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(Onze heures quarante-trois minutes)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon matin à tous. Il y a le quorum. Je déclare la Commission de l'aménagement
du territoire ouverte. Alors, je vous rappelle, peut-être juste vérifier vos
sonneries que... qu'elles soient bien éteintes...
Le Président (M. Schneeberger) : ...alors
je rappelle que la commission est réunie afin de poursuivre les consultations
particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 93, loi concernant
notamment le transfert de propriété d'un immeuble de la ville de Blainville.
Est-ce qu'il y a des remplaçants, M. le
secrétaire?
Le Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Dufour
(Mille-Îles).
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, ce matin, nous recevons le Conseil des bassins versants des
Mille-Îles. Et nous parlons à M. Raphaël Goulet, qui en est le directeur
général, en visioconférence. Alors, M. Goulet, bonjour.
M. Goulet (Raphaël) : Bonjour.
Donc, je me présente.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
alors...
M. Goulet (Raphaël) : Raphël
Goulet, je suis le...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, c'est ça. Alors, je vous... Peut-être vous présenter. Par la suite, vous
allez pouvoir poursuivre avec votre présentation. Voilà.
M. Goulet (Raphaël) : Parfait.
Donc, Raphaël Goulet, directeur général et biologiste, là, du Conseil des
bassins versants des Mille-Îles, le COBAMIL. Donc, je vais poursuivre avec la
présentation. Je vous présente brièvement notre organisme, là, le Conseil des
bassins versants des Mille-Îles, on est un organisme de bassins versants et
aussi une table de concertation, de conciliation, de planification mandaté par
le ministère de l'Environnement pour mettre en œuvre la gestion intégrée des
ressources en eau par bassins versants. Notre territoire, là, comprend la
couronne nord de Montréal, donc, incluant aussi la ville de Blainville et le
site de Stablex. Puis une parenthèse, là, pour dire que les représentants de la
table de concertation et membres du conseil d'administration du COBAMIL ont
résolu, là, unanimement que... à l'appui de ce mémoire, à part certains membres
qui avaient un potentiel conflit d'intérêts... à l'appui, là, de ce mémoire que
je vous... que je vous explique aujourd'hui, lors de leur dernière séance, là,
tenue le 13 mars dernier.
Donc, nos préoccupations, là, par rapport
au projet de loi en quatre points. Les quatre points sont le manque
d'évaluation environnementale rigoureuse, les impacts non justifiés sur la
biodiversité, les conséquences sur les ressources en eau, puis la gouvernance
déficiente et le manque de transparence.
Maintenant, je vais détailler ces quatre
points-là plus précisément. Donc, pour le manque d'évaluation environnementale
rigoureuse, bon, on l'a entendu plusieurs fois, là, durant la Commission, la
tourbière de Blainville est un des plus gros complexes des milieux humides de
la CMM, là, plus précisément 838 hectares et 130 milieux humides de différents.
Bon, il est reconnu pour son rôle écologique, ses espèces végétales et animales
à statut précaire. Bon, bien que la cellule, le terrain d'Orica est
partiellement perturbé, les milieux humides, les peuplements forestiers
d'importance, puis les espèces floristiques et fauniques, là, sont adaptés à
cet environnement anthropisé, là, maintenant sur le site potentiel de la future
cellule numéro six.
L'autre point, c'est que le projet de loi
ne garantit pas une évaluation environnementale complète, là, notamment avec le
manque de données mentionné. Puis on estime que, bon, l'exploitation actuelle
de Stablex pourrait durer encore longtemps s'il pouvait utiliser l'autre
cellule qui est déjà accessible, là, à part l'argile qui est à retirer. Donc,
pourquoi précipiter les choses alors qu'on pourrait se donner le temps d'aller
chercher les données techniques nécessaires pour... pour être certain qu'on
fait le bon choix?
Deuxième point, l'impact non justifié sur
la biodiversité. Comme je mentionnais, plusieurs populations d'espèces
fauniques, dont notamment, là, deux couleuvres détectées, là, sur le site. Bon,
ça doit être mis en évidence de façon plus claire. Puis bon, il est essentiel
aussi que des mesures de suivi puis d'atténuation soient mises en place pour
minimiser la perte d'habitats et les effets à long terme, là, sur les
populations locales. Donc, à ce moment-là, le projet de loi présentement ne
garantit pas une telle... de telles mesures de suivi d'atténuation.
Le troisième point que j'ai mentionné tout
à l'heure, conséquences sur les ressources en eau. C'est sûr que pour le
COBAMIL, un organisme mandaté par le gouvernement pour faire la gestion
intégrée des ressources en eau, c'est le point qui nous concerne le plus, là.
Donc, la perte de la qualité totale d'eau reçue par les milieux naturels est à
prévoir. Si on aménage une cellule à cet endroit-là, l'eau qui va... qui
tomberait normalement sur cette cellule-là ne se rendra plus dans les milieux
naturels puis dans les milieux humides environnants, mais plutôt sera traitée
et versée dans les... dans un cours d'eau. Donc, c'est important d'évaluer si
cette perte-là pourrait nuire aux milieux humides environnants.
De plus, il y a des... l'étude, là, des
effets cumulatifs de la modification que cette cellule aurait sur le régime
hydrologique. Bon, l'étude de ça doit tenir compte des projections...
M. Goulet (Raphaël) : ...climatiques
et des risques accrus d'événements météorologiques extrêmes, là, à venir.
Dernier point par rapport à nos
préoccupations, c'est la gouvernance déficiente et le manque de transparence.
Présentement, on l'avait vu durant le BAPE, là, que la cellule est censée
accueillir huit étages de... en hauteur, là, en équivalent pour les déchets
dangereux dont une partie provient des États-Unis aussi. Puis bon,
l'acceptabilité sociale avait été clairement soulignée comme, là, déficiente au
moment du BAPE. Le projet de loi, aussi, limite les recours légaux contre
l'État, donc ce qui empêche, là, les parties prenantes à intervenir en cas de
non-conformité environnementale. Le projet de loi n'est aussi pas supporté par
des analyses économiques qui justifient d'accorder un tel privilège à une
entreprise privée dont les intérêts sont américains. Puis bon, finalement, il y
a une absence de démonstration que l'entreprise, là, n'a pas d'espace disponible
ailleurs autre que la cellule déjà prévue dans la préparation, et l'utilisation
est jugée trop dispendieuse. C'est ce qui est... conclut sur les points de
préoccupation.
Maintenant, les points de recommandation. Bon,
de revoir le projet de loi pour qu'il y ait une évaluation environnementale
puis qu'on respecte les conclusions du BAPE. Exiger de l'entreprise une étude
indépendante sur les impacts du projet d'agrandissement sur la biodiversité et
les services écosystémiques avec un plan de compensation écologique adapté. On
souhaite aussi, bon, respecter le principe de zéro perte nette, en tenant
compte que ce milieu est très rare au niveau régional. Puis bon, idéalement,
localiser la cellule ailleurs que dans un milieu naturel, et particulièrement
ailleurs que dans un milieu humide. Si on... si Stablex n'existait pas puis on
devait créer un site tel que Stablex actuellement dans la région, la tourbière
de Blainville serait le dernier endroit qu'on voudrait... qu'on choisirait
évidemment pour implanter un tel site à cause des risques encourus.
Prochain point, mieux documenter les
impacts sur les populations d'espèces fauniques. Ensuite, réaliser une étude
approfondie de l'écoulement des eaux de surface, ça fait toujours en lien avec
les préoccupations qu'on avait, là, puis les impacts sur les milieux humides,
en prenant compte aussi des phénomènes météorologiques extrêmes. Mettre en
place un suivi rigoureux de la qualité de l'eau de surface et souterraine en
effectuant notamment des échantillonnages, là, sur la rivière aux Chiens, la
rivière Mascouche et leurs tributaires, là, plusieurs parfois par année... plusieurs
fois par année, afin de détecter les formes de contamination possibles ou les
modifications au régime hydrologique.
• (11 h 50) •
Il reste quatre points. Revoir la
composition du comité de vigilance de Stablex pour permettre à des organismes
comme le nôtre, le COBAMIL, afin d'apporter, là, une expertise et un suivi
rigoureux afin de siéger sur le comité de vigilance. Assurer une gouvernance transparente
du projet en intégrant la MRC, les villes et les organismes environnementaux
dans le processus de décision. Le projet de loi devrait aussi être conditionnel
au dépôt d'analyse économique, là, qui justifierait d'accorder un tel privilège
à une entreprise privée, puis la démonstration par l'entreprise qu'il n'y a pas
d'espace disponible ailleurs, là, pour les fins du projet, seulement que par
les coûts que ça peut engendrer d'utiliser la cellule qui était déjà prévue.
Et puis finalement, là, au lieu
d'accentuer le problème en agrandissant le site, les 17 millions qui vont
servir à l'acheter, bien, seraient beaucoup mieux investis en recherche et
développement pour réduire l'usage de matières dangereuses vouées à
l'enfouissement. De créer un site pour enfouir davantage, ça augmente le
problème au lieu de réduire le problème à la source. Puis, à cet effet, là, un
BAPE à grande échelle sur la gestion des matières résiduelles dangereuses...
matières dangereuses pourrait être très bénéfique, là, parce que, bon, on en
parlait aussi récemment des PFAS avec le site de Signaterre Environnement
Mascouche. Il n'y a pas de normes pour ça, ça a soulevé des passions. Donc, on
pense qu'il y a plusieurs matières dangereuses qui devraient être abordées dans
une telle... dans une telle étude. Donc, voilà, c'est la fin de mon exposé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, merci beaucoup, M. Goulet, pour votre exposé. Nous procédons à une
période d'échanges avec les députés en débutant par Mme la ministre. Vous avez
un 16 minutes 30.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
merci d'être là aujourd'hui avec nous. J'entendais votre... votre présentation,
là. Peut-être juste de s'assurer, là, que l'information complète est divulguée
à la commission, puis je pense, c'est important que tout le monde le sache. Il
y a...
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Il y a
différents éléments qui ont été... différents sites qui ont été analysés, là,
depuis les derniers... le refus, le retrait de la ville de Blainville, là, de
l'entente initiale avec l'entreprise...
Mme Blanchette Vézina : ...donc,
le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie a regardé de
nombreux sites pour essayer de trouver des alternatives. On en revient à ce
site-là parce qu'il n'y a pas d'autres sites disponibles ou d'entreprises qui
permettraient de faire cette activité, donc d'enfouir les déchets de manière
sécuritaire.
J'ai une question pour vous. Hier, on a
entendu Englobe la firme qui a fait l'étude de caractérisation pour les deux
sites, là, qui sont le terrain qui est propriété du gouvernement du Québec
actuellement et le terrain qui est visé par le projet de loi. La firme nous a
mentionné avoir fait des relevés de terrain et est dans le dossier depuis de
nombreuses années et notamment, nous avoir mentionné que le terrain qui
appartient au gouvernement du Québec, qui est à 300 mètres des résidences, lui,
fait partie de la tourbière de Blainville. Ça fait que, si je comprends bien
votre propos, vous voulez éviter donc que l'exploitation se fasse dans la
tourbière? La firme est également venue dire que dans le fond, il y avait des
espèces envahissantes sur le site visé par le projet de loi. Que c'est au
pourtour de la tourbière de Blainville, donc la tourbière est au pourtour du
site. Donc, si je comprends votre propos, on fait bien d'aller sur ce site-là
plutôt que d'aller sur sur celui qui fait partie de la tourbière.
M. Goulet (Raphaël) : En fait
non, pas nécessairement, c'est qu'il y a quand même une portion importante de
milieux humides sur le site d'Orica. Donc ce n'est pas nécessairement... Il y a
quand même une atteinte importante, là, sur ce milieu humide, là, sur le milieu
en général, parce que, bon, il est entouré de la tourbière, il y a quand même
des habitats, des peuplements forestiers importants aussi, là, donc, ce n'est
pas... Ce n'est pas... Je ne dis pas que je préfère... que je préfère quelqu'un
à l'autre, là. Pas du tout.
Mme Blanchette Vézina : Mais
la firme est aussi venue nous mentionner que, oui, il y avait des milieux
humides, mais qu'ils étaient — et là, si je peux reprendre — des
fossés de drainage et que le terrain était plutôt constitué d'espèces
envahissantes. Donc le terrain d'Orica ici. Alors nous, quand on regarde objectivement
les deux propositions, parce qu'on a déjà écarté les propositions qui avaient
été faites, qui avaient été analysées par le ministère de l'Économie et de
l'Innovation. Donc, quand on regarde les deux propositions. En plus d'être à
1,1 kilomètre versus 300 mètres, les qualités environnementales qui sont
nommées par Englobe dans les études à travers le temps nous démontrent que
c'est le site qui est déjà affecté par une activité industrielle qui serait...
qui serait préférable. Et j'entends que vous aussi vous voulez éviter comme
nous, une affection, donc une atteinte à la tourbière de Blainville. Ça fait
que je suis contente de savoir que vous avez la même lecture que nous sur ce
point, vous nommiez aussi la volonté, là, d'avoir un suivi rigoureux. Nous
également, on a une volonté d'avoir un suivi rigoureux. L'entreprise nous
mentionne qu'elle a un comité, pardon, un comité de bon voisinage. Est-ce que
vous seriez intéressé à siéger sur ce comité de bon voisinage pour s'assurer
justement qu'il y ait un suivi, un contrôle d'un point de vue de l'atteinte
potentielle, là, qu'il pourrait y avoir au bassin versant?
M. Goulet (Raphaël) : Bien je
ne sais pas si c'est nécessairement un comité de bon voisinage ou plutôt le
comité de vigilance. C'est le comité de vigilance que je mentionnais. Le comité
de vigilance, son rôle, c'est de revoir tous les suivis qui sont faits sur le
terrain, des suivis environnementaux quatre fois par année ou même plus, pour
regarder s'il y a des contaminations qui se font dans le milieu environnant.
C'est quoi ce qui sort du centre de traitement de l'eau lorsque l'eau percole à
travers le... à travers la cellule. Donc c'est vraiment dans le but de vérifier
si tous, tous les processus de Stablex ne produisent pas de problèmes au niveau
environnemental. Ça c'est vraiment le but du comité de vigilance. Le comité de
voisinage, là, ça serait à voir. Ça dépend de la fonction de ce comité-là et
tout. La recommandation que nous on a faite c'est vraiment plus au niveau du
comité de vigilance.
Mme Blanchette Vézina : O.K.,
mais je comprends que si, disons, le comité de vigilance ou de bon voisinage,
là, avait pour mission de regarder à s'assurer de ce suivi-là qui soit... que
le suivi soit fait, vous seriez intéressé? Tu sais, j'imagine que vous pouvez
communiquer directement avec l'entreprise, là, si vous souhaitez faire partie
de ce comité-là. Je pense que ça peut être intéressant que vous en fassiez
partie. Ma suggestion pour vous, mais... là, je vous... j'aimerais vous questionner
sur l'activité actuellement qui est faite sur le terrain Orica. On nous a dit,
il y a quelques jours, dans les consultations particulières, qu'il pourrait y
avoir des contaminants sur le site. Est-ce que vous avez fait un suivi, vous,
de votre côté de l'atteinte actuelle du fait de l'activité industrielle
antérieure depuis plus de presque 100 ans, je pense, qu'on en est, là, 80 ans
d'activités industrielles avec des normes qui n'étaient pas celles à l'époque,
là, celles d'aujourd'hui? Est-ce que vous avez fait un suivi par rapport aux
activités actuelles?
M. Goulet (Raphaël) : Non, tu
sais, on ne peut pas se rendre sur le site de toute façon, là, puis on n'a
jamais été mandatés. C'est quelque chose qu'on suit de très près depuis
longtemps. Mais bon, c'est clair...
M. Goulet (Raphaël) : ...c'est
un site qui a été... dans le passé, mais ça fait assez longtemps pour dire que
les — comme je disais dans l'exposé tout à l'heure — que
les espèces en présence ont été... sont adaptées à ce milieu qui a été perturbé
dans le passé. Puis on revoit, là, tu sais, la nature reprendre le dessus. Donc
ce n'est plus comme c'était. Puis bon, c'est pour ça qu'on dit qu'il ne faut
pas atteindre ce milieu-là pour le perturber à nouveau.
Mme Blanchette Vézina : Ma
question visait plus au pourtour. Je comprends, là, que le site actuellement et
pas accessible à tous, ça prend des autorisations mais au pourtour mais
peut-être vous spécifier, là, que l'étude d'Eglobe est vraiment venue nous
mentionner — bien, la personne est venue nous
mentionner — que ce sont des espèces envahissantes et qu'il n'y a
aucune espèce floristique qui est spécifique, là, qui soit présent sur le site
d'Orica. Donc, il y a une étude de caractérisation, je pense que c'était une de
vos demandes, là, qu'il y ait une étude qui ait été faite, Englobe depuis 2016,
là, est sur le dossier. Donc, il y a de l'historique, là, sur sur le site Orica
et nous mentionne, là, qu'il n'y a pas d'inquiétude sur cet aspect-là à avoir.
Mais je reviens à ma question. Est-ce que vous êtes en mesure de nous
mentionner si, disons, aujourd'hui, si l'activité industrielle depuis 40 ans de
Stablex ou l'activité industrielle sur le site Orica a des impacts sur le
bassin versant? Avez-vous fait des vérifications autour, disons, des activités?
M. Goulet (Raphaël) : C'est
très difficile de prouver, tu sais, il peut avoir... Nous, on n'a pas fait de
suivi. On fait de l'échantillonnage de qualité de l'eau sur l'ensemble de la
couronne nord de Montréal, là. Donc, les cours d'eau tributaires qui se
dirigent vers la rivière aux Chiens entre autres, puis vers la rivière
Mascouche du côté nord, donc on suit la qualité de l'eau mais c'est très
difficile de faire un lien, là, sur exactement quelle est la source d'un
contaminant si on en trouvait dans le cours d'eau. Les matières dangereuses,
qu'on retrouve puis les composés inorganiques qu'on retrouve dans Stablex dans
le site de Stablex par exemple, les matières dangereuses, c'est pas, c'est pas
ce qu'on analyse normalement. Ça prend des analyses spécifiques de laboratoire.
Les paramètres que nous on regarde, c'est plus pour la qualité de l'eau en
général, c'est l'IQBP6, là, l'indicateur qui est admis par le
gouvernement pour suivre les cours d'eau. Donc ce n'est pas... ce n'est pas nécessairement
ça que nous on suit. Je sais qu'il y en a qui clament l'avoir regardé puis ils
voient déjà qu'il y a de la contamination dans les cours d'eau qui viendrait de
Stablex. Mais en même temps, nous, on doit... on se pose sur l'aspect
scientifique de la chose. Tant qu'on n'aura pas de preuve authentique, pour
l'instant, on ne peut pas admettre ça, mais parce que ça peut être aussi latent
sur sur le site avant, là, donc on regarde vraiment certains paramètres, mais
on n'a pas encore regardé ces paramètres-là, pour répondre rapidement à la
question.
• (12 heures) •
Mme Blanchette Vézina : O.K.,
peut-être spécifier, là, que le ministère de l'Environnement est allé en 2024,
hein, si je... je ne me souviens pas, là, prendre des relevés puis que les
choses étaient... étaient satisfaisantes. Je ne sais pas si vous avez remarqué,
là, mais dans le projet de loi, on renforce la gestion post fermeture du site
de Stablex, là, que ce soit pour les cellules qui sont actuellement ou
anciennement exploitées ou celles qui vont être en cours et à venir
d'exploitation, là, pour demander des garanties supplémentaires, là, par
l'entremise du bail. Est ce que vous voyez ça de manière favorable?
M. Goulet (Raphaël) : Je ne
suis pas certain de comprendre la question. Vous voulez dire comment... comment
Stablex va gérer une fois que les cellules sont remplies, c'est ça?
Mme Blanchette Vézina : Oui,
exact. Bien en fait, on vient renforcer, grâce au projet de loi — un
projet de loi a certains avantages, celui-là, c'en est un — on vient
renforcer la gestion post fermeture pour éviter d'avoir dans le futur des
problématiques associées avec la gestion des matières résiduelles qui sont sur
le site. Ça fait que je comprends que vous n'avez pas pris connaissance, là, de
cet aspect-là du projet de loi?
M. Goulet (Raphaël) : Je
n'avais pas... je n'avais pas remarqué ça, mais bon, ce n'est pas une mauvaise
chose, mais en même temps, c'est la responsabilité de l'exploitant de s'assurer
de... Normalement, c'est comme ça que c'est conçu même sur les cellules
existantes. Ils devraient se rendre compte, là, tu sais, plus de 50 ans après,
je ne sais pas, ça dépend des paramètres, là, de l'impact d'une cellule fermée,
là, puis de la suivre à long terme.
Mme Blanchette Vézina : Oui,
c'est sûr que dans les années 80, au moment de l'installation Stablex n'avait
pas les mêmes normes qu'aujourd'hui, mais là, aujourd'hui, on prend les mesures
pour s'assurer d'avoir un suivi post fermeture. Mais vous, depuis que vous êtes
présent ou que le suivi est fait du côté des bassins versants, vous n'avez pas
vu une recrudescence ou, tu sais, je comprends que vous n'avez pas
nécessairement les... vous n'avez pas cherché les données spécifiques mais par
rapport aux opérations passées, je comprends qu'il n'y a rien qui pour
l'instant vous... vous permet de penser qu'il y a des contaminants plus qui
proviendraient de Stablex que d'autres sources environnantes?
M. Goulet (Raphaël) : Non,
non, parce que tu sais on n'est pas... on n'est pas nécessairement contre le
projet Stablex, là. Je suis sur le comité de vigilance de signataires
environnement et...
M. Goulet (Raphaël) : ...en
techniques de sols contaminés. C'est vrai que c'est choses-là sont bien conçues
puis les processus, ce n'est pas ça qu'on remet en question, c'est le projet de
loi qui est d'implanter la cellule là. C'est plutôt ça, là, sur lequel on s'oppose.
Mme Blanchette Vézina : Et
quels autres sites pourraient être à disposition selon vous?
M. Goulet (Raphaël) : Je ne
pourrais pas vous dire, là. Je n'ai pas... Je n'ai pas... On a pas du tout... Ce
n'est pas notre rôle puis on n'a pas regardé ça du tout.
Mme Blanchette Vézina : O.K.
Par rapport aux critères, là...
M. Goulet (Raphaël) : Ça
serait intéressant...
Mme Blanchette Vézina : Oui,
allez-y.
M. Goulet (Raphaël) : Ça
serait intéressant, par contre, dans ce que vous avez dit, qu'il y a eu des
études qui ont faites pour trouver d'autres sites. Là, je ne sais pas si ça a
été partagé, ça serait intéressant de savoir quels critères qui ont été regardés
puis, bon, pour justifier votre choix, là, plus... plus précisément.
Mme Blanchette Vézina :
Ça, à ce moment-ci, s'il y a un document... Mais en tout cas on pourra regarder,
là. De toute façon, l'idée c'est d'être... d'avoir l'information juste pour
prendre une bonne décision, là, mais je sais qu'il y a plusieurs sites qui ont
été regardés, là, par le MEIE, là, suite au retrait de la ville, de la résiliation,
pardon, de l'entente avec la... par la ville. Je reviens donc justement à ce
que vous mentionniez, là, sur la caractérisation, là. Donc, moi, hier, on a
tous entendu la même chose, là, la tourbière de Blainville est sur le site, à
300 mètres, là, des citoyens, ce qui est déjà un problème, là, d'être à 300 mètres
de citoyens pour des nuisances, notamment du camionnage qui peut... qui peut
circuler de manière importante. Là, on parlait de 40 000 camions, là,
qui pourraient circuler dans le quartier résidentiel. Mais au-delà de ça, moi
aussi, l'impact environnemental me préoccupe. C'est pour ça qu'on choisit un
site qui a le moins d'impact environnemental. Ça fait que si je comprends votre
raisonnement, l'affectation de la tourbière pour vous, c'est inquiétant. Donc, on
est sur... sur le site qui est le moins pire des deux.
M. Goulet (Raphaël) :
Bien, l'autre site est quand même déjà perturbé aussi, là, par l'aménagement de
toute cette argile, là. Je ne sais pas si y a les mêmes études qui ont été
faites sur l'autre site aussi. Je sais que la caractérisation d'habitat dans la
séance d'hier a montré ça, là, qu'il y avait plus de préoccupations du côté de...
que de l'autre site, là, au niveau écologique.
Mme Blanchette Vézina : Mais
sur le site, c'est de l'argile versus une activité industrielle depuis près de
100 ans, avec des normes qui sont environnementalement moindres, ce qui
permettrait probablement de faire une certaine restauration du site. Parce que
ce qu'on est venu nous mentionner, c'est que Stablex pouvait utiliser ces sols-là
pour les décontaminer ou, en tout cas, l'utiliser dans le procédé de Stablex pour
justement venir amoindrir l'impact de la contamination, là, ce qui peut être
une bonne nouvelle pour la tourbière, en tout cas, à première vue, là, de mon
côté. Donc, pour moi, tu sais, clairement, à comparer, on le voit rapidement,
là, comme Englobe l'a nommé, que l'impact serait moindre. Est-ce que j'ai un
collègue qui aimerait... Oui, je pense que la députée d'Abitibi-Ouest, je
pourrais lui laisser la parole elle voulait intervenir.
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, exactement. Alors, nous allons... Nous allons poursuivre les questions
avec la députée d'Abitibi Ouest.
Mme Blais : Bonjour, M..
Merci pour votre présentation. On sait que Stablex existe depuis plus de 40 ans.
On est rendus à la sixième cellule. Moi, je me demande, sur les autres autres
cellules, est-ce qu'il y a des analyses qui ont été faites, entre autres la
caractérisation, le carottage et à quelle fréquence ces analyses-là?
M. Goulet (Raphaël) : Je
ne suis pas... Je ne travaille pas pour Stablex, là. C'est la responsabilité de
Stablex de faire leurs propres... environnementaux de leur site. Normalement,
comme je vous parlais tantôt, là, le comité de vigilance, si c'est le même
principe que, moi, je connais le fonctionnement, celui de... environnement, qui
devrait ressembler à celui de Stablex, c'est vraiment les suivis qui sont faits
par Stablex qui sont présentés à ce comité de vigilance là pour être
transparent puis montrer exactement comment se comporte l'air sur le site, le
sol sur le site, l'eau sur le site. Donc, c'est... La fréquence, là, à ce
moment-là aussi de Stablex, je ne sais pas ce qu'ils font exactement. Ils ont des
comptes à rendre au ministère de l'Environnement. Donc c'est le ministère de l'Environnement
qui donne les directives à suivre à ce niveau-là à Stablex, là. Puis par
rapport au suivi de Stablex au ministère, ça, je ne sais pas si les comptes
sont rendus à la hauteur de la satisfaction, là. D'une part, j'imagine que oui,
là, parce que le site continuait d'être opéré, là, mais bon, je ne peux pas me
prononcer.
Mme Blais : Dans l'analyse
d'Eurêka, est-ce qu'il y a des analyses d'eaux souterraines qui ont été faites?
Est-ce que vous avez découvert des aquifères?
M. Goulet (Raphaël) : J'ai
entendu parler, là, mais je ne sais pas si c'est c'est prouvé. Et si c'est le
cas, effectivement, l'aquifère, c'est une belle porte d'entrée pour recharger
la nappe souterraine. Donc, la dernière chose qu'on veut faire, c'est aller
jouer, tu sais, à ça. Parce que, bon, il y a comme quelques pochettes à travers
le territoire où l'eau...
M. Goulet (Raphaël) :
...est
en contact avec l'eau de surface. C'est important de protéger ces endroits-là
parce que, bon, c'est comme ça qu'on recharge notre nappe phréatique.
Mme Blais : Puis l'analyse au
niveau de la nappe phréatique...
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, madame...
Mme Blais : O.K.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
je vais juste peut-être vous... je voulais vous couper parce que Mme la
ministre avait peut-être une réponse ou une question en lien avec
l'intervention.
Mme Blanchette Vézina : Simplement
pour vous répondre, chère députée d'Abitibi-Ouest, sur le carottage versus les
prélèvements, le ministère fait des prélèvements, mais le carottage est à
éviter, là, sur le site même, pour ne pas déstabiliser le cimentage du Stablex,
là, donc de la... de ce qui a été fait pour stabiliser les déchets dangereux.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
il restait 22 secondes, vous pouvez y aller encore, là, rapidement.
Mme Blais : Bien, je voulais
vous remercier. Merci beaucoup.
M. Goulet (Raphaël) : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : C'est
bon. Parfait. Alors, nous allons du côté de l'opposition officielle, et
j'entends la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. Merci
beaucoup, M. Goulet.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
excusez-moi, pour les fins... J'aurais juste besoin du consentement pour
poursuivre au-delà de 12 heures, mais on sait qu'il est déjà
12 h 09, mais c'est pour les fins de... des règlements. Voilà.
Des voix
: Consentement.
Mme Dufour : Et le temps, M.
le Président, que j'ai?
Le Président (M. Schneeberger) : Le
même temps, il y a 10 min 24 s.
• (12 h 10) •
Mme Dufour : Parfait. Merci
beaucoup. Alors, je disais, M. Goulet, merci beaucoup pour votre présence.
COBAMIL, un organisme que je connais, ayant été conseillère municipale de
Sainte-Rose, donc, juste l'autre bord de la rivière. Vous êtes biologiste,
c'est bien ça?
M. Goulet (Raphaël) : ...
Mme Dufour : Pardon?
M. Goulet (Raphaël) : Maîtrise
en biologie... maîtrise en biologie, oui.
Mme Dufour : Parfait. Donc,
vous avez quand même des connaissances en biologie. On a... la ministre en a
parlé, il y a une étude qui a été faite par Englobe, qui a été mandatée par
Stablex, une étude de caractérisation du site Orica, le site qui est visé par
le projet de loi. Et ça, c'est la base, là, de la réflexion, semble-t-il, du ministère,
cette étude-là.
De votre côté, vous avez dit tout à
l'heure que vous voulez une étude indépendante, donc peut-être nous expliquer
pourquoi une étude indépendante.
M. Goulet (Raphaël) : Bien,
c'est sûr que, bon, normalement, les professionnels sont professionnels, ça le
dit. Puis Englobe a dû faire une étude qui était 100 % transparente. Mais,
bon, ça peut arriver, on l'a vu... on l'a vu souvent — pardon — que,
bon, une firme mandatée par une entreprise privée qui fait un suivi ou qui fait
une caractérisation sur un site convoité par l'entreprise, ça peut arriver que,
bon, les résultats vont souvent dans... en faveur de l'entreprise.
Mme Dufour : Je vous avoue
que j'ai été élue et responsable de la ville de Laval au niveau de l'environnement
pendant huit ans, et les constats que vous faites, je les ai vus aussi, des
entrepreneurs qui présentaient des études qui allaient dans le sens, évidemment,
qu'ils souhaitaient, versus quand le... notre équipe, à l'époque, de
l'environnement, allait sur le terrain, ils avaient des... des résultats
différents. D'ailleurs, on a eu une étude du groupe Habitat, qui arrive à des
conclusions différentes aussi. Donc, je comprends que, pour vous, ce qu'il
faudrait, ce soit... qu'on ait dans les mains, pour vraiment prendre une
décision éclairée, c'est une étude indépendante des deux sites, j'imagine, ou
principalement le site Orica?
M. Goulet (Raphaël) : Bien,
c'est sûr que, principalement le site Orica, mais idéalement, si on a plusieurs
sites en lice, ce serait de les déterminer, tu sais, les caractériser, chacun
de ces sites-là pour vraiment avoir la meilleure décision possible au final.
Mme Dufour : Et
qu'apporterait une... qui ferait une étude indépendante comme ça? Qui devrait
la faire, selon vous?
M. Goulet (Raphaël) : Bon, ça
peut être... ça pourrait être d'autres firmes spécialisées, ça peut être le
COBAMIL, tu sais, en collaboration avec d'autres. Ça dépend, là, je veux dire,
il ne faut pas que ce soit une firme qui a des intérêts quelconques, là, tu
sais, avec aucun des partenaires, ni le gouvernement, ni Stablex, ni... peu
importe, là. Donc, ce serait de trouver une firme impartiale qui pourrait
effectuer ça, qui est spécialisée à la fois dans l'écologie, les milieux
naturels, les espèces... les espèces, bon, en statut précaire ou évidemment
aussi tout ce qui est régime hydrologique, là, puis l'impact, là, comme on...
je soulevais tout à l'heure, là, par rapport à... au régime hydrologique de
tout le site, là, qui va être impacté par l'implantation de la cellule.
Mme Dufour : Oui. D'ailleurs,
vous avez dit, là, vous n'avez pas nécessairement étudié le régime hydrologique
souterrain. Mais des groupes nous ont parlé qu'il y avait un aquifère important
et qui... semble-t-il, sa source commence sous le site Orica. Est-ce que c'est
plausible, cette affirmation?
M. Goulet (Raphaël) : Oui,
oui, tout à fait, là, il y a des aquifères sur... sur Blainville, ailleurs, là,
tu sais, qui pourraient... je ne connais pas encore parfaitement, là,
exactement où ils sont situés, là, mais c'est très possible, parce qu'il y en a
qui ne sont pas loin, puis c'est comme une faille, là, à travers...
M. Goulet (Raphaël) : …ne sont
pas loin puis c'est comme une faille à travers le sol qui donne accès à l'eau
de surface. Donc, lorsqu'il y a des grandes pluies, tout ça, bien, cette eau-là
va percoler dans le souterrain qui permet la recharge. Donc, si… on risque de
voir des perturbations au niveau de l'eau souterraine si on venait à toucher à
cet aquifère-là.
Mme Dufour : Oui, et,
peut-être, vous pourriez nous parler des perturbations, parce que le comité des
bassins versants, donc, et ça… En tout cas, ce que j'ai compris, c'est que ça
pourrait se rendre jusqu'à la rivière des Mille Îles, les eaux souterraines… ça
fait que peut-être nous expliquer exactement, là, la… comment les eaux se
répartissent, là, dans ce secteur-là.
M. Goulet (Raphaël) : Je ne
suis pas un spécialiste de l'eau souterraine, là. On est plus focussés sur
l'eau de surface, mais, quand même, j'en connais assez pour dire que l'eau
souterraine est spéciale parce qu'elle ne s'écoule pas de la même façon que
l'eau de surface. Donc, elle ne va pas nécessairement suivre le sens d'une
rivière, ou le sens d'un bassin versant, ou le relief sur le terrain. Elle
s'écoule d'une autre façon puis, c'est ça, elle est connectée souvent au cours
d'eau ou à la surface d'une façon qui est difficile à déterminer, là, pour
l'étudier, pour le savoir, mais, assurément, il y a une grande proportion de
l'eau qui est dans la rivière des Mille Îles qui vient de l'eau souterraine,
là, assurément. Puis ça se caractérise, d'ailleurs, ça, on serait capables
d'avoir une idée, là, du pourcentage de l'eau qu'il y a dans la rivière qui
vient du souterrain versus la surface.
Au niveau surface, bien, c'est clair que
c'est une préoccupation des villes qui puisent leur eau potable dans la rivière
des Mille Îles, là. Il y a plusieurs centaines de milliers de personnes qui
s'abreuvent dans cette rivière-là. Que ce soit une source de surface ou
souterraine, l'eau qui est puisée dans la rivière, bien, c'est l'eau de ces
deux sources-là. Donc, on a fait, d'ailleurs, les plans de protection des
sources d'eau potable de toute la rivière des Mille Îles avec les villes
participantes. Laval a fait la même chose de son côté. Puis toutes les villes
sont très préoccupées par le site de Stablex parce que, comme je disais tout à
l'heure, nous, on fait le suivi de la qualité de l'eau, des paramètres qu'on…
qui pourraient sortir du site de Stablex. On ne les inclut pas dans nos suivis
présentement, puis ils ne sont pas inclus dans les suivis que font les usines
de production d'eau potable. Donc, si jamais il y avait contamination du régime
hydrique, ça va être indétecté, ça ne sera pas détecté à la source de
production de l'eau potable, puis on risque de contaminer les citoyens sans
s'en rendre compte.
Mme Dufour : Oui, bien, et
effectivement ça, c'était ma première… prochaine question, l'impact d'une
contamination. Il y a notamment des contaminants, là, qui, comme… moi, j'en
connais un, en tout cas, qui n'est pas actuellement testé ni dans les lixiviats
ni dans l'eau potable, les PFAS. Donc, s'ils étaient… s'il y avait des matières
qui en contenaient, qui étaient enfouies sur le site de Stablex, ce que… Ma
compréhension, c'est que l'eau, même si la membrane est étanche, il y a quand
même un lixiviat qui se crée, et là, lui, où va-t-il? Ça c'est la question. Et
là il y a des craintes, c'est ça, que la contamination s'en irait en souterrain.
Donc, si c'était le cas, ce que je comprends, là, ce que vous venez de dire,
c'est que ça pourrait se rendre jusqu'à la rivière des Mille Îles. L'eau serait
puisée par les villes qui s'abreuvent de part et d'autre de la rivière des
Mille Îles, Terrebonne, notamment, Bois-des-Filion, Lorraine, je pense,
s'abreuve là, Rosemère, et évidemment Laval. Donc, toutes ces villes-là
seraient à risque d'avoir des PFAS dans leur eau sans le savoir parce que ce
n'est pas nécessairement testé présentement. C'est bien ça?
M. Goulet (Raphaël) : Tout à
fait, là. Puis le risque, avec les PFAS, c'est surtout aussi qu'il n'y a pas de
norme présentement. Donc, même si Stablex les évalue, les analyse à la sortie
de… lorsque le client rentre dans leur usine, il est traité… l'eau est traitée
puis est rejetée dans un cours d'eau, bien là c'est le… il n'y a pas de norme.
Alors, ils ont beau trouver des PFAS, ils ne sauront pas à quel moment les
traiter, à quel niveau les traiter. Donc, ils vont pouvoir les relâcher probablement
avec des… un niveau qui est dommageable pour la santé humaine.
Mme Dufour : Et peut-être
pour parler du site lui-même, vous ne l'avez pas visité vous-même, mais je
pense que vous avez quand même une certaine connaissance… l'importance,
peut-être, tu sais, de ce site-là pour une potentielle renaturalisation. La
ville nous a parlé qu'il y aurait des projets de renaturalisation, quoique,
pour y être allée, sur le site, il est quand même très, très, très naturel, là,
le site. Là, il y a quelques bunkers, mais la nature a vraiment repris son
cours. Donc, vous, est-ce que vous voyez un potentiel de renaturalisation du
site?
M. Goulet (Raphaël) : Je suis
d'avis que la nature va toujours faire un meilleur travail que l'humain par
rapport…
M. Goulet (Raphaël) : ...faire
renaturaliser les choses. Elle l'a démontré sur le site d'Urica jusqu'à
maintenant. Je pense que ce serait une erreur de penser qu'on peut l'améliorer
par nous-mêmes au lieu de la laisser faire. Donc, voilà.
Mme Dufour : En fait, je
pensais enlever les bunkers par exemple et peut-être défaire les routes.
M. Goulet (Raphaël) : Oui,
oui, je pensais... Oui, oui, ça, oui, mais je pensais plus... parce que tout à
l'heure, la ministre disait que d'implanter la cellule, on viendrait à
améliorer l'état, là, des milieux humides parce que ça permettrait de peut-être
restaurer une partie, là. C'est clair que la meilleure chose à faire, oui, ce
serait peut-être de l'enlever, là, ce qui nuit, mais aussi de laisser faire la
nature.
Mme Dufour : Parfait.
Peut-être une dernière question. Il y a un agriculteur hier qui est venu nous
parler de ses craintes. Lui, il dit qu'il utilise, dans le fond, l'aquifère
souterrain, que ses terres sont alimentées en eau à partir de cet aquifère-là.
Donc, lui, il craint que ça pourrait affecter ses cultures. Est-ce que vous
croyez que ses craintes sont légitimes? Et là il parlait de la contamination,
mais aussi la sécheresse et inondations que ça pourrait créer puisqu'il y a
comme une certaine régulation, là, qui est faite par le site Urica.
M. Goulet (Raphaël) : C'est
sûr qu'il y a une perturbation importante sur le régime hydrique à tous
niveaux, là, qui va être causé par l'implantation de la cellule. Au niveau de
l'utilisation de l'eau, ça peut aussi effectivement avoir un impact pour la
personne, donc c'est... c'est à considérer, là, assurément.
Mme Dufour : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons voir du côté de la deuxième opposition avec la députée de
Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. J'aimerais ça revenir sur l'échange que vous avez eu avec ma
collègue concernant les contaminations d'eau potable. Vous avez dit qu'il n'y
avait pas de vérifications qui sont faites de contaminants potentiels de la
part de ce site-là. C'est ça?
M. Goulet (Raphaël) : Ça, je
ne pourrais pas vous le dire, là. Normalement ils font un suivi assez complet
de beaucoup de choses. Je ne sais pas... Vu que les PFAS sont... sont vraiment
émergents, je ne sais pas s'ils sont... c'est déjà inclus. Et, même si c'était
inclus, il n'y a pas de norme. Donc, s'ils en trouvent, bien, ils ne peuvent
pas être déclarés... ils n'ont pas nécessairement quelque chose à faire parce
qu'il n'y a pas de norme. Ou, si la norme existe un jour, bien, il faut... il
faut s'assurer qu'elle soit assez basse pour que ça touche ne pas touche pas la
santé humaine.
• (12 h 20) •
Mme Labrie : Pas nécessairement
sur les PFAS, mais je veux dire de manière générale, j'ai cru comprendre dans
vos propos qu'il n'y avait pas de vérification finalement des contaminants du
site.
M. Goulet (Raphaël) : Dans
les usines d'eau potable, dans les usines d'eau potable, que je parlais. Ce
n'est pas de Stablex. Stablex, j'imagine, là, si c'est... moi, je base encore
sur mon expérience avec Signaterre Environnement, il y a toute une panoplie,
là, de contaminants, là, inorganiques, organiques, tu sais, c'est assez exhaustif.
J'ose espérer que Stablex fait la même chose. Mais, bon, je parle au niveau des
usines de production d'eau potable, que ces usines-là, qui ne font pas
nécessairement le suivi de tous ces contaminants-là, là, constamment, là. Parce
qu'entre autres pour les contaminants émergents, comme c'est nouveau, bien, ce
n'est pas encore inclus, là, dans les suivis, du tout.
Mme Labrie : O.K. Vous avez
été quand même assez clair sur le fait qu'il n'y avait pas de... il manquait
de... il manquait certaines données finalement pour prendre une décision
là-dessus. Qu'est-ce que vous pensez de ça, que des décisions soient prises
actuellement, alors qu'il manque des données importantes, d'abord sur notre
gestion des matières dangereuses, mais aussi sur les terrains en question?
M. Goulet (Raphaël) : Bien,
c'est... c'est... ça va à l'encontre d'un principe fondamental en science
qu'est le principe de précaution. Lorsqu'on n'est pas sûr, bien, en gros, on ne
va pas de l'avant, on regarde un peu plus la situation pour mieux avoir un
meilleur jugement. Donc, c'est... c'est... c'est surprenant.
Puis c'est surprenant que le gouvernement
veuille aller au-dessus d'un de ses propres... ses propres processus, qui est
le BAPE, là. Donc, aller surpasser le BAPE pour aller de l'avant avec ce
projet-là, c'est aussi... c'est aussi à questionner.
Mme Labrie : Donc, il y a un
bris du principe de précaution. Il y a un bris des recommandations du BAPE puis
aussi même du règlement de contrôle intérimaire qui avait été approuvé par le
gouvernement.
M. Goulet (Raphaël) : Oui.
Mme Labrie : C'est sûr que
c'est assez surprenant, effectivement. Donc, vous, vous recommandez, comme
beaucoup d'autres, qu'il y ait d'abord un état des lieux, là, des matières
dangereuses. C'est ce que je vous ai entendu dire tout à l'heure?
M. Goulet (Raphaël) : Exact.
Bien, des matières dangereuses puis de toute la caractérisation
environnementale, écologique aussi.
Mme Labrie : Parfait. Bien,
je vous remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va. Alors, nous finissons cette entrevue avec le député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci à vous, M. Goulet, pour la présentation.
Juste pour bien saisir, là, le
principal... la principale recommandation que vous nous faites, est-ce que
c'est de retirer le projet de loi? Parce qu'on parlait de revoir le projet de
loi. Est-ce que c'est le retrait pur et simple?
M. Goulet (Raphaël) : Ce
n'est pas nécessairement le retrait. C'est de... Il y a plusieurs choses qui
doivent être incluses. C'est de s'assurer que ce...
M. Goulet (Raphaël) : ...projet
de loi là, s'il va de l'avant, que ces étapes là préalables soient remplies,
là. C'est peut-être, justement... ça va peut-être remettre en cause le projet
de loi, justement, parce qu'on va se rendre compte que ce n'est peut-être pas
une bonne idée de le faire.
M. Arseneau : Oui. Bien,
j'essaie seulement de réconcilier les conclusions du BAPE avec le projet de
loi, qui vise, essentiellement, à mettre en échec toutes les recommandations du
BAPE. Alors, si je suis votre logique, pour qu'on respecte les conclusions du
BAPE, bien il faudrait ne pas avoir ce projet de loi là devant nous et le voir
adopter, non?
M. Goulet (Raphaël) : Oui. Je
comprends, oui. Bien, à ce... à ce niveau-là, oui, effectivement.
M. Arseneau : Parce qu'en
fait, c'est un peu ça, la réflexion qu'on se fait avec la comparution de
plusieurs groupes, c'est de dire qu'on est en train un peu de refaire, mais de
façon beaucoup plus rapide et beaucoup moins profonde, un exercice qui a déjà
été réalisé par un organisme dûment mandaté, indépendant et neutre, auquel,
j'imagine... et avec des audiences auxquelles vous avez, j'imagine, participé?
M. Goulet (Raphaël) : Exact.
On avait participé au BAPE. On avait même participé, des années avant, là, sur
un comité organisé par Stablex, on avait participé aux audiences pendant...
Donc, ça fait... ça fait plusieurs années, là, ça fait comme sept ans qu'on est
impliqués sur le dossier.
M. Arseneau : Mais qu'est-ce
que ça vous dit, justement, là, sur le fonctionnement de nos institutions, si
on dit que, bon, on mandate le BAPE pour faire une étude, qu'il émet des
recommandations qui sont extrêmement claires qui sont... qui sont bien
accueillies, qu'on a également des règles environnementales, des objectifs à
atteindre, un plan d'action 2030, on a un RCI, on a des OGAT, on a des
orientations pour les... et qu'on s'apprête à essentiellement, balayer tout ça
du revers de la main, parce qu'il y a la demande pressante d'une entreprise qui
menace de mettre fin à ses opérations volontairement, si elle n'obtient pas
tout ce qu'elle demande?
M. Goulet (Raphaël) : C'est
très étonnant de mettre de côté des processus qui semblent déjà établis. Il
semble y avoir un empressement qui est difficile à justifier, un empressement
qui n'est clairement pas justifié au niveau environnemental. Donc, c'est soit
au niveau politique ou au niveau économique, là... qui doivent être les
motivations derrière ça. C'est dur à... c'est dur à comprendre, puis c'est
décevant, c'est clair.
M. Arseneau : Puis juste...
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
M. Arseneau : Ah j'ai
terminé. Merci beaucoup, merci.
Le Président (M. Schneeberger) : On
n'a plus... on n'a plus de temps, oui, vous êtes déjà dépassé de 20 secondes,
alors, mais je voulais... par souci... je voulais laisser M. Goulet répondre.
Alors, ce qui met un terme à ces auditions particulières. Alors, avant de
terminer la commission, je vous remercie, M. Goulet, alors on vous laisse aller
à vos occupations. Ce qui met un terme à... les auditions particulières.
Avant de conclure les auditions, je
procède au dépôt de mémoires des personnes et des organismes qui n'ont pas été
entendus au niveau des auditions publiques ici même.
Alors, la commission, ayant accompli son
mandat, ajourne ses travaux sine die. Je vous souhaite un bon retour à la
maison. Merci beaucoup à tous.
(Fin de la séance à 12
h 26
)