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(Neuf heures quarante-quatre minutes)
Le Président (M. Joly): bienvenue à tous à
cette commission. je déclare la séance ouverte et je vous
rappelle que la commission des affaires sociales se réunit afin de
procéder à l'étude détaillée du projet de
loi 71 qui est la loi modifiant la loi sur la commission des affaires sociales.
est-ce que, mme la secrétaire» vous pouvez nous aviser si nous
avons des remplacements?
La Secrétaire: Oui, M. le Président. M. Chevrette
(Joliette) sera remplacé par Mme Harel (Hochelaga-Maisonneuve).
Le Président (M. Joly): Merci, Mme la secrétaire.
M. le ministre, je vous inviterais donc à faire des remarques
préliminaires, si vous en avez. Il me fait plaisir de vous
écouter.
Remarques préliminaires M. André
Bourbeau
M. Bourbeau: Merci, M. le Président. Il me fait plaisir de
souhaiter la bienvenue à ceux qui nous accompagnent ce matin, aux
membres de la commission des deux côtés de la Chambre, de
même qu'au Parti Égalité qui nous fait l'honneur de
déléguer un de ses plus prestigieux représentants.
Également, j'aimerais souligner la présence parmi nous du
président de la Commission des affaires sociales, M. le juge Louis
Rémillard, qui sera disponible si jamais les membres de la commission
ont besoin de renseignements un peu plus pointus.
Le projet de loi que nous avons devant nous est un projet de loi qui
compte peu d'articles - en fait, trois articles - dont le troisième,
évidemment, est la date d'entrée en vigueur. Ce projet de loi
vise à modifier les règles de financement de la Commission des
affaires municipales.
M. le Président, comme nous n'avons pas beaucoup de temps devant
nous, je vais faire en sorte...
Le Président (M. Joly): Le financement des affaires
sociales. Vous aviez dit "des affaires municipales". Je m'excuse.
M. Bourbeau: Oui, les affaires sociales. C'est ce que je croyais
avoir dit, M. le Président.
Le Président (M. Joly): C'est parfait, M. le ministre.
M. Bourbeau: C'est mes vieux démons qui viennent me
hanter, pour employer une expression à la mode.
Le Président (M. Joly): En fait, je voulais vous montrer
qu'on était à l'écoute.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Bourbeau: M. le Président, comme le temps nous est
compté, je vais faire en sorte de cesser ici mes remarques
préliminaires et, quant à nous, on serait bien disposés
à passer immédiatement à l'article 1.
Le Président (M. Joly): Mme la députée de
Hochelaga-Maisonneuve, vous avez des remarques?
Mme Louise Harel
Mme Harel: Oui. Merci, M. le Président. Nous avons fait
connaître notre désaccord profond à l'égard de ce
projet de loi. Je veux d'abord, si vous me le permettez, compte tenu de la
nomination récente du juge Rémillard à la
présidence de la Commission des affaires sociales, l'en féliciter
et je pense que c'est, à titre de président de la Commission des
affaires sociales, la première fois qu'il participe à nos
travaux. Je ne me trompe pas?
Donc, M. le Président, il s'agit d'une mesure de rationalisation
budgétaire qui a comme effet d'entacher l'indépendance ou les
apparences, tout au moins, de la Commission des affaires sociales et, comme le
rappelait d'ailleurs le Protecteur du citoyen dans une lettre qu'il adressait
au Secrétaire général du Conseil exécutif
concernant justement le projet de loi 71 qui est devant nous, la modification
qui est proposée dans le projet de loi 71 crée, et je cite,
à des fins budgétaires, un recul du principe de
l'indépendance apparente de tout tribunal administratif vis-à-vis
des ministères et organismes gouvernementaux dont il doit
apprécier les décisions. Le Parlement devrait se réserver
un rôle fondamental en la matière.
C'est donc dire, M. le Président, que ce projet de loi est remis
en question notamment par l'institution prestigieuse du Protecteur du citoyen.
Et je me demande d'ailleurs comment il se fait qu'avant même de
procéder à la réforme des tribunaux administratifs,
réforme annoncée l'an dernier par le ministre de la Justice
à l'occasion, notamment, d'un mémoire au Conseil des ministres
dont nous avons pu obtenir copie, laquelle réforme nous était
promise pour cet automne, on peut maintenant procéder, par une
sorte de voie de contournement ou de détournement, à une
modification profonde dans cette Institution qui est la Commission des affaires
sociales, donc un des tribunaux administratifs qui opèrent au
Québec, sans avoir d'abord mis au point cette réforme globale qui
est attendue.
Alors, M. le Président, je ne sais pas si c'est à ce
moment-ci qu'il serait dans l'ordre de présenter une motion pour
entendre le Protecteur du citoyen.
Le Président (M. Joly): Madame, j'Imagine que vous avez un
écrit.
Motion proposant d'entendre le Protecteur du
citoyen
Mme Harel: C'est dans l'ordre. Alors, je vous en fais lecture:
"II est proposé qu'en vertu de l'article 244 de nos règles de
procédure la commission permanente des affaires sociales tienne, avant
d'entreprendre l'étude détaillée du projet de loi 71, Loi
modifiant la Loi sur la Commission des affaires sociales, des consultations
particulières quant à tous les articles dudit projet de loi et
qu'à cette fin elle entende le Protecteur du citoyen."
Le Président (M. Joly): Merci. Alors, selon l'article 244,
madame, votre motion semble conforme. Alors, nous allons en débattre.
Mme la députée de Hochefaga-Maisonneuve.
Mme Louise Harel
Mme Harel: M. le Président, à moins qu'il y ait des
amendements qui seront apportés au cours de nos travaux et dont nous ne
connaissons pas encore la teneur, je voudrais reprendre les propos du
Protecteur du citoyen à l'effet que l'article 44.1, proposé par
l'article 1 du projet de loi 71 - et je cite le Protecteur - s'inspire
directement de l'article 394 de la Loi sur les accidents du travail et les
maladies professionnelles". Ces dispositions - et je cite le Protecteur -
"détruisent malheureusement l'apparence d'indépendance que doit
démontrer un tribunal administratif."
Le Protecteur, à cet effet, ajoute que de telles dispositions
consistent à modifier les règles de financement de la Commission,
comme on le sait, de façon à ce que son financement ne soit plus
assuré par des crédits votés par l'Assemblée
nationale, mais le soit, en partie du moins, par les organismes - Commission de
la santé et de la sécurité du travail, Régie des
rentes du Québec, Régie de l'assurance automobile - dont les
décisions mêmes seront arbitrées par la Commission des
affaires sociales.
À cet égard, le Protecteur du citoyen ajoutait: Ces
dispositions sont "susceptibles de susciter chez le justiciable une certaine
appréhension du contrôle que pourrait exercer sur le tribunal le
gouvernement qui lui-même, directement ou par organisme interposé,
est généralement partie devant ce tribunal. De plus, selon le
montant et les modalités déterminées par le gouvernement,
un organisme taxé pourrait avoir intérêt à dissuader
les justiciables d'interjeter appel, ou être doté d'un pouvoir
plus ou moins grand de "négociation" auprès de la Commission des
affaires sociales."
En d'autres termes, les organismes dont les décisions
arbitrées par la Commission des affaires sociales seront taxées,
évidemment, seront susceptibles de souhaiter qu'il y ait le moins
possible d'appels interjetés devant la Commission des affaires sociales.
"L'article 44.1, ajoute le Protecteur du citoyen, ne précise pas dans
quelle proportion le fonds de la Commission des affaires sociales sera
constitué de crédits votés spécifiquement par
rapport aux sommes prélevées sur les budgets des organismes
intéressés. La majeure partie du fonds pourrait provenir du fonds
consolidé, mais il est possible d'envisager l'inverse, au point qu'une
simple somme nominale soit prise sur le fonds consolidé; le rôle
du gouvernement par rapport à celui du Parlement deviendrait alors
prédominant et réduirait d'autant la protection de
l'indépendance du tribunal". Et le Protecteur ajoute: "La
détermination des "sommes requises pour l'application d'une loi" visant
l'exercice de la juridiction d'un tribunal administratif destiné
à apprécier les décisions de ministères ou
d'organismes gouvernementaux devrait être réservée au
Parlement."
Alors, M. le Président, on voit bien que les solutions
proposées par le législateur en introduisant le projet de loi 71
sont de nature à porter atteinte à l'image de
l'indépendance de la Commission des affaires sociales. Et, pourtant, il
faut certainement prendre en considération que les tribunaux
administratifs sont comme des toiles d'araignée, sont comme des
labyrinthes dans lesquels bien des citoyens s'égarent et qu'il faudrait
bien plus travailler à relever l'autorité, la
crédibilité de ces tribunaux qu'à en atténuer tout
au moins l'apparence d'impartialité. Parce que bon nombre de nos
concitoyens qui viennent à nos bureaux de comté nous disent ce
que plusieurs de nos concitoyens pensent, que finalement les tribunaux
administratifs sont au service de l'État d'abord plutôt que
d'être au service du citoyen.
M. le Président, je souhaiterais que l'on puisse entendre le
Protecteur du citoyen pour, notamment, échanger avec lui sur des
modifications à apporter au projet de loi pour qu'il n'y ait pas ce
recul appréhendé dans l'image, en tout cas, d'indépendance
de la Commission des affaires sociales.
D'autre part, je me suis interrogée, au moment de l'étude
en deuxième lecture, sur la légalité d'inclure dans les
frais d'administration des organismes gouvernementaux comme la CSST,
la Régie de l'assurance automobile ou la Régie des rentes
des dispositions qui prévoient le financement d'un autre organisme.
J'espère qu'on aura, à l'occasion de nos travaux, des
réponses aux questions que je posais. Je ne sache pas que dans les lois
constitutives de ces organismes gouvernementaux il soit prévu,
contrairement, par exemple, à la CSST par rapport à la Commission
d'appel en matière de lésions professionnelles où c'est
nommément prévu, ce pouvoir en vertu, justement, de l'article 394
de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles de
subventionner la Commission des affaires sociales. Je ne sache pas que, dans
les lois constitutives d'aucun autre organisme gouvernemental, une telle
disposition soit prévue.
Alors, M. le Président, ça pourrait donner lieu à
des recours, évidemment, contre le projet. Ça pourrait donner
lieu à des recours contre la Commission des affaires sociales. Je vous
rappelle qu'à cet égard, présentement, même si la
-Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, justement,
à l'article 394, prévoit spécifiquement la
possibilité de prélever des fonds sur le budget de la CSST pour
financer la Commission d'appel en matière de lésions
professionnelles, qu'il faut distinguer de la Commission des affaires sociales,
eh bien, malgré tout, il y a actuellement une contestation qui a
été introduite devant la Cour supérieure, contestation de
la constitutionnalité de la Commission d'appel en matière de
lésions professionnelles.
Les motifs qui sont invoqués sont à l'effet que les
articles de loi qui créaient justement la Commission d'appel en
matière de lésions professionnelles sont incompatibles avec la
Charte des droits et libertés de la personne, le motif étant
justement que la Commission ne constituerait pas un tribunal impartial et
indépendant au sens de la Charte des droits et libertés. La
demande est appuyée sur le fait que la Commission d'appel en
matière de lésions professionnelles est financée par la
CSST elle-même, ce que, finalement, le projet de loi 71 veut
élargir à la Commission des affaires sociales. La remise en
question est à l'effet que cette pratique porte gravement atteinte
à l'image d'un tribunal indépendant.
Moi, je trouve ça bien imprudent, M. le Président,
d'introduire à ce moment-ci un projet de loi comme le projet de loi 71,
au moment où la Cour d'appel s'est prononcée sur
l'incons-titutionnalité des juges municipaux - je sais que c'est
évidemment un autre dossier, mais le motif invoqué est justement
qu'il n'y a pas les apparences d'indépendance et d'impartialité,
que tout ça va être statué par la Cour suprême dans
les mois qui viennent - et compte tenu également d'un recours, qui est
actuellement devant la Cour supérieure, contestant la
constitutionnalité de la Commission d'appel en matière de
lésions professionnelles pour des motifs, entre autres, de financement
par la CSST, c'est-à-dire par l'organisme sur les décisions
duquel la Commis- sion d'appel doit se pencher et qu'elle doit arbitrer.
Là, maintenant, mine de rien, comme des aveugles, le gouvernement
continue à vouloir finalement élargir les possibilités ou
offrir, en fait, aux avocats des possibilités de recours contre ces
tribunaux administratifs. Parce que vous comprendrez que, s'il y a eu une
demande en Cour supérieure de prononcer l'inconstitution-nalrté
de la CAMLP, vraisemblablement, après l'adoption du projet de loi 71, il
pourrait y en avoir une aussi contre la Commission des affaires sociales.
Je trouve ça imprudent, vraiment imprudent à ce moment-ci.
Ça m'a l'air d'être une pure commande du Conseil du trésor,
mais j'ai peur que tout ça nous mène finalement dans un
cul-de-sac où les tribunaux administratifs, notamment la CAS, comme
l'est la CAMLP présentement, sera simplement traînée devant
les tribunaux et sa crédibilité encore plus entachée.
Je me demande s'il ne serait pas opportun pour le gouvernement d'y
réfléchir avant de procéder comme il entend le faire ce
matin, et, à cet égard, je pense, M. le Président, qu'il
serait opportun d'entendre le Protecteur du citoyen. Je vous remercie. (10
heures)
Le Président (M. Joly): Merci, Mme la
députée. Je vais maintenant reconnaître M. le ministre de
la Main-d'oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation
professionnelle.
M. André Bourbeau
M. Bourbeau: M. le Président, je comprends très
bien les objections que fait la députée de Maisonneuve.
Cependant, je crois qu'il ne serait pas opportun, à ce moment-ci,
d'élaborer longuement sur une question semblable puisque, comme vient de
le dire la députée, la question est devant les tribunaux.
Même si nous jouissons ici d'une immunité absolue, semble-t-il, il
m'ap-paraîtrait quand même irrespectueux de la magistrature de
commenter une cause qui est déjà devant les tribunaux et de faire
un parallèle avec ce qu'il y a devant nous ici.
Tout ce que je peux dire pour l'instant, c'est qu'on verra ce que les
tribunaux diront éventuellement de l'action en justice qui met en cause
la CSST et la Commission d'appel en matière de lésions
professionnelles, encore qu'il ne me semble pas que la situation soit identique
dans les deux cas, la Commission d'appel en matière de lésions
professionnelles ayant été formée exclusivement dans le
but d'entendre les appels de la CSST - je crois, oui - alors qu'ici on ne parle
que d'une partie du financement et, d'autre part, étant donné
qu'on est encore très loin d'un jugement définitif dont on ne
peut pas préjuger des conclusions. Alors, pour l'instant, en ce qui nous
concerne, la présomption est à l'effet que la loi est bonne, elle
est valable.
C'est la présomption de base et on ne peut pas présumer
qu'une loi est mauvaise. Alors, nous nous en tenons à ce
jugement-là.
De toute façon, comme le gouvernement a annoncé son
intention, éventuellement, de procéder à une
réforme des tribunaux administratifs, il sera toujours temps lorsque les
tribunaux se seront prononcés. Si jamais par hasard ils se
prononçaient d'une façon qui va dans le sens de ce qu'a
indiqué la députée de Maisonneuve, il sera toujours temps,
éventuellement, de remédier à une situation
hypothétique lors de cette réforme des tribunaux
administratifs.
Le Président (M. Joly): Merci, M. le ministre. Est-ce que
la motion est adoptée? Est-ce que vous aimeriez ajouter quelque chose,
Mme la députée de Hochelaga-Maisonneuve?
Mme Harel: Oui, M. le Président. En fait, puisqu'on ne
peut pas présumer des conclusions - de toute façon, je le dis
maintenant ou je vais le dire plus tard, mais la question se pose -pourquoi
procéder précipitamment? Justement, il y aurait un devoir de
réserve qu'on souhaiterait évidemment voir adopter par le
gouvernement, plutôt que cette précipitation à ce
moment-ci, si ce n'est tout simplement pour régler des problèmes
de trésorerie. Cette recherche de solution comptable peut nuire,
finalement, à la crédibilité du tribunal.
M. le Président, moi, je m'interroge: si au moins le motif
était, en ajoutant des fonds supplémentaires, d'améliorer
les délais qui sont actuellement un déni de justice. C'est quoi,
neuf mois pour obtenir une décision devant la CAS en matière de
rente du Québec? C'est, en matière d'accident d'automobile, un
délai d'un an? C'est combien? C'est deux ans en matière
d'accident du travail? En se rappelant que le gouvernement, que les organismes
gouvernementaux plutôt ne paient aucun intérêt sur les
sommes qui sont rétroactivement accordées après tous ces
délais d'attente.
Alors, si on me disait: Bon, on va prendre une chance, même si
tout ça peut finir devant une énorme contestation judiciaire,
mais c'est pour un bon motif parce qu'on va injecter des fonds
supplémentaires à ceux que déjà on verse, de
façon à réduire les délais et à assurer aux
justiciables d'avoir, dans un temps raisonnable, une réponse, une
décision à un refus... Parce que, si les justiciables vont devant
la Commission, c'est qu'en général l'organisme-payeur a
refusé de les indemniser.
Ce n'est pas ça, là. Le projet de loi ne consiste pas
à améliorer la situation. La situation, tout le monde la sait. On
n'a pas besoin de s'en reparler, ça ne marche pas, ça va mal, ce
n'est pas normal. On ne va rien améliorer en adoptant le projet de loi
71 et, finalement, le résultat peut même empirer les choses. Je
vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. Joly): Merci, Mme la
députée. M. le ministre, s'il vous plaît.
M. Bourbeau: Ce que je voudrais ajouter, c'est qu'on ne peut pas
dire que ce soit la logique qui étouffe l'Opposition officielle
présentement ni la continuité dans cette logique-là, parce
que ce que nous faisons, dans le fond, ici, aujourd'hui, c'est suivre l'exemple
de ce que le précédent gouvernement a fait. C'est le gouvernement
du Parti québécois, dont la députée de Maisonneuve
faisait partie, même, du Conseil exécutif à une certaine
époque, qui a décidé du principe de faire financer un
tribunal administratif, c'est-à-dire la Commission d'appel en
matière de lésions professionnelles, la CAMLP, par un organisme
qui en appelle devant cette Commission, c'est-à-dire la CSST.
Le principe a été établi, il a été
voté, on a fait une loi, une loi qui sert maintenant de drapeau qui nous
rallie, tout le monde. On s'en va dans cette direction-là; c'est le
chemin qui a été pavé par le Parti
québécois. Aujourd'hui, alors qu'on s'engage sur le même
chemin, confiants qu'il y aurait une solidarité autour de cette table,
voilà que l'Opposition officielle nous dit: Non, ce que nous avons fait
il y a quatre ans, ce n'était pas bon. Nous avons erré; notre loi
n'était pas bonne. Ne faites pas comme nous. C'est ce que nous dit la
députée de Maisonneuve aujourd'hui.
Ce qui est paradoxal, M. le Président, c'est que nous, qui sommes
maintenant au gouvernement, sommes chargés de défendre cette
loi-là devant les tribunaux et que les pères de la loi et la
mère de la loi, en ce qui concerne la députée de
Maisonneuve, laissent tomber leur enfant. C'est un abandon.
Le Président (M. Joly): On pourrait la poursuivre, vous
poursuivre en justice, madame.
M. Bourbeau: II faudrait même en appeler devant les
tribunaux. Il n'y a pas des organismes qui s'occupent des enfants...
Le Président (M. Joly): Rejetés. M. Bourbeau:
...abandonnés? Bon.
Mme Harel: La paternité se présume, mais la
maternité n'a pas besoin de...
M. Bourbeau: M. le Président, c'est ce que je disais tout
à l'heure: autres temps, autres moeurs. Ce qui était valable il y
a quatre ans...
Une voix: N'est plus valable.
M. Bourbeau: ...en ce qui concerne l'Opposition, ce
principe-là, maintenant, n'est plus valable. Il y a cinq ans, oui; cinq
ans. Évidemment, on va me dire que c'est prescrit au bout
de cinq ans. Mais, M. le Président, nous sommes des gens de
logique, nous avons vu le chemin tracé par nos
prédécesseurs qui nous apparaissait un chemin droit et correct et
aujourd'hui nous empruntons la même voie.
Maintenant, la députée nous dit: II y a quelqu'un qui
attaque la loi en cour. Bien, écoutez, M. le Président, s'il
fallait que le gouvernement soit paralysé ou arrête de fonctionner
à chaque fois que quelqu'un décide de prendre une action en
justice, la machine gouvernementale serait totalement paralysée. Alors,
le principe de base, c'est que le législateur, lorsqu'il
légifère, en général - et je dirais, en ce qui nous
concerne, toujours - prend ses précautions au plan juridique.
Nous avons des batteries d'avocats, des gens très
compétents dont quelques-uns m'entourent présentement, qui nous
avisent que notre façon de procéder est correcte, elle est
légale, et rien ne me fait penser que le projet de loi que nous avons
devant nous pourrait ne pas se situer à l'intérieur de cette
légalité-là. Maintenant, nous vivons dans un monde
où chacun peut faire ce qu'il veut, en autant que ça
n'excède pas les bornes de ce qui est permis par les lois, et prendre
une action en justice, c'est à la disposition de tout le monde. Que
quelqu'un décide d'attaquer la loi du Parti québécois qui
a créé la CAMLP, je respecte ce droit-là, mais ça
ne veut pas dire que je souscris aux arguments de ceux qui ont pris l'action en
justice.
Donc, en contusion, nous prenons pour acquis que les lois que vote
l'Assemblée nationale sont des lois qui sont correctes, qu'elles sont
à l'intérieur des pouvoirs qui lui sont conférés,
qu'elles respectent les droits fondamentaux des citoyens, la Charte des droits
et libertés de la personne et que, si nous décidons de
légiférer de nouveau dans le même sens, en principe nous
devrions être corrects.
Maintenant, comme je l'ai dit tout à l'heure, on verra ce que les
tribunaux diront et, si jamais le tribunal invalide la loi votée par le
Parti québécois, nous conclurons qu'il a erré et que
possiblement nous aurons erré, nous aussi, mais je ne crois pas que ce
soit le cas.
Le Président (M. Joly): Merci, M. le ministre. Je vais
maintenant reconnaître M. le député de Verdun.
M. Gautrin: M. le Président, j'écoute le
débat, mais j'ai l'impression qu'on ne parle pas sur la motion. La
motion, actuellement, si j'ai compris, c'était d'entendre le Protecteur
du citoyen et le débat porte sur le fond de la loi. La question que je
voudrais poser - ici, je m'adresse peut-être au ministre: Qu'est-ce que
ça aurait pour effet, en termes de temps, d'entendre le Protecteur du
citoyen?
Le Président (M. Joly): M. le ministre, c'est pour vous la
question.
M. Gautrin: En principe, moi, je vous le dis très
franchement, je suis toujours favorable à entendre le Protecteur du
citoyen si jamais il a quelque chose à nous dire. Alors, le fait
d'entendre le Protecteur du citoyen, est-ce que ça a des effets grands
quant au retard de l'adoption de la loi? Si on me dit non, je vais voter en
faveur de la motion; si on me dit: Ça a des effets quant au retard de
l'adoption de la loi, à ce moment-là je suivrai au détail.
Mais, en principe, je pense qu'on a de la difficulté à ne pas
écouter le Protecteur du citoyen si jamais il a quelque chose à
nous dire.
Le Président (M. Joly): M. le ministre, s'il vous
plaît.
M. Bourbeau: M. le Président, c'est qu'il m'apparaît
évident que, si on doit ajourner la commission maintenant et convoquer
le Protecteur du citoyen, il y a des délais; les journées qu'il
nous reste à passer d'ici la fin de la session étant
comptées, parce qu'il y a un grand nombre de projets de loi qui sont
prévus, il y a des chances que le projet de loi ne puisse pas être
adopté si on retarde davantage. Alors, quant à moi, la
réponse, c'est oui, il y a des délais.
M. Gautrin: M. le Président, si vous me permettez...
Le Président (M. Joly): Allez, M. le
député.
M. Gautrin: ...est-ce qu'il ne serait pas possible de
vérifier rapidement si le Protecteur du citoyen pourrait être
disponible, par exemple, ce matin ou quelque chose comme ça? On
pourrait, à ce moment-là, dans un délai d'une heure
recevoir le Protecteur du citoyen, s'il pouvait être disponible.
Le Président (M. Joly): M. le ministre.
M. Bourbeau: M. le Président, je ne peux pas
répondre à une question comme celle-là. Tout est possible.
Il est peut-être possible de vérifier, encore faut-il que le
Protecteur du citoyen soit là pour répondre à notre appel.
Deuxièmement, est-ce que le Protecteur du citoyen peut se
déplacer rapidement et venir ici personnellement? Ça
m'étonnerait beaucoup. Je pense que le gouvernement a pris une
décision en toute connaissance de cause après avoir
étudié toutes les facettes du problème. Je ne pense pas
qu'une comparution du Protecteur du citoyen soit de nature à changer une
décision qui a été prise par toutes les instances du
gouvernement, tant l'instance executive que l'instance qui regroupe les
députés.
Le Président (M. Joly): Excusez, je dois
quand même souligner aux membres de cette commission qu'avant de
penser à convoquer le Protecteur du citoyen il faudrait quand même
penser à regarder la motion et à accepter ou refuser la
motion.
Mme Harel: Sur la motion.
Le Préskient (M. Joly): Mme la députée, vous
avez demandé le droit de parole. Alors, je vous reconnais, madame.
Mme Harel: Sur la motion. Il faut comprendre que dans certaines
commissions le fonctionnement est bien différent. Moi, j'ai
assisté relativement peu aux travaux de la commission parlementaire de
l'éducation, trop peu pour souhaiter en faire plus, mais assez, en tout
cas, pour que le ministre alors responsable de l'Éducation accepte, par
exemple, des motions de mon collègue le député
d'Abitibi-Ouest et dans la journée même entende des
intervenants.
Alors, ce n'est pas une procédure qui serait exceptionnelle. Je
peux vous dire que, dépendam-ment des ministres en cause... Le ministre
de l'Éducation, certainement, a plusieurs fois accepté des
motions semblables, puis a accepté justement de procéder, si tant
est que les consultations pouvaient avoir lieu dans la journée
même.
C'était en général une des, comment dire?
conditions de réalisation de la consultation. Bon. Moi, non plus, je ne
cherche pas, là, mon Dieu, à étirer nos travaux, hein? On
est tous déjà très, très occupés.
J'accepterais, par exemple, si le ministre me disait: Bon, une des conditions
pour qu'on accepte la motion, c'est qu'on puisse rejoindre le Protecteur du
citoyen et qu'on puisse s'assurer de sa présence, par exemple,
aujourd'hui même. Bon. Je pourrais accepter une condition comme
celle-là.
Moi, ce que je vous propose, en tout cas, M. le Président, ce
serait de recevoir la lettre que le Protecteur du citoyen écrivait
à M. Benoît Morin, Secrétaire général et
greffier du Conseil exécutif, portant sur le projet de loi 71.
J'aimerais qu'elle soit distribuée aux membres de la commission. Et puis
j'aimerais demander au ministre s'il a pris l'initiative d'échanger avec
le Protecteur du citoyen, parce que, dans sa lettre, le Protecteur conclut
qu'il a transmis copie de ses craintes - en fait, on peut dire plus que des
craintes, finalement, ses profondes inquiétudes ou son désaccord,
parce que c'est plutôt un désaccord - au ministre parrain du
projet, au ministre de la Justice, au président du Conseil du
trésor.
Est-ce que le ministre parrain du projet a échangé?
C'était déjà le 30 mai dernier, il y a déjà
maintenant six mois. Est-ce qu'il y a eu des discussions, des pourparlers entre
son cabinet ou son ministère et le bureau du Protecteur, ou le
Protecteur lui-même? Parce que ce n'est pas peu de chose. Le Protecteur
dit: Ces dispositions "détruisent malheureusement l'apparence
d'indépendance que doit démontrer un tribunal administratif." Ce
n'est pas nuancé, en tout cas, dans la vision qu'en a le Protecteur.
Le Président (M. Joly): Au départ,
j'apprécierais si vous pouviez déposer votre lettre...
Mme Harel: Oui.
Le Président (M. Joly): ... de façon à ce
qu'on puisse la faire circuler et, après, en faire faire des
reproductions. Et puis, de cette façon-là, on va pouvoir, en
fait, parler tous le même langage et avoir les mêmes points de
référence. Alors, je reçois votre lettre qu'on fait
reproduire, qu'on va déposer aux membres de cette commission. Et
j'invite M. le ministre peut-être à répondre à la
question que vous lui avez formulée à savoir s'il y a eu de la
communication avec le Protecteur du citoyen.
M. Bourbeau: M. le Président, je peux dire que
personnellement je n'ai pas eu de conversation avec le Protecteur du citoyen
sur ce sujet, mais j'en ai eu sur beaucoup d'autres sujets, cependant, parce
que c'est un de mes interlocuteurs préférés par les temps
qui courent, sur un grand nombre de sujets. Mais il est possible qu'on ait eu
une correspondance au cabinet. Je suis en train de faire vérifier s'il y
a eu des contacts ou de la correspondance entre le bureau du Protecteur du
citoyen et le ministère ou le cabinet.
Le problème, comme la députée de
Hochela-ga-Maisonneuve le dit, porte sur la question de savoir s'il y a ou non
atteinte à l'image d'indépendance ou d'impartialité de la
Commission des affaires sociales. Ce que je pourrais dire là-dessus, et
c'est pour ça d'ailleurs que je ne vois pas l'utilité de faire
comparaître le Protecteur du citoyen, c'est que ce
problème-là pourrait, en fait, être fort délicat,
très délicat même, si les organismes dont les
décisions peuvent être portées en appel devant la
Commission des affaires sociales avaient le pouvoir de déterminer le
budget de la Commission des affaires sociales et de fixer ainsi son taux
d'activité. Or, ce n'est pas le cas, puisque le gouvernement conserve le
pouvoir de déterminer le budget de la Commission des affaires
sociales.
Alors, les organismes dont on parle n'étant pas impliqués
du tout dans le processus décisionnel, il m'apparaît que l'image
d'indépendance et d'impartialité de la Commission des affaires
sociales est préservée de ce fait-là. Il me semble que ce
raisonnement-là est impeccable. On pourrait très bien, si les
organismes avaient un mot à dire dans l'établissement du budget
de la Commission des affaires sociales, affirmer que, bon, ils vont tenter de
réduire le niveau d'activité de la Commission en réduisant
le budget. Mais, comme c'est le gouvernement qui décide du
budget, les organismes n'ont qu'à payer, dans le fond.
Le gouvernement va établir une méthode pour comptabiliser
les coûts et, selon le volume d'activités, bien, les organismes
n'auront qu'à payer. Donc, comme ils n'auront qu'à payer et ne
pourront pas refuser de payer ou ne pourront pas vouloir payer moins ou plus;
ils n'auront en fait absolument aucun pouvoir sur la Commission des affaires
sociales, ne pourront pas l'influencer, parce qu'ils n'auront aucun moyen de le
faire.
Alors, il m'apparaît que le problème est académique,
comme il était académique, d'ailleurs, dans le temps où ie
gouvernement a fait voter la loi sur la Commission d'appel en matière de
lésions professionnelles, la CAMLP, et le principe est le
même.
Le Président (M. Joly): Merci, M. le ministre. M. le
député de Salaberry-Soulanges, vous avez demandé la
parole.
M. Marcil: Non, ça va.
Le Président (M. Joly): Vous passez, merci.
Bon. À moins qu'il y ait d'autres intervenants ou interventions,
nous en sommes rendus à statuer sur la motion.
M. Gautrin: Est-ce qu'on pourrait avoir la suspension de la
séance, M. le Président?
Le Président (M. Joly): Sûrement. Si vous le
demandez, je peux vous l'accorder.
M. Gautrin: Certainement, M. le Président.
Le Président (M. Joly): Alors, nous allons suspendre les
travaux pour cinq minutes.
(Suspension de la séance à 10 h 20)
(Reprise à 10 h 29)
Le Président (M. Joly): Nous allons maintenant reprendre
nos travaux. Alors, nous en étions à demander si la motion
était acceptée.
Mme Harel: Alors, j'appelle le vote, M. le Président,
nominal.
Le Président (M. Joly): Merci, Mme la
députée. Donc, je vais mettre aux voix la motion telle qu'elle a
été libellée et lue antérieurement. Alors, M. le
ministre?
M. Bourbeau: Je ne suis pas en faveur, M. le
Président.
Le Président (M. Joly): Parfait, M. le ministre. M. le
député de Gaspé, M. Beaudin?
M. Beaudin: Contre.
Le Président (M. Joly): Mme la députée de
Bourget, Mme Boucher Bacon?
Mme Boucher Bacon: Contre.
Le Président (M. Joly): M. le député de
Verdun, M. Gautrin?
M. Gautrin: Contre.
Le Président (M. Joly): M. le député de
Salaberry-Soulanges, M. Marcil?
M. Marcil: Contre.
Le Président (M. Joly): M. le député de
Trois-Rivières, M. Philibert?
M. Philibert: Contre.
Le Président (M. Joly): M. le député de
Fabre, M. Joly, contre.
Mme la députée de Hochelaga-Maisonneuve?
Mme Harel: Pour, M. le Président.
Le Président (M. Joly): Pour. Et M. député
de Notre-Dame-de-Grâce, M. Atkinson?
M. Atkinson: Contre.
Le Président (M. Joly): Merci. Donc, la motion est
rejetée.
M. Tremblay (Rimouski): M. le Président, je vous ferai
remarquer que je suis ici. Vous ne m'avez pas nommé.
Le Président (M. Joly): Oh! Je m'excuse. Je m'excuse.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Tremblay (Rimouski): Je me sens un peu
délaissé.
Le Président (M. Joly): J'ajoute. Vous êtes
entré à pas feutrés et, pourtant, en temps normal, je ne
veux pas dire que vous êtes plus bruyant, mais ce matin vous vous
manifestez...
M. Gautrin: C'est ça, il est trop discret aujourd'hui.
Le Président (M. Joly): ...par une discrétion
absolue. Donc, M. le député de Rimouski, M. Tremblay?
M. Tremblay (Rimouski): Je suis contre.
Le Président (M. Joly): Parfait. Merci.
Alors, la motion...
Mme Harel: Est-ce que ses pas feutrés expliquent son
sobriquet de sénateur?
Des voix: Ha, ha, ha!
Mme Harel: Pourtant, ils ont très récemment
modifié leur comportement.
Des voix: Oui.
Le Président (M. Joly): Alors, j'appellerais l'article 1.
Oh! Excusez, oui, une remarque, M. député de
Notre-Dame-de-Grâce?
M. Atkinson: Oui, M. le Président. I will speak in
English...
Le Président (M. Joly): Do so, please.
M. Atkinson: ...because that is the language that I am more
familiar with. I think the Deputy from Hochelaga-Maisonneuve made a marvelous
presentation and I was pulled between agreeing with and desagreeing with what
she said. I agree that what she says here and following the letter to Mr.
Benoît Morin from Mr. Jacoby, avocat, that there is a rather interesting
point.
However I do believe that we cannot place into law every possible
situation which, as the Minister is well aware with my question to him last
week, that we have in the Income Security now "144 barèmes" and it is
not a case of more is always better, it is a case of less is sometimes better.
But I do agree with the Deputy that she made a very fine presentation and I am
wavering however I did vote against the event. Thank you Mr. President.
Le Président (M. Joly): Merci, M. le député
de Notre-Dame-de-Grâce. J'appelle l'article 1 du projet de loi 71.
Étude détaillée
Financement des requêtes entendues par la
Commission des affaires sociales
M. Bourbeau: Oui, M. le Président. Cette disposition
établit un noveau mode de financement des coûts reliés aux
requêtes entendues par la Commission des affaires sociales et accorde au
gouvernement les pouvoirs requis pour établir annuellement les
modalités de ce nouveau mode de financement. Plus
particulièrement, cette disposition prévoit que les sommes
requises au fonctionnement de la Commission seraient prises sur le fonds de la
Commission qui serait constitué, entre autres, des sommes versées
par certains organismes gouvernementaux dont une décision peut faire
l'objet d'un recours devant la Commission. Les sommes versées par ces
or- ganismes le seraient "au montant et selon les modalités que
détermine le gouvernement".
Les organismes suivants se voient imposer l'obligation d'assurer le
financement de la Commission pour les coûts reliés aux appels de
leurs décisions entendus par la Commission: la Société de
l'assurance automobile du Québec, la Régie des rentes du
Québec, la Commission de la santé et de la sécurité
du travail et la Commission de la construction du Québec. Dans le cas de
la Commission de la construction du Québec, elle ne sera tenue à
cette obligation qu'à compter de la date d'entrée en vigueur, le
cas échéant, de la loi constituant la Commission des relations du
travail car, jusqu'à cette date, ses décisions sont susceptibles
d'appel uniquement devant le Tribunal du travail.
Les décisions visées par cette mesure de financement sont
les suivantes: une décision de la Régie des rentes du
Québec: en réexamen concernant l'admissibilité ou le
montant d'une prestation de rente; une décision de la
Société de l'assurance automobile du Québec rendue en
révision en vertu de l'article 56 de la Loi sur l'assurance automobile
et concernant le droit à l'indemnisation, le quantum d'une
indemnité et toute affaire connexe au droit à une
indemnité ou au quantum d'une indemnité; une décision du
président de la Commission de la construction du Québec
concernant l'admissibilité ou le montant d'une prestation due en vertu
des régimes complémentaires d'avantages sociaux applicables
à l'industrie de la construction.
M. le Président, j'aurai une modification à apporter
à l'article 1. Est-ce que c'est le moment de la présenter
ici?
Le Président (M. Joly): Je pense que ce serait opportun,
M. le ministre.
M. Bourbeau: Bon, avec l'assentiment de la députée
de Hochelaga-Maisonneuve qui me signifie son espoir.
M. le Président, on cherche le papillon, qui semble s'être
envolé. Bon, voilà.
Le Président (M. Joly): Par les temps qui courent, il va
geler.
M. Bourbeau: Alors, M. le Président, j'aimerais proposer
une modification au sujet de laquelle j'apporterai des remarques
subséquem-ment, une modification à l'article 1, à l'effet
suivant: remplacer, dans le paragraphe 2° du deuxième alinéa
de l'article 44.1, ", z, aa ou bb de l'article 21" par "ou bb de l'article 21
ou à l'article 579 de la Loi sur les accidents du travail et les
maladies professionnelles (L.R.Q., chapitre A-3.001)".
M. le Président, cette modification a pour but de s'assurer que
la CSST, la Commission de la santé et de la sécurité du
travail, assumera uniquement les coûts reliés aux appels des
bureaux de révision de la CSST concernant le droit à une
compensation, le quantum d'une compensation ou le taux de diminution de
capacité de travail interjetés en vertu de l'article 65 de la Loi
sur les accidents du travail, pour les accidents survenus sous l'ancien
régime, bien sûr, soit avant le 19 août 1985, date
d'entrée en vigueur de la Loi sur les accidents du travail et les
maladies professionnelles (1985, chapitre VI, devenu L.R.Q., chapitre A-3.001).
En effet, depuis cette date, comme tout le monde le sait, les recours
intentés en vertu de cette loi sont dirigés à la
Commission d'appel en matière de lésions professionnelles, la
CAMLP, étant entendu qu'en vertu de l'article 579 de la Loi sur les
accidents du travail et les maladies professionnelles la juridiction de la
Commission des affaires sociales en cette matière se limite aux recours
concernant des accidents du travail survenus avant le 19 août 1985.
Voilà essentiellement, M. le Président, les remarques que
je voulais faire au sujet de l'article 1 et de l'amendement proposé.
Le Président (M. Joly): Merci. Mme la
députée de Hochelaga-Maisonneuve, s'il vous plaît.
Mme Harel: C'est vraiment là l'exemple presque type du
langage avec lequel maintenant les législateurs sont obligés de
travailler. Imaginez, l'amendement se lit comme suit: remplacer, dans le
paragraphe 2° du deuxième alinéa de l'article 44.1, ", z, aa
ou bb de l'article 21" par "ou bb de l'article 21 ou à l'article 579 de
la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles".
Ça et un cauchemar, c'est pareil ou presque. Alors, le ministre nous a
lu des notes qu'on souhaiterait qu'il distribue à la commission pour
qu'on puisse, comme lui, saisir ce que ça signifie, "z" et "aa",
"bb".
Le Président (M. Joly): Je m'excuse. Je me dois d'apporter
une précision. Je pense qu'on a voulu respecter le sens du
règlement de l'Assemblée nationale, sauf que ce que vous
suggérez, c'est qu'on réécrive l'article, si je comprends
bien, pour la bonne compréhension de tout le monde.
Mme Harel: Ça, M. le Président, ça serait
tourner en dérision... Imaginez-vous ça, envoyer ça sur
telbec aujourd'hui. Je vois déjà nos commentateurs politiques,
ça serait...
M. Bourbeau: Ça serait à peu près la
même chose que les telbecs du Parti québécois lorsqu'il
commente les actions du ministre. Mais, M. le Président, si vous voulez,
pour le bénéfice des membres de la commission et je dirais
même du ministre, on pourrait demander...
Le Président (M. Joly): Non, mais c'est parce que, dans le
fond, vous vous êtes... M. Bourbeau: Oui, oui.
Le Président (M. Joly): ...conformé à
l'article 197 qui dit que "les amendements doivent concerner le même
sujet que la motion et ne peuvent aller à rencontre de son principe. Ils
ne visent qu'à retrancher, à ajouter ou à remplacer des
mots". Donc, vous vous êtes tout simplement conformé à
l'article, mais je pense que pour la bonne compréhension et des
parlementaires et, éventuellement, de ceux qui nous liront, eh
bien...
M. Bourbeau: Oui. Alors, l'esprit de la loi, M. le
Président, si vous voulez...
Le Président (M. Joly): ...c'a été
entièrement respecté.
M. Bourbeau: Au-delà la lettre, allons voir l'esprit de la
loi pour tenter de comprendre ce qu'on veut retrancher, ce qu'on veut ajouter.
Alors, on retranche deux choses, ce qui avait trait aux paragraphes z et aa, et
on ajoute l'article 579 de la loi sur les accidents. Alors, peut-être
qu'avec la permission de la commission on pourrait entendre Me Luc Crevier qui
est à ma gauche, ici, et qui pourrait donner des explications.
Le Président (M. Joly): Sûrement. M. Crevier, la
parole est à vous.
M. Crevier (Luc): Les paragraphes z et aa touchent la
désignation d'un médecin responsable; donc, ce n'est pas
directement des décisions de la CSST et c'est la raison pour laquelle on
a retiré du projet de loi ces deux paragraphes-là. L'article 579
touche, en fait, tous les dossiers en appel de la CSST en matière
d'indemnisation. Alors, l'objectif du projet de loi est réellement de
viser ces appels-là et non les autres où il n'y a pas de
décision de la CSST; finalement, ce sont des décisions des
établissements de santé ou des syndicats qui veulent qu'un
médecin ne soit plus le médecin responsable de
l'établissement. Donc, c'est le sens du papillon.
Le Président (M. Joly): Mme la députée de
Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Harel: Les paragraphes k et q qu'on retrouve dans le
deuxième alinéa, ça se réfère à quoi
déjà? "D'un appel visé aux paragraphes k", k se
réfère à quoi et q se réfère à
quoi?
M. Bourbeau: M. le Président, j'en ai parlé tout
à l'heure dans mes notes, mais je peux répéter. Le
paragraphe k vise les appels à la suite d'un réexamen fait par la
Régie des rentes logé en vertu de l'article 188 de la Loi sur
le
régime de rentes du Québec et le paragraphe q vise les
appels interjetés en vertu de l'article 56 de la Loi sur l'assurance
automobile, chapitre A-25.
Mme HaroJ: Alors, ça sera dit et noté au Journal
des débats. On y reviendra, mais revenons, donc à
l'amendement parce que c'est de l'amendement dont on dispose maintenant; c'est
ça? Bon. Pourquoi retrancher les paragraphes z et aa? La
désignation d'un médecin responsable, dites-vous, mais qui est
faite par qui et en vertu de quelle loi?
Le Président (M. Joly): Est-ce que c'est M. Crevier qui
répond?
M. Bourbeau: Oui.
Le Président (M. Joly): Oui? M. Crevier.
M. Crevier: En fait, c'est en vertu de l'article 120 de la Loi
sur. la santé et la sécurité du travail. Les deux, en
fait, c'est en vertu de l'article 120. Je pourrais vous faire lecture de
l'article 120.
M. Bourbeau: Oui, allez-y.
Le Président (M. Joly): Oui. Ce serait
apprécié.
M. Crevier: "Les représentants des travailleurs ou les
représentants de l'employeur sur le comité de santé et de
sécurité, le comité lui-môme ou, s'il n'y a pas de
comité, une association accréditée ou l'employeur, ou,
s'il n'y a pas d'association accréditée, 10 % des travailleurs
peuvent adresser une requête à la Commission des affaires sociales
afin de démettre de ses fonctions auprès d'un
établissement le médecin qui y est responsable des services de
santé".
Et on ajoute: "De même, un médecin dont un centre
hospitalier où existe un département de santé
communautaire n'a pas accepté la demande visée dans l'article 117
ou à l'égard de qui il n'a pas renouvelé son acceptation
peut interjeter appel de la décision devant la Commission des affaires
sociales. "Une requête en vertu du présent article doit être
fondée sur le défaut de qualification, l'incompétence
scientifique, la négligence ou l'inconduite du médecin
responsable."
En fait, c'est le médecin lui-même, à ce
moment-là, qui en appelle, mais d'une décision qui n'est pas une
décision de la CSST. Donc, c'est pour ça qu'on retire les
dispositions en question du projet. (10 h 45)
Mme Harel: Oui. Pour le dernier cas, c'est une décision de
rétablissement; c'est bien ça?
M. Crevier: Oui.
Mme Harel: Mais, pour l'article 120. c'est une décision de
la CSST.
M. Crevier: C'est une décision des représentants
des travailleurs, comme je le comprends.
Mme Harel: Voulez-vous nous en refaire lecture, là?
M. Crevier: Oui. "Les représentants des travailleurs ou
les représentants de l'employeur sur le comité de santé et
de sécurité, le comité lui-même ou, s'il n'y a pas
de comité, une association accréditée ou l'employeur, ou,
s'il n'y a pas d'association accréditée, 10 % des travailleurs
peuvent adresser une requête à la Commission des affaires sociales
afin de démettre de ses fonctions..."
Mme Harel: Donc, c'est la Commission qui décide.
M. Crevier: C'est la Commission qui décide et c'est le
médecin qui est comme défendeur, j'ai l'impression, à ce
moment-là, versus une autre partie, mais qui n'est pas la CSST.
Mme Harel: Bon. Alors, la question au ministre: Quels sont les
motifs pour lesquels vous avez décidé de retrancher ces appels
devant la Commission, de les retrancher dans le financement,
évidemment?
M. Bourbeau: Vous parlez des paragraphes z etaa?
Mme Harel: Les paragraphes z et aa. Le Président (M.
Joly): M. le ministre.
M. Bourbeau: C'est parce que c'est une décision dans
laquelle la CSST n'était pas vraiment impliquée. Donc, ce n'est
pas un appel d'une décision de la CSST, mais plutôt d'un
comité, comme on vient de le dire. Alors, ça ne s'inscrivait pas
dans les objets du projet de loi.
Maintenant, je vous signale que le paragraphe z porte sur les
requêtes en vertu de l'article 120 et le paragraphe aa sur les appels
interjetés en vertu de l'article 120. On a parlé tantôt de
requêtes et d'appels.
Mme Harel: Alors, maintenant, expliquez-nous l'ajout de l'article
579 de la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Parce que, là, il s'agit vraiment d'appels de décisions de la
CSST.
M. Bourbeau: C'est ça. Ce ne sera pas long, M. le
Président.
Le Président (M. Joly): Je vous donne le temps voulu, il
n'y a pas de problème. Ce qui est
important, c'est d'etre capable de trouver les réponses, Mme la
députée.
M. Bourbeau: II s'agit, M. le Président, d'une correction
technique. On aurait dû, au début, insérer cet
article-là dans la loi et ça avait été un oubli,
dans le fond. Il s'agit de tous les appels en vertu de la Loi sur les accidents
du travail et les maladies professionnelles.
Je vous lis l'article 579: "Malgré les articles 494 à 497,
la Commission des affaires sociales conserve sa juridiction pour entendre tout
appel concernant le droit à une compensation, le quantum d'une
compensation et le taux de diminution de capacité de travail
interjeté, avant ou à compter du 19 août 1985, en vertu de
l'article 65 de la Loi sur les accidents du travail ou en vertu de l'article 12
de la Loi sur l'indemnisation des victimes d'amiantose ou de silicose dans les
mines et les carrières. "Les appels visés dans le présent
alinéa, y compris ceux qui sont pendants devant la division des
accidents du travail de cette Commission, sont entendus par la division de
l'indemnisation des sauveteurs et des victimes d'actes criminels."
J'ai, tantôt, donné des explications quand j'ai dit que la
modification a pour but de s'assurer que la CSST assumera les coûts
reliés aux appels des bureaux de révision de la CSST concernant
le droit à une compensation, le quantum d'une compensation et le taux de
diminution de la capacité de travail interjetés en vertu de
l'article... J'ai donné ces explications-là tantôt. Si la
députée veut que je répète, je peux le faire.
Mme Harel: Est-ce à dire que le Fonds d'indemnisation des
victimes d'actes criminels va aussi être mis à contribution,
taxé?
M. Bourbeau: Non, c'est exclu, M. le Président.
Mme Harel: Si je comprends bien, c'est essentiellement pour les
décisions d'indemnisation en matière d'accidents du travail ou de
maladies professionnelles antérieures à l'adoption de la loi
42.
M. Bourbeau: Au 19 août 1985 pour les dossiers qui sont
encore devant la Commission des affaires sociales, les autres, bien sûr,
depuis le 19 août 1985, ayant été transférés
à la CAMLP.
Mme Harel: Alors, M. le Président...
Le Président (M. Joly): Mme la députée.
Mme Harel: ...je propose de disposer de l'amendement, puis
j'interviendrai sur l'article 1.
Le Président (M. Joly): Donc, est-ce qu'on doit
considérer l'amendement comme adopté?
Mme Harel: Rejeté.
M. Bourbeau: Adopté.
Mme Harel: Sur division. Ha, ha, ha!
Le Président (M. Joly): On ne peut pas vous blâmer
d'essayer. Alors, amendement adopté.
Mme Harel: Sur division.
Le Président (M. Joly): Sur division.
Mme Harel: Bon. On revient évidemment à l'article
1...
Le Président (M. Joly): A vous la parole, madame.
Mme Harel: ...tel que modifié maintenant. Alors, d'abord
une question de fond, là, et puis ensuite une question plus technique.
La question de fond, qui n'est pas simplement une question, mais qui est une
inquiétude de fond, justement...
Le Président (M. Joly): Une inquiétude
profonde.
Mme Harel: Voilà, n'est-ce pas? ...qui est
partagée, d'ailleurs, par notamment le Protecteur du citoyen, c'est
évidemment celle qui concerne la formulation utilisée au
deuxième paragraphe de l'article 1 quand on le lit, là: "pour
l'application de ces dispositions, au montant et selon les modalités que
détermine le gouvernement." M. le Président, je rappelle les
propos que tenait le ministre de la Main-d'oeuvre et de la
Sécurité du revenu qui faisait valoir que les inquiétudes
étaient non fondées en regard de l'image d'Indépendance de
la Commission des affaires sociales, compte tenu que le Parlement allait
continuer à voter les crédits et que ce n'étaient pas les
organismes administratifs comme la Régie des rentes, la CSST ou en fait
la Régie de l'assurance automobile dont les décisions allaient
être contestées qui, de toute façon, allaient
décider et du montant, et des modalités de financement de la
Commission.
Donc, il nous disait qu'il y avait quand même des apparences, mais
les apparences étaient sauves. Mais je rappelle qu'il y a une sorte de
glissement, là, qui se fait pour la première fois. Ça,
c'est quand même bien important et je vais demander au ministre qu'il
m'écoute attentivement.
M. Bourbeau: Je ne fais que ça, M. le
Président.
Le Président (M. Joly): M. le ministre.
Mme Harel: Bon, je l'apprécie, M. le Président.
Notamment, il a beaucoup invoqué le précédent, disait-il,
créé par la disposition de la Loi sur les accidents du travail et
les maladies professionnelles adoptée par le précédent
gouvernement, disposition qui permet de prélever sur la CSST un budget
pour financer la CAMLP, la Commission d'appel. Il a utilisé ce
précédent. Mais je lui rappelle que c'était une loi
votée par le Parlement et que c'était une disposition expresse
dans la loi constituant la CSST, la loi justement mise en vigueur en août
1985.
C'est quoi la différence? C'est que là c'est le Parlement,
visiblement, avec la visibilité que ça donne d'intervenir sur
cette question quand on est législateur... Avec l'article 1, tel que
rédigé, il y a un pouvoir maintenant qui s'en va du
côté de l'exécutif parce que c'est par un pouvoir
réglementaire que le ministre et son gouvernement vont pouvoir
établir les modalités, le quantum de financement de la CAS par
ces différents organismes.
À cet effet - parce que ça, c'est vraiment une autre
dimension, différente de celle que j'abordais précédemment
- le Protecteur du citoyen s'exprimait aussi en disant: "Les modalités
de la contribution de ces organismes..." Si tant est que le gouvernement
décidait de procéder même malgré les mises en garde,
il disait: "Les modalités de la contribution de ces organismes ne
pourraient-elles pas être déterminées par loi plutôt
que laissées à la discrétion de l'exécutif?"
Et là, le Protecteur du citoyen ajoutait: II n'est pas
inconcevable que le Parlement vote annuellement des crédits
alloués à un tribunal administratif et ce n'est pas inconcevable
que le législateur précise dans quelle proportion ces
crédits seront pris sur le fonds consolidé et dans quelle
proportion ils seront pris sur les budgets accordés à certains
organismes.
Mais ça, c'est voté par le Parlement. Ce que fait le
ministre avec juste les deux petites lignes de l'article 1, il dit que la
détermination des sommes requises, les modalités de la
contribution des organismes, ce n'est plus le Parlement qui va établir
ça, c'est le règlement. Bon. Moi, je dis au ministre - il ne dira
pas que je ne l'aurai pas mis en garde - que justement sa loi va être
attaquée à cause de ça. Ça va être un des
motifs qui va être utilisé pour attaquer la loi devant les
tribunaux, c'est bien évident, parce que ce qui va être
invoqué, c'est... Ça va être un motif supplémentaire
à contester l'indépendance du tribunal quasi judiciaire. Ce n'est
pas n'importe quoi, là, c'est quand même un tribunal quasi
judiciaire. Quand on explique à nos concitoyens que, si c'est devant la
Commission des affaires sociales, on ne peut rien faire... Ça vous
arrive, j'imagine, autant qu'à moi, d'être obligé de dire
aux gens en levant les bras en l'air: On regrette infiniment, mais, si on
intervient, on va être accusés d'ingérence. Parce qu'on ne
peut pas intervenir comme si c'était une décision d'un
fonctionnaire ou de son supérieur. Non, c'est un tribunal.
Alors, il me semble que, si le ministre voulait vraiment donner toutes
les garanties, il le ferait dans une loi, c'est-à-dire qu'il
établirait avec l'article 4... Il y a trois articles dans la loi; il
pourrait ajouter l'article 4, puis faire voter par le Parlement les
modalités, les montants qui seront prélevés des organismes
pour financer la CAS. Moi, je lui dis, en tout cas, que ce serait de loin une
protection supérieure à sa loi que ce qu'il est en train de
faire. C'est vrai.
Le Président (M. Joly): M. le ministre.
M. Bourbeau: M. le Président, je pense qu'on peut dire
sans se tromper que la coutume en cette chambre et dans nos Parlements, c'est
de réserver les modalités administratives qui découlent de
nos projets de loi à des décisions de l'exécutif. Le
Parlement est là pour légiférer sur les lois, faire des
lois, adopter des principes, adopter des cadres, adopter des mesures d'ordre
général, mais les modalités administratives, il est
très dangereux de les insérer dans les lois elles-mêmes
parce que, la société évoluant continuellement, les
conditions changeant continuellement, on devient enferré dans une loi et
on ne peut plus bouger sans continuellement ramener le législateur
à des lois additionnelles ou des amendements à des lois avec tout
ce que ça comporte de délais et de surcharge.
Alors, je pense qu'il est coutumier, dans nos Parlements de tradition
britannique, de faire en sorte de conserver les décisions
administratives à l'exécutif et de déterminer par
règlement ou par décret les modalités d'application de ces
lois-là et les détails administratifs.
La députée de Hochelaga-Maisonneuve sait fort bien que,
même là, la Loi sur les règlements prévoit tout un
mécanisme de consultations: avant de mettre un règlement en
vigueur, on doit passer par une prépublication dans la Gazette
officielle où les citoyens ou les organismes peuvent se faire
entendre, peuvent faire valoir leurs objections, et ce n'est qu'après
cette période de 45 jours que le règlement doit être de
nouveau soumis à l'exécutif pour décision finale et
publication.
Maintenant, bien sûr, quand il y a un règlement, c'est la
procédure que je viens d'indiquer; il y a d'autres façons aussi
pour l'exécutif de prendre des décisions.
Le Président (M. Joly): Mme la députée.
Mme Harel: M. le Président, le ministre plaide
l'erré d'aller. Il nous dit: C'est comme ça que ça se
passe ot c'est comme ça qu'il faul que ça continue de se passer.
Là, je lui rappelle qu'il ne s'agit pas d'un programme... Justement, on
est en train de vider les lois que l'on adopte, là, de
tout leur contenu; ça devient des coquilles vides, il n'y a rien
dedans, et puis ce qu'il y a dedans, c'est l'exécutif, c'est le
gouvernement, c'est le Conseil des ministres qui se l'approprient. (11
heures)
Mais, en dehors de ça, si on peut accepter que Ce soit parfois et
souvent plus souple d'adopter des modalités dans un règlement, il
reste que, dans la situation qui est la nôtre maintenant, ce n'est pas un
programme du gouvernement, c'est un tribunal qui est en cause, là. Ce
n'est pas le fonctionnement du programme PATA, ou du programme APPORT ou du
programme de la sécurité du revenu, là; c'est le
fonctionnement d'un tribunal sur lequel on n'a après aucune, aucune
prise. Moi, je pense que le ministre ne choisit pas la bonne voie. Il a l'air
de vouloir s'entêter, mais je lui demande alors: Puisqu'il voulait le
mettre en vigueur le 1er septembre et que nous sommes le 8 novembre, quel est
le règlement? Est-ce qu'il a en main la copie du règlement qu'il
entend adopter?
Le Président (M. Joly): M. le ministre.
M. Bourbeau: M. le Président, je n'ai pas encore entre les
mains une recommandation définitive quant à la décision
qui sera prise par le Conseil des ministres...
Mme Harel: Ce n'est pas sérieux, ça!
M. Bourbeau: ...que ça soit un règlement, un
décret ou une décision quelconque. Je n'ai pas encore la solution
définitive; nous étudions présentement diverses formules
et, si la députée de Maisonneuve veut bien patienter
jusqu'à l'article 3, j'apporterai tout à l'heure une modification
quant à l'entrée en vigueur de la loi, bien sûr. Alors,
ça permettra de comprendre pourquoi le gouvernement n'a pas encore pris
de décision là-dessus.
Je pense qu'on doit attendre que la loi soit adoptée avant de
prendre une décision quant au mode de financement. Alors, quand la loi
sera adoptée, le gouvernement prendra une décision - un
décret, ou une décision, ou un règlement -quant à
la façon de procéder. Maintenant, pour l'instant, on a certaines
avenues qu'on discute et il n'y a pas de décisions qui ont
été prises.
Le Président (M. Joly): Mme la députée.
Mme Harel: Premièrement, là, que le ministre ne
joue pas à la cachette. S'il a des amendements à un projet de loi
qui a trois articles, qu'il les dépose maintenant. Deuxièmement,
c'est le plus conservateur des ministres libéraux. C'est vraiment, il
faut que je...
Le Président (M. Joly): Oui, au lieu de déposer les
amendements, vous pouvez peut-être les transmettre, si vous voulez.
M. Bourbeau: M. le Président, je n'ai jamais l'habitude de
retenir mes amendements, c'est parce que c'est un oubli.
Le Président (M. Joly): Non. Vous êtes un de ceux
qui normalement les déposent assez rapidement.
M. Bourbeau: Moi, j'ai une collaboration totale et entière
à l'égard de la députée de Hochelaga-Maisonneuve,
et je le dis tout de suite, à l'article 3, c'est remplacer "le 1er
septembre" par "le 1er janvier", et je transmets immédiatement à
la députée l'amendement.
Mme Harel: Mais oui! D'autant plus, M. le Président, que,
comme le ministre avait déposé son projet de loi au printemps
dernier, qu'il voulait le mettre en vigueur au 1er septembre, je ne peux pas
comprendre qu'il ne sache pas maintenant quelle décision sera prise sur
le montant et les modalités. C'est parce qu'il ne veut pas les
dévoiler, il ne veut pas les révéler, sachant que la
prépublication, ça peut passer presque inaperçu; il n'y a
pas grand monde, dans notre société, qui tous les jours se met
à vérifier dans la Gazette quels sont les
règlements adoptés, sauf l'Opposition.
Mais sa façon de faire, elle est... Finalement, quand je dis
qu'il est le plus conservateur des ministres libéraux, c'est qu'il y a
de ses collègues qui, justement, parce qu'ils avaient
profondément remis en question qu'on adopte des coquilles
législatives vides, font un effort pour déposer, au moment de
l'adoption, ou du débat ou de l'étude des lois, les
règlements, puisque ça manifeste l'intention du gouvernement,
hein? C'est quoi, l'intention du législateur? On dit: On ne le sait pas,
c'est le gouvernement qui vous le dira.
Alors, s'il y a des députés qui aiment ça voter en
disant: Je suis entièrement d'accord avec ce que j'apprendrai tout
prochainement, ça, c'est évidemment chacun pour soi. Moi, je
préfère savoir, comme législateur, sur quoi je vote avant.
Et ceci dit...
Le Président (M. Joly): C'est typique! Est-ce que vous
aimeriez apporter un commentaire, M. le ministre?
M. Bourbeau: bien, je constate que la députée de
maisonneuve, dans son style tout à fait personnel, essaie de jeter la
zizanie dans le camp ennemi.
Mme Harel: Pas du tout. Je sais trop ce que c'est que souffrir
d'être de ce côté pour...
M. Tremblay (Rimouski): Ça vous a marqué, par
exemple.
Mme Harel: Oui, j'ai de la compassion
maintenant.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Bourbeau: Les députés savent fort bien...
Mme Harel: Je vous en demanderai autant pour mes collègues
quand on sera de votre côté.
M. Bourbeau: Je peux dire à la députée de
Hochelaga-Maisonneuve que fes décisions qui sont prises de ce
côté-ci par l'exécutif sont toutes passées par le
filtre du caucus des députés, et celui qui vous parte est un de
ceux qui se font un devoir de consulter leurs collègues
régulièrement sur les principales décisions.
Pour ce qui est de la loi que nous avons devant nous, nous sommes ici
attablés à tenter de voter une loi...
Mme Harel: Moi, je ne veux pas railler...
M. Bourbeau:... d'ordre général et fes
décisions administratives Seront prises éventuellement
après. On met la charrue derrière les boeufs et non pas
l'inverse.
Mme Harel: En tout cas, M. le Président, loin de moi
l'idée de railler ce contrôle de la députation, parce que
ce qui perd un gouvernement, ce n'est en général pas son caucus,
mais son Conseil des ministres. Tantôt, je vous écoutais et je me
dis: "C'est-u" extraordinaire, la propension qu'a le gouvernement...
M. Tremblay (Rimouski): Ça, d'accord. Des voix: Ha,
ha, ha!
M. Bourbeau: Moi, je suis d'accord, M. le Président,
aussi.
Des voix: Ha, ha, ha!
Mme Harel: Mais c'est quand même extraordinaire, cette
tendance qu'a le gouvernement à imiter, dans ce qui l'a fait battre, le
gouvernement précédent. C'est fantastique. Tantôt, le
ministre invoquait la loi adoptée par le gouvernement
précédent. À ce rythme-là, continuez, continuez
comme ça en imitant ce qui nous a fait battre et en ne nous imitant pas
dans ce qui va nous permettre de gagner, là; vous êtes sur la
bonne voie, sur la pente savonneuse.
M. Bourbeau: M. le Président, on va inviter la
députée de Maisonneuve à nos caucus et elle va se rendre
compte comment les discussions sont intéressantes et portent sur tous
les sujets.
Mme Harel: Bon, je reviens avec une question, M. le
Président, une question de fond, là. Le ministre, justement,
avait invoqué le précédent de la disposition express qui
avait été introduite dans la Loi sur les accidents de travail et
tes maladies professionnelles, mais c'était en tant que telle une
disposition, un article de cette loi, l'article 394. Bon.
Là, en vertu de l'article 1, il nous dit que vont être
mises à contribution, sur des décisions d'indemnisation qu'ils
ont prises, la Régie des rentes, la Régie de l'assurance
automobile, la CSST et, le cas échéant, la Régie de la
construction. Mais dans aucune de ces lois il n'y a une disposition à
cet effet, contrairement justement à la disposition qui prévoit
le financement de la CAMLP par la CSST. Il n'y en a pas qui prévoit le
financement de la CAS par la CSST.
Alors, je vous pose la question. Par exemple, la Régie des rentes
prévoit à l'article 34 que "la Régie doit déposer
auprès de la Caisse de dépôt et placement du Québec
tout l'argent en sa possession, sauf ce qui est nécessaire à son
administration courante et au paiement des prestations pour une période
prescrite". On ne viendra quand même pas me faire accroire qu'il faut
interpréter "son administration courante" par le financement d'un autre
organisme. Ça aussi, ça peut donner ouverture à une
contestation.
Pensez à la Régie de l'assurance automobile du
Québec qui prévoit à l'article 23 que "les sommes
versées à la Régie ainsi que celles qu'elle obtient en
vertu des articles 21 et 22 doivent servir", et je cite, "exclusivement
à l'administration de la Régie et de la présente loi".
Ça, ça donne ouverture à une contestation, là,
c'est grand comme une porte de grange, là, à l'égard de la
Régie de l'assurance automobile du Québec. ce qui est clairement
indiqué, c'est qu'il n'y a rien qui permet de prélever des fonds.
parce que la régie de l'assurance automobile du québec, au
contraire, sa loi lui fait l'obligation de se servir de ses fonds
"exclusivement à l'administration de la régie - pas de la cas -et
de la présente loi". ce qui est en cause, là, c'est finalement
une autre loi qui est la loi de la commission des affaires sociales.
Bon, je ne parle pas de la Commission de la construction. Le ministre a
corrigé ce matin, en fait, l'immense omission parce que imaginez-vous
qu'aucune des décisions de la Commission de la construction n'est
appelable devant la Commission des affaires sociales. C'était vraiment
l'aberration que de la cotiser quand elle n'était même pas partie
prenante.
Évidemment, la CSST, parce que c'est finalement assez
grossièrement copié sur le précédent de l'article
394... Mais le ministre ne peut s'appuyer sur aucun article, ni de la loi
constituant la Régie des rentes, ni de celle constituant la Régie
de l'assurance automobile, ni de celle constituant la CSST pour soutenir le
prélèvement de fonds. Alors, comment il pense qu'il va s'en
sortir?
Le Président (M. Joly): M. le ministre.
M. Bourbeau: M. le Président, je répondrai deux
choses à la députée de Hochelaga-Maison-neuve.
Premièrement, elle fait une interprétation très
restrictive de chaque loi en disant que les fonds doivent servir uniquement
pour les fins de cette loi-là. Je lui répondrai que la mesure
qu'on propose présentement est reliée à l'application de
chacune de ces lois-là aussi, en ce sens que les appels qui sont faits
devant la CAS des décisions rendues par ces organismes-là font
partie de l'économie générale de ces lois-là.
Deuxièmement, c'est bien évident que chacune de ces
lois-là, présentement, ne prévoit pas le financement de la
CAS; bien sûr, parce que c'est une mesure nouvelle. Donc, je pense qu'il
est inutile de chercher dans ces lois-là, on ne trouvera pas d'article
qui en traite.
Maintenant, la question qui se pose: Est-ce que nous devions amender
chacune de ces lois-là individuellement pour permettre ce que nous
voulons faire présentement? La réponse que nous avons
trouvée, que nos aviseurs nous ont trouvée, c'est qu'il n'est pas
nécessaire d'amender chacune de ces lois-là. Par une loi que nous
passons présentement, que nous proposons - cette loi-là est
subséquente aux lois dont on parle - le législateur vient
amender, par la loi que nous avons devant nous, la loi 71, chacune des autres
lois qui sont préalables. Et cet amendement-là va faire en sorte
que chacune des lois dont on parie va être amendée dans le sens de
ce que prévoit la loi 71. (11 h 15)
Le Président (M. Joly): Mme la députée.
Mme Harel: Oh! M. le Président, c'est là une
interprétation assez large parce que le législateur n'est pas
supposé parler pour ne rien dire. Alors, s'il n'a pas parlé,
c'est parce qu'il n'avait pas l'intention de donner un pouvoir. Il n'y a pas
d'amendement implicite, là. Ce n'est pas parce que la loi est
subséquente qu'elle vient pour autant modifier, si elle ne le fait pas
explicitement. Il n'y a aucune modification implicite qui se fait des lois
antérieures.
Bon, écoutez, M. le Président, tout ce que je peux faire
ici... Vous comprenez, je n'ai pas le poids du nombre. Je peux juste...
Des voix: Ha, ha, ha!
Mme Harel: ...tenter de saisir le ministre de toutes ces
questions-là pour qu'il ne puisse pas dire que je ne lui en avais pas
parlé.
M. Bourbeau: II y en a un qui parle d'inviter le
député de Lévis; il n'a même plus le poids du nombre
avec lui non plus. Ha, ha, ha!
Le Président (M. Joly): Donc, est-ce que l'article 1
amendé est adopté?
M. Bourbeau: Adopté. Mme Harel: Sur division.
Le Président (M. Joly): Sur division. J'appelle l'article
2.
M. Bourbeau: M. le Président, les crédits
accordés à la Commission des affaires sociales pour l'exercice
financier en cours ayant déjà été votés par
l'Assemblée nationale du Québec avant la sanction de fa
présente loi, il y a lieu de prévoir que les sommes provenant de
la nouvelle source de financement de la Commission au cours de cet exercice
financier soient versées au fonds consolidé du revenu.
Le Président (M. Joly): Est-ce que vous avez autre chose
à ajouter, M. le ministre?
M. Bourbeau: Non, il me semble que c'est clair. On comprend que,
déjà, le financement de ces organismes-là était
assuré. Donc, c'est en fait un remboursement au gouvernement qui passe
au fonds consolidé pour la partie de l'année financière
qui n'est pas encore écoulée.
Mme Harel: Est-ce à dire, M. le Président... Le
Président (M. Joly): Mme la députée.
Mme Harel: ...que le gouvernement pourrait, par règlement,
établir des montants et des modalités qui excéderaient ce
qui est versé à la CAS?
Le Président (M. Joly): Oui. Il me semble. C'est
possible.
M. Bourbeau: Non. Je dis non.
Mme Harel: Vous dites non en vertu de quelle disposition?
M. Bourbeau: En vertu de la logique.
Mme Harel: Ça ne nous étouffe pas, ça,
là.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Bourbeau: Ça, j'en suis très conscient. Je vous
l'ai dit d'ailleurs il y a quelques minutes.
Des voix: Ha, ha, ha!
Mme Harel: La vôtre ne nous étouffe pas.
Des voix: Ha, ha, ha!
M. Bourbeau: II est dit à l'article 44.1: "Les sommes
requises pour l'application de la présente
loi..." Donc, on ne peut pas percevoir des sommes plus importantes que
celles qui sont requises pour l'application de la présente loi.
Mme Harel: La présente loi étant la Loi sur la
Commission des affaires sociales. C'est bien ça?
M. Bourbeau: Oui, oui.
Mme Harel: Donc, c'est pour l'application de la Loi sur la
Commission des affaires sociales que les sommes peuvent être requises.
Est-ce que c'est ça?
M. Bourbeau: Oui, c'est ça, exactement. Oui, en ajoutant
ceci: restreint toutefois aux organismes qui sont visés par le projet de
loi 71.
Mme Harel: Est-ce que ça signifie que, par
règlement, le gouvernement pourrait décider de cotiser les
organismes pour une période antérieure à la mise en
vigueur du projet de loi? Parce que là le ministre nous propose la mise
en vigueur à partir du 1er janvier. Dans l'exercice financier 1990-1991,
ça veut dire que, par modalités, il pourrait cotiser à
partir d'avril dernier et tout cela s'en irait au fonds consolidé, sans
rien améliorer ou bonifier du rendement un peu, disons,
inquiétant de la Commission.
M. Bourbeau: Non, il n'y a pas de caractère
rétroactif à la loi et, si la députée de
Maison-neuve veut collaborer avec nous et adopter l'amendement à
l'article 3, le fonds consolidé ne recevra que la proportion de ces
sommes-là qui sera comptabilisée à partir du 1 er janvier
1991.
Mme Harel: bon. alors, une autre question, m. le
président, une dernière. à l'égard des
modalités de versement qui vont être déterminées par
règlement, le ministre a laissé entendre que cette contribution
va se faire selon le principe de la tarification. est-ce que c'est toujours le
cas?
M. Bourbeau: Vraisemblablement, ça sera quelque chose qui
va tourner autour du volume d'activités de chacun des organismes par
rapport au tout.
Mme Harel: Donc, au prorata des services utilisés?
M. Bourbeau: enfin, en gros, disons. la formule n'a pas encore
été établie, mais le principe de base, ça va
être le volume d'activités. le principe de base.
Mme Harel: En regard des dossiers, par exemple... On a, nous, les
chiffres pour le 31 mars 1990. Alors, pour les appels devant la Commission de
décisions de la Régie des rentes du Québec, il y avait 986
décisions, ce qui signifiait 10 % du total. Pour la Régie de
l'assurance automobile du Québec, il y avait en appel 3313 dossiers, en
fait, personnes, parce que c'est de personnes qu'il s'agit. C'est finalement un
pourcentage de 35 % sur le volume total. Pour la CSST, nous avions un total de
5230 dossiers, c'est-à-dire 55 % du total des dossiers. Et, pour la
Commission de la construction du Québec, rien du tout étant
donné qu'il n'y a pas encore ouverture au droit d'aller devant la
Commission. il est évident que les pourcentages sont faits en fonction
du total des dossiers de la Régie des rentes, de la Régie de
l'assurance automobile et de la CSST et non pas du total des dossiers devant la
Commission. Et ça..
M. Bourbeau: J'ai eu un moment d'inattention, je m'en excuse.
Est-ce que la députée de Maisonneuve donnait des statistiques sur
les décisions rendues ou les dossiers actifs, ou les réclamations
reçues?
Mme Harel: Ça, ce sont les dossiers actifs, en cours, si
vous voulez, pour ces trois organismes gouvernementaux. Parce que, finalement,
ça se présente bien différemment, le tableau de la
tarification, si on le prend en vertu des dossiers en cours ou si on utilise
plutôt les demandes qui sont rentrées...
Une voix: Les réclamations.
Mme Harel: Oui, les réclamations. Vous voyez, par exemple,
pour la Régie des rentes, ça donne 26 % du total,
c'est-à-dire 739 demandes, en fait, réclamations. Pour la
Régie de l'assurance automobile, ça nous donne 1368 demandes,
c'est-à-dire 27 % et, pour la CSST, 765 demandes, donc 47 %.
Je ne sais pas si nos chiffres correspondent aux vôtres ou quels
sont les vôtres, mais encore faudrait-il savoir: la tarification sera
établie, finalement, sur quelle base?
M. Bourbeau: La décision finale n'est pas prise. Il y a de
bonnes chances que ce sort sur le volume des dossiers actifs, mais, encore
là, je ne veux pas préjuger d'une décision qui va
être prise sous peu. Mais il me semble que ce qui serait le plus logique,
c'est d'utiliser les dossiers actifs.
Le Président (M. Joly): Mme la députée,
ça termine?
Mme Harel: Oui. Merci, M. le Président.
Le Président (M. Joly): Est-ce que l'article 2 est
adopté?
Mme Harel: Sur division.
M. Bourbeau: Adopté.
Le Président (M. Joly): Sur division. J'appelle l'article
3.
M. Bourbeau: M. le Président, j'ai déposé un
papillon, un amendement à l'article 3 qui se lit comme suit: remplacer
"le 1er septembre 1990" par "le 1er janvier 1991". M. le Président, je
pense que la chose parle par elle-même. On peut se dispenser de tout
commentaire.
Mme Harel: Sur division.
Le Président (M. Joly): Est-ce que l'article 3, tel
qu'amendé...
La Secrétaire: Est-ce que l'amendement... M. Bourbeau:
Adopté.
Le Président (M. Joly): L'amendement. Premièrement,
on va voter sur l'amendement. Est-ce que l'amendement est adopté?
M. Bourbeau: Adopté. Mme Harel: Adopté.
Le Président (M. Joly): Bon. Maintenant, est-ce que
l'article 3, tel qu'amendé, est adopté?
M. Bourbeau: Adopté. Mme Harel: Sur division.
Le Président (M. Joly): Sur division. J'appelle le titre
du projet de loi. Est-ce que le titre du projet de loi est adopté?
M. Bourbeau: Adopté. Mme Harel: Adopté.
Le Président (M. Joly): Est-ce que le projet de loi
amendé est adopté?
Mme Harel: Sur division. M. Bourbeau: Adopté.
Le Président (M. Joly): Sur division. Donc, la commission
ayant rempli son mandat, nous ajournons nos travaux sine die.
(Fin de la séance à 11 h 22)