(Dix heures une minute)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Mmes,
MM. les députés, avant d'entreprendre nos travaux, nous allons nous recueillir
quelques instants.
Je vous remercie. Veuillez vous asseoir.
Affaires du jour
Dépôt du nouveau
diagramme de l'Assemblée
Est-ce qu'il y a consentement pour que je dépose
le nouveau diagramme de l'Assemblée en date d'aujourd'hui? Consentement. Je
dépose donc le nouveau diagramme de l'Assemblée.
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, bonjour, Mme la Présidente, un bonheur de
vous retrouver après ces deux semaines de
travail en circonscription. J'espère que vous vous portez bien. J'en profite
également pour saluer tous les collègues qui sont ici, un bonheur de
vous retrouver pour commencer nos travaux.
Et, à ce
stade-ci, je vous demanderais de bien vouloir appeler l'article 11 du
feuilleton, Mme la Présidente. Merci.
Projet de loi n° 79
Adoption
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
À l'article 11 du feuilleton, Mme la ministre des Affaires municipales
propose l'adoption du projet de loi n° 79, Loi édictant la
Loi sur les contrats des organismes municipaux et modifiant diverses
dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau administratif des
organismes municipaux.
Y a-t-il des interventions? M. député du Lac-Saint-Jean.
M. Éric Girard
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : C'est bien ça, Mme la Présidente. Alors, bonjour à
tous et à toutes, chers collègues.
Donc, en novembre dernier, la ministre
présentait le projet de loi n° 79, la Loi édictant la Loi
sur les contrats des organismes municipaux
et modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du
fardeau administratif des organismes municipaux. Aujourd'hui,
nous en sommes déjà à l'adoption, et j'en profite d'ailleurs pour souligner et
féliciter la ministre pour ce projet de loi.
Donc, au cours de la dernière année, notre
gouvernement a lancé un important chantier avec le milieu municipal pour
alléger la charge administrative municipale et certains processus
gouvernementaux, et on sait que tous souhaitent qu'une réforme complète soit faite, et c'est ce que nous avons proposé
avec ce projet de loi. Donc, aujourd'hui, Mme la Présidente, nous
adoptons le projet de loi n° 79.
Nous déploierons des mesures-phares attendues du
milieu municipal. Je tiens à insister sur le fait que c'était important pour
nous de le faire sans compromettre l'intégrité des différents processus. Les
mécanismes de surveillance en place
continueront aussi de s'appliquer. Le processus de gestion des contrats
demeurera donc transparent et équitable. Notons d'ailleurs que plusieurs
mesures répondent aussi à des recommandations de l'Autorité des marchés publics
et du milieu municipal.
D'abord, nous sommes venus répondre au besoin de
moderniser le cadre de gestion contractuel municipal. Rappelez-vous, près de
50 % des budgets municipaux sont dépensés en contrats. À titre d'exemple,
la valeur totale des contrats municipaux pour l'année 2023‑2024 est de
plus de 19 milliards de dollars. Donc, vous reconnaissez que c'est une
somme colossale. Il était donc primordial pour nous de simplifier le processus
en faisant évoluer, en modernisant et en uniformisant le cadre normatif en place.
Donc, le régime doit être plus simple et mieux
compris tant pour les organismes municipaux que pour les entreprises. Il faut
que les contrats municipaux suscitent plus d'intérêt auprès du marché, surtout
dans le contexte actuel. Donc, le projet de loi permettra de faire face et de
faire place à un régime contractuel simplifié, performant et répondant aux
besoins actuels des municipalités et des entreprises.
Par ailleurs, j'en profite... je profite de
l'occasion en cette Chambre pour rappeler que ma collègue ministre des Affaires municipales a annoncé aussi, dans les
dernières semaines, que les municipalités doivent désormais imposer, tout comme le gouvernement, des pénalités allant
jusqu'à 25 % dans l'attribution des contrats aux entreprises américaines. Donc, pour le gouvernement et les municipalités,
ensemble, il est plus que jamais temps que nous mettions collectivement
l'accent sur l'acquisition de produits et le recours à des services québécois
pour soutenir l'économie du Québec, et particulièrement celle de nos régions.
Le projet de loi vient aussi, également, réduire
les formalités administratives pour alléger la paperasse des organismes
municipaux et réduire les délais. On le sait, la charge des organismes
municipaux est considérable. C'était essentiel de donner
plus de souplesse aux organismes municipaux en leur permettant d'agir plus
efficacement pour offrir des services de
qualité à la population. Notre objectif est clair, c'est de réduire les délais
qui constituent des irritants pour le milieu afin que les projets se
réalisent plus rapidement.
Juste à titre d'exemple, certaines procédures en
matière d'aménagement du territoire seraient allégées, donc ça vient contribuer
à une réduction de 25 % des délais de traitement des demandes de conformité
au ministère des Affaires municipales et de l'Habitation. Et ce projet de loi
là vient regrouper cinq projets de loi en un seul, donc on permet de favoriser le regroupement, aussi, municipal en
réduisant les barrières administratives. D'autres mesures, aussi, qui viennent
faciliter l'implantation de ressources de répit, aussi, qui accueillent
temporairement des personnes aînées afin d'offrir du soutien aux proches aidants, je pense entre autres aux maisons
Gilles-Carle, une mesure qui est importante pour notre gouvernement.
Et finalement le projet de loi permettrait aussi
d'accélérer la construction de logements en élargissant le pouvoir temporaire issu du projet de loi n° 31 aux
municipalités de moins de 10 000 habitants et aux projets mixtes.
Donc, c'est un pas de plus qu'on fait dans l'accélération de la
construction de logements pour répondre à la crise actuelle. Alors, si le
projet de loi est adopté aujourd'hui, je peux vous assurer que nous serons là
pour accompagner les administrations municipales dans l'application des
mesures.
Donc, en
résumé, Mme la Présidente, le projet de loi signifie donc plus de souplesse et
d'autonomie municipale, des outils additionnels, une réduction du fardeau
administratif, une clarification des mesures législatives en place. Donc,
tout le monde y gagne : le milieu
municipal, les entreprises et, bien entendu, les citoyens qui obtiennent des
services de qualité aux meilleurs prix.
En terminant, je remercie, en mon nom et au nom
de la ministre des Affaires municipales, les députés qui ont siégé à la Commission
de l'aménagement du territoire et ainsi que les députés de l'opposition, sur
qui on a pu avoir une très bonne collaboration et qu'on a amélioré le projet de
loi. Je tiens à remercier aussi toutes les organisations qui ont déposé des
mémoires, ceux et celles aussi qui ont participé aux consultations pour faire
de ce projet de loi un projet de loi le mieux adapté pour le monde municipal.
Alors, Mme la Présidente, j'invite donc cette
Assemblée à adopter, aujourd'hui, le projet de loi n° 79. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Elisabeth Prass
Mme Prass : Merci, Mme la
Présidente. Donc, nous sommes ici aujourd'hui pour l'adoption du projet de loi n° 79, Loi édictant la Loi sur les contrats des
organismes municipaux et modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau administratif des organismes
municipaux, qui vise à moderniser et à simplifier le cadre légal
encadrant la gestion contractuelle des organismes municipaux, une demande qui a
émané du terrain et dont nous sommes tous d'accord pour faire avancer.
Donc, l'un des objectifs principaux de ce projet
de loi est de regrouper au sein d'une seule loi les diverses règles en matière
de gestion contractuelle, car dernièrement il y a eu d'autres projets de loi
qui ont été adoptés dans ce sens-là. Donc, cette initiative permettra non
seulement de clarifier le cadre légal, mais aussi d'adapter certaines
dispositions de la Loi sur les contrats des organismes publics au milieu
municipal, tenant compte des réalités actuelles et des besoins spécifiques des municipalités. Ceci répond ainsi aux
nouvelles réalités auxquelles font face nos municipalités. Ces
adaptations permettront aux organismes municipaux de mieux s'ajuster à des
situations particulières et d'optimiser leur fonctionnement, un but pour lequel
nous sommes tous d'accord.
En allégeant le fardeau administratif des
organismes municipaux, cette simplification des procédures vise à favoriser une
saine gestion des fonds publics, tout en assurant un traitement équitable des
entreprises. Cette initiative, qui répond à une demande prioritaire des
municipalités d'aller vers la modernisation et la simplification des processus
administratifs municipaux en regroupant les règles de gestion contractuelle et
en adaptant les dispositions légales aux réalités municipales... donc, ce
projet de loi contribuera à une administration publique plus efficace et mieux
adaptée aux besoins des citoyens.
• (10 h 10) •
J'aimerais prendre un moment pour... Autant que
le projet de loi n° 79 est important, justement, pour
la réalité des municipalités et pour bien adapter les différents... les
différentes lois qui ont été adoptées récemment pour tout ce qui est question
contractuelle, je voudrais quand même mettre la lumière sur un autre enjeu sur
lequel on aurait voulu ou j'aurais voulu
également voir le gouvernement de la CAQ mettre autant d'efforts et
d'attention, si on veut, et, que ce soit le projet de loi n° 79
ou d'autres lois qui ont passé, c'est pour permettre aux municipalités, avec la
crise du logement et tout ce qui arrive dans les dernières années, d'avoir un
certain allègement pour pouvoir procéder sans des entraves, mais aussi en
assurant toujours, au nom des citoyens, que les règles sont suivies et que tout
est fait dans l'ordre. Mais, quand on parle
d'hébergement et de logement... justement, plus tard aujourd'hui, je vais déposer
une pétition signée par presque
6 000 personnes pour toute la question de logements pour les personnes
avec une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de
l'autisme, parce que ce qu'on voit dans les dernières années, c'est que le
gouvernement limite le financement qu'il accorde pour des projets d'hébergement
pour ces adultes-là selon la nature, donc un RI, un RAC et d'autres formes de RTF également. Mais, nous, ce qu'on voudrait
voir, c'est la question des logements alternatifs, parce que j'ai eu la
chance, justement, jeudi dernier, d'être à Ahuntsic-Cartierville, dans un
logement qui s'appelle Rêvanous, qui a été conçu par le milieu
du... des organismes à but non lucratif pour des adultes, justement, qui vivent
avec une DI ou un TSA pour pouvoir avoir une certaine autonomie, une certaine
dignité, avec un hébergement qui est adapté à leur réalité et à leurs besoins
parce que, comme individus et encore plus à... les personnes ont des besoins
particuliers, chacun le manifeste et le vit de façon différente, donc il n'y a
pas de «one-size-fits-all», il faut vraiment écouter les gens et comprendre
leur réalité, et leurs habilités, et leurs besoins pour pouvoir leur offrir de
l'hébergement qui va répondre à leur
réalité. Toutes ces personnes ont le droit de vivre dans les milieux de vie qui
les assure une bonne qualité de vie. Malheureusement, dans les dernières
années, il y a eu plusieurs cas d'abus, plusieurs cas de maltraitance, qui a
fait en sorte que des familles et des individus ont une certaine crainte
d'intégrer ces différents types d'habitation et d'hébergement là.
Je
vous donne également l'exemple... il semble y avoir un creux dans tout ce qui
est programme gouvernemental pour la transition de l'âge d'enfance à
l'âge adulte pour les personnes qui ont des besoins particuliers. Donc, on voudrait que le gouvernement et le ministre... et
la ministre de l'Habitation, le ministre des Services sociaux, également,
proposent un projet de loi prochainement pour, justement, répondre à ces
différentes réalités là, parce que, comme j'ai dit, chacun a le droit de vivre de façon digne, avec une
autonomie qui répond à leur réalité, et c'est également pour cette
communauté-là, pour leurs familles, qu'on voudrait voir un engagement, un
projet de loi de la part de ce gouvernement.
Mais là je reviens au
projet de loi n° 79, encore une fois, qui vise à faciliter la réalité des
municipalités dans l'octroi de contrats avec toutes les différentes lois qui
ont été adoptées dans les dernières années. Donc, bien que cette initiative
vise à renforcer l'efficacité et la transparence dans la gestion contractuelle,
il était de notre responsabilité de l'opposition de scruter attentivement les
détails de cette législation et de proposer des amendements pour le bonifier,
et c'est ce que... c'est ce qu'a fait ma collègue de Mont-Royal—Outremont. Et je remercie la ministre, qui a même montré une ouverture pour être à l'écoute et
collaborer sur les différentes propositions d'amendements qu'on aurait faites.
Le Québec a déjà été
marqué par plusieurs scandales de collusion et de corruption dans les contrats
municipaux, et le projet de loi n° 79
tente justement de répondre à cette problématique. Bien que le projet de loi
introduise des mesures pour lutter contre la collusion, ses dispositions
ne s'attaquent pas aux causes profondes du problème. Il n'existe pas, par exemple, d'engagement clair pour renforcer les
pouvoirs de la Commission municipale
du Québec, qui joue un rôle clé
pour la prévention des pratiques frauduleuses.
De plus, aucune sanction réellement dissuasive
n'est prévue pour les entreprises reconnues coupables de pratiques
frauduleuses dans le cadre de ce projet-là... projet de loi, et cela envoie un
message ambigu quant à la tolérance envers les comportements qui peuvent miner
la confiance publique.
Le projet de loi
n° 79 représente une opportunité d'améliorer la gestion des contrats au
sein des organismes municipaux du Québec, un équilibre entre la simplification
et la rigueur administrative qui est nécessaire pour garantir que l'allègement
du fardeau administratif ne se fasse pas au détriment de la transparence, et de
l'équité, et de la confiance du public.
En conclusion, le
projet de loi n° 79 représente un pas dans la bonne direction, mais il
reste encore du travail à faire pour s'assurer, au nom du public, que les
contrats qui sont octroyés par les municipalités le sont de façon à garantir
une certaine transparence et reconnaissance des fonds publics au nom des
contribuables qui y sont. Donc, pas dans la bonne direction, et, comme j'ai
dit, je remercie l'ouverture de la ministre d'avoir été à l'écoute de ma
collègue et des amendements qu'elle a pu proposer et pour cette... pour que
cette réforme atteigne véritablement ses objectifs.
Donc, je remercie
tous ceux qui ont siégé et tous ceux qui ont contribué aux travaux, et pour
dire que ma... comme j'ai dit, ça a été une très belle collaboration, donc
contente de dire que ma formation va voter en faveur de l'adoption de ce projet
de loi. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions? Mme la députée de Mont-Royal—Outremont. Merci.
Mme Michelle
Setlakwe
Mme Setlakwe :
Merci, Mme la Présidente. Bon matin, bon mardi.
À mon tour
d'intervenir, ce matin, à l'étape de l'adoption finale du projet de loi n° 79, un projet de loi important pour le monde municipal,
édictant la Loi sur les contrats des organismes municipaux et modifiant
diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
administratif des organismes municipaux.
Oui, ma collègue l'a
mentionné, et puis c'était évident dès le... presque évident dès le début de
l'étude du projet de loi, que nous allons voter pour. Nous avons voté pour le
principe également. Étant issue, moi, comme politicienne, du monde municipal,
je peux attester des responsabilités grandissantes des villes, d'un lourd
fardeau administratif, et puis dans le respect, donc, de l'autonomie des
municipalités, qui sont des gouvernements de proximité et, encore une fois, qui ont des responsabilités grandissantes,
souvent, qui ne viennent pas avec tout l'accompagnement et les ressources
nécessaires, ce type de projet de loi est important.
Donc,
il y a deux volets au projet de loi. Le premier volet, c'était pour édicter une
nouvelle loi, la LCOM, la Loi sur les contrats des organismes municipaux, qui
se veut un peu le pendant de la LCOP, puis venir, donc, essentiellement,
offrir aux villes des outils additionnels dans le cadre de la gestion
contractuelle. C'est un élément positif, j'y reviendrai.
Le deuxième volet,
c'était vraiment l'allègement administratif, l'allègement du fardeau
administratif. Les villes ont beaucoup de redditions de comptes, passent
beaucoup... Donc, les employés municipaux, qui sont déjà surchargés... On sait
qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre qui affecte aussi le monde municipal, et
puis donc, quand nos... les employés municipaux consacrent une trop grande part
de leur... partie de leur temps à des tâches administratives, bien, ultimement,
c'est le citoyen qui est perdant.
Donc, il faut toujours se
demander, et c'est ce que le gouvernement fait, mais c'est une démarche qui
doit se faire en continu... il faut toujours se demander si ces obligations de
redditions de comptes, ces obligations qui sont multiples, de dépôts, d'envois d'avis, d'approbations à aller chercher
auprès du ministère des Affaires municipales, est-ce que toutes ces démarches,
toutes ces formalités, toutes ces obligations sont nécessaires, sont dans
l'intérêt de la population, ou est-ce que, dans certains cas, elles sont
superflues. Donc, c'est un exercice qui se fait en continu, Mme la Présidente.
Et d'ailleurs le gouvernement s'est engagé, dans
le cadre de la déclaration de réciprocité, à effectuer ce chantier d'allègement
administratif, qui, d'ailleurs, avait été initié précédemment. Donc, c'est un
bon... une bonne première étape. Si les
groupes nous l'ont dit, les villes... Je dirais que la quasi-totalité, si ce
n'est pas la totalité des groupes, des villes qu'on a entendus, des acteurs du
monde municipal, ils étaient tous du même avis, ils disaient : Bien, on
salue ce projet de loi, on reconnaît que... on reconnaît les bienfaits,
mais n'oubliez pas que c'est un travail qui se fait en continu et qu'il y aura
encore plus à faire, justement, dans l'optique de respecter le principe
d'autonomie puis d'alléger le fardeau administratif
de nos villes, de nos élus et des fonctionnaires municipaux, encore une fois
toujours dans l'intérêt du citoyen.
Permettez-moi de revenir sur le volet... le
premier volet, sur les contrats. C'est important, en fait, de rappeler qu'il y a du nouveau, puis c'est des morceaux
importants, c'est-à-dire celui qu'il faut retenir, qui est la nouveauté la plus
importante, c'est qu'on élargit les
possibilités pour des villes de conclure des contrats avec des entreprises
privées en mode partenariat, partenariat avec le privé. Donc, ça, il
faut que ce soit bien encadré, il faut qu'on respecte l'intégrité des marchés.
• (10 h 20) •
On a eu l'AMP qui est venue nous dire qu'ils
avaient été consultés en amont et ils se sont déclarés satisfaits des modalités
d'encadrement de ce mode de... le mode de contrat en... ce mode de partenariat,
mais c'est quelque chose qu'on doit surveiller. Et je tiens à rappeler qu'on a
eu des échanges, la ministre et moi, à cet égard-là pour s'assurer, justement,
qu'on atteigne l'équilibre souhaité, c'est-à-dire qu'on veut que les
municipalités qui ont... qui doivent mettre de l'avant et qui souhaitent mettre
de l'avant des projets complexes puissent le faire avec ces nouveaux outils et
qu'elles bénéficient d'ailleurs des mêmes outils que les organismes
gouvernementaux. On a... Ici, on a, encore une fois, calqué les dispositions
sur la LCOP. Oui, on veut donner ces outils-là aux villes, mais il faut
s'assurer que l'intégrité des marchés soit
respectée, et puis ça va demeurer exceptionnel, dans le sens qu'un contrat de
partenariat entre une municipalité ou
un organisme municipal et une entreprise privée va demeurer exceptionnel et va
nécessiter l'approbation de la ministre.
Donc, il y avait... donc, ça, on trouvait ça
rassurant que ça demeure exceptionnel et que le gouvernement garde un oeil,
finalement, sur ce type de projet... ce type d'entente, d'entente contractuelle
qui, par exemple, pourrait entrer en jeu dans le cadre — on a demandé des exemples, puis la ville de Montréal en
avait pour nous, là — de projets complexes
où on veut, dès la planification du projet, avoir la collaboration, la
contribution des entreprises pour être... faire une bonne évaluation, donc, des
risques, des revenus, éventuellement... éventuels aussi. Par exemple, on peut
avoir affaire à un projet d'amphithéâtre pour lequel... bon, c'est un bâtiment
municipal, mais, par la suite, au niveau de l'exploitation, ça peut être une
entreprise privée qui fasse l'exploitation. Il peut y avoir des projets mixtes.
On sait, aujourd'hui, qu'il y a de plus en plus de projets mixtes avec des
volets commerciaux, des volets habitation. Donc, ce sont ce type de projets là, des grands projets mixtes, complexes qui
pourraient... et pour lesquels les villes pourraient, donc, entrer...
c'est-à-dire conclure des contrats en mode partenariat.
Revenons au volet allègement du fardeau
administratif. Donc, ça, vraiment, encore une fois, c'était quelque chose qui était souhaité, souhaitable. J'encourage
le gouvernement à continuer de faire l'exercice, de se demander : Est-ce qu'on peut soutenir davantage les villes, les élus
qui, on se rappelle, sont aux premières lignes en tant que gouvernements
de proximité? Les crises qu'on connaît
aujourd'hui, on n'a qu'à penser à l'itinérance, donc, toutes les questions du
logement, les manquements... le manque au niveau du transport collectif, il y a
beaucoup de précarité, il y a beaucoup d'incertitude, et aujourd'hui,
donc, les élus municipaux ou la ville n'a pas comme simple mandat, comme
c'était traditionnellement, de donner des services à la propriété, c'est-à-dire
la voirie, le déneigement, l'urbanisme, les loisirs, etc., aujourd'hui les villes, les élus municipaux sont en première
ligne de plusieurs enjeux de société et qui fait en sorte qu'elles consacrent
beaucoup, beaucoup de temps, d'énergie et de
ressources, donc, à résoudre ces enjeux-là pour lesquels elles sont, en fait, des réels... des partenaires du gouvernement. Ces
enjeux de société, ces enjeux sociaux relèvent avant tout du gouvernement.
Donc, il faut
toujours avoir à l'esprit qu'ultimement on sert tous le même monde puis que...
(panne de son) ...qui doivent recevoir le soutien du gouvernement. Donc,
on encourage le gouvernement à continuer d'épauler les villes, de les traiter
en véritables partenaires et de s'assurer que, dans le quotidien, les
ressources des... ou que les tâches des élus municipaux et des fonctionnaires
municipaux soient vraiment allégées et qu'on puisse les décharger, en quelque
sorte, d'obligations qui, ultimement, sont superflues.
Il y a un élément qui a été mentionné... Bien,
avant de mentionner cet élément-là, je tiens à dire que, tout au long du projet
de loi, puis ce n'est pas le premier projet de loi que j'étudie ou pour lequel
j'échange avec la ministre des Affaires municipales, il y a eu une belle
collaboration. C'est vraiment un plaisir, Mme la Présidente, de travailler avec
la ministre et ses équipes. Et on nous a offert des... plus d'un breffage
technique au fil de l'étude du projet de loi, qui
est, encore une fois, un projet de loi omnibus assez volumineux. Et puis, suite
aux consultations... Encore une fois, je mentionne que les groupes étaient en faveur du projet de loi. Il y avait
quand même, évidemment, des recommandations, des améliorations à faire.
Et puis donc, le gouvernement, par le biais, donc, de la ministre et de ses
équipes, nous ont soumis les amendements en avance, nous ont permis de prendre
le temps de les étudier. Et puis, nous, les amendements qu'on a souhaité mettre de l'avant, il y a eu une belle
collaboration avec le gouvernement aussi, donc, la ministre, je tiens à la
remercier. Évidemment, tout ça est fait dans l'intérêt des citoyens. Donc, le
projet de loi était, à la base, souhaitable et
souhaité, mais on a donc trouvé ensemble une façon de bien travailler de façon
constructive. Il faut... ce n'est pas toujours le cas, mais, la plupart
du temps, c'est le cas à l'Assemblée nationale, puis je pense qu'il faut le
dire, il faut que... on espère que la population est
consciente aussi que, bien souvent, le travail qui est fait dans l'ombre est
fait vraiment au bénéfice de la population et puis qu'il y a une belle
collaboration entre les groupes, les groupes gouvernementaux.
Je remercie aussi mes
collègues, donc la députée de D'Arcy-McGee et la députée de Notre-Dame-de-Grâce,
qui ont... avec qui j'ai travaillé en équipe, là, pour... tout au long des
consultations puis de l'étude détaillée. Encore une fois, un projet de loi omnibus, c'est difficile de... pour une
personne de faire tout le travail puis d'être présente à toutes, toutes,
toutes les étapes. Donc, un beau travail d'équipe, aussi, de notre côté.
Je terminerais, Mme
la Présidente, en mentionnant deux éléments. C'est sûr que, dans le cadre des
échanges sur le projet de loi, bien, étant donné que c'est un omnibus, on
discute, donc, de l'opportunité d'ajouter des éléments qui peuvent bénéficier
au monde municipal. Et puis notre collègue de Sherbrooke a ramené de l'avant, a
mis de l'avant un enjeu que nous aussi, on a soulevé à plusieurs reprises,
c'est la question de l'obligation pour les villes aujourd'hui, depuis le projet
de loi n° 40 qui remonte à 2020, je crois, de céder
des terrains pour des fins de construction d'écoles. Donc, des terrains... On
sait que, dans certaines municipalités, les terrains libres, vacants se font
très rares en milieu urbain, en milieu
densément peuplé, de façon toute particulière. Mais donc cette obligation
repose maintenant sur les épaules des municipalités, et puis il y a
toute une liste de municipalités qui en souffrent et pour qui les valeurs des
terrains à céder pour fins de construction d'écoles, encore une fois, représentent
une part substantielle du budget annuel de la ville,
ou même, dans certains cas... je pense à Val-David, dont la valeur du terrain
excède la valeur du budget annuel de la ville, c'est un non-sens. Nous, ce qu'on demande, c'est de
reconsidérer... Cette obligation-là devrait relever, comme c'était le cas
auparavant, du gouvernement du Québec. L'éducation, c'est un champ de
compétences du gouvernement du Québec, et
ça devrait l'être du début à la fin, incluant, donc, oui, les constructions
d'écoles puis l'éducation, mais le terrain aussi. Le terrain devrait...
ne devrait pas être à la charge d'une municipalité.
Je reconnais que le
gouvernement travaille à des solutions. On a eu des échanges avec la ministre
des Affaires municipales à ce sujet, puis, encore une fois, notre collègue de
Sherbrooke qui a amené un amendement, on a pu en débattre, et puis la ministre
a dit qu'elle travaillait, sur ce dossier-là, à trouver des solutions, à offrir
des listes de terrains excédentaires qui pourraient être donc offerts pour des
constructions d'écoles. Et on a convenu... Bien, elle n'a pas voulu amender le projet de loi n° 79
pour offrir... je pense que ce que la collègue de Sherbrooke disait, c'était
une indemnité. Nous, on voulait que... en fait, aller plus loin puis de
supprimer cette obligation-là, mais on a donc... À la fin, il a été convenu, si on veut... parce que l'amendement
a été rejeté, là, on a voté pour, mais on va revenir à la charge avec
cette question-là, là, de cession de terrains pour des fins de construction
d'écoles.
Encore une fois, ça
vient surcharger, ça vient ajouter une pression financière énorme auprès d'un
grand nombre de municipalités. Et l'éducation, ce n'est pas... ça ne relève pas
de la mission de base, de la mission fondamentale d'une ville. Oui, les villes
doivent discuter avec les centres de services scolaires pour... c'est eux qui
sont les mieux placés au niveau de l'aménagement du territoire, mais, à la
base, c'est une obligation du gouvernement. Et puis, à la lumière de cette
pression financière énorme qui repose sur les épaules de plusieurs villes
aujourd'hui, on s'attend à ce que le gouvernement, donc, oui, mette de l'avant,
peut-être, bon, des listes de terrains, mais moi, je continue de dire qu'il
faut rapidement trouver des solutions. Et, si on voit qu'il n'y en a pas, il va
falloir, encore une fois, qu'on considère revenir à la case départ, qui
était... ça relève du gouvernement, et c'est ce qu'on croit, nous, de notre
côté.
• (10 h 30) •
Le dernier volet que
j'aimerais mettre de l'avant ce matin, c'est revenir sur la question de
l'autonomie municipale. Je siège en parallèle sur un projet de loi, le projet
loi n° 93, où la question de l'autonomie municipale
est mise de l'avant, là, c'est une question de cession de terrains pour
l'exploitation, là, d'une entreprise qui traite et qui... qui traite de façon, oui, sécuritaire, là, mais de
matières dangereuses. Et puis la ville, pour la nommer, la ville de Blainville
est ici aujourd'hui, et dans les médias récemment, pour mettre de l'avant,
donc, ses inquiétudes dans ce dossier-là et dit
que le projet de loi est une attaque frontale à l'autonomie municipale. Donc,
hâte aussi qu'on aille au fond des choses dans ce dossier-là, parce que
l'autonomie municipale, je prends quelques instants pour le rappeler, c'est
un... c'est un principe fondamental, en
affaires municipales, de reconnaître que les villes sont des gouvernements de
proximité puis que les élus municipaux sont les mieux placés pour prendre les
bonnes décisions pour leurs citoyens, et au niveau, notamment et
surtout, de l'aménagement du territoire, ils sont aux premières lignes.
Et
toute la question de l'acceptabilité sociale, encore une fois, dans ce
dossier-là puis de l'autonomie municipale semble être mise à mal. Alors,
on aura des discussions aussi dans le cadre de l'étude de ce projet de loi là.
Mais donc je termine
là-dessus, Mme la Présidente, pour revenir, donc, sur le projet de loi n° 79,
bon projet de loi, qui a été bonifié. On remercie le gouvernement d'avoir
accepté certains... un certain nombre d'amendements que nous, on proposait,
notamment, donc, au niveau de... au niveau du mandat du Vérificateur général
d'une ville. C'étaient des inquiétudes qui avaient été mises de l'avant par les
comptables, les CGA, les... oui, les comptables qui avaient soumis... les
comptables agréés qui avaient soumis un mémoire. La ministre a démontré une
ouverture à ce niveau-là.
Il y a eu aussi des
améliorations entre le projet de loi dans sa forme initiale et sa forme finale
sur d'autres volets, incluant aussi tout ce qui concerne les délais de
paiement, donc, les entreprises dans le milieu de la construction, qui, après
avoir... étant donné qu'il y a ces délais dans le paiement, finissent par ne
plus avoir envie de transiger avec le monde municipal, et ça, ce n'est pas
souhaitable parce qu'on en veut, des soumissions, quand on... les élus, les élus
municipaux, quand ils souhaitent mettre de l'avant des projets puis les mettre
à exécution, bien, ça en... puis on n'a pas le choix, évidemment, on procède
par appel d'offres, mais on en veut, des soumissions, puis, quand il y a
plusieurs soumissions, il y a une meilleure concurrence, et puis habituellement
on obtient le meilleur prix pour nos citoyens.
Donc, il y a eu des
améliorations à ce niveau-là, là, pour, justement, mieux encadrer toute la
séquence de paiements, parce que les délais, des fois, étaient vraiment
exagérés, ils faisaient en sorte que les petits entrepreneurs étaient... quand
ils n'ont pas les reins aussi solides, étaient extrêmement frustrés. Donc, une
autre ouverture de la part du gouvernement.
Donc, voilà, nous allons
voter pour le principe... pas pour le principe, nous allons voter pour le
projet de loi à ce stade-ci de l'adoption finale. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Y a-t-il d'autres interventions?
Mise aux voix
Le projet de loi n° 79,
Loi édictant la Loi sur les contrats des organismes municipaux et
modifiant diverses dispositions principalement aux fins d'allègement du fardeau
administratif des organismes municipaux, est-il adopté?
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement, s'il vous
plaît.
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vous demanderais de bien vouloir
suspendre nos travaux jusqu'à 13 h 40, aujourd'hui.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Afin
de permettre la tenue des affaires courantes cet après-midi, les travaux sont
suspendus jusqu'à 13 h 40. Merci, tout le monde.
(Suspension de la séance à 10 h 34)
(Reprise à 13 h 40)
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Bon
mardi. Vous pouvez vous asseoir.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Nous allons débuter nos travaux à la déclaration
de députés, et je cède immédiatement la parole à M. le député de
Nicolet-Bécancour.
Rendre hommage à
Mme Isabelle Bergeron
M. Donald Martel
M. Martel : Mme la Présidente,
Mme Isabelle Bergeron est enseignante au primaire pour le centre de
services scolaire de la Riveraine.
En 2019, Mme Bergeron a mis en place le
programme Correspondance scolaire afin de permettre aux élèves québécois de
différents milieux, régions et origines de mieux se connaître. Ce programme
permet aux enfants issus de l'immigration de découvrir les régions du Québec et
aux jeunes des régions de se familiariser avec ceux qui vivent dans la métropole. Cet espace de rencontre
chaleureux et amical est créé par l'échange de lettres manuscrites, mais aussi
par des visites en personne.
En favorisant le développement de ces liens
d'amitié, Mme Bergeron rejoint des valeurs qui me sont chères, soit
l'ouverture, l'harmonie et la promotion de la langue française.
Je félicite Isabelle Bergeron et je la remercie
au nom des 50 000 jeunes qui ont déjà profité du programme Correspondance
scolaire. Bravo!
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant,
nous poursuivons avec Mme la députée de Notre-Dame-de-Grâce.
Souligner la fête de la
Saint-Patrick et le travail de
la Société Saint-Patrick de Montréal
Mme Désirée McGraw
Mme McGraw : Merci,
Mme la Présidente. Alors, hier, on a fêté la Saint-Patrick, alors je tenais à
prendre la parole aujourd'hui pour souligner le merveilleux travail de la
Société Saint-Patrick de Montréal, qui a été fondée en 1834.
St. Patrick's Society of
Montréal is the oldest fraternal organization in all of Canada, with the goal
of bringing people together around Irish
history and culture. They host a range of events throughout the year : the
St. Patrick's Ball, the Luncheon, the golf tournament. And they also
sponsor the St. Patrick's parade. We had the 200th edition, yesterday.
Mme
la Présidente, 100 000 personnes, c'est vraiment la fête du
vivre-ensemble au Québec. Et j'aimerais... je tiens
à reconnaître la présence, aujourd'hui, dans nos tribunes, de quatre leaders
qui sont présents avec nous : la présidente, Carol McCormick, Kevin
Callahan, Mark O'Neill, Christopher Deehy. Comme moi, ils sont tous issus d'une
fière ascendance irlandaise. C'est une communauté qui a vraiment contribué à
l'histoire du Québec et notre avenir aussi. Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, Mme la députée. Maintenant,
je reconnais Mme la députée de Repentigny.
Souligner le 40e anniversaire
de l'organisme Inter-femmes
Mme Pascale Déry
Mme Déry : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Alors, je tiens à souligner, aujourd'hui, le
40e anniversaire de l'organisme Inter-femmes. C'est une ressource qui est
essentielle à la défense des droits des femmes et à l'amélioration de leur
qualité de vie dans la MRC de L'Assomption. Grâce à son engagement envers la
promotion des droits, elle sensibilise le public aux questions d'égalité des
sexes, soutient les victimes de violence par des services d'écoute, par
des services d'accompagnement. C'est une organisation qui se distingue
également par ses ateliers éducatifs sur des thèmes variés.
Alors, félicitations à toutes les femmes qui ont
façonné cet organisme au fil des ans! Leur détermination et leur engagement ont permis d'acheter, en 2008, une
maison qui est principalement un milieu de vie et un lieu d'appartenance.
À Inter-femmes, chaque femme est considérée comme unique.
Alors, bravo à toutes les Valérie, les Manon,
les Sophie de ce monde et à la présidente, qui fait un travail remarquable,
Thérèse Gravel, qui continue de faire avancer cette noble cause! Joyeux
anniversaire! Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec M. le député de Rosemont.
Souligner la tenue de
l'Opération Bas Dépareillés du
Regroupement pour la Trisomie 21
M. Vincent Marissal
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Je vais faire un peu différemment, ce matin, j'ai envie de demander
aux collègues, ici, qui a l'audace de sortir de la maison un matin avec deux
chaussettes dépareillées. Je vous comprends, je suis un peu psychorigide de la
chaussette, moi aussi, ça me prend tout mon courage pour être capable de faire
ça. Mais je vais le faire ce vendredi, vendredi le 21 mars, comme tous les
21 mars, la journée en soutien aux personnes ayant la trisomie 21.
Je ne peux malheureusement pas montrer la
magnifique paire de chaussettes qu'on m'a remise hier à mon bureau, Nicola, un jeune homme atteint de
trisomie. Je remercie Regroupement Trisomie 21. Je félicite aussi Nicola et
tous ses amis, qui sont des ambassadeurs fiers de la trisomie 21 au
Québec. Continuez votre excellent travail.
Puis, s'il vous plaît, si vous avez le courage,
comme moi, au moins une fois par année, portez des chaussettes dépareillées, mettez
ça sur vos réseaux sociaux. Merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je reconnais M. le député de Chauveau.
Souligner le 40e anniversaire
de Popote et Multi-Services
M. Sylvain Lévesque
M. Lévesque (Chauveau) : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Sous le thème Proximité et Soutien : des
ingrédients essentiels pour un filet social solide!, la 20e édition de
la Semaine québécoise des popotes roulantes se déroulera du 23 au 29 mars prochains. À cette occasion, je désire
souligner les 40 ans de la Popote et Multi-Services, dirigée par
Marlène Gagnon.
Fondé le 10 juin 1985 par Mme Colette
Tellier, cet organisme joue un rôle essentiel dans notre communauté. À son ouverture, l'organisme comptait seulement six
usagers et quelques bénévoles. 40 ans plus tard, la Popote et Multi-Services est une composante indispensable à
son milieu en desservant 250 usagers au moyen de plus de 22 000 repas
distribués chaque année par 126 précieux bénévoles.
Tous les
bénévoles, merci pour votre engagement, dévouement. Et à vous, Marlène, chapeau
pour votre engagement! Bon 40e anniversaire! Merci, Mme la
Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) :
Merci, M. le député. Maintenant,
nous poursuivons avec Mme la députée de Chomedey.
Souligner la fête nationale de la Grèce
Mme Sona
Lakhoyan Olivier
Mme Lakhoyan
Olivier : Aujourd'hui, je tiens à souligner un moment marquant pour
les membres de la communauté hellénique de ma circonscription et de l'ensemble
du Québec. En effet, nous célébrerons, le 25 mars, le
204e anniversaire de l'indépendance de la Grèce, une occasion empreinte de
fierté, de dignité et de reconnaissance envers le peuple grec et son héritage
exceptionnel.
À travers l'histoire,
les Grecs ont contribué de manière significative à l'évolution des idées et des
institutions, notamment nombreuses avancées philosophiques et culturelles. Que
cette journée soit l'occasion de célébrer cet héritage et de reconnaître
l'apport, le dynamisme et l'engagement de la communauté grecque de par ses
organisations culturelles, ses églises et ses entreprises.
Chers concitoyens
grecs, grâce à votre contribution remarquable à tous les niveaux depuis plus de
125 ans au Canada, vous avez enrichi notre société d'une culture vivante.
Joyeux anniversaire et longue vie à la Grèce! (S'exprime en grec). Merci.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée des
Chutes-de-la-Chaudière.
Souligner
le 50e anniversaire du Club de ski de fond Sentiers des Grandes Prairies
Mme Martine
Biron
Mme Biron : Merci, Mme la Présidente.
Fondé en 1975, le Club de ski de fond les Sentiers des Grandes Prairies,
le plus ancien de la ville de Lévis, célèbre cette année un demi-siècle
d'existence. Situé dans le quartier Saint-Romuald, le site offre 35 kilomètres de petits... de pistes boisées et
vallonnées, fréquentées par des milliers de visiteurs annuellement.
Je profite de cette
tribune pour féliciter les membres du conseil d'administration, présidé par
Denis Lévesque, ainsi que sa trentaine de bénévoles pour leur engagement au
sein de l'organisme. Je souligne tout particulièrement les noms d'Yves Roy,
Serge Couture et André Hamel, trois bénévoles impliqués depuis les tout débuts
et encore actifs aujourd'hui. Grâce à vous et à vos partenaires, le club se
positionne comme une référence en Chaudière-Appalaches, et nul doute qu'il le
demeurera pour encore plusieurs décennies.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Maintenant, je suis prête à céder la parole
à M. le député des Îles-de-la-Madeleine.
Souligner
l'importance de soutenir le milieu culturel des Îles-de-la-Madeleine
M. Joël
Arseneau
M. Arseneau :
Mme la Présidente, le milieu culturel du Québec sonne l'alarme. La crise
qui sévit touche tous les secteurs et toutes les régions, des
Îles-de-la-Madeleine à l'Outaouais, en passant par le Nord-du-Québec.
Lorsqu'il fait part
de ses importants défis, le monde de la culture se bute à un mur, à un
gouvernement intransigeant. C'est inquiétant pour l'avenir et le rayonnement de
notre culture québécoise. C'est inquiétant pour nos artistes, pour toutes ces
personnes qui font vivre notre identité par leur art, leur créativité et leur
talent.
Les
Îles-de-la-Madeleine ne font pas exception à ce relâchement de l'engagement du
gouvernement envers la culture. C'est pourquoi les organismes culturels de chez
nous se mobilisent, appelent à la solidarité et à un engagement renouvelé du
gouvernement pour assurer la pérennité de leurs actions.
La culture, c'est
bien plus que du divertissement, rappellent-ils avec raison, c'est l'équilibre
fragile d'une société qui cherche à grandir et à s'épanouir. Sans elle, c'est
tout un territoire qui s'efface tranquillement. Si notre culture s'érode, c'est
le Québec lui-même qui s'effacera peu à peu. L'État doit être le champion de la
culture, son plus grand promoteur.
• (13 h 50) •
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Mme la députée de Verchères, à
vous la parole.
Souligner
le 65e anniversaire de L'Ordre des Filles d'Isabelle de Varennes
Mme Suzanne
Roy
Mme Roy
(Verchères) : Merci, Mme la Présidente. J'ai le privilège de souligner
aujourd'hui les 65 ans du Cercle Lajemmerais de L'Ordre des Filles
d'Isabelle de Varennes.
Ces femmes engagées
offrent temps et énergie pour soutenir leur communauté avec générosité et
bienveillance. Par leur présence active et leur soutien, elles apportent une
aide précieuse aux organismes du milieu et contribuent à de nombreuses
initiatives locales.
Je
tiens à saluer tout particulièrement deux invités présents dans la tribune, la
régente, Mme Ginette Larose, ainsi que son conjoint, Guy Brodeur, dont
l'implication illustre à merveille les valeurs de solidarité qui animent cet
organisme.
À toutes les Filles d'Isabelle de la
circonscription, merci pour votre dévouement, votre grand coeur. Que cette
belle mission continue de rayonner encore longtemps. Joyeux
65e anniversaire!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Maintenant, nous poursuivons avec Mme la députée des
Plaines.
Souligner
la Semaine québécoise des popotes roulantes
Mme Lucie
Lecours
Mme Lecours
(Les Plaines) : Merci, Mme la Présidente. Proximité et
Soutien : des ingrédients essentiels pour un filet social solide! Ce
sera, cette année, le thème de la prochaine Semaine québécoise des popotes
roulantes, qui débutera le 23 mars.
Le travail que font
ces organismes sur notre territoire est essentiel, et, en tant qu'élus, il nous
faut les remercier au nom des gens qui
bénéficient de leurs services. Pourquoi? Parce qu'ils nourrissent des gens
souvent les plus vulnérables de notre communauté, souvent des gens âgés
en situation de solitude.
Sans
bénévoles, sans travailleurs passionnés, les popotes roulantes n'y arriveraient
pas, d'autant plus que chaque personne qui y oeuvre agit avec
bienveillance, avec sourire et avec beaucoup d'attention.
J'ai
le bonheur, chaque année, à l'approche du temps des fêtes, d'aller à la
rencontre des personnes qui bénéficient des services de la popote roulante des
Moulins. Je leur apporte le repas, je jase avec elles, et je les écoute, et je
les réconforte également. Moi, je le fais une fois par année, mais les
bénévoles, eux, le font chaque semaine. Respect et...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Mme la... Merci. Merci, Mme la députée. M. le
député de Charlesbourg.
Souligner
le 90e anniversaire du Cercle de fermières Charlesbourg
M. Jonatan
Julien
M. Julien :
Oui. Merci, Mme la Présidente. Aujourd'hui,
je veux rendre hommage au Cercle de fermières Charlesbourg, un organisme communautaire qui me tient, vous le savez,
grandement à coeur et qui fête son 90e anniversaire.
Sa mission, c'est de
promouvoir et de partager des techniques artisanales dans un environnement de
partage où les femmes peuvent se rencontrer et socialiser. Chaque année,
présidé par Mme Denise Germain, c'est une centaine de femmes qui se
réunissent, justement, pour faire la promotion de leur mission, et elles
partagent par leurs expositions, avec les citoyens et les citoyennes de
Charlesbourg, leur savoir-faire. Et vous le savez, Mme Germain, je m'y
rends toujours et je m'y achète une jetée colorée tissée par les fermières.
J'en ai une dizaine à la maison. Mais elles me font penser à vous, ces
jetées-là. C'est des jetées qui sont tissées serré et tellement chaleureuses.
Mme Germain, à vous
et aux fermières de Charlesbourg, félicitations! 90 ans, ça se fête.
Bravo!
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
M. le député. Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Mirabel.
Souligner
la tenue de l'exposition Camille Laurin, un legs inestimable
Mme Sylvie
D'Amours
Mme D'Amours : Merci, Mme la Présidente. J'aimerais souligner la présence, dans les
tribunes, de Mme Francine
Castonguay, veuve de M. Camille Laurin, à l'occasion de l'inauguration de
l'exposition Camille Laurin, un legs inestimable,
présentée dans le pavillon d'accueil jusqu'au 12 avril.
Cette exposition retrace
le parcours de Camille Laurin, de son enfance à son combat en faveur de la
langue française. Le public y découvrira l'homme, mais aussi le psychiatre et
le politicien à travers des documents d'archives, des photos et des
témoignages.
L'Assemblée nationale
représente un lieu hautement significatif dans la carrière politique de Camille
Laurin. C'est entre ces murs qu'il exerce ses fonctions de ministre au sein de
deux gouvernements de René Lévesque, de 1976 à 1985. C'est également ici que
naît la loi 101, la Charte de la langue française, pour laquelle Camille
Laurin se bat et qu'il reçoit comme un instrument de libération sociale et
économique des Québécois et Québécoises. Son adoption en 1977 fait du français
une langue officielle du Québec et marque un tournant dans l'histoire de la
nation.
C'est
un honneur pour l'Assemblée nationale d'avoir cette exposition en ces lieux,
tout comme de vous y accueillir, Mme Castonguay. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, Mme la députée. Ceci met fin à la
déclaration... à la rubrique de déclarations de députés.
Et je suspends les
travaux quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 55)
(Reprise
à 14 h 09)
La Présidente :
Bonjour, tout le monde. Messieurs
dames, vous êtes nombreux, bienvenue, bienvenue chez vous. Le parlement
du Québec, c'est chez vous.
Messieurs dames les
députés, nous allons nous recueillir quelques instants.
Veuillez vous
asseoir.
Dépôt de la lettre de
nomination du député de Granby, M. François Bonnardel,
à titre de leader adjoint du gouvernement
Avant d'entreprendre
nos travaux, je dépose la lettre que m'a adressée M. le premier ministre dans
laquelle il m'informe de la nomination de M.
le député de Granby à la fonction de leader adjoint du gouvernement. Cette
nomination prend effet aujourd'hui.
Dépôt de la lettre de
démission du député d'Arthabaska, M. Eric Lefebvre
Je dépose également
une lettre que m'a adressée M. Eric Lefebvre dans laquelle il m'informe de
sa démission à titre de député de la circonscription d'Arthabaska. Cette
démission prend effet aujourd'hui.
Nous poursuivons les
affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a
pas de déclarations ministérielles ni présentation de projets de loi.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt
de documents, M. le ministre de la Justice.
• (14 h 10) •
M. Jolin-Barrette : Oui, bonjour, Mme la Présidente. Je dépose
le plan stratégique 2024‑2028 de
l'Office de la protection du consommateur.
La Présidente :
Alors, ce document est déposé.
Maintenant, M. le leader du gouvernement, qui est la même personne,
incidemment.
M. Jolin-Barrette :
Oui. Je dépose, Mme la Présidente, aussi les réponses aux pétitions
déposées en Chambre le 26 novembre 2024 par la députée de Mille-Îles, le
27 novembre 2024 par la députée des Mille-Îles et le député de Saint-Henri—Sainte-Anne,
les trois réponses aux pétitions déposées en Chambre le 29 novembre 2024
par le député de Jean-Lesage, le 4 décembre 2024 par le député de Pontiac
et la députée de Verdun, les deux réponses aux pétitions du 5 décembre
2024 déposées en Chambre par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne et la députée de
Laviolette—Saint-Maurice,
le 6 décembre 2024 par le député de Gaspé, le 30 janvier 2025 par la
députée d'Abitibi-Ouest et la députée de Bourassa-Sauvé.
Je
dépose également les réponses aux questions inscrites au feuilleton le
4 février 2025 par le député de Jean-Lesage et le député des Îles-de-la-Madeleine, le
5 février 2025 par le député de Saint-Henri—Sainte-Anne, les trois réponses
inscrites le 6 février 2025 par le député de Matane-Matapédia et le
13 février 2025 par la députée de D'Arcy-McGee et le député de Jacques-Cartier.
Merci.
La
Présidente : Ces documents sont déposés.
Pour ma part, je
dépose copie d'une lettre que m'a... que j'ai transmise, plutôt, à
M. Alain Fortin, vérificateur général
adjoint, le désignant, conformément à l'article 15 de la Loi sur le
vérificateur général, Vérificateur général par intérim à compter du
16 mars 2025.
Enfin,
j'ai reçu préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton de demain
aux affaires inscrites par les députés de l'opposition. Conformément à
l'article 97.1 du règlement, je dépose copie du texte de ce préavis.
Dépôt de rapports de
commissions
À
la rubrique Dépôt de rapports de commissions, M. le président de la Commission de l'aménagement du territoire
et député de Drummond—Bois-Francs.
Étude détaillée du projet de
loi n° 86
M. Schneeberger :
Merci, Mme la Présidente. Alors, je dépose le rapport de la Commission de
l'aménagement du territoire qui, les 12, 18, 19, 20 et 27 février 2025, a
procédé à l'étude détaillée du projet de loi n° 86, Loi
visant à assurer la pérennité du territoire
agricole et sa vitalité. La commission
a adopté le texte du projet de loi avec des amendements.
La
Présidente : Ce rapport est déposé.
Dépôt
de pétitions
À la rubrique Dépôt
de pétitions, M. le député de Jean-Lesage.
Assurer la pérennité du programme arts-études en musique
symphonique de l'école secondaire La Camaradière
M. Zanetti : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 3 218 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que la
non-ouverture du programme de Musique-études symphonique de l'école secondaire
La Camaradière pour les élèves de secondaire 1 a été annoncée;
«Considérant
que la fermeture de ce groupe entraînera des conséquences pour les élèves et
enseignants pour les 5 prochaines années;
«Considérant que ce
programme a reçu de nombreuses distinctions (notamment le premier prix avec
mention or au Festival des harmonies et orchestres symphoniques du
Québec 2024);
«Considérant que ce
programme unique dans la région de Québec est une source de fierté pour les
élèves, l'école et le centre de services scolaire de la Capitale;
«Considérant que le
Plan d'engagement vers la réussite du centre de services scolaire de la
Capitale vise 75 % d'élèves inscrits dans un programme particulier d'ici
2027;
«Considérant que le
ministre a affirmé publiquement qu'il n'est pas prévu de fermer le programme;
«Considérant que
[les] actions allant à l'encontre de la pérennité du programme ont été prises — des
actions ont été prises, comme la destruction du local spécialement adapté de
l'orchestre symphonique, la transformation d'un local de musique en entrepôt de
hockey, réduction des tâches des enseignants de musique;
«Considérant que le Conseil
d'établissement n'a pas été consulté lors du changement de vocation du local;
«Considérant que
plusieurs parents et employés ont mentionné la peur de représailles;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«De
mettre tout en oeuvre pour que le centre de services scolaire de la Capitale
assure la pérennité du programme de musique-symphonique; et
«D'ouvrir
une enquête sur les méthodes de gouvernance [du] centre de services scolaire de
la Capitale et de l'école secondaire La Camaradière.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de
Sherbrooke.
S'opposer aux compressions budgétaires en santé et en services
sociaux
Mme Labrie : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 5 030 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes
du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que le
gouvernement du Québec a affirmé que les récentes coupes budgétaires en santé
et services sociaux n'auraient aucun impact sur les services à la population;
«Considérant que ces
coupes budgétaires se traduisent pourtant par une diminution du personnel de
tous les titres d'emplois, de suppressions de postes vacants et de la fin
prématurée de certains remplacements essentiels pour prodiguer des soins et
pour assurer l'offre de services à la population;
«Considérant que des
décisions administratives ont pour effet de cesser l'achat de matériel
ergonomique, l'achat de matériel spécialisé, la mise en place de certains
programmes et de rénovations qui sont nécessaires pour assurer la sécurité et
offrir des services;
«Considérant
que ces décisions aggravent l'épuisement, la surcharge et les conditions de
travail des travailleuses et des travailleurs de la santé et des
services sociaux, affectant entre autres leur santé physique et psychologique;
«Considérant que les
éléments présentés ont une incidence directe sur la qualité et la sécurité des
soins et services offerts à la population;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«D'exiger à Santé
Québec de réviser immédiatement les politiques de coupes budgétaires afin
d'assurer du personnel de tous les titres d'emploi en nombre suffisant pour
garantir des soins et services de qualité et sécuritaires;
«De prioriser les
ressources humaines directement impliquées dans les soins et services aux
usagers; et
«De s'assurer que le
personnel ait accès à un environnement et à du matériel adéquat et sécuritaire
pour donner des soins et services à la population.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé. Mme la députée de
D'Arcy-McGee.
Assurer l'accès à des milieux de vie substituts pour les
personnes
autistes ou ayant une déficience intellectuelle
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente.
Je voudrais souligner la présence, dans les tribunes, de la Société québécoise
de la déficience intellectuelle et de la Fédération québécoise de l'autisme.
Je
dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée par
5 372 pétitionnaires. Désignation : citoyens et
citoyennes du Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant que les
personnes ayant une déficience intellectuelle ou autistes font face à des
obstacles importants pour accéder à des
milieux de vie substituts — appartements
supervisés supervisés, ressources intermédiaires et de type familial — sécuritaires,
sains et stimulants;
«Considérant
que toutes ces personnes ont le droit de vivre dans des milieux qui leur
assurent une bonne qualité de vie;
«Considérant que de
nombreuses situations d'abus ont été rapportées dans des milieux de vie
substituts;
«Considérant que le
Québec doit respecter la Convention relative aux droits des personnes
handicapées;
«Considérant que le
manque d'options résidentielles entraîne souvent une inadéquation entre le
milieu de vie disponible et le projet de vie des personnes;
«Considérant qu'il
existe des modèles de milieux de vie substituts à but non lucratif qui
répondent mieux aux besoins de ces personnes, développés par et pour le milieu
de la déficience intellectuelle et de l'autisme;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«De
renforcer la formation du personnel et la surveillance des milieux de vie
substituts pour garantir des conditions de vie adéquates;
«De
s'assurer que les ressources intermédiaires et de type familial s'adaptent aux
besoins évolutifs des personnes, en soutenant le maintien et le
rehaussement de leurs capacités;
«De donner la
priorité aux milieux de vie substituts à but non lucratif dans la création de
nouvelles places, et de faciliter leur développement partout;
«D'augmenter et
stabiliser le financement des milieux de vie substituts à but non lucratif.»
Je certifie que cet
extrait est conforme à l'original de la pétition.
La
Présidente : Cet extrait de pétition est déposé.
J'ai reçu une demande
de Mme la députée de D'Arcy-McGee pour la présentation d'une pétition non
conforme. Y a-t-il consentement pour la présentation de cette pétition? Consentement.
Mme la députée de D'Arcy-McGee.
Mme Prass : Merci, Mme la Présidente.
Je dépose l'extrait d'une pétition adressée à l'Assemblée nationale, signée
par 838 pétitionnaires. Désignation : citoyens et citoyennes du
Québec.
«Les faits invoqués
sont les suivants :
«Considérant
que les personnes ayant une déficience intellectuelle ou autistes font face à
des obstacles importants pour accéder à des milieux de vie substituts
(appartements supervisés, ressources intermédiaires et de type familial, etc.)
sécuritaires, sains et stimulants;
«Considérant
que toutes ces personnes ont le droit de vivre dans des milieux qui leur
assurent une bonne qualité de vie;
«Considérant que de
nombreuses situations d'abus ont été rapportées dans des milieux de vie
substituts;
«Considérant que le
Québec doit respecter la Convention relative aux droits des personnes
handicapées;
«Considérant que le
manque d'options résidentielles entraîne souvent une inadéquation entre le
milieu de vie disponible et le projet de vie des personnes;
«Considérant
qu'il existe des modèles de milieux de vie substituts à but non lucratif qui
répondent mieux aux besoins de ces personnes, développés par et pour le
milieu de la déficience intellectuelle et de l'autisme;
«Et l'intervention
réclamée se résume ainsi :
«Nous, signataires,
demandons au gouvernement du Québec :
«De
renforcer la formation du personnel et la surveillance des milieux de vie
substituts pour garantir des conditions de vie adéquates;
«De s'assurer que les
ressources intermédiaires et de type familial s'adaptent aux besoins évolutifs
des personnes, en soutenant le maintien et le rehaussement de leurs capacités;
«De
donner la priorité aux milieux de vie substituts à but non lucratif dans la
création de nouvelles places, et de faciliter leur développement
partout;
«D'augmenter et
stabiliser le financement des milieux de vie substituts à but non lucratif.»
Merci, Mme la
Présidente.
• (14 h 20) •
La
Présidente : Et cet extrait de pétition est déposé.
Il n'y a pas de
réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation de
droit ou de privilège.
Je vous avise qu'à la
rubrique des renseignements sur les travaux de l'Assemblée j'entendrai les
représentations concernant la demande d'intervention sur une violation de droit
ou de privilège soulevée le 25 février dernier par M. le leader de
l'opposition officielle.
Questions et réponses orales
Nous en sommes maintenant rendus à la période de
questions et de réponses orales, et je cède la parole, en question principale,
au chef de l'opposition officielle.
Investissement
du gouvernement dans Northvolt
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la Présidente,
on va parler du fiasco caquiste Northvolt, le vaisseau amiral dans la flottille
économique caquiste. On parle déjà d'un naufrage, Mme la Présidente.
Rappelez-vous, en septembre 2023, le premier ministre disait : C'est
une journée historique pour le Québec. Il comparait ça à sa Baie James, alors
qu'on sait qu'aujourd'hui c'est son Waterloo.
Il disait : C'est une grande journée pour l'économie du Québec. Dès
septembre 2024, on le savait, que ça ne marchait pas. Déjà là, la
ministre de l'Économie de la Suède disait : On ne mettra plus un sou dans
Northvolt, un an après, en septembre 2024, et aujourd'hui, on le sait, la
maison mère est en faillite.
Les
Québécoises et Québécois ont 710 millions de dollars à risque dans
Northvolt, la maison mère, 270 millions, le terrain, 240 millions d'investis, et la Caisse de dépôt et de placement, 200 millions de dollars, ce qui
totalise 710 millions de dollars
des Québécoises et des Québécois. Jeudi dernier, la ministre de l'Économie a
admis, et je la cite : «Les 270 millions investis dans la
maison mère ont perdu leur valeur.» Fin de la citation.
Alors, pour Northvolt, après-midi, c'est l'heure
des bilans, c'est l'heure du dépôt de bilan. Trois questions précises au
premier ministre, on va faire le tour de l'inventaire. Le 270 millions,
peut-il confirmer qu'il est perdu? Le terrain payé 240 millions, combien
vaut-il? Et il reste combien d'argent du 200 millions de la Caisse de
dépôt dans le compte de banque?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, on se souvient tous du député de Marguerite-Bourgeoys qui nous
avait interpelés en disant : Il y a
trois projets, en Ontario, de batteries pour véhicules électriques, puis il n'y
en a pas au Québec. Qu'est-ce que vous attendez? Il faut investir dans
les batteries pour véhicules électriques. Mme la Présidente, on a écouté le
député de Marguerite-Bourgeoys, qui avait une bonne idée, parce que, Mme la
Présidente, au-delà des hauts et des bas de
ventes de véhicules électriques, je pense que, à moyen terme, on va tous être
d'accord, les 125 députés ici, pour dire qu'à moyen terme il va se
vendre de plus en plus de véhicules électriques, malgré M. Trump, malgré
le ralentissement des ventes qu'on a connu depuis une année.
Donc, Mme la Présidente, on a investi dans une
dizaine d'entreprises, entre autres beaucoup dans le parc de Bécancour.
Évidemment, il y a un ralentissement, donc, autant en Ontario que partout dans
le monde, le marché des véhicules électriques puis des batteries pour les
véhicules électriques n'est pas aussi en croissance qu'on l'aurait espéré,
mais, Mme la Présidente, je continue de penser que c'était une bonne idée
d'investir dans des entreprises qui font des batteries pour les véhicules
électriques.
Maintenant, Mme la Présidente, ce qu'il est
important de rappeler, c'est que, depuis qu'on est au pouvoir, on a fait le
choix de prendre des risques calculés pour investir dans des centaines
d'entreprises, des centaines d'entreprises, avec la Caisse de dépôt, avec Investissement
Québec. Résultat des courses, on a mieux fait que le reste du Canada.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Alors, ça se
disait le parti de l'économie, Mme la Présidente. Il dit : Il y a un
ralentissement. Il n'y a pas ralentissement,
il y a dépôt de bilan, il y a faillite, il y a liquidation. Le
270 millions, le supposé premier ministre de l'économie, il n'est même pas
capable de nous avouer qu'il faut qu'il le mette de côté. La ministre l'a
avoué, on a perdu 270 millions.
Et maintenant, le 200 millions de la Caisse de dépôt, savez-vous ce
qu'elle a fait, Mme la Présidente? Elle l'a radié, ça ne vaut plus rien.
Combien il reste d'argent dans le compte de
banque de Northvolt?
La Présidente : La réponse du premier
ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la Présidente,
effectivement, il y a des investissements qui, pour l'instant, valent moins, mais il y a des centaines d'investissements qui
valent plus. La preuve, Mme la Présidente, quand on regarde la croissance
de la richesse par habitant depuis six ans,
on a battu le reste du Canada. Quand on regarde le salaire moyen,
l'augmentation du salaire moyen, on a
battu le reste du Canada. Quand on regarde le revenu disponible depuis six ans,
on a battu le reste du Canada. Quand on regarde la productivité, on a
battu, depuis six ans, le reste du Canada.
Donc,
il y a des bons coups, des moins bons coups. C'est normal que l'opposition ne
parle pas trop des bons coups.
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay :
On s'excuse, Mme la Présidente, de parler du fiasco, du scandale Northvolt. On
s'excuse de soulever au premier ministre qu'on a déjà perdu
710 millions de dollars. On s'excuse de rappeler au premier ministre
qu'il a signé un contrat par lequel il s'engage à rajouter 2,2 milliards.
Puis on s'excuse de lui rappeler qu'aujourd'hui la liquidation de Northvolt fait en sorte qu'ils doivent courir après
des investisseurs privés pour renflouer le reste du projet.
Il va les prendre où,
le premier ministre? Puis quand est-ce qu'il va s'arrêter de gaspiller
l'argent?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Oui, Mme la Présidente, le chef de l'opposition officielle sait très bien
que le 2,2 milliards dont il parle, c'est seulement s'il y a des batteries
qui sont produites. Donc, au moment où les batteries seraient produites, il y
aurait un montant de 2,2 milliards qui serait donné pour payer une partie
des coûts, comme le fait les États-Unis, comme
le fait l'Ontario. Mais, Mme la Présidente, ce qui est important... Et
puis je viens d'entendre le chef de l'opposition officielle dire :
Oh! il y a peut-être des investisseurs qui seraient intéressés à relancer le
dossier. Est-ce qu'il serait pour ou contre relancer le dossier...
La Présidente :
En terminant.
M. Legault :
...de batteries pour véhicules électriques?
La
Présidente : Troisième complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay :
Pour sauver son fiasco, ça prendrait des investisseurs. Et sa ministre l'a
confirmé, puis Cerruti l'avait confirmé. Il n'y aura pas d'investisseur, ça ne
sauvera pas son fiasco. Puis je vais corriger le premier ministre, pas... sur
la construction, il reste un échéancier de 600 millions à ajouter
là-dessus. Il a déjà dit qu'il allait retenir le prochain 300 millions.
Là, il est clair, Mme
la Présidente, que le naufrage Northvolt du vaisseau amiral est consommé. On a
besoin urgent d'un plan de sortie. Il faut qu'on sacre notre camp de Northvolt
au plus sacrant, Mme la Présidente.
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
Des voix : ...
La
Présidente : Dois-je vous rappeler la règle? Article 32. Je suis
debout, on garde le silence. Je vous entends. Une seule personne a le droit de
parole. Je veux entendre la réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Mme la Présidente, le chef de l'opposition officielle, du haut de son titre
de chef du Parti libéral du Québec par intérim, vient de nous dire : Il
n'y aura pas d'investisseur pour relancer le chantier de Northvolt sur la
Rive-Sud de Montréal. Il vient de nous dire ça, lui là, là. Donc, il ne
souhaite pas que des investisseurs relancent Northvolt. Bien, nous, on va
continuer d'y travailler, parce qu'au Québec on a tout pour réussir dans la
batterie pour véhicules électriques.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Marguerite-Bourgeoys.
Investissement du gouvernement dans Northvolt
M. Frédéric Beauchemin
M. Beauchemin :
La maison mère de Northvolt est en faillite parce qu'ils n'ont pas la bonne
technologie puis leur procédé de fabrication, il est médiocre. Donc, les
liquidités ont disparu. Même leur propre gouvernement ne veut pas mettre une
cent dans cette histoire-là. Pour le Québec, c'est une perte de
710 millions. Bravo, la CAQ!
Encore
aujourd'hui, ce gouvernement nous dit d'être patients parce que ce qui n'a pas
marché en Suède miraculeusement va fonctionner au Québec, parce que les
comptables de la CAQ, eux, ils savent compter. Ils nous content des histoires,
Mme la Présidente. Puis, le premier ministre et son équipe, tout ce qu'ils
savent faire, c'est des échecs. Taiga, échec. Panier bleu, échec. Lion, échec.
Flying Whales, échec. Maintenant, Northvolt, échec retentissant.
Mme la Présidente, la
CAQ est un échec. La CAQ est-elle capable d'au moins arrêter de faire perdre
l'argent des Québécois?
La
Présidente : La réponse du ministre délégué à l'Économie. On l'écoute.
M. Christopher Skeete
M. Skeete :
Bien, Mme la Présidente, je suis très surpris d'entendre le collègue parler
d'échecs, parce qu'il sait comme moi, on a
participé au projet de loi n° 87, récemment, où, dans le projet loi n° 87, l'objectif, c'était d'agrandir ce qui se passe à Bécancour,
tellement que ça va bien dans la filière batterie. On était assis avec le
collègue de Nicolet-Bécancour, puis, dans le fond, le plus gros problème qu'ils
ont, c'est qu'ils manquent de terrains, tellement que ça va bien dans la
filière batterie.
Le collègue parle
d'échec. Moi, je veux lui rappeler quelque chose : 2019-2020,
2,9 milliards en retombées économiques,
étrangers; 2020-2021, 3,75 milliards; 2021-2022, 4,64; 2022-2023,
6 milliards; et, finalement, 2023-2024, plus de 13 milliards
de retombées économiques d'investissements directs étrangers vers le Québec.
Alors, moi, je ne
comprends pas le Parti libéral de ne pas être content pour nous. C'est tous les
Québécois qui gagnent lorsqu'on réussit. Et, dans la filière Northvolt, c'est
sûr qu'on peut se trouver un item, sur lequel le Parti libéral n'a fait rien pour nous aider, nous accompagner
puis nous encourager là-dedans, mais c'est la filière au complet qui va
bien. La preuve se trouve à Bécancour.
• (14 h 30) •
La Présidente :
Première complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais le député de Jacques-Cartier.
M. Gregory Kelley
M. Kelley :
Northvolt, c'est fini. C'est fini, Mme la Présidente. Et c'est le temps
pour ce gouvernement de prendre l'approche,
avec nos blocs d'énergie, de Québec d'abord pour nos petites et moyennes
entreprises. Et, depuis septembre, nous avons réclamé, le Parti libéral
du Québec, que ce gouvernement libère des blocs d'énergie qui étaient accordés
à Northvolt pour donner ça à des entreprises d'ici.
Alors,
c'est une question très simple, Mme la Présidente. Est-ce que ce gouvernement
va libérer les blocs d'énergie qui étaient réservés pour Northvolt
rapidement?
La
Présidente : La réponse du ministre délégué à l'Économie.
M. Christopher Skeete
M. Skeete : Encore une fois, Mme la
Présidente, je suis très surpris. Le plus gros problème qu'on avait, au Québec,
avant l'entrée de la Coalition avenir Québec au gouvernement, c'était un
surplus d'énergie. On jetait littéralement l'énergie
par les fenêtres. Là, aujourd'hui, le problème qu'on a, c'est qu'il y a
tellement eu d'investissements que le plus gros enjeu qu'on a, c'est la gestion de la croissance d'Hydro-Québec.
C'est une bonne nouvelle, chers collègues. C'est une bonne nouvelle.
Ma collègue la
ministre de l'Énergie l'a déjà dit, on va évaluer la situation qui se passe
actuellement dans le dossier de Northvolt,
puis, s'il y a lieu, on va diriger les blocs énergétiques aux entreprises
québécoises qui en ont besoin pour faire leur développement.
Alors,
encore une fois, Mme la Présidente, on a déjà répondu à cette question-là. Les
choses vont bien, puis on va gérer la croissance d'Hydro-Québec avec
rigueur, comme toujours.
La
Présidente : Deuxième...
Des voix : ...
La Présidente :
Deuxième complémentaire.
M. Gregory Kelley
M. Kelley :
Une bonne nouvelle, Mme la Présidente, une bonne nouvelle pour les
entreprises d'ici? Les entreprises qui emploient des Québécois en région n'ont
pas des blocs d'énergie pour agrandir leurs projets en région. Ça, c'est un
désastre, un désastre caquiste. Encore, il dit que c'est une bonne nouvelle
pour le Québec. C'est impossible, impossible.
On n'est pas capables de créer des jobs payantes partout au Québec parce que ce
gouvernement a mal géré nos blocs d'énergie. Ça, c'est réalité. Libérez
les blocs d'énergie de Northvolt maintenant.
Des voix : ...
La Présidente : Je
vous rappelle le décorum. On garde le silence. Une seule personne a le droit de
parole ici, le ministre délégué à l'Économie.
M. Christopher Skeete
M. Skeete : Bien, encore une fois,
Mme la Présidente, moi, si le Parti libéral veut faire campagne, en 2026, sur
le fait qu'eux c'est seulement les entreprises québécoises, puis ils veulent
zéro investissement étranger direct, bien, c'est leur prérogative.
Moi, je pense que les
emplois québécois doivent être protégés, les entreprises québécoises qui ont
pignon sur rue ici doivent être protégées.
Puis, si eux autres veulent faire la guerre culturelle entre une entreprise
étrangère qui emploie des Québécois ici et autres, bien, qu'ils le font.
Mme la Présidente, on
va gérer le réseau avec rigueur, comme on a toujours fait. Le plus gros
problème qu'on a actuellement, c'est de gérer cette belle croissance que nous,
on a générée, contrairement au Parti libéral, puis on va continuer de le faire.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le député
de Nelligan.
Accès à l'information sur le projet SAAQclic
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, après le scandale Northvolt, le fiasco SAAQclic continue
de frapper fort sur le navire caquiste. Je me demande, est-ce que le premier
ministre a retrouvé sa boussole, parce que, scandale après scandale, ça amène
beaucoup de pression sur son gouvernement pour revenir aux vraies affaires. Et,
Mme la Présidente, parlant de vraies affaires et la responsabilité ministérielle,
j'ai un procès-verbal daté du 10 mai 2022 où le ministre... l'ex-ministre des Transports a une bonne période
d'échange avec le conseil d'administration, lui qui nous disait : On nous
a trompés, on nous a menti.
J'ai une question
très simple. Est-ce qu'on lui a menti pendant cette réunion, ou bien ça a été
quoi, l'ampleur des échanges qu'il a eus avec les membres du conseil
d'administration de la SAAQ quelques mois avant le lancement fatal de SAAQclic?
La
Présidente : La réponse de la ministre des Transports et de la
Mobilité durable.
Mme Geneviève Guilbault
Mme Guilbault : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente. J'imagine que mon
collègue de Nelligan, tout comme l'ensemble des collègues ici présents
aujourd'hui, ont eu l'occasion d'entendre — excusez, petit enjeu de
chaise — l'annonce
de ce matin, donc, en fait, l'annonce avait été faite dimanche dernier... ou il
y a deux semaines, enfin, par le premier ministre qui annonçait notre intention
de lancer une commission d'enquête publique en bonne et due forme pour faire
l'examen exhaustif, objectif, indépendant et complet de la situation entourant
le système CASA et le déploiement de SAAQclic, donc, et l'annonce a été faite
plus précisément ce matin sur la teneur du mandat, la personne qui va assumer
ce mandat-là, M. Gallant, et donc sur la manière dont les choses vont se
dérouler.
Compte
tenu de cette enquête publique, Mme la Présidente, évidemment, l'idée n'est pas
de faire cette enquête-là ici, de poser les questions et de donner les réponses
qui seront posées par le futur commissaire possiblement, de faire ça
ici. On va laisser M. Gallant mener son exercice. Je pense que c'est une
personne appropriée, tout le monde en conviendra, pour mener cet exercice de la manière la plus intègre, rigoureuse et
complète possible. Alors, évidemment, tous ceux qui seront sollicités
pour participer vont le faire, je le souhaite, de manière collaborative et
fructueuse. Et donc on pourra aller au fond des choses pour enfin avoir toutes
les réponses...
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Mme la Présidente, la question est adressée à l'ancien ministre des
Transports. Il a assisté à une rencontre. Il
a déclaré dans cette Chambre : On nous a trompés, on nous a menti. Ces
mêmes personnes sont nommées par son propre gouvernement ailleurs dans
d'autres postes, et ce n'est pas vrai qu'en lançant la commission ils vont fuir
les questions ici, au salon rouge.
Je répète ma
question. Il a échangé quoi avec les membres du conseil d'administration? Qu'il
se lève, qu'il nous réponde, Mme la Présidente.
La
Présidente : La réponse de la ministre.
Mme Geneviève Guilbault
Mme Guilbault : Oui, bien, Mme la Présidente, c'est justement parce qu'il y
a plusieurs questions en suspens et plusieurs réponses qui doivent être
fournies aux questions qu'on va faire ou qu'on a mandaté une personne pour mener une commission d'enquête. La commission d'enquête
était d'ailleurs une demande qui émanait notamment du député de Nelligan
lui-même et de l'ensemble des collègues, une demande aussi à laquelle nous
avons donné suite. Nous jugeons, au
gouvernement, aussi qu'on doit aller au fond des choses et offrir les réponses
complètes à ces questions tout à fait légitimes qui se posent depuis le
dépôt du rapport du Vérificateur général, le 20 février dernier.
Maintenant, il faut faire l'exercice comme il se doit, de manière rigoureuse,
indépendante et objective. C'est ce que M. Gallant s'emploiera à faire.
Laissons-lui le temps de mener à terme son exercice.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Monsef
Derraji
M. Derraji : Mme
la Présidente, on n'a pas besoin d'une commission d'enquête pour décaviarder
les procès-verbaux, si vous avez le courage, et on n'a pas besoin d'une
commission d'enquête pour répondre à nos questions.
Je vais répéter ma question. C'est très simple.
Le ministre, l'ancien ministre des Transports, savait quoi au mois de mai 2022?
Il savait quoi en 2021, avant le fiasco, Mme la Présidente? Il est responsable.
Il doit nous répondre. S'il a le courage, qu'il se lève et qu'il réponde.
La Présidente : La réponse du leader
du gouvernement.
M.
Simon Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Mme la Présidente,
on vient de déclencher une commission d'enquête, qui prendra effet le 24 mars
prochain, qui est chargée de faire toute la lumière sur le dossier de SAAQclic,
Mme la Présidente, et le décret concernant la commission d'enquête, qui sera
présidée par le juge Gallant, prévoit justement les causes et les circonstances
des problèmes de gestion et de résiliation du programme CASA, tels que
constatés par la Vérificatrice générale du Québec, notamment en ce qui concerne
la planification du projet, l'attribution du contrat, les dépassements de coûts et la mise en service de la nouvelle
plateforme transactionnelle connue sous le nom de SAAQclic. Elle est libre et indépendante. Elle pourra assigner tous les
témoins qu'elle souhaite. Elle pourra tenir des auditions publiques également,
Mme la Présidente. Et, dans notre Assemblée, Mme la Présidente, lorsque c'est
sous enquête, on doit faire en sorte de confier la...
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant la députée de Mercier.
Projet d'agrandissement du
site d'enfouissement de l'entreprise Stablex
Mme
Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Pendant que les États-Unis nous déclarent la guerre économique, le
premier ministre, lui, a décidé de déclarer la guerre aux citoyens de
Blainville. Le premier ministre a décidé que sa grande priorité, c'est de faire
adopter une loi taillée sur mesure pour une entreprise américaine. On apprend
d'ailleurs ce matin que la CAQ est prête à sacrifier deux fois plus de milieux
humides sur le terrain de Stablex que sur le terrain de Northvolt. Et ça, on ne
l'apprend pas ni de la bouche du premier ministre ni de la ministre des
Ressources naturelles, mais non, on l'apprend dans Le Devoir.
Northvolt,
Stablex, même combat. Comme dans... avec Northvolt, la CAQ refuse de dévoiler
les études. Comme dans Northvolt, on peut compter sur les journalistes pour
servir l'intérêt public et on peut compter malheureusement sur la CAQ
pour servir les lobbyistes des entreprises étrangères. S'il y a une entreprise
étrangère qui cogne à la porte de la CAQ pour faire du cash, l'environnement
puis les citoyens passent à la trappe.
Pourquoi le premier ministre tient à ce point-là
à dérouler le tapis rouge pour des entreprises étrangères américaines qui viennent
ici saccager notre environnement? Pourquoi?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, quand on aspire à gouverner le Québec, il faut être capable de
parler puis d'agir de façon responsable. Au Québec, on produit des déchets qui
sont dangereux, qui, actuellement, ne peuvent être enfouis qu'à un seul
endroit, à Blainville. Donc, Mme la Présidente, actuellement, il y a des
déchets, d'autres sortes de déchets dangereux qui sont enfouis aux États-Unis,
mais il y a une minorité des déchets à Blainville qui viennent des États-Unis,
mais la majorité, plus du trois quarts des déchets, viennent des différentes
villes au Québec.
Mme la Présidente, la ville propose un autre
terrain qui est beaucoup plus proche des maisons. Et, Mme la Présidente, c'est important,
actuellement, de ne pas avoir de bris de service. Que propose la cheffe du
deuxième groupe d'opposition? Parce que c'est facile, critiquer, mais, de façon
constructive, que propose-t-elle?
• (14 h 40) •
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Mme la Présidente, je
connais le procédé qui est utilisé par Stablex. J'ai travaillé en environnement
dans l'entreprise privée pendant 15 ans, je sais ce qu'ils font comme
travail. Mais, quand j'entends les arguments du premier ministre, on dirait que
j'entends le lobby de la compagnie Stablex.
Qu'est-ce
qu'on apprend, ce matin, grâce au travail important que fait ma collègue
députée de Sherbrooke? La CAQ va
faire économiser 100 millions de dollars à Stablex avec sa loi. C'est
ça, la raison pour laquelle elle refuse de lui donner l'autre terrain et
plutôt exproprier la ville de Blainville. C'est ça, la...
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, avez-vous entendu le début du commencement d'une
proposition constructive de la part de Québec solidaire? Bien non. C'est comme
d'habitude. On critique, mais on n'a rien à proposer comme solution
alternative.
Maintenant,
parlons des deux terrains à Blainville. Le terrain qui est choisi est à un
kilomètre des maisons. Le terrain qui est proposé par Québec solidaire
est à 300 mètres des maisons. Je pense que la solution à choisir est assez
facile.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : La priorité du premier
ministre, c'est de faire économiser 100 millions de dollars à une
entreprise. Ça, ce n'est pas notre proposition. Nous, à Québec solidaire,
on croit au BAPE, le Bureau d'audiences publiques en environnement. C'est eux
qui ont dit : Il ne faut pas mettre... agrandir puis utiliser ce terrain.
Il faudrait faire une autre étude du BAPE
pour regarder l'autre terrain. Nous, on croit au BAPE, alors que le premier
ministre, lui, tout ce qu'il veut, c'est avaler entièrement les arguments d'une
entreprise privée étrangère, au lieu d'écouter les citoyens puis la mairesse
de Blainville.
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, je ne suis pas certain que j'ai bien compris la
proposition de Québec solidaire. Est-ce qu'ils nous disent : Allez
développer le terrain qui est à 300 mètres des maisons, plutôt que celui
qui est à un kilomètre, ou s'ils
disent : N'agrandissez rien, on ne propose rien, on fait disparaître dans
les airs les déchets dangereux?
Mme la Présidente,
est-ce qu'on pourrait enfin avoir une proposition constructive de Québec
solidaire?
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de Verdun.
Investissement
du gouvernement dans Northvolt
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Lorsqu'on fait la liste des
mauvaises décisions de la CAQ, on comprend le déficit budgétaire qui s'annonce.
La CAQ a déroulé le tapis rouge pour Northvolt, elle a joué au casino avec
l'argent des Québécois : 470 millions misés sans aucune garantie dans
la maison mère qui vient de faire faillite, 240 millions
pour l'achat d'un terrain pour une usine fantôme. Elles sont où, les jobs
payantes? Elles sont où, les batteries les plus vertes au monde? Tout ça
s'est envolé avec nos millions.
La
CAQ se permet de demander des coupures en éducation, en santé, en services
publics, mais elle n'est pas gênée de gaspiller des centaines de millions de
dollars, qui sont partis en fumée la semaine passée. Et qui qui va devoir payer
les pots cassés? Bien, encore une fois, les Québécois et Québécoises, qui
subissent déjà les impacts des coupures caquistes.
Est-ce que la CAQ
regrette au moins le mauvais deal qui a été fait et signé par l'ancien superministre
de l'Économie?
La
Présidente : La réponse du ministre délégué à l'Économie.
M. Christopher Skeete
M. Skeete : Bien, Mme la Présidente,
la collègue cherche les emplois payants, elle a juste à se présenter à Bécancour.
À Bécancour, où il manque de places tellement que les projets avancent bien,
bien, elle trouverait plein d'emplois payants créés par ce gouvernement.
En plus, j'inviterais la collègue à... à ce que
le premier ministre a dit. Depuis nos années au pouvoir, le PIB par habitant a
augmenté, la productivité a augmenté, il n'y a jamais eu autant de projets qui
sont en phase de démarrage et aussi en amorçage.
J'ajouterais aussi, Mme la Présidente, ce qu'on nous critique le plus, le
manque d'énergie, est la conséquence directe du fait qu'on réussit à attirer et
à ouvrir des entreprises à un rythme sans précédent.
Donc, Mme la
Présidente, pour répondre à la collègue, bien, je suis fier de lui dire que
nous, à la Coalition avenir Québec, on a tellement créé d'emplois, tellement généré
d'énergie dans notre économie qu'on réussit, effectivement, à avoir plus de projets qu'on a d'énergie. Mais,
faites-vous-en pas, Mme la Présidente, on va régler ce problème-là aussi,
parce qu'on a un chantier, justement, pour agrandir Hydro-Québec puis devenir
encore plus la batterie du monde.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga Mendez : Depuis le début du projet Northvolt, la CAQ
manque de transparence puis évite de répondre aux questions. Elle a
changé les règles environnementales sur mesure et continue à défendre le projet
bec et ongles ici, y croyait même plus que l'entreprise elle-même, parce que le
Québec a misé six fois plus, six fois plus que Northvolt lui-même dans
l'entreprise en Montérégie.
Est-ce
que c'est ça, un risque calculé, pour citer le premier ministre? Moi, je pense
qu'aujourd'hui, là, les Québécois méritent des excuses d'avoir gaspillé
comme ça des fonds publics.
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Christopher Skeete
M. Skeete :
Bien, aujourd'hui, la collègue, avec le bénéfice du regard, est capable de
nous dire qu'on a trop mis d'argent, mais la
collègue, elle oublie une chose importante dans son analyse. À l'époque, aux
États-Unis, il y avait un programme
qui s'appelait le IRA. Le IRA, c'est une mesure hyperprotectionniste qui
faisait en sorte que les Américains avaient déployé une concurrence, on
peut l'appeler comme ça, déloyale qui incitait les entreprises à venir investir
chez eux. Pour avoir notre juste part dans
ce marché important de la filière batterie, il a fallu, nous aussi, regarder
des différents projets pour voir lesquels étaient les plus porteurs,
pour les faire atterrir chez nous, pour, justement, construire notre filière
d'avenir.
Alors, Mme la
Présidente, on ne peut pas réécrire l'histoire. Les Américains avaient un
programme hyper...
La
Présidente : En terminant.
M. Skeete : ...hyperprotectionniste.
On s'était dit qu'on voulait avoir notre filière batterie, parce qu'on y
croyait, et on continue d'y croire.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga
Mendez : La CAQ demande à tout le monde de se serrer la ceinture, mais
elle n'est pas gênée, là, ici, de gaspiller
des milliers... des millions d'argent, des centaines de millions d'argent de
nos fonds publics, là. La seule garantie
qu'il nous reste, c'est un terrain qui va valoir combien? 20 millions. Ce
n'est rien, comparé à 710 millions de dollars qui ont été
investis.
Les
gens, là, en ont ras le bol, comment la CAQ gère les fonds publics. Est-ce que
le gouvernement peut au moins avouer que Northvolt, c'est un échec
monumental?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Christopher Skeete
M. Skeete :
Je ne vais pas l'admettre, Mme la Présidente, parce que la moyenne au
bâton, pour nous, elle est importante. Je pense, quand on regarde... quand on
regarde les projets qui sont en cours dans Bécancour, il y a plein de projets
qui continuent à bien fonctionner. Alors, moi, je ne suis pas gêné de la
filière batterie, Mme la Présidente. Le
collègue de Nicolet-Bécancour, il n'est pas gêné par la filière batterie, Mme
la Présidente. On s'est insérés dans 40 % de la valeur d'une
voiture de l'avenir. C'est un positionnement historique. Puis, oui, il y a un
ralentissement historique en ce moment, il y a un ralentissement dans le monde,
partout, il y a un certain recul, mais nous, on continue de croire que c'est la
technologie de l'avenir. Et, je rappelle à la collègue, en 2023‑2024 c'est
13 milliards de retombées économiques. Donc, on a réussi à faire atterrir
des projets au Québec...
La
Présidente : En terminant.
M. Skeete :
...on a réussi à créer des bons emplois, puis on va continuer de le faire,
Mme la Présidente.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Rosemont.
Accès
aux soins de santé
M. Vincent Marissal
M. Marissal :
Merci, Mme la Présidente. Le Collège des médecins a partagé, hier, son
sondage annuel sur l'accès aux soins de
santé, et la situation ne fait que se détériorer. C'est grave, la moitié des
Québécois, l'an dernier, qui ont été sondés, ont renoncé à chercher un
rendez-vous médical parce que c'était trop compliqué. Le quart d'entre eux
sont allés au privé, ont payé de leur poche.
Je cite le président
du collège, Dr Gaudreault : «On sonne l'alarme à nouveau. Ce ne sera pas
long avant qu'on se retrouve avec une
médecine à deux vitesses qui va faire en sorte que les Québécois qui sont plus
à l'aise financièrement vont pouvoir se faire soigner plus rapidement
que ceux qui le sont moins.» Je dirais au Dr Gaudreault que c'est déjà le cas.
Je ne sais pas ce que ça prend de plus pour que le ministre réagisse.
Cela dit, Mme la
Présidente, il nous dit qu'il est d'accord pour avoir une discussion. Je ne
sais pas de quelle discussion il parle. On s'appelle, on déjeune, on prend un
café, on se fait une petite cabane à sucre? Je ne sais pas. Mais je vais être
bon joueur, je vais être bon joueur, discutons. Mais de quoi on discute?
Moi, je propose une
commission parlementaire. Est-ce qu'il est d'accord?
La Présidente :
La réponse du ministre de la Santé.
M. Christian Dubé
M. Dubé :
Mais, écoutez, madame... je ne suis pas certain que je comprends exactement
la question, mais je vais essayer de donner des éléments de réponse au député
de Rosemont.
Premièrement, ma
cabane à sucre va très bien, je voulais vous le dire.
Deuxièmement, je
pense, Mme la Présidente, que... Hier, j'étais participant au colloque qui
était organisé par le Collège des médecins. Et j'ai toujours pris avec beaucoup
de considération les recommandations du Collège des médecins. Lorsqu'on a fait
la commission parlementaire sur la pratique des médecins au public, donc, pour
les nouveaux médecins, les nouveaux médecins, on leur a demandé, par le p.l. n° 83,
qui a été discuté en commission parlementaire... on leur a demandé de s'engager
pour cinq ans. Et, lorsque le Collège des médecins est venu en commission, puis le député s'en rappelle très
bien, ils nous ont dit que notre proposition n'allait pas assez loin, Mme la Présidente.
Et donc on a pris en considération les éléments. Et, quand il sera le temps de
revenir, au cours des prochaines semaines... au cours des prochaines semaines,
il sera temps pour nous de revenir avec des amendements qui vont tenir compte
des recommandations qu'on a eues, notamment du Collège des médecins. Alors, je
demanderais au député de Rosemont d'être patient, au cours des prochains
jours...
La
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
...parce qu'on reviendra en commission parlementaire pour proposer des
amendements.
• (14 h 50) •
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Vincent Marissal
M. Marissal : Je ne sais bien pas ce
que le ministre n'a pas compris dans ma question, elle est hypersimple, là. Est-ce
qu'il est d'accord pour écouter ses collègues ici, là, les premiers
récipiendaires de toutes les plaintes de tous les citoyens du Québec qui n'ont
plus accès aux soins de santé, qui sont obligés de payer de leurs poches? Je ne
sais pas ce qu'il n'a pas compris dans cette question-là, là. Je vais la
répéter calmement, doucement. Est-ce qu'il est d'accord pour qu'on convoque une
commission parlementaire ici pour discuter, vu qu'il veut en discuter, du
privé? Nous, on est disponibles.
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé :
Bien, je suis content d'entendre la disponibilité du député de Rosemont,
mais je veux donner une réponse très, très claire.
Premièrement,
Mme la Présidente, le questionnaire qui a été posé par le Collège des
médecins, par la firme SOM, pour faire un état de la situation des services en
santé... On a utilisé, par l'intermédiaire de Santé Québec, le même...
le même groupe de sondage parce qu'on voulait clairement mettre, Mme la
Présidente, où on en était aujourd'hui par rapport à la satisfaction des
patients, parce que Santé Québec voulait, en début de mandat, puis je pense que
c'est très sage de leur part... de savoir exactement quelles étaient les
attentes des Québécois et où étaient les...
La
Présidente : En terminant.
M. Dubé :
Alors, c'est le même sondage qu'on a participé avec eux, puis on va
continuer de questionner les...
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Vincent Marissal
M. Marissal :
Je présume que le ministre n'aura pas d'objection à déposer les résultats
dudit sondage. Moi, ça m'intéresse de regarder ça pour fins de discussion,
maintenant qu'il a ouvert la porte.
Le gouvernement sait
très bien qu'il est en train d'envenimer les choses en ouvrant encore plus au
privé chaque jour, chaque semaine. Faire des gestes qui minent
systématiquement, consciemment un réseau, il y a un nom pour ça, ça s'appelle
du sabotage.
Alors, pourquoi
est-ce que le ministre choisit de saboter le réseau public, plutôt que de...
La
Présidente : Je suis debout.
Des voix : ...
La
Présidente : S'il vous plaît! M. le leader du gouvernement,
brièvement, je vais vous entendre sur votre question de règlement.
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, 35. Ce sont des propos blessants, on prête des
intentions. Ce terme devrait être au lexique, Mme la Présidente. Et je vous
demanderais de demander au député de Rosemont de faire... retirer ce terme. Il y a des mots bien pires...
bien moins pires que ça qui sont au lexique, et, avec une intention malfaisante,
une intention de nuire comme ça, ça n'élève pas nos propos, Mme la Présidente.
La
Présidente : Et je vais maintenant écouter le leader du deuxième
groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Le leader du gouvernement le dit lui-même, le mot n'est pas au lexique. La critique est légitime, vous
l'avez dit plusieurs fois en cette Chambre. C'est la seule chose que le député
de Rosemont fait en ce moment.
La
Présidente : Vous avez raison à cet égard, M. le député du deuxième
groupe d'opposition. Également, je nous invite à faire attention pour ne pas
prêter d'intentions malveillantes à ses collègues. Cela dit, je ne retirerai
pas ce mot. Demeurez respectueux dans vos commentaires.
Il reste deux
secondes. Alors, la réponse du ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé :
O.K., merci. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je l'ai dit plusieurs fois
puis je veux le réitérer au député de Rosemont, parce que je pense que je l'ai
dit assez souvent aux Québécois, on est là pour renforcer, premièrement, le
système public. C'est ce qu'on vise depuis plusieurs années. Avec les
difficultés qu'on a eues, notamment avec la pandémie, on a pris un engagement
que chaque Québécois, en 2026, aurait accès à un professionnel de la santé. On a pris cet engagement, Mme la
Présidente, et on va tout faire, au cours des prochains mois, pour être capables
de livrer cet engagement-là. C'est sûr qu'on a expliqué aussi que, durant la
pandémie, le système privé nous a beaucoup aidés dans plusieurs actions qu'on
avait besoin de faire, parce qu'on avait un système qui était difficile.
Maintenant, Mme la Présidente, on va aller en commission parlementaire puis on
va continuer notre travail.
La
Présidente : ...je reconnais maintenant le député de Saint-Henri—Sainte-Anne.
Orientations gouvernementales
en matière d'itinérance
M. Guillaume Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard :
Merci, Mme la Présidente. Combien de fois les oppositions se sont levées
ici, ces dernières semaines, pour demander au ministre des Services sociaux
d'en faire davantage sur la crise de l'itinérance?
On a demandé un
sommet transpartisan avec tous les paliers pour régler l'enjeu, ça n'a pas été
fait. On a demandé du financement prévisible et récurrent pour les
haltes-chaleur, ça n'a pas été fait. On a demandé à bonifier le nombre de
places en refuge comme promis, ça n'a pas été fait. On a demandé du financement
suffisant en soutien communautaire pour les logements de transition, ça n'a pas
été fait. On a récemment demandé que les CIUSSS ouvrent des refuges d'urgence
dans les locaux vacants des églises, ça n'a pas été fait.
Pendant ce temps-là,
Mme la Présidente, la crise s'aggrave. La cohabitation est de plus en plus
difficile, tant dans nos quartiers que dans le métro. Tout le monde est en
train de dire au ministre que son plan ne fonctionne plus.
Est-il prêt, au moins,
à le reconnaître?
La Présidente : La réponse du
ministre responsable des Services sociaux.
M. Lionel Carmant
M. Carmant : Bien, merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je remercie le député de Saint-Henri—Sainte-Anne
pour sa question, qui, effectivement, cherche des solutions un peu partout et
qui a même été jusqu'à rencontrer les diocèses
de Montréal pour ouvrir des refuges dans les sous-sols d'église, une solution
qui a été décrite par le président de la Mission Bon Accueil comme une solution
du XIXe siècle, Mme la Présidente, XIXe siècle. Bienvenue au
XXIe siècle, Mme la Présidente. Allo!
Des voix : ...
La Présidente : Article 32. Gardez
le silence. C'est bon pour tout le monde. J'aimerais entendre...
Des voix : ...
La Présidente : Vous reprenez votre
souffle, s'il vous plaît. J'aimerais entendre uniquement le ministre et sa
réponse. Poursuivez.
M. Carmant : Non, Mme la
Présidente, une chose qu'on a toujours dite, là, on a doublé le nombre de
refuges, en tout cas, je ne répéterai pas
ma... ce que je dis tellement souvent ici, là, que j'espère que les gens
l'emmagasinent, mais ce qu'on fait,
là, c'est qu'on mise sur le logement supervisé. La science appuie l'approche
logement d'abord. Au Québec, non seulement on ouvre des logements, mais on
investit dans l'accompagnement pour les logements, Mme la Présidente. Puis
c'est comme ça qu'on va régler la crise, pas en mettant des plasteurs, en
soignant la problématique à fond. Et ce qu'on a dit, c'est qu'on avait ouvert
plus de 1 000 places, l'an dernier.
La Présidente : En terminant.
M. Carmant : J'ai parlé à
François Savoie, de La HUTTE. Lui seul, il en a ajouté plus de 300 de plus.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Aïe! Mme la Présidente,
c'est tellement XIXe siècle, comme proposition, que le CAP Saint-Barnabé,
c'est dans une église; le Centre des Femmes de Convictions de Montréal, c'est
dans une église; la Mission Saint-Michael, c'est dans une église; Open Door,
c'est dans une église. En voulez-vous d'autres? Il y en a plein, des refuges dans une église. Ça fait qu'à
la place de dire que nos solutions sont XIXe siècle, là, je pense qu'on
devrait se grouiller un petit peu, on
devrait trouver des solutions puis les utiliser, pour une fois, là. Le premier
ministre nous disait : QS n'en a pas, de proposition. Il y en a une
liste pleine.
Ça suffit, le statu quo. Quand est-ce que le
ministre va bouger?
La Présidente : Vous êtes rentré
dans vos 30 secondes. La réponse du ministre.
M.
Lionel Carmant
M. Carmant : Mme la Présidente,
pendant la pandémie, il a fallu agir très vite, et, oui, on a ouvert des
refuges dans les églises, mais, dans tous les appels de propositions qu'on nous
fait depuis ce temps-là, il n'y a pas un organisme qui nous offre d'ouvrir un
refuge dans une église.
Sainte-Bibiane,
dans le comté de son collègue de Rosemont, moi-même, je me suis impliqué, pas
pour faire un refuge, pour en faire du logement supervisé. C'est ça, la
solution à long terme, si on veut se sortir de la crise de l'itinérance.
Donc,
travaillons tous ensemble pour développer du logement supervisé. Partout au
Québec, notre gouvernement sera au rendez-vous. Merci, Mme la
Présidente.
La Présidente : Deuxième
complémentaire. Et, pour ce faire, je reconnais le député de Taschereau.
M. Etienne
Grandmont
M. Grandmont : Mme la
Présidente, le Répit Basse-Ville, à Québec : dans une église. Bien oui. Puis
financé par le gouvernement du Québec, aussi, mais avec des fonds qui arrivent
tout le temps trop tard puis avec trop peu de moyens. Et, vous voulez savoir,
la CAQ, là, ici, à Québec, aussi, l'inaction en matière d'itinérance fait
vraiment très, très mal. On vit une crise humanitaire. Il y a plusieurs joueurs
qui sont impliqués dans la crise de l'itinérance. Il y a les organismes communautaires qui font un travail
exceptionnel. Il y a la ville qui prend tout ça à bout de bras. Il y a un
joueur, un joueur qui ne fait pas sa job, c'est le ministre des Services
sociaux et la CAQ.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Lionel Carmant
M. Carmant :
Mais pas du tout, Mme la Présidente. On a rencontré le CIUSSS de la
Capitale-Nationale, qui nous a expliqué que l'enjeu du Répit Basse-Ville,
c'était le... c'est un nouvel organisme qui développe des services et qui n'est
pas encore à maturité pour avoir un refuge 24/7, 12 mois par année.
Le financement était au rendez-vous. Et qu'est-ce qu'on fait, là? On vient
d'ouvrir PRISM II, 10 lits de transition, à Lauberivière, pour amener
les gens vers du logement supervisé. On va ouvrir du PRISM également pour ceux
qui ont des problèmes de santé mentale et toxicomanie, problèmes que mon
collègue m'a souvent mentionnés, Mme la Présidente. Donc, une solution à long
terme est efficace, le logement supervisé...
La
Présidente : En terminant.
M. Carmant :
...et c'est celle de notre gouvernement. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant le chef
du troisième groupe d'opposition.
Réforme du système de santé
M. Paul St-Pierre Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : Mme la Présidente, pendant six ans, au Québec, la CAQ nous
a demandé de nous fier à un seul critère pour accepter que des milliards de
dollars soient distribués par le gouvernement en subventions aux entreprises,
et ce critère, c'était le flair de Pierre Fitzgibbon.
Le résultat, c'est
que jamais un gouvernement n'aura gaspillé autant d'argent, n'aura lancé autant
d'argent par les fenêtres dans des projets
bâclés : Northvolt, 710 millions; Recyclage Varennes,
365 millions; Flying Whales, 55 millions; Lion Électrique, 227 millions. À cela
s'ajoute évidemment SAAQclic, 1,2 milliard de gaspillés. Et tout ce gaspillage
de fonds publics a mené au pire déficit de notre histoire et à des
coupures en santé.
On coupe dans des
postes d'infirmières à Montréal, à Québec, en Abitibi. On coupe des préposés
aux bénéficiaires. On coupe des intervenants en santé mentale. Au même moment
où ces coupes ont lieu dans les services à
la population, bien, la CAQ fait quoi? Elle fait grossir la bureaucratie. Santé
Québec a mis en ligne sur son site Web un organigramme de neuf pages, et
ce qu'on comprend, c'est qu'on a augmenté le nombre de cadres par 12 %, le
nombre de fonctionnaires et de bureaux par 18 %. Pendant ce temps-là, on
coupe les services.
Est-ce
que le premier ministre peut nous dire pourquoi il coupe des postes
d'infirmières, mais qu'il engage des cadres, des fonctionnaires et des
«top guns» dans le réseau de la santé?
• (15 heures) •
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Bon, Mme la Présidente,
d'abord, il ne faut pas mêler le développement économique, les dépenses
dans certains ministères comme la Santé.
Ce qu'on a fait,
depuis six ans, c'est qu'on a accéléré les interventions de la Caisse de dépôt.
Aujourd'hui, là, il y a 46 % plus d'argent investi au Québec par la Caisse
de dépôt qu'il y en avait dans le temps du Parti libéral puis du Parti québécois. Quand on regarde les
interventions d'Investissement Québec, qui a été lancé, en passant, par le PQ,
par Bernard Landry, à l'époque, aujourd'hui il y a 81 % plus
d'interventions de la part d'Investissement Québec qu'il y en avait dans le
temps du Parti libéral, du PQ.
Résultat des courses,
Mme la Présidente, oui, il y a quelques dossiers où ça a été plus difficile,
mais il y a des centaines de dossiers où on a réussi à créer de la richesse.
C'est important de le dire parce que les faits sont têtus. Depuis six ans, on a mieux fait que le reste du
Canada pour la richesse par habitant. M. Landry, il aurait aimé ça, avoir
ça. On a mieux fait au niveau de l'augmentation du salaire moyen que ce
qui a été fait dans le reste du Canada. On a mieux fait dans le revenu
disponible parce que, oui, on n'a pas écouté le chef du PQ puis on a baissé les
impôts. Lui, il disait : «Not on my dead
body.» Puis on a augmenté la productivité plus que dans le
reste du Canada. Donc, Mme la Présidente, ça veut dire qu'aujourd'hui on
a plus de revenus.
La
Présidente : Première complémentaire.
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre Plamondon :
Mme la Présidente, vous m'excuserez ma naïveté ou mon incompréhension,
mais, si ça va si bien et si on n'a jamais eu autant de revenus, pourquoi on
vient de faire le pire déficit de l'histoire du Québec et pourquoi on coupe tous azimuts dans les services de santé et dans le
soutien à la population en santé mentale? Est-ce que, vraiment, le premier
ministre pense que la population va croire que le budget du Québec va bien et
que ça n'a pas de rapport avec le gaspillage éhonté, à coups de milliards
de dollars, en raison du pif de Pierre Fitzgibbon puis...
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Mme la Présidente, depuis
six ans, on a augmenté le budget de la santé puis le budget de l'éducation
de 50 %. On a augmenté le budget de la culture de 58 %. Puis, oui, on
a baissé les impôts.
Moi, ce que
j'aimerais savoir de la part du chef du PQ : Qu'est-ce qu'il propose
concrètement, là? Il veut qu'on coupe où dans les dépenses? Il veut qu'on
augmente quelles taxes, quels impôts? Qu'est-ce qu'il propose?
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M. Paul St-Pierre
Plamondon
M. St-Pierre
Plamondon : ...j'apprécie la question. Le premier ministre vient de
dire : On a dépensé plus. On a dépensé où? En bureaucratie et en cadres,
pendant qu'on retranche des infirmières. Donc, il me demande c'est quoi qu'on
propose? Je vais citer le premier ministre lui-même dans le débat des chefs il
y a quelques années : «Le problème qu'on
a, en santé, dans tous les services au Québec, c'est qu'on a trop de
bureaucratie, trop de personnes dans la bureaucratie et pas assez de
personnes dans les services directs, soit dans les hôpitaux ou dans les
écoles.»
Donc,
pourquoi le premier ministre coupe des infirmières pendant qu'il augmente le
nombre de cadres? Pourquoi il fait le contraire de ce qu'il a toujours
dit?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, je m'excuse, mais, encore une fois, c'est
totalement inexact, ce qui vient d'être dit
par le chef du troisième groupe d'opposition. On ne peut pas dire n'importe
quoi. Le nombre d'infirmières a
augmenté comme on n'a jamais vu. Le nombre d'enseignants a augmenté comme on
n'a jamais vu, Mme la Présidente. Donc,
d'où sort-il ces chiffres-là, de dire qu'on n'a pas augmenté le nombre
d'infirmières puis qu'on n'a pas augmenté le nombre d'enseignants?
Ce qu'il nous reste à
régler, c'est les syndicats de médecins. Jamais le PQ ou le Parti libéral n'a
eu le courage d'exiger que les médecins de famille...
La
Présidente : En terminant.
M. Legault :
...prennent en charge tous les Québécois. Nous, on va le faire.
La Présidente :
En question principale, je reconnais maintenant la députée de Mille-Îles.
Projet d'agrandissement du site d'enfouissement de
l'entreprise Stablex
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour :
Merci, Mme la Présidente. Avec le projet de loi n° 93, la CAQ veut
forcer la ville de Blainville à céder à une entreprise américaine un terrain de
très grande valeur écologique pour y enfouir des matières résiduelles dangereuses. Juste ça, Mme la Présidente, c'est
déjà scandaleux. Mais, quand les consultations ont commencé, ce matin,
bien, je me suis demandé si c'était la ministre des Ressources naturelles que
nous avions devant nous ou si c'était plutôt la lobbyiste en chef de Stablex.
Dans ses...
Des voix :
...
La
Présidente : M. le leader du gouvernement. Allez-y avec votre rappel
au règlement.
M. Jolin-Barrette :
Mme la Présidente, on se nomme par notre titre, ici. Et s'affubler d'autres
titres, quand on parle d'une collègue, bien, ce n'est pas acceptable.
La
Présidente : On s'interpelle ici par notre titre, je vous le rappelle,
ici de Mme la ministre, point. Poursuivez.
Mme Dufour :
Dans ses remarques préliminaires, la ministre a laissé sous-entendre que le
terrain visé n'était... n'avait pas d'intérêt
écologique, alors que les études démontrent exactement le contraire. Elle a
aussi tenté de discréditer les compétences scientifiques de nul autre
que Jérôme Dupras. Et que dire des échanges agressifs avec la mairesse de
Blainville? Le ton de la ministre était franchement gênant.
Alors, pour le reste
de l'étude du projet de loi, est-ce que la ministre va laisser son rôle de
lobbyiste de Stablex pour agir comme ministre responsable?
La
Présidente : Je venais de vous avertir, Mme la députée. On
appelle les collègues par leur titre. Souvenez-vous-en.
La
réponse de la ministre, qui est juste ici. Mme la ministre des Ressources
naturelles et des Forêts, la parole est à vous.
Mme Maïté
Blanchette Vézina
Mme Blanchette
Vézina : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, il est minuit moins une
dans ce dossier-là. Je ne comprends pas la position du Parti libéral, qui ne
voit pas l'intérêt supérieur, c'est-à-dire de l'ensemble des activités
économiques du Québec, surtout dans le contexte actuel. On parle ici de
plusieurs entreprises, comme Rio Tinto, des joueurs majeurs, la ville de Québec
qui a besoin de ce site pour les déchets d'incinérateurs.
Il y aurait... Il y a
urgence d'agir parce que, bien sûr, il y a eu des solutions qui ont tenté
d'être envisagées; malheureusement, la mairesse de la ville de Blainville est
revenue sur ces décisions à de nombreuses reprises. On en est là aujourd'hui
puisqu'on a tout tenté, de part et d'autre, autant de voir à ce que la ville
s'entende avec l'entreprise, que nous-mêmes, nous nous entendions avec la ville
de Blainville. La ville de Blainville est venue en commission nous mentionner
des éléments qui doivent être vérifiés de mon côté, mais qui ne correspondent
pas à ce qui apparaît dans le BAPE, dans le rapport du BAPE, ni dans les
informations que mes collègues ont eues dans leurs échanges avec la ville de
Blainville. Pour moi, il est important de faire la lumière et qu'on ait des
informations justes en commission parlementaire.
La
Présidente : En terminant.
Mme Blanchette Vézina : Alors,
lorsque j'entends des membres passer en commission nous dire des faussetés,
je...
La
Présidente : Cela met fin à la période de questions et de réponses
orales.
Motions sans préavis
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis, et, pour
ce faire, je cède la place à la première vice-présidente de l'Assemblée
nationale. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, nous allons poursuivre. Donc, en fonction de
nos règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je suis
prête à reconnaître un membre du troisième groupe... du troisième groupe
d'opposition. M. le député des Îles-de-la-Madeleine, la parole est à vous.
M. Arseneau :
Merci, Mme la Présidente. J'aimerais saluer la délégation de la ville de
Blainville qui est ici présente, dont la mairesse.
Et
je sollicite le consentement des membres de cette Assemblée afin de présenter,
conjointement avec la députée de Mont-Royal—Outremont, la députée de Sherbrooke et la députée de Vaudreuil,
la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale reconnaisse l'intention du gouvernement du Québec de
déroger au principe d'autonomie municipale en expropriant des terres
protégées de la ville de Blainville;
«Qu'elle reconnaisse
que l'entreprise Stablex dispose déjà d'espaces qui lui ont été attribués et
qui lui permettent de perpétuer ses opérations pour les 25 prochaines
années;
«Qu'elle
se rappelle que les activités de l'entreprise ont déjà dégradé la majorité de
l'espace qui lui a été désigné;
«Qu'elle reconnaisse
que Stablex souhaite poursuivre ses activités en plein coeur de la Grande
Tourbière de Blainville, un territoire qui rassemble l'essentiel des réservoirs
de biodiversité du Grand Montréal et qui s'étend sur un territoire de plus de
500 hectares;
«Qu'elle
se rappelle que le BAPE a recommandé de refuser ce projet en 2023, notamment en
raison de la valeur écologique exceptionnelle du site visé;
«En
conséquence, qu'elle demande au gouvernement de retirer le projet de loi n° 93 — Loi
concernant notamment le transfert de propriété d'un immeuble de la Ville
de Blainville.»
• (15 h 10) •
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je vous remercie, M. le
député. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader
adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme
il n'y a pas de consentement, nous allons poursuivre. Je suis prête à
entendre un membre du groupe formant le gouvernement. Mme la députée de
Bellechasse.
Mme Lachance :
Merci, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette Assemblée
afin de présenter la motion suivante conjointement avec la députée de
Bourassa-Sauvé :
«Que l'Assemblée
nationale condamne les menaces et les gestes d'intimidation de membres
d'associations syndicales le 14 mars dernier à la Chambre de commerce du
Montréal métropolitain;
«Qu'elle rappelle que
de tels actes sont inacceptables dans une société démocratique;
«Qu'enfin elle
demande aux dirigeants des centrales syndicales qu'ils se dissocient publiquement
de ces comportements et qu'ils prennent des mesures concrètes pour éviter
qu'ils ne se reproduisent.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci,
Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion? M.
le leader du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Consentement, sans débat.
Une voix : ...
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Donc, comme il n'y a pas de consentement...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Excusez,
il n'y a pas de consentement. Lorsqu'il n'y a pas de consentement, nous
poursuivons. Vous connaissez les règles.
Donc,
je suis prête à reconnaître un membre du groupe formant l'opposition
officielle. M. le député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Beauchemin :
Mme la Présidente, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin de
présenter la motion suivante conjointement avec la députée de Verdun, le député
de Jean-Talon et la députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale se rappelle les propos de la ministre de l'Économie, le
25 septembre dernier, selon lesquels l'approche du gouvernement dans le
dossier Northvolt est "prudente", "raisonnable" et
"sophistiquée";
«Qu'elle se rappelle
aussi sa déclaration voulant que "le choix d'utiliser une débenture
convertible, c'est prudent, parce
qu'advenant un scénario catastrophe où Northvolt ferait défaut, notre débenture
convertible nous placerait à un rang privilégié par rapport aux
actionnaires pour récupérer les actifs de l'entreprise avec les autres
créanciers [du] même rang. On serait donc à la table advenant une telle
situation.";
«Qu'elle constate que
Northvolt est en faillite;
«Qu'elle
prenne acte de la déclaration de la ministre, le 12 mars dernier,
indiquant que nos investissements "aient perdu leur valeur.";
«Qu'enfin, elle
condamne sévèrement l'amateurisme du gouvernement caquiste dans le dossier [de]
Northvolt, et qu'elle exige qu'il précise la valeur des
470 millions de dollars investis par le gouvernement du Québec et la
Caisse de dépôt et placement du Québec dans la maison-mère de Northvolt.»
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y a consentement
pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Il n'y a pas de consentement, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Comme il n'y a pas de consentement, nous allons
poursuivre. Je suis maintenant prête à entendre un membre du deuxième groupe
d'opposition. Mme la députée de Sherbrooke, la parole est à vous.
Mme Labrie :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je sollicite le consentement de cette
Assemblée pour présenter la motion suivante
conjointement avec la députée des Mille-Îles, le député des
Îles-de-la-Madeleine et la députée de Vaudreuil :
«Que
l'Assemblée nationale demande au gouvernement du Québec de rendre publics
toutes les études et tous les documents
produits par le gouvernement ou à sa demande dans le cadre du projet
d'agrandissement du site d'enfouissement de déchets dangereux de Stablex
à Blainville, incluant l'étude de caractérisation du milieu naturel du site de
Blainville, qui fait notamment état de la
valeur écologique des milieux boisés et humides qui seront détruits, afin
d'assurer une prise de décision éclairée et transparente.»
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Je
vous remercie, Mme la députée. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre
de cette motion? M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Comme
il n'y a pas de consentement, je suis maintenant prête à reconnaître M.
le député de Saint-Jérôme.
Rappeler la volonté du ministre de la Santé et des
Services sociaux que
Santé Québec demeure une petite équipe agile et que son
ministère se concentre sur les orientations
M. Chassin : Merci, Mme la Présidente. Quel plaisir de solliciter le consentement de
l'Assemblée pour présenter la motion suivante conjointement avec la
députée de Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle la volonté du ministre de la Santé [et des Services sociaux]
à l'effet que Santé Québec demeure une petite équipe agile et que le ministère
de la Santé et des Services sociaux se concentre sur les orientations,
réduisant ainsi ses besoins de main-d'oeuvre et de postes à combler.»
La
Vice-Présidente (Mme Soucy) : Merci, M. le député. Est-ce qu'il y
a consentement pour débattre de cette motion? M. le leader adjoint du
gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...
Mise aux voix
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Motion adoptée.
Maintenant,
nous allons poursuivre. Une motion sans préavis ayant déjà été présentée par le
groupe parlementaire formant le gouvernement, je demande s'il y a
consentement pour permettre la lecture d'une autre motion sans préavis. Il y a
consentement? Consentement. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette :
Oui, Mme la Présidente, avec votre permission et avec celle des collègues,
je vous demanderais de nous exonérer de lire la motion au complet pour le
projet de loi n° 93, qui sont des motions de consultations, le projet de
loi n° 89 et le projet de loi n° 91, Mme la Présidente. Alors, je
ferais motion pour adopter ces trois motions-là.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Consentement pour les présenter... Alors, est-ce
qu'il y a, en fait, consentement... Bien,
oui, il y a consentement, on m'a donné le consentement pour dispenser de la
lecture. Donc, on les adopte un par un, maintenant, M. le leader du
gouvernement.
Entériner le mandat de procéder à des consultations
particulières sur le projet de loi n° 93
M. Jolin-Barrette :
...motion de consultations particulières sur le projet de loi n° 93.
Mise aux voix
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix :
Adopté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté. M. le leader.
Entériner le mandat de procéder à des consultations
particulières sur le projet de loi n° 89
M.
Jolin-Barrette : Alors, Mme la Présidente, je fais... je fais motion
afin d'adopter la motion de consultations particulières pour le projet de loi
n° 89.
Mise aux voix
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Adopté.
Entériner le mandat de procéder à des consultations
particulières sur le projet de loi n° 91
M. Jolin-Barrette :
Je fais motion pour adopter la motion de consultations particulières du
projet de loi n° 91, Mme la Présidente.
Mise aux voix
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
Avis
touchant les travaux des commissions
La Vice-Présidente (Mme Soucy) : Donc,
nous poursuivons nos travaux. Donc, nous sommes maintenant, oui, à la
rubrique Avis touchant les travaux des commissions. M. le leader adjoint,
maintenant, du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui, merci beaucoup, Mme la Présidente.
Et donc j'avise cette
Assemblée que la Commission des transports et l'environnement va poursuivre
l'étude détaillée du projet de loi n° 81, la Loi modifiant diverses
dispositions en matière d'environnement, aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 19 h 15, à la salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission des
relations avec les citoyens va poursuivre les consultations particulières et
les auditions publiques sur le projet de loi n° 84, la Loi
sur l'intégration nationale, aujourd'hui, après les avis touchant les
travaux des commissions jusqu'à 19 h 20, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de
l'aménagement du territoire va poursuivre les consultations particulières et
les auditions publiques sur le projet de loi
n° 93, la Loi concernant notamment
le transfert de propriété d'un immeuble de la Ville de Blainville, aujourd'hui, après les avis de travaux des
commissions jusqu'à 19 h 20, à la salle Louis-Joseph-Papineau;
La Commission de
l'économie et du travail va poursuivre les consultations particulières et les
auditions publiques sur le projet de loi n° 89, la Loi visant à considérer
davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out, aujourd'hui,
après les avis touchant les travaux des commissions jusqu'à 19 h 20,
à la salle Pauline-Marois.
• (15 h 20) •
La Vice-Présidente
(Mme Soucy) : Est-ce qu'il y a consentement pour déroger à
l'article 143 du règlement concernant l'horaire des travaux des
commissions? Consentement.
Pour ma part, je vous
avise que la Commission spéciale sur les impacts des écrans et des réseaux
sociaux sur la santé et le développement des jeunes se réunira en séance de
travail le mercredi 19 mars 2025, de 7 h 30 à
8 h 45, à la salle Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin d'organiser
les travaux de la commission.
Renseignements sur les travaux
de l'Assemblée
Maintenant, renseignements...
les travaux sur l'Assemblée, je vous cède la parole, madame.
Violation de droit ou de
privilège soulevée le 25 février 2025 concernant
les informations transmises à la Commission de l'administration
publique au sujet du projet SAAQclic
La
Présidente : Merci. Alors, on poursuit. Nous passons maintenant à la
rubrique Renseignements sur les travaux de l'Assemblée. Vous êtes tous là. Et
je suis prête, maintenant, à entendre les représentations sur la demande
d'intervention de droit ou de privilège soulevée le 25 février dernier par
M. le leader de l'opposition officielle. Et je reconnais, pour ces plaidoyers,
le leader de l'opposition officielle. Nous vous écoutons.
M. Monsef Derraji
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. Mme la Présidente, cette question de privilège
qui est devant vous est extrêmement importante pour notre institution. Il
s'agit ici de déterminer si nos règles ont été transgressées par la Société de l'assurance automobile du Québec, notamment le président-directeur général,
M. Éric Ducharme, deux anciens présidents
et chefs de la direction, Mme Nathalie Tremblay et M. Denis
Marsolais, ainsi que Mme Caroline Foldes-Busque, vice-présidente à l'expérience numérique, et enfin
l'ancien vice-président à l'expérience numérique, M. Karl Malenfant.
Nous sommes d'avis
que la SAAQ et certains de ses hauts dirigeants ont induit en erreur les
membres de la Commission de l'administration publique en leur transmettant des
documents qui contenaient de fausses informations au sujet du projet CASA-SAAQclic.
Mme la Présidente, le
20 février dernier, le Vérificateur général, Mme Guylaine Leclerc, a
transmis un rapport dévastateur au sujet du projet CASA-SAAQclic. Ce rapport
fait état de nombreux enjeux au sein de la SAAQ, que nous avons d'ailleurs
soulevés lors de plusieurs périodes de questions et dans les médias dans les
dernières semaines : dépassements de coûts de plus de 500 millions,
fractionnement des contrats pour éviter un risque médiatique élevé pour la CAQ, qui était en pleine campagne
électorale, procès-verbaux des réunions des conseils d'administration caviardés
et que le gouvernement refuse de nous dévoiler, hausses de salaire et
promotions pour certains hauts dirigeants de la SAAQ malgré leur mauvaise
gestion.
Devant le plus gros
scandale politique jamais vu, outre le fait que le premier ministre a dû
obliger son ministre de la Cybersécurité et du Numérique, le député de La Peltrie,
à démissionner, il n'a pas eu le choix de demander le déclenchement non pas...
Des voix : ...
M. Derraji : ...il n'a pas eu
le choix de demander le déclenchement non pas d'une, mais de trois enquêtes
distinctes : l'Autorité des marchés publics, l'UPAC — d'ailleurs,
on attend toujours la suite de la part de l'actuelle ministre des Transports,
qui a parlé qu'elle a envoyé une demande à l'UPAC — et la mise en place
d'une commission d'enquête publique et indépendante. Cela ne fait que démontrer
l'ampleur de ce scandale, Mme la Présidente.
Maintenant, cette question
de privilège que j'ai soulevée, qui est extrêmement importante et qui nous
amène à plaider devant vous aujourd'hui, est un autre élément qui fait partie,
lui aussi, de cet énorme scandale et qui relève de notre Assemblée nationale. Mme la Présidente, comme vous le savez, des
informations contradictoires et erronées au sujet du projet CASA-SAAQclic
ont été transmises par la haute direction de la SAAQ aux membres de la Commission
de l'administration publique. Cela constitue à première vue, à notre avis, un
outrage au Parlement.
Vous me
permettrez, Mme la Présidente, de vous relater les faits et de refaire la
séquence des événements au bénéfice de tous ceux qui nous suivent.
Tout a débuté lorsque le président de la Commission
de l'administration publique à l'époque, mon ancien collègue, Carlos Leitão, suivant l'examen annuel du rapport de gestion
2017, a transmis une correspondance, le 16 mai 2019, à la
présidence... à la présidente et cheffe de la direction, Mme Nathalie
Tremblay, où il indiquait, et je le cite : «En ce qui concerne les
ressources informationnelles, les membres sont préoccupés par le contrat visant
à mettre sur pied le Carrefour des services d'affaires — CASA — et
demandent à recevoir annuellement un état d'avancement détaillé de ses travaux.» Si quelqu'un doute encore de la
vision de mon ex-collègue Carlos Leitão, rien que cette citation, l'appliquer
aujourd'hui avec ce qu'on vit avec la CAQ, Mme la Présidente, ça démontre, en
quelque sorte, qu'on avait raison de demander des comptes, il y a longtemps, à
la SAAQ. Les membres de la Commission de l'administration publique
souhaitaient, avec raison, garder à l'oeil ce projet.
Et, en réponse à cette demande,
Mme Tremblay s'est engagée auprès de la Commission de l'administration
publique, le 31 juillet 2019, et je la cite : «En ce qui concerne
plus spécifiquement le chantier Carrefour des services d'affaires — CASA — nous
vous proposons de vous transmettre le prochain au premier trimestre de 2020 sur
la base de l'avancement au 31 décembre 2019, et par la suite — notez
bien cette date, Mme la Présidente, c'est la clé dans cet argumentaire — au
31 décembre des années suivantes, question de s'arrimer avec la fin
d'année de la SAAQ.»
Conformément
à cet engagement, Mme Tremblay transmet, le 29 mai 2020, une
correspondance à la Commission de l'administration publique dans
laquelle elle joint l'état d'avancement du projet, l'état d'avancement du
projet CASA-SAAQclic en date de décembre 2019. Les indicateurs d'affaires étaient
tous au vert. C'est ce que les membres de la Commission de l'administration
publique, ils ont reçu le... en décembre 2019.
Pourtant, ces informations sont contredites par
le Vérificateur général à la page 53 de son rapport, et je cite :
«Certaines redditions de comptes transmises à la Commission de l'administration
publique et au dirigeant principal de l'information étaient en contradiction
avec celles présentées au comité de direction et au conseil d'administration de
la SAAQ.» Et je poursuis la citation, qui est extrêmement troublante :
«Entre décembre 2019 et septembre 2020, la direction du programme affirmait à
l'interne que la gestion du contrat entre la SAAQ et l'Alliance faisait l'objet
d'un plan d'action en raison de problèmes importants liés à la relation
contractuelle. Or, durant la même période, la reddition de comptes transmise à la commission et au dirigeant principal de
l'information affirmait plutôt que la gestion du contrat était assurée
comme prévu.» Fin de la citation.
Le même scénario se répète le 8 mai 2021,
alors que Mme Tremblay fait parvenir un nouvel état d'avancement du projet au président de la Commission de
l'administration publique. En date de décembre 2020, encore là, on y constate
que les indicateurs sont tous au vert. Or, selon le rapport du Vérificateur
général, toujours à la même page 53, ces informations
qui ont été transmises aux membres de la Commission de l'administration
publique étaient erronées, et je cite : «Entre mars et décembre 2020, la direction du programme
affirmait au comité de direction et au conseil d'administration qu'il
existait peu de marge de manoeuvre dans la matérialisation des bénéfices.
Pourtant, durant la même période, la reddition de comptes transmise à la
commission laissait croire que les bénéfices se réaliseraient comme prévu.» Fin
de la citation.
• (15 h 30) •
Donc, Mme la Présidente, à deux reprises
Mme Tremblay a transmis de fausses informations, a transmis de fausses informations à la Commission de
l'administration publique. Par deux fois, elle a laissé croire aux parlementaires
que tous les indicateurs étaient au vert, alors que les indicateurs soumis à
l'interne, soit au comité de direction et au conseil
d'administration de la SAAQ, sur lesquels Mme Tremblay siégeait, étaient
au rouge et au jaune. Et, à cet égard, je souhaite vous présenter la page 27 du document PowerPoint présenté
aux membres de la Commission de l'administration publique lors de la
séance tenue à huis clos le 20 février 2025, à laquelle j'ai assisté.
Voilà, Mme la Présidente, ce que nous aurions dû recevoir. Et vous constatez
par vous-même la différence entre ce que les membres, ils ont reçu versus ce
que la Vérificatrice générale a pu analyser.
Mme la
Présidente, c'est extrêmement grave. Les parlementaires ont été induits en
erreur de façon intentionnelle.
Je poursuis, Mme la Présidente, car,
malheureusement, ce n'est pas terminé, malheureusement. On vient de terminer
avec Mme Tremblay. Le 21 avril 2022, M. Denis Marsolais,
président et chef de la direction de la SAAQ, a transmis au président de la Commission
de l'administration publique, M. Leitão, l'état d'avancement du projet, en
date de décembre 2021, et où les indicateurs d'affaires, encore une fois,
étaient au vert. Un autre P.D.G., un autre envoi et une autre... et la même
couleur, vert, Mme la Présidente, d'autres indicateurs au vert, contrairement à
la réalité.
Encore une
fois, on peut constater, à la page 27 du document PowerPoint présenté par
le Vérificateur général du Québec aux
membres de la Commission de
l'administration publique, le
20 février dernier, qu'en date de décembre 2021 tous les
indicateurs étaient au rouge et non pas au vert. Deuxième P.D.G., deuxième
envoi, même erreur. On cache l'information aux députés.
Je poursuis, Mme la Présidente, car j'ai
d'autres éléments à ajouter en lien avec les informations transmises aux parlementaires, malheureusement, Mme la
Présidente, quand je vous ai dit que je n'ai jamais, dans ma vie parlementaire
de six ans, vu une telle falsification de
l'information, Mme Tremblay, le 8 mars 2021, ainsi que
M. Marsolais, le 21 avril 2022, qui sont très importants. Les indicateurs d'affaires qui ont été
transmis aux membres de la Commission de l'administration publique et qui faisaient état des sommes prévues au contrat — ça,
c'est un autre élément, les sommes prévues au contrat — démontraient
qu'il y avait un solde et une somme suffisante pour compléter la
livraison 2 du projet. Nous avons donc été stupéfiés de constater, à la
page 29 et 30 du rapport du Vérificateur général du Québec, qu'il est
mentionné que la Commission de l'administration publique a reçu de mauvaises
informations de la SAAQ quant aux sommes prévues au contrat, et je cite :
«Des informations incomplètes ont été véhiculées dans les communications
transmises par la SAAQ à la Commission de l'administration publique et au dirigeant
de l'information. En effet, ces communications ne faisaient pas état de
dépassements de coûts par rapport au contrat avec l'Alliance. Pourtant, bien
que la valeur du contrat avec l'Alliance soit demeurée de 458,4 millions
de dollars, les sommes qui lui ont été allouées pour la livraison 2 sont
passées — figurez
vous, Mme la Présidente — de
75,6 millions à 280,4 millions de dollars, et ce, malgré la clause de partage de risque prévue au contrat de 2017.» Je
vais le répéter. Les sommes qui lui ont été allouées pour la livraison 2
sont passées de 75,6 à 280,4 millions de dollars, et ce, malgré la clause
de partage de risque prévue au contrat de 2017. «Cette augmentation a
fait en sorte qu'il ne restait aucune somme disponible au contrat pour financer
la participation de l'Alliance à la
livraison 3 et a amputé de 139,6 millions de dollars les sommes
allouées pour la phase d'exploitation. Les informations transmises ne
donnaient donc pas un portrait juste de la situation.» Fin de la citation.
Vous me permettez de vous présenter ledit
tableau 3, Mme la Présidente, dont il est question. C'est petit, j'en
conviens, mais, Mme la Présidente, quand vous avez initialement prévu, dans le
contrat, 75 millions et, dans la phase de
replanification, 280 millions, et vous n'informez pas les membres de la
Commission de l'administration publique, je vous laisse faire votre propre conclusion. Donc, à part les indicateurs,
il y avait un laisser-aller par rapport aux dépassements de coûts.
Encore une fois, ce sont des éléments extrêmement importants que les
parlementaires n'ont pas eus en leur possession. Ils ont été trompés avec de
faux chiffres. C'est scandaleux, Mme la Présidente.
J'ai encore quelques éléments à vous soumettre,
Mme la Présidente, je poursuis donc.
Le
6 décembre 2023, l'actuelle présidente, l'actuelle présidente de la
Commission de l'administration publique, ma collègue la députée de Saint-Laurent, a communiqué par écrit avec
M. Éric Ducharme, l'actuel président-directeur général de la SAAQ, dans
laquelle elle soulève le fait que la commission, encore une fois, n'a reçu
aucune reddition de comptes de la SAAQ depuis 2022. Pourtant, c'est très
important, faire ce genre de reddition de comptes, pour la plus importante
transformation numérique.
Je vais citer ma collègue, qui est aussi
présidente de la Commission de l'administration publique : «Enfin,
parallèlement à l'examen du rapport annuel de gestion 2021, les
parlementaires ont souligné que la commission n'a toujours pas reçu une mise à
jour sur le déploiement du projet Carrefour des services d'affaires — CASA — de
la SAAQ. En mars 2019, à la suite de l'examen du rapport annuel de
gestion 2017, la commission a réclamé annuellement — annuellement — une
mise à jour détaillée de l'état d'avancement de ce projet. La dernière
correspondance reçue remonte au 21 avril 2022.» Les dates sont extrêmement
importantes, Mme la Présidente. La dernière correspondance remonte au
21 avril 2022.
M. Ducharme répond, répond à notre collègue
présidente de la Commission de l'administration publique pas un mois après
l'envoi de cette correspondance, Mme la Présidente, il a répondu à la
présidente de la Commission de l'administration publique le 31 janvier
2024, la lettre a été envoyée le 21 avril 2022, je ne sais pas pourquoi il
n'y avait pas de réponse après cette date, où il transmet — ce
n'est pas terminé, Mme la Présidente — où il transmet une fiche de suivi
du projet. Malheureusement, dans cette fiche, il n'est pas mention des enjeux
liés au déploiement du projet ni quant au respect de l'enveloppe budgétaire. Donc,
on ne parle pas du respect de l'enveloppe budgétaire. On ne parle pas du
déploiement du projet.
Un fait particulier, ou drôle de coïncidence,
vous remarquerez que la SAAQ n'a pas transmis de reddition de comptes pendant
toute la période de la campagne électorale. C'est pour cela que je vous ai dit,
Mme la Présidente : Il faut absolument noter les dates. Il est clair, à
notre avis, que les parlementaires n'ont pas reçu une reddition de comptes
adéquate, tel que la société d'État s'y était engagée, ce qui est un grave
manque de transparence et ce qui est... qui a eu pour effet de tromper les
parlementaires sur la situation réelle du projet CASA.
• (15 h 40) •
Mme la Présidente, il ne fait aucun doute, selon
la preuve que je viens de vous dévoiler, qu'à plusieurs reprises, pas une fois,
pas deux, pas trois, les informations transmises par la SAAQ aux parlementaires
étaient en contradiction avec celles présentées au comité de direction et au
conseil d'administration de la SAAQ. Il est inconcevable que l'on puisse
supposer que les dirigeants de la SAAQ, soit Mme Tremblay,
M. Marsolais et M. Ducharme, n'aient pas été au courant de la
situation réelle du projet CASA-SAAQclic, car ils ont tous siégé au comité de
direction et au conseil d'administration. Il était de leur responsabilité de
transmettre les bonnes informations aux parlementaires, il était de leur
responsabilité de transmettre les bonnes informations aux parlementaires, et,
en omettant de le faire, à plusieurs reprises, la SAAQ a, en toute connaissance
de cause, intentionnellement induit les parlementaires en erreur.
Nous sommes loin d'une seule erreur, nous sommes
loin d'une seule erreur qui aurait pu être commise de bonne foi. On parle ici
de gestes répétés et délibérés. Et je viens de vous faire la démonstration, pas
une fois, pas deux, sur les indicateurs qu'on nous a envoyés, au vert, or
qu'ils étaient en jaune ou en rouge. Je viens de vous faire la démonstration de
dépassements de coûts, où on ne nous a jamais avisés, en tant que membres de la
Commission de l'administration publique, sur
la nature des dépassements de coûts, Mme la Présidente. C'est extrêmement
grave. Comme je vous ai mentionné au début, c'était un... le plus grand
scandale, c'est un scandale, Mme la Présidente.
Mme la
Présidente, dans ma demande de violation de droit et de privilège que je vous
ai adressée, j'ai également soulevé la responsabilité évidente du comité de
direction du programme CASA-SAAQclic dans cette affaire. J'ai fait
référence à Mme Caroline Foldes-Busque, qui est actuellement
vice-présidente à l'expérience numérique et qui a été précédemment directrice générale du programme, également M. Karl
Malenfant, qui, lui, était vice-président de l'expérience numérique avant de céder sa place à Mme Foldes-Busque.
Il s'agit de deux personnages clés dont nous ne pouvons ignorer le rôle qu'ils ont joué dans cette affaire, même s'il est
indirect. Tous deux avaient la responsabilité de rendre des comptes au comité de direction et au conseil
d'administration quant au projet, et il est évident qu'il y a eu un effet
domino dans la chaîne de transmission d'information.
Il est impossible que Mme Foldes-Busque et
M. Malenfant n'aient pas été au courant que les informations qu'ils avaient soumises au comité de direction et
au C.A. ne seraient pas celles qui seraient divulguées aux parlementaires.
Quelqu'un quelque part, Mme la Présidente, a changé ou a falsifié des
documents. Mme la Présidente, on parle de falsification de documents. C'est
extrêmement grave pour notre institution, pour le travail parlementaire qu'on
doit tous faire avec diligence. Le rôle
respectif, dans la gestion de projet, de ces deux personnes était beaucoup trop
important pour que le comité de direction et le conseil d'administration
n'aient pas discuté avec eux de la sensibilité des éléments du projet s'il
advenait que les parlementaires aient ces informations en leur possession.
Donc, bien que les informations erronées
aient été transmises par trois autres dirigeants de la SAAQ, nous croyons
qu'indirectement Mme Foldes-Busque et M. Malenfant ont un rôle
dans le fait d'avoir induit les parlementaires en erreur.
Mme la Présidente, quant à la notion d'intention
manifeste de tromper, d'induire en erreur les parlementaires, vous me
permettez, à cet effet, de citer une décision du président Jacques Chagnon,
rendue en 2016, et je le cite : «...le fait d'induire sciemment la Chambre
ou ses commissions en erreur peut constituer un outrage au Parlement. [Il] faut
démontrer le caractère intentionnel de l'acte dénoncé afin de conclure qu'un
individu a sciemment induit la Chambre en erreur.
«Quant à la présomption à l'effet qu'il faille
accepter la parole d'un député, elle ne peut s'appliquer aux tiers[...] — Mme
la Présidente. Ainsi, dans un tel cas, il devient nécessaire d'évaluer plus en
détail le critère de l'intention spécifique de vouloir induire
l'Assemblée ou une commission en erreur.» Fin de la citation.
Mme la Présidente, la SAAQ a commis un geste
grave en omettant de transmettre des informations valides liées au projet CASA-SAAQclic,
car cela a fait en sorte que le travail des parlementaires a été entravé.
Comment les membres de la Commission de
l'administration publique auraient-ils pu correctement exercer leur rôle de
contrôleurs dans ces conditions? Alors, Mme la Présidente, fermons la Commission
de l'administration publique. C'est quoi, le rôle de cette commission? C'est
une commission importante. Il y a des gens qui devaient rendre des
comptes qui ont joué, falsifié des documents. C'est le constat qu'on fait, Mme
la Présidente.
Je viens de vous montrer les indicateurs, des
indicateurs qui ne reflétaient pas la réalité, un état de situation d'un bilan financier complètement erroné, et on se
demande, Mme la Présidente, c'est quoi, notre rôle en tant que députés.
Est-ce qu'on a bien joué notre rôle? Est-ce qu'on a levé les drapeaux au bon
moment? Et c'est ça, Mme la Présidente, qu'on regrette aujourd'hui. Il y a des
gens payés pour faire leur travail qui ont joué et qui ont falsifié des
documents. Il s'agissait d'informations cruciales auxquelles ils avaient droit
pour bien faire leur travail.
Le président Jacques Chagnon avait rendu une
décision, en 2016, où il avait eu de sages propos quant à l'importance du
rôle des députés, et je cite : «Dans une démocratie parlementaire, le rôle
des élus est de contrôler les agissements de l'administration, et, pour ce
faire, ils doivent pouvoir compter sur des informations valides. Toute personne
qui travaille pour l'État a l'obligation de respecter l'Assemblée nationale,
son rôle et ses membres. Une personne qui
manquerait à ce devoir commettrait un des gestes les plus graves pour un
serviteur public. Servir l'État et les élus est une tâche noble qui
comporte un degré de probité sans faille.» Fin de la citation.
Mme la Présidente, je souhaiterais conclure en
vous demandant de déclarer notre demande recevable. Les preuves devant nous
sont accablantes, et, clairement, les droits et privilèges des parlementaires
ont été bafoués. Vous avez le devoir, Mme la
Présidente, en tant que gardienne de nos droits et privilèges, de transmettre
un message fort, je dirais même de
transmettre un message extrêmement fort à quiconque aurait l'intention d'y
apporter atteinte. De tels comportements envers notre Assemblée et ses
membres ne peuvent être tolérés et doivent être sanctionnés. Il en va du
respect de cette institution, que nous représentons au nom de nos concitoyens
qui nous ont élus.
Sans vouloir
vous mettre de la pression, Mme la Présidente, votre décision sera extrêmement
importante, et nous sommes confiants que vous en arriverez à une
décision juste.
Enfin, si vous déclarez qu'il y a, à première
vue, outrage au Parlement, et tel que je l'ai mentionné dans ma demande écrite, nous avons l'intention de nous
prévaloir des dispositions de l'article 324 de notre règlement en
présentant une motion mettant en cause la conduite d'une personne autre
qu'un député afin que la Commission de l'Assemblée nationale fasse enquête de
plein droit.
Je vous remercie, Mme la Présidente, de votre
écoute. Et bien hâte à lire votre décision. Merci.
La
Présidente : Merci, M. le leader de l'opposition officielle. Je
dois reconnaître, maintenant, le leader du gouvernement pour ses
représentations.
M. Simon Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Merci, Mme
la Présidente. Tel que nous l'avons mentionné à de nombreuses reprises, les
constats posés par la Vérificatrice générale sur la SAAQ sont graves, et nous
les prenons très au sérieux. Dans les constats de la Vérificatrice générale, le
gouvernement n'a pas tardé à agir. La présidente du Conseil du trésor a demandé
au président-directeur général de l'Autorité des marchés publics d'examiner le
processus d'attribution et d'exécution du contrat. La ministre des Transports
et de la Mobilité durable a porté le dossier à l'attention de l'Unité
permanente anticorruption, et le gouvernement a déclenché la Commission
d'enquête sur la gestion de la modernisation des systèmes informatiques de la
Société de l'assurance automobile du Québec en vertu de la Loi sur les
commissions d'enquête, laquelle porte sur les causes et
circonstances des problèmes de gestion et de réalisation du programme CASA ainsi que sur le niveau de connaissances des
personnes en autorité au sein de la Société
de l'assurance automobile du Québec, de même que des ministères
concernés, des problèmes de gestion relevés par la Vérificatrice générale du
Québec et de leurs conséquences.
• (15 h 50) •
Venons-en maintenant à ce qui nous préoccupe
dans le cadre de la question de privilège soulevée par le leader de l'opposition officielle. La Vérificatrice
générale, dans son rapport du 20 février 2025 concernant la SAAQ, a mentionné
que, et je cite, «la SAAQ rendait compte de
l'avancement du programme, notamment à la Commission de l'administration
publique, au dirigeant principal de
l'information et à la population. Or, l'information contenue dans les documents
transmis n'offrait pas un portrait clair et complet de la situation.» Prévu
au paragraphe 100, Mme la Présidente, du rapport.
Le fait que la Commission de l'administration
publique ait reçu des informations incomplètes et, dans certains cas,
contradictoires avec ce qui circulait à l'interne est une situation grave et
sérieuse, et, selon le leader de l'opposition officielle, cela constitue une
violation de droit ou privilège de l'Assemblée.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, Mme la
Présidente, permettez-moi de rappeler certaines notions de base par rapport aux
privilèges parlementaires ainsi qu'à la capacité de cette Assemblée de
revendiquer ces privilèges et de les faire respecter.
Alors,
qu'est-ce que le privilège parlementaire, Mme la Présidente? Erskine May nous
indique que «le privilège parlementaire est la somme de certains droits à
chaque Chambre collectivement et aux membres de chaque Chambre
individuellement, faute desquels il leur serait impossible de s'acquitter de
leurs fonctions. Ces droits dépassent ceux dont sont investis d'autres organismes ou particuliers.» La page 58 de La
procédure et les usages de la Chambre des communes, la troisième
édition.
Aujourd'hui encore, les privilèges
parlementaires sont nécessaires à l'exercice plein et entier des fonctions des parlementaires. Au titre du privilège
parlementaire, l'Assemblée a notamment le pouvoir d'enquêter, d'exiger la
comparution de témoins et d'ordonner la production de documents. Pour la
Commission de l'administration publique, qui est un important contrôleur de l'action gouvernementale, cela
implique notamment de pouvoir bénéficier d'informations fiables et exactes
pour bien exercer son rôle.
Afin de protéger ces privilèges, l'Assemblée a
le pouvoir d'en punir la violation. Elle dispose, de plus, selon La procédure parlementaire du Québec, quatrième édition, à la page 172, du
pouvoir de «punir des actes ou des omissions qui, sans être une violation d'un
droit ou d'un privilège reconnu, ont pour effet d'entraver ses travaux ou
encore de porter atteinte à son autorité ou à sa dignité».
L'Assemblée nationale a codifié, à
l'article 55 de la Loi sur l'Assemble nationale, une série de
comportements pouvant constituer une atteinte à ses droits. Parmi ceux-ci,
notons :
«2° rendre un témoignage faux ou incomplet
devant l'Assemblée, une commission ou une sous-commission;
«3° présenter
à l'Assemblée, à une commission ou à une sous-commission un document faux dans
le dessein de tromper;
«4° contrefaire,
falsifier ou altérer, dans le dessein de tromper, un document de l'Assemblée,
d'une commission ou d'une sous-commission ou un document présenté ou
produit devant elles;».
Précisons également que la liste des
contraventions énumérées à l'article 55 de la Loi sur l'Assemblée
nationale n'est pas exhaustive, puisqu'elle est précédée par le terme
«notamment».
Dans une
jurisprudence qui fait autorité en la matière et qui a été rendue par le
président Chagnon, le 8 décembre 2016, il est mentionné que, pour qu'une question soit déclarée recevable à
première vue, en vertu de l'alinéa deux de l'article 55, et je
cite, «deux éléments sont nécessaires[...]. Premièrement, une preuve probante
doit démontrer que le témoin a bel et bien rendu un témoignage faux ou
incomplet.
«Deuxièmement, bien que, contrairement aux
paragraphes 3° et 4° de la Loi sur l'Assemblée nationale, le deuxième paragraphe ne comporte pas l'expression
"dans le dessein de tromper", il demeure essentiel de constater dans
le témoignage faux ou incomplet allégué une certaine intention d'induire en
erreur ou de nuire au bon déroulement des travaux parlementaires.»
Ainsi, pour que la présidence déclare recevable
une question de privilège sur la base de ce paragraphe, elle doit à tout le moins pouvoir déduire clairement
des faits soumis une intention fautive du témoin. En effet, le fait de présenter
de faux documents ou de rendre un témoignage faux ou incomplet devant
l'Assemblée sont des gestes qui transposent, en droit parlementaire québécois,
la notion d'induire délibérément en erreur, qui est reconnue dans d'autres
Parlements du type britannique. Il précise également que, dans le seul cas où
une question de privilège a été retenue concernant un témoignage en commission
parlementaire, et je cite, «les faits soumis soulevaient un doute non équivoque
quant à la véracité du témoignage, à leur rendu et de la volonté de celui-ci de
soustraire l'information aux parlementaires».
Mme la Présidente, vous avez un rôle extrêmement
important à jouer. Vous devez décider si la question de privilège concernant
les informations transmises par la SAAQ à la Commission de l'administration
publique est fondée à première vue. La
jurisprudence nous apprend que, lorsque la présidence est saisie d'une question
de privilège, elle doit prendre une
décision en fonction des faits qui lui ont été soumis et des règles de droit
parlementaire, donc, la décision 67/40 du recueil des décisions
concernant la procédure parlementaire.
La procédure parlementaire du Québec nous
indique, à la page 177, que, pour ce faire, «la présidence doit procéder à une analyse préliminaire du dossier
soumis afin de déterminer si les faits sont suffisamment graves et probants
pour que la Commission de l'Assemblée nationale soit convoquée [pour] mener une
enquête plus approfondie. En somme, la présidence ne peut pas tout le temps
prendre une décision uniquement en fonction des faits tels qu'ils sont invoqués
par le député qui soumet la question de privilège. [...]ces faits doivent être
appuyés sur une preuve suffisante qui permettra à la présidence de donner
ouverture à une violation de droit ou de privilège. La preuve admise au soutien
d'une question de privilège doit être complète et tenir
compte de tous les éléments disponibles. Ainsi, lorsqu'un député signale une violation de droit ou de privilège en
vertu du deuxième alinéa de l'article 69, son avis doit être suffisamment
précis pour permettre à la présidence de prendre une décision éclairée, et il
doit identifier la personne mise en cause.»
La jurisprudence a également établi certains
paramètres lorsque la personne mise en cause est un tiers. Le président Chagnon
a déclaré, le 8 décembre 2016, que la présidence doit tout faire pour
s'assurer que les députés disposent des
moyens appropriés pour exercer pleinement leur rôle parlementaire. Cela dit,
elle ne doit pas ignorer les droits des tiers qui pourraient être affectés
par un geste commis par l'Assemblée. «Compte tenu des pouvoirs extraordinaires
dont dispose l'Assemblée nationale, en vertu de ses privilèges parlementaires,
il importe, lorsqu'un tiers est visé par une question de privilège — comme
en l'espèce — de
tenir compte de tous les éléments [de preuve] disponibles afin de rendre une
décision équilibrée et respectueuse de tous.» Il ajoute : «...dans un tel
cas — il
parle d'un témoignage d'un tiers — il
devient nécessaire d'évaluer plus en détail le critère [...] spécifique de
vouloir induire l'Assemblée ou une commission en erreur.»
Ces principes ont été réitérés dans une décision
du 8 décembre 2017 du président Chagnon. Cette décision réfère à la
jurisprudence néo-zélandaise, qui précise que, pour qu'un ouvrage puisse être
établi à partir d'un témoignage d'un tiers,
l'intention de tromper doit être très claire. Le Parliament Practice in New Zealand 2023,
au paragraphe 59.10.3, traite de la question des
tiers : «A finding of contempt of Parliament brings reputational damage
and public disapproval, which is naturally
to be avoided. Allegations of such contempt by witnesses are rarely made. «For
a witness to be held in contempt, there must be a strong indication of
an intention to mislead the committee.»
La procédure parlementaire du Québec, à la
page 178, se basant sur une décision rendue par le président Paradis,
rendue le 6 décembre 2019 : «La présidence a, en quelque sorte, la
responsabilité de s'assurer du sérieux de la question de privilège soulevée, et
ce, afin d'éviter que la Commission de l'Assemblée nationale soit régulièrement
transformée en tribunal pour enquêter sur des faits qui, après une certaine
analyse de la part du président, n'apparaissent pas fondés à première vue.»
Regardons maintenant les faits. Tout d'abord,
soulignons qu'il y a présentement beaucoup d'allégations qui circulent en lien avec le dossier de la Société de l'assurance automobile du Québec. Aux fins de l'évaluation de la question de privilège, il y a lieu de se baser sur des sources
fiables, c'est-à-dire sur le rapport de la Vérificatrice générale du Québec. D'entrée
de jeu, j'aimerais, donc, vous lire deux constats du rapport de la
Vérificatrice générale.
Le premier constat : «Les coûts du
programme CASA ont augmenté de près de 500 millions de dollars et
cette augmentation n'a pas été clairement
communiquée aux décideurs.» Le constat n° 4 : «Dans les
redditions de comptes, la direction du programme a affirmé que le développement
se déroulait comme prévu, alors que des retards s'accumulaient et que
des problèmes de qualité étaient perceptibles.»
Concernant spécifiquement le sujet qui nous
préoccupe, soit la reddition de comptes à la Commission de l'administration publique, la Vérificatrice
générale mentionne, au paragraphe 25 de son rapport, ce qui suit :
«Des informations incomplètes ont été véhiculées dans les communications
transmises par la SAAQ à la Commission de l'administration publique et au
dirigeant principal de l'information. En effet, ces communications ne faisaient
pas état des dépassements de coûts par rapport aux contrats avec l'Alliance et
les informations transmises ne donnaient donc pas un portrait juste de la
situation.» Ce paragraphe fait référence à la période ayant suivi la
réorganisation de septembre 2020.
Un constat similaire est posé au
paragraphe 100 : «La SAAQ rendait compte de l'avancement du
programme, notamment à la Commission de l'administration publique, au dirigeant
principal de l'information et à la population. Or, l'information contenue dans
les documents transmis n'offrait pas un portrait clair et complet de la
situation.»
• (16 heures) •
Elle poursuit
au paragraphe 102 : «Certaines redditions de comptes transmises à la
Commission de l'administration publique et au dirigeant principal de
l'information étaient contradictoires avec celles présentées au comité de
direction et au conseil d'administration de la SAAQ. En effet, entre mars et
décembre 2020, la direction du programme affirmait au comité de direction et au
conseil d'administration qu'il existait peu de marge de manoeuvre dans la
matérialisation des bénéfices. Pourtant,
pendant la même période, la reddition de comptes fournie à la commission et au
dirigeant principal de l'information
laissait croire que les bénéfices se réalisaient comme prévu. De la même
manière, entre décembre 2019 et septembre 2020, la direction
du programme affirmait à l'interne que la gestion du contrat entre la SAAQ et
l'Alliance faisait l'objet d'un plan d'action en raison de problèmes importants
liés à la relation contractuelle. Or, durant la même période, la reddition de comptes transmise à la commission et au
dirigeant principal de l'information affirmait plutôt que la gestion
contractuelle était assurée comme prévu.»
Finalement, une reddition de comptes a été
effectuée auprès de la Commission de l'administration publique en
février 2022. Les résultats des trois indicateurs qui portaient sur la
gestion du contrat et les bénéfices étaient cohérents avec ceux ayant été présentés au comité de direction et au conseil
d'administration de la Société de
l'assurance automobile du Québec. Ce n'est pas uniquement à l'externe que la
reddition de comptes n'était pas adéquate et complète, Mme la Présidente,
elle l'était aussi à l'interne.
D'ailleurs, concernant cette reddition de
comptes de 2022, il est inexact de prétendre, comme l'a... comme le fait le
leader de l'opposition officielle, à la page 4 de son avis de violation de
droit et de privilège, que tous les voyants étaient au rouge. Le début du
tableau à la page 25 du PowerPoint de la Vérificatrice générale fait état
de plusieurs indicateurs au vert, notamment
ceux sur la gestion du contrat, l'indice de performance des coûts et l'indice
de performance des délais.
De façon générale, la Vérificatrice générale
nous apprend, au paragraphe 81 de son rapport, qu'«à partir de septembre 2020 la direction du programme a
présenté au comité de direction et au conseil d'administration de la SAAQ des
redditions de comptes qui indiquaient que le
développement des composantes de la livraison 2 — donc les fonctionnalités liées aux permis, à l'immatriculation et au
contrôle routier — du
programme CASA progressait comme prévu. Or, les retards s'accumulaient, et les coûts au programme
augmentaient. De plus, plusieurs enjeux de qualité étaient perceptibles, mais
la reddition de comptes à leur sujet n'était pas adéquate.»
Elle ajoute, au paragraphe 87 : «Rappelons
qu'après la replanification de septembre 2020, le développement de la livraison 2 a commencé à prendre du
retard — voir
le constat n° 2 du rapport. La direction du programme en était consciente,
puisqu'elle confirmait l'existence de retards auprès de l'Alliance à chaque
trimestre. Toutefois, jusqu'en juin 2022, soit pendant un an et demi, les
redditions de comptes qu'elle présentait au comité de direction et au conseil
d'administration de la SAAQ indiquaient que le développement progressait comme
prévu.»
En février 2020, la direction de programme
estimait que plus de 140 millions avaient été dépensés pour la
livraison 2, alors que le budget total de cette livraison devait être de
96,9 millions de dollars.
En septembre 2020, l'ensemble des coûts
pour le programme CASA est passé de 638 millions de dollars à plus de 940 millions
de dollars.
À l'interne
de la SAAQ, la direction du programme a véhiculé que les coûts s'élevaient
désormais à 682 millions de dollars, sans dépassement de coûts
additionnel par rapport au contrat avec l'Alliance. Paragraphe 24.
Ce n'est qu'en
juin 2022 que la direction de programme a communiqué au comité conjoint de
suivi du programme CASA l'ampleur des besoins contractuels
supplémentaires, puisqu'elle estimait alors que les 458,4 millions de
dollars du contrat avec l'Alliance seraient dépensés avant la fin de l'année.
Paragraphe 28.
Les paragraphes 81, 82, 86 et 99 détaillent
aussi les enjeux de reddition de comptes à l'interne, que ce soit au niveau des
indicateurs, des cibles, de la qualité de développement des travaux, de
développement informatique et les risques associés à la mise en service de la
livraison 2.
Mme la Présidente, s'il y a un outrage qui a été
commis envers la Commission de l'administration publique, le gouvernement
convient qu'il y a lieu de le réprimer. Toutefois, il faut résister à la
tentation de faire une partie de pêche et de se substituer à d'autres instances
qui ont le mandat de faire enquête sur toutes les allégations concernant SAAQclic.
Les enjeux de gouvernance et de gestion contractuelle dans le dossier de CASA,
bien qu'elles soient d'une très grande importance, ne sont pas celles que nous
devons trancher dans le cadre de la présente question de privilège. La commission d'enquête publique et l'Autorité des marchés publics feront la lumière sur ces enjeux. Ce n'est pas
l'objet de la question de privilège.
La question qui nous préoccupe aujourd'hui est
de savoir si, prima facie, la SAAQ et les cinq individus visés dans la
question de privilège soulevée par le leader de l'opposition officielle ont
commis une violation des droits et privilèges de cette Assemblée. Pour
déterminer s'il y a violation des droits et privilèges prima facie, vous
devez vous laisser guider par les concepts jurisprudentiels bien établis, vous
devez tenir compte des faits allégués, lesquels doivent être appuyés par une
preuve suffisante, et sur le droit parlementaire.
Dans le cas en l'espèce, bien que le leader de
l'opposition officielle n'allègue pas que la violation de privilège relève d'un
des cas listés à l'article 55 de la Loi sur l'Assemblée nationale, il y a
un élément à retenir : que ce soit dans le
cas de la présentation d'un faux document, prévu au paragraphe 3° de
l'article 55, ou dans le cas de la contrefaçon, de la falsification
ou de l'altération d'un document, prévu à l'article 4, cela doit avoir été
fait dans l'intention de tromper.
Dans le cas
d'un témoignage faux ou incomplet, prévu au paragraphe 2°, la
jurisprudence vient nous dire que le témoignage
en question doit avoir été fait avec une certaine intention d'induire en erreur
ou de nuire au bon déroulement des
travaux parlementaires. Toute infraction de nature similaire doit, elle aussi,
à notre avis, reposer sur une intention de tromper.
La première question
à laquelle vous devez répondre, c'est donc la question de savoir s'il y a
une preuve probante que, lorsque des informations ont été transmises à
la CAP, les personnes qui les ont transmises avaient l'intention de tromper la Commission
de l'administration publique ou si plutôt ces personnes transmettaient de
l'information qu'elles croyaient elles-mêmes exacte.
La deuxième
question à laquelle vous allez devoir répondre est la suivante : Pour
reconnaître qu'une personne a, prima facie, commis une violation du
droit et privilège de l'Assemblée nationale, est-ce que cette preuve probante
doit démontrer qu'elle a elle-même commis un geste de cette nature? Est-ce que,
comme l'allègue le leader de l'opposition officielle, un effet domino dans la
chaîne de transmission d'information est une preuve probante pour démontrer
qu'une personne a violé les droits et privilèges de l'Assemblée? Est-ce qu'une
violation des droits et privilèges de l'Assemblée peut, comme l'allègue le
leader de l'opposition officielle, être indirecte? Est-ce qu'il y a de la
jurisprudence à cet effet? En ce qui nous concerne, nous n'avons rien trouvé,
Mme la Présidente.
La troisième
question à laquelle vous devez répondre porte sur la correspondance acheminée
par le président-directeur général de la Société de l'assurance
automobile du Québec à la commission le 31 janvier 2024.
Rappelons-nous d'abord que la Commission de
l'administration publique avait demandé à la SAAQ, en 2019, lorsque la
reddition de comptes a débuté... Les membres de la CAP souhaitaient alors recevoir
un état d'avancement détaillé du programme CASA, tel que nous le démontre la correspondance du président de la
Commission de l'administration publique adressée à la SAAQ le
31 juillet 2019. Le 6 décembre 2023, n'ayant pas reçu un tel état
d'avancement depuis le 21 avril 2002, le président relance la SAAQ pour
obtenir une mise à jour sur le déploiement du projet CASA.
Le leader de l'opposition officielle allègue
que, le 31 janvier 2024, le P.D.G. de la SAAQ transmet à la Commission de
l'administration publique une fiche de suivi du projet dans laquelle il n'était
aucunement mention des enjeux liés au
déploiement du projet ainsi que du respect de l'enveloppe budgétaire. Il
mentionne que la commission n'a donc pas obtenu une reddition de comptes
adéquate, tel que la SAAQ s'y était engagée.
Précisons
d'abord qu'il n'y a jamais eu d'ordre de production de documents adopté par la
Commission de l'administration publique envers la SAAQ. Si nous revenons
à la correspondance de 2024, les ratés du lancement de la livraison 2 étaient connus et avaient fait
grand bruit dans l'espace public. Si les membres de la Commission de l'administration
publique estimaient que l'information transmise quant au déploiement du
programme CASA n'était pas complète, ils auraient très bien pu demander des
informations supplémentaires à la SAAQ, ce qu'ils n'ont pas fait.
Mme la Présidente, la troisième question que
vous devez trancher est, à notre avis, la suivante : Est-ce qu'alors que les ratés du déploiement de la
livraison 2 du programme CASA étaient connus et alors que les membres de
la Commission de l'administration
publique n'ont pas demandé aucune information supplémentaire quant à la
correspondance transmise le 31 janvier 2024 par le P.D.G. de la
SAAQ, nous pouvons conclure, aujourd'hui, que cette correspondance était de
nature à enfreindre les privilèges de l'Assemblée? Est-ce qu'il y a une preuve
probante que cette correspondance visait intentionnellement à nuire... visait
intentionnellement à induire les parlementaires en erreur?
En
conclusion, Mme la Présidente, le privilège parlementaire tel que nous le
connaissons donne à cette Assemblée des droits qui dépassent ceux dont sont
investis d'autres organismes ou particuliers. L'exercice de tels droits
vient avec de grandes responsabilités,
surtout lorsque ce sont des tiers qui sont visés. Les faits de la présente
question sont à la fois graves et complexes. Tel que l'a mentionné la
jurisprudence, la présidence a la responsabilité de s'assurer du sérieux de la
question de privilège soulevée et de s'assurer qu'il y a une preuve probante au
soutien des faits allégués. Cette preuve probante doit, à notre avis, être
évaluée pour chacune des personnes visées par la question de privilège.
Mme la Présidente, j'ai confiance que vous saurez
vous appuyer sur ces principes lorsque viendra le temps de rendre votre
décision, qui, j'en suis persuadé, sera équilibrée et respectueuse de tous. Je
vous remercie.
La Présidente : Merci, M. le leader
du gouvernement. Et je reconnais maintenant, pour ses représentations, le
leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Évidemment, je ne répéterai pas tout ce qui a été
dit, mais j'appuie évidemment les propos du
leader de l'opposition officielle. Ce qui a été porté à votre attention
aujourd'hui, c'est une question d'une gravité exceptionnelle, le tout dit sous
réserve du droit pour les personnes visées d'être entendues et de
pouvoir présenter leur version des faits.
• (16 h 10) •
Le droit et la jurisprudence. Mme la Présidente,
vous aurez, au stade de la recevabilité, à déterminer si, de manière prima
facie, les faits vous permettent de croire qu'une violation de droit et de
privilège a été commise. Pour ce faire, vous devez vous déclarer satisfaite que
le dossier soumis est suffisamment probant et que les faits soumis sont suffisamment graves pour que la Commission de l'Assemblée nationale soit convoquée afin de faire enquête. Il vous
faut alors être convaincue, d'abord, que des documents erronés ou des
informations fausses ayant induit les parlementaires en erreur et ayant pour effet d'entraver les travaux de l'Assemblée ou
de porter atteinte à son autorité ou à sa dignité ont été soumis. Il vous faut
aussi trancher que cela ait été fait dans l'intention spécifique de vouloir
induire la Commission de l'administration publique ou l'Assemblée en
erreur. C'est ce que vous avez à trancher.
D'emblée,
faits et analyses, nous estimons qu'à ce stade le dossier de preuves soumis est
suffisant, probant et crédible. Quant à la preuve d'information et de
documents erronés, nous estimons que les disparités relevées par l'enquête de la Vérificatrice générale, notamment entre les
documents soumis à la CAP et les documents internes sur l'avancement du projet
CASA-SAAQclic, sont consternantes. Par exemple, comme le confirme la
vérificatrice, des indicateurs d'affaires ont été maintenus au vert, dans les documents de la CAP, alors que les
voyants réels étaient au rouge, et ce, sans parler des dépassements de
coûts non signalés de manière transparente.
La CAP a
donc, selon toute vraisemblance, reçu des informations fausses, ce qui a induit
les parlementaires en erreur quant à
la réalité, à la gravité de la situation du projet CASA-SAAQclic. Cette fausse
représentation a empêché les députés de jouer pleinement leur rôle de
surveillance et de reddition de comptes, ce qui constitue, donc, une violation
des droits et privilèges des parlementaires. Ces faits ont par ailleurs été
partiellement admis par le gouvernement.
La question de l'intention spécifique, faute
d'avoir pu entendre les parties concernées à ce stade, demeure plus incertaine.
Or, à ce stade-ci, compte tenu des contradictions sans équivoque soulevées
prima facie, il est soutenu qu'une intention
spécifique s'infère du dossier de preuves soumis. Les faits sont suffisamment
graves, en instance, pour commander l'accueil de la question afin
d'approfondir la violation alléguée. Les parties qui le souhaitent pourront
alors faire valoir leur version ou toute
défense face à l'intention spécifique, de manière à éclairer notre analyse sur
ce point précis, le cas échéant.
En conclusion et demande, Mme la Présidente,
l'Assemblée nationale ne peut tolérer que ses membres soient délibérément
induits en erreur dans l'exercice de leur mandat. La présente demande doit être
déclarée recevable, mais elle ne doit pas
occulter la question de la responsabilité ministérielle, qui doit demeurer au
coeur de ce scandale. Cette question devrait certainement être débattue
et tranchée dès que possible dans le forum approprié. Merci, Mme la Présidente.
La
Présidente : Merci, M. le leader du deuxième groupe
d'opposition. Et je reconnais, pour ses représentations, le député de
Matane-Matapédia. Vous avez tout votre temps.
M. Pascal
Bérubé
M. Bérubé : Mme
la Présidente, d'entrée de jeu, notre groupe parlementaire, le Parti québécois,
appuie la requête de l'opposition officielle contre plusieurs hauts
dirigeants de la SAAQ et du programme SAAQclic, déjà identifié précédemment. Inutile de
répéter à nouveau ce qui a déjà été dit, mais je souhaite tout de même apporter
ma touche personnelle au débat qui nous anime. En tant que député, ma fonction
ne se limite pas à l'étude d'un projet de loi et à légiférer, elle comprend aussi l'importante tâche de
contrôleur de l'action gouvernementale, elle comprend cette tâche si essentielle
pour la démocratie. Que ce soit par la période des questions ou l'importante
étude des crédits, qui viendra dans quelques semaines,
les membres de l'Assemblée nationale sont appelés, au nom de leurs constituants
et contribuables, à veiller sur la saine administration des deniers
publics.
Un autre outil à disposition des membres du
Parlement pour mener à bien cette mission est la Commission de l'administration
publique, dont le rôle consiste, et je cite l'ouvrage et la procédure
parlementaire... (Interruption) ...pardonnez-moi, «à vérifier si les sommes
allouées au gouvernement et à l'administration publique sont dépensées suivant
les règles d'une saine gestion. De plus, elle doit veiller à ce que les
administrateurs publics rendent des comptes sur
leur gestion.» C'est une tâche qui est essentielle, sans laquelle le principe
de la responsabilité ministérielle perdrait tout son sens. C'est un rôle auquel j'accorde beaucoup d'importance, qui me
tient à coeur depuis bientôt 18 ans, Mme la Présidente. Pour y
arriver, encore faut-il avoir la pleine collaboration des hauts dirigeants de
l'administration publique qui doivent collaborer à ces travaux.
Je cite à
nouveau notre ouvrage de procédure parlementaire : «...la participation
des dirigeants et des administrateurs d'organismes publics est
essentielle aux travaux de l'Assemblée et des commissions et qu'ils doivent
s'abstenir, par leur comportement, de nuire à leur bon déroulement. Ils doivent
en tout temps garder à l'esprit que l'Assemblée a le pouvoir de demander des comptes et qu'ils ont le devoir d'en rendre. Ce
rôle de contrôleur des activités du gouvernement et de l'administration publique est l'un des rôles les plus importants
des députés dans le parlementarisme contemporain.»
Dans le dossier SAAQclic, c'est gros, très gros,
comme dirait l'ancien député de Terrebonne. Lancé en 2015, je m'en souviens
comme si c'était hier, le programme CASA, qui aboutira sur le projet SAAQclic,
aura vu son coût augmenter de près de 500 millions de dollars
durement gagnés des citoyens québécois, pour atteindre la somme faramineuse de
1,1 milliard de dollars. Le gouvernement aime souvent autoproclamer
que ses actions sont historiques. Voici
quelque chose à ajouter, par un tiers indépendant, la Vérificatrice générale. C'est historique. Je le répète, c'est gros,
c'est très gros.
Malgré ces sommes colossales, le lancement du
service SAAQclic en 2023 aura été un échec notamment parce que d'importants
tests de fiabilité n'ont pas été faits. On se demande bien comment
1,1 milliard de dollars n'ont pas permis d'effectuer ces tests. Pensez-y,
pas étonnant, alors, que la Commission de l'administration publique, pour
accomplir son rôle de contrôle de l'action gouvernementale, ait senti le besoin
de suivre le dossier de près. À plusieurs reprises,
les présidents et présidentes de la Commission de l'administration publique ont
échangé avec les hauts responsables de
la SAAQ et de SAAQclic pour obtenir des informations leur permettant de suivre
l'évolution du dossier. Je me serais attendu
à ce que les dirigeants transmettent aux parlementaires une information exacte,
complète et qui permettrait d'avoir une juste appréciation de la
situation.
Bien non, dans son rapport, la Vérificatrice
générale constate le contraire, notamment en page 29. Je cite le rapport,
j'ouvre les guillemets : «De plus, des informations incomplètes ont été
véhiculées dans les communications transmises par la SAAQ à la Commission de
l'administration publique et au dirigeant principal de l'information. En effet,
ces communications ne faisaient pas état de dépassements de coûts par rapport
au contrat avec l'Alliance. Pourtant, bien que la valeur du contrat avec
l'Alliance soit demeurée de 458,4 millions de dollars — c'est
dans le tableau 3 — les
sommes qui lui ont été allouées pour la livraison 2 sont passées de 75,6 à
280,4 millions de dollars, et ce, malgré la clause de partage
de risque prévue au contrat de 2017. Cette augmentation a fait en sorte qu'il
ne restait aucune somme disponible au contrat
pour financer la participation de l'Alliance à la livraison 3 et a amputé
de 139,6 millions de
dollars les sommes allouées pour la phase d'exploitation. Les informations
transmises ne donnaient donc pas un portrait juste de la situation.»
Mais ce n'est pas fini, plus loin, à la
page 53, pour ceux qui nous suivent : «Certaines redditions de
comptes transmises à la Commission de
l'administration publique et au dirigeant principal de l'information étaient en
contradiction avec celles présentées
au comité de direction et au conseil d'administration de la SAAQ.» Pourquoi
donc? J'espère qu'on le saura. «En
effet, entre mars et décembre 2020, la direction du programme affirmait au
comité de direction et au conseil d'administration qu'il existait peu de marge
de manoeuvre dans la matérialisation des bénéfices. Pourtant, dans la même
période, la reddition de comptes transmise à la commission et au dirigeant
principal de l'information laissait croire que les bénéfices se réaliseraient
comme prévu. De la même manière, entre décembre 2019 et septembre 2020 — toujours
sous le gouvernement de la CAQ, Mme la Présidente — la direction du
programme affirmait à l'interne que la gestion du contrat entre la SAAQ et
l'Alliance faisait l'objet d'un plan d'action en raison de problèmes importants
liés à la relation contractuelle. Or, durant cette même période, la reddition
de comptes transmise à la commission et au dirigeant principal de l'information
affirmait plutôt que la gestion du contrat était assurée comme prévu.»
Bon, je vous l'ai dit tout à l'heure, le
26 mars, Mme la Présidente, ça va faire 18 ans que j'ai le privilège
de représenter mes citoyens en cette enceinte. D'ailleurs, c'est la même date
que l'ancien ministre des Transports et député de Granby, et c'est la même date que l'ancien ministre de la Sécurité
numérique, le député de La Peltrie. On est arrivés, les trois, en même
temps. On en a lu, des rapports. Celui-là est très particulier, le rapport de
la Vérificatrice générale, et ça me heurte au plus haut point quant à
l'engagement qu'on a pris de bien surveiller les finances publiques. Comment puis-je avoir confiance envers l'administration
publique par le gouvernement si je ne peux pas être certain que l'information
qu'on me transmet est exacte? C'est un bris de confiance majeur, il va sans
dire.
Il y a deux angles que je vous demande
d'examiner et de juger pour déterminer s'il y a bel et bien eu outrage au Parlement en cette affaire. Le premier découle
de notre jurisprudence abondante, qui reconnaît qu'induire sciemment
cette Chambre, ses commissions puis ses membres en erreur en transmettant de
l'information qui est fausse ou inexacte représente un
outrage au Parlement, ce qui est très grave, on en conviendra. Dans le cas qui
nous concerne, la présomption à l'effet que nous devons accepter la parole d'un
député ne s'applique pas puisque nous avons affaire à des non-élus, ce qui
devrait réduire considérablement le fardeau de la preuve pour conclure à un
outrage au Parlement.
• (16 h 20) •
Deuxième angle intéressant, celui de
l'article 55, paragraphe 3°, de la Loi sur l'Assemblée nationale, qui stipule, et je cite : «Nul ne peut porter
atteinte aux droits de l'Assemblée. Constitue notamment une atteinte au droit
de l'Assemblée le fait de — bon — présenter à l'Assemblée, à
une commission ou à une sous-commission un document faux dans le dessein de tromper.» Considérant qu'il existait, selon des
recherches de la Vérificatrice générale du Québec, des constats
résolument contradictoires de l'avancement du déploiement du projet SAAQclic,
l'un destiné à l'interne et aux dirigeants du projet SAAQclic et de la SAAQ,
qui confirmait la nécessité d'ajuster le projet en raison des problèmes
importants liés à la relation contractuelle, puis un deuxième, transmis
exclusivement aux parlementaires, à deux reprises, qui prétendait plutôt que
tous les indicateurs étaient au vert et que le déploiement du projet se
déroulait comme prévu.
Je vois mal comment nous pouvons conclure à une
erreur de bonne foi, et à écarter la volonté de tromper des membres de la Commission
de l'administration publique, et de minimiser le risque politique que
représentaient les sérieux problèmes de gestion du projet SAAQclic. Les membres
de la Commission de l'administration n'ont pas été traités comme des
parlementaires exerçant leurs fonctions de contrôleurs de l'action
parlementaire, mais plutôt comme un risque politique qu'il fallait minimiser.
Je me permets de citer votre prédécesseur dans
une décision rendue le 8 décembre 2016 — j'ouvre les guillemets : «Lorsqu'on occupe un poste dans
la fonction publique, de surcroît lorsqu'il s'agit de la fonction de
sous-ministre, il est impératif de s'assurer que l'information que l'on
transmet à l'Assemblée nationale et à ses membres soit rigoureusement précise.
On ne peut pas prendre à la légère la production d'un document à l'Assemblée
nationale ou en commission, pas plus qu'un témoignage qu'on rend devant
celles-ci.»
En terminant,
je souhaite conclure en réitérant le souhait que... de notre groupe parlementaire
de participer aux travaux de la Commission de l'Assemblée nationale si
vous deviez conclure, à première vue, qu'il y a outrage au Parlement.
Et, sur ce,
ça conclut ma présentation. Et je vous remercie de votre attention, que je
constate d'ici, Mme la Présidente. Et je vous souhaite de bonnes
délibérations. Merci.
La
Présidente : Merci, M. le député de Matane-Matapédia. Alors, je
vous ai bien entendu. L'affaire est maintenant prise en délibéré.
Et je vous informe que demain... que demain,
lors des affaires inscrites par les députés de l'opposition, sera débattue la
motion inscrite par M. le député de Laurier-Dorion. Et cette motion se lit
comme suit :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse que la hausse du coût des loyers représente un fardeau
financier majeur pour de nombreux locataires québécois;
«Qu'elle prenne acte des hausses de loyer qui dépassent
largement les recommandations du Tribunal administratif du logement et
qui aggravent la précarité de nombreux ménages;
«Qu'enfin
elle demande au gouvernement du Québec d'intervenir immédiatement afin de
plafonner la hausse des loyers au taux d'inflation pour l'année en
cours.»
Affaires du jour
La période des affaires courantes étant
maintenant terminée, nous allons passer aux affaires du jour. Je cède la parole
à M. le leader adjoint du gouvernement.
Ajournement
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, Mme la Présidente. Et nos
affaires du jour, eh bien, elles vont être courtes. Je vous demanderais
de bien vouloir ajourner nos travaux à demain, 9 h 40, s'il vous
plaît.
La Présidente : Alors, cette motion
est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté.
En conséquence, nous ajournons nos travaux à
mercredi 19 mars 2025, à 9 h 40. Merci pour votre attention.
(Fin de la séance à 16 h 23)