Journal des débats de la Commission de l'aménagement du territoire
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(début : 29 novembre 2022)
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Le
mercredi 19 mars 2025
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Vol. 47 N° 100
Consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 93, Loi concernant notamment le transfert de propriété d’un immeuble de la Ville de Blainville
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11 h 30 (version non révisée)
(Onze heures trente-neuf minutes)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, bon matin à tous. Ayant le quorum, je déclare la Commission de l'aménagement
du territoire ouverte. Alors, je vous rappelle que nous sommes réunis, la
commission, ici, afin d'entreprendre les consultations particulières et
auditions publiques sur le projet de loi n° 93, Loi concernant notamment
le transfert de propriété d'un immeuble de la Ville de Blainville. Est-ce que
nous avons des remplaçants ce matin, Mme la secrétaire?
La Secrétaire
: Oui, M.
le Président. M. Ciccone (Marquette) est remplacé par Mme Dufour
(Mille-Îles).
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, ce matin, nous entendons la Société pour la nature et
les parcs Québec, qui est le SNAP, et l'Union des municipalités. Alors, nous
sommes en visioconférence avec le premier groupe. Bonjour à vous deux. Dans un
premier temps, vous vous présentez à tour de rôle et par la suite enchaînez
avec votre mémoire. Voilà.
• (11 h 40) •
M. Branchaud (Alain) : Mme
la ministre, M. le Président de la commission, membres de la commission,
bonjour. Je me présente, Alain Branchaud, directeur général de la Société pour
la nature et les parcs, aussi appelée la SNAP-Québec. Aujourd'hui, je suis
accompagné de mon collègue Jean-Philippe Lemay, qui est avocat à la SNAP-Québec.
La SNAP-Québec, c'est un organisme à but non lucratif dédié à la protection de
la nature et à la création d'aires protégées à travers tout le Québec. Notre
démarche repose sur la collaboration et la recherche de solutions avec les
peuples autochtones, gouvernements, les acteurs de l'industrie et les
communautés locales. Nous travaillons aussi, de concert avec de nombreuses
municipalités dans leurs démarches pour protéger, mieux gérer et restaurer les
écosystèmes naturels sur leur territoire. Finalement, la conservation des
espèces menacées, vulnérables et de leur habitat est aussi au cœur de la
mission de la SNAP-Québec.
Nous débutons en signifiant que la SNAP-Québec
est consciente du défi que représente la gestion sécuritaire des matières
dangereuses et des sols contaminés à travers le Québec et la nécessité d'offrir
ces services n'est pas remise en cause par notre mémoire. Nous nous présentons
devant vous aujourd'hui avec l'objectif de contribuer à trouver une solution
qui répond aux besoins réels des entreprises québécoises sans sacrifier la
conservation de la biodiversité. En ce sens, la SNAP-Québec s'inquiète
fortement du contenu du projet de loi présentement à l'étude. En premier lieu,
le projet de loi écarterait la compétence municipale en permettant au projet de
Stablex d'ignorer les outils d'aménagement de territoire et la réglementation
municipale, pourtant conforme aux orientations gouvernementales. Le projet de
loi permettrait aussi au promoteur et au gouvernement de se soustraire au cadre
juridique habituel afin d'accélérer la destruction de milieux naturels sans
supervision des tribunaux. Il s'agit d'un précédent dangereux qui...
M. Branchaud (Alain) : ...qui
remet en question la prévisibilité du régime législatif québécois.
L'encadrement réglementaire est d'autant plus pertinent quand un projet
comporte des risques importants qui n'ont pas encore été adéquatement pris en
compte, comme c'est le cas avec le projet Stablex. En faisant cavalier seul et
en voulant agir en urgence, il y a un risque que le gouvernement du Québec
prenne une décision avec des conséquences irréparables pour les habitats
d'importance de la région, mais aussi pour la confiance du public envers ses
institutions. La SNAP-Québec encourage les membres de la commission à mettre
sur pause le projet de loi, le temps que le gouvernement du Québec rouvre le
dialogue avec l'ensemble des parties prenantes et évalue les autres
alternatives possibles. Nous remercions la commission de nous avoir invités
pour partager nos réflexions.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, très rapide. Nous allons débuter une période d'échange...
M. Branchaud (Alain) : ...on
va poursuivre.
Le Président (M. Schneeberger) : Ah!
O.K. Parfait. C'est bon. Parfait. Je pensais que vous aviez terminé? Je me
dis : Ils sont rapidos... Allez-y, poursuivez.
M. Lemay (Jean-Philippe) : Je
vais reprendre le flambeau. Donc, merci, Alain. Bonjour à tout le monde. Avant
d'adopter un projet de loi avec des impacts aussi importants sur les
compétences municipales, sur la primauté du droit et la biodiversité, on
demande aux membres de la commission de, d'abord, se demander si une telle
urgence est nécessaire. Dans son rapport sur le projet proposé, le BAPE a
conclu que les installations actuelles de Stablex lui permettraient de combler
les besoins d'enfouissement jusqu'en 2030, et que son projet initial de plus
petite envergure permettait de poursuivre l'exploitation jusqu'en 2040. C'est
une bonne nouvelle. On a donc collectivement, le temps de véritablement cerner
les besoins en matière d'enfouissement des matières dangereuses et de
développer une stratégie nationale.
En ce sens, le BAPE mentionne aussi qu'il
est présentement impossible d'avoir un portrait complet des besoins de
traitement des matières dangereuses et des sols contaminés, parce que seulement
des données partielles sont disponibles Il me semble que la seule véritable
urgence dans ce dossier-là, ce soit la course pour détruire les habitats de
nidification des oiseaux migrateurs avant que les protections fédérales ne
s'appliquent aux sites en mi-avril. Pour ces espèces, il s'agit d'une nouvelle
perte d'habitat dans une région où ces milieux sont de plus en plus rares. La
présence d'habitats d'espèces protégées ne devrait pas encourager une
destruction accélérée, elle milite plutôt pour la sélection d'un autre site
pour le projet.
Les capacités du projet initial de Stablex
nous donnent le temps d'agir correctement. Alors, pourquoi choisir de se
précipiter au risque de se mettre à dos les acteurs municipaux et la
population? Cette opposition vient, en partie, du fait que le projet de loi
prévoit un niveau d'ingérence exceptionnel dans les compétences des municipalités.
En plus de l'expropriation d'un immeuble municipal, il est prévu de
complètement écarter la planification territoriale et la réglementation adoptée
par les élus locaux. Cette intervention est particulièrement choquante, alors
que la ville de Blainville, la MRC et la Communauté métropolitaine ont agi pour
conserver ces milieux conformément aux directives du gouvernement du Québec.
Effectivement, depuis plusieurs années, le gouvernement renforce la compétence
des municipalités et leur donne explicitement le mandat d'identifier les
milieux naturels d'intérêt sur leur territoire et de contribuer à l'atteinte
des cibles de conservation de 30 %. Quel intérêt une municipalité aurait à
faire ces démarches-là, si elle sait que le gouvernement du Québec se garde la
porte ouverte pour écarter cette planification-là?
Pour réduire l'escalade des tensions,
SNAP-Québec recommande au gouvernement de nommer un médiateur ou un groupe
multipartite avec comme mandat de rouvrir un dialogue et d'identifier des
solutions à long terme. En plus d'écarter la réglementation municipale, le
projet de loi permet aux promoteurs et au gouvernement de s'élever au-dessus
des normes environnementales en excluant l'intervention des tribunaux. Si le
Québec s'est doté d'un cadre législatif en matière environnementale, c'est au
bénéfice de la santé des populations et de la conservation des espèces
vivantes. SNAP-Québec dénonce la volonté d'écarter ce régime de protection au
bénéfice de l'entreprise privée. Quel message le gouvernement envoie-t-il aux
entreprises? Dont les activités comportent des risques pour l'environnement.
Est-ce que notre régime environnemental est facultatif? SNAP-Québec a récemment
participé aux consultations sur le projet de loi n° 81, l'omnibus en
environnement qui vise notamment à renforcer le rôle du BAPE, pour reconnaître
davantage son expertise.
En toute cohérence, nous demandons donc au
gouvernement et aux membres de la commission de prendre au sérieux les
conclusions du BAPE dans le dossier Stablex. Pour rappel, les commissaires sont
arrivés à la conclusion que le projet proposé est, un, prémature, deux, n'offre
aucun avantage en comparaison avec le site initial et, trois, ne devrait donc
pas être autorisé.
M. Branchaud (Alain) : Au
niveau des impacts environnementaux, une évaluation robuste est
particulièrement pertinente dans le cas du projet... d'un projet dont l'impact
dans le temps est inconnu. En ce sens, la SNAP-Québec tient à souligner que de
nombreuses incertitudes subsistent quant aux impacts du projet sur
l'environnement. Certains éléments de caractérisation environnementale nous ont
laissés sur notre faim. Par exemple, la caractérisation du site a été
principalement réalisée à l'automne. Est-ce que les espèces fréquentant le
site, à d'autres moments de l'année, ont été...
M. Branchaud (Alain) :
...considéré. Et qu'adviendra-t-il des milieux... aux milieux humides en
périphérie du site? Est-ce que l'apport en eau de ces milieux naturels de
grande valeur écologique sera perturbé par la création et l'exploitation de la
cellule 6? Aucune étude approfondie ne permet d'être rassuré. Même chose
au niveau de la localisation des... des principaux sites de forage
environnemental de la phase II, où ils ont été motivés principalement par
des motifs géotechniques et non pour mesurer la présence de contaminants.
Alors, il y a beaucoup de défaillances, au niveau méthodologique, qui nous
laissent sur notre faim sur l'évaluation réelle des impacts qu'aurait le
projet, notamment sur le passif environnemental et la présence possible de
contaminants, qui n'a pas été bien caractérisée.
Nous voulons rappeler au gouvernement
qu'il n'est pas trop tard pour changer d'avis. Des alternatives existent. Le
rapport du BAPE jette un doute sur les arguments de Stablex pour justifier d'éviter
le site initialement planifié sur la cellule 6. Nous pouvons pousser le
questionnement encore plus loin : puisque les déchets toxiques sont
neutralisés à leur arrivée chez Stablex, est-ce que leur enfouissement pourrait
être réalisé carrément à l'extérieur du périmètre de l'entreprise, dans un
autre site qui ne nécessiterait pas la destruction de milieux naturels
d'intérêt et qui ferait consensus? Dans le contexte exceptionnel de l'adoption
d'une loi spéciale, il est inconcevable que cette alternative n'ait pas été
pleinement considérée.
Donc, compte tenu des oppositions, de la
forte opposition des acteurs municipaux et de la population, et des risques
environnementaux, et des alternatives qui existent, la SNAP propose de
suspendre le projet de loi. La SNAP recommande spécifiquement au gouvernement
du Québec de nommer un médiateur ou de mettre en place un comité multipartite
indépendant pour rouvrir le dialogue avec les parties prenantes, d'explorer
l'avenue d'un enfouissement des déchets neutralisés en dehors des installations
du site, à Blainville, d'agir avec transparence pour compléter les inventaires
sur le site, et de rendre l'ensemble de la documentation publique, et de
produire un échéancier pour le développement d'un plan d'action pour la gestion
des matières dangereuses résiduelles ayant des propriétés préoccupantes pour
l'environnement.
En terminant, merci d'avoir porté
attention à nos recommandations. Et il nous fera plaisir de répondre à vos
questions.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors là, vous avez terminé.
Une voix : On a terminé, merci
beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, excusez-moi encore pour tout à l'heure. Alors, nous allons
procéder à une période d'échange avec la ministre. Mais, avant tout, je
voudrais avoir le consentement : on avait 12 h 50, comme fin des
travaux, et on a commencé en retard, alors j'aimerais au moins qu'on puisse le
prolonger jusqu'à 13 heures pour ne pas pénaliser nos groupes ici ce matin.
Est-ce que j'ai le consentement?
Des voix
: Consentement.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Alors, avec le consentement, nous avons un temps de
12 min 45 s. Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Merci, M. le Président. Merci aux gens de la SNAP qui sont présents. C'est un
plaisir de vous voir. J'entends puis j'ai lu une partie de votre mémoire, donc,
si je comprends bien, c'est la portion volonté... projet de loi, là. Si on
s'était entendus, disons, avec la ville de Blainville, sur un site en
particulier, vous n'auriez pas les mêmes réserves, est-ce que je comprends bien
votre position?
• (11 h 50) •
M. Branchaud (Alain) : Bien,
de façon conséquente avec les recommandations du rapport du BAPE, nous, on
n'exclut pas la possibilité que le site adjacent à l'usine soit utilisé pour la
cellule 6. On voit qu'il y aurait des coûts additionnels pour
l'entreprise. Mais pour nous, à la lumière des informations récentes sur la
valeur écologique des deux emplacements possibles à proximité de l'usine, on
considère que le site qui est propriété du gouvernement du Québec,
actuellement, serait favorable, contrairement à l'autre qui viendrait nuire à
la possibilité de mettre une aire protégée structurante et cohérente et donc
avec... et qui est en connectivité avec ce qu'on appelle, là, la tourbière de
Blainville, donc, dans ce sens-là.
Puis on vous invite à examiner la
possibilité de voir des alternatives à l'extérieur de ce secteur-là, aussi, il
y en a certainement. Il faut rappeler qu'on transporte des déchets dangereux
sur de longues distances. On les amène chez Stablex, on les neutralise pour les
rendre moins toxiques et on les conditionne pour être moins accessibles au
vivant, donc, pour ne pas qu'ils viennent contaminer à l'extérieur de ces
sites-là. Alors, une fois qu'ils sont neutralisés, pourquoi... et qu'on les
confine, pourquoi on ne pourrait pas les transporter ailleurs et donc dans
des..
M. Branchaud (Alain) :
...endroits où on ne nuirait pas à la protection d'habitats importants pour la
biodiversité. C'est dans ce sens-là qu'on s'explique mal, avec ce projet de loi
exceptionnel, pourquoi on irait détruire des milieux naturels? Et si on
applique la logique qui est présentée dans l'argumentaire de Stablex et du
gouvernement, si on se projette en 2400, bien, on va toujours avoir besoin de
plus d'espace puis on va finir par empiéter sur l'ensemble de la tourbière de
Blainville. Donc, c'est là où l'idée d'aller voir ailleurs est peut-être
l'alternative qui permettrait de trouver un consensus parmi l'ensemble des
parties prenantes.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Si le gouvernement, on décidait de protéger le milieu humide qui est dans la
cellule 6 actuellement... Parce que l'enjeu de la part du gouvernement,
là, c'est que la cellule... le terrain qui appartient au gouvernement est à
proximité d'un quartier résidentiel qui a été développé après l'analyse qui
avait été faite pour ce terrain-là. Donc, si, disons, on... comme gouvernement,
on décidait d'échanger des milieux humides ou de, tu sais, remettre en état le
terrain qui avait été projeté initialement, quelle serait votre position par
rapport à cette solution pour compenser, disons?
M. Branchaud (Alain) : Bien,
d'un point de vue environnemental, c'est moins intéressant, parce que l'effet
de lisière dans ce secteur-là est beaucoup plus important. Donc, l'effet
lisière, c'est tous les impacts périphériques. Et on détruit la connectivité
avec le cœur de la tourbière de Blainville, donc. Et le potentiel de
restauration du site visé, là, par le projet de loi est vraiment élevé et
permettrait aussi à la population d'accéder à ces milieux-là et de pouvoir
observer la nature. Donc, il y a un potentiel de développement socioéconomique
intéressant de ce côté-là également.
Encore une fois, le site qui est
actuellement la propriété du gouvernement du Québec a fortement été altéré au
cours des dernières années et sa valeur écologique, donc, est moins grande que
celui du site qu'on appelle Orica, là. Donc, dans ce sens-là, on vous encourage
fortement à étudier davantage les alternatives. La SNAP-Québec a eu accès à
l'ensemble des documents de caractérisation, dont le plus récent en 2023, et en
comparant les données puis en regardant la situation actuelle à partir de
photos satellitaires, on se rend bien compte que la valeur écologique du site
Orica est beaucoup plus élevée.
Mme Blanchette Vézina : Eau
secours! hier est venu nous mentionner, là, à raison, là, qu'il y a eu des
activités industrielles sur le terrain de la cellule visée par... du terrain
visé par le projet de loi qui pourrait avoir contaminé les sols. Moi, je suis
allée sur le terrain. Je ne sais pas si vous êtes allés, sur le site d'Orica,
mais il y a des chemins... des anciennes routes, des chemins de fer, des
bâtiments. On sait qu'il y a eu de l'entreposage de munitions de... C'est un
terrain, puis c'est nommé dans les rapports, qui est altéré, là, d'un point de
vue entropique.
Donc, malgré tout, vous demeurez sur la
position qu'il y a une plus grande valeur écologique là, bien que, si on
pouvait remettre en état le terrain, la cellule qui appartient au gouvernement
en ce moment, ça connecterait avec la tourbière de Blainville, vous restez sur
cette position-là. Est-ce que vous avez été voir le site, le terrain d'Orica,
au-delà des cartographies aériennes?
M. Branchaud (Alain) : Non,
j'ai... C'est un site qui est protégé, donc c'est un accès limité. J'imagine,
comme ministre, que vous avez des accès privilégiés, ce qu'on n'a pas, nous. Par
contre, on est capable de lire les informations qui sont disponibles dans les
rapports. Et au niveau de la présence de la salamandre à quatre orteils, au
niveau de la présence de la couleuvre verte, de la couleuvre tachetée et
d'autres espèces qu'on rencontre dans ces milieux-là et qui sont documentées
dans le site Orica, on se rend compte qu'il y a eu une recolonisation, une...
la nature a repris ses droits.
C'est tellement intéressant de voir que
c'est un dossier qui ressemble énormément à celui de Northvorlt. Et on
s'étonne, avec ce dossier-là qui est encore chaud, de voir le gouvernement du
Québec entrer encore une fois dans une vision tunnel et vouloir précipiter les
décisions. Dans notre mémoire, on remet en cause l'urgence d'agir. On est
d'accord avec l'importance d'offrir ce service-là, mais il semble que les
données qui sont disponibles en ce moment sont...
M. Branchaud (Alain) : ...sont
interprétés par... de façon très différente par des acteurs de la protection,
des acteurs municipaux versus l'interprétation qu'en fait le gouvernement. Et
c'est là où - personne ne détient la vérité - de mettre sur pause le projet de
loi et de permettre à un comité indépendant ou à un médiateur de regarder les
faits et d'en venir avec une recommandation permettrait d'éviter peut-être ce
qui pourrait être catastrophique.
Dans notre mémoire, on mentionne que les
caractérisations de sols qui ont été faites n'ont pas été... ne l'ont pas été
dans une perspective de voir quels étaient les contaminants présents sur le
site et qui sont maintenant recouverts par toute l'activité biologique qui a eu
lieu. Alors, il y a des craintes réelles, et donc qu'au fur et à mesure qu'on
va exploiter ce site-là on va se retrouver avec un problème de contamination
supplémentaire. Donc, cet enjeu-là, on n'a pas des réponses suffisantes, je
dirais, dans les évaluations qui ont été faites jusqu'à maintenant. Donc, il y
a un risque pour le gouvernement, il y a un risque pour la population locale,
il y a un risque pour la biodiversité, que ce choix-là ne soit vraiment pas le
bon.
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y avait d'autres côtés? Député d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais : Bonjour,
messieurs. Merci pour votre présentation. J'étais bien contente. Il y a environ
un mois, on a rencontré, à l'Assemblée nationale, des membres de la SNAP.
Alors, ça a été très agréable.
Moi, j'aimerais vous entendre, j'aimerais
que vous élaborez un peu plus sur les documents de caractérisations. Selon
vous, est-ce que ce site-là est contaminé? Le site Urica. On parle d'Urica, là.
M. Branchaud (Alain) : Oui.
En fait, c'est ce que... c'est ce qu'on vous dit. C'est qu'actuellement il y a
eu du carottage qui a été fait avec une méthodologie pour des évaluations
géodésiques. Donc, on veut voir la capacité des sols à soutenir des
infrastructures, des choses comme ça. Mais il n'y a pas eu une évaluation
environnementale en profondeur du potentiel de contaminants qui existe sur ce
site-là. Et, ça, c'est une inquiétude qu'on a. Compte tenu du passif
environnemental du site, on soupçonne fortement qu'il y a eu... qu'il y a des
contaminants puis qu'on n'a pas une évaluation en profondeur de ça. Donc, il y
a eu quelques données qui ont... qui ont été... qui sont disponibles, mais ça
nous apparaît comme une caractérisation partielle.
Et, tantôt, je faisais référence au fait
que ça ressemble beaucoup au dossier de Northvolt. On a entrepris des travaux
sans vraiment prendre pleinement la mesure du risque de relargage des
contaminants dans la rivière Richelieu. Et les analyses qui ont été faites,
notamment par des groupes citoyens avec des professionnels, ont montré
qu'effectivement on était en train de relarguer des quantités importantes de
contaminants dans la rivière Richelieu.
Je pense que le gouvernement du Québec ne
veut pas ça. Et donc, c'est... Est-ce qu'il y a moyen de prendre le temps,
donc, de minimalement avoir un examinateur externe, un médiateur, un comité
indépendant qui va dire : O.K., je pense qu'on peut conclure qu'on a suffisamment
de données pour dire qu'il n'y a aucun risque, ou au contraire, comme nous, on
pense, mais on n'a peut-être pas la vérité, qu'il n'y a pas suffisamment
d'informations en ce moment pour évaluer pleinement le risque de contamination
sur le site. Et ça, c'est inquiétant parce que des sites industriels avec
des... donc, qui, sur plusieurs décennies, à des époques où les registres sur
l'enfouissement des contaminants n'étaient peut-être pas aussi sérieux
qu'aujourd'hui, on peut se retrouver avec des grandes surprises. Et ça pourrait
être un dossier très explosif au sens propre et au sens figuré. Donc, on vous
invite à prendre le temps puis à vraiment aller faire les choses comme il faut
de ce côté-là.
• (12 heures) •
Mme Blais : Selon vous,
est-ce que vous pensez que le site Oreca est un habitat important et
sécuritaire pour la biodiversité? Et est-ce que... quand je dis «sécuritaire»,
c'est au niveau de la population qui peuvent circuler sur ce site-là.
M. Branchaud (Alain) : Bien,
si je comprends bien l'historique du dossier, c'est que la ville de Blainville
souhaite donc mettre fin à l'entente et que les explosifs qui sont entreposés
actuellement à ce site-là soient envoyés ailleurs. C'est ma compréhension du
dossier...
12 h (version non révisée)
M. Branchaud (Alain) : …évidemment
que, dans la même logique que ce qu'on présente, avant qu'un site comme celui-là
soit rendu accessible au public, par exemple, pour l'observation de la nature,
il faudrait faire diligence raisonnable et, dans la même logique, aller faire
les caractérisations et s'assurer que c'est un site qui est sécuritaire. En ce
moment, je pense qu'on n'a pas les données scientifiques nécessaires pour
répondre à ces questions-là.
Mme Blais (Abitibi-Ouest) : Et,
si Stablex doit fermer demain matin, quelles suggestions, quelles propositions
faites-vous au niveau des entreprises qui doivent entreposer certains déchets qui
sont quand même très néfastes?
Le Président (M. Schneeberger) : Très
rapidement, parce que le temps est écoulé.
M. Branchaud (Alain) : …
Le Président (M. Schneeberger) :
Très rapidement, le temps est écoulé. Alors… Bon, alors, malheureusement, on va
arrêter ça là. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle,
et j'entends la députée de Mille-Îles pour un temps de
8 min 2 s.
Mme Dufour : Merci beaucoup, MM.
Branchaud et Lemay, pour votre présentation et votre présence à notre
commission aujourd'hui. Ah! ils ont éteint mon micro, O.K., bon, je vais recommencer.
Alors, merci beaucoup, MM. Branchaud et Lemay, pour votre présentation et votre
présence avec nous aujourd'hui.
Ce matin, nous avons reçu le bulletin de
notes sur les aires protégées que la SNAP a fait parvenir, et vous avez
attribué la note de A moins au Québec, ce qui est la meilleure note au pays,
là, pour la protection du territoire. Quelle note vous donneriez à ce projet de
loi en regard de la protection du territoire?
M. Branchaud (Alain) : C'est
une bonne question. Je pense que, si on ne prend pas le temps de mettre ce
projet de loi sur pause, ce serait un échec. C'est un mauvais projet de loi. Il
y a une précipitation pour aller trop vite. Ça ressemble énormément au dossier Northvolt
sur plein d'enjeux. C'est différent, évidemment, et une des similarités, c'est
qu'on reconnaît l'importance du rôle d'une entreprise comme Stablex pour
fournir ce service-là. On ne remet pas ça en question, mais on doit, aujourd'hui,
en 2025, faire les choses différemment, et là il y a un risque de mettre en
péril tout le droit environnemental en allant… en agissant de cette façon-là.
Donc, assurément, il n'aurait pas la note de passage.
Mme Dufour : Effectivement. Et
d'ailleurs vous allez quand même assez loin en disant… Vous soulignez, là, dans
votre mémoire qu'aucun projet ne devrait être au-dessus des lois, et ça, ça
laisse sous-entendre que ce projet de loi là, comme il est rédigé présentement,
le serait. Est-ce que c'est votre perception?
M. Lemay (Jean-Philippe) : Oui,
bien, effectivement, c'est quand même assez exceptionnel que le gouvernement
vienne vraiment extraire le rôle des tribunaux. Comme ça, on vient complètement
écarter la réglementation municipale. On se soustrait à la supervision des
tribunaux. Il y a beaucoup d'inquiétudes. Donc, on le fait dans ce projet-là en
notant qu'il y a une urgence d'agir. Nous, vous le savez, on travaille sur
beaucoup de dossiers dans beaucoup de régions. Donc, les gens sont un peu
inquiets en ce moment parce qu'il y a beaucoup de gens qui s'imaginent, bien, c'est
quoi, la prochaine entreprise qui va venir en disant : Il y a une urgence
d'agir, que ce soit pour la transition écologique soit pour atteindre des
quotas d'énergie éolienne, par exemple. Donc, on sait qu'il y a cette
inquiétude-là en ce moment sur le terrain, là, parce que c'est assez
exceptionnel.
Mme Dufour : Oui. Et est-ce
que ça vous paraît incohérent? Parce que vous en parlez, le projet de loi n° 81
qu'on est en train d'étudier en parallèle dans une autre commission, où on
essaie, disons, de donner un rôle supplémentaire aux municipalités, mais où l'importance
des milieux naturels est renforcée, et là on arrive avec ce projet de loi là.
Est-ce que ça vous paraît incohérent?
M. Lemay (Jean-Philippe) : Oui,
bien, effectivement, ce qui est intéressant dans ce cas-ci, c'est que les
villes de Blainville… les MRC, la CMM ont fait leurs devoirs. Ils sont arrivés
avec des plans et ont identifié les territoires d'intérêt sur leurs territoires.
Ils sont en train de les protéger. Il y a des projets de restauration. Donc,
ils font exactement ce que le gouvernement leur demande de faire. Donc, c'est
partiellement dommage qu'il y a une intervention, une ingérence comme ça dans
un cas où les villes font exactement ce qu'on leur demande de faire.
Mme Dufour : Merci. Il y a un
élément qui… que vous avez abordé, que… c'est la zone tampon. On a beaucoup
parlé de la tourbière de Blainville. Le gouvernement a beaucoup insisté sur le
fait qu'il n'y avait pas vraiment… il ne restait plus de tourbière sur ce site-là.
Il semble y avoir des études contradictoires là-dessus, mais, admettons que ce
n'en est pas une, tourbière, vous avez dit : C'est quand même une zone
tampon à la tourbière. Donc, c'est quoi, l'importance des zones…
Mme Dufour : ...tampon pour
les tourbières, justement.
M. Branchaud (Alain) : Bien,
en fait, juste pour préciser, avec les données d'inventaire dont on dispose et
la présence, entre autres, de la Salamandre à quatre orteils, on sait que c'est
une tourbière, c'est une espèce qui vit dans ces milieux-là, donc c'est une
espèce indicatrice de ces milieux-là. Et donc il y a une caractérisation qui a
été faite par la firme Englobe en août 2023, qui vient montrer que le
pourcentage de milieux humides sur le site est vraiment important et élevé.
Donc, la nature a vraiment repris ses droits.
Quand on essaie de faire de la
conservation, on essaie d'avoir des noyaux de conservation qui sont assez
grands. Et là c'est facile à voir sur une carte que le site... vient vraiment
s'adosser, s'en... est contiguë à ce qu'on appelle donc la tourbière de
Blainville, le site dans lequel... faisait partie de cette tourbière-là avant.
On l'a modifié. Et on essaie d'avoir, dans les stratégies de conservation, le
plus grand noyau de conservation possible pour permettre aux espèces d'avoir
leur cycle de vie. Ce n'est pas parce qu'une espèce a 2 cm de long qu'elle
n'a pas besoin de plusieurs hectares pour avoir... pour pouvoir compléter son
cycle de vie. Ça, c'est la science qui dit ça. Donc, dans cet esprit-là, c'est
vraiment important. Si on a l'alternative, donc, et on l'a dans ce cas-ci,
selon nous, de pas aller détruire un site qui a un potentiel de restauration et
éventuellement peut-être même d'accès au public important pour, donc, la
conservation et le bien-être des gens.
Mme Dufour : Merci. Puis vous
parlez du pompage, et ça, ça m'a interpelé, là, qui était mentionné dans le
rapport du BAPE. «Un pompage continu des eaux souterraines doit être opéré par
l'entreprise pendant la période des travaux.» Et vous dites que ça pourrait
avoir un impact sur l'intégrité hydrologique de la tourbière de Blainville.
Est-ce que vous pouvez nous en parler davantage...
M. Branchaud (Alain) : Ce
qu'on... ce qu'on s'en rend compte, c'est qu'il n'y a pas eu d'étude
hydrologique complète pour vraiment mesurer l'impact qu'aurait ce pompage-là
sur l'ensemble des habitats de la mosaïque, la mosaïque des milieux humides en
périphérie du site. Donc, il arrive des années où il y a beaucoup moins d'eau
que d'autres. Et, si dans les opérations pour aller mettre en place des
infrastructures, on doit pomper énormément d'eau, la rediriger à l'extérieur,
qu'est-ce qui va arriver sur... Donc, c'est un peu l'effet de lisière de... que
je parlais tantôt. Quel va être l'impact sur les habitats naturels qu'on
souhaite préserver en périphérie? Donc, on n'a pas vu, que ce soit dans le
rapport du BAPE, dans les différents rapports qui ont été faits, une évaluation
de cet impact potentiel là. Donc, il y a un risque réel qu'on vienne assécher
ou détruire des tourbières puis les rendre inadéquates pour les espèces. Donc,
encore une fois, un impact cumulatif d'un projet. Et, dans notre compréhension,
il n'y aurait pas cet impact-là si on choisissait le site qui est à proximité
de l'usine de Stablex, ou un autre site à l'extérieur.
Mme Dufour : Donc, il y a un
manque... donc, il y a un manque d'études, là, il faudrait faire davantage
d'études avant d'aller de l'avant. Je vais maintenant passer la parole à la
députée... ma collègue la députée de Mont-Royal–Outremont, mais je veux juste
mentionner ou parler que ça... et vous.... la question est excellente. Le
gouvernement du Québec est-il prêt à sacrifier sa relation de confiance avec
les élus et avec la population? Et je pense que ça va introduire très bien, là,
les points de ma collègue.
Le Président (M. Schneeberger) : 20 secondes,
alors...
Mme Setlakwe : 20 secondes...
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
allez-y, mais une question.
Mme Setlakwe : ...
Le Président (M. Schneeberger) : Est-ce
qu'il y avait une réponse ou...
Mme Dufour : Bien, écoutez,
je suis désolée, je pensais qu'on avait plus de temps, mais je pense que vous
me mettez un point important. Ce projet de loi là pourrait affecter la relation
de confiance avec les élus et la population, le public en entier.
Le Président (M. Schneeberger) : Aviez-vous
une question?
Mme Dufour : Bien là, je
pense que je n'ai plus... il n'y a plus de temps, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
mais, regarde, c'est moi qui gère le temps, alors je peux vous le donner, le
temps si... tu sais, je suis capable de faire des...
Mme Dufour : Êtes-vous
d'acccord?
M. Branchaud (Alain) : Non
seulement ça, mais comme l'a mentionné mon collègue Jean-Philippe Lemay, on va
aussi affaiblir la confiance envers tout le cadre législatif visant la
protection de l'environnement en faisant un projet de loi comme celui-là.
• (12 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Merci beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de la députée de
Sherbrooke, à la deuxième opposition.
Mme Labrie : Pour combien de
temps, s'il vous plaît, M. le Président?
Le Président (M. Schneeberger) : 2 min 41 s.
Mme Labrie : 2 min 41 s.
Merci beaucoup pour votre présentation. Vous avez mentionné que la ville et la
CMM ont fait leurs devoirs sur...
Mme Labrie : ...sur le
dossier. Est-ce que vous pensez que l'entreprise et le gouvernement ont fait
les leurs? Ce serait quoi les devoirs du gouvernement sur ce dossier-là?
M. Branchaud (Alain) :
Bien, comme on le mentionne dans notre mémoire, nous, on pense que le
gouvernement, son devoir actuel, c'est vraiment de mettre sur pause ce projet
de loi là. On ne croit pas à l'urgence d'agir à très, très court terme. On
pense que c'est vraiment pour éviter l'application du règlement sur les oiseaux
migrateurs. Le gouvernement pourrait revenir en septembre et procéder, là. Les
interdictions sont entre la mi-avril et la fin août. Donc, ça peut nous laisser
du temps pour aller chercher des réponses. Et, oui, il y a un besoin d'aller
chercher davantage d'information et d'avoir un regard indépendant. On se rend
compte que c'est très polarisé. On s'explique mal cette vision tunnel et on
souhaite vraiment qu'on prenne une pause. Et c'est ça que le gouvernement
devrait faire pour les prochains mois.
Mme Labrie : Puis quand
vous avez dit que ça mettait en péril le droit environnemental puis que ça
générait des inquiétudes sur le terrain, j'aimerais ça vous entendre élaborer
là-dessus, sur l'impact que ça peut avoir, là.
M. Lemay (Jean-Philippe) :
Oui. Bien ça, ça envoie un message, en fait, aux entreprises comme quoi que le
droit de l'environnement au Québec, c'est un peu un menu dans lequel on peut
choisir selon le niveau d'urgence, quelle protection on veut, quelle protection
on souhaite se retirer. Donc, tantôt je mentionnais des exemples dans le monde
minier. Donc, on sait qu'il y a... En ce moment, il y a une stratégie pour les
minéraux... pour les minéraux stratégiques, justement, en sachant que c'est
essentiel à la transition énergétique. Puis c'est un argument qui est beaucoup
utilisé en ce moment pour encourager le développement minier. Donc, est-ce que
le... Est-ce que c'est très loin de dire que c'est une urgence et qu'il
faudrait, dans ce cas-là, retirer certaines protections qui sont prévues pour
le régime minier? C'est le genre d'inquiétude qu'on entend en ce moment sur le
terrain, là.
Mme Labrie : Donc, c'est
comme si le gouvernement se tendait un piège à lui-même, en fait, en allant
suspendre des lois, là, sur le dossier de cette entreprise-là parce que ça va
ouvrir la porte à ce que plein d'autres entreprises se placent dans des
situations similaires d'urgence et réclament des changements législatifs pour
eux?
M. Lemay (Jean-Philippe) :
Ça envoie un message qui, pour nous, est un peu dangereux. Et il y a une raison
pour quoi on s'est doté de ce régime-là, c'était parce qu'il y a eu des erreurs
par le passé. C'est pour protéger le vivant, c'est pour protéger les
communautés alentour aussi. Donc, ce n'est pas... Ce n'est pas superflu, là, le
droit de l'environnement au Québec. Il y a une raison pour quoi c'est là, là.
Mme Labrie : Je vous
remercie.
M.
Schneeberger
:
On a-tu... Non, c'est fini... Alors, nous allons du côté du député des Îles-de-la-Madeleine
pour 2 min 2 s.
M. Arseneau : Merci, M.
le Président. Merci pour votre présentation. Très intéressant. J'aimerais que
vous élaboriez un petit peu sur ce que vous appelez la vision tunnel qui est
appliquée aujourd'hui puis qui était aussi le cas, selon vous, pour Northvolt.
M. Branchaud (Alain) :
Bien, on s'explique mal pourquoi on est dans cette direction-là, alors que les
informations partielles scientifiques dont on dispose ne militent pas en faveur
de ce... du choix du site... Et cette précipitation là à vouloir accélérer le
développement de la cellule 6 sur ce site là, n'est pas... ne repose pas
sur des faits, ou une documentation, ou des données probantes qui pourraient
appuyer ça. Donc, on cherche à comprendre qu'est ce qui dirige cette vision-là
de vouloir aller dans une direction, alors qu'on n'a pas toute l'information.
L'urgence est mal justifiée. On met en péril les relations de confiance. Et
c'est exactement ce qui s'est passé dans le dossier Northvolt, où les groupes
environnementaux n'étaient pas contre l'idée d'avoir une usine de fabrication
des batteries. Ils étaient contre la façon de procéder, l'absence d'évaluation
socioéconomique réelle. Et là on voit dans quelle situation on s'est retrouvé
dans ce dossier-là. On veut, de bonne foi, éviter que le Québec se retrouve
dans un autre dossier où on a pris des décisions de façon précipitée. Et c'est
donc pourquoi on est comme allergique à ces critiques multiples qui viennent de
partout et qui disent : N'allez pas dans cette direction-là, et qu'on
s'obstine à aller dans cette direction-là.
M. Arseneau : Et vous
dites qu'il y a un risque que ce choix ne soit pas le bon et qu'il y ait des
conséquences irréparables sur la confiance qu'on peut avoir dans le cadre
réglementaire, évidemment, par rapport à l'environnement.
M. Branchaud (Alain) :
Sur le droit de l'environnement, sur la confiance, sur des habitats
intéressants pour la protection de la biodiversité. Donc, tout milite pour
mettre sur pause le projet de loi.
M. Arseneau : Merci
beaucoup.
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci beaucoup...
Le Président (M. Schneeberger) : ...Alors,
merci pour votre contribution. Nous allons suspendre quelques instants. Et je
souhaite le faire rapidement pour ne pas perdre du temps pour le prochain
groupe. Merci beaucoup.
(Suspension de la séance à 12 h 17)
(Reprise à 12 h 19)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Nous recevons maintenant le deuxième groupe de ce
matin, et c'est l'Union des municipalités du Québec. Nous avons deux
représentants. Alors, bonjour à vous deux. Je vous laisse, vous connaissez, on
se voit souvent, je vous laisse vous présenter et par la suite enchaîner avec
la présentation.
M. Tremblay (Guillaume) : Merci
beaucoup, M. le Président. Mme la ministre, Mesdames et Messieurs les membres
de la commission, merci de nous donner l'opportunité de présenter nos
recommandations sur le projet de loi n° 93. Je me présente, Guillaume
Tremblay, premier vice-président de l'Union des municipalités du Québec et très
certainement maire de Mascouche. Je suis accompagné aujourd'hui par M. Nicolas
Descroix, directeur des politiques à l'UMQ.
Tout d'abord, je tiens à rappeler que
l'UMQ rassemble les gouvernements de proximité, gouvernements de proximité de
toutes les régions du Québec depuis plus de 100 ans. Nos membres
représentent plus de 85 % de la population du territoire du Québec.
Aujourd'hui, nous sommes ici pour exprimer
notre ferme opposition au projet de loi n° 93, qui constitue une atteinte
directe à l'autonomie des municipalités. L'UMQ demande donc le retrait de ce
projet de loi.
En plus de remettre en question la
capacité des municipalités à gérer l'aménagement de leur propre territoire, ce
projet crée un précédent très préoccupant. Plusieurs municipalités adoptent
d'ailleurs des résolutions d'appui à la ville de Blainville pour dénoncer cette
ingérence dans leurs compétences. Un signal clair que ce projet de loi ne
concerne pas seulement cette municipalité mais toutes les municipalités du
Québec.
L'aménagement du territoire est une
compétence municipale que le gouvernement du Québec se doit de respecter. Elles
sont les mieux placées pour répondre aux besoins spécifiques de leurs
communautés et d'assurer une gestion cohérente et durable de leur territoire.
En plus de contourner les règlements
d'urbanisme adoptés par la ville de Blainville, la MRC Thérèse-de-Blainville et
la Communauté métropolitaine de Montréal, ce projet de loi compromet également
les efforts de protection des milieux naturels et remet en question les engagements
du gouvernement à ce sujet.
• (12 h 20) •
L'UMQ déplore l'absence d'une vision
claire et d'un plan d'action en matière de gestion des matières dangereuses
résiduelles au Québec. La population de Blainville ne doit pas payer pour ce
manque de vision.
Le 22 septembre 2023, le BAPE
lui-même a recommandé au ministre de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs, M. Benoit Charette, de ne
pas autoriser ce projet sans un portrait complet de la gestion des matières
dangereuses résiduelles au Québec. Nous croyons qu'il est temps de mettre à
jour la réglementation en vigueur sur la gestion des matières dangereuses,
règlement qui n'a pas été actualisé depuis 1997.
C'est pourquoi qu'aujourd'hui nous
demandons une fois de plus au ministre Benoit Charette de confier au BAPE un
mandat d'enquête et d'audiences publiques sur l'état des lieux de la gestion
des matières dangereuses résiduelles. À la suite d'un BAPE et d'une mise à jour
réglementaire, le gouvernement du Québec sera en mesure de mieux définir une
stratégie collective pour une gestion des matières...
M. Tremblay (Guillaume) :
...matières dangereuses. D'ici là, nous croyons qu'il serait irresponsable de
s'engager dans des projets qui entraîneront des conséquences pour les
40 prochaines années, voire plus.
En conclusion, l'UMQ en appelle au
gouvernement de retirer le projet de loi n° 93 afin
de respecter l'autonomie des municipalités, pour lancer une enquête publique
pour définir une stratégie collective durable et pour mettre à jour la
réglementation sur la gestion des matières résiduelles.
Nous sommes maintenant prêts à répondre à
vos questions, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
merci beaucoup pour votre exposé très rapide. Alors, nous procéderons à une
période d'échange, et là j'ai un petit problème avec le chronomètre, mais actuellement...
C'est cinq minutes?
Une voix : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
14? Parfait. Alors, vous avez 14 minutes. Voilà.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
M. le Président. Merci à vous deux d'être présents aujourd'hui, c'est un
plaisir de vous voir. Question importante pour vous. Plusieurs villes sont
clientes de Stablex. Qu'est-ce que... Qu'est-ce que vos membres vous ont dit, là,
si jamais il y avait une impasse, là, par rapport au dossier puis à la
situation?
M. Tremblay (Guillaume) : Bien
écoutez, pour être... ce n'est pas le seul site sur la Communauté
métropolitaine de Montréal. La preuve, j'en ai un chez nous, on a fait l'actualité,
encore cette semaine, sur ces dossiers-là. De un. De deux, moi, je vois
l'ensemble des villes de la Communauté métropolitaine de Montréal de passer des
résolutions d'appui à la ville de Blainville. Donc, je pense que c'est clair
que les gens sont derrière la ville de Blainville puis que, des solutions, on
va pouvoir en trouver ensemble, peut-être créer des nouveaux sites ailleurs,
trouver des meilleurs... peut-être des meilleurs endroits pour les mettre. Mais
clairement je pense que la ville de Blainville et l'Union des municipalités du
Québec ont dit haut et fort, un peu comme les groupes précédents, que ce n'est
peut-être pas la meilleure solution qui est mise de l'avant aujourd'hui.
Mme Blanchette Vézina : Loin
de moi de vouloir renier, là, qu'il y a d'autres sites où on enfouit des
déchets, mais le procédé de sécurisation des déchets, c'est le seul au Québec.
En fait, ce qui circule, en ce moment, c'est... la discussion est entre deux
sites, parce que la ville de Blainville est venue nous mentionner de retourner
sur l'autre site. Nous, a des... on voit circuler, en ce moment, des pétitions
de citoyens qui ne souhaitent pas que ce... cette cellule, donc, à proximité de
leur quartier résidentiel, soit développée là. Comment vous considérez qu'on
devrait concilier ça, considérant aussi le fait qu'il n'y aurait pas d'autre
endroit permettant de disposer de manière sécuritaire des déchets dangereux, au
Québec? J'aimerais vous entendre sur cet élément-là.
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
écoutez, tout d'abord, moi, je pense que c'est important de spécifier que, ce
matin, la ville de Blainville a renvoyé une lettre au premier ministre, signée
par la mairesse et signée aussi par le directeur général de la CMM, en mettant
de l'avant des solutions. Vous allez comprendre que comme union, nous, on ne
commencera pas à commenter est-ce que c'est mieux à gauche, à droite, en avant
ou en arrière. Cependant, moi, ce que je comprends de la lettre, quand je la
lis, c'est que la ville de Blainville, accompagnée de la CMM, met de l'avant
des solutions qui seraient moins coûteuses pour l'État québécois, qui
pourraient être utilisées, bien sûr, par le gouvernement du Québec.
Maintenant que ceci est dit, il y a
clairement des solutions qui sont de l'avant, là, je pense que... Quand
j'entends tous les groupes qui viennent, le groupe juste avant nous, il y a des
graves problématiques qui sont soulevées. Je pense, comme gestionnaires, quand
on parle d'autonomie municipale, là, il ne faut pas juste l'écrire dans les livres,
moi, je pense qu'il faut le mettre tout de suite en pratique. Et là vous venez
jouer complètement dans l'autonomie municipale, qui, selon moi... Je veux dire,
si demain matin, avec un site comme j'ai chez nous, j'ai un terrain...
exactement la même situation qui arrive, là, j'ai un terrain qui appartient à
la municipalité, demain matin, l'entreprise de chez nous serait bondée, pleine,
ça veut dire que vous pourriez venir... par règlement, venir m'obliger de
vendre une portion de ce terrain-là.
Je veux dire, je trouve que... je veux
dire, on ne peut pas fonctionner de même, on ne peut pas... ce n'est pas une
façon d'agir. Puis vous rentrez complètement dans l'autonomie municipale. Moi,
je pense qu'il y a des élus qui sont imputables dans chacun de leur communauté,
comme un député est imputable aussi dans sa communauté. Moi, je pense qu'il
faut laisser l'autonomie municipale aller à cet égard là.
Mme Blanchette Vézina : Vous
êtes... Je ne sais pas si vous le savez, mais le projet respecte la planification
territoriale, le schéma d'aménagement, le zonage de la municipalité. Il est
déjà prévu que c'est un zonage qui est industriel sur le terrain projeté. Dans
le règlement de contrôle intérimaire de la CMM, il y a des exceptions qui
permettraient de la construction sur le site. En quoi l'autorisation du
gouvernement d'opérer la cellule vient vraiment à l'encontre de l'aménagement
du territoire, considérant que c'est déjà un usage industriel qui est prévu
pour ce terrain-là?
M. Tremblay (Guillaume) : En
tout respect, Mme la ministre, si on est ici, aujourd'hui, à faire un
règlement, c'est parce que ça prend un certain règlement de la part du
gouvernement du Québec. C'est pour ça qu'on est ici. Donc, le questionnement,
je pense, qu'il faut plus se poser, quand vous dites que l'autre site est
peut-être plus proche de l'habitation... Moi, quand je regarde sur les cartes,
elle est exactement à la même distance des résidences que l'ancien site. Donc,
encore une fois, on...
M. Tremblay (Guillaume) : ...dans
l'autonomie municipale. Si la ville de Blainville avec des élus concernés qui
décident que c'est mieux pour... là pour les citoyens, je vais dire, on... Je
ne crois pas que c'est la job du gouvernement du Québec à venir commencer à
s'ingérer dans des dossiers municipaux. C'est notre compétence, la gestion du
territoire. Je veux dire, je ne comprends pas, on ne comprend pas pourquoi
qu'on est là aujourd'hui à venir parler d'un dossier qui est dans l'autonomie
municipale.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
sur le fond, c'est que la gestion des matières résiduelles, elle relève de
nous, puis, en ce moment, il y a un potentiel bris de service. Donc, si on en
est là, c'est que l'intérêt national demande qu'on agisse. On a tenté de
s'entendre avec la ville de Blainville. Elle a changé d'idée. Elle visait ce
site-là en premier. Elle est revenue sur les discussions que nous avions.
Ceci étant, pour moi, il y aurait... Je
comprends votre point, là. J'ai déjà été mairesse, j'entends ce que vous me
dites. Mais on en est là aujourd'hui puisque la ville, malheureusement, a
reculé sur les positions qu'elle... qu'elle avait. Et, nous, ce qu'on voit,
c'est que la cellule 6, elle est déjà trop proche des résidences. Il y a déjà
eu des plaintes. La cellule actuelle, s'il y a plus de plainte, c'est parce
qu'ils se sont éloignés avec... au fil du temps. La cellule qui appartient au
gouvernement, elle, serait toujours près des résidences. Donc, par souci
d'harmonisation, on prend la décision qui s'impose aujourd'hui. Mais merci de
vos commentaires.
Le Président (M. Schneeberger) : D'autres
commentaires du côté ministériel? La députée d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais : Oui, bonjour.
Merci pour la présentation de votre mémoire. Moi, je voudrais savoir... On sait
que, d'ici 10 ans, il y a plusieurs sites qui vont fermer parce qu'ils vont
avoir atteint leur capacité. Quel est le rôle puis... quel est le rôle de l'UMQ
à orienter ces gens-là, ces municipalités-là à trouver de nouveaux sites et
surtout au niveau financement aussi?
M. Tremblay (Guillaume) :
Bien, écoutez, je pense qu'on en a parlé un peu, puis j'en ai parlé un peu dans
mon... dans mon discours, d'entrée de jeu. Depuis 97, on n'a pas réussi ça. Je
ne pense pas que c'est au monde municipal de commencer à mettre de l'avant des
grands chantiers, des grandes réflexions sur comment gérer le... On va
participer, par exemple. Mettez de l'avant un vaste chantier, je pense que le
monde municipal, on a toujours répondu à l'appel. On va être partenaires puis
on peut être présents si vous faites une grande messe, là, pour parler comment
gérer les déchets. Mais, je veux dire, ce n'est pas la responsabilité des
villes de commencer à dire comment... comment on va traiter les sols.
Mais, clairement, vous avez raison. Puis
c'est un peu... la question vient un peu avec la réponse. Quand vous
dites : C'est les villes qui s'occupent de leur territoire, c'est nous qui
est le mieux placé pour trouver les meilleurs endroits où installer ce type de
site là, on va le faire en collaboration très certainement avec le
gouvernement.
Puis, je le répète, là, encore une fois,
ce matin, il y a une lettre qui a été écrite au premier ministre du Québec. La
mairesse a des solutions, la Communauté métropolitaine de Montréal a des solutions.
Ce qu'elle demande, c'est de vous rencontrer. Moi, je pense qu'une rencontre...
On veut sortir. On a des solutions à moindres coûts pour l'État québécois. Moi,
je pense que la ville a fait preuve de leadership. Elle essaie de s'élever
au-delà de la mêlée dans cette situation qui n'est pas évidente pour personne.
Il n'y a pas personne qui nous... qui nous dit ici, aujourd'hui, je pense,
autant pour le Québec que pour les villes, quand on gère des... il n'y a pas
personne qui se lève le matin en disant : Youpi! On va gérer des sols
contaminés. On n'est pas là du tout. Mais la ville de Blainville, la CMM
mettent des solutions. Moi, je pense que ça vaut la peine, peut-être, de
prendre un pas de recul. On «step up» puis on va travailler ensemble pour trouver
une solution meilleure.
Mais, clairement, la solution que vous
allez là, vous venez complètement jouer dans l'autonomie municipale, et, ça,
c'est inacceptable pour l'Union des municipalités du Québec.
Mme Blais : La lettre que
vous venez de recevoir, est-ce qu'on peut la lire? Est-ce qu'on peut en prendre
connaissance, tout le monde?
M. Tremblay (Guillaume) :
Sans problème. Je peux la déposer, M. le Président, si vous le permettez.
Le Président (M. Schneeberger) : Vous
la déposez, puis ça va être déposé au greffier. Alors, les partis pourront
l'avoir.
Mme Blais : Je vous remercie.
M. Tremblay (Guillaume) : Ça
fait plaisir, madame.
Le Président (M. Schneeberger) :
À l'adresse de la commission. Vous l'avez déjà, j'imagine, l'adresse de la commission,
oui? En tout cas, on va vous la donner
M. Tremblay (Guillaume) : On
va faire ça après avec plaisir.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. On va s'arranger avec ça. Il restait encore sept minutes du côté gouvernemental.
Mme Jeannotte : ...
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée de Labelle.
Mme Jeannotte : S'il vous
plaît. Merci, M. le Président. J'aimerais vous entendre sur le fait que le site
priorisé par la mairesse de Blainville serait beaucoup plus proche que les
habitants...
• (12 h 30) •
Le Président (M. Schneeberger) :
...au micro, s'il vous plaît. Merci.
Mme Jeannotte : ...serait
beaucoup plus proche pour les citoyens, le site priorisé par la ville de
Blainville, et le fait qu'on parle de plus de 40 000 camions qui passerait
près des citoyens. Qu'est-ce que vous pensez de ça?
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
madame, en tout respect, Mme la députée, on parle d'imputabilité, là. Je vais
dire, c'est une décision qui appartient. On est élus, au municipal, pour
prendre des décisions comme vous, vous êtes élus pour prendre des décisions au
provincial, mais vous êtes dans nos champs de compétence.
Moi, j'ai... j'ai confiance à l'autonomie
municipale. Chaque décision qu'on prend comme élus, bien, on est imputables, au
bout de la ligne, de cette décision-là. Je veux dire, si la mairesse de
Blainville, et son conseil, dit que tel site est meilleur que tel site pour une
question...
12 h 30 (version non révisée)
M. Tremblay (Guillaume) : …pour
une question… je n'ai pas les arguments, ça leur appartient. Moi, je suis plus
dans l'autonomie municipale ici. Ils sont assez grands pour prendre leurs
propres décisions, j'en suis certain.
Mme Jeannotte : D'accord,
merci, mais vous reconnaissez que les compétences en environnement sont
beaucoup plus au niveau provincial?
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
je ne suis pas nécessairement d'accord. Surtout quand on parle de zonage et
quand on parle de lieu, tu sais, je pense qu'une ville est capable de prendre
ses responsabilités, puis on est imputables comme vous êtes imputables de vos
décisions aussi.
Le Président (M. Schneeberger) :
Parfait. Une autre question? Ça va. Nous allons du côté de… oui.
Une voix : …
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
prend le consentement. Non, pas de consentement. Alors, nous allons maintenant
du côté de l'opposition officielle pour un 10 min 24 s.
Mme Dufour : Merci, messieurs,
d'être ici aujourd'hui. Je veux peut-être juste rappeler, suite à la question de
la députée de Labelle, qu'il y a une étude actuellement, le projet de loi n° 81,
qui vient renforcer le pouvoir des municipalités dans les domaines d'environnement,
vient enlever la subsidiarité. Alors, définitivement, que les municipalités ont
compétence en matière environnementale.
Moi, j'aurais une première question pour
que ce soit très, très clair. Les membres de votre union qui sont clients de Stablex,
on a entendu la ville de Montréal, la ville de Québec, etc., est-ce qu'ils sont
favorables à ce projet de loi là où ils sont contre ce projet de loi?
M. Tremblay (Guillaume) : Clairement
contre. Même la mairesse de Montréal a pris position. Elle était même
accompagnée, de mémoire, avec la mairesse de Blainville. Et il y a des
résolutions dans toutes les villes présentement qui sont… Vous allez en
recevoir en quantité industrielle. Donc, on appuie fortement la ville de
Blainville.
Mme Dufour : Merci. Donc, c'est
clair, ce n'est pas parce qu'on est client de Stablex qu'on tient à aller sur
le deuxième site, celui de… Moi, je vais vous poser une dernière question, ensuite
je vais passer la parole à ma collègue de Mont-Royal—Outremont, qui
est porte-parole en affaires municipales.
Là, actuellement, il y a des
planifications territoriales, il y a des plans environnementaux que vous devez
mettre en place, respecter, des plans régionaux de milieux humides et hydriques,
notamment, même, il y a des plans en matières résiduelles. D'ailleurs, je pense
que la CMM a mis à jour son plan récemment. Et là vous faites tout ça, ce
travail-là qui… Vous le savez, j'ai été élue huit ans, c'est très long, c'est
fastidieux. Il faut aller voir notre monde sur le terrain, les organismes, les
entreprises. Tout le monde participe à ces planifications-là. Et on voit, avec
un projet de loi, que, du jour au lendemain, tout ça peut juste être mis de
côté. Est-ce que vous avez l'impression que, si c'était adopté, ou est-ce que
vos membres auraient l'impression que, si c'était adopté, ce projet de loi là…
qu'on travaille un peu… que vous travaillez un peu dans le vide et est-ce qu'il
y aurait une perte de confiance?
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
écoutez, pour la perte de confiance, je vais laisser chaque élu y répondre. Je ne
commencerai pas à commenter la confiance. Mais, cependant, clairement que le
travail qu'on y met dans… puis beaucoup de gens, là, beaucoup d'employés
municipaux qui travaillent à tout gérer, à faire des plans climat, à faire des
plans pour les milieux humides, les milieux hydriques… Il y a du travail qui
est fait en amont. On ramène tout ça à la Communauté métropolitaine de
Montréal. On a une ambition, une volonté de protéger des milieux naturels, des
milieux forestiers. Puis, oui, clairement, bon, ça va… ça peut… on peut
réfléchir à plusieurs questionnements, là, à savoir est-ce que tout ce travail-là
vaut vraiment la peine lorsque des situations comme celles-là arrivent.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Oui, merci, M.
le Président. Merci à vous deux pour votre présentation, pour votre mémoire.
Il faut revenir sur l'autonomie
municipale. Votre mémoire en fait mention. Vous en avez fait mention également.
Ma première question avant d'aller creuser un peu plus dans votre mémoire :
Ici, est-ce que l'atteinte municipale, vous la voyez comme locale, au niveau de
la ville de Blainville, ou est-ce qu'on peut dire qu'elle est plus large et que
l'atteinte atteint un certain nombre d'élus beaucoup plus… beaucoup plus large
que les élus locaux à Blainville? Et là j'ai en tête toute la démarche de la
Communauté métropolitaine de Montréal au niveau de toutes les… toute la
documentation qui est mise à jour en ce moment au niveau de l'aménagement du
territoire, tu sais, juste pour avoir une idée de… On parle de combien d'élus,
ici, là, qui sont affectés dans leurs prises de décision, dans leurs champs de
compétence directs?
M. Tremblay (Guillaume) : Je
pense que c'est important de spécifier… Un conseil parle toujours par
résolution, hein? Donc, quand il y a des résolutions… qui est passée dans un
conseil, c'est parce qu'on est en accord ou en désaccord, là, dans le cas ici.
Donc, clairement, les conseils de ville, par voie de résolution… et il y a une
ampleur, là, assez importante de la ville… des villes de la CMM… qui disent… qu'ils
sont en désaccord, qu'on vient toucher à l'autonomie municipale de la sorte.
Mme Setlakwe : Oui, là, on
est en train de parler de la solidarité qui s'exprime de la part…
Mme Setlakwe : ...moi-même,
j'avais en tête toute la démarche qui est faite au niveau du PMAD, en respect
des... des OGAT. Ça, ça a été mis de l'avant... par la commission
métropolitaine... la CMM. Donc, je pense qu'ici il y a des élus du Grand
Montréal qui se sont prononcés et qui ont mis de l'avant leur... leur vision de
l'aménagement du territoire pour la CMM. Donc, est-ce que je me trompe de dire
que ce sont les élus de la grande région métropolitaine de Montréal, ici, qui sont
visés et pour lesquels on remet en cause leurs démarches, leurs consultations,
leur processus décisionnel?
M. Tremblay (Guillaume) : Tout
à fait.
Mme Setlakwe : Et donc merci,
merci de le confirmer.
Votre mémoire, donc évidemment, revient
sur ce principe fondamental pour la démocratie locale qui est l'autonomie
municipale. Il faut le rappeler, et vous le faites... vous le faites dans votre
mémoire que ce sont les municipalités, donc les élus locaux, qui sont les
premières responsables de la gestion de leur territoire et de la qualité de vie
de leurs citoyens.
On a eu la mairesse de Blainville ici, et
vous-même, vous êtes... vous êtes maire. Est-ce que vous diriez que c'est votre
premier devoir d'être sur le terrain puis de prendre le pouls des
préoccupations de vos... vos citoyens, puis de s'assurer de prendre les bonnes
décisions qui vont assurer la qualité de vie de vos citoyens?
M. Tremblay (Guillaume) : Clairement.
Et quand on en prend des moins bonnes, mais je veux dire tous les quatre ans,
un peu comme un élu provincial ou un élu fédéral, c'est la... la voix de la
population se faire entendre si on est pris des bonnes ou moins bonnes
décisions. Mais je veux dire, c'est ça un peu la démocratie, c'est... ça fait
partie de la vie, puis ce n'est pas juste de faire des choix faciles, des fois
il y a des choix un peu plus difficiles, mais je pense qu'on est les mieux
placés localement pour prendre des décisions sur notre territoire, surtout en
aménagement.
Mme Setlakwe : Bien justement,
sur l'aménagement, est-ce qu'on peut dire aussi qu'il y a une espèce de
travail, je dirais, de collaboration ou de concertation qui doit s'opérer entre
les instances locales, donc municipales, et aussi gouvernementales? Bien, il me
semble que c'est ce vers quoi on est en train de... de... C'est ce vers quoi
on... on travaille avec les OGAT qui sont... qui sont imposés, mais qui
viennent... qui viennent guider les municipalités puis les instances locales
dans leurs prises de décisions au niveau de la conservation du territoire.
Donc, est-ce que vous diriez qu'à part le projet de loi n° 93, jusqu'ici,
on parle d'une seule voix, puis qu'il y a un travail de collaboration qui est
fait pour l'aménagement du territoire puis la protection des milieux des milieux
naturels?
M. Tremblay (Guillaume) : Tout
à fait, d'autant plus. Moi, j'appelle toujours du phénomène de la poupée russe.
Donc ça part des OGAT, des orientations du gouvernement, puis ça descend à la
CMM, ça descend dans les MRC, après ça, ça descend dans chacune des villes.
Puis on se doit d'être en orientations claires avec les orientations du
gouvernement.
Mme Setlakwe : Et d'ailleurs,
il est écrit dans votre mémoire que «l'ensemble des schémas d'aménagement est
soumis au ministère pour approbation». Vous faites bien de le rappeler, et donc
ma première question, c'est : Est-ce que vous avez pu exprimer — et
je sais que vous avez des liens, l'UMQ a des bons liens, évidemment, avec la
ministre des Affaires municipales — est-ce que vous avez pu échanger
avec elle pour exprimer vos préoccupations en lien avec le projet de loi
n° 93?
M. Tremblay (Guillaume) : Oui,
il y a eu des discussions avec soit la ministre ou son entourage, mais il y a
eu des discussions entre l'UMQ et la ministre des Affaires municipales.
Mme Setlakwe : Est-ce que je
me trompe ou vous... vous dénotez une certaine incohérence ici avec... en tout
cas, vous, en tout cas, d'autres groupes. Mais je vais vous poser la question à
vous : Est-ce que vous voyez ici une incohérence avec les orientations du
ministère des Affaires municipales au niveau de l'aménagement du territoire et
ce qui est souhaité, comme ce qu'on vient de discuter d'ailleurs en termes de
collaboration, et l'adoption du projet de loi n° 93 ou le dépôt par le
gouvernement?
M. Tremblay (Guillaume) : Oui,
oui, et encore plus au niveau de l'autonomie municipale. Donc, on nous
reconnaît comme des gouvernements de proximité, je veux dire, dans l'autonomie.
Le gouvernement de proximité a une certaine autonomie aussi dans son choix,
dans sa gestion de territoire. Là, on vient complètement brimer ça, qui, selon
moi, n'a aucun sens.
Mme Setlakwe : Vous allez
aussi loin que de dire que «la confiance des municipalités envers le
gouvernement est sévèrement atteinte». Ensuite, vous parlez des responsabilités
et recours des citoyens, et que donc vous le rappelez, quand les citoyens...
Puis c'est là où on parle de gouvernement de proximité, vous avez mis vraiment
l'emphase sur ce mot-là au début de votre intervention. Est-ce que les
municipalités donc qui sont en première ligne des doléances de leurs citoyens,
et c'est ce que vous semblez dire ici dans votre mémoire quand vous
dites : «Les personnes, donc les citoyens vont se tourner naturellement
vers leur municipalité ensuite dans le futur, pour se plaindre de... de ce qui
va arriver avec le projet de loi n° 93». Vous voulez élaborer un peu
là-dessus?
• (12 h 40) •
M. Tremblay (Guillaume) : Bien
écoutez, c'est clair que, lorsqu'une décision est prise par un gouvernement,
les villes, on est... on est accessibles, hein? Le maire, il va faire son
épicerie à tous les jours, et il y a des conseils de villes où est-ce que la
population peuvent venir poser des questions aux... aux élus. Donc, à cet
égard-là, clairement l'élu municipal il est très de proximité, là, c'est le cas
de le dire, là. Nous autres, quand on va faire notre épicerie, on se fait
parler de ces dossiers-là très, très souvent.
Mme Setlakwe : Parce que
oui... Donc, une décision imposée par le gouvernement, mais pour laquelle les
élus locaux vont devoir rendre des comptes et répondre...
Mme Setlakwe : ...pour
laquelle les élus locaux vont devoir rendre des comptes et répondre aux doléances
des citoyens. On s'en va vers ça. Merci. Conséquences financières et
logistiques. Là, je suis à la page 6 de votre mémoire. En interdisant
l'application de la réglementation municipale, le gouvernement autorise, par
exemple, l'aménagement d'accès routiers menant au site, qui devront s'intégrer
au réseau municipal. Donc, c'est une autre façon d'amener le fait que, là, on
s'ingère vraiment dans des compétences directes d'une municipalité, là,
l'aménagement d'accès routiers. Et cela pourrait entraîner des coûts importants
pour la municipalité, notamment pour l'entretien de ses infrastructures. Est-ce
que vous souhaitez élaborer sur cette préoccupation-là, qui me semble aussi
tout à fait pertinente?
M. Tremblay (Guillaume) :
Bien, écoutez, c'est clair, lorsqu'il y a des industries de la sorte, il faut
comprendre que la machinerie, les camionnages, c'est sûr que ça peut avoir des
conséquences assez importantes sur le réseau routier. Mais ça, ici, dans ce
projet en question, que ce soit dans les deux secteurs qui sont visés, je pense
qu'il y aurait eu pareil du camionnage. Mais cependant, oui, toute décision
peut avoir un impact majeur sur les réseaux routiers des villes lorsqu'il y a
des projets aussi importants que cela.
Mme Setlakwe : Merci. Le
groupe qui était ici plus tôt, le SNAP, faisait état donc de cette ingérence...
Une voix : ...
Mme Setlakwe : Pardon?
Le Président
(M. Schneeberger) : Le temps est écoulé.
Mme Setlakwe : Le temps
est écoulé.
Le Président
(M. Schneeberger) : Oui.
Mme Setlakwe : Merci.
Le Président
(M. Schneeberger) : Alors, nous allons du côté de la députée de
Sherbrooke, deuxième opposition.
Mme Labrie : Pour...
Le Président
(M. Schneeberger) : Un premier...
Mme Labrie : Un
premier... Merci. Vous avez mentionné, comme beaucoup d'autres acteurs, qu'il
fallait prendre le temps avant de prendre une décision sur ce dossier-là.
J'aimerais connaître la capacité des villes comme clientes à attendre qu'on
prenne le temps sur ce dossier-là, parce que c'est quand même quelque chose que
la ministre a utilisé comme argument, que les villes sont clientes, que c'est
urgent pour elles aussi de développer de nouvelles cellules. Si on prenait le
temps de faire un état des lieux de la gestion des matières dangereuses au
Québec, par exemple, et que ça retardait de plusieurs mois l'offre de services
pour répondre à ce besoin-là, comment les villes peuvent gérer ça?
M. Tremblay (Guillaume) :
Bien, écoutez, on est aptes d'attendre. Là, je vais dire, ce n'est pas... On
n'a pas des quantités faramineuses de terres contaminées à tous les jours. Il y
en a, mais je veux dire, il y a déjà des sites au Québec qui peuvent les
accueillir, là. Je regardais, encore là, un des meilleurs sites, pour avoir été
touché par ce dossier-là de près avec la ville de Mascouche, il y a un site au
Lac-Saint-Jean, là, à la Saint-Honoré, qui traite les terres en tant que
telles. Donc, moi, je pense qu'on est peut-être mieux de bien faire les choses,
de s'arrêter. Depuis 1997 qu'il n'y a pas eu... Je pense qu'on est...
Collectivement, on est capables de... Si on est capables d'aller sur la Lune,
on est capables d'attendre un petit peu avant d'enfouir les terres, là.
Mme Labrie : Donc, ce
sentiment d'urgence là, comme client, vous le... Vous ne le ressentez pas du
tout, là.
M. Tremblay (Guillaume) :
Non, non.
Mme Labrie : O.K. Merci
beaucoup pour votre réponse. Vous avez dit aussi que ce n'est pas la job du
gouvernement de s'ingérer. Ce serait quoi la job du gouvernement sur ce
dossier-là? Est-ce que c'est leur job de trouver un terrain pour Stablex? C'est
quoi leur job à eux?
M. Tremblay (Guillaume) :
Bien, comme on parle dans le mémoire, je pense que de s'arrêter puis peut être
de se questionner un peu si, depuis 1997, on n'a pas remis à jour comment on
traite les terrains, les terres contaminées au Québec. Peut-être qu'avant de
continuer à développer, puis de faire des nouveaux sites, puis d'agrandir,
peut-être de faire un vaste chantier sur ce domaine-là, où est-ce que le monde
municipal pourrait collaborer, pourrait être très clairement des très bons
collaborateurs. Mais je pense que la première étape, si on veut bien faire les
choses, ça serait de s'arrêter quelques instants, puis de mettre de l'avant
cette grande... cette grande discussion, cette grande messe sur comment qu'on
traite les... Tu sais, on parlait, on lisait dans les journaux, encore hier et
avant-hier, toute la question des PFAS. Il y a plein de questionnements, là, des
nouveaux enjeux importants qui sont... qui sont en lien avec les terres
contaminées. Moi, je pense qu'il faut s'arrêter quelques instants, réfléchir,
pour mieux avancer après.
Mme Labrie : Les villes
ont de l'appétit pour cet exercice-là d'un état des lieux. Puis vous vous
entendez, finalement, que le gouvernement prenne en charge ce dossier-là, puis
vous convoque.
M. Tremblay (Guillaume) :
Tout à fait.
Mme Labrie : Le projet de
loi, en quoi ça vient compromettre le travail des municipalités face aux
changements climatiques puis à tous les objectifs de résilience qu'on a, là, le
fait qu'il vienne s'ingérer dans ce que vous tentez d'accomplir sur ce
dossier-là?
M. Tremblay (Guillaume) :
Bien, écoutez, c'est parce que ça ouvre une brèche, hein? Quand que vous
commencez avec une loi, bien, on pourrait en refaire une deuxième, on pourrait
en refaire une troisième. Et puis c'est pour ça que, je veux dire, l'autonomie
municipale, c'est la raison première qu'on est ici aujourd'hui. C'est de dire
que chaque municipalité est autonome, est assez grande pour prendre ses
décisions seule. Puis je le répète, un peu comme le gouvernement prend des
décisions et sont imputables à tous les quatre ans, une ville aussi. Les élus,
on est imputables à tous les quatre ans, nous aussi de notre côté. Et la
population nous évalue sur le travail qu'on fait, sur les décisions qu'on
prend. Puis il ne faut pas prendre...
M. Tremblay (Guillaume) : ...
Les citoyens, des fois, savent qu'il y a des décisions qui ne sont pas faciles,
mais ils peuvent comprendre pourquoi qu'on a pris cette décision-là, puis ça va
être à nous de la défendre au bout de la ligne.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
merci beaucoup. Alors, nous allons du côté du Parti québécois, avec 2 min 38 s.
Député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci, M. le maire, M. Descroix également. Vous dites que c'est la
compétence municipale, et, évidemment, on le comprend, le choix d'un site,
l'aménagement du territoire. La ministre semble opposer à ça l'urgence
nationale. Qu'est-ce que vous répondez à cette affirmation-là?
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
je veux dire, des décisions qu'on prend aujourd'hui vont avoir des impacts
majeurs sur l'environnement de demain et sur les générations futures. Moi, je
pense qu'on peut prendre un pas de recul pour faire un chantier sur les terres
contaminées, sur les matières dangereuses pour savoir justement comment mieux
les traiter, puis après ça on prendrait les meilleures décisions, puis de
s'assurer d'avoir toutes les études, toutes les... un peu comme la SNAP parlait
auparavant, d'avoir toutes les études pertinentes pour nous assurer de prendre
les meilleures décisions. Là, on veut aller très rapidement. Je ne suis pas sûr
que c'est la meilleure décision.
M. Arseneau : Donc, vous ne
croyez pas nécessairement à cette grande urgence qu'on veut nous faire valoir
comme quoi, là, on va être submergés par les déchets ou les résidus dangereux
si on n'agit pas maintenant, là, avec la coupe massive d'arbres d'ici deux
semaines?
M. Tremblay (Guillaume) : Je
pense qu'on peut peut-être mieux faire les choses et... Puis, tu sais, il ne
faut pas oublier qu'au bout de la ligne on a une population qui nous regarde,
nous, nos façons qu'on travaille. Ça, je pense que c'est important. Si on veut
que les gens continuent à avoir confiance en leurs élus, en leurs prises de
décision, de position, je pense que c'est important de bien faire les choses.
M. Arseneau : Vous avez
répété à deux reprises en commençant, là: On représente les gouvernements de
proximité. «Gouvernement de proximité», c'est un gouvernement, et vous voyez un
autre gouvernement qui fait de l'ingérence, puis évidemment vous vous prononcez
fortement à l'encontre de cette décision-là. Est-ce que vous avez déjà vu un
geste de cette nature de la part d'un gouvernement? Vous avez une expérience
politique quand même assez vaste. Est-ce que, pour vous, c'est un précédent?
M. Tremblay (Guillaume) : Bien,
je me souviens, quand j'étais député à l'Assemblée nationale, il y avait eu un
dossier qui est pas mal similaire, c'était l'aéroport de Neuville, puis d'une
même voix, l'entièreté de l'Assemblée nationale avait pris position contre le
gouvernement du Canada, parce qu'il utilisait un pouvoir du Canada pour venir
dans une terre agricole pour venir installer... Moi, je vois beaucoup une
similitude à cet égard-là. Donc là, on utilise un pouvoir du gouvernement du
Québec pour venir à l'encontre des municipalités. Je trouve que paraît une
similitude importante. Puis c'est pour ça que dans mon livre à moi, il faut
respecter les champs de compétence, les compétences de tous et chacun, puis ici
on parle d'une compétence qui est municipale.
M. Arseneau : Quand le
gouvernement et la compagnie, elle aussi, disent: On est mieux placés pour
savoir ce qui est une nuisance pour les citoyens par rapport à la ville,
qu'est-ce que vous en dites?
M. Tremblay (Guillaume) : Totalement
en désaccord.
M. Arseneau : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, merci pour votre apport à la commission.
Nous allons suspendre pour l'heure du
dîner, et nous revenons à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 50)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 02)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
bon après-midi à tous. La Commission de l'aménagement du territoire reprend ses
travaux.
Alors, je rappelle que nous poursuivons
les consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi n° 93,
Loi concernant notamment le transfert de propriété d'un immeuble de la Ville de
Blainville.
Alors, cet après-midi, nous recevons la
Fédération québécoise des municipalités, que je salue, bonjour à vous, le
Centre québécois du droit et de l'environnement, l'Union des producteurs
agricoles, Outaouais-Laurentides et Englobe.
Alors, messieurs de la FQM, je vous
souhaite bienvenue à l'Assemblée nationale. Vous venez souvent d'ailleurs.
Alors, comme vous le savez, c'est le même principe pour toujours, c'est les...
vous vous présentez à tour de rôle et par la suite enchaînez avec votre
présentation. Allez-y.
M. Pilote (Michaël) : Merci
beaucoup, Mme la ministre, M. le Président de la commission, membres de la
partie gouvernementale, les gens des oppositions. On vous remercie tout d'abord
de pouvoir nous laisser la parole pour s'exprimer, là, sur le projet de loi n° 93
justement, là, qui a trait au transfert d'une propriété, là, du côté de
Blainville.
Je me présente, Michaël Pilote, je suis
maire de la ville de Baie-Saint-Paul dans la belle région de Charlevoix, membre
aussi du C.A. de la FQM. Aujourd'hui, je suis accompagné à ma gauche de Pierre
Châteauvert, qui est directeur des politiques à la FQM, et aussi de Vincent
Desrosiers, là, qui travaille comme conseiller politique au sein de la
fédération. La FQM, hein, on le dit souvent, on représente plus de 1 050 membres
à travers les municipalités du Québec, à travers également les MRC, pas mal
toutes les MRC, évidemment. Donc, je pense qu'on mérite bien le titre de
porte-parole des régions.
D'entrée de jeu, la FQM reconnaît la
difficulté de trouver un endroit, là, adéquat pour garantir un stockage
sécuritaire des matières dangereuses, tant sur le plan technique que sur le
plan environnemental, et la nécessité d'un tel site. Ça, on en convient tous.
Toute société doit disposer des installations nécessaires pour disposer
convenablement et sécuritairement des matières résiduelles, que ce soient les
moins dangereuses ou encore des plus dangereuses, là, qui disposent d'un risque
sur la société et sur l'environnement. Toutefois, la fédération est en profond
désaccord avec la façon de faire du gouvernement avec le dépôt du projet de loi
n° 93 qui vient permettre l'agrandissement d'un site d'enfouissement, là,
de déchets dangereux à Blainville, et ce, malgré la volonté des autorités
municipales de ne pas aller de l'avant.
On rappelle aussi que, face au manque d'acceptabilité
sociale et aux préoccupations qui ont été soulevées, là, par le Bureau d'audiences
publiques en environnement, les élus de la ville de Blainville ont pleinement
exercé leur droit unanimement aussi, là, en 2023, pour résilier l'entente qu'ils
avaient avec Stablex, une entente qui datait de 2020, et ce, pour le motif que
le tout va à l'encontre de l'intérêt municipal.
Suivant la recommandation du BAPE du 22 septembre
2023, c'était la prérogative aussi des membres du conseil municipal, là, de
demander la réévaluation du projet et le retour sur le site précédent, qui est
présentement une propriété gouvernementale.
La FQM demande formellement au
gouvernement de suspendre l'étude de ce projet de loi et de brosser, en fait, un
portrait exhaustif de la gestion des matières résiduelles dangereuses pour que
le tout, là, puisse, là, avoir des solutions alternatives dans le futur.
À cet égard, la FQM, on exprime notre
plein soutien à la ville de Blainville. Et on exprime notre désaccord à la
façon de faire du gouvernement, là, suite à... je vous dirais, là, à différents
critères qui sont, entre autres, le concept de l'autonomie municipale, hein?
Ici même, dans cette enceinte, en 2016, le gouvernement québécois y est allé d'une
déclaration solennelle pour faire en sorte que les municipalités soient
reconnues comme des gouvernements de proximité. On a reconnu leur compétence.
Et on est d'avis que, si on va de l'avant avec le projet de loi n° 93, il
va y avoir malheureusement des conséquences malheureuses.
Le projet aussi... en particulier le
processus d'aménagement du territoire que l'Assemblée nationale vient de mettre
à jour en 2023 avec la loi... le projet de loi 16, d'aller de l'avant avec
le projet 93, ça fait en sorte de ne pas respecter qu'est-ce qui avait été
mis de l'avant avec le différent processus dans ce domaine-là.
On rappelle aussi que l'aménagement du
territoire, c'est un acte qui est politique et c'est un acte aussi qui incombe
aux élus. Lorsqu'on va de l'avant avec la révision ou encore la conception d'un
schéma d'aménagement, ce n'est pas quelque chose qui se fait sur le coin d'une
table, hein? On sait, ça...
M. Pilote (Michaël) : ...prendre
entre huit et 10 ans pour y aller de l'avant, mais avec les différentes
étapes, c'est long. Il y a des consultations publiques au cours du temps, qui
s'y déroulent. On doit être en conformité évidemment avec les orientations
gouvernementales. Par la suite, il faut s'assurer aussi d'avoir l'harmonisation
d'une vision régionale des différents élus. Et l'article du projet... l'article
sept, en fait, du projet de loi n° 93, vient établir qu'aucune norme qui
n'a été édictée, là, par la MRC Thérèse de Blainville et la CMM ont fait en
sorte que ces règles là, bien, on dit : On va de l'avant avec un projet,
malgré qu'il y avait des normes qui ont été édictées par les élus municipaux,
que ça a été fait durant plusieurs... plusieurs années. Bien, on fait fi de
toutes ces normes-là puis on dit : Bien, on va de l'avant avec un tel
projet.
Avec cette mesure, la FQM est d'avis que
le gouvernement vient directement court-circuiter des décisions d'aménagement,
qui pourtant ont été établies légitimement par des élus locaux. Et, en plus, ça
vient contrevenir directement à des... des principes, pardon, fondamentaux de
la loi sur l'aménagement en urbanisme. Vous comprendrez aussi que la FQM ne
peut accepter cette façon de fonctionner. Un des objectifs du gouvernement dans
la conception de la planification nationale en architecture et en aménagement
du territoire, c'était d'assurer une certaine cohérence en matière
d'aménagement du territoire. Et je crois qu'il est essentiel aussi de ne pas
reproduire les erreurs qui se sont déroulées dans le passé.
La publication aussi des nouvelles OGAT,
hein, qui... c'est un sujet qui est quand même d'actualité, qu'on collabore
avec le ministère des Affaires municipales. Les MRC doivent dorénavant prévoir
un système de monitorage pour s'assurer que les différentes cibles qui ont été
fixées soient atteintes, puis de valider l'avancement des différentes cibles.
Dans le contexte, on réitère l'importance pour le gouvernement du Québec de
mesurer l'impact des interventions sur l'atteinte des cibles d'aménagement des
différents territoires.
Deuxièmement, en 2022, hein, il y a eu la
COP15. Tout le monde a entendu parler de cette grande convention qui se
déroulait du côté de Montréal. Plusieurs rencontres, il y a des... il s'en est
dégagé des conclusions, évidemment. Un des objectifs, c'est justement de
protéger le territoire québécois de 30 %, d'y aller avec la conservation
de milieux naturels, qui se... lancé suite à l'adoption, là, du plan
nature 2030. Le gouvernement du Québec est allé de l'avant pour dire qu'on
va donner un rôle central aux différentes municipalités, là, pour la mise en
œuvre de ces objectifs. La révision du schéma d'aménagement, aussi, à la suite
de l'adoption des nouvelles OGAT, les MRC doivent déterminer les territoires
d'intérêt écologique sur leur territoire et établir les différents moyens de
conservation qui sont adaptés. C'est clair qu'en milieu urbain, si on y va plus
particulièrement, bien, l'arrimage entre la protection de l'environnement, le
développement social, le développement économique, bien, ça représente tout de
même un défi de taille.
Si on regarde maintenant dans le cas du
terrain de Blainville, le gouvernement désire exproprier... que le gouvernement
désire exproprier à la ville de Blainville. Il y a près de la moitié de ce
dernier qui fait partie du milieu d'intérêt naturel à protéger selon le
règlement de contrôle intérimaire de la CMM. Ça fait que ce n'est quand même
pas rien. Les interventions du gouvernement ne doivent pas compromettre les
efforts de protection des milieux naturels qu'il a lui-même encouragés dans le
passé.
• (15 h 10) •
On rappelle aussi qu'il y a un milieu
naturel protégé est toujours mieux qu'un milieu naturel créé ou restauré. Et
loin de là dire qu'on ne veut pas collaborer, je crois que le milieu municipal québécois
veut amplement collaborer avec le gouvernement sur ces objectifs pour atteindre
le 30 %, là, d'espaces protégés au Québec, mais la collaboration doit se
faire avant tout dans le respect mutuel et sans entraver les efforts de
conservation par des décisions qui sont unilatérales.
Troisièmement, la gestion et le traitement
des matières résiduelles dangereuses, comme je le mentionnais d'emblée, ça
constitue un défi de taille au Québec, notamment en termes d'acceptabilité
sociale et de protection de l'environnement, et d'autant plus sur le plan
technique. Le Bureau d'audiences publiques en environnement a décidé de ne pas
appuyer le présent projet. Et une des raisons, c'est que le Québec ne dispose
pas d'une vision complète des matières résiduelles dangereuses. Et ça, je crois
que ça mérite d'être souligné, parce que c'est quand même paradoxal de se dire
qu'on n'a pas encore de vision complète sur les matières résiduelles
dangereuses.
À la lumière des conclusions du BAPE, la
FQM est aussi d'avis, là, qu'on se doit de définir une vision à long terme pour
la gestion des matières résiduelles dangereuses. La protection des milieux
naturels doit être incluse dans cette vision et on doit aussi réduire les
nuisances pour les populations, là, qui sont à proximité des sites de
traitement d'enfouissement. C'est pour ça aussi qu'on propose, à la Fédération
québécoise des municipalités, que le ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques et de la Faune et des Parcs puisse élaborer
un état des lieux sur la gestion des matières dangereuses résiduelles générées
au Québec. Et cet état des lieux devrait être accompagné, bien évidemment d'une
stratégie complète, et sur le traitement et l'entreposage des matières
dangereuses.
On se devra d'utiliser également les
différentes technologies qui sont à notre disposition, d'être en conformité
évidemment avec les orientations en aménagement. Et, le plus important, je
crois qu'on devrait être en concertation avec le milieu municipal. C'est tout,
M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons débuter une période d'échange en débutant
avec la ministre pour un temps de...
Le Président (M. Schneeberger) : ...de
16 min 30 s.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Merci, un plaisir de vous voir et de vous rencontrer pour... M. le maire de...
vous m'avez dit «Charlevoix»? Baie-Saint-Paul, pardon. Donc, on arrive dans une
impasse dans le dossier, là. On a tenté de s'entendre avec la ville. La ville,
vous l'avez nommé, a déchiré l'entente avant même le rapport du BAPE, alors que
c'était le premier site qui avait été privilégié initialement. On a eu des
discussions avec la ville puis, suite à ça, le gouvernement, comment on peut,
comme gouvernement, penser en terme national, intérêt national. Puis, vous
l'avez dit, la gestion des matières résiduelles, des matières dangereuses au
Québec, elle est importante, c'est un maillon important pour les municipalités,
là, notamment. Vous savez qu'il y a plusieurs des municipalités du Québec qui
sont clientes de cette entreprise-là.
Comment on peut concilier l'intérêt
national et l'intérêt du municipal lorsque les discussions sont très
difficiles, et que les changements de positions, disons, se font de manière
très brusque? Quelle est votre position? Quelles alternatives, là, vous
pourriez nous proposer, considérant qu'il y a eu des tentatives de s'entendre
avec la ville de Blainville?
M. Pilote (Michaël) : Bien,
je pense que, tu sais, la municipalité de Blainville, c'est en 2023, hein,
qu'elle a signifié qu'elle n'était plus en faveur du projet là, en août 2023,
si je ne m'abuse. Je pense qu'il y a... Tu sais, on peut quand même encore
s'asseoir avec la municipalité puis regarder qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui
ne marche pas, et c'est sûr que les élus locaux sont les mieux placés pour
savoir qu'est-ce qui peut être acceptable ou pas sur un territoire. Et un
projet, c'est évolutif, hein? Initialement, oui, la municipalité était en
faveur du projet, comme la mairesse de Blainville vous l'a exprimé hier. Il y a
eu un bureau d'audiences publiques en environnement, il y a eu des
préoccupations qui ont été évoquées, et le projet a évolué pour faire en sorte
que la municipalité, de son droit, a décidé que ce n'était plus dans l'intérêt
de ses citoyens.
Mme Blanchette Vézina : Mais
comment, comme gouvernement, on peut s'assurer de gérer d'un point de vue
national, avec cet intérêt là qu'il faut un endroit pour traiter ces matières
résiduelles qui sont dangereuses, que... Je pense qu'ici il n'y a personne qui
conteste le fait que cette façon de procéder de l'entreprise, ça fonctionne
bien jusqu'à présent, qu'il y a eu des discussions là, tu sais, du
gouvernement, depuis 2023, avec la ville, avec l'entreprise, pour essayer de
trouver un terrain d'entente. Mais qu'on ne peut arriver à une entente. Et que
le site, géographiquement, géologiquement aussi, on nous a expliqué que c'était
le meilleur, aussi, en considérant l'affectation du territoire, dans le sens où
il y a déjà de l'entreposage de munitions. C'est déjà un territoire qui a
été... qui a été contaminé par d'autres usages industriels. Il est zoné
industriel en ce moment.
J'essaie de comprendre comment, comme
gouvernement, on peut prendre une décision d'un point de vue national si la
ville, la volonté n'est pas présente, dans le sens où il n'y a pas... le
syndrome du «pas dans ma cour» devient... devient... prend le dessus. Comment
on peut, comme gouvernement, prendre des décisions dans ce contexte-là?
M. Pilote (Michaël) : Je ne
pense pas qu'il faut voir ça dans le sens du syndrome du «pas dans ma cour». Tu
sais, je pense quand même que l'aménagement du territoire, c'est les
municipalités, c'est quand même une de leurs compétences aussi, ils font quand
même valoir des points. Mais, tu sais, qu'on soit rendus là plus d'un an après,
là, tu sais, le retrait de la municipalité... Moi, je suis convaincu qu'on...
il y a... on peut s'asseoir, tu sais. On le disait, même, tantôt, là, juste
avant, au Québec, il y a bien des choses qui se sont réglées autour d'une table
pour des dossiers qui étaient de plus... beaucoup... de plus grande envergure
de ça, là, bien que je ne minimise pas l'impact de ce dossier-là. Mais je suis
convaincu qu'il peut y avoir encore des discussions dans ce dossier.
M. Châteauvert
(Pierre) :Et, si vous permettez...
Mme Blanchette Vézina : 600
clients, municipalités au Québec... excusez-moi, M. Châteauvert, mais... c'est
majeur, puis, lorsqu'on a... Stablex a été instauré... c'était le gouvernement
du Parti québécois, en 1980-ish... c'était parce qu'il y avait une impasse
comme, là, on va avoir, s'il n'y a pas de solution qui est trouvée. Donc, en
tout respect, c'est un moment important, et on a tenté de trouver des
solutions. Malheureusement, si on en est là aujourd'hui, c'est qu'on n'y est
pas arrivés. Mais allez-y, M. Châteauvert.
M. Châteauvert
(Pierre) :Merci, Mme la ministre. En tout
respect, effectivement, on a vu que la municipalité a exercé son droit, à la
lumière de nouvelles informations, de réviser sa position, et,
fondamentalement, la FQM... je pense que la municipalité était dans son droit
de le faire. Il y a des informations aussi, depuis, qui... par rapport à la
qualité du terrain. Le gouvernement nous demande régulièrement de... en fait,
nous demande plus que régulièrement, s'acharne sur nous. On protège les milieux
humides, on met en place plein de processus de protection. Il est plus que
clair que c'est un milieu d'intérêt, à ce niveau-là. Et on... et là il y a un problème
à ce niveau-là, là, il y a des... il y a des conflits, et c'est... et on met
une pression sur la municipalité. On pense que la mairesse, hier, a été assez
éloquente par rapport aux réponses à...
M.
Châteauvert (Pierre) :...à
cette question-là parce qu'elle a exercé son plein droit. Mais ce qu'on ne
comprend pas, fondamentalement, c'est que, bon, ça fait un an et demi, presque
deux ans maintenant, et, comme M. Pilote vient de le dire, il y a des
dossiers qui se sont réglés autour d'une table, beaucoup... énormes, des
dossiers très importants, puis ce qu'on ne comprend pas, je pense que ça a été
dit, il y a eu des propositions, il y a des propositions qui ont été émises
par... de la part de la municipalité puis par plein de monde, mais on n'a pas vu
dans le processus, justement, la table, les gens qui s'assoient puis qui
discutent.
Vous me parlez d'un zonage industriel.
J'ai plein de... Actuellement, nous sommes dans la révision de tous les schémas
d'aménagement, puis il y a des zonages industriels un peu partout qui vont être
retirés, qui vont être modifiés en fonction des nouvelles cartes puis des
démarches scientifiques qui sont faites pour la protection des milieux humides.
Ce n'est pas le cas unique, il va y en avoir partout, il y en a partout. C'est
très exigeant, ce qu'on est en train de faire sur le terrain.
D'ailleurs, l'Assemblée nationale nous
a... a accordé aux municipalités une immunité par rapport à ça, parce qu'il va
y avoir des retombées puis des menaces de poursuites. Donc, ce n'est pas le cas
unique. Donc, l'argument sur le fait que c'était zoné industriel, nous, il ne
tient pas par rapport à ça.
Ce qui fait que, ce qu'on ne comprend pas,
honnêtement, c'est... Il s'est réglé plein de choses, tu sais, autour d'une
table, mais de discuter... ça fait depuis... c'est 2023 que ça s'est réglé. Et
là on en arrive à cette situation-là. Et ça, on pense qu'il y a...
effectivement, on l'a dit, dans le mémoire, c'est important de traiter nos
déchets, mais on remet trop de choses en question puis en cause, puis il y a
des principes fondamentaux qui ne sont pas respectés dans ce projet de loi là.
C'est pour ça qu'on demande de le suspendre, que les gens s'assoient, puis
regardent, puis discutent véritablement. C'est ça qu'on demande.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
M. Châteauvert, je peux vous assurer qu'il y a eu de nombreuses
discussions depuis 2023 avec les équipes du MEIE, avec les équipes
d'Environnement, avec mes équipes pour tenter de trouver une solution.
300 mètres des citoyens, ce serait très difficile, on parlait d'une
quarantaine de mille de camions qui passeraient dans un quartier résidentiel
qui a été construit après l'analyse qui avait été faite, environnementale, pour
l'ouverture de ce terrain-là qui appartient au gouvernement du Québec.
Sincèrement, j'ai été mairesse, 40 000 camions dans un quartier
résidentiel, ça va créer d'autres problèmes et ça va finir par devenir le
problème de la ville. Bien que ce soit ça qu'elle nous propose aujourd'hui, en
tout respect, les propositions ont tellement changé dans les discussions qu'on
a eues avec la ville qu'aujourd'hui on en est là, malheureusement.
J'aimerais vous entendre, parce que je
sais que vous représentez de nombreux membres qui sont clients de Stablex.
Est-ce que vos membres vous ont mentionné les risques et les impacts qu'il
pourrait y avoir si cette entreprise-là fermait?
M. Pilote (Michaël) : Seulement,
les membres, ce qui sont inquiets, c'est de voir que le gouvernement va à
l'encontre du concept d'autonomie municipale, Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : O.K.
Donc, ville de Québec, personne... bien, ils ne sont pas membres, probablement,
de la FQM. Ils sont membres?
Des voix : ...
M. Châteauvert
(Pierre) :Ils sont membres associés, et
on leur parle. Et, non, comme M. Pilote vient de le dire, les gens sont
inquiets par rapport aux valeurs puis aux façons de faire qui sont remises en
question par le projet de loi.
• (15 h 20) •
Mme Blanchette Vézina : Je
comprends. Et qu'est-ce qui rendrait ce projet de loi là plus acceptable? Vous
dites, tu sais, enlever le projet de loi, mais, une fois qu'on aura réessayé,
disons, et qu'on n'arrive pas à s'entendre, parce qu'on a tenté, là, je vous le
dis, à de nombreuses reprises.
M. Pilote (Michaël) : Bien,
juste de s'asseoir puis, tu sais, de pouvoir en discuter, ce serait déjà un bon
pas. Parce que là, oui, on dit que c'est urgent, qu'il faut aller de l'avant.
Mais, lorsqu'on regarde les deux sites qu'on mentionne, par des études, on parle
que c'est des sites pour plusieurs dizaines d'années, des sites qui peuvent
être ouverts pour 40 ans, tout ça. Ça fait que, lorsqu'on a à prendre une
décision de cette ampleur pour plusieurs années, puis que le BAPE nous dit
qu'on n'a même pas encore, tu sais, de vision complète en matière de... de
matières résiduelles dangereuses au Québec, bien, je pense qu'il faudrait
commencer par s'asseoir, par bien planifier le tout, puis par la suite, tu
sais, aller avec des décisions comme ça. Parce que de prendre cette décision-là
demain matin, puis d'y avoir recours alors que le milieu municipal de la région
n'est même pas en faveur, je trouve ça... c'est impossible d'aller de l'avant,
selon moi.
Mme Blanchette Vézina :
Gestion des matières résiduelles, vous avez des écocentres, là... bien, je dis
vous, mais les municipalités ont des écocentres qui sont clients également.
Est-ce que vous avez évalué les impacts que ça pouvait avoir, d'une fermeture
d'un site comme celui-là ou devoir déménager, apporter les déchets des
écocentres ailleurs?
M. Pilote (Michaël) : Bien,
on le reconnaît puis on le sait, que c'est un défi qui est de taille, puis
tantôt je le mentionnais, dans l'allocution, tu sais, toute la question de
l'acceptabilité sociale, la question du développement économique, la question
du développement social, les enjeux techniques également d'un tel projet. Mais
on ne peut pas y aller de l'avant comme ça, quand le milieu... C'est les élus
municipaux de cette municipalité-là qui connaissent le mieux qu'est-ce qui est
acceptable pour leur collectivité. Puis on le sait, qu'il y a un défi, puis les
matières résiduelles dangereuses, il faut les mettre à un endroit, là, ça, on
ne peut pas être dans le déni, puis je ne pense pas que c'est ça que la Fédération
québécoise des municipalités fait d'être dans le déni...
M. Pilote (Michaël) : ...la
Fédération québécoise des municipalités fait, d'être dans le déni. C'est juste
que je crois qu'il faut encore qu'il y ait des discussions, puisqu'on ne peut
pas aller de l'avant comme ça. Tu sais, c'est un non-sens, à mon humble avis et
à l'avis de la fédération.
Mme Blanchette Vézina : ...si
je suis votre raisonnement, si je suis...
(Interruption) Excusez-moi. Le micro
n'avait pas ouvert. Si je suis votre raisonnement, donc, on devrait prendre un
pas de recul, quitte à ce que ça ait des coûts importants sur l'environnement,
sur les coûts pour les écocentres par exemple, pour les villes, les
municipalités, le traitement des... les industries qui vivent en ce moment des
impacts potentiels importants avec les tarifs, les menaces de tarifs de Trump?
Donc, ce que vous me dites, c'est : Malgré que vous ayez tenté depuis de
nombreux mois de vous entendre avec la ville, que les options ont tellement
changé qu'on en arrive aujourd'hui à devoir déposer un projet de loi qui ne...
Ce n'est pas... Ce n'est pas de gaieté de cœur, là, qu'on est ici devant vous
aujourd'hui avec un projet de loi comme celui-là. Vous me dites : Il faut
qu'on réessaie encore, bien qu'on a tenté et que la mairesse, la ville de
Blainville était présente puis est revenue sur des discussions, même, que nous
avons eues avec elles dans les dernières semaines, derniers mois. Je me demande
exactement si vous auriez le même discours si, dans quelques semaines, il y
avait des bris de service, là.
M. Châteauvert
(Pierre) :Nous, ce qu'on constate, on
n'était autour de la table, on n'était pas au dossier. Le dossier est sorti
comme ça, jailli... rejailli dans l'actualité dernièrement. Il y a eu le BAPE,
effectivement. Tout le monde... Il y a plein de... Il y a des... Le BAPE, ce
n'est pas n'importe quoi, c'est un processus sérieux où est-ce qu'il y a des
gens mandatés par le ministre de l'Environnement. Donc, c'est un processus
sérieux. Il y a des conclusions qui sont... qui ont été tirées, ça fait un an
et demi. Et là on arrive. Ce qu'on constate, nous, publiquement, effectivement,
les gens disent : Bon, oui, on a voulu parler, puis on a de l'autre côté
une partie qui dit qu'on est prêts à discuter, qu'ils font des propositions, et
il y a la CMM pour l'ensemble des régions de Montréal. Bien, nous autres, on
dit : Assoyez-vous, que ce soit rapidement, puis qu'on essaie de trouver
des solutions sur le dossier.
Ce qu'on ne comprend pas, c'est que ça fait
un an et demi et qu'il n'y a pas de solution qui a été trouvée. Et j'ai
participé moi aussi à des négociations très difficiles. Tu sais, la paix des
Braves, des affaires de même, c'était d'une complexité incroyable. On a trouvé
des solutions autour de la table. Il s'en est... Puis il y a des dossiers
comparables à ceux-là où est-ce qu'on a trouvé les solutions en s'assoyant
autour de la table.
Là, on est rendus ici, devant le projet de
loi, et tout ça, avec un projet de loi, et on comprend que ce n'est pas facile,
ce que vous faites, ce n'est pas... ce n'est pas une démarche agréable, mais ça
fait que des principes de gestion, de décentralisation, des responsabilités
exercées par des élus, vous autres, là, le niveau de l'Assemblée nationale, des
élus municipaux, la MRC, la Communauté métropolitaine de Montréal dans ce
cas-là... C'est majeur. Et c'est pour ça... c'est pour ça que nous autres, on
arrive, on dit... on se dit : On ne comprend pas comment ça se fait qu'on
en soit rendus là. Et c'est... Puis nous autres, ce qu'on observe, c'est que
c'est des... il y a des gens qui disent qu'ils veulent se parler. Encore, on a
fait référence, on a entendu ce matin, à une lettre, on l'a... effectivement,
qui a été émise. Donc, qu'il y ait des rencontres, puis que les gens
s'assoient. On est certains que c'est possible de s'entendre en quelque part.
Il doit y avoir des solutions. Ça ne se peut pas, il me semble.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
sincèrement, on a tout tenté. Malheureusement, la ville a changé d'idée à de
nombreuses reprises. Bien qu'elle n'ait pas dit ça en commission hier, on a des
échanges, des idées qui ont été... puis pour lesquelles on était d'accord. Mais
malheureusement, si on en est là aujourd'hui, c'est que malgré les ententes que
nous pouvions avoir sur des propositions qui avaient été faites de manière
consensuelle, la ville n'a pas tenu... elle a reviré de bord, là. Donc, on en
est là aujourd'hui. Je respecte l'autonomie municipale, vous le savez, j'ai
déjà fait partie de la FQM. Je suis d'accord avec le fait qu'on doit avoir ce
principe-là d'autonomie municipale, que vous êtes un gouvernement de proximité.
Mais, quand l'intérêt national, comme celui-là, est impliqué, nous, comme
gouvernement, on doit pouvoir prendre des mesures qui vont sécuriser les
matières dangereuses du Québec. Et c'est ce qu'on fait aujourd'hui,
malheureusement. On a... on a tenté. On a tout tenté. Mais peut-être une
question de ma collègue, je pense, c'est Abitibi-Ouest qui vous... souhaitait
poser une question. Allez-y. Je lui céderais la parole.
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
députée... députée d'Abitibi-Ouest, à vous la parole. Vous avez encore un deux
minutes.
Mme Blais : Deux minutes, M.
le Président, merci. Si la ville avait accepté de vendre le terrain à Stablex
ou au gouvernement, est-ce que vous contesteriez le projet de loi?
M. Pilote (Michaël) : Bien,
moi, je pense que c'est... Bien, on est dans les si, là, dans les si, on peut
aller jusqu'à Paris. Mais, tu sais, je pense, comme je le rappelle, hier, la
mairesse de Blainville a été quand même, là, assez équivoque dans ses propos.
Je pense qu'elle a dressé... elle a un portrait quand même de la situation.
Puis, tu sais, si je reviens aussi, là,
qu'est-ce qui était mis par la ministre, en effet, oui, la municipalité, elle a
changé d'avis. Cependant, la municipalité, c'est son droit...
M. Pilote (Michaël) : …il y a
eu un bureau d'audiences publiques en environnement, puis je ne pense pas que
le BAPE ne siège pour rien. Tu sais, le but, c'est d'aller recueillir qu'est-ce
qui se passe dans la population puis c'est de s'ajuster. Puis tout le monde
change d'avis, on le voit. Des fois, le gouvernement, dans des grands projets
publics, on va de l'avant, on recule, on va de l'avant. Ça arrive à tout le
monde de s'ajuster justement à qu'est-ce qu'on voit. Puis les consultations
publiques, c'est dans tous… aujourd'hui, qu'est-ce qui est formulé partout,
c'est dans les saines pratiques de gestion, c'est dans les saines pratiques de
gouvernance.
Ça fait que moi, je salue, au contraire,
une municipalité qui a écouté ses citoyens, qui a regardé puis qui s'est servie
aussi de la littérature par le bureau d'audiences publiques en environnement.
Puis, ça, le gouvernement, j'imagine aussi que ça doit parler, quand on a des
rapports des commissions comme le BAPE ou des choses comme ça qui sont déposés
au gouvernement puis qu'on dit : On lève le drapeau jaune, voire le
drapeau rouge, on ne peut pas appuyer ce projet-là pour telle ou telle raison.
Mais je pense que c'est quand même quelque chose qui doit parler au niveau du
gouvernement à ce niveau-là.
Mme Blais : Avez-vous visité
le site…
M. Pilote (Michaël) : Non, je
n'ai pas été sur ce site.
M. Châteauvert
(Pierre) : Excusez-moi, Mme la députée, mais on n'a pas besoin
d'aller... c'est à nouveau des principes… Je vous donnais tantôt l'exemple du
zonage industriel, à travers le Québec, avec la politique, le règlement, la
démarche qui a été entamée… et on était d'accord, et on s'entend que le ministère
de l'Environnement… pour toute la question de la protection des milieux
humides, l'identification, c'est une démarche scientifique qui amène tous les
élus… et qui change… C'est incroyable, ce que ça fait comme… pour changer les
mentalités puis éveiller les consciences par rapport à la protection de
l'environnement. On a changé, on va… C'est un zonage industriel, et on va
probablement le changer à la lumière des informations qui proviennent de ça. Ça
se fait partout au Québec actuellement. C'est le principe qui est en arrière.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et
je donne la parole à la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci. M. le
Président. Merci beaucoup pour votre présence ici aujourd'hui. Vous êtes
effectivement des représentants, là, de nombreuses… en fait, le plus grand
nombre de municipalités entre les deux unions.
Il y a un article qui est sorti ce midi,
je ne sais pas si vous avez eu la chance de le voir, mais c'était dans Le
Devoir, et on peut lire que le ministre de l'Environnement est venu dire,
finalement, que la ville de Blainville ne respectait pas ses citoyens en étant
en désaccord avec ce projet de loi là. Et, dans le fond, ce qu'on constate,
c'est que, selon lui, le ministre de l'Environnement, le choix du gouvernement
serait préféré par les citoyens. Alors, je connais la réponse, mais je veux
vous entendre en parler. Selon vous, c'est qui qui représente, qui comprend le
mieux les réalités, besoins et volontés des citoyens? Est-ce que c'est les
représentants élus locaux ou un député, un ministre qui n'habite pas dans la
région?
• (15 h 30) •
M. Pilote (Michaël) : Je ne
jugerai pas cet article. Cependant, je pense que les gens votent pour des
députés, que ce soit à Ottawa, à Québec. Puis, au niveau municipal, ils votent
pour des conseillers puis un maire. Ça fait que, tu sais, je crois que toutes
ces personnes-là sont à même de représenter les gens, mais les élus municipaux
sont des élus de proximité, et, ça, je pense qu'il faut le rappeler, que ces
élus sont à même de porter les doléances, de porter les projets. C'est ceux qui
sont en relation directe avec les citoyennes et les citoyens. On le mentionne
souvent, quand on est élu municipal, on va faire notre épicerie, on rencontre
des citoyens, puis on le sait assez vite quand on fait des bons coups versus
quand on a été sur la voie de côté, comme on dit.
M. Châteauvert
(Pierre) :Et, si vous permettez, ce
matin, dans le même journal, il y avait un article, c'est un sondage qu'on a
fait auprès de l'ensemble des citoyens des municipalités de 100 000 et
moins, O.K., c'était la première fois qu'un sondage comme celui-là est sorti,
et le taux de satisfaction et de confiance envers les municipalités, c'est
69 %, qui est un excellent bulletin, et ça, ça s'adresse à… Donc, à
quelque part, effectivement, comme M. Pilote a dit, tous les élus ont un mandat
et représentent leurs… mais, c'est ça, le gouvernement de proximité, c'est la
municipalité.
Mme Dufour : Exact, il
représente de façon légitime la volonté des citoyens. Je vais vous amener
ailleurs. J'ai posé la question plus tôt à l'Union des municipalités du Québec.
Avec les orientations gouvernementales, les OGAT, les municipalités, les MRC,
les regroupements métropolitains ont à faire une planification territoriale.
Là-dedans, il y a quand même une portion importante qui concerne
l'environnement, la protection de milieux naturels. M. Pilote, vous avez vécu
des inondations, vous avez eu… vous avez à gérer ça, les plans régionaux de
milieux humides et hydriques, et avez-vous l'impression que ce genre de projet
de loi là vient complètement à l'encontre de ces planifications-là? Est-ce que
vous pourriez avoir le sentiment ou certains…
15 h 30 (version non révisée)
Mme Dufour : ...membres de
travailler éventuellement dans le vide si tout ce que vous planifiez,
éventuellement, peut être renversé à tout moment par le gouvernement.
M. Pilote (Michaël) : Bien, c'est
sûr que ce n'est pas motivant de savoir que, tu sais, on peut travailler
pendant des années, parce que, je le mentionnais d'entrée de jeu, toute... quand
on fait une révision d'un schéma d'aménagement du territoire ou encore une
conception, ça peut aller jusqu'à huit à 10 ans. Ça fait que, ça, dans huit à
10 ans, ça commence à faire des années, là. On parle de deux mandats. Il y a
des consultations qui vont s'ensuivre au niveau de la population, des
consultations publiques. Par la suite, il y a des approbations par le ministère
des Affaires municipales. Ça fait que c'est sûr que si les élus municipaux, qui
ont été dûment élus par les citoyennes et par les citoyens, ont mis en place
des outils qui ont été validés, qui ont été appliqués, puis que, du jour au
lendemain, on dit : Ah! bien là, les règles ne tiennent plus, nous, on a
décidé qu'on va... on va de l'avant avec un projet malgré les règles, bien, je
trouve ça clairement dommage.
Mme Dufour : Oui. Je pense...
De mémoire, j'avais posé la question lors du projet de loi sur les mines, et
peut-être que, M. Châteauvert, vous l'aviez répondu, mais lorsque les élus
doivent élaborer un schéma d'aménagement, ils ne font pas ça à huis clos, là.
M. Châteauvert
(Pierre) : Il y a un énorme processus, puis on a des
inventaires qui sont faits, des études... des études qui sont commandées à
différents intervenants, scientifiques et autres et... puis effectivement il y
a un processus assez élaboré, qu'on a bonifié puis même rendu plus exigeant
avec... on s'est entendu avec le gouvernement là-dessus, là, sur les exigences
de consultation pour qu'il y ait des gens, là... Puis il y a des bonnes
pratiques, ça va de mieux en mieux, puis on se les partage entre nous autres. Et,
de toute façon, les élus ont compris qu'ils ont intérêt à parler avec leurs
citoyens, parce que, quand tu arrives avec quelque chose puis que les gens ne sont
pas d'accord, disons que tu es un peu dans le trouble, puis les gens n'aiment pas
bien ça.
Mais... Mais c'est fait en collaboration aussi,
à quelque part. Vous nous avez dit... C'est effectivement... C'est dommage qu'une
situation comme celle-là arrive, mais, comme c'est... les plans de protection
de milieux humides, le médecin de l'Environnement les confirme aussi. Donc, à
quelque part, ce n'est pas juste nous autres, mais c'est le ministère lui-même.
Ce sont les deux. C'est un processus, c'est une responsabilité partagée. Le
gouvernement, les municipalités, les MRC... les MRC puis les municipalités. Puis
là il y a tout un processus. Il y a quelqu'un qui... qui tranche à la fin, dans
le processus. Le gouvernement peut l'imposer. Mais disons que c'est vraiment,
là, en bout de ligne, quand il y a des... parce qu'il peut toujours y avoir des
désaccords, mais, en général, ça n'arrive presque jamais. On finit toujours par
signer. Puis c'est dur. Ce n'est pas facile, tu sais. Puis là ça s'échange des
choses, ça discute, mais c'est...
Donc, c'est dommage, non pas juste pour le
monde municipal, mais aussi, à quelque part, tous les gens à l'intérieur de l'État
québécois qui se sont investis là-dedans. Donc, c'est ça qui est triste.
Mme Dufour : C'est ça. Donc, quand
une ville établit ses milieux naturels, où ils vont être situés, ce n'est pas
déterminé tout seul. C'est avec toute la population. Puis je vais céder la
parole à ma collègue qui est porte-parole en affaires municipales.
M. Pilote (Michaël) : ...ça ne
se fait pas en deux jours, hein? Ça, ça se fait... C'est quand même très long,
ça prend des années. Donc, c'est quand même quelque chose qui a été réfléchi puis
qui a été durement travaillé.
Le Président (M. Schneeberger) :
Députée...
Mme Setlakwe : Oui, si je
permets de rebondir sur l'échange, donc, vous dites, c'est mûrement réfléchi,
mais ça implique aussi, dans le cas justement du terrain qui est visé, ça
implique plusieurs élus, pas juste les élus locaux. À Blainville, évidemment,
ce sont les premiers concernés, mais au niveau de la CMM. Donc, on réalise qu'il
y a eu un grand nombre d'élus qui ont été appelés à contribuer à l'élaboration
de ces politiques, ces façons de protéger le territoire. Et donc, quand on
parle de brimer l'autonomie municipale, ici, on parle... on est en train de le brimer
à plusieurs niveaux?
M. Châteauvert
(Pierre) :Il y a aussi... oui, les élus,
vous avez raison, mais il y a aussi les scientifiques, parce que, dans ce cas-là,
il y a deux études, notamment Habitat, puis nous, on travaille beaucoup avec
eux. Et il y a des fois, quand tu te fais dire des choses, tu penses que...
mais c'est qu'ils donnent des raisons pourquoi il faut conserver, il y a cette
réalité aussi qui doit être prise en compte.
Et là, ce qu'on comprend, parce qu'on n'a
pas été visiter, on n'a pas été fouiller, mais ce qu'on comprend des
conclusions qui ont été sorties publiquement, c'est que ce terrain-là est d'intérêt.
Il y a un intérêt certain du point de vue écologique. Donc, il faut... il
faut... en 2025, on doit tenir compte de ça aussi. C'est absolument essentiel.
Et c'est là où est-ce que le monde
municipal, dans la majorité des cas, parce qu'il y a toujours... ce n'est pas...
ce n'est jamais... mais, dans la presque totalité des cas, même la totalité, en
fait, partout sur le territoire, l'opinion du... l'opinion qui nous est... qui vient
de la science est considérée et doit être considérée. C'est certain qu'à la fin
il faut faire des choix, ça, ce n'est jamais... mais c'est ce qui se passe
actuellement sur le terrain... avec les plans de révision, les plans climat, le
gouvernement a mis 137 millions, les MRC sont en train de faire des plans
climat, puis ce qui se passe, c'est vraiment assez extraordinaire sur le
terrain et la révision des schémas d'aménagement. Et je peux vous dire que la
FQM...
Une voix : ...2019, on a
réclamé et on était pas mal à... pas à l'origine parce que le ministère, mais
en collaboration avec le ministère, à l'origine de cette mise à jour puis de
cette relance du processus d'aménagement. C'est pour ça que c'est ce qui...
C'est pour ça qu'on ne comprend pas pourquoi on en est là.
Mme Setlakwe : Je pense
que vous mettez le doigt sur l'enjeu, ici. Parce qu'après, bon, une deuxième
journée d'audience, puis tout ce qui a été dit dans l'espace public, je pense
qu'il y a plusieurs personnes qui sont mystifiées ici. Puis je reviens à ce que
vous avez dit plusieurs fois dans votre intervention, c'est qu'il faut qu'il y
ait une entente. Il faut qu'on s'assoie autour d'une table. Je ne suis pas sûre
que c'est la bonne table, ici. Êtes-vous d'accord?
M. Pilote (Michaël) :
Bien, c'est de la concertation. Puis ça, c'est... Le moyen que ça prendra, je
ne le sais pas, mais ça prend une concertation. Puis les projets auxquels on en
arrive le plus fort, c'est quand il y a des partenariats de tous. Puis le
devoir, c'est que le gouvernement permettrait quelque chose, alors que les élus
régionaux, puis pas juste la municipalité, vous l'avez... vous y avez fait
référence tantôt, hein? Tu sais, il y a la CMM là-dedans, il y a la MRC, il y a
la municipalité, puis on parle même de résolution unanime. Donc, ce n'est pas
même aux voix. C'est plein de gens qui sont derrière ça. Et je crois encore
que, pertinemment, qu'il faut encore s'asseoir, puis il faut dialoguer pour
arriver avec de quoi de concerté.
Mme Setlakwe : Ça a
beaucoup été dit aussi, vous en avez fait allusion, au fait qu'il y a eu des
nouvelles informations. Les choses ont évolué au fil des dernières années. Mais
à la fin de la journée, ça ne change rien. C'est la... C'est la mairesse, ce
sont les élus locaux qui sont les mieux placés pour prendre des décisions.
Êtes-vous d'accord? Ce n'est pas parce qu'ils ont pris un chemin il y a
quelques années qu'ils ne peuvent pas revoir. Et moi, ce que j'entends, c'est
que la porte n'est pas fermée non plus. Est-que c'est votre compréhension? Il y
a une autre option sur la table. Il y a même une lettre qui a été... La
mairesse, aujourd'hui, a réitéré sa main tendue de s'asseoir puis de parler
d'une solution qui existe.
M. Pilote (Michaël) :
Bien, je pense que la mairesse, hier, hein, dans l'audience, vous avez été à
même de l'entendre, elle a été assez claire, concise dans ses propos, elle l'a
mentionné. Et les raisons qui ont fait en sorte que la municipalité a décidé de
changer d'avis, elles ont été exprimées. Et même à ça, c'est leur droit, hein?
Il y avait quand même dans l'entente une disposition qui leur permettait de
retirer leur consentement advenant le fait que ce n'était pas dans l'intérêt de
la municipalité, et de leur propre gré, et en même temps suite à une analyse,
là. Lorsqu'on est élu, on se doit d'analyser les choses. Et, oui, l'intérêt
public, on est toujours guidé par ce concept-là. Et les audiences, je le répète
encore, le Bureau d'audiences publiques en environnement, si on fait seulement
des auditions pour les tabletter par la suite, bien, je pense que ça ne donne
pas grand-chose d'avoir cette institution-là au Québec. Il y a quand même des
choses qui ont été faites. Et que la municipalité décide de changer d'avis,
bien, c'est pleinement son droit.
• (15 h 40) •
Le Président
(M. Schneeberger) : Merci beaucoup. Alors... Non, non, mais
c'est...
M. Pilote (Michaël) : Le
couperet.
M.
Schneeberger
:
Oui, c'est ça. C'est le couperet, presque. Bien, ce n'est pas... Ce n'est pas
mon but, mais bon, c'est... Vous aviez fini en même temps. Alors, nous allons
maintenant du côté de la députée de Sherbrooke et la deuxième opposition.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Comme plusieurs autres, vous avez appelé à ce qu'un portrait
complet, là, de la gestion des matières résiduelles dangereuses soit fait puis
que ça devrait être ça, la priorité. Si j'ai bien compris, ça devrait être le
premier chantier. Vous avez mentionné que vos membres sont plus inquiets de ce
qui se passe dans le projet de loi que d'un éventuel bris de service, même si
certains sont clients. J'ai le goût d'amener cette question-là un peu plus
loin. Vos membres ont sur leur territoire des entreprises qui sont peut-être,
elles aussi, clientes et qui, s'il y avait un bris de service, devraient donc peut-être
elles aussi entreposer, un peu en attendant, leurs matières. Est-ce que ça,
c'est quelque chose avec lequel vous êtes à l'aise, s'il y avait des délais
parce qu'on prenait le temps, collectivement, de faire le portrait général, là,
de la gestion des matières dangereuses?
M. Pilote (Michaël) :
Bien, c'est sûr qu'il y a des impacts, puis on le mentionne, ce n'est pas un...
ce n'est pas un défi qui n'a aucun enjeu. C'est oui, il y a des enjeux à ce
niveau-là, puis c'est clair qu'il faudra innover puis être astucieux pour
trouver des solutions. Cependant, de dire demain matin qu'on permet ce
projet-là, Mme la députée, sans qu'on... tu sais, sans s'asseoir encore une
fois, puis dire qu'on le fait malgré qu'il y a une opposition dans le secteur,
bien, je pense que c'est dangereux. Puis, oui, il y a des impacts. Mais actuellement,
les municipalités au Québec, il n'y a pas de municipalité qui nous dise :
Aïe! Il faut faire attention, parce que, là, moi, je ne serais pas en mesure,
pour les matières résiduelles sur mon territoire. Les gens, ils nous appellent
puis nous disent : Bien là, le gouvernement va de l'avant avec quelque
chose qui brime notre autonomie municipale. Mais, oui, il va y avoir des
impacts, puis ça sera par la suite à mettre en place des mesures. Mais il ne
faut pas que ça dure 10 ans non plus, la période de planification. Mais lorsqu'on
va de l'avant avec des... avec des changements qui sont pour les prochaines
années, pour les prochaines décennies, hein, parce que les deux sites, que ce
soit lui qui est la propriété de l'État québécois ou encore celui de la ville
de Blainville, on parle que c'est pour plusieurs, plusieurs années, même un des
deux sites qui est jusqu'à 40 ans. Donc, on ne peut pas se permettre de se
tromper, hein? Lorsqu'on y va pour plusieurs décennies à venir, je crois qu'il
faut prendre le temps de se rasseoir puis d'avoir quelque chose qui soit sensé
puis quelque chose justement qui fasse consensus. Et vous l'avez mentionné, le
BAPE mentionne qu'il n'y a pas de vision, justement là, à long terme à ce
niveau-là, sur les matières dangereuses résiduelles au Québec. Donc, avant de
mettre des changements...
M. Pilote (Michaël) : ...de
l'avant, je pense qu'il faut avoir une vision pour planifier notre changement
puis le mettre en place par la suite.
Mme Labrie : Donc, ce ne
serait pas responsable, comme élus, de prendre la décision concernant ce
dossier-là, quel que soit le terrain, sans que ce portrait ait été fait sur la
gestion de matières dangereuses.
M. Pilote (Michaël) : Je
pense qu'effectivement il faut faire le portrait de la situation pour, par la
suite, mettre en place des mesures. Mais de mettre des mesures, sans avoir fait
la planification, c'est un peu bizarre.
Mme Labrie : O.K. Je vous
remercie.
Le Président (M. Schneeberger) : Ça
va? Parfait. Alors, nous allons voir du côté du député des Îles-de-la-Madeleine
pour deux minutes 38.
M. Arseneau : Merci beaucoup.
Merci, messieurs, pour votre présentation. On nous fait valoir l'urgence du
dossier, vous, vous dites : Donnons-nous le temps de discuter. Est-ce que
vous pensez qu'on peut gagner du temps? Est-ce qu'on peut se dégager un espace
pour véritablement trouver une solution qui soit plus porteuse?
M. Pilote (Michaël) : Bien,
il ne faut pas mettre d'échéancier de dire, bon, mais il faut que ça soit fait
dans six mois ou dans un an. Mais on est convaincu qu'il y a encore matière,
qu'on peut s'asseoir puis qu'on peut justement dénouer cette impasse. M.
Châteauvert, tantôt, qui dispose quand même d'une belle expérience, a vu
plusieurs décisions, au Québec, qui justement étaient d'une plus grande
envergure, d'une plus grande complexité se régler, s'asseoir. Donc, je suis
convaincu que, si tout le monde met son bout de chemin, il pourrait y avoir une
solution à ce niveau-là.
M. Châteauvert
(Pierre) :Et nous, en fait, on n'est pas
au dossier, on n'est pas... et le dossier a resurgi comme ça, comme je disais
tantôt. Et ce qu'on ne comprend pas aussi, fondamentalement, c'est que ça fait
un an et demi, mais là on en arrive là, qu'on est là. Ça, c'est... Et je pense
que s'il faut prendre un pas de recul pour regarder ça aussi, cette
question-là. La responsabilité, c'est, il faut régler, on l'a dit, ça prend
quelque chose, c'est essentiel. Il faut disposer convenablement de nos matières
dangereuses résiduelles. Mais là on est face à ça puis on voit même des
accords, puis tout ça, puis on a de la difficulté à comprendre. Nous, ce qu'on
dit, c'est : Assoyons-nous puis réglons ça le plus vite possible.
M. Arseneau : La dernière
fois que je vous ai rencontrés, ça a été lors des consultations particulières
sur le projet de 81, projet omnibus en environnement. On veut bonifier le rôle
du BAPE. On veut reconnaître davantage le principe de la gouvernance de
proximité. Comment est-ce qu'on arrive à réconcilier ce qu'on a discuté, dans
notre projet de loi, avec ce projet de loi, selon vous?
Des voix : ...
M. Châteauvert
(Pierre) :En fait, ce qu'on disait, c'est
que - c'est dans notre mémoire, je pense que ça transcende le mémoire - c'est
qu'il y a des principes puis il y a des façons de faire. On trouve dommage,
avec ce programme-là vient à l'encontre... on trouve ça dommage. Et on trouve
ça... Parce qu'on est en train de bâtir quelque chose de bien, la relance, le
schéma d'aménagement, les plans climat, les milieux humides, ça, le Québec va
devenir, on en est profondément convaincu, un exemple en Amérique du Nord,
sinon sur la planète, en termes de gestion de territoire, là où on avait des
retards. Les gens, là, il y a une progression. On fait quelque chose, on est en
train de faire les OGAT, on est en train de faire quelque chose de bien, ce
n'est pas parfait, puis là, bien, on trouve ça triste, on trouve ça dommage.
M. Arseneau : Mais on trouve
ça triste, mais est-ce que le fait qu'on atteigne ce principe-là, à la base, la
gouvernance partagée, est-ce que c'est un point de rupture pour vous, c'est
quelque chose qu'il faut absolument éviter, c'est exceptionnel puis on passe
par-dessus?
Le Président (M. Schneeberger) : Rapidement.
M. Châteauvert
(Pierre) : On n'utilise pas le genre de point de rupture, tout
ça, parce qu'il faut continuer de vivre ensemble par après. Ce qu'on demande,
c'est : Assoyons-nous puis discutons pour trouver une solution, parce qu'il
faut continuer par après.
M. Arseneau : ...
M. Châteauvert
(Pierre) :Mais point de rupture, c'est
parce qu'on peut le dire, mais ça amène quoi? Donc il faut continuer à avancer.
Et là profitons de l'occasion pour peut-être trouver quelque chose à aller pour
régler ce genre de situation là plutôt.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup pour votre présentation et l'apport à la commission. Nous suspendons
quelques instants afin d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 15 h 46)
(Reprise à 15 h 54)
Le Président (M. Schneeberger) : Alors,
nous reprenons les travaux. Nous en sommes maintenant à recevoir les deux
personnes du Centre québécois du droit de l'environnement. Alors, bonjour à
vous deux. Dans un premier temps, vous présenter, par la suite, vous pouvez
enchaîner avec votre présentation.
Mme Paul (Geneviève) : Merci
beaucoup. Geneviève Paul, directrice générale du Centre québécois du droit de
l'environnement.
Mme Ellefsen (Ann) : Ann
Ellefsen, avocate au CQDE.
Mme Paul (Geneviève) : M. le
Président, bonjour, Mme la ministre, distingués membres de la commission. Merci
pour l'opportunité de nous adresser à vous aujourd'hui. Mme la ministre, je ne
vous cache pas que, comme directrice générale du CQDE, comme maman aussi,
j'arrive avec beaucoup d'inquiétude. Je ne suis pas la seule, bien sûr, on a
entendu aussi d'autres acteurs qui sont inquiets, mais je vous dirais aussi un
certain découragement, et je vais tenter de vous expliquer pourquoi. Il n'y a
personne qui ne nie, puis là-dessus, on se rejoint complètement, le fait qu'il
faut assurer une gestion efficace et sécuritaire des matières résiduelles...
dangereuses, résiduelles. Là n'est pas la question. Et le législateur est
souverain, donc, bien sûr, vous pouvez adopter ce projet de loi. Sauf qu'une
loi spéciale, comme vous le savez, par définition, ça doit être utilisé dans
les situations dites extraordinaires. Et, à notre avis, plus les entraves aux
normes sont importantes, plus c'est important de justifier la nécessité
derrière le projet de loi proposé. Ma collègue va les aborder un peu plus en
détail, mais ce projet de loi là comporte de nombreuses entraves aux normes.
Et la question centrale, dans ce cas-ci,
qu'il faut se poser, à notre avis, c'est celle de savoir si l'intérêt public
est vraiment protégé et servi avec cette loi-là. Pour y répondre, nous, comme
OBNL, on doit se fier aux informations partielles qui sont accessibles à la population.
La dernière information, comme vous le savez, au registre, c'est le rapport du
BAPE. Les avis des ministères, les échanges que le gouvernement a pu avoir avec
l'entreprise, le rapport de l'analyse environnementale, après le rapport du
BAPE, sont des documents auxquels la population n'a pas accès. Donc, sur la
base des informations disponibles, sur la base des raisons officielles qui ont
été présentées pour justifier les motifs ayant mené à la proposition de cette
loi, considérant que ces informations, ces raisons officielles là ont été
contredites par de nombreux acteurs, dont le BAPE.
Et surtout considérant qu'il y a des
alternatives qui existent, nous sommes d'avis, au CQDE, que le projet de loi n°
93 est contraire à l'intérêt public pour quatre raisons principalement,
d'abord, parce que certaines dispositions pourraient permettre à l'entreprise
de contourner les normes applicables en matière d'assainissement de l'air,
parce qu'on vient affecter un milieu naturel de grande valeur écologique allant
à l'encontre des recommandations du BAPE et de la volonté des acteurs locaux,
parce qu'on vient préciser dans le projet de loi une intention de limiter les
possibilités de recours à l'encontre de votre...
Mme Paul (Geneviève) : ...puis,
de manière générale, on vient fragiliser le cadre juridique, en plus d'avoir
des conséquences sociales importantes. Puis, oui, on est... mais je vais aussi
aborder les conséquences sociales importantes parce que c'est un geste
politique fort que d'utiliser une loi spéciale.
Puis le droit, vous le savez mieux que
quiconque, c'est d'abord et avant tout un contrat social, puis c'est pour ça
que j'arrive ici inquiète, parce qu'on est dans des temps très troubles. Je
suis juriste formée en droits humains. Je ne pensais pas voir ce qu'on est en
train de voir en ce moment chez nos voisins du Sud entre autres, puis on
observe ici comme... au Québec comme ailleurs, une volonté grandissante de
déréglementer, de vouloir contourner encore et encore toujours plus de règles,
et ça, ça m'inquiète profondément et je ne pense pas que c'est la voie que le
Québec doit suivre.
Il y a à peine un mois, on était dans
cette enceinte pour venir partager nos inquiétudes par rapport au projet de loi
n° 81. Quelques semaines plus tard, on se retrouve ici pour venir partager
une inquiétude devant un projet de loi spéciale qu'on menace même d'imposer
par... par bâillon. Vous le savez, on a, au Québec, des obligations envers la
population, vous venez de réaffirmer, puis il y a beaucoup de monde qui ont
participé aux efforts que vous avez menés, là, de consultations dans le cadre
des OGAT, que de protéger les milieux naturels, c'est, et je cite :
«Capital pour protéger les générations futures, et que les municipalités y ont
un rôle clé à jouer». Donc, c'est difficile, vous comprendrez, pour la
population de ne pas être cynique et fâchée.
En fait, si d'une main on prend des
engagements dans le cadre de la COP30, qu'on valorise les milieux humides, puis
de l'autre qu'on autorise la dégradation, tantôt sous couvert de la transition,
mais dans d'autres dossiers qu'on suit, tantôt sous couvert d'une urgence. Ça
ne nous apparaît pas responsable dans le contexte actuel, puis je pense que le
message principal que je veux porter aujourd'hui, c'est : Il faut trouver
une solution fondée sur le dialogue social puis le respect de l'État de droit.
On peut le faire.
Le droit de l'environnement, on devrait en
être fiers au Québec, on devrait travailler ensemble à le renforcer, pas de
l'écorcher ou le piétiner, de la même manière qu'on devrait être fiers des
mécanismes de dialogue parce qu'on en a au Québec, puis on a cette capacité de
dialogue qui peut être, oui, nous distingue un peu de nos voisins du Sud, puis
on devrait en être fiers. Nos institutions, elles doivent servir de rempart
contre la destruction du peu de milieux naturels qu'il nous reste, mais aussi
face au cynisme galopant dont je vous parle, puis à la colère qui s'amplifie
parce qu'ils perdent confiance en les institutions.
Les crises, on le sait, on le dit souvent,
c'est une opportunité de... ça peut être des opportunités aussi. Donc, c'est ça
notre invitation aujourd'hui, vraiment, de démontrer qu'on peut faire les
choses autrement, par le dialogue social plutôt que par un outil législatif
lourd de conséquences. C'est lourd de conséquences une loi spéciale comme
celle-là. Donc, on a envie de redonner du sens au mot «consultation», de le
faire dans la transparence. Je sais que c'est un sujet qui est cher à votre
parti. Il faut donner accès à la population, aux informations relatives à ce
projet-là. Il faut dépasser le sentiment qu'on vient de cocher une case quand
on participe à des consultations, que ce soit dans le cadre du BAPE ou dans le
cadre de consultations particulières, ça rendrait vivant des principes
fondamentaux qui sont inscrits dans la loi au Québec et qui sont inscrits dans
notre droit de l'environnement au Québec, à savoir l'accès à l'information puis
la participation du public.
Donc, je pense qu'en 2025, avec les
connaissances qu'on a, on peut trouver une solution sans sacrifier cette
zone... ces milieux naturels-là, pour reconnaître ce qu'ils sont, c'est-à-dire
vraiment essentiels. Là, on n'arrête pas de le dire, mais ces milieux naturels
là sont essentiels, il faut les... il faut les protéger. Donc, je comprends,
Mme, vous dites vouloir, Mme la ministre, éviter une crise, une plus grande
crise demain, puis j'imagine que vous en avez plein à gérer des crises dans
votre quotidien. Avec respect, la crise, elle va être encore plus grande si on
détruit ce qu'il nous reste de milieux naturels, si on ne se penche pas sur la
problématique plus large de la gestion des déchets, si on continue à affaiblir
notre cadre juridique, si on nuit au principe d'autonomie des municipalités qui
est pourtant reconnu par les tribunaux et par l'Exécutif même, si on continue à
freiner l'élan des municipalités qui ont le courage de s'engager dans la bonne
direction.
Je termine avec un souhait bien personnel.
La prochaine fois que j'ai la chance d'être invitée dans cette enceinte,
j'espère que ça va être pour construire le droit à vos côtés, pas pour tenter
d'essayer d'empêcher de le défaire puis de défaire ce qu'on... ce à quoi on
travaille fort ensemble pour renforcer puis protéger, bien, mes enfants et les
vôtres, puis ceux qui vont suivre.
• (16 heures) •
Mme Ellefsen (Ann) : Merci.
Sur ce, je vois qu'il reste trois minutes, je vais tenter d'aborder en fait les
différentes préoccupations que ma directrice générale a évoquées. En fait, je
vais prendre les quelques minutes pour parler de trois dispositions bien
claires : l'article 3, 7 et 11 du projet de loi, qui, selon nous,
sont des contournements aux normes établies, et j'aimerais discuter avec vous
un petit peu des différents impacts qu'on voit à travers ces dispositions-là.
Donc, je me lance. Trois points, le contournement à l'article 4, 7 et 11,
4, c'est sur le Règlement sur l'assainissement de l'atmosphère. Il projette en
fait, cet article-là, de fixer des normes qui sont différentes à celles prescrites
par le règlement. Ce règlement-là, en fait, il vise à encadrer des différentes
méthodes, là, de calcul concernement des seuils d'émissions. Donc, on
comprend...
16 h (version non révisée)
Mme Ellefsen (Ann) : ...différentes
méthodes, là, de calcul concernant les seuils d'émission. Donc, on comprend qu'on
va jouer à travers ces composantes-là, on s'inquiète fortement, en fait, que ça
affaiblisse les normes environnementales applicables et qu'on octroie,
finalement, une exception aux opérations de Stablex pour le terrain visé.
Donc, la question qui s'impose, c'est :
Pourquoi ce contournement est nécessaire? Pourquoi on crée une disparité pour l'application
de ces règlements-là qui touchent l'assainissement de l'atmosphère? Ça, c'est
pour le premier contournement.
Le deuxième contournement, c'est sur la
suspension du règlement de contrôle intérimaire de la Communauté
métropolitaine. Je crois que vous avez eu la chance d'entendre déjà des commentaires
relativement à ça. Je vais juste, en fait, résumer rapidement. L'article 7
du projet de loi suspend l'application des normes municipales, et notamment le
règlement, et ça crée trois effets qui nous préoccupent. Bon, d'une part, ça va
à l'encontre des engagements de Québec en matière de conservation de
biodiversité, donc Plan nature 2030, le cadre mondial.
Deuxième effet qui... ça créé des
précédents inquiétants, notamment sur la question de l'autonomie, qui a été un
principe reconnu non seulement par les tribunaux, par l'Assemblée nationale,
mais l'exécutif, elle-même.
Troisième effet, bien, c'est sur l'environnement.
On contrevient à la protection comme... comme ma directrice le disait, sur les
milieux humides d'importance qui offrent des services gratuits. Notamment, sur
la lutte aux changements climatiques, on compromet également la biodiversité
locale, mais aussi l'écosystème environnant, puisque, comme le BAPE le
soulignait, ce terrain-là, en fait, c'est un corridor écologique qui relie deux
vastes milieux humides de valeur écologique importante.
Finalement, sur la question des oiseaux
migrateurs, on comprend que l'abattage d'arbres va avoir un impact notamment
sur cette zone-là qui sert de zone de repos et de reproduction aux oiseaux migrateurs
et qui ajoute une pression supplémentaire à ces espèces-là qui sont déjà, en
fait, à lutter pour leur survie.
Donc, je vais terminer rapidement sur le
troisième contournement, qui est l'octroi d'immunité à Stablex, je vais être
obligé de faire ça très court. En fait, on s'inquiète de l'article 11 qui
accorde une immunité temporaire, là, à certaines poursuites et qui augmente le
seuil de responsabilité très élevé, un seuil qui, normalement, est utilisé dans
des contextes très, très spécifiques. Donc, dans ce contexte, on se questionne,
à savoir : Qu'est-ce qui justifie d'accorder une telle immunité dans le
présent... dans la présente situation? On invite plutôt à l'inverse, avec le
principe de prévention, d'amener un contrôle accru. C'est ce qui complète pour
mes propos. Je vois que le temps... mais merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous débutons une période d'échange avec la ministre pour un
temps de 16 minutes 30 s.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Merci d'être là, à vous deux. Je sais que... Vous l'avez dit, ce n'est pas un
dossier qui est facile. De mon côté, c'est certain que la volonté, c'est de
mitiger les impacts, trouver la meilleure solution dans le contexte où il faut
une solution pour nos déchets, nos déchets dangereux. Stablex a une solution
qui est considérée par le ministère comme étant une solution qui est
sécuritaire de gestion de nos déchets, puis, bien qu'on ne veuille pas...
Souvent c'est quelque chose qu'on oublie, là, la gestion des matières
résiduelles québécoises, mais il est important d'avoir des lieux pour les
enfouir de manière sécuritaire, ces matières dangereuses. Puis je suis de
celles qui souhaitent qu'on ait une meilleure circularité, qu'il y ait moins de
déchets. Mais il y en a, des déchets. Toute activité industrielle en aura, bien
qu'on souhaite les réduire tous. Activités municipales également, les
municipalités sont clientes, là, de l'entreprise.
Ça fait que j'ai une question pour vous.
Quel serait le plus grand impact sur l'environnement, selon vous, la fermeture
d'un site, où là il n'aurait plus de solution pour des déchets dangereux ou des
solutions qui sont avec de plus grands impacts environnementaux, ou le fait que
le gouvernement vienne s'assurer de sécuriser une gestion sécuritaire des
déchets dangereux par une loi comme on est en train d'adopter? Parce qu'on a
tenté de trouver des solutions, là, consensuelles. Si on en est là aujourd'hui,
c'est que les moyens... tous les moyens ont été pris, puis malheureusement, on
ne peut pas. Ça fait que j'aimerais vous entendre sur quel serait le plus grand
impact. Est-ce que vous avez calculé les dommages qui pourraient être causés
par l'environnement s'il n'y avait plus ce site-là?
Mme Paul (Geneviève) : Merci,
Mme la ministre, de poser une question fort, fort importante, là, pour la suite
de l'échange. D'entrée de jeu, je tiens à dire que nous non plus, on n'oublie
pas la gestion des matières dangereuses résiduelles, puis c'est pour ça, je
pense qu'il y a une demande, qu'on appuie, notamment de vraiment lancer un
chantier afin d'avoir un inventaire, puis de faire l'état des lieux, puis de
pouvoir mieux planifier et gérer cet enjeu important qui ne disparaîtra pas
tout en réduisant, parce que, je suis contente de l'entendre, il faut d'abord
réduire aussi la quantité de déchets qu'on produit mais aussi qu'on importe.
Par rapport à votre question, je pense
que, sur la base des informations qu'on a... puis c'est là qu'on... c'est pour
ça qu'on réinsiste sur l'importance d'avoir accès aux informations...
Mme Paul (Geneviève) : ...les
informations qu'on a tendent à démontrer que cet argument-là, de la fermeture
d'un site, mais c'est bien sûr celui, puis, bon, c'est confirmé par
l'entreprise elle-même, c'est l'argument avancé par l'entreprise, mais ce n'est
pas ce qu'on retrouve notamment dans le rapport d'experts indépendants comme le
BAPE, là, qui ont analysé la possibilité d'avoir des alternatives. Donc, c'est
difficile pour nous d'entendre que le point de départ, c'est celui-là. C'est-à-dire
qu'on oppose le sacrifice... ou sacrifier une zone importante qu'on a voulu
protéger, notamment dans un règlement de contrôle intérimaire que le
gouvernement a aussi appuyé et reconnu, donc, comme valable. En opposant ça, je
pense qu'on ne pose pas la bonne question, parce que les informations, en tout
cas, que nous, on a à disposition, puis on est bien sûr tout ouïe pour avoir
des informations additionnelles, c'est qu'il y a d'autres alternatives qui
existent et que l'argument avancé comme la fermeture d'un site, ça c'est celui
qui appartient à l'entreprise, puis j'ai envie de nous inviter à être très,
très prudents, quand on a la responsabilité, comme gouvernement, de protéger la
population, d'aller vraiment... avoir un portrait complet de la situation. On a
vu, dans le passé, ce que ça donne de ne se fier qu'aux argumentaires d'une
entreprise. Ça ne donne pas nécessairement les résultats escomptés, ni en
termes de protection de l'environnement ni même économiquement dans bien des
cas. Donc, je vous renvoie peut-être plutôt la question sur : Pourquoi
est-ce que les scénarios alternatifs qui ont notamment été mis de l'avant dans
le rapport du BAPE, pourquoi ou comment ont-ils été considérés? Quelles sont
les alternatives qui ont été considérées? Parce qu'entre le moment où il y a eu
la publication du rapport du BAPE et là, bien là on se retrouve dans une situation
présentée comme une crise, comme quelque chose d'urgent, qui donc devrait
justifier l'adoption d'une loi spéciale, mais sans qu'on ait compris le chemin
entre, voilà, le dépôt de ce rapport-là puis l'urgence, là.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, il y a deux... deux terrains. Vous avez vu, dans le projet de loi, là,
qu'on vise le terrain qui est à plus grande distance des citoyens, avec un...
qui a déjà une affectation industrielle dans une zone qui avait été aussi
prévue pour des activités industrielles lourdes, notamment depuis plusieurs
années, dizaines d'années, l'entreposage de munitions, donc de matériels qui
sont déjà impactants pour l'environnement. Il y a des groupes qui sont venus
nous mentionner que... d'ailleurs, de faire attention, lors de la récolte, pour
s'assurer de ne pas... que ces contaminants-là, qui sont présents, ne... soient
gérés de manière sécuritaire.
Par rapport à un autre site qui a été
analysé par le ministère de l'Environnement, qui, lui, a une valeur écologique,
selon l'analyse plus grande puis surtout plus rapprochée des citoyens, la ville
de Blainville, on a eu des discussions. Il y a eu plusieurs, plusieurs
scénarios qui ont été envisagés, plusieurs scénarios qui ont été envisagés par
la ville, pour lequel il y a eu un retour, malheureusement, donc de changement
d'idées à de nombreuses reprises.
• (16 h 10) •
Donc, on en est là aujourd'hui parce qu'on
sait que ce site-là, d'un point de vue géologique, c'est de l'argile, donc, est
le meilleur site pour pouvoir accueillir ce genre de déchets-là puis de les
traiter de manière sécuritaire. On a regardé l'ensemble de la cartographie des
sites disponibles au Québec. Le ministère de l'Économie a fait cet
inventaire-là avec le ministère de l'Environnement. Pas d'autre alternative qui
permettrait la captation, encore une fois, sécuritaire des déchets, parce que
c'est toujours l'idée, là, et donc on arrive avec deux scénarios où il y a un
potentiel proposé par le BAPE, où on serait près des résidences, et, pour nous,
ce n'est pas... ce n'est pas envisageable, considérant la quantité de camions,
considérant la situation des nuisances qu'il pourrait y avoir pour les citoyens
de ce nouveau quartier, qui n'était pas présent à l'époque. Donc, le quartier a
été développé par la suite.
Donc, pour nous, c'est certain qu'on y va
avec la moins pire des solutions, mais dans une situation où on doit prendre
une décision pour éviter qu'il y ait plus d'impact sur l'environnement. Parce
que la non-disposition de manière sécuritaire de déchets dangereux, pour nous,
comme gouvernement, ça outrepasse... c'est plus grave. L'intérêt national de
l'ensemble du Québec d'avoir un site qui permet de la gestion pour de
nombreuses années des matières dangereuses de manière sécuritaire, donc, bien
que j'en suis, de vouloir s'assurer qu'on a un consensus et un dialogue ouvert,
il est important, aujourd'hui, d'avancer pour éviter une plus... un plus grand
impact sur l'environnement.
J'ai une autre question pour vous, parce
qu'on est là aussi... parce que je souhaite... on soit vous entendre. Donc, on
a un peu, comme je vous le disais, là, la chance d'éloigner les opérations
industrielles de cette...
Mme Blanchette Vézina :
...Stablex
à 1 kilomètre plutôt qu'à 300 mètres. De votre point de vue, la...
ils seraient mieux de rapprocher, à valeur écologique similaire, là, ils
seraient mieux de rapprocher l'activité de Stablex des citoyens puis d'un
quartier résidentiel, si je comprends bien. Quelles seraient les solutions à
envisager, là? Parce que nous, on sait qu'il y a deux terrains de disponibles,
puis ce sont les deux terrains, dont un et très rapproché des citoyens, avec une
valeur écologique, des milieux humides également. L'autre terrain est déjà
impacté par une activité industrielle qui a eu des impacts sur l'environnement,
donc... puis qui est à 1,1 kilomètre des citoyens et des résidences. Donc,
nous, on considère que c'est celui-là qui est le meilleur. C'était l'idée de la
ville de Blainville au départ, c'était aussi l'idée de la ville de Blainville
quand on a continué les discussions par la suite, suite à ce qu'elle ait
résilié l'entente. Mais là, aujourd'hui, elle a changé d'idée. Nous, on pense
que c'est encore celui-là. Quel est votre avis par rapport à la proximité des
résidences de l'autre terrain?
Mme Paul (Geneviève) : Alors,
différents éléments, là, pour rebondir sur votre point précédent puis celui-là.
Bien, de manière générale, l'expertise du CQDE, comme vous le savez, c'est
vraiment de... c'est une expertise juridique indépendante en droit de
l'environnement. Nous, on ne prétend pas être plongé dans le dossier depuis
plusieurs années, et d'ailleurs on ne le fait pas non plus dans le mémoire. Par
contre, ce qu'on met de l'avant, puis je pense que c'est pertinent, pour
répondre à votre question, c'est, la meilleure solution, elle va se trouver et
doit se trouver par le dialogue puis en respectant notamment des principes
juridiques importants, comme l'autonomie des municipalités. Là, ce n'est pas ça
que le projet de loi propose.
Vous parlez de l'importance de la
disposition sécuritaire, là-dessus, bien sûr, je le redis, c'est important.
Mais vous dites aussi, du même coup, que ça a des impacts sur les prochaines
décennies. C'est pour ça qu'on dit que c'est d'autant plus important qu'on ne
règle pas ça comme ça par une loi spéciale. Ça a des impacts, donc ça vaut la
peine, vraiment, de travailler ensemble à une solution, puis peut-être des
créatifs. Puis moi, je vous avoue que ce qui m'inquiète, c'est, encore une
fois, que ça semble... ce qui semble être sur la table, c'est aussi très, très
collé, disons, à la version officielle, donc, de l'entreprise, notamment aussi
par rapport à la nuisance auprès des citoyens. Et donc ça vient aussi en
contradiction avec les informations qui étaient notamment dans le BAPE et
rapportées aussi par la ville de Blainville. Donc, ça génère une confusion pour
le CQDE, mais, je pense, pour la population aussi en général, là, c'est
difficile de s'y retrouver, là.
C'est pour ça que, de notre point de vue,
ce qui est vraiment important, si on veut la trouver, la solution, c'est
d'abord qu'on réunisse les conditions... je n'aime pas ça, ce mot-là,
gagnantes, là, mais les conditions nécessaires pour pouvoir l'envisager, cette
solution-là, puis dans celle-là, il y a l'accès à l'information, toute
l'information, une transparence au niveau de l'information pour qu'on puisse
justement mieux comprendre les complexités du dossier, pour envisager cette
solution-là puis être créatif. Puis il y en a, des troisièmes voies, mais c'est
ça, là, qu'on n'entend pas.
Puis c'est difficile pour nous aussi de
comprendre pourquoi du même souffle, parce que vous parlez beaucoup du site,
mais pourquoi du même souffle, dans le projet de loi, en propose, finalement,
la possibilité d'abaisser les normes applicables, notamment en matière
d'assainissement de l'air, de venir tenter de limiter les recours. Donc là, là-dessus,
je serais évidemment curieuse de voir quelle est votre... pourquoi est-ce que
vous estimez que c'est nécessaire d'aller de l'avant avec de telles
dispositions qui sont quand même des entraves importantes, là, au droit
applicable.
Mme Blanchette Vézina : L'un
des enjeux qu'on a en ce moment, c'est que le terrain n'appartient pas à
Stablex, à l'entreprise, et que donc, si on souhaitait autoriser, porter
l'autorisation, ça rendrait public l'ensemble des documents. Il y a une analyse
qui a été faite par le ministère de l'Environnement, ça prend un décret pour
autoriser. Pour autoriser, bien, le... il doit y avoir un droit sur le terrain.
Nous, on considère, et c'est sur cet enjeu-là qu'on a une problématique, c'est
qu'on considère que le terrain à 1,1 kilomètre est de loin préférable à
celui qui est à 300 mètres des citoyens, et que, donc, pour arriver à ça,
il doit y avoir un droit qui permet de donner une autorisation à l'entreprise.
Et là la loi vient nous permettre d'être propriétaires, comme gouvernement, et
donc de pouvoir émettre un bail. C'est pour ça que c'est moi qui est présente
également, c'est à titre de ministre des Ressources naturelles, donc,
territoire public, que je peux émettre ce genre de baux là, industriels, avec
des balises qui sont claires dans les règlements puis qui vont être les mêmes
que pour toute entreprise qui louerait un territoire public qui appartient au
gouvernement, qui appartient au ministère des Ressources naturelles.
Donc, avec ce mécanisme-là, on va pouvoir
rendre publiques des informations, donner l'autorisation par décret. Donc, il y
a un mécanisme, il y a des analyses qui ont été faites par l'Environnement,
mais la loi, aujourd'hui, si on en est là, encore une fois, c'est qu'on n'est
pas arrivé à un consensus et à s'entendre avec la ville de Blainville, malgré
toute la bonne volonté qu'on a pu avoir. Moi, je sais que ça a été nommé qu'il
y a une lettre qui a été envoyée par la ville de Blainville, je demeure ouverte
à la rencontrer. Mais il est certain qu'il faut que le dialogue soit ouvert de
part et d'autre...
Mme Blanchette Vézina :
...soit ouvert de part et d'autre, là, ce qu'on ne sentait pas lors des
dernières des derniers échanges avec la ville. Mais je demeure avec une
ouverture de trouver des solutions, mais on est quand même, et ça, ce n'est
pas... ce n'est pas parce que l'entreprise le dit, c'est dans l'analyse qu'on a
faite de la situation, il y a urgence d'agir dans l'intérêt national, l'intérêt
plus grand qu'uniquement celle de la ville de Blainville, malheureusement.
Voilà. Bien, je réponds à votre question,
mais j'en ai d'autres pour vous, là. On n'est pas là pour... on n'est pas là nécessairement
pour débattre sur le projet de loi, mais...
Mme Paul (Geneviève) :
Bien, je suis ravie de vous entendre que vous êtes ouverte au dialogue.
Mme Blanchette Vézina :
Ça me fait plaisir d'au moins avoir... de vous transmettre l'information, là.
Mais donc ne serait-ce que vous sachiez aussi que le décret va rendre publiques
certaines analyses qui ont été faites par l'Environnement.
Le projet de loi aussi renforce la
gestion, là, post-fermeture, ça fait partie des éléments qui sont dans le
projet de loi qui vont permettre, donc, que Stablex ait des garanties... ou
plutôt que, le gouvernement, on ait des garanties pour la cellule 6 qui va
être mise dans le bail. J'aimerais savoir, là, comment vous accueillez...
est-ce que vous accueillez favorablement ces dispositions, là, qui permettent
d'avoir un meilleur contrôle post-fermeture?
Mme Paul (Geneviève) :
De manière générale, on va toujours accueillir favorablement des dispositions
qui vont permettre d'avoir un meilleur contrôle, mais, j'ai envie de vous dire,
pas juste post-fermeture. Parce qu'une des choses qui étaient soulignées,
notamment, dans le rapport du BAPE, c'est que c'est une entreprise, je pense,
qui a eu plusieurs fois, donc, comment on appelle ça, des avis de
non-conformité, des... qui a eu des enjeux, disons, des irrégularités. Et je
pense que c'est important, aussi, de ne pas regarder juste le post-fermeture,
mais, bien sûr, les activités en cours.
Puis j'en profite, donc, peut-être parce
que vous m'avez tendu la perche, pour rebondir sur votre point précédent qui...
J'accueille très favorablement, bien sûr, on accueille très favorablement que
vous ayez une ouverture au dialogue. Puis je pense que vous êtes avocate,
aussi, de formation, vous... ça me rassure, quelque part, et j'espère qu'il y a
une ouverture à, justement, ne pas avoir à régler cette situation-là par une
loi spéciale. Comme on le disait, dans l'arsenal législatif, c'est quand même
un outil qui doit être utilisé avec grande parcimonie. Et ça nous semble, donc,
d'autant plus important qu'il n'y ait pas rupture du dialogue social dans ce
contexte. D'autant plus que, je vous disais, on était dans cette enceinte, il y
a quelques semaines à peine, en lien, entre autres, avec le projet de loi n° 81 qui vient, notamment, vouloir reconnaître encore
davantage l'autonomie des municipalités. Donc, c'est particulièrement difficile
et contradictoire, dans ce contexte-là, de devoir revenir avec un projet de loi
qui est, finalement, un affront aussi à ce principe là. Je vous entends que
c'est complexe et je pense que personne, personne ne dit le contraire. Par
contre, il y a certainement, je pense, l'importance de, justement, s'en sortir
autrement que par une loi spéciale.
Et vous me parlez de gestion
post-fermeture, mais comme... Nous, on est très curieuses, en tout cas, de
comprendre pourquoi, dans le projet de loi, il y a aussi des dispositions qui
permettent à l'entreprise, éventuellement... qui pourraient permettre à
l'entreprise, finalement, de respecter des normes moindres en matière
d'assainissement de l'air, notamment. Et ça, pour nous, c'est... on n'arrive
pas à comprendre, là, qu'est-ce qui pourrait justifier, parce qu'on parlait
beaucoup du contexte d'urgence, de gérer de manière sécuritaire, dans l'intérêt
national, la gestion des déchets résiduels... comment est-ce que ça, ça répond
à l'intérêt national des Québécois que de venir proposer des dispositions qui
ouvrent la porte à un abaissement des normes.
• (16 h 20) •
Mme Blanchette Vézina :
Si vous avez vu, là, il y a une date, dans le projet de loi, qui est le
15 avril, là. Vous avez parlé de certains oiseaux qui sont présents sur le
site ou dans la tourbière, là, donc, aux pourtours, donc, on veut s'assurer
d'éviter les problématiques, accélérer le processus de récolte, notamment,
avant la nidification. Donc, je dis «on», là, mais l'entreprise a cette volonté-là
de mitiger les impacts des travaux qu'elle va faire. Elle a quand même la
volonté d'aller... d'aller faire les choses dans l'ordre. Mais donc la date du
15 avril est en lien avec la nidification d'un oiseau dont je ne me
souviens plus du nom, là, et vous m'en excuserez, là, c'est...
Une voix : L'oiseau...
Mme Blanchette Vézina :
L'oiseau du bois-pourri?
Une voix : L'engoulevent.
Mme Blanchette Vézina :
L'engoulevent du bois-pourri, notamment.
Le Président (M. Schneeberger) : Bon,
alors,malheureusement, le temps est écoulé. Nous allons maintenant du
côté de l'opposition officielle, avec la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Alors, merci
beaucoup pour votre présence. Ce n'est pas la première fois qu'on se voit dans
des projets de loi. D'ailleurs, on s'est vues récemment, Mme Paul et
Mme Ellefsen, dans un projet de loi, le projet de loi n° 81.
Peut-être vous demander, comme vous l'avez bien étudié, le projet de loi n° 81 : Ce qu'on voit ici, est-ce que c'est cohérent
avec ce que le projet de loi n° 81, disons,
promouvoit, là...
Mme Paul (Geneviève) : Mais en
fait, comme je le mentionnais, il y a, bien, une contradiction apparente, à
notre avis, qui, justement... que le projet de loi n° 81, et ça a été salué,
notamment, bien sûr, par les municipalités, là, vient reconnaître, justement, à
donner plus d'autonomie aux municipalités. Ce qu'on... au CQDE, on appuie, on a
toujours appuyé le respect de la capacité de chacun des paliers à pouvoir
exercer ses compétences afin d'assurer une meilleure protection de
l'environnement. Donc, on a aussi salué ce principe-là, cette reconnaissance-là
dans le projet de loi n° 81. Donc, c'est d'autant plus surprenant, et, je
pense, le mot est faible, là, de devoir revenir quelques semaines plus tard
pour parler de ça. Là où... Mais justement s'inquiéter de cette situation-là,
et on n'est pas les seuls, bien sûr. Là où il y a une similarité et qui est
malheureuse, c'est par rapport au fait qu'on vient, encore une fois, affaiblir
le cadre juridique en droit environnemental, là, au Québec. Et c'est pour ça
qu'on est inquiets également.
Mme Ellefsen (Ann) : ...si je
peux compléter. En fait, sur la question, dans le p.l. 81, il y avait plusieurs
dispositions, donc ça devient difficile de prendre beaucoup de temps pour
expliquer, mais on avait pris un moment pour parler, en fait, de la publication
au registre, d'avoir un accès à l'information en temps opportun. Et ça peut
être très technique, mais je pense que ça prend toute sa pertinence dans le
contexte qui nous concerne actuellement. Avoir plus d'informations, ça nous
éviterait d'être aujourd'hui à poser des questions sur mais qu'est-ce qui s'est
passé entre le rapport et aujourd'hui? On parle d'urgence, on est confus en
tant que citoyen, en tant qu'avocat qui... qui connaissons un peu, du moins,
les différents registres. Donc, en fait, c'est toute la pertinence d'avoir
accès à de l'information pour que les gens comprennent. Et puis, en fait, le
droit de l'environnement, comme tout le domaine de droit, ça fonctionne basé
sur la conformité, que les gens veulent se conformer. Et donc ça part d'un
élan. Et donc c'est pour ça que c'est important d'avoir de la prévisibilité et
d'avoir de la constance. C'est de là qu'on compare certaines de nos
préoccupations aujourd'hui.
Mme Dufour : Merci beaucoup.
Dans votre mémoire, vous avez parlé, là, il y a toute une section sur l'état de
droit environnemental ou... Et là je vais poser une question très simple :
Avez-vous déjà vu un projet de loi, de votre vivant, qui bafoue autant le droit
environnemental?
Mme Paul (Geneviève) : Ça
vient s'ajouter à d'autres projets de loi qu'on trouve inquiétants puis qui ne
nous amènent pas dans la bonne direction. Puis c'est pour ça que je commençais
en disant : Je suis inquiète puis je suis... j'ai hâte qu'on puisse
revenir à... Le CQDE, on fête nos 35 ans cette année. Puis les fondateurs
du CQDE me disaient, récemment, qu'il y a eu des moments où, en consultations
particulières, il y avait vraiment ce sentiment-là d'échange, d'écoute, puis de
véritable considération de comment on peut ensemble bonifier nos perspectives,
considérer certains amendements en étant, bien sûr, puis vous pouvez regarder
les archives du CQDE, pas toujours d'accord, et on joue notre rôle, c'est notre
rôle aussi, bien sûr, au fil des ans, puis on reconnaît que les désaccords sont
tout à fait normaux, mais il y avait ce sentiment-là qu'on pouvait... qu'il y
avait une ouverture, vraiment, pour améliorer ce qui était proposé, pour
reculer s'il le fallait, et c'est ça qu'on espère, parce que, ça, dans une
démocratie, c'est vraiment important. C'est un peu le point que j'essayais de
faire tout à l'heure. Et c'est pour ça que c'est... c'est pour ça qu'on est là,
ici, aujourd'hui, parce que ça dépasse largement Blainville cette situation-là.
Donc, c'est pour ça qu'on se permet de lever ces drapeaux rouges là, à notre
avis.
Mme Dufour : Tout à fait.
Tout à l'heure, vous avez parlé de l'immunité, le seuil de responsabilité aussi
applicable. Et, dans votre mémoire, vous mentionnez qu'il y a eu des exemples
d'adoption de lois qui excluaient les recours au bénéfice d'entreprises privées
qui émettaient des polluants dans l'environnement, mais ça fait longtemps, là,
on parle de... ça fait 60 ans, là.
Mme Ellefsen (Ann) : La
question qu'on s'est posée, donc, en lisant cette disposition là, à
l'article 11 du projet de loi, on voit, en fait... juste pour bien
clarifier, pour que tout le monde puisse bien comprendre, on accorde, en fait,
un seuil pour la responsabilité lourde ou intentionnelle pour des activités,
pour des... que dans le cadre des activités de Stablex. Et là on se
questionnait à savoir mais qu'est-ce qui justifie ça et dans quel contexte on
utilise ça? Et donc c'est ce qu'on tentait de mettre en exergue, normalement,
ce seuil-là de faute lourde intentionnelle, c'est accordé dans un contexte,
notamment, dans les décisions hautement politiques gouvernementales. Et la
jurisprudence est claire, explique le rationnel derrière ça. On va avoir aussi
des lois... différentes lois, là, qui servent notamment la Loi sur la sécurité
civile visant à favoriser la résilience aux sinistres, où on prévoit une
immunité de poursuite pour les personnes qui participent à des mesures de
réponse à des...
Mme Ellefsen (Ann) : ...dans
ce contexte-là, on comprend qu'on veut alléger, on ne veut pas amener des
poursuites indues. La question qu'on se pose dans ce contexte-là, c'est
pourquoi... d'immunité qu'on accorde dans certains cas est accordé à Stablex
dans le cadre des activités, et on est songeur, disons. Donc, on attend à
voir... Mais je vous avoue que notre recensement nous a amenés à être très
surpris par cette proposition-là.
Mme Dufour : C'est ça. Ce
qu'on peut constater, c'est que la dernière fois que ça a été utilisé, c'est en
1962. Donc, ça fait très, très, très longtemps. Parce que, vous le mentionnez,
dans les années 70, il y a eu une prise de conscience environnementale, donc,
c'est comme si on retournait 60 ans en arrière avec ce projet de loi là.
Mme Ellefsen (Ann) : Par
justesse, on n'a pas la prétention d'avoir fait un recensement exhaustif. On a
tenté de regarder... On a vu, pour des secteurs privés, que ce type de clause
là avait été accordé, mais surtout dans les années... au XXe siècle, en fait,
ou... On était avant la LQE, avant cette prise de conscience, avant la Loi sur
le développement durable qui vient réaffirmer des principes fondamentaux du
droit de l'environnement.
Donc, nous, c'est ce qu'on a recensé, mais
sous toutes réserves. Mais ce que je vous dis, c'est que ça reste quand même...
Ce seuil-là, normalement, est dans un contexte... est toujours justifié par
l'objectif qu'on poursuit. Donc, ça doit s'expliquer. Et là la question qu'on
a, c'est : Quelle est cette justification-là?
Mme Dufour : Merci. Je vais
céder la parole à ma collègue.
Le Président (M. Schneeberger) : Mme
la députée de Mont-Royal-Outremont, vous avez la parole.
Mme Setlakwe : Merci, M. le
Président. Merci beaucoup à vous deux, vraiment, c'est la première fois que je
vous entends en commission. Merci pour votre mémoire. Je suis une ancienne élue
municipale puis, dans mes dossiers ici, à l'Assemblée nationale, je prends
celui des affaires municipales, je suis également juriste. Mais j'aimerais
qu'on revienne à l'autonomie municipale qui est un principe fondamental qui est
mis en péril dans le contexte de l'étude de ce projet de loi là dans ce qui est
proposé par le gouvernement. Puis, je pense, vous avez touché à des points
extrêmement importants, mais je pense que c'est nécessaire qu'on y revienne,
puis qu'on le déconstruise, puis qu'on ramène, je pense, l'intérêt des citoyens
ici. J'aimerais vous entendre, donc, un peu plus sur la question de la
transparence, de l'intérêt des citoyens et aussi de cette confusion.
Avant de vous céder la parole, parce que
c'est vous qu'on veut entendre, je peux vous dire que, de ce côté-ci de la
table, il semble y avoir aussi... je peux parler pour nous, mais j'ai
l'impression qu'il y a une confusion, en tout cas, il semble avoir une
confusion qui règne vraiment de ce côté-ci de la table. Puis je pense que...
avec ce qu'il y a dans l'espace public également, on n'aide pas la démocratie
locale puis on n'aide pas la confiance qu'on doit... sur laquelle on doit
travailler, tous travailler, comme parlementaires, pour que les citoyens aient
confiance en leurs institutions. Puis juste... O.K. Puis là je vous cède
vraiment la parole, mais pourquoi finalement on a ce principe d'autonomie municipale?
C'est pour s'assurer que les citoyens soient les mieux servis par les personnes
les mieux placées j'imagine, pour prendre les décisions sur leur territoire?
• (16 h 30) •
Mme Paul (Geneviève) : Oui,
merci. Bien, effectivement, je mentionnais tout à l'heure que, tu sais, une
des... du CQDE, c'est de favoriser, dans la mesure du possible, dans le respect
des compétences, bien sûr que chaque palier puisse agir au maximum de ses
capacités de compétence pour protéger l'environnement. Puis le palier municipal,
bien, c'est le plus près des citoyens, effectivement. Puis, nous, on le voit à
chaque jour au quotidien, là. Le CQDE répond à plus de 400 demandes par année,
principalement de citoyens, citoyennes qui sont donc engagés auprès de leurs
municipalités à leurs côtés, pas toujours, ça dépend des cas, mais pour,
justement, s'assurer de protéger l'environnement. Et c'est directement lié à
votre question... votre commentaire sur la transparence, l'accès à
l'information. Et ça, ça fait longtemps que c'est reconnu, depuis la
Déclaration de Rio et Québec le reconnaissait, avait joué un rôle clé, en fait,
pour reconnaître qu'une des meilleures façons de protéger l'environnement,
c'est d'outiller les citoyens. Les citoyens sont le mieux placés pour le faire.
Bon, bien sûr, nous, on y croit profondément, mais ça a aussi fait ses preuves,
donc. Et, pour faire ça, ça prend de l'accès à l'information... confusion. On
a... Nous aussi, on est confuses, on est confus quand on essaie de comprendre
la justification, parce qu'il faut pouvoir démontrer que c'est véritablement
urgent, qu'il n'y a pas d'alternative, mais, pour ça, il faut avoir accès à
l'information. Et malheureusement, on n'a pas...
Dans ce dossier-ci, comme dans d'autres,
l'accès à l'information en matière environnementale demeure vraiment
problématique au Québec, pas juste parce que le registre, à 118.5 de la Loi sur
la qualité de l'environnement n'est pas mis en vigueur, ça, c'est un autre
registre qui devrait être mis en vigueur, mais, de manière générale, et vous le
savez, les journalistes le disent, on n'est pas les seuls à dire qu'il faut
vraiment améliorer l'accès à l'information environnementale, puis peut être une
invitation aussi à cesser de voir ça comme : Ça va nous compliquer les
choses si les citoyens ont accès à l'information. Non, en fait, ça peut nous
aider justement à diminuer la confusion, à ne pas se retrouver dans des
situations très complexes comme...
16 h 30 (version non révisée)
Mme Paul (Geneviève) : …aussi
très tendu, très polarisé finalement, de crise, ça peut donc aider à désamorcer
ou anticiper et prévenir les conflits, finalement, mais aussi que chacun soit
plus en mesure d'agir pour protéger l'environnement, parce que là, là-dessus,
on y gagne tous, entreprises comprises.
Le Président (M. Schneeberger) : Malheureusement,
on a déjà dépassé de 20 secondes. Alors, merci beaucoup. Nous allons maintenant
du côté de la deuxième opposition avec la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Je partage la confusion avec mes collègues, avec vous. On entend la
ministre dire que les deux terrains sont d'intérêt écologique similaire. Quand
on a posé la question à son équipe en début de semaine pendant le briefing
technique, ils nous ont confirmé qu'ils n'avaient pas fait d'études
comparatives des deux terrains. Donc, on ne comprend pas sur quoi ça repose.
Elle a parlé beaucoup d'intérêt national sur ce dossier-là. Est-ce que vous,
vous voyez un intérêt national que le gouvernement agisse sur ce dossier-là?
Mme Paul (Geneviève) : C'est
une grosse question. C'est balisé, l'utilisation de ces mots-là, puis c'est
pour ça que ça prend de l'information avant de pouvoir tirer cette conclusion-là.
Puis ce qu'on entend là n'est pas… ne nous rassure pas… ne nous rassure pas, et
donc c'est pour ça qu'on a ces conclusions-là dans notre mémoire, et on n'est
pas rassurées non plus par rapport à ce qui… la considération qui semble être
donnée à ce milieu naturel là, de haute valeur écologique. Moi, quand… bien,
quand on me dit que l'entreprise veut faire les choses dans le bon ordre, ce n'est
pas nécessairement quelque chose que je trouve rassurant dans le sens où c'est…
de toute façon… mais c'est le rôle de l'État et du gouvernement de protéger la
population, puis ça, ça doit passer par protéger la biodiversité, puis c'est
pour ça qu'on a pris des engagements en ce sens-là.
Donc, ça doit comprendre aussi la
considération de toute la réglementation applicable, y compris celle fédérale,
quand c'est pertinent, et donc reconnaître aussi qu'il y a de la connectivité,
comme ma collègue le mentionnait, dans ce lieu-là. Et donc ce n'est pas parce
qu'on va plus vite pour peut-être éviter, tu sais, l'applicabilité de certaines
dispositions qu'on se rend service collectivement. Donc, c'est pour ça que
nous, on remartèle, et là-dessus on est d'accord avec les autres groupes, l'urgence
de s'assurer qu'on protège ce milieu-là parce qu'il en reste très peu.
Mme Ellefsen (Ann) : …de
rajouter, en fait, sur la question de l'autonomie, de la protection du droit de
l'environnement… en fait, de la protection de l'environnement, c'est que c'est
un… c'est une tâche qui implique le travail de tous, pas seulement du gouvernement,
là, de tous les acteurs, de toutes les parties prenantes. Et, en fait, ce que
la Cour suprême vient nous dire dans… sur la question de l'autonomie, de dire l'importance
que tous les paliers soient engagés, c'est justement de se dire que tout le monde
peut être le gardien de l'environnement et que tout le monde devient actif par
rapport à ça, et, pour être actif, pour pouvoir être un gardien, telle était la
vocation, en fait, de la LQE, d'amener, en fait, un plus grand élan de… pour
être gardien, bien, il faut avoir accès à l'information, il faut bien
comprendre les enjeux, et c'est exactement ce qui nous amène aujourd'hui en
cette commission… on ne comprend pas du tout. On a besoin d'information si on
veut bien protéger l'environnement.
Mme Labrie : O.K. Faire une
loi comme ça, pour suspendre l'application de tous les lois et règlements pour
une entreprise en particulier comme ça, est-ce que… Moi, je ne suis pas juriste,
vous, vous l'êtes. Est-ce que ça respecte les principes de l'état de droit, je
veux dire, à la pièce, comme ça, de suspendre tout le cadre législatif existant?
Mme Paul (Geneviève) : Bien, c'est
ce qu'on vient de dire, c'est qu'on vient dire que ça a des lourdes
conséquences parce que ça vient fragiliser le droit, parce que c'est… ça vient
aussi fragiliser la prévisibilité du droit même par rapport aux acteurs
économiques, je veux dire, parce que c'est quand même… c'est une exception,
finalement, qu'on vient faire, qu'on vient proposer. Donc, certainement, ça
fragilise puis ça… c'est vraiment important de le préserver, cet état de droit
là, puis là ce n'est pas ce que fait ce projet de loi là. C'est pour ça que je
rappelais que c'est vraiment dans l'arsenal, les outils législatifs à votre
disposition… C'est un outil lourd de conséquences. Ça crée un précédent qu'il
faut éviter.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Nous finissons la tournée avec le député des… je ne dis pas Mille-Îles,
mais des Îles-de-la-Madeleine, voilà.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci, mesdames, pour votre présentation, pour les réponses
éclairantes aussi données à mes collègues. Moi, je vais revenir sur la question
de…
M. Arseneau : ...du recours à
une loi spéciale qui est un peu, je dirais, l'arme ultime et qui vient miner un
peu le cadre législatif. Je veux aussi embarquer là-dessus parce que... C'est
quoi l'impact de créer un précédent qui s'ajoute... je ne sais pas si vous y
avez fait référence, qui s'ajoute aussi à une procédure assez similaire dans le
cas de Northvolt, par exemple. Est-ce que c'est un modus operandi que vous
voyez se développer et qui vous fait craindre pour la suite des choses?
Mme Paul (Geneviève) : Chaque
cas est différent, mais on a des... on a eu et on a des raisons de s'inquiéter
dans chacun des cas que vous mentionnez. Donc, ce n'est... là, on ne compare
pas nécessairement la même chose, mais on a certainement la même inquiétude,
c'est-à-dire que, dans les deux cas, on vient fragiliser le droit de
l'environnement au Québec. Dans le cas de Northvolt, comme vous le savez même,
on a même dû se tourner vers les tribunaux, parce qu'on est inquiets qu'il y a
eu modification d'un règlement pour permettre d'accélérer les choses,
notamment. Et je ne vous parle pas non plus, bien sûr, des impacts, là, qu'il y
a eu sur un milieu naturel d'importance, avec les résultats qu'on connaît
aujourd'hui. Donc, on a, c'est ça, fragilisé de manière différente le droit de
l'environnement au Québec. Puis là, avec un autre outil, on vient proposer de nouveau
une exception, un contournement des normes, puis ça nous inquiète profondément.
M. Arseneau : Puis quand vous
dites que vous ne voyez pas de justification à aller de l'avant si rapidement,
là, donc la justification de l'urgence vous paraît plutôt faible. Vous parlez
de transparence, d'exigence de transparence, mais est-ce que vous mentionnez
aussi qu'il faut aller chercher d'autres informations que celles qui pourraient
être disponibles au ministère? Parce que plusieurs groupes nous ont dit :
Il faut faire un peu plus de travail. Vous avez peut-être l'information que
vous ne nous divulguez pas, mais vous avez aussi d'autres informations à aller
chercher. Est-ce que c'est aussi votre point de vue?
Mme Paul (Geneviève) : Toute
information est bienvenue.
M. Arseneau : Oui, mais celle
qu'on n'a pas est-ce qu'il faudrait prendre un temps pour aller la chercher? La
caractérisation, par exemple.
Mme Paul (Geneviève) : Mais
c'est difficile pour nous de se prononcer parce que... Bien, caractérisation,
bien sûr. Là, on s'en remet aux experts, biologistes et autres qui se sont
exprimés devant vous. Mais, de manière générale, effectivement, pour pouvoir...
avec les informations qu'on a, c'est ce qu'on dit et qu'on redit, avec les
informations dont on dispose aujourd'hui qui ont été rendues publiques, on ne
comprend pas la justification de l'urgence. Ça ne nous apparaît pas justifié
que de procéder ainsi. Il n'y a pas de justification raisonnable qui a été
fournie, donc oui à plus d'information. Et si ça doit passer par des études de
caractérisation pour s'assurer qu'on respecte nos milieux naturels, bien sûr,
et les lois applicables.
M. Arseneau : Et j'imagine
qu'on pourrait juger si on a assez d'informations une fois qu'on a toute l'information
devant nous et qu'elle est accessible.
Mme Paul (Geneviève) : Exact.
C'est un prérequis essentiel, je dirais.
M. Arseneau : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, ce qui met un terme à cet échange. Je vous remercie pour la
contribution à la commission.
Nous allons suspendre quelques instants
afin d'accueillir le prochain groupe.
(Suspension de la séance à 16 h 40)
(Reprise à 16 h 46)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous poursuivons les travaux et nous recevons L'Union des producteurs
agricoles, section Outaouais et Laurentides. Alors, bonjour à vous quatre.
Alors, ça me fait plaisir de vous recevoir. Moi aussi, je suis un ancien
producteur laitier. Alors, c'est toujours plaisant de recevoir des gens de L'Union
des producteurs agricoles. Alors, je vous laisse vous présenter à tour de rôle
et aussi, par la suite, bien, partir avec votre présentation.
Mme Lemaire (Audrey) : Merci
beaucoup, M. le Président. MM. et Mmes les députés, Mme la ministre. Donc,
c'est moi qui vais avoir l'honneur de présenter mes acolytes. Donc, mon nom,
c'est Audrey-Claude Lemaire. Je suis la vice-présidente de la Fédération
régionale de l'Union des producteurs agricoles, Outaouais-Laurentides et
présidente du syndicat local de l'UPA des Basses-Laurentides. Je suis en
production laitière, céréalière et acéricole biologique à Saint-Jérôme, dans
les Laurentides.
Avec moi aujourd'hui, Philippe Leguerrier,
producteur maraîcher biologique et conventionnel à Blainville; Mme Anaïs
Thibodeau, conseillère au syndicat affilié; ainsi que Mme Marie-Pierre
Deslauriers, conseillère en communication et affaires publiques, toutes deux de
la Fédération régionale de l'UPA—Outaouais-Laurentides. Donc, merci d'abord de
nous...
Mme Lemaire (Audrey) :
...d'exposer le point de vue des producteurs et productrices agricoles
concernant le projet de loi n° 93, Loi concernant le transfert de
propriété d'un immeuble de la Ville de Blainville.
Le territoire couvert par la Fédération de
l'UPA—Outaouais-Laurentides regroupe 2 259 fermes et
3 410 producteurs. Il s'étend sur les régions des Laurentides, de
l'Outaouais, de Laval et de Montréal. L'agriculture de la fédération est à l'image
des hommes et des femmes qui en vivent, dynamique et passionnée.
Sur les 29 000 entreprises
agricoles implantées au Québec, nous comptons désormais seulement huit fermes
sur le territoire de la ville de Blainville. Cette réalité illustre l'enjeu
crucial de la protection des dernières terres agricoles de la région. Vous
comprendrez donc que le projet de loi n° 93 revêt un caractère important
pour nous et pour les agriculteurs et agricultrices qui travaillent et habitent
ce secteur.
D'entrée de jeu, le syndicat local et la
fédération reconnaissent la nécessité d'avoir un moyen efficace de traitement
et d'enfouissement des matières résiduelles dangereuses industrielles au
Québec. Nous reconnaissons également l'apport de Stablex dans le traitement des
matières dangereuses depuis plusieurs décennies, tant pour le Québec que sur la
scène nord-américaine, notamment dans un climat d'incertitude politique avec
nos voisins américains.
Cependant, nous devons questionner le
projet de loi n° 93 qui oblige la ville de Blainville à vendre un terrain
au gouvernement du Québec pour le nouvel aménagement de la cellule 6. Le
rapport du BAPE de septembre 2023 recommande de ne pas autoriser ce projet et
n'y trouve aucun avantage, autant en termes de réduction des nuisances qu'en matière
de protection des milieux naturels, si on le compare au site initial envisagé
dans le décret accordé actuellement.
Sur le chemin de la Côte-Saint-Louis à
Blainville, nous trouvons les dernières terres agricoles encore exploitées dans
la partie sud-est de la MRC de Thérèse-De Blainville. Ces parcelles,
situées à seulement 1 kilomètre au sud du site visé, sont utilisées depuis
le XIXe siècle, principalement pour la culture maraîchère en champs et en
serre. Une entreprise piscicole est également installée à proximité du site
visé. Pour ces producteurs, l'accès à une eau de qualité en quantité suffisante
est essentiel.
Les milieux humides présents dans le
secteur jouent un rôle crucial dans le stockage et la régulation des eaux de
surface et souterraines. Ils filtrent naturellement l'eau, réduisent les
risques d'inondation, favorisent la recharge de la nappe phréatique. Or, leur
dégradation, même partielle, pourrait non seulement fragiliser ces écosystèmes,
mais surtout affecter directement les activités agricoles avoisinantes.
Au-delà des impacts environnementaux, la
perception de risques associés à une zone jugée vulnérable peut engendrer des
conséquences économiques majeures pour les producteurs agricoles. La crainte
d'une possible contamination des sols ou des eaux souterraines peut dissuader
les acheteurs potentiels, rendant la vente des denrées agricoles difficile.
• (16 h 50) •
Certaines bannières et chaînes de
distribution, soucieuses de préserver leur image et de minimiser les risques
liés à leur approvisionnement, pourraient choisir de privilégier des
producteurs situés hors des zones perçues comme à risque. Cette dynamique peut
nuire à la compétitivité des entreprises agricoles locales, notamment celles
certifiées CanadaGAP ou biologiques, qui doivent respecter des normes strictes
en matière de qualité de l'eau et des sols.
À terme, l'incertitude et la perception
négative associée à ces risques environnementaux pourraient freiner les
investissements, fragiliser la rentabilité des exploitations agricoles et
compromettre la vitalité agroéconomique de la région.
L'entrée en vigueur du projet de loi
n° 93 entraînerait la destruction d'habitats naturels, la perte d'espèces
menacées et la fragmentation des écosystèmes, comme le souligne l'évaluation
écologique réalisée par la firme Habitat Naturel.
De plus, ce projet de loi va à l'encontre
des engagements de la Communauté métropolitaine de Montréal et des objectifs de
son Plan métropolitain d'aménagement et de développement. Celle-ci s'est
notamment engagée, à l'occasion de la COP15 en 2022, à atteindre la cible de
30 % de milieux naturels protégés dans le Grand Montréal d'ici 2030. Or,
seulement 22 % du territoire métropolitain bénéficierait actuellement de
mesures de protection ou de conservation.
Le projet de loi n° 93 contredit
également les orientations gouvernementales en matière du territoire, qui
encadrent les décisions publiques en matière de développement et d'utilisation
du territoire québécois. Ces orientations visent à assurer un développement
durable, équilibré et résilient des régions du Québec.
Le gouvernement du Québec affirme son
engagement envers la protection des terres agricoles, mettant de l'avant la
nécessité de limiter leur artificialisation afin de garantir la pérennité de
notre agriculture et d'assurer la sécurité alimentaire de la population.
Pourtant, l'adoption du projet de loi n° 93 risque de compromettre la
qualité des précieuses terres...
Mme Lemaire (Audrey) : ...risque
de compromettre la qualité des précieuses terres cultivables en les sacrifiant
au profit d'une activité industrielle lourde. Dans cette même logique de
préservation du territoire, les orientations gouvernementales insistent sur
l'importance de protéger les écosystèmes et les ressources en eau. Or, le projet
de réaménagement du site Stablex va à l'encontre des principes en menaçant
directement des milieux humides et forestiers pourtant visés par des mesures de
protection.
Pour permettre ce projet, il faudrait même
modifier le schéma d'aménagement et de développement de la MRC afin d'exclure
certains boisés d'une zone de conservation existante, notamment les bois et
corridors forestiers métropolitains. Enfin, la lutte contre l'étalement urbain
et la fragmentation des espaces naturels demeurent un objectif clé des
politiques gouvernementales qui visent à concentrer le développement dans des
secteurs déjà urbanisés afin de réduire la pression sur les milieux naturels.
Pourtant, le projet envisagé va à l'encontre de cette vision. Au lieu de
consolider les milieux naturels, ils accentuent leur fragmentation, rendant
ainsi leur conservation encore plus difficile à long terme.
En 2022, le gouvernement du Québec a
annoncé un investissement de 200 millions de dollars pour préserver les
milieux naturels, soulignant l'importance de leur conservation pour la
biodiversité et la résilience climatique. Toutefois, ce projet va à l'encontre
de ses engagements en favorisant la destruction des milieux naturels plutôt que
leur protection. Il est possible de changer la vocation du site visé et les
fonds sont disponibles pour y arriver. La MRC de Thérèse-De-Blainville détient
présentement un fonds de 6,4 millions de dollars destiné à restaurer et à
reconnecter les milieux naturels. Nous avons ici l'occasion de prendre une décision
alignée avec la volonté des Québécois : protéger les milieux naturels et
revitaliser un site qui pourrait jouer un rôle essentiel à l'agriculture de
notre région, plutôt que de le condamner. Nous martelons qu'il faut manger
local, et cela commence par la protection de nos terres. Notre vocation, c'est
de nourrir le monde et nous voulons le faire de la bonne façon. Pour promouvoir
l'agriculture de proximité, il faut assurément protéger les terres cultivables
en périphérie des grands centres. Trop d'éléments demeurent sans réponse
concernant l'impact réel du projet sur notre environnement et notre
agriculture.
Nous demandons que le projet de loi n° 93
soit retiré, que le réaménagement de la cellule 6 soit réévalué à la lumière
des préoccupations légitimes des citoyens et des producteurs agricoles. Il est
crucial que nous prenions des décisions responsables et cohérentes pour
l'avenir de nos terres et de notre agriculture.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Est-ce que vous avez terminé?
Mme Lemaire (Audrey) : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) : Parfait.
Alors, nous allons procéder à une période d'échange. Nous allons débuter avec
la ministre. Vous avez 16 min 30 s.
Mme Blanchette Vézina : Oui,
merci. Merci d'être là aujourd'hui. Je joins ma voix à la vôtre, M. le
Président, pour dire que c'est le fun de voir des... des membres de l'UPA, des
agriculteurs qui sont là, en commission. Merci de vous déplacer aujourd'hui.
Vous savez que le terrain convoité est
zoné industriel en ce moment, hein, vous êtes conscients. O.K. Parce que je
sais que vous avez des revendications en lien avec certaines... certains
programmes de restauration qui pourraient affecter le territoire agricole. En
tout cas, moi, j'ai entendu certains des agriculteurs, chez nous, me nommer,
là, les impacts que ça peut avoir sur les terres agricoles. Alors, j'ai une
question pour vous : Si on ne va pas sur des terrains qui sont zonés
industriels, où peut-on aller pour ce genre d'activité si ce n'est pas sur des
terres qui pourraient être des terres... Tu sais, je me dis, ça met de la
pression aussi sur les terres agricoles si on n'utilise pas les zones
industrielles pour des activités industrielles comme ce terrain-ci.
Mme Lemaire (Audrey) : Oui,
vous avez raison. C'est sûr que si dans l'exploration que vous avez fait,
j'imagine, avec le ministère de l'Environnement sur des sites potentiels à
travers le Québec, bien sûr qu'il y a certainement des zones où vous avez
identifié... qui seraient potentiellement en zone agricole, peut-être que non
aussi, je ne sais pas, je n'ai pas eu les informations en ce sens-là. Par
rapport à la revalorisation des milieux naturels, c'est sûr que c'est une
préoccupation. On ne voudrait pas que la revalorisation des milieux humides
soit faite en zone agricole. Donc, pour nous, cet endroit-là qui est zone
industrielle, c'est la chance de pouvoir revaloriser un milieu humide qui est
en zone industrielle.
Mme Blanchette Vézina : Est-ce
que vous êtes... Je ne pense pas que vous êtes allés sur le site, hein?
Mme Lemaire (Audrey) : Oui,
on a fait tout le processus...
Mme Blanchette Vézina : Sur
Orica, le terrain Orica, ça fait que vous avez vu...
Mme Lemaire (Audrey) : Oui,
en fait, je l'ai... je ne l'ai pas marché parce qu'on était en autobus, mais,
oui, on s'est déplacé, je pense, au printemps 2023, pendant les audiences du
BAPE. Puis, tu sais, moi, pour moi, c'était un terrain qui était largement...
où la nature avait repris son cours malgré les chemins qui étaient en gravier.
Il y avait, à l'époque, trois pieds d'eau...
Mme Lemaire (Audrey) : ...il
y avait vraiment beaucoup d'armes. D'ailleurs, tu sais, ça fait aussi partie de
tout ce qui est la couverture des arbres, là, dans notre territoire. Ça fait
que, oui... a des bunkers qui servent à l'entreposage de matières pour la
dynamite. Mais, tu sais, j'ai été surprise, en fait, quand que j'ai visité le
site pendant les audiences du BAPE, à quel point c'était... c'était revenu à la
nature, puis les arbres avaient poussé à part sur les chemins de gravier.
Mme Blanchette Vézina : Six
chemins, des...
Mme Lemaire (Audrey) : Bien,
les autobus...
Mme Blanchette Vézina : ...des
anciens chemins de fer. Puis, à ce qu'on nous a dit, puis là, tu sais, moi, je
ne suis pas l'experte, mais on mentionne quand même qu'il y a eu de la
contamination sur ce site-là. Tu sais, vous préféreriez... tu sais, à entendre
ce que vous me dites, on devrait réhabiliter ce terrain-là puis penser à un
autre terrain qui pourrait être une terre agricole. Je me questionne parce que,
pour moi, il est clair qu'on est... il est préférable d'utiliser des zones
industrielles pour faire des activités industrielles. De protéger du territoire,
on en est, là. Et j'ai les mêmes volontés que mon collègue de faire de la
protection du territoire. On y travaille, d'ailleurs, lui et moi. Mais... Mais,
lorsqu'on a besoin d'activité industrielle, où allons-nous, si ce n'est pas
dans les zones industrielles qui sont déjà affectées, là? C'est un milieu
entropique qui est déjà affecté par d'autres activités qui étaient... qui ont
pu avoir des contaminants, en tout cas, dans celui-là.
Mme Des Lauriers (Mariepièr) : Si
on revient à notre enjeu... Excuse.
Une voix : Tout est beau.
Mme Des Lauriers (Mariepièr) :
Si on revient à notre enjeu, c'est que le terrain aussi est à proximité de
terres agricoles. On comprend que c'est un terrain industriel, mais je pense
que la firme Habitat naturel a quand même démontré que c'était possible de le
revitaliser. On n'est pas les experts là-dedans. Eux le sont et ils l'ont fait
hier. Nous, on vous rappelle que c'est la protection de nos terres agricoles
qui sont à proximité qui est notre enjeu.
Mme Blanchette Vézina : O.K.
Si on revient à ça, tu sais : Est-ce que ce serait plus acceptable si le
terrain du gouvernement, en ce moment, qui était à 300 mètres de résidence, là,
qu'on envisage... qui n'est pas envisagé dans le projet de loi, était
réhabilité, pour vous, un ou l'autre, dans le sens où ce serait... il ne faut
pas que l'activité et des impacts sur les terres agricoles, c'est ce que je
comprends à la lecture de votre mémoire?
Mme Lemaire (Audrey) : Bien,
en fait, c'est sûr que le terrain que... utilise actuellement, pour nous,
l'enjeu majeur, c'est qu'il est à proximité de la grande tourbière de
Blainville. Donc, c'est ce que j'ai exposé dans les informations que je vous ai
lues plus tôt. C'est qu'à partir du moment où on vient déranger partiellement,
on l'espère, ou minimalement une tourbière, bien, après ça, on perd le contrôle
sur tout le reste. Donc, pour nous, le site actuel, là, qui était prévu dans le
décret était somme toute la meilleure place pour faire ce genre d'industrie là.
• (17 heures) •
Mme Blanchette Vézina : Mais
il était à 300 mètres de résidence. Nous, on considère que c'est trop proche,
considérant le nombre de camionnages ici. Là, vous dites, puis j'essaie de
comprendre votre raisonnement, là, mais qu'une fois qu'on a atteint ce
terrain-là... Comment vous avez dit ça? En tout cas. J'essaie de comprendre où
on pourrait aller d'autre. Parce qu'il y a une analyse qui a été faite. Ça
prend un sol argileux. Sol argileux égale milieu humide, donc on ne s'en
sortira pas. Et il est certain que ça va créer... il y aura des milieux humides
dans les sols argileux, à ce qu'on m'a... à ce que nous ont... on nous a
expliqué. Donc, où allons-nous?
Puis là, bien, si je vous dis : Là,
tu sais...
Une voix : C'est une
excellente question.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
c'est là où je vous amène à dire : Si ce n'est pas dans des zones qui sont
déjà industrielles, moi, je suis inquiète pour les zones agricoles. Tu sais,
s'il faut regarder ces territoires-là, puis que l'UPA a cette ouverture là, mon
Dieu, je suis surprise. Mais tant mieux s'il y a de l'ouverture, là. Je...
Mme Lemaire (Audrey) : Non,
mais, de toute façon, ce n'est pas... ce n'est pas... ce n'est pas cette
vision-là qu'on partage. Par rapport à tout ce qui est nuisance, tu sais, ça a
été démontré pendant le BAPE, il n'y avait pas de réduction significative, là,
des nuisances. Je pense que le Bureau d'audiences publiques a bien fait son
travail par rapport à l'analyse des plaintes des dernières années puis au
potentiel du site qui avait déjà été fait.
Ça a été aussi rappelé que la barrière de
300 mètres qui est présentement mis dans le décret va être respectée. Je sais
que la municipalité et les gens qui habitent le secteur ont à intérêt à ce que
la cohabitation se fasse bien.
Après ça, j'ai aussi demandé, bien, nous
avons demandé, là, justement dans le bureau d'audiences, qu'il y ait une
démarche qui soit faite après... en même temps, en fait, parallèlement à
l'utilisation de la cellule 6...
17 h (version non révisée)
Mme Lemaire (Audrey) : ...visé
par le décret, qu'on puisse se pencher collectivement sur une façon de traiter
les déchets au Québec, puis de peut-être réutiliser, en fait, tous les déchets
de l'industrie lourde. Donc, en fait, nous, on voit que c'est deux choses qui
sont en parallèle. Bien sûr que, après ça, on espère encore que notre garde-manger
ne servira pas à ce genre de projets là. Comme dans d'autres choses, la terre
agricole, ce n'est pas une place où on peut dire : C'est en attendant que.
Ça fait que ça, c'est sûr que, pour nous, on ne partage pas cette vision-là,
bien sûr.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
nous non plus, là, tu sais, c'est pour ça qu'on va sur un... puis le projet de
loi vise un terrain qui est déjà industriel. Bien sûr, toute activité
industrielle de gestion, de manière sécuritaire, des déchets doit se faire
quelque part. Au gouvernement, on pense que c'est le meilleur endroit avec le
moins d'impact négatif, bien qu'on le sait qu'il y aura des impacts négatifs.
Puis là, bien, je veux vous amener puis
vous entendre sur quel serait... Si le site fermait et qu'il y a de l'entreposage
non sécuritaire de déchets, moi, j'imagine que ça vous inquiète que la gestion
des matières résiduelles puisse contaminer les cours d'eau, par exemple, parce
qu'une entreprise ou une ville n'a plus la possibilité de pouvoir entreposer ou
gérer ses déchets dangereux de manière sécuritaire. J'aimerais vous entendre
sur cet aspect-là, les impacts que ça peut avoir sur les terres agricoles
environnantes.
M. Leguerrier (Philippe) : Bien,
dans le fond, tu sais, le but, là, dans le fond, c'est, le terrain Orica, là,
quant à moi, là, il devrait rester parce qu'il est en plein milieu de la
tourbière. Le site de Stablex, là, il est... oui, il y a des milieux humides, je
comprends qu'il y a des milieux humides, mais tu laisses... Déjà le... Stablex,
il a tout eu, déjà là, dans les 40 dernières années pour régler le
problème, justement, qu'il y avait des... de la contamination un peu partout
sur le territoire. Je comprends... je comprends pourquoi que ça a été fait.
Mais il y a une chose, par exemple, si on va déplacer la cellule chez Orica, c'est
en plein milieu d'une tourbière. Là, ça ne fragmenterait pas la tourbière parce
que le site de Stablex, là, il est déjà... déjà là aujourd'hui, là, il est
détruit à 50 %, 60 % par la terre de la cellule 5.
Ça fait que moi, ce que je vois, c'est que
dire... c'est... c'est... comment je dirais, ce n'est pas inacceptable. Moi, je
trouve que ça serait inacceptable d'aller le mettre en plein milieu d'un milieu
humide, dire... la solution qui serait acceptable, ce serait de dire : On ne
fragmente pas, le terrain de Stablex, on ne le fragmente pas, on continue aux
alentours, mais ça prend une commission pour essayer de voir qu'est-ce qu'on
peut faire dans les prochaines années pour nos enfants, parce que c'est nos
enfants qui vont avoir de quoi à gérer par rapport à ce projet-là.
Mme Blanchette Vézina : Mais,
si on ne faisait rien... Moi aussi, je suis maman de deux enfants, là, tu sais,
je ne viens pas ici aujourd'hui pour leur laisser un environnement qui est
moins, qui est moins bon. Ça fait que, tu sais, c'est certain qu'il y a une
décision qui doit être prise pour la gestion des matières résiduelles. L'activité,
en ce moment, qui est faite sur le site de... qui est projeté, là, d'Orica, est
déjà industrielle, l'entreposage de... de... ce n'est pas des munitions, là, c'est
du... des explosifs, écoutez, il y a déjà de l'affectation, sur ce terrain-là,
industrielle. Donc, pour nous, il est clair que c'est le moins pire des
territoires. Puis on doit prendre une décision de gestion sécuritaire de nos
déchets industriels, nos déchets municipaux.
Donc, je vous repose la question : Si
ce n'est pas sur des terrains industriels, quels seraient-ils? Puis l'autre
cellule, elle est... tu sais, c'est nommé par certains citoyens, là, qu'il y a
une pétition qui circule, qui ne veulent pas non plus que ce soit derrière leur
quartier résidentiel. Donc, on mitige les dommages. Ce n'est pas une décision
qui est facile à prendre, mais on va là où on croit qu'il y a le moins d'impact
autant sur l'environnement, que sur les citoyens de Blainville, que sur les
terres agricoles. Parce qu'on ne voudrait pas non plus devoir aller envisager d'autres
secteurs.
M. Leguerrier (Philippe) : L'impact,
oui, et je comprends l'impact, là, sur les citoyens. Je comprends l'impact. Il
y a une chose, je crois, qui est bien importante, en mettant un projet de loi
comme ça, c'est dire : On va vous le mettre dans la bouche, c'est là que ça
va. On a déjà une cellule 6 qui est... qui est acceptée. Est-ce qu'on peut
dire : On vous donne la moitié? Il y en a... il y a 50 % à 60 %
qui est déjà détruit. Est-ce qu'on serait capable de dire...
M. Leguerrier (Philippe) :
…qu'il est déjà détruit. Est-ce qu'on serait capables de dire : On prend
une moitié de cellule, on vous donne une moitié de cellule, on vous donne
l'acceptation, mais il faut vraiment remanier une commission, un BAPE
générique, peu importe, bien, dire : Il faut s'attaquer à la quantité de
déchets? Qu'est-ce qui est importé? Qu'est-ce que… Tu sais, c'est quoi qu'on
enfouit, tu sais, ça vient d'où? On le sait-tu? Est-ce qu'on le sait? On est-tu
capables de le dire précisément, il y a tant de tonnes qui vient de la ville de
Québec, il y a tant de tonnes qui vient de la ville de Montréal, il y a tant de
tonnes qui vient de la ville de Blainville? Sûrement que c'est un de leurs
clients aussi. Tu sais, je pense qu'il y aurait matière à réflexion en tant que
citoyen et en tant que… voyons, en tant que gouvernement. Je crois qu'il faut
mettre nos culottes puis dire : Ça va prendre une commission.
Mme Blanchette Vézina : Merci
de votre commentaire. On met nos culottes. Je vous disais, on a tenté beaucoup
de choses, puis je sais que vous n'avez pas nécessairement l'historique des
discussions depuis de nombreux mois avec la ville de Blainville pour trouver
des solutions. Malheureusement, on en est là aujourd'hui. Je ne veux pas
reprendre votre expression, mais je pense qu'on prend une décision. Ce n'est
pas facile à prendre, mais c'est la décision responsable.
J'ai une question pour vous parce que,
dans votre rapport, vous mentionnez… ah! c'est le rapport au BAPE, vous
mentionnez qu'il y a eu un laxisme du MELCCFP, du ministère de l'Environnement,
mais je tiens seulement à vous mentionner, là, qu'il est intervenu… Il y avait
eu 90 appels, à Urgence-Environnement, qui avaient été faits, 71 inspections de
terrain qui ont été faites hors site. Il y a vraiment des suivis qui ont été
faits depuis 2015, entre 2015, 2024. Je voulais savoir si vous étiez au courant
des interventions, donc, de nombreuses interventions. Puis on me dit qu'il n'y
a pas eu de manquement récemment, là, dans les dernières années. Donc, les
inspections sont satisfaisantes, pour le ministère de l'Environnement. Donc,
j'aimerais savoir si vous étiez au courant et si vous êtes satisfaits, bien
sûr, du fait qu'il n'y a pas de risque, en tout cas, identifié…
M. Leguerrier (Philippe) :
Bien, pourquoi que, dans le mémoire, il y a un… c'est marqué comme quoi qu'il y
a un laxisme, bien, c'est qu'entre… vous dites, entre 2015 et…
Mme Blanchette Vézina : …des
inspections de terrains, oui.
M. Leguerrier (Philippe) :
2015 à 2024, bien, il y a eu des inspections, mais c'est tout été des
inspections virtuelles. Ça a été mentionné au BAPE. Suite à la visite qu'on a
faite, dans l'autobus, pour le BAPE, des deux sites, on est allés chez Stablex,
on est allés au site Orica, moi, j'ai posé une question au BAPE si le… J'ai
posé la question à M. Zayed, s'll pouvait poser la question au ministère de
l'Environnement, s'il était au courant que la cellule 5, présentement, elle
n'avait pas de côté, s'il était capable de voir, là, s'il y a quelqu'un qui
était déjà au courant, puis la réponse a été : Non, il n'y a personne d'au
courant. Puis, finalement, c'est Stablex qui a répondu à la question, qui a
dit : Ça a été accepté en 2005. Ça fait que, là, c'est comme… dans le
laxisme qu'on voit, c'est que, d'un côté… d'un côté, on dit… on nous dit qu'on
est protégés, puis, de l'autre côté, ils ont fait des visites virtuelles, puis,
au final, le ministère n'est même pas au courant de la conception actuelle de
la cellule 5. Là, c'est là que je me pose des questions.
• (17 h 10) •
Le Président (M. Schneeberger) :
On a 15 secondes.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
simplement mentionner que nous, on a l'information qu'il y a vraiment des
inspections terrain qui ont été faites, là, notamment en 2024, si je ne me
trompe pas, donc, récemment. Là, peut-être qu'il y a eu aussi des inspections
virtuelles, là, mais j'ai l'information qu'il y a eu des inspections…
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Nous allons maintenant du côté de l'opposition officielle, et j'entends la
députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci beaucoup à
vous tous pour votre présence et votre présentation. M. Leguerrier, vous êtes
producteur maraîcher. Qu'est-ce que vous produisez?
M. Leguerrier (Philippe) : Je
produis des carottes, des betteraves, des carottes conventionnelles et des
carottes biologiques.
Mme Dufour : Du biologique.
Pourquoi vous vous êtes installé… Pourquoi votre terre, elle est là? Est-ce que
c'est une bonne terre agricole?
M. Leguerrier (Philippe) : Bien
oui, c'est une bonne terre, puis, tu sais, moi, je suis producteur depuis cinq
générations. On est là, la famille Leguerrier, sur la côte Saint-Louis, depuis
1856. Ça fait que, tu sais, on était là… on était là avant Stablex.
Mme Dufour : Et puis vous
allez peut-être être là même après Stablex.
M. Leguerrier (Philippe) : J'espère.
Mme Dufour : Oui, mais on en a
besoin parce qu'on en a besoin…
Mme Dufour : ...nourrir, puis
on a besoin de carottes, en particulier, c'est bon pour les yeux, qu'on dit.
Donc vous, l'inquiétude que vous avez, actuellement, là, par rapport à vos
terres, c'est quoi exactement?
M. Leguerrier (Philippe) :
C'est l'eau, l'enjeu de l'eau. Tu sais, en agricole, déjà là, on nous
demande... on nous demande des certifications, tu sais, des permis. On est en
train de discuter pour avoir, justement, plus de permis à obtenir pour être
capables de pomper de l'eau. Mais, tu sais, mon enjeu, là, c'est vraiment
l'eau. Puis tu sais, c'est ironique parce que, tu sais, tu regardes, en 2020,
là, on a eu une sécheresse, bien, il y a plein de monde, il y a plein
d'agriculteurs qui ont manqué d'eau. Moi, je n'en ai pas manqué. Puis, à l'inverse,
en 2023, on a eu des excès d'eau. Bien, oui, on a eu des excès d'eau, mais ça
s'est tout géré par la tourbière. La tourbière, c'est la plus belle place. Si
on va la fragmenter, je pense qu'on... Déjà là, juste la fragmenter en plein
milieu, on va aller pomper de l'eau, puis, d'après moi, c'est que ça va
baisser, justement, les niveaux de la tourbière. Moi, je veux juste, comme,
prévenir que c'est un très gros enjeu pour nous. Surtout que l'eau, toute l'eau
que je prends, ça vient de la tourbière.
Mme Dufour : O.K. Donc, vous
êtes connectés directement, là, l'eau...
M. Leguerrier (Philippe) :
Bien, toutes nos sources d'eau sont...
Mme Dufour : C'est ça, c'est
les sources, parce que ça...
M. Leguerrier (Philippe) :
...sont à proximité.
Mme Dufour : C'est ça, parce
que ça passe en souterrain. Donc, s'il y a un impact en dessous de la
tourbière... Parce qu'hier il y avait un groupe, je pense que c'est Eau
Secours!, qui nous mentionnait le risque d'effondrement de la section, en
dessous de l'argile, qui est de l'eau...
M. Leguerrier (Philippe) : Ça,
ça serait en sécheresse.
Mme Dufour : C'est ça. Ça
fait que, si... Parce que, dans le fond, c'est ça, si elle se vidait,
s'asséchait, avec les 22 mètres de haut de... tu sais, que la cellule est
supposé d'avoir, l'eau ne percolerait plus, donc ça s'assécherait dans le sol
et là ça pourrait s'écraser. Ça fait que ça, pour vous, ça serait quoi, si ça
arrivait, comme impact?
Mme Lemaire (Audrey) : Bien,
en fait, je peux répondre à la question puis je vais faire le pont avec ce qui
était discuté par rapport aux tourbières. C'est qu'en fait, peu importe ce qui
peut arriver, que ce soit, comme vous le mentionnez, là, un effondrement
quelconque ou une perturbation du milieu... Je peux imaginer... imager, en
fait, ce qu'est une tourbière, là, c'est que c'est comme un poumon, en fait.
Donc, Philippe, non, il n'est pas... il n'a pas de canalisation qui serait
directement dans la tourbière, c'est que la tourbière agit comme poumon pour
l'ensemble des aquifères qui vont se trouver autour, ça fait que pour les
ruisseaux, pour les eaux souterraines, pour les puits. Puis c'est un poumon,
pas juste pour les producteurs agricoles, pour toute la communauté qui est
alentour.
Donc, Philippe l'a mentionné tantôt, en
2020, il n'a pas été impacté par la sécheresse, en 2024, il n'a pas été impacté
par les surplus d'eau, bien, c'est grâce au poumon que la tourbière nous
amenait. Puis, si on fragmente ou on brise quoi que ce soit dans tout cet écosystème-là,
bien, pour Philippe puis les producteurs qui sont autour, bien, c'est des
pertes d'une valeur inestimable, c'est des millions de dollars, puis pour la
communauté, bien, c'est aussi une perte. C'est difficile de chiffrer la valeur
économique d'un écosystème, mais je pense qu'on est capables de peut-être le
faire en calculant sommairement qu'est-ce qu'on perdrait puis comment ça
pourrait coûter, toute la gestion des eaux puis des surplus d'eau. Parce que,
les changements climatiques, on est les premiers à les vivre.
Mme Dufour : Oui, tout à
fait. Puis, lorsque vous n'avez pas vécu la sécheresse et moins vécu les
inondations, bien, vous n'avez pas eu besoin, j'imagine, d'avoir recours à
l'assurance de La Financière agricole, contrairement à d'autres
agriculteurs?
M. Leguerrier (Philippe) :
Oui, on a quand même eu de l'assurance récolte, là. On s'entend, les cinq
dernières années, les conditions climatiques ont été quand même extrêmes. Mais,
quand tu dis que, d'une sécheresse, tu ne manques pas d'eau, je pense que ça,
c'est significatif, là, la réponse est là. C'est notre poumon, la... — voyons! — la
tourbière.
Mme Dufour : Et qu'est-ce qui
arriverait, si ce poumon-là était contaminé? Parce que, là, on a entendu aussi
que l'argile qui est là, présentement, serait peut-être contaminée, et, si elle
était déplacée, ça pourrait libérer des éléments dans l'atmosphère mais aussi
dans l'eau. Et le lixiviat, aussi, une fois que la cellule, elle est créée, ça
peut s'écouler dans le sol, même si c'est drainé, on a vu, il y a des endroits
où il y a des contaminations. Donc, pour vous, si c'était contaminé, ce
poumon-là, qu'est-ce qui arriverait pour vous?
Mme Lemaire (Audrey) : Bien
là, vous énoncez quelque chose de catastrophique. Parce que juste la perception
d'une contamination, c'est déjà beaucoup. Donc, s'il y avait contamination, ce
serait catastrophique. La perception, aujourd'hui, avec les grandes bannières,
c'est quelque chose qui est quand même, on en a...
Mme Lemaire (Audrey) : ...puis
des cas dans la... dans les Laurentides. Donc, l'Association des producteurs
maraîchers sait de quoi elle parle quand elle dit que les grandes bannières
aujourd'hui sont frileuses. C'est des grandes entreprises, il n'y en a plus
beaucoup comme acheteurs, puis juste avoir l'apparence d'un produit qui
pourrait être contaminé, mais ça peut mettre à risque toutes les ventes de la
ferme.
Mme Dufour : Donc, ça n'a pas
besoin d'être contaminé pour vous affecter.
Mme Lemaire (Audrey) : Exactement.
Mme Dufour : C'est juste
qu'il y ait un risque de contamination pour que ça puisse vous affecter.
Mme Lemaire (Audrey) : Tout à
fait.
Mme Dufour : Et puis là, on
parle... comment ça peut vous affecter économiquement.
M. Leguerrier (Philippe) : Dans
le fond, il y a la... J'ai une certification, moi, CanadaGAP, puis la
certification au CanadaGAP, dans le fond, ça gère les risques de contamination
possibles. Puis je sais qu'il y a un producteur qui a passé dans les journaux
en même temps que le BAPE, là, dans les mêmes eaux, là, puis il perdait des
100 000 $ par jour de ventes juste à cause qu'il y a eu un soupçon. Et
finalement, il y a... sa... le temps que... le temps que les certificateurs
reviennent puis qu'ils s'expliquent et compagnie, comment ça s'est passé? Bien,
dans le fond, il a perdu je ne sais pas combien de 1 000... de 1 000 $, de
100 000 $. Mais finalement il a été blanchi, il a été capable de ravoir
sa... sa certification. Mais c'est quoi que ça donne comme message, par exemple,
à ses clients? Puis... puis... Hein?
Une voix : Ton légume, il
n'est pas éternel.
M. Leguerrier (Philippe) : Non,
c'est ça puis le légume, il n'est pas éternel, là. Tu sais, on ne peut pas
garder ça... on ne peut pas garder ça des années, des légumes, là. Il faut...
faut... C'est ça, il est là le... il est là le... le nœud des certifications.
Mme Dufour : Et c'est... Vous
avez dit 100 000 $ par jour de pertes?
M. Leguerrier (Philippe) : Oui,
c'est un gros producteur par exemple.
Mme Dufour : C'est... c'est
gigantesque.
M. Leguerrier (Philippe) : Oui.
Mme Dufour : Vous êtes...
vous avez dit que vous êtes la norme CanadaGAP. C'est quoi les... les critères
pour avoir cette... cette certification-là?
M. Leguerrier (Philippe) : Cette
certification là, les critères, bien, dans le fond, un producteur de légumes,
emballeur, les... les... les transformateurs, je pense qu'il l'a... la
transformation aussi, ils l'ont. Puis dans le fond, bien, c'est juste d'être
capable de gérer les risques. Mais je n'ai pas posé la question à un... aux
certificateurs, mais j'aimerais bien ça poser la question, dire : Déjà là,
aujourd'hui, est-ce que.... est-ce que... Tu sais du côté du ministère de
l'Environnement, on me certifie qui... on me certifie que non, il n'y a pas
aucun problème par rapport à ta certification. Mais est-ce qu'il y a un jour où
il y a quelqu'un qui va poser une question puis que finalement ça va me
revenir... ça va... ça va m'affecter? Moi, c'est ça, là, j'ai peur, j'ai peur
de tout ça, là.
Mme Dufour : Donc, vous êtes
vraiment inquiets, là, actuellement, avec ce projet de loi là.
M. Leguerrier (Philippe) : Oui,
oui.
Mme Dufour : Et donc pour
vous, la solution, j'ai compris, là, c'est l'autre site. Vous n'avez pas ce
même risque de contamination là si ça va sur l'autre site, celui qui était
prévu depuis 40 ans?
• (17 h 20) •
M. Leguerrier (Philippe) : Dans
le fond, là, c'est plus pour la logique... la logique de tout, là. Pourquoi je
dis que l'autre site... l'autre site, tant qu'à moi, là, un ou l'autre, il y
a... les deux ont des risques, ils ont toujours des risques. Moi, je crois que
dire on ne le fragmente pas puis on le met à la suite de l'autre, ça devrait
rester semi-statu quo. Mais moi, dans ma tête, en tant que citoyen, il faut
absolument qu'on soit capable de dire qu'est ce qu'on fait dans 20 ans
avec nos déchets. Est-ce que, dans 20 ans, on va continuer encore la même
affaire? C'est le statu quo. Moi, c'est là... c'est là que ça me dérange. C'est
parce qu'on peut bien dire on prend le projet de loi n° 93, on accepte ça,
puis dans... en 2065, mais on pense qu'en 2065 on va se rendre. Mais si c'est
en 2045 qu'on serait rendus, elle est pleine, puis il faut encore la solution.
On va-tu encore prendre la baguette magique puis dire : Bien là, prenez le
terrain qui est à 300 mètres des maisons? C'est c'est là que moi, je
m'arrête puis je me dis : En tant que citoyen, là, je crois qu'il faut
absolument qu'on... qu'on enclenche une discussion. Puis il y a sûrement des
experts qui sont capables de répondre aux questions. Moi, je ne suis pas expert
en... en matières dangereuses, mais je pense qu'il y a quelqu'un qui devrait
être capable de nous éclairer et d'aller un petit peu plus loin dans le
processus... dans le processus de société qu'on qu'on vit aujourd'hui.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Mme Dufour : Vous n'êtes pas
expert, mais vous connaissez votre domaine.
Le Président (M. Schneeberger) : On
n'a plus de temps.
Mme Dufour : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci.
Alors, nous allons du côté de la députée de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Vous avez parlé de nombreux risques que vous vivez comme... comme
entrepreneur...
Le Président (M. Schneeberger) : ...députée
de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Vous avez parlé de nombreux risques que vous vivez comme
entrepreneur, hein, vous aussi, vous êtes... vous avez des entreprises, des
risques avec les événements climatiques, avec les perceptions de contamination.
Vous avez parlé de l'effet régulateur de la tourbière puis à quel point c'est
important pour réduire d'une certaine manière certains risques. Là, en ce moment,
ce qu'on voit, c'est un gouvernement qui a décidé de répondre aux besoins d'une
entreprise qui exprimait elle-même vivre certains risques, risques de
poursuites judiciaires, risques que ça coûte plus cher à ses clients si ça
allait sur ce terrain-là plutôt qu'un autre, etc. Vous, comment vous vous
sentez comme entrepreneur de voir que le gouvernement est tellement sensible
aux arguments de risques d'une entreprise par rapport à vous, tout ce que vous
vivez comme producteur?
Mme Lemaire (Audrey) : Bien,
c‘est sûr que, dans ce dossier-là, je vous dirais que... tu sais, puis je pense
qu'au Québec les entreprises ont... sont... tu sais, les gens au gouvernement
sont à l'écoute de la plupart des entrepreneurs puis de bien faire les choses.
Il y a effectivement plein de règles strictes au ministère de l'Environnement,
que des fois nous mettent des documents puis plusieurs trucs à vérifier avant
d'agir en agriculture, en tout cas pour le terrain qu'on connaît. Mais c'est
plus au niveau de l'entrepreneuriat de Stablex que j'aurais peut-être quelque
chose à adresser. Tu sais, je trouve que depuis que le BAPE est sorti en 2023,
il y a... on dirait qu'il n'y a pas de plans b qui ont été élaborés. Puis, en
tout cas, moi, j'ai ce style-là d'entrepreneuriat, c'est que je n'ai jamais
juste un plan quand je décide de quelque chose. Donc, je trouve ça dommage
qu'il n'y ait pas eu de plan b. J'entends qu'ils ont été voir ailleurs, mais
j'ai l'impression que ça a été facile de trouver que c'était ça, puis le plan
de la cellule numéro six qui était dans le décret ne soit pas utilisé, puis
qu'en parallèle à ça on choisisse de faire autre chose, de faire différemment.
Donc, c'est peut-être le seul reproche que j'aurais.
Mme Labrie : Ça fait que vous
trouvez que c'était quand même leur responsabilité comme entreprise de
réfléchir à différents scénarios. Eux autres, ils ont des clients, ils savent
qu'ils ont des besoins de terrain, éventuellement. C'était leur job de se
trouver un terrain pour répondre à ces éventuels besoins là de croissance de
leur entreprise.
Mme Lemaire (Audrey) : À
100 %.
Mme Labrie : Pas celle du
gouvernement.
Mme Lemaire (Audrey) : Le
gouvernement, je pense qu'ils sont un pont entre les citoyens et ce qui se
passe sur le territoire.
Mme Labrie : Puis, en ce
moment, le devoir du gouvernement, c'est, comme vous l'avez mentionné,
d'assurer un état des lieux, là, de la gestion des matières dangereuses puis
une planification, là, sur le long terme, là, sur plusieurs décennies de ça va
être quoi ces besoins-là puis comment on va les gérer. Ça, c'est la
responsabilité du gouvernement.
Mme Lemaire (Audrey) : Bien,
en fait, oui, je pense que le gouvernement pourrait participer activement,
qu'ils... comme ils ont participé dans pleins de dossiers qui... comme on a
mentionné, là, toutes les OGAT, puis tout ça, je pense que le gouvernement a
intérêt à participer à avoir justement des commissions, des bureaux, peu
importe, là, le label qu'il faut utiliser pour ce genre de commissions là. Mais
c'est surtout que je pense qu'il faut mettre en place puis peut-être mettre
ensemble plein de gens qui vont avoir des différences, des façons innovantes,
des façons... à faire en sorte qu'on va voir la gestion des matières
résiduelles dangereuses d'une autre façon. On est au Québec superbon là-dessus,
là, il reste à mettre la colle pour qu'on en arrive à quelque chose.
Mme Labrie : O.K. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. C'est terminé. Alors, nous allons du côté du député des
Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. J'ai cru comprendre que vous avez assisté et même participé aux
auditions du Bureau d'audiences publiques en environnement sur le dossier, de
façon attentive. Vous avez parlé d'un autobus. Vous êtes allés visiter les
sites. Quand on regarde ce processus-là, qui s'est étalé quand même sur
plusieurs mois, quand vous avez pris connaissance des conclusions du BAPE, puis
qu'on regarde aujourd'hui où on en est rendus, je ne veux pas mettre de mots
dans votre bouche, mais, tu sais, si je fais un parallèle par exemple, avec la
CPTAQ, quand il y a une décision de rendue, quand on est dans le monde
agricole, bon, tu sais, on peut être d'accord ou pas d'accord, mais,
habituellement, la décision du tribunal administratif, elle est exécutoire,
puis on va de l'avant.
Qu'est-ce que ça vous dit sur le processus
qu'on a suivi? Le BAPE a émis ses recommandations. Puis je fais un peu de pouce
sur ce que vous venez de dire. C'est comme si l'entreprise avait dit :
Maintenant que le BAPE n'est pas d'accord avec la proposition, nous allons tout
faire pour contourner la recommandation du BAPE et convaincre le gouvernement
de ne pas retenir ses recommandations. Est-ce qu'il y a deux poids, deux mesures,
ou je ne sais pas? Comment vous vous sentez par rapport à ça?
Mme Lemaire (Audrey) : Bien,
j'entends ce que vous dites. Effectivement, je ne prendrai pas les mots... je
ne répèterai pas, effectivement, la même chose...
M. Arseneau : ...Bien, je vais
la poser autrement.
Mme Lemaire (Audrey) : Non
mais...
M. Arseneau : Est-ce que vous
vous attendiez que les recommandations soient suivies? Puisque le BAPE a fait
son travail, vous y avez participé de bonne foi, la conclusion est claire, on
dit : Bien, maintenant, c'est réglé? Vous êtes ici, deux ans plus tard, à
dire : Bien là, il faut continuer de ce débat.
Mme Lemaire (Audrey) : Exact.
Tout à fait. Puis, en fait, tu sais, les agriculteurs, quand qu'on a ce genre
de dossier là qui se présente sur notre territoire, bien, assurément qu'on se
présente au Bureau d'audiences publiques, parce qu'on... en quelque sorte, on
est les protecteurs du citoyen. Philippe l'a dit tantôt, ils sont sur les
terres de Blainville depuis 1850 puis ils risquent d'être là après. On est les
premiers à voir ce qui se passe sur le territoire puis on est les premiers à le
vivre aussi. Ça fait que, de prendre part à ça, pour nous, c'était d'un
naturel. C'est le deuxième BAPE que je faisais à titre de présidente de l'UPA
des Basses-Laurentides. J'en avais fait sur le site de Waste Management. Donc,
pour moi, tu sais, participer activement là-dedans, faire le tour, aller voir
ce qui se passe, effectivement.
Quand que la décision est sortie en
septembre 2023, effectivement, je ne suis pas sans cacher que pour nous,
c'était... c'était presque une victoire. On s'attendait à ce que le ministre de
l'Environnement agisse en ce sens. On a demandé plusieurs rencontres, à
l'automne, qui ont suivi, sans réponse, sans suivi. Puis aujourd'hui, bien, on
est ici, on est ici encore pour rappeler que, bien, protéger tout ça, pour
nous, c'était important pendant le BAPE puis ce l'est encore aujourd'hui.
M. Arseneau : C'est tout à
votre honneur d'y être encore. Merci.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, ce qui met un terme à nos échanges. Alors, je vous remercie
pour votre apport à la commission.
Nous allons suspendre quelques instants
afin d'accueillir le dernier groupe de la journée.
(Suspension de la séance à 17 h 29)
17 h 30 (version non révisée)
(Reprise à 17 h 37)
Le Président (M. Schneeberger) :
Alors, nous reprenons les travaux. Nous recevons le dernier groupe de cette
journée. Alors, bonjour à vous deux. C'est le groupe Englobe. Alors, je vous
laisse vous présenter et, par la suite, enchaîner avec votre mémoire ou
présentation.
Mme Lalumière (Catherine) : M.
le Président, Mme la ministre et membres de l'Assemblée nationale, bonsoir.
Tout d'abord je me présente, Catherine Lalumière, détentrice d'un baccalauréat
en biologie et d'une maîtrise en administration des affaires. Je suis à l'emploi
d'Englobe depuis août 2016 et j'occupe le poste de directrice du centre d'opération
Études environnementales et changements climatiques.
M. Blanchet (Jacques) : Alors,
est-ce que vous m'entendez bien? Oui?
Le Président (M. Schneeberger) : Très
bien.
M. Blanchet (Jacques) : Parfait.
Alors, M. le Président, Mme la ministre, membres de l'Assemblée nationale, mon
nom est Jacques Blanchet. Je suis ingénieur en hydrogéologie et membre de l'OIQ.
Je détiens une maîtrise en hydrogéologie des contaminants. J'ai une trentaine d'années
d'expérience. Et je vais accompagner Mme Lalumière en ce qui a trait aux
questions et aux aspects qui peuvent toucher l'hydrogéologie dans cette
présentation.
Le Président (M. Schneeberger) : On
vous écoute.
Mme Lalumière (Catherine) : Donc,
parfait, je débute. Merci. Donc, toujours au sein de firmes de consultants, là,
j'ai travaillé dans le domaine de l'évaluation environnementale depuis le tout
début de ma carrière en 2007, il y a près de déjà maintenant de 18 ans. J'ai
activement participé à près d'une vingtaine d'études d'impact sur l'environnement,
à plus d'une quarantaine d'évaluations environnementales, à plusieurs suivis
également, notamment dans les domaines de l'énergie, des mines, du transport,
de l'industrialo-portuaire. Mon expérience et mon expertise, là, m'ont permis
de prendre des rôles de direction et de coordination de projets de nature
variée et qui incluent l'intégration d'études d'impact qui respectent la
procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement qui est
prévue à la Loi, là, sur la qualité de l'environnement. J'ai également réalisé,
là, des études d'impact, conformément aux lignes directrices, là, sur l'évaluation
des effets environnementaux en vertu de la Loi sur l'évaluation d'impacts au
Canada.
Quant à Englobe, une petite présentation
de la firme, ici. Elle représente l'un des plus grands groupes, là, dans le
domaine des sols, des matériaux, de l'environnement au Canada. Elle occupe une
large gamme de services intégrés qui s'appuient sur les principes de
développement durable. Fondée au Canada il y a plus de 50 ans, l'entreprise compte
environ 3 000 ingénieurs professionnels, techniciens et personnel de soutien
technique, qui sont répartis dans 50 bureaux au Canada. L'équipe d'experts d'Englobe
rassemble donc parmi les spécialistes les meilleurs au Québec, qui analysent,
qui rendent accessibles les plus récents développements technologiques en
matière d'environnement. Ils sont à même de faire bénéficier les gouvernements,
les organismes paragouvernementaux, les municipalités et les sociétés privées
de leurs vastes connaissances.
L'équipe d'experts d'Englobe est composée
notamment d'ingénieurs, de géologues, de géographes, d'hydrogéologues, de
biologistes, d'agronomes, de chimistes, de techniciens. Ces experts sont bien
au fait des incidences découlant des récentes révisions réglementaires en tout
ce qui touche l'environnement, mais surtout, les ont appliquées, là, dans des
contextes de projets concrets, l'expérience qui découle de la participation à
plusieurs projets d'autorisations ministérielles déclenchant, notamment, la
réglementation encadrant les interventions dans les milieux humides et
hydriques. Donc, on peut penser au REAFIE, au Règlement sur les activités dans
les milieux humides, hydriques et sensibles ou le Règlement sur la compensation
pour l'atteinte aux milieux humides et hydriques... sont vraiment des
connaissances, là, sur... des documents sur lesquels, là, les différents
spécialistes s'appuient. L'influence de ces changements réglementaires est non
négligeable sur le développement d'un projet, et ces changements doivent être
pris en compte dès la réalisation d'une étude d'impact, pour éviter ou limiter
certains de ceux-ci, ainsi que pour proposer des mesures d'atténuation plus
adaptées.
• (17 h 40) •
Donc, dans le contexte de cette
commission, je tiens à préciser la portée du mandat qui a été confié à Englobe
par Stablex Canada en 2014-2015. Ce mandat consistait à réaliser l'étude d'impact
sur l'environnement du projet de réaménagement de la cellule 6, dont il est
question aujourd'hui. J'ai pris la charge de ce projet dès mon entrée en poste
chez Englobe, à la fin de l'été 2016. À ce moment, les activités qui avaient
déjà été réalisées comprenaient les inventaires du milieu naturel, et ce, tant
sur le terrain qui était visé par le décret délivré en 1996, et propriété du
gouvernement du Québec, que celui de la ville de Blainville. Des spécialistes d'Englobe
et de Norda Stelo ont participé à ces inventaires floristiques et fauniques
exhaustifs en 2015 et 2016, et deux rapports de caractérisation distincts ont
été produits et rendus disponibles aux annexes III et IV du volume II de l'étude
d'impact.
Depuis 2016, Englobe a réalisé les
activités suivantes, comme prévues à la procédure d'évaluation et d'examen des
impacts sur l'environnement. Il y a eu d'abord la production de l'étude d'impact
elle-même, jusqu'à son dépôt en novembre 2020. La participation aux activités
de préconsultations, qui ont été encadrées...
Mme Lalumière (Catherine) :
...un tiers externe spécialisé est embauché par Stablex pour ce type d'activité
en 2019; le support, lors des réponses aux deux séries de questions et
commentaires du ministère de l'Environnement, de la Lutte contre les
changements climatiques, de la Faune et des Parcs, incluant une mise à jour de
la description du projet et des impacts découlant, et ce, jusqu'à l'avis de
recevabilité qui a été publié le 18 janvier 2023; la participation active
à titre d'experts, lors de la séance d'information publique du Bureau
d'audiences publiques sur l'environnement, donc le BAPE, et les audiences publiques
qui en ont suivi.
L'étude d'impact qui a été réalisée par
Englobe pour ce projet répond donc à la directive qui a été émise par le
ministère de l'Environnement, conformément à la procédure d'évaluation et
d'examen des impacts sur l'environnement. Elle inclut : une description
détaillée du projet de réaménagement de la cellule 6 qui a été conçu par
une autre firme; une description des mesures qui ont été mises... qui sont
prévues être mises en œuvre par Stablex pour le suivi de ses engagements communautaires
et environnementaux; le détail du milieu récepteur; l'évaluation des enjeux qui
étaient associés au projet; une présentation de la méthodologie employée pour
évaluer les impacts sur l'environnement; ainsi qu'une description des mesures
d'atténuation qui sont proposées. On y présente également un plan des mesures
d'urgence ainsi qu'un plan de surveillance des travaux et de suivi
environnemental, comme l'exige la directive. Enfin, un chapitre fait état des
principaux risques du projet liés aux changements climatiques.
L'ensemble des études qui ont été
produites par Englobe mais également par tous les autres mandataires de
Stablex, dans le cadre de la procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur
l'environnement, sont disponibles et rendues publiques sur le registre
d'évaluation environnementale du ministère de l'Environnement, de la Lutte
contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
Donc, en se basant sur les études
spécialisées et sur les préconsultations, il a été possible de faire ressortir
les principaux enjeux qui ont été identifiés à l'égard du projet, dans l'étude
d'impact, mais également la manière dont Stablex en a tenu compte dans
l'optimisation de son projet. Les enjeux qui ont été identifiés sont les
suivants, donc : il y avait les nuisances pour les résidents à proximité,
en termes de qualité de l'air, d'odeurs et de camionnage; la gestion des
argiles excédentaires qui résultent de l'excavation des sous-cellules; la saine
gestion des eaux de surface et des eaux souterraines sur le site de la
cellule 6 projetée, pour réduire les impacts sur les composantes du milieu
environnant; l'abondance de milieux humides de qualité à proximité du terrain
visé, qui abrite des espèces floristiques et fauniques d'intérêt; également, la
préservation des milieux boisés ainsi que le suivi en post-fermeture de la
cellule 6 et de ses différentes composantes.
Quant aux impacts résiduels du projet, ils
ont été évalués par une équipe de spécialistes multidisciplinaires en recourant
à une méthode qui est reconnue dans le domaine. Ils se résument ainsi. Donc,
l'exploitation de la cellule détruira des peuplements forestiers, et, bien que
du reboisement est prévu pour compenser environ 85 % des superficies
perdues, il est appréhendé qu'environ 10 secteurs d'habitats forestiers se
trouvant sur le terrain visé soient remplacés par des milieux arbustifs ou
herbacés. Bien que cette dernière modification entraînerait une perte d'habitat
pour certaines espèces fauniques davantage forestières, elle peut néanmoins
favoriser le développement d'un milieu ouvert qui peut être recherché par
d'autres espèces, notamment les oiseaux et les reptiles à... les oiseaux et les
reptiles.
L'aménagement de la cellule entraînera la
perte permanente de milieux humides se trouvant sur le terrain visé. Selon les
résultats des inventaires, ces milieux humides sont de plus faible valeur
écologique que les tourbières de valeur écologique exceptionnelle se trouvant
en périphérie du terrain. Les milieux humides perdus sont surtout associés à
des fossés de drainage dont l'entretien est déficient ou encore colonisés par
des espèces floristiques exotiques envahissantes.
Les nuisances résultant des travaux de
construction et d'exploitation de la cellule projetée, à la fois sur l'ambiance
sonore, sur la qualité de l'air ainsi que sur le camionnage routier sont...
seraient limitées, en fait, par l'éloignement de la cellule et par la
circulation qui est limitée sur les chemins d'accès se trouvant sur les
terrains de Stablex.
Enfin, à la suite des audiences publiques
du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, Stablex nous a également
mandatés pour mettre à jour les inventaires des milieux humides et hydriques,
en 2023, en vue de la préparation de sa demande d'autorisation ministérielle du
projet qui... une étape requise à la suite de l'obtention d'un décret. En
effet, les derniers inventaires dataient de 2015 et 2016, et une mise à jour
des inventaires des milieux humides et hydriques était recommandée, notamment
pour tenir compte du dernier guide de caractérisation qui a été publié en 2021
par le ministère de l'Environnement.
Un inventaire spécifique à la goodyérie
pubescente, une espèce floristique à statut précaire, a également été effectué
en compagnie de deux biologistes du ministère de l'Environnement sur le terrain
visé pour aménager la cellule 6 projetée. En résumé, il se dégage de ces
travaux-là que 154 parcelles d'inventaires de 10 mètres de rayon ont
été caractérisées, selon le dernier guide du ministère de l'Environnement, et
la charte de Munsell, donc, vraiment, une charte adaptée pour la description
des sols, a été utilisée...
Mme Lalumière (Catherine) :
...guide pour déterminer si on est en présence de sols, on va dire,
hydromorphes, donc typiques de milieux humides.
Au terme de la caractérisation, des
superficies traditionnelles de milieux humides ont été délimitées dans la zone
d'inventaire, dont certaines se trouvent sur le terrain visé par le projet. Il
s'agit surtout de milieux humides isolés qui sont entrecoupés de plusieurs
milieux boisés terrestres, ce qui contraste avec ce qui a été caractérisé à
l'extérieur du terrain, donc les vastes tourbières naturelles que l'on trouve
en périphérie du terrain. Il s'agit d'un terrain qui est perturbé et qui est
fragmenté par la présence de remblais, de chemins et de fossés. Pour ces
derniers, plusieurs ont un drainage qui est déficient en raison de la présence
de barrages de castors qui ont été observés au terrain, mais également d'un
manque d'entretien, pour certains d'entre eux.
La caractérisation de la végétation a
également permis de confirmer l'absence d'une frênaie noire, un type de
peuplement forestier qui est d'intérêt. Donc, sa présence potentielle a été
analysée puis elle est absente, là, du terrain. Aucun spécimen d'espèce
floristique à statut précaire n'a été observé sur le terrain, incluant la
goodyérie pubescente, et il y a une abondance d'espèces végétales exotiques
envahissantes, là, sur certaines portions du terrain visé pour aménager la
cellule 6.
En guise de conclusion, il importe de se
rappeler, donc : que l'étude d'impact qui est produite par Englobe a été
réalisée conformément à la directive, ce qui s'est traduit par l'avis de
recevabilité qui a été publié par le ministère de l'Environnement à la suite de
deux séries de questions et commentaires; que le terrain visé par le projet a
été récemment recaractérisé et de manière détaillée, et ce, spécifiquement pour
les milieux humides et hydriques, en recourant au guide applicable; et que le
terrain visé présente des caractéristiques distinctes, en comparaison avec les
vastes milieux humides intègres qui se trouvent en périphérie du terrain, donc,
en comparaison de sa perturbation et de sa fragmentation qui sont occasionnées
par la présence des remblais, de fossés de drainage et de chemins, et ce,
depuis plusieurs décennies maintenant.
Ceci complète, donc, la présentation
d'Englobe. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, nous allons débuter une période d'échange. Vous avez
pris un peu de temps sur la ministre, qui avait... J'avais déjà demandé son
consentement, alors ce n'est pas un problème. Alors, il vous reste
14 min 42 s, Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Oui,
merci. Merci d'être là...
Le Président (M. Schneeberger) :
...juste un peu.
Mme Blanchette Vézina : Oui.
Le Président (M. Schneeberger) :
Pour les besoins du secrétariat, juste mentionner que, oui, vous avez autorisé
qu'on prolonge de quelques minutes au besoin. Alors, il faut que je le dise, au
niveau de la régie. Merci.
Mme Blanchette Vézina :
Consentement. Merci d'être là ce soir, là, donc, merci pour la présentation
aussi. Moi, j'ai bien entendu, là, donc, vous avez nommé : Aucune espèce
floristique, là, à caractère protégé sur le site. C'est ça? C'est plutôt des
espèces envahissantes. Donc, vous avez marché, vous, sur le site, hein, vous
avez été sur place, prendre des prélèvements, c'est ça?, pas juste des données.
Comment vous avez fait votre inventaire?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, c'est mon équipe, ce n'est pas moi, la spécialiste en milieux humides et
hydriques, chez Englobe. Donc, on envoie une équipe de botanistes qui réalise
ce type d'inventaire là. Dans ce contexte-ci, dans le fond, ils ont relevé, là,
justement, et ils avaient relevé également, lors des caractérisations de 2015
et 2016, la présence d'espèces floristiques exotiques envahissantes. Donc, la
présence de ces espèces-là a été reconfirmée en 2023.
Pour ce qui est du terrain visé, les
espèces floristiques à statut précaire qui avaient été identifiées se trouvent
vraiment en marge du terrain, comme ce qui avait été caractérisé, également,
dans la caractérisation antérieure. Pour ce qui est de la matteuccie
fougère-à-l'autruche, c'est une espèce qui est vulnérable à la récolte, donc
elle figure sur la liste des espèces ayant un statut de protection, mais il y a
des mesures qui sont prévues, là, dans le fond, pour la gestion de ces
espèces-là, plus tard, lors des autorisations ministérielles.
• (17 h 50) •
Mme Blanchette Vézina : À
vous écouter, dans le fond, moi je comprends, puis corrigez-moi si je n'ai pas
bien compris votre présentation, mais donc le terrain qui a une plus grande
valeur écologique, ce n'est pas... ce n'est pas celui visé par le projet de
loi, c'est ça?
Mme Lalumière (Catherine) : Ce
qui a la plus grande valeur écologique, des caractérisations que nous avons
procédées, là, dans le contexte du projet, se trouve vraiment en marge du
terrain. Donc, c'est vraiment la périphérie, c'est les terrains qui bordent le
terrain qui est visé pour aménager la cellule 6, actuellement.
Mme Blanchette Vézina : O.K.
Je sais qu'Englobe, vous faites aussi du traitement de sols, là, de la
valorisation de sols, je pense, ou en tout cas vous avez un réseau, là, de
valorisation de sols. Dans quelle mesure, là, les sols qui sont traités par
Stablex pourraient... différeraient-ils des sols envoyés dans le réseau
d'Englobe? En quoi...
Mme Lalumière (Catherine) :
...en fait, je vais peut-être faire un petit aparté. Ici… plutôt, l'année
dernière, en fait, la portion d'Englobe qui faisait la valorisation et la
gestion des sols a été vendue à une autre entité. Donc, nous ne faisons plus,
là, de traitement de sols contaminés ou… de traitement, en fait, là. On n'a
plus de site de gestion au niveau des… chez Englobe.
Mme Blanchette Vézina : O.K.,
donc, vous n'êtes pas en mesure de me répondre, dans le fond.
Mme Lalumière (Catherine) : Non,
pas pour… Ce n'est pas un domaine dans lequel j'oeuvrais.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Vous avez parlé des nuisances, là, donc, qu'il y avait des nuisances qui
avaient été identifiées dans votre étude. Pouvez-vous nous… élaborer, là, sur
ces nuisances?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, dans une étude d'impact, on est tenus d'évaluer plusieurs… les impacts
sur plusieurs composantes, pas uniquement sur le milieu naturel. Donc, on
regarde également les nuisances potentielles sur les secteurs limitrophes,
donc, les quartiers résidentiels ou différents autres… différents autres, je
dirais, points d'intérêt, là, en termes de nuisances. Puis dans l'étude
d'impact, on a justement, là, fait une analyse au niveau de la qualité de
l'air, au niveau des nuisances sonores, mais également de l'achalandage
routier, là, qui peut entraîner des entraves et des perturbations pour les
parties prenantes et les résidents à proximité.
Mme Blanchette Vézina : Dans
l'évaluation des risques environnementaux, là, du projet qui sont, selon vous,
plus grands, le risque est-il plus grand d'avoir une rupture de service, selon
vous, avoir une atteinte, par exemple, à un terrain comme celui que vous
mentionnez, là, au terrain comme celui qui est visé par le projet de loi, là,
qui fait l'objet, donc, de l'analyse d'aujourd'hui?
Mme Lalumière (Catherine) : La
procédure d'évaluation d'examen des impacts sur l'environnement ne portait pas
de jugement… l'étude d'impact, en fait, là, qui… ne portait pas nécessairement
de jugement sur l'évaluation de la rupture de service de chez Stablex. Dans le
fond, l'objectif de cette étude-là était vraiment d'évaluer les impacts du
projet. Donc, on ne s'est pas prononcés sur la notion des conséquences d'une
rupture de service.
Mme Blanchette Vézina : Donc,
vous êtes, depuis 2016, si j'ai bien compris, sur le dossier de Stablex. Quel
est votre avis sur le procédé qui est utilisé?
Mme Lalumière (Catherine) : Même
chose. En fait, nous, le travail… Dans le contexte de la procédure, on n'a pas
eu à évaluer finalement la performance du procédé. Le but ici était vraiment de
faire autoriser le réaménagement de la cellule 6 et non d'évaluer le procédé et
les activités courantes qui se déroulent chez Stablex actuellement.
Mme Blanchette Vézina : Vous
avez nommé qu'il y avait des milieux humides, mais qui provenaient
principalement de fossés de drainage dans la présentation que vous nous avez
faite. Est-ce qu'il y a une qualification ou un niveau de qualification,
disons, d'un milieu humide, là, que vous êtes en mesure de nous dire : Ce
type de milieu humide là a une valeur moindre ou plus grande qu'une autre qui
ne proviendrait pas de ce genre d'activité humaine…
Mme Lalumière (Catherine) : Dans
le fond, dans une… dans le guide, en fait, là, auquel je faisais référence dans
ma présentation, du ministère de l'Environnement, le guide de caractérisation
prévoit différents critères, notamment l'état de dégradation d'un milieu
humide. Ça fait partie des critères qui vont être évalués au terrain par les
botanistes et les biologistes qui vont se rendre et qui sont habilités pour
faire ce type d'inventaire là. Donc, c'est certain que la présence de remblais,
de fossés, de chemins contribue à l'état de dégradation qui est observé donc,
comparativement à un milieu qui n'aurait jamais été touché ou perturbé par le
passé. Donc, on en tient compte dans l'évaluation des milieux humides qu'on en
fait.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Est-ce que, M. le Président…
Le Président (M. Schneeberger) :
Oui, il y avait-tu d'autres…
Mme Blanchette Vézina : Je
donnerais la parole au député, peut-être.
Le Président (M. Schneeberger) : Députée
de… oui, députée d'Abitibi-Ouest.
Mme Blais : Bonjour, merci
pour votre présentation. Alors, ma question : Comment évaluez-vous les
impacts anthropiques sur le site Orica visé par le projet de loi et sont-ils
importants selon vous?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, c'est une méthode qu'on recourt pour faire l'évaluation des impacts. Ce
n'est pas une méthode qui est Englobe, mais c'est une méthode qui est reconnue
dans le domaine, donc, qui… avec différents facteurs d'évaluation. Donc, on
parle ici d'étendue. On va parler de durée. On va parler d'intensité également.
Au niveau des impacts, on est en mesure de les qualifier. Donc, souvent, on va
parler d'un impact mineur, moyen et majeur, Donc, on recourt à cette grille-là…
Mme Lalumière (Catherine) : ...ce
qui nous permet de conclure ou de faire l'évaluation, finalement, là, d'un
impact sur le milieu. Donc, ici, on ne fait pas l'évaluation de l'état actuel
des lieux, mais bien du projet futur. Donc, pour chacune des composantes qu'on
retrouve sur le terrain ou qui pourraient interagir avec le projet ou certaines
sources d'impact, on va venir faire l'évaluation, là, sur les différentes
composantes. Puis ce n'est pas moi personnellement qui la réalise. Donc, je
travaille de concert avec des spécialistes de différents domaines qui mettent
leur expertise en œuvre pour justement qualifier et évaluer ces impacts-là.
Donc, on recourt vraiment à une méthode que le ministère est habitué de voir
dans le cadre d'évaluations environnementales.
Mme Blais : Est ce que
vous pouvez évaluer aussi au niveau des espèces qui sont nuisibles et qui sont
néfastes aussi pour la société?
Mme Lalumière (Catherine) :
Dans le fond, dans la caractérisation, le ministère de l'Environnement a publié
une liste d'espèces qu'on dit prioritaires. Donc, c'est des espèces que,
collectivement, le ministère de l'Environnement souhaite qu'on caractérise et
qu'on détecte sur des terrains pour être en mesure de prendre des mesures
d'atténuation puis des mesures de contrôle pour éviter leur propagation et
diminuer finalement l'impact que cette propagation-là pourrait avoir dans
différents milieux naturels peut-être plus sensibles. Donc, dans ce
contexte-ci, c'est des éléments qu'on se doit de faire et de caractériser
lorsqu'on fait des inventaires conformément au guide. Donc, c'est vraiment un
requis. On est tenus de les caractériser, de les délimiter.
Mme Blais : Et quelle
distance devrait être respectée pour réduire les nuisances?
Mme Lalumière (Catherine) :
Dans le cas... Dans ce cas-ci, il y a vraiment une réglementation, quand on
fait ce type de projet là, dans le... Si je ne me trompe pas, c'est le
Règlement sur l'enfouissement des sols contaminés ou je... Il me semble que
c'est ça. En vertu de ces règlements-là, il y a vraiment une zone tampon. Il y
a une distance qui est prévue par règlement, qui est à 50 mètres de la limite
de propriété. Donc, c'est vraiment tout encadré par le système réglementaire,
les distances et... les distances à respecter, là, quand on veut enfouir des...
soit au niveau d'un LET, soit au niveau d'un autre site d'enfouissement. Donc,
tout ça est réglementé.
Le Président
(M. Schneeberger) : ...prochain, le député de Jonquière ou...
Une voix : ...
Le Président
(M. Schneeberger) : Non, c'est parfait. Alors, Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina :
Donc, vous avez fait l'étude de caractérisation des deux terrains, là. Je sais
qu'il y avait des demandes des groupes d'opposition, là, d'avoir l'étude de
caractérisation. Je pense qu'elle a été transmise, hein, si je ne m'abuse. En
tout cas, elle semblait être sur le Greffier tout à l'heure. Donc, êtes-vous en
mesure de nous indiquer quels terrains a une plus grande valeur écologique que
l'autre?
Mme Lalumière (Catherine) :
Actuellement, en fait, on accepte la caractérisation. On est allé... On a fait
une mise à jour, finalement, des deux terrains, on est allé sur les deux. Le
rapport est public. Bien, il a été rendu public cet après-midi à la demande de
la commission pour le terrain visité par la cellule 6. En ce qui a trait à
la caractérisation de l'autre terrain, les données ont été saisies, tout ça,
là. Il reste à compléter le rapport. Le rapport, lui, n'a jamais été finalisé,
mais les données ont été prélevées en 2023, là. Donc... Et pour... Mais on a
une analyse cartographique, là, qui est disponible, là, au niveau de la
répartition des superficies des différents milieux humides.
Mme Blanchette Vézina : M.
le député de Jonquière, aviez-vous une question? Non.
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina :
Mais... Oui, mais j'aimerais quand même comprendre. Donc, vous dites que vous
avez fait l'inventaire, mais que l'étude n'a pas été complétée, donc, sur le...
• (18 heures) •
Mme Lalumière (Catherine) :
Pour... En 2023, exactement, Mme la ministre, dans le fond, on est allé au
terrain, on a complété, on a traité les données, on a produit la carte, en
fait, là, qui délimite les milieux humides et hydriques. Mais le rapport
d'accompagnement, lui, conformément... pour compléter, là, le tout, là, qui
serait recevable en demande d'autorisation, lui n'a pas été finalisé, là,
jusqu'à maintenant.
Mme Blanchette Vézina : O.K.
C'est ça. C'est pour ça qu'on a des données déjà sur... C'est une version
préliminaire, donc, du rapport que vous avez fait.
Mme Lalumière (Catherine) :
Là, il y a... Je dois vous en... Je dois faire une petite précision, ici.
2014... En 2015 et 2016, nous avons produit deux rapports de caractérisation.
Donc, il y a une première caractérisation pour l'année 2015 et 2016. Donc,
celle-là, elle est disponible. Elle est complète et elle a servi d'intrant à
l'étude d'impact et est rendue publique sur le registre. En 2023, lors de la
recaractérisation, on est retourné recaractériser également l'ancien terrain,
là, celui du gouvernement du Québec. Donc, c'est de ces données-là dont je
faisais référence dans mon dernier propos. Et le seul livrable actuellement qui
est accessible, c'est une...
18 h (version non révisée)
Mme Lalumière (Catherine) : ...carte
de répartition des milieux humides et hydriques.
Mme Blanchette Vézina : Il
n'y a pas eu de conclusion préliminaire, mais vous avez quand même cartographié
le milieu humide.
Mme Lalumière (Catherine) : Oui.
Mme Blanchette Vézina : C'est
bon.
Mme Lalumière (Catherine) : Oui.
Puis on a l'ensemble des fiches de caractérisation également.
Mme Blanchette Vézina : Excellent.
Est-ce que vous êtes... Je sais, là, que vous disiez que vous n'aviez pas
nécessairement... vous avez vendu la section de la valorisation des sols
contaminés, là, mais est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut nous renseigner sur le
procédé? Vous ne vous êtes pas... jamais penché sur cette question-là à travers
les études que vous faites ou l'impact de... Vous n'avez pas analysé les
impacts de Stablex sur l'environnement autour?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, la portée de l'étude d'impact visait... puis ça, c'est vraiment défini.
Quand on dépose un avis de projet, on dépose un avis de projet pour un projet
spécifique. Dans ce cas-ci, c'était l'aménagement de la cellule n° 6.
Donc, ça n'inclut pas les activités antérieures qui, elles, sont déjà autorisées.
Donc, on regarde uniquement le projet et la portée du projet pour lequel on
cherche à avoir le... à inclure dans la procédure d'évaluation l'examen des
impacts. Et c'est pourquoi on n'a pas... on n'a pas fait l'analyse, là, des
autres aspects des opérations courantes de chez Stablex.
Mme Blanchette Vézina : O.K.
Puis les grandes tourbières qui sont... qui sont autour du terrain, est-ce qu'elles
sont perturbées par les activités qui ont lieu en ce moment, sur le terrain?
Mme Lalumière (Catherine) : Bien,
actuellement, les résultats de la caractérisation, parce qu'elles ont été
caractérisées les deux fois, en 2015 et 2016, de manière beaucoup plus
exhaustive, on avait couvert plus de territoire. En 2023, on a réduit l'empreinte,
mais on est... on est retourné, puis on obtient des résultats qui sont
comparables avec un état de dégradation quasi nul, là, dans le fond, on n'a pas
d'altération de la qualité de ces habitats-là. Donc, il n'y a pas d'évidence,
au niveau végétatif, au niveau des sols, comme quoi il y aurait une perturbation
ou une atteinte à l'intégrité de ces milieux-là actuellement.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Le Président (M. Schneeberger) :
Ça va comme ça? Alors, nous allons maintenant du côté de l'opposition
officielle avec la députée de Mille-Îles.
Mme Dufour : Merci, M. le
Président. Et merci à vous deux, Mme Lalumière et M. Blanchet, pour
votre présence. Là, si je comprends bien, il n'y a pas eu de comparaison entre
les deux sites, là. Quand vous... vous avez seulement étudié le site Orica,
c'est bien ça?
Mme Lalumière (Catherine) : Non.
Dans le contexte de l'étude d'impact, je peux préciser, il y a vraiment une
analyse des solutions de rechange qui a été faite. Elle a été faite basé sur
les résultats des caractérisations de 2015 et 2016. Donc, il y a vraiment une
comparaison des deux terrains qui a été faite dans le contexte de l'étude d'impact.
Par la suite, en 2023, là, on est venu juste remettre à jour la caractérisation
environnementale.
Mme Dufour : C'est ça. Donc,
vous n'avez pas... vous n'êtes pas retournés sur le site original, celui du
gouvernement, caractérisé en 2023.
Mme Lalumière (Catherine) : Oui,
nous sommes retournés en 2023, c'est ce que je répondais à la ministre tout à l'heure.
Nous sommes retournés en 2023 faire la caractérisation. Le seul produit que
nous avons de disponible actuellement est la carte de délimitation des milieux
humides.
Mme Dufour : O.K. Ça, c'est....
mais ce n'est pas dans votre rapport, celui de... le rapport que nous avons eu,
là, la caractérisation, c'est seulement le site Orica.
Mme Lalumière (Catherine) :
Exact.
Mme Dufour : Puis est-ce que
vous avez constaté qu'il y avait de l'argile qui avait été déposée sur le site original
du gouvernement?
Mme Lalumière (Catherine) : Lors
de la caractérisation, il y a un secteur, en effet, là, sur le terrain, où il y
avait des... des... ça a été caractérisé comme étant anthropique, sur le
terrain. Donc, nous, le travail, c'est vraiment de venir décrire ce qu'on voit,
c'est un état des lieux, donc il n'y a pas de jugement par rapport aux
activités, c'est vraiment juste une description technique qui est faite.
Mme Dufour : Non, c'est ça, mais
c'est clair que la... la superficie a été réduite de façon assez importante.
Quand on le voit, en tout cas, avec une vue aérienne, là, ce n'est pas le même
milieu humide que d'origine, là.
Mme Lalumière (Catherine) : Il
a été... il a été... il a été réduit en superficie dans ce secteur-là. Par
contre, il reste de grandes superficies de milieux humides sur le terrain. En
fait, la quasi-totalité de la portion résiduelle du lot est composée de
tourbières.
Mme Dufour : Parfait. Vous
avez mentionné la... Non, en fait, vous avez mentionné qu'il y avait des
espèces exotiques envahissantes sur le site d'Orica. Je ne sais pas si on... vous
l'avez identifié en pourcentage, mais en détruisant ce site-là, on va
fragmenter un... le milieu dans son ensemble. Et est-ce que, selon votre
connaissance, la fragmentation des milieux, ce n'est pas ce qui permet la
prolifération des espèces exotiques envahissantes?
Mme Lalumière (Catherine) : Bien,
actuellement, il y a des mesures... En fait, ce n'est pas la fragmentation...
Mme Lalumière (Catherine) : ...en
fait, ce n'est pas la fragmentation qui fait la propagation des espèces
exotiques envahissantes, c'est davantage les méthodes de construction ou le
transport. Donc, il existe des mesures d'atténuation qui sont prévues et qui
doivent être mises en place, là. Lors d'une demande d'autorisation, le ministère
de l'Environnement exige des mesures pour encadrer, là, ces activités-là qui
sont plus sujettes à venir propager les espèces exotiques envahissantes.
Mme Dufour : Mais, il n'y a
pas... En tout cas, dans, moi, tous les sites que j'ai vus, quand c'était
fragmenté, c'est là qu'on en voyait le plus, alors que, là, on a un site, tu
sais, une tourbière, un milieu naturel dans son ensemble, il y a moins de
possibilités qu'il s'en ajoute de nouvelles. Et là vous avez parlé de
transport, le transport... et on va justement, si on le détruit, avoir du
transport puisqu'il va y avoir du... le stablex qui va être enfoui là, là.
Mme Lalumière (Catherine) :
Bien, les espèces exotiques envahissantes, elles sont déjà sur le terrain, donc
elles sont déjà sujettes à se propager sur le terrain, à ce qu'on a pu
constater entre 2015 et 2016 et la dernière caractérisation de 2023.
Mme Dufour : O.K. Et vous
n'avez vu que des espèces exotiques envahissantes?
Mme Lalumière (Catherine) : Il
y a... Bien, assurément, il y a autres plantes, donc il y a forêt, il y a
peuplement, il y a des espèces exotiques, oui, il y avait cette végétation-là,
mais c'est une caractérisation de la végétation générale, qui est faite, mais
l'objectif étant de venir faire, quand même, ressortir ces éléments-là, parce
qu'elle amène des préoccupations environnementales par la suite.
Mme Dufour : Oui, mais il y a
quand même des espèces intéressantes, forestières, notamment, sur le site. Il y
a des espèces fauniques aussi. Est-ce que, ça, vous les avez caractérisées?
Mme Lalumière (Catherine) : En
2015 et 2016, il y a eu des vastes inventaires fauniques qui ont été faits,
donc, ça couvrait les oiseaux, ça couvrait les mammifères, entre autres, ça a
couvert tout ce qui était amphibiens et reptiles, également, chauve-souris.
Donc, il y a vraiment eu des inventaires exhaustifs qui ont été faits sur les
deux terrains. Il n'y a pas eu de mise à jour, toutefois, au niveau des inventaires
fauniques, en 2023, on n'était pas, un, dans la période propice pour réaliser
ce type d'inventaire là. Mais par contre, au niveau végétation, ça, on était
capables, donc, ces milieux humides hydriques pour lesquels la mise à jour a
été effectuée.
Mme Dufour : O.K. Donc, juste
pour qu'on soit clair, en 2023, il n'y a pas eu de mise à jour et de
caractérisation des habitats fauniques ou, en fait, de la présence de faune, ce
qui aurait dû, normalement, être fait pour avoir un portrait global du terrain.
On va parler, justement, du moment
propice. Ce que j'ai constaté, dans le rapport, c'est que les inventaires se
sont faits dans des dates très, très, très restreintes, du 1er août au
4 août et le 9 août pour les délimitations du littoral. Est-ce que
c'est habituel que, les milieux humides, on les établit dans cette période-là
de l'année, le moment où, finalement, c'est le plus sec dans le secteur?
Mme Lalumière (Catherine) :
Oui, en fait, ça fait partie de la période propice pour réaliser des inventaires,
conformément au guide du ministère de l'Environnement. Donc, on a... le guide
préconise des dates pour faire l'évaluation de cette caractérisation-là, puis
on était exactement dans la bonne période, là, pour réaliser ce type
d'inventaire.
• (18 h 10) •
Mme Dufour : Oui. Le guide,
je l'ai devant moi, mais il parle d'entre mai et octobre, c'est quand même
assez... assez vaste, et il parle des périodes de floraison qui sont
généralement privilégiées pour les inventaires floristiques, ce que,
j'imagine... Ça, vous ne l'avez pas fait non plus en période de floraison, cet
inventaire-là floristique?
Mme Lalumière (Catherine) :
L'inventaire floristique, en fait, la floraison se déroule à différents moments
de la saison estivale, en fonction des différentes plantes qu'on retrouve.
Donc, oui, il y a de la floraison estivale, exactement dans la période au
moment auquel on a fait les inventaires. Donc, encore là, on couvrait une bonne
période, là, pour réaliser ce type de travaux, d'autant que c'était une mise à
jour. Donc, on avait déjà la caractérisation de 2015 et 2016, comme bonnes
données d'entrée, là, pour amorcer, là, notre mise à jour.
Mme Dufour : O.K. Vous avez
mentionné aussi qu'il y avait des chemins qui faisaient, là, une certaine
fragmentation puis que ça créait peut-être des milieux humides parce que l'eau,
peut-être, circulait moins, c'est ce que j'ai compris. Il y a des autoroutes
qui sont construites. Et, là où je vous amène, là, c'est que moi, je viens de
la ville de Laval, j'ai été, à la ville, responsable de l'environnement, à
Laval, et il y a eu des milieux humides qui se sont créés, suite à la
construction des autoroutes, là. Il y a trois autoroutes principales. C'est
30 ans plus tard, 40 ans plus tard, après la...
Mme Dufour : …la construction.
Ces milieux humides là, est-ce qu'ils ont une valeur écologique intéressante ou
on les considère moins importants parce qu'ils ont été créés par une route?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, le milieu humide n'est pas nécessairement créé par la présence de la
route. C'est, des fois, la modification de la topographie résultant de la
réalisation d'un projet qui peut amener des baisseurs, donc une accumulation
d'eau, puis là, ici, amener peut-être un milieu plus favorable à la création
d'un milieu humide. En termes de valorisation ou en termes, je dirais, de
valeur écologique, là, ici, on peut parler là, de l'état du milieu humide, ce
que… Il y a vraiment différents paramètres, puis on va vraiment venir regarder
en fonction de l'atteinte. Est-ce que les sols… Est-ce que c'est un milieu
humide sur lequel… il est sur un remblai, notamment? Donc, on n'est pas en
présence de sol naturel, on serait en sol de remblai, puis ça, ça peut arriver.
On peut avoir des milieux humides, là, qui, vraiment, par une espèce de cavité,
vont venir se créer. Donc, on vient vraiment refaire une caractérisation et une
délimitation en fonction de ce qu'on observe au terrain, en fonction des
différents guides… des différents critères, excusez-moi, là, du guide de
caractérisation.
Le Président (M. Schneeberger) : Oui,
députée de Mont-Royal—Outremont.
Mme Setlakwe : Merci. Vous
avez été…
Mme Lalumière (Catherine) :
Bonjour.
Mme Setlakwe : Bonjour. Merci
pour votre présentation. Vous avez été très actifs, là, au niveau de ce
dossier-là depuis quelques années, mais moi, ce que j'aimerais clarifier,
est-ce qu'à ce stade-ci vous êtes capable d'émettre une recommandation claire?
Puis, à la lumière de… Vous avez dû suivre la commission, là, depuis hier, les
interventions de la mairesse aussi dans l'espace public, dans les médias. À la
lumière, donc, des tensions, de la décision de la mairesse, que son choix est
arrêté, puis elle, elle dit que c'est dans l'intérêt de ses citoyens de retenir
un site plutôt que l'autre, donc, à la lumière de tout ça, est-ce qu'il y
aurait, selon vous, une solution intérimaire? Est-ce qu'il serait possible…
Est-ce que vous avez envisagé cet élément-là? Et où vous situez-vous, là, étant
donné cette tension et cette impasse?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, le mandat qui est confié à Englobe, c'est vraiment la réalisation de
l'étude d'impact, c'est de les accompagner à déposer un document qui est
recevable par le ministère de l'Environnement, ce qui a été fait, puis de les
accompagner au travers de la procédure. En ce qui a trait à la recommandation à
une décision ou un avis par rapport au projet, la procédure fait en sorte
qu'une firme comme Englobe ou un autre consultant n'a pas son mot à dire dans
la décision qui va être rendue. C'est des recommandations qui sont faites à la
fois par le BAPE, par le ministère de l'Environnement, puis, par la suite,
c'est vraiment au ministre et au Conseil des ministres de prendre la décision,
à savoir si ce projet-là doit se faire et sous quelles conditions. Donc, je
n'ai pas d'opinion par rapport à ça. Je m'en tiens toujours à la limite de la
portée de mon mandat qui m'est confié.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci,
merci beaucoup. Nous allons du côté de la députée de Sherbrooke pour
3 min 28 s.
Mme Labrie : Merci, M. le
Président. Je vais revenir sur un sujet parce que ça m'apparaît quand même
assez crucial, là, je veux m'assurer que j'ai bien compris ce que vous avez
dit. Vous nous avez dit que le rapport n'était pas encore finalisé pour la
caractérisation du terrain de la cellule 6 originelle. Donc les données ont été
prélevées, mais ce rapport-là n'a jamais été transmis encore ni au gouvernement
ni à Stablex. Est-ce que j'ai bien compris?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, c'est la mise à jour du rapport de caractérisation, parce qu'il a déjà
été caractérisé, 2015 et 2016. Donc, en 2023, lorsqu'on est allés, on a prélevé
les données, on les a consignées et on a produit une carte, donc, de
répartition de ces milieux humides.
Mme Labrie : Donc, la mise à
jour de 2023 n'a jamais… n'a pas encore été transmise. Combien de temps vous
estimez avant que ça puisse être transmis?
Mme Lalumière (Catherine) : Bien,
ça, il faudrait que je valide avec les équipes de travail en fonction, là, mais
c'est… on parle de… ça peut être quelques semaines de travail.
Mme Labrie : D'accord, merci
pour votre réponse. Donc, si j'ai bien compris, la dernière fois qu'il y a eu
un document comparatif de la caractérisation des deux terrains, c'était en
2015, avec des données qui datent de 2014. Moi, selon ma compréhension des
informations récoltées jusqu'à maintenant, c'était, donc, juste avant que
l'entreprise commence à déposer de l'argile sur ce terrain-là. Vous, vous avez
constaté, j'imagine, dans la mise à jour, que le terrain avait été modifié
considérablement. En tout cas, d'un point de vue de photos aériennes, c'est de
ça que ça a de l'air.
Mme Lalumière (Catherine) : Bien,
en fait, la caractérisation sur la carte, là, on le voit vraiment, là, et c'est
bien caractérisé, c'est décrit, ça a été relevé au terrain et, dans le fond, ça
a été mis en plan sur la carte.
Mme Labrie : Puis, à l'époque,
lequel des deux terrains avait la plus grande valeur…
Mme Labrie : ...écologique avec
les données de 2014.
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, en… c'étaient des données de 2015 et 2016, là. Des inventaires ont
vraiment été faits à ce moment-là. Ils n'ont pas été faits en 2014. La valeur
écologique des milieux humides qu'on trouve sur le terrain original de la
cellule 6, c'est vraiment une prédominance de tourbières. Donc, on a vraiment…
ici, là, on est vraiment dans la continuité, en fait, là, des tourbières de
Blainville, si on veut, ou du complexe de milieux humides. Ça fait qu'on est
vraiment dans la même catégorie de milieux qu'on trouve sur le terrain, alors
que, sur le terrain de la ville de Blainville, là, qui a été drainé, là, puis
qui a vraiment eu des perturbations depuis des décennies, on voit vraiment une
transformation puis des discontinuités au niveau de la composition floristique.
Donc, on n'a pas… on n'a pas la même nature de milieux humides. Donc, on a plus
des marécages, marécages arborescents, des marais, des marécages arbustifs,
quelques portions de tourbières, bien entendu, parce qu'il y a vraiment une
prédominance dans le domaine, mais on voit vraiment une différence au niveau
des types de milieux humides entre les deux terrains.
Mme Labrie : Quand vous
faites la caractérisation puis l'évaluation du potentiel écologique d'un
terrain, est-ce que vous évaluez seulement le terrain ou vous l'évaluez aussi
dans son contexte par rapport à la connectivité avec les autres milieux des
environs?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, dans les deux cas, les zones d'étude sont toujours plus grandes
qu'uniquement le terrain, donc, puis ça, ça peut être apprécié dans les deux
rapports de caractérisation. On a couvert vraiment des portions beaucoup plus
larges, ce qui fait en sorte que la portion de tourbières entre les deux
terrains, en fait, cette portion-là a été caractérisée dans son ensemble lors
de la caractérisation de 2014… de 2015‑2016, excusez-moi. Donc, on a vraiment
beaucoup de données à l'intérieur de la tourbière, entre les deux terrains.
Le Président (M. Schneeberger) : Merci
beaucoup. Alors, nous allons du côté… et la dernière intervention de la journée
avec le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, M. le
Président. Merci à vous pour votre présentation. J'aimerais savoir si l'étude
que vous avez réalisée… L'étude initiale semblait être 2015-2016. Est-ce que
cette étude-là a servi au BAPE pour faire son travail et émettre ses
recommandations?
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, ça faisait partie… Les deux rapports de caractérisation, 2015 et 2016,
constituent les annexes 3 et 4, là, dans le fond, du volume 2 de l'étude
d'impact. Donc, normalement, c'est de l'information qui est publique. Elle est
sur le registre. Donc, est-ce que le BAPE l'a utilisée? J'ose espérer que oui,
mais je ne suis pas… Je ne me substitue pas à la documentation, là, qu'ils ont
consultée dans le cadre de leur analyse.
M. Arseneau : D'accord, et,
inversement, est-ce que vous, dans le travail que vous réalisez présentement…
est-ce que vous avez été puiser dans l'information qui était à la portée du
BAPE, et à la disposition du public, et évidemment des chercheurs pour réaliser
votre étude?
• (18 h 20) •
Mme Lalumière (Catherine) : Oui,
quand on fait l'étude d'impact, en fait, on consulte l'ensemble de la
documentation publique qui est existante. Donc, c'est sûr qu'on fait un gros
effort de documentation. Est-ce qu'on est capables de tout capter? Il y a
souvent… Il peut y avoir quelques petites zones ou des documents… lesquels on
n'a pas… peut-être pas eu accès, mais l'ensemble des bases de données
publiques, la donnée existante, celle qui a pu nous être partagée par
différents organismes, celle-là a été considérée dans… en plus de nos caractérisations,
dans le contexte de l'étude d'impact.
M. Arseneau : Alors, je
terminerais avec ma question à 100 millions de dollars. Qu'est-ce qui
fait que la conclusion du BAPE semble être contraire à la vôtre? Si les
informations sont les mêmes et basées sur des caractérisations du milieu,
qu'est-ce qui distingue l'endroit où le BAPE est allé de l'endroit où vous
semblez vouloir vous diriger, c'est-à-dire, privilégié pour vous? Je comprends
que c'est ça un peu, votre conclusion, c'est la cellule 6 originale qu'il
faudrait protéger plutôt que le site visé, alors que le BAPE dit le contraire.
Mme Lalumière (Catherine) : En
fait, l'étude d'impact, ce… L'objectif n'est pas de faire une recommandation.
Donc, l'étude d'impact n'est pas une recommandation d'Englobe. Elle fait état
des impacts d'un projet qui est initié par un promoteur. Dans ce cas-ci, c'est
Stablex. Donc, en réalisant ce projet-ci sous cette configuration-là, le
travail que nous, on a à faire, c'est de vraiment exposer les impacts de ce projet…
Mme Lalumière (Catherine) : ...et
non pas de se prononcer sur est-ce que c'est le... est-ce que... est-ce que
c'est le meilleur projet ou est-ce que c'est le... Ce n'est pas une
recommandation, en fait, qu'on fait, c'est vraiment un état de situation et une
évaluation des impacts.
M. Arseneau : Merci beaucoup.
Le Président (M. Schneeberger) :
Merci beaucoup. Alors, ce qui met un terme à notre journée.
Alors, la commission ajourne ses travaux à
demain après la... après la période des affaires courantes. Merci beaucoup.
(Fin de la séance à 18 h 23)