Journal des débats de l'Assemblée nationale
Version préliminaire
43e législature, 1re session
(début : 29 novembre 2022)
Le
mercredi 2 avril 2025
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Vol. 47 N° 197
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Intervenants par tranches d'heure
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Benjamin, Frantz
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Lemieux, Louis
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Carmant, Lionel
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Zaga Mendez, Alejandra
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Hébert, Geneviève
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McGraw, Désirée
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Paradis, Pascal
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Bogemans, Audrey
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Tremblay, Suzanne
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Lafrenière, Ian
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Jacques, François
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Prass, Elisabeth
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Soucy, Chantal
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Roy, Nathalie
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Jolin-Barrette, Simon
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Roy, Nathalie
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Derraji, Monsef
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Tanguay, Marc
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Dubé, Christian
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Fortin, André
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Rotiroti, Filomena
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Julien, Jonatan
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Ghazal, Ruba
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Soucy, Chantal
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Lévesque, Mathieu
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Fortin, André
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Dubé, Christian
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Marissal, Vincent
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Arseneau, Joël
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Schmaltz, Valérie
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Bérubé, Pascal
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Bérubé, Pascal
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Soucy, Chantal
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Bélanger, Sonia
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Cliche-Rivard, Guillaume
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Soucy, Chantal
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Chassin, Youri
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Fortin, André
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Simard, Jean-François
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9 h 30 (version révisée)
Cliquez ici pour taper du texte.
(Neuf heures quarante minutes)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, bonjour à toutes, bonjour à tous. Donc, nous allons débuter nos
travaux. Je vous invite à prendre place, collègues.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous sommes à la rubrique Déclaration de
députés. Et, sans plus tarder, je reconnais M. le député de Saint-Jean.
Souligner la création d'une pièce de théâtre
portant sur la lutte pour le français au Québec par des élèves de la
polyvalente Chanoine-Armand-Racicot
M. Louis Lemieux
M. Lemieux : M. le Président,
je suis fébrile ce matin parce que je vais vous parler de deux de mes sujets
préférés, le théâtre et le français. Le théâtre, c'est un vieil amour de jeunesse,
et le français, c'est ma passion, ma priorité politique.
Et figurez-vous donc qu'une troupe
scolaire, celle de la polyvalente Chanoine-Armand-Racicot, de
Saint-Jean-sur-Richelieu, m'a appelé, au début de l'année scolaire, pour m'inviter
à discuter avec eux de la lutte pour le français au Québec, qui serait le thème
de leur création collective cette année. J'ai passé un merveilleux moment avec
eux en octobre pour répondre à leurs questions et, vendredi, je serai dans la
salle de l'auditorium pour les applaudir.
Ça me touche que des jeunes du secondaire
veuillent transposer sur scène quelques-uns des moments cruciaux que notre
nation a traversés pour défendre sa langue, devenue officielle et commune, même
si la bataille ne sera jamais vraiment gagnée, puisque le français sera
toujours fragile en Amérique du Nord.
Avant de leur crier mes bravos au moment
toujours émouvant du salut de la fin, je leur dis «merde!», le mot de <Cambronne...
M. Lemieux :
...«merde!»,
le mot de >Cambronne.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Saint-Jean. Et je reconnais maintenant M. le député
de Taillon.
Souligner la Journée mondiale de la sensibilisation
à l'autisme
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, j'aimerais souligner la Journée mondiale de
sensibilisation à l'autisme. C'est un moment essentiel pour mettre en lumière
les réalités des personnes autistes et sensibiliser les Québécoises et les
Québécois à leurs talents trop souvent méconnus mais aussi aux défis qu'elles
et leurs familles vivent au quotidien.
Promouvoir et respecter les droits ainsi
que le bien-être des personnes autistes passe par des actions concrètes, et à
travers toute la vie. Je pense, par exemple, au programme d'intervention
précoce en lien avec Agir tôt, au développement de classes spécialisées, aux
récents investissements consacrés à l'hébergement avec accompagnement et au
développement des activités socioprofessionnelles partout au Québec.
On a fait des progrès significatifs, mais
il reste encore beaucoup à faire. On doit continuer de bâtir un Québec où
chacun peut développer son plein potentiel.
Merci aux intervenantes et intervenants,
qui font un travail extraordinaire. À vous toutes et tous de nous rejoindre et
contribuer collectivement à la construction d'un Québec plus inclusif. Merci,
M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Taillon. La parole revient maintenant à Mme la
députée de Verdun.
Soutenir les usagers du Réseau express
métropolitain
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Merci, M.
le Président. Aujourd'hui, je porte la voix des résidents de L'Île-des-Soeurs
qui utilisent quotidiennement le REM. Chaque semaine, je reçois des messages de
découragement, et avec raison. La dernière année a été éprouvante pour les
usagers : des pannes répétées, des interruptions de service, des milliers
de citoyens laissés sans alternative pour se rendre à l'école et au travail.
On peut s'interroger sur les promesses de
fiabilité du REM, mais l'enjeu majeur reste le contrat d'exclusivité signé avec
la CDPQ Infra, qui a éliminé d'autres options de transport en commun. Pour
garantir la rentabilité du REM, les autobus ne peuvent emprunter son tracé.
Pourtant, la vraie concurrence du REM, ce ne sont pas les autobus, c'est l'auto
solo.
Il est impératif de rouvrir cette entente
pour ajouter des alternatives sur le pont Champlain avec des lignes d'autobus
fréquentes et fiables. En 2025, nous avons droit à un transport en commun
efficace, écologique et accessible. C'est une question d'équité territoriale.
Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Verdun. Et je reconnais maintenant Mme la députée
de Saint-François.
Rendre hommage à M. Alphonse Pelletier
Mme Geneviève Hébert
Mme Hébert : M. le Président,
j'honore la mémoire du vétéran sherbrookois Alphonse Pelletier, décédé à
94 ans. Ses funérailles ont été célébrées le 29 mars dernier.
Recruté en 1949, il sert au Royal
22e Régiment à partir de 1950. En 1952, en Corée, il devient brancardier
pour soigner les blessés au lieu de combattre.
À son retour, M. Pelletier sillonne
le pays pour promouvoir la sécurité de la vieillesse et les allocations familiales.
Par la suite, il devient pressier chez le tailleur Normand Colette, puis
brancardier à l'ancien Hôpital Saint-Vincent-de-Paul.
Il était une référence en généalogie pour
les familles Pelletier, Bélanger et Plourde. Avec quelques passionnés, il fonde
l'Association des familles Pelletier. Auteur de deux livres sur ses
ancêtres, il contribue à plusieurs autres publications.
C'était un homme de famille et de
conviction, pacifique, à l'humour omniprésent.
J'offre mes sincères condoléances à ses enfants,
ici dans les tribunes, Charles, Louis-Marie, Paul et Marie-Thérèse, à ses sept
petits-enfants et à ses nombreux parents et amis.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Saint-François. Au tour, maintenant, de Mme la députée
de Notre-Dame-de-Grâce.
Rendre hommage à M. James Hugues
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Alors, c'est un honneur pour moi aujourd'hui de rendre hommage à
James Hughes, qui est avec nous aujourd'hui, et sa famille, dans les tribunes.
C'est un citoyen exemplaire de Notre-Dame-de-Grâce, et il a reçu hier soir la
prestigieuse Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale, si bien méritée.
James est un expert de renommée
internationale en matière de l'itinérance, de pauvreté, d'exclusion sociale et
de logement abordable, ainsi que les causes sous-jacentes de ces problèmes
interreliés.
C'est un avocat de formation. C'est le
P.D.G. du Old Brewery Mission à Montréal, il cherche... qui cherche non
seulement à offrir un abri temporaire pour les sans-abri de Montréal, mais
aussi pour respecter leur dignité humaine.
James has also served as
deputy minister of Social Services in New Brunswick and then came back to Montréal, came back to NDG to return to
philanthropy and to reassume the headship… heading the Old Brewery Mission.
Merci, James, pour
ta grande humanité et ton leadership extraordinaire. Et bravo!
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Bravo, M. Hugues, et bravo pour votre <travail...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Bravo, M. Hughes, et bravo pour votre >travail! Merci,
Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Je reconnais maintenant M. le député de
Jean-Talon.
Souligner le 35e anniversaire du Club de Marche
Laurier
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Il y a
35 ans, le Club de Marche Laurier a été fondé dans la circonscription de
Jean-Talon. J'aimerais saluer Bruno Perron, président, et Johanne Mercier,
directrice du club de marche, qui sont présents avec nous aujourd'hui.
Le Club de Marche Laurier favorise non
seulement le bien-être et la santé physique des personnes aînées, il leur
permet de se retrouver à chaque semaine et d'ainsi contribuer à la force du
tissu social dans Jean-Talon et dans la Capitale-Nationale, le tout à l'abri
des intempéries à Laurier-Québec l'hiver et en profitant du plein air l'été.
Le club, aujourd'hui, compte près de
170 membres. Par ses activités récurrentes, il contribue à briser
l'isolement et la solitude en favorisant la création de liens durables entre
les membres. Je l'ai constaté moi-même samedi dernier lors du gala du 35e. Bonheur
et sourires étaient au rendez-vous.
Bravo pour les impacts positifs du Club de
Marche Laurier dans l'amélioration de la qualité de vie des retraités, une
marche à la fois! Merci pour votre engagement.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Jean-Talon. La parole revient maintenant à Mme la
députée d'Iberville.
Souligner le travail d'Alternative Aliment-Terre
Mme Audrey Bogemans
Mme Bogemans : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, je souhaite mettre en valeur l'organisme Alternative
Aliment-Terre. Une partie de leur équipe est ici dans les tribunes. Donc,
Emmanuelle, Alexandra, Justine, Esther et Sarah sont avec nous.
M. le Président, Alternative
Aliment-Terre, c'est un maillon important dans l'économie circulaire de ma
région. L'équipe œuvre pour que notre communauté ait accès à une offre
alimentaire diversifiée et saine en valorisant des surplus de production
agricole locale, bref, des produits frais pour favoriser une alimentation et
des saines... des saines habitudes de vie, pardon.
Cette entreprise d'économie sociale
commercialise et transforme les aliments en produits prêts à cuisiner pour les
vendre avec une tarification qui est adaptée aux situations de tous les
ménages.
Alternative Aliment-Terre sensibilise
aussi la population aux réalités de la production agricole, entre autres par la
participation citoyenne aux activités dans les champs.
Pionnière du glanage au Québec, elle est
devenue partenaire de plein de fermes de proximité en maraîcher.
Merci à toute la grande famille
d'Aliment-Terre pour tous les efforts que vous déployez pour nourrir sainement
les habitants du comté d'Iberville.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée d'Iberville. Et la parole revient maintenant à Mme la
députée de Hull.
Souligner le travail de la Fondation Lani et rendre
hommage à ses fondateurs, Mme Andrée Tremblay et M. Yao Assogba
Mme Suzanne Tremblay
Mme Tremblay : M. le
Président, cette semaine, j'ai eu le privilège de remettre la Médaille de la
députée de l'Assemblée nationale du Québec à Mme Andrée Tremblay et
M. Yao Assogba lors de la 20e et dernière édition du spectacle La vie :
un peu, beaucoup, passionnément de la Fondation Lani.
Par cette distinction, je souhaitais
rendre hommage à ces deux personnes exceptionnelles qui ont transformé une
terrible épreuve en un élan de solidarité et d'espoir. Le 10 novembre
2000, leur fils Lani, alors âgé de 18 ans, s'est enlevé la vie alors qu'il
traversait une période de grande détresse. Face à cette tragédie, Andrée et Yao
ont choisi de faire vivre sa mémoire en s'unissant autour d'un projet porteur
de sens, la Fondation Lani.
Depuis près de 25 ans, cet organisme
offre aux jeunes un espace pour se reconstruire et briser l'isolement. En
soutenant ici des projets de la promotion de la vie dans une perspective de
prévention du suicide, la fondation a un impact réel et durable dans le
parcours de nombreux jeunes.
Andrée, Yao, vous avez énormément donné à
notre communauté. Il est maintenant temps de penser à vous. Merci du fond du
cœur pour votre engagement.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Hull. Et je cède maintenant la parole à M. le
député de Vachon.
Rendre hommage à Mme Nicole Widz
M. Ian Lafrenière
M. Lafrenière : Merci
beaucoup, M. le Président. Aujourd'hui, je souligne le travail d'une brigadière
exceptionnelle qui fêtera ses 40 ans de service cette année. En effet,
Mme Nicole Widz veille à la sécurité des élèves de l'école primaire
Mille-Fleurs, et ce, depuis le début de sa carrière, M. le Président.
Sa passion pour son métier, sa
détermination et son amour du service public sont des sources d'inspiration
pour nous tous. Avec une énergie inébranlable, elle aime dire qu'elle restera
en poste jusqu'à ses 100 ans, et ça, M. le Président, elle a même dit
qu'elle était prête à le faire avec sa canne, s'il le fallait.
• (9 h 50) •
Au fil des années, Nicole a tissé des
liens avec plusieurs générations, avec un sourire qui est contagieux. Elle
engage de belles discussions avec les plus jeunes. Elle est un véritable pilier
pour sa communauté, M. le Président.
Nicole, félicitations pour vos
40 années de dévouement, et longue vie à votre engagement exemplaire pour
la communauté de Vachon! Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Vachon. Au tour, maintenant, de M. le député de <Mégantic...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
...de
M. le député de >Mégantic.
Souligner l'importance des commerces de proximité
M. François Jacques
M. Jacques : Merci, M. le
Président. Aujourd'hui, je veux souligner la combativité des commerces de
proximité. En effet, nos commerçants locaux dynamisent l'économie locale. Ils
créent des emplois et ils sont des lieux de rencontre pour les membres de la
communauté.
Dans ma circonscription, il y a 36 municipalités,
et ce n'est pas facile d'avoir accès à des services partout sur le territoire.
Nous sommes donc plusieurs acteurs de la région à vouloir aider et protéger nos
commerces pour le bien de la population.
Que ce soit par la modernisation
d'équipements, la rénovation de bâtiments ou même l'ajout de services
essentiels, comme des dépanneurs, plusieurs projets verront le jour dans
Mégantic grâce au volet Commerces de proximité du Fonds régions et ruralité de
notre gouvernement. Ces investissements de près de 560 000 $ iront
directement dans notre communauté et permettront aux municipalités de maintenir
ou d'entretenir des services qui faciliteront la vie des gens.
Je souhaite donc féliciter les
commerçants, citoyens, maires, mairesses, préfets et ma collègue du MAMH pour
s'être investis pour conserver ces commerces de proximité. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Mégantic. Et la parole revient maintenant à Mme la
députée de D'Arcy-McGee.
Souligner la Journée mondiale de la sensibilisation
à l'autisme
Mme Elisabeth Prass
Mme Prass : Merci, M. le
Président. Le 2 avril et le mois d'avril marquent la journée et le mois de
la sensibilisation à l'autisme. À cette occasion, je tiens à souligner
l'importance de célébrer la diversité, de mobiliser, de démontrer l'acceptation
et de promouvoir l'inclusion des personnes vivant sur le spectre de l'autisme
au sein de notre société québécoise.
L'autisme est un spectre qui touche de
nombreuses personnes, et chaque individu vivant avec l'autisme possède des
caractéristiques, des forces et des défis uniques. Malheureusement, trop
souvent, ces personnes rencontrent des obstacles dans leur quotidien, que ce
soit dans le système scolaire, sur le marché du travail ou dans leurs relations
sociales.
Il est essentiel de comprendre que
l'autisme n'est pas un problème à résoudre mais bien une réalité à accepter, à
comprendre et à célébrer. Sensibiliser le public, c'est avant tout ouvrir la
voie à une meilleure compréhension, à plus d'empathie et surtout à l'inclusion
des personnes autistes dans toutes les sphères de la vie sociale et
professionnelle.
Ensemble, créons un environnement où les
personnes autistes peuvent s'épanouir pleinement, avec un accès et des services
adaptés à la hauteur de leurs besoins et un soutien véritable. Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de D'Arcy-McGee. La parole revient maintenant à Mme
la députée de Saint-Hyacinthe.
Souligner l'engagement de citoyens de la
circonscription de Saint-Hyacinthe dans le cadre de la Journée mondiale de la
sensibilisation à l'autisme
Mme Chantal Soucy
Mme Soucy : En cette Journée
mondiale de sensibilisation à l'autisme, je salue les héros silencieux qui
travaillent à bâtir notre société plus inclusive.
J'honore tous les acteurs, particulièrement
ceux et celles de ma circonscription, derrière les organismes. Leur dévouement
transforme des vies par leurs missions respectives. Et je pense, entre autres,
à L'Association des parents des enfants handicapés Richelieu-Val-Maska, dont
l'accompagnement global fait une différence pour ces familles de ma
circonscription. J'applaudis également l'initiative inspirante de deux
enseignantes de l'école René-Saint-Pierre qui, par des vidéos publiées sur les
réseaux sociaux et réalisées avec leurs élèves, font rayonner les valeurs
d'inclusion auprès de notre jeunesse.
M. le Président, la sensibilisation de ma
communauté m'emplit de fierté, et c'est pour ça que je prends mon temps de
parole pour le mentionner. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Saint-Hyacinthe. Et voilà qui met fin à la
rubrique Déclarations de députés. Je remercie chacun des collègues pour votre
déclaration.
Et nous allons suspendre les travaux
quelques instants.
(Suspension de la séance à 9 h 55)
10 h (version révisée)
(Reprise à 10 h 07)
La Présidente : Bonjour, tout
le monde. Vous êtes nombreux, ce matin. Mesdames messieurs, le parlement du
Québec, c'est chez vous. Bienvenue.
Nous allons, si vous le voulez bien, nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous
asseoir.
Présence d'ex-parlementaires de l'Assemblée
nationale
J'ai le plaisir de souligner, aujourd'hui,
la présence, dans les tribunes, de Mme Véronyque Tremblay, ancienne
députée de Chauveau, et de Mme Isabelle Melançon, ancienne députée de
Verdun.
Et nous poursuivons les affaires
courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles ni présentation de projets de loi.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôts de documents, M. le
leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour,
Mme la Présidente. Je dépose les réponses aux questions inscrites au feuilleton
le 28 janvier 2025 par le député de Marquette, le 11 février 2025 par
le député de Jean-Talon et le 12 février 2025 par la députée de
Sherbrooke. Merci.
La Présidente : Ces documents
sont déposés.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de
commissions ni de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux
pétitions.
Interventions portant sur une violation de droit ou
de privilège
Décision de la présidence au sujet de la
recevabilité d'une question de privilège concernant la transmission de
documents sur SAAQclic à la Commission de l'administration publique
À la rubrique Interventions portant sur
une violation de droit ou de privilège ou sur un fait personnel, je vous
demande maintenant votre attention, j'ai une décision pour vous, et elle sera
longue, étoffée et articulée.
Je suis maintenant prête à rendre ma
décision sur la question de droit ou de privilège soulevée par le leader de l'opposition
officielle dans un avis qu'il m'a transmis le 25 février dernier. Dans cet
avis, le leader allègue qu'une violation des droits et privilèges de l'Assemblée
aurait été commise par la Société de l'assurance automobile du Québec, la SAAQ,
et certains de ses dirigeants. Le leader prétend qu'ils auraient induit en
erreur les membres de la Commission de l'administration publique en
transmettant des documents qui contenaient de fausses informations au sujet du projet
CASA/SAAQclic de cette société d'État.
Au sein de la SAAQ, le leader de l'opposition
officielle vise notamment les personnes suivantes : l'actuel
président-directeur général de la société d'État, M. Éric Ducharme; deux
anciens présidents-directeurs généraux de la SAAQ, M. Denis Marsolais et Mme Nathalie
Tremblay; l'actuelle vice-présidente à l'expérience numérique, Mme Caroline
Foldes-Busque; et enfin l'ancien vice-président à l'expérience numérique, M. Karl
Malenfant.
• (10 h 10) •
Le leader invoque au soutien de ses prétentions
le rapport du Vérificateur général du Québec pour l'année 2024‑2025 — février
2025 déposé à l'Assemblée le 20 février dernier. Il attire l'attention sur
les pages 27, 29, 30, 52 et 53 du rapport, qui énoncent que les états d'avancement
du projet SAAQclic transmis à la Commission de l'administration publique ne
reflétaient pas la réalité. En effet, alors que les documents demandés par la
commission indiquaient que le développement du projet avançait comme prévu et
que les voyants étaient au vert, le rapport du vérificateur révèle que ce n'était
pas le cas.
Selon le leader, la SAAQ aurait commis un
acte extrêmement grave en transmettant des informations fausses, ce qui a induit
les parlementaires en erreur quant à la réalité et la gravité de la situation
du projet CASA/SAAQclic. Il précise que, compte tenu de leur rôle au sein de la
SAAQ, il est impensable que les personnes qui communiquaient l'information à la
Commission de l'administration publique n'aient pas été informées de l'état
véritable du projet. Selon lui, en s'abstenant de communiquer des
renseignements exacts, elles ont intentionnellement trompé les parlementaires.
Le leader conclut son avis <en
mentionnant...
La Présidente :
...elles
ont intentionnellement trompé les parlementaires.
Le leader conclut son avis >en
mentionnant que, dans l'éventualité où la présente question était déclarée
recevable, il a l'intention de présenter une motion mettant en cause la
conduite d'une personne autre qu'un député afin que l'Assemblée décide des
mesures à prendre, au sens des articles 70 et 324 du règlement.
Le 18 mars dernier, j'ai eu le
bénéfice d'entendre les plaidoiries sur cette question des leaders du
gouvernement, de l'opposition officielle et du deuxième groupe d'opposition, de
même que la plaidoirie du député de Matane-Matapédia. Je les remercie
d'ailleurs pour la qualité de leurs interventions.
Lors de ces plaidoiries, les intervenants
se sont tous référés au rapport du Vérificateur général du Québec pour soutenir
que des informations contradictoires ont été transmises aux membres de la
Commission de l'administration publique par rapport à celles fournies au
conseil d'administration et au comité de direction de la SAAQ. Tous s'entendent
aussi pour dire qu'il est essentiel pour les députés de pouvoir compter sur des
renseignements véridiques pour exercer leur rôle de manière adéquate.
Ils ont également souligné que la question
à trancher dans le présent cas est de déterminer si, à première vue, on a
induit l'Assemblée en erreur en lui transmettant de l'information fausse ou
inexacte. Ils ajoutent que, à cette fin, la présidence doit non seulement
déterminer si les parlementaires ont été induits en erreur, mais également si
cela a été fait de manière intentionnelle.
Dans sa plaidoirie, le leader de
l'opposition officielle démontre en quoi, selon lui, la SAAQ et chacune des
personnes visées par la question de privilège ont induit la Commission de
l'administration publique en erreur. Il mentionne également que certaines des
personnes visées ont pu induire en erreur de manière indirecte, en raison du
rôle clé qu'elles ont joué dans l'organisation et dans le projet.
En plus d'affirmer que des informations
contradictoires et erronées ont été transmises aux parlementaires, le leader de
l'opposition officielle déplore l'absence de reddition de comptes de la SAAQ
pendant certaines périodes. Il dénonce également que le suivi de projet ayant
été transmis aux parlementaires le 31 janvier 2024 ne contenait aucune
mention des enjeux liés au déploiement du projet ni en ce qui concerne le
respect de l'enveloppe budgétaire. Ce faisant, il allègue qu'il y a eu un
manque de transparence qui a eu pour effet de tromper la commission.
De son côté, le leader du gouvernement
avance que, pour conclure, à première vue, à une violation de droits ou de
privilèges, les faits en cause doivent être suffisamment graves et probants. Il
précise qu'il doit exister une telle preuve à l'égard de chacune des personnes
visées par la question de privilège.
Le leader du gouvernement ajoute que,
lorsqu'il s'agit d'un tiers, il faut évaluer de manière plus attentive
l'intention d'induire en erreur, qui doit être particulièrement claire. Il
rappelle le rôle de la présidence à cet égard, qui doit s'assurer du sérieux de
la question de privilège pour éviter que la Commission de l'Assemblée nationale
ne soit transformée en tribunal pour enquêter sur des faits qui apparaissent
non fondés après une certaine analyse de la part de la présidence. Il mentionne
aussi que la présidence doit déterminer, dans la présente affaire, si une
personne peut induire les parlementaires en erreur de manière indirecte, ce qui
serait, selon lui, une nouveauté dans la jurisprudence parlementaire.
Au surplus, le leader du gouvernement se
demande si la lettre datée du 31 janvier 2024 transmise à la Commission de
l'administration publique est de nature à enfreindre les droits ou privilèges
de l'Assemblée, considérant que cette commission n'a pas exigé d'informations
supplémentaires suivant celle-ci, alors même qu'elle connaissait les ratés de
la livraison du projet. Il précise que la commission n'a jamais ordonné
formellement la production de documents.
Quant au leader du deuxième groupe
d'opposition, il considère que la preuve soumise est suffisamment crédible à
première vue pour conclure à une intention d'induire l'Assemblée en erreur,
notamment au regard des contradictions soulevées entre l'information que la
Commission de l'administration publique recevait de la SAAQ et celle détenue réellement
par la SAAQ. Il ajoute qu'en déclarant qu'il y a, à première vue, une violation
de droits ou de privilèges, on permettra aux parties impliquées de faire valoir
leur version des faits et leur défense à l'étape subséquente.
Finalement, le député de Matane-Matapédia,
tout comme le leader du gouvernement, indique que la présomption selon laquelle
on doit accepter la parole des députés ne trouve pas application en
l'occurrence. Dans ce contexte, le député est d'avis qu'il est difficile de
croire en une erreur de bonne foi de la part de la SAAQ et de ses dirigeants,
et qu'il est inquiétant qu'une société d'État <ait considéré
l'Assemblée...
La Présidente :
...difficile
de croire en une erreur de bonne foi de la part de la SAAQ et de ses dirigeants,
et qu'il est inquiétant qu'une société d'État >ait considéré l'Assemblée
et la Commission de l'administration publique comme des risques à minimiser.
À la lumière de tous les éléments portés à
ma connaissance, je dois maintenant déterminer si la question de privilège
soulevée par le leader de l'opposition officielle est recevable à première vue,
ce qui signifie que je dois déterminer si les faits portés à ma connaissance,
en les prenant pour avérés, sont suffisamment graves pour constituer un outrage
au Parlement.
Afin de nous guider dans la détermination
de ce qui constitue un outrage au Parlement, le législateur dresse à
l'article 55 de la Loi sur l'Assemblée nationale la liste de certains cas
considérés comme des atteintes aux droits de l'Assemblée. Il y énumère
d'ailleurs deux situations qui s'apparentent à la violation signalée par le
leader : le témoignage faux ou incomplet et la production de documents
faux dans le dessein de tromper.
Or, dans le cas présent, il n'est pas
question de témoignage au sens strict, non plus qu'il ne soit allégué que les
documents présentés à la Commission de l'administration publique aient été des
faux. On allègue plutôt qu'ils contenaient des informations trompeuses et
incomplètes. Cela signifie-t-il que la présente question de privilège soit sans
fondement? Absolument pas.
Bien que l'accusation en l'espèce ne vise
pas un cas précis énuméré à l'article 55 de la Loi sur l'Assemblée
nationale, il est reconnu de manière constante que cet article n'a pas la
prétention d'être exhaustif quant à l'ensemble des cas pouvant constituer un
outrage au Parlement. Comme l'a d'ailleurs souligné le leader du gouvernement
dans ses plaidoiries, la loi utilise l'expression «notamment» avant son énumération
pour signaler l'absence d'exhaustivité.
Il faut savoir que notre doctrine et notre
jurisprudence parlementaire ont défini l'outrage au Parlement comme étant tout
acte ou omission ayant pour effet d'entraver les travaux de l'Assemblée ou de
porter atteinte à son autorité ou à sa dignité. Cette définition est donc très
large et peut viser un grand nombre de situations préjudiciables à son
fonctionnement ou à son autorité.
C'est d'ailleurs sur cette base que la
jurisprudence parlementaire assimile le fait d'induire l'Assemblée ou ses commissions
en erreur à un outrage au Parlement. C'est sous cet angle que le leader de
l'opposition officielle signale la violation en l'espèce.
D'entrée de jeu, mentionnons que le
règlement fait la distinction entre une question de privilège visant un membre du
Parlement et celle visant une personne qui ne l'est pas. Le critère d'analyse
portant sur le fait d'avoir induit l'Assemblée ou ses commissions en erreur
n'est alors pas le même. La différence majeure réside dans le fait que, comme
il a été mentionné dans les plaidoiries, la présomption voulant qu'on doive
accepter la parole d'un député ne trouve pas application dans le cas des tiers,
réduisant d'autant le fardeau de preuve au stade de l'étude de la recevabilité.
• (10 h 20) •
Dans le cas présent, la question vise une
société d'État et cinq personnes qui ne sont pas membres du Parlement, soit des
gestionnaires, anciens ou actuels, de cette société d'État — autrement
dit, des tiers. Dans un tel cas, la jurisprudence exige que l'on démontre deux
choses : premièrement, que le tiers a induit l'Assemblée et ses membres en
erreur; et, deuxièmement, qu'il est clair que le tiers avait l'intention de le
faire. Pour que la question de privilège soit recevable à ce stade-ci, ces deux
démonstrations doivent être faites à première vue seulement — c'est
l'Assemblée et la Commission de l'Assemblée nationale, le cas échéant, qui
décideront de la valeur probante finale des faits et allégations afin de porter
un jugement sur l'accusation.
En ce qui concerne le premier élément de
démonstration nécessaire, un tiers peut induire l'Assemblée en erreur en lui
transmettant des documents trompeurs, incomplets ou mensongers. Ces documents
peuvent être des lettres, des comptes rendus ou des rapports — nul
besoin que les documents aient été produits à la suite d'un ordre formel ou
sous la forme de déclarations écrites sous serment. À cet égard, notre
jurisprudence a établi qu'une citation à comparaître n'est pas nécessaire à
l'ouverture d'une question d'outrage pour avoir induit l'Assemblée en erreur.
Je cite :
«Peu importe la manière dont les personnes
sont amenées à rendre témoignage devant une commission, lorsque des personnes
participent aux travaux parlementaires, elles ont le devoir de collaborer
pleinement et de dire la vérité.» Fin de la citation.
À ce sujet, j'insiste sur le fait que
l'Assemblée et ses commissions sont en droit de s'attendre à ce que toute
personne <communique...
La Présidente :
...à
ce sujet, j'insiste sur le fait que l'Assemblée et ses commissions sont en
droit de s'attendre à ce que toute personne >communique avec elle en
toute honnêteté, avec une rigueur à la hauteur de l'autorité et de la dignité
que notre régime parlementaire confère à l'Assemblée. L'Assemblée compte
spécialement sur les fonctionnaires de l'État pour faire honneur à ce devoir
fondamental, peu importe la façon dont ils interagissent avec elle. Cela est
d'autant plus vrai pour les dirigeants d'organismes publics. La présidence ne
saurait tolérer que les plus hauts dirigeants de l'État prennent à la légère
leur obligation de rendre des comptes à l'Assemblée.
J'ajouterai que, en l'espèce, les faits
soumis à la considération de la présidence reposent sur les constats émis par
une institution dont la crédibilité n'est plus à faire et qui a développé
depuis de nombreuses années une collaboration étroite avec la Commission de
l'administration publique, soit le Vérificateur général du Québec. À la lumière
des faits qui m'ont été soumis et des affirmations contenues dans le rapport
déposé par le Vérificateur général en février dernier, je ne peux que conclure
que, à première vue, la Commission de l'administration publique semble
effectivement avoir reçu des informations fausses, erronées ou trompeuses de la
part de la SAAQ concernant le projet CASA/SAAQclic. Toutefois, cette conclusion
seule n'est pas suffisante.
Il faut également satisfaire au deuxième
élément de démonstration, à savoir l'intention du tiers. L'intention d'induire
en erreur peut se démontrer de différentes façons selon le contexte, notamment
par la production d'une preuve montrant la connaissance ou l'aveuglement
volontaire du tiers quant au contenu trompeur du document qu'il a transmis à
l'Assemblée. En d'autres mots, savait-il ou aurait-il dû savoir que le document
contenait des renseignements faux, trompeurs, incomplets ou mensongers?
Remettons-nous d'abord dans le contexte.
La Commission de l'administration publique entamait le 28 mars 2019
l'examen du rapport annuel de gestion 2017 de la SAAQ dans le cadre de ses
fonctions habituelles prévues au règlement. À la suite de cet examen, les
membres de la commission se sont dits préoccupés par le contrat visant à mettre
sur pied la plateforme CASA/SAAQclic. C'est dans ce contexte qu'ils ont demandé
à la SAAQ qu'elle lui transmette annuellement un état d'avancement détaillé de
ces travaux. Ils demandaient également d'obtenir des précisions sur les
mécanismes de surveillance et de contrôle de ce chantier. Au total, de juillet
2019 à janvier 2024, la SAAQ a effectué cinq envois distincts à la commission
en suivi de ces demandes, signés par différents présidents-directeurs généraux
au fil des ans.
Précisons que le mandat particulier de la
Commission de l'administration publique la distingue des autres commissions
sectorielles en lui conférant un rôle de premier plan quant au contrôle de
l'État par le pouvoir législatif. En effet, son mandat est spécifiquement de
s'assurer de «vérifier si les sommes allouées au gouvernement et à
l'administration publique sont dépensées suivant les règles d'une saine
gestion. De plus, elle [veille] à ce que les administrateurs publics rendent
des comptes sur leur gestion.» C'est dans l'exercice de ce mandat que la
commission se disait expressément préoccupée par le déploiement de la nouvelle
plateforme de la SAAQ et demandait que la société d'État lui fasse un suivi
régulier. Pourtant, malgré ces demandes expresses et ces inquiétudes, comme le
souligne le rapport du Vérificateur général, il subsistait des discordances
entre ce que les responsables du projet CASA/SAAQclic indiquaient à la
Commission de l'administration publique, en comparaison de ce qu'ils révélaient
au conseil d'administration de la SAAQ entre 2020 et février 2022.
Examinons plus attentivement les faits
dans cette affaire avec les actions des dirigeants de la SAAQ qui sont
spécifiquement visés dans l'avis du leader de l'opposition officielle. Je
débute avec Mme Nathalie Tremblay, qui était présidente-directrice
générale de la SAAQ de mai 2010 à janvier 2022. Cette dernière a transmis trois
lettres à la commission : le 31 juillet 2019, le 29 mai 2020 et le
8 mars 2021. Dans toutes ces lettres, les indicateurs du projet étaient au
vert et il était indiqué que le contrat était respecté. Pourtant, le
Vérificateur général, dans son rapport, écrit que plusieurs indicateurs étaient
réellement au rouge. Je vous dirige notamment vers le tableau de la
page 63 ainsi qu'aux pages 28, 29, 30 et 53 du rapport. Il y a de
nombreux extraits troublants dans le rapport que je ne citerai pas au long dans
<un souci de concision...
La Présidente :
...ainsi
qu'aux pages 28, 29, 30 et 53 du rapport. Il y a de nombreux extraits
troublants dans le rapport, que je ne citerai pas au long dans >un souci
de concision. Le paragraphe 25 est cependant très préoccupant, et je
cite :
«De plus, des informations incomplètes ont
été véhiculées dans les communications transmises par la SAAQ à la Commission
de l'administration publique et au dirigeant principal de l'information. En
effet, ces communications ne faisaient pas état de dépassements de coûts par
rapport au contrat avec l'Alliance. Pourtant, bien que la valeur du contrat
avec l'Alliance soit demeurée de 458,4 millions de dollars[...], les
sommes qui lui ont été allouées pour la livraison 2 sont passées de 75,6 à
280,4 millions de dollars, et ce, malgré la clause de partage de risque
prévue au contrat de 2017. Cette augmentation a fait en sorte qu'il ne restait
aucune somme disponible au contrat pour financer la participation de l'Alliance
à la livraison 3 et a amputé de 139,6 millions de dollars les sommes
allouées pour la phase d'exploitation. Les informations transmises ne donnaient
donc pas un portrait juste de la situation.» Fin de la citation.
Le Vérificateur général ajoute, au
paragraphe 27, et je cite :
«Il est à noter que depuis la
replanification de septembre 2020, la SAAQ savait que l'échéancier de la livraison
2 accuserait un retard de près de trois ans par rapport à ce qui était prévu au
contrat et que la signature d'avenants ou de contrats additionnels serait
nécessaire pour assurer le développement des composantes de la livraison 3
ainsi que la réalisation de la phase d'exploitation jusqu'en mars 2027. Même si
la direction du programme détenait, depuis 2020, les informations lui
permettant d'estimer les sommes nécessaires, notamment les dépenses en
honoraires professionnels, pour terminer la phase de développement et réaliser
la phase d'exploitation, que les travaux soient effectués par l'Alliance ou
d'autres firmes, elle ne les a pas communiquées.» Fin de la citation.
Passons maintenant à M. Denis Marsolais,
qui était président-directeur général de la SAAQ du 17 janvier 2022 au
5 avril 2023. Ce dernier a également dressé un état de situation à la
commission dans une lettre du 21 avril 2022. Cette lettre ne fait
nullement mention des corrections à apporter aux états de situation envoyés par
sa prédécesseure. La lettre mentionne plutôt que tous les indicateurs sont au
vert et que le contrat est respecté. À cet égard, le Vérificateur général écrit
que les indicateurs présentés à la commission étaient cohérents avec ceux ayant
été présentés au comité de direction et au conseil d'administration de la SAAQ
au même moment. Cependant, il faut ajouter que le Vérificateur général fait
état de ceci au paragraphe 58 de son rapport, et je cite :
«Tout au long de l'année 2022, des avis
écrits indiquant que les retards dans la réalisation des tests ainsi que la
qualité de ces derniers engendraient des risques importants ont été produits
par différentes firmes. Ainsi, les lacunes que nous avons exposées dans les
paragraphes précédents étaient en grande partie connues avant la mise en
service du nouveau système informatique.» Fin de la citation.
• (10 h 30) •
Le vérificateur ajoute plus loin que des
retards dans le projet menaçant son déploiement se sont cumulés dès avril 2022,
soit de manière concomitante à la lettre envoyée à la commission par
M. Marsolais.
Nous ne savons pas si M. Marsolais
était au courant de ces retards et s'il avait reçu les avis faisant état des
risques en résultant. En revanche, selon le rapport, aux paragraphes 29 et
30, la direction et le conseil d'administration de la SAAQ étaient au courant
en septembre 2022 de nombreux problèmes importants avec le projet.
M. Marsolais n'a pas, à ce moment, pris l'initiative de corriger
l'information qu'il avait fournie à la Commission de l'administration publique.
Examinons maintenant la situation sous la
gouverne de M. Éric Ducharme. M. Ducharme est entré en fonction comme
président-directeur général de la SAAQ le 6 avril 2023 et il est toujours
en poste en ce moment. Il importe de préciser que son entrée en fonction est
survenue après les grandes difficultés de déploiement de SAAQclic le 20 février
2023, qui ont abondamment été relayées dans les médias. Or, malgré cela,
M. Ducharme a fait défaut d'envoyer à temps à la Commission de
l'administration publique l'état d'avancement annuel de 2023 : le
6 décembre 2023, la présidente de la Commission de l'administration
publique a dû lui signaler ce retard. Il n'a répondu <à la commission
que le...
>
10 h 30 (version révisée)
<12187
La
Présidente :
...la présidente de la Commission de l'administration
publique a dû lui signaler ce retard. Il n'a répondu >à la commission
que le 31 janvier 2024. Dans cette lettre, contrairement à ses
prédécesseurs, il n'aborde pas les mécanismes de surveillance et de contrôle du
chantier : on n'y trouve aucun tableau d'avancement ni d'indicateurs
comparables aux envois précédents. La lettre détaille les grands jalons du
projet depuis le 1er avril 2022, sans plus et sans tenir compte des
préoccupations initiales de la Commission de l'administration publique à l'égard
du projet.
Poursuivons avec M. Karl Malenfant, l'ex-vice-président
à l'expérience numérique de la SAAQ et un des principaux artisans de la mise en
place de SAAQclic. Il n'a pas directement transmis l'information à la commission
puisque les communications avec celle-ci étaient signées par différents
présidents-directeurs généraux de l'époque. Sa responsabilité semble porter sur
le fait d'avoir omis d'aviser la haute direction et le conseil d'administration
de la SAAQ de problèmes importants ou de leur avoir transmis de fausses
informations à certains moments au cours du projet. L'actuelle vice-présidente
à l'expérience numérique, Mme Caroline Foldes-Busque, est dans une situation
similaire.
L'analyse qui précède est compliquée par
le fait que la question de privilège vise la SAAQ et cinq personnes qui ne sont
pas mentionnées directement dans le rapport du Vérificateur général. Cependant,
à ce stade-ci, il ne m'appartient pas de déterminer le partage de leur
responsabilité individuelle; cette tâche reviendra à l'Assemblée. Je peux
seulement constater qu'il est vraisemblable, à première vue, que ces personnes
soient impliquées dans cette affaire, celles-ci occupant ou ayant occupé au
sein de la société d'État des postes névralgiques dans la gestion du projet et
dans la reddition de comptes à son sujet. On peut en déduire qu'en tant que
dirigeants de la SAAQ ils devaient savoir que le dossier ne tournait pas rond
et qu'il était plus qu'improbable que les indicateurs soient au vert. Le
contraire, vous en conviendrez, serait étonnant, car les dirigeants d'organismes
publics ont la responsabilité d'effectuer les suivis et de poser les questions
qui s'imposent, d'autant plus que SAAQclic était le plus grand projet de l'organisme.
Dans le contexte où la Commission de l'administration publique leur demandait
un suivi spécifique de la réalisation de ce projet, ils avaient la
responsabilité de s'assurer de fournir la meilleure information possible pour
répondre aux préoccupations de la commission et non de ne donner que celle qui
faisait leur affaire.
Je ne tiendrai donc pas de constat clair
et précis quant au rôle des cinq personnes visées dans l'avis du leader de l'opposition
officielle, qui ont toutes exercé des fonctions importantes à la SAAQ à divers
moments. Comme le reconnaît notre jurisprudence, en pareilles circonstances,
seule une enquête peut déterminer les rôles, les pouvoirs et les
responsabilités des nombreux acteurs impliqués. C'est pourquoi je ne le ferai
pas à ce moment-ci afin de laisser toute la latitude aux parlementaires pour
examiner l'ensemble de cette affaire.
Les faits portés à ma connaissance,
toutefois, sont suffisamment graves pour constituer un outrage au Parlement à
première vue en ce qui concerne la société d'État elle-même. Non seulement la
SAAQ a transmis de fausses informations à la Commission de l'administration
publique, mais il m'apparaît que cela a été fait intentionnellement.
Les états de situation de la SAAQ envoyait... Je
reprends ma phrase. Les états de situation que la SAAQ envoyait à la commission
ne faisaient pas état des problèmes importants du projet et les omettait :
alors que certains indicateurs de performance et d'avancement étaient au vert dans
les documents destinés à la commission, ils étaient au jaune ou au rouge dans
ceux destinés au conseil d'administration. Le rapport du Vérificateur général
indique aussi que les communications à la commission ne faisaient pas état de
dépassements de coûts par rapport au contrat initial.
En transmettant des données d'avancement
fausses, inexactes ou embellies à la Commission de l'administration publique
alors que cette dernière était préoccupée précisément par l'avancement du
projet CASA/SAAQclic, la SAAQ ne pouvait ignorer qu'elle entravait le pouvoir
de contrôle de l'Assemblée. Elle savait ou aurait dû savoir que les
renseignements qu'elle transmettait à la Commission de l'administration
publique étaient incomplets, erronés ou trompeurs. Cela est d'autant plus vrai
qu'en correspondant par écrit avec la commission, la Société avait amplement le
temps de réfléchir avec soin à ses réponses et d'effectuer les recherches <requises...
La Présidente :
...temps
de réfléchir avec soin à ses réponses et d'effectuer les recherches >requises
pour donner la meilleure information aux parlementaires — elle ne peut blâmer
ici un témoignage oral non préparé et malhabile ou encore une erreur
administrative. Il est désolant de constater que la SAAQ et ses dirigeants
n'aient pas pris au sérieux les inquiétudes des parlementaires.
Par conséquent, au regard de l'ensemble de
ces éléments, je déclare la question soulevée par le leader de l'opposition
officielle recevable afin que l'Assemblée puisse aller au fond de cette
affaire. Je rappelle toutefois ce que la présidence a déjà affirmé dans une
décision le 19 mars 2015, et je cite :
«...lorsque la présidence rend une
décision sur la recevabilité d'une question de privilège, il faut se garder
d'interpréter cette décision comme une condamnation de qui que ce soit. Le fait
que la présidence déclare une question de privilège recevable n'équivaut pas à
dire qu'un outrage a été commis.» Fin de la citation.
J'ajoute que les sociétés d'État et les
organismes du gouvernement ne devraient jamais tenter d'éluder leur obligation
fondamentale de fournir à la Commission de l'administration publique des
renseignements fiables et véridiques, et ce, sans égard à l'embarras que
ceux-ci pourraient susciter. Il en va du respect du rôle des députés et de leur
capacité à exercer efficacement leurs fonctions. Je souhaite faire miennes les
observations suivantes de l'un de mes prédécesseurs, et je cite :
«Dans une démocratie parlementaire, le
rôle des élus est de contrôler les agissements de l'administration, et, pour ce
faire, ils doivent pouvoir compter sur des informations valides. Toute personne
qui travaille pour l'État a l'obligation de respecter l'Assemblée nationale,
son rôle et ses membres. Une personne qui manquerait à ce devoir commettrait un
des gestes les plus graves pour un serviteur public. Servir l'État et les élus
est une tâche noble qui comporte un degré de probité sans faille.» Fin de la
citation.
Cette citation est tout aussi d'actualité
qu'elle ne l'était en 2016, et il est primordial que la fonction publique
québécoise garde en tête l'importance de ses obligations envers les
parlementaires et plus largement envers l'institution qu'est l'Assemblée
nationale du Québec.
Pour la suite des choses, je souhaite
faire quelques rappels, étant donné que le leader de l'opposition officielle a
déjà annoncé son intention de présenter une motion en vertu des articles 70
et 324 du règlement.
D'abord, j'insiste ici sur le fait que la
présente question de privilège s'intéresse uniquement à la question de savoir
si la Commission de l'administration publique a été induite en erreur et non
aux autres éléments relevés dans le rapport du Vérificateur général quant à
l'octroi de contrats ou quant à l'utilisation des fonds publics, par exemple.
L'enquête qui pourrait découler de la présente décision devra donc se limiter à
l'objet de la violation de droit ou de privilège et à en déterminer, le cas
échéant, les responsables.
• (10 h 40) •
Ensuite, je souligne que l'Assemblée est
la seule compétente pour enquêter sur les atteintes à son autorité et à sa
dignité. Elle peut donc faire enquête parallèlement à la commission d'enquête
ordonnée par le gouvernement récemment. La règle du sub judice n'aurait pas
pour effet d'empêcher l'Assemblée ou la Commission de l'Assemblée nationale de
faire la lumière sur les faits troublants évoqués dans le rapport du
Vérificateur général au sujet de la Commission de l'administration publique. Si
cela est la volonté des parlementaires, le processus prévu à notre règlement
pourra suivre son cours, et ce, sans entrave extérieure.
Finalement, je souhaite rappeler à cette
Assemblée, tout comme l'a fait mon prédécesseur Jean-Pierre Saintonge, que la
présidence recommande fortement que des tiers visés par une question de
privilège soient entendus, et ce, même si le règlement ne l'exige pas. Il en va
du respect des principes fondamentaux de l'équité procédurale qu'une personne
puisse faire valoir ses observations avant d'être jugée sur ce qu'on lui
reproche.
Je vous remercie beaucoup pour votre
attention.
Oui, M. le leader de l'opposition
officielle, je vous écoute.
M. Derraji : Très rapidement,
Mme la Présidente. Je tiens à vous remercier pour cette importante décision que
vous venez de rendre, et sachez qu'il est de mon intention de poursuivre la
procédure jusqu'au bout et de demander à ce que la Commission de l'Assemblée
nationale fasse <enquête...
M. Derraji :
...la
Commission de l'Assemblée nationale fasse >enquête sur toute cette
affaire. C'est ce que vous venez de me le mentionner. Merci encore une fois,
Mme la Présidente.
Questions et réponses orales
La Présidente : Et nous en
sommes maintenant rendus à la période de questions et de réponses orales. Et,
pour ce faire, je cède la parole, en question principale, au chef de
l'opposition officielle.
Réforme du système de
santé
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la
Présidente, c'est la pagaille la plus complète dans le réseau de la santé.
C'est rendu un serpent à deux têtes : d'un côté, le ministère, et de
l'autre, l'agence de recouvrement Santé Québec. Les «top guns» ne se sont pas
entendus. Ce que l'on a constaté, c'est qu'on a plus de hauts dirigeants qui
nous coûtent deux fois plus cher, aux Québécoises et aux Québécois.
Le 22 mars dernier, dans La Presse,
l'admission était déjà claire par la P.D.G. de l'agence de recouvrement. Je la
cite : «Des compressions budgétaires faites dans l'urgence ont été moins
bien réfléchies et des postes de hauts dirigeants — dont on n'avait
même pas besoin — dont on n'avait pas besoin, après analyse ont été
créés.» Fin de la citation. Quel échec, Mme la Présidente. Et, pendant ce
temps-là, les patients et les patientes n'ont pas les services requis.
8 mars, dans La Presse, lettre
ouverte, cri du cœur, la Dre Isabelle Lamargese sonne l'alarme, elle est cheffe
de service de médecine nucléaire au CISSS de Lanaudière-Sud : En 2019,
nous avons investi 8 millions à l'Hôpital Pierre-Le Gardeur pour une
technologie de pointe, un scan pour évaluer la progression des cancers. Mais le
gouvernement n'avait jamais prévu le budget de fonctionnement, et
l'organisation du travail est déficient. Ce qui fait dire à Dre
Lamargerse : «Ces délais auront une incidence sur la survie des patients.
La détection précoce du cancer du poumon permet une diminution de la
mortalité.»
Que répond le ministre de la Santé?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Alors, Mme la
Présidente, je suis encore une fois très heureux de pouvoir faire les points
suivants.
Je pense que tout le monde reconnaît, Mme
la Présidente, que la transformation du réseau qu'on est en train de faire est
une tâche qui est titanesque. Et, Mme la Présidente, tout le monde reconnaît
aussi qu'on est en période de transition. Santé Québec a commencé en décembre
dernier. Alors, on est après quelques mois d'un processus de transition très
important.
Et on reconnaît aussi que chacun des deux
groupes, c'est-à-dire le ministère, qu'on est en train de transformer pour
qu'il se concentre sur les orientations, et Santé Québec, qui se concentre
maintenant sur les opérations... Qu'est-ce que ça veut dire, «les opérations»,
Mme la Présidente? C'est la santé physique, la santé mentale, c'est les
services sociaux. C'est en fait tous nos principes avec nos aînés.
Maintenant, Mme la Présidente, en
parallèle, Santé Québec fait un travail important en dehors de la transition
pour être capable, justement, de donner un service à nos patients. Et je
pourrais vous donner des exemples. On peut dire combien on réussit à baisser
des chirurgies de plus qu'un an depuis plusieurs mois.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : J'y reviendrai, Mme
la Présidente, parce que j'ai encore plusieurs exemples.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : La seule
transition, Mme la Présidente, qu'on voit, c'est la transition de ce mauvais
gouvernement là vers la sortie. On a-tu hâte aux élections en octobre 2026!
Pendant ce temps-là, sous ce régime-là,
caquiste, les gens meurent, Mme la Présidente, par manque de soins. Et j'en
veux pour preuve la lettre ouverte signée par Dre Lamergese, qui le
constate : «Ces délais auront une incidence sur leur survie. Par exemple,
la détection précoce du cancer du poumon permet de diminuer la mortalité.» Et
ça, c'est la faute du gouvernement.
Alors, la transition, c'est la sortie
d'octobre 2026.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Mais, très bien,
merci, Mme la Présidente, je vais continuer dans mes bons exemples.
Je pense que tout le monde reconnaît
l'amélioration des listes d'attente en chirurgie depuis plusieurs mois.
Deuxièmement, tout ce qui a été fait au
niveau du GAP. Je pense, tout le monde le reconnaît, on a maintenant
l'intelligence artificielle qui est installée dans 75 de nos GMF, qui baisse le
nombre de rendez-vous non pertinents. Tous les médecins le reconnaissent. On a
eu une augmentation de nos services au GAP. Il y a plus que 1 million de
patients qui ont maintenant accès au GAP, qui n'avaient même pas accès à un
médecin de famille il y a de ça un an.
Maintenant, pour les professionnels, pour
notre personnel, qu'est-ce que Santé Québec a réussi à faire? Regardez les
statistiques qui sont sorties cette semaine sur la main-d'oeuvre indépendante.
On a réussi l'objectif à se départir de main-d'oeuvre indépendante dans nos
quatre grandes régions...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Alors, on va
mettre de côté l'intelligence artificielle. On va lui demander d'avoir une
intelligence naturelle.
La Presse, 10 mars, l'Hôpital
Pierre-Le Gardeur, l'appareil pour scan d'évaluation des cancers, le
pneunologue... pneumologue... Dr Khalil a un patient qui a un cancer du poumon.
Il aurait dû être vu dans la semaine. Il a été vu, ça a pris cinq semaines. Dr
Khalil témoigne, je cite : «On voit que la maladie — dans son
cas — a progressé de façon significative. Ses chances de guérison sont
plus <faibles...
M. Tanguay :
...ses
chances de guérison sont plus >faibles à cause du délai.»
Il répond quoi au patient du Dr Khalil?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé : ...parce qu'on
s'est fait dire : Vous ne réussirez pas à avoir... à éliminer la
main-d'œuvre indépendante. On est en train de le faire. On a réussi non
seulement à éliminer la main-d'œuvre indépendante dans nos trois grandes
régions du Québec pour le moment, mais on a aussi été chercher
5 000 employés des agences pour revenir dans le réseau. C'est de ça
qu'on a besoin et c'est ça que Santé Québec est en train de faire. On entend
parler beaucoup de coupures de postes, mais qu'est-ce qu'on n'entend pas? C'est
que ces coupures de postes là sont pour remplacer des postes qui vont être
faits dans les heures défavorables, le soir et les fins de semaine. Et je
continue encore.
Toute cette réorganisation du travail,
qu'est-ce que ça veut dire pour nos employés? C'est moins de TSO...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...moins de temps
supplémentaire. Et je pourrais continuer encore longtemps.
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la
Présidente, le ministre de la Santé ne réalise pas que, sous sa gouverne, les
gens meurent, que ça ne marche pas. Son serpent à deux têtes, ça ne marche pas.
Il ne réalise pas ça?
Le Dr Khalil témoigne. Son patient, ses
chances de guérison sont plus faibles à cause du délai. Il y a le cancer du
poumon. Ils ont perdu un mois. C'est déterminant. Aujourd'hui, il en est réduit
à la chimiothérapie.
Le ministre, il répond quoi au patient du
Dr Khalil?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Mme la Présidente,
j'ai dit souvent, au cours des derniers mois, parce que cette question-là
revient souvent, les cas qui nous sont cités ici, on a souvent beaucoup
d'empathie, et je le reconnais, que la situation est difficile. Mais de dire
qu'il n'y a pas d'amélioration, c'est ne pas reconnaître l'évidence même, Mme
la Présidente. Nous soignons environ 125 000 personnes tous les jours
dans le réseau de la santé, nos aînés, dans nos hôpitaux, dans nos CHSLD, dans
les consultations avec les spécialistes, avec les médecins, avec les omnis,
plus de 125 000 personnes. C'est sans compter les
400 000 personnes que nous soignons en soins à domicile.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : Est-ce qu'il peut y
arriver des fois où on ne l'a pas fait correctement? La réponse, c'est oui,
mais on continue...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Pontiac.
Délais d'attente pour
des traitements contre le cancer
M. André Fortin
M. Fortin :Je ne sais pas dans quel monde vit le ministre de la Santé,
parce qu'à l'extérieur des quatre murs de l'Assemblée, là, il y avait des gens
aux quatre coins du Québec qui manifestaient hier contre les compressions, la
centralisation, les fermetures de services. Les échecs du ministre de la Santé,
là, ils sont nombreux puis ils ont des conséquences directes sur les patients.
En février 2022, Mme la Présidente, il y
avait 383 patients atteints de cancer qui attendaient une chirurgie depuis
plus de deux mois, ce qui est médicalement inacceptable et franchement
inhumain. En 2023, ils étaient 480. L'année passée, ils étaient 485. Cette
année, ils sont 577. Derrière des chiffres, là, il y a des gens, il y a des
parents, il y a des grands-parents, il y a des enfants, il y a des Québécois
qui se sentent lâchés par le système. Ils se sentent abandonnés par le
gouvernement et ils ne comprennent pas les délais déraisonnables.
• (10 h 50) •
Mme la Présidente, il n'y a personne, là,
personne au Québec qui devrait être sur cette liste-là, personne ne devrait
attendre deux mois pour une chirurgie de cancer. Pourquoi le ministre échoue à
améliorer la chose?
La Présidente : Je vous fais
remarquer que votre tableau n'est pas didactique, compte tenu de la mention au
bas. La réponse du ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Mme la Présidente,
toutes ces données-là que le député de Pontiac utilise sont déjà dans nos
tableaux qu'on a décidé de rendre publics pour être capable de montrer
l'amélioration que l'on fait dans le réseau. Dans certains cas, il y a des
augmentations pour des raisons, soit, saisonnières, manque de médecins, il y a
une foule de raisons. Mais il y a une chose qui est importante, Mme la
Présidente, c'est que ces changements-là qu'on est en train de faire,
globalement, ont des bénéfices, je l'ai dit tout à l'heure. Lorsqu'on a
commencé, il y a plusieurs années, il y avait, après la pandémie,
23 000 personnes qui étaient en attente d'une chirurgie de plus qu'un
an. Les dernières statistiques, la semaine dernière, montraient environ
7 000 personnes. Ça, c'est 66 % de réduction juste dans les
chirurgies de plus qu'un an.
Alors, je comprends très bien que le
député de Pontiac va chercher certaines données, mais l'ensemble de nos opérations
est en train de s'améliorer. Je sais que c'est difficile dans certains cas,
particulièrement dans certaines régions, mais c'est le rôle de Santé Québec de
s'assurer que, globalement, on s'améliore, et on met l'attention sur certaines
régions quand nos gestionnaires ont plus de difficultés pour un ensemble de
raisons.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :Mme la Présidente, ça fait trois ans qu'on a la même
discussion avec le ministre de la Santé, qu'on lui pose la même question sur
les patients atteints de cancer. Pas personne d'autre, là, juste les patients
atteints de cancer. Ces gens là, ils ont fait des pieds et des mains pour avoir
un rendez-vous avec un< médecin...
M. Fortin :
...des mains pour avoir un rendez-vous avec un >médecin.
Ils ont attendu sur la liste pour avoir... pour voir un spécialiste. Ils ont
attendu pour l'imagerie. Ils ont attendu pour voir un chirurgien. Puis là ils
attendent depuis deux mois pour voir un chirurgien.
S'il y a une fois, dans leur vie, où ils
ont besoin du gouvernement, c'est celle-là. Pourquoi c'est pire d'année en
année?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Mme la Présidente,
je fais excessivement attention lorsqu'on est en train de travailler et de
négocier avec ma collègue au... présidente du Conseil du trésor, justement,
avec nos deux fédérations de médecins, notamment avec les spécialistes. C'est à
ça que réfère le député de Pontiac. Je vais être excessivement prudent dans mes
commentaires aujourd'hui parce que nous sommes en négociation, mais j'aimerais
simplement dire aux Québécois qui nous écoutent que, cette préoccupation, nous
l'avons. Nous voulons que les chirurgiens puissent pratiquer. Nous voulons que
les chirurgiens puissent pratiquer les soirs et les fins de semaine. Il y a des
discussions qui sont en cours en ce moment, qui n'ont pas été réglées et qui,
j'espère, vont se régler dans les prochaines semaines par la négociation.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. André Fortin
M. Fortin :Ça fait sept ans qu'ils sont en place, là, il nous
dit : Maintenant, on a une négociation. Les patients, là, ils savent que,
de jour en jour, leur cancer, il prend de l'ampleur. Ils savent que, de jour en
jour, ils se rapprochent d'être obligés de faire de la radio puis de la chimio.
Ils savent qu'il peut y avoir à chaque jour des conséquences irréversibles qui
se dessinent. Ils ont peur, Mme la Présidente, de mourir. Et leurs parents,
leurs enfants, leurs amis, eux aussi, ils ont peur, Mme la Présidente, et il
n'y a rien qu'ils peuvent faire, à part compter sur le gouvernement.
Pourquoi on tolère l'intolérable?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Mme la Présidente,
j'ai dit que je serai très prudent dans mes commentaires, ce matin, concernant
ce qui se passe avec les négociations avec les médecins. Je rappelle aux
Québécois que l'entente avec les deux fédérations, elle est échue depuis le 1er avril
2023. Nous sommes en 2025, et les négociations ont toujours cours. Alors, Mme
la Présidente, vous comprendrez que ce qu'on peut faire dans nos établissements
pour améliorer les conditions qui ne sont pas dépendantes des ententes, nous le
faisons. Je pense qu'on aura des leviers supplémentaires, lorsque cette
négociation-là sera terminée, pour être capable de faire avancer nos dossiers,
dont le rattrapage des chirurgies...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...dont j'ai parlé
tout à l'heure. Merci beaucoup.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Jeanne-Mance-Viger.
Retard dans la
réalisation de certains projets d'infrastructure
Mme Filomena Rotiroti
Mme Rotiroti : Merci, Mme la
Présidente. On pouvait lire dans le journal La Tribune, le 21 mars
2025 : «On annonce des pelletées de terre, mais on ne creuse pas. On
promet des investissements, mais la facture n'arrête pas d'augmenter.» C'est ça
qui se passe au Québec depuis que la CAQ est en charge. Les dépassements de
coûts et les retards sont monnaie courante dans nos grands projets
d'infrastructure.
En 2020, la CAQ s'est donné le projet de
loi n° 66 dans le but d'accélérer les projets d'infrastructure au Québec.
Cinq ans plus tard, sur 180 projets, seulement 42 ont été livrés. Ça,
c'est 23 % des projets qui ont été réalisés. On est loin de la note de
passage, Mme la Présidente. Faites le calcul, c'est 140 projets non
réalisés. L'impact est réel sur le terrain, et les Québécois n'ont pas les
services. C'est un échec.
Mme la Présidente, ma question est simple
au ministre des Infrastructures : C'est comme ça que les «big things get
done» à la CAQ?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Infrastructures.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, Merci, Mme
la Présidente. Effectivement, on a pris des mesures pour accélérer les projets
d'infrastructure au moment où on avait la pandémie. Et, naturellement, là, ma
collègue au Trésor, c'était un geste qui était pertinent et nécessaire. Et ce
que ça permettait, c'est de donner des mesures pour les projets. Ce n'était pas
une obligation de les prendre, mais une panoplie de projets pouvaient
bénéficier de mesures d'accélération, et certains d'entre eux en ont bénéficié.
Maintenant, quand on regarde les projets
qui sont réellement livrés au Québec... parce que j'entends des choses,
j'entends que le Plan québécois des infrastructures, c'est un stationnement,
les projets n'avancent pas, on ne livre pas les projets. Bien non, ce n'est
pas... ce n'est pas la vérité, Mme la Présidente.
Ça, c'est l'historique, l'historique des
investissements. Ce n'est pas les investissements à venir. Ça, c'est le Plan
québécois des infrastructures, 164 milliards, c'est à venir dans les
10 prochaines années. Ça, c'est ceux qui ont été effectivement réalisés
pour des infrastructures publiques au Québec, en rattrapage, en maintien
d'actif, en santé, éducation, réseau routier et tous les autres secteurs. Quand
on est arrivés, les libéraux livraient 9,1 milliards d'infrastructures...
La Présidente : En terminant.
M. Julien : ...l'an dernier,
on va avoir livré 19,4, plus que le double.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Filomena Rotiroti
Mme Rotiroti : Merci, Mme la
Présidente, mais parlons des projets, M. le ministre, que vous avez mis dans le
projet de loi, qui étaient supposés être accélérés avec le p.l. no 66,
l'hôpital... l'agrandissement de l'Hôpital de La Malbaie depuis 2019,
l'agrandissement du bloc opératoire Chicoutimi depuis 2021, la construction de <l'école...
Mme Rotiroti :
...la
construction de >l'école à L'Île-des-Sœurs depuis 2019, et j'en passe,
Mme la Présidente, parce que le temps file, mais j'ai une liste, là, qui est
assez longue.
Est-ce que le ministre est fier de son
bilan?
La Présidente
: Et je
vous rappelle, Mme la députée, que vous posez votre question, aussi, à la
présidente. La réponse du ministre.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Oui, Mme la
Présidente. LACPI, qu'on appelle la loi, en fin de compte, qui a permis
l'allègement de certains éléments pour que les projets avancent plus
rapidement, c'est également pour la planification préalable aux projets, des
mesures sur l'environnement, des mesures qui nécessitent, avant la réalisation
des projets, qu'on puisse y mettre des allègements. Encore là, on permet aux
projets de bénéficier de ces allègements-là, et plusieurs le font.
Mais, si on revient sur le bilan des
réalisations de notre gouvernement, je vous ai montré l'augmentation des
investissements, là, c'est plus que le double. Parce qu'effectivement l'incurie
du Parti libéral dans ses années, qui à la fois n'investissait pas assez en
bonification, mais surtout en maintien d'actif...
La Présidente
: En
terminant.
M. Julien : ...a fait en
sorte qu'on a eu un parc immobilier totalement détérioré. On répare les pots
cassés.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
Mme Filomena Rotiroti
Mme
Rotiroti
:
Merci, Mme la Présidente. Écoute, on parle d'allègement, ils se sont donné un
projet loi pour que les projets vont plus vite. 23 % de ces projets-là
sont réalisés. Il est fier de cette note-là? 23 %, M. le ministre, puis
vous êtes capable de vous lever pour vous vanter aujourd'hui en Chambre? Je
vous répète, 140 projets qui n'ont pas été réalisés, le bilan de la CAQ,
c'est un échec total.
Pourquoi la CAQ s'engage-t-elle à faire
des projets qu'ils sont incapables de réaliser?
La Présidente
: Et je
vous rappelle que vous vous adressez à la présidence. La réponse du ministre.
M. Jonatan Julien
M. Julien : Mme la
Présidente, vous savez comment je suis respectueux. Alors, je reviens juste
dire que le Parti libéral n'investissait pas en infrastructures et n'ont pas
fait de maintien d'actif. Et, quand j'entends des soupirs... 9,1 milliards
d'investis à votre dernière année au pouvoir, 19,4 milliards investis
cette année. Alors, certains diraient : Bien oui, mais vous ne livrez pas
des projets. Depuis qu'on est au gouvernement, la CAQ a livré 291 projets
de plus de 20 millions, mis en service. Ça, là, en santé, en éducation,
les écoles, en travaux routiers. On en fait plus que jamais. Mais c'est vrai
qu'ils nous ont laissé un fouillis, et ça va prendre un certain temps de
rétablir les...
Des voix : ...
La Présidente
: Ah! c'est
un peu bruyant, là. Chut, chut! Je vais vous identifier les uns après les
autres.
Des voix : ...
• (11 heures) •
La Présidente
: S'il
vous plaît! Il y a une seule personne qui a le droit de parole ici. Mme la
députée. Une seule personne a le droit de parole ici, et je veux l'entendre,
c'est la cheffe du deuxième groupe d'opposition.
Rémunération des hauts
dirigeants de Santé Québec
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme
la Présidente. La CAQ est arrivée au pouvoir en promettant du changement, moins
de bureaucratie, moins de gaspillage, plus d'efficacité. Le premier ministre se
vantait d'avoir une équipe de gestionnaires chevronnés, qui vient du monde des
affaires, puis eux autres, ils savent comment ça marche, là, toutes les
affaires. Puis eux autres, là, ils l'ont.
Le premier ministre et son ministre nous
disaient qu'ils allaient se servir des meilleures pratiques du privé pour les
appliquer dans le système de santé. Bien, c'est exactement ça qu'a fait la CAQ,
Mme la Présidente. Ils ont appliqué les pratiques du privé en santé. Mais moi,
je pensais que c'était pour offrir plus de services à la population, des
services plus efficaces, plus rapides. Je pensais que c'était pour augmenter la
rétention du personnel. Bien non, on s'est tous trompés. Finalement, s'inspirer
du monde des affaires, pour la CAQ, c'est sortir le chéquier pour attirer des
«top guns». S'inspirer du privé, c'est penser que, parce que tu paies quelqu'un
plus cher, cette personne-là va être plus productive puis elle va offrir bien
plus de résultats. Le ministre a promis de shaker les colonnes du temple. Tout
ce qu'il shake, c'est le portefeuille des «top guns» de Santé Québec. Les
salaires des hauts dirigeants sont passés de 3,7 millions de dollars à
7 millions de dollars. C'est presque le double, Mme la Présidente. Pendant
ce temps-là, bien, les Québécois, ils n'ont pas plus de services.
C'est ça, la refondation du système de
santé qui a été promise par le ministre?
La Présidente
: La
réponse du ministre de la Santé.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Alors, écoutez,
Mme la Présidente, je vais répondre pour la santé, mais, en termes
d'introduction, j'aimerais demander à la cheffe... la cocheffe, pardon, de la
deuxième opposition de m'expliquer si elle est contre les augmentations de
salaire qu'on a données en éducation, en santé, à tout notre personnel, parce
qu'elle est contre les augmentations de salaire. Alors, je veux juste bien
comprendre, avant de répondre spécifiquement sur la santé, s'il y a un problème
avec les augmentations de salaire lorsqu'elles sont requises. Vous lui poserez
la question.
Deuxièmement, pour revenir à la question
de la santé, on a eu un bel exemple, Mme la Présidente, avec ce que vous nous
avez cité, là, dans votre opinion sur SAAQclic, comment il est difficile de
gérer correctement des dossiers d'informatique. Moi, j'ai eu connaissance de
dossiers d'informatique quand j'ai pris la <Santé...
>
11 h 01 (version non révisée)
M. Dubé : ...le dossier d'informatique
quand j'ai pris la Santé où je me suis dit : C'est inacceptable la façon
dont nos dossiers informatiques sont gérés. Qu'est-ce qu'on a fait avec ça
anti-Québec? On est allé chercher des personnes excessivement compétentes qui
sont capables de gérer des projets de cette importance-là, qui sont capables de
les prendre au début jusqu'à la fin.
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : Je pourrai
continuer, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, le ministre n'a pas perdu de temps pour créer une catégorie toute
spéciale pour ses «top guns». J'aimerais ça qu'il regarde en pleine face les
éducatrices en CPE qui sont dans la rue aujourd'hui puis qu'il leur justifie sa
décision d'augmenter ses «top guns», qu'il se justifie auprès des dizaines de
milliers de femmes qui attendent depuis 10 ans leur chèque pour l'équité
salariale. Quel message la CAQ envoie à toutes ces femmes? Auraient-ils le
courage de regarder ces femmes en pleine face, puis de leur dire pourquoi il
considère que ses «top guns» ont plus de mérite? Je pose la...
La Présidente : La réponse
du... non, la réponse de la présidente du Conseil du trésor.
Mme LeBel : Oui, Mme la
Présidente. Je pense qu'on va remettre les choses en ordre, là. Ce
gouvernement-ci a fait plus pour les femmes qui sont des travailleuses de l'État,
quand on parle de la santé, l'éducation et les CPE, que tous les gouvernements
réunis ici, en face, dans les dernières années.
Ceci étant dit, plus particulièrement sur
ce qui se passe avec les CPE et la CSN, le règlement, il est à portée de la
main du syndicat, et l'effet, pour les éducatrices sur le terrain, est à portée
de la main. Ce sont de bonnes conditions de travail qu'on offre, et qui ont été
acceptées par les deux autres syndicats. Je les invite à régler rapidement, c'est
prêt.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ghazal : Mme la
Présidente, ma question s'adresse au ministre de la Santé sur l'augmentation de
salaire de ses «top guns» à lui de 89 %. On n'aurait jamais chialé s'il
avait donné cet argent-là aux femmes qui attendent, qui sont dans la rue
aujourd'hui pour défendre, qui s'occupent de nos enfants. Avec cet argent-là,
on aurait pu en faire des choses, sauver des unités en santé mentale qui ferme
en Abitibi, à Québec, sauver les unités d'obstétrique sur la Côte-Nord et en
Gaspésie, ouvrir le bloc opératoire de l'urgence à La Tuque. J'aimerais
entendre le ministre répondre à ces gens-là.
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Dubé : Oui. Bien, oui,
certainement, Mme la Présidente. Dans les personnes, dans les gestionnaires,
avec grande expertise qu'on est allé chercher, Mme la Présidente, il y a
plusieurs femmes. Est-ce que c'est un reproche qu'on nous fait d'être allé
chercher des femmes d'expérience dans la gestion de Santé Québec? Je pense à la
présidente, Mme la Présidente. Je pense à la responsable de l'informatique dont
je parlais tout à l'heure, qui est une femme excessivement compétente, qu'on
est allés chercher. Je pense à la personne qui est responsable de tous les
systèmes d'information des finances qui, pour la première fois, est capable de
nous sortir des états financiers mensuels pour qu'on puisse voir l'amélioration...
La Présidente : En terminant.
M. Dubé : ...d'un réseau qui
dépense 1 milliard par semaine. On est allé chercher des gens
excessivement compétents.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Cliche-Rivard : Mme la
Présidente, pendant que le ministre enchaîne les déclarations en affirmant qu'il
a aidé un nombre record de personnes à sortir de la rue. Sur le terrain, c'est
tout autre chose, la cohabitation dans le métro est au point de rupture, les
campements débordent, l'itinérance n'a jamais été autant visible. Comment on
explique ça, Mme la Présidente? C'est parce que le ministre ne tient pas
compte, dans son calcul, de tous ceux et celles qui ont été jetés à la rue en
raison des politiques de la ministre de l'Habitation qui, elle, refuse de
contrôler les hausses de loyer au Québec, des hausses de loyer de 50 %,
60 %, des fois 600 $ de plus par mois. Qu'est-ce qu'on fait quand on
ne peut plus les payer? Eh bien, on se retrouve à la rue. Mme la Présidente, j'ai
une demande ce matin :
Est-ce que le ministre des Services
sociaux peut enfin parler à sa collègue de l'Habitation pour que la CAQ arrête
une fois pour toutes de tirer dans la chaloupe? Le monde actuellement en logement,
là, on peut-tu les garder dans leur logement? Il me semble que ce n'est pas
compliqué.
La Présidente : La réponse de
la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau : Merci, Mme la
Présidente. Mais je pense que je vais répéter ce que je répète depuis plusieurs
semaines dans cette Chambre, la vraie solution à la crise du logement et aux
situations qui sont décrites par mon collègue de l'opposition, c'est d'augmenter
l'offre de logements. Je sais que ça ne fait pas plaisir, là, d'entendre ça,
mais c'est ça, la solution. On peut se conter toutes sortes d'histoires, on
peut essayer de légiférer de toutes sortes de manières, la vraie solution, c'est
d'augmenter l'offre, puis c'est ça sur quoi on travaille. Plus de 6 milliards
depuis qu'on est en poste pour s'occuper des gens, autant de la brique que des
gens vulnérables. Plus de 24 000 unités en construction. On multiplie les
approches. Avant, on se cantonnait dans un seul programme de subvention tout à
fait inefficace, qui n'a rien donné pendant des années. 15 000 unités
accumulées par les gouvernements précédents. Un arrérage qui ne sortait pas de
terre. Tout ça sort de terre, Mme la Présidente...
11 h 06 (version non révisée)
Mme Duranceau :
...qui
ne sortait pas de terre. Tout ça sort de terre, Mme la Présidente. On a ajouté
plusieurs dizaines de milliers... plusieurs milliers d'unités par-dessus ça. On
est à 23 000, 24 000, dont 6 000 cette année, 9 000 l'année
prochaine. Et les choses bougent. Puis je pense que c'est ce qui ressort du
terrain aussi.
La Présidente
:
En terminant.
Mme Duranceau :
Alors,
Mme la Présidente, bien ouverte à entendre des solutions de la part de...
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Cliche-Rivard :
Mme
la Présidente, ça tourne en rond, là : les loyers montent, le monde ne
peut plus se les payer, se retrouve à la rue, le ministre des Services sociaux
sort un programme ou le bonifie, heureusement, les gens retournent en logement,
sauf que, qu'est-ce qui arrive, les loyers montent, ils ne sont plus capables
de se les payer, se retrouvent à la rue, et ainsi de suite.
La question est claire : Quand est-ce
qu'on arrête ce cercle vicieux, Mme la Présidente?
La Présidente
:
La réponse de la ministre responsable de l'Habitation.
Mme Duranceau :
Alors,
on est... on est le gouvernement qui a aidé aussi les gens les plus vulnérables
sur le plan financier. On a remis de l'argent dans les poches des
contribuables. Ça, ça aide à payer le loyer, ça aide à payer l'épicerie.
Par ailleurs, Mme la Présidente, je le
répète, on multiplie les programmes, on multiplie les façons d'intervenir pour
sortir du logement plus rapidement.
C'est sûr que, si les gouvernements
précédents s'étaient occupés de ça, puis que c'était un dossier qui avait été
important pour eux, on n'en serait pas là. Mais là, aujourd'hui, on a une
approche qui est systématique, qui a été chirurgicale. On est efficaces dans la
façon de déployer l'argent.
La Présidente
:
En terminant.
Mme Duranceau :
Et
puis surtout on veut en faire le plus possible avec le dollar qui est investi.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Cliche-Rivard :
Mme
la Présidente, la ministre nous parle de programmes d'aide, mais c'est
confusion totale entre les deux ministres sur la question du Programme de
supplément au loyer supposé permettre aux plus vulnérables de payer leur
logement et sortir de la rue. Aux États généraux sur l'itinérance, la ministre
de l'Habitation avouait que l'argent du programme n'avait pas été tout utilisé
en raison de ses critères trop sévères. Or, en crédits, la semaine dernière, le
ministre des Services sociaux, lui, nous a dit le contraire. Ah bien! Confusion
totale.
Mme la Présidente, de savoir que le
ministre des Services sociaux et que la ministre de l'Éducation...
La Présidente
:
La réponse du ministre des Finances.
M. Girard (Groulx) :
Oui, Mme la Présidente. Alors, notre collègue aime les faits, je l'invite à
consulter la page C-53 du budget qui parle du Programme de supplément au
loyer et du Programme d'allocation logement. Alors, il y avait 96 000 unités
en 2021-2022, nous en sommes maintenant à 179 000 unités. Et c'est
pour ça qu'on travaille sur la construction de logements. Mais, lorsqu'il n'y a
pas de logement, on les aide à payer le loyer. Et, dans le dernier budget, il y
avait 1 000 unités supplémentaires avec les soins justement pour les
personnes en situation d'itinérance. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente
:
En question principale, je reconnais maintenant le député de Jean-Lesage.
M. Zanetti :
Merci,
Mme la Présidente. Environ 8 % de la musique écoutée sur les plateformes
en ligne au Québec est francophone. Et, quand on prend les 10 000 chansons
les plus écoutées, c'est à peu près 5 % qui est de la musique québécoise.
Si on ne fait rien pour améliorer drastiquement la découvrabilité de notre
musique, qu'est-ce qu'il va advenir de notre culture distincte et de notre
identité?
Il y a une initiative extraordinaire qui a
été développée par la Société des auteurs-compositeurs du Québec. Il s'agit de
musique.ca. C'est une solution superaccessible, gratuite, efficace,
extraordinaire. J'invite d'ailleurs tous les députés à installer le lien sur
leur téléphone pour l'essayer. Vous allez découvrir de la musique
extraordinaire. Mais là, le ministre les laisse tomber, le ministre de la
Culture. Musique.ca a besoin d'argent pour promouvoir et faire rayonner leur
plateforme et faire découvrir la musique québécoise francophone. Et le musique
refuse de les... le ministre, pardon, refuse de les financer. C'est quoi
exactement, la logique? Ça coûterait à peu près 400 000 $ par année.
Est-ce que le ministre s'engage à les
soutenir?
La Présidente
:
La réponse du ministre de la Culture et des Communications.
M. Lacombe :
Merci,
Mme la Présidente. Bien, d'abord, merci au collègue de poser cette question sur
la découvrabilité des contenus culturels en ligne. C'est un sujet qui m'intéresse
beaucoup. J'en ai fait mon cheval de bataille depuis que je suis arrivé en
poste en 2022, notamment le projet de loi sur lequel on est en train de
travailler, qui sera une première au Québec, donc s'assurer d'assumer
pleinement notre champ de compétence en culture aussi dans l'univers numérique,
alors que de plus en plus, les gens consomment de la musique, comme notre
collègue de Jean-Lesage vient de le mentionner, sur les différentes
plateformes.
C'est une exceptionnelle initiative dont
parle notre collègue aujourd'hui. D'ailleurs, c'est pour cette raison-là qu'on
l'a soutenue déjà, qu'on la soutient depuis le départ. Elle a été rendue
possible grâce à un agent de développement numérique qui travaille dans l'organisme
en question, qui a été financé par le gouvernement. Il y a eu aussi du
financement qui a été...
11 h 11 (version non révisée)
M. Lacombe : ...offert au
démarrage. Maintenant, on est dans une phase où on regarde comment tout ça est
en train de se dérouler. Évidemment, il y a beaucoup de projets culturels au
Québec. On les soutient, on regarde comment tout ça va se poursuivre. Et, par
la suite, si c'est véritablement un succès, comme les indices semblent nous le
laisser deviner, on sera au rendez-vous pour continuer...
La Présidente : En terminant.
M. Lacombe : ...de les
épauler.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Zanetti : Bon, le
ministère a soutenu un salaire, le CALQ a donné 100 000 $, ce n'est
pas grand-chose, ça a permis de faire quelque chose d'extraordinaire. Et là, ce
qui est paradoxal, c'est que, pour que ça marche, il faut faire rayonner la
patente. Et là c'est comme s'il disait : Rayonnez, puis, si vous rayonnez,
on va vous soutenir pour que vous rayonniez. 400 000 $ par année pour
trois ans, c'est ce qui est demandé. Les millions pleuvent pour les entreprises
au Québec, souvent des entreprises étrangères. Puis là, pour la culture, tout à
coup, 400 000 $, ça a l'air d'être trop.
La Présidente : ...réponse du
ministre.
M. Lacombe : Mme la
Présidente, je vois que mon collègue est bien informé, donc je trouve que c'est
admirable. Donc, il voit bien qu'on est présent depuis le début du projet. Si
nous n'avions pas subventionné l'agent de développement numérique qui a
travaillé là-dessus, le projet n'existerait pas aujourd'hui. Si le Conseil des
arts et des lettres n'avait pas offert un 100 000 $ pour le démarrage
du projet, ça n'existerait pas aujourd'hui. Mme la Présidente, il y a plusieurs
projets partout au Québec. Celui-ci en est un, en est un bon. C'est la raison
pour laquelle on était là dès le départ, c'est la raison pour laquelle on
continue de regarder ça et qu'on sera au rendez-vous si c'est véritablement un
succès. Il y en a d'autres aussi, je pense à la Vitrine culturelle, par
exemple, qui était auparavant à Montréal, qui s'est étendue partout au Québec,
où on peut fédérer toute l'offre culturelle qui est offerte sur le territoire
québécois...
La Présidente : En terminant.
M. Lacombe : ...sur une seule
et même plateforme. On est présent sur le terrain, Mme la Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Zanetti : Mme la
Présidente, l'argent que les ministères et que le CALQ y ont mis va être perdu
si, maintenant, on ne les soutient pas pour faire rayonner l'affaire. Il faut
que ça continue. C'est là, il faut que, les gens, on puisse continuer à faire
exister ça, qu'il y ait des nouvelles listes de lecture qui soient créées, que
la chose puisse être découverte, sinon on va perdre ce joyau-là. Et, par
rapport au projet de loi sur la découvrabilité, justement, ça fait un an que le
rapport a été... a été déposé. À quand le projet de loi? Est-ce qu'on peut s'attendre
à un dépôt d'ici la fin avril?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Lacombe : Mme la
Présidente, l'échéance ne change pas. Donc, j'avais pris un engagement au
moment du dépôt du groupe d'action sur... du rapport du Groupe d'action sur l'avenir
de la langue française. Donc, on tient... on maintient cet engagement-là. Donc,
Mme la Présidente, on ira de l'avant, mais sinon je répète à mon collègue ce
que je viens tout juste de lui dire sur MUSIQC, on continue de regarder comment
tout ça va. Évidemment, des projets, il y en a beaucoup au Québec. On ne peut
pas tous les financer à 100 % dès le départ. On les a financés pour le
démarrage, on regarde comment tout ça va se dérouler, mais, mon équipe et moi,
on garde un œil là-dessus, parce que c'est vrai que c'est un bon projet.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau : Merci, Mme la
Présidente. L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont tient littéralement avec de la
broche. On parle de le moderniser depuis une bonne douzaine, une bonne
quinzaine d'années. La CAQ s'y est d'ailleurs engagée deux fois plutôt qu'une,
d'abord en août 2021 puis, en septembre 2023, c'était réglé, début des
travaux, automne 2024. Après des mois d'incertitude, là, au cours de l'automne
dernier, dus aux coupures en santé, on s'attendait au moins à des
développements lors du dépôt du budget de la semaine dernière. Coup de théâtre,
HMR est toujours en phase de planification. Pas de travaux prévus. Pourquoi? On
ne sait pas trop. L'échéancier, inconnu, et le ministre de la Santé refuse
toujours de se commettre pour l'avenir. La CAQ a donc fait le choix de renier
sa parole, de débuter les projets de rénovation dans les plus courts délais. On
sait d'ailleurs que, du côté de l'hôpital et de la SQI, on est fin prêt pour
les premiers appels d'offres.
Mme la Présidente, pendant que le ministre
se défile, est-ce que la députée de Pointe-aux-Trembles peut se lever et
justifier la décision du gouvernement?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Dubé : Alors, Mme la
Présidente, j'ai eu l'occasion plusieurs fois dans les derniers jours de
revenir sur l'hôpital Maisonneuve-Rosemont et j'en remercie mes collègues,
parce qu'il est important de préciser des choses à ce sujet-là. Premièrement,
nous avons répété, j'ai été très clair, ce projet-là va arriver le plus
rapidement possible. Notre ministre responsable aux Infrastructures a bien
expliqué combien d'argent est disponible en ce moment dans nos différents
secteurs. Mais ce qu'on a pris comme décision au cours des dernières semaines,
c'est de s'assurer au moins que nos projets qui s'étaient commencés... parce
que, par exemple, en santé, pour ce qui nous concerne, il y avait énormément d'hôpitaux
qui avaient besoin d'être terminés, parce que les conditions des études étaient
inacceptables dans plusieurs cas, comme c'est le cas à Maisonneuve-Rosemont. La
différence avec Maisonneuve-Rosemont, tu sais, lorsque l'on commence, les
montants en cause sont très grands. Alors, il faut s'assurer qu'on...
11 h 16 (version non révisée)
M. Dubé : ...on a la place au
PQI pour être capables de faire ce projet-là. Alors, ce qu'on a décidé de
faire. C'est de faire les projets qui étaient en cours et d'essayer de trouver
des solutions le plus rapidement possible pour être capables de commencer
Maisonneuve-Rosemont.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Arseneau : Mme la
Présidente, je constate que la députée de Pointe- aux-Trembles ne se lève pas
pour défendre la décision de son gouvernement de ne pas défendre les citoyens
de l'Est de Montréal pour qu'ils aient un établissement adéquat. J'en comprends
qu'elle est d'accord avec la décision. Mais pour le ministre de la Santé,
j'aimerais savoir, là, avec ce qu'il vient de nous expliquer, à quand est-ce
qu'on remet le projet de rénovation de l'hôpital.
Est-ce qu'il peut nous donner le début du
commencement d'un échéancier pour les appels d'offres?
La Présidente : Et je vous
rappelle, M. le député, que le gouvernement répond par la voie de son choix. Il
s'agit du ministre de la Santé.
M. Dubé : Merci beaucoup, Mme
la Présidente. Moi, j'ai demandé quelques fois, cette semaine, à un des députés
qui me posait la question puis je vais le redemander au député des
Îles-de-la-Madeleine : Quels sont les projets en santé qu'il faudrait
couper que nous réalisons en ce moment — je vais vous donner des
exemples — pour être capables de dire qu'on pourrait commencer demain
matin Maisonneuve-Rosemont avec le budget que nous avons dans le PQI? Est-ce
qu'on devrait arrêter Vaudreuil-Soulanges, où nous allons mettre, cette année,
737 millions? Est-ce qu'on devrait arrêter l'Hôpital de l'Enfant-Jésus,
qui est en train de se terminer, pour 177 millions? Est-ce qu'on devrait
arrêter l'Hôpital LeGardeur qui, enfin, a un projet important, avec 240 lits?
Est-ce qu'on devrait arrêter la Maison Marie-Leber? Est-ce qu'on...
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Arseneau : Mme la
Présidente, ce sont ses engagements, ses promesses de réaliser ces projets-là.
D'ailleurs, dans une entrevue, hier, à LCN, le ministre de la Santé a dit qu'il
manquait d'argent, oui, pour remplir un paquet de ses promesses puis qu'il n'y
a pas que HMR, et qu'il allait préparer, qu'il préparait d'autres annonces
d'autres projets d'infrastructures qu'on ne va pas réaliser à la CAQ.
Mme la Présidente, on a combien encore de
promesses caquistes qu'on a décidé de renier en raison de la mauvaise
planification et de la mauvaise gestion de ce gouvernement?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Dubé : Savez vous, Mme la
Présidente, ce serait très tentant pour moi, vraiment très tentant, quand j'ai
entendu... de dire qu'on a choisi des projets où c'est un député de la CAQ...
je serais tenté de répondre. Mais je pourrais aussi vous donner des exemples de
tous les projets que nous réalisons, en ce moment, qui sont dans des comtés qui
ne sont pas de la Coalition avenir Québec. Et alors, Mme la Présidente, si on
veut jouer cette partie-là, ça peut se jouer à deux.
Nous sommes très, très, très responsables
de faire les projets qui sont importants. Maisonneuve-Rosemont, Mme la
Présidente, c'en est un. J'y ai été souvent, il y a un besoin important. Nous
sommes à trouver une solution pour être capables de faire Maisonneuve-Rosemont.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Mme la Présidente, avec le projet de loi n° 89, le
ministre du Travail veut modifier le Code du travail en se basant sur des
concepts nébuleux, malléables, ouvrant la porte à l'arbitraire. Au-delà de ce
qu'il y a dans le projet de loi n° 89, je ne peux pas croire qu'il a
présenté son projet de loi et son idée au caucus, en comité ministériel, au
Conseil des ministres, puis que personne ne se soit souvenu, par exemple, de la
commission Charbonneau, où on avait mis à jour un prêt de la FIPOE, à Tony
Accurso, de 8 millions de dollars, que personne ne se soit
préoccupé de la bataille épique menée par cette déléguée syndicale d'une école
pour avoir accès aux états financiers du syndicat de Champlain, ce qu'elle
avait droit, et qui a dû s'adresser au tribunal pour l'avoir, ou encore que
personne ne lui ait mentionné la... l'enquête de Sarah-Maude Lefebvre et
Jean-Louis Fortin, du Journal de Montréal, sur les dépenses de la
FTQ-Construction, des camionnettes avec toutes les options.
La Présidente : En terminant.
M. Chassin :Pourquoi est-ce qu'il n'a pas inclus la... financière?
La Présidente : La réponse,
du côté du gouvernement, du ministre du Travail, on l'écoute.
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. On va y aller étape par étape. Ce projet de loi là s'intéresse à la
protection des besoins fondamentaux de la population en permettant d'établir un
niveau de service minimal pour les personnes, notamment, qui sont en situation
de vulnérabilité suite à une grève ou un lock-out. Si mon collègue fait
référence à des dépenses exorbitantes — il y a eu un débat sur la
place publique — j'ai constamment répété que les cotisations
syndicales devaient être utilisées à des fins de formation, représentation ou
négociation, et pas à des fins personnelles, notamment, comme ce qui a été
révélé récemment, ou à des fins d'idéologies ou de prises de position qui ne
sont pas compatibles nécessairement avec celles...
11 h 21 (version non révisée)
M. Boulet :
...des
salariés syndiqués. Alors, ceci dit, pour le projet de loi n° 89, on a
terminé les consultations particulières. On va amorcer incessamment l'étude
détaillée, article par article, avec les partis d'opposition, dont mon
collègue, et on va s'assurer d'aller de l'avant. C'est un projet de loi qui est
perfectible. Il faut l'améliorer pour le bénéfice des Québécois et des
Québécoises.
La Présidente
:
Première complémentaire.
M. Chassin :
Je dois
reconnaître que le ministre s'était déclaré choqué et profondément outré des
dépenses. Alors, si son projet de loi est perfectible, est-ce qu'il est ouvert
à revoir, par exemple, le projet de loi de son collègue, actuellement ministre
de la Sécurité publique, qui, en 2011, proposait la transparence financière,
des états financiers vérifiés, envoyés au ministre puis rendus publics? C'est
tout simple. On pourrait l'ajouter.
La Présidente
:
La réponse du ministre.
M. Boulet :
...Mme
la Présidente, on aura l'opportunité d'en discuter certainement. Je vois mon
collègue d'Hochelaga-Maisonneuve sourire, même rire. Écoutez, la transparence
indiquant, il faut rappeler à nos collègues qu'actuellement il y a un article 47.1
du Code du travail qui prévoit la divulgation d'états financiers de la part des
syndicats, et qu'une personne membre d'une unité d'accréditation syndicale peut
demander d'en recevoir copie. Est-ce qu'il y a matière à améliorer cet
article-là? Je pense que oui. Encore une fois, l'objet du projet de loi n° 89,
c'est de considérer davantage les besoins de la population, de trouver un bon
équilibre, et on va y aller étape par étape.
La Présidente
:
Deuxième complémentaire.
M. Chassin :
C'est
important, Mme la Présidente, de rappeler que la formule Rand, c'est presque un
pouvoir, dans le fond, de taxation délégué parce qu'on prend des cotisations
directement sur la paye, que les cotisations syndicales, les indemnités de
grève, ce n'est pas imposable, que les fonds de travailleurs sont largement
subventionnés aussi. Ça serait logique pour la protection du public, mais pour
aussi pouvoir voir ces états financiers qu'on puisse les divulguer. Et même l'article
de loi ne garantit pas que les syndiqués ont accès...
La Présidente
:
Accès à la réponse du ministre du Travail.
M. Boulet :
Merci,
Mme la Présidente. Écoutez, il faut quand même reconnaître que la formule Rand
qui permet ou qui oblige un employeur de déduire à la source le montant de
cotisation syndicale déterminé par le syndicat, ça remplit quand même un rôle
qui est précieux, qui permet à des syndicats d'avoir une vitalité dans les
milieux de travail. Je sais que, ça aussi, ça peut faire l'objet d'une
discussion. Je le répète, le projet de loi n° 89 vise à trouver un bon
équilibre entre les besoins de la population et l'exercice d'un droit de grève.
La transparence syndicale, on y travaille. La formule Rand, on pourra
certainement en discuter. Ce n'est pas mon intention à ce stade-ci.
La Présidente
:
Question principale, je reconnais maintenant la députée de La Pinière.
Mme Caron :
La
CAQ est rendue tellement loin dans ses coupures que des CISSS exigent que des
aînés paient leurs soins à domicile s'ils vivent en RPA et qu'ils ont 5 000 $
ou plus dans leur compte de banque. Ça, Mme la Présidente, ça va à l'encontre
de la Loi canadienne sur la santé, ça va à l'encontre de la Politique de
soutien à domicile actualisée en 2023. Les services d'aide à domicile,
déterminés dans les plans d'intervention, doivent être accessibles de façon
universelle et équitable, sans égard aux revenus.
De quel droit des CISSS exigent-ils d'examiner
la situation financière des aînés qui ont besoin de soins? De quel droit vont-ils
piger dans le compte bancaire des aînés qui ont 5 000 $ et plus? C'est
une taxe aux aînés. Ça se passe dans le Bas-Saint-Laurent et en Estrie.
La ministre peut-elle nous dire dans
combien d'autres régions ça se passe et pourquoi elle autorise ça?
La Présidente
:
La réponse de la ministre responsable des Aînés.
Mme Bélanger :
Mme
la Présidente, nous avons comme priorité d'offrir les meilleurs soins et
services aux aînés qui ont besoin d'hébergement au Québec, qu'ils soient en
CHSLD privé, qu'ils soient en CHSLD public, en RPA, en maison des aînés, au
niveau du soutien à domicile. Et il y a des règles qui existent au Québec
depuis de nombreuses années. Les aînés qui sont hébergés dans nos CHSLD publics
paient pour leurs services. Alors, ce n'est pas une annonce de la CAQ, là, que
je suis en train de faire. Je suis en train de vous expliquer que cette
situation...
11 h 26 (version non révisée)
Mme Bélanger : ...d'allocations
que les aînés doivent payer, c'est un programme qui existe. Alors, pour, par
exemple, une chambre privée avec tous les services en CHSLD, c'est environ 1 800 $
qu'un aîné doit payer. Les aînés qui n'ont pas beaucoup de revenus, bien, il y
a une façon de demander des exemptions. Tout ça est évalué au moment de l'admission
en CHSLD public. On appelle ça le programme de contribution de l'usager.
La Présidente
: Cela
met fin à cette période de questions et de réponses orales. Comme il n'y a pas
de vote reporté, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Pour ce
faire, je cède la place à la première vice-présidente de l'Assemblée nationale.
Merci. Bonne fin de journée, tout le monde.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous poursuivons. En fonction de nos règles et de l'ordre établi
précédemment, des motions sans préavis, je reconnais maintenant un membre du
deuxième groupe d'opposition, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
M. Leduc : Merci, Mme la
Présidente. J'aimerais saluer tous les... toutes les éducatrices et les
travailleurs/travailleuses des CPE qui sont en grève aujourd'hui.
Mme la Présidente, je sollicite le
consentement de cette Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement
avec la ministre de la Famille, la députée de Westmount—Saint-Louis, le député
des Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée nationale souligne le
travail essentiel accompli par les éducatrices en services de garde éducatifs à
l'enfance qui contribuent à l'éducation et au bien être des tout petits.
«Qu'elle reconnaisse le rôle fondamental
du réseau de la petite enfance, en particulier des centres de la petite
enfance, dans l'offre de services de garde de qualité favorisant l'égalité des
chances pour tous les enfants du Québec;
«Qu'elle rappelle que ce réseau a
également joué et joue toujours un rôle clé dans l'accès des femmes au marché
du travail en leur permettant de concilier emploi, études et famille;
«Qu'enfin elle souligne l'importance de
valoriser ces professionnels en les considérant à leur juste valeur et en
reconnaissant leur expertise en éducation de la petite enfance.»
Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
il y a consentement sans débat, Mme la Présidente.
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous avons une demande de vote électronique. Le vote est maintenant
ouvert.
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Le vote est maintenant terminé. M. le secrétaire général, pour le résultat du
vote.
Le
Secrétaire : Pour :106
Contre :0
Abstentions :0
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, cette motion est adoptée. M. le leader du deuxième groupe de position, à
vous la parole.
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Est-ce qu'une copie de cette motion peut être
envoyée à Ma Place au travail. Valorisons ma profession. FSSS-CSN, FIPEQ-CSQ,
Syndicat québécois des employées et employés de service et Métallos FTQ? Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Ça sera fait. Merci. Donc, je suis maintenant prête à entendre un membre du
troisième groupe d'opposition. Mme la députée de Terrebonne, à vous la parole.
Mme Gentilcore : Merci, Mme
la Présidente. Je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin
de présenter, conjointement avec la députée de Bourassa-Sauvé, le député de
Jean-Lesage et la députée de Vaudreuil, la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale prenne acte que
les stagiaires étudiants ne sont toujours pas rémunérés à la hauteur des
services qu'ils rendent à la société québécoise;
«Qu'elle souligne que les stagiaires de la
fonction publique du Québec apportent une contribution essentielle aux missions
de l'État, notamment dans les écoles et dans les hôpitaux confrontés à la
pénurie de main-d'œuvre;
«Qu'elle rappelle également que l'Assemblée
nationale a adopté unanimement des résolutions en faveur de la rémunération des
stagiaires étudiants le 30 mars 2023 et le 25 octobre 2023;
«Qu'en conséquence, elle demande au
gouvernement de s'engager à rémunérer tous les stagiaires étudiants de la
fonction publique dès la rentrée d'automne 2025.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion, messieurs le leader adjoint du gouvernement?
M. Lévesque (Chapleau) : Il
n'y a pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Il n'y a pas de consentement. Donc, je suis maintenant prêt à entendre un
membre du groupe formant le gouvernement. M. le ministre de la Langue française...
11 h 30 (version révisée)
<15361
M. Roberge :
...Mme la Présidente, je sollicite le >consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de Hochelaga-Maisonneuve
et le député de Matane-Matapédia :
«Que l'Assemblée nationale affirme que les
dispositions de la loi sur la langue officielle et commune du Québec, le
français ne représentent pas une barrière commerciale;
«Qu'elle affirme que la protection de la
langue française est non négociable;
«Que l'Assemblée nationale réitère son
appui à la Charte de la langue française, votée démocratiquement par les élus
de la nation québécoise.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le ministre. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
Mme la Présidente, il y a consentement, sans débat. Et, devant cet
enthousiasme, je vous demanderais un vote électronique, s'il vous plaît.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Donc, le vote est maintenant ouvert.
Le vote est maintenant fermé. M. le
secrétaire général, pour le résultat.
Le
Secrétaire : Pour :105
Contre :0
Abstentions :0
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, cette motion est adoptée à l'unanimité. Merci.
Donc, je suis maintenant prête à entendre
un membre du groupe formant l'opposition officielle. M. le député de Pontiac.
Souligner le Mois de la jonquille
M. Fortin :Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de
cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le
ministre de la Santé, le député de Rosemont, le député des
Îles-de-la-Madeleine, la députée de Vaudreuil et le député de Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée nationale du Québec
souligne que le 1er avril marque le lancement de la campagne de la
jonquille en appui à la Société canadienne du cancer, et ce, pour tout le mois
d'avril;
«Qu'elle rappelle que deux Québécois sur
cinq recevront probablement un diagnostic de cancer au cours de leur vie;
«Qu'elle témoigne de son appui
indéfectible à toutes les personnes qui ont traversé ou qui traversent
présentement une telle épreuve ainsi qu'à leurs proches et ceux qui les
accompagnent;
«Qu'elle remercie et soutienne la campagne
de la jonquille qui permet de recueillir des fonds contribuant ainsi aux
efforts des personnes dévouées dans la lutte contre le cancer grâce à des
projets de recherche ou de développement de réseaux d'aide pour améliorer
concrètement la vie des personnes atteintes de cette maladie;
«Qu'enfin, elle remercie l'ensemble des
professionnels de la santé et des proches aidants qui déploient chaque jour
tous leurs efforts au profit des patients.»
Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette
motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
Mme la Présidente, il y a consentement pour un débat de deux minutes de rigueur
par intervenant, dans l'ordre suivant : le député de Pontiac, le ministre
de la Santé, le député de Rosemont et le député des Îles-de-la-Madeleine.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci. Donc, est-ce qu'il y a consentement pour qu'il y ait quatre intervenants,
et pour que la durée des interventions soit limitée à un maximum de deux
minutes chacun, et pour que la présidence applique strictement le temps de
parole?
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Donc, nous allons immédiatement céder la parole à M. le député de Pontiac.
M. André Fortin
M. Fortin :Mme la Présidente, on porte la jonquille aujourd'hui pour
souligner les efforts de la Société canadienne du cancer, pour souligner le
lancement de la campagne de la jonquille et, par le fait même, appuyer la
recherche pour les nouveaux traitements prometteurs et qu'ils soient rendus
disponibles. Mais, Mme la Présidente, on porte la jonquille d'abord et avant
tout, là, en solidarité avec tous les Québécois qui sont atteints de cancer, en
solidarité avec les 184 Québécois qui, aujourd'hui, vont découvrir qu'ils
sont atteints de cancer et qui ne savent pas comment ils vont l'annoncer à leur
conjoint, à leurs parents, à leurs enfants, en solidarité avec les 4 381 Québécois
qui attendent leur chirurgie de cancer et qui espèrent de tout coeur que ce
sera le début de la fin de leur cancer, de leur calvaire, en solidarité avec
les 22 800 Québécois qui, cette année, vont décéder du cancer, et
avec leurs familles et leurs amis, qui les auront accompagnés dans leurs
traitements et leur souffrance, qui auront tenté de les rassurer, et de les
épauler, et de s'assurer <qu'ils se sentent aimés, en solidarité...
M. Fortin :
...qui auront tenté de les rassurer, et de les
épauler, et de s'assurer >qu'ils se sentent aimés, en solidarité avec
les proches aidants qui auront mis leur vie sur pause, le temps d'humaniser un
peu le parcours de leurs proches, et avec les professionnels de la santé qui, à
tous les jours, avec tout leur coeur, aident, accompagnent et soignent les
Québécois atteints de cancer.
Oui, Mme la Présidente, le cancer prend de
l'ampleur. Il y a quelques années, quand on débattait de cette motion, on
parlait d'un Québécois sur trois qui serait atteint de cancer; aujourd'hui,
c'est deux sur cinq. Mais il y a aussi de l'espoir. Il y a des gens qui, à tous
les jours, mettent à contribution toute leur énergie, toute leur détermination
et toutes leurs connaissances pour qu'un jour on arrive à trouver un remède,
pour qu'un jour on arrive à vaincre la foutue maladie. À tous ces gens, du fond
du coeur, merci. Et enfin à tous ceux qui se battent, courage, on est avec vous
dans votre combat. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député.
Maintenant, je suis prête à céder la
parole à M. le ministre de la Santé.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Alors, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Et, tout d'abord, j'aimerais dire à mon collègue
le député de Pontiac que je souscris tout à fait à ses propos, parce que je
pense qu'on partage comment c'est important, non seulement la campagne de la
jonquille, mais aussi tous nos mots sont avec les gens qui, malheureusement,
sont atteints de cancer. J'ai perdu une soeur il y a plusieurs années, et, à
chaque fois que j'ai la journée de la jonquille, je me rappelle des derniers
moments qu'on a vécus avec elle. Alors, tous les cas sont importants pour
chacun, puis je pense que tous les Québécois connaissent, malheureusement…
d'avoir eu un contact avec une personne qui a eu le cancer.
Par contre, ce que j'aimerais dire
aujourd'hui, Mme la Présidente, et c'est… très loin de vouloir faire de la
politique avec ça, puis je veux être très clair, la meilleure façon d'aider les
gens, en ce moment, pour que ceux qui l'ont soient bien traités, mais aussi
pour faire le bon dépistage… j'aimerais rappeler comment nous avons posé
plusieurs gestes au cours des dernières années pour améliorer et prévenir, je
dirais, principalement, le cancer… et l'offre, entre autres, du dépistage du
cancer colorectal pour une population élargie, c'est-à-dire celle de 50 à
74 ans, l'élargissement du programme de dépistage du cancer du sein aux
femmes de 50 à 74 ans, l'amélioration de la prévention du dépistage du
VPH, principale cause du cancer de l'utérus. J'ai eu… d'en parler avec une dame
qui est assez connue, à la mairie de Longueuil, cette semaine, qui a eu,
malheureusement, une de ses bonnes amies qui en est décédée récemment.
Alors, mon point aujourd'hui, à tous ceux
qui souffrent de cancer présentement, et à tous les Québécois, ce que
j'aimerais dire, c'est : Nos bons mots sont là, mais nous allons continuer
à faire tous les efforts nécessaires en dépistage. Merci beaucoup, Mme la
Présidente.
• (11 h 40) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le ministre.
Maintenant, je cède la parole à M. le
député de Rosemont.
M. Vincent Marissal
M. Marissal : Merci, Mme
la Présidente.
Avec un tout petit 9 °C ce matin, on
n'est pas près de voir les vraies jonquilles sortir dans nos platebandes, mais
elles repoussent sur le revers de nos vestons à chaque mois d'avril, puis il
faut se rappeler pourquoi. Pourquoi? D'abord parce que, oui, il y a de
l'espoir, comme mes deux collègues viennent de le dire. Les statistiques sont
effroyables, mais il y a du traitement. Il y a de la recherche de pointe qui se
fait au Québec, il ne faut jamais l'oublier. Puis il faut aussi se rappeler
qu'à chaque cas de cancer, qui est une catastrophe, qui est une tragédie, se
crée aussi un filet de soutien et de bienveillance qui est absolument essentiel
pour les gens qui sont atteints, mais aussi pour les gens qui sont proches des
gens atteints par le cancer.
Je veux saluer en particulier, permettez
un peu de chauvinisme, la Maison Jacques-Cantin, dans ma circonscription, qui
permet à des gens qui suivent des traitements de cancer dans l'est de Montréal
d'avoir un lieu où loger s'ils ne sont pas de la grande région de Montréal.
C'est une société de la... une initiative, pardon, de la Société canadienne du
cancer, que je salue, d'ailleurs, pour leurs efforts. Saluons aussi les
proches, les proches aidants et la famille toujours pris avec des cas de
cancers toujours dévastateurs.
Parlons brièvement de prévention, de détection,
parce que c'est par là que ça commence. Il y a plusieurs cancers qu'on peut
prendre tôt et qu'on peut guérir absolument. Je pense qu'on peut faire plus, notamment
pour le cancer du sein, ce n'est <pas normal...
M. Marissal :
...notamment
pour le cancer du sein, ce n'est >pas normal que des femmes attendent
hors délai pour avoir des mammographies, il faut le rappeler, le cancer du
côlon, dont on parle depuis des décennies ici, cancer du poumon, qui est un des
plus mortels.
Le cancer est un ennemi redoutable. Pour
le vaincre, il faut plus que des intentions. La bonne nouvelle, c'est qu'on est
capables de le faire, on a l'expertise ici, on a les chercheurs pour le faire.
Surtout, on a la volonté et un beau soutien, un beau filet de bienveillance
dont j'ai parlé tout à l'heure. Ensemble, on peut vaincre le cancer, comme
disait la pub quand j'étais enfant. Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député.
Maintenant, nous poursuivons avec M. le
député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Joël Arseneau
M. Arseneau : Merci, Mme
la Présidente.
Alors, à mon tour de prendre la parole
pour souligner le lancement de la campagne de la jonquille de la Société
canadienne du cancer. Je tiens d'abord à saluer les représentants de la Société
canadienne du cancer qui sont présents ici, dans nos tribunes. Je remercie la
société pour ses actions continues pour le soutien des personnes atteintes de
cancer ainsi que dans ce rôle... dans son rôle de prévention.
Alors qu'on estime que deux Québécois sur
cinq recevront un diagnostic de cancer au cours de sa vie... ou de leur vie, la
campagne de la jonquille permet d'amasser des fonds pour la Société canadienne
du cancer afin de financer des programmes et des recherches de pointe. Elle
permet également de soutenir les personnes atteintes du cancer et promouvoir
l'adoption de politiques publiques qui favorisent les saines habitudes de vie.
Déjà, des progrès remarquables ont été
accomplis dans la lutte contre certaines formes de cancer au Québec et
ailleurs. Il faut évidemment poursuivre ces efforts. Nous devons continuer à
nous battre, à faire preuve de solidarité, de bienveillance également, à mettre
l'accent sur la sensibilisation et la prévention, tout en soutenant la
recherche. C'est un mandat collectif, un défi qu'il nous faut relever avec
détermination.
Les femmes, les hommes, les enfants qui
reçoivent un diagnostic de cancer demeurent trop nombreux, et le vieillissement
de la population ne fera qu'accentuer la courbe de prévalence. J'aimerais donc
dire aux personnes atteintes et à leurs proches : Nous sommes avec vous.
Je voudrais aussi prendre un moment pour
souligner le travail des bénévoles de cette organisation, qui font un travail
remarquable dans les différentes communautés du Québec. En soutenant la
campagne de la jonquille, on aide les personnes atteintes de cancer à envisager
l'avenir au-delà du diagnostic et à pouvoir profiter de la vie.
Mme la Présidente, ensemble, nous pouvons
donner l'espoir aux personnes atteintes par le cancer en appuyant la campagne
de la jonquille de la Société canadienne du cancer. Merci.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Motion adoptée.
Avis touchant les travaux des commissions
Maintenant, nous poursuivons nos travaux à
la rubrique Avis touchant les travaux des commissions. Pour ce faire, je laisse
la parole à monsieur...
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente.
Et donc j'avise cette Assemblée que la Commission
de l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 69, la Loi assurant la
gouvernance responsable des ressources énergétiques et modifiant diverses
dispositions législatives, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des transports et de
l'environnement va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 81, la
Loi modifiant diverses dispositions en matière d'environnement, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 h 30, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission des institutions va
poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 91, la Loi instaurant le
Tribunal unifié de la famille au sein de la Cour du Québec, aujourd'hui, après
les affaires courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à
18 h 30, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de la santé et des services
sociaux poursuivra l'étude détaillée du projet de loi n° 83, la Loi favorisant l'exercice de la médecine au sein du réseau public de la
santé et des services sociaux, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Pauline-Marois.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le leader adjoint.
Pour ma part, je vous avise que la Commission
de l'aménagement du territoire se réunira en séance de travail jeudi le
3 avril 2025, de 8 h 30 à 9 heures, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de la pétition portant sur la reconnaissance de la
robotique comme sport.
Je vous avise également que la Commission
de la santé et des services sociaux se réunira en séance de travail le jeudi
3 avril 2025, de 8 heures à 8 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau, afin de statuer sur la possibilité que la commission se
saisisse des pétitions portant sur le maintien intégral des services d'urgence
au centre de santé de Fortierville.
Enfin, je vous avise <que la Commission
des transports et de l'environnement...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
...pétition portant sur le maintien intégral des services d'urgence
au centre de santé de Fortierville.
Enfin, je vous avise >que la Commission
des transports et de l'environnement se réunira en séance de travail le
jeudi 3 avril 2025, de 8 heures à 8 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de statuer sur la possibilité que la
commission se saisisse de la pétition concernant la demande visant à contrer la
pratique de «chauffeur inc.».
Maintenant, nous poursuivons à la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée.
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
terminée, nous allons maintenant passer aux affaires du jour.
Affaires prioritaires
Reprise du débat sur la motion du ministre des
Finances proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du
gouvernement et sur les motions formulant un grief
Aux affaires prioritaires, à
l'article 1 du feuilleton, l'Assemblée reprend le débat ajourné le
1er avril 2025 sur la motion de M. le ministre des Finances proposant que
l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement ainsi que sur les
motions formulant un grief présentées par M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
Mme la députée de Verdun, M. le député de Jean-Talon, M. le chef de
l'opposition officielle, M. le député de Laurier-Dorion, Mme la députée de
Chomedey, M. le député de Taschereau, Mme la députée de La Pinière, M. le
député de Jean-Lesage, Mme la députée de Bourassa-Sauvé, M. le député de Maurice-Richard, Mme la députée de D'Arcy-McGee, Mme la cheffe
du deuxième groupe d'opposition, M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve, Mme la
députée des Mille-Îles, Mme la députée de Sainte-Marie—Saint-Jacques, Mme la
députée de Westmount—Saint-Louis et Mme la députée de Mont-Royal—Outremont.
Avant de céder la parole à Mme la députée de
Vimont, je vous informe qu'il y a 9 h 59 min 9 s
d'écoulées à la première étape du débat. La répartition du temps de parole
restant est la suivante : 1 h 7 min 17 s au
groupe formant le gouvernement, 1 h 12 min 4 s au
groupe formant l'opposition officielle, 29 min 3 s au deuxième
groupe d'opposition, 34 min 57 s au troisième groupe
d'opposition et 7 min 30 s à M. le député de Saint-Jérôme.
Donc, Mme la députée de Vimont, à vous la
parole.
Mme Valérie Schmaltz (suite)
Mme Schmaltz : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je reprends ce que j'avais fait hier. Si
vous me permettez, je vais reprendre au début.
Alors, pour cette présentation, si vous me
le permettez, je vais parler de la réforme majeure du régime des rentes du
Québec, la RRQ, qui renforce la protection financière des travailleurs qui ont
subi un accident de travail. Jusqu'à présent, seules les personnes qui étaient
reconnues invalides par la RRQ pouvaient bénéficier d'une exemption des
pénalités en cas de retraite anticipée. Avec cette nouvelle mesure, cette
exemption est désormais étendue aux travailleurs déclarés invalides par la Commission
des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail, la CNESST.
Ce changement marque une avancée importante vers une équité plus grande pour
les travailleurs blessés en reconnaissant les réalités vécues par ceux qui sont
déjà fragilisés par un accident de travail.
Je vais prendre encore un petit moment,
Mme la Présidente, si vous me le permettez, pour exprimer toute mon empathie aux
gens qui sont venus me voir, aux témoignages que j'ai reçus pour, justement,
des gens qui ont subi des accidents de travail majeurs et qui, malheureusement,
les ont empêchés de travailler pour le restant de leur vie.
• (11 h 50) •
Alors, avant cette réforme, les
travailleurs victimes d'un accident de travail se trouvaient souvent
désavantagés lorsqu'ils prenaient leur retraite plus tôt que prévu par la RRQ.
Ceux qui étaient déclarés invalides par la CNESST mais non reconnus comme tels
par la RRQ subissaient une réduction de leur rente de retraite s'ils la
demandaient avant l'âge de 65 ans. Ce genre de situation laissait beaucoup
de travailleurs dans une impasse, contraints de choisir souvent,
malheureusement, entre leur santé et leur sécurité financière. Cette réforme
vient donc combler une lacune qui pesait lourdement sur leur avenir.
Désormais, la nouvelle mesure garantit que
toutes les personnes ayant une incapacité permanente reconnue par la CNESST
seront exemptées de ces pénalités, à l'instar de celles dont l'invalidité est
reconnue par la RRQ. Cette harmonisation vise à corriger une incohérence du
système et à assurer un traitement plus juste des travailleurs ayant subi un
accident de travail. Cette volonté réelle de corriger une injustice qui durait
depuis trop longtemps permet de remettre l'humain au centre du système. Avec
cette nouvelle mesure, un travailleur de 60 ans qui, en raison d'un
accident <de travail...
Mme Schmaltz :
...de
60 ans qui, en raison d'un accident >de travail, est incapable de
poursuivre une carrière active, pourra demander une... sa rente de retraite
sans subir de réduction liée à une retraite anticipée. À titre de comparaison,
avant la réforme, un travailleur demandant sa rente à 60 ans pouvait voir
sa prestation réduite de 36 %, soit une réduction de 0,6 % par mois,
avant 65 ans. Ce genre de changement peut vraiment faire une différence
concrète dans la vie quotidienne des personnes concernées, surtout lorsqu'elles
se retrouvent face à des choix difficiles entre santé et finances.
D'un point de vue financier, cette
modification représente un soutien significatif. Un travailleur qui aurait
normalement reçu 1 500 $ par mois à 65 ans mais qui prenait sa
retraite à 60 ans voyait sa rente réduite à 960 $ par mois en raison
des pénalités. Avec la nouvelle mesure, il recevra la pleine rente de
1 500 $, lui assurant une plus grande sécurité financière. Selon les
estimations, cette réforme bénéficiera à plusieurs milliers de travailleurs
chaque année et entraînera un investissement supplémentaire dans le RRQ, dont
le financement est assuré par les cotisations des employeurs et des
travailleurs. Quand on parle d'assurer une retraite digne, c'est exactement ce
genre de mesure qu'on espère voir, une réforme concrète.
En supprimant ces pénalités pour les
travailleurs invalides à la suite d'un accident de travail, le gouvernement du
Québec corrige une iniquité importante et renforce le filet social destiné aux
travailleurs les plus vulnérables. Cette mesure s'inscrit dans une volonté plus
large de moderniser le RRQ et d'adapter le régime aux réalités du marché du
travail et des travailleurs accidentés. Cette volonté de bâtir un système plus
humain qui prend en compte les parcours accidentés sans les pénaliser davantage
est tout à notre honneur, Mme la Présidente.
Avec cette réforme, le gouvernement envoie
un message clair : aucun travailleur ne devrait être pénalisé pour une
invalidité causée par un accident de travail. Il s'agit d'une avancée
significative vers un régime de retraite plus juste et mieux adapté aux
réalités des travailleurs québécois. Ce genre de message fort redonne de
l'espoir à ceux qui ont souvent l'impression d'être oubliés par les politiques
publiques. C'est un geste concret vers une société plus solidaire.
Je vais enchaîner, si vous me le
permettez, sur l'éducation maintenant.
L'éducation est au coeur du développement
économique et social du Québec. Afin de garantir une société prospère et
inclusive, il est primordial d'investir dans la qualité de l'enseignement, le
soutien aux élèves et l'amélioration des infrastructures scolaires. Quand on
mise sur l'éducation, on mise sur l'avenir. Et, pour que chaque jeune ait une
vraie chance de réussir, il faut un système solide, équitable et moderne, des
investissements majeurs pour protéger les services et les moyens offerts aux
élèves pour réaliser leur plein potentiel.
Augmentation des dépenses en éducation. En
2025‑2026, le gouvernement consacre près de 6,8 milliards supplémentaires
sur cinq ans pour améliorer les services éducatifs et de santé. Ainsi,
1,1 milliard de dollars est destiné à soutenir l'éducation et le
développement des jeunes Québécois en valorisant la réussite éducative des
élèves, en poursuivant l'amélioration des services offerts aux jeunes et aux
étudiants, en encourageant la pratique du loisir et du sport et en améliorant
l'accessibilité aux services de garde éducatifs à l'enfance. Ces
investissements montrent clairement qu'on veut offrir aux jeunes toutes les
chances de réussir, peu importe leur milieu de vie ou leurs défis. Miser sur le
potentiel, c'est miser sur un Québec plus fort demain.
Le présent budget prévoit des sommes
totalisant 368,7 millions sur cinq ans pour des initiatives en éducation.
Une enveloppe de 95 millions d'ici 2029‑2030 est prévue pour l'ajout de
nouveaux espaces scolaires temporaires grâce à la location d'immeubles pendant
la réalisation de projets d'infrastructure ou lors d'une situation ponctuelle,
68,9 millions pour prolonger les mesures incitatives permettant le retour en
emploi des enseignants retraités. En vigueur depuis 2022‑2023, cette initiative
assure la rémunération selon l'échelle salariale correspondant à leur expertise
et niveau de scolarité. Un montant forfaitaire continuera d'être accordé aux
enseignants retraités désirant retourner au travail. Le maintien de ces mesures
vise à retenir ou attirer cette catégorie d'enseignants <dans le réseau
scolaire jusqu'au 30 juin 2026. Revaloriser...
Mme Schmaltz :
...attirer
cette catégorie d'enseignants >dans le réseau scolaire jusqu'au
30 juin 2026. Revaloriser l'expertise des enseignants retraités, c'est une
manière concrète de répondre à la pénurie tout en honorant leurs contributions
passées.
165,6 millions pour soutenir la
réussite scolaire, bonification du soutien pour l'intégration linguistique,
scolaire, sociale des nouveaux arrivants, soutenir le personnel enseignant dans
leurs interventions pour le développement des compétences en lecture dès les
premières années scolaires des élèves et instaurer un indicateur de réussite à
l'échelle du Québec pour la lecture au premier cycle du primaire pour
encourager la motivation et la diplomation, favoriser la découverte
professionnelle par l'offre d'un nouveau projet pédagogique particulier dès le
premier cycle du secondaire à partir de l'année scolaire 2026‑2027. Donner
à chaque élève les outils pour lire, comprendre et s'ouvrir au monde dès le
début de son parcours scolaire, c'est poser les bases d'un avenir solide.
Je vois que le temps file. Alors, si vous
permettez, je vais passer rapidement peut-être encore sur les détails de... des
enveloppes que nous avons pour, notamment, former nos enseignants qualifiés.
Bon, on parle de promotion, financement des organismes scolaires, recommander
aussi aux divers partenaires universitaires les candidatures qui répondent aux
exigences. Former, soutenir nos enseignants, c'est investir dans ceux qui
façonnent les citoyens de demain. Je pense que je fais un grand résumé sur tous
nos... tout ce qu'on met, naturellement, à l'avant-plan pour nos futurs ou même
anciens, on peut le dire comme ça, professeurs.
Offrir aux élèves des milieux
d'apprentissage sains et modernes, c'est poser les fondations d'une éducation
de qualité, accessible à tous. On a un soutien accru aux élèves pour améliorer
la réussite scolaire, des renforcements des services spécialisés, augmentation
du nombre de professionnels en milieu scolaire. On le voit, ça rapporte des
fruits, c'est quelque chose qui est salué, c'est quelque chose qui est... qui
nous est confié lorsqu'on rencontre nos... nos dirigeants des commissions
scolaires, entre autres, des centres scolaires, je m'excuse.
Parlons maintenant du taux de diplomation,
aussi, et de qualification des élèves du secondaire au Québec, qui est en
progression, qui a atteint environ 82 % en cinq ans. On a une hausse
significative depuis une décennie, il faut le souligner quand même, hein, c'est
quand même quelque chose d'important. L'objectif : atteindre 85 %
d'ici 2030 en réduisant le décrochage scolaire.
Je termine en vous disant, Mme la
Présidente, que les investissements en éducation sont un levier puissant pour
favoriser la réussite des élèves et assurer un avenir prometteur au Québec. Le
gouvernement met tout en oeuvre pour moderniser les écoles, améliorer
l'accessibilité aux services éducatifs et lutter contre le décrochage scolaire.
Ces efforts témoignent d'une volonté claire : faire de l'éducation une
priorité nationale et garantir la réussite de chaque jeune Québécois. Merci,
Mme la Présidente.
• (12 heures) •
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée.
Avant de céder la parole au prochain
intervenant, je vous informe qu'un débat de fin de séance se tiendra demain, le
jeudi 3 avril 2025, à 13 heures, sur une question adressée par Mme la
députée de La Pinière à Mme la ministre responsable des Aînés concernant
le gouvernement caquiste qui pige dans le compte de nos aînés pour payer leur
loyer à 5 000 $ par mois en résidence privée.
Maintenant, je cède la parole à M. le
député de Matane-Matapédia.
M. Pascal Bérubé
M. Bérubé : Merci, Mme
la Présidente. Fidèle à mon habitude, je vais y aller comme ça, sans notes,
uniquement avec la perception que j'ai et aussi dans les faits, ce que ça
représente dans ma région et au Québec, ce budget.
Rappelons qu'un budget, c'est un moment
important, c'est la consécration de la gestion d'un gouvernement et de ses
priorités. Le gouvernement a des choix à faire. Il doit protéger les plus
vulnérables. Il doit préserver l'avenir. Il doit être bien conscient des
entrées et aussi des dépenses. Alors, ça permet de porter un jugement sur ce
qui est prioritaire. C'est un des exercices les plus fondamentaux pour
connaître les valeurs d'un gouvernement, sa priorisation.
Évidemment, il faut reculer un peu pour
connaître quel était l'état des finances publiques à l'arrivée de la CAQ en
2018. Le gouvernement avait hérité de milliards de surplus, qu'il a bien
utilisés et qu'il a... qui lui a permis de faire énormément d'annonces entre
2018 et 2022. Ensuite, réélu en 2022, cette responsabilité fait en sorte
également qu'il avait à continuer à faire une gestion qui était optimale des
fonds publics. Le gouvernement, tristement, est devenu sa propre compétition :
après un déficit de 11 milliards, c'est maintenant un déficit de
13 milliards. Ça veut dire <qu'on dépense...
>
12 h (version révisée)
<991
M.
Bérubé :
...le gouvernement, tristement, est devenu sa propre
compétition. Après un déficit de 11 milliards, c'est maintenant un déficit
de 13 milliards. Ça veut dire >qu'on dépense beaucoup, beaucoup
plus qu'on a des entrées. Et, les entrées, c'est l'argent durement gagné des
Québécois et des Québécoises à travers leurs impôts et leurs taxes. Comment on
est arrivé à une telle situation?
Le gouvernement a beaucoup dépensé pour se
faire réélire en 2022, et ça lui a souri, mais après il faut voir qu'est-ce que
ça veut dire pour les générations futures, pour notre endettement, pour les
limites que ça pose à l'action qu'on doit poser de façon urgente en éducation,
en santé, auprès des plus démunis. Et ce gouvernement, qui est issu d'une
formation politique qui avait comme promesse l'équité entre les générations, la
saine gestion des finances publiques, un gouvernement de comptables,
finalement, est un gouvernement dépensier, qui a perdu le contrôle des finances
publiques. Voici le contexte dans lequel on est.
Je me souviens aussi qu'il n'y a pas si
longtemps, pendant la pandémie, le gouvernement a accordé énormément d'aide
financière à des entreprises sans jamais se justifier. On ne connaîtra
peut-être jamais les raisons et l'ampleur des montants qui ont été accordés.
Pourquoi, par exemple, le bijoutier de luxe Birks a obtenu 14 millions de
dollars? Ça, c'est deux fois ce qu'on a accordé aux Kings de Los Angeles pour
venir à Québec. Moi, comme parlementaire, je ne le sais pas. Pourquoi on a
décidé d'accorder autant d'importance et surtout de financement à une
entreprise comme Northvolt — peut-être qu'on le saura un jour — et
à d'autres projets qui se sont avérés être des aventures qui nous ont coûté
très cher collectivement?
Malheureusement, le ministre de l'Économie
démissionnaire de Terrebonne n'aura jamais à justifier son bilan devant l'électorat.
Et c'est la même chose pour le ministre de la Santé, qui ne sera pas candidat à
la prochaine élection. Mais ce gouvernement sera certainement jugé sur sa gestion
des fonds publics. Alors, la responsabilité qu'il a, c'est de nous indiquer
pourquoi il a priorisé ceci au lieu de cela et comment il est arrivé à ce taux
d'endettement avec les choix qu'il a faits.
Ce qu'on risque avec le taux d'endettement,
je vais le dire, c'est une décote. Vous avez vu des mouvements, au cours des
derniers jours, de projets d'envergure qui ont été abandonnés ou reportés de
façon considérable. Il y en a sur la Côte-Nord, entre autres je pense au projet
de pont sur la rivière Saguenay, entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine, on
parle de 2030. On parle également de l'autoroute 20, la prolongation entre
L'Isle-Verte et Rimouski, dans ma région. Pourquoi on fait ça? Probablement
parce qu'il y a des banquiers qui nous disent : On vous observe et on n'est
pas sûrs que vous êtes sur la bonne voie. Alors, ne nous souhaitons pas que ça
arrive, mais j'espère sincèrement qu'au cours des prochaines semaines le
ministre des Finances ne soit pas convoqué à New York pour expliquer l'état des
finances publiques. S'il fallait avoir une décote, ce serait très problématique
au plan du paiement des intérêts, mais aussi pour notre quotidien comme
parlementaires. Puis il y aurait un risque réputationnel qui est important.
Si je regarde à l'échelle de notre région,
celle du Bas-Saint-Laurent, la mienne, les compressions sont... sont réelles.
On annonçait, encore hier, des congédiements de personnes qui sont en première
ligne en matière de santé. On parle de fermer l'urgence la nuit à Trois-Pistoles,
dans Les Basques. Déjà, on a coupé des heures à l'urgence de Mont-Joli, dans ma
circonscription, les samedis et les dimanches.
RénoRégion, c'est coupé. C'est un
programme pour les gens qui gagnent moins de 30 000 $ par année. C'était
très utile. En tout cas, comme député, je peux vous dire que l'argent était
vraiment bien utilisé. Puis il n'y avait pas de... pas beaucoup de
dépassements. Les montants étaient bien identifiés : c'est pour un toit, c'est
pour des fenêtres, c'est pour un calorifère, c'est pour l'énergie, pour une
porte. C'était pour ça, l'argent. Ça a été coupé. 19 millions de
dollars.
Hier, seulement en me promenant sur
Internet, je découvre qu'un autre programme, un programme pour l'adaptation de
petits établissements pour les personnes handicapées, est suspendu. Alors, il
faut ajouter celui-là à la liste.
Les RPA, il n'y a pas une région qui est
plus touchée que le Bas-Saint-Laurent, où on se permet d'aller fouiller dans
les comptes des aînés pour leur demander de payer davantage, ce qui n'est pas
le contrat initial. Il y en a beaucoup plus au Bas-Saint-Laurent qu'ailleurs.
Moi, si j'étais mes collègues du Bas-Saint-Laurent, je ne pourrais pas le
vérifier, mais je m'insurgerais de façon considérable dans un caucus. La
députée de Rimouski, la députée de Rivière-du-Loup—Témiscouata puis le député
de Côte-du-Sud, j'espère qu'ils demandent des réponses à leur gouvernement, puis,
oui, à leur gouvernement, parce que moi, là... Santé Québec, il n'y a personne
qui les a élus. La CAQ, oui, ils ont des réponses à donner, et c'est <important...
M. Bérubé :
...Québec,
là, il n'y a personne qui les a eues. La CAQ, oui, ils ont des réponses à
donner, et c'est >important. Ça touche le monde.
Les compressions sont également en
éducation, en enseignement supérieur. On n'achète plus de livres au cégep de
Rimouski puis on n'achète plus de livres au cégep de Matane puis au CMEC de la
Matapédia. Ça, ça m'est confirmé. On ne fait plus de travaux de rénovation non
plus, des plans de développement non plus, dans des petits cégeps qui en ont
bien besoin.
C'est tout ça pour l'instant, mais on fait
un appel aux citoyens de nous dire quand il y a des baisses de service.
D'ailleurs, l'ex-ministre Danielle McCann avait annoncé la fin de l'omerta en
santé. Elle a dit au personnel, en tout cas par médias interposés : Si
vous avez des choses à dire, dites-nous-le. Bien, je lance le même appel. Si
des gens du domaine de la santé ou de tout autre réseau ont des informations à
nous communiquer, à moi ou à d'autres parlementaires, qu'ils le fassent en
toute impunité, et je m'engage à maintenir leur confidentialité. Certains le
font avec crainte, mais ils doivent continuer de le faire. Parfois, ça nous
permet d'intervenir en amont pour informer le gouvernement de ce qu'il
s'apprête à faire qui est problématique.
Mme la Présidente, les députés ne sont pas
tous pareils, des fois on entend ça, et il y a des sensibilités qui comptent à
des moments clés. Quand le caucus de la CAQ a décidé qu'on allait augmenter les
salaires des députés, c'est de là que ça origine. Je me souviens des appels du
leader du gouvernement : Ça nous prend ça. Nous, on n'avait rien demandé.
On a voté contre le projet de loi puis on a décidé de ne pas prendre
l'augmentation de salaire, pas plus que ce qu'on donnait aux employés du
secteur public, ce qui fait en sorte que votre humble serviteur remet
40 000 $, dans ce mandat, à trois organismes communautaires de sa
circonscription pour faire en sorte que des gens qui ont besoin de se faire rembourser
des frais de santé à Québec, Lévis ou Montréal puissent l'avoir,
40 000 $, deux chèques de 20 000 $, que j'ai faits de mon
compte personnel. Cette sensibilité-là, elle est réelle. On ne peut pas côtoyer
nos concitoyens qui vivent l'augmentation des denrées, du coût de la vie, du
logement et, nous, s'autovoter une augmentation. Bien, les députés de la CAQ
l'ont fait, et il n'y en a pas beaucoup qui se sont félicités de ça sur leurs
réseaux sociaux, un peu à l'image de ce qui s'est passé avec Stablex, où à peu
près aucun parlementaire n'a dit : Je suis fier de la loi que j'ai votée.
Ça, c'est deux lois qui n'ont pas fait l'objet de beaucoup de publications sur
les réseaux sociaux, Mme la Présidente, je vous le garantis.
Donc, le budget est dur, mais on n'a pas
tout le portrait encore des compressions à venir, même Santé Québec ne le sait
pas, même au CSSS du Bas-Saint-Laurent, le conseil d'administration, il n'est
pas au courant, et le directeur général non plus. Il attend les indications de
qui? De la P.D.G., du ministre qui... Il fait... Il relativise déjà les choses.
Quand c'est médiatisé, il peut se permettre de dire : Je ne suis pas
d'accord avec Santé Québec. Ah oui? Vous intervenez, M. le ministre, là-dedans.
Dans d'autres cas, il laisse aller. Puis, dans mon... dans le cas de ma région,
il est plus intervenu pour le dossier de Trois-Pistoles que le dossier de
Mont-Joli. C'est sûrement une coïncidence. Alors, il n'en demeure pas moins que
tout le monde est responsable. En acceptant le poste de ministre, on est
responsable de la gestion, et heureusement, parce que, sinon, c'est une
déresponsabilisation, et, quant à Santé Québec, c'est toujours le ministre qui
devra répondre, jusqu'à la fin de son mandat.
• (12 h 10) •
Sur la question de la rigueur, qu'est-ce
qui empêchait le gouvernement d'honorer son engagement d'implanter un directeur
parlementaire du budget, qui nous permet d'avoir une vision plus précise de
l'état des finances publiques en toutes circonstances? Il pourrait même prendre
des mandats pour vérifier des choses. Par exemple, qu'est-ce qui me permet de
savoir sur quoi... sur quelle base s'est fait le... les calculs de dépenses? Le
gouvernement mise sur 10 % de barrières tarifaires. Ça pourrait être plus.
Qui s'occupe de vérifier le plan québécois des immobilisations, des
infrastructures? Il y a beaucoup de choses, mais ça devient un stationnement.
Comment vérifier ce qui est vraiment prioritaire, l'état d'avancement des
projets? Moi, ça m'importe beaucoup parce que j'en ai dans ma circonscription,
mais j'en ai d'autres aussi que je surveille au Québec. Si c'est prioritaire,
c'est prioritaire. Si tout est prioritaire une fois que c'est envoyé là, bien,
il n'y a pas vraiment de priorité, c'est juste de la communication politique.
Moi, ça, ça me préoccupe certainement.
Les choix à faire pour l'avenir? Bien,
écoutez, le ministre des Finances, à 13 milliards, trouve que tout est
sous contrôle. D'accord, mais, je veux dire, ça prendrait quoi pour l'ébranler,
là? 13 milliards, c'est considérable, c'est beaucoup <d'argent...
M. Bérubé :
...c'est
considérable, c'est beaucoup >d'argent et ça nous enlève la liberté pour
intervenir où on souhaiterait. Et le gouvernement considère qu'il fait les bons
choix pour la population. Je lui suggère, bien humblement, une mesure récente
et indépendante.
Angus Reid a analysé la popularité des
premiers ministres partout au Canada, qui sont tous pris avec les mêmes
contraintes : les menaces américaines et avoir passé une pandémie. Donc,
il n'y a pas de... il n'y a pas de microclimat au Québec. Bien, le premier
ministre du Québec est le premier ministre canadien le moins appuyé par sa
population, une conséquence des mauvais choix. Angus Reid, la semaine dernière.
Ça dit quelque chose sur le fait que ce n'est pas les bons choix.
Donc, les besoins sont exprimés, ils sont
exprimés par les parlementaires de l'opposition, ils sont exprimés, j'en suis
convaincu, par les parlementaires gouvernementaux, qui ont une tribune et un
accès pour le faire dans leurs instances, et je suis convaincu qu'ils le font,
par des groupes qui représentent la société. D'ailleurs, souvent, le
gouvernement rejette de la main en disant : C'est un syndicat, par
exemple. Un syndicat, c'est quoi? C'est un regroupement, par exemple,
d'éducatrices en CPE, c'est les travailleurs d'usine, c'est des employés de la
fonction publique. C'est quoi, cette façon d'ostraciser des travailleurs en
disant : C'est un syndicat? Moi-même, je dis... je dis «les travailleurs».
J'ai toujours parlé comme ça. Bien, c'est du monde qui habite les
circonscriptions des collègues, puis qui ont le droit d'être représentés, puis
qui ont des droits, et qui sont aussi importants que quiconque, puis encore
plus, dans le sens qu'ils ont une relation avec l'État, il y a un contrat.
Donc, il faut prendre soin de nos employés, puis on est capable d'avoir des
échanges en disant : Voici notre marge de manœuvre, voici les comparaisons
qu'on fait, voici, par exemple, des avantages qu'on vous propose. Puis, quand
on rend ça transparent, les gens sont capables de juger. Mais ultimement il y a
une négociation, puis les gens signent ou pas à un moment qui leur importe.
Alors, quelle est la suite pour ce budget?
On va voter contre, parce que, même si j'étais un fondateur de la CAQ, je me
poserais des questions sur ce qu'est devenu les promesses du début. Si j'étais
un président de la CAQ, comme la présidente du conseil d'administration de Santé
Québec, Mme Germain, qui est une des fondatrices de la CAQ — vous
avez peut-être oublié mais pas moi — je me dirais : C'était
quoi, au début, quand on s'est réunis chez le premier ministre, comme
promesses? On était 12. C'est quoi qu'on voulait faire? Bien, ce n'est pas ce
qu'il y a présentement. J'ai l'impression... Et je vois aller le premier
ministre, et Dieu sait que, s'il y en a un qui n'est pas complaisant avec lui,
c'est bien moi... Où est-ce qu'il s'en va? Et tristement ce gouvernement est
devenu un gouvernement qui est très heureux d'être au pouvoir et entend y
rester, mais ça implique un certain nombre de gestes qui ne vont pas toujours
dans le sens de l'avenir du Québec et de ce qui devrait être posé comme gestes.
Il y a des gestes impopulaires qu'il faut parfois poser, qu'on se refuse de
poser, il y a des gestes faciles qui peuvent nous coûter cher. Et, ce
gouvernement, j'espère qu'il saura puiser dans l'inspiration qui l'a vu naître.
Moi, ma boussole... J'ai toujours été du
même côté, Mme la Présidente. Je sais de quoi est fait mon engagement. Il
serait plus facile pour moi d'être dans un parti pour qui c'est juste le
pouvoir qui compte et de regarder les sondages en disant : On va ajuster
ceci et cela. Non. Je n'ai pas choisi la voie la plus facile, mais la plus
authentique, en ce qui me concerne. Et, vous savez, ça fait 18 ans que je
suis à l'Assemblée nationale, ça fait 30 ans que je suis dans ma formation
politique, je ne l'ai jamais quittée. Et je fais ces débats d'ici en disant que
je suis convaincu que les gens respectent des hommes et des femmes qui sont
fidèles à leurs convictions puis à leurs promesses de début en politique. Et,
la CAQ, pour avoir été aux premières loges ici, quand elle est arrivée, je me
souviens quel était le discours. Je m'en souviens tellement parce qu'ils
voulaient que je siège avec eux. Je ne l'ai jamais dit. Je vous le dis là. La
discussion a duré à peu près 1 min 15 s, et j'ai eu le temps de
m'informer de la santé des enfants de la personne qui m'appelait.
On est devant une situation budgétaire
préoccupante pour l'avenir, un endettement record. 13 milliards, c'est
beaucoup d'argent, surtout quand on partait avec 8. 13 milliards, ça veut
dire des choix difficiles puis pas de plan connu de retour à l'équilibre
budgétaire. D'ailleurs, il y a déjà des mesures qui avaient été prises.
L'automne dernier, c'était la mise à jour. Qui se souvient que les travailleurs
de 60 à 64 ans se sont... au travail, là, 60 à 65 ans, c'est
1 000 $ de moins pour ces personnes. Ça a commencé à l'automne
dernier, là. 200 000 travailleurs qui ont le cœur, puis qui sont... la
capacité, puis qui veulent collaborer, on a besoin de main-d'œuvre, sont sur le
marché du travail, on leur enlève 1 000 $ de leurs portefeuilles,
pour reprendre une expression que le gouvernement aime bien <utiliser...
M. Bérubé :
...de
leur portefeuille, pour reprendre une expression que le gouvernement aime bien >utiliser.
Donc, je termine en vous disant que les
ministres voient bien, là, qu'ils n'ont plus aucune marge de manœuvre.
D'ailleurs, je soupçonne que, dans bien des cas, ils ont déjà choisi de ne pas
se représenter. Ça va être dur de défendre ça. Moi, je vous confirme que je
serai ici pour continuer de défendre la vision qui est la mienne. Et, si
d'aventure les citoyens le souhaitent, les choses vont changer de façon
considérable au Québec. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Maintenant, je cède la parole
à Mme la ministre responsable des Aînés.
Mme Sonia Bélanger
Mme Bélanger : Mme la
Présidente, le budget de notre gouvernement n'est pas neutre, il traduit un
choix de société, il reflète une volonté ferme de faire face au vieillissement,
une étape de vie qui doit être accompagnée avec de la dignité et non comme une
fatalité à gérer. Ce budget que nous avons déposé, c'est notre réponse aux
attentes des aînés, de leurs familles, des proches aidants et de tout le réseau
qui les entoure.
Mme la Présidente, nous savons ce que les
aînés souhaitent : rester à la maison, vivre dans leur quartier, être
entourés de leurs proches. C'est notre responsabilité de leur offrir les moyens
de le faire. C'est pourquoi nous consacrons, cette année,
2 598 000 000 $ au soutien à domicile. C'est une hausse de
81,7 millions qui correspond à une hausse de 3,25 %. Et j'en profite
pour informer les CISSS et les CIUSSS qu'il n'y a pas de coupures en soutien à
domicile. C'est une augmentation, je le répète, de 3,25 %. Ce montant
s'inscrit dans les grands programmes du ministère pour nous aider à augmenter
les soins infirmiers à domicile, la réadaptation et les services de soutien
psychosocial.
Mme la Présidente, au niveau de
l'hébergement, certaines personnes âgées en perte d'autonomie plus avancée ont
besoin de soins en établissement. Et c'est notre devoir de leur offrir des
milieux de vie humains, sécuritaires et de qualité. Nous portons, cette année,
le budget de l'hébergement à 6 122 000 000 $. Il s'agit
d'une hausse de 350 millions de dollars, soit une augmentation de 6 %
de plus par rapport à l'année précédente. Ça aussi, Mme la Présidente, ce n'est
pas des coupures. Ces sommes couvrent les CHSLD publics, privés, conventionnés
et non conventionnés, les ressources intermédiaires et les ressources de type
familial. Et nous allons encore plus loin, cette année nous investirons
318 millions de dollars pour améliorer la qualité des milieux de vie.
• (12 h 20) •
Mme la Présidente, depuis 2021, notre
gouvernement a investi 1 096 000 000 $ pour assurer la
stabilité du réseau des résidences privées pour aînés. On en parle beaucoup,
des résidences privées pour aînés, Mme la Présidente, mais j'aimerais vous
rappeler que c'est 1 milliard de dollars annuel qui est vraiment mis pour
aider nos RPA au Québec. Donc, ce n'est pas rien, c'est 1 milliard de
dollars, en particulier 490 millions pour la transition salariale,
260 millions pour les gicleurs, 200 millions pour des allocations
résidentielles. Alors, Mme la Présidente, 1 milliard de dollars pour
soutenir les RPA. En 2025‑2026, nous allons aussi continuer de préserver la
grande majorité de nos programmes en RPA.
Maintenant, un mot sur les maisons des
aînés. On le sait, les aînés méritent des milieux de vie modernes, adaptés et
durables. Depuis 2018, notre gouvernement a investi plus de 1,1 milliard
de dollars pour construire, rénover et adapter les maisons des aînés en CHSLD.
Et j'en profite pour mentionner que, sur notre engagement de 46 maisons
des aînés, nous en avons 41, actuellement, qui sont livrées. Et les maisons des
aînés, au Québec, elles sont occupées, actuellement, à 90 % de taux
d'occupation.
J'aimerais aussi parler du Secrétariat des
aînés. On parle peu au Québec du Secrétariat des aînés, qui est une instance
qui relève directement de mon ministère. Et, pour le Secrétariat des aînés,
nous avons aussi une <hausse...
Mme Bélanger :
...qui
relève directement de mon ministère. Et pour le secrétariat des aînés, nous
avons aussi une >hausse des crédits cette année et nous disposons d'un
budget de 60 millions de dollars pour travailler à valoriser le
vieillissement actif et pour continuer d'améliorer la prévention et la lutte
contre la maltraitance pour les aînés.
Un mot très bref sur les Laurentides.
Permettez-moi de m'attarder un instant sur la région des Laurentides, puisque
je suis ministre responsable de cette belle région. Au niveau du Plan québécois
des infrastructures 2025-2035, nous prévoyons donc des investissements de
7,4 milliards de dollars dans cette région. Or, cela représente
vraiment une augmentation importante. Je le dis, ce n'est pas rien,
7,4 milliards. J'aimerais vous donner quelques exemples. En particulier,
du côté de l'hôpital de Saint-Jérôme, un nouveau pavillon est envisagé pour
accueillir l'urgence, le centre mère-enfant, la cancérologie, les unités de
soins — je sais que le député de Saint-Jérôme a travaillé très fort
sur ce dossier-là; à Saint-Eustache, un pavillon avec des cliniques externes. Donc,
on veut continuer de faire... d'améliorer nos infrastructures au niveau de la
santé et des services sociaux dans la région des Laurentides. Alors, ces
besoins sont importants puis ils répondent vraiment aux enjeux d'accès qu'on
vit dans les Laurentides parce que, notamment, la population a augmenté de
façon importante, depuis la pandémie, dans la région des Laurentides.
En conclusion, Mme la Présidente, ce
budget n'est pas un geste isolé. Il s'inscrit dans une suite de décisions
cohérentes qui placent l'humain et les aînés au centre de nos actions.
J'aimerais résumer : 2,6 milliards pour le soutien à domicile,
6,1 milliards pour l'hébergement, 318 millions pour la qualité des
milieux de vie et 1,1 milliard pour les RPA au Québec. Certains diront que
ce n'est pas assez, il faut en mettre toujours de plus en plus, mais je pense
que c'est important de noter que la part du budget qui est vraiment attribuée
pour le soutien à domicile et les aînés au Québec, elle est extrêmement
importante si on regarde le budget total du système de santé.
Alors, chaque dollar reflète une priorité,
la priorité qui est de mieux vieillir au Québec. Et je suis fière, comme
ministre responsable des Aînés, d'appuyer ce budget avec toute la conviction...
dans un contexte, c'est vrai, qui n'est pas facile, mais, s'il vous plaît, je
pense que c'est important de reconnaître tous les investissements qui sont
faits pour les aînés, et nous allons être au rendez-vous pour développer et
continuer d'améliorer les services aux aînés. Je vous remercie, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la ministre. Maintenant, nous poursuivons avec l'intervention de M. le
député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Réplique au budget 2025, on est là-dessus
depuis quelques moments maintenant. Je réplique, évidemment, en termes de mes
responsabilités du dossier des services sociaux.
Logement communautaire, 35 millions
par année, c'est ce qui est indiqué dans le budget, mais le ministre ne précise
pas où ça va aller. Est-ce que ça va aller en DI-TSA? Est-ce que ça va aller
aux jeunes ex-DPJ? Est-ce que ça va en itinérance?
Le lendemain du budget, la CAQ a annoncé
une entente avec le Regroupement des ressources résidentielles adultes du
Québec et avec l'Association des résidences du Québec. Tant mieux, il faut
solidifier ce réseau-là, c'est une bonne affaire. Mais qu'est-ce qui va rester,
là, du 35 millions? Qu'est-ce qui va rester pour la déficience
intellectuelle, le TSA? Qu'est-ce qui va rester pour le logement communautaire
en jeunes ex-placés, en jeunes ex de la DPJ? Qu'est-ce qui va rester en
itinérance après ces chiffres-là? Pas grand-chose, Mme la Présidente.
Au niveau du Programme de supplément au
loyer, on prévoit 500 nouveaux PSL, là, les programmes de supplément au
loyer, alors que le ministre nous confirme, du même souffle, qu'il y a
2 000 jeunes qui quittent la DPJ par année, là. On est loin du
compte. Le tiers des jeunes est à risque d'itinérance dès sa sortie en DPJ.
C'est ce que les statistiques nous donnent. Pour le volet 2 du PSL,
également, pour celui qui se destine aux personnes plus vulnérables, notamment
aux personnes en situation d'itinérance. Aux états généraux sur l'itinérance,
Mme la Présidente, la ministre de <l'Habitation...
M. Cliche-Rivard :
...notamment
aux personnes en situation d'itinérance. Aux États généraux sur l'itinérance,
Mme la Présidente, la ministre de >l'Habitation a dit que l'argent reste
dans les coffres, une partie de l'argent reste dans les coffres parce que les
critères sont trop sévères. Quelques semaines plus tard, le ministre des
Services sociaux nous dit : Tiens, voilà 500 unités de plus dans le
programme. Bien, encore faudrait-il que ces unités précédentes là soient
utilisées. Et ce que la ministre de l'Habitation nous dit, c'est que,
malheureusement, en raison des critères trop sévères, c'est impossible. Alors,
au final, on peut bien bonifier ledit régime, mais, s'il y a de l'argent qui
est resté sur la table, comme le dit la ministre, peut-être qu'il faudrait
véritablement s'assurer que les critères permettent qu'on délivre les PSL et
que, finalement, le fait d'augmenter ces dits PSL là sans les pourvoir ne sera
pas très utile à sortir des gens de la rue, Mme la Présidente. Il faut y
veiller le plus rapidement possible.
En itinérance, le ministre s'est engagé,
aux crédits provisoires, à déposer la liste des 205 projets qui sont
retenus, là, grâce à une bonification de l'investissement du gouvernement
fédéral. On attend donc le détail des 205 projets retenus. À notre
insistance, également, il a confirmé qu'on va pérenniser les sommes engagées
cette année pour les haltes-chaleur, pour les haltes-répit pour l'hiver. À savoir
qu'à chaque année il y a un appel à projets qui sort à l'automne, souvent à la
fin de l'automne, les organismes n'ont pas connaissance ou confirmation de leur
montant ou de leur l'enveloppe. Et on joue dans le même film à chaque année.
Là, fort heureusement, suivant notre insistance de l'année dernière, le
ministre a dit : Très bien, là, on va pérenniser tout de suite les places
en haltes-chaleur, en refuges, pour s'assurer qu'on ne court pas après l'argent
et qu'on ne court pas après les places encore l'année prochaine. Si ça a lieu,
ce sera effectivement une excellente nouvelle.
145 millions par année pour la
protection de la jeunesse, Mme la Présidente. On a demandé, aux crédits
provisoires, au ministre de nous détailler son plan avec cet argent. Il nous a
dit que, pour l'instant, il ne pouvait pas le ventiler. On ne pouvait pas
savoir exactement quel montant dans quel programme puis quelle était la
planification pour le réseau de la DPJ. Difficile à concevoir, à ce stade, Mme
la Présidente, alors que 145 millions additionnels sont prévus.
Les scandales en centre jeunesse se sont
accumulés les dernières années : mise en tutelle, la DPJ Mauricie, suite à
des mises en adoption trop rapides. Neuf éducatrices du centre jeunesse de
la Cité-des-Prairies ont été suspendues ou congédiées dans le cadre d'une
enquête en lien avec des gestes à caractère sexuel sur des jeunes, on en a
beaucoup parlé ici. Une adolescente de 14 ans a tenté de mettre fin à ses
jours au Centre jeunesse de Laval après avoir subi plusieurs mauvais
traitements, tels qu'une fouille à nu et des attouchements, et sa mère s'est
fait mettre en demeure pour les avoir dénoncés. Le Protecteur du citoyen critique
les façons de faire de l'unité Le Boisé du centre de protection et de
réadaptation pour les jeunes en situation de difficulté en... à Lévis. Dans son
rapport, il affirme que les jeunes sont parfois isolés jusqu'à 15 heures
par jour et il montre du doigt le confinement excessif et des périodes
d'isolement injustifiées qui auraient eu cours à l'intérieur de
l'établissement. Je continue, Mme la Présidente, une adolescente de
12 ans, neuroatypique placée à la DPJ après des tentatives de suicide,
mais la protection de la jeunesse s'oppose à ce qu'elle retourne dans sa
famille. Des statistiques fournies par la Sûreté du Québec relèvent que près de
60 % des disparitions d'adolescents, adolescentes concernent des jeunes
issus à la DPJ.
• (12 h 30) •
On est à près de quatre ans depuis le
rapport Laurent, on est à notre deuxième directrice nationale de la DPJ. On n'a
toujours pas de commissaire au bien-être et aux droits de l'enfant et on n'a
toujours pas de plan pour régler la crise de la DPJ. On ne sait toujours pas,
le ministre n'est toujours pas capable de nous ventiler, de nous démontrer où
vont aller les 125... les 145 millions qu'il a obtenus dans ledit budget.
Sur la main-d'œuvre, le ministre nous a
dit qu'il considère avoir assez de monde sur le plancher dans les centres
jeunesse, dans les centres de réadaptation. Mme la Présidente, je suis tombé en
bas de ma chaise, les gens sur le terrain aussi. On peine à soutenir les jeunes
adéquatement. Maintenant, on va devoir aussi sevrer le réseau de la
main-d'oeuvre indépendante, mais il n'y aura pas de valorisation, il n'y aura
pas d'embauche. Ça ne fonctionnera pas, Mme la Présidente.
Au niveau des familles d'accueil, le
ministre a avoué qu'il faut en faire beaucoup plus pour soutenir les familles
d'accueil, mais, encore une fois, on n'a pas voulu ventiler ce que ça voulait
dire. On n'a pas voulu nous dire combien d'argent serait disponible pour les
familles d'accueil. On a des familles d'accueil de proximité qui sont prêtes
dès aujourd'hui à prendre des enfants. On n'a pas le temps d'attendre les
annonces du ministre, Mme la Présidente. Il faut que ça bouge dès que possible.
Mettons-nous en mode solution. Laissons ces familles aimantes accueillir des
enfants, soutenons-les, donnons-leur les moyens pour qu'on puisse mettre de
l'avant les propositions qu'ils et elles ont pour ces enfants-là.
Financement du PSOC. Mme la Présidente,
10 millions à la mission, c'est tellement trop peu. C'est
3 000 $ par organisme. Qu'est-ce qu'ils vont faire avec ça, <Mme
la Présidente...
>
12 h 30 (version révisée)
M. Cliche-Rivard : ...qu'ils
vont faire avec ça, Mme la Présidente, 3 000 $. C'est notre filet
social. On en avait fait notre première bataille. Il va falloir les financer en
conséquence. C'est la première ligne. C'est 2,2 % d'augmentation au budget
de financement. Ce ne sera pas suffisant pour freiner l'exode des travailleurs,
travailleuses du réseau communautaire. Les organismes avaient calculé ce que ça
leur prendrait, et ça leur prenait tellement plus.
Surdoses, dépendances, on n'en fait pas
assez. La coronaire nous l'a dit dans le triste décès... dans son rapport d'enquête
du triste décès du jeune Mathis Boivin. Personne n'a envie de revivre ce genre
de tragédie. Mme la Présidente, le coroner nous a dit que ça prenait plus de sensibilisation,
ça prenait plus de formation, un peu partout au Québec.
On lisait, ce matin, des statistiques
alarmantes. Des dizaines de milliers de comprimés d'opioïdes ont été volés dans
des hôpitaux et des pharmacies au Québec depuis trois ans. La crise nous frappe
de front, Mme la Présidente, partout au Québec. C'est d'autant plus fâchant
alors d'avoir eu à contacter le ministre à multiples reprises pour qu'il
demande à Santé Québec d'enfin débloquer les sommes pour des organismes en
dépendance. Ils ont été nombreux et nombreuses à faire des lettres ouvertes, à
contacter le ministre pour obtenir l'argent qui leur avait été promis. Le
ministre nous a dit que ça n'arrivera plus. On l'espère.
Donc, en conclusion, Mme la Présidente, je
soumets une motion de grief. Je la lis :
«Que l'Assemblée nationale blâme le
gouvernement de la CAQ pour l'absence de plan d'action dans son budget afin de
répondre adéquatement à l'ensemble des recommandations du rapport Laurent et à
veiller au bien-être des enfants du Québec, particulièrement ceux sous la
protection de l'État.»
C'est comme ça que se lit la motion. Le
ministre a réussi, dans un budget d'une austérité alarmante, à aller chercher
de l'argent pour son réseau, mais on attend de savoir ce qu'il va faire avec, Mme
la Présidente. On n'est plus à l'étape de la confiance et de laisser aller. On
veut des réponses, on veut suivre l'utilisation des budgets, on veut savoir c'est
quoi, le plan pour les enfants plus vulnérables du Québec.
Alors, je demande au ministre, encore une
fois, de ventiler ses offres, ses propositions pour qu'on puisse être en mode
solution et proactif le plus rapidement possible. Merci beaucoup.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) :
...votre motion de grief est déposée sous réserve de sa recevabilité.
Maintenant, nous allons poursuivre
immédiatement avec M. le député de Saint-Jérôme.
M. Chassin :Merci beaucoup, Mme la Présidente. Alors, vous comprendrez que
c'est pour moi une première de me lever pour répliquer au budget 2025 depuis
ce côté-ci de la Chambre. Et puis je ne vous cacherai pas qu'il y a une
certaine continuité dans le discours que j'ai tenu l'an dernier en cette
Chambre suite au budget 2024‑2025 et puis maintenant 2025‑2026. Pourquoi?
Parce qu'il y avait un déficit record l'an dernier, 11 milliards de
dollars. Je me suis levé en cette Chambre essentiellement pour dire qu'on ne
pouvait pas minimiser ce montant-là, qu'il fallait le prendre au sérieux, qu'il
fallait poser les gestes conséquents.
Je vous lis, en guise d'introduction, un
petit passage que je trouve très révélateur, un engagement de la Coalition
avenir Québec pris le 28 août 2018 en campagne électorale. Je trouve ça
intéressant de le relire aujourd'hui. «Depuis 15 ans...» Et je cite, donc :
«Depuis 15 ans, le gouvernement libéral promet de s'attaquer au gaspillage
et de rendre l'État québécois plus moderne et plus efficace. Dans les faits,
peu de choses ont changé. Sous la gouverne du Parti libéral, les fiascos
informatiques se sont multipliés, les dépenses en technologies de l'information
ont été, et sont toujours, hors de contrôle, les coûts d'approvisionnement des
ministères et des organismes publics demeurent très élevés et les efforts de
réduction de la bureaucratie ont été minimes.»
Je relis ça aujourd'hui, Mme la Présidente,
c'est la fin de citation, évidemment, vous comprendrez que j'y vois... un petit
pincement au cœur, certainement pour moi et pour d'autres collègues. On avait
de grands espoirs, en fait, avant même d'être un parti politique. Je pense au
ministre responsable des Services sociaux, député de Taillon, que j'apprécie
beaucoup, qui lui-même, là, se disait : Il faut revaloriser les soins aux
patients, il faut réussir. Et vraiment c'est remarquable de le voir, comment...
comment il le mentionne, mais il faut que... la rémunération doit être orientée
vers le personnel oeuvrant sur le terrain plutôt qu'aux pourvoyeurs de schémas
organisationnels. Ce sont ses mots, dans un texte de la Coalition pour l'avenir
du Québec, donc avant le parti politique. Je pense qu'effectivement on est...
M. Chassin :...de la Coalition pour l'avenir du Québec, donc avant le
parti politique. Je pense qu'effectivement on est plein de bonne volonté, quand
on arrive au pouvoir. Mais ce n'est pas facile. Et malheureusement, si on ne le
fait pas, bien, le Québec se transforme, tranquillement, pas vite, en une
république du statu quo. Et ça, c'est quelque chose, Mme la Présidente, que je
pense qu'on ne doit pas permettre, en cette Chambre. On doit s'y opposer. On
doit porter notre voix. Dans une perspective constructive, je pense qu'on est
capables, Mme la Présidente, de reconnaître le mur auquel on fait face.
Le député de Matane-Matapédia
mentionnait... parce qu'on a environ le même âge, il mentionnait qu'on pouvait
se croiser les doigts puis espérer que le ministre des Finances ne soit pas
convoqué à New York pour expliquer les choix budgétaires. Pourquoi? Parce qu'il
y a eu un premier ministre, Lucien Bouchard, pour le nommer, qui a vécu ce
moment de tension face à la possibilité d'une décote. Je pense que personne ne
veut revivre le cercle vicieux des déficits qui s'enchaînent et qui endettent
les générations futures, mais qui limitent aussi les choix, même, présents.
Et, dans tous les investissements, entre
guillemets, qui sont mentionnés en cette Chambre, je ne sais pas combien sont
des investissements rentables, avec un rendement sur investissement qu'on peut
chiffrer. J'ai l'impression que... et c'est tout à fait valable qu'on consacre
des dépenses à certains postes, mais ce ne sont pas des investissements, Mme la
Présidente, pour autant.
Il faut reprendre le contrôle des dépenses
de l'État. D'avoir un déficit qui augmente d'une année à l'autre, alors que,
l'an dernier, on s'était promis, du côté du gouvernement, de faire un examen
rigoureux des dépenses du gouvernement, tant des dépenses fiscales que des
dépenses budgétaires, eh bien, c'était louable. Enfin, peut-être, face à la
nécessité, on allait faire l'effort de regarder la bureaucratie, de réduire la
complexité de l'État, de peut-être choisir aussi les missions essentielles
auxquelles se consacrer, plutôt que d'essayer de tout faire et de le faire mal.
Ça fait que, malheureusement, je n'ai pas l'impression que ça a été fait.
Puis, quand je dis «je n'ai pas
l'impression», Mme la Présidente, c'est qu'on a une section complète du budget
qui détaille la révision du cadre fiscal, et le ministre des Finances a, donc,
fait un travail remarquable. Que s'est-il passé du côté des dépenses
budgétaires? Et, rappelons-le, Mme la Présidente : les dépenses fiscales,
74 milliards, les dépenses budgétaires, 136 milliards dans le budget
de mars 2024. C'était l'engagement. Et, si on se dit que 136 milliards,
c'est plus grand, on devrait avoir davantage d'économies. Bien, à part des
espaces de bureaux en moins, peut-être, il n'y a pas grand-choses qui ont
changé.
Alors, Mme la Présidente, pour ne pas
l'oublier, je souhaite déposer une motion de grief :
«Que l'Assemblée nationale blâme le gouvernement
pour n'avoir pas mené l'examen rigoureux des dépenses budgétaires auquel il
s'était engagé.»
• (12 h 40) •
Je pense que ça reflète l'engagement qui
avait été pris, auquel j'ai cru et sur lequel, je pense, le travail,
malheureusement, aurait pu être fait, aurait dû être fait, mais n'a pas été
fait. C'est un peu une occasion manquée. C'est certainement, je dirais, un
rendez-vous à reprendre. Parce qu'on ne peut pas continuer sur la trajectoire
actuelle, Mme la Présidente, ce n'est pas soutenable. Ce n'est certainement pas
soutenable pour nous, ça l'est encore moins pour les générations futures.
Je regarde derrière nous, dans le passé,
toutes les générations qui se sont tenues, qui ont œuvré pour que les
générations suivantes puissent parler français, pour pouvoir vivre dans une
société tissée serré. On ne va pas s'arrêter en si bon chemin, on doit faire
notre travail. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je suis prête à entendre un autre intervenant. M. le
député de Pontiac, la parole est à vous.
M. Fortin :Bien oui, Mme la Présidente. Ça fait plaisir d'être là.
J'aimerais que les circonstances soient meilleures. Hein, c'est ça qu'on dit,
des fois, quand on va dans des funérailles...
M. Fortin :...ça fait plaisir d'être là. J'aimerais... j'aimerais que
les circonstances soient meilleures. C'est ça qu'on dit, des fois, aux... quand
on va dans des funérailles, quand on rencontre quelqu'un qui ne va pas bien,
hein : Je suis content de te voir, mais j'aimerais ça que les
circonstances soient meilleures. À lire le budget, Mme la Présidente, je n'ai
pas d'autre constat à faire que de dire que l'ambiance générale qui habite...
qui habite notre Assemblée, notre gouvernement, disons, me fait penser parfois
à l'ambiance triste d'un événement comme celui-là.
Parce que le budget qui a été déposé par
le gouvernement de la CAQ, là, on ne peut pas se faire de cachette, Mme la
Présidente, c'est un budget qui est désastreux, tant pour le Québec
d'aujourd'hui que pour le Québec de mes enfants. Juste la première ligne qu'on
a vue, la première chose qu'on a apprise du budget, c'est qu'il y avait
13,6 milliards de déficit, 13,6 milliards de déficit, dépendamment,
encore là, de ce qui se passe avec l'administration Trump, des tarifs qui vont
nous être imposés, de la vigueur de l'économie, là, au cours de la prochaine
année. Et je le dis, je le dis parce que le scénario qui a été proposé ou
suggéré par le ministre des Finances, le scénario sur lequel il base ses
hypothèses, c'est un scénario qui est optimiste pas mal, là, hein, Mme la
Présidente, 10 % de tarifs sur tout. Moi, je n'ai jamais entendu le
président Trump dire : Ah! bien, pour le Québec, je vais mettre 10 % des
tarifs. Je n'ai jamais entendu ça. Alors, on va voir, Mme la Présidente, mais
c'est un... disons que ça part une prévision budgétaire bien mal.
Moi, je me souviens, je me souviens du
budget de 2020, hein, vous vous souvenez de celui-là, c'est celui que le
ministre des Finances avait déposé la veille, la veille du mauvais cauchemar
qu'on a tous vécu, là, la veille du début de la pandémie. Déjà là, le fait
qu'il y avait des milliers de personnes dans un centre des congrès, c'était
peut-être discutable, mais il a déposé son budget, puis le lendemain, tout le
monde disait qu'il était périmé parce que ça ne tenait plus la route. C'est un
peu le même contexte aujourd'hui, là, on ne sait pas ce qui va se passer, Mme
la Présidente.
Mais, nonobstant la menace de notre cher
ami américain, d'habitude, quand on augmente le déficit, là, on fait ça pour
quoi? On fait ça pour offrir des meilleurs services à la population, hein, on
se dit : On est dans une période, là, où on a besoin d'améliorer les
services, on a besoin de faire plus d'investissements, on a besoin de lancer
plus de projets d'hôpitaux, de routes, d'écoles, on a besoin de stimuler
l'économie ou on a besoin d'améliorer les services. Mais là, Mme la Présidente,
le gouvernement de la Coalition avenir Québec a réussi un tour de passe-passe
qui, je pense, aurait causé des démangeaisons chez les gens qui sont issus de
l'ADQ ou les gens qui ont formé la Coalition avenir Québec il y a quelques
années. Ils ont réussi, Mme la Présidente, à augmenter de façon substantielle
le déficit cette année, tout en diminuant les services à la population, tout en
annulant un paquet de projets d'investissement dans nos routes, nos hôpitaux,
nos écoles. C'est... c'est un tour de magie inattendu.
Je m'attendais, de la part de la
philosophie que j'avais toujours cru comprendre du gouvernement de la CAQ et de
son prédécesseur de l'ADQ, que de restreindre les dépenses publiques c'était...
ça faisait partie de leur ADN. Il faut croire que non, Mme la Présidente. Ça
ressemble de plus en plus... Et j'ai entendu le chef de l'opposition
dire : C'est un gouvernement en fin de régime. Il n'a pas tort, Mme la
Présidente, mais c'est un gouvernement qui a perdu le nord. C'est un
gouvernement qui n'a plus aucuns principes fondamentaux sur lesquels s'appuyer.
C'est quoi, la CAQ aujourd'hui, Mme la Présidente? Je ne suis pas capable de
vous le dire. Je n'ai aucune espèce d'idée c'est quoi, la CAQ. Ils ne
respectent pas ce qui devait être leur principe de base, puis, en même temps,
ils réussissent à diminuer les services à la population.
Hein, hier, il y avait des manifestations
partout au Québec, là, de la Gaspésie à l'Abitibi, il y avait des
manifestations de gens qui nous disaient : Aïe! Vous êtes en train de
centraliser les services de santé. Moi, je pensais que c'était un gouvernement
qui voulait décentraliser ça. Il y avait des manifestants qui nous
disaient : Aïe! Vous coupez les services en région. C'est un gouvernement
qui nous dit : Aïe! Nous, on est des régions. Ils nous disent ça depuis le
début. C'est les petits centres de services qui sont les plus affectés...
M. Fortin :...qui nous dit : Aïe! Nous, on est des régions. Ils
nous disent ça depuis le début. C'est les petits centres de services qui sont
les plus affectés, Mme la Présidente : Pohénégamook, Trois-Pistoles, La
Tuque. Ce sont eux qui subissent les contrecoups des effets aujourd'hui. Alors,
gouvernement de région, on va repasser. Ils nous disaient, Mme la Présidente…
ça, c'est les manifestants qui disaient ça hier : Ils sont où, nos
députés, on ne les voit pas, on ne les entend pas, ils n'ont pas l'air de se
battre pour nous autres.
Mais il y a une question plus fondamentale
autour de tout ça, Mme la Présidente. Quand on voit que le déficit augmente à
vitesse grand V puis que les services diminuent comme c'est le cas en ce
moment, on est en droit de se demander il va où, notre argent. Les
contribuables sont en droit de se demander : Il va où, notre argent, qu'est-ce
que vous faites avec? Vous sortez des beaux plans budgétaires, là, à
l'élection, des cadres financiers, puis vous dites : Bien, voici ce qu'on
va être en mesure de faire.
Bien, ce gouvernement-là, il a dit que,
dans son cadre financier, il serait en mesure de faire l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont. Il a dit aux gens de La Malbaie qu'il serait en mesure de
faire un hôpital. Il a dit aux gens de l'Outaouais qu'il serait en mesure de
leur faire un hôpital tout neuf, tout beau. Il a dit aux gens de
Saint-Jérôme : Il va y avoir un nouvel hôpital à Saint-Jérôme. Et Dieu sait
qu'ils en ont bien besoin, Mme la Présidente. Ça, c'était tout supposé d'être
dans le cadre financier présenté par le parti qui demandait de se faire élire,
là, la Coalition avenir Québec.
Alors, il va où, l'argent? Parce qu'à ce
que je sache les gens, ils continuent de payer leurs impôts, à Saint-Jérôme,
les gens, ils continuent de payer leurs impôts à La Malbaie, chez nous, en
Outaouais. Les gens de l'est de Montréal, on ne leur demande pas moins
d'argent, Mme la Présidente, ils continuent de payer. D'ailleurs, s'ils ont un
char électrique, ils vont payer encore plus. Je vais laisser à ma collègue le
soin de faire cet argument-là, mais les gens sont en droit de se demander il va
où, notre argent. On ferme des services. Il va y avoir un plus grand déficit.
Il y a quelque chose qui ne marche pas avec le gouvernement de la Coalition
avenir Québec.
Et là le ministre de la Santé, Mme la
Présidente, parce que je me dois de parler de santé, d'agriculture, de
foresterie un peu et de ma région… Le ministre de la Santé a voulu nous dire,
l'autre jour, ici, à la période des questions : Aïe! Faites-vous-en pas,
ce n'est pas 3 % en santé qu'on donne, c'est 5 %. Et là il nous a
référé à une page bien, bien, bien obscure, hein, vous vous souvenez, Mme la
Présidente, il nous disait : Aïe! Vous allez rire jaune, arrêtez de parler
de 3 %, ça ne marche pas, votre affaire. Il nous a référés à la
page 19-16 du dossier des crédits, et là il nous dit : Bien, vous
avez juste à prendre le programme 2… Parce que, dans les crédits de transfert
du ministère de la Santé, là, il y a programme 1, Fonctions de coordination,
programme 2, Services dispensés à la population, programme 3, Office des
personnes handicapées, programme 4, Régie de l'assurance maladie, et programme
5, Conditions des aînés, on met tout ça ensemble, on a les crédits du ministère
de la Santé. Là, il nous dit : Bien, prenez juste le programme 2, puis
ajoutez à ça le 800 millions de nouvelles mesures qui est inclus dans le
budget, puis là vous allez avoir votre 5 %, aïe! c'est bien en masse, on
va être capables donner des services à la population, inquiétez-vous pas.
• (12 h 50) •
Ça, c'est du «gerrymandering» budgétaire.
Ça, là, c'est venir prendre la ligne qu'il nous tente de prendre dans le
budget, de dire : On va en rajouter une autre plus loin, on va enlever
celle-là, diviser x par y, ça vous donne 5 %. Il n'y a pas personne qui a
repris ça, Mme la Présidente, parce que ça ne tient pas la route. Ça ne tient
pas la route. Le ministre, il nous dit : Enlevez tout ce qui est de la Régie
de l'assurance maladie du Québec, dans la Régie de l'assurance maladie du
Québec, là, il y en a pour 8 milliards de services médicaux, ça, ça ne
compte pas. Il faut l'enlever. Mais il nous dit en même temps : Bien,
allez compter… dans le nouveau 800 millions de mesures, là, aïe! il
faudrait compter... il faudrait compter les remboursements de nouveaux
médicaments.
Mais, attends, il vient de nous dire qu'il
faut enlever la Régie de l'assurance maladie du Québec. Ça ne tient pas la
route. Tout le monde a compris que c'est 3 %, cette année, en santé, puis
que ça va être 2 % l'année prochaine, puis qu'avec 3 %, cette année,
en santé, puis avec 2 % l'année prochaine, on ne sera pas capables de
reconduire le même niveau de services qu'on a aujourd'hui. C'est ça qui se
passe, Mme la Présidente. Je vous le dis, les services, aujourd'hui, là, déjà,
là, ce ne serait pas une panacée, là. On a entendu le cas de M. St-Georges dans
ma région. Moi, je l'ai rencontré…
M. Fortin :...M. St-Georges dans ma région. Moi, je l'ai
rencontré, M. St-Georges, là, qui vit avec une sonde urinaire depuis des
mois, et des mois, et des mois et qui, là, considère payer 23 000 $
pour aller se faire opérer au privé, là. Mais il n'a pas 23 000 $ à
dépenser, Mme la Présidente. Mais il dit : Je n'ai pas le choix, si je
veux jouer avec mes petits-enfants. J'ai 75 ans, là, je n'en ai peut-être
pas pour longtemps, là, je veux jouer avec mes petits-enfants, là, je suis
tanné d'être assis dans le coin pendant que la famille... la famille fait la
fête.
Moi, je suis tanné, Mme la Présidente,
que, dans ma région, il y ait un an et demi d'attente pour avoir une
mammographie, un an et demi d'attente pour avoir une mammographie. C'est trois
semaines à Québec. C'est un an et demi dans ma région. Puis on ne sera pas
capable de maintenir le même niveau de services qu'on donne déjà? C'est
aberrant, Mme la Présidente.
Et là vous me dites : Bien, ça,
c'est... ça, c'est la santé, là, ça, c'est une chose. En éducation, pensez-vous
que c'est mieux? Ils ne sont même pas capables de couvrir l'augmentation
salariale qu'ils ont consentie aux professionnels de l'éducation. En sécurité
publique, les prisons, Mme la Présidente, ils vont diminuer le budget de
10 %.
Je répète ma question : Il va où,
notre argent? Les contribuables veulent savoir ils vont où leur argent. Parce
qu'ils n'ont pas de services à la hauteur de ce qu'ils contribuent au
gouvernement du Québec.
Au-delà de ça, Mme la Présidente, en
agriculture, moi, j'ai vu la sortie de l'UPA, la semaine dernière, là, qui
dénonçait, qui dénonçait la diminution de 1,7 % du budget global du
ministère de l'Agriculture et qui se disait : Savez-vous quoi? Dans le
contexte, dans le contexte qui nous est imposé par les décisions de M. Trump,
où les agriculteurs sont sous pression, dans le contexte préexistant où les
agriculteurs disaient déjà, manifestaient, criaient sur tous les toits que ça
n'allait pas bien, là, on vient nous dire, on ne profitera pas de l'opportunité
pour dire : Bien, c'est correct, on a besoin qu'ils soient plus
productifs, on va investir dans nos producteurs agricoles parce que les gens de
chez nous, ils sont prêts à faire... ils sont prêts à consommer Québécois. S'il
y avait un moment pour investir en agriculture, là, ils avaient la route
parfaite pour aller dans cette direction-là, elle était pavée, elle était belle
comme pas une route au Québec, ils avaient juste à regarder en avant, peser sur
autopilote puis appuyez sur... puis décider de faire cet investissement-là.
C'est juste ça qu'il manquait, mais toutes les conditions étaient réunies, puis
ils passent à côté de l'opportunité pareil.
Je veux dire deux mots sur l'Outaouais,
Mme la Présidente. En 2019, là, tout le monde qui était ici a voté pour une
motion en disant : Ça nous prend un rattrapage en Outaouais. Et moi aussi,
j'ai voté pour cette motion-là, vous aussi, Mme la Présidente, et tous les
députés qui étaient ici à l'époque. Et, à ce moment-là, les élus de
l'Assemblée, toutes formations politiques confondues, ont affirmé aux gens de
l'Outaouais : On le sait que vous avez besoin de plus, on va en faire
plus. Bien, l'Outaouais, c'est 4,7 % de la population, voici ce qu'ils
vont recevoir dans les 10 prochaines années du budget d'infrastructures du
gouvernement : en éducation, 3,7 %; dans nos cégeps et universités,
2,2 %; nos routes, 4 %; en culture, 0,8 %, Mme la Présidente, du
budget. Les gens de l'Outaouais sont en droit de se demander : Ils vont où
nos taxes et nos impôts? Il va où notre argent? Parce que, dans ce cas-là, là,
il va dans les autres régions du Québec. Ma région subventionne les autres
régions du Québec, Mme la Présidente, alors qu'on nous avait promis que ce
serait réglé, on nous avait promis le contraire.
Là, en plus, on vient nous dire : Ah!
vous savez, votre projet d'autoroute 50, là, qu'on vous a promis pendant
des années puis des années, oubliez ça. Ça, c'est dans les documents
budgétaires. Il y a un paquet, Mme la Présidente, de dossiers locaux, régionaux
d'importance qui sont annulés. Puis j'ai vu le député de Nicolet-Bécancour hier
faire une sortie publique en disant : Non, non, non, moi, je suis allé
vérifier si mon projet y est encore, j'ai parlé au bureau du premier ministre,
tout est beau, inquiétez-vous pas. Mme la Présidente, c'est écrit noir sur
blanc dans les documents que ces projets-là, le projet de la 55, de la 20, de
la 50, le projet ici, à Québec, l'intersection la plus achalandée au Québec,
vont être soit annulés ou suspendus, Mme la Présidente, noir sur blanc.
Alors, je n'ai pas le choix de déposer une
motion de grief qui se lit comme ça :
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement caquiste pour son budget, qui affaiblit encore
davantage un réseau déjà fragilisé par une réforme introduisant une structure
additionnelle, par un ajout de fonctionnaires et par une diminution des
services directs à la population.» Je vous remercie, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Votre motion de grief est déposée sous réserve de sa recevabilité.
Donc, il reste deux minutes, donc je vais immédiatement
céder la parole à M. le député de Montmorency, et vous pourrez poursuivre...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : ...de
sa recevabilité. Donc, il reste deux minutes. Donc, je vais immédiatement céder
la parole à M. le député de Montmorency, et vous pourrez poursuivre, bien sûr,
lorsqu'on reprendra les travaux. À vous la parole.
M. Simard : Alors, Mme la
Présidente, c'est avec un grand plaisir que je joins ma voix à ce débat portant
sur le discours du budget pour l'année 2025-2026. Toute étude de budget ne
peut pas se faire dans l'abstraction. Elle doit se faire, particulièrement
aujourd'hui, en étudiant le contexte global dans lequel nous nous retrouvons,
et particulièrement dans le contexte économique dans lequel nous sommes.
Il y a de ces dates, Mme la Présidente,
qui vont rester à jamais gravées dans l'histoire économique du Québec. Et
aujourd'hui même, le 2 avril, cette date, elle restera longtemps dans nos
livres d'histoire, et pour de mauvaises raisons, parce que, bon, nous serons...
on est à quelques heures à peine d'une annonce historique faite par la
Maison-Blanche et le président Donald Trump, qui veut imposer la plus
importante attaque tarifaire qui survient dans le monde libre, probablement,
depuis la révolution industrielle, probablement, depuis l'invention du train,
qui permettait l'exportation des devises, le rapprochement des marchés et la
globalisation de notre économie. Nous allons bientôt savoir de quoi il s'agit.
Pour l'instant, on reste encore un peu dans le flou.
Mais, sur ce, puisque le temps qui m'est
imparti est maintenant pratiquement révolu, et afin de poursuivre
convenablement le fil... le filon conducteur de ma pensée, nous reprendrons
après le repas, avec grand plaisir.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député de Montmorency.
Donc, compte tenu de l'heure, les travaux
sont suspendus jusqu'à 15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 59)
14 h 30 (version révisée)
(Reprise à 15 heures)
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Alors, bon après-midi à toutes, bon après-midi à tous. Prenez place,
collègues. Nous allons débuter nos travaux. Nous sommes rendus aux affaires
prioritaires.
Aux affaires prioritaires, à l'article 1
du feuilleton, l'Assemblée poursuit le débat sur la motion de M. le ministre
des Finances proposant que l'Assemblée approuve la politique budgétaire du gouvernement,
ainsi que sur les motions formulant un grief, présentées par M. le député de Marguerite-Bourgeoys,
Mme la députée de Verdun, M. le député de Jean-Talon, M. le chef de l'opposition
officielle, M. le député de Laurier-Dorion, Mme la députée de Chomedey, M. le
député de Taschereau, Mme la députée de La Pinière, M. le député de Jean-Lesage,
Mme la députée de Bourassa-Sauvé, M. le député de Maurice-Richard,
Mme la députée de D'Arcy-McGee, Mme la cheffe du deuxième groupe d'opposition, M.
le député d'Hochelaga-Maisonneuve, Mme la députée de Mille-Îles, Mme la députée
de Sainte-Marie—Saint-Jacques, Mme la députée de Westmount—Saint-Louis, Mme la
députée de Mont-Royal—Outremont, M. le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
M. le député de Saint-Jérôme et M. le député de Pontiac.
Avant de céder la parole au prochain intervenant,
je vous informe qu'il y a 11 h 6 min et 51 s d'écoulées à
la première étape du débat. La répartition du temps de parole restant est la
suivante : 47 min et 24 s au groupe parlementaire formant le
gouvernement, 57 min 7 s au groupe parlementaire formant l'opposition
officielle, 20 min et 23 s au deuxième groupe d'opposition,
18 min 15 s au troisième groupe d'opposition...
15 h 02 (version non révisée)
Le Vice-Président (M. Benjamin) : ...officielle,
20 min 23 s au deuxième groupe d'opposition, 18 min 15 s
au troisième groupe d'opposition.
Je cède maintenant la parole à M. le
député de Montmorency.
M. Simard : Merci beaucoup, M.
le Président. Alors, au moment de suspendre nos travaux, je vous disais ceci :
La date d'aujourd'hui, le 2 avril 2025, restera malheureusement gravée
dans nos livres d'histoire. Pourquoi? Parce que, dans moins d'une heure, nous
allons connaître la plus grande attaque commerciale que le Québec n'a jamais
subie de toute son histoire. En effet, via... de la Maison-Blanche, le
président Trump annoncera une deuxième série de tarifs qui vont affecter l'économie
d'ici. Et c'est 160 000 emplois qui risquent d'être menacés à terme
dans les semaines qui viennent.
Et, face à cette menace économique
historique, M. le Président, nous avons en définitive trois postures qui se
présentent à nous. La posture de la soumission, la posture de l'aveuglement
volontaire et la posture de la confiance en soi et de la détermination. Laissez-moi
brièvement vous parler de chacune d'entre elles.
La soumission. Il est généralement admis
en marketing politique qu'il ne faut jamais nommer le nom de ses adversaires
parce qu'on leur donne de la visibilité. Mais arrive un jour où il faut appeler
un chat un chat, M. le Président. Et il y a malheureusement au Québec des gens
qui, depuis le COVID, font partie d'un mouvement qui s'appelle MAGA, «Make
America Great Again». On les voit avec leurs casquettes et puis tout ça, tu
sais. Jusqu'à un certain point, comme le disent les Britanniques, il y avait
une forme d'«amused tolerance», de tolérance amusée. Je n'étais pas de ceux-là,
mais certains trouvaient ça divertissant. Mais arrive un stade, M. le Président,
où il faut distinguer la discussion de taverne de la réalité telle qu'elle se
présente à soi. Et, à partir d'aujourd'hui, il y a des gens qui doivent faire
un examen de conscience : À qui va désormais leur fidélité? Est-ce aux orientations
et aux valeurs de Donald Trump ou est-ce à la nation québécoise ou, s'ils le
préfèrent, au Canada? Ils ont un choix à faire. Et moi, je ne suis pas de ceux
qui sont dans le camp de la soumission. Et tant et aussi longtemps que je serai
député, je vais me battre contre ce discours.
Il y a aussi un discours qui valorise l'aveuglement
volontaire, et je parle ici de mes amis du Parti québécois. Parce que quand on
leur demande : Oui, mais qu'est-ce que vous pensez de l'élection de Donald
Trump? Bien, voyons donc! Pas de problème, on va faire l'indépendance. Oui,
oui, mais qu'est-ce que vous allez faire avec les tarifs? Bien là, voyons donc,
pas de problème, on va faire l'indépendance. Ah oui, mais plus que ça, on va
faire un dollar québécois, rien de moins, dans une des pires périodes de
turbulences économiques que nous connaissons. Regardez le taux de change
aujourd'hui du dollar canadien, qui est une des devises intermédiaires les plus
fortes au monde avec les devises australiennes et d'autres, c'est déjà très
faible. Imaginez-vous la turbulence avec un dollar québécois. Mais je referme
la parenthèse, parce que cette obsession de l'indépendance dans le contexte que
nous vivons actuellement en dit très long sur les valeurs du Parti québécois.
L'indépendance est une valeur qui est
noble, qui est riche. Ça fait partie du coffre à outils du peuple du Québec,
mais l'instrumentaliser à des fins partisanes, ça ne fait pas avancer la
collectivité. Il y a 160 000 emplois qui sont en jeu, et qu'est-ce
que nous répond le Parti québécois? Ah! nous, là, on va faire un référendum.
Notre priorité, ce n'est pas de sauver des jobs, c'est de trouver une date pour
un référendum gagnant. Cette obsession référendaire, elle est devenue contre-productive
pour leur parti comme pour l'ensemble de la société québécoise. Et sachez, M.
le Président, que tant que je serai député de ce côté-ci de la Chambre, je vais
m'opposer à cette vision simpliste de l'avenir du Québec.
Il y a aussi, M. le Président, et je fais
vite, la voie de la confiance en soi, la voix de la détermination, et c'est
celle que je vois en ce moment. Le premier ministre du Québec est en Europe. Il
a rencontré il y a quelques heures à peine le ministre de l'Économie de l'Allemagne,
une des plus grandes puissances économiques du monde. Nous traçons les voies de
l'avenir. J'aime l'attitude de notre premier ministre qui est calme dans la
tempête et qui n'a pas fait, comme d'autres premiers ministres qui ont voulu
déchirer leur linge en public puis faire la une le soir et puis qui ont reçu un
boomerang dans la face le lendemain matin. Nous avons un bon capitaine qui
commande le navire et j'ai confiance dans son orientation.
M. le Président, j'ai très, très peu de
temps. Nous discutons du budget. Et, sur les 156 milliards de dollars
que comporte ce budget, vous savez, il y a une vingtaine de ministères...
15 h 07 (version non révisée)
M. Simard : ...il y a
plusieurs types de politiques publiques dans chacun des ministères. Il y a
différents programmes qui accompagnent ces politiques publiques. Chacun des
programmes se compose de projets. Et moi, je peux aujourd'hui regarder les citoyennes
de Montmorency dans les yeux et leur dire que, depuis 2018, jamais aucun
gouvernement comme le mien, comme la CAQ, dirigée par le premier ministre, n'a-t-il
amené autant d'investissements publics dans le comté de Montmorency, que ce
soit à Sainte-Brigitte-de-Laval ou que ce soit à Beauport. Et cela est dû
notamment à une équipe fantastique composée par un ministre des Finances
aguerri, qui propose une approche équilibrée et responsable vis-à-vis la
turbulence économique qui s'annonce. Merci de votre attention, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Montmorency. Nous poursuivons le débat sur le
discours sur le budget, et je reconnais Mme la députée de Jeanne-Mance-Viger.
Mme Rotiroti : Merci, M. le
Président. Je suis bien contente d'avoir... avoir arrivé à la toute dernière
minute de l'intervention de mon collègue de la Montmorency, qui était parti sur
une envolée. Alors, je pense qu'après mon discours, peut-être, il va comprendre
que ce n'est pas tous les comtés qui sont aussi bien servis que le sien.
Alors, M. le Président, on est ici aujourd'hui
pour parler du budget. Je ne peux pas croire que, l'année passée, on avait un
déficit record. On pensait qu'on avait un déficit d'accord. Aujourd'hui, on se
retrouve dans une situation pire qu'on l'était il y a un an. Je ne pensais pas
que c'était possible, mais, écoutez, c'est le sixième budget déficitaire de ce
gouvernement-là. Il faut arrêter de mettre le blâme sur les autres. On entend
toujours : C'est la faute des libéraux, c'est la faute de la COVID. Bien,
savez-vous quoi? Ça fait... ça fait sept ans que la CAQ est là. Ça fait sept
ans que la CAQ gouverne. Il va falloir qu'ils commencent à prendre leurs
responsabilités.
Nous, quand on était là, on a laissé 7 milliards de
dollars de surplus. 7 milliards, je répète, 7 milliards de surplus.
Aujourd'hui, on se retrouve dans un déficit de plus de 13 milliards de
dollars. Ça, là, c'est des mauvaises décisions de la CAQ. Si on se trouve
aujourd'hui dans l'état... que les... sont aujourd'hui, c'est à cause de
votre... de la façon que vous gouvernez. La CAQ s'est présentée comme le
champion, l'année passée, pour un déficit record, et il récidive encore cette
année. Chaque année, chaque budget, la CAQ à des excuses pour leur mauvaise
gestion des finances publiques. Comme j'ai dit tout à l'heure, la COVID, les
libéraux. Après ça, c'est, bon, la grille tarifaire avec Trump. Il y a toujours
une excuse pour ne pas assumer les erreurs qu'ils ont faites, pour ne pas
assumer les décisions qu'ils prennent.
La CAQ a échoué à arriver à augmenter la
productivité, elle ne stimule pas l'économie et l'accès aux services publics
est le plus que jamais difficile. C'est ça que la CAQ ne comprend pas. Aujourd'hui.
Les Québécois ne sont jamais... sont mal servis, ils n'ont pas les services. On
paie plus cher, puis les services ne sont pas au rendez-vous. Ce qui me frappe
le plus, c'est l'incohérence dans la gestion des finances publiques. Dans la
majorité de mes dossiers, M. le Président, je m'occupe... oui, je suis la whip
en chef de l'opposition officielle, mais j'ai le dossier d'infrastructure, j'ai
les dossiers de développement économique régional et j'ai aussi... responsable
de la métropole. Puis je vais avoir l'occasion de décortiquer le budget sur
chacun de ces dossiers-là, M. le Président.
...on apprend que des programmes pour les
PME et au niveau des infrastructures sont suspendus. On apprend que les... des
projets d'infrastructure retournent à la table de dessin. On réalloue des
fonds, on regroupe des programmes, on augmente des critères d'admissibilité. Il
n'y a aucune prévisibilité économique au Québec avec ce gouvernement-là. Il n'y
a aucune prise de responsabilité envers des engagements qui ont déjà été pris.
Le gouvernement dit vouloir injecter 5,4 milliards sur cinq ans pour
stimuler l'économie, aider les entreprises et soutenir les projets d'investissement.
Sauf que ces investissements-là, il aura fallu les faire il y a sept ans. On ne
doit pas décider d'appuyer notre propre économie uniquement quand on réalise
que les Américains nous tournent le dos.
La conséquence de l'historique des mauvais
choix politiques de la CAQ, c'est que, si on veut aider nos entreprises pour
créer dans... créer la richesse... la richesse aujourd'hui, on doit faire... on
doit le faire au détriment de nos services publics. On nous parle de hausse des
dépenses limitées...
15 h 12 (version non révisée)
Mme
Rotiroti
:
...et des seuils qui ne couvrent même pas l'augmentation des coûts de
système en général. Résultat : coupures en santé, en éducation, en
tourisme, en sécurité publique, en agriculture, et j'en passe, M. le Président.
Le ministre des Finances dit, et je le
cite : «Nous devons maintenant entamer un changement de paradigme. Nous
avons la responsabilité de revenir à des niveaux de croissance plus modérés et
poursuivre l'amélioration des services grâce à des gains d'efficacité et d'organisation.»
On est dans la septième année de gouvernement caquiste. C'est un constat qui
est fait beaucoup trop tard.
Et c'est les prochaines générations qui
vont en payer le prix. Il faut que ce soit dit et que ce soit clair, la CAQ
hypothèque l'avenir de nos futures générations. Le P.D.G. de l'Institut
économique de Montréal l'a dit clairement dans son analyse, après le dépôt du
budget : «Le ministre... et je le cite, M. le Président, Le ministre
Girard tente de nous rassurer, affirme qu'il y a un plan pour revenir à l'équilibre
budgétaire avant le début de la prochaine décennie. Or, ce plan n'est tout
simplement pas réaliste. Et, en l'absence d'un vrai plan de redressement des
finances, le Québec risque de continuer à mettre ses dépenses sur la carte de
crédit pour bien longtemps encore.» Ça, là, le P.D.G. de l'Institut économique
de Montréal, c'est un allié normalement du ministre des Finances. C'est un
partenaire. Ils se parlent. Lui, là, il a eu le courage de dire ça, de dire,
là, qu'on va hypothéquer les générations futures. C'est ça, le plan économique
de la CAQ, M. le Président.
Il faut aussi noter que le déficit de 13 milliards
est... est basé sur un scénario fictif dans le cadre duquel des tarifs
américains sont établis à 10 % sur une période de deux ans. C'est un peu
ironique aujourd'hui que je prends la parole là-dessus puis je fais mention de
ça parce que dans quelques minutes, M. le Président, on pourrait avoir les
résultats.
(Interruption) C'est moi qui frappe le
micro. Ça pourrait être le... On pourrait savoir c'est quoi, les tarifs, est-ce
que c'est à 15 %, 20 %. Bien, il faut croire que le ministre des
Finances a une boule de cristal puis lui a déjà mis dans le budget que ce
serait établi à 10 %. Vous comprenez, M. le Président, que dès que le
président des États-Unis Trump déclare que c'est au-delà de 10 %, que le
budget ne tient plus puis que le... qu'est-ce que le ministre des Finances...
la prédiction du ministre des Finances ne tient plus. Vous comprenez ça?
Laissez-moi être claire. Si les tarifs
sont 1 % plus élevés que le ministre prévoyait dans son budget, bien là,
les... ça veut dire que des tarifs de 12 %, 15 %, 20 %, comme j'ai
dit, c'est le retour à la table de dessin et encore des coupures. C'est ça que
ça veut dire, M. le Président.
Le ministre des Finances va faire quoi si
le nouveau gouvernement abolit l'augmentation des taxes sur le capital de
gains? Le 28 avril, jour des élections, le ministre va devoir prendre sa
calculatrice et déduire ses prévisions de 1,8 milliard de dollars sur
cinq ans dans nos revenus. Ça aussi, M. le Président, tous les autres... on
avait dit : On voulait... Le ministre a dit clairement : Il faut s'harmoniser
avec le fédéral sur le capital de gain. Bien, savez-vous quoi, le fédéral l'a
enlevé. Nous, le ministre ne l'a pas fait, c'est encore dans le budget. Alors,
j'ai hâte de voir comment qu'il va régler ça le 28 avril.
D'ici la fin de la journée... Bon. Bien, j'ai
parlé aussi de, bon, évidemment, les tarifs. Il y a d'autres bémols qu'on doit
noter. Le crédit d'impôt pour la recherche, l'innovation et la
commercialisation, qui s'appelle le CRIC, C-R-I-C, qui vient remplacer huit
mesures fiscales préexistantes. Pierre Graff nous dit que : «C'est un pari
osé, considérant que les PME ont presque complètement gelé leurs
investissements et que le CRIC ne garantit pas la relance de ceux-ci.»
Prenons l'exemple des PME. François
Vincent, le VP Québec de la FCIE, souligne que : «Ces deux dernières
années, aucune mesure ne cible les PME. Les mesures dans le budget, évidemment,
sont les bienvenues. Mais, pour faire face au tremblement de terre de la guerre
tarifaire, nos PME doivent courir sur leurs deux jambes. Mais, en ce moment,
elles peuvent seulement sauter sur une jambe. C'est clair, ce qui est annoncé
dans le budget n'est pas assez. Là, on se demande pourquoi ce n'est jamais
assez, l'argent que la CAQ investit. La réponse, elle est très simple :
parce que le ministre ne sait pas les bonnes mesures pour nos PME.» Ça, je
répète, c'est François Vincent, le VP Québec de FCEI.
Même chose pour l'amortissement accéléré,
une mesure de 2.4 milliards censée permettre des déductions fiscales
supplémentaires pour nos PME. Le problème, c'est, comme M...
15 h 17 (version non révisée)
Mme Rotiroti : ...cela dit,
on récompense les comportements structurants des entrepreneurs dans un contexte
où la fiscalité aux États-Unis nous fait compétition et dans laquelle des
entreprises ont plus que jamais des incitatifs à déménager des activités au sud
de la frontière, ce qui nous fera perdre des sièges sociaux et des
investissements. Monsieur... ajoute un dernier point en disant que des enjeux
structurants comme la faible productivité, la création d'emplois au privé
manque de relève. M. le Président, je peux vous en parler longtemps, je peux
vous en parler longtemps. Je peux vous parler de l'allègement réglementaire
avec le projet de loi qu'on a fait, le projet de loi n° 85, mais je n'ai pas de
temps, le temps file.
On est devant un gouvernement qui est usé.
On est devant un gouvernement en fin régime. Si vous voulez... Si le
gouvernement pense sincèrement qu'en région nos PME vont bien, bien, je
pourrais prendre le temps, si le député de Montmorency voudrait, et je pourrais
lui démontrer à quel point vous êtes dans le champ, vraiment dans le champ.
Alors, M. le Président, vous comprenez, là, que'à partir d'aujourd'hui même, ce
budget-là ne pourrait plus tenir la route si jamais le... notre président des
États-Unis va au-delà du 10 % que notre cher ministre des Finances a prédit.
Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Jeanne-Mance—Viger. Nous poursuivons le débat sur
le discours du budget. Est-ce qu'il y a d'autres intervenants? Alors, je
reconnais Mme la... je reconnais Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Mme McGraw : Merci, M. le
Président. Juste pour enchaîner sur ma collègue, alors toujours un plaisir de
prendre la parole dans le contexte du budget de cette année. Évidemment, c'est
un budget historique, mais pas pour les bonnes raisons. C'est un budget
historique parce qu'on est rendu, encore une fois, avec un budget déficitaire
extraordinaire de 13... presque 13 milliards de dollars, et on a vraiment
devant nous... Il y a deux... il y a deux devoirs fondamentaux d'un
gouvernement, c'est de bien gérer les finances publiques et c'est de bien gérer
les services publics. Ça fait que là, sur les deux... sur les deux niveaux, c'est
vraiment un échec de ce gouvernement.
Moi, je vais parler, dans mon discours,
des deux aussi de... d'enjeux locaux et aussi régionaux parce qu'on a on a nos
dossiers de porte-parole en tant que des dossiers nationaux, mais aussi on est
des porte-parole pour des régions, dans mon cas, l'Estrie évidemment, députée
de Notre-Dame-de-Grâce. Alors, on sait que maintenant... Et dans mes dossiers
nationaux, c'est action communautaire, solidarité sociale et économie sociale.
Alors, j'ai affaire, à travailler avec des organismes puis des individus qui
sont... qui défendent vraiment les plus démunis de notre société, et avec ce
budget-à, avec les mauvaises décisions de la CAQ, on est dans une situation où
il n'y a pas beaucoup de marge de manœuvre à cause du gaspillage effectivement,
à cause des mauvaises décisions de ce gouvernement : les chèques
électoralistes, Northvolt, des mauvais investissements, des dépenses. Et à
chaque fois qu'un ministre du gouvernement se lève avec son fameux tableau de
bord avec les dépenses, on a dépensé plus que, mais sans les résultats, dans
mon monde à moi, dépenses pas de résultat égalent échec. Ça veut dire un échec,
alors les ministres devraient avoir honte de se lever avec leur tableau de bord
pour dire on a dépensé, on a dépensé sans résultat. C'est honteux, ça veut dire
que c'est un échec. Et c'est un devoir fondamental d'un gouvernement de bien
gérer les finances publiques et les services publics. Les Québécois. Les impôts
sont les plus élevés au Canada et en Amérique du Nord, et les Québécois n'en ont
pas pour leur argent. C'est des gens qui travaillent fort. C'est un bris du
contrat social. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est la P.D.G. de la fondation
du... pardon, de Centraide Grand Montréal, c'est le P.D.G. des Banques
alimentaires du Québec qui disent : Oui, on est en mode réaction, on fait
notre devoir Banque alimentaire, mais c'est au gouvernement de prendre des
décisions structurantes. Et le fait que parmi les presque 3 millions de... 3 millions
de demandes par mois vis-à-vis les banques alimentaires proviennent de
travailleurs, 20 %, c'est des travailleurs, des gens qui travaillent, qui
élèvent leur famille, qui paient des impôts. Ça, ce n'est pas juste une
question d'urgence humanitaire, c'est un échec économique. Le fait qu'un enfant
sur cinq au Québec a faim, c'est un échec...
15 h 22 (version non révisée)
Mme McGraw : ...humanitaire, c'est
un échec économique. Le fait qu'un enfant sur cinq au Québec a faim, c'est un
échec. Qu'un étudiant... qu'un étudiant sur deux vit l'insécurité alimentaire,
c'est un échec. On est en train de normaliser que les gens au Québec ont faim.
C'est un besoin de base, avec le logement, entre autres. Les gens au Québec ont
faim, les enfants, les étudiants, les travailleurs, les familles. Alors, c'est
vraiment honteux lorsqu'on regarde les décisions de la CAQ, le 7 millions de dollars
pour les Kings, les 700 000 $ pour Northvolt, SAAQclic, et j'en
ajoute. C'est de la mauvaise gestion, c'est du gaspillage des fonds des
contribuables. Alors, comme je dis, c'est plus que 13,6 milliards de dollars,
on parle.
Écoutez, on parle aussi des... on
essaie... comme ma collègue disait, on trouve plein d'excuses, on ne s'assume
pas. Mais un gouvernement mature, on s'assume. Ça fait que là, on est en
septième année. C'est comme un enfant de sept ans. Je ne prends pas mes
responsabilités. C'est de la faute de l'autre, c'est de la faute de ci, c'est
de la faute de ça. Mais là c'est la guerre tarifaire, mais on était déjà dans
une position de faiblesse avant cette guerre-là, M. le Président, on avait déjà
un déficit record. Ça veut dire qu'à la ligne de départ on est dans une
position de faiblesse grâce à ce gouvernement-là, qu'ils sont arrivés avec un
surplus, grâce aux libéraux, de 7 milliards de dollars. On est
rendus à 13 millions. Ça veut dire que... 13 milliards. Ça veut dire
qu'on a gaspillé 200... ou 20 000... pardon, 20 milliards de dollars.
C'est... boum! c'est extraordinaire, dans un mauvais sens.
Alors, on est dans une position de
faiblesse pour faire face à une menace très sérieuse, M. le Président, puis on
ne peut pas le blâmer sur n'importe qui. Ce gouvernement-là nous a mis dans ce
déficit bien avant que ça commence. En anglais, on dirait : We're going
into a tariff war without a war chest. C'est pour ça qu'il faut être vigilants
avec les finances publiques, pour pouvoir livrer des services, mais aussi parce
qu'on ne sait pas qu'est-ce qu'il va... Est-ce qu'il va y avoir une pandémie?
Il va-tu y avoir... Ça fait que, du début, on est dans une mauvaise position,
et c'est ce gouvernement-là qui doit assumer ses responsabilités. Un gouvernement
mature assumerait... s'assumerait et assumerait les responsabilités.
Ça fait que, Northvolt, 710 millions de dollars,
le fiasco SAAQclic, 500 millions de dollars, dépassements de
coûts, et on verra s'il va y en avoir plus. L'échec électoraliste, 6,7 milliards de
dollars. Moi, j'aimerais demander au ministre des Finances : Est-ce qu'il
est fier de cette décision-là? Est-ce qu'il est fier d'avoir gaspillé cet
argent-là qui allait vis-à-vis des Québécois qui n'en ont pas besoin, au lieu
de cibler les Québécois qui en ont besoin? Il y a des citoyens vulnérables. Et
tout le monde est touché par le coût de la vie, mais ce sont les personnes
démunies et vulnérables qui le sont de plus, parce que ces gens-là passent
beaucoup plus d'heures de leur temps, un pourcentage de leur temps à combler
leurs besoins de base. Alors, c'est les plus démunis qui en souffrent
davantage, de ces mauvaises décisions, de ce gaspillage, du fait que des gens
de la classe moyenne, et plus, ils ont eu des chèques de 500 $, 600 $,
qu'ils n'en avaient pas besoin. C'est un non-sens, c'est irresponsable.
Alors, nous, on avait mis l'emphase, dans
nos demandes prébudgétaires... on était rendus, là dans les besoins de base, on
était vraiment rendus. Nourrir, loger, servir. On était rendus là dans nos
demandes prébudgétaires. Moi, je vais parler un peu de nourrir. Nourrir, comme
on le sait, oui, le...
15 h 27 (version non révisée)
Mme McGraw : ...a répondu aux
besoins, aux demandes prébudgétaires des banques alimentaires du Québec, et c'est
une bonne chose parce qu'il faut répondre à ces demandes-là, mais c'est un
dernier recours, les banques alimentaires. Et est-ce qu'on... Si on souligne le
fait que c'est seulement un quart des Québécois... Parmi les Québécois qui
vivent l'insécurité alimentaire, il y a juste un sur quatre qui va aller aux
banques alimentaires. Ça veut dire qu'il y a beaucoup plus de Québécois qui ont
fait, qui ont, pour des raisons ou des autres, n'ont pas recours aux banques
alimentaires. Et comme je le dis, ceux qui y ont recours, 20 %, ce sont
des travailleurs. Et Martin Munger, qui est le P.D.G. des Banques alimentaires
du Québec, qui reconnaît que le gouvernement leur a donné, a répondu à leurs
demandes prébudgétaires, mais il dit : Non, non. Il faut des mesures
structurantes. C'est un bris du contrat social. Ce n'est pas à nous de gérer
cette crise. On va répondre, mais il faut prévenir, il faut minimiser, il faut
éviter ces demandes parce qu'on est en train, comme je dis, M. le Président, de
normaliser la faim au Québec. Et comme je le dis, c'est des travailleurs, c'est
des enfants, un enfant sur cinq, qui a faim.
Le gouvernement a pris des mois, et des
mois, et des mois à négocier avec le fédéral, avec Ottawa, pour une entente sur
l'alimentation scolaire. Les groupes sur le terrain me disent... Puis on l'a
eue, en fin de compte, cette entente a été signée à la dernière minute, le 7 mars.
Les groupes sur le terrain me disent : On vient de perdre une année
scolaire, plus ou moins, parce que, là, une fois que c'est signé, il y a d'autres
étapes, et là de mettre tous les partenariats, tu sais, en place. Et le Québec
aurait dû être le premier, dans le sens qu'on a déjà, avec le Club des petits
déjeuners, avec Cantine pour tous... on a déjà des organismes sur le terrain,
mais on a laissé ça à la dernière minute. Ma collègue, elle a dit : On est
en train d'hypothéquer l'avenir de nos enfants, des futures générations, mais
les enfants, présentement, les jeunes, ils sont déjà... ils souffrent déjà.
Ça fait qu'on l'a signée. Là, il faut
aller de l'avant. Il faut évidemment cibler. Je sais, dans un monde parfait, ce
serait universel, mais il faut cibler les jeunes dans les milieux défavorisés
dans un premier temps. Alors, nourrir, il faut nourrir, on est rendu là, M. le
Président, on est rendu là que, dans nos demandes prébudgétaires... on est
rendu aux besoins de base de Maslow : se nourrir, se loger. Là, servir...
servir les personnes qui sont les plus vulnérables. Évidemment... et
évidemment, l'opportunité en or pour vraiment répondre aux plus vulnérables.
Hier, on avait eu une interpellation de la
ministre qui a été amenée par les collègues de Québec solidaire, on parlait de
l'effritement du filet social sous la CAQ. Évidemment, il y a un plan de
pauvreté qui a été mis de l'avant par ce gouvernement, qui a été, oui, très
attendu. Et ça a été mis de l'avant le 21 juin 2024. C'est quoi, le 21 juin,
M. le Président? C'était le vendredi avant la fin de semaine de la fête
nationale. Un communiqué qui est sorti comme ça, comme une annonce
administrative. Parce que moi, je ne sens pas que le gouvernement était fier de
ce plan. Premier plan qui n'est pas chiffré. On n'a pas... on n'a pas...
pardon, on n'a pas de cible. C'est combien de personnes qui vont sortir de la
pauvreté avec ce plan? Ce n'est pas... Quelles sont les cibles?
Donc, M. le Président, je pourrais parler
longuement sur mes dossiers nationaux, mais je vais parler un peu de
Notre-Dame-de-Grâce aussi. Notre-Dame-de-Grâce c'est reconnu comme un quartier
aisé, mais 27 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté. Et on a
des enjeux majeurs en termes de santé, services sociaux, logement, éducation.
On a vu des coupures. Par exemple, on voit des programmes de jeunes qui sont
vraiment à risque à cause des coupures en éducation, justement, au niveau des
activités de loisir, des activités sportives et pour des enfants qui sont moins
aisés et dépendent de ça dans leur école, après l'école. Ce n'est pas comme mes
enfants, je vais aller... ils vont aller jouer au hockey, au baseball, parce
que nous, on est issus du privilège, M. le Président...
15 h 32 (version non révisée)
Mme McGraw :
...mais
pas... ce n'est pas tous mes concitoyens. Ça fait qu'il faut s'assurer que les
enfants ont accès au sport, aux loisirs. Ça, ça a été coupé. C'est important,
pour les jeunes, de... avec les écrans et tout ça, de sortir, de faire du
sport, d'avoir des activités, surtout pour les garçons, M. le Président. Je
suis une mère de trois garçons. On... Je suis très dans le positif pour
promouvoir les filles mais aussi réfléchir à nos garçons pour ne pas qu'ils
décrochent de l'école. On a des... On a rendu des chiffres très élevés.
Écoutez, je pourrais parler longuement. Je
vais parler un peu de l'Estrie parce que je suis porte-parole de ma formation
pour l'Estrie. Je vais souligner... J'ai été lundi d'ailleurs... j'ai été sur
le terrain, M. le Président, j'ai rencontré des entreprises sociales, j'ai
rencontré des organismes. Vous savez, M. le Président, l'Estrie, c'est une
région qui est très forte, très résiliente. Des gens s'entendent, c'est
innovateur. Mais ce qu'on nous dit sur le terrain, c'est que les... la CAQ a
fait des promesses, mais c'est des promesses pas livrées. C'est des promesses
brisées.
Prenons seulement l'exemple des trois
écoles qui ont été promises à Sherbrooke. Pendant la campagne électorale de
2022, le premier ministre, lui-même, il a dit : Il va y avoir l'école
Mitchell-Montcalm bâtie d'ici 2026. Ça n'a pas été commencé. On est en 2025.
Ça fait que les gens... Il y a Bedford
aussi. Il y a tout le CHSLD de Bedford. On avait dit qu'il allait y avoir un
CHSLD, et là, ces aînés se retrouvent sans options. Évidemment, il travaille
là-dessus. Il a essayé de... Mais c'est des gens qui veulent vieillir dans leur
milieu, près de leur famille. Ce sont des gens qui ont travaillé fort pour le
Québec.
Écoutez, je pourrais... je pourrais parler
longuement, mais de façon générale, je trouve que, comme je dis, tout le monde
souffre, le coût de la vie, mais c'est surtout les plus démunis qui en
souffrent davantage. Et, M. le Président, je vais terminer avec le dépôt d'une
motion de grief. Et je lis :
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement caquiste pour son manque de vision et d'investissement
dans la lutte à la pauvreté et la lutte aux inégalités sociales.» Merci, M. le
Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce. Votre motion est déposée sous
réserve de sa recevabilité. Nous poursuivons le débat. Et je reconnais
maintenant M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
M. Arseneau :
Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, c'est à mon tour de prendre la parole ici,
devant les parlementaires, pour commenter le budget de la semaine dernière,
budget, faut-il le rappeler, qui est historique parce qu'il représente un
déficit qu'on n'a jamais inscrit ici, au Québec, dans la gestion des fonds
publics. C'est évidemment un triste jour, un jour sombre pour les finances
publiques.
Et on nous a proposé une explication à l'effet
que ce sont les tarifs ou la menace de tarifs des États-Unis qui font en sorte
qu'on va dépenser davantage avec moins de revenus et que le déficit va
augmenter. Souvenons-nous, l'an dernier, le déficit était de l'ordre de 11 milliards de
dollars. On devait le résorber sur cinq ans. Il y avait même des gains d'efficacité
qu'on devait aller chercher de 2.9 milliards en cours d'année. Évidemment,
on n'a pas atteint ces objectifs-là. Mais, cette année, le déficit, il est de l'ordre
de 13,6 milliards de dollars, M. le Président.
Et, ça, c'est en utilisant un scénario
optimiste. C'est-à-dire, on va le savoir un peu plus tard aujourd'hui, donc
dans 1 h environ, si les tarifs imposés par les États-Unis seront de 10 %
ou de 25 %, mais on a pris l'étalon du 10 % pour calculer le budget.
Normalement, si le président Trump respecte ses déclarations du passé, ce
serait plutôt 25 %. Donc, dans ce cas-là, bien, c'est au-delà de 14 milliards de
dollars, 14.5 milliards de dollars, le déficit pour la prochaine
année.
Mais, si on éliminait toute menace, si,
parfois, par chance, le premier... le président américain se ravisait, bien, on
aurait tout de même ici, au Québec, pour la prochaine année financière, M. le
Président, un déficit historique, un déficit de 12.9 milliards de
dollars.
Et ce n'est pas par accident. C'est
essentiellement la résultante d'une gestion des affaires publiques et des fonds
gouvernementaux par la CAQ qui est défaillante, qui est...
15 h 37 (version non révisée)
M. Arseneau : ...dans la
mesure où, en prenant le pouvoir, la CAQ jouissait d'un surplus accumulé de 7 milliards de
dollars. Et on peut se rappeler que le gouvernement s'est mis à dépenser sans
compter, comme s'il n'y avait plus de lendemain, dans toute une série de
projets présentés comme des investissements, et des investissements sûrs,
comme, par exemple, dans la filière batterie pour le projet Northvolt où, à l'heure
actuelle, on peut parler de 710 millions de dollars de perdus,
évanouis, jetés aux poubelles.
On peut penser également au financement d'une
entreprise comme Taiga, ou comme Lion Électrique, ou encore comme Flying
Whales. Ce sont des millions qui s'accumulent de pertes pour le gouvernement du
Québec.
On peut penser également au scandale de
SAAQclic où le dépassement de coûts, c'est plus d'un demi-milliard de dollars
et on continue de compter. On continue de faire des dépassements de coûts dans
d'autres projets de transition numérique. En santé, le dossier numérique, on a
au moins 228 millions de dollars de dépassements dans la mise en place d'un
système administratif pour Santé Québec. C'est sans compter les deux projets
pilotes qui sont en cours présentement dans le réseau de la santé. Deux des
établissements sur les 34, on a déjà un dépassement de coûts d'au moins 40 millions de
dollars, probablement 45, et on s'imagine mal comment, si on le multiplie par,
disons, 15 ou 16, on va pouvoir contenir ça en deçà de centaines de millions de
dollars de plus que ce qui était initialement prévu, et budgété, et estimé.
Mais il faut également mentionner que le
gouvernement a aussi préalablement décidé de se priver de sources de revenus.
Il a décidé, de façon très électoraliste, de transmettre des chèques à l'ensemble
des Québécois, y compris ceux qui avaient des salaires quand même assez au-delà
de la moyenne. On parle de salaires de plus de 100 000 $, de 150 000 $,
des chèques de 400 $ à 600 $ ont été distribués. On parle d'un
montant total, là, de 3,5 milliards de dollars. C'est une somme que
le gouvernement ne peut plus avoir pour qu'on s'offre des services publics à la
hauteur de nos besoins et de nos attentes. Mais pire encore, des sommes
récurrentes ont été versées en matière de réduction d'impôts. La réduction d'impôts
électoraliste qui a été présentée par la CAQ, c'est 3,9 milliards de
dollars dont on se prive à chaque année. Ça pourrait résorber une partie du
déficit. Mais non, on a décidé de prendre des décisions à courte vue, pour des
raisons évidemment de gains électoralistes, sans penser à l'avenir.
C'est essentiellement la fable de la
cigale et la fourmi. On a dépensé tout l'été puis on se trouve le bec à l'eau,
dépourvus quand la bise arrive et que le premier... que l'élection du président
américain se révèle être pleine de surprises et de menaces pour l'économie du
Québec. Évidemment, ça nous met dans une position de vulnérabilité
exceptionnelle et c'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, on fait face à un
budget qui ne répond pas aux besoins et aux attentes des Québécois et des
Québécoises, mais aussi qui va obliger des ponctions dans les services qui sont
déjà offerts. On en a déjà eu un avant-goût en santé.
Rapidement, là, on sait que, vers la fin
de l'année dernière, en mettant Santé Québec sur pied, on a dit : Il faut aller
chercher 1,5 milliard de dollars de gains d'efficacité,
essentiellement de compressions budgétaires, de coupes, en minimisant l'impact
sur les services. Mais on a dit qu'il y aurait des impacts sur les services et
on les a vus et mis à pied infirmières, des réductions des services à domicile
et ainsi de suite.
On a fait pour bilan la semaine dernière
de l'opération qui était en cours parce qu'on a demandé pendant des semaines et
des semaines, depuis des mois au gouvernement d'être transparent, à demander à
Santé Québec de nous dire où ces coupures allaient être administrées. On ne le
sait pas encore. On nous dit : Bien, il faut attendre la fin de l'exercice
financier, c'est-à-dire le 31 mars. C'est terminé. Et là on nous dit :
Bien, l'été prochain, on fera le bilan pour l'année passée. Et on nous dit... bien,
c'est simplement ce qu'on demandait aux établissements, c'est de respecter leur
budget, un budget équilibré. Mais le budget que beaucoup d'établissements ont
adopté l'an dernier, à peu près à la même période, là, au mois d'avril, mai, bien,
c'étaient des budgets déficitaires. Pourquoi? Pour faire face à leurs
obligations, et c'était avec...
15 h 42 (version non révisée)
M. Arseneau : ...du
gouvernement. Mais, dans les trois derniers mois de l'exercice, on leur a dit :Allez
récupérer ça rapidement d'ici la fin de l'année. C'était mission impossible. C'est
effectivement ce qui s'est produit. On n'a pas réussi à aller chercher la somme
de 1,5 milliard. Mais là, on nous a dit, la semaine dernière, dans les
crédits provisoires que finalement ce n'était pas 1,5 milliard qu'on
aurait dû aller chercher pour équilibrer le budget des établissements en santé,
mais c'était plutôt 2,2 milliards. Donc, la somme était encore plus
importante. Mais là, on se félicite d'avoir été chercher 800 millions de
dollars. Où? Bien évidemment dans les services à la population, aux patients, mais
on n'a pas encore le détail de ça parce qu'on ne peut pas en faire l'analyse,
parce que le gouvernement, parce que Santé Québec refusent de nous révéler où
ces coupures ont été effectuées. Mais pour l'année prochaine, ces coupures-là,
elles sont déjà faites, elles ne vont pas... on ne recommence pas à zéro, là.
Les coupures qui ont été faites l'an dernier, bien, elles se traduisent par un
manque de services cette année, pendant l'année qui s'en vient parce qu'on veut
encore, évidemment, que les établissements puissent avoir des budgets
équilibrés. Donc, on ne va pas rajouter le 800 millions, on s'entend.
Mais pire encore, on vient dire que ce qui
sera à la disposition des établissements et de Santé Québec, c'est une
augmentation de budget de 3 %. On sait que les coûts du système sont
au-delà de 5 %. Certains disent 5,4 %. Alors, évidemment, c'est une
année de compressions, une année d'austérité suivie d'une autre année d'austérité
encore plus grande parce que ce sera 2 % l'année suivante. Dans un an, là,
on nous dit que ce sera 2 %. Alors, moi, je me dis mais c'est une période
où on va véritablement faire des coupes de services importantes. On n'a pas
encore vu l'ampleur du saccage que va nous imposer le gouvernement. Et je peux
m'appuyer là-dessus, M. le Président, sur une déclaration du ministre de la
Santé lui-même, qui nous a dit, en février dernier : En bas de 3 %,
là, ou à partir de 3 %, c'est à ce moment-là qu'on peut dire qu'il y a des
coupures dans le domaine de la santé. Bien évidemment, on a la réponse, ce sera
des coupures importantes au cours de la prochaine année et encore plus
importantes l'année suivante.
Puis je veux mentionner que, dans bien des
établissements, dans bien des régions, il y a comme une espèce de contradiction
fondamentale où on a dit et on a adopté une loi pour ce faire qu'il fallait se
sevrer de la main-d'oeuvre indépendante, les agences de placement. On vient
juste, là, d'arriver dans les grands centres à dire plus de main-d'oeuvre
indépendante pour le 31 mars 2025, début de semaine. L'objectif initial,
bien, c'était en octobre dernier, mais on a reporté de six mois. On semble
avoir atteint l'objectif. Mais pour les zones mitoyennes, pour les zones
mitoyennes, c'est en octobre prochain, puis pour les zones éloignées, les
régions éloignées, c'est en octobre 2026. Donc, on dit : Vous ne pourrez
pas vous sevrer de la main-d'oeuvre indépendante qui coûte les yeux de la tête,
qui coûte des millions de dollars et qui accroît votre déficit d'opération, on
ne pourra pas le faire avant octobre prochain pour les zones mitoyennes, on ne
pourra pas le faire avant octobre 2026 pour les régions éloignées. Par contre,
ces sommes-là dont vous avez besoin pour payer la main-d'œuvre indépendante,
dont vous ne pouvez pas vous passer avant ces échéances-là, bien, vous ne l'aurez
pas. Comment est-ce qu'on va résoudre l'équation si dans un CISSS de la
Côte-Nord par exemple, ou de la Gaspésie, ou du Bas-Saint-Laurent, ou des
Îles-de-la-Madeleine ou de l'Abitibi, on a des dizaines de millions de dollars
en main-d'oeuvre indépendante puis qu'on nous dit : Là, la main-d'oeuvre
indépendante, c'est sûr, vous ne pouvez pas vous en passer, là, pour la
prochaine année, puis l'année suivante, mais l'argent pour payer la main-d'oeuvre
indépendante, vous ne l'aurez pas? Qu'est-ce qu'on va faire comme gestionnaires?
Bien, on va couper dans les services, et ça, M. le Président, c'est
extrêmement, extrêmement inquiétant. Et ce qui est encore plus inquiétant, c'est
de ne pas savoir quel est le plan quel est le plan de Santé Québec, quel est le
plan du ministère pour administrer cette... cette espèce de régime, je vais le
dire comme ça, d'austérité 2.0 qui nous pend au bout du nez, M. le Président.
Alors, j'aurais voulu parler un petit peu
de Santé Québec, puis de cette superstructure où une chatte n'arrive pas à
retrouver ses petits, comme on dit, mais ce serait trop long. On a simplement
vu aujourd'hui que cette structure-là nous coûte beaucoup plus cher qu'elle
nous rapporte. On voit qu'on a continué de donner des salaires extrêmement
importants et presque doubler les salaires, essentiellement des hauts
gestionnaires du ministère de la Santé, mais on a aussi superposé une structure
avec 4,5 millions de dollars de dépenses supplémentaires, alors que
là, et là, je vais aborder d'autres mesures en santé, bien, on... et dans les
autres secteurs, mais on fait des coupes à tort et à travers. J'y reviendrai.
Donc, comment on va faire face, par exemple, à une nécessité d'axer des mesures
sur la prévention...
15 h 47 (version non révisée)
M. Arseneau : ...par exemple,
une nécessité d'axer des mesures sur la prévention en santé, la promotion de la
santé et la prévention lorsqu'on coupe 140 millions de dollars dans
le budget actuel pour la santé publique. Comment est-ce qu'on va pouvoir
développer et mettre en œuvre une politique de prévention que l'on budgète sur
une seule année à hauteur de 15 millions de dollars, et puis qu'on
avait déjà une politique en santé, en prévention en santé, de l'ordre de 40 ou
45 millions de dollars, puis on ne trouve plus ces chiffres-là dans
le budget pour la prochaine année et les suivantes? Alors, il y a quelque chose
là qui semble être de l'improvisation. On y va simplement pour essayer de
réduire l'impact de la mauvaise gestion des dernières années, mais on ne voit
pas la direction vers où on s'en va, ou, s, on la voit, bien, c'est un gros
récif ou un iceberg. Et évidemment, là, on est très préoccupés de la direction
qui est prise actuellement puis on se demande qui est le capitaine dans ce
paquebot. Parce que les années de vaches maigres s'en viennent et les services
de l'État, M. le Président, apparaissent menacés comme jamais.
PQI, rapidement. On augmente le PQI, mais
on décide de reporter les projets à réaliser dans le temps. On en annule, on en
reporte, on en scinde. Les hôpitaux, on a promis des hôpitaux un petit peu
partout à travers le Québec. Le plus grand projet, on en parlait abondamment
ces derniers jours, là, l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont. Je suis sûr que mon
collègue député de Rosemont va en parler aussi, mais ce projet-là, il a été
annoncé, et annoncé, et annoncé encore, et on est prêt à aller en appel d'offres.
Et puis, là, on se dit : On n'a pas d'argent, on le reporte. Et la réponse
du ministre, ce matin, était évocatrice : Mais où voulez-vous qu'on coupe?
Bien, ce n'est pas à moi d'administrer le ministère de la Santé pour vous. J'aurais
bien aimé avoir cette opportunité-là, mais c'est vous qui êtes là et vous êtes
là depuis un certain nombre d'années pour avoir... Vous vous êtes engagés à
réaliser des projets comme ceux-là. Aujourd'hui, bien, on s'attend à ce que
vous puissiez livrer la marchandise, non pas inscrire... je pense que c'est 7 milliards de
dollars de plus dans le PQI, pour des projets qu'on va stationner là, en disant :
Bien, on va peut-être le réaliser un jour. M. le Président, ça, c'est
inconcevable.
Aussi, dans les mesures qui touchent les
régions ou les plus démunis, RénoRégion. On apprend que ce programme-là, qui
vient vraiment, là, soutenir des projets de réfection de maisons pour des
personnes les plus démunies... on parle d'un revenu annuel de 30 000 $
par année, M. le Président, on s'entend que ces gens ne sont pas riches. Ils
ont... ils sont propriétaires d'une maison. On a un toit qui coule, on a une fenêtre
brisée, on a une porte qui n'est pas étanche, on veut la faire remplacer. Un
montant moyen d'environ 14 000 $ pour ces projets-là, il y en a des
dizaines dans les régions du Québec. Ça permet aux gens de demeurer chez eux,
avoir un toit. Ce qu'on va faire, c'est : on va couper 15 millions de
dollars dans ce projet-là... dans ce programme-là qui existe depuis des années.
Pourquoi mettre à la rue ces gens-là, en pleine crise du logement, M. le
Président? Quelle est la vision du gouvernement face à une certaine justice
sociale, un soutien à des personnes les plus démunies, les plus... celles qui
ont le plus de difficultés? C'est de leur couper le petit programme qu'on
avait. Parce qu'il y avait de nombreuses demandes.
Dans ma région, là, aux Îles-de-la-Madeleine,
on a une quinzaine de projets qu'on peut soutenir par année. Il y a au moins
40, 50 demandes par année, là, puis on doit faire le choix des plus
démunis parmi les plus démunis, des projets de réfection, là, les plus urgents
parmi les plus urgents. On vient de couper l'herbe sous le pied de ces... de
ces gens-là et des municipalités, des MRC qui voulaient leur venir en aide. Bon,
on passe sous silence le fait qu'on n'a pas de nouveaux argents pour développer
des solutions à la crise du logement. C'est lamentable. Donc, cette crise-là,
on dit : Bien, il faut construire, il faut construire. Bien, bien sûr qu'il
faut construire, mais il faut de l'argent pour construire, il faut une vision,
il faut aussi construire des logements sociaux, et ça, bien, on ne voit pas les
choses s'améliorer à court terme avec l'absence de budget supplémentaire
inscrit la semaine dernière au document présenté par le ministre des Finances.
Je veux aussi relever qu'il y a un autre
engagement électoral fort de la Coalition avenir Québec n'a pas été respecté
depuis leur élection, puis là on en voit la confirmation dans le dernier
budget. On avait promis, en campagne électorale, M. le Président, 470 millions $
pour les régions, pour revitaliser les centres-ville, pour la dynamique
économique de ces centres-ville puis de ces centres de villages là. On a
budgété l'an dernier 50 millions de dollars sur les 470 millions.
Ça, c'était dans le budget il y a un an. Cette année, il n'y a rien. Aucune
somme n'est budgétée. Confirmation que, sur les sommes qui étaient promises,
bien, on va livrer à peine 10 % de ce qui était promis. C'est un
engagement très important qui avait été entendu...
15 h 52 (version non révisée)
M. Arseneau :
...qui
était espéré par les régions à travers le Québec et tout le monde municipal. On
a brisé cet engagement-là.
Je terminerais, M. le Président, en vous
disant que ce budget donne véritablement l'impression d'un gouvernement à la dérive
qui navigue sans cap face aux incertitudes économiques. C'est la première fois,
depuis des années que je suis la politique et que je suis en politique, que je
vois un budget qu'on ne peut pas vraiment qualifier. Le gouvernement lui-même n'est
pas capable de dire : Voici, c'est le budget de la santé, c'est le budget
de l'avenir, c'est le budget des enfants, des familles, c'est le budget de...
C'est le budget de quoi? C'est le budget
de réparer les pots cassés d'un gouvernement qui a agi sans vision, à courte
vue, sans direction, sans vision d'avenir. Et vers où mène-t-il le Québec, M.
le Président? Vers des jours sombres. Et je le déplore, je le dénonce et je le
regrette amèrement, M. le Président. C'est tout pour moi aujourd'hui.
Ah! j'ai... j'avais une motion de grief
pour...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Malheureusement, le temps qui nous est imparti est écoulé. Alors, nous
poursuivons le débat sur le discours sur le budget. Et, cette fois-ci, je
reconnais M. le député de Rosemont.
M. Marissal :
Merci,
M. le Président. Merci, merci. Bon. Je vais faire quelque chose cette année que
je n'ai pas fait les six dernières années. Je vais déposer tout de suite ma
motion de grief, parce que les six dernières années, j'ai oublié. Puis c'est en
train de devenir une blague dans mon aile parlementaire. Alors, je vais le
faire tout de suite, ça va donner le ton en même temps. Alors :
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement de la CAQ de son choix de soumettre le réseau de la
santé et des services sociaux à un sous-financement chronique pour les
prochaines années.»
Ça, c'est la motion qui est maintenant
déposée, M. le... M. le Président.
Maintenant que j'ai fait mon éditorial, je
vais faire l'analyse en peu de temps, parce que je n'ai pas beaucoup de temps,
je veux en laisser à mes collègues. Il y a beaucoup à dire sur le budget.
Même s'il est vrai que le budget tire pas
mal dans toutes les directions, c'est assez difficile de trouver un fil
conducteur à ça. Mais il y a un fil conducteur très, très clair, en tout cas
dans un secteur particulier, qui est mon premier chapeau de critique ici, c'est
la santé. Il y a un fil conducteur très, très clair qui s'apparente beaucoup à
de l'austérité.
Suivez-moi bien, M. le Président, un
chiffre, 3 %. C'est le taux de croissance des dépenses qui nous est prévu
pour l'année qui est... qui commence à peine, 3 % en santé, qui, dois-je le
rappeler, est le poste budgétaire le plus important du gouvernement du Québec,
pas loin de la moitié, évidemment parce que la population vieillit, il y a des
nouvelles molécules, des nouveaux traitements, il faudrait éventuellement
idéalement investir aussi dans certaines infrastructures hospitalières. Donc,
il y a des besoins. Puis on s'est donné ce réseau de la santé, qu'on finance
avec nos impôts.
À 3 %, là, on est en dessous de ce qu'on
appelle les coûts de système. Ça, les coûts de système, là, c'est ce que toute
famille paie sans pouvoir compresser, c'est-à-dire le chauffage, l'épicerie, l'argent
de poche aux enfants, s'il y a de l'argent en poche aux... non, ça, on peut le
couper, mais tout le reste qu'on ne peut pas couper, parce que, de toute façon,
si on le coupe, il va manquer quelque chose dans la maison. Évidemment, c'est
soumis à l'inflation. L'inflation, qui est un peu moins grave qu'elle l'a été
il y a quelques années, mais qui est encore là. Donc, à 3 %, on est en
deçà du coût... de l'augmentation des coûts de système, qu'on situe autour de 4 %
à 5 %, généralement. Alors, à 3 %, vous aurez compris qu'on est
largement en dessous. Pour référence, là, l'année qu'on vient de terminer, on
était à 4,3 %, à 4,3 %, puis il a quand même fallu que le
gouvernement passe une commande de compression de 1,5 milliard à Santé Québec.
Puis finalement, la compression aurait plutôt être... dû être de 2,2. Pourtant,
nous étions à 4,3 % de croissance.
Ça, ce n'est pas de la magie, là. Ce n'est
pas de l'ésotérisme. Ce n'est pas de l'astrologie, là, c'est des finances
publiques. C'est des... C'est de l'arithmétique. C'est effectivement comme ça
que ça compte. Et puis l'an prochain est encore pire. On nous prévoit 2 %
d'augmentation de taux de croissance, 2 %. Là, là, on est dans le trouble,
sérieusement. Déjà, cette année, ça va être compliqué. Ça va être très
compliqué, les compressions vont continuer. Santé Québec va continuer d'affiter...
d'affûter ses couteaux pour couper dans le réseau. C'est déjà commencé. Et ce
qu'on a coupé ne reviendra pas. Ne pas croire que ce qu'on a coupé va revenir.
Ça ne reviendra pas.
Et, quand on nous dit, du côté du
gouvernement, que ça ne touche pas les services directs, ce n'est pas ça que je
vois dans ma circonscription, ce n'est pas ça que je vois dans ma tournée santé
à travers le Québec. Il y a des soins directs à la population qui sont coupés.
C'est évident. Et d'ailleurs, c'est documenté, et on va continuer de le
documenter.
Alors, je récapitule : 3 % cette
année, 2 % l'an prochain. Le ministre de la Santé lui-même a dit, c'est un
aveu tout à fait honnête de sa part : À 3 % d'augmentation de taux de
croissance, on est dans des vraies coupures...
15 h 57 (version non révisée)
M. Marissal : ...nous avait
répondu ça. Ce qui était vrai chez les libéraux est vrai aussi chez les
caquistes, c'est la même arithmétique. Alors, imaginez à 2 %. Si, à
3 %, on est dans les vraies coupures, à 2 % l'an prochain, on est
dans une saignée, voire une hémorragie, qu'on va avoir beaucoup, beaucoup,
beaucoup de mal à arrêter. Tout ça, tout ça pour aggraver notre situation, dans
un grand flou causé par l'arrivée de Santé Québec.
Ce n'est pas compliqué, là, mais... Dans
le réseau, là, les gens à qui je parle, là, les P.D.G., les gestionnaires, des
médecins qui sont responsables de départements, des infirmières qui sont
responsables de départements, des consultants qui ont été engagés pour essayer
de voir qu'est-ce qui clochait, ce n'est pas compliqué, en ce moment, Santé
Québec est décrit comme un chien dans un jeu de quilles. Santé Québec a
débarqué dans le réseau de la santé comme un chien dans un jeu de quilles. Ils
ne sont pas trop au courant comment ça marche, ils posent plein de questions,
ils débarquent avec des commandes totalement irréalistes et irréalisables. D'ailleurs,
la P.D.G. de Santé Québec l'a admis elle-même qu'ils se sont lancés dans des
compressions irréfléchies, faites beaucoup trop rapidement. Du coup, ils ont
été obligés de reculer. Ils se sont lancés dans l'embauche, comme s'il n'y
avait pas de limite, de P.D.G., de P.D.G. adjoints, et de vice-présidents, et
de vice-présidentes, tellement que le ministre lui-même a été obligé de dire
cette semaine : Wo! Wo! ça va faire, là, on ne va pas refaire le deuxième
organigramme du ministère de la Santé à Santé Québec.
Ça fait que c'est bien mal parti, cette
affaire-là. En fait, en ce moment, là, non seulement ils demandent des
compressions irréalisables, mais ils font perdre du temps aux gestionnaires du
réseau, qui passent leur temps à être obligés de répondre à leurs questions. Parce
qu'évidemment, les gens de Santé Québec, ils sont débarqués puis ils ne
connaissaient pas vraiment le réseau, puis c'est une affaire qui est assez
compliquée, ça. Tu as beau être «top gun» dans une entreprise familiale ou
privée, ça ne veut pas dire que tu vas être nécessairement capable de
comprendre, dès le jour un, un réseau immense et tentaculaire comme le réseau
de la santé. Ça, c'était de la pensée magique.
Alors, les bourdes et les ratés
inquiétants se poursuivent. D'abord, c'est un mandat évolutif. Un jour, on nous
dit : Ça, c'est Santé Québec. Le lendemain, on nous dit : Ça, ce n'est
pas Santé Québec qui fait ça. C'est un organigramme biscornu, beaucoup trop
cher, qu'on a déjà été obligé de couper après trois mois, des compressions
cafardeuses, qui vont avoir des effets pendant des années, des reculs dans le
désordre. J'ai parlé de l'intervention du ministre, qui a été obligé de dire :
Là, vous allez me virer 20 % des cadres que vous avez engagés. Aïe! ça
commence bien. Trois mois plus tard, tu es obligé de dire à ta «top gun» :
Tu vas mettre dehors 20 % des gens que tu as engagés, parce que tu en as
trop pris. Ça, c'est sans compter que, quelques semaines après l'arrivée de
Santé Québec, le ministre et ses ministres délégués ont été obligés d'envoyer
un mémo à Santé Québec pour dire : Aïe! vous n'avez pas le droit, vous ne
pouvez pas couper dans les services à domicile puis dans les chèques
emploi-service. Trop tard, le mal est fait. Les compressions, elles existent.
Elles existent, ces compressions.
Alors, ce sont des rappels à l'ordre de
Québec constamment, des déclarations inquiétantes de la... de la P.D.G., Mme
Biron, qui a dit, et je le répète : Oui, on est allés trop vite, puis un
peu à l'aveugle, puis là on est obligés de passer la moppe sur nos dégâts.
Effectivement, ça part très bien. Elle était chez Patrick Lagacé hier, Mme
Biron, et elle a dit : Oui, oui, c'est sûr qu'on va devoir faire moins...
on va devoir faire plus avec moins. Ça, ça veut dire, effectivement, qu'on va
continuer les compressions, on va continuer les compressions l'an prochain. Et,
je le répète, de toute façon, Mme Biron, là, autant «top gun» qu'elle puisse
être là, avec 2 % d'augmentation de taux de croissance des dépenses en
santé, il n'y a personne qui y arriverait.
La beauté de l'affaire de Santé Québec,
pour le gouvernement, c'est que, maintenant, ce ne sera plus la responsabilité du
gouvernement, ce sera la responsabilité de Santé Québec. C'est bien fait, cette
affaire-là, déresponsabilisation de la part du ministre, de la part du
gouvernement en matière de gestion en santé. J'en veux pour preuve l'abandon
absurde, l'abandon absurde et révoltant du projet de l'Hôpital
Maisonneuve-Rosemont. Je ne dis pas ça juste parce que c'est dans mon comté,
là. L'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, c'est un petit peu plus gros qu'un cas de
comté, c'est pas mal plus gros que ça. C'est, en ce moment, si on finit par
embrayer puis le faire, là, ce dont je me désespère, si on finit par le faire,
ce sera le plus gros projet d'infrastructure hospitalière de l'histoire du
Québec, et un des plus gros, en ce moment, en Amérique du Nord. On va se le
dire, là, ça va coûter entre 5 et 6 millions, quelque part par là,
puisque, en plus, plus on attend, plus ça va être cher. Surprise, surprise.
Alors, l'abandon ici même, là, au salon
rouge, lors de l'étude des crédits provisoires, par le ministre, la semaine dernière,
a vraiment jeté un froid glacial. Vous pensez qu'il faisait frette en fin de
semaine, avec la pluie verglaçante, là? Bien, quand le ministre a annoncé ici,
dans le salon rouge, qu'il l'abandonnait parce qu'il était allé trop vite, puis
il ne savait pas du tout quand est-ce qu'on allait le reprendre là, moi j'ai
senti les frissons, là, partir de...
16 h 02 (version non révisée)
M. Marissal :
...l'est
de Montréal puis nous rejoindre ici, à Québec, là. Puis, il n'est pas fini, le
frisson. Mais le frisson est en train de se transformer en colère.
Là, il y a des gens qui sont en colère
parce qu'ils se sentent trahis, moi, le premier, et avec raison. Moi, j'ai
voulu croire le ministre quand qu'il est venu dans ma circonscription puis qu'il
a dit : Cette fois-ci, c'est la bonne, on va le faire. Bon, je ne suis pas
totalement nono, j'ai vu neiger, là. Puis, dans l'est de Montréal, on est
atteint du syndrome de la ligne bleue. Ça fait qu'on fait attention.
J'avais dit : Bravo, M. le ministre,
si vous le faites, une annonce, c'est bien, mais un hôpital, c'est mieux. J'avais
bien fait de me garder une petite porte, là. J'aurais préféré ne pas avoir à l'utiliser.
Mais voilà que je dois l'utiliser, parce que, le ministre, il a abandonné ce
projet-là. Il l'a abandonné en nous disant : Bon, plus d'argent, on ne
peut pas tout faire. C'est juste le plus gros projet d'infrastructure hospitalière
de l'histoire du Québec, mais ce n'est pas grave, on va abandonner ça puis on
ne le refera pas.
Je finis pour les quelques secondes qui me
restent avec un des autres chapeaux que je porte, puis ça va faire le lien avec
Maisonneuve-Rosemont, celui de critique en matière de métropole. Honnêtement,
moi, les silences de ce gouvernement dans les dossiers montréalais me sidèrent.
Montréal n'est plus la métropole économique du Québec. On n'en parle plus. C'est
comme si ça n'existait plus vraiment. Je comprends que la nouvelle ministre
responsable de Montréal est bien, bien, bien occupée, notamment avec Northvolt,
mais on n'entend jamais la ministre nous parler de Montréal. Il n'y a pas de
projet, il n'y a pas de plan, il ne se passe pas grand-chose à Montréal.
J'en veux pour preuve, évidemment, HMR, la
décontamination des terrains de l'est, qui... où il ne se passe strictement
rien. Le transport structurant de l'est, qui est en train de devenir une autre
idée, une autre idée qui se ne réalisera jamais, peut-être la nouvelle ligne
bleue de l'est de Montréal, les écoles.
Les silences de la CAQ m'inquiètent
profondément, profondément. Parce que ce n'est pas parce qu'on n'en parle pas
que Montréal n'existe plus. Et Montréal reste et restera la métropole économique
du Québec. On doit s'y pencher, et rapidement.
Je m'arrête là-dessus, M. le Président, en
vous rappelant que j'ai déposé ma motion. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Rosemont. Simplement vous confirmer que votre motion
est bel et bien... a bel et bien été reçue, sous réserve de sa recevabilité.
Merci. Alors, nous poursuivons le débat, et c'est maintenant Mme la ministre de
la Solidarité sociale.
Mme Rouleau :
Merci
beaucoup. M. le Président. Je suis vraiment heureuse de pouvoir discuter
quelques minutes, là, sur... me permettant de mettre en relief des avancées
dans ce budget concernant notamment la solidarité sociale et l'action
communautaire.
Un budget responsable, M. le Président, c'est
un budget qui protège les services essentiels tout en gardant une vision à long
terme. On a un plan clair pour revenir à l'équilibre budgétaire d'ici
2029-2030. On optimise nos façons de faire pour maximiser chaque dollar
investi. Et, l'objectif, c'est d'avoir plus d'impact pour chaque personne
aidée.
Les défis liés aux relations commerciales
avec les États-Unis pourraient affecter la croissance économique du Québec. On
le sait. Et, bien que l'inflation ralentisse, on voit bien aussi que la hausse
des prix continue d'affecter les ménages les plus vulnérables. Et ceci rend le
soutien social encore plus crucial que jamais.
Et, contrairement aux partis d'opposition
qui proposent des dépenses sans limites, ce que nous faisons, c'est de gérer
les finances publiques avec rigueur pour assurer la pérennité des services
essentiels.
Le budget met l'accent, M. le Président,
sur plus d'infirmières, plus d'enseignants, plus de services directs pour les
citoyens. Et, plutôt que de simplement réclamer plus d'argent comme Québec
solidaire ou le Parti québécois ou encore le PLQ, on investit de manière ciblée
pour améliorer les soins et réduire les délais.
On a un plan concret en éducation. C'est
un plan bien structuré pour rénover les écoles, construire de nouvelles écoles
et valoriser la profession enseignante.
On aide ceux qui en ont le plus besoin
avec des mesures concrètes. Et, plutôt que de simplement augmenter par exemple
les prestations, ce qu'on fait, c'est d'offrir des incitatifs pour amener les
gens vers l'emploi et leur permettre de mieux vivre grâce au travail. Notre
objectif, c'est d'accompagner les personnes vers l'emploi.
Et, dans le budget, le ministre des
Finances a confirmé plus de 1 milliard de dollars, M. le Président,
pour financer les services pour que les...
16 h 07 (version non révisée)
Mme Rouleau : ...personnes les
plus vulnérables, en situation de pauvreté, en situation d'exclusion sociale.
Par exemple, on parle de protection de la jeunesse, on parle de soutien à l'hébergement,
on parle de supplément au loyer, on parle des organismes communautaires qui
viennent en aide aux gens. On investit plus de 1 milliard de dollars pour
aider les gens qui sont en situation de précarité, M. le Président, 140 millions
pour soutenir les personnes en situation de handicap et celles qui sont plus
éloignées du marché du travail pour leur offrir de réelles opportunités d'intégration
et de maintien en emploi, parce que l'emploi, c'est un levier d'inclusion et de
dignité. Avec un nouveau 45 millions de dollars, la nouvelle stratégie
pour l'intégration des personnes handicapées ouvre la porte à des opportunités
concrètes. On doit soutenir ceux qui veulent et peuvent travailler, M. le
Président. Avec, donc, 95 millions de dollars, de nouveaux dollars,
on prolonge la bonification du soutien au revenu pour accompagner les
transitions vers l'emploi. On investit 42 millions pour offrir un toit à
900 personnes vulnérables, parce que personne ne doit avoir à choisir
entre dormir dans la rue et payer son épicerie.
Avec 3,5 milliards de dollars, M.
le Président, nous réalisons l'un des investissements les plus ambitieux en
matière de logement et de lutte contre l'itinérance, un investissement qui
démontre que la lutte contre l'itinérance et la crise du logement est une
réelle priorité pour nous. Jamais un gouvernement québécois n'a autant investi
pour améliorer l'accès au logement et protéger les plus vulnérables. Des sommes
vont permettre de construire, de rénover et de soutenir des logements
abordables tout en finançant des initiatives pour sortir les gens de la rue.
Ces investissements s'inscrivent dans une stratégie globale qui allie souvent
le soutien communautaire, le développement des logements sociaux et l'aide aux
municipalités. Trop longtemps, M. le Président, l'entretien des HLM a été
négligé par les anciens gouvernements. J'en ai vu, des HLM barricadées. Alors,
on prend nos responsabilités et on injecte les fonds nécessaires pour remettre
ces logements en état. Et il ne suffit pas seulement de construire de nouveaux
logements, il faut aussi préserver ceux que nous avons déjà. Un investissement
de 175 millions sur cinq ans, M. le Président, qui vise à améliorer les
services d'hébergement pour les personnes en difficulté. Et je veux rappeler
que notre gouvernement a investi, depuis 2018, 1,1 milliard de
dollars en soutien aux femmes victimes de violence, et on a doublé le
financement annuel de ces... des maisons d'hébergement depuis que nous sommes
en place, contrairement à ce que faisait le parti... le Parti libéral, M. le
Président.
La solidarité sociale sous notre
gouvernement, c'est plus de 5 milliards de dollars, dont 3 milliards...
plus de 3 milliards servent de prestations directes aux citoyens. Et,
depuis le 1er janvier 2023, on a mis en place le programme de revenu de base,
1,5 milliard de dollars par année pour permettre à des personnes qui
sont en contraintes sévères d'avoir un revenu décent, M. le Président.
Du côté de l'action communautaire, on a
mis en place le plan d'action... le plan gouvernemental en action
communautaire, 1,1 milliard de dollars qu'on a déposés en 2022 et qui
se déploient sur les cinq prochaines années. Aujourd'hui, depuis que nous
sommes en poste, c'est 2,2 milliards de dollars pour l'action
communautaire que nous avons investis, M. le Président.
Le plan de lutte à la pauvreté, c'est un
plan évolutif qui tient compte de la situation actuelle de ce qui pourrait
arriver. C'est un plan de 4,3 milliards de dollars, M. le Président,
avec 71 nouvelles actions pour aider les gens, permettre de lutter contre
la pauvreté et l'exclusion sociale. Et c'est un véritable plan gouvernemental
qui fait en sorte que 21 ministères et organisations gouvernementales sont
impliqués dans ce plan.
Donc, M. le Président, le budget 2025...
16 h 12 (version non révisée)
Mme Rouleau : ...2026 vient
une fois de plus confirmer l'importance que le gouvernement accorde au filet
social des Québécois en s'assurant, M. le Président, que personne ne soit
laissé derrière. Je vous remercie.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la ministre de la Solidarité sociale et de l'Action
communautaire. Nous poursuivons cette fois-ci avec Mme la députée de...
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
De Robert-Baldwin, voilà.
Mme Garceau : Merci, M. le
Président. Ma réplique sera brève, compte tenu du temps qui m'est alloué cet
après-midi, mais je peux vous assurer, M. le Président, que je vais avoir
plusieurs questions à poser lors des crédits à certains ministres.
Il s'agit du sixième budget déficitaire
consécutif pour le gouvernement caquiste. Un déficit encore de 13,6 milliards de
dollars n'est rien pour aider concrètement les familles à faire face à la crise
du logement, à l'inflation et les coupures particulièrement liées aux services essentiels,
tels qu'en santé et en éducation. En 2026, quand la CAQ quittera le pouvoir
selon ses propres prévisions, ils auront ajouté 96 milliards de
dollars sur la dette du Québec, soit 36 %, M. le Président, de la dette
totale du Québec, sans que les services se soient améliorés.
En raison de cette mauvaise gestion des
finances publiques depuis les sept dernières années et le gaspillage en
argent... Et là j'ai un problème. Je m'excuse, M. le Président. En raison de
cette mauvaise gestion des finances publiques par la CAQ depuis les sept
dernières années, gaspillage d'argent, tels que Northvolt, fiasco SAAQclic,
chèques électoralistes, programmes de rétention de la main-d'œuvre, Panier
bleu, des matchs présaison des Kings de Los Angeles à Québec, et j'en passe, on
parle de milliards de dollars de dépenses, M. le Président.
Et il y a une multitude de services aux
Québécois qui se sont détériorés, surtout dans la dernière année, et
particulièrement des services qui touchent mes citoyens, M. le Président, dans
ma circonscription. Fermetures de classes en francisation, manque de
professeurs qualifiés par classe, l'itinérance qui explose, et l'augmentation
de plus en plus, M. le Président, de femmes en situation d'itinérance, manque
de médecins de famille, débordement des urgences dans nos hôpitaux, listes d'attente
qui s'allongent pour des chirurgies, manque de places en services de garde,
manque de soins et de services pour nos aînés, manque de logement social et
abordable. Et de plus, l'incompétence du gouvernement à gérer les finances
publiques et l'économie du Québec, la marge de manœuvre pour faire face aux
menaces tarifaires énoncées par le président Donald Trump, évidemment, limite
nos actions et notre aide que nous allons pouvoir fournir aux entreprises et
particulièrement nos PME.
Avec la CAQ, les Québécoises et les
Québécois sont plongés dans l'incertitude et le désarroi. Les Québécois
méritent un plan économique sérieux, pas des excuses et des scénarios
irréalistes. Ce budget confirme le triple échec de la CAQ. Pas de relance, pas
de rigueur et pas de résultats. De plus, le plan de retour à l'équilibre
budgétaire présenté par le ministre des Finances est absolument non crédible.
En ce qui a trait à mes dossiers dont je
suis porte-parole, M. le Président, j'aimerais juste faire quelques points. En
culture et en communication, le gouvernement, oui, a bonifié le CALQ suite aux
maintes revendications des artistes et des demandes du Front commun et
plusieurs mobilisations des acteurs du milieu culturel, et ça, ça inclut... par
la Grande Mobilisation des arts au Québec. Et, oui, heureusement, il y a eu un
soulagement des artistes face à une crise économique, mais c'est sûr et certain
que, malheureusement, dans d'autres secteurs du milieu culturel, tels que les
musées en région éloignée, et on l'a mentionné, ce sont... c'est un budget qui
confirme, malheureusement pour ces musées, les pires craintes. Il y a une crise
imminente. Il va y avoir des musées, malheureusement, qui vont faire face à des
fermetures. Et aussi, M. le Président, en ce qui a trait à l'aide financière
aux médias locaux, ça aussi, il n'y en a pas assez, on n'en fait pas assez. C'est
important pour le maintien de notre démocratie...
16 h 17 (version non révisée)
Mme Garceau : ...de notre
démocratie, et il y a des situations critiques qu'ils font face, les médias
locaux, il faut agir.
Et en matière de protection de la
jeunesse, il y a eu une augmentation, M. le Président, de l'enveloppe
budgétaire pour répondre aux besoins croissants des plus vulnérables dans notre
société. Reste à voir, M. le Président, les détails de comment ce montant sera
distribué face aux grandes lacunes qui existent dans le système de protection
de la jeunesse, incluant l'augmentation des signalements, dernière année, de
30 %, l'explosion de la violence, de la violence conjugale, mais aussi l'abus
des enfants, le manque important d'intervenants et de personnel, qui perdure,
et plusieurs des centres jeunesse et en réadaptation qui sont toujours en état
vétuste.
Mais, M. le Président, où le bât blesse
vraiment pour moi, c'est en tant que porte-parole en matière de condition
féminine, et je dois partager la profonde déception et la consternation des
milliers de femmes qui sont victimes de violence conjugale, et celles qui sont
en première ligne de ce combat, et qui accompagnent les femmes et leurs enfants
au quotidien. Il va sans dire, M. le Président, que ce budget abandonne ces
femmes, lesquelles font face à des moments de grande vulnérabilité, de peur et
d'angoisse.
Et je dois absolument, M. le Président,
lire un extrait du communiqué de presse du Regroupement des maisons pour femmes
victimes de violence conjugale, qui représente au moins 47 maisons et des
milliers de femmes. Et ils ont mentionné dans leur communiqué de presse, suite
à l'annonce du budget, qu'ils ont constaté évidemment... au niveau du budget,
qu'il n'y avait aucune annonce de rehaussement du budget pour permettre aux
maisons d'aide et d'hébergement de répondre aux besoins criants des femmes et
des enfants qui tentent de fuir une situation de violence conjugale.
Alors qu'ils estimaient les besoins des
maisons à quelque 57,7 millions de dollars, celles-ci ne pourront
bénéficier que des 2,3 millions déjà annoncés dans les budgets de 2021 et 2022,
soit à peine 4 % de la somme nécessaire. Et c'est les services de
consultation externe et d'accompagnement, et ces services, M. le Président,
sont tellement cruciaux pour les femmes qui souhaitent quitter un environnement
de violence. Et ceux aussi... c'est 92... les services en consultation externe
d'accompagnement, M. le Président, ils ont augmenté de 92 % dans les
quatre dernières années, ceux offerts aux enfants et aux jeunes, à 103 %.
C'est un phénomène jamais connu par le passé.
Et donc nous avons aussi, M. le Président,
du côté de la création de nouvelles places en hébergement, et, là aussi, il n'y
a pas de somme additionnelle. Et pourtant, SOS violence conjugale, dans la
dernière année, a indiqué qu'il y a une femme sur deux, 50 % des femmes
qui sont... qui se voient refuser, M. le Président, de l'hébergement, dans des
moments où, des fois, c'est une question de vie ou de mort lorsqu'elles doivent
quitter une... un environnement de violence. Et donc, M. le Président, avec l'augmentation
de la violence conjugale ici, au Québec, des records, en termes de féminicides,
dans les dernières années, plus que jamais, il est fondamental de s'assurer que
toutes les maisons d'hébergement et les membres de leur personnel soient
outillés pour faire face à tous les enjeux que ces femmes rencontrent dans leur
quotidien, et particulièrement, M. le Président, aussi dans le processus
judiciaire, parce qu'on a vu qu'avec le projet de loi n° 56 et le projet de loi
n° 73, les maisons d'hébergement se voient...
Il y a d'autres responsabilités qu'ils
vont devoir assumer, d'autres obligations qui découlent de ces projets de loi.
Et les maisons d'hébergement veulent être là pour les femmes, ils veulent
aider, ils veulent les accompagner, mais ça va prendre des ressources
financières. Il va falloir augmenter le nombre de personnels pour accompagner
toutes ces femmes lors du processus judiciaire. Et donc les ressources...
16 h 22 (version non révisée)
Mme Garceau : ...doit être au
rendez-vous. Et donc, M. le Président, mon grief est le suivant :
«Que l'Assemblée nationale blâme
sévèrement le gouvernement caquiste pour son inaction dans le dossier des
maisons d'hébergement pour femmes victimes de la violence conjugale, et ce,
malgré la situation critique dans laquelle celles-ci se retrouvent.»
Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Robert-Baldwin. Votre motion, elle est reçue sous
réserve de sa recevabilité.
Nous poursuivons le débat. Est-ce qu'il y
a d'autres intervenants? Je reconnais M. le député de Jonquière.
M. Gagnon : Bonjour, M. le
Président. Un plaisir d'être avec mes collègues et vous aujourd'hui. Dans un
premier temps, M. le Président, je tiens à remercier le ministre des Finances
pour prévoir, dans son budget, l'imprévisible avec notre voisin du Sud. Il est
près de 16 h 30, et, encore une fois, on va peut-être devoir jongler avec ce
qui s'en vient. Je tiens à le remercier, parce que, vous savez, M. le Président,
je viens d'une région où la forêt, l'agriculture, l'aluminium, c'est ce qui
nous a bâtis, c'est ce qui nous fait rayonner depuis plus de 100 ans. Alors,
les secteurs ciblés ou potentiellement ciblés par notre voisin du Sud m'inquiètent
énormément. Alors, je tiens à remercier mon collègue ministre des Finances pour
tout le soutien qu'on accorde à nos entreprises en lien avec cette grande
période d'imprévisibilité. Également, ma collègue à l'économie pour l'ensemble,
l'ensemble des programmes qui sont mis en place.
Vous savez, M. le Président, j'ai
accroché, cette semaine, sur mon collègue député de Beauce, qui mentionnait
effectivement que le Québec est en croissance, et on doit le reconnaître, au
Québec, il y a plus de gens, il y a plus de monde, comme on dit chez nous. Et
ça, on doit le reconnaître, que ça a un impact, M. le Président, ça a un impact
sur l'ensemble des services qu'on veut donner aux Québécois et aux Québécoises.
Ça a de l'impact sur les tout-petits dans nos CPE, ça a de l'impact
particulièrement et malheureusement sur nos urgences. Mais qu'est-ce qu'on a
fait depuis six ans? On a augmenté le budget de la santé de 50 %.
Également, plus de gens, M. le Président, ça veut dire aussi plus de gens à
prendre soin, à continuer de créer l'éveil de l'identité. Qu'est-ce qu'on a
fait depuis six ans? On a augmenté de 58 % le budget de la culture.
Malheureusement, plus de gens, M. le Président, veut également dire prendre
soin des personnes les plus vulnérables, notre système collabore, prendre soin
des gens peut-être sur le seuil plus proche du seuil de la pauvreté. À ce
niveau-là, qu'est-ce qu'on a fait, M. le Président? En six ans, on a augmenté
de 50 % le budget de l'aide sociale.
Et je termine, je pourrais en rajouter,
mais je termine avec plus de gens veut dire également plus de jeunes dans nos
écoles québécoises. Et qu'est-ce qu'on a fait en six ans? On a fait un bond de
55 % du budget de l'éducation. Au Québec, il faut en parler de l'éducation,
au Québec, nos écoles... Et, quand je dis plus de gens, c'est 50 000 élèves
supplémentaires, M. le Président, 50 000 élèves supplémentaires, ça demande un
PQI qu'on a augmenté de 150 %. Et qu'est-ce que ça fait, un PQI à
150 %? Ça fait qu'aujourd'hui le gouvernement actuel peut dire et
mentionner qu'il a construit 100 nouvelles écoles, a procédé à 200
agrandissements, amélioré les conditions de travail du personnel. Le budget de
l'éducation est rendu maintenant à 23 milliards, M. le Président, il faut le
mentionner. Plus de gens, en résumé, ça veut dire répondre davantage à des
besoins. Et à travers... et à travers tous ces services-là, on voit aussi la
culture québécoise et on voit aussi les désirs profonds des Québécois.
Et je veux me diriger vers quelque chose
de positif à laquelle on doit quand même répondre et qui veut dire, M. le
Président, les Québécois nous ont envoyé un message fort, les Québécois aiment
bouger. Qu'on soit en région, qu'on soit en banlieue, qu'on soit dans les
grandes villes, les Québécois, aux quatre coins du Québec, demandent à bouger.
Le sport, le loisir, le plein air est vivant, M. le Président, et il est très
vivant. Puis il n'y a aucun problème pour notre gouvernement, on est fiers que
les Québécois soient actifs. On est fiers que les Québécois aiment leurs
loisirs, leur plein air et leurs activités sportives. On va s'en occuper... je
devrais plutôt dire, on va poursuivre de s'en occuper, le travail, parce qu'on
s'en occupe déjà, M. le Président.
Le dernier appel d'offres du PAFIRSPA, 2,7
milliards de demandes, M. le Président. Et ça, ça veut dire trois choses, ça veut
dire, et je le répète, j'en suis fier, les Québécois et Québécoises veulent
bouger. Ça veut dire que nos partenaires, comme les municipalités, les centres
communautaires de loisirs, ont déposé, aux quatre coins du Québec...
16 h 27 (version non révisée)
M. Gagnon : ...livrer la
marchandise et mettre en place à leur population des infrastructures de
qualité, mais si, également, on a pour 2,7 milliards de demandes, ça veut
veut également dire que les infrastructures existantes ont besoin et ont été
sous financées dans le passé. Parce que dans la clause de PAFIRSPA également,
on pouvait déposer pour une demande de mise aux normes. Alors, ça, ça envoie un
message fort, M. le Président. Et ça, on va y répondre et on y répond déjà.
Parce que ma collègue, ma collègue, Mme Charest, ministre du Sport, Loisirs,
Plein air a fait, en 2022, rapidement, en début de mandat, a annoncé 1,5 milliard
sur 10 ans reliés aux infrastructures sportives.
Ça, c'était l'annonce, M. le Président.
Maintenant, dirigeons-nous dans l'action. On l'a annoncé en 2022, dans le
premier budget 2023-2024, on a tenu parole, on a annoncé le programme d'infrastructures
sportives, une aide financière où on pouvait déposer plus de 300 millions.
La ministre est sur le terrain. J'ai la chance d'être son adjoint et on a vu l'impact
de la COVID, c'est-à-dire tous les projets qui, pendant la COVID, ont subi l'indexation
de coûts. Qu'est-ce qu'on a fait? On a retravaillé et... et l'enveloppe de 300 millions,
on a ajouté 100 millions pour les projets avec l'indexation pendant la
pandémie. Ce qui fait qu'en 2023-2024 on a, M. le Président, mis, en
infrastructures sportives au Québec, 400 millions dès la première année de
notre promesse.
Le budget, la semaine dernière, M. le
Président, qu'est-ce qu'on a fait? On a ajouté 300 millions de dollars et
on relance le programme des infrastructures sportives du Québec. Qu'est-ce que
ça fait, M. le Président. En deux ans et demi, en deux ans et demi, le gouvernement
de la Coalition avenir du Québec aura mis, en deux ans et demi, de disponibles
en infrastructures sportives 700 millions de dollars, M. le Président.
Et, et on va faire... je faisais un petit exercice. Au-delà de 700 millions de
dollars, on va retourner plus loin. Les sept derniers budgets de ma collègue et
de mon gouvernement et les sept derniers budgets de ma collègue aux Sports,
Loisir, Plein air, et, quand on regarde puis on cumule, c'est 1,16 milliard.
Et on va faire un autre exercice, M. le Président. On... je viens de dire que
les sept dernières années, c'est 1,16 milliard, et on va regarder les sept
autres années avant, où est-ce que ce n'était pas le gouvernement de la
Coalition avenir Québec qui était au gouvernement. Et là, et là on peut
comprendre, on peut comprendre qu'il y a eu un laisser-aller. Et moi aussi, je
vais sortir mon tableau. 1,16 milliard dans les 16 dernières années,
contrairement aux sept années précédentes, 250 millions, M. le Président,
c'est cinq fois plus. La colonne rouge regarde la colonne bleue comme si c'était
une géante, M. le Président, c'est incroyable le travail qui a été fait en
infrastructures sportives. Bientôt, on sortira le programme et j'invite toutes
les municipalités et les partenaires à déposer.
Je vais laisser de côté les
infrastructures. Je vais aller davantage et encore plus vers le côté humain. Je
vais vous parler d'accessibilité, M. le Président. Les familles québécoises
doivent avoir accès à la nature, avoir accès au plein air. Et qu'est-ce qu'on
fait pour favoriser ça? On a fait des choses qui fonctionnent. On a eu un beau
message des Québécois et des Québécoises avec les journées gratuites. Pendant l'hiver,
la semaine de relâche, ce n'est pas toujours facile d'aller jouer dehors l'hiver.
Qu'est-ce qu'on a fait? On a mis... de matériel gratuit dans les parcs
nationaux. On a fait un rabais sur les cartes SEPAQ et les Québécois répondent
présents. C'est extraordinaire, ce qui se passe.
Quand je dis que la nature doit être
également accessible, on doit parler aussi, M. le Président, et c'est une
valeur pour moi, se baigner dans un lac, aller à la piscine municipale avec nos
amis. Au Québec, c'est tout à fait inacceptable qu'on ne puisse pas jouer et se
baigner dans un lac. Qu'est-ce qu'on a fait? Parce qu'elle y avait peut-être
une pénurie de professionnels, de sauveteurs, la sécurité aquatique. On a pérennisé
le programme Nager pour survivre sur cinq ans, M. le Président. Pourquoi? Pour
contrer la pénurie de sauveteurs. On veut des sauveteurs plages, on veut des
sauveteurs alentour des bains publics. On veut que les jeunes Québécois, les
familles aient accès à se baigner dans un lac, dans une piscine. Et également l'accessibilité,
je vais y revenir, mais je vais parler également de la sécurité. On vient de
déposer le projet de loi n° 45. Qu'est-ce qu'on a fait? On a attaché une
somme de 30 millions de dollars pour que... pour que le projet de loi
n° 45 soit efficace et vivant. On a mis en place le protecteur de l'intégrité,
du sport et du loisir, première fois de l'histoire, le mot «loisir» est intégré
et également dorénavant, on va de l'avant...
16 h 32 (version non révisée)
M. Gagnon : ...la
vérification des antécédents judiciaires. M. le Président, c'est important et
il faut le marteler, bientôt, et on va en parler de plus en plus, quand on
parle d'accessibilité au ministère avec Mme Charest au sport, loisir et
plein air, il y a un projet important qui s'appelle... Oui, je... par son titre.
Je vais l'appeler par son titre, M. le Président, mais je vais vous parler du
projet circonflexe. Le projet circonflexe, on va résumer ça en un mot, M. le
Président, il n'y a plus de raison pour qu'un petit Québécois ou une petite
Québécoise soit assise sur le bord de la bande d'une patinoire ou d'un terrain
de basket, puis se dire : J'aimerais ça embarquer sur la patinoire. J'aimerais
ça aller jouer au basketball, mais je n'ai pas de ballon, je n'ai pas de
patins, je n'ai pas de gant de baseball. Le projet circonflexe, ça vient dire à
tous les Québécois, toutes les Québécoises, avec le programme, partout au
Québec, maintenant, on peut avoir accès à du matériel sportif présentement. Et je
dis présentement parce qu'on va le projeter. Présentement, c'est 400, 400 points
de service à la grandeur du Québec, 304 points fixes, 33 unités
mobiles, 75 casiers où est ce qu'on peut récupérer le matériel. Je le dis,
il faut le marteler, il n'y a pas de raison de regarder. On peut maintenant
être dans l'action avec ce projet-là.
M. le Président, je m'arrête ici, mais je
pense que les 10 dernières minutes que j'ai passé avec vous, on peut
démontrer qu'on a un gouvernement en action. Et quand on parle d'action, je
pense que je viens de faire la démonstration qu'on peut dire quand on parle d'action,
on peut dire que le gouvernement de la Coalition avenir Québec est un
gouvernement en action qui veut faire bouger les Québécois et les Québécoises, M.
le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, M. le député de Jonquière. La parole revient maintenant à Mme la députée
de Sherbrooke.
Mme Labrie : Merci
beaucoup, M. le Président. C'est mon tour maintenant de répliquer au budget et
je vais le faire en abordant plus spécifiquement les lacunes du budget en ce
qui concerne les aînés. Mes collègues ont déjà abordé les enjeux en éducation,
logement, transport collectif, santé et autres dossiers fondamentaux qui vont
souffrir beaucoup de l'austérité de la CAQ. En ce qui concerne les aînés, la
première réaction unanime des groupes qui représentent les aînés, ça a été une
déception et même de l'inquiétude, une inquiétude majeure même en ce qui concerne
les soins à domicile. La Coalition pour la dignité des aînés a dénoncé avec
raison que les principales sommes annoncées vont aller dans des mesures comme
le conventionnement des CHSLD privés et les gicleurs dans les RPA. Évidemment,
personne ne peut être contre ces mesures, mais ça démontre que le gouvernement
mise l'essentiel de son approche sur l'institutionnalisation, alors que ce qui
est demandé par les aînés, c'est un rééquilibrage dans les investissements en
soins de longue durée au profit des soins à domicile.
L'AQDR a aussi déploré que les soins à
domicile étaient les grands absents du budget. Il nous rappelle que dans cinq
ans, il y a un Québécois sur quatre qui aura plus de 65 ans. Et même si c'est
vrai qu'à 65 ans, la plupart du temps, les Québécois sont encore en
excellente santé, c'est quand même évident qu'on ne sera pas prêts du tout pour
faire face au vieillissement de la population. L'AREQ a souligné la même chose.
On est très, très loin en ce moment des sommes que la Commissaire à la santé et
au bien être recommandait d'investir pour s'assurer de maintenir le niveau de
service. Puis d'ailleurs, même si on maintenait ce qu'on fait actuellement, je
rappelle que ce que la commissaire nous a dit en janvier 2024, c'est qu'on
répondait à 10 % des besoins en soins et services à domicile.
Moi, j'ai interpelé la ministre des Aînés
en février dernier pour savoir on en était où, un an plus tard, un an après le
rapport de la commissaire. Et dans une interpellation qui a duré deux heures,
ici, au salon rouge, elle a réussi à ne jamais répondre à cette question, au
point où je me demande si elle le sait. Il me semble que ça aurait été normal
de faire un suivi du rapport de la commissaire pour vérifier si on avance. Puis
je suis franchement convaincue que si on avait avancé depuis la publication du
rapport, si on répondait aujourd'hui à plus que 10 % des besoins, la
ministre, elle nous le dirait, puis elle serait fière de ça, puis ce serait une
bonne nouvelle. Alors, soit on recule, soit on stagne, soit la ministre aime
mieux qu'on ne vérifie pas parce qu'elle a peur du résultat. Et moi, ça, ça m'inquiète
beaucoup parce qu'on n'a pas de réponse là-dessus. Et là on n'est pas en train
de régler le problème avec le budget qu'on a sous les yeux.
Je veux parler aussi du soutien aux
proches aidants, parce que c'est assez grave ce qui s'en vient. On l'a déjà
expliqué, la croissance budget en santé et services sociaux est plus faible que
la croissance des coûts réels. Donc ça, ça veut dire qu'avec ce qui est prévu
au budget, c'est impossible, impossible de maintenir le statu quo de ce qui est
offert comme services en ce moment. Il va devoir y avoir des coupures quelque
part pour que ça balance à la fin de l'année et que tous les salaires puissent
être payés. C'est de l'austérité dissimulée, si on peut dire, parce que si on
regarde les chiffres pour l'année financière 2025‑2026, les montants
prévus sont effectivement plus élevés que pour l'année financière 2024‑2025.
Ça, ça paraît bien. Sauf que, comme je viens de vous le dire, même en étant
plus élevés, les montants prévus ne sont pas assez élevés pour couvrir le
maintien du statu quo.
Mais pour les proches aidants, c'est
encore pire parce que le montant prévu, il n'est pas juste pas assez élevé, il
est inférieur, inférieur à ce qui était prévu l'année dernière. Ça, ça veut
dire que, pour essayer de ménager certains postes budgétaires, bien, il y a un
choix politique qui a été fait de réduire les fonds pour le soutien aux proches
aidants. Et ça, on le voit noir sur blanc...
16 h 42 (version non révisée)
Mme Labrie : ...le nouveau
budget, bien, l'enveloppe de ce programme-là est encore plus basse que l'année
dernière. Encore un programme dont les fonds diminuent. Donc, ce n'est pas très
encourageant parce qu'on a besoin de ça pour pouvoir développer du logement.
Puis, chez nous, le taux d'inoccupation, bien, il est encore en bas de
1 %. Donc, ça presse. C'est une très grosse déception.
D'ailleurs, ce n'est pas la seule chose
qui nous ralentit sur le dossier du logement. On vit un moratoire sur la
construction en ce moment parce que nos infrastructures de gestion des eaux ne
suivent pas, puis, avec la capacité financière de la ville pour mettre à jour
les infrastructures, bien, ça va être long avant qu'on y arrive. De l'aide
aurait été appréciée là-dessus aussi, parce que, pour sortir de la crise du
logement, bien, il va falloir soutenir les villes pour la décontamination et
les infrastructures, pas juste pour des projets de construction de logements.
Tout ça est interrelié. Puis, malheureusement, en ce moment, il manque de l'aide
pour faire avancer les projets.
Donc, je vous remercie, M. le Président,
mais moi, je suis franchement désappointée de ce budget-là. Il y a des
inquiétudes importantes qui se dessinent pour la suite des choses. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) :
Merci, Mme la députée de Sherbrooke. Je reconnais comme prochain
intervenant M. le député de Blainville.
M. Laframboise : Merci
beaucoup, M. le Président. Il me fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui
sur le discours sur le budget. Évidemment, la semaine dernière, on avait un
débat. La cour vient de trancher, je vais vous lire le jugement concernant
Stablex : «Pour les motifs qui suivent, le tribunal est d'avis que les
critères pour un sursis ne sont pas respectés parce que l'intérêt public sera
mieux servi par le maintien de la loi pendant l'instance. La demande doit donc
être rejetée.» Donc, c'était la demande de sursis qu'avait adressée à la cour
la ville de Blainville ainsi que la CMM et ça... c'est tout chaud, ça vient de
rentrer. Donc, il faut être capable de respecter les décisions des tribunaux.
Pour le budget, bien, évidemment, ça me
fait plaisir de prendre la parole aujourd'hui. Vous savez, ce budget est bien
accueilli par les principaux acteurs économiques, sociaux et institutionnels du
Québec. Il est réfléchi, structurant. Il répond aux besoins pressants de notre
société. Ça s'inscrit dans une vision claire et ambitieuse, celle d'une
économie forte qui soutient nos travailleurs, nos entreprises et nos familles,
pose des gestes concrets pour assurer la prospérité du Québec dans un contexte
économique en évolution. Les dernières années ont été remplies d'imprévus, la
pandémie, la nouvelle administration américaine. Ce que notre collègue ministre
des Finances a déposé, c'est le budget d'un Québec fort. On va stimuler la
transformation de notre économie pour se diriger vers une économie plus
résiliente, plus innovante, évidemment, tout ça dans un cadre, dans un cadre
pas facile, dans un état des finances publiques qu'il faut vraiment surveiller,
et on a réussi à investir.
Et là, évidemment, je vais prendre les
moments qu'il me reste pour parler du plan québécois d'infrastructures 2025-2035
et de son implication pour, évidemment, la ville de Blainville... pour la
circonscription de Blainville. Ce sont des sommes importantes. Vous savez, je
proviens du milieu municipal, j'ai fait des huis clos quand j'étais à l'Union
des municipalités du Québec. Ça fait longtemps que je travaille sur les PQI
puis que je suis capable d'analyser très rapidement ce qui... ce qui se donne
dans les PQI, parce que c'est la base, évidemment, de l'entretien de tous nos
grands réseaux et autant en éducation, en santé qu'en transport. Donc, c'est
ça, l'importance du PQI. Et ça touche aussi le milieu municipal, les
infrastructures, évidemment, de sport, de culture, et tout ça. Et c'est une
somme record qui a été dépensée dans le dernier PQI. Moi, évidemment, j'étais
critique aux infrastructures puis du monde... au municipal lorsqu'on était dans
l'opposition. La dernière année du gouvernement libéral, c'était un petit peu
plus que 9 milliards qui avaient été investis. Cette année, ce sera 19 milliards.
Donc, on a doublé les investissements PQI, puis ça, tout simplement parce que...
Vous savez, on a pris les finances publiques en 2018. Quelques semaines plus
tard, le tunnel Louis-Hippolyte Lafontaine qui est en démanche. Puis ça faisait
longtemps, qu'il y avait des avis qui avaient été donnés au gouvernement
libéral. Donc, il est encore fermé, on est encore en train de faire les
réparations. Le pont de l'Île-aux-Tourtes, quelques années plus tard, pont de l'Île-aux-Tourtes
qui... qui nécessite, le pont de l'Île d'Orléans qu'on est obligé de... toutes
des choses que les gouvernements avant nous, le Parti libéral puis le Parti
québécois du temps où ils étaient là, n'ont pas investies dans l'entretien.
Donc, évidemment, l'effort qu'on fait, c'est d'essayer de maintenir les actifs
et de faire de nouveaux aménagements sur nos actifs.
Et ça, évidemment, qu'est-ce que ça fait
dans la circonscription de Blainville? Bien, je vais vous dire ce que le PQI. D'abord,
et ça, c'est le PQI 2025 2035...