaux-là ont donné lieu à quatre ateliers de travail avec les partenaires de
l'économie sociale. C'est le ministère qui fait ça, en collaboration avec les
gens du Chantier de l'économie sociale. En fait, on a tenu trois groupes de
discussion, une consultation publique, il y a eu des consultations
interministérielles qui ont été <réalisées...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...une consultation publique, il y a eu des consultations interministérielles
qui ont été >réalisées, et les informations préliminaires ainsi que les
orientations qui ont guidé, bien entendu, l'élaboration du nouveau PAGES 2025-2030,
qui ont été présentées par le ministre délégué à la Table des partenaires en
économie sociale en janvier 2025, et savez-vous, M. le Président, qu'ils ont
reçu un accueil favorable du milieu en économie sociale? Donc, juste vous dire,
le nouveau Plan d'action gouvernemental en économie sociale a été lancé, le
11 juillet dernier, en présence des partenaires. On prévoit des
interventions financières, M. le Président, de l'ordre de tout près de 142 millions.
On sait que l'ancien plan, lui, prévoyait des interventions de 136. Donc, on a
préconisé une approche pragmatique et stratégique, puis on s'appuie sur les
principes suivants, ça, c'est vraiment important, M. le Président, c'est de
centrer les interventions sur les entreprises d'économie sociale, leurs
besoins, leur croissance afin de faciliter leur essor et renforcer leur réponse
aux besoins des communautés, des communautés locales. On vient aussi optimiser
les structures d'accompagnement. On vient aussi améliorer les outils financiers
existants en consolidant l'offre de service des partenaires et en améliorant la
complémentarité des services sur l'ensemble du territoire, M. le Président. On
s'assure aussi d'un cadre gouvernemental qui est favorable au développement des
entreprises d'économie sociale en travaillant de concert avec les ministères et
les organismes pour accroître leur compréhension et la prise en compte, entre
autres, de ce modèle d'affaires dans les interventions gouvernementales.
Donc, M. le Président, on renforce
l'action en économie sociale puis on le fait avec le milieu. Ce n'est pas nous,
mais c'est le milieu qui nous donne ces besoins.
Le Président (M. Allaire) :
Merci. Merci, M. le ministre. On poursuit avec le député de Gaspé, cinq minutes.
La parole est à vous.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. Salutations à M. le ministre, ses équipes, collègues du
gouvernement, collègues des oppositions.
Très heureux, M. le ministre, d'être ici,
en cette Chambre, pour parler de développement économique régional. À titre de
député, moi, de la région de la Gaspésie, comté de Gaspé, vous comprendrez que
c'est un sujet qui me tient à cœur. C'est un sujet aussi qui touche l'essentiel
des régions du Québec. Donc, on est très heureux de la nomination de notre
ministre, qui voit très spécifiquement au développement régional dans chacune
des régions du Québec. Il est présentement en tournée, il nous visite, il vient
rencontrer nos entreprises. On échange de nos enjeux et, honnêtement, c'est
très agréable, et puis c'est rassurant de voir quelqu'un qui a une
compréhension régionale de l'économie du Québec, qui est aussi lui-même, avec
son bagage d'entrepreneur, très au fait des réalités de nos milieux. Donc,
c'est rassurant, et puis, bien évidemment, comme député, bien, on est très à
l'écoute de nos milieux et puis on se fait un devoir, là, de transmettre le
plus fidèlement possible nos réalités au cabinet de notre ministre.
Vous dire que notre gouvernement, M. le
Président, est un gouvernement qui se qualifie de gouvernement des régions,
gouvernement de l'économie, et force est de constater qu'à travers les sept
dernières années, les résultats parlent par eux-mêmes. Un gouvernement qui est
sensible aux réalités des visages de nos régions et, concrètement, ce que ça
veut dire, bien, les régions du Québec sont comprises, écoutées, entendues, et
il y a des actions qui sont déterminantes dans chacune des régions du Québec. Malgré
ce que peuvent dire nos collègues des oppositions, les régions du Québec sont
touchées, là, de façon assez importante au niveau des investissements qui sont
consacrés pour le développement économique de notre province.
Je prends le cas de l'Abitibi et son
secteur minier, un secteur foisonnant, prometteur d'avenir dans le contexte des
investissements qui se font nommément au niveau des minéraux critiques. Tout le
monde a entendu parler, là, dans les derniers... dernières semaines, derniers
mois, dernières années même, de l'engouement pour les minéraux critiques et
stratégiques. Ce sera le nerf de la guerre dans l'électrification des
transports et plus largement dans la transition climatique du point de vue
global. En septembre dernier, le premier ministre et ministre responsable de la
Région s'est déplacé en Abitibi pour annoncer l'octroi d'un bloc de
25 mégawatts d'énergie nécessaire pour développer la <future...
M. Sainte-Croix :
...pour
développer la >future mine Odyssée.
En investissant dans ce domaine, M. le
Président, on vient à la fois créer des emplois payants en région et également
positionner le Québec comme un leader dans cette grande industrie. En d'autres
mots, on fait d'une pierre deux coups.
Le ministre délégué au Développement
régional était récemment de passage en Gaspésie pour annoncer un soutien au Groupe
AEM Canada afin qu'il puisse augmenter la production d'alumine de haute pureté
à son usine située à Cap-Chat. C'est un support de 7 millions, M. le
Président, 7 millions, conjugué avec l'octroi de 10 mégawatts qui
permettra à l'entreprise de doubler sa capacité de production et de créer plus
de 50 emplois bien rémunérés en région. Il convient de rappeler que, selon
une étude récente, il est estimé que le marché de l'alumine de haute pureté
devrait connaître un taux de croissance annuel de 18 % d'ici 2028. On
parle d'investissements structurants, vous en avez une belle preuve. Ça, c'est de
la vision, M. le Président. Investir dans les secteurs qui créeront de la
richesse dans 10, 20, 30 ans, c'est ce qu'on s'est donné comme objectif.
La vision, c'est aussi de supporter les
Québécois là où ils s'épanouissent. Cet aspect-là est crucial dans un contexte
de l'imposition des tarifs par notre voisin au sud. Je pense ici aux multiples
industries québécoises qui sont durement touchées et surtout aux travailleurs
québécois qui en souffrent. Notre gouvernement est sensible à leur réalité et
c'est pourquoi, dans le cadre du point sur la situation économique et financière
du Québec, nous avons annoncé un appui financier supplémentaire aux secteurs de
l'agriculture et des pêcheries. Également, notre gouvernement va investir
65 millions de dollars pour prolonger le crédit d'impôt pour la
Gaspésie et certaines régions maritimes du Québec. Je dis bien «investir ici»,
parce que, lorsque les régions du Québec ont du succès, c'est tout le Québec
qui en profite. Je pourrais continuer encore longtemps, M. le Président...
• (10 h 20) •
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci. Effectivement, c'est moi qui vous arrête. Merci, M. le député de Gaspé.
Alors, je me retourne vers vous. Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger,
troisième série d'interventions, vous avez cinq minutes, la parole est à vous.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Juste pour corriger... de clarifier quelque chose pour mon collègue
de Gaspésie, là, il se pète les bretelles pour l'annonce que vous avez faite
pour avoir donné 25 mégawatts, là, d'électricité, ça, c'est pendant que
vous avez privé l'ensemble des PME à travers le Québec pendant sept ans, parce
que vous avez mis toutes vos billes d'électricité dans Northvolt qui a fait
échec. Alors, moi, je ne me péterais pas trop les bretelles là-dessus.
Ceci dit, il y a quelque chose que le
ministre a dit dans son intervention en disant qu'il y a des belles choses qui
se font en région, et j'avoue que je suis d'accord avec lui. Pourquoi qu'il y a
des belles choses qui se font en région? Parce que c'est grâce à les hommes et
des femmes qui se lèvent à tous les matins, qui mettent la main à la pâte et
qui travaillent extrêmement fort malgré tous les obstacles, tous les obstacles
que ce gouvernement-là met pour eux. Malgré tout ça, eux, ils ont leur région à
cœur, eux, ils se battent à tous les jours, tous les jours pour garder leurs
travailleurs au travail et de s'assurer qu'ils contribuent à l'essor économique
de leur région. Ça, là, je suis tout à fait d'accord avec vous, M. le ministre.
Ça, là, il faut féliciter ces hommes et ces femmes-là qui se tiennent debout
pour leur région malgré le... le soutien qu'ils ne reçoivent pas de ce
gouvernement.
Je vais juste rapidement revenir, parce
que le ministre a mentionné plusieurs aspects de le plan PME, puis on ira sur
la... tout ce qui est bureaucratie par la suite. Alors, ça va laisser le temps
de le ministre de trouver ses fiches sur la paperasse. Juste vous dire, là,
dans les programmes qui étaient dans le plan PME, il y avait cinq organismes
qui étaient financés, on parle de l'Espace-Inc, La Ruche, OSEntreprendre, programme
Persévérance du Think Tank en entrepreneuriat et le Réseau Mentorat, cinq
organisations qui étaient extrêmement appréciées par nos PME, surtout en
région. Mais devinez quoi? Deux d'entre elles sont déjà fermées, dont Espace-Inc
qui annonce en juillet qu'il ferme ses portes à cause d'une coupure, tenez-vous
bien, M. le Président, 75 % de son financement qui a été coupé. Qu'est-ce
qu'il faisait, cet organisme-là? On laisse 170 entrepreneurs sans
accompagnement. C'est ça. C'est ça le soutien que le gouvernement donne. Réseau
Mentorat, le ministre en a parlé dans son intervention, Réseau Mentorat. Bien,
figurez-vous, M. le Président, là, juste vous donnez un petit peu... c'est 14 000 entrepreneurs,
OK? On accompagne 3 600 en mentorat, c'est 67 organismes. Qu'est-ce
qu'ils ont fait, le gouvernement, M. le Président? Devinez. Ils ont coupé. Ils
ont coupé 4,5 millions de dollars sur un autre programme qui
travaillait <extrêmement...
Mme
Rotiroti
:
...Ils ont coupé 4,5 millions de dollars sur un autre programme qui
travaillait >extrêmement bien.
Parlons des CCTT. Il devrait connaître ça,
M. le ministre, vous en avez un dans votre région. C'est 59 centres, ça
représente 155 millions de chiffre d'affaires, 13 000 projets
menés par 2 400 experts pour 5 600 entreprises.
Gouvernement, voulez-vous savoir comment vous les aidez, les CCTT? Vous avez
coupé 20 % de leur financement public, 20 % du financement. Ça, là,
ça s'appelle accompagner nos entreprises, n'est-ce pas, M. le Président?
Alors, écoutez, quand le... je comprends
que les députés du gouvernement veulent... puis ils ont des textes devant eux
puis ils doivent lire, mais, sincèrement, je m'attendais un petit peu plus des
collègues de régions. Le ministre dit qu'il est en tournée présentement. Très
bien. Alors, ils doivent entendre les mêmes choses qu'on entend. S'il rencontre
des entrepreneurs, s'il rencontre ses partenaires principales, les PME, les
MRC, comme ancien maire, j'imagine qu'il va voir ses anciens collègues, je ne
peux pas croire qu'il n'entend pas la même chose qu'on entend. C'est partout,
partout pareil. Si une chose qui fait l'unanimité partout à travers les
régions, c'est que gouvernement-là est totalement déconnecté. Vous ne pouvez sincèrement
être devant moi aujourd'hui, puis avec tous les gens qui vous écoutent, puis
dire que vous écoutez vos... les régions. C'est impossible, M. le Président.
Alors, le temps file. Cinq minutes, ce
n'est pas beaucoup. Je vais revenir sur tout qu'est-ce qui est bureaucratie.
J'ose espérer que le ministre devant moi a parlé à son collègue qui a été très
fier de dire qu'il va continuer dans la continuité de l'ancien ministre aux
PME, c'est-à-dire déposer un cinquième projet de loi pour alléger la paperasse.
Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. M. le ministre, je vous cède la parole pour cinq minutes.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Merci, M. le Président. Écoutez, on peut parler de différents sujets ici, mais
moi, ce qui est important aussi, c'est d'amener ce que les gens me parlent sur
le terrain aussi, puis qui est positif. Les... nos entrepreneurs, nos agents de
développement local, nos gens sont des personnes dévouées. On l'a dit, on les
rencontre, les gens sont motivés, les gens sont résilients, aussi, malgré le
contexte. Ils ont des solutions, les gens. Puis justement, on est là pour les
soutenir. Puis moi, là, mon but, c'est de les aider.
On va revenir tout à l'heure sur
l'allègement réglementaire, oui, j'ai bien hâte, mais je veux aussi vous
mentionner d'autres choses qui sont des organisations qui aident justement le
développement économique régional, nos petites PME, à se diversifier, à aller
sur les marchés aussi, entre autres dans des régions, dans des régions comme
chez nous. Puis tout à l'heure, j'entendais mes collègues, oui, en Gaspésie,
durant les tournées. Je suis allé aux Îles-de-la-Madeleine aussi, vraiment des gens
dynamiques, avec des enjeux particuliers. Tout à fait. Mais on a ramené des
choses. Il y a des affaires qui se font en ce moment, puis en Gaspésie, au
Centre-du-Québec... je suis allé en Abitibi-Témiscamingue rencontrer plusieurs
entreprises, plusieurs personnes, plusieurs acteurs du développement local.
Puis je reviens un peu avec la Gaspésie, des gens qui sont dynamiques, qui sont
fiers de leur région, oui, qui ont des enjeux, qu'on a des discussions avec mon
collègue à ce niveau-là, qui est bien au fait aussi de ces dossiers, de ces
enjeux.
Vous avez vu aussi en ce moment, là, trois
ou quatre régions qui se sont entendues au niveau, là, du plan fédéral, au
niveau... pas du plan fédéral, oui, avec la construction d'un navire, tout ça,
Gaspésie, Saguenay—Lac-Saint-Jean, Lévis. Ça, c'est des choses que les régions,
avec ce qui est amené des gouvernements, se mettent ensemble, puis ça donne une
force.
Mais je veux revenir aussi... je veux revenir
sur les créneaux d'excellence du Québec, M. le Président, parce que c'est
important. On est ici aussi pour parler des choses, des choses qui sont
adaptées pour notre milieu, qui viennent en aide aussi à notre milieu. Les
créneaux d'excellence, qui sont issus d'une démarche stratégique de
développement économique, M. le Président, régionale, puis ça a été lancé, ça,
par une décision du Conseil des ministres du gouvernement du Québec en avril
2002, on a poursuivi ça, M. le Président. Les créneaux d'excellence sont
importants. Moi, j'y crois pour... justement, ils viennent s'appuyer sur des
forces régionales, sur la <mobilisation...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...pour... justement, ils viennent s'appuyer sur des forces régionales, sur la >mobilisation,
sur le dynamisme des gens d'affaires en région. Ça vient favoriser des
alliances, M. le Président, des partenariats, les réseaux et le maillage entre
les entreprises, les organismes de développement économique, les centres de
recherche et les institutions d'enseignement aussi, M. le Président, qui sont aussi
des vecteurs d'économie régionale, nos centres.
Puis je fais une parenthèse. J'étais à
l'université, hier, l'université... à l'UQAC. C'est majeur, les retombées
économiques. Ils travaillent autour d'une vision commune de développement
sectoriel. Puis il y a eu une modernisation, aussi, de la démarche ACCORD,
qu'on a réalisée, M. le Président, en 2024. Ces travaux, là, ça a permis, entre
autres, de conserver, M. le Président, nos créneaux les plus performants et
d'ajuster leur financement en fonction de leur niveau de maturité. On parle
soit en démarrage, en croissance ou établis, M. le Président. On a 24 créneaux
d'excellence qui sont répartis dans 14 régions et dans 12 secteurs
d'activité économique stratégiques pour le Québec, M. le Président. Ces créneaux-là
viennent, bien entendu, favoriser le développement économique. Moi, dans ma
région, j'en ai trois. J'en ai un, entre autres, qui est un créneau
d'excellence au niveau agricole. Dernièrement, ils ont fait une journée, une
thématique, du réseautage, du maillage, et c'est là qu'on voit à quel point ils
ont de l'importance, qu'ils viennent aider nos entreprises à se diversifier, à
aller sur les marchés, à faire du partenariat. Ils soutiennent aussi des
petites PME en région, dans des milieux... c'est très local. Quand on parle de
mise en marché des produits agricoles, quand on parle d'atteindre de la
clientèle, de favoriser... de faire du développement, parfois ils n'ont pas les
ressources, ils n'ont pas tout le personnel. Donc, ces organisations-là viennent
les aider, justement, à réaliser leurs projets, à faire du développement, puis
à atteindre des marchés, puis à se faire connaître, M. le Président.
• (10 h 30) •
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. On poursuit avec la députée d'Argenteuil. Je vous cède
la parole pour cinq minutes.
Mme Grondin : Merci, M. le
Président. Donc, mes salutations à vous, au ministre, à mes collègues députés
du gouvernement et à mes collègues de l'opposition.
M. le Président, il y a une perception que
le gouvernement investit seulement dans les grandes entreprises, notamment
étrangères, ou, comme la députée de Jeanne-Mance—Viger dit, qu'on préfère les
gros deals. Mais, cette perception, je pense qu'elle est propagée probablement
par les oppositions et dans les médias, ou vice et versa, comme le disait
d'ailleurs le député de Taschereau. Mais, M. le Président, je vais détricoter
cette croyance, qui est, à mes yeux, un peu crédule.
Il suffit de vivre en région pour
comprendre que les économies sont structurées autour d'entreprises qui prennent
des risques, qui innovent, qui stimulent le développement économique et la
vitalité de nos communautés. On investit, M. le Président, plus de 90 %
dans nos PME, et, en cinq minutes, je vais vous donner des exemples concrets où
nous avons posé des gestes pour soutenir certains projets portés par nos PME
dans nos régions.
Allons d'abord en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.
Mon collègue de Gaspé peut certainement témoigner que... de l'importance de
l'industrie de la pêche pour les Gaspésiens et les Madelinots. C'est pourquoi
on a octroyé un prêt de 3 millions à la Coopérative des Pêcheurs du Cap
Dauphin pour soutenir un projet d'expansion de plus de 8 millions. C'est
un support vital, je pense que mon collègue va en convenir mais l'ensemble de
mes collègues aussi, c'est un support vital pour une industrie clé qui profite
à tous les Québécois. C'est aussi une façon, évidemment, de protéger nos
traditions culinaires et de mettre en valeur notre terroir.
Mais, au-delà du homard, le Québec jouit
aussi d'une industrie brassicole qui est extrêmement dynamique. M. le
Président, on parle ici de retombées économiques annuelles qui dépassent les 3 milliards de
dollars. Donc, l'industrie de la bière est très porteuse pour nos régions. Elle
participe activement à l'achat local, en plus de contribuer à faire rayonner
notre industrie agrotouristique. Tout récemment, le ministre délégué à
l'Économie a annoncé un prêt de 2,4 millions pour le développement de la Microbrasserie
Le Prospecteur, à Val-d'Or. Il <soulignait...
>
10 h 30 (version révisée)
<17827
Mme
Grondin : ...pour le développement de la Microbrasserie Le Prospecteur
à
Val-d'Or. Il >soulignait d'ailleurs que c'est avec des projets
comme celui du Prospecteur que les microbrasseries québécoises vont continuer d'assurer
leur croissance. Ça reflète bien nos ambitions quant à la valorisation des
bières brassées ici, au Québec.
Mais, dans nos régions, M. le Président, on
ne produit pas juste des produits alimentaires. Je vous donne des exemples,
comme dans Lanaudière, où on investit conjointement, avec le gouvernement
fédéral, dans l'entreprise familiale Mélymax, qui est une PME, fondée en 1997,
qui fabrique des portes d'acier haut de gamme. Ces aides financières vont aider
l'entreprise à doubler ses capacités de production. Je pense aussi à Galveco, dans
Charlevoix, où on soutient la construction et l'exploitation d'une usine
écoresponsable de galvanisation à chaud à Saint-Urbain. Ça va nous permettre
aussi de poursuivre notre engagement pour créer une économie verte, parce que
cette création d'usine va aussi permettre de réduire 19 000 tonnes
équivalant de CO2 par année. C'est quand même une... la création de
100 emplois de qualité dans cette belle région qui est surtout
récréotouristique. Donc dans chaque région, on a des besoins différents, on est
bien implantés dans chacune d'elles. Mes collègues, je peux vous l'assurer, M. le
Président, ils comprennent bien la réalité sur le terrain.
Je voudrais aussi dire qu'on investit
également pour soutenir nos entreprises dans l'exportation. Et, en somme... Il
me reste peu de temps. J'aurais voulu poursuivre sur toute cette question-là de
notre réseau de délégations dans les différents États. Mais, en somme, on est
un gouvernement nationaliste. On... on aide les PME, les entreprises
québécoises, mais on ne va pas non plus perdre de vue les opportunités que l'international
peut nous fournir. Donc, je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, Mme la députée d'Argenteuil. Alors, on poursuit avec la quatrième série
d'interventions. Mme la députée de Terrebonne, la parole est à vous pour cinq
minutes.
Mme Gentilcore : Merci, M. le
Président. Donc, seulement cinq minutes, je vais aller droit au but. J'aimerais
commencer par parler des forêts, hein, on le sait, le gouvernement de la CAQ a
abandonné, l'été dernier, sa réforme du régime forestier. Moi, ma première
question pour le ministre, ce serait de savoir comment il s'est senti, le 10 novembre
dernier, quand il était au centre-ville de Montréal, à côté du premier ministre,
et qu'on a appris la perte de 30 000 emplois pour le secteur
forestier. Hein, on le sait, M. le ministre est dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
la forêt, il y en a mur à mur dans sa région. Et là on se retrouve à faire une
annonce comme celle-là, à des milliers de kilomètres, à des centaines de
kilomètres, milliers de kilomètres des régions qui sont touchées au centre-ville
de Montréal. Donc, moi je serais curieuse de savoir comment il s'est senti puis
surtout comment sa région a réagi à ça. Nous, on a eu des échos évidemment des
différentes régions, notamment de la sienne, et les gens ont très mal réagi,
trouvaient que ça manquait de sensibilité. Donc, ça, ce serait ma première
question.
Ensuite de ça, parlant de sensibilité, on
a appris aussi, dans les journaux, là, il y a quelques semaines, que Yanick
Baillargeon, qui est le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, justement, dans la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, mais qui est aussi le président de l'Alliance
Forêt boréale, bien, il nous disait qu'il n'avait pas encore pu rencontrer M.
le ministre, hein, que M. le ministre n'avait pas trouvé de temps dans son
agenda pour le rencontrer, alors que c'est un interlocuteur tellement important
dans l'industrie forestière. Donc là, je serais curieuse de savoir : Est-ce
que cette rencontre-là a pu avoir lieu? Est-ce qu'ils ont finalement pu se
parler? Et, si tel est le cas, je serais curieuse de savoir ce que M. Baillargeon
a pensé, là, des mesures d'aide qui ont été soumises par le gouvernement de la
CAQ lors de la mise à jour économique récente, là, c'est-à-dire de donner congé
de taxe pour les masses salariales dans l'industrie de la forêt. On s'entend
que, quand on est dans une industrie où on n'est certainement pas en train d'employer
qui que ce soit, ou carrément les entreprises sont à l'arrêt, un congé taxe sur
la masse salariale, ce n'est pas ce à quoi on s'attendait dans cette industrie-là.
On a eu de nombreux retours là-dessus également. Donc, M. le ministre, là, qui
habite, somme toute, à une heure de chez M. Baillargeon, très curieuse de
savoir si cette rencontre-là a eu lieu et ce qu'il a pensé des récentes
annonces.
Autre sujet que j'aimerais aborder, qui
est un sujet qui me touche particulièrement, celui des zones d'innovation. J'étais
à la tête de Numana, qui est un organisme en technologies émergentes, donc, la
grappe des technologies émergentes du Québec. Et, à l'époque, on avait un
projet extrêmement porteur avec la zone d'innovation en quantique qui se trouve
à Sherbrooke. C'est une zone d'innovation qui connaissait beaucoup de succès,
qui connaît encore beaucoup de succès, donc, vraiment une alliance entre les
parties publiques, les entreprises privées, tant les PME que les grandes entreprises,
et évidemment le réseau universitaire, donc, la recherche et le développement.
Puis, on le voit, ça a créé des emplois, ça fait en sorte qu'on est... que le
Québec est un chef de file, vraiment un leader en... en <matière...
Mme Gentilcore :
...ça
fait en sorte qu'on est... que le Québec est un chef de file, vraiment un
leader en... en >matière de quantique. Mais là il y a plusieurs zones
d'innovation qui attendent des nouvelles, là, du ministre puis qui nous disent
qu'ils s'attendent à ce qu'il se passe quelque chose par rapport à leurs zones
d'innovation, dont celles d'innovation minière à Rouyn-Noranda notamment, la
zone d'innovation bleue dans le Bas-Saint-Laurent et le centre d'innovation en
aluminium à Chicoutimi. On a eu l'occasion d'aller à Chicoutimi à plusieurs
reprises, là, Chicoutimi, encore une fois, la région du ministre, dernièrement,
puis on attend des nouvelles à ce niveau-là. Leur plan est prêt. J'ai rencontré
tous les intervenants de ce projet-là, puis le projet ne se passe pas, il n'y a
rien qui se passe finalement. Donc, on le sait, là, ces zones-là sont
importantes, ce sont des leviers économiques importants, ça permet de former de
la main-d'œuvre, ça... c'est au cœur de la vitalité économique, là, quand je
pense entre autres à celle en quantique à Sherbrooke, c'est un véritable
village qui est en train de se créer autour de cette zone-là. Donc, curieuse de
savoir ce qu'il en sera de ces zones d'innovation là et des promesses qui ont
été faites par la CAQ par rapport à ça.
Puis, dernière petite chose dont
j'aimerais parler, M. le Président, c'est évidemment tout ce qui se passe en
Abitibi-Témiscamingue. Là, je parlais justement de la Zone d'innovation minière
à Rouyn-Noranda. On le sait, il y a des attentes de tout le secteur minier en
Abitibi-Témiscamingue. Pendant trois ans, on n'a pas une ministre déléguée à la
région. Là, vu le retard qu'on a pris, on a nommé le premier ministre comme
ministre responsable de la région. Donc, moi, j'aimerais savoir c'est quoi, là,
le plan du ministre pour le développement de l'industrie minière, notamment en
Abitibi-Témiscamingue. Ces gens-là attendent des réponses. Il reste 10 mois
pour agir. Puis je serais bien curieuse de connaître le plan du ministre.
• (10 h 40) •
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée de Terrebonne. Donc, on enchaîne avec vous, M. le ministre, pour
cinq minutes. La parole est à vous.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Merci,
M. le Président. Bien, tout d'abord, M. Baillargeon a mon numéro de téléphone
et on a eu des discussions ensemble, puis c'est toujours un plaisir d'avoir des
discussions avec M. Baillargeon, entre autres, avec tous les préfets de ma
région, effectivement. Donc, on est en mesure de se rejoindre à n'importe quel
moment. J'ai son numéro et il a mon numéro de téléphone.
Je veux revenir un peu sur le réseau...
bien, en fait, sur le plan PME, j'ai parlé du Réseau accès PME, mais, vous
savez, du temps que j'étais entrepreneur, ce n'était pas aussi accessible que
ça l'est maintenant, parce que le plan PME vient intégrer, en fait, tout
l'écosystème, ce que nous n'avions pas avant. Donc, on a... En fait, je veux
quand même prendre le temps de les passer, parce que j'ai parlé beaucoup du
Réseau accès PME, en fait, qui est la mesure 1 du plan PME et qui était,
en... une priorité, comme je l'ai dit, de la part des MRC, qu'on a annoncé lors
du congrès de la FQM, en octobre, novembre et qu'on a prolongé. Donc, j'en ai
parlé, on sait l'importance du Réseau accès PME, mais il y a aussi d'autres
choses dans les mesures, dans les sept mesures. On a aussi l'espace PME innovation.
Puis, lorsque j'ai été nommé ministre, ça ne fait quand même pas longtemps,
j'ai regardé ça puis j'ai été agréablement surpris de voir qu'il y avait quand
même beaucoup de choses, entre autres, dans cette mesure, Espaces PME
innovation, qui est un soutien aux PME en favorisant les projets innovants, de
la concertation des acteurs de l'écosystème régional d'innovation afin
d'assurer des services qui répondent, bien entendu, aux besoins de nos
entrepreneurs. On parle d'implantation d'une culture d'innovation dans les
régions. C'est important, l'innovation, de plus en plus, on en parle de plus en
plus, parce qu'il faut innover, justement, dans nos régions.
Il y a aussi toute la question du
financement. Bien entendu, c'est important d'avoir accès au financement aussi
dans nos projets d'entreprises. Ça prend des conditions qui sont flexibles, M.
le Président, qui sont adaptés aux besoins des entreprises. Il faut accroître
la productivité, il faut renforcer la position, il faut optimiser la croissance
de nos PME. Puis, entre autres, on a aussi des leviers de financement, hein, j'en
ai parlé tout à l'heure. On a le programme d'Investissement Québec, dont le
programme Essor. On a les fonds locaux d'investissement, les FLI, qui sont sous
la responsabilité des MRC. On a aussi des fonds qui sont spécialisés, qui sont
aussi sous la responsabilité d'organismes partenaires, qu'on mentionnait tout à
l'heure. On a Investissement Québec, qui sont présents dans le plan PME. On a
aussi d'autres organisations.
Vous savez, les FLI, là, on n'en parle pas
souvent, mais je veux quand même faire une petite parenthèse là-dessus. Tu
sais, on parle de financement, là, sous forme de contribution remboursable jusqu'à
150 000 $, là. Tu sais, ce n'est pas... c'est quand même important,
c'est important dans nos petits milieux. C'est important dans les régions pour
nos PME. Donc... Puis justement, à ce niveau-là, c'est un <dossier...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...important
dans les régions pour nos PME. Donc... Puis justement, à ce niveau-là, c'est un
>dossier, là, qui me touche particulièrement.
On a aussi des objectifs, M. le Président,
pour la relève d'entreprises. De plus en plus, on le sait, on a besoin aussi de
repreneuriat de plus en plus. Donc, on a même un... on paie même jusqu'à un
montant maximum de 5 000 $ pour des honoraires professionnels. C'est
important, c'est des montants qui viennent vraiment en aide à des PME de deux,
trois, quatre, cinq employés. C'est des montants qui sont extrêmement
importants. On s'en fait parler aussi.
On a aussi MicroEntreprendre qui... une
organisation qui... qui offre ses services. En fait, c'est des organismes
membres, on parle d'accompagnement, de soutien à la rédaction du plan
d'affaires, des ateliers collectifs pour renforcer les compétences, même aussi
du financement par prêts qui peuvent aller jusqu'à 20 000 $.
Une mesure qui est extrêmement importante,
Evol, M. le Président. On sait, c'est Femmessor. Justement, on a assisté à
l'assemblée générale, puis elles sont très contentes, très fières de travailler
en collaboration avec le ministère à la poursuite, justement, du développement,
là, des femmes en affaires. C'est... On en a de plus en plus, on y croit, donc
on les soutient. Il faut être présents avec eux à ce niveau-là. Puis le
programme Evol est quand même un programme extrêmement important.
Puis il y aurait... je pourrais vous en
nommer d'autres, M. le Président, l'École des entrepreneurs du Québec, donc...
Le Président (M. Allaire) : Merci,
merci, M. le ministre. Ça met fin à votre bloc à vous. Donc, M. le député de
Gaspé, on poursuit. Cinq minutes. La parole est à vous.
M. Sainte-Croix : M. le
Président, je vous ai laissé, lors de mon premier bloc, en vous parlant d'un
investissement de 65 millions associé au crédit d'impôt pour la Gaspésie
et autres régions maritimes du Québec. Je pourrais aussi vous parler du
maritime en général, bien placé comme député pour vous en parler. Quand on
parle de maritime, on parle, là, dans les... dans les derniers mois au niveau
des investissements de notre gouvernement, de 145 millions de dollars dans
le capital du Groupe Océan. C'est qui, ça, Océan? C'est un leader en conception
et fabrication de navires. C'est une entreprise qui détient des chantiers
maritimes ici, à Québec, bien évidemment, de l'autre côté du fleuve, à L'Isle-aux-Coudres,
et aux Méchins. On parle de 1 000 employés au Québec, principalement
dans les régions du Québec.
Je vous parle de la Gaspésie, mais je
pourrais vous parler de l'ensemble des régions du Québec : la Côte-Nord,
l'aluminerie, on parle de 1 000 emplois; le Bas-Saint-Laurent,
Premier Tech, 500 emplois directs; le Saguenay, son port, la
multitude des industries qui tournent autour du port de Saguenay; la Montérégie
avec le... l'innovation agricole; la Mauricie, textile, industrie historique du
Québec, le Centre-du-Québec, économie circulaire; l'Estrie, avec son... sa
nouvelle économie technologique. Ce sont des régions du Québec, ce sont des
innovations de nos milieux, et c'est ces gens-là qu'on accompagne à tous les
jours.
Alors, M. le Président, quand j'entends de
ma collègue que nous sommes déconnectés des régions économiques du Québec,
bien, je serais plutôt porté à dire le contraire : Vous semblez
déconnectée sérieusement de ce qui se passe dans chacune des régions du Québec.
Je pourrais vous parler d'énergie aussi,
M. le Président, une industrie historique au Québec, hein, avec notre potentiel
hydroélectrique, mais aussi la nouvelle réalité du développement énergétique,
énergie verte. Je pourrais vous parler d'énergie éolienne, une énergie très
importante pour bon nombre de régions, et ça ne fait que grandir. Je pourrais
vous parler de l'Est-du-Québec, région que je connais bien, le berceau du
développement éolien.
C'est, dans les derniers mois, là, quand
on regarde concrètement, là, les investissements du gouvernement du Québec,
l'ensemble des parties prenantes qui sont associées à ces chantiers-là, c'est
quelque chose de très intéressant, stimulant. Et, bien évidemment, c'est
historique en termes d'innovation et d'investissement.
En... Au mois d'août, pas plus tard qu'au
mois d'août dernier, le premier ministre était à Gaspé pour annoncer un
partenariat historique avec la nation Micmac pour la construction d'un parc
éolien d'envergure. On parle d'un potentiel énergétique de
6 000 mégawatts. 6 000 mégawatts, M. le Président, c'est
l'équivalent de la consommation de l'île de Montréal. Ce n'est pas pour rien
que le premier ministre a qualifié ce partenariat de la plus grosse annonce de
l'histoire de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent.
C'est à travers des des projets comme ça
que la <signature...
M. Sainte-Croix :
...des
projets comme ça que la >signature de notre gouvernement économique se
fait sentir.
Le mois dernier, avec l'Alliance de
l'énergie de l'Est, une autre annonce, 1 500 mégawatts d'énergie
éolienne dans les MRC de Montmagny, L'Islet, Kamouraska, Rivière-du-Loup et
Témiscouata, un ensemble de comtés, de MRC, de villages, de communautés réunis
à travers la région de l'Est-du-Québec. Cette annonce a été faite à Cacouna. On
a évoqué la création de milliers d'emplois. On pourrait aussi évoquer l'accord
historique entre Terre-Neuve et Labrador, qui garantit la... garantira, pardon,
de l'énergie à bas coûts pour les générations futures. Des grands projets, des
projets nourris d'ambition, et c'est ce qu'on accompagne à tous les jours, M.
le Président. D'ici 2027, strictement sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec,
nos chantiers énergétiques devraient créer 8 000 emplois. 8 000 emplois,
M. le Président, dans des régions comme les nôtres, c'est quelque chose de
majeur, c'est quelque chose de structurant, et on est très fiers d'être à ce
rendez-vous.
On a aussi, vous le... vous le savez, le
Plan pour une économie verte 2030, la politique-cadre d'électrification et
de lutte contre les changements climatiques du Québec. Ce plan comprend un
investissement de plusieurs milliards de dollars pour assurer sa mise en œuvre,
plusieurs milliards de dollars, M. le Président, qui, là aussi, vont
accompagner des entreprises de nos milieux, des initiatives de nos milieux, et
avoir des résultats concrets pour l'ensemble des Québécois et des Québécoises.
Donc, on est très fiers, M. le Président,
d'être au rendez-vous du point de vue économique, d'être en synergie serrée
avec nos communautés.
• (10 h 50) •
Le Président (M. Allaire) : Merci,
M. le député de Gaspé. Donc, on débute la sixième série d'interventions. Mme la
députée de Jeanne-Mance—Viger, cinq minutes. La parole est à vous.
Mme Rotiroti : Oui, merci, M.
le Président. Juste pour clore le dossier de le plan PME 2025-2028, je
vais vous lire une citation de la Chambre de commerce du Saguenay-Le Fjord, qui
est dans le comté... c'est la chambre de commerce du ministre. La PDG, la PDG
du... de la chambre dit ceci, et je cite : «Ce plan ne répond pas
véritablement aux besoins des PME. Le gouvernement ne tient pas compte des
besoins réels. Les mesures sont politiques, sans impact concret.» Elle ajoute
que «la paperasse demeure imposante, et les normes augmentent sans cesse». Et
ça tombe bien, parce que je voulais aborder la question de la paperasse, toute
la bureaucratie qui a été mise en place depuis que ce gouvernement, là, a pris
le pouvoir.
Je vais juste, pour des fins... pour qu'on
se situe... On parle de 278 000 PME à travers le Québec, réparties
dans 17 régions économiques. Malgré les nombreuses promesses du
gouvernement, en disant qu'ils vont réduire la bureaucratie, ils font
exactement le contraire. Il n'y a jamais eu autant de paperasse dans le
processus administratif de nos entreprises et nos PME. Le temps consacré à la
bureaucratie prend le dessus, imaginez-vous, prend le dessus sur le temps
consacré à l'innovation, à la production et la croissance de l'entreprise.
Depuis cinq ans, depuis que la CAQ est là, les entrepreneurs québécois voient
leurs charges administratives exploser. 80 % des PME disent que le fardeau
a augmenté. 65 % estiment que cela freine directement leur productivité,
parce qu'au lieu d'avoir une ressource sur... en train de travailler, et
d'accroître la productivité de l'entreprise, et peut-être même accepter un
contrat, bien, qu'est-ce qu'ils font, c'est... il faut qu'ils mettent une
ressource pour remplir les nombreux documents et formulaires requis et redditions
de comptes qu'ils doivent faire pour le gouvernement. Un rapport de la FCEE, en
janvier 2025, nous a confirmé : 735 heures, en moyenne, que passent
nos entreprises à gérer la paperasse, et le poids financier du fardeau
réglementaire a augmenté de 2,4 milliards depuis votre arrivée, depuis
votre arrivée.
Savez-vous qu'est-ce que les entrepreneurs
pensent quand le gouvernement dit : Bien, nous, on veut réduire la
paperasse puis, si on veut aider les PME à se concentrer sur être... sur la
productivité, se concentrer, d'aller chercher des contrats? Savez-vous
qu'est-ce que les entrepreneurs pensent de ce gouvernement-là? 11 %,
11 % croient que le gouvernement comprend leurs défis, 11 % des
entrepreneurs croient que le gouvernement comprend leurs défis. Si ce n'est pas
ça, être déconnecté de la <réalité...
Mme Rotiroti :
...
gouvernement
comprend leurs défis. Si ce n'est pas ça, être déconnecté de la >réalité
de qu'est-ce qui se passe avec nos entreprises et nos PME, je ne sais pas c'est
quoi, M. le Président. 7 % croient que le gouvernement veut réellement
réduire la bureaucratie. Dans le fond, là, M. le ministre, il n'y a personne
qui vous croit quand vous dites : Bien, attendez, attendez, on va réduire,
on va réduire la paperasse.
J'ose espérer... J'aimerais ça savoir si
le ministre a fait des représentations auprès de son collègue, le ministre
responsable des PME, qui, lui, quand il a été nommé ministre, au lieu de dire :
Bien, écoutez, je vais prendre le temps de consulter, de regarder qu'est-ce
qu'on peut faire pour alléger ce fardeau-là de nos entreprises... Il vient de
la Beauce, c'est un autre... un autre député, il vient de la région de la
Beauce. On a été dans la Beauce. Les gens nous disent la même chose. Comme je
vous dis, là, c'est des enjeux, puis ces défis sont partagés à travers le Québec,
dans toutes les régions du Québec. Alors, j'ose espérer que le ministre devant
moi aujourd'hui a eu la chance d'échanger avec son collègue responsable des
PME, parce que lui a dit : Bien, moi, je vais continuer, je vais continuer
dans la même enlignée de... que mon prédécesseur. Qu'est-ce que ça veut dire,
ça, de continuer? Ça veut dire de déposer pas un, pas deux, pas trois, pas
quatre, M. le Président, cinquième projet de loi pour réduire la bureaucratie,
cinquième. Puis vous voulez que les entrepreneurs aujourd'hui puis les PME vous
croient? Qu'est-ce que vous allez faire dans le cinquième projet de loi que
vous n'avez pas pu faire dans le premier, le deuxième, le troisième puis le
quatrième?
Je vais m'arrêter là, M. le Président,
parce que, écoutez, on va... on va aller à... dans le prochain bloc, sur les
travailleurs temporaires. Moi aussi, j'aurais... j'aurais aimé aborder un petit
peu le secteur forestier...
Le Président (M. Allaire) :
Merci.
Mme
Rotiroti
:
...mais on aura l'occasion dans le prochain bloc.
Le Président (M. Allaire) : Assurément.
Merci, Mme la députée. M. le ministre, cinq minutes. La parole est à vous.
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
Oui, M. le Président. J'entends bien ma collègue, mais j'aimerais aussi vous
parler de quelque chose d'extrêmement important, puis, bien, en fait, c'est de
l'économie sociale, nos coopératives, nos coopératives agricoles — agricoles... — nos
coopératives dans tous les domaines d'activité. Puis on a déposé le projet de
loi n° 111, M. le Président, justement, pour aider nos coopératives,
justement, à se... à moderniser la loi pour aider nos coopératives pour que...
en fait, on veut offrir un cadre plus flexible et adapté aux réalités
économiques et sociales actuelles.
Vous savez, le modèle coopératif, on parle
de près de 2 800 coopératives non financières, c'est 1,5 million
de membres, 53 000 personnes qui travaillent, 20 milliards de
retombées économiques. Donc, ce n'est pas rien, M. le Président. Puis
c'est un... c'est des organisations qui sont dans le développement économique
mais qui sont aussi dans le développement social, dont les tissus sont dans nos
communautés.
Puis, dans notre projet de loi, bien, M.
le Président, on va soutenir l'innovation, la croissance et la vitalité des
coopératives partout au Québec. Et ce n'est pas un projet de loi qui vient du
ministre — oui, je le dépose — c'est un projet de loi qui
vient du milieu coopératif, qui attend depuis près de 20 ans... depuis 10 ans,
parce que la dernière modification s'est faite en 2015, qu'on arrive avec un
changement au niveau de nos coopératives. Et, justement, ce changement-là vient
aider nos coopératives au niveau de la paperasse, de toute la question des
formulaires, de toute la question de la flexibilité. On vient aussi introduire
la notion de coopérative d'intérêt collectif. En fait, on va reconnaître celles
qui oeuvrent dans l'intérêt d'une collectivité, M. le Président. Puis on vient
réaffirmer, là, des principes fondamentaux de coopérative, en fait, la
propriété collective, le contrôle démocratique, la contribution au
développement des communautés. Puis, quand on parle de modernisation au
bénéfice des entreprises, on renforce, M. le Président, la gouvernance et la
transparence. Nos coops le demandent, elles en ont besoin. On va aussi venir
encourager l'innovation, la diversification des activités. Puis c'est sûr qu'on
favorise l'économie sociale, parce qu'on le sait, ça représente plus de 236 000 emplois
au Québec. Bien entendu qu'on va contribuer à une économie plus durable et
inclusive, M. le Président. Puis, parfois... En fait, le projet de loi n° 111,
je pense, c'est important de le mentionner, tu sais, on dit qu'on vient adapter
le cadre légal aux réalités économiques et sociales aujourd'hui, on introduit,
entre autres, la notion de coopérative d'intérêt collectif pour bien répondre
aux besoins des communautés puis on harmonise aussi avec d'autres lois,
d'autres dispositions législatives, parce que, les coopératives, nous, on y croit.
C'est des acteurs clés de l'économie sociale. Ils contribuent à la vitalité
économique de nos <régions..
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...C'est des acteurs clés de l'économie sociale. Ils contribuent à la vitalité
économique de nos >régions, à la création d'emplois, à la lutte contre
les inégalités aussi, partout au Québec.
Puis on veut s'adapter, M. le Président, à
la réalité, à la réalité actuelle. Donc, on s'adapte, M. le Président, avec ce
projet de loi là, parce que, de l'économie... quand on parle d'économie
d'entreprise, l'économie passe par tout type d'organisation. Tu as des
organisations de développement économique, tu as des entreprises, des
compagnies, des sociétés en nom collectif, mais tu as de l'économie sociale
aussi qui fait de l'économie. Puis ça a été démontré que durant la pandémie,
c'est ceux qui s'en sont le mieux sortis, qui ont passé le mieux au travers de
la situation actuelle, par la force des membres, par l'ancrage dans le milieu.
M. le Président.
Donc, encore une fois, on vient
reconnaître... on donne plus de flexibilité. Juste au niveau de la gouvernance,
au niveau des fonds dédiés à d'éventuelles ristournes, de l'allègement
réglementaire, M. le Président, on en parle, les comptables sont venus en
commission, puis ils en ont parlé. Ça va permettre aussi plus de facilité à
avoir accès à du financement. Et je sais que ma collègue de l'opposition
officielle, avec ses collègues, on a travaillé ça ensemble lors des
consultations, puis on est tous au même point, à la même place, on veut
améliorer l'environnement d'affaires de nos coops. Puis le projet de loi qu'on
dépose vient le faire. Donc, si on améliore l'environnement d'affaires de nos coops,
de notre système coopératif et de la mutualisation, bien, on vient justement
améliorer le développement économique de nos régions. On a des modèles
exemplaires dans nos coops qui sont bien établis dans nos communautés. On les retrouve
dans nos villages puis dans différents types de... dans différents secteurs,
puis, de plus en plus, les coopératives se font connaître par les ministères.
Donc, c'est un dossier qui me tient énormément à cœur puis qui est très
important pour nous, M. le Président.
• (11 heures) •
Le Président (M. Allaire) :
Merci, M. le ministre. On enchaîne avec la députée de Labelle. Cinq minutes, la
parole est à vous.
Mme Jeannotte : Merci, M. le
Président. Je suis un peu surprise d'entendre la députée de Jeanne-Mance—Viger
nous faire des leçons en matière de développement économique régional parce que
s'il y a un gouvernement qui a coupé dans les CLD, c'est bien le Parti libéral
avant nous. Puis au contraire, nous... Je suis aussi surprise de l'entendre se
plaindre de cinq projets de loi pour réduire la paperasse. Au contraire,
justement, ça prouve qu'on veut déréglementer puis qu'on est à l'écoute du
terrain. C'est tout à fait le contraire, M. le Président. Puis c'est facile,
quand on est dans l'opposition, de dire des anecdotes, de parler de sondages ou
de dire... des gens qui en voudraient toujours plus, mais, quand on gouverne,
c'est autre chose, M. le Président.
Puis, tout à l'heure, je n'ai pas eu le
temps de vous parler d'exemples concrets, je vais continuer sur ça. C'est
400,6 millions qui seront octroyés pour le développement économique des
régions, pour appuyer le secteur de l'agriculture, de la forêt et des pêches.
Ça, c'est vraiment de l'aide aux régions. 254,7 millions qui vont permettre
de soutenir des secteurs essentiels à la vitalité régionale, je l'ai dit,
l'agriculture, la forêt, les pêches avec un congé temporaire de taxe sur la
masse salariale. Comme je le disais, il va toujours s'en trouver pour dire que
c'est passé. C'est tout à fait normal. Mais quand on gouverne, on a des
décisions à prendre puis on est dans la bonne direction avec ces mesures-là. 30 millions
pour la compétitivité du secteur agricole. 4 millions pour prolonger le
mécanisme de ristourne à impôt différé des coopératives agricoles. 1,7 million
pour prolonger le mécanisme d'étalement de revenus pour les producteurs
forestiers.
Oui, je lis, M. le Président, je lis parce
que c'est sur des faits concrets et non pas des anecdotes tirées n'importe où.
Ça fait que c'est pour ça que je suis obligé de lire, pour m'en tenir à des
faits. Concrètement, cette mesure va permettre aux propriétaires de forêt
privée d'étaler la déclaration de leurs revenus, de vendre sur une période de
10 ans. Ça s'adresse à tous les producteurs québécois qui ont un capital
versé inférieur à 50 millions. Puis la mesure va permettre la réduction du
fardeau fiscal d'environ 350 producteurs forestiers. Ce n'est quand même
pas rien, ça. Avec l'annonce du ministre des Finances, la mesure est prolongée
de deux ans afin de minimiser le choc financier lié à la guerre commerciale et
stimuler la mise en marché de bois provenant des forêts privées. Pour soutenir
les entreprises de la Gaspésie et certaines régions maritimes du Québec dans
leurs investissements de projets de modernisation pour le prolongement du
crédit d'impôt, 65 millions sur quatre ans, M. le Président. Et
finalement, 45,2 millions de dollars pour renouveler le financement pour
le Réseau accès entreprise, dont je parlais tantôt, que le Parti libéral a
coupé avant nous, un service de proximité qui offre une porte d'entrée et de
l'accompagnement-conseil pour les entreprises dans leurs démarches de
structuration, de développement et accélération de leurs projets d'affaires. Ce
montant permet aux équipes de développement économique des MRC et de leurs
organismes associés faisant partie du réseau à maintenir les ressources qu'ils <consacrent...
>
11 h (version révisée)
<17959
Mme
Jeannotte :
...les ressources qu'ils >consacrent à l'accompagnement
des entreprises.
On ne peut pas nier que la situation
économique actuelle et les défis uniques à chacun ont frappé de plein fouet nos
secteurs d'activité dans les régions. C'est ça, le contexte, c'est sûr. Les
tarifs douaniers qui nous ont été imposés ont amené une hausse des coûts d'approvisionnement
et d'exploitation. Les changements climatiques intensifient davantage les défis
vécus par ces industries dont leur activité repose essentiellement sur l'exploitation
des ressources naturelles. Vous savez, c'est ça, là, quand on parle d'adaptation
à des contextes. C'est certain qu'on fait face à ces défis-là.
Dans le cas de l'industrie forestière, la
baisse des prix de leurs produits réduit la liquidité et la rentabilité des
entreprises. Dans plusieurs régions, les volumes de bois récoltés s'avèrent
insuffisants par rapport à la capacité de production. Mais notre gouvernement, M.
le Président, ne les laissera pas tomber. On entend soutenir la transformation
de l'industrie forestière et la simplification de leur environnement d'affaires
pour renforcer la résilience, l'agilité et la compétitivité. Également, on peut
rassurer les producteurs agricoles de la pêche que leur gouvernement est là
pour eux. On continuera de veiller à leur intérêt, et nous ferons tout notre
possible pour les aider à protéger et à accroître leur productivité.
Vous savez, M. le Président, c'est
reconnu, on est un gouvernement des régions, le parti présent... on est le
parti présent dans toutes les régions du Québec. Ce n'est pas nouveau. C'est
avec cette pensée en tête que nous prenons des décisions pour les Québécois
partout sur le territoire. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, Mme la députée de Labelle. On débute le dernier bloc. Vous êtes la
seule à intervenir, cinq minutes. La parole est à vous.
Mme Rotiroti : Merci. M. le
Président, juste pour corriger ma collègue de Labelle, ce n'est pas des
anecdotes, Mme la députée, c'est des gens, c'est des cris de coeur des gens,
des PME, des organismes qui appuient nos PME à tous les jours. Alors, je trouve
ça un peu réducteur de dire que c'est des anecdotes qu'on prend... qu'on tire
de n'importe où. Ce n'est pas des anecdotes, Mme la députée. C'est des faits et
c'est des gens qui parlent publiquement pour dire à quel point que vous êtes
déconnectés comme gouvernement.
J'ai dit au ministre que je reviendrais
sur les travailleurs étrangers temporaires. C'est un enjeu de pénurie de main-d'œuvre,
c'est... J'imagine que le ministre doit être très au fait de tous les débats
qui entourent ces travailleurs-là. Juste vous dire que, dans... Puis je ne
rentrai pas dans des chiffres, mais juste vous dire qu'il y a une conséquence
néfaste, une conséquence directe dans nos entreprises et nos PME à travers les
régions. C'est des travailleurs qui arrivent ici, qui, la plupart du temps,
sont choisis par les entreprises, par les PME dans des domaines assez
spécifiques et c'est des travailleurs, dans le fond, qui sont totalement
intégrés, qui contribuent à l'essor économique de la région, mais qui, aussi, s'assurent
que l'entreprise peut accélérer dans sa productivité, dans l'innovation puis
est capable de remplir, dans certains cas, les contrats qu'elles ont pris et de
peut-être voir si elles peuvent en accepter d'autres.
Alors, le Saguenay, entre autres, qui est
la région d'où vient le ministre, il doit sans doute savoir que ça entraîne des
conséquences directes, immédiates et, dans certains cas, dramatiques pour le
développement économique de sa région. Ce n'est pas l'opposition qui le dit,
encore une fois, ce sont les employés, les chambres de commerce, les
manufacturiers, les acteurs du terrain dans les régions. Alors, ce n'est pas
nous, c'est eux qui vous le disent. Puis je n'ai pas de raison de croire que le
ministre est en tournée à travers le Québec, au contraire, mais, s'il est en
tournée puis il rencontre ces acteurs-là, c'est impossible, impossible, que ces
gens-là ne lui parlent pas des enjeux de pénurie de main-d'oeuvre. C'est
impossible. Nous, avec l'Escousade PME, avec mon collègue le député
Marguerite-Bourgeoys, nous aussi, on est en tournée à travers le Québec. Je
vais vous dire, là, que c'est... Je vous dirais, c'est presque l'enjeu
principal dans tous les secteurs, dans toutes nos entreprises à travers le
Québec.
Alors, j'aimerais ça savoir, le ministre,
là, s'il a eu l'occasion de discuter avec son collègue à l'Immigration de ces
défis-là, de ces défis-là, de ces travailleurs-là qui, je répète, sont
francisés, sont complètement intégrés dans la région. Et je vais vous dire que
les gens de la région même nous disent : On a besoin de ces gens-là, on
veut qu'ils restent. Ils parlent même de voir si le gouvernement peut avoir une
clause grand-père pour s'assurer que ces gens-là demeurent en région, qu'ils
demeurent à l'emploi de l'entreprise. Dans le fond, les... les <entreprises...
Mme Rotiroti :
...en
région, qui demeurent à l'emploi de l'entreprise. Dans le fond, les... les >entreprises,
qu'est-ce qu'elles nous demandent, qu'est-ce qu'ils demandent du gouvernement,
c'est un peu de prévisibilité. Puis le mot «prévisibilité», ça aussi, c'est
récurrent dans toutes, toutes les régions du Québec. Vous faites du mur-à-mur,
M. le ministre, sans prendre en considération les spécificités des régions.
Vous dites : On fait ça, mais ça, c'est à travers... Vous ne regardez pas
les effets que ça peut avoir. Je vous dis, les travailleurs temporaires, là, il
va y avoir un effet néfaste pour l'économie du Québec, néfaste.
Alors, j'aimerais ça savoir, le ministre,
parce que lors de... en 2022, lui-même disait, à propos de la pénurie de
main-d'œuvre, puis je... je le cite : «...est un problème à la fois
conjoncturel et structurel» et avance quelques pistes de solution. Il dit :
«Tous les enjeux liés à la pénurie de main-d'œuvre, il s'agit d'un problème
conjoncturel, structurel, qu'on vit à la grandeur du pays.» Là-dessus, je suis
d'accord avec M. le ministre. «La requalification des employés et la question sur
l'immigration, de même que la robotisation et l'innovation doivent faire partie
de la solution.» Vous-même, en 2022, M. le ministre, vous avez dit que l'immigration
faisait partie de la solution par rapport à la pénurie de main-d'œuvre. Est-ce
qu'aujourd'hui, avec votre chapeau de ministre, vous avez changé d'idée?
Conclusions
Le Président (M. Allaire) : Merci,
Mme la députée. On débute donc le dernier bloc, les conclusions. Vous avez
10 minutes, M. le ministre. La parole est à vous pour 10 minutes.
M. Eric Girard
M. Girard (Lac-Saint-Jean) : Bien,
écoutez, M. le Président. Ça fait... ça fait... ça fait
1 h 30 min, là, qu'on... qu'on fait la démonstration devant
cette assemblée des actions qu'on a... qu'on a entreprises et qu'on va
continuer d'entreprendre partout au Québec en faveur du développement
économique régional. Je remercie ma collègue la députée de, justement, soulever
tout le dossier du développement économique régional, qui est extrêmement
important. Vous avez entendu mes consoeurs, mes confrères députés qui ont donné
des exemples concrets de projets qui ont été réalisés sous l'impulsion de notre
gouvernement dans leur région.
• (11 h 10) •
Et j'ai mentionné aussi d'entrée de jeu la
place centrale que les PME occupent, entre autres, dans notre vision
économique. Puis on a une vision économique qui a été présentée le
10 novembre dernier, puis j'aimerais ça en parler un peu aussi, de cette
vision économique là, parce qu'elle va être profitable aussi pour les régions
du Québec, pour nos entreprises. Puis je veux mettre en lumière, à la fin de
cette interpellation, les grands engagements de notre gouvernement en matière
d'économie pour les années à venir, parce que ça touche justement nos régions,
ça touche aussi à la richesse, puis c'est des emplois importants aussi, puis
on... C'est un défi, en fait, du contexte actuel, puis il faut saisir aussi les
nouvelles occasions d'affaires.
Puis, on cible quatre grandes priorités
pour notre vision économique, entre autres, justement, vous en doutez, on veut
miser sur le... sur notre énergie renouvelable et augmenter massivement, en
fait, notre production, notamment grâce à Hydro-Québec. Je pense que tout le
monde est d'accord ici, là, il n'y a pas personne qui est contre ça. On sait
que notre production hydroélectrique est l'une des plus importantes au monde,
M. le Président, elle constitue le fondement du pouvoir québécois. Puis c'est
le fun, parce que l'entièreté de nos grandes centrales hydroélectriques se
trouvent en région. Ce sont nos territoires éloignés qui alimentent le Québec,
M. le Président, en énergie propre et renouvelable. Puis c'est grâce à eux que
nous pouvons offrir une électricité abordable et décarbonée à l'ensemble des
Québécois.
Vous savez, le gouvernement a pris
l'engagement, avec Hydro-Québec, d'augmenter massivement la production
d'électricité renouvelable d'ici 2050 pour sécurité... sécuriser notre avenir.
On n'a pas le choix, c'est important. On parle non seulement
d'hydroélectricité, mais aussi des autres formes d'énergies renouvelables,
comme l'éolien qu'on développe et aussi le solaire qui est en développement
puis qui est important. Puis c'est important de le mentionner, que ça se fait
en collaboration, bien entendu, avec les Premières Nations et les communautés
inuites. Et l'efficacité énergétique sera au cœur de notre stratégie pour
consommer mieux tout en produisant plus. Et mon collègue de la Gaspésie tout à
l'heure mentionnait justement une entreprise dans son milieu, à Cap-Chat, qui a
eu besoin d'un bloc d'énergie. Puis ça démontre à quel point c'est important
pour la création d'emplois aussi. On sait que le plan de gestion intégrée des
ressources énergétiques qui est en cours d'élaboration va porter sur toutes les
sources d'énergie, je l'ai mentionné, en accordant une importance particulière
à l'efficacité et à la sobriété énergétique.
Deuxièmement, on souhaite aussi être plus
agiles dans la réalisation des projets stratégiques. Et je vais rejoindre ma
collègue et réduire la bureaucratie pour un État plus performant. Ça, c'est
bien entendu, durant mes tournées, les gens me parlent, là, dans nos
programmes, de nos... de notre plan PME, d'Investissement Québec. Et je vous
dirais que, dans l'ensemble, ils sont satisfaits, satisfaits des programmes de <financement...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...je
vous dirais que, dans l'ensemble, ils sont satisfaits, satisfaits des
programmes de >financement, des programmes d'aide. Mais on me parle
beaucoup de bureaucratie, de lourdeur administrative, M. le Président. Donc, on
s'engage à intensifier des efforts d'allègement réglementaire et administratif
pour simplifier toujours la vie de nos entrepreneurs, mais ce n'est pas facile.
Ça ne se fait pas en un claquement de doigts, M. le Président. Mais il y a des
actions qui ont été faites. On a réussi à réduire de 11 %, depuis 2020, de
11 % le nombre de formalités administratives au Québec, puis on a diminué
de 23 % le coût de ces formalités, M. le Président. Donc, ça, ça vient
permettre des économies annuelles pour nos entreprises. Puis on a aussi abaissé
de 7 % le volume des formalités. Donc, ce n'est pas vrai qu'il ne se fait
rien, au contraire. Regardez ce qui... ce qui est fait. Mais, comme je le dis,
ça ne se fait pas en un claquement de doigts. Puis actuellement, oui, on est en
train d'élaborer un projet de loi omnibus, dont le dépôt est prévu sous peu,
pour continuer d'alléger le fardeau administratif des entreprises. Et je sais
que je vais pouvoir compter sur la collaboration de nos collègues à
l'opposition officielle. Puis on échange. Moi et mon collègue aux PME, on a des
échanges constructifs avec notre ministre. On est une équipe à l'Économie, puis
on échange sur des enjeux justement qui concernent nos entreprises, parce que
c'est important, parce qu'on veut avoir un environnement d'affaires plus agile
et compétitif pour nos entreprises, pour qu'ils puissent croître davantage. Puis,
lors de mes tournées, lors de mes rencontres, on m'en parle régulièrement,
c'est un enjeu, c'est une question qu'on me parle sur le terrain, M. le
Président. Je l'ai vécu moi-même comme entrepreneur, je le comprends, je
comprends bien ça. Et il faut continuer à travailler justement à améliorer la
vie de nos organisations, de nos organismes de développement économique local,
mais aussi de nos entreprises. Puis c'est ce qu'on fait, M. le Président, on a
justement des chiffres qui viennent le démontrer. Mais on ne s'arrête pas là.
On continue justement, là, à améliorer l'environnement d'affaires de nos
entreprises en termes d'allègement réglementaire puis faciliter la vie de nos
entrepreneurs, nos entrepreneuses.
On veut aussi déployer plus d'efforts pour
faire grandir nos entreprises au Québec puis, c'est important de le dire,
d'ouvrir nos horizons en développant de nouveaux marchés et partenaires aussi.
Donc, on veut mobiliser davantage nos acteurs économiques. On n'arrête pas là.
On nous dit qu'ils sont présents, les gens sont impliqués, dont Investissement
Québec et la Caisse de dépôt pour accompagner nos PME dans leur croissance à
long terme. En fait, on veut que nos entreprises deviennent de véritables
fleurons de notre économie puis tout en protégeant la propriété québécoise.
C'est important pour nous.
Nos entreprises doivent être soutenues par
l'écosystème en place. On continue justement de soutenir l'écosystème,
notamment en matière d'innovation aussi. L'innovation est importante, ma
collègue le mentionnait. Donc, dans notre vision économique, les établissements
d'enseignement supérieur, les centres de recherche et les zones d'innovation
auront un rôle considérable à jouer, M. le Président.
On aussi... on a aussi une occasion qui...
qui nous est offerte par le secteur de la défense, entre autres, celui des
minéraux critiques et stratégiques, pour que toute l'économie québécoise en
ressorte plus forte à long terme. Puis je suis content parce que justement,
déjà dans ma région, ils ont salué l'effort à ce niveau-là, au niveau, là, de
toute la question des minéraux stratégiques et critiques. On en a un port à
Saguenay, on a des... des infrastructures qui sont là. Donc, ça a été souligné
d'ailleurs par les... la Chambre de commerce de Saguenay. Puis, sur ce dernier
point, c'est important de préciser que près de 70 % des entreprises sur le
marché de la défense sont des PME qui participent activement à notre
développement économique régional. Vous savez, M. le Président, notre vision
économique les concerne au premier plan. Entre autres, la défense, c'est un
marché stratégique pour notre économie, mais on voit également une croissance
des dépenses dans cette industrie partout dans le monde. Et nous avons
l'occasion de tirer notre... notre épingle du jeu, M. le Président. Le
gouvernement fédéral et l'Union... européenne, pardon, veulent augmenter
considérablement leurs dépenses en défense. On veut être un partenaire
important dans les chaînes d'approvisionnement de la défense, M. le Président,
au Canada et à l'international, puis on le sait qu'on est capables d'y arriver.
On a le potentiel, on a les ressources. Donc, on continue de renforcer nos
collaborations, à se positionner clairement et à innover, M. le Président.
Puis, quant au secteur des minéraux
critiques et stratégiques, ça représente une occasion de développement à long
terme pour le Québec. On sait que les perspectives de croissance augmentent
rapidement pour assurer la transition énergétique et technologique en... en
cours partout sur la planète. Puis je reviens encore sur l'exemple de l'annonce
qu'on a faite, d'alumine. Ils ont des marchés internationals <incroyables...
M. Girard (Lac-Saint-Jean) :
...l'exemple
de l'annonce qu'on a faite, d'alumine. Ils ont des marchés internationals >incroyables,
la troisième plus grosse, justement, en termes de production dans le monde, de
l'alumine de haute pureté. Ça en est, ça, des stratégies, puis c'est des
exemples concrets, justement, pour pousser des PME dans nos régions puis dans
nos municipalités.
Je reviens sur les mines. On sait qu'on a
27 mines qui sont actives au Québec. Ils sont tous en région. Ils nous
permettent de réduire notre dépendance aux importations puis de bâtir une
économie forte puis résiliente. Donc, on veut multiplier ça par 20 d'ici 2040.
C'est extrêmement important. Bien entendu, ça passe par un plan PME, par nos...
Investissement Québec, avec nos allègements réglementaires au niveau de la
paperasse, tout en conservant les mesures environnementales en place. Puis
c'est un écosystème, c'est un système qui est mondial. Alors, ça va prendre
énormément de ressources aussi pour en arriver là, M. le Président.
Puis, vous savez, on est partout présents.
On a fait des visites dans les régions. On rencontre des entrepreneurs. Puis je
le dis, là, il n'y a personne qui va être oublié, M. le Président, personne,
pas une région du Québec. On est là pour s'occuper de tout le monde, M. le
Président, puis c'est ce qu'on fait. Le contexte n'est pas facile. On a été
présents, on a travaillé, on continue d'être là, on va continuer. On le fait
pour le bien du Québec, le bien de nos régions puis le bien de nos communautés,
M. le Président. Merci.
• (11 h 20) •
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous, M. le ministre. Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger, c'est vous qui avez
demandé cette interpellation, c'est vous qui avez l'opportunité de conclure. La
parole est à vous pour 10 minutes.
Mme Filomena Rotiroti
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Alors, on est déjà rendus à la fin de l'interpellation. Ça va extrêmement
vite.
Je n'ai pas pu... Je vais juste effleurer
l'industrie forestière, parce que c'est quand même... c'est quand même une
industrie qui... elle est extrêmement importante et structurante pour le
Québec. Écoutez, la seule chose que j'ai à dire là-dessus, c'est que
l'industrie se sent totalement abandonnée par ce gouvernement-là. Quand on a un
premier ministre qui va à Washington puis qui est prêt à faire des importantes
concessions dans le... dans ce secteur clé pour notre économie, quand le premier
ministre est prêt à sacrifier un secteur complet, un secteur stratégique comme
la forêt en disant : Bien, c'est 60 000 emplois... parce que
c'est ça, 60 000 emplois, quand même, là, l'industrie forestière, à
travers le Québec, puis qu'il dit : Bien, ce n'est pas grave, là, ces
employés-là, ils pourront aller dans le nord puis travailler à Hydro-Québec,
là, je pense, ça démontre à quel point qu'on a du respect pour cette
industrie-là.
Le repreneuriat. Sachez, M. le ministre,
là, si vous voulez... vous attaquer à un enjeu comme le repreneuriat, sachez
qu'aujourd'hui c'est plus facile de céder une entreprise à l'étranger que ça
l'est pour le céder à un membre de la famille. Alors, je vous invite que vous
posez des questions dans votre tournée à cet effet-là. Vous allez voir, là,
parlez à la jeune Chambre de commerce, parlez à des entrepreneurs qui, aujourd'hui...
parce qu'on a tout le... les baby-boomers, là, qui sont prêts, probablement
dans quelques années, de céder une entreprise qui est viable, qui est productive,
et qu'ils ne savent pas comment s'y prendre. Alors, je répète, M. le ministre,
c'est plus facile à vendre à l'étranger que de céder à un membre de la famille.
Et ça, c'est des entreprises qu'on veut garder ici, au Québec. Alors, je vous
invite peut-être de... dans votre prochaine tournée, de poser la question. Vous
allez avoir la réponse, j'en suis sûre.
Alors, on est déjà rendus à la fin de
notre interpellation, et je pense que les régions du Québec et les
entrepreneurs qui nous écoutent aujourd'hui comprennent bien qu'on n'a pas eu
des... beaucoup de réponses à des questions quand même assez précises, que ça
soit au niveau de la paperasse, que ce soit au niveau de la relève, que ça soit
au niveau des travailleurs, que ça soit au niveau de l'industrie, le
repreneuriat. On a parlé beaucoup du plan PME 2025-2028, puis je pense que
les faits parlent d'eux-mêmes. C'est un plan qui a n'aucune ambition, qui, dans
le fond, n'a pas vraiment des nouvelles sommes, elles sont très minimes par
rapport à l'ampleur de les défis que nos PME peuvent vivre dans toutes les
régions du Québec.
Je veux dire qu'on a eu un discours
d'ouverture à la session parlementaire, un discours dans lequel il n'y avait
rien sur nos forêts, rien pour nos agriculteurs, rien pour l'industrie
névralgique en région. Pour les régions, c'est un message clair : On ne
vous voit pas. Et, dans bien des municipalités, ce silence a été interprété non
seulement comme un oubli, mais comme un désintérêt profond. Le premier ministre
a <prorogé...
Mme Rotiroti :
...profond.
Le premier ministre a >prorogé la Chambre, a procédé à un remaniement
ministériel, a promis des nouvelles orientations, mais, finalement, sur le
terrain, rien. Ce n'est que de la poudre aux yeux et nos régions restent sur
leur faim. Encore une fois, les attentes étaient extrêmement élevées et les
résultats ne sont pas au rendez-vous. Même au niveau de le caucus de la CAQ, M.
le Président, on a vu, il y a des députés qui se sont levés debout pour leur
région. On a juste à penser au député de l'Abitibi-Ouest qui a... Est,
excusez-moi, de l'Abitibi-Est qui a été exclu de son propre caucus parce qu'il
a eu le courage de se lever, de se lever puis parler de sa région, puis
défendre sa région par rapport à les défis qu'ils ont, et ça, ça mérite
qu'aujourd'hui il est assis dans les banquettes indépendantes. On a
l'ex-ministre de la Forêt qui, elle, dit clairement qu'elle avait reçu les
orientations pour sa politique par le bureau du premier ministre. Aujourd'hui,
on est rendus à la case de départ, puis la députée de Rimouski est assise dans
les banquettes des indépendants.
Pendant l'échange, pendant
l'interpellation ce matin, nous avons entendu les mêmes incohérences, les mêmes
excuses, les mêmes lacunes. Et finalement, ce que nous avons ici est clair,
c'est un gouvernement qui promet de réduire la paperasse, mais qui en génère
plus que jamais, un gouvernement, qui ignore les signes de détresse des
agriculteurs, des travailleurs forestiers et d'autres industries vitales au
Québec, un gouvernement qui lance un plan PME sans cible, sans vision et moins
d'argent, un gouvernement qui ne comprend pas l'urgence d'agir dans les
dossiers des travailleurs migrants et qui, ultimement, laisse les travailleurs
étrangers temporaires et les employés québécois dans une bureaucratie
incroyable. Ces exemples s'ajoutent à une longue série de décisions
improvisées, incohérentes, mal arrimées aux réalités du terrain depuis que vous
êtes au gouvernement. Brouillons envers nos régions, brouillons envers nos PME,
brouillons envers l'économie locale, brouillons, finalement, pour aider les
Québécois. On ne gouverne pas l'économie régionale avec des demi-tours, des
reculs et des... des correctifs improvisés. Pendant ce temps-là, partout sur le
territoire, des entrepreneurs, des travailleurs, des élus municipaux, des
organismes de développement économique tirent la sonnette d'alarme. C'est
vraiment un cri de coeur, M. le Président. Tous disent la même chose : Le
gouvernement fait la sourde oreille. Les régions sont le cœur économique du
Québec. Il faut qu'on les écoute, et qu'on les respecte, et qu'on leur donne
les moyens de prospérer. C'est juste ça que nos entreprises demandent, M. le
ministre. Tassez-vous, donnez-leur les outils pour qu'ils puissent être plus
productifs, pour qu'ils puissent innover. C'est ça qu'ils veulent. Arrête
d'intervenir. Arrêtez d'intervenir dans le quotidien de nos entreprises. Ils
savent. Nos entrepreneurs, là, c'est... c'est des innovateurs de... Ils ont
l'esprit entrepreneurial. Ils savent, ils savent comment gérer leur entreprise.
Ils n'ont pas besoin du gouvernement à leur dire comment gérer leur entreprise.
Qu'est-ce qu'ils ont besoin d'un gouvernement, c'est de croire en eux, de leur
donner les outils nécessaires, d'être à leur écoute. Parce que, je vous le dis,
sans ces entreprises-là, les régions, là, ne pourront pas aller de l'avant. On en
a besoin. C'est le cœur, c'est le poumon économique de nos régions qui lance ce
cri du coeur là, et le gouvernement, je répète, font la sourde oreille.
J'ai parlé tout à l'heure de le mot
«imprévisible». Je vous ai dit aussi que, nous, pour le Parti libéral du
Québec, les régions sont extrêmement importantes, d'aller à leur rencontre et
de les écouter par rapport à leurs besoins. On est dans la... On n'est pas,
nous, dans la philosophie du mur-à-mur. Nous, on est dans la philosophie de
dire : Bien, chaque région a sa spécificité, chaque région a des besoins
particuliers. Et nous, comme gouvernement, il faut s'assurer qu'on donne ces
outils-là pour qu'ils puissent aller de l'avant.
Aujourd'hui, nous avons illustré que
plusieurs acteurs disent depuis des années que le gouvernement a perdu contact
avec la réalité économique régionale, que c'est... ce n'est pas un jugement
politique, c'est un constat factuel basé sur des témoignages d'acteurs du
terrain, d'entrepreneurs et des enjeux des élus locaux.
Pour nous, l'objectif est simple, c'est
bâtir et <développer...
Mme Rotiroti :
...d'entrepreneurs
et des enjeux... des élus locaux.
Pour nous, l'objectif est simple, c'est
bâtir et >développer avec les régions, qui sont les meilleures placées
pour développer un véritable plan économique, pour soutenir la croissance de
nos entreprises et renforcer le tissu entrepreneurial à travers le Québec.
Parce que personne n'est mieux placé que nos entrepreneurs pour définir les
solutions dont ils ont vraiment besoin.
Je pense qu'aujourd'hui, M. le Président,
on... le gouvernement vient d'illustrer qu'ils sont... ils n'ont jamais été le
parti de l'économie et ils ne seront jamais le parti de l'économie. Merci, M.
le Président.
Le Président (M. Allaire) : Merci
à vous. Ça met fin à cette interpellation. Merci à tous pour votre
collaboration mais surtout pour les échanges respectueux. Bravo!
Alors, compte tenu de l'heure, je lève la
séance, et la commission, ayant accompli son mandat, ajourne ses travaux sine
die. Merci. Bon dîner, tout le monde.
(Fin de la séance à 11 h 30)