Journal des débats de la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(début : 29 novembre 2022)
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Le
mardi 2 mai 2023
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Vol. 47 N° 11
Étude des crédits budgétaires du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, volet Forêts
Étude des crédits budgétaires du ministère des Ressources naturelles et des Forêts, volet Ressources naturelles
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9 h 30 (version non révisée)
(Neuf heures quarante-trois minutes)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du volet Forêt du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts pour l'exercice financier 2023‑2024. Une enveloppe de
1 h 30 min a été allouée pour l'étude de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Non, M. le
Président.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
allons procéder à une discussion d'ordre général, incluant les questions et les
réponses. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échanges. M. le député de Pontiac, la parole
est à vous. Vous disposez de 18 min 26 s.
M. Fortin :Très bien, merci. Merci, M. le Président. Bonjour, d'abord
à vous, aux collègues, à tout le monde, Mme la ministre, vos équipes très, très
nombreuses que je vois... que je vois avec vous. C'est bien, ça veut dire qu'on
va avoir un maximum d'informations pendant nos échanges, je l'espère. Bon, ça
va pour les formalités.
Pour la suite, j'aimerais qu'on aborde, d'entrée
de jeu, le dossier des travaux sylvicoles. Pouvez -vous me dire le montant qui
a été dépensé, dans la dernière année, en travaux sylvicoles? Ce n'est pas plus
compliqué que ça. On commence avec quelque chose d'assez simple.
Mme Blanchette Vézina : Moi
aussi, je vais commencer par des salutations d'usage pour débuter, nous
permettant aussi de se mettre en place pour bien répondre à vos questions parce
que, sincèrement, c'est mon souhait. Vous avez nommé que mon équipe était ici,
avec nous, avec moi, avec nous. Donc, très heureuse aussi de voir les députés
de notre caucus également présents.
Donc, peut être d'entrée... je veux... d'entrée
de jeu, vous nommer avec qui... avec qui je suis aujourd'hui. Donc, je suis
avec ma sous-ministre, Mme Line Drouin qui est là, également M. Alain Sénéchal
qui est sous-ministre associé aux Forêts. Donc, pour ce matin, considérant que
les questions principales sont sur les forêts, donc je suis accompagnée de ces
deux personnes. J'ai également Pascal Ferland, qui est mon directeur de
cabinet, ainsi que mes conseillers politiques au cabinet qui sont présents. J'ai
également pour cet après-midi, volet Mines, Mme Camden, M. Breault,
également Lucie Ste-Croix, qui sont tous des sous-ministres. Donc mon souhait,
je le réitère, c'est de répondre correctement à vos questions puis que vous
ayez le plus d'informations possible.
Donc, vous parliez des travaux sylvicoles
pour l'année... votre question porte sur les travaux sylvicoles pour l'année 2022‑2023...
2024 et pour 2023‑2024. Donc, dans les budgets de travaux sylvicoles en forêt
publique, on parle d'un montant pour l'année 2022‑2023, de 281 700 000 $
pour 2022‑2023, et pour 2023‑2024 prévus, 281 900... 281 millions... Excusez-moi,
là, je ne suis pas dans les bons... Donc, c'est 281 millions et...
281 000 900 $ pour cette année.
M. Fortin :Quand vous dites l'augmentation... En fait, si je retourne
à l'année 2021‑2022, le budget, c'était... Rappelez-moi qu'est-ce qui a
été dépensé à l'année précédente.
Mme Blanchette Vézina : Donc
l'année précédente, on parlait de 248 millions, mais je suis toujours en
millions, 900 000 $. Donc, 2021‑2022, en forêt publique et en forêt...
Pour 2022‑2023, 281 700 000 $ pour pour l'année dernière.
M. Fortin :O.K. Cette augmentation-là, vous la voyez dans les...
disons pour l'an prochain, là, vous la voyez dans votre budget. On voit l'augmentation
qui est prévue, et là, je vous réfère... je ne sais pas si vous les avez là,
mais on parle dans votre budget d'une augmentation de 98 millions pour
augmenter le niveau d'investissement en travaux sylvicoles. Ça, c'est pour les
cinq prochaines années. Je ne me trompe pas?
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce qui a été avancé comme mesure budgétaire, effectivement.
M. Fortin :O.K. Mais l'enjeu autour de ça, là, c'est que, si je tourne
la page dans le budget, vous me dites ici ce 98 millions-là, donc 18 millions
par année environ, il est utilisé pour faire des travaux sylvicoles, pour des
chemins forestiers, des chemins multi-usages, puis la production de plants
forestiers dans les pépinières. Alors, ce n'est pas tout pour des travaux
sylvicoles, là.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, vous comprendrez que des travaux sylvicoles, ça peut débute avec la
plantation, donc il faut à la fois cueillir... récolter des arbres, là, donc
les planter, faire les travaux qui vont permettre d'avoir...
Mme Blanchette Vézina : ...des
plans, donc, ça, c'est une première phase. Ensuite, il faut aussi se rendre
dans le territoire où il y a des travaux sylvicoles à faire. Donc, on fait,
oui, de l'aménagement de chemin forestier et également de la plantation
elle-même. Donc, c'est un cycle. Les travaux sylvicoles, ce n'est pas juste la
plantation elle-même, mais c'est l'ensemble de ses activités. On a... Il faut
comprendre aussi qu'on a des pépinières, des pépinières qui appartiennent...
qui sont dans le domaine public, donc qui appartiennent au gouvernement, et...
donc il y a des travaux, là, qui sont à être fait à nos pépinières, qu'on va
faire.
M. Fortin :Bien, moi, ce que je veux savoir, c'est le montant pour
réaliser les travaux sylvicoles. Est-ce que vous l'avez, ça?
Mme Blanchette Vézina : Je
vous ai donné le montant, donc peut-être juste me redonner la feuille...
M. Fortin :Non, non, mais un instant, là. Parce que vous me
dites : Dans mon montant général, il y a les travaux sylvicoles, il y a
les chemins multiusages puis il y a les pépinières. Moi, je cherche combien
vous avez dépensé de ce 18 millions là par année, que vous faites le choix
d'investir, dans la partie de travaux sylvicoles.
Mme Blanchette Vézina : Donc,
50 millions, vous me dites, pour la portion des chemins puis
48 millions pour les travaux sylvicoles pour cette année.
M. Fortin :O.K.
• (9 h 50) •
Mme Blanchette Vézina : Bien,
pour le budget, 98 millions... le budget supplémentaire de 98.
M. Fortin :Donc, il y en a la moitié qui vont... bien, à peu près, là,
la moitié qui vont dans des chemins puis la moitié qui vont dans les pépinières
et les travaux sylvicoles, c'est ça?
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce que, oui, on prévoit pour cette année.
M. Fortin :O.K. Bien, pour...
Mme Blanchette Vézina : Bien,
pour le 98 millions.
M. Fortin :Pour les cinq prochaines années.
Mme Blanchette Vézina : Pour
les cinq prochaines années.
M. Fortin :Alors, dans les montants que vous m'avez donné tantôt, là,
vous incluez à chaque fois la question des chemins multiusages là-dedans...
Mme Blanchette Vézina : Il y
a... Non, c'est...
M. Fortin :...dans les 280 que vous avez mentionnés.
Mme Blanchette Vézina : C'est
distinct. ll y a vraiment... Il faut comprendre que, dans les travaux
sylvicoles, on a une société d'État qui est sous la gestion d'Investissement
Québec, qui gère les travaux sylvicoles, qui s'appelle Rexforêt. Et donc
Rexforêt s'occupe de la portion, vraiment, travaux sylvicoles, et ce budget-là,
il est remis ou en partie remis à Rexforêt pour faire ces travaux-là. Donc, ce
n'est pas le budget associé aux chemins multiusages. Il y a d'autres programmes
qui existent pour les chemins multiusages.
M. Fortin :O.K. Je comprends, mais Rexforêt, là, il fait ce que le
ministère lui demande de faire, là, c'est un exécutant de votre ministère
essentiellement.
Mme Blanchette Vézina : On a
une entente avec Rexforêt.
M. Fortin :Oui, mais ce n'est pas eux qui décident des travaux à faire
ça, ça, ça vient du ministère.
Mme Blanchette Vézina : Effectivement,
on est en entente avec...
M. Fortin :O.K. O.K. Il y a une des choses que j'aimerais regarder
avec vous, c'est les... la proportion, disons, entre ce qui est... donnez-moi
une seconde, je cherche ma paperasse. Voilà. O.K. La proportion entre ce que
vous plantez dans les travaux sylvicoles puis ce vous entretenez, O.K.? Parce
que vous le savez, là, je... Puis ça a été constaté par vos équipes. C'est ce
qui est partagé avec les entrepreneurs en région. Par exemple, entre 2018 et
2021, au Saguenay Lac-Saint-Jean, qui est une grande partie de notre forêt
publique au Québec, là, c'est le Saguenay, Lac-Saint-Jean, l'Abitibi puis le
Nord du Québec, juste dans une unité de gestion, ce que vos professionnels
disent, c'est qu'il y a environ 70 % des travaux d'éducation de peuplement
qui sont faits. Est-ce que vous pouvez m'expliquer ça, qu'on plante des arbres
mais qu'on ne fait pas les travaux d'éducation par la suite?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, comme je vous mentionnais, là, on a une petite société... une société
à qui on délègue les travaux d'aménagement, les travaux sylvicoles qui
s'appelle Rexforêt. Rexforêt a le mandat de faire les travaux sylvicoles avec
des échéanciers puis, oui, vous l'avez nommé, des critères qui sont déterminés
en fonction des objectifs du ministère. Et donc les travaux qui sont effectués
le sont conformément à cette entente-là, puis dans le meilleur intérêt aussi
des Québécois, là, donc du patrimoine des Québécois, en règle... en suivant les
règles, également, là, de la loi sur l'aménagement durable des forêts. Donc,
tout ça est fait en conformité avec avec cette loi. Et on a également, bien
sûr, les choix budgétaires avec l'enveloppe qui est disponible, là, qu'on met
pour la priorité sur les plantations qui sont effectuées.
M. Fortin :O.K., mais... Là, je vais vous présenter un tableau, O.K.,
qui est assez... C'est assez clair, là. Ça, ça vient de votre ministère. Ça,
c'est l'éducation de peuplement, et l'éducation de peuplement, ça, c'est
l'argent qu'on met pour entretenir les arbres qu'on plante. 2018, vous avez un
montant, 2,327, c'est diminué à 1,932, à 1,621, à 1,556. Essentiellement, là,
pendant les quatre dernières années du mandat de votre gouvernement, ça a
baissé à chaque année. Puis ça, ici, la ligne rouge, là, Besoins réels
identifiés, en 2018, puis, à chaque année, ça baisse. Est-ce que ça, ça va
continuer à baisser?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, pour... Tu sais, vous le savez, là, on a annoncé 98...
Mme Blanchette Vézina : ...donc
c'est une augmentation des travaux sylvicoles pour les prochaines années.
L'objectif, c'est de planter des arbres. Vous le savez, la plantation, c'est la
clé aussi pour la production de nos forêts, puis avoir une forêt qui est
productive aussi face aux changements climatiques. Donc, le... pardon, le
rehaussement qui a été annoncé de 98 millions va servir aussi à la
plantation des arbres. J'ai d'ailleurs annoncé hier...
M. Fortin :Ce n'est pas ma question, Mme la ministre. Sur la plantation,
là, on va être d'accord, vous et moi, que de planter des arbres lorsqu'il y a
des travaux qui sont effectués puis que les forêts ne peuvent pas se repeupler
naturellement, c'est une bonne affaire, O.K..
Mme Blanchette Vézina : On
s'entend.
M. Fortin :Mais, si on les plante puis on ne s'en préoccupe pas par la
suite, bien, il y a d'autres espèces envahissantes qui vont prendre le dessus,
il y a toutes sortes de choses qui peuvent arriver pour que nos arbres ne
soient pas... n'arrivent pas à maturité le plus rapidement possible puis ne
puissent pas être utilisés le plus rapidement possible. Alors, ça, ici, là,
est-ce que ça va continuer? La question de l'éducation des peuplements, est-ce
que vous avez un engagement spécifique envers l'éducation des peuplements?
Mme Blanchette Vézina : Je
vous ai nommé l'engagement, là, le 50 millions, là, pour ce qui est des...
48 millions pour les travaux sylvicoles. L'objectif, c'est de faire mieux,
faire plus en forêt, donc on le fait et on continuera de le faire.
M. Fortin :Lâchez-moi les lignes de presse deux secondes, là. Est-ce
que vous pouvez me dire... Parce que, vous puis moi, on va se mettre d'accord
sur quelque chose, on va planter un arbre, puis, si on le laisse là, puis on ne
s'en préoccupe pas, puis on ne fait pas l'entretien nécessaire, là, il
n'arrivera pas à être à son maximum de potentiel. On est d'accord là-dessus?
Mme Blanchette Vézina : Tout
à fait.
M. Fortin :O.K. Alors, comment dans ce cas-là, vous pouvez accepter
que vous diminuez, d'année après année, l'éducation de peuplements, l'entretien
de ces arbres-là qu'on plante?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a plusieurs façons que je vous ai nommées, là, plusieurs façons d'agir en
travaux sylvicoles. Il faut comprendre que, pour accéder à des territoires, il
faut faire des chemins. Tu sais, on veut planter et on va planter. Puis on l'a
nommé, là, on a une mesure directement pour ça. On va aussi aider... On parle
des terres publiques principalement, là, dans votre question, mais...
M. Fortin :Non, ça... En fait, Mme la ministre...
Mme Blanchette Vézina : ...mais
j'ai annoncé aussi du soutien pour les plantations, les terres privées.
Le Président (M. St-Louis) : ...s'il
vous plaît, peut-être laisser la ministre terminer. Je veux bien vous laisser,
là, discuter, mais sinon, je vais vous demander de vous adresser à la
présidence. Donc, merci de respecter...
M. Fortin :Ce serait beaucoup plus simple, M. le Président, si elle
répondait à la question. La question c'est à propos de l'éducation des
peuplements. Est-ce que ce budget-là va continuer à diminuer? Ce n'est pas plus
compliqué que ça, M. le Président.
Mme Blanchette Vézina : Je
vais vous répéter ce que je vous ai dit, c'est des choix budgétaires. On fait
des travaux sylvicoles. L'objectif, c'est de planter, bien sûr, d'entretenir,
effectivement, c'est un ensemble de mesures qu'on prend, puis on va continuer
de le faire.
M. Fortin :Mais vous me dites, là, ça, c'est depuis tantôt, Mme la
ministre dit : On va planter plus d'arbres, on va faire plus de chemin.
Pouvez-vous me dire que vous allez faire plus d'entretien?
Mme Blanchette Vézina : Moi,
je peux vous apporter le fait qu'il y a eu un audit qui a été fait par la
vérificatrice générale par rapport à la rentabilité de nos investissements en
travaux sylvicoles. Puis on a déployé des outils avec les directions régionales
pour améliorer cette efficacité-là puis on va continuer de le faire en fonction
des crédits budgétaires qui sont disponibles.
M. Fortin :Je reviens à ma question. Est-ce que le budget pour
l'éducation des peuplements va continuer de diminuer? Je vais la poser jusqu'à
tant que vous y répondiez.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
vous pouvez reposer la question, M. le député de Pontiac. Moi, ce que je vous
dis, c'est : On fait les travaux qui sont nécessaires pour reboiser nos
forêts. On le fait en fonction des crédits budgétaires qui sont disponibles.
Cette année, on a augmenté pour les cinq prochaines années à 98 millions.
On veut être efficace en forêt. Ce n'est pas juste injecter des sommes, c'est
aussi être efficace, et c'est ce qu'on... c'est ce qu'on fait.
M. Fortin :Le problème, c'est que vous ne l'êtes pas, efficace. Parce
que je vais vous soumettre un tableau bien simple qui vient de votre ministère.
Et là je vous parle... je vais prendre la région de l'Abitibi. 08, c'est l'Abitibi,
ça? Parfait. Alors, reboisement, cible annuelle de reboisement en hectares,
pour l'Abitibi : 8 770. O.K. Cible... En fait, pas vrai, je vais la
prendre sur cinq ans. Cible quinquennale : 43 000 hectares de
reboisement. Vous en avez fait 53 000, vous avez reboisé plus que votre
cible. O.K. Cible quinquennale pour l'éducation des peuplements :
41 000 hectares. Donc, ce qu'on dit, là, c'est :
43 000 hectares de peuplés, 41 000 d'éduqués, O.K., donc
d'entretenus. Mais votre cible, votre réalisation pour l'entretien, là, il est
environ 70 % de tout ça. Alors, vous dépassez votre cible pour ce qui est
du reboisement puis vous êtes en dessous de votre cible pour ce qui est de
l'entretien. Est-ce que c'est normal, ça, Mme la...
M. Fortin :...Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on continue d'investir dans les travaux sylvicoles. Je veux juste être
certaine de référer à la même... au même document que vous pour pouvoir
m'assurer, là... Pouvez-vous me dire c'est à quel endroit que vous avez...
M. Fortin :Ça, c'est le tableau, là, le tableau TSNC pour les régions
zéro huit et 10. C'est des tableaux qui sont... Ça ne vient pas des crédits,
c'est des tableaux qui sont distribués par votre ministère dans les régions
concernées. Alors là, ici, j'ai l'Abitibi, le Nord-du-Québec. Tantôt, on a
parlé du Saguenay, là, à trois régions, c'est à peu près 70 % de la forêt
publique québécoise. Alors, ce qu'on dit ici, puis je vais vous le donner, je
vais vous le remettre, là, mais c'est que vous faites 123 % du reboisement
en Abitibi que vous aviez ciblé dans les cinq dernières années. Bravo! Mais
vous faites juste 70 % de l'entretien de ces arbres-là ou des autres
arbres qui ont été plantés par le passé. Alors, si vous ne réalisez pas votre
cible d'entretien, qu'est-ce qui va se passer?
Mme Blanchette Vézina : Je
vais répéter la réponse que je vous ai donnée parce que ça vient aussi avec le
fait qu'il y a eu de l'inflation dans les travaux, dans les coûts des travaux.
Donc, on fait le reboisement, vous l'avez nommé, vous l'avez reconnu, là. Le
reboisement, il se fait selon les cibles dans plusieurs régions du Québec. Puis
l'entretien, on le fait dans la mesure de disponibilité de la machinerie puis
des crédits disponibles.
M. Fortin :Est-ce que c'est possible de demander au forestier en chef
qui est ici, là... est-ce que c'est possible de lui demander ce qui va se
passer avec des arbres non entretenus?
Mme Blanchette Vézina : ...permettre,
est-ce que vous me donnez le consentement de transmettre la...
Le Président (M. St-Louis) : Avec
le consentement des membres de la commission...
• (10 heures) •
M. Fortin :Bien sûr.
Mme Blanchette Vézina : ...le
forestier en chef a cette indépendance de pouvoir s'exprimer, donc pour... sur
cette question.
Le Président (M. St-Louis) : ...
M. Fortin :Merci, M. le Président.
M. Pelletier (Louis) :
Oui,
bonjour.
M. Fortin :Bonjour.
M. Pelletier (Louis) :
Lorsqu'une
plantation est mal entretenue, nous, on a un examen à faire à une période de
temps donnée dans le temps.
Le Président (M. St-Louis) : Excusez-moi...
ainsi que votre titre, pour le bénéfice de tous.
M. Pelletier (Louis) :
Je
pensais que j'étais connu de tout le monde. Louis Pelletier, forestier en chef.
Lorsqu'une plantation n'est pas entretenue, dans le cadre de nos travaux, à une
période de temps donnée, on vérifie si la plantation donne les rendements
escomptés, est-ce qu'elle a la bonne composition, si c'est une plantation
résineuse, est-ce qu'on a encore du résineux et est-ce qu'elle a atteint les
hauteurs prescrites en fonction de nos courbes de croissance. Si les deux
critères sont rencontrés, le rendement de plantation est maintenu. Si un des
deux critères n'est pas rencontré, on met un rendement naturel à nos
plantations. Actuellement, au Québec, c'est 35 % qui ne répondent pas à ce
critère.
M. Fortin :O.K. Très bien.
M. Pelletier (Louis) :
Ça
répond à votre question?
M. Fortin :Si on continue d'investir 70 %, de réaliser 70 %
de ce qu'on veut et ce qu'on doit réaliser en matière d'éducation de peuplement
en Abitibi, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et 74 % dans le Nord-du-Québec,
parce que ça, c'est les statistiques des cinq dernières années, est-ce qu'on va
devoir diminuer la possibilité forestière?
M. Pelletier (Louis) :
Ça
dépend des... bien, nous, c'est pris en compte à tous les cinq ans. À tous les
cinq ans, on fait une révision des possibilités forestières.
M. Fortin :Oui.
M. Pelletier (Louis) :
Et
on s'ajuste sur la réalité. Donc, lorsque les deux critères ne sont pas
rencontrés, les rendements de plantation sont ajustés. Donc, il y a une
incidence sur les rendements. Oui, il y a une incidence sur les possibilités
forestières.
M. Fortin :Alors, Mme la ministre comme moi, là, vient d'entendre que
si on ne fait pas les travaux d'éducation nécessaires, il va y avoir une
incidence sur la possibilité forestière. Alors on peut en planter autant qu'on
veut, des arbres, on peut dépasser nos cibles, mais si on ne les entretient
pas, si on ne fait pas les travaux nécessaires, il va falloir diminuer la
possibilité forestière. Est-ce que ça vous inquiète, Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Sur
cet élément, là, on est d'accord ensemble sur le fait que c'est important de
faire les travaux sylvicoles pour garder une capacité forestière. Parce que,
vous l'avez dit, c'est un... vous l'avez nommé, là, et c'est important pour les
régions. On le fait. Puis on se fie également au forestier en chef pour
s'assurer de récolter ce qui peut être récolté en considérant effectivement la
capacité réelle de nos forêts.
M. Fortin :Mais le forestier en chef, là, vient de dire...
Le Président (M. St-Louis) : ...M.
le député.
M. Fortin :On va revenir là-dessus, parce que ce que le forestier en
chef vient de dire est inquiétant puis on peut lui demander de récolter ce qui
est récoltable, mais s'il nous dit qu'il y en a moins qui va être récoltable si
on ne fait pas les travaux, on a un problème.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention
du deuxième groupe d'opposition. Donc, Mme la députée de Verdun, la parole est
à vous. Vous disposez d'une...
10 h (version non révisée)
Le Président (M. St-Louis) : ...min
et 13 s.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je vais commencer par saluer la présence de la ministre, les
collègues de l'opposition ainsi que les membres de la banquette ministérielle.
Alors, j'aimerais commencer une question sur le mesurage du bois. Donc, au
Québec, la façon que ça fonctionne, on paye des droits de coupe en fonction du
volume qui est récolté. Pour arriver au volume qui est vraiment récolté, il
faut... on pèse le bois puis après on le transforme, là, c'est... c'est un
petit calcul qui est fait pour avoir le poids en volume et l'équivalent en
droit de coupe. Malheureusement, ce qu'on voit, c'est que ce sont des employés
des mêmes compagnies forestières qui sont en charge de faire la pesée et la
conversion. Donc, on s'entend que, quand on est ceux et celles qui vont être
avantagés par le volume qui sort, il y a peut-être des gens qui se disent :
Je vais peser pas trop fort sur le crayon. On va peut-être jouer entre les
lignes pour être avantagés. Puis ma question, c'est... pour la ministre, est-ce
qu'on va continuer de laisser les entreprises forestières mesurer elles-mêmes
le bois qu'elles sortent de nos forêts publiques?
Mme Blanchette Vézina : Je
suis contente que vous posiez cette question-là parce que c'est important,
effectivement, de comprendre comment on mesure le bois, puis il y a eu
différentes choses qui ont circulé, là, dans les médias dans les dernières...
dernières années, ça fait que nous, le... le ministère, on... on veut, dans un
souci d'amélioration continue, s'assurer que nos pratiques ont l'effet... qu'il
n'y a pas... qu'il n'y a pas de pratiques qui sont non conformes ou qui ne
seraient pas dans l'intérêt des... des Québécois, ou qu'il y aurait de la fraude,
tu sais, on... on est... on est confiant de... de... de vous dire aujourd'hui
qu'il n'y en a pas ou, en tout cas, on a mandaté une firme pour s'en assurer.
On a mandaté MNP, la... une firme qui a fait... on a fait un appel d'offres,
là, pour produire un audit externe sur la performance de ces activités-là, pour
s'assurer que les méthodes étaient conformes. Ça... donc, ils ont évalué le
processus, les contrôles aussi qui étaient mis en place par le ministère pour s'assurer
que les volumes qui étaient récoltés étaient réellement les volumes qui étaient
mesurés puis c'était facturé aussi de manière équitable, on regardé également,
là, en totalité la, tu sais, la valeur marchande de ces bois-là, donc on... le
ministère, on s'est adjoint aussi la firme Quantum pour élaborer un mandat d'audit
externe sur cette performance-là puis on voulait aussi être accompagnés dans la
réalisation de ces travaux. Suite aux travaux qui ont été réalisés, MNP a
formulé l'indication suivante : Nous n'avons rien relevé qui nous porte à
croire qu'il pourrait exister des écarts significatifs quant au volume de bois
récolté, mesuré et facturé, et ce, en conformité avec le cadre normatif. Donc,
la firme externe est venue nous mentionner qu'il n'y avait pas de... de raison,
d'écart significatif par rapport au bois récolté. La firme a aussi proposé un
certain nombre de recommandations, d'améliorations.
Mme Zaga Mendez : Merci. J'ai
bien pris connaissance, en fait, du rapport MNP. Merci pour... mais il y a d'autres
choses qui sont dites dans le rapport, là, lorsqu'on parle du travail de
vérification. Donc, la firme a dit que le travail de vérificateurs, bien, ils
ne sont pas bien encadrés, qu'il y a à peu près 17 unités de gestion sur
33 qui n'ont pas assez de vérificateurs sur le terrain, on parle aussi du
nombre de personnes à temps partiel, alors que ça prend 40 effectives à
temps... à temps plein, à temps complet. Donc, ma question, c'est comment on s'assure
vraiment de suivre, d'évaluer puis s'assurer que le volume de bois sort nos
forêts soit vraiment mesuré quand il nous manque autant de vérificateurs.
Mme Blanchette Vézina : L'objectif,
c'est de bien mesurer, vous l'avez nommé puis, tu sais, c'est important pour
nous. Donc, ce que je vous disais aussi, effectivement, MNP à formuler des
recommandations. Nous, le ministère on a élaboré un plan d'action pour
optimiser le processus de mesurage de bois. Pour... pour le faire, on a pris un
échéancier entre trois et 12 mois puis... en fait, on est à 50 % de
réalisation de... des actions. Donc, on a mis en place des mesures pour
atteindre les... pour remplir les recommandations qui avaient été... qui
avaient été demandées par la firme.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
vais juste citer une partie aussi de... du rapport qui dit que les observations
faites lors des visites terrain témoignent d'un certain manque de rigueur dans
l'émission des non-conformités pour le vérificateur-mesureur. Puis je pense que
l'enjeu, là, ici, c'est le fait qu'on laisse encore les entreprises elles-mêmes
mesurer le bois pour lequel elles vont avoir des droits de coupe. Alors, ma
question, c'est comment la ministre va s'assurer que le mesurage soit fait par
des mesureurs indépendants des entreprises.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, je vous ai nommé qu'il y avait un plan d'action qui avait été élaboré
suite aux recommandations. Donc, on va... on va mettre en place les... les
mesures nécessaires pour s'assurer d'être conforme avec ces recommandations...
Mme Zaga Mendez : ...est-ce
que la ministre peut nous donner des exemples de mesures concrètes qui vont
être faites pour que des mesureurs soient indépendants des entreprises?
Mme Blanchette Vézina : Peut
être demander à... donner la parole à mon sous-ministre Forêts, là, qui...
Est-ce que c'est Alain Sénéchal qui peut compléter, là, sur les actions,
quelques-unes des actions qui ont été mises en place?
M. Sénéchal (Alain) : Oui.
Bonjour.
Mme Blanchette Vézina : Est-ce
que vous me permettez de...
Le Président (M. St-Louis) : Une
précision, j'ai besoin du consentement de la commission. Il y a consentement?
Merci, donc...
M. Sénéchal (Alain) : Bonjour.
Alain Sénéchal, sous-ministre associé aux ‘est une forêt. Donc, effectivement,
le rapport de MSP nous a amené des corrections à apporter au niveau
opérationnel. Donc c'est en cours de réalisation. Il y a un plan d'action qui
est suivi de façon rigoureuse, là, par les équipes pour s'assurer que le bois
est mesuré. C'est sûr que les vérificateurs, ils procèdent à un
échantillonnage. Donc, c'est comme un peu un rapport d'impôt, là. Les rapports
d'impôt, les gens les font. Il y a des vérifications qui se font sur les
rapports d'impôt. On ne fait pas... on ne confie pas le rapport d'impôt à une
tierce partie. Bien, c'est un peu la même chose.
L'autre chose que je peux vous dire, c'est
que le bois en forêt, là, il y a beaucoup d'intermédiaires qui sont rémunérés à
partir des volumes de bois qui sont mesurés. Donc, dans la chaîne de
production, il y a beaucoup, beaucoup d'intermédiaires. S'il y avait des...
outre le fait qu'on a fait des relations externes, s'il y avait des manquements
au mesurage, bien, l'entrepreneur, le transporteur, l'entreprise, il y a
beaucoup de personnes dans le circuit qui sont payées à partir de ces chiffres-
là. Donc, il y a comme un contrôle. En plus du contrôle qu'on fait, il y a un
contrôle qui se fait dans la façon de travailler en forêt pour s'assurer que le
bois est mesuré aie le bon... aie le bon volume.
• (10 h 10) •
Mme Zaga Mendez : Donc, de ce
que je comprends... Merci pour la réponse. De ce que je comprends de la réponse
ici, Mme la ministre, c'est qu'on continue. C'est un peu comme donner la clé de
la banque de sang aux vampires, c'est de continuer de laisser les entreprises
de mesurer elles-mêmes le bois qu'elles vont profiter à la suite des droits des
coupes. Parce que dans... Merci pour la réponse, mais on n'est pas en train de
changer le modèle qui est à la base de ces problèmes, si je comprends bien. Je
laisse la ministre, si elle veut réagir, sinon je vais passer à une prochaine
question.
Mme Blanchette Vézina : Quant
à l'opinion de la députée de Verdun par rapport aux entreprises forestières qui
font vivre plusieurs régions du Québec, je note... je note que vous considérez
ces entreprises qui sont importantes pour le développement de nos régions comme
des vampires. Ceci étant, moi, je vous rappelle que la firme externe a
mentionné que nos façons de faire étaient conformes. Puis on va se... on va
corriger ou on va ajuster les manières de faire pour s'assurer d'être toujours
en conformité.
Mme Zaga Mendez : Je vais
continuer avec une prochaine question parce que c'était... Je vais.... Ce n'est
sais pas que certainement les propos que je voulais... que j'ai utilisés,
c'était plutôt de dire le laisser-faire.
Mais j'aimerais parler des droits de coupe
de la... Quand on parle des droits de coupe, j'aimerais savoir si la ministre
peut nous dire combien on reçoit en droits de coupe par année au Québec,
comparé à combien l'État est en train de débourser pour les aménagements du
territoire forestier en opération régionale.
Mme Blanchette Vézina : Vous
mentionnez que... Dans le fond, le calcul de la possibilité forestière se fait
en respect de la Loi sur l'aménagement durable des forêts. On a un Forestier en
chef qui est externe et qui lui calcule la possibilité forestière du Québec en
fonction, on l'a nommé, d'aménagement forestier, de travaux sylvicoles et de différentes
contraintes qui peut arriver. Donc, la possibilité forestière au Québec est de
31 545 000 km², mais le volume de récolte est, lui, de 22 416 000 m², mais j'ai
kilomètres, excusez-moi, c'est mètres cubes. Donc ça, c'est pour la capacité.
Donc, je tiens à vous mentionner qu'on ne récolte pas l'ensemble de la capacité
forestière. Ça, c'est une première chose. Pour ce qui est des droits de coupe
forestier, on parle d'environ 500 millions, plus ou moins
500 millions de dollars.
Mme Zaga Mendez : Est-ce que
la ministre peut comparer avec l'argent qu'elle débourse, que le gouvernement
débourse pour l'aménagement du territoire forestier?
Mme Blanchette Vézina : Vous
parlez des travaux sylvicoles?
Mme Zaga Mendez : Travaux sylvicoles,
aménagement des chemins, opérations régionales tous les travaux qui sont
exercés.
Le Président (M. St-Louis) : Madame...
Mme Blanchette Vézina : J'avais
la fiche tout à l'heure. Là, je peux reprendre la fiche des travaux sylvicoles
qui sont faits en forêt.
Le Président (M. St-Louis) : Excusez-moi.
Pardon.
Mme Blanchette Vézina : Oui?
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
le temps est écoulé, donc...
Mme Blanchette Vézina : D'accord.
Mme Zaga Mendez : Je vais
revenir là-dessus.
Le Président (M. St-Louis) : Je
suis maintenant prêt à reconnaître pour une seconde intervention un membre de
l'opposition officielle. M. le député de Pontiac, la parole est à vous. Vous
disposez de 18 min 28 s.
M. Fortin :Merci, M. le Président. Bien, je suis content que la
ministre reprenne sa fiche des travaux sylvicoles parce qu'on a commencé
quelque chose, on n'a pas tout à fait fini, puis je vous promets, je ne
passerai pas l'entièreté des crédits sur la question des travaux sylvicoles,
mais elle demeure importante parce que ,quand vous avez parlé de la possibilité
forestière avec la collègue de Verdun, mais la possibilité forestière, elle
dépend des travaux sylvicoles. Si on n'en fait pas les travaux sylvicoles, la
plantation...
M. Fortin :...concède. Mais, si on ne fait pas l'entretien, et vous l'avez
entendu de votre Forestier en chef, la possibilité forestière va diminuer, et
ça, ça veut dire... pour nos entreprises forestières, là, ça veut dire des
mauvaises nouvelles; pour notre forêt publique, ça veut dire des mauvaises
nouvelles.
Alors, je vous ai fait parvenir, Mme la
ministre, le fameux tableau auquel je faisais référence tantôt, là, pour les
travaux sylvicoles, O.K. Vous voyez que pour la région 08, qui est
l'Abitibi-Témiscamingue, vous avez réalisé, depuis l'arrivée au pouvoir du
gouvernement de la Coalition avenir Québec, 123 % des travaux de
reboisement prévus. Ça, vous allez me dire que c'est une bonne nouvelle, bien
sûr. Je vous vois acquiescer, alors je prends ça comme une bonne nouvelle. Vous
avez réalisé 70 % des travaux d'éducation. Pouvez- vous me dire que c'est
une mauvaise chose, que c'est une mauvaise nouvelle?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
pour rassurer le député de Pontiac, là, mais aussi les gens qui pourraient
écouter, donc, 2019... 2018, pardon, 2023, la capacité forestière, là, elle a
été calculée, donc elle a été calculée, encore une fois, par le Forestier en
chef, on parlait de 34 147 000 mètres cubes de bois de capacité, et
en 2023-2028, celle qui vient tout juste d'être calculée, avec les travaux
d'aménagement qui avaient été faits antérieurement, là, dont le tableau que
vous nous avez montré tout à l'heure, la capacité forestière, elle a été
augmentée. Donc, il faut considérer que, malgré que vous sembliez dire qu'on ne
fait pas suffisamment de travaux... Je pense qu'on peut en faire toujours plus,
en fonction des crédits disponibles, c'est toujours ça. Mais donc, la capacité,
elle a augmenté ici à 34 916 000 mètres cubes de bois. Donc, il n'y a
pas diminution de la capacité forestière dans les dernières années, avec les
travaux sylvicoles qui ont été effectués. C'est un écart de 2 % dans
toutes les essences, là.
M. Fortin :C'est un peu simpliste comme explication, Mme la ministre,
parce que vous le savez comme moi, là, que les travaux sylvicoles, l'entretien
entre autres, là, ça a un impact pas juste sur les cinq prochaines années, mais
sur les prochaines décennies. Alors, ce que vous me dites, «on a augmenté la
capacité forestière», ça, c'est le... bénéfice parce qu'il y a eu des travaux
d'entretien qui ont été faits pendant des décennies et des décennies. Est-ce
que... Là, votre réalisation, c'est d'avoir réalisé 70 % des travaux
d'éducation nécessaires, selon votre ministère, des travaux nécessaires selon
votre ministère dans les cinq dernières années en Abitibi, dans le
Nord-du-Québec et au Saguenay. Est-ce que votre cible, c'est d'atteindre
100 % pour les cinq prochaines années?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on veut toujours faire mieux. On vit dans une société où il y a des
contraintes budgétaires. On va faire... On fait les travaux qui sont
nécessaires pour entretenir nos plantations, on le fait en fonction des crédits
disponibles, des contraintes liées à différentes situations régionales. Mais
sachez que la rentabilité... Je vous ai nommé, là, la capacité forestière qui a
augmenté. Cette rentabilité-là, elle est bonne. Et on va continuer d'investir
dans les travaux sylvicoles. On l'a annoncé, on va le faire.
M. Fortin :Je vais le prendre d'un autre angle : Il y a combien d'hectares
de plantations qui sont en ce moment dans un état critique?
Mme Blanchette Vézina : Vous
me posez la question?
M. Fortin :Combien d'hectares de nos plantations au Québec, là, sont
en ce moment dans un état critique?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
moi, je tiens à vous dire que le Forestier en chef s'assure de... qu'on récolte
la capacité... en fonction de la capacité réelle de nos forêts, puis c'est
évolutif. Donc, une année... Vous l'avez nommé, ce n'est pas parce qu'on fait
des travaux... moindres travaux une année que ça a un impact tout de suite,
immédiatement. Donc, on fait les travaux qui sont nécessaires. Cette année, on
a annoncé 98 millions supplémentaires, ça fait qu'on va faire ces
travaux-là pour les cinq prochaines années.
M. Fortin :Oui, mais vous êtes incapable de nous dire ce que vous
allez faire avec ce 98 millions-là. Ce que je vous demande, là, c'est
simplement de rencontrer ou de réaliser vos cibles. Vous vous donnez des cibles
de plantation, d'entretien. Vous en réalisez un, mais vous manquez le bateau
sur l'autre. Est-ce qu'il peut y avoir un rééquilibrage, s'il vous plaît? Parce
que de planter un arbre puis de ne pas s'en occuper, ce n'est pas optimal.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, l'objectif, c'est que nos forêts soient cultivées de manière durable,
puis effectivement qu'on va s'assurer de faire les travaux qui sont nécessaires
pour que nos forêts... puis qu'on atteigne nos objectifs, c'est notre souhait
d'atteindre les objectifs.
M. Fortin :Est-ce qu'il va y avoir un rééquilibrage entre la
plantation et l'éducation?
Mme Blanchette Vézina : Rappelons
que les budgets de travaux sylvicoles ont augmenté, là. Donc, dans les
prochaines années... Ils ont augmenté dans les dernières années, et ils vont
continuer d'augmenter pour les cinq prochaines années.
M. Fortin :Oui. Mais vous mettez les deux dans le même paquet. Quand
vous me parlez de votre budget de travaux sylvicoles, là, vous me parlez des
deux affaires, de la plantation puis de l'éducation. Est-ce qu'il va y avoir un
rééquilibrage entre la plantation...
M. Fortin :...qui dépasse ce que vous... ce que vous voulez faire, là,
vous en faites plus que ce que vous voulez faire, puis, l'éducation, vous en
faites moins que ce que vous voulez faire. Allez-vous rééquilibrer?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
comme je vous mentionnais, là, il y a une répartition qui a été prévue.
L'objectif, c'est qu'on atteigne nos cibles. Donc, si on a des ajustements à
apporter pour atteindre les cibles, on va le faire. L'objectif, c'est
d'entretenir de façon durable nos forêts. Puis ça, là-dessus, je suis
totalement d'accord avec vous qu'il faut faire des travaux en forêt pour
s'assurer de conserver cette capacité forestière, puis parce que c'est
important d'un point de vue environnemental de captation de carbone. Donc, on
va faire les mesures, on va prendre les mesures nécessaires pour que les
objectifs puissent être atteints.
M. Fortin :Parfait. Je reviens avec ma question de tout à l'heure.
Combien d'hectares des plantations, au Québec, sont dans un état critique?
Mme Blanchette Vézina : Donc,
on parle de 3 942 hectares en situation critique. À votre réponse,
question... À votre question, réponse simple.
M. Fortin :3 942 hectares. Parce que, juste dans l'unité de
gestion 24-71, là, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l'étude que vos
professionnels ont faite, entre 2018 et 2021, ont indiqué qu'il y avait
3 750 hectares dans un état critique. Ça, c'est juste dans une unité
de gestion. Alors, si j'extrapole ça juste pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean,
c'est 15 000 hectares. Je ne peux pas croire que vous êtes en train
de me dire qu'il y en a juste 3 000 à... 3 900 à la grandeur du
Québec.
• (10 h 20) •
Mme Blanchette Vézina : Bien,
écoutez, c'est l'information dont je dispose en ce moment. Ça fait que je peux
vous mentionner que c'est 3 942 hectares qui sont en situation
critique.
M. Fortin :O.K. Ils sont où, ces hectares-là?
Mme Blanchette Vézina : Je
n'ai pas la réponse sous la main en ce moment. Mais je vais vous revenir. Tu
sais, mon objectif, c'est que vous soyez... vous ayez l'information. Est-ce que
vous me permettez que je transmette cette information-là ultérieurement?
M. Fortin :Bien sûr, bien sûr. Mme la...
Le Président (M. St-Louis) : Mme
la Ministre, vous vous engagez à transmettre l'information à la Commission dès
qu'elle sera disponible?
Mme Blanchette Vézina : Tout
à fait.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
M. Fortin :O.K.. Je crois comprendre des derniers propos de la
ministre qu'il va y avoir un rééquilibrage. Ça a pris du temps à se rendre là,
mais je crois, je crois comprendre qu'il va y avoir un rééquilibrage. Alors, en
ce sens-là, pouvez-vous nous dire les sommes que vous allez investir en
reboisement et en éducation cette année?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on y travaille, avec le ministère, à faire une analyse de la pertinence,
puis vous l'avez nommé, en fonction de la situation régionale. Donc, on fera
les... on fera les ajustements nécessaires en fonction du contexte de chacune
des régions puis du peuplement. Il faut rappeler aussi que, dans ce qui peut
arriver dans nos forêts, là, il peut y avoir, bien sûr, des feux qui viennent
affecter cette capacité, il peut y avoir aussi des épidémies d'insectes. Et ça,
on a investi aussi dans les dernières années, on a ajouté des mesures
budgétaires en ce sens-là pour que nos forêts soient plus résilientes. On fait
aussi de la recherche au sein du ministère même pour que nos forêts puissent
être adaptées aux changements climatiques et que les plantations puissent se
régénérer en fonction du contexte des changements climatiques.
M. Fortin :O.K. Je vais... je veux vous parler d'un autre... d'un
autre thème, là, les consultations. Là, aujourd'hui, aujourd'hui, là, puis on
viendra sur tout le reste, là, mais, aujourd'hui, il y a des communautés
autochtones qui ne se disent pas du tout consultées par rapport... et vous
l'avez lu comme moi, l'article, là, pas du tout consultées par rapport à des
coupes prévues dans les forêts puis dans la forêt publique. Pouvez-vous
répondre à ce qu'on a lu, vous et moi, dans le journal ce matin?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, sur les consultations autochtones, on respecte les façons de faire pour
s'assurer de consulter les autochtones. Sur la situation en lien avec
l'article, il y a eu des consultations sur les territoires visés, ils ont eu
lieu en 2018-2019. Il faut comprendre que c'était dans la révision des droits
forestiers de l'époque et qu'il faut pouvoir offrir des droits forestiers en
fonction des consultations qui ont été faites. Elles ont été faites
antérieurement, donc, en 2018-2019. Postérieurement... ou antérieurement,
plutôt, à la... au dépôt de la demande de la communauté autochtone d'une aire
protégée, je vous rappelle que mon collègue a mentionné, là, qu'il travaille,
en ce moment, à analyser les différentes... les différentes propositions
d'aires protégées. Lorsque ces aires protégées seront délimitées avec des
cartes précises, elles seront envoyées à mon ministère et surtout au forestier
en chef pour...
Mme Blanchette Vézina : ...retirer
la capacité forestière en fonction du territoire distinct qui sera délimité.
M. Fortin :Alors là, vous maintenez...
Mme Blanchette Vézina : Comme
pour toute aire protégée.
M. Fortin :...vous maintenez aujourd'hui que le Conseil des Innus de
Pessamit a été consulté de façon appropriée
Mme Blanchette Vézina : Le
Conseil des Innus de Pessamit a été consulté en 2018, 2019 pour le territoire
visé.
M. Fortin :Est-ce que...
Mme Blanchette Vézina : Puis
le droit... En fait, peut-être préciser que le droit a été donné en 2020, avant
la demande d'aire protégée.
M. Fortin :Est-ce que c'est une consultation que vous jugez
appropriée?
Mme Blanchette Vézina : Mon
ministère s'assure et veille régulièrement à avoir des communications avec les
communautés autochtones visées par les différentes situations d'harmonisation
qui peuvent se vivre sur le territoire public. C'est important. On soutient
aussi financièrement plusieurs communautés pour qu'elles puissent participer à
ces consultations-là, qu'elles aient les effectifs nécessaires pour le faire.
Et mon ministère ainsi que mon équipe, on est en discussion régulière avec les
communautés autochtones pour s'assurer de respecter leurs droits puis de
respecter les processus de consultation, également, qui sont nécessaires pour
l'harmonisation du territoire. Nos relations avec les communautés autochtones,
on les veut fluides. J'ai commencé une tournée avec eux. Mon souhait, c'est de
continuer cette tournée-là, d'avoir des communications avec les différentes
communautés pour que l'harmonisation des droits existants ou à venir puissent
se faire en cohérence avec les droits des Premières Nations.
M. Fortin :Est-ce que vous jugez que vos relations sont fluides, comme
vous dites, en ce moment? Parce que, quand je lis certaines de leurs
interventions, ce matin, ça me semble tout sauf ça.
Mme Blanchette Vézina : Écoutez,
on est en discussion avec plusieurs communautés. Il y a eu des ententes sur
différents territoires qui ont pu être faites dans le passé. Et d'ailleurs, tu
sais, on est en discussion, dans la Gaspésie, avec des communautés des
Premières Nations pour arrimer nos relations, pour que les relations se
fassent. On donne des droits forestiers aussi, des droits de coupe à certaines
communautés autochtones lorsqu'elles le demandent. Donc, l'objectif, c'est de
respecter puis améliorer toujours nos relations avec les Premières Nations et
de respecter les processus de consultation qui sont édictés par les lois.
M. Fortin :Mais parlons de Pessamit de façon spécifique. Ce que vous
me dites, ils ont été consultés en 2018. Oui, O.K., il y a eu une consultation
sur les plans d'aménagement forestier en 2018, mais le ministère leur a donné,
leur a fourni les données, ce qu'ils appellent les colliers télémétriques
satellitaires, là, en 2019 puis... ou en 2020 même, puis après ça a autorisé
des coupes en 2021, 2022 et cette année. Est-ce que c'est un processus normal
de consultation, de demander l'avis, après ça, d'envoyer des données, puis
après ça d'autoriser des coupes?
Mme Blanchette Vézina : Le
processus de consultation, il se fait à différentes étapes. Il se fait
notamment lors de la révision des droits forestiers, il se fait aussi en cohérence
avec les différents usages qui sont sur le territoire ou qui viennent sur le
territoire. Ils ont été consultés, ces Premières Nations, mais est-ce qu'on
peut continuer de les consulter autrement? Moi, j'ai toujours de l'ouverture,
puis je démontre de l'ouverture. Mon souhait, c'est que les relations avec nos
Premières Nations soient fluides dans les territoires publics.
M. Fortin :Non, non, mais je vous parle de la question de Pessamit de
façon spécifique, là. Eux, ce qu'ils disent, c'est qu'après avoir eu ces
données-là puis après avoir entendu qu'il y avait des coupes de prévues ils
vous ont dit : Oh! un instant, ils ont communiqué avec le ministère, ils
ont dit : Un instant, et je cite, là, le vice-chef : «On n'a jamais
eu de rétroaction.» Est-ce que c'est normal, ça, Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Simplement
vous rappelez que les aires protégées sont en analyse, donc la demande a été
formulée au ministère Environnement. Le ministère de l'Environnement est en
analyse des différentes aires protégées, celles-là notamment. Peut-être vous
rappelez que pour retirer des droits ou ajuster des droits, il faut qu'on ait
des cartes de délimitées. Donc, une fois que les aires protégées auront été
délimitées concrètement, s'il y a des aires protégées, bien, elles seront
envoyées à mon ministère pour que l'ajustement puisse être fait quant aux
droits. Il faut comprendre qu'il y a des droits... On vit dans une société de
droit. On a des droits qui ont été donnés à des entreprises. L'objectif, c'est,
oui, de s'assurer d'harmoniser notre territoire, d'avoir un équilibre entre la
prévisibilité pour l'industrie, mais aussi de protéger l'habitat de différentes
espèces, dont le caribou. Donc, en ayant des cartes qui vont délimiter un
territoire d'aires protégées, c'est là que ça déclenche le processus de
révision des droits. C'est ce qui sera fait s'il y a aire protégée dans ce
secteur.
M. Fortin :Mais le ministre de l'Environnement, là, la semaine
dernière, en étude de crédits, a dit qu'il y aurait des annonces par rapport
aux aires protégées au mois de juin. O.K.? Ça, c'est ce qu'il a dit. Le mois de
juin, là, c'est le mois prochain. On est au mois de mai, après ça, vient de
juin. Alors, ça s'en vient vite. Puis, quand on parle aux industries...
M. Fortin :...ils nous disent : Nous, on n'a pas été consultés.
Nous, on ne nous en a pas parlé. Alors, d'un côté, là, les communautés
autochtones sortent sur la place publique en disant : Nous, on n'est pas
consultés par rapport aux travaux qui sont faits. L'Industrie forestière nous
dit : On n'est pas consultés par rapport aux aires protégées. Est-ce que
c'est normal un processus de consultation comme ça, Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Le
processus de développement de la stratégie, disons, caribou est porté par le
ministère de l'Environnement. Il vous a nommé qu'il était en analyse. Moi, de
mon côté, on va travailler en étroite collaboration parce que l'habitat de
l'animal, c'est la forêt. Donc, on sera là pour ajuster les cartes. Il faut
comprendre qu'il y a des droits qui ont été octroyés antérieurement. On est
dans une société de droit, vous le savez. On ne peut pas retirer, sur la base
d'idées, des droits qui ont été octroyés. On a fait les consultations nécessaires.
Puis, lorsque la stratégie sera mise en consultation, les gens pourront
s'exprimer, et les consultations vont se faire dans les prochains mois.
M. Fortin :Vous avez fait la consultation nécessaire, c'est ce que
vous venez de dire.
Mme Blanchette Vézina : Pour
ce qui est des droits antérieurs, qui ont été donnés à l'entreprise... qui ont
été accordés à l'entreprise, oui.
M. Fortin :Mais là vous vous apprêtez à faire des aires protégées. À
qui avez-vous parlé dans l'industrie forestière de ces aires protégées là?
Mme Blanchette Vézina : Pour
ce qui est de la stratégie caribou, elle est portée par le ministère de
l'Environnement. Donc ,je vous répondrais de demander la question à mon
collègue.
M. Fortin :Mais vous, vous considérez que c'est au ministère de
l'Environnement à faire des relations avec l'industrie forestière...
Mme Blanchette Vézina : Moi,
ce que je vous mentionne...
• (10 h 30) •
M. Fortin :...pour des aires protégées? Ce n'est pas à vous à faire
ça?
Mme Blanchette Vézina : Ce
que je vous mentionne, c'est que je suis en relation avec l'industrie, mais
avec les groupes environnementaux également. Je consulte les municipalités,
l'ensemble des communautés forestières. Les impacts, s'il y a... lorsqu'il y
aura stratégie caribou, on aura des mesures de mitigation. Mais il reste que la
stratégie, elle est portée par le collègue de l'Environnement.
M. Fortin :O.K. Mais vous venez de dire, là : Moi, je suis en
contact avec l'industrie forestière par rapport à ces aires protégées là et la
stratégie du caribou. À qui, dans l'industrie forestière, avez-vous parlé de
ces aires protégées à venir?
Mme Blanchette Vézina : Pour
moi... Ce n'est pas moi qui est en lien avec la stratégie caribou pour... en
lien avec l'industrie pour la stratégie caribou. Je vous rappelle que ces aires
protégées, elles sont mises de l'avant par le collègue de l'Environnement.
M. Fortin :Alors, vous n'avez aucun rôle là-dedans.
Mme Blanchette Vézina : Moi,
ce que je vous dis, c'est qu'on travaille en collaboration et on va travailler
en collaboration pour mitiger les impacts, s'assurer qu'on protège l'habitat,
mais aussi nos communautés forestières.
Donc, on sera là et on est là, comme ministère,
en relation avec, oui, l'industrie, mais pas dans la détermination des cartes
des aires protégées. Si je faisais ça, vous seriez... j'aurais quelqu'un qui
viendrait me dire qu'on vient arrimer... l'équilibre serait difficile à faire
dans l'arrimage des droits par rapport à l'industrie.
Donc l'objectif, c'est de, oui, protéger
l'habitat, mais de le faire aussi en cohérence avec... en équilibre avec les
communautés forestières qui sont là. Et moi, comme ministre et le ministère, on
va être en collaboration dans les impacts et dans l'élaboration...
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous demanderais de conclure, Mme la ministre, s'il vous plaît.
Mme Blanchette Vézina : ...de
ce qui sera fait pour les communautés.
Le Président (M. St-Louis) : Je
m'excuse, le temps alloué à ce bloc d'échanges étant terminées, je suis
maintenant prêt à reconnaître une seconde intervention du deuxième... de la
porte-parole, pardon, du deuxième groupe d'opposition. Mme la députée de
Verdun, la parole est à vous. Vous bénéficiez d'un temps de huit minutes
56 secondes.
Mme Zaga Mendez : Merci. Je
vais continuer sur la question d'aires protégées, mais surtout sur la question
de la protection de l'habitat du caribou. Là, j'entendais tantôt la ministre de
dire... Quel est... En fait, ce n'était pas clair. Quel est votre rôle dans la
protection du caribou? Je... rappelle qu'il nous en reste de moins en moins des
caribous sur notre territoire. Je pourrais vous donner des exemples. Dans
Charlevoix, il y a moins de 20 caribous, puis ils étaient plus de 120 il y
a 30 ans. Je pourrais donner des exemples en Gaspésie, à Val-d'Or.
L'objectif de la stratégie, on le souhaite, que ça soit écouter les experts qui
nous disent qu'il ne doit pas y avoir plus de 35 % de perturbations dans
l'habitat du caribou.
Donc, quel est votre rôle, Mme la
ministre, dans la protection de l'habitat du caribou?
Mme Blanchette Vézina : Vous
l'avez nommé, c'est la protection de l'habitat du caribou. On a mis en place
des mesures intérimaires. D'ailleurs, la capacité forestière, elle a été
réduite dans la planification qui a été faite en lien avec la stratégie caribou
puis surtout les mesures intérimaires pour la protection du caribou.
Donc, c'est 1,4 million de mètres
cubes de bois qui a été retiré de la capacité forestière pour la dernière
révision des droits. Et ça on fait les travaux qui sont requis dans les forêts
québécoises en respectant les mesures intérimaires qui ont été formulées en
protection... pour protéger l'habitat du caribou.
Mme Zaga Mendez : Puis on
comprend bien que, pour arriver au...
10 h 30 (version non révisée)
Mme Zaga Mendez : ...35 %
de perturbation de son habitat, il va falloir arrêter des coupes dans certains
secteurs. Êtes-vous d'accord avec moi?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
il y aura différentes actions qui vont être mises en place. Mon collègue de l'Environnement
est en train d'élaborer cette stratégie-là. Nous, on sera en collaboration dans
les mesures applicables pour protéger qui seront jugées nécessaires pour
protéger l'animal. On va aussi... on va aussi faire des actions qui visent bien
sûr la gestion de l'habitat, comprendre... je vous nommais tout à l'heure qu'il
y a des aléas qui peuvent arriver dans nos forêts, qui nécessitent qu'on fasse
des interventions aussi pour protéger cet habitat, notamment des épidémies d'insectes,
du reboisement. Donc, on sera là, nous, en accompagnement pour ces actions. On
va démanteler aussi des chemins forestiers pour à... parce que c'est nommé
comme étant une des problématiques. Donc, on sera là, dans la restauration
aussi du territoire. Puis il y aura des actions aussi d'un point de vue
sylvicole. Donc on sera là, nous, en accompagnement avec le collègue de l'Environnement.
Mme Zaga Mendez : Merci. Une
des choses qui est demandée par le milieu... Parce que vous savez, la façon
comment protéger le caribou, c'est dans la création d'aires protégées. Tantôt,
on parlait de la création de... de tout... tout ce qu'on a lu ce matin
concernant la création d'aires protégées du... dans lesquelles les groupes et
les communautés, ce qu'ils demandent, c'est de dire que dès qu'il y a un dépôt
de projet, qu'on arrête les planifications des coupes forestières dans ce
territoire-là. Pourquoi il n'y en a pas eu d'arrêt dans le cas du... et d'une
consultation plus fructueuse auprès des communautés autochtones?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a eu des demandes qui ont été formulées. Je sais que mon collègue est en
analyse de territoire. Donc, avant de créer une aire protégée, il faut
délimiter sur la carte quels endroits. Encore une fois, on va s'en remettre à
cette carte-là. Lorsqu'il y aura... Le processus légal, comment ça fonctionne,
c'est clair qu'il y aura... ou lorsqu'il y a une aire protégée qui est désignée
officiellement, bien, il y a une réduction de la capacité forestière qui peut
être faite en fonction des mesures intérimaires. Rappelons qu'on a mis en place
déjà des mesures provisoires pour s'assurer de respecter l'habitat du caribou.
Donc c'est ce qu'on fait en ce moment dans les forêts.
Mme Zaga Mendez : Mais, en
attendant... Parce qu'en 2021, là, on a appris que le ministre qui vous a
précédé avait mené quand même une campagne pour bloquer des aires protégées.
Comment vous, Mme la ministre, là, on parle de votre mandat... On a qu'à peu
près, là, il y a eu 83 propositions d'aires protégées qui faisaient l'objet
d'un large consensus citoyen, qui ont été écartées par le ministre.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, je tiens à vous rassurer que pour notre gouvernement et pour moi, il est
important de créer des aires protégées. On a d'ailleurs pris des engagements à
la COP15 de protéger du territoire. On s'en... on s'y engage, on s'y affaire.
Et lorsqu'il y aura des aires protégées qui vont être désignées comme étant des
aires protégées, on fera les ajustements qui sont nécessaires en forêt.
Mme Zaga Mendez : ...parce
que le temps qu'on délimite l'aire protégée, le temps que M. le ministre... On
attend quand même depuis 2019 la stratégie caribou. Ce n'est pas quelque chose
qui... C'est quelque chose qui devait arriver il y a trois ans. On attend jusqu'au
mois de juin, comme le disait le collègue. En attendant, pourquoi ne pas s'engager
à cesser la planification des coupes forestières dans les parcs régionaux, dans
les zones qui sont à l'étude?
Mme Blanchette Vézina : ...on
a mis en place des mesures intérimaires, là, je vous répète, donc il y a des
mesures intérimaires de protection qui sont mises en place. La capacité, elle a
été réduite et dans les territoires où le caribou... où la stratégie est
projetée, on respecte les mesures intérimaires.
Mme Zaga Mendez : Mais je
veux répéter ma question : Pourquoi ne pas s'engager à cesser la
planification des coupes forestières? Pourquoi ne pas mettre un arrêt
temporaire le temps que l'aire protégée soit désignée? Consulter les peuples
autochtones, consulter même... travailler avec l'industrie forestière pour
arriver à une protection de 35 %... je parle du cas du caribou, là, on
parle de 35 % de son habitat qui doit être protégé. Pourquoi ne pas avoir
mis un moratoire, quelque chose de temporaire pour permettre de protéger le
caribou?
Mme Blanchette Vézina :...que
vous aimez beaucoup les moratoires, mais il y a des droits qui sont octroyés
aux entreprises forestières. Je vous répète qu'on a mis en place des mesures intérimaires
pour s'assurer de respecter l'habitat, de respecter l'animal en attendant la
stratégie caribou, on s'est engagé à le faire. Mon collègue y travaille en ce
moment.
Mme Zaga Mendez : Les mesures
intérimaires, vous l'avez mis depuis quand? Depuis quand qu'elles sont en
place, les mesures intérimaires?
Mme Blanchette Vézina : 2019...
2019.
Mme Zaga Mendez : 2019, mais
les inventaires des caribous nous montrent qu'en 2020-2021, on avait encore des
pertes au niveau de l'espèce. Est-ce que vous sentez que les mesures
intérimaires vont nous permettre ou est-ce que... parce que les experts nous le
disent, les communautés nous le disent, il fallait arrêter l'intervention
forestière dans ces zones-là...
Mme Zaga Mendez : ...on parle
des habitats extrêmement sensibles, Mme la ministre. Puis, en plus, on parle,
en tout cas, avec les nouvelles aujourd'hui, qu'après que le dépôt du projet...
Parce que l'enjeu entre 2018 et 2019, là, ce qui est arrivé, c'est qu'on a
trouvé des caribous dans le Pipmuacan, Mme la ministre. Ça fait que c'est ça
qui a changé la donne entre le moment où est-ce que le ministère a consulté et
maintenant. Et une fois qu'on a trouvé ça, on a.... les communautés ont déposé
une aire protégée. Puis ce qu'ils demandaient, c'était une consultation et un
arrêt des coupes dans ces zones-là, pour pouvoir planifier l'aire protégée.
Pourquoi la ministre n'a pas répondu à cette demande?
Mme Blanchette Vézina : Il
faut comprendre que les aires protégées, la détermination des aires protégées,
encore une fois, elle provient d'Environnement. Lorsqu'il y a un consensus au
sein des ministères, il peut y avoir des contraintes administratives qui
pourraient empêcher la récolte du bois. Mais il faut comprendre qu'il y a des
droits qui sont octroyés. On est dans une société de droit. Lorsqu'il y aura la
stratégie caribou... Peut-être faire une parenthèse, mais la stratégie caribou,
on a fait une commission caribou, et la stratégie caribou, elle émane de ça.
Donc, on a mis les mesures intérimaires en place, on a fait une commission pour
déterminer des cartes, s'assurer que ce qu'on mettait au jeu pourrait protéger
l'animal, ce qu'on va faire. Et donc on a mis en place des mesures.
Le ministère respecte à la fois les droits,
l'équilibre entre les droits, de ce qui a été donné antérieurement, pour faire
une transition, aussi, juste, pour l'ensemble des communautés qui vivent de la
forêt, là. Donc, il y a des droits qui ont été donnés antérieurement, et,
lorsque la stratégie caribou sera mise en place, on aura des mesures pour
atténuer les impacts de la stratégie.
Une voix : Juste une minute.
• (10 h 40) •
Mme Zaga Mendez : Écoutez, ce
que j'entends, c'est qu'on... c'est comme si on pellette tout le temps vers en avant,
Mme la ministre, c'est tout le temps : On va attendre la stratégie, on a
mis des mesures. On va pelleter vers en avant. Pendant ce temps-là, le caribou
est en train de disparaître dans notre territoire, Mme la ministre. Puis ça
fait des années qu'on crie, ça fait des quinzaines d'années que les gens se
battent sur le terrain, les communautés autochtones, les groupes. Puis là on
est rendus en 2023, la stratégie n'est pas encore aboutie, on n'a pas fait des
consultations comme il faut. Puis vous nous dites : On va attendre, parce
qu'il faut respecter les droits des forestières. Aucun problème. Nous, on veut
continuer avec l'activité forestière. Mais on pense que, là qu'on est rendus à
avoir moins de 20 caribous à Charlevoix, 34 caribous comptabilisés en Gaspésie,
un arrêt temporaire...
Le Président (M. St-Louis) : En
conclusion, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : ...pourrait
être de mise.
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
le temps de ce bloc d'échange est terminé. Donc, je suis maintenant prêt à
reconnaître une troisième intervention de l'opposition officielle pour un bloc
d'échange. M. le député de Pontiac, la parole est à vous. Vous disposez de
18 min 25 s.
M. Fortin :Merci, M. le Président. Déjà une dernière intervention, ça
passe tellement vite. Il me semble qu'on pourrait faire ça longtemps, mais...
Je ne sais pas si vous êtes d'accord avec moi, mais, quand même...
Mme Blanchette Vézina : J'en
ai plusieurs aujourd'hui, ça fait que ça ne se terminera pas pour moi, là, le
plaisir va continuer cet après-midi.
M. Fortin :Je veux juste continuer un peu dans ce que la collègue de
Verdun vient de... a amorcé, là, le manque de consultations. Tantôt, on a parlé
des communautés autochtones, qui ne se sentent pas consultées, et à travers ce
sentiment-là, là, il y a des experts, des gens de l'Université Laval, entre
autres, qui sont sortis sur la place publique en disant : C'est vrai
qu'ils n'ont pas... ils ont fait 42 000 détours, là, pour ne pas les
consulter de façon appropriée. Là, il y a l'industrie forestière qui dit :
Nous autres non plus, on n'est pas consultés, on ne se sent pas entendus. La
ministre responsable des Forêts nous dit : Bien, ça appartient au ministre
de l'Environnement de faire ça. Sauf que le ministre de l'Environnement, quand
ma collègue ici, la collègue de Verdun, lui a posé la question la semaine
dernière, lui-même a dit : Pour tout ce qui est du volet accompagnement de
l'industrie, c'est davantage ma collègue au MRNF qui pourrait répondre à cette
question-là. Ça, c'est mot pour mot, là, en réponse à ce qui va se passer avec
l'industrie forestière à travers ces aires protégées là.
Alors, ce que j'entends aujourd'hui, la
consultation, ça ne vous appartient pas, mais, par la suite, là, qu'est-ce que
vous entrevoyez pour l'industrie forestière suite aux aires protégées?
Mme Blanchette Vézina : L'industrie
forestière, les communautés, là, les régions du Québec se sont construites
autour de la forêt. Ça fait qu'on est d'accord là-dessus, sur le fait que c'est
important, c'est important, puis on est très conscients de cette importance-là.
En même temps, il faut trouver un équilibre, parce qu'il faut... on le sait, on
doit protéger l'animal, on doit protéger l'habitat, mais la biodiversité aussi,
en général. Donc, la forêt, elle, elle est l'habitat de plusieurs...
Mme Blanchette Vézina : ...de
cette biodiversité-là. Donc, comme ministre des Forêts, des Ressources
naturelles mais des Forêts, j'ai ce devoir-là de protéger à la fois les
communautés qui vivent de la forêt grâce à l'industrie mais de respecter aussi
des engagements de protection de la biodiversité et de l'habitat. Dans les
mesures qui vont être mises en place en lien avec la stratégie Caribou, moi, depuis
mon arrivée, j'ai consulté différentes personnes. L'industrie en fait partie,
les syndicats également, là, de l'industrie forestière. Parce qu'il faut se
rappeler que c'est des employés, des gens qui vivent de la forêt, là, dans nos
régions du Québec.
Et donc, lorsque les aires protégées,
qu'il y a des aires protégées ou qu'il y a des mesures qui sont mises qui
retirent de la capacité forestière, nous, on sera là pour la stratégie caribou
pour soutenir les communautés mais dans un équilibre où on sait que les régions
du Québec se sont construites autour de ces... de cette industrie et que c'est
une industrie qui est importante aussi pour l'économie québécoise, là.
Rappelons que c'est 7 milliards de PIB qui... qui vient de la forêt. Donc,
on va prendre des mesures pour atténuer les impacts, pour mitiger les impacts
pour les communautés, pour s'assurer qu'on puisse continuer de vivre de la
forêt, que nos communautés puissent continuer de vivre de la forêt.
M. Fortin :Qu'est-ce que ça veut dire? Qu'est-ce que vous avez en tête
quand vous me dites : On va prendre des mesures pour atténuer?
Mme Blanchette Vézina : Ça
peut-être des mesures de mitigation, de diversification. On veut faire plus et
mieux avec moins, donc en matière de travaux sylvicoles également. Donc, je
pense qu'on est... on va vous arriver avec différentes solutions, mais sachez
que c'est fait en ayant consulté et en ayant rencontré les différents
partenaires pour s'assurer du respect de ces communautés forestières.
M. Fortin :Vous considérez, en ce moment, là, que les consultations
avec le milieu forestier, avec l'industrie forestière, en vue de ces aires
protégées là et de toutes les mesures qui en découleront, sont appropriées?
Mme Blanchette Vézina : On a
consulté, mais, pour ce qui est de la stratégie caribou, je le rappelle, ou des
aires protégées, c'est des initiatives qui émanent du ministère de
l'Environnement. Donc, les consultations se font à travers le ministre de
l'Environnement.
M. Fortin :O.K. Mais moi, je vous avoue, M. le Président, que j'ai un
petit peu de misère avec une ministre des Forêts qui ne parle pas au milieu
forestier pour des enjeux si importants que ça. Les gens de l'industrie
forestière, ils le disent qu'ils ont des solutions à mettre sur la table, mais
ils veulent être capables de vous en parler. Le ministère de l'Environnement a
un travail à faire, puis c'est un travail important, là, on en convient. Mais,
en même temps, celle qui porte la voix des communautés forestières, c'est vous,
c'est la ministre des Forêts. Vous n'êtes pas une lobbyiste de l'industrie,
mais vous êtes une voix des communautés forestières, comme plusieurs des
collègues ici le sont, comme moi, j'en suis un. Alors, il me semble que
d'entendre leur point de vue avant de prendre des décisions si importantes,
même si c'est des décisions qui appartiennent, disons, à votre collègue de
l'Environnement, c'est la moindre des choses.
Mme Blanchette Vézina : M. le
député de Pontiac, je vous mentionne que j'ai rencontré et que je suis en
contact avec les différents partenaires qui vivent de la forêt québécoise,
autant l'industrie que les groupes environnementaux, que les communautés
forestières. J'ai rencontré la Fédération québécoise des municipalités. Je suis
allée à différentes activités avec eux pour... Puis mon ministère, on est en
contact direct avec... avec les communautés forestières. Mais je rappelle que
la stratégie Caribou, elle est portée par le ministère de l'Environnement. On
sera là en soutien et sur les aspects de mitigation des dommages qu'il pourrait
y avoir en lien avec cette stratégie-là. Je vous rassure, ici, là, on est en
contact avec les communautés, avec l'industrie par rapport à... à comment on
peut faire différemment dans nos forêts pour s'assurer d'avoir une industrie...
continuer d'avoir une industrie qui est florissante pour nos régions
québécoises.
M. Fortin :Est-ce qu'il y en a, des solutions qui ont été évoquées par
l'industrie forestière, là, dans ce dossier-là, qui peuvent contribuer à
protéger le caribou et à préserver notre industrie forestière? Est-ce qu'il y
en a, des solutions qui vous ont été présentées par l'industrie, qui vous
intéressent?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, il y a plusieurs propositions qui ont pu être faites par l'industrie,
mais je rappelle que ces propositions-là, elles sont formulées, notamment, pour
que la stratégie caribou tienne compte des communautés forestières, et ça,
c'est à travers le ministre de l'Environnement. Mais moi, je suis à l'écoute,
je les rencontre, et nous les rencontrons, comme ministère, en lien avec ces
enjeux-là et d'autres enjeux de la forêt qui sont vécus par l'industrie
forestière.
M. Fortin :...pas... aujourd'hui, vous n'êtes pas en mesure de me
nommer une de leurs propositions, là, que vous avez appréciée, là, qui semble
faire... C'est correct, ça, mais, si c'est ce que vous me dites...
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce que je vous répondrai, c'est : la stratégie Caribou, elle s'en vient,
on s'est engagé à le faire, et elle sera déposée. Puis les mesures...
Mme Blanchette Vézina : ...viendront
au moment où la stratégie sera déposée.
M. Fortin :O.K. Parlant de représentation des communautés forestières,
vous le savez, ce qui se passe dans les Laurentides, en Outaouais, dans ma
propre région, là, c'est particulièrement difficile. Et c'est particulièrement
difficile depuis 2019, depuis la fermeture du plus grand preneur de pâtes de la
région. C'est une industrie qui vit au jour le jour, disons, là, mais qui est,
vous l'avez dit... On n'est pas différents, d'ailleurs, au Québec, à ce
niveau-là, on a des communautés qui sont bâties sur l'industrie forestière et
qui veulent savoir, trois ans, quatre ans plus tard, là, qui veulent savoir
c'est quoi, le plan de match.
Là, dans le budget, vous avez mis
10 millions pour, et je cite, «assurer un débouché pour des bois feuillus
de faible qualité issus des récoltes et appuyer le secteur forestier dans les
régions.» On peut subventionner le transport à n'en plus finir, là, mais ça
prend des solutions plus durables. Qu'est-ce que vous avez en tête
spécifiquement?
Mme Blanchette Vézina : Je...
En fait, à la demande des communautés de l'Outaouais et des Laurentides, on a poursuivi
le programme, on a prolongé le programme PEEOL, PEEOL, programme d'écoulement
exceptionnel des bois, là, de faible qualité des régions de l'Outaouais et des
Laurentides — désolée de l'acronyme — pour cette année.
Donc, rappelons que, dans les années passées, ce programme-là était existant.
Les mesures qui ont été mises en place pour les industries, c'est environ
24,4 millions, annuellement, qui a été remis, dans le cadre de ce
programme-là, aux entreprises pour couvrir la structure, l'écosystème industriel
forestier de la région de l'Outaouais et des Laurentides, effectivement, suite
à la fermeture de l'usine Fortress en 2019. On a aussi le programme Innovation
Bois, qui aura permis à l'industrie de faire de l'innovation, d'apporter de
nouveaux débouchés innovants. Donc, c'est 9,7 millions qui ont été donnés
à la région. Et donc la mesure budgétaire de 10 millions s'ajoute pour
cette année.
M. Fortin :Vous savez à quoi elle sert, cette mesure-là?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
oui, oui. Bien...
M. Fortin :Savez-vous qu'est-ce qu'ils font avec ce 10 millions
là?
• (10 h 50) •
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on fait du transport. L'objectif, c'est de trouver des preneurs pour le
bois de faible qualité. Donc, dans la structure, l'équilibre de la structure
industrielle, on avait besoin, pour avoir un... L'industrie avait besoin, dans
ce secteur-là, pour avoir un prix intéressant, d'avoir des preneurs de bois.
Donc, on s'assure qu'il y ait des preneurs de bois pour ceux qui sont de faible
qualité. Mais dans le sens aussi de pouvoir trouver des débouchés et avoir une
relance de l'usine Fortress, on a aussi conservé les volumes de bois, puis mon
collègue à... Investissement Québec et MEIE, là, se... travaillent à trouver
des débouchés et des preneurs pour ce bois, pour s'assurer d'avoir un
écosystème solide dans l'Outaouais et les Laurentides.
M. Fortin :Ce que vous me dites là, là, on va subventionner le
transport pour envoyer le bois en Estrie ou ailleurs, là, c'est ce qui se fait
en ce moment, là, c'est une chose. Mais ça ne peut pas continuer à perpétuité,
ça. C'est une chose de le reconduire, là, mais ça prend des solutions plus
pérennes que ça. Je le sais que vous le savez. Alors, quand vous me dites :
On travaille pour un repreneur, ou d'autres, est-ce que vous avez quelque chose
de concret en ce moment? Parce que la région se fait dire depuis quatre ans,
là : Donnez-nous un autre six mois. On se donne un «deadline» — désolé
de l'anglicisme — pour un autre six mois, puis, après ça, un autre,
puis, après ça, un autre, et ça ne débouche jamais. Alors, est-ce qu'il y a
quelque chose dans les cartons, là, qui s'annonce pour bientôt?
Mme Blanchette Vézina : Comme
je vous le mentionnais... Bien, on est d'accord là-dessus, là, c'est important
de trouver une solution qui va être pérenne. Le programme, il est exceptionnel.
On le reconduit d'une année, à la demande des communautés de l'industrie, parce
qu'on souhaite trouver un repreneur pour l'usine. Donc, nous, on s'assure que
les bois sont disponibles si repreneur il y a, et je sais que mon collègue de
l'Économie, il travaille, avec... à travers Investissement Québec, à trouver un
repreneur qui permettra d'écouler ces bois.
M. Fortin :O.K., mais est-ce qu'il y a des rencontres en ce moment?
Est-ce qu'il y a... Puis je ne vous demande pas de me dire c'est quoi,
l'entreprise, je ne vous demande pas de me dévoiler quelques pourparlers, mais
qu'est-ce qui se passe, là, aujourd'hui, pour cette usine-là?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a des rencontres, mais, tu sais, je vous rappelle que ce n'est pas
nécessairement moi qui pilote ces rencontres. Mais, oui, il y a des rencontres.
Donc, il y a des... Tu sais, si on a reconduit pour une année, c'est qu'on
croit que cette année-là va permettre de trouver des solutions qui vont être
pérennes, et donc il y a des discussions avec des entreprises.
M. Fortin :Mais j'entends la même chose, ce qu'on entend depuis quatre
ans, c'est-à-dire : On se donne une autre année. Tantôt, je vous
disais : On se donne six mois. Là, vous...
M. Fortin :...rendus à donner une autre année, mais ça revient à la
même chose. Est-ce que vous y croyez vraiment?
Mme Blanchette Vézina : Moi,
j'y crois. Oui, j'y crois vraiment. L'objectif, c'est de trouver une solution
pérenne, puis, en attendant, bien, ce programme-là, il répond aux besoins. On
souhaite... C'est à la... C'est le souhait de la communauté puis de l'industrie
régionale.
M. Fortin :Bien non, mais on n'a pas le choix. Il n'y a pas d'options,
là, en ce moment? Ce n'était pas... Si vous ne l'aviez pas mis dans le budget,
là, il y aurait... moi, j'aurais déchiré ma chemise. Il y a des collègues des
Laurentides qui auraient fait la même chose. J'espère, je le crois, mes quatre
collègues de l'Outaouais auraient fait la même affaire. Ce n'est pas un choix,
là. Ça, c'est pour s'assurer que toutes les autres usines de l'Outaouais, là,
ont quelque part où envoyer leur bois à travers une subvention. Mais je ne veux
pas qu'on refasse la même dynamique, qu'on vive la même dynamique qu'on a vécue
dans les quatre dernières années, là.
Le premier ministre s'en va à Thurso
jeudi, là. Il s'en va à Thurso pour parler, aux gens de la communauté, oui, de
Guy Lafleur puis de l'autoroute, puis les gens vont être très contents de ça,
mais il y a 300 travailleurs qui ont perdu leur job en 2019, là, à cette
usine-là. Puis il y a un paquet d'autres usines dans la région qui, eux, sont
pris avec cette dynamique-là, puis qui ne savent pas la pérennité de leur
propre entreprise en ce moment, donc ils se posent des questions par rapport à
leur avenir. On n'a rien de plus à dire à ces gens-là que : On continue à
chercher?
Mme Blanchette Vézina : Moi,
ce que je vous ai dit, je le répète, on est confiants. On l'a reconduit pour
une année. L'objectif, c'est de trouver une solution qui va être pérenne, et on
y travaille en ce moment. Donc, la situation en Outaouais puis dans les
Laurentides, elle n'est pas idéale, mais on est là. On a mis en place des
programmes de soutien qui sont temporaires, mais on continue de travailler, là,
on veut s'assurer de trouver une solution qui va convenir à l'écosystème
forestier de ce secteur.
M. Fortin :Il y a la reprise de Fortress. Est-ce que vous travaillez
sur d'autres projets pour la pâte en Outaouais, Laurentides en ce moment?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
comme je vous mentionnais, il y a différentes... il y a des entreprises qui ont
été rencontrées, là. Investissement Québec et le MEIE regardent les
alternatives qui vont être les plus efficaces pour la relance ou pour une
solution de bois de faible... pour un preneur de bois de faible qualité.
M. Fortin :Mais là vous... on parle de Thurso, là, mais est-ce qu'il y
a d'autres entreprises en Outaouais, Laurentides qui peuvent, en ce moment,
prendre de la pâte additionnelle? Il y en a-tu d'autres qui lèvent la main, là,
et qui disent : Moi, je suis capable de le faire?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
que je... Oui, c'est ça, je permettrais de donner la parole à M. Sénéchal, qui
est sous-ministre aux Forêts, pour répondre sur le détail des entreprises,
répondre à la question. Est-ce que vous me donnez le consentement?
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : Merci.
M. Sénéchal (Alain) : Donc,
pour répondre à votre question, on a toujours des demandes de volumes
additionnels qui nous proviennent de différents industriels. Les projets ne
sont pas tous au même niveau. Souvent, les projets se heurtent à des
problématiques de financement, donc. Puis je vous rappellerai que, voilà
peut-être deux ans, on avait mis un bureau de projet en place, on avait mis en
disponibilité des volumes... surtout des... mais on avait conservé le volume
pour Fortress, parce qu'on a espoir que ça reparte chez Fortress, puis on a
encore espoir. Le volume qui restait, on l'avait mis au bureau de projet, puis
on avait dit aux gens : Déposez vos projets, ils vont être analysés avec
Investissement Québec, selon des critères forestiers, économiques, financiers,
et tout ça. Donc, on a fait ça la dernière fois.
On avait ciblé des repreneurs de ces
volumes-là. Ça ne s'est pas concrétisé à la hauteur de nos espérances. Il y a
toujours des projets qui viennent nous voir, de biocharbon, de cogénération. On
les accompagne, on les suit, on veut que ça marche, mais en même temps, les
conditions gagnantes ne sont pas toujours réunies. Donc, on a espoir que ça
prend, quand même, je dirais, un projet-phare, là, dans la région pour
s'assurer de... parce que c'est des volumes quand même très importants. Donc,
notre espoir, c'est qu'on trouve un débouché chez Fortress, que ce soit avec de
la pâte ou un autre produit. Mais notre espoir, c'est que ça devienne un
projet-phare pour la région.
M. Fortin :O.K. Dans la minute qui me reste, M. le Président, là, je
veux simplement dire que l'étude de crédits qu'on vient de vivre, là, pour moi,
c'est un immense drapeau rouge pour toutes les entreprises forestières au
Québec, ne serait-ce, ne serait-ce que pour la question de l'entretien des
travaux sylvicoles. Parce que ça, ça mène directement, comme on l'a entendu par
le Forestier en chef, à de la diminution potentielle de la possibilité
forestière au Québec. Nos entreprises ont besoin d'une possibilité forestière
adéquate, ils comptent là-dessus, nos communautés forestières, au Québec,
dépendent de cela. Et si on ne fait pas les travaux d'entretien nécessaires, on
peut planter tous les arbres qu'on veut, ce qui est, environnementalement
parlant, une bonne chose, on plante des arbres, tant mieux, mais si on ne...
M. Fortin :...pas soin, c'est un immense drapeau rouge pour la
communauté forestière. J'espère, M. le Président, qu'il va y avoir un
rééquilibrage des choses et que ça va être fait le plus rapidement possible,
parce qu'un arbre planté qu'on n'entretient pas, ça ne fait pas avancer la
forêt québécoise au niveau de nos... de notre possibilité forestière. Et ça,
c'est un vrai enjeu pour lequel je n'ai pas entendu de réponse aujourd'hui de
la part de la ministre. Je vous remercie, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : À
titre informatif, M. le député, il vous reste toujours 40 secondes. Je ne
sais pas si vous souhaitez....
M. Fortin :Je pense que j'ai fait... J'ai fait le point principal. Je
veux quand même remercier la ministre, son équipe et le forestier en chef, là.
Mais, encore une fois, je vois mal aujourd'hui comment, à travers le manque de
travaux d'entretien qu'il y a, on peut aider nos communautés forestières,
rencontrer nos objectifs de la stratégie du bois, qui est d'augmenter la
possibilité forestière au Québec, et ça met en danger l'avenir de la capacité
de production des entreprises québécoises. Merci, M. le Président.
• (11 heures) •
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première intervention
du porte-parole du gouvernement. Alors, M. le député de Rouyn-Noranda
Témiscamingue, la parole est à vous. Vous bénéficiez d'un temps de
14 minutes et 20 secondes.
M. Bernard : Merci, M. le
Président. Je voudrais saluer la ministre, toute son équipe, puis les collègues
de l'opposition de l'autre côté, et tous les gens qui sont ici du ministère, et
ainsi que le forestier en chef, qui est ici présent avec nous aujourd'hui.
Le député de Pontiac a souligné
qu'effectivement l'ensemble des députés qui sont ici, lui, nous trois de ce
côté-ci, avons l'industrie forestière à coeur. Elle est omniprésente sur nos
territoires respectifs. J'ai mon collègue ici du Saguenay que... s'il y en a un
qui est vraiment interpellé par l'industrie, c'est lui. Moi, au Témiscamingue,
personnellement à Rouyn-Noranda, je n'ai pas d'entreprise forestière, mais j'ai
des entreprises qui font des travaux sylvicoles et autres. L'Industrie
forestière est très omniprésente au Témiscamingue. Et d'ailleurs il y en a
une... dans le sud de la province qui bénéficie du programme... Puis le
programme... permet justement, entre autres, dans le contexte difficile qui a
été souligné par la ministre et les gens, de quand même maintenir des
entrepreneurs en place pour effectuer des travaux.
L'Industrie forestière est importante,
comme je l'ai dit, mais je voudrais amener la ministre sur un autre sujet, qui
est un peu d'actualité puis en fin de saison, mais qui est aussi important, c'est
le plan directeur sur l'acériculture. Pour les gens qui nous écoutent... Moi,
ma famille est originaire de la Beauce. L'Industrie forestière, on pense
souvent qu'elle est beaucoup liée au territoire privé parce qu'on voit
beaucoup, particulièrement dans le sud de la province, des entreprises qui sont
familiales sur des terres, mais il y a un volet très important, c'est de
l'acériculture en terres publiques. Et chez moi, entre autres au Témiscamingue,
les entreprises acéricoles qui sont là sont en territoire public.
En mai 2022, le gouvernement a entrepris
une consultation publique pour un nouveau plan directeur sur l'industrie
acéricole. Et ce plan-là a donc... Lors des consultations, la ministre a mis en
place une table stratégique, et il y a plusieurs intervenants là-dedans. Parce
que, quand qu'on parle de l'industrie acéricole, il y a des producteurs
forestiers qui sont associés à ça. Le ministère de l'Agriculture, de la
Pêcherie et de l'Alimentation du Québec qui est également impliqué parce qu'on
parle de commercialisation de produits. Donc, il y a plusieurs acteurs qui sont
présents.
Et la ministre a donc rendu public le
fameux plan directeur le 18 avril dernier. Alors, pour les gens qui nous
écoutent, j'aimerais vraiment, là, qu'on en parle. La saison acéricole, en
passant, a été difficile cette année avec les conditions climatiques, et à peu
près partout, même au Témiscamingue. Alors, moi, je pense que l'opportunité de
demander à la ministre de nous expliquer le fameux plan directeur sur l'industrie
acéricole, où ce que ça en est et vers où qu'on s'en va.
Mme Blanchette Vézina : Merci,
M. le député. Contente de pouvoir parler d'acériculture. Parce que, oui, la
forêt publique, elle sert bien sûr... elle sert à plusieurs usages, à l'industrie
forestière, on en a parlé beaucoup, mais elle sert aussi pour la villégiature
et bien sûr l'acériculture. Et très heureuse d'avoir pu annoncer ce plan
directeur qui émane des consultations, qui ont été faites l'an dernier, et
aussi des travaux de la table stratégique qui a été mise en place avec
l'industrie...
11 h (version non révisée)
(Reprise à 11 h 28)
Le Président (M. St-Louis) : Alors,
ayant constaté le quorum, je déclare la séance de la Commission de l'agriculture,
des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles ouverte.
La Commission est réunie afin de procéder
à l'étude des crédits budgétaires du volet Ressources naturelles et du
portefeuille Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice financier
2023-2024. Une enveloppe de 2 h 30 min a été allouée pour l'étude
de ces crédits.
M. le secrétaire, y a-t-il des
remplacements?
Le Secrétaire : Oui, M. le
Président. M. Poulin (Beauce-Sud) est remplacé par Mme Blouin (Bonaventure).
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Nous allons procéder à une discussion d'ordre général incluant les questions et
les réponses. La mise aux voix de ces crédits sera effectuée à la fin du temps
qui leur est alloué, soit cet après-midi, vers 17 heures. Je suis
maintenant prêt à reconnaître une première intervention de l'opposition
officielle pour un premier bloc d'échange, M. le député de Jacques-Cartier, la
parole est à vous. Vous disposez de 18 min et 17 s.
• (11 h 30) •
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président, puis bon matin. Bon matin, chers collègues. Je veux juste
commencer avec juste un mot, rapidement, pour les gens au Québec qui sont
présentement inondés. Je pense que notre collègue députée de Charlevoix puis
tous ses citoyens... je sais que c'est des moments très, très difficiles puis
je sais que le peuple québécois est avec eux autres.
Je veux dire bonjour, Mme la ministre,
bienvenue! Je crois que c'est votre premier bloc des crédits comme ministre, et
bonjour à votre équipe. J'ai commencé tous mes blocs de crédits, M. le
Président, à juste remercier tout le travail qui a été fait par l'équipe de la
ministre. Oui, les gens au sein de son cabinet, mais aussi les fonctionnaires
qui ont préparé les gros cartables pour nous, les députés, avec plein d'informations
à toutes nos questions que nous avons déposées. Mais c'est quand même très
important, c'est un exercice, l'étude des crédits, important pour notre
démocratie que nous avons une chance de poser les questions, que les
fonctionnaires eux-mêmes font une réflexion sur toutes les dépenses qui étaient
faites pendant la dernière année, mais aussi de prendre le temps pour parler un
petit peu de l'avenir, les dossiers d'actualité puis des investissements qui s'en
vient.
Alors, avec ça, je vais commencer avec ma
première question pour la ministre. Je sais que, sur le week-end, elle a
probablement vu qu'un chroniqueur dans La Presse a parlé du dossier du lac
Bloom. Puis on a parlé beaucoup de ça dans 2022, une décision qui a été prise
pour stocker des résidus dans des lacs, de plusieurs lacs dans la région. On
sait qu'il y a eu un BAPE, on sait qu'il y a eu un processus. Je sais que l'ancien
député de Verdun a un échange avec le ministre responsable pour l'Environnement,
à l'époque, là, mais je veux juste savoir si la ministre peut nous donner une
mise à jour. Est-ce que le projet a eu juste des... excusez-moi, des
modifications depuis un an? Est-ce qu'elle peut aussi expliquer c'est quoi le
processus avec le gouvernement fédéral, c'est quoi l'état de la situation? Puis
est-ce que la ministre trouve que c'est toujours une bonne pratique de stocker
des résidus dans des lacs au Québec en 2023?
Mme Blanchette Vézina : M. le
député, je veux vous saluer. On n'a pas encore eu l'occasion d'échanger, mais c'est
un plaisir de pouvoir faire cet exercice-là avec vous. Je resalue la députée de
Verdun, avec qui on a eu l'occasion d'échanger ce matin, et je me permets de
vous présenter ma sous-ministre associée aux Mines, Mme Nathalie Camden, qui
est avec moi également, en plus de mon équipe, l'équipe du ministère, que je
remercie aussi. Effectivement, vous avez soulevé le travail incroyable qui est
fait par les équipes ministérielles dans l'exercice de ces crédits, et je tiens
à les remercier pour le travail effectué également.
Concernant Minerai de fer Québec, la mine
du lac Bloom, effectivement, il y a plusieurs choses qui circulent. Il faut
comprendre, en ce moment... On peut peut-être prendre un moment pour rappeler
qu'il y a des mesures environnementales qui sont importantes au Québec. On a un
cadre environnemental qui est rigoureux. Dans le dossier du lac Bloom, le
gouvernement du Québec, on a délivré une autorisation pour l'augmentation de la
capacité d'entreposage des résidus stériles... et stériles, pardon, miniers
avec le scénario avec le moins d'impacts, donc, bien sûr, conditionnellement au
respect des nombreux engagements de Minerai de fer Québec et aux autres
conditions qui sont établies dans le décret d'autorisation. Puis le
gouvernement fédéral en est rendu, lui a son analyse. Donc, le gouvernement
fédéral, lui, n'a pas encore donné son autorisation pour l'agrandissement
des...
11 h 30 (version non révisée)
Mme Blanchette Vézina : ...parcs
à résidus miniers stériles qui seraient nécessaires aussi à l'obtention du
certificat d'autorisation pour les ouvrages d'annexion des lacs. Donc, on
est... ils sont en processus, là, de finalisation avec le gouvernement fédéral.
Pour l'état de situation, la voici.
M. Kelley : Merci, Mme la
ministre. Puis est-ce que vous êtes capables de juste bien expliquer... bien
sûr à moi, mais aussi à la population, c'est quoi, la définition de moins d'impact?
Alors, on va... C'est sûr qu'il va y avoir un impact, mais comment l'entreprise
a été capable de réduire des impacts, de stocker des résidus dans des lacs?
Exactement, c'était quoi, le processus?
Mme Blanchette Vézina : Il y
a une évaluation, là, qui est faite, qui a été complétée, une évaluation
environnementale qui a été faite. Puis on a considéré les scénarios, tous les
scénarios, là, réalistes possibles. Le remblaiement de la fosse, ce n'était pas
une option qui était envisageable, ça aurait entraîné, là, la condamnation de
ressources exploitables sous la fosse. Donc, la solution qui... avec le moindre
impact, comme je le mentionnais, ça été de parler d'entreposage, tel que l'autorisation
a été donnée.
M. Kelley : Je comprends.
Merci pour la réponse, Mme la ministre, et je comprends que c'est un projet qui
existait depuis plusieurs années. Mais maintenant on parle d'une expansion,
mais encore, pas juste pour ce projet, mais en général, des résidus dans les
lacs, est-ce que c'est une bonne pratique ou pas, pour le Québec en 2023?
Mme Blanchette Vézina : Ce n'est
pas une pratique qui est courante. C'est exceptionnel, là, qu'un lac puisse
servir comme un lieu de stockage pour des résidus miniers stériles. Les mesures
qui sont mises en place ou l'analyse qui a été faite, elle relève elle du
ministère de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Faune
et Parcs. Donc, MELCCFP, donc le scénario qui a été retenu, c'est celui avec le
moindre impact, suite à l'analyse qui a été faite environnementale.
M. Kelley : Parfait. Puis,
peut-être juste une dernière question, il y a combien de projets partout au
Québec où un projet... une entreprise pourra stocker des résidus dans les lacs?
Mme Blanchette Vézina : À ce
moment-ci, je ne suis pas en mesure de vous donner l'information. Est-ce qu'on...
peut-être que je peux laisser ma... Je demanderais l'autorisation de faire
intervenir ma sous-ministre associée aux Mines, madame Camdem.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
qu'il y a consentement des membres de la commission?
M. Kelley : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Il
y a consentement. Je vous demanderais de vous nommer ainsi que votre titre, s'il
vous plaît, pour le bénéfice de nos auditeurs.
Mme Camden (Nathalie) : Oui,
bonjour, mon est est Nathalie Camden, je suis sous-ministre associé aux Mines
au ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
Le Président (M. St-Louis) : Merci.
Mme Camden (Nathalie) : Donc
le genre d'information relativement au remblaiement de lacs, c'est le type d'information
qu'on retrouve dans les études techniques, les études environnementales que
chaque promoteur doit déposer au ministère de l'Environnement et de la Lutte
contre les changements climatiques, et de la Faune et des Parcs. Donc, à ce
moment-ci, je ne peux pas vous dire s'il y a d'autres projets avec... de cette
nature là. Puis, malgré le fait qu'il y ait quelques projets qui soient soumis,
là, soit au comité nordique, si on est en territoire conventionné, les
territoires... au Nunavik ou encore au ministère de l'Environnement pour le
territoire du Sud.
Mme Blanchette Vézina : Peut-être,
pour compléter, là, de rassurer aussi le député sur la question, là, de l'évaluation
environnementale. Tu sais, il faut rappeler, souligner qu'on est le ministère
des Ressources naturelles des forêts, responsable du plan de réaménagement, que
chaque entreprise a un plan de réaménagement et de restauration qui doit être
fourni dans les cas de mines. Donc, on va s'assurer que les terrains touchés
par l'activité minière se retrouveront dans un état satisfaisant à la suite de
l'exploitation. Puis ça, ça fait partie de nos règles et de notre cadre
normatif québécois.
M. Kelley : Parfait. Puis il
y a combien de projets miniers qui sont sur le point d'être approuvés dans les
prochaines couples des ans? Puis, est-ce que dans ces projets-là, il y a déjà
des plans de peut-être de domper des résidus dans des lacs?
Mme Blanchette Vézina : À
votre question, là, en ce moment, on a 21 mines actives au Québec et on a
37 projets miniers. Comme madame Camden vous le mentionnait, là, pour ce
qui est des données quant aux lacs, on n'a pas d'information en main.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Je vais passer maintenant, M. le Président, à un autre sujet qui est
très dans l'actualité, des claims miniers. Puis je sais que la ministre a eu
une chance d'échanger avec ma collègue de Verdun, mais aussi ma collègue de
Mille-Îles pendant une interpellation. Puis la ministre...
M. Kelley : ...a mentionné
pendant l'interpellation qu'une chose qui était importante, c'était de bien
expliquer puis rassurer des gens sur ce dossier-là, mais elle a aussi également
parlé un petit peu de trouver peut-être une façon avec les TIAM puis avec les
différents règlements et des décrets pour peut-être une façon d'encadrer ça
mieux après les consultations. Alors, moi, je pense que si je fais la revue de
presse, il y a toujours des gens, et des MRC, et des fois les municipalités qui
posent des questions avec raison, je sais qu'il y a un processus qui est en
place, que le ministre a dans ses pouvoirs, qui est un bon départ avec des
TIAM, mais on sait aussi de faire un claim minier, ça ne prend pas beaucoup de
temps, mais l'autre processus pour une MRC de faire une demande, une exemption
d'une partie le territoire peut prendre plusieurs mois ou semaines d'avoir une
réponse sur le ministère. Alors, je sais que la ministre est présentement en
tournée puis elle a eu des consultations, mais je ne sais pas si elle peut revient
sur le dossier pour donner nous des nouvelles, est-ce qu'on a avancé parce que
c'est sûr que des gens qui sont... commencent à s'impatienter un petit peu sur
le terrain, et j'avoue que c'est différent dans les régions du Québec, les gens
de l'Abitibi, des fois, sont un petit plus habitués à le processus versus dans
les autres régions où on a vu comme Lanaudière où on a vu une explosion des
claims un petit peu dans la dernière année. Alors, je vais juste laisser la
ministre à peut-être nous informer et donnez-nous une mise à jour de la
situation.
• (11 h 40) •
Mme Blanchette Vézina : Merci
au député pour sa question. Effectivement, là, quelques reprises puis échanger
avec des collègues sur... sur la question de... des claims, des TIAM, du processus
d'octroi des droits. On est en démarche participative en ce moment pour faire
un développement plus harmonieux de l'activité minière, mais rappelons qu'on a
des règles qui sont en place, un cadre réglementaire qui... qui date de 2013 et
qui a été mis à jour dans les derniers... les dernières années en continu
pour... pour s'arrimer aux réalités, au contexte qui peut changer. Et la
démarche qui est faite en ce moment, démarche participative, elle s'inscrit
dans ce souhait de faire du développement harmonieux de l'activité minière,
parce que quand je rencontre les unions municipales, la Fédération québécoise
des municipalités, l'UMQ, les communautés, le... la situation ou les
inquiétudes sont différentes selon une région... d'une région à l'autre. Donc, il
y a différents mécanismes et le territoire... De désigner comme incompatibles
des territoires à l'activité minière, c'est l'outil qui a... qui a été mis en
place et qui permet un arrimage cohérent en fonction de la réalité régionale,
la réalité d'un milieu qui, comme on le mentionnait, fluctue d'une région à
l'autre. Donc, l'outil qui a été mise en place pour les MRC permet de mettre un
moratoire pendant l'analyse de cette... de cette demande. Donc, dès le moment
où il y a une demande, il y a un moratoire sur l'émission de nouveaux claims
miniers. Et rappelons que les claims miniers, c'est pour faire de la
prospection, de l'analyse terrain, on n'est pas à l'étape d'une mine. Donc,
avant d'arriver à une mine, on parle de plusieurs années, et c'est 1 %, si
ma mémoire est bonne, des claims qui font l'objet de travaux d'exploration...
plus importants. Donc, c'est peu de claims qui deviennent des... qui font
l'objet d'exploration active.
Notons donc que ces TIAM émanent...
viennent des orientations gouvernementales en aménagement du territoire, donc
découlent de cette orientation en lien avec les mines. Dans les échanges que
j'ai eus, et que je continue d'avoir, dans le cadre des consultations avec les
unions municipales, avec les communautés, avec les citoyens, on est en train
d'arrimer avec ma collègue des Affaires municipales l'orientation
gouvernementale pour que cet outil, qui date de... de quelques années
seulement, puisse encore mieux s'arrimer aux réalités et au contexte actuel.
Donc, c'est dans un souci d'amélioration continue puis de développement plus
harmonieux de l'activité minière qu'on a lancé ces consultations qui se
déroulent très bien. Puis moi je suis contente de voir l'engouement des
citoyens pour participer aussi à ces consultations, à ce dialogue-là.
On a... on a un souhait de décarboner
notre économie, on a du potentiel de ressources chez nous, on veut continuer de
le faire avec les communautés, en cohérence avec le respect des communautés
puis des... des... des besoins du milieu, et les démarches de consultation
qu'on est en train de faire vont mener à... à des résultats, à des changements,
éventuellement peut-être, de l'activité minière au Québec pour qu'elle
s'harmonise de mieux en mieux et encore mieux avec... avec le territoire et les
réalités régionales.
M. Kelley : Merci, Mme la
ministre. Je reviens un peu sur la question autour le TIAM parce que...
M. Kelley : ...la ministre a
raison, exploration versus exploitation, c'est deux phases très différentes. Je
ne pense pas nécessairement que les gens sont inquiets que, parce qu'il y a un
claim sur leur territoire, une mine va arriver demain. Je pense, c'est quand
même le début, les travaux qui sont faits avec une exploitation du territoire.
Puis je sais qu'il y a plusieurs entreprises ici, au Québec, qui sont bien
installées depuis des années et qui comprend nos règlements, qui comprend nos
lois, mais avec une augmentation significant des claims partout au Québec. On
sait qu'il y a des entreprises à l'étranger qui ont l'intérêt de faire des
claims ici pour peut-être, un jour, lancer un projet.
Est-ce que la ministre a une idée sur
combien des plaintes étaient déposées, peut-être, par des citoyens envers
certaines entreprises qui commencent à faire des travaux pour les exploitations
après il y a eu un claim? Puis ils ont peut-être fait ça sur un terrain privé
où ils n'ont pas eu l'approbation du propriétaire. Est-ce qu'elle a une idée,
peut-être, si la formation doit être étoffée un petit peu pour aider des
entreprises qui arrivent ici et qui commencent à faire des claims ou, quand
même, des entreprises sont déjà installées ici pour bien comprendre les
mécanismes puis les règlements? Est-ce qu'il y a un petit peu de manque de ça?
Je pense, ça, c'est une crainte légitime que, si plusieurs entreprises
commencent à regarder le territoire du Québec, est-ce qu'il comprend comment ça
passe ici? Et est-ce que la ministre a fait des travaux pour bien informer
toutes ces entreprises-là de la réalité puis des lois ici, au Québec?
Mme Blanchette Vézina : Je
remercie le député pour sa question. En fait, on me dit, là, que, dans la
dernière année, à la question : Est-ce qu'il y a eu des plaintes par
rapport à des... bon, on n'en aurait pas, là, mais on va s'assurer que l'information
est exacte, là. Mais rappeler qu'il y a, en ce moment, des règles strictes, ces
règles nécessitent d'avoir l'autorisation d'un propriétaire lorsqu'il y a des
travaux qui sont faits sur des propriétés privées. Et nous, on a une équipe, au
ministère, aussi qui travaille sur... pour s'assurer que ces règles-là soient
respectées, là, on n'est pas... on s'assure que la réglementation en place,
elle est respectée, on a les équipes en place pour y arriver.
Dans la liste des activités qui sont
susceptibles de justifier la délimitation d'un territoire comme incompatible,
là, l'outil qui est offert aux municipalités, il y a différentes choses,
donc : le territoire urbain, résidentiel, les activités à caractère
historique, culturel ou patrimonial, l'activité agricole, donc, sur les terres
dynamiques, l'activité agrotouristique, il y a des activités aussi
récréotouristiques intensives et l'activité de conservation, également
l'activité de prélèvement d'eau, d'eau souterraine ou de surface à des fins de
consommation humaine. Donc, les orientations gouvernementales prévoient déjà
ça.
L'équipe du ministère est là aussi. Moi,
j'ai demandé à mon ministère d'être en accompagnement auprès des municipalités
pour leur permettre de comprendre et de voir quels sont leurs les droits, leurs
possibilités pour les aider à cheminer dans le processus de TIAM. Donc, on est
là, l'équipe du ministère est présente pour soutenir les municipalités dans cet
exercice. Et rappelons que c'est un délai qui est tout près d'être automatique,
là, cinq jours. Il y a un moratoire, donc, régional, là, sur le territoire de
la MRC lorsqu'il y a une demande de TIAM qui est déposée au ministère.
M. Kelley : Parfait pour...
Parfait. Merci pour la réponse, Mme la ministre. Et plus précisément, dans tous
les claims qui étaient faits depuis environ la dernière année, l'explosion,
est-ce qu'on sait combien sont des entreprises qui n'ont pas des activités ici,
au Québec, présentement? Est-ce qu'elle peut juste expliquer un petit peu
comment ça marche pour les nouveaux joueurs au Québec? Est-ce qu'eux autres
sont bien informés du processus ici, au Québec? Je ne pense pas que le fardeau
doit toujours aller sur le côté des MRC non plus. Beaucoup des entreprises ont
beaucoup des ressources aussi pour bien comprendre des règlements et des lois
ici, au Québec. Alors, je veux juste, dans 30 secondes, avoir la réponse.
Quand même pas.
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
M. le député...
M. Kelley : On peut avoir des
discussions dans le prochain bloc, Mme la ministre.
Le Président (M. St-Louis) : Le
temps est écoulé. Je vous en remercie. Je suis maintenant prêt à reconnaître
une première intervention de la porte-parole du deuxième groupe de l'opposition
officielle... de l'opposition, pardon, Mme la députée de Verdun. Vous disposez
de 12 minutes quatre secondes.
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Je salue le collègue de Jacques-Cartier. Puis bonjour à la
ministre puis aux collègues qui se sont joints à nous. J'imagine que la
ministre a une bonne idée de quoi je veux vous parler dans ce premier bloc, on
a un grand plaisir d'échanger. Alors, je vais poser une question un peu plus
précise, parce que je pense qu'on a eu beaucoup, beaucoup d'espace déjà pour
comprendre la situation globale. Donc, étant donné que la...
Mme Zaga Mendez : ...la
ministre s'est penchée sur la question, est en pleine consultation. Ma question
est simple : En ce moment, combien de claims miniers avons-nous au Québec?
Mme Blanchette Vézina : Je
vais vous sortir l'information exacte parce que je veux vous répondre
correctement. Rappelons encore une fois qu'il y a... le claim n'est pas une
mine. Et il faut comprendre que, si on veut pouvoir décarboner notre
économie...
Mme Zaga Mendez : Oui. Un
claim, ce n'est pas... J'ai posé une question simple, j'ai dit juste combien,
puis combien... Je vous poser ma question. Donc, combien de clients actifs en
ce moment au Québec? Combien? Quel est le pourcentage du territoire du Québec
qui est claimé? Et combien de ces claims-là se situent dans le sud du Québec?
Si... La ministre devrait avoir peut-être ces informations.
Mme Blanchette Vézina : J'ai
le nombre de claims en vigueur au Québec en 2022-2023, donc l'année financière
qui s'est terminée...
Une voix : ...
Mme Blanchette Vézina : ...au
28 février, merci de le préciser. Donc, c'est 302 564 claims qui sont en
vigueur en ce moment.
Mme Zaga Mendez : Donc, 302
700?
Mme Blanchette Vézina : 564.
Mme Zaga Mendez : 564. Est-ce
que la ministre a une idée à combien, en termes de pourcentage du territoire,
ça équivaut ces 302 000 claims?
Mme Blanchette Vézina : Moins
de 10 %.
Mme Zaga Mendez : Moins de
10 % du territoire du Québec. En termes de superficie, ça équivaut à
combien d'hectares à peu près?
Mme Blanchette Vézina : On va
fournir l'information, là, à la question... Si ce n'est pas pendant notre
échange, on pourra la fournir à la commission rapidement.
• (11 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Puis est-ce possible de comparer à combien de claims il y avait sur le
territoire il y a peut-être deux ans?
Mme Blanchette Vézina : Bien,
j'ai l'information ici, oui, si elle est juste. Toujours au 28 février,
donc, 182 807 claims en 2020-2021.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Mais vous répondez déjà à ma première question. Merci beaucoup, Mme la
ministre. Donc, on était autour de 182 000 autour 2020-2021 puis, en 2022-2023,
on est à 302... Ça fait que, là, vous êtes d'accord avec moi qu'on voit une
augmentation quand même drastique du nombre de claims au Québec.
Mme Blanchette Vézina : Il y
a effectivement une augmentation du nombre de claims, qui n'est pas, et je le
répète, tributaire des mines, qui fluctue en fonction de la valeur des minéraux
potentiels des claims visés par les claims sur le marché. Donc, c'est beaucoup
en lien avec la valeur des minéraux.
Mme Zaga Mendez : Puis juste
pour qu'on se comprenne bien, parce que la dernière fois qu'on a échangé
là-dessus lors de notre interpellation, vous nous aviez dit que c'est 20 %
de ces claims-là qui sont... qu'il y a des travaux d'exploration. 20 %.
N'est-ce pas? Parce que tantôt j'ai entendu...
Mme Blanchette Vézina : C'est
ce que je vous avais mentionné. Bien, des travaux d'exploration à impact plus
poussés, disons.
Mme Zaga Mendez : O.K.
1 % avec impact, mais 20 % d'exploration, et, quand je parle
d'exploration, je veux juste qu'on s'entende bien des types de travaux. Donc,
décapage, mécanique, levé géophysique, petit dynamitage, aménagement des
sentiers ou des chemins, traverse des cours d'eau, des coupes forestières, ça,
vous le placez dans le 20 % ou dans le 1 %?
Mme Blanchette Vézina : 1 %.
Peut-être vous compléter l'information que vous avez demandé, là, du territoire
qui est visé par les claims. Donc, on parle de 16 millions d'hectares.
Mme Zaga Mendez : Wow! Dans
le sud du Québec plus précisément?
Mme Blanchette Vézina : Non,
mais je vous invite... Puis là je ne veux pas pas vous répondre, mais on a une
carte, là, quand même, un logiciel qui s'appelle GESTIM, beaucoup
d'informations qui s'y retrouvent. Tout ça est public, les gens peuvent aller
voir. Il n'y a pas de cachette.
Mme Zaga Mendez : Parce que
les gens sont allés voir, Mme la ministre, puis, comme nous, ils sont arrivés à
la conclusion qu'on a un boom en termes de claims miniers, une augmentation
fulgurante, que ce soit... Quand on le répartit par région, on a 408 %
dans Lanaudière, 211 % en Outaouais, 171 % dans les Laurentides.
Alors, qu'est-ce qu'on... La ministre a commencé des consultations. Les gens
sont inquiets, ils demandent, entre autres, des actions. Il y en a une qui est
très simple que c'est mettre fin à la préséance du régime minier sur les outils
d'aménagement du territoire. Je veux savoir combien de personnes que vous avez
consultées, jusqu'à maintenant, vous ont dit que c'est ça, la solution, et que
c'est ça qu'il faut faire?
Mme Blanchette Vézina : ...nombre
de personnes consultées, à votre question, là, je n'ai pas l'information, là,
là, à court terme. Ceci étant, plusieurs solutions qui sont envisagées,
plusieurs idées innovantes. Les échanges qui se font sont constructifs. Je suis
allée, d'ailleurs, voir quelques minutes, là, une des consultations. Il y avait
plusieurs parties prenantes ensemble qui échangeaient sur les meilleures
alternatives pour faire du développement, mais un développement harmonieux de
l'activité. Donc, il y avait autant les unions municipales que les autres...
que les...
Mme Blanchette Vézina : ...groupes
environnementaux, qu'il y a des gens de l'industrie. Donc, il y a eu... Ça a
donné l'occasion de donner différentes solutions. Et je pense que c'est salué,
de faire cet exercice-là. En tout cas, à ce qu'on m'a dit lors des échanges que
j'ai eus avec les participants, c'est un exercice qui est apprécié. Donc, je
laisserais le temps aux consultations de se faire. Pour moi, il est important
de respecter ce processus-là. Si j'arrivais avec des solutions aujourd'hui,
avec un engagement, je ne respecterais pas le processus de consultation qu'on a
mis en place. Pour moi, il est important de respecter ce processus de
consultation. Il y a différentes solutions qui sont envisagées. On va les... On
va en tenir compte dans l'analyse qui sera faite suite aux consultations.
Mme Zaga Mendez : On va
suivre les consultations, ça, c'est certain. Maintenant, je veux avoir l'avis
très clair de la part de la ministre par rapport à l'abrogation de
l'article 246 de la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme. Est-ce que vous
allez mettre fin à la préséance du droit minier sur les outils d'aménagement?
Mme Blanchette Vézina : Les
consultations qui ont lieu en ce moment sont justement en train de... On est en
train de justement recueillir les idées, les solutions qui sont envisagées par
les différentes parties prenantes, en équilibrant le développement, le respect
de l'environnement, le respect aussi des communautés. Donc, je laisse ce
processus se faire pour s'assurer que les consultations qui ont lieu se fassent
dans le respect des participants, puis que ces gens-là se sentent écoutés.
Mme Zaga Mendez : Mais
plus spécifiquement...
Mme Blanchette Vézina : Je
peux peut-être compléter la question que vous m'aviez posée par rapport aux
consultations en ligne. Donc, il y a sept pancartes... questionnaires qui ont
été complétés, et le début des séances en région, c'est cette semaine, là.
Donc...
Mme Zaga Mendez : Tant
mieux. Merci pour cette information-là. Je répète ma question. Je comprends, il
y a un processus de dialogue, mais en ce moment, est ce que la ministre a un
avis là dessus? Est-ce qu'elle est favorable, oui ou non?
Mme Blanchette Vézina : Je
vous ai dit que les consultations ont lieu en ce moment. Je vais entendre
l'ensemble des parties prenantes. Il y aura les résultats et les analyses qui
seront faites des consultations. Puis je prendrai... on prendra une décision,
la meilleure décision dans l'intérêt des Québécois, suite à ces consultations.
Je me permets de vous mentionner à votre question, j'ai eu l'information par
rapport au nombre de claims au nord versus le nombre de claims au sud. Donc, on
a 289 602 claims au nord et 28 463 dans le sud. Donc, il y a une
très grande majorité des claims qui sont au nord.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Je vais y aller avec des cas plus concrets, plus précis de ce qui se passe en
ce moment. En ce moment, les gens se lèvent un matin puis voient des villages
au complet être claimés. J'ai eu la chance d'échanger là-dessus avec la
ministre en Chambre sur le cas de Shawinigan. On a de plus en plus de ces
claims miniers là. Les 28000, ils sont dans les centres de villégiature, ils
sont aussi dans des aires protégées. Et de plus, on est en train de permettre
aux compagnies de faire la spéculation suite à l'achat de claims miniers. C'est
ça qu'on voit à Shawinigan. Je vous ai donné le cas, 7 000 claims.
Donc, c'est trois villages au complet qui sont touchés. Bien sûr, les gens connaissent
les outils, ils viennent de faire... Ils ont fait une démarche de TIAM, mais
qu'est ce qu'on fait avec ces 7 000 claims là? Parce que, bien sûr,
le TIAM arrête le territoire, mais il faut renouveler, n'est-ce pas, chaque six
mois l'arrêt de nouveaux claims sur le territoire. Est-ce qu'on se trompe?
Mme Blanchette Vézina : Deux
choses. Premièrement, il n'y a pas de claims dans les aires protégées, là. Je
vous ai entendu nommer ça, mais il n'y a pas de claims dans les aires
protégées, là, tels qu'ils sont... Ça fait que, ça, je tiens à vous rassurer
dans un premier temps. Pour ce qui est des municipalités, je le répète, on est
en train de revoir les orientations gouvernementales. C'est un... C'est un...
pour qui émane ou qui, qui permettent l'application de territoires
incompatibles à l'activité minière. Il s'agit de territoires qui sont privés.
Donc, encore une fois, ça prend l'autorisation du propriétaire pour faire des
travaux. Et le processus de TIAM, si des municipalités souhaitent mettre un
moratoire régional, elles peuvent le faire à travers l'outil des TIAM, en ce
moment, en demandant du soutien en attendant que les consultations... qu'on
laisse le processus se faire des consultations.
Mme Zaga Mendez : Je
vais revenir sur la question des aires protégées. En ce moment, oui, vous avez
raison, là, par des aires protégées qui sont désignées, il n'y en a pas, mais
il y en a en ce moment dans des projets d'aires protégées. Dans le mont
Kaaikope, en ce moment, il y a un projet d'aire protégée et il y a un claim qui
est présent au mont Kaaikop. Est-ce que la ministre va retirer ce claim-là pour
protéger le territoire? Si elle dit être ouverte puis si elle nous dit que son
intention, c'est de faire... harmonieuse... J'ai posé la question au ministère
l'Environnement. Le ministre de l'Environnement m'a dit de le voir ici auprès
de la ministre des Ressources naturelles. Le claim au mont Haaikop, est-ce
qu'il va être retiré pour protéger ces terres qui étaient, on en a parlé
tantôt, annoncées à la COP15...
Mme Blanchette Vézina : ...si
vous me permettez, là, je vais, pour la séquence, pour m'assurer que vous ayez
l'information qui est juste par rapport à des aires protégées qui sont
projetées, comment ça fonctionne lorsqu'il y a une aire protégée, je vais
donner la parole à Mme Camden, qui va vous expliquer la séquence lorsqu'il y a
désignation avant... pas nécessairement lorsqu'il y a un projet éventuel, mais
lorsque l'aire protégée est désignée et qu'il y a un claim.
Le Président (M. St-Louis) : Est-ce
qu'il y a consentement?
Mme Zaga Mendez : Oui, oui,
oui, bien sûr.
Mme Blanchette Vézina : Ah!
je pensais qu'on avait donné, là... Ça va.
Mme Camden (Nathalie) : Donc,
je n'ai pas besoin de me renommer, là, quand même. Donc, pour votre
information, lorsqu'il y a un projet de réserve de biodiversité, ou d'aires
protégées, ou un territoire quelconque qui peut être porté par un autre
ministère puis qu'il y a une délimitation qui a été définie, ce ministère-là ou
cet organisme-là nous fait une demande pour qu'on puisse suspendre l'émission
de claim. Puis, évidemment, ce qui se passe, c'est qu'à ce moment-là les claims
qui sont déjà sur le territoire continuent, parce qu'on est dans un État de
droit, là. Donc, elle est là, la question, c'est ça, la séquence.
Puis, lorsque le territoire devient un
parc, une aire protégée ou une réserve de biodiversité officielle avec les
limites définitives, là on fait les ajustements dans notre système. Donc, il y
a des contraintes qui sont identifiées dans notre système GESTIM, et les
compagnies d'exploration le savent, donc, puis ils ne peuvent pas en prendre,
mais ils savent que s'ils veulent opérer à côté... c'est bien connu. Donc, on a
près de 30 % du territoire québécois actuellement qui fait l'objet de
contraintes à l'activité minière.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
pour votre réponse. Malheureusement, le temps est écoulé pour ce bloc
d'échange, Mme la députée. Donc, je suis maintenant prêt à reconnaître une
seconde intervention de l'opposition officielle. M. le député de
Jacques-Cartier, la parole est à vous. Vous disposez de 18 minutes.
• (12 heures) •
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. J'ai un article ici, du Devoir. Pendant la campagne
électorale, le premier ministre a dit : «Pas de mines sans acceptabilité
sociale, affirme M. Legault.», M. le premier ministre. Mais j'ai juste une
question pour la ministre, parce que, dans le cahier des crédits, sur la page
41, où, on a une liste de tous les différents comités, des mandats, des
membres, budgets puis résultats, je regarde, le comité interministériel sur
l'acceptabilité sociale, développer une vision de l'acceptabilité sociale,
qu'aucune rencontre n'a été eue entre 2022 et 2023. Alors, comment la ministre
peut s'assurer, pas juste elle, en consultations, faire les consultations
nécessaires avec les citoyens pour s'assurer qu'il y ait une acceptabilité
sociale? Mais avec des projets qui s'en viennent, pourquoi le ministère n'a pas
eu une rencontre, ce regroupement interministériel, pour discuter les plans,
pour s'assurer qu'il y a l'acceptabilité sociale dans les projets de l'avenir
ou, quand même, réfléchir sur une stratégie comme le premier ministre a
mentionné pendant la campagne électorale?
Mme Blanchette Vézina : Je
suis contente que vous le nommiez, effectivement, et je le réitère, là, il n'y
a pas de mine sans acceptabilité sociale. C'est pour ça qu'on fait ces
consultations aussi, pour s'assurer d'un développement qui est plus harmonieux
de l'activité minière, mais il existe des règles, quand même, en ce moment,
puis je tiens à le rappeler, qui requièrent que les entreprises qui souhaitent
ouvrir une mine, faire des travaux, doivent consulter le milieu, donc, à
différentes étapes, les communautés autochtones, le milieu. Donc, le
développement harmonieux ou l'acceptabilité sociale peut se faire à un niveau
ministériel, mais peut aussi se faire d'un point de vue de l'industrie, qui,
elle, a des exigences de consultation et de s'assurer de l'adhésion des
communautés. Donc, la façon de faire, en ce moment, elle est là, c'est... les
entreprises consultent le milieu pour s'assurer que le projet est ancré dans la
communauté et a l'acceptabilité sociale.
M. Kelley : Oui, Mme la
ministre, mais je pose la question qui est spécifique sur un comité au sein de
votre ministère. J'imagine que c'est le ministère des Ressources naturelles
qui, peut-être, pilote ce comité interministériel, ou pas, mais c'est juste
parce que, quand je regarde les membres, on a le ministre de l'Énergie,
l'Économie, quand même, le ministre de Santé et Services sociaux, je vois aussi
le ministre de Lutte contre les changements climatiques. Si on veut s'assurer
que nous avons les meilleures pratiques...
12 h (version non révisée)
M. Kelley : ...acceptabilité
sociale. Je pense, quand même, à la situation de Lac Bloom. Des fois, nos
projets miniers, il y a une évolution dans les projets aussi. Alors, je veux
savoir pourquoi il n'y a pas eu une rencontre en 2022-2023, puis est-ce qu'il y
a une rencontre prévue de ce groupe dans les prochaines semaines. Moi, je pense
que c'est... Oui, la ministre et sur le terrain, je comprends, mais c'est aussi
important que les différents ministères travaillent ensemble sur ce principe
primordial de l'acceptabilité sociale, qui est toujours aussi, également, en
évolution.
Mme Blanchette Vézina : Dans
le cadre de la démarche qui est en place en ce moment, pour un développement
harmonieux de l'activité minière, il y a un comité interministériel qui est en
place puis qui se réunit pour s'assurer de développer des bonnes pratiques en
matière d'acceptabilité sociale. Et la réponse qu'on a donnée, nous, comme
gouvernement, et moi, comme ministre, à ces inquiétudes, au souhait d'avoir une
meilleure acceptabilité sociale des projets, puis de s'assurer qu'on a cette
acceptabilité sociale, en cohérence, aussi, avec le développement de nos... des
minéraux critiques et stratégiques, l'importance que ça a dans la décarbonation
de notre économie, dans la sécurisation de nos chaînes d'approvisionnement
aussi, comme Québécois, donc, on a lancé ces consultations-là, justement, pour
s'assurer que le dialogue soit ouvert et que la population puisse participer à
ces échanges, pour un développement plus harmonieux de l'activité minière.
M. Kelley : ...bien, je ne
sais pas si la...
Mme Blanchette Vézina : ...préciser,
là...
M. Kelley : Préciser pour...
oui.
Mme Blanchette Vézina : ...oui,
qu'il y a eu des discussions entre les ministères, là, en cours d'année. Le
comité en question, niveau SMA-D.G., n'a pas eu de rencontre, mais, pour... il
y a eu des discussions entre les ministères par rapport aux différents projets,
là, en cours.
M. Kelley : O.K. Je sais que
ce n'est pas juste sous le gouvernement, mais c'est toujours une pratique de
préférer des ministres et d'annoncer qu'on va créer un comité. Mais je pense
que c'est important de poser des questions, c'est pourquoi nous avons des
études de crédits, et qu'on voit qu'un comité a été créé à une certaine époque
pour travailler sur la question de l'acceptabilité sociale, c'est
interministériel, puis il n'y a pas eu une rencontre depuis un an ou dans la
phase où la question a été posée. J'espère que ce comité va reprendre ses
travaux, puis la prochaine fois, si c'est moi qui est ici, ou un autre
collègue, on peut voir qu'il y a beaucoup de rencontres qui ont été eues entre
tous ces ministères-là.
Parce que, je suis d'accord avec la
ministre, on arrive dans un moment très important de notre histoire avec, oui,
c'est sûr, la décarbonisation de notre économie. C'est sûr qu'on préfère d'avoir
un développement de certains minéraux stratégiques ici, au Québec, qu'ailleurs,
dans une autre juridiction où il n'y a aucun règlement, aucune bonnes pratiques
qui existent pour mettre des minéraux dans nos cellulaires puis dans nos chars
électriques. Je comprends tout ça, mais, quand même, c'est important que l'État
continue, qu'on crée des comités, de s'assurer que ces comités-là fonctionnent
bien puis déroulent bien.
Mais, bref, je vais retourner à la
question posée par ma collègue à Verdun, mais aussi, quelque chose qui, je
pense, est important, c'est toute cette question de tour à un cadre minier qui
peut être fait, puis une MRC ou... comment le gouvernement a un temps pour
créer une aire protégée ou, quand même, un parc, puis ce claim prend précédence
des autres lois. Je trouve que, quand même, si on veut commencer à développer
des projets, ça bloque un petit peu de cette possibilité de peut-être, je vais
créer un mot ici, déclaiminiser certaines juridictions. Mais je pense que c'est
une discussion qu'il est important d'avoir que, oui, il y a beaucoup de claims.
Comme, proche de chez nous, à la montagne Rigaud, il y a un claim minier,
présentement, autour de là, qui... des citoyens, qui sont inquiets, puis la MRC
de Vaudreuil-Soulanges dit : Bien, on a fait un... mais on ne veut pas
nécessairement ce projet-là, on veut préférer, comme, aller le vendre à...
Mais, bref, c'est un exemple où je pense que le claim minier prend peut-être
trop de précédence, en place d'un projet qui est favorable pour le bien-être de
toute la population.
Mais encore, je veux juste... reviens,
parce que je pense qu'il y a un déséquilibre présentement, Mme la ministre,
entre le fait qu'un claim peut être fait en 30 minutes sur votre cellulaire,
sur une carte, versus une décision prise par le ministère quand les MRC
soulèvent des enjeux. Est-ce qu'elle peut peut-être exprimer ou guider nous un
petit peu sur comment elle va répondre à des craintes de l'UMQ, la FMQ et,
quand même, juste des citoyens, de peut-être s'assurer qu'il y a un meilleur
équilibre dans le fait qu'une zone on veut protéger, s'assurer qu'il n'y a
quand même pas des projets d'exploration...
M. Kelley : ...est-ce qu'elle
a peut-être un projet de loi en tête ou des règlements qu'elle est prête à
déposer? Alors, plein de questions pour vous, Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Bien,
oui. Merci. Bien, je trouve ça important, tu sais, qu'on parle de développement
de l'activité minière, mais de développement harmonieux. Puis vous l'avez
nommé, là, on est dans une... dans une période qui est importante, je pense. Le
Québec, on est en bonne position pour... pour développer des minéraux, des
ressources qu'on a, pour sécuriser nos chaînes d'approvisionnement. Il y a des
règles qui sont en place, en ce moment, qui sont strictes, mais cette démarche
participative, cette démarche de consultation là, je l'ai lancée, on l'a lancée
parce qu'on a la volonté, comme gouvernement, d'entendre les parties prenantes,
d'être à l'écoute à la fois de la population, des fédérations des
municipalités... Fédération québécoise des municipalités, l'Union des
municipalités, donc, puis les groupes environnementaux, l'industrie également,
les Québécois. Parce que... parce qu'on fait... si on fait ce développement de
l'activité minière, c'est au profit des Québécois, au bénéfice des Québécois.
Si on a... si on veut faire cette transition qui est juste, il y a une
opportunité pour les Québécois à saisir. Bien, on va le faire, on veut
continuer de le faire correctement en ayant des normes qui sont arrimées aux
réalités et au contexte actuel.
• (12 h 10) •
Le contexte actuel n'est pas juste au
Québec, là. Cet engouement pour les minéraux critiques stratégiques, la
sécurisation de nos chaînes d'approvisionnement, ces réflexions-là, tous les
pays l'ont en ce moment à travers le monde. En tout cas, en Amérique du Nord,
je peux vous le confirmer dans les différents échanges qu'on a. Donc, il y a...
il y a ce souhait de développer, de faire du développement. Puis nous, bien,
comme Québécois, et moi, comme ministre, je veux m'assurer que le
développement, il se fait en harmonie avec nos communautés, avec les
municipalités, avec les citoyens. Donc, la démarche, ces consultations, ça
permet de renouveler ce dialogue-là. Je n'ai pas mentionné les communautés, les
Premières Nations, là, depuis le début, mais elles ont été les premières
consultées, les Premières Nations, dans le cadre de cette démarche-là, parce
qu'on souhaitait aussi que le développement se fasse avec... avec eux.
Et tout est sur la table, là, je le
répète, je l'ai répété depuis quelques mois, mais tout est sur la table, autant
les claims que les retombées pour les Québécois, que les principes de
consultation, que comment on fait les choses de manière environnementale pour
s'assurer aussi de l'équilibre des droits, puis s'assurer qu'on protège ce qui est
à être protégé. Donc, les consultations, elles servent à cela. Et on va laisser
le processus se faire. Sachez que les consultations, c'est en ce moment et que
mon souhait, c'est que les choses se fassent dans l'ordre mais rapidement pour
que les ajustements, s'il y a ajustements, puissent être apportés rapidement.
M. Kelley : Parfait. Alors,
s'il y a un projet d'exploration sur un territoire qui est comme pas loin,
200 mètres d'une rivière, c'est quoi, le processus, exactement? Est-ce que
c'est l'entreprise qui a beaucoup de latitude de choisir où l'entreprise va
fouiller un petit peu dans la terre pour trouver quoi qui est dedans
exactement? Ou est-ce que c'est l'environnement qui peut dire : Bien,
c'est trop... c'est trop proche d'une rivière, c'est trop proche d'un lac,
c'est proche d'une réserve où il y a une espèce menacée? Je ne sais pas, mais,
je pense, ça, c'est une autre place où des gens ont des craintes présentement,
c'est comme cette phase d'exploration. Est-ce que c'est bien encadré? Et
peut-être c'est juste une question que les gens ne savent pas nécessairement
toutes les démarches, mais je pense que leurs craintes présentement sont
légitimes que, quand même, pour un projet d'exploration, est-ce que c'est bien
encadré?
Mme Blanchette Vézina : Concernant
la question pour l'eau, il y a... tu sais, il y a le processus de TIAM, là, qui
permet de s'assurer de protéger des activités de... l'eau qui sert à des fins
de consommation humaine. Ça fait que ça, c'est une première chose. Il y a des
permis aussi qui sont demandés et qui sont exigés aux entreprises qui émanent
de l'environnement. Quand on parle... quand on parle d'un cadre rigoureux, en
ce moment, bien, il y a plusieurs lois et plusieurs règlements qui encadrent
l'activité minière pour s'assurer que les travaux soient faits en respect de
l'environnement. J'ai devant moi, là, le cadre... comment qu'on l'appelle, là,
le cadre normatif s'appliquant au domaine minier, qui fait 50 pages, qu'on
me dit à l'oreille, qu'on me souffle à l'oreille. Donc, sachez qu'il y a des
règles strictes pour chacun des cas de figure, dépendamment si c'est en terres
publiques, si c'est en terres privées. Il y a plusieurs règles qui... qui
s'appliquent. Et nous, comme ministère, on accompagne, comme je vous le
mentionnais, les municipalités dans le cadre de la délimitation de territoires
qui peuvent être désignés comme incompatibles à l'activité minière, mais on
accompagne aussi l'industrie pour...
Mme Blanchette Vézina : ...assurer
qu'on fait les choses correctement, dans... en respect des normes qu'on s'est
données comme Québécois.
M. Kelley : Parfait, Mme la
ministre. Puis une question concernant les pouvoirs que vous avez comme
ministre. Dans la Loi sur les mines, c'est évident que... bien, la où le
ministre a beaucoup de pouvoir, est-ce que vous êtes capable, si jamais il y a
une région où il y a beaucoup des claims qui soulèvent des inquiétudes des
citoyens, est-ce que vous êtes capables d'enlever un claim d'une entreprise?
Mme Blanchette Vézina : Il
n'y a pas de possibilité de retirer un claim... à la... la ministre ou
moi-même, là, il n'y a pas cette possibilité-là. Il y a différents pouvoirs
discrétionnaires, mais pas celui-là.
M. Kelley : Est-ce qu'il y a
une capacité pour vous de mettre sur pause tout travail sur une région où il y
a des claims?
Mme Blanchette Vézina : Le
territoire incompatible à l'activité minière, c'est l'effet du moratoire. Il
n'y a pas... Il n'y a pas d'autres outils dans la loi en ce moment.
M. Kelley : Et est-ce que
vous avez des moyens d'acheter des claims miniers, si jamais c'est nécessaire,
qu'il y a énormément de pression des citoyens dans certaines régions? Puis le
gouvernement décide : On va racheter ça de l'entreprise pour s'assurer
qu'il n'y a aucun travaux qui est fait sur ce territoire en question.
Mme Blanchette Vézina : À
votre question, par rapport au rachat de droits, ça s'est déjà fait, là, donc
il est possible, oui, de le faire. Et rappelons aussi qu'un détenteur de claim
minier doit faire des travaux dans les trois ans de la délivrance du claim, du
titre. Et sinon, le claim tombe.
M. Kelley : Mais ce n'est pas
énorme... ce n'est pas très difficile de renouveler un claim minier non plus,
pour les entreprises, les démarches puis les critères sont pas mal évidents. Il
faut... il faut faire un petit peu de travail là-dessus. Mais est-ce que la
ministre trouve quand même de renouveler un claim, le processus est trop facile,
ça peut être mieux encadré?
Mme Blanchette Vézina : C'est...
Ce sont des choses qui sont évaluées dans le cadre de la démarche actuelle.
Donc, pour l'instant, il faut faire des travaux ou payer le double de la
valeur. Donc, il y a quand même des règles qui régissent le fait de renouveler
un claim. Mais comme je vous mentionnais, la démarche participative en ce
moment traite de l'octroi des claims spécifiquement.
M. Kelley : Parfait. Juste
parce que Mme la ministre, présentement, je sais que nos collègues sont à
l'étude d'un projet de loi sur l'aménagement du territoire, et on parle
souvent... ce n'est pas dans ce projet de loi, mais l'article 246, je
pense que c'était ma collègue de Mille-Îles qui a soulevé ça, dans
l'interpellation, que, là, si... on parle un petit peu de peut-être mieux
encadrer toute cette question des claims miniers, au minimum le pouvoir qu'une
municipalité ou une MRC pour peut-être mettre sur pause un claim minier. En
tout cas, je veux juste savoir si elle a peut-être regardé avec sa collègue si
l'article 246... et c'est soulevé aussi par l'UMQ dans leur mémoire, peut
être ajusté pour mieux répondre à des craintes des MRC et des municipalités.
Mme Blanchette Vézina : On va
utiliser... On va plutôt entendre ce qui se dit pendant les consultations puis
on va statuer par la suite.
M. Kelley : Parfait. Je n'ai
pas beaucoup de temps qui reste, mais je vais poser une question. Madame le
ministre, est-ce que vous avez une idée de combien de térawatts par heure... ou
combien d'énergie ça va prendre pour tous les nouveaux projets miniers au
Québec qui sont en lien de... mis en marche dans les prochaines couples des
années, ça va prendre combien d'énergie de notre bloc qui reste?
Mme Blanchette Vézina : Je
n'ai pas cette information en ce moment.
M. Kelley : Est-ce que c'est
possible de fournir une réponse avec votre collègue? C'est qui, qui est
responsable pour voir...
Mme Blanchette Vézina : Je
vous réfère au ministère de l'Énergie, là, de l'économie et de l'énergie,
Innovation, Énergie.
M. Kelley : O.K. Alors
présentement dans les lois puis les règles qui existent, quand un projet minier
est déposé, est-ce qu'il y a une analyse qui est faite pour déterminer combien
d'énergie ça va prendre pour mettre en œuvre ce projet?
Mme Blanchette Vézina : Oui,
oui, il y a une analyse qui est faite par le ministère de l'Économie, de
l'énergie, innovation, MEIE.
M. Kelley : Alors, c'est fait
par l'innovation et l'Énergie et pas par les Ressources naturelles, c'est bien
ça?
Mme Blanchette Vézina : Exact.
M. Kelley : O.K., parfait, je
prends note pour... ça s'en vient cette semaine, mais je vais laisser la parole
à ma collègue de Verdun pour e prochain... ou est-ce qu'on a terminé
maintenant? Ah! On est...
Le Président (M. St-Louis) : ...Merci,
M. le député.
M. Kelley : Désolé.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
Mme la ministre. Je suis maintenant prêt à reconnaître une première
intervention du porte-parole du gouvernement, M. le député de Gaspé. La parole
est à vous. Vous disposez de 9 min et 30 s.
M. Sainte-Croix : Merci, M.
le Président. Vous me permettrez d'abord d'y aller avec les salutations
d'usage, à commencer par vous, toujours un plaisir de vous côtoyer à
l'intérieur de nos travaux parlementaires. Mme la ministre avec qui j'ai le
plaisir de partager ma fonction de... de... au niveau de l'attaché
gouvernemental dans le cadre de vos responsabilités au niveau de la région
Gaspésie et des Îles, salutations particulières à vous, à l'ensemble de vos
équipes bien présentes ici aujourd'hui. La partie gouvernementale, donc mes
collègues, toujours un plaisir d'être avec vous aussi. Membres de l'opposition
officielle, deuxième opposition, enchanté, salutations à vous.
• (12 h 20) •
M. le Président, je suis très heureux
d'être ici aujourd'hui pour cette étude des crédits sur l'activité minière.
J'ai le plaisir d'avoir moi aussi dans mon comté une ville anciennement
minière, Murdochville, qui a fait partie d'un gisement très important, là, au
niveau du développement minier du Québec, qui a aussi inscrit une page
d'histoire au niveau du syndicalisme québécois, la grève de Murdochville, 1957,
un événement historique marquant au Québec qui, à l'époque, a jeté à la rue
900 travailleurs, quand même quelque chose d'impact pour l'époque, puis
qui a aussi contribué, là, à renforcer l'action... l'action syndicale au Québec
pour la suite des choses, et qui a tracé la voie, ma foi, à la Révolution
tranquille au Québec au niveau des relations ouvrières, et puis, bien, c'est
une page d'histoire, là, qui est bien connue chez nous, qui a toujours... qui
fait toujours l'actualité, là, lorsqu'on parle des relations syndicales dans
l'histoire ouvrière du Québec. Et dans une perspective plus actuelle et
contemporaine, bien, j'ai aussi, là, un promoteur, la minière Osisko, qui est
intéressé à reprendre l'activité minière en Gaspésie, qui a fait des études,
là, préliminaires au niveau des gisements et qui, ma foi, pourrait, là, si les
choses se déroulent tel que prévu, relancer l'activité minière en Gaspésie au
niveau du gisement de cuivre. Et tout ça, bien entendu, est associé à ce qui se
passe actuellement au niveau mondial, au niveau de l'énergie, au niveau de
l'électrification de l'ensemble des... des filières économiques et bien, à ce
niveau, on sait que le Québec est très bien positionné, là, au niveau des
minéraux critiques et stratégiques, et on connaît de plus en plus la forte
demande, là, qui se rattache à ce secteur d'activité là, ici chez nous au
Québec, mais partout dans le monde. Notre gouvernement s'est engagé à
développer cette filière-là dans les années à venir, nous sommes au travail à
ce niveau-là, et puis bien oui, effectivement, on pense nommément à
l'extraction pour faire en sorte de décarboner l'économie et électrifier notre
économie, mais on pense aussi beaucoup à la transformation, dans le fond, au
Québec de nos minerais, et puis on en est très conscients puis on connaît la
valeur ajoutée à la 2e et 3e transformation, c'est vrai au niveau du poisson,
c'est vrai au niveau de l'alimentaire en général, c'est vrai en forêt et c'est
aussi vrai au niveau de l'activité minière, ça a un impact considérable dans
l'économie régionale, donc ça amène une valeur ajoutée à l'ensemble de nos
activités. Et puis, bien, ce sont des opportunités qui, je pense, qu'il nous
faut étudier pour s'assurer, là, de tirer un maximum de retombées au niveau de
nos filières économiques et industrielles importantes pour le Québec.
Récemment, je pense que le gouvernement du
Québec a envoyé un message fort, un message très structurant avec un
investissement de 15 millions sur... pour les trois prochaines années pour
soutenir la mise à l'échelle des procédés de traitement du minerai et de
première transformation. Ceci dit, Mme la ministre, j'aimerais vous entendre
sur les façons que votre ministère entend mettre de l'avant, sa façon d'interagir
et d'accompagner le développement de la transformation des minéraux, notamment
des minéraux critiques et stratégiques ici au Québec.
Mme Blanchette Vézina : Je
remercie le député de Gaspé pour... pour sa question. C'est un plaisir partagé
de siéger dans... dans cette belle région qui est la Gaspésie, d'avoir la
responsabilité notamment de cette belle région qu'est la Gaspésie.
Vous l'avez nommé, on a plusieurs
avantages pour valoriser nos minéraux, on a un plan...
Mme Blanchette Vézina : ...sur
les minéraux critiques et stratégiques qu'on a adopté en 2020. Premier au
Canada, on est reconnus aussi à l'international, mais particulièrement avec nos
voisins du Sud, comme étant des leaders du développement de cette filière dans
le contexte... leader environnemental et dans le respect des normes sociales,
aussi, des employés qui travaillent au sein des mines. Donc, le Québec, on fait
en fait figure de leader et on est reconnus comme tel à l'international.
Notre souhait, et on y travaille très
fort, c'est de développer une filière batterie, oui, d'avoir nos minéraux qui
proviennent d'ici, mais de faire cette première transformation là. C'est
important et c'est ce qu'on souhaite aussi faire, et c'est ce sur quoi on
travaille en ce moment comme gouvernement. Ça implique des procédés qui sont
complexes, bien sûr, de faire cette transformation-là. Puis on désire
s'intégrer, donc, verticalement pour acquérir et développer les procédés puis
accroître notre expertise, aussi, comme Québécois. C'est un défi, mais on y
travaille très fort pour pouvoir développer cette filière batteries au Québec,
donc cette première transformation là.
Vous l'avez nommé, M. le député, là, les
activités minières se réalisent souvent dans les régions qui sont plus éloignées,
la Gaspésie, mais notamment l'Abitibi, également dans le nord du Québec. Donc,
on a des minéraux qui sont présents sur le territoire québécois. On veut faire
cette première transformation-là. En ce moment, on dénombre 18 usines qui
produisent du métal primaire à partir des ressources minérales du Québec ou qui
sont importées. Les principaux métaux et alliages fabriqués à partir de
concentrés du Québec sont la fonte et l'acier, en ce moment, le cuivre, le
zinc, l'or, le silicium, le ferrosilicium et le ferroniobium, j'ai bien nommé,
merci.
Et on a plusieurs mesures incitatives, là,
pour encourager les entreprises à transformer au Québec. On a un programme
d'appui à la recherche et à l'innovation du domaine minier. On a soutenu
d'ailleurs trois projets de première transformation qui utilisent des
ressources minérales québécoises. On tient également trois projets d'usines de
démonstration ou commerciale de transformation en lien avec le plan québécois
sur la valorisation des minéraux critiques et stratégiques. Et on a, encore une
fois, l'intention de mettre en valeur les minéraux critiques et stratégiques du
Québec pour soutenir la mise à l'échelle des procédés de traitement de minerai
de première transformation pour les étapes de pilotage et de démonstration.
Donc, on veut réellement soutenir cette première transformation pour qu'elle se
fasse au Québec.
Le Président (M. St-Louis) :
Vous disposez toujours de deux minutes, M. le député.
M. Sainte-Croix : Je passerai
la parole à ma collègue.
Mme Bogemans : Oui,
absolument. Bonjour, tout le monde. Merci également, pour reprendre les
salutations... mais également à l'équipe ministérielle, qui a travaillé
extrêmement fort pour préparer cette période de crédits là. Merci beaucoup de
l'attention qui est portée.
Moi, je voulais poser une question sur la
route Billy-Diamond. Donc, ceux qui ont oeuvré à la Baie James savent
l'importance de l'accès au territoire, bien entendu. Toutefois, il y a peu de
gens qui savent que cette route-là de 600 kilomètres de distance est sous
votre responsabilité. Et puis, pour donner une idée, là, de grandeur de cette
route-là, ça correspond environ à la distance entre Drummondville et
Baie-Comeau, Montréal et Rouyn-Noranda, le comté, ici, de mon collègue. Donc,
c'est la route Billy-Diamond qu'on appelait autrefois la route de la
Baie-James.
C'était le 10 novembre 2020 que notre
gouvernement a souligné le 45ᵉ anniversaire de la convention signée, la
Convention de la Baie James et du Nord québécois, et on a voulu rendre hommage
à Monsieur Diamond, qui est une figure de proue crie, un homme politique
autochtone, en nommant cette route à son nom. La route Billy-Diamond dessert
une population d'environ 32 000 personnes, incluant plusieurs résidents des
communautés cries, d'où l'hommage qui fait beaucoup de sens. Ça inclut
également tous les travailleurs d'Hydro-Québec qui se rendent au barrage, donc
les camps, et aussi les entreprises forestières et minières diversifiées.
De plus, cette route importance nous amène
jusqu'à la route Transtaïga, qui est un tronçon qui se mène presque jusqu'à la
route du Labrador. C'est 666 kilomètres à l'est de la province sans passer
par aucune municipalité. On y retrouve les camps d'Hydro-Québec, mais c'est à
peu près tout. Et la finalité de cette route-là nous amène jusqu'au réservoir
Caniapiscau. Donc, c'est quand même extrêmement loin. Les faits importants,
c'est que... c'est important pour les gens qui nous regardent à la maison, là,
que ce n'est pas...
Le Président (M. St-Louis) : ...je
m'excuse, le temps pour ce bloc d'échange est malheureusement écoulé et
terminé.
Mme Bogemans : Oui. Aucun
problème.
Le Président (M. St-Louis) :
Donc, compte tenu de l'heure, la commission suspend ses travaux jusqu'à
15 h 30. Petit rappel la...
Le Président (M. St-Louis) : ...reprendra
son cours au salon bleu, non pas ici, à la salle Kirkland. Merci à tous et à
toutes. Mme la ministre, merci.
(Suspension de la séance à 12 h 28)
15 h (version non révisée)
(Reprise à 15 h 27)
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
nous allons reprendre nos travaux. Je vous rappelle que la commission est
réunie afin de poursuivre l'étude des crédits budgétaires du volet Ressources
naturelles du portefeuille Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice
financier 2023-2024. Puisque nous avons débuté nos travaux à 15 heures et
qu'une période de 1 h 30 min doit être consacrée à l'étude...
Une voix : ...
Le Président (M. St-Louis) : Ça
va? C'est bon. Donc, je suis prêt à reconnaître le porte-parole de l'opposition
officielle, M. le député de Jacques-Cartier. La parole est à vous. Vous
disposez de 18 minutes et 20 secondes.
M. Kelley : Merci, M. le
Président. L'entourage de la ministre est plus impressionnant quand nous sommes
dans le salon bleu. C'est toute une gang qui est avec vous, aujourd'hui, Mme la
ministre. Moi, j'ai Thomas qui est avec moi, qui travaille très, très fort
aussi. Alors, pas de pression sur toi, Thomas, pas de pression.
Mme la ministre, je pense que, juste avant
qu'on a quitté pour la pause, on a lancé la discussion sur l'autoroute de
Billy-Diamond. Puis c'est, bien sûr, une... c'était une bonne chose, une très
bonne chose que nous avons renommé l'autoroute au nom de Billy Diamond, un
grand chef puis un grand leader de la nation crie, qui... Si jamais vous avez
le temps de prendre... l'occasion de lire sa biographie, c'est vraiment
impressionnant, tout qui a été... tout qu'il a vécu comme une personne mais
aussi comme un chef, tous les grands débats qu'il a eu ici, à l'Assemblée
nationale, autour des droits des Cris, et après ça, en général, les
autochtones.
Mais bref, je dis que c'est peut-être une
bonne occasion pour poser une question parce que vous avez mentionné ce matin.
Puis, quand même, je sais que vous avez un petit peu un plan pour les
consultations avec la population, mais vous avez mentionné que vous avez
discuté avec les groupes autochtones, la semaine dernière, des enjeux autour de
votre consultation. Alors, c'est une question pour vous, est-ce que vous pouvez
donner nous un petit peu un résumé de la discussion que vous avez eue avec les
groupes autochtones sur la question minière la semaine dernière?
Mme Blanchette Vézina : Je
remercie le député pour sa question. Pour répondre à la question spécifique sur
les consultations autochtones, donc, le ministère a consulté les Premières
Nations en lien avec la démarche harmonieuse de l'activité minière. Donc, les
choses se sont bien déroulées. On est en discussion constante avec les
Premières Nations, je tiens à le mentionner, et on souhaite les intégrer de
manière... de manière concrète au développement harmonieux de l'activité
minière. Et c'est ce qu'on fait et c'est ce qu'on a fait lors des
consultations.
• (15 h 30) •
Je peux peut-être compléter avec... parce
que vous aviez des questions, mais... à moins que... Bien, en fait, vous
mentionniez qu'effectivement c'est un axe qui est névralgique pour le
développement, développement nordique, l'accès au territoire autant pour les
communautés autochtones que pour... que pour les Québécois. Donc, cette route,
c'est un axe névralgique du transport nordique. Ça sert une population de 32 000 personnes,
des résidents des communautés cries. C'est aussi utilisé par Hydro-Québec ainsi
que les entreprises forestières et minières. Et on a un programme... un
important programme de réfection, là, qui a été... qui est en cours afin d'assurer...
15 h 30 (version non révisée)
Mme Blanchette Vézina : ...assurer
la sécurité des usagers, la pérennité de cette route stratégique. Donc, c'est...
entre 2015 et 2026, c'est près de 334 millions de dollars qui ont été
investis pour des travaux de réfection, dont 111 millions provenant du fédéral
et 223 millions provenant du Québec.
M. Kelley : Parfait. Merci,
Mme la ministre, mais je vais continuer sur la question des consultations,
discussions avec les groupes autochtones. Oui, je comprends que vous avez une
rencontre. Est-ce que les autochtones, les différentes Premières Nations et les
Inuits ont soulevé certains enjeux précis, puis aussi, depuis que vous avez rentré
en fonction, est-ce que vous avez eu le temps de réfléchir un petit peu sur
comment vous êtes capable de mieux travailler avec les Premières Nations et les
Inuits du Québec? Est-ce qu'il y a des démarches qui doivent changer, selon
vous, depuis... entrée en fonction, des choses qui doivent changer? C'est
encore un petit plus de précisions, pas juste une liste des rencontres, mais
des vrais enjeux que vous pensez que vous êtes capable de régler avec vos
collègues.
Mme Blanchette Vézina : Depuis
mon entrée en poste, mais aussi avant, tu sais, je pense au travail qui est
effectué par mon collègue des Relations avec les Premières Nations avant mon
arrivée et maintenant, on travaille en collaboration avec son équipe dans le
développement plus harmonieux de relations avec nos... les voir comme des
partenaires, donc, les Premières Nations. On est en discussions régulières.
Moi, j'ai eu plusieurs rencontres avec différentes communautés autochtones pour
entendre les enjeux, des enjeux en lien avec la foresterie, avec l'accès au
territoire, avec le développement de leurs communautés. Ils veulent être
partenaires, ils ont le souhait de participer à ce développement-là, mais d'être
considérés de nation à nation. Et c'est ce qu'on fait, et c'est ce qu'on va continuer
de faire. Donc, je suis en tournée, là, dans les différentes communautés pour
entendre ces enjeux, entendre les priorités qui sont différentes d'une
communauté à l'autre. Mais ce qui en ressort, c'est aussi beaucoup le souhait d'être
considérés comme des partenaires, et c'est ce qu'on fait.
On offre aussi, au ministère des
Ressources naturelles, du financement pour soutenir la participation des
communautés autochtones pour ce qui est de la mise en valeur du territoire, des
ressources naturelles, des forêts. On a des échanges, presque quotidiennement,
là, avec eux. On offre aussi, en matière de foresterie, des partenariats, l'accès
à du bois, donc des pros, qu'on appelle, là, donc ils ont accès, pour certaines
communautés, à ces pros. Et donc on transfère aussi gracieusement l'usufruit
des terres du domaine de l'État pour répondre aux besoins résidentiels et
communautaires des communautés autochtones.
Puis, dans tous nos secteurs, là, soyez
rassuré, on est toujours à la recherche de nouvelles mesures puis de relations
harmonieuses, continuer nos relations harmonieuses avec les Premières Nations.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je veux maintenant poser une question, parce que c'est sûr que c'est... pas
juste dans l'actualité, mais je sais que votre ministère est responsable pour
le plan de la protection de territoire face aux inondations, puis aujourd'hui,
en période des questions, on a parlé un petit peu de l'adaptation à des
changements climatiques. Alors, je ne sais pas si vous êtes en mesure d'expliquer
un petit peu le travail qui a été fait.
Dans mon comté, j'ai un coin qui, en 2017
et 2019, était vraiment touché par les inondations... de Bellevue puis un peu
de Senneville, mais mon collègue de Nelligan... on sait qu'à Pierrefonds, dans
certains coins, sur le lac des Deux-Montagnes, on a vu toutes les images des
inondations là puis maintenant on voit une autre situation, mais chaque année
ça arrive.
On sait, il y a une saison des
inondations, mais encore, est-ce que votre ministère a regardé, et comme je
dis, les dernières couples d'années? Est-ce qu'il faut changer notre stratégie,
dans les prochaines années, avec les changements climatiques qui deviennent de
plus en plus puissants?
Mme Blanchette Vézina : J'apprécie
la question puis, aujourd'hui, je tiens à offrir ma sympathie aux gens qui
vivent en ce moment des difficultés en lien avec les inondations sur le
territoire ainsi qu'aux familles qui sont touchées de près par les deux
disparitions, les deux personnes qui sont disparues.
Vous mentionnez que, depuis le printemps
2020, le gouvernement a mis en œuvre le Plan de protection du territoire face
aux inondations, et ça, c'est doté d'une enveloppe de 479 millions sur cinq
ans. Le plan, il contient trois mesures. Mon ministère, il intervient...
Mme Blanchette Vézina : ...également,
mais c'est décliné sous quatre axes. On parle de cartographie. On veut régir et
encadrer, planifier et intervenir, ainsi que connaître et communiquer. Donc, on
s'est concerté. Les ministères se concertent entre eux parce que c'est un
travail qui ne relève pas juste du ministère des Ressources naturelles, des
Forêts, donc en lien avec le territoire, mais aussi avec les intervenants du
ministère de la Sécurité publique, du ministère des Affaires municipales, les
milieux municipaux, les milieux scientifiques.
Donc, on est responsables des principales
mesures qui visent l'acquisition et le développement des connaissances qui sont
indispensables à cette cartographie puis aux mesures qui sont à mettre en place
dans le plan. Un mécanisme d'alerte et de planification d'intervention a été
mis en place aussi pour documenter des futures crues importantes dans des
secteurs non couverts par une cartographie de zones inondables. Les intervenants
municipaux et gouvernementaux ont accès donc à une meilleure connaissance
cartographique. Et il y a également pour les citoyens et citoyennes, ils ont...
ils peuvent avoir accès, grâce à quebec.ca, aux renseignements relatifs aux
inondations, là, de nature à répondre à leurs besoins.
Donc, on travaille aussi... On participe
aux travaux des bureaux de projet pour la réalisation des portraits des
problématiques d'inondation, pour élaborer aussi les plans d'intervention à
l'échelle des bassins versants, notamment afin d'apprécier l'utilisation du
territoire public, là, dans la mise en place des mesures en résilience puis en
adaptation à ces situations.
M. Kelley : Merci
beaucoup. Sur la fin de semaine, j'ai vu l'article dans La Presse, que votre
collègue va piloter le dossier de... Votre collègue qui est responsable pour la
lutte contre les changements climatiques va regarder la situation partout au
Québec concernant l'adaptation aux changements climatiques. Mais je veux juste
bien comprendre parce que votre ministère a une expertise, c'est sûr et
certain, quand je regarde juste quand même sur votre site Web puis dans le
cahier des crédits, des cartographes, et tout ça.
Mais entre les deux, c'est qui a vraiment
les expertises puis l'information de prendre en charge un dossier comme ça?
Est-ce que ça relève vraiment des experts au sein de votre ministère pour bien
déterminer quelle rivière peut déborder plus, avec les prédictions, les
«forecast» de l'avenir? C'est juste une question comment vous puis votre
collègue va travailler ensemble pour partager les expertises des deux pour
s'assurer qu'on a un bon plan en place rapidement pour l'adaptation des
changements climatiques.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, vous l'avez nommé, là, c'est un travail de concertation puis un travail
de collaboration. Du côté du ministère des Ressources naturelles, c'est
vraiment dans la cartographie. Donc, on a cette responsabilité-là, là, de
cartographier le territoire. Donc, on a des mécanismes... de planification des
interventions qui ont été mis en place par le ministère des Ressources
naturelles. On documente aussi les futures crues qui pourraient être faites
au-delà des cartographies. On travaille bien sûr avec le ministère de la
Sécurité publique parce qu'ils sont eux-mêmes très impliqués dans les... dans
les situations où la population est vulnérable.
Donc, on teste... On a testé puis amélioré
aussi la production d'une cartographie à la suite des événements d'inondation
qui étaient survenus au printemps 2022. Et c'est un mécanisme qui est
d'ailleurs activé, là, en ce moment. Donc, on a amélioré aussi l'accès à
l'information sur les risques qui sont liés à l'information. Donc, le ministère
des Ressources naturelles s'occupe vraiment de la donnée et de la cartographie
en lien avec ces aléas. On travaille en collaboration également, bien sûr, avec
les scientifiques pour avoir les meilleures données scientifiques, pour se
projeter dans les... vers les risques.
M. Kelley : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Puis aussi, je me souviens, en 2019, il y a eu un
grand débat autour de la carte des zones d'inondation et tout ça. Et je me
souviens, à l'époque, il y a eu des discussions autour de la cartographie et
des images qui étaient prises par les satellites. Puis, de mémoire, votre
émissaire a dit : C'est sûr qu'il faut mettre des choses à jour.
Je veux juste poser la question. Pendant
les dernières années, est-ce que votre ministère a travaillé pour s'assurer que
toutes les différentes images, les cartes et tout ça sont à jour? Est-ce que
les investissements, il faut faire aussi pour bien juste faire la cartographie
en général au Québec? Alors, ça, c'est les questions pour la ministre.
• (15 h 40) •
Mme Blanchette Vézina : Oui.
En fait, on prend des actions. On le fait en continu depuis l'adoption du plan
de protection du territoire face aux inondations. En 2023... Pour
l'année 2023-2024, donc, on a prévu, là, 10 actions structurantes qui
vont être priorisées. On participe aux travaux pour l'élaboration, là, du cadre
réglementaire. Donc, on continue d'être en action. Si vous me permettez,
peut-être, je pourrais passer la parole...
Mme Blanchette Vézina : ...la
parole au sous-ministre associé à ces travaux qui sont faits en lien avec les
inondations et la cartographie, M. Daniel... Gaudreau, pardon.
Le Président (M. St-Louis) : Nous
avons le consentement de l'Assemblée? Consentement. Donc, il y a consentement.
Je demanderais de vous nommer ainsi que votre titre, s'il vous plaît.
M. Gaudreau (Daniel) : Oui,
bonjour, tout le monde. Daniel Gaudreau, sous-ministre associé à
l'Infrastructure foncière et à l'Information géospatiale. Concernant la
problématique de la cartographie, comme il a été évoqué par M. le député,
effectivement, suite aux inondations 2017, 2019, il y a eu un constat comme
quoi on devait revoir l'ensemble de l'exercice de cartographie au Québec, du
fait des écarts qui existaient notamment dans la région métropolitaine de
Montréal. Mme la ministre y a fait référence tout à l'heure, il y a eu des
actions importantes, à la suite de ces inondations-là, pour se doter d'un plan
de protection du territoire face aux inondations. Et un des axes importants,
c'est tout de revoir la cartographie au Québec, d'aller au-delà des cartographies
traditionnelles, qui est en zone de récurrence 0-20 ans, 20-100 ans. Donc, on
travaille maintenant sur des cartographies en gestion de risques. Il y a eu des
conventions qui ont été signées avec le monde municipal pour que les MRC,
notamment Communauté métropolitaine de Montréal, Québec, plusieurs MRC au
Québec travaillent à revoir cette cartographie-là.
Le ministère de l'Environnement travaille
à produire des nouvelles cartographies en gestion de risques avec le programme
Info-crues. Et récemment, la semaine dernière, il y avait un article,
Radio-Canada, sous la signature d'Étienne Leblanc. Pascale Biron, qui est
chercheuse à l'Université Concordia, qui a travaillé avec nous, à l'époque, sur
le comité scientifique, saluait les avancées du gouvernement du Québec en
matière de cartographie. Donc, il y a des efforts importants qui sont faits.
Et, à terme, avec le régime permanent, avec les nouvelles cartographies, en
matière de zones inondables, on sera en mesure, là, d'améliorer la sécurité,
les interventions, parce qu'on va ajouter aux cartographies traditionnelles la
question de la submersion de façon à assurer des meilleures interventions,
meilleures protections, meilleures préventions.
M. Kelley : ...Mme la
ministre. Maintenant, je vais poser une question, c'est en lien avec la
cartographie. Mais, selon le ministre de la Lutte contre les changements
climatiques, on a besoin 100 térawatts d'énergie propre d'ici à... bien, pour
s'assurer qu'on... décarboniser notre société. Alors, ça fait partie, le profil
qui doit être fait, puis, on sait, en 2030, on va avoir plus de surplus.
Alors, pour déterminer où on va choisir
des projets d'énergie renouvelable, est-ce que votre ministère joue un rôle
déterminé? C'est où, les meilleurs endroits pour lancer les appels d'offres,
pour faire du zonage, que ça, c'est une place qu'on peut faire de solaire, et
tout ça? Est- ce que ça relève du ministère des Ressources naturelles avec
toute votre expertise ou est-ce que c'est ailleurs?
Mme Blanchette Vézina : En
lien avec la capacité énergétique, c'est vraiment mon collègue du ministère de
l'Économie, de l'Innovation, et de l'Énergie, là, qui fait cette analyse, à
savoir quels seront les projets, si projet il y a, là, éventuellement,
l'endroit, également avec Hydro-Québec, bien entendu. Il y a un programme
d'attribution des terres de l'État, pour ce qui est du développement de projets
énergétiques, donc qui existe et qui est utilisé notamment pour le
développement de projets éoliens. Donc, on a d'ailleurs ajusté récemment, je
crois, en décembre, ce programme pour permettre que les énergies, ça ne soit
pas juste l'éolien qui soit possible en terre publique, mais également
l'ensemble des énergies renouvelables.
Donc, on a adapté le programme pour
permettre que ces projets puissent se réaliser en terre publique, parce que
notre souhait, c'est effectivement de décarboner notre économie, d'avoir de
l'énergie verte. Et le soutien de ce programme permet le développement
d'énergies renouvelables en terre publique.
M. Kelley : O.K. Parfait.
Alors, encore, c'est vraiment le ministère de l'Énergie qui détermine quelle
région administrative est la meilleure située pour des projets de l'énergie
renouvelable.
Mme Blanchette Vézina : En
réponse à votre question, on travaille en collaboration ensemble. Mais oui,
effectivement, dans les moyens utilisés, ça relève d'énergie. Mais, comme je
vous le mentionne, il y a un programme qui existe, là, c'est qu'on fasse de
l'énergie renouvelable sur les terres publiques. Et c'est ce qu'on a fait, on a
ajusté le programme pour le permettre maintenant.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Je vais poser des questions envers votre collègue plus tard cette semaine. Je
ne pense pas que j'ai beaucoup de temps qui reste, M. le Président...
M. Kelley : ...une trentaine
de...
Le Président (M. St-Louis) : Il
vous reste une quinzaine de secondes, M. le député.
M. Kelley : O.K. Pafait.
Bien, merci beaucoup, monsieur Gaudreault, pour les réponses concernant la
cartographie puis le travail qui est fait avec le comité scientifique, et tout
ça.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Merci, Mme la ministre. Le temps de ce bloc d'intervention étant
écoulé, je reconnais maintenant la porte-parole du deuxième groupe
d'opposition, Mme la députée de Verdun. La parole est à vous. Vous disposez de
neuf minutes et cinq secondes.
Mme Zaga Mendez : Merci.
J'aimerais finir la conversation qu'on avait commencée sur les claims miniers,
mais il resterait quelques petites questions. La première, c'est concernant la
consultation, la ministre le met de l'avant comme un... que c'est suite à cette
consultation-là qu'elle va nous venir avec plusieurs solutions. Donc, est-ce
que la ministre pourrait s'engager aujourd'hui de déposer ici en commission les
résultats puis un rapport complet de la consultation?
Mme Blanchette Vézina : Je
suis contente d'entendre la députée de Verdun, là, pour dire... continuer de
parler de développement harmonieux de l'activité minière parce que c'est
quelque chose qui me tient à cœur. C'est quelque chose qui nous tient à cœur
comme gouvernement. Je... il y aura un rapport des consultations qui sera rendu
public. Donc, lorsque les consultations seront terminées, il y aura un rapport
puis ça va être sur cette... ces données que nous allons baser les ajustements
qui seront effectués, le cas échéant.
Mme Zaga Mendez : Est-ce que
la ministre a une date, un échéancier pour ce rapport-là?
Mme Blanchette Vézina : Pas
pour l'instant, là, je ne sais pas si madame Camden a plus d'informations?
Mme Camden (Nathalie) : ...
Le Président (M. St-Louis) : Peut-être,
avec l'autorisation, là, de mentionner...
Mme Zaga Mendez : Rapidement,
là, parce que j'ai peu de temps.
Le Président (M. St-Louis) : Avec
le consentement? Consentement, il y a consentement, allez-y.
Mme Camden (Nathalie) : Bonjour,
Nathalie Camden, ministre associée aux Mines. Normalement, la consultation se
termine le 19 mai. S'il n'y a pas de prolongation et à ce moment-là,
après, on va ramasser et analyser tous les commentaires, mémoires et
questionnaires qui ont été complétés, de même que les propositions qui vont
nous être envoyées par les autochtones au même moment. Puis... Oui.
Mme Blanchette Vézina : ...peut-être
souligner à la députée de Verdun, que j'ai mentionné que je souhaitais que ça
se fasse... les choses se fassent rapidement. C'est toujours mon souhait et ma
volonté.
Mme Zaga Mendez : Merci. J'ai
deux autres petites questions qu'on n'avait pas pu répondre, en ce qui concerne
la spéculation, pas l'octroi, mais la spéculation des claims miniers. Il y a eu
des cas qui sont sortis récemment dans les médias. Je sais que la ministre a
pris connaissance. Est-ce qu'elle... Est-ce qu'elle peut nous dire combien de
claims miniers en ce moment sont sujets à spéculation?
Mme Blanchette Vézina : Concernant
la spéculation des claims miniers, je rappelle que les claims... Lorsque
quelqu'un prend un claim, il s'engage à faire des travaux sur trois ans, il y a
des claims sur lesquels il y a des travaux qui sont faits. Je vous mentionnais
des statistiques, là, tout à l'heure en lien avec ces travaux. Moins de 1$,
donc qu'est-ce qui fait l'objet de spéculation, là, en ce moment, je n'ai pas
cette information-là, mais il reste que je reste alerte. Je suis sensible à
cette situation-là. Mon intérêt, mon souhait, c'est que le développement se
fasse dans le meilleur intérêt des Québécois. Et les consultations... et les
ajustements à apporter le seront... seront annoncés suite aux consultations,
aux résultats des consultations.
Mme Zaga Mendez : Parce qu'en
ce qui concerne la spéculation, rapidement, Mme la ministre, on a eu un cas
dans lequel on a des reventes de claims à 18 000 $ dans les municipalités
près de Shawinigan. Ça, c'est de l'argent que des entreprises se font sur notre
dos, parce qu'ils ne sont pas en train de payer sur le site Web, ils sont en
train de se payer, entre autres, des milliers de dollars. Est-ce que la
ministre est d'accord qu'il faut mettre fin à cette spéculation?
Mme Blanchette Vézina : Il
faut comprendre qu'on vit dans une société où il y a des échanges comme ça, qui
peuvent se faire d'entreprises à entreprises. Il y a des entreprises qui ont
engagé des frais, des travaux d'exploration. Ça peut aussi faire l'objet d'une
transaction. Donc, c'est des achats qui se font entre entreprises. Le
développement d'une mine ou des travaux qui mèneraient à une mine, c'est
quelque chose qui nécessite beaucoup d'investissements et qui nécessite aussi
beaucoup de risques pour l'entreprise. Donc cette valeur, qui peut être
attribuée de gré à gré entre une entreprise et une autre, le gouvernement ne
s'implique pas dans cette transaction.
• (15 h 50) •
Mme Zaga Mendez : Bon,
j'invite à la ministre de peut-être nous revenir avec un portrait plus clair
de... où est en train d'avoir lieu la spéculation puis de combien ils sont
revendus. Parce que la spéculation, c'est dire : Est-ce que je vais ou pas
faire l'exploration? Puis on le sait très bien, c'est comme des courtiers
immobiliers, ce n'est pas nécessairement que les travaux sont faits, mais on
spécule sur la probabilité, sur la possibilité de le faire. Alors mon souhait,
c'est qu'on revienne avec un portrait beaucoup plus complet. Ma dernière
question par rapport aux claims, parce qu'on va passer sur un autre sujet.
Tantôt, j'ai eu la réponse de la sous-ministre...
Mme Zaga Mendez : ...ministre
d'un cas en particulier, mais tantôt, avec aussi le collègue de
Jacques-Cartier, on disait : Il est où, le pouvoir de la ministre pour
retirer un claim minier? Dans l'article 82 de la Loi sur les mines, il y a un
pouvoir qui appartient à la ministre de le retirer quand on parle des cas
d'utilité publique. Quand on est en train de développer une aire protégée,
est-ce que la ministre peut s'octroyer le pouvoir, peut y aller puis retirer
les claims pour permettre la création des aires protégées?
Mme Blanchette Vézina : J'aimerais
revenir sur votre question de spéculation, là, parce que vous mentionnez que ce
n'est pas ce qui est souhaitable, et, dans les consultations, je regarderai
s'il y a des solutions à apporter pour s'assurer que, toujours, le
développement minier se fait dans le meilleur intérêt du Québec et des
Québécois. Ça, c'est la première chose.
En lien avec les pouvoirs qui peuvent
m'être dévolus, il faut être très prudent. Moi, je n'ai pas de fermeture, je
vous l'ai mentionné, à dire si c'est dans l'intérêt d'une aire protégée ou
d'une autre situation d'utilité ou d'intérêt public, là, je ne me souviens pas
de la nomenclature exacte, dans la mesure... Mais il faut être très prudent
avec ces pouvoirs discrétionnaires, et moi, je tiens à être prudente avec ces
pouvoirs discrétionnaires pour le faire correctement. Mais, effectivement, pour
des fins d'utilité publique, il peut y avoir certains pouvoirs qui sont
octroyés à la ministre.
Mme Zaga Mendez : La demande
des groupes à cet effet, avant de passer à une autre chose, c'est que ce soit
en ce qui concerne l'intérêt public. La loi nous dit «utilité publique», ce qui
est différent d'«intérêt public». Puis tantôt, on nous répétait qu'on est dans
un État de droit, on va respecter les lois puis... Bien sûr. Mais, Mme la
ministre, on est aussi entre législateurs, et nous avons le pouvoir ici de
changer les choses pour mieux encadrer puis d'être capables de revenir en
arrière quand on voit des territoires au complet qui sont claimés. Alors,
j'invite la ministre de nous dire : Est-ce que c'est... elle est ouverte à
revoir l'article 82 de la Loi sur les mines?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, les consultations portent sur l'ensemble du volet minier. Les claims...
possibilité de retirer, l'utilité publique pourraient être envisagés, je
n'exclus rien. Comme je vous le mentionne, je veux laisser ce processus-là
faire son œuvre, par respect aussi par les gens qui participent aux
consultations. Donc, moi, j'ai mentionné à plusieurs reprises que tout était
sur la table et reste... Tout est sur la table.
Mme Zaga Mendez : Merci. Il
me restait une minute?
Le Président (M. St-Louis) : Vous
disposez toujours de deux minutes, Mme la députée.
Mme Zaga Mendez : Est-ce
possible de le mettre dans mon prochain bloc, pour ne pas commencer une
discussion sur un autre thème?
Le Président (M. St-Louis) : Besoin
de consentement de... Oui. Donc, je reconnais maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle. M. le député de Jacques-Cartier, la parole est à vous.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je vais maintenant juste poser une question à la ministre.
Encore, c'est en lien avec le développement des projets miniers. Est-ce que
votre ministère... Quand vous êtes en train de regarder si un projet doit aller
à l'avant ou non, est-ce que vous prenez en considération le nombre des GES que
le projet va ajouter au profil du Québec?
Mme Blanchette Vézina : Notre
volonté, et c'est ce pour quoi on a développé la filière batterie et l'ensemble
du plan pour le développement des minéraux critiques et stratégiques, c'est de
décarboner notre économie. Donc, on prend des engagements, et on a pris des
engagements en ce sens-là de décarbonation et d'atteinte de carboneutralité.
Donc, les projets qui sont priorisés le sont en lien avec cet objectif de
décarbonation de notre économie, et donc, s'il y a analyse de l'impact
énergétique, je sais que mon collègue de l'Environnement a des programmes pour
ça. Et nous aussi, on souhaite moderniser, là, l'industrie, donc on veut et on
vise que les industries deviennent elles-mêmes carboneutres dans la mesure du
possible. Donc, les programmes qui sont en place permettent de l'efficacité
énergétique, notamment, et donc on a mis en place des mesures pour leur
permettre de faire ce virage-là pour devenir... et faire l'innovation autant
que possible dans ce domaine.
M. Kelley : Dans
l'inventaire, si on regarde un petit peu les tableaux, le secteur minier, c'est
environ... entre 7% à 8% de tous les GES au Québec. Vous avez... Vous dites...
vous avez un objectif de... Bien, tout le monde a un objectif d'une économie
carboneutre. Mais quels programmes sont en place présentement? Est-ce que votre
ministère a des programmes en place pour aider les entreprises minières pour
faire la transition? ...
M. Kelley : ...est-ce que vous
avez des règlements ou, quand même, des projets de loi prévus, dans les
prochaines années, pour s'assurer qu'il y a une réduction des GES dans le
secteur minier?
Mme Blanchette Vézina : Mes
collègues de l'Économie et de l'Environnement ont des programmes pour... pour
faire ce virage, pour aider les entreprises à faire ce virage. Donc, sans
vouloir vous référer, mais on travaille en collaboration parce que le souhait à
tous, notre souhait à tous, c'est de faire ce virage-là, et je sais que mes
collègues y travaillent très fort. Donc, en collaboration avec eux, on
développe... on aide l'industrie minière à faire ce virage également.
M. Kelley : Et, quand vous
avez eu vos discussions avec les différents acteurs dans le secteur minier,
est-ce qu'eux autres ont des propositions qu'ils mettent de l'avant dans les
discussions avec vous sur comment le gouvernement peut aider eux autres pour
réduire leur empreinte de carbone? Et quand même... et quand même, Mme la
ministre, je veux juste aussi bien... bien comprendre... Excusez-moi, «dad»
fatigue. Je veux juste commencer la première question. Dans vos discussions,
est-ce que l'industrie a des inquiétudes avec certains règlements qui sont mis
en place? Est-ce que, des fois, ils demandent un allègement de certaines choses
comme le marché du carbone et des choses comme ça?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
vous nommer, là, certaines entreprises qui ont fait ce virage. Et, dans ma
tournée, dans la tournée que je fais en ce moment, elles ont tous le souhait de
contribuer à cette réduction des GES de la part du Québec. Donc, certaines ont
déjà bénéficié des programmes qui ont été mis en place par mes collègues, là,
notamment, là : ÉcoPerformance, on a Minerai de fer Québec qui a eu, elle,
une diminution de 5 millions de litres de diesel grâce à ce programme;
Technoclimat avec Nouveau Monde graphite pour la purification du graphite; et
Transportez vert, là, pour décarboner le parc de véhicules. Donc, ce sont des
exemples d'initiatives qui ont été mises en place pour décarboner l'industrie
minière.
Et également plusieurs ont le souhait de
développer des projets autonomes, donc, avec l'énergie éolienne, notamment, là,
pour alimenter leurs entreprises, leur industrie. Et rappelons qu'au Québec,
donc, la source d'approvisionnement électrique, elle est à 98 %, là, ça,
c'est mon collègue qui le dit, là, 98 % ou 99 % d'origine verte.
Donc, on est des leaders, au Québec, et on va continuer de l'être.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Une autre question pour la ministre, c'est sur la restauration des mines qui a
terminé, elles sont arrivées à la fin du cycle de leur vie. Combien des projets
est-ce que sont en train présentement? Puis est-ce que la ministre peut nous
dire combien d'argent a été mis dans les projets de nettoyer les anciennes
mines dans la dernière année?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on vit avec les erreurs du passé, mais sachez que les... la Loi sur les
mines oblige maintenant les entreprises, l'industrie minière à avoir un plan de
restauration et à mettre de côté les sommes nécessaires pour restaurer les
sites miniers. Donc, il y a effectivement un passif environnemental minier qui
s'élève à 1,2 milliard. C'est stable depuis 2011. En février 2023, donc,
les sommes consacrées par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts
à la restauration, au suivi et à l'entretien des sites miniers abandonnés
s'élèvent à 230 millions depuis 2006, dont 6,7 millions en 2022-2023.
Et ça, c'est en date du 28 février. On a aussi un nouvel outil
gouvernemental, le cadre de référence pour la gestion des sites contaminés qui
sont sous la responsabilité de l'État, qui permet une meilleure priorisation,
là, des caractérisations des restaurations en fonction du contexte de chaque
site.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Une autre question. Dans nos cartables, nous avons posé les questions
sur le nombre des inspecteurs pour chaque secteur pour les mines, puis un beau
tableau. Est-ce que la ministre peut juste bien expliquer... Si je que je
comprends bien, il y a neuf... Excusez-moi. Il y a combien des inspecteurs
présentement au Québec? Et c'est quoi le travail qu'eux autres ont fait,
pendant la dernière année, pour s'assurer que nous avons des mines qui sont
bien sécures et, quand même, respectent des normes et des règles du Québec?
• (16 heures) •
Mme Blanchette Vézina : Donc,
à votre question, là, le nombre d'inspecteurs, il y en a neuf pour le secteur
des mines...
16 h (version non révisée)
Mme Blanchette Vézina : ...j'en
ai 38 pour le territoire. Est-ce que vous voulez peut-être le nombre d'inspections
par région? Parce qu'en fait, j'ai...
M. Kelley : Oui, si c'est
possible de...
Mme Blanchette Vézina : ...j'ai
aussi le nombre d'inspections par région, là, pour l'année, là, donc, en mines,
Bas-Saint-Laurent, 27; Saguenay, 28; 604, Capitale-Nationale Mauricie, 42;
Estrie, 36; 31 en Outaouais; Abitibi-Témiscamingue, 451; puis Côte-Nord, 62;
Nord-du-Québec, 68; Gaspésie, 29; Chaudière-Appalaches, 46; Lanaudière, 2;
Laurentides, 8; et Centre-du-Québec, 2. Donc, pour un total d'inspection de
902.
Et vous mentionner qu'on fait des
inspections, donc, sur le terrain, on fait les suivis aussi de restauration
minière, on vérifie quand il y a des dénonciations pour le non-respect des lois
et règlements. Donc, c'est... c'est l'équipe qui... qui coordonne ses travaux.
Et donc les... le nombre a augmenté au fil des ans, là, à noter. Donc, on en
avait six en 2017-2018, on est rendu en 2022-2023 à neuf. Pour les inspections,
on est passé de 815 à 902.
M. Kelley : Parfait. Et je
très bien comprends, souvent, comme si l'année passée, dans une région, on a eu
seulement deux visites et, maintenant, il y a comme 20. Je ne dis pas que ça, c'est
qu'est-ce qui est arrivé, mais, en... en général, ça vient souvent d'une
plainte qui est faite par quelqu'un qui travaille pour... dans la mine, ou
est-ce que ça peut être des citoyens qui faire une plainte concernant quelque
chose qui passe dans peut- être leur cour arrière, je ne sais pas, mais c'est
juste comment il y a un flux des fois de l'année à l'autre qu'il y a plus des
inspections, qu'il y a moins? Et les neuf inspecteurs, est-ce que ça, c'est un
ajout de l'année passée, ou est-ce que ça fait une... excusez-moi, c'est...
est-ce que c'est plus des personnes qu'on a eues de l'année passée? Est-ce qu'on
a besoin plus des inspecteurs, ou est-ce que neuf, c'est ça, c'est... c'est
suffisant pour le territoire du Québec?
Mme Blanchette Vézina : On
considère que... que neuf, c'est suffisant. Mentionner que, tout à l'heure, là,
je... je... on parlait qu'il n'y avait pas de dénonciation, il y avait peu de
plaintes, les inspections sont faites aussi par rapport à la planification, par
rapport aux travaux, par rapport à différente priorisation qui est faite, et
donc il y a des secteurs comme en Abitibi où il y a plus de projets, donc avec
plus d'inspections, plus de sites miniers à restaurer également, donc plus de
présence d'inspecteurs. C'est en fonction aussi... c'est en fonction aussi
de... de... du besoin terrain. Donc, on a les équipes en place pour effectuer
ces inspections.
M. Kelley : Parfait.
Maintenant, Mme la ministre, quand j'étais un jeune attaché politique, j'ai eu
le plaisir de... de travailler avec l'ancien ministre Pierre Corbeil, ancien
maire aussi de Val-d'Or, pendant l'époque où le Parti libéral a... a lancé le
Plan Nord, alors je sais que votre gouvernement a gardé le Plan Nord, est-ce
que vous pouvez donnez nous une mise à jour sur comment ça va avec le Plan
Nord? Est-ce qu'il y a des ajustements qui s'en viennent? Vous avez un budget
pour le Plan Nord, j'imagine, vous avez fait des dépenses pour aider des
entreprises de continuer dans leur mission de, oui, avoir une... un climat
favorable à les investissements, alors je veux juste entendre la ministre
sur... Le Plan Nord, comment ça va?
Mme Blanchette Vézina : Merci.
Contente de pouvoir parler de cette société d'État qui fait un travail
important sur le terrain en territoire nordique, parler également de l'importance
dans l'ancrage des projets, mais rappeler aussi que le développement du Nord,
là, c'est... ce n'est pas venu nécessairement juste avec la Société du Plan
Nord, on parlait de la route Billy-Diamond tout à l'heure, donc ça fait partie
d'une... d'une vision d'habiter le sol québécois. Et comme gouvernement de la
Coalition avenir Québec, c'est comme ça qu'on s'est inscrit dans le plan d'action
nordique qui est mis en place avec la Société du Plan Nord. Donc, l'idée, c'est
de travailler avec les communautés pour les aider à... qu'on s'aide
collectivement à habiter le Nord. Donc, ce plan d'action nordique... on a
plusieurs actions qui ont été mises en place, là, je pourrais vous en nommer
quelques-unes, mais notamment en matière d'habitation et notamment en matière
de projets de développement. Donc, c'est un effet de levier important, la
Société du Plan Nord, elle agit et collabore à l'aide de l'assemblée des
partenaires, là, pour développer la priorisation. Donc, c'est par et pour les
gens qui habitent au nord du 49e parallèle. Donc, il y a plusieurs actions
qui ont été mises en place par... par la Société du Plan Nord en lien avec le
plan d'action nordique. Pour vous en donner quelques-uns, là, on a contribué, à
travers la Société du Plan Nord, à un montage financier de...
Mme Blanchette Vézina : ...de
l'ordre de 12 millions de dollars, mais la contribution de la Société du
Plan Nord a été de 4,6 millions de dollars pour la réhabilitation du
chemin de fer de transport ferroviaire qui assure la liaison terrestre entre
Sept-Îles et Shefferville. On a offert aussi du soutien financier à hauteur de
4 millions à un incubateur-accélérateur qui vise le développement de produits
d'entreprises touristiques nordiques avec le ministère du Tourisme. Et
d'ailleurs, en raison du succès de l'initiative, là, l'entente a été renouvelée
en mars 2023 et bonifiée de 7,5 millions par chaque partie, portant ainsi
l'enveloppe globale à 23 millions. On a des subventions qui ont été données de
3,4 millions pour les travaux de construction de 32 nouveaux logements
abordables à Sept-Îles pour les familles autochtones aux études, des
investissements additionnels de 135 millions à la Société ferroviaire et
portuaire de Pointe-Noire pour poursuivre le développement du site puis assurer
aussi la pérennité des opérations. On a des ententes sectorielles qui
s'élèvent... qui ont permis de soutenir deux projets, pour un investissement de
624 000 $. Donc, il y a plusieurs initiatives qui ont été mises en place
grâce à cette société, par les gens du Nord pour les gens du Nord.
M. Kelley : Merci beaucoup.
Juste de bien comprendre les dépenses pour les 32 logements à Sept-Îles,
c'était en partenariat avec des autres ministères ou est-ce que la dépense est
venue juste de la société le Plan Nord?
Mme Blanchette Vézina : La Société
du Plan Nord, elle a un effet de levier, là, elle a un contact direct avec les
communautés à travers l'alliance des partenaires. Donc, elle aide à ce que les
projets puissent se réaliser à travers les différents ministères. Mais,
souvent, elle va mettre une partie des sommes, mais va aussi impliquer d'autres
ministères en fonction des réalités.
Peut-être que je pourrais laisser la
parole, si vous me permettez, là, j'ai le P.D.G. De la Société du Plan Nord qui
est là, Patrick Beauchamp... Beauchesne... Beauchamp... pardon, pardon, donc,
P.D.G. De la Société du Plan Nord. Avec votre consentement, il pourrait vous
partager aussi comment il fonctionne, cet effet de levier, là.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
nous avons consentement?
Des voix : Consentement.
Le Président (M. St-Louis) : Monsieur,
si vous voulez vous nommer, ainsi que votre titre, pour le bénéfice des gens
qui nous écoutent.
M. Beauchesne (Patrick) : Merci,
M. le Président. Patrick Beauchesne, président et directeur général de la
Société du Plan Nord. Un rappel des grands chiffres, le plan d'action 2023,
c'était plus de 1,4 milliard d'investissements, 780 millions du gouvernement du
Québec. Donc, vous voyez que la Société du Plan Nord ne finance pas tout,
effectivement, beaucoup de partenariats.
Quatre grands axes d'intervention :
l'accès au territoire, la diversification économique, la protection de
l'environnement et un milieu social intéressant. Nous avons travaillé, il y
avait 49 actions dans le plan d'action nordique 2023, plus sept actions qui
étaient déjà associées à un plan spécifique pour les Premières Nations et les
Inuits, ce qui fait un total de 56 actions. Toutes les actions sont débutées.
On est rendu à 80 % du budget qui a déjà été en processus de dépenses,
donc des travaux d'infrastructures routières, des travaux en
télécommunications, installation de fibre optique, notamment, pour le
territoire de la Côte-Nord et aussi Baie James et Nunavik. On n'a pas loin de
50 % des 14 communautés du Nunavik qui sont maintenant branchées Internet
haute vitesse. Des projets de nature sociale, avec notamment la construction du
centre pour le traitement des dépendances... à Kuujjuaq.
Donc, la Société du Plan Nord, on a axé
nos interventions sur l'ambition d'habiter le Nord. Et habiter le Nord, ce
n'est pas simplement le développer au niveau économique, mais c'est d'abord et
avant tout que la Société du Plan Nord et le gouvernement du Québec soient au service
des citoyens. On parle de 140 000 habitants du territoire nordique sur 1,2
million de kilomètres carrés, les besoins sont grands, notamment en accès au
territoire.
Et juste pour terminer pour la filiale
économique, évidemment, on est très fiers du succès de la Société ferroviaire
et portuaire de Pointe-Noire, à Sept-Îles, qui, essentiellement, reçoit des
trains chargés de minerai de fer et remplit des navires pour l'exportation de
cette ressource naturelle là. Des partenaires économiques comme Minerai de fer
Québec et... Ressources, c'est la consolidation de 250 emplois en région,
directs, à la Société ferroviaire portuaire de Pointe-Noire, mais évidemment
tous les emplois qui sont reliés au domaine minier. C'est un dossier où le
gouvernement du Québec a repris les actifs de Cliff Minerals, qui avait fait
faillite, et on a reconditionné le site au complet, des investissements de 315
millions, comme la ministre le mentionnait tout à l'heure, et, aujourd'hui,
c'est un fleuron de l'industrie minéralogique pour le fer au Québec. Donc,
c'est quelques exemples d'actions concrètes de la Société du Plan Nord. Merci.
• (16 h 10) •
M. Kelley : Merci beaucoup.
Une question sur l'Internet haute vitesse. Est-ce que... Vous avez mentionné
trois différentes régions? Est-ce qu'on a un portrait pour les 50 % qui
reste...
M. Kelley : ...lequel doit
être... lesquels sont, probablement, eux qui vont être branchés le plus
rapidement? Je comprends qu'il y a des défis de logistique, puis des fois
les... sont vraiment très loin des câbles fibres optiques. Mais comment on va
brancher cette dernière partie de 50 %? Si on n'a pas de temps, on peut
recommencer les discussions après, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : La
question s'adresse à la ministre.
M. Kelley : Est-ce qu'il y
a... Combien... Je pense qu'il y a comme... En tout cas.
Le Président (M. St-Louis) : Il
vous reste 40 secondes, M. le député. Donc...
M. Kelley : Oui. Dans
40 secondes. Comment on va brancher le reste de la population, le Grand
Nord?
M. Beauchesne (Patrick) : En
fait, c'est déjà dans la planification puisque, dans le Plan Nord, il y a des
actions en continuité. Donc, au niveau de... pour continuer à brancher le
50 % de la population du Nunavik qui reste, c'est un projet qu'on appelle
dans les phases Tamaani, on est rendus à la phase VI, et on continue,
donc, le branchement de ces communautés-là dans les prochains mois, prochaines
années.
Le Président (M. St-Louis) : Je
vous remercie. Le temps alloué à ce bloc étant écoulé, je reconnais maintenant
la porte-parole du deuxième groupe d'opposition, Mme la députée de Verdun. La
parole est à vous, vous disposez de 10 minutes 50 secondes.
Mme Zaga Mendez : Parfait.
Merci beaucoup. Alors, je vais y aller sur un autre sujet. Là, on a parlé des
claims. On va aller à la fin de la production. Dans le budget qui a été annoncé
dernièrement, on a trouvé un élargissement des congés fiscaux pour les grands
projets d'investissement... (Interruption)... pardon, notamment les extractions
minières, mais pas seulement. Pour les minéraux critiques et stratégiques, on
parle des 373 millions de cadeaux fiscaux qui vont être donnés aux
entreprises. Donc, ma question c'est : Combien d'allègements fiscaux on a
donnés pour les mines et les minéraux critiques et stratégiques, Mme la
ministre?
Mme Blanchette Vézina : On me
mentionne, là, que les allègements fiscaux sont portés par le ministre des
Finances, là, donc par Revenu Québec même. Mais rappelons que l'objectif
derrière le développement de nos minéraux critiques et stratégiques, c'est
cette décarbonation, c'est le développement de notre filière batterie, de notre
première transformation au Québec. Donc, l'idée, c'est de permettre aux
entreprises de faire des investissements qui sont importants et qui sont
nécessaires si on souhaite développer cette filière batterie.
Mme Zaga Mendez : ...d'inclure
ces allègements fiscaux pour les minéraux critiques et stratégiques. Est-ce que
ça vient de votre ministère, est-ce que ça vient des rencontres que vous avez
faites avec l'industrie minière? Je pose la question.
Mme Blanchette Vézina : En
fait, comme pour plusieurs mesures budgétaires, là, les ministères concernés
font des analyses. Et j'imagine que le ministre des Finances aura fait une
analyse appropriée des impacts. Je suis certaine... en fait, est convaincue
qu'il l'aura fait sur des recommandations, aussi, qui sont portées pour le
développement de cette filière qui est importante pour l'économie québécoise.
Mme Zaga Mendez : O.K. Je ne
parle pas si le développement est important ou pas. Est-ce que vous avez fait
cette demande-là? Est-ce que vous avez été consultée dans l'objectif d'alléger
les redevances fiscales des entreprises, des congés fiscaux?
Mme Blanchette Vézina : En
lien avec cette demande, c'est des partenaires qui font des revendications. Il
y a des revendications qui ont été faites. Mais nous, on a des échanges avec le
ministre des Finances lors du budget, puis, comme pour les autres demandes, il
y a des analyses qui sont faites de façon transversale entre les ministères. Tu
sais, je vous inviterais à poser la question, peut-être, au ministre des
Finances lorsqu'il aura des crédits.
Mme Zaga Mendez : Ce qu'on va
continuer à faire, c'est juste que ça ne me surprend un peu aujourd'hui
d'entendre la ministre, mais on va continuer. C'est parce qu'on est en train de
donner des cadeaux fiscaux à des entreprises multimilliardaires, c'est ça, des
Glencore de ce monde, des Rio Tinto Alcan de ce monde. On a vu que plusieurs
groupes financiers... En fait, il y a des implications des groupes financiers
qui sont liés au crime organisé, au blanchiment d'argent, qui ont été
rencontrés par le ministre de l'Économie. On a des multinationales qui
arrivent, qui ont... qui sont très présents dans les paradis fiscaux. Alors, ma
question pour la ministre : Est-ce qu'elle pourrait s'engager à cesser
toute aide publique aux entreprises qui sont enregistrées aux paradis fiscaux?
Mme Blanchette Vézina : Les
mesures budgétaires qui sont en place pour permettre ce développement de la
filière batterie, c'est aussi en lien avec...
Mme Blanchette Vézina : ...ce
qui se développe aux États-Unis puis pour être compétitif, pour attirer des
investissements au Québec, pour permettre que notre développement se fait... se
fasse correctement. Donc, pour nous, c'est sûr qu'on travaille en
collaboration. Puis le souhait, c'est de développer et d'être compétitif pour
que les investissements étrangers puissent venir au Québec pour développer nos
minéraux, mais avoir aussi une première transformation au Québec. Puis soyez rassurés
que l'idée d'avoir des paradis fiscaux, ce n'est pas quelque chose qui... Ce
n'est pas quelque chose qui est positif, là, du tout. Puis ce n'est pas des
investissements qu'on souhaite avoir, des paradis... tu sais, je veux faire une
nuance, tu sais, là, les investissements étrangers, ceux qu'on développe avec
Économie, les partenariats sont des entreprises crédibles qui font... qui font
les projets, là.
Mme Zaga Mendez : Mais
si le souhait est d'être compétitifs, donc on allège les mesures fiscales parce
qu'on veut attirer plus des entreprises ici. Vous... Est-ce que la ministre
trouve qu'on n'est pas déjà assez compétitif? Là, quand on parlait tantôt des
claims, puis la rapidité, puis la facilité pour claimer le territoire, puis je
veux vous parler de redevances, vous ne trouvez pas qu'on n'est pas assez
compétitifs avec tous les cadeaux qu'on donne déjà aux entreprises pour
s'installer au Québec?
Mme Blanchette Vézina : Il
y a des mesures qui sont mises en place pour encourager l'entrepreneuriat,
encourager aussi le développement des entreprises. Je pense que c'est important
pour les Québécois aussi, là, d'avoir une industrie minière qui est dynamique,
qui est compétitive, d'avoir un environnement d'affaires qui permet des
investissements, des investissements éthiques. Donc, on veut être attractif.
C'est important qu'on le soit. E nous, comme gouvernement, on croit que ces
mesures sont pertinentes pour permettre un environnement d'affaires intéressant
dans l'industrie minière.
Mme Zaga Mendez : Est ce
que la ministre est d'accord que plus on est attractif, plus on va encourager
les entreprises à venir au Québec, plus on va avoir des villages au complet qui
vont être claimés, comme qu'est ce qu'on a vu à Shawinigan?
Mme Blanchette Vézina : Ce
qu'il faut... Je pense que c'est important de comprendre qu'avant d'arriver à
une mine, c'est plusieurs centaines de millions et de milliards
d'investissements. Comme Québécois, on a besoin de ces investissements d'autres
entreprises qui vont venir nous aider à développer nos minéraux, sécuriser
notre chaîne d'approvisionnement, celle de nos partenaires aussi. On travaille
avec les États-Unis, notamment, qui... Mais pour la première transformation
également, c'est un... C'est un potentiel qui est important pour le Québec,
mais on va le faire correctement. C'est pour ça que les consultations, on les
fait en ce moment, pour s'assurer qu'on fait ce développement harmonieux, qu'on
continue de le faire dans le meilleur intérêt des Québécois.
Et le meilleur intérêt des Québécois,
c'est... est ce que c'est de prélever des minéraux à l'extérieur des États-Unis
ou de l'Amérique du Nord, là où il y a des normes éthiques qui sont moins
grandes que les nôtres, ou c'est de développer nos minéraux ici puis de
sécuriser cette chaîne d'approvisionnement là, puis de s'assurer qu'on le fait
dans le respect des normes éthiques? Et pour y arriver, bien, on veut un
environnement d'affaires qui est intéressant parce qu'on veut tous décarboner
notre économie et le faire de manière respectueuse, toujours dans le meilleur
intérêt des Québécois.
Mme Zaga Mendez : Merci.
Merci, Mme la ministre, juste parce que comme il ne reste pas beaucoup de
temps, de respecter la longueur de la réponse en proportion de la durée de la
question.
Mme Blanchette Vézina : Je
vais être proportionnelle.
Mme Zaga Mendez : Donc,
Mme la ministre, vous parlez qu'on a tout à gagner. On est quand même... On a
quand même des redevances minières qui sont assez basses. Si on regarde par
exemple la valeur de ce que les minières ont extrait en 2021, on parle de
9,9 milliards de dollars, puis c'est juste 10 % de tout ça que
les... qu'on reçoit, que le ministère reçoit en redevances minières. Si on veut
travailler pour les Québécois et Québécoises, est-ce que la ministre serait
d'accord qu'il faut augmenter les redevances minières, puis laisser... puis
arrêter de demander des pinottes pour nos ressources naturelles?
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
que vous considérez que 926 millions, c'est des pinottes, mais pour les
Québécois, je ne pense pas que c'est des pinottes. En 2021, c'est ce qu'on a
reçu comme redevances, et c'est en croissance. Comme je vous l'ai mentionné,
les choses sont sur la table également, là. Donc, l'idée, c'est d'améliorer
notre régime. Mais moi, je considère que 926 millions de redevances, c'est
un sommet depuis 2014 et c'est un montant qui est important. Et ça, ça va pour
l'ensemble de notre économie et des services aux Québécois.
Mme Zaga Mendez : Et
comment sont utilisés ces 900 millions? Comment vous l'utilisez, ce
900 millions en redevances?
Mme Blanchette Vézina : Ça
va... Ça va dans le fonds consolidé du revenu. Il y a une partie qui sert aussi
au développement de la stratégie des minéraux critiques. Là, je pourrais voir
le détail, peut-être, de ce qu'on fait avec les redevances, là, avoir un peu
plus de précisions, mais ça sert aux services aux citoyens.
• (16 h 20) •
Mme Zaga Mendez : Si ça
s'en va dans la stratégie de développement, c'est ce que ça s'en va...
Mme Zaga Mendez : ...dans les
baisses d'impôts, parce qu'on est en train de se priver des revenus. Est-ce que
ces redevances-là sont en train d'y aller pour... comme des cadeaux, des
subventions indirectes qu'on est en train de donner aux minières, Mme la
ministre?
Mme Blanchette Vézina : Oui,
bien, je veux juste m'assurer de vous donner des chiffres de répartition qui
sont justes, là. Peut-être que vous pourriez juste le préciser, là, question de
s'assurer qu'on donne une information qui est juste, je vous permettrais,
avec... Est-ce que j'ai besoin de redemander le consentement?
Mme Zaga Mendez : Il reste 45
secondes, je pense.
Mme Blanchette Vézina : ...aller
rapidement.
Mme Camden (Nathalie) : Donc,
les redevances servent à financer les activités du ministère, de même que nos
programmes de subventions. Donc, le budget du secteur des mines est d'environ
60 millions, incluant les dépenses de transfert. Il y a 3,2 millions qui est en
crédits, le reste, c'est dans le fonds.
Mme Zaga Mendez : Merci. Il
me reste une minute. Alors, vraiment, ce que j'entends c'est qu'on reçoit des
redevances qui ne sont pas suffisantes, parce que 900 millions, c'est un
pourcentage minime comparé aux milliards de dollars que les entreprises
extraient du Québec. On est en train de développer une stratégie, là, qui va
augmenter la pression sur nos territoires, une stratégie qui va continuer à
donner des allègements fiscaux aux entreprises. Puis tantôt Mme la ministre
nous disait : Oui, ces millions-là vont aller aux Québécois, mais ces
millions-là ne s'en vont pas dans nos régions, directement, les redevances ne
sont pas reçues par nos MRC, ne sont pas reçues par les municipalités qui vivent
avec l'ensemble des conséquences des activités d'exploration ou d'exploitation
minière.
Je ne comprends pas comment, en 2023, on
continue avec cette logique que le Québec, c'est une colonie qu'on vend...
«free mining», on va... On accélère l'arrivée des claims, on n'a pas assez de
redevances puis on laisse les compagnies faire. C'est ça qu'est en train de
nous dire la ministre aujourd'hui.
Le Président (M. St-Louis) : Malheureusement,
le temps est écoulé, Mme la députée. Merci, Mme la ministre. Nous allons passer
à la prochaine intervention. Je reconnais maintenant le porte-parole de
l'opposition officielle.
M. Kelley : Merci beaucoup,
M. le Président. Je veux juste revenir sur la question pour... pour rebrancher
des gens, vous avez donné une... qu'il y a un plan pour le faire, mais est-ce
que la Société du Plan Nord a un échéancier pour combien de temps ça va prendre
pour brancher tout le monde dans le Grand Nord?
Mme Blanchette Vézina : Oui,
c'est ça, peut-être que je laisserais la parole au P.D.G., qui va pouvoir avoir
l'information juste pour vous.
M. Beauchesne (Patrick) : Est-ce
que je dois me représenter? Oui? Patrick Beauchesne, président et directeur
général de la Société du Plan Nord. Donc, il y a... Dans les étapes de
branchement des communautés, évidemment, les défis sont immenses, le territoire
immense, les impacts... le climat est difficile aussi pour l'installation de
ça. Ce qui fait que d'avoir une desserte avec un câble sous-marin fibre optique
qui est mis en place dans le fond... ensuite, quand on arrive vis-à-vis les
communautés, on fait des stations terrestres pour brancher ensuite de maison en
maison. Il faut travailler... les échéanciers sont difficiles à prévoir parce
qu'on travaille avec les aléas du climat. Parfois, les périodes d'attente sont
très longues. Actuellement, ce qui est visé pour la dernière phase des travaux,
c'est sur un horizon, je dirais, de trois à cinq ans.
Dans l'intervalle, on ne laisse pas les
communautés sans communication Internet, ce qui fait que les communautés qui
sont branchées actuellement, de... jusqu'à... donc sur la côte-ouest Baie
James, Baie d'Hudson, c'est par fibre optique, c'est opérationnel, c'est
fonctionnel. Pour les communautés plus nordiques, jusqu'à Kuujjuaq et de
Kuujjuaq à Shefferville, dans l'intermédiaire, il y a le renouvellement des
ententes satellitaires qui permet une desserte de communication Internet. Et
ultimement il y aura aussi un lien terrestre, donc un câble de fibre optique
entre Schefferville et Kuujjuaq qui sera déroulé sur le terrain pour desservir
l'ensemble des populations.
Donc, il y a des échéanciers, je vous
dirais, approximatifs, mais, encore une fois, travailler au Nord, c'est tout un
défi, donc c'est très difficile d'arriver avec un échéancier qui est très
détaillé.
M. Kelley : Puis j'imagine
que c'est de plus en plus difficile de bien chiffrer comment un projet...
comment... le montant qu'un projet va coûter, à cause de l'inflation puis aussi
des fois juste des questions de la main-d'œuvre et...
M. Kelley : ...est-ce que les
coûts ont augmenté beaucoup pour ces projets-là ou...
M. Beauchesne (Patrick) : Peux-être
qu'on est sur une bonne étoile à la Société du Plan Nord. Je vous dirais que le
respect des budgets est quand même très intéressant. Il n'y a pas tant de
dépassements de coûts sur ce type de projets là. On n'est pas à l'abri de ça.
On est vigilants, on essaie de minimiser les risques, mais, vraiment, on est
proche des enveloppes qui étaient initialement prévues.
M. Kelley : Parfait. Bien,
c'est, bien sûr, une priorité. C'était juste une question. Il faut brancher
tout le monde. On sait, si jamais... Et je sais que... Monsieur, vous avez eu,
j'imagine, des expériences de faire une rencontre de Zoom avec les Inuit dans
certaines de leurs communautés dans le Grand Nord. Ça dépend si le satellite
est directement en haut de nous, sinon, peut-être que la connexion va être
moins forte, puis c'est difficile de faire ça. Mais c'est un vrai défi.
Particulièrement, je pense que les Inuit, que cette capacité d'être branchés
puis connectés à l'Internet, ce n'est pas toujours évident. Mais merci beaucoup
pour votre réponse.
Mme la ministre, je vais maintenant faire
la prochaine partie, c'est la vraie étude des crédits. Vos fonctionnaires ont
préparé plusieurs tableaux pour nous sur comment votre ministère a dépensé
l'argent avec certains contrats, avec certains voyages. Alors, je pense que
c'est important de poser ces questions sur comment, vous puis votre équipe, est
dépensé l'argent des contribuables du Québec. Puis je veux juste commencer,
parce que, quand j'ai vu le chiffre... Je comprends, il y a un grand nombre de
personnes, mais la participation... Et je suis dans le cahier des crédits, les
renseignements généraux, c'est sur la page 31, et c'était, là, «participé au
congrès annuel de la Prospectors and Developers Association of Canada dans le
but de promouvoir le secteur minier québécois», un coût de 73 000 $
pour un voyage de quatre jours. Je vois une grande liste. Mais je trouve que
ça, c'est une dépense pas mal majeure quand on regarde, comme, le premier
ministre qui a voyagé à Dakar, à un coût de 100 000 $ pour une équipe
similaire. Alors, c'est juste : Pourquoi ça a coûté comme un montant, je
trouve, pas mal impressionnant pour une conférence de quatre jours? Est-ce que
vous pouvez expliquer cette dépense-là, et pourquoi ça a coûté environ
73 000 $?
Mme Blanchette Vézina : Je
suis contente qu'on parle des crédits parce qu'en fait, tu sais, l'exercice
qu'on fait aujourd'hui c'est aussi à ça que ça sert. Donc, comprendre que le
but du voyage du PDAC, là, l'acronyme de Prospectors and Developers Association
of Canada, c'est de promouvoir le secteur minier québécois, puis de confirmer
aussi, à l'échelle nationale et mondiale, l'importance du minier, du
développement minier pour le Québec.
Je vous l'ai mentionné à plusieurs
reprises lors de l'étude des crédits, c'est... on s'est dotés d'un plan de
développement de nos minéraux critiques et stratégiques, et l'objectif, c'est
de s'assurer qu'on mette en place les mesures pour développer ce plan. Et de
participer à ce congrès annuel, mais surtout de développer des partenariats, de
mettre de l'avant le Québec comme réel joueur dans le développement de la
filière batterie puis des minéraux critiques et stratégiques, c'est important,
c'est une priorité pour notre gouvernement. Et le PDAC sert à développer ces
partenariats-là, à mettre de l'avant l'importance et le leadership du Québec
quand on parle de développement de minéraux critiques et stratégiques.
M. Kelley : Puis pour le
montant, est-ce que ça explique, comme, Toronto, qui est juste... on peut juste
prendre un train puis on est là dans cinq heures, environ, du Québec? C'est
probablement plus, environ, huit heures, mais, bref, on peut prendre le train.
Je veux juste comprendre le montant. C'est quand même élevé quand on regarde les
autres missions. C'est vraiment lié à le nombre des personnes? Est-ce que tout
le monde a pris un vol? Est-ce que c'était une question de coûts des hôtels?
Parce que, quand je regarde que... Et certains membres de votre équipe ont fait
un voyage en... Sydney, Australie pour 15 000 $, qui est pas mal plus
loin que Toronto, M. le Président. Je sais que la délégation était plus petite.
Je veux juste bien comprendre comment il y a eu comme une différence dans ces
types de coûts là.
• (16 h 30) •
Puis aussi, quand je regarde les
différentes missions, les missions en Australie, à Sydney, c'était moins
coûteux...
16 h 30 (version non révisée)
M. Kelley : ...voyage à Paris
et quand même à Vancouver. Alors, je veux savoir c'est qui, votre agent de
voyage, parce que ça, c'est pas mal impressionnant, je trouve. Alors, juste une
question encore, est-ce que le nombre des personnes qui étaient présentes pour
ce congrès était nécessaire? C'est pas mal une grande équipe.
Mme Blanchette Vézina : Donc,
pour cette année financière, là, il y avait 19 personnes du ministère. Les
frais, la ventilation, là, on parle de frais de transport, mais principalement
d'hébergement, un voyage puis de kiosques également. La présence au... du
Québec, elle est importante. Les ressources naturelles, ce sont de... c'est de
compétence provinciale. Donc, rappelons-le, notre présence au sein du Canada
comme étant un leader, elle est importante puisqu'elle permet d'affirmer cette
compétence qu'on a, le Québec et ce leadership qu'on a pour... le Québec pour
développer ces partenariats. Ça prend des gens pour rencontrer les
investisseurs, prendre le temps avec eux de bien expliquer comment on fait les
choses au Québec. Donc, on veut s'assurer d'offrir un service qui permet
réellement d'avoir des investissements et des retombées pour les Québécois.
Donc, cette présence, elle est importante, particulièrement au... puisqu'elle
permet de positionner le Québec comme un leader dans le développement des
minéraux critiques et stratégiques. D'ailleurs, le gouvernement fédéral, suite
au leadership du Québec, a adopté lui-même ce plan, un plan pour le
développement également des minéraux critiques et stratégiques. Donc, le
Québec, on veut affirmer, et on le fait haut et fort, qu'on est les leaders
canadiens en matière de développement des minéraux critiques et stratégiques,
et cette présence-là, elle est importante pour l'affirmer au sein de la
fédération canadienne.
M. Kelley : Merci, Mme la
ministre.
Mme Blanchette Vézina : On
fait aussi... peut-être vous mentionner une journée, j'étais en train d'oublier,
une journée Québec pour les investisseurs également. Donc, on veut s'assurer de
pouvoir répondre aux questions, d'avoir la délégation nécessaire pour répondre
concrètement aux questions qui sont posées par les investisseurs.
M. Kelley : Parfait. Merci
beaucoup. Question, maintenant, je suis rendu sur la page 51, encore c'est
sur les contrats qui étaient donnés. C'est... on a le tableau devant nous avec
le titre Secteurs adjudicateurs puis montants, puis objet du contrat. Puis il y
a une pour Unité centrale, Caméléon Designer Inc. c'est un contrat de 24 671 $
pour la réalisation d'un design de document Choisir le secteur minier du
Québec. Comment une décision est prise pour aller chercher l'expertise à l'extérieur
du ministère? Et est-ce que le ministère n'a pas les capacités pour réaliser ce
type de document?
Mme Blanchette Vézina : Pour
ce qui est... Dépendamment, là, bien sûr du moment, des équipes disponibles, de
la spécialité des équipes, il arrive qu'on fait affaire à l'externe pour
réaliser différents mandats. Donc ce contrat-là s'inscrit justement dans les
contraintes que nous pouvons avoir, où nous pouvions avoir à ce moment. Puis ç'a
été bien sûr fait en conformité avec les règles d'attribution des contrats.
M. Kelley : Parfait. Puis
après ça, j'imagine pour le... pour imprimer un document comme ça, c'était fait
à l'interne, pas par l'entreprise, ou est-ce que tout ça a été fait par... avec
le même contrat?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, on a attribué le contrat, là, sur le détail du contrat, là, je ne l'ai
pas devant moi. Ça fait que je pourrais difficilement vous dire l'ensemble des
tâches qui ont été attribuées, mais on pourra au besoin vous revenir, là, c'est...
de toute façon disponible en accès à l'information, il n'y a pas de problème,
là. Donc je m'engage à ce qu'on vous fournisse l'information sur le détail du
mandat.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
vous vous engagez à fournir l'information à la Commission?
Mme Blanchette Vézina : Exact.
Le Président (M. St-Louis) : ...merci.
Mme Blanchette Vézina : Par
rapport à la réalisation du design du document, choisir... C'est bien, hein, M.
le député? Parfait.
M. Kelley : Oui, c'est ça.
Alors, si c'est possible, encore, c'est juste de bien comprendre le contrat,
les dépenses, alors toute information que vous êtes capables de fournir, si ce
n'est pas aujourd'hui, plus tard, ça va être génial. Dans le même tableau, on
parle de... le marketing face à face pour environ 8000 $ pour l'animation
de stands pour... alors ça, c'est la conférence où on a envoyé toute une
délégation. On a embauché quelqu'un pour animer le kiosque du Québec ou est-ce
que c'était quelqu'un qui a aidé le ministère à préparer le kiosque? Je veux
juste bien comprendre le montant, le contrat, la raison...
M. Kelley : ...on a embauché
des gens pour faire l'animation ou est-ce qu'ils ont fait l'animation ou ont
guidé les... en animation?
Mme Blanchette Vézina : L'animation,
là, du... du Québec, là, a été faite par une firme externe, puisque, comme je
vous le mentionnais, à l'interne, on n'avait pas nécessairement les effectifs
ou les compétences requises dans ce cas-ci. Donc, c'était vraiment pour
accompagner les investisseurs, s'assurer qu'ils aient une expérience
intéressante, quand on veut faire du marketing, c'est important qu'on se fasse
accompagner puis qu'on s'assure d'avoir des pratiques qui permettent que les
investisseurs se sentent bien accompagnés. Donc, c'est ce qu'on a fait pour...
pour ce contrat-là avec Marketing face à face.
M. Kelley : Parfait.
Maintenant, sur la page 53, j'ai un tableau devant moi où il y a un
contrat pour l'Institut national de la recherche scientifique pour environ
19 000 $. C'est juste parce que les acronymes, je ne comprends pas
trop, M. le Président, mais une consultation relative aux protocoles
d'utilisation de XRF appliquées aux... rocheuses et aux sédiments glaciaires.
Alors, ça semble que... Est-ce que c'est une technologie très précise? C'était
quoi, la nécessité pour ça, encore? Je n'ai aucune idée c'est quoi, un XRF,
alors je veux savoir, c'est quoi exactement.
Mme Blanchette Vézina : Oui.
Il s'agit d'analyses, là, qui ont été faites pour... pour des sédiments. Mais,
si vous me permettez, comme c'est plus technique, là, je vais laisser Mme
Camden répondre à votre question.
M. Kelley : Oui, oui, oui.
Vas-y, vas-y.
Mme Camden (Nathalie) : Oui,
c'est un contrat qu'on donne à l'INRS pour pouvoir analyser des roches qu'on
recueille dans nos travaux géoscientifiques. Donc, c'est des nouvelles façons
de faire qui sont développées par le milieu universitaire. Puis comme on ne
dispose pas de l'expertise à l'interne, on va à l'externe, puis on fait souvent
affaire avec nos partenaires, là, du milieu universitaire.
M. Kelley : Parfait. Puis je
vois, il y a plusieurs contrats avec les différentes universités, puis je pense
que, bien, ce n'est pas une mauvaise chose d'aller chercher l'expertise où on
peut retrouver. Et j'imagine, juste de bien comprendre, comme, je regarde comme
sur la page 64 et 65, on a, comme, plusieurs différents contrats avec...
Puis il y a plein des différents contrats qui étaient octroyés. Pourquoi ce
n'était pas fait dans une soumission plus globale? Est-ce que c'est nécessaire
d'aller à projet à projet? Est-ce qu'eux autres ont une expertise dans
certaines régions? Parce que je vois des travaux qui étaient faits dans les
municipalités de Sainte-Claire, Sainte-Croix, un petit peu partout. Alors,
c'est juste... quand j'ai lu le tableau, Mme la ministre, c'est juste bien
comprendre pourquoi on a, comme, plusieurs différents contrats avec la même
firme pour qu'est-ce qu'il me semble, quand je regarde l'objet de contrat, est
pas mal similaire. Est-ce que c'est lié au fait que c'est fait avec différentes
municipalités pas mal chaque à chaque fois? Et est-ce qu'eux autres ont une
technologie, quelque chose, une spécialité qui est nécessaire pour exercer ce
type de travaux?
Mme Blanchette Vézina : En
fait, les contrats, là, dont vous parlez sont à la page 64, hein, c'est ce
que...
M. Kelley : ...65, il y a...
différentes places que je trouve quand même, 63, que je trouve le nom d'une
entreprise, mais ça répète un petit peu a des différents noms répétés à
plusieurs fois avec les contrats qui étaient octroyés. Pourquoi ce n'est pas
juste un contrat?
Mme Blanchette Vézina : Si
vous me permettez, je vais demander au sous-ministre associé au territoire, là,
monsieur Gaudreau, de répondre précisément à votre question.
• (16 h 40) •
M. Gaudreau (Daniel) : Oui.
Daniel Gaudreau, sous-ministre associé infrastructure foncière, information
géospatiale.
L'ensemble des contrats que vous voyez aux
pages 55 et suivantes, c'est des contrats en lien avec la rénovation
cadastrale. L'ensemble de la rénovation cadastrale a été fait avec le... un
partenariat avec l'ensemble des firmes privées en arpentage, cadastre, donc,
des firmes, d'arpenteurs géomètres partout au Québec. Et ici c'est des mandats
de vérification. Un des enjeux qu'on a en lien avec le réno cadastral, c'est
toute la question de la validation, les vérifications. On a d'ailleurs eu des
observations du vérificateur général du Québec à cet égard-là. Donc, c'est des
mandats qui sont donnés à différentes firmes qui sont dans certaines régions en
fonction de leur expertise, de façon à revenir valider les informations qui
nous ont été acheminées. Donc, on est vraiment dans un processus de contrôle...
M. Gaudreau (Daniel) : ...a
posteriori, de façon à s'assurer des résultats qu'on veut atteindre en matière
de rénovation cadastrale au Québec.
M. Kelley : ...ça répond à ma
question, puis je n'ai pas beaucoup de temps qui reste. Alors, je veux juste
rapidement dire, merci, Mme la ministre, et à votre équipe pour vos réponses.
Je pense que c'était un très bon change qu'on a eu aujourd'hui, et merci à vous
aussi, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le député. Le temps étant écoulé de ce bloc d'intervention, je reconnais
maintenant la porte-parole du gouvernement. Madame la députée d'Iberville, la
parole est à vous. Vous disposez d'un temps de 14 minutes 45 secondes.
Mme Bogemans : Merci beaucoup
de me laisser continuer ma question de tout à l'heure, M. le Président. Donc,
je parlais de la route Billy-Diamond, de plus de 600 kilomètres, qui monte vers
la Baie-James, et qu'on appelait justement autrefois la route de la Baie-James.
C'est une route qui relie les communautés cries, qui est utilisée par
Hydro-Québec, mais aussi les entreprises minières et forestières de la région
et qui mène jusqu'à la route Transtaïga. J'étais justement en train de
recommander aux gens de ne pas faire le voyage dans cette direction pour le
plaisir, étant située à plus de 750 kilomètres de la ville la plus proche.
C'est la distance d'ailleurs la plus éloignée d'une ville par la route qu'on
peut trouver carrément en Amérique du Nord. Et il faut reconnaître que le
Québec est vraiment grand, puis c'est un privilège, je pense, qu'on a d'être
les gardiens législatifs, là, en ce sens, également. Je suis également très
fière de l'annonce qu'il y a dans le PQI, dans le Plan de développement du
territoire nordique pour les grands projets qui sont annoncés justement à la
page B,94 du PQI, plus précisément sur la route Billy-Diamond.
Mme la ministre, je voulais savoir si vous
pouviez nous parler des actions qui ont été prises par le... par le
gouvernement, pardon, pour la pérennité de cette route-là, mais aussi pour la
sécurité des usagers, surtout en lien avec le transport lourd des marchandises.
Mme Blanchette Vézina : Merci.
J'apprécie la question de la collègue. Ça me permet de mentionner et de
réitérer combien cette route, elle est importante pour habiter le Nord. On a
entendu le P.D.G. de la Société du Plan Nord tout à l'heure, et le collègue
poser des questions quant à cette route. C'est une route qui est importante
pour habiter le Nord, pour développer notre Nord. Donc, on a un important
programme de réfection qui est en cours pour assurer la sécurité des usagers et
la pérennité de cette route stratégique. Donc, entre 2015-2026, c'est près de
34... 334, pardon, millions qui auront été investis pour des travaux de
réfection, dont 112,2 millions pour qui proviennent du fédéral et 223 millions
du Québec. Donc, on veille à ne pas négliger cet axe routier qui est si
important pour le transport potentiel de certains minéraux. Il y a des travaux
qui sont réalisés conformément, bien sûr, aux normes gouvernementales en
vigueur, et qui tiennent compte des meilleures pratiques du domaine dans le
choix des matériaux, qui assurent la résilience de l'infrastructure en fonction
du climat futur, la majoration des débits pour les ponceaux également.
Vous posez la question par rapport au
transport lourd, ça représente plus de 40 % des usages de cette route.
C'est une proportion qui va augmenter, dans les prochaines années, avec l'essor
du développement de la région. Donc, pour limiter l'impact du transport lourd
sur cette infrastructure, le gouvernement a mis en place, avec les principaux
transporteurs, une démarche qui permet de monitorer la période de dégel à
chaque printemps et de limiter aussi les charges qu'il transporte pendant cette
période. Il y a des démarches qui sont en cours aussi avec les partenaires du
projet ainsi qu'avec le gouvernement du Canada pour poursuivre la réfection de
la route dans le cadre d'une seconde phase de travaux. Et cette seconde phase de
travaux est inscrite à l'étape de planification, là, comme la collègue le
mentionnait, au PQI, le Plan québécois des infrastructures. Cette seconde phase
inclurait aussi la réhabilitation de la portion nord de la chaussée, le
remplacement de ponceaux déficients, ainsi que différentes interventions qui
visent à améliorer la visibilité des usagers.
Donc, est-ce que vous pourriez me
permettre de donner le consentement... en fait, de donner la parole, pardon, au
sous-ministre associé à la Gouvernance et à la Coordination des interventions
pour nous faire part de certains éléments techniques? Un appui de députés.
Accordé.
Le Président (M. St-Louis) : Il
y a consentement. Je vous demanderais simplement de vous nommer, suivi de votre
titre, s'il vous plaît.
M. Breault (Martin) : Merci.
Monsieur Martin Breault, je suis sous-ministre associé à la Gouvernance, à la
Coordination des interventions au ministère. Donc, simplement mentionner, en
complément d'information, comme la ministre l'indiquait tantôt, on est en train
de travailler, là, sur le développement d'une phase deux pour les travaux. On
est en discussion avec le gouvernement fédéral aussi pour obtenir du
financement. Cette phase-là visera à compléter les travaux, si elle se réalise,
là, sur la partie nord de la route et également le chemin menant jusqu'à
Chisasibi. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. le sous-ministre associé. Pour la prochaine...
Le Président (M. St-Louis) : ...intervention,
et je reconnais... Est-ce que vous aviez terminé, Mme la ministre?
Mme Blanchette Vézina : Oui,
ça va. Merci.
Le Président (M. St-Louis) : Je
reconnais le député de Gaspé. La parole est à vous.
M. Sainte-Croix : ...de
renouveler nos salutations à Mme la ministre et puis de saluer nos collègues de
la Société du Plan Nord. Merci d'être ici aujourd'hui, on l'apprécie.
Donc, ma question portera précisément sur
la Société du Plan Nord. Mme la ministre, le 14 avril dernier, vous, la Société
du Plan Nord, avez annoncé, conjointement avec votre collègue la ministre
responsable de la région de la Côte-Nord, le soutien financier de 34 projets
nordiques d'envergure issus de toutes les régions du territoire nordique du
Québec. C'est une très bonne nouvelle, on s'entend sur ce point, assurément. On
voit que notre gouvernement s'occupe des régions et, dans ce cas très précis,
des régions nordiques. Donc, on apprécie beaucoup votre accompagnement à ce
niveau-là.
D'ailleurs, la société a pour mission de
contribuer au développement intégré et cohérent du territoire nordique
québécois, et ce, conformément aux orientations définies par notre
gouvernement. Elle le fait en concertation avec les représentants des régions
et des nations autochtones concernées ainsi que du secteur privé.
La Société du Plan Nord a élaboré
l'enveloppe d'opportunités en 2020, dans le cadre d'un plan d'action nordique.
Ce nouvel outil financier vise à soutenir des projets majeurs qui répondent à
des priorités des communautés nordiques qui émergent en cours de mise en œuvre.
Ces projets s'inscrivent dans l'une des orientations du plan d'action nordique,
soit l'accès optimisé au territoire nordique, le développement d'un tissu
économique fort et diversifié, la... la promotion, pardon, d'un milieu de vie
attractif et dynamique et la conservation de l'environnement nordique. Il vise
aussi à fournir les outils appropriés aux communautés concernées afin qu'elles
habitent pleinement leur territoire, car l'occupation de ce grand territoire
qu'est le Québec est importante. En effet, cette annonce a une enveloppe de
28,8 millions de dollars. Les fonds proviennent de l'enveloppe
d'opportunités du plan d'action nordique 2020-2023, qui, justement, sont gérés
par la Société du Plan Nord.
Mme la ministre, de ces 34 projets
sélectionnés, il y en a 19 qui sont issus de la Côte-Nord, quatre du
Saguenay-Lac-Saint-Jean et 11 du Nord-du-Québec. Les projets que vous avez
soutenus par l'entremise de la Société du Plan Nord ont été sélectionnés sur la
base de critères rigoureux. En effet, une note détaillée et basée sur 11
critères d'analyse permet aux membres du comité de direction d'évaluer chacun
de ces projets. Mme la ministre, l'enveloppe d'opportunité est un outil
financier inclus dans le plan d'action nordique 2020-2023 qui mérite d'être
souligné. Cette enveloppe permet une marge de manœuvre budgétaire afin de
répondre aux enjeux, aux nouveaux enjeux identifiés par les acteurs du
territoire pendant la période 2020-2023. Mme la ministre, pourriez-vous nous en
dire plus sur l'enveloppe d'opportunités de cette société du Plan Nord du
Québec?
Mme Blanchette Vézina : Merci,
cher collègue, pour la question. Effectivement, je suis contente de pouvoir
parler de l'enveloppe d'opportunités parce que c'est une enveloppe qui est
agile, qui permet de soutenir, là, des projets, des projets d'envergure dans le
Nord québécois, donc on parlait de projets qui sont sur la Côte-Nord, le
Saguenay, le Nord-du-Québec et la région aussi... Baie James.
Donc, cette enveloppe d'opportunités, elle
vise des projets spécifiques pour lesquels la Société du Plan Nord contribue.
Et ça, c'est des projets qui sont à au moins 100 1 000 $. Donc, quand je
vous parlais d'un impact réel, des projets d'envergure, c'est un exemple de
projets d'envergure.
Donc, ce qu'on a annoncé, effectivement,
c'est 34 nouveaux projets. Il y en avait eu neuf avant qui avaient déjà été
annoncés. Ça s'inscrivait, bien sûr, dans notre plan d'action nordique, avec
les orientations qu'on avait, c'est-à-dire l'accès optimisé au territoire, le
tissu économique fort diversifié, un milieu de vie attractif et dynamique, un
environnement nordique à conserver, donc, et ça, ça s'inscrit aussi dans des
thématiques qui sont priorisées par l'assemblée des partenaires, là, qui
développent la priorisation. Donc, on parle de l'énergie, l'environnement, la
biodiversité, la main-d'oeuvre et la formation, la promotion du territoire et
de sa culture, la responsabilité sociale des entreprises, les secteurs
d'économie... d'activité économique porteurs, les services de proximité, les
infrastructures, les télécommunications, les transports.
• (16 h 50) •
Donc, l'objectif de cette enveloppe, c'est
de maximiser un effet de levier pour que ces projets à retombées significatives
puissent voir le jour, des projets d'envergure qui puissent voir le jour avec
les partenaires du territoire, pour le bénéfice direct des communautés
nordiques. Et je tiens à insister, là, sur cet effet de levier, parce qu'on l'a
mentionné tout à l'heure, mais je pense que...
Mme Blanchette Vézina : ...on
a quelque chose à retenir de la Société du Plan Nord, c'est qu'elle permet
d'aider à ce que les projets se concrétisent pour le territoire nordique. Et
ça, c'est une bonne nouvelle, une bonne nouvelle pour habiter le Québec, le
Québec qui est grand et qu'on souhaite habiter.
Donc, peut-être pour la suite,
avec des exemples concrets, voudriez-vous prendre le relais, M. Beauchamp...
Beauchesne, là, je m'excuse, hein, ça fait deux fois, pour vraiment faire un
détail, là, des projets qui ont été portés dans le cadre de ces initiatives?
Le Président (M. St-Louis) : Ceci
termine votre...
Mme Blanchette Vézina : J'aurais
passé la parole à M. Beauchamp... Beauchesne.
Le Président (M. St-Louis) : Ah!
excusez-moi, j'avais mal compris.
Mme Blanchette Vézina : Je
vais y arriver.
Le Président (M. St-Louis) : Non,
non, non, allez-y, allez-y. Je suis désolé. Allez-y, M. Beauchesne.
M. Beauchesne (Patrick) : Oui,
merci M. le Président. Donc, Patrick Beauchesne, président-directeur général de
la Société du Plan Nord. Pour revenir sur l'importance de l'effet levier que
Mme la ministre vient juste de mentionner, donc, c'est un effet d'un pour
trois. Donc, 40 quelques millions de l'enveloppe d'opportunité ont généré une
valeur totale de 170 millions des projets. Je tiens aussi à mentionner que
100 % des projets sont issus des communautés du milieu. Donc, ce n'est pas
l'idée de la Société du Plan Nord, c'est vraiment des propositions de projet
qui sont issus des communautés, communautés autochtones, le milieu des
affaires, le milieu des organismes sans but lucratif.
Des exemples. Bien, on voyait, on est un
petit peu partout. Par exemple, ville de Baie-Comeau, une nouvelle installation
pour 45 places en services de garde. On sait comment les places en
garderie sont importantes pour pouvoir être des milieux de vie attractifs,
attirer les jeunes familles, les travailleurs. Donc, on est très fiers de ce
projet-là. On a contribué à renforcer le conseil d'Unamen shipu en faisant
l'acquisition du complexe hôtelier de leur communauté, donc, qui permettait de
maintenir l'offre hôtelière dans cette communauté autochtone là, qui était
important pour accueillir des travailleurs et accueillir des touristes. On a
parlé, tout à l'heure, des incubateurs, accélérateurs d'entreprises. Beaucoup,
beaucoup de projets ont touché aussi le monde de l'écotourisme. Au niveau plus
social, infrastructures sociales, et je mentionnais le... tout à l'heure, pour
le traitement des dépendances. On a financé des projets de construction de
bâtiments pour aider les familles en situation de difficultés, violence
conjugale, et autres. Je pense au projet qui s'appelle L'espoir de Shelna qui
est à Havre-Saint-Pierre, sur la Côte-Nord.
Écoutez, je pourrais faire la liste des
40. Ce qu'il est important de retenir, c'est que le développement durable est
au cœur de la sélection des projets. Chaque projet est analysé en fonction
d'une grille robuste au niveau de l'application des principes de développement
durable. Et l'enveloppe d'opportunité, effectivement, ça a été un outil
extrêmement flexible. Parce qu'un plan d'action nordique, c'est un plan qui est
dans un cadre budgétaire, c'est assez statique. Au fur et à mesure que le temps
passe, il y a des nouvelles préoccupations qui émergent, et cette enveloppe-là
nous a permis de répondre positivement aux besoins des communautés. Et je
souhaite que ce genre d'outil là très agile au gouvernement puisse continuer
d'exister. Merci, M. le Président.
Le Président (M. St-Louis) : Merci,
M. Beauchesne. Mme la ministre, est-ce que vous avez...
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
pour conclure sur l'importance de cette société. Donc, elle permet, bien sûr,
d'habiter le Nord, d'aider à développer le Nord, de le faire en collaboration
avec les partenaires de l'alliance. Donc, c'est une société qui est agile, qui
aide à la fois le ministère et les communautés locales dans ce développement,
donc autant en présence de développement économique, développement durable,
développement social. Les actions qui ont été portées à travers cette enveloppe
ou à travers les autres enveloppes, les autres programmes qui sont développés
par la Société du Plan Nord, le permet, ce développement, qu'on souhaite faire,
également, pour habiter le Nord du Québec.
Puis on sait, le Québec, c'est un grand et
vaste territoire avec 92 % de terres publiques, si je me rappelle bien, et
donc ce Nord québécois, lorsqu'on prend conscience que, si on part de Montréal
et qu'on va au point le plus nordique, et qu'on part de Montréal, c'est la même
distance que partir de Montréal et d'aller en Floride, on comprend combien le
territoire québécois, il est étendu que, pour l'habiter, il y a des défis, mais
des défis, M. le Président, qu'on relève. Et, grâce aux communautés
participantes, aux autres ministères qui s'impliquent dans le développement de
notre Nord québécois, on peut habiter le Nord. Et donc on développe, et on
continue de le faire en partenariat avec la Société du Plan Nord, des
programmes, et on travaille à mettre à jour notre Plan d'action nordique qui
devrait s'en venir sous peu.
Le Président (M. St-Louis) : Donc,
s'il n'y a pas...
Mme Blanchette Vézina : Oui,
je pourrais conclure. Je pense qu'il me reste une minute.
Le Président (M. St-Louis) : 35.
Mme Blanchette Vézina : 30 secondes?
Le Président (M. St-Louis) : 35 secondes,
Mme la ministre.
Mme Blanchette Vézina : Peut-être
conclure en remerciant à la fois les députés des partis d'opposition pour les
échanges constructifs. Cet exercice de crédits, il est important, on parle de
finances du Québec. Mais aussi remercier...
Mme Blanchette Vézina : ...les
députés qui sont présents et qui ont participé à l'exercice avec moi, ainsi que
l'ensemble de l'équipe du ministère qui a été présent aussi pour autant
travailler les documents que de... de me soutenir dans les réponses aux
questions parce que c'est un exercice qui est important pour les Québécois.
Le Président (M. St-Louis) : Merci
beaucoup, Mme la ministre. Bien, écoutez, le temps alloué à l'étude des crédits
budgétaires du volet ressources naturelles du portefeuille Ressources
naturelles et Forêts étant presque écoulé, nous allons maintenant procéder à la
mise aux voix des crédits. Le programme I intitulé Gestion des ressources
naturelles et forestières est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté
avec division. Finalement, l'ensemble des crédits budgétaires du portefeuille
Ressources naturelles et Forêts pour l'exercice financier 2023-2024 est-il
adopté?
Des voix : Adopté.
Une voix : Sur division.
Le Président (M. St-Louis) : Adopté
avec division. Alors, ceci...
Le Secrétaire : ...
Le Président (M. St-Louis) : Pardon?
Il y a un dépôt de... En terminant, je dépose les réponses aux demandes de
renseignements de l'opposition.
Compte tenu de l'heure de la commission...
la... pardon, compte tenu de l'heure, la commission ajourne ses travaux au...
au jeudi 4 mai à 11 h 30, où elle reprendra l'étude du volet
énergie des crédits budgétaires du portefeuille Économie, Innovation et
Énergie. Merci.
(Fin de la séance à 16 h 57)