(Neuf heures quarante minutes)
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Alors, bonjour, collègues. Prenez place. Nous
allons commencer nos travaux.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Et, pour
débuter, nous sommes à la rubrique Déclarations de députés, et je reconnais M.
le député de Saint-Jean.
Remercier les personnes ayant
porté assistance à leurs
concitoyens lors du dernier blizzard
M. Louis Lemieux
M. Lemieux : M. le Président,
blizzard oblige, en parcourant les manchettes des derniers jours, il y a de
quoi se réjouir de la solidarité qui a engendré l'entraide, de la résilience
qui nous a permis de bien réagir et d'avoir cette faculté de voir le bon côté
des choses.
Évidemment, optimiste de nature, j'avoue que mon
verre est pas mal toujours au moins à moitié plein, ce qui fait que je me désole, moi aussi, de voir la
déferlante de commentaires négatifs des gérants d'estrade des médias sociaux
au sujet du blizzard.
C'est pourquoi, aujourd'hui, je veux saluer et
remercier tous ceux et celles qui ont fait la différence chez nous, dans le
Haut-Richelieu, et partout au Québec, entre autres les infirmières et tout le
personnel hospitalier, les policiers et les autres services d'urgence, et nos
concitoyens qui ont porté assistance aux plus mal pris en leur donnant un coup
de main ou un coup de pelle.
D'ailleurs, en parlant de la neige, M. le
Président, je veux dire à tous les déneigeurs publics et privés : Merci,
et ne lâchez surtout pas! Merci, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le député de Saint-Jean. Et je reconnais
maintenant Mme la députée des Mille-Îles.
Souligner le
80e anniversaire du Courrier Laval
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour : Merci, M. le Président.
Je suis ravie de célébrer aujourd'hui un jalon important dans l'histoire de
notre communauté lavalloise, les 80 ans du Courrier Laval, un
journal local qui a su évoluer au fil des décennies pour devenir un acteur
incontournable de l'information dans notre région.
Je tiens également à souligner aujourd'hui le
travail exceptionnel du journaliste Stéphane St-Amour, qui fait partie de la
grande famille du Courrier Laval depuis juin 1983. Son dévouement, son
professionnalisme et sa passion pour
l'information ont marqué de nombreux lecteurs au fil des années. Le travail
remarquable de M. St-Amour a d'ailleurs été honoré récemment par la
société nationale des Québécois de Laval, qui l'ont nommé citoyen d'exception
2025.
Félicitations
au Courrier Laval pour ses 80 ans de service! Je vous souhaite un
avenir prospère et surtout que cette belle aventure médiatique se
poursuive encore longtemps. Félicitations!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée des Mille-Îles. Et je cède maintenant la parole à Mme la députée
de Bellechasse.
Souligner la participation de
jeunes innovateurs de la circonscription de
Bellechasse à la compétition World Robot Olympiad à Porto Rico
Mme Stéphanie Lachance
Mme
Lachance : Merci, M. le Président. Maxime Lemieux... Maxime
Lavoie, Olivier Lemieux et Nathan Saint-Hilaire
ont participé à la prestigieuse compétition World Robot Olympiad Open Regional
Championships à Porto Rico. Je les salue chaleureusement, dans nos
tribunes.
En somme, ils
ont conçu un projet à la fois novateur et humaniste, un robot destiné à la
distribution de médicaments aux personnes en situation de vulnérabilité.
Grâce à un système combinant des aimants et des capteurs, le bras du robot
saisit le bon médicament avec l'utilisation d'une carte de couleurs.
Cette initiative brillante illustre le
savoir-faire des jeunes d'ici. Leur participation en tant que seule équipe
canadienne dans la catégorie Future Innovators Junior est une véritable source
de fierté pour Bellechasse et Chaudière-Appalaches.
Puissent-ils
poursuivre cette voie prometteuse et inspirer d'autres jeunes à innover pour un
monde meilleur. Bravo encore à Maxime, Olivier et Nathan!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Bravo et félicitations à vous trois! Merci, Mme la
députée de Bellechasse. Et je reconnais maintenant M. le député de
Saint-Henri-Sainte-Anne.
Souligner
le travail du Collectif Ex-Placé DPJ et d'Exeko pour
faire connaître les droits de la jeunesse
M. Guillaume
Cliche-Rivard
M. Cliche-Rivard :
Merci, M. le Président. Je souhaite aujourd'hui souligner le travail du
Collectif Ex-Placé DPJ et d'Exeko, qui ont lancé, en décembre dernier, le
premier livre sur les droits de la jeunesse créé par et pour les jeunes. Ça
s'appelle Droit de cité.
Puisque,
pour défendre ses droits, il faut d'abord les connaître et les comprendre, Droit
de cité utilise différentes stratégies pour accrocher ses lecteurs,
témoignages, dialogues, articles de loi vulgarisés, le tout dans un objet
coloré rempli d'activités réflectives, un
véritable outil pour les jeunes actuellement dans les services jeunesse ainsi
que pour les professionnels qui travaillent auprès d'eux.
Devant le courage de
ces jeunes adultes qui ont puisé dans leur expérience personnelle afin de
pouvoir mieux protéger les droits du plus
grand nombre, je réitère l'importance de l'éducation aux droits et de la mise
en place de moyens nécessaires à leur respect plein et entier.
J'invite mes
collègues à se joindre à moi pour souligner cette initiative importante et à
contribuer activement à son rayonnement afin
de favoriser un plus grand respect des droits des enfants sur la responsabilité
de l'État québécois.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Saint-Henri-Saint-Anne. Et la parole revient maintenant
à Mme la députée de Saint-François.
Rendre
hommage à M. Daniel Harvey
Mme
Geneviève Hébert
Mme Hébert : M.
le Président, M. Daniel Harvey a gravi les échelons jusqu'à directeur des
opérations du Canadian Tire de l'est de Sherbrooke. Parallèlement à son
travail, son engagement dans le sport depuis plus de 30 ans lui a valu,
l'année dernière, le Prix du bénévolat en loisir et en sport Dollard-Morin.
Président
du Club de plein air biathlon Estrie de 1996 à 2015, il a formé des bénévoles,
organisé des courses et amélioré des
sites de compétition. Souvent chef de parcours, il a démontré une flexibilité
et une résilience peu communes en collaborant à de nombreux championnats
canadiens.
M. Harvey a
notamment supervisé l'entretien du parcours des Jeux olympiques de 2010 à
Vancouver. Il est arbitre qualifié par l'Union internationale de biathlon. Et,
comme chef de compétition, son leadership et son esprit d'équipe
impressionnent.
Par
ailleurs, il est officier pour le Cadre des instructeurs de cadets, où il a
occupé différentes fonctions depuis 1988.
Pour
conclure, M. le Président, M. Harvey est une référence de niveau national
en biathlon. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Saint-François. Au tour, maintenant, de M. le député
de Jacques-Cartier.
Dénoncer
les compressions budgétaires dans le réseau scolaire
M.
Gregory Kelley
M. Kelley : Les
coupures budgétaires de la CAQ ont commencé à faire mal au réseau de
l'éducation dans mon comté, M. le Président,
6 millions de dollars coupés dans le budget du centre de services scolaire
Marguerite-Bourgeoys. Pour un gouvernement qui se dit ils sont les grands
défenseurs de notre langue commune, c'est honteux, M. le Président. Les
conséquences sont graves pour nos enfants. Il n'y a pas des enseignants
qualifiés dans nos classes, il y a une réduction des services et des programmes
et un gel sur les projets d'infrastructure, comme les rénovations pour l'école
Allancroft.
2.5
million dollars cut from Lester B. Pearson budget. It's hurting our students.
Vital extra curricular activities, indigenous development programs, school
clubs are facing cuts. The hiring freezes at John Abbot College and across the Lester B. Pearson School Board, on top of
freezes to necessary infrastructure investments. This helps who, Mr. Speaker?
Today,
I am standing up for the students, teachers, support staff, parents,
grandparents, and all those who care about and value education in my riding. These
cuts are unacceptable.
En 2026, dehors avec
la CAQ! Dehors avec ce gouvernement qui n'est pas bon!
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Jacques-Cartier. Et la parole revient maintenant à M. le député
de Granby.
Souligner le 40e anniversaire de l'organisme Entr'elles
M.
François Bonnardel
M.
Bonnardel : M. le Président, à la fin de la dernière année,
l'organisme Entr'elles de Granby atteignait le cap des 40 ans d'existence.
Entr'elles
est un centre de femmes dont la mission consiste à informer et à aider toute
femme de la Haute-Yamaska à accroître le pouvoir sur sa vie et à exercer
une citoyenneté engagée. De plus, l'organisme offre aussi un service
d'hébergement de crise avec une approche alternative en santé mentale pour les
femmes de toute la région.
2024 aura été une année particulièrement remplie
pour eux en lançant, en mars, une clinique communautaire avec une infirmière
clinicienne, aussi une halte-chaleur, annoncée par le ministre responsable des
Services sociaux en octobre dernier, avec du financement pour permettre un
service accessible de 8 h 30 à 22 heures ainsi que les fins de
semaine. Ce service permettra aux femmes qui l'utilisent d'accéder à différents
services d'hygiène, et elles pourront aussi y manger et dormir. Et, pour conclure l'année, l'organisme a déménagé dans
un endroit plus grand pour leur permettre de mieux accomplir leur mission.
Je
tiens à remercier et à féliciter Mme Sophia Cotton et toute son équipe
pour le travail important que vous faites pour les femmes de notre
territoire. Votre présence apporte un impact positif tangible, et votre
accompagnement auprès de ces femmes vulnérables est grandement apprécié par
toute notre communauté. Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Granby. Au tour, maintenant, de
M. le député de Matane-Matapédia.
Soutenir
Uniboard Canada face à la hausse des tarifs américains
M. Pascal
Bérubé
M. Bérubé : M.
le Président, le groupe Uniboard est un grand fabricant de produits de bois
d'ingénierie et opère la plus importante usine de fabrication de panneaux de
particules en Amérique du Nord, dans la municipalité de Sayabec, dans la
Matapédia. Il s'agit du plus important employeur privé de ma circonscription,
avec 400 employés.
La menace des hausses
des tarifs américains imposés aux industriels crée des tensions commerciales,
mais également des insécurités face à la
pérennité des activités et du maintien des emplois pour tous les manufacturiers
au Québec. Par exemple, Uniboard
exporte environ 40 % de sa production, et les clients québécois et
canadiens de l'industrie du meuble exportent ensuite plus de 50 %
de leur volume aux États-Unis.
Je
témoigne ainsi mon soutien à Uniboard afin de solliciter le gouvernement du
Québec pour soutenir les besoins financiers de nos industriels
manufacturiers et soutenir le maintien de la main-d'oeuvre afin de permettre de
conserver leurs effectifs en attendant une reprise dans les marchés. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Matane-Matapédia. La parole
revient maintenant à Mme la députée des Chutes-de-la-Chaudière.
Souligner
la tenue de la troisième édition de l'événement Sculptures sur glace
Mme Martine
Biron
Mme Biron : Merci,
M. le Président. L'organisme Mon Quartier de Lévis tiendra du 21 au 23 février
la troisième édition de l'événement Sculptures sur glace. Ce sera une occasion
unique d'admirer les réalisations d'artistes professionnels, qui se produiront
devant 25 commerces situés dans les cinq quartiers patrimoniaux de la
ville. La population pourra également s'initier à cet art via la création
d'oeuvres citoyennes, le tout dans une ambiance festive, grâce à l'animation
des lieux par des organismes communautaires.
Désirant nous
impliquer encore davantage cette année, mon collègue le député de Lévis et moi
avons contribué à la création d'un rallye permettant aux participants de partir
à la recherche d'indices se trouvant dans les commerces afin de courir la
chance de remporter un prix.
L'invitation est donc
lancée à la population de Lévis, des Chutes-de-la-Chaudière et des environs de
prendre part à cet événement des plus rassembleurs. Merci.
• (9 h 50) •
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée. Je reconnais maintenant Mme la députée de Saint-Hyacinthe.
Rendre
hommage aux acéricultrices et aux acériculteurs
Mme Chantal
Soucy
Mme Soucy : Fin
février marque le temps du début des sucres, M. le Président. Aujourd'hui, je
salue le dévouement de nos acériculteurs et acéricultrices, dont le travail
dépasse la production de sirop d'érable. Ils perpétuent cette tradition
ancestrale avec passion et savoir-faire et incarnent notre connexion profonde
avec la nature.
Dans la MRC des Maskoutains, nous sommes fiers
d'abriter 140 entreprises acéricoles, dont 100 dans ma circonscription.
Ces producteurs dévoués contribuent de manière significative à notre économie
locale et à notre patrimoine culinaire en produisant
l'impressionnante quantité de 2 millions de livres de sirop d'érable
chaque année, en plus d'offrir une gamme diversifiée de produits dérivés.
M. le Président, c'est une industrie
emblématique de notre identité culturelle et gastronomique québécoise, et je
tiens à les remercier de la préserver. Merci, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la députée de Saint-Hyacinthe. Je
reconnais maintenant M. le député de Nicolet-Bécancourt.
Rendre hommage à Mme Lise
Laforce et à M. Mario Courchesne
M. Donald Martel
M. Martel : M. le Président, la
municipalité de Baie-du-Febvre possède une salle de spectacle de qualité exceptionnelle, qui fait la fierté de ses quelque
1 000 habitants. Lancée en 1949 sous le nom de salle paroissiale
Belcourt, cette salle s'est transformée au fil des ans pour devenir le
Théâtre Belcourt, sous l'impulsion d'un groupe de citoyens engagés, parmi
lesquels on trouvait Lise Laforce et Mario Courchesne. Grâce à eux, nous avons,
à Baie-du-Febvre, notre propre petite Place des Arts.
Je veux
rendre hommage à Lise et Mario et souligner toute l'énergie et toute la passion
qu'il leur a fallu investir pour faire de cette salle le succès qu'on lui
connaît aujourd'hui. Ils ont pu compter sur la collaboration étroite de la
municipalité de Baie-du-Febvre et de la MRC de Nicolet-Yamaska mais
aussi sur la générosité de nombreux et fidèles bénévoles.
Je remercie Mario Courchesne et Lise Laforce
ainsi que tous leurs collaborateurs pour cette belle réussite qui fait notre
fierté. Bravo, vous deux!
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Merci, M. le député de Nicolet-Bécancour. Je
reconnais maintenant M. le député de Borduas.
Souligner le
40e anniversaire du Centre périnatal Le Berceau
M. Simon Jolin-Barrette
M. Jolin-Barrette : Merci, M. le Président.
Aujourd'hui, j'aimerais profiter de ce temps de parole pour signer le
40e anniversaire du Centre périnatal Le Berceau.
Depuis 40 ans, cet organisme accompagne les
futurs et nouveaux parents dans leur parcours en mettant l'accent sur l'importance
de valoriser leur rôle et de favoriser la création de liens profonds avec leurs
bébés dès la grossesse.
Il est essentiel de souligner, M. le Président,
que Le Berceau offre un accompagnement personnalisé et une variété de services
visant à favoriser le développement optimal des enfants et des adultes qu'ils
deviendront. Ces services incluent des cours, des ateliers, des conférences,
des groupes de soutien, un service d'aide à domicile ainsi que la vente et la location de produits pour bébé.
Par ailleurs, plus d'une quarantaine d'activités centrées sur le mieux-être
des familles sont également offertes.
Je tiens à remercier les membres du conseil
d'administration, l'équipe de professionnels dévoués, les bénévoles ainsi que toutes les personnes qui se sont
impliquées et qui continuent de faire de ce lieu un acteur clé pour notre
communauté et un pilier incontournable pour les parents de notre région.
À toutes et à tous, un bon 40e, et surtout bonne
continuation. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Borduas. Alors, voilà qui met fin à la rubrique Déclarations
des députés. Je remercie chaque collègue pour votre déclaration.
Et nous allons suspendre les travaux quelques
instants.
(Suspension de la séance à 9 h 54)
(Reprise à 10 h 06)
La Présidente : Bonjour, tout le
monde. Bienvenue. Bienvenue au parlement du Québec.
Mmes, MM. les députés, nous allons nous
recueillir quelques instants.
Je vous remercie beaucoup. Veuillez vous asseoir.
Nous poursuivons les affaires courantes.
Aujourd'hui, il n'y a pas de déclarations
ministérielles.
Présentation de projets de loi
À la rubrique Présentation de projets de loi, M.
le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Bonjour,
Mme la Présidente. Je vous demande d'appeler l'article a du feuilleton, s'il
vous plaît.
Projet de loi n° 89
La
Présidente : À l'article a du feuilleton, M. le ministre du Travail
présente le projet de loi n° 89, Loi visant à considérer davantage les
besoins de la population en cas de grève ou de lock-out. M. le ministre.
M. Jean
Boulet
M. Boulet :
Oui. Merci, Mme la Présidente.
Ce projet de loi
modifie le Code du travail et d'autres dispositions afin principalement de
considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out.
Le
projet de loi introduit ainsi des dispositions visant le maintien de services
assurant le bien-être de la population, soit les services minimalement
requis pour éviter que ne soit affectée de manière disproportionnée la sécurité
sociale, économique ou environnementale de
la population, notamment celle des personnes en situation de vulnérabilité. À
cet égard, il confère au gouvernement le pouvoir de désigner, par
décret, une association accréditée et un employeur à l'égard desquels le Tribunal
administratif du travail peut déterminer si des services assurant le bien-être
de la population doivent être maintenus en cas de grève ou de lock-out. Il
octroie au tribunal le pouvoir d'ordonner le maintien de tels services, à la
demande de l'une des parties désignées par décret, et ce, pour la seule phase
des négociations en cours. Il exclut par ailleurs de l'application de ces
dispositions le secteur de la santé et celui de la fonction publique.
Le projet de loi
oblige l'association accréditée et l'employeur visés par une décision ordonnant
le maintien de services assurant le bien-être de la population en cas de grève
ou de lock-out à négocier de tels services dans les 15 jours suivant la notification de cette décision. Il confie au
tribunal notamment la fonction d'évaluer la suffisance des services
prévus par l'entente entre les parties ainsi que, à défaut d'entente ou s'il
juge ceux prévus par l'entente insuffisants, celle de déterminer les services à
maintenir et la façon de les maintenir.
Le
projet de loi précise que la grève ou le lock-out en cours se poursuit malgré
une décision du tribunal ordonnant le maintien de services assurant le
bien-être de la population, sauf si ce dernier juge que des circonstances
exceptionnelles justifient de suspendre l'exercice du droit de grève ou
de lock-out. Il modifie le nom de la division des services essentiels du
tribunal et lui attribue le mandat d'instruire les affaires concernant les
services assurant le bien-être de la population. Il comporte également des
dispositions pénales.
De plus, le projet de
loi permet au ministre du Travail, s'il estime qu'une grève ou un lock-out
cause ou menace de causer un préjudice grave ou irréparable à la population et
que l'intervention d'un conciliateur ou d'un médiateur s'est avérée
infructueuse, de déférer le tribunal... le différend, excusez-moi, à un
arbitre afin que ce dernier détermine les conditions de travail des salariés
visés par l'unité de négociation en grève ou en lock-out. Il prévoit qu'une
telle décision du ministre met fin à la grève ou au lock-out en cours et
établit la procédure d'arbitrage applicable. Il exclut de l'application de ce
pouvoir les secteurs public et parapublic.
Enfin, le projet de
loi harmonise certaines dispositions visant l'exercice du droit de grève dans
les services publics de manière à les rendre applicables à l'exercice du droit
de lock-out et prévoit que les affaires découlant du chapitre du Code du
travail concernant les services essentiels et du nouveau chapitre de ce code
concernant les services assurant le bien-être de la population sont instruites
et décidées de façon prioritaire par le tribunal.
Merci, Mme la
Présidente.
• (10 h 10) •
La
Présidente : Et je reconnais le leader de l'opposition officielle,
oui.
M. Derraji :
Merci, Mme la Présidente. C'est un important projet de loi, et, dans ce
sens, nous souhaitons la tenue de consultations particulières. Merci, Mme la
Présidente.
Mise
aux voix
La
Présidente : Alors, est-ce que l'Assemblée accepte d'être saisie de ce
projet de loi?
Des voix : Adopté.
La
Présidente : Adopté. Toujours à la rubrique Présentation de projets de
loi, M. le leader du deuxième groupe d'opposition.
M. Cliche-Rivard : Merci beaucoup, Mme la
Présidente. Je vous demanderais d'appeler l'article b du feuilleton.
Projet
de loi n° 895
La
Présidente : À l'article b du feuilleton, Mme la députée de
Mercier présente le projet de loi n° 895, Loi établissant un réseau
scolaire commun afin de garantir l'égalité des chances. Mme la députée.
Mme
Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Je suis très fière, aujourd'hui, de présenter le projet de loi
n° 895, Loi établissant un réseau scolaire commun afin de garantir
l'égalité des chances. Et je veux aussi profiter de la présence, dans les tribunes, parmi
nous, de M. Stéphane Vigneault et Anne-Marie Boucher, du mouvement citoyen
École ensemble, que j'ai consultés pour travailler sur ce projet de loi
là.
Ce projet de loi vise à ce que l'école
québécoise assure l'égalité des chances de ses élèves, et ce, peu importe leur
origine socioéconomique.
Le projet de
loi crée un réseau scolaire commun afin de rendre le système d'éducation du
Québec plus équitable.
Ainsi, le projet de loi modifie la Loi sur
l'instruction publique et la Loi sur l'enseignement privé afin de :
1° regrouper au sein d'un réseau scolaire commun
les écoles publiques de niveaux préscolaire, primaire et secondaire ainsi que
les écoles privées de ces niveaux qui le souhaiteront;
2° mettre fin au financement public des écoles
privées de niveaux préscolaire, primaire et secondaire afin... ayant choisi de
ne pas intégrer le réseau commun;
3° interdire tout processus de sélection des
élèves au sein du réseau commun;
4° prévoir les mêmes conditions de gratuité et
de financement au sein de l'ensemble des écoles de ce réseau;
5° prévoir des mesures de compensation visant à
réduire les inégalités entre les écoles.
Enfin, le projet de loi contient des
dispositions diverses, transitoires et finales. Merci.
Mise aux voix
La Présidente : Est-ce que l'Assemblée
accepte d'être saisie de ce projet de loi? Adopté? Adopté?
Des voix : Adopté.
La Présidente : Adopté.
Dépôt de documents
Alors, à la rubrique Dépôt de documents, M. le
ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
M. Lamontagne : Merci,
Mme la Présidente. Permettez-moi de déposer le rapport annuel d'activité de 2023‑2024 de l'Institut de technologie
agroalimentaire du Québec. Merci.
La Présidente : ...Mme la ministre
de l'Emploi.
Mme Champagne
Jourdain : Oui, Mme la Présidente, permettez-moi de déposer
le plan stratégique 2024-2029 de la Commission des partenaires du marché
du travail. Merci.
La Présidente : Ce document
est déposé. M. le leader du gouvernement.
M. Jolin-Barrette : Mme
la Présidente, je dépose la réponse à la question inscrite au feuilleton le 5 décembre
2024 par le député de Pontiac.
La Présidente : Ce document est
déposé.
Il n'y a pas de dépôt de rapports de commissions
ni de pétitions.
Il n'y a pas de réponses orales aux pétitions ni
d'interventions portant sur une violation de droit ou de privilège.
Questions et réponses orales
Nous en sommes maintenant rendus à la période de
questions et de réponses orales. Et, pour ce faire, je cède la parole, en
question principale, au chef de l'opposition officielle.
Accès aux soins de santé
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Mme la Présidente,
on vit présentement, dans le réseau de la santé, une grande confusion. On se demande c'est qui, le patron. Le
7 février, le ministre de la Santé a affirmé, je le cite : «C'est à Santé Québec de gérer et à nous de superviser.» Résultat, la CAQ ne s'occupe
pas de notre monde, des Québécoises et Québécois qui attendent des heures au
téléphone pour se faire dire : Bien, allez aux urgences.
Cas vécu, article, hier, de La Presse,
de Marie-Eve Cousineau. Mme Suzy Cardinal, 70 ans, de Montréal. Elle
est asthmatique. Il y a une dizaine de jours, elle avait une toux terrible, elle
était très épuisée. Impossible de voir son médecin de famille avant un mois.
Pour trouver un rendez-vous, elle appelle 8-1-1. Première tentative, Mme Cardinal
raconte : «Après une heure et demie
d'attente, une infirmière répond et me demande mes symptômes. Elle me
dit : "Il faut que vous
alliez à l'urgence". Mais je ne suis pas un cas d'urgence.» Elle rappelle
8-1-1. Après 1 h 30 min d'attente, la ligne est coupée. Troisième tentative, rappelle 8-1-1,
une heure d'attente, elle laisse ses coordonnées, une infirmière la rappelle, lui
donne un rendez-vous dans deux jours. Diagnostic : influenza, sinusite
sévère, des antibiotiques sont prescrits.
Au
total, elle a passé 12 heures au téléphone et sur Internet, ce qui fait
conclure à Mme Cardinal, je la cite : «Ce n'est pas tout le monde qui est acharné comme moi. D'autres auraient
abandonné, se seraient rendus aux urgences.» C'est ça, le réseau de
santé avec la CAQ.
Qui,
ce matin, le premier ministre va-t-il blâmer? Qui est responsable? Les
gestionnaires? Santé Québec? Assurément pas son ministre. Qui est
responsable?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Oui. Mme la Présidente,
j'invite le chef de l'opposition officielle à lire le projet de loi sur Santé Québec.
Il va voir, c'est bien défini, les rôles de chacun. Le ministre et le
ministère donnent les orientations, et Santé Québec s'occupe des
opérations quotidiennes.
Maintenant, Mme la
Présidente, dans le cas qui est mentionné, le chef de l'opposition officielle
l'a très bien dit, ce n'était pas un cas
qu'on considère urgent pour aller à l'urgence d'un hôpital. Malheureusement,
Mme la Présidente, on a un problème
de prise en charge en première ligne depuis toujours au Québec. 50 % des
patients qui se rendent à l'urgence pour engorger les hôpitaux auraient
dû être traités en première ligne dans un GMF.
Mme la Présidente,
depuis qu'on est au pouvoir, on a réussi à augmenter de 600 000 le nombre
de Québécois qui ont un médecin de famille ou un GMF, mais il reste encore,
malheureusement, beaucoup de Québécois qui n'ont pas accès à un GMF ou à un médecin de famille. On est en négociation
avec la FMOQ, donc avec le syndicat des médecins de famille, et il doit
y avoir une plus grande prise en charge. Il y a certains médecins de famille
qui ne prennent pas en charge assez de
patients. C'est quelque chose que Gaétan Barrette a essayé de régler, il n'a
pas réussi. Tous les gouvernements ont
essayé de régler avec la FMOQ. Nous, Mme la Présidente, on va persister puis on
va aller jusqu'au bout pour qu'on ait une première ligne forte. Tant
qu'on n'aura pas une première ligne forte, on ne pourra pas avoir un réseau
efficace.
La
Présidente : Première complémentaire.
M.
Marc Tanguay
M. Tanguay : Le premier ministre, lui,
il dit : Ce n'est pas un cas d'urgence, mais c'est ce que l'infirmière lui
a dit. Autre cas, Marc Chiandussi, 54 ans,
Longueuil, mercredi soir, avait de grosses crampes, il se tordait de douleur,
il a appelé le 8-1-1. Après 2 h 26 min d'attente, l'infirmière
lui a dit quoi? Allez aux urgences. Pas été. Son mal est parti après deux
Tylenol, deux Advil. Ce n'est pas
normal. À matin, 10 février... pardon, au 10 février, au 8-1-1, le
taux d'appels, d'abandon, 8-1-1, était de 46 %.
Qui est responsable,
le gestionnaire ou le superviseur?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault :
Bien, Mme la Présidente, je répète ce que j'ai dit. Puis ce n'est pas
d'hier qu'on parle de ce problème-là.
Rappelez-vous du rapport de Michel Clair, le rapport Clair, puis il y en a des
dizaines, de rapports au Canada. Ce n'est pas un problème qui est unique au
Québec.
Malheureusement,
les médecins de famille ne prennent pas assez en charge... certains médecins de
famille, je devrais dire, Mme la Présidente, parce qu'il y en a qui font
leur part pour prendre en charge, mais il y en a d'autres qui ne font pas leur
part. Gaétan Barrette a essayé de mettre en place un projet de loi où il y
aurait des pénalités. Malheureusement, Philippe
Couillard ne lui a pas laissé mettre en place les pénalités. Nous, on va aller
jusqu'au bout du processus.
• (10 h 20) •
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M.
Marc Tanguay
M. Tanguay :
Le bout achève parce qu'il est dans sa septième année puis il n'a rien
réglé. Donc, c'est la faute des médecins, c'est la faute des libéraux et de
Gaétan Barrette.
Pierre Côté, 70 ans,
au Lac-Saint-Jean, il n'a pas de médecin de famille, il voulait renouveler ses
médicaments, il n'y avait aucun rendez-vous disponible au GAP. Il a appelé le
8-1-1. Qu'est-ce que vous pensez qu'ils lui ont dit? Allez à l'urgence. M. Côté a dit : J'étais mal à l'aise de
prendre une place à l'urgence pour des renouvellements de médicaments.
Fin de la citation. Ce matin, 9 h 38, taux d'occupation, urgence :
134 %.
Qui est responsable,
les gestionnaires ou les superviseurs?
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François
Legault
M. Legault : Bon, le chef de l'opposition
officielle a écrit ses questions probablement à l'avance puis il n'écoute pas
mes réponses. On dit aux gens d'aller à l'urgence parce que, malheureusement,
il n'y a pas assez de prise en charge en première ligne.
Quand on parle de l'hôpital, on parle de la deuxième ligne, de la troisième
ligne. Le défi, au Québec, puis partout, à peu près, dans tous les réseaux de
la santé, c'est d'avoir une première ligne plus forte. Puis il n'y a pas de raison, au Québec, Mme la
Présidente, on a 10 000 médecins de famille... il n'y a pas de raison
qu'il y ait 2 millions de
Québécois sur 9 millions qui n'aient pas accès à un médecin de famille ou
à un GMF. On va se battre pour réussir cette négo.
La Présidente : Troisième
complémentaire.
M. Marc Tanguay
M. Tanguay : Qu'il
ne s'inquiète pas, je les écoute, ses réponses. Mais maintenant je veux qu'il
entende les cas. Je viens de faire
état de Mme Cardinal, M. Chiandussi, M. Côté. Je veux qu'il
entende le cas de Philippe Bougie, 65 ans, Mirabel, pas de médecin de
famille, il souffre de douleurs chroniques au dos. Jeudi dernier, il a appelé
le 8-1-1. La dame, l'infirmière a
dit : Vous avez besoin d'une consultation urgente. M. Bougie
raconte : «Je leur ai dit : Qu'est-ce que je fais? On m'a
répondu : Il faut reprendre le processus, parce qu'il n'y avait pas de
place. Rappelez le 8-1-1.»
Qui est responsable, dans leur septième année,
les gestionnaires ou les superviseurs?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui.
Oui, Mme la Présidente, le ministre de la Santé a mis en place le GAP, qui est
un système où on peut avoir accès à un médecin de famille. Il y a
50 000 rendez-vous par jour qui sont pris sur le GAP.
Malheureusement, ce n'est pas encore suffisant. Puis il faut avoir plus de
collaboration de la part du syndicat des médecins de famille pour convenir
d'une entente où tous les Québécois seraient pris en charge. Je comprends que
le chef de l'opposition officielle arrive
avec M. Côté, monsieur... je ne sais pas trop qui, Pierre, Marc. Ce qui
est important, Mme la Présidente, là...
Des voix : ...
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, ce qui est important, c'est qu'on s'occupe de chaque Québécois.
Des voix : ...
La Présidente : Silence, je vous
prie. En question principale, je reconnais le député de Pontiac.
Accès aux soins de
santé
M. André Fortin
M. Fortin : Oui. Mme la Présidente, avec les entrevues du ministre de
la Santé, en fin de semaine, puis les explications
du premier ministre, là, je pense qu'on doit un peu de clarté aux Québécois. Le
ministre nous a essentiellement dit : Quand on me rapporte une
situation qui ne fonctionne pas, bien, moi, j'appelle Santé Québec. Mme la
Présidente, nous, on comprend, là, qu'il
reste un an et demi au mandat, il reste un an et demi avant que le ministre de
la Santé quitte la vie politique, mais son bilan, il s'empire de jour en
jour, puis il ne peut pas prendre ce temps-là à jouer au député de l'opposition.
Là, ça va mal. Quand ça va mal dans le réseau de
la santé, quand les Québécois ne sont pas capables d'avoir les soins
nécessaires, le ministre appelle Santé Québec puis il leur demande qu'est-ce
qui se passe, puis, après ça, il relaie les lignes qui lui viennent des «top
guns». La réalité, Mme la Présidente, c'est que les gens n'ont pas voté pour Geneviève Biron, ils ont voté pour le gouvernement
de la CAQ, parce que tous les députés ici ont pris des engagements locaux
d'améliorer les soins de santé, mais là ils n'ont plus aucun pouvoir là-dessus.
Alors, qu'est-ce qui va se passer avec ces
engagements-là? Est-ce qu'ils vont simplement demander à Santé Québec
qu'est-ce qui se passe avec ça?
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Mme la Présidente, je
suis très content d'avoir cette question-là, parce que je vais rappeler au
député de Pontiac le projet de loi qu'on a fait ensemble, qui s'appelle le
projet de loi n° 15, il y a plus qu'un an maintenant. Premièrement, je
vais lui lire l'article 26 qui définit la mission de Santé Québec :
«De plus, Santé Québec a pour mission de
mettre en oeuvre les orientations, les cibles et les standards déterminés par
le ministre, notamment à l'égard de l'organisation et de la prestation
de services...»
Des voix : ...
M. Dubé :
Madame... Ce serait bon qu'il écoute, parce que peut-être qu'il ne s'en
rappelle pas.
Maintenant, Mme la
Présidente, il est clairement dit, dans la mission de Santé Québec, que le
ministre, ou les ministres, parce que j'ai
des collègues aussi aux Aînés puis aux Services sociaux, que, lorsqu'on pense
qu'une orientation, que des
objectifs, que des cibles ne sont pas rencontrés... qu'on a le droit
d'intervenir. On s'est gardé cette responsabilité-là, Mme la Présidente.
Alors, qu'est-ce qui
arrive? Si on apprend que... Puis surtout en période de transition, là. Santé
Québec, ça vient de commencer. S'il y a un
élément du GAP qu'on aime moins, s'il y a un élément des urgences qu'on aime
moins, dans les priorités qu'on a données en santé, c'est tout à fait
normal qu'on intervienne, Mme la Présidente.
La
Présidente : Première complémentaire.
M.
André Fortin
M. Fortin : Je
suis content que le ministre se souvienne de la mission de Santé Québec,
peut-être qu'il va pouvoir annuler le
contrat de 100 000 $ qu'ils ont
donné pour se trouver une mission. Mais là, en ce moment, Mme la Présidente,
là, il y a neuf urgences, au Québec, là, où
le taux d'occupation est à 200 % : Pontiac, Maniwaki, Verdun,
Lakeshore, LaSalle, le Royal Vic, Mont-Laurier, la Minganie, Sept-Îles.
Toutes à 200 % d'occupation. Puis la seule explication du ministre, à date, là, c'est de dire : Est-ce que c'est
de ma faute s'il y a plus d'influenza? Là, le monde, ils vont à l'urgence parce
qu'ils ne sont pas capables d'avoir une ligne au 8-1-1, pas capables
d'avoir de réponse.
Qu'est-ce que vous
allez faire, appeler Santé Québec?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M.
Christian Dubé
M. Dubé :
...Mme la Présidente, que le
député de Pontiac n'a pas écouté la réponse du premier ministre. Il n'y a pas juste
une raison pour laquelle les urgences sont bien occupées. On vient d'expliquer
clairement que les médecins de famille ne
prennent pas assez en charge. On a plus de 50 %, Mme la Présidente, des P4
et des P5 qui vont à l'urgence. C'est parce que la première ligne n'est
pas assez forte pour les prendre. J'ai expliqué combien de fois, Mme la
Présidente?
Puis là il y a des
médecins qui commencent à sortir pour dire : C'est vrai, le ministre a
raison, le vieillissement de la population,
c'est un gros facteur. Mme la Présidente, il y en a plusieurs, facteurs. On
travaille sur un ensemble de faits.
La négociation avec les médecins est un élément important, mais on va continuer
à faire le travail, Mme la Présidente.
La
Présidente : Deuxième complémentaire.
M.
André Fortin
M. Fortin : C'est vrai qu'il l'a dit souvent. Ça fait six ans et demi qu'il nous dit
la même affaire, avec zéro résultat. Là,
le maire de La Tuque, là, il est sorti sur la place publique, en fin de
semaine, pour nous dire que la fermeture du bloc opératoire, ça ne peut
plus durer, que c'est dangereux pour les patients. Les femmes atteintes à...
les femmes enceintes à La Tuque passent deux semaines, avant d'accoucher, à
l'hôtel à Shawinigan, juste au cas.
Est-ce que le
ministre va régler cette situation-là ou est-ce qu'il va simplement demander un
état de la situation à Santé Québec? Le ministre, là, c'est lui, ce n'est pas
Geneviève Biron.
La
Présidente : La réponse du ministre.
M.
Christian Dubé
M. Dubé :
Je pense qu'il faut faire, Mme la... Mme la Présidente, la différence
très claire, là. Je comprends le député de Pontiac de dire que le système ne
s'est pas amélioré, puis, les cas spécifiques dont il parle, j'ai beaucoup
d'empathie pour ça, le premier ministre aussi. Mme la Présidente, je veux juste
être clair, là, on fait le travail. Quand on
voit quelque chose qui n'est pas à notre goût, je l'ai dit, on a le droit
d'intervenir. J'ai intervenu plusieurs fois, je l'ai dit, en période de
transition. Ça s'applique à La Tuque, ça s'applique à tous les endroits au
Québec où on a des enjeux.
Mme
la Présidente, de dire que le système ne s'est pas amélioré, quand je regarde
chacune des urgences, chacun de nos établissements, malgré l'augmentation de la
population, malgré le vieillissement, on s'est améliorés, les statistiques le
prouvent.
La
Présidente : En question principale, je reconnais maintenant la
députée de La Pinière.
Financement des CHSLD privés conventionnés
Mme Linda
Caron
Mme Caron :
Mme la Présidente, on apprend que 1 200 lits sont à risque de
fermer dans les CHSLD privés conventionnés, faute de financement adéquat.
Concrètement, ça veut dire 1 200 personnes aînées très vulnérables
qui sont déjà hébergées en CHSLD qui pourraient perdre leur milieu de vie.
Est-ce
que la CAQ est consciente que ces 1 200 places sous-financées sont en
péril? Ce sont 1 200 aînés qui risquent de s'ajouter aux 3 500
qui sont déjà sur la liste... 3 300 qui sont déjà sur la liste d'attente.
Où ces personnes aînées vulnérables vont-elles aller? Aux urgences? Ça va être
le seul recours. À l'hôpital? Ça va être la dernière place.
Est-ce que la CAQ va
se ressaisir et accorder un financement adéquat aux CHSLD privés conventionnés
pour nos aînés?
La
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M.
Christian Dubé
M. Dubé :
Premièrement, je veux mentionner,
en l'absence de ma collègue ici, aujourd'hui, que le travail... le travail
qu'elle fait...
Des voix : ...
La
Présidente : Poursuivez, M. le ministre.
M. Dubé :
Mme la Présidente, le travail que ma collègue fait au niveau des aînés,
puis particulièrement dans les CHSLD, est exceptionnel. On a eu un programme
qu'on a mis, avec les derniers budgets, de conventionner un certain nombre de
CHSLD. On est en train de le faire. À chaque fois qu'on a un nouveau PQI, on
augmente le nombre de CHSLD qui sont des CHSLD privés qu'on veut qu'ils
deviennent des CHSLD publics, pour avoir les meilleures conventions de travail et de s'assurer de la qualité des soins. Ma
collègue a poussé plusieurs dossiers de conventionnement de CHSLD, on va
continuer à le faire.
Mme la Présidente, on
a un objectif, dans nos CHSLD, c'est de s'occuper de la qualité des soins, et
ma collègue travaille là-dessus. Alors, je pense qu'avec les budgets qu'on va
avoir, avec le PQI qui va être mis en place, on va être capables de continuer à
réparer nos CHSLD, à les moderniser, mais aussi à conventionner ceux qu'on peut
faire.
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Linda
Caron
Mme Caron :
Mme la Présidente, ça fait 65 ans que le modèle des CHSLD privés
conventionnés existe. Un gestionnaire me dit qu'en 35 ans de carrière
c'est la première fois qu'il voit des CHSLD privés conventionnés déficitaires
et qui risquent de fermer. 1 200 aînés, là, qui risquent de perdre leur
place puis n'ont nulle part d'autre à aller,
sauf l'hôpital. Avec 3 300 déjà sur la liste d'attente, comme je disais
tantôt, on risque de voir 4 500 aînés sans place.
Est-ce qu'on va
trouver des solutions?
• (10 h 30) •
La
Présidente : La réponse du ministre de la Santé.
M.
Christian Dubé
M. Dubé :
Je trouve ça intéressant, parce que j'ai eu cette discussion-là avec ma
collègue lorsqu'on préparait nos demandes au ministère des Finances puis au
PQI. Savez-vous qui a mis un moratoire, qui a mis un moratoire sur le conventionnement des privés consolidés? C'est
les gens de l'autre bord. C'est drôle, hein? Peut-être que ce n'est pas drôle, mais je vous le dis, Mme la Présidente, on
est le premier gouvernement à avoir renversé cette situation-là, et de
dire : S'il y a des CHSLD privés qui ne répondent pas aux besoins et à la
qualité des services, on va le faire. Ce gouvernement-là précédent, les libéraux, avait mis un moratoire
pendant 30 ans. Pendant 30 ans, il y a eu un moratoire sur le
conventionnement des CHSLD. Je pense qu'on est très corrects, de ce
côté-ci de la Chambre.
La
Présidente : En question... Oh! Deuxième complémentaire, madame,
allez-y.
Mme Linda
Caron
Mme Caron :
Le PQI, c'est pour en construire de nouveaux. On parle du financement pour
le fonctionnement des CHSLD privés conventionnés, y compris des nouveaux, qui
ont été conventionnés par la ministre et qui sont déficitaires, y compris des OBNL qui sont déficitaires. Alors là, il
faut s'ouvrir les yeux, il faut voir c'est quoi, la situation. Puis, au
prochain budget, j'espère que l'argent va être là, parce que c'est
1 200 aînés qui risquent de perdre leurs places.
Où allons-nous les
mettre?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M.
Christian Dubé
M. Dubé :
Je pense que je n'ai pas le droit
de dire qu'ils essaient de faire peur aux aînés. Je n'ai pas le droit de
dire ça, hein?O.K., correct.
La Présidente : Ne
faites pas indirectement ce que vous ne pouvez pas faire directement. Vous le
savez.
Des voix : ...
La Présidente : Et, M. le leader de
l'opposition, vous alliez dire la même chose. On vient de remettre... Oui.
Des voix : ...
La Présidente : Alors,
retirez. Vous retirez? Dites que vous retirez et poursuivez.
M. Dubé : ...c'est ce que j'ai
dit.Mme la Présidente, notre premier ministre est très clair, on a
augmenté nos budgets, en santé, de 20 milliards sur les six dernières
années. On a augmenté le PQI de 100 milliards à 153 milliards sur six
ans. On continue à faire nos investissements dans des maisons des aînés, à
rénover nos CHSLD, à mettre plus d'argent dans les privés conventionnés, ce que
le gouvernement précédent n'a jamais fait, avec le moratoire dont j'ai parlé
tout à l'heure. Mme la Présidente, pour nos aînés, là, on n'a rien à se
reprocher, particulièrement du gouvernement d'avant. Voilà.
Des voix : ...
La
Présidente : Une seule personne a le droit de parole ici, je la
reconnais, il s'agit de la députée de Mercier. On vous écoute.
Financement des écoles
à vocation religieuse
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Merci, Mme la
Présidente. Ce que je dépose, ce matin, ce n'est pas juste un projet de loi,
c'est un projet de société. C'est à l'école publique québécoise que je suis
devenue québécoise et que je me suis intégrée à notre culture commune. C'est à
l'école publique que j'ai fréquenté des Poirier, des Nguyen et des Abdelgawad.
C'est à l'école publique que les enfants se retrouvent ensemble, peu importe
qui sont leurs parents, peu importe leur salaire, peu importe leur statut
social, peu importent leurs origines, leur religion, peu importe la langue
qu'ils parlent à la maison. Mais cette école-là, malheureusement, est en train
de disparaître, est en train de s'effriter petit à petit. Et que fait le
premier ministre du Québec? Il défend un système d'éducation brisé qui divise
les enfants. Il est rendu le premier ministre du statu quo en éducation.
Nous, à Québec solidaire, on a entendu la
population, qui veut du changement. Alors, j'ai une proposition pour le premier
ministre. Allons-y étape par étape.
Chaque année, la CAQ envoie un gros chèque de
près de 200 millions de dollars à des écoles privées religieuses qui
enseignent aux enfants à prier. Est-ce que le premier ministre est d'accord
avec la grande majorité des Québécois et Québécoises qui veulent arrêter de
payer pour enseigner aux élèves à prier à l'école?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui, Mme la
Présidente, j'invite la cheffe du deuxième groupe d'opposition à aller voir les
études PISA, P-I-S-A. Ce sont des tests internationaux qui sont faits dans tous
les pays en lecture, en mathématiques et en sciences. Et non seulement le
Québec est parmi les meilleurs, mais, dans ces tests, on a une nouvelle section
où on compare les résultats des 20 % d'élèves les plus riches avec les
20 % d'élèves qui viennent de familles les plus pauvres, et, Mme la
Présidente, c'est au Québec, c'est au Québec qu'on a l'écart le plus petit. Mme
la Présidente, selon le dernier résultat, aux États-Unis, il y a un écart de
260 points, en Suède, 256, au Canada, 244, en Finlande, 242, au Danemark,
230, et, au Québec, seulement 225. On est les meilleurs. On a le meilleur
système où il y a le moins de différence entre les enfants qui viennent de
milieux riches et les enfants qui viennent de milieux pauvres.
Donc, Mme la Présidente, je comprends que Québec
solidaire aime ça dire que tout va mal, mais on est parmi les meilleurs au
monde. Est-ce qu'elle peut le reconnaître? Est-ce qu'elle peut aller voir les
tests PISA, au lieu d'arriver avec des propositions où elle ferme toutes les
écoles privées puis elle se prive du financement des parents qui viennent...
des enfants qui viennent dans ces écoles-là? Ça ne tient pas debout. Ça nous
coûterait plus cher de ne plus avoir d'écoles privées. Et on a les meilleurs
résultats au monde.
La Présidente : Première
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : Il y a tellement
de choses que le premier ministre... qu'il a dites qui sont inexactes, je n'ai
pas le temps, en 30 secondes, de les expliquer.
Des voix : ...
La
Présidente : Attendez. Selon le règlement, article 32,
vous gardez le silence, vous écoutez la réponse, tout comme la... vous
écoutez la question, tout comme la réponse. Nous l'avons écoutée. Maintenant,
j'écoute la... (panne de son) ...vous avez 22 secondes.
Mme Ghazal : Le
premier ministre se trompe. Je l'invite à lire le projet de loi. Et je l'invite
aussi à lire le plan pour un réseau commun, qui défait ce qu'il dit, et
je veux aussi déposer ce document.
Il n'a pas répondu à ma question. Hier, on a
fait voter une motion pour dénoncer toute influence religieuse à l'école publique. Je vais lui parler d'une
influence religieuse commanditée par lui : on donne 200 millions de
dollars pour faire prier les enfants à l'école.
La Présidente : Consentement pour le
dépôt du document? Consentement pour le dépôt?
Une voix : ...
La Présidente : Pas de consentement
pour le dépôt du document.
Des voix : ...
La Présidente :
Article 32. On garde le silence. Et la réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la Présidente,
j'invite la cheffe du deuxième groupe d'opposition à aller voir les études qui
ont été faites par les Prs Catherine Haeck, Pierre Lefebvre,
Philip Merrigan, de l'UQAM. Ils sont très clairs, c'est au Québec qu'il y
a le moins d'écart entre les enfants qui viennent de milieux pauvres et les
enfants qui viennent de milieux riches. On est les meilleurs au monde. Et
qu'est-ce que veut faire la cheffe du deuxième groupe d'opposition? Fermer les
écoles privées.
Nous, on veut travailler à améliorer les écoles
publiques, pas à fermer ce qui fonctionne bien.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
Mme Ruba Ghazal
Mme Ghazal : On ne veut pas
rien fermer. J'aimerais ça que le premier ministre réponde à ma question. En ce
moment, on finance à près de 200 millions de dollars de l'argent des
Québécois pour des écoles comme Loyola où est-ce qu'on fait des messes, on célèbre
des messes, des... faire des prières.
Est-ce que
c'est normal, ça, dans une société laïque? Est-ce que le premier ministre est
d'accord avec ça? Est-ce qu'il est fier qu'on enseigne, avec de l'argent
public, dans des écoles privées... qu'on enseigne aux enfants à prier?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Oui.
Mme la Présidente, bon, d'abord, là, difficile à suivre Québec solidaire, qui a
voté contre la Loi sur la laïcité, maintenant vient nous parler de
laïcité, surtout venant de la cheffe, en plus, de Québec solidaire.
Mme la Présidente, 60 % du financement
vient du gouvernement, 40 % vient des parents. Est-ce que la cheffe de
Québec solidaire pourrait nous dire qui paierait pour le 40 % qui vient
des parents avec l'abolition des écoles privées comme elle le propose?
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député de Rosemont.
Maintien
des services d'urgence au Centre multiservices
de santé et de services sociaux de Fortierville
M. Vincent Marissal
M. Marissal : Merci, Mme la
Présidente. Je veux d'abord saluer la mairesse de Fortierville, Mme Julie
Pressé, qui est avec nous aujourd'hui, et le
préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais. Ils ne sont pas ici en
touristes, ils sont ici parce qu'ils sont mobilisés pour sauver
l'urgence de Fortierville, qu'on a d'ailleurs protégée ici par une motion le
7 novembre dernier.
Si on ferme
Fortierville, les services de santé les plus proches sont à 100 kilomètres.
100 kilomètres. Les citoyens de Rivière-Rouge sont devant les
tribunaux pour sauver leur urgence, Mont-Joli réduit ses ouvertures de fin de
semaine, puis il y a aussi Trois-Pistoles qui s'est
mobilisée toute la fin de semaine et qui va continuer de se mobiliser. En
pleine tempête hivernale, avez-vous déjà essayé ou imaginé de conduire 60, 80
ou 100 kilomètres avec des enfants parce que l'urgence de votre patelin
est fermée?
Est-ce que le
ministre peut dire à la mairesse et... au préfet de Bécancour et à la mairesse
de Fortierville que ce qu'ils subissent, c'est ce qu'il appelle les
compressions minimales qu'il a demandées à Santé Québec?
• (10 h 40) •
La Présidente : La réponse du
ministre de la Santé.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Bien, je vais...Mme
la Présidente, je vais en profiter aussi pour saluer mon collègue le député de
Bécancour, parce que je pense qu'il fait un excellent travail pour défendre ce
dossier-là. Et, ce dossier-là, comme je l'ai expliqué souvent, j'ai fait la
même mise au point la semaine dernière avec le député de Pontiac ou d'autres
dossiers qui nous sont amenés, je pense que malheureusement... ou heureusement,
ils sont amenés à un moment où on nous dit que la décision est prise soit de
fermeture, alors que ce n'est pas le cas. Ici, c'est exactement la même chose.
On a demandé à nos différents P.D.G., et c'est ça, le rôle de Santé Québec,
c'est de regarder comment on peut se rapprocher le plus de l'équilibre budgétaire dans des endroits où c'est plus
difficile et de s'assurer qu'on minimise l'impact sur les services. J'ai
été très clair, Mme la Présidente, c'est ça que les Québécois nous demandent,
c'est de trouver l'équilibre entre la
capacité de payer des Québécois et de maintenir des services de haute qualité.
Ici, c'est exactement ce qu'on fait, à Bécancour, c'est aussi ce qu'on
va faire pour l'urgence de Fortierville. On va être capables de regarder, avec
les gens de Santé Québec, quelle est la meilleure solution pour continuer
d'offrir des services de qualité. Merci.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Vincent Marissal
M. Marissal : Encore une fois,
Santé Québec. La poudre de perlimpinpin. Le ministre est obligé d'appeler Santé Québec, Santé Québec appelle les CISSS et
les CIUSSS, qui vont prendre des informations, qui reviennent, après ça, au cabinet. Je ne sais pas quel genre
d'efficacité on a gagné là-dedans, mais, moi, ça m'a l'air plus kafkaïen
qu'avant. Puis, pendant ce temps-là, le ministre, lui, dit : Bien,
c'est Santé Québec qui a les réponses, ce n'est pas moi.
Alors, est-ce
qu'il peut dire à la mairesse de Fortierville qu'elle est, elle et sa
population, victime des compressions minimales sur les soins qu'il a ordonnés
à Santé Québec? Parce que c'est lui qui a ordonné ça.
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Mme la Présidente, je
ne sais pas, moi, en tout cas, je pense qu'il y a quelque chose qui est mal compris, là, puis peut-être que l'opposition... je
ne leur prêterai pas de mauvaises intentions, qu'ils ne veulent pas comprendre,
mais le rôle de Santé Québec, c'est
un rôle de coordination et de s'assurer, Mme la Présidente, que les meilleures
pratiques sont faites partout. Comment ça se fait que, dans certaines
situations, dans des endroits où il y a moins de personnes, où on a plus de difficultés... qu'il y a des
P.D.G. qui réussissent à trouver des solutions puis qu'il y en a d'autres qui
ont peut-être plus de difficultés? On
a expliqué que le rôle de Santé Québec, c'était d'accompagner les différents
P.D.G., leurs différentes équipes pour trouver des solutions. Mme la
Présidente, c'est ça, le rôle de Santé Québec, puis c'est ça qu'on va continuer
à faire.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Vincent Marissal
M. Marissal : Toujours pas de
réponse. Ce serait le fun d'en avoir une, juste une, pendant la session. À moins
qu'il faut encore attendre un communiqué de Santé Québec vendredi à 4 h 15,
là. Mais le problème, c'est que Santé Québec n'est pas élu par la population, c'est
le ministre qui est élu. Nous sommes élus, nous sommes redevables et imputables
devant la population. C'est vrai pour le ministre de la Santé aussi.
Alors, je
repose ma question, là, qui est supersimple. Il y a des gens qui attendent des
réponses, la mairesse et sa population, Trois-Pistoles aussi attend des
réponses. Est-ce qu'ils entrent dans la catégorie des soins minimaux coupés
acceptables par Santé Québec?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Christian Dubé
M. Dubé : Mme la Présidente,
j'ai déjà répondu. Dans l'ancien gouvernement libéral, ce qu'on faisait, quand il y avait une période d'austérité, on coupait
puis on disait : Ça prend 10 %, 15 % de coupures. Qu'est-ce
qu'on demande à nos gestionnaires, au contraire,
nous, c'est de faire preuve de jugement puis d'arriver... avant de prendre une
décision, de regarder les autres
possibilités. C'est exactement ce que nos P.D.G. font, en discussion avec les
gens de Santé Québec, pour être capables de trouver des solutions.
Est-ce que c'est fermé à Fortierville? La
réponse, c'est non. Est-ce que c'est fermé à Trois-Pistoles? La réponse, c'est non. On a posé des questions, et c'est notre
rôle. Je le répète, ça a été défini dans la loi quand on a fait p.l. n° 15, c'est maintenant un article
important, l'article 26, qui donne au ministre le droit d'intervenir s'il
n'est pas satisfait des orientations. Voilà.
La Présidente : En question
principale, je reconnais maintenant le député d'Hochelaga-Maisonneuve.
Projet
de loi visant à considérer davantage les besoins de
la population en cas de grève ou de lock-out
M. Alexandre Leduc
M. Leduc : Dans le milieu du
travail, on s'entend généralement pour dire que notre Code du travail
représente un point d'équilibre fragile qui assure au Québec une certaine paix
industrielle. Avec le projet de loi qu'il vient de déposer, le ministre du
Travail porte une attaque frontale aux droits des travailleurs et vient rompre
ce fragile équilibre. Il vient singer le
gouvernement Trudeau, qui a décidé de ne pas respecter le droit d'association
protégé par la charte des droits. Que la CAQ singe Trudeau, il faut le
faire, Mme la Présidente!
Pourtant, il n'y a même pas six ans, le ministre
a fait adopter son projet de loi, le projet de loi n° 33, sur les services
essentiels. Il déclarait ceci : «Avec le projet de loi n° 33, nous
assurons l'équilibre entre le droit de grève des salariés ainsi que la protection de la santé et de la sécurité de tous
les citoyens du Québec.» Eh bien, le débat des services essentiels, il
avait l'air pas mal réglé, en 2019. C'est le ministre du Travail lui-même qui
l'avait réglé, ce débat-là.
Qu'est-ce qui a tellement changé depuis 2009
pour que le ministre se renie de manière aussi flagrante? Pourquoi vient-il
aujourd'hui rompre cet équilibre en attaquant le droit des travailleurs et
travailleuses du Québec?
La Présidente : La réponse du
ministre du Travail.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Merci, Mme la
Présidente. En fait, les droits des travailleurs reconnus dans le Code du
travail puis dans la Charte des droits et libertés de la personne sont
totalement respectés. Ce que ce projet de loi là fait, c'est de protéger
davantage les besoins de la population, notamment les personnes en situation de
vulnérabilité, pendant une grève ou un lock-out. Tout ce que nous cherchons à
faire, c'est de maintenir un équilibre entre l'exercice du droit de grève et
les répercussions extrêmement dommageables pour la population. Une grève, c'est
un moyen de pression sur un employeur, mais ça ne peut pas servir à prendre la
population en otage.
Alors,
j'invite mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve à bien lire le projet de loi, et
il va réaliser que ce n'est pas la
même chose que le Code canadien du travail. Il y a des balises, il y a des
concepts, et c'est tout à fait équilibré. Merci, Mme la Présidente.
La Présidente : Première
complémentaire.
M. Alexandre Leduc
M. Leduc : Toujours
dans le cadre du projet de loi n° 33, 2019, le ministre déclarait :
«Les modifications proposées visent d'abord à assurer la santé et la
sécurité publique tout en respectant le droit de grève des salariés, maintenant
constitutionnalisé par l'arrêt Saskatchewan de la Cour suprême depuis 2015.»
Le ministre est-il en train de nous proposer
l'adoption de modifications législatives qu'il sait pertinemment être contraires aux chartes et à la jurisprudence?
Le ministre, c'est un avocat de profession, Mme la Présidente, il sait que son
projet de loi va se faire démolir juridiquement. Pourquoi il démontre aussi peu
de respect pour les tribunaux et pour les travailleurs du Québec?
La Présidente : La réponse du
ministre.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Merci, Mme la Présidente.
C'est les Québécois et Québécoises que nous voulons d'abord et avant tout
respecter. Les syndicats ont un mandat, les syndiqués exercent des droits que
nous respectons, qui sont totalement légitimes, mais on ne peut pas tolérer...
Tout le monde a son exemple de conflits de travail, au Québec, qui ont eu des
dommages importants. Je le répète, la décision de la Cour suprême en 2015 à
Saskatchewan, on connaît les critères, et lisez bien ce qui est dans le projet
de loi pour vous assurer que ce sera appliqué de manière équilibrée. Merci.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Alexandre Leduc
M. Leduc : Je ne comprends pas
d'où ça sort, Mme la Présidente. Je ne comprends pas l'urgence. C'est-tu préventif contre la grève des CPE qui s'en vient
dans une couple de semaines? C'est-tu une vengeance contre la grève des profs,
la grève héroïque de l'an dernier? Il n'y en aurait plus, de profs, dans les
écoles, sans cette grève-là.
Des voix : ...
La Présidente : Bon, messieurs
dames, je suis debout. Je vous rappelle l'article 32, le décorum. Je vous
invite à être prudents, parce qu'ici il y a
une intention malicieuse, et on ne peut pas prêter d'intention malicieuse à ses
collègues. Nous allons poursuivre mais dans le respect, je vous prie. Il
vous reste 12 secondes.
M. Leduc : Il n'y en aurait
plus, de profs, dans les écoles, sans cette grève héroïque là, Mme la
Présidente.
Des voix : ...
La Présidente : S'il vous
plaît!
M. Leduc : Si vous n'en voulez pas, de grève, négociez comme
du monde, faites des offres, assoyez-vous à table, à la place de vous
attaquer aux droits des travailleurs et travailleuses.
Des voix : ...
La
Présidente : Bon, je suis debout. À nouveau, je vous rappelle
notre règlement, le décorum. Vous gardez le silence. Demeurez
respectueux. Attention à vos propos. Je veux entendre la réponse du ministre.
M. Jean Boulet
M. Boulet : Oui, merci, Mme la
Présidente. Encore une fois, je vais le redire, on ne s'attaque pas aux droits
des travailleurs, on veille à la protection de la population. Il y a eu des
conflits de travail. J'inviterais mon collègue d'Hochelaga-Maisonneuve à
discuter avec des familles qui ont des enfants à besoins particuliers. J'inviterais
mon collègue à discuter avec des familles
endeuillées. J'inviterais mon collègue à discuter avec des personnes qui ne
peuvent pas se rendre à l'hôpital,
qui sont à faibles revenus et qui ont des problématiques de transport. Il y a
beaucoup d'exemples, Mme la Présidente. On s'intéresse à la protection
des...
• (10 h 50) •
La Présidente : En question
principale...
Des voix : ...
La Présidente : Vous connaissez le
règlement. Pas de commentaire après la réponse.
En question principale, je reconnais maintenant
le député de Jean-Talon. On vous écoute, monsieur.
Négociations commerciales avec les États-Unis
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Hier,
ici, en Chambre, le premier ministre a rajouté une couche de moutarde. Alors
que Donald Trump est au sommet de sa force et que le Québes est
en... le Canada est en position de faiblesse, il insiste pour tout mettre sur
la table et faire beaucoup de compromis dans les négociations avec
l'administration américaine, et, en plus, je
le cite, hier : On va mettre une taxe à l'exportation sur l'aluminium pour
lui faire payer le prix de sa mauvaise décision concernant l'aluminium.
Comble d'ironie, l'industrie qu'il prétend protéger comme ça dit que ça va lui
faire encore plus mal.
J'ai posé la question, la semaine passée, à la
ministre. Je la réitère, la question, parce que les Québécois veulent le
savoir. Au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
en Côte-Nord, la Mauricie, le Centre-du-Québec, la région de Montréal, les gens
qui vivent du bois, de l'aéronautique, de l'aluminium veulent savoir comment la
ministre compte protéger ces secteurs-là alors que le premier ministre les a
mis en position de faiblesse.
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme
la Présidente, je remarque le grand courage du chef du troisième groupe
d'opposition. Le PQ, ce qu'il nous dit, c'est : Il faut se laisser
intimider par Donald Trump, il faut se laisser intimider, il ne faut pas faire
valoir nos atouts. M. Trump nous dit : Je n'ai pas besoin de votre
bois, je n'ai pas besoin de votre aluminium, je n'ai pas besoin de vos minéraux critiques, et qu'est-ce
que fait le PQ? Il dit : Bien oui, effectivement, M. Trump a raison,
hein? Le chef du troisième groupe d'opposition, il défend M. Trump.
Nous, on va défendre les travailleurs québécois.
Il n'y a pas un emploi qu'on va laisser partir. On va se tenir debout devant M. Trump puis on va négocier
une entente globale, avec des pénalités, s'il faut, pour être certains que ce
soit respecté. On ne pliera pas comme le Parti québécois. On n'ira pas dire à
M. Trump : Vous avez raison, voici notre aluminium pas cher, voici notre bois pas cher, voici nos minéraux
critiques pas chers. On va se tenir debout, contrairement au Parti
québécois.
Des voix : ...
La Présidente : Article 32.
Gardez le silence. Première complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Je
note que la ministre ne se lève toujours pas en réponse à mes questions. Mais
là c'est incroyable, ce qu'on vient d'entendre...
Des voix : ...
La Présidente : Alors, un petit
rappel, ici, au règlement. M. le leader du gouvernement, brièvement. Quel est
votre rappel?
M. Jolin-Barrette : ...en vertu
de notre règlement, n'importe quel membre du Conseil des ministres peut
répondre, ainsi que les adjoints. Et là le député de Jean-Talon avait le
plaisir d'échanger avec le premier ministre. Qu'est-ce qu'il veut de plus?
La Présidente : Je... M. le député
de Matane-Matapédia, quel est votre rappel au règlement? Je vous reconnais,
mais quel est-il?
M. Bérubé : Vous
allez l'entendre à l'instant, Mme la Présidente. On peut poser des questions à
qui on veut en cette Chambre, alors
ils n'ont pas à commenter ça. Alors, si la ministre veut répondre, d'aventure, qu'elle
a l'autorisation du premier ministre, ça va nous faire plaisir.
La Présidente : Et, cela dit, et
vous l'avez dit vous-même, on n'a pas à commenter ça. Ce qu'a dit le leader du
gouvernement est exact. Le gouvernement répond...
Des voix : ...
La
Présidente : Le
gouvernement répond par l'élu de son choix, et vous le savez. J'aimerais que
nous écoutions la suite. M. le député.
M. Paradis : Alors, la ministre
ne répond pas à mes questions, mais, le premier ministre, je vais saisir le
plaisir, parce que, là, il nous dit :
Moi, je me tiens debout, je me tiens debout. Alors, la semaine passée on le disait,
les cartes bien ouvertes pour tout le monde aux États-Unis, mais là, en plus,
il prend ses cartes, puis là il les donne : Tiens, l'aluminium, je te le
donne. Tiens, le bois, je te le donne. Tiens, l'aéronautique, je te le donne.
Il ne reste plus rien. C'est ça, se tenir debout pour le Québec? Vraiment?
Pourquoi le premier ministre n'admet pas qu'il s'est trompé avec cette offre-là
irréfléchie?
La Présidente : La réponse du
premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la Présidente,
contrairement au chef du PQ, nous, on est conscients que le Québec a des atouts extraordinaires. On a des ressources
naturelles que voudrait M. Trump, on ne va pas lui donner. On a des
minéraux critiques, on a de
l'expertise, Mme la Présidente, en aéronautique, on a du bois, on a de
l'électricité pour fabriquer, entre autres, de l'aluminium, ce que les
États-Unis n'ont pas.
Donc, oui, on ne va exclure rien pour leur faire
payer, parce que ce n'est pas vrai qu'ils peuvent nous remplacer. Nous, on va
se tenir debout, on ne va pas rester assis comme le chef du PQ.
La Présidente : Deuxième
complémentaire.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : Commencer une
négociation en disant : Je vais faire beaucoup de compromis, on n'a pas
entendu parler des gros gains encore, mais
surtout ne pas se souvenir que la dernière fois, avec le même Donald Trump... Savez-vous
ça a pris
combien de temps renégocier l'accord de libre-échange? Trois ans et demi pour
qu'il soit en vigueur, avec, pendant ce temps-là, une guerre tarifaire du même
président Trump, qui a imposé des tarifs à l'aluminium canadien et du Québec. C'est
ça, régler l'incertitude? C'est ça, faire des gros gains?
Le premier ministre
s'est trompé, il devrait l'admettre.
La
Présidente : La réponse du premier ministre.
M. François Legault
M. Legault : Mme la Présidente, je
suis d'accord, là, pour une fois, avec le député, ça va prendre du temps à
négocier avec M. Trump. Mais plus vite on commence, plus vite on va être
capables d'essayer d'avoir une entente globale.
Je ne comprends pas
le PQ, qui dit : Attendons en 2026. Si on retarde le début des
négociations d'un an, ça veut dire qu'on
retarde éventuellement la conclusion d'un an. Je pense, c'est important qu'on
mette M. Trump devant ses contradictions. Il a besoin de notre
aluminium, il a besoin de notre bois, il a besoin de nos minéraux critiques.
Puis on va se tenir debout, on ne restera pas assis comme le chef du PQ. On ne
pliera pas devant...
La Présidente :
En question principale, je
reconnais maintenant la députée de Mille-Îles. On vous écoute, madame.
Frais associés à la collecte sélective
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour :
Mme la Présidente, plus une semaine ne passe sans qu'on constate les
dommages de la réforme caquiste de la collecte sélective. La semaine dernière,
des éditeurs de magazines ont dû couper des éditions. Hier, ce... La semaine
avant, c'étaient des chocolatiers et les SAQ qui ont dû augmenter leurs prix.
Hier, ce sont des chaînes de restaurants qui ont constaté qu'elles devront
refiler la facture caquiste aux clients. On va payer plus cher chez Benny et
St-Hubert à cause de la collecte sélective.
Mais
aujourd'hui, Mme la Présidente, c'est au nom des producteurs agricoles que je
me lève. Certains producteurs ont vu leurs factures doubler ou même tripler,
avec des frais supplémentaires de plus de 100 000 $ pour certains,
100 000 $, Mme la Présidente.
Qu'est-ce que le
ministre de l'Environnement va faire pour que les cartons de lait, les
douzaines d'oeufs et nos cannes de sirop d'érable n'augmentent pas aussi?
La Présidente :
Alors, la réponse du ministre de
l'Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la
Faune et des Parcs.
M.
Benoit Charette
M. Charette : Merci, Mme la Présidente.
La question de la collègue ressemble étrangement à celle qu'elle a posée
ici même, en cette Chambre, la semaine dernière. La réponse va donc s'y... s'y
rapprocher également.
Un
petit rappel dans le temps. Dans un premier temps, d'abord, une loi, loi que sa
formation politique a appuyée, d'ailleurs l'ensemble des formations
politiques ont appuyée, donc adoptée à l'unanimité. Ensuite, une
réglementation, réglementation qui a fait
l'objet d'une large consultation, consultation à laquelle sa formation
politique a refusé de participer, mais tout ceci est en vigueur avec des
résultats qui sont intéressants.
D'ailleurs,
il y a quelques jours à peine, et j'ai salué sa présence, elle a participé à
l'inauguration du centre de tri de l'est
de Montréal, qui est parmi les plus modernes non seulement au Québec, mais au
monde, et c'est en partie grâce à la réforme qui a été adoptée.
Ceci dit, la question
des tarifs, elle se pose avec acuité. Il faut savoir que le gouvernement du
Québec n'est pas responsable de l'opération
de ces transformations-là, mais bien les producteurs eux-mêmes. Donc, les
tarifs sont imposés par les
producteurs qui siègent sur le conseil d'administration, qui les détermine.
Donc, c'est les producteurs eux-mêmes qui ont arrêté cette grille...
La
Présidente : Première complémentaire.
Mme Virginie Dufour
Mme Dufour :
Avec l'incertitude, Mme la Présidente, créée par les tarifs américains, on
n'a pas besoin de se tirer dans le pied
nous-mêmes en s'imposant des tarifs caquistes liés à la collecte sélective.
Certes, il faut le payer, le service, mais le service, là, il coûte pas
mal, pas mal trop cher, et il y a une triple facturation la même année.
Les
éditeurs de magazines, les restaurateurs, les producteurs agricoles, ils
comprennent tous que ça ne marche pas. Pourquoi le ministre, lui, ne
comprend pas? Va-t-il agir?
La
Présidente : La réponse du ministre.
M. Benoit Charette
M. Charette :
La collègue, je le mentionnais, était présente à l'inauguration du centre
de tri. Je pense qu'elle en était fière, et elle avait toutes les raisons
d'être fière.
Ceci dit, nous sommes
conscients qu'il y a une problématique au niveau des tarifs, qui, dans certains
cas, peuvent être très élevés, mais il faut rappeler que ce ne sont pas... en
fait, ce n'est pas le gouvernement du Québec qui les détermine, ce sont les
producteurs eux-mêmes. Donc, j'invite la collègue à m'accompagner auprès des
démarches qui sont faites autant auprès d'Éco Entreprises Québec, de
l'AQRCB, pour ce qui est de la consigne, pour rappeler à l'ordre ces
producteurs, leurs obligations, et faire en sorte que le coût chez les
détaillants ou les autres producteurs plus petits soit atténué.
La
Présidente : En terminant.
M. Charette :
Et, si des changements sont nécessaires à la réglementation, on le fera du
côté du gouvernement.
• (11 heures) •
La
Présidente : Et cela met fin à la période de questions et de réponses
orales.
Comme il n'y a pas de
votes reportés, nous allons passer à la rubrique Motions sans préavis. Et, pour
ce faire, je cède la place au troisième vice-président de l'Assemblée
nationale. Merci, tout le monde. Bonne fin de journée.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Alors, bonjour, collègues. En fonction de nos
règles et de l'ordre de présentation des motions sans préavis, je reconnais un
membre du deuxième groupe d'opposition. M. le leader du deuxième groupe
d'opposition.
M. Cliche-Rivard :
Merci beaucoup, M. le Président. Je sollicite le consentement de cette
Assemblée pour présenter la motion suivante
conjointement avec la députée de Mont-Royal—Outremont, le député de Matane-Matapédia, la députée de Vaudreuil et le député de Saint-Jérôme :
«Que l'Assemblée
nationale dénonce toute ingérence politique dans le contenu des cours du réseau
collégial québécois.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement. Nous allons
maintenant à la prochaine motion, qui revient au troisième groupe d'opposition.
M. le député de Matane-Matapédia.
M. Bérubé :
À la bonne heure! Je sollicite le consentement des membres de cette
Assemblée afin de présenter, conjointement avec le député de Rosemont, la
motion suivante :
«Que l'Assemblée
nationale rappelle que 35 nations, états et territoires administrés dits
non souverains ont au moins une association nationale reconnue par une
fédération sportive à l'échelle mondiale;
«Qu'elle prenne acte
de la volonté du gouvernement de reconnaître le hockey sur glace comme sport
national du Québec;
«Qu'en
conséquence, l'Assemblée nationale demande au gouvernement de doter le Québec
d'équipes nationales féminine et masculine de hockey sur glace et de prendre
les mesures nécessaires pour qu'elles soient reconnues par la Fédération
internationale de hockey sur glace.»
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement. Ce qui nous amène à
la prochaine motion, qui revient au gouvernement, et je reconnais Mme la
ministre des Transports et de la Mobilité durable.
Mme Guilbault : Oui, merci, M. le Président. Je sollicite le consentement
de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le
leader de l'opposition officielle :
«Que l'Assemblée
nationale prenne acte de la récente croissance démographique au Québec;
«Qu'elle
reconnaisse la nécessité de construire de nouvelles infrastructures, notamment
des infrastructures routières, afin de mieux répondre aux besoins de la
population.» Merci.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement. Ce qui nous amène à
la prochaine motion, qui revient à l'opposition officielle, et je reconnais M.
le député de Marquette.
M. Ciccone : Merci
beaucoup, M. le Président. Alors, je sollicite le consentement de cette
Assemblée afin de présenter la motion suivante conjointement avec le député de
Rosemont, le chef du troisième groupe d'opposition et la députée de
Vaudreuil :
«Que l'Assemblée
nationale reconnaisse les effets néfastes et délétères de la violence et des
bagarres dans le sport, notamment au hockey, et les séquelles qui peuvent en
découler;
«Qu'elle condamne
tout propos faisant l'apologie des combats et de la violence dans le sport,
qu'il soit amateur ou professionnel;
«Qu'enfin,
elle invite l'ensemble des parlementaires à tenir des propos responsables
vis-à-vis de la violence dans le sport.»
Merci beaucoup.
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion?
Une voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Il n'y a pas de consentement. Merci. Merci. Ce
qui nous amène...
Des voix :
...
Avis touchant les travaux des
commissions
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Collègues! Nous allons poursuivre nos travaux. Et
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Merci beaucoup, M. le Président.
Et donc j'avise cette
Assemblée que la Commission de l'agriculture, des pêcheries, de l'alimentation
et des ressources naturelles va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 69, la Loi assurant la gouvernance responsable des ressources
énergétiques et modifiant diverses dispositions législatives, aujourd'hui,
après les affaires courantes jusqu'à 13 heures, à la salle
Louis-Joseph-Papineau;
La Commission des
finances publiques va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi n° 82,
la Loi concernant l'identité numérique nationale et modifiant d'autres
dispositions...
Des voix : ...
Le Vice-Président
(M. Benjamin) : Pardon, excusez-moi, M. le leader adjoint du
gouvernement. Collègues, je me permets de
vous faire le rappel que les travaux sont en cours. Je vous demanderais de
quitter l'enceinte, s'il vous plaît, en toute discrétion. S'il vous
plaît! Les travaux sont en cours.
M. le leader adjoint
du gouvernement, poursuivez.
M. Lévesque
(Chapleau) : ...donc, comme je disais, donc, après les affaires
courantes jusqu'à 13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la
salle Marie-Claire-Kirkland;
La Commission de
l'aménagement du territoire va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 86, la Loi visant à assurer la pérennité du territoire agricole et sa
vitalité, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à 13 heures et
de 15 heures à 18 h 30, à la salle Pauline-Marois;
La Commission des
transports et de l'environnement va poursuivre l'étude détaillée du projet de
loi n° 81, la Loi modifiant diverses dispositions en matière
d'environnement, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
13 heures et de 15 heures à 18 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine;
La Commission de
l'économie et du travail va poursuivre l'étude détaillée du projet de loi
n° 87, la Loi concernant principalement le développement et la mise en
valeur de terrains industriels et la gouvernance de la Société du parc
industriel et portuaire de Bécancour, aujourd'hui, de 15 heures à
18 h 30, à la salle Louis-Joseph-Papineau.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le leader adjoint du gouvernement. J'inviterais les collègues qui
doivent quitter de le faire, s'il vous plaît, en toute discrétion. Les travaux
sont en cours.
Renseignements sur les travaux
de l'Assemblée
Avis de sanction du projet de loi n° 213
À la rubrique
Renseignements sur les travaux de l'Assemblée, je vous informe qu'il y aura
sanction du projet de loi n° 213, Loi concernant certains immeubles situés dans la
Municipalité de Dixville,
aujourd'hui, à 11 h 30, au bureau de Son Honneur la
lieutenante-gouverneure.
Affaires du jour
La période
des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer aux
affaires du jour. M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : M. le Président, je vous demanderais d'appeler
l'article 2 du feuilleton, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 90
Adoption du principe
Le Vice-Président (M. Benjamin) : À
l'article 2 du feuilleton, M. le ministre de la Culture et des Communications
propose l'adoption du principe du projet de loi n° 90, Loi reconnaissant
le hockey sur glace comme sport national du Québec et concernant les référents
culturels nationaux.
Je reconnais M. le
ministre de la Culture et des Communications.
M. Mathieu Lacombe
M. Lacombe : Merci beaucoup, M. le
Président. Donc, effectivement, nous sommes rendus à l'étape de l'adoption
du principe du projet de loi n° 90, Loi reconnaissant le hockey sur glace
comme sport national du Québec et concernant les référents culturels nationaux,
sur lesquels j'aurai l'occasion de revenir dans quelques minutes.
Avant toute chose,
bien sûr, je voudrais remercier de leur contribution quelques personnes,
c'est-à-dire le personnel du ministère de la Culture et des Communications,
tous les intervenants concernés par ce projet de loi, de même que les équipes
du loisir et du sport du ministère de l'Éducation ainsi que le secrétariat du
Conseil du trésor, qui ont toutes collaboré à ce que nous vous avons présenté.
Le
projet de loi n° 90, que j'ai déposé le 6 février, comporte deux
objectifs principaux : d'abord, reconnaître le hockey sur glace
comme étant le sport national du Québec, et introduire dans la Loi sur le
patrimoine culturel la notion de référents culturels nationaux.
S'il est adopté, dans
le cadre du premier volet, le projet de loi prévoit aussi la création d'une
journée nationale du hockey sur glace, qui
aurait lieu le premier samedi de février à chaque année. Les racines
historiques et culturelles du hockey
sur glace sont profondes au Québec. C'est chez nous qu'il est devenu le sport
moderne que l'on connaît aujourd'hui. En
2008, la Fédération internationale de hockey sur glace a d'ailleurs reconnu que
le tout premier match organisé de hockey sur glace a eu lieu à Montréal,
le 3 mars 1875, donc, il y a presque exactement 150 ans.
Avec le temps, le
hockey sur glace est devenu plus qu'un sport. C'est devenu un lieu d'expression
de l'identité nationale des Canadiens français puis des Québécois. Beaucoup de
nos joueurs et de nos joueuses ont été élevés au rang de héros nationaux et font toujours la fierté des Québécoises et
des Québécois — quelques
noms seulement : Joe Malone, Maurice
Richard, Jacques Plante, Jean Béliveau, Guy Lafleur, Mike Bossy, Mario Lemieux,
Patrick Roy, Marie-Philip Poulin, Caroline
Ouellette, Manon Rhéaume, des figures incontournables du hockey sur glace qui
ont fait rêver le Québec. Elles ont inspiré beaucoup de jeunes à suivre
leurs traces.
D'un point de vue
historique, le hockey sur glace a souvent constitué, pour les Québécoises et
les Québécois, une transposition de leur
lutte nationale et un lieu d'expression de revendications sociales. Pensons
seulement à l'émeute du Forum en
1955, avec Maurice Richard comme personnage principal, cet événement que
plusieurs considèrent d'ailleurs comme un des éléments déclencheurs de
la Révolution tranquille.
• (11 h 10) •
Il fait aussi partie
intégrante de notre culture. Plusieurs de nos oeuvres d'art, de nos films, de
nos chansons, de nos livres, par exemple,
s'inspirent du hockey sur glace. Plusieurs de nos expressions y réfèrent aussi.
Je pense notamment, et vous pourriez en ajouter, aux expressions
«accrocher ses patins», «travailler fort dans les coins», «donner son 110 %», «être un joueur de premier trio»,
«patiner sur les bottines», «niaiser avec la puck», «faire une passe sur la
palette». Ce sont des expressions ancrées dans notre culture, et on les
entend régulièrement, autant dans la sphère privée que dans la sphère publique. La compétition d'improvisation théâtrale qu'est
la Ligue nationale d'improvisation, la LNI, qui a été créée chez nous au
Québec aussi, elle s'est grandement inspirée de la partie de hockey.
Le hockey sur glace
occupe également une grande place dans l'espace social. Il est pratiqué dans
toutes les régions du Québec, autant dans les centres urbains que dans les
communautés rurales. Au-delà des ligues organisées ou professionnelles, il y a
sur tout le territoire des ligues amicales pour tous les âges, pour tous les
calibres. Le hockey sur glace permet de
socialiser, de bouger, de profiter de l'hiver. C'est aussi une formidable
activité d'intégration. On en parle souvent, il n'y a rien de mieux que
de déneiger ensemble une patinoire un jour de tempête, comme celles qu'on
connaît ces temps-ci, et de jouer une partie de hockey pour intégrer des jeunes
nouveaux Québécois. Une autre preuve de la
vitalité du hockey sur glace au Québec, le nombre important d'arénas et
d'autres infrastructures où on peut pratiquer ce sport et
d'organisations aussi qui encadrent sa pratique.
Je pense que je peux,
donc, affirmer sans me tromper que tous les Québécois ont des souvenirs en lien
avec le hockey, peu importe leur forme. Mais, malgré son empreinte forte sur
notre culture, et même si le hockey sur glace est, dans les faits, considéré
depuis longtemps, dans l'esprit des Québécois, comme étant le sport national,
il n'existe aucune reconnaissance officielle de l'État québécois à cet effet.
C'est ce qu'on veut corriger avec ce projet de loi.
Je pense qu'il est
grand temps de reconnaître officiellement la place fondamentale que ce sport
occupe dans notre société, dans nos
traditions, dans nos valeurs, dans notre identité. Il fait partie de notre
patrimoine culturel. Ce projet de reconnaissance du hockey sur glace
comme notre sport national fait d'ailleurs écho à la première recommandation du
rapport déposé en mars 2022 par le Comité québécois sur le développement du
hockey. Ce groupe d'experts avait été mandaté par le gouvernement du Québec
pour établir un état de situation du sport et proposer des solutions pour en
assurer le développement.
Donc, voilà, M. le
Président, pour le premier volet du projet de loi n° 90. Le deuxième,
quant à lui, prévoit introduire la notion de référent culturel national dans la
Loi sur le patrimoine culturel. On entend par référent culturel national un
élément de la culture québécoise forgé dans la tradition, qui caractérise et
évoque de manière singulière un aspect de l'identité culturelle du Québec, qui
constitue un repère largement partagé par les individus de la société et
renforce les liens entre eux, reconnu à ce titre par la loi. On suggère que la
reconnaissance des référents culturels nationaux se fasse par l'adoption d'un
projet de loi à cet effet comme celui que nous présentons aujourd'hui. Le
hockey sur glace deviendrait, par l'adoption de ce projet de loi, le premier
référent culturel national au Québec. Le projet de loi prévoit que le ministre de
la Culture et des Communications
pourrait accorder de l'aide financière et conclure des ententes pour
favoriser, entre autres, la connaissance ou la mise en valeur des référents
culturels nationaux.
Par ailleurs,
je tiens à préciser que la reconnaissance du hockey sur glace comme sport
national du Québec constituerait essentiellement un geste de
valorisation. Le projet de loi n'a pas d'effet sur les structures de ce secteur
d'activité. Les organismes, les fédérations ou encore les équipements ne sont
pas visés par ce projet de loi.
En conclusion, je suis heureux d'être le
ministre qui présente ce projet de loi pour faire officiellement du hockey sur glace notre sport national. C'est
important pour nous que les Québécois soient fiers des lieux, des événements,
des personnages historiques et bientôt aussi des référents culturels qui ont
forgé l'identité de leur nation, qu'ils aient envie de les célébrer aussi, d'où
notre proposition de créer, dans le cadre de ce projet de loi, une journée
nationale du hockey sur glace.
M. le Président, la Commission de la culture et
de l'éducation va entamer sous peu, dans les prochaines heures, l'étude détaillée du projet de loi n° 90. Je suis convaincu qu'avec la bonne collaboration de ses membres, et
puisque le projet de loi n'a seulement que six articles, on va pouvoir
le faire cheminer très rapidement.
J'invite donc, M. le Président, les membres de
l'Assemblée à adopter le principe du projet de loi n° 90,
Loi reconnaissant le hockey sur glace comme sport national du Québec et
concernant les référents culturels nationaux. Merci, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, M. le ministre de la
Culture et des Communications. Prochaine intervenante, je reconnais Mme
la députée de Robert-Baldwin.
Mme Brigitte B. Garceau
Mme Garceau : Merci
beaucoup, M. le Président. À mon tour, maintenant, M. le Président, de parler
de l'adoption du principe du nouveau projet de loi reconnaissant le
hockey sur glace comme sport national du Québec et concernant les référents
culturels nationaux. Évidemment, c'est... la reconnaissance du hockey comme
sport national, on va se le dire, on ne peut
pas être contre ça. Tout le monde, je crois, au Québec, ont leurs expériences,
adorent le sport du hockey. C'est sûr
que c'est répandu partout au Québec, et moi-même, je peux... j'ai mon
expérience personnelle, M. le Président, parce que j'ai été une de ces
mères, avec mon jeune garçon qui était gardien de but. On le dit toujours parmi
les parents, que les parents qui sont des parents de gardien de but, qu'il faut
avoir une bonne personnalité, assez forte, parce qu'on ne sait jamais. Évidemment, quand tu perds ton match, d'habitude, on
regarde le gardien de but, mais, quand on gagne, par exemple, c'est
toute l'équipe qui gagne, et c'est bien vu.
Et donc, oui, pour l'adoption du principe, M. le
Président, notre formation politique va voter pour, mais, vous savez, lorsqu'on regarde le projet de loi, oui, il
y a seulement six articles, et on parle, oui, d'une reconnaissance qu'on veut...
une reconnaissance que le hockey sur glace va être le sport national du Québec.
On va le prévoir dans le projet de loi, la
Loi qui modifie la loi sur le patrimoine culturel, pour y inclure la notion de
référent culturel national. Et donc, dans le projet de loi, on va
confirmer que le hockey sur glace est un référent culturel national.
Ceci dit, M. le Président, quel est l'objectif
réel de ce projet de loi? Pourquoi, à ce moment-ci, est-ce que le ministre de
la Culture, compte tenu du contexte économique dont nous vivons actuellement et
aussi la crise sans précédent dans l'écosystème culturel... je vais y arriver
dans quelques instants, mais pourquoi en ce moment? Je peux comprendre qu'on va
fêter le 150e anniversaire du premier match officiel du hockey qui a eu
lieu à Montréal, et, ça, je peux très bien
le comprendre, qu'il va y avoir des célébrations, commémorations, et tout ça,
liées à cet événement, mais on n'avait pas besoin d'un projet de loi
pour ça.
Et là, M. le Président, j'aimerais regarder
l'aspect qui est aussi important dans ce projet de loi pour déterminer où on s'en va avec, finalement, cette
reconnaissance, qui va... les conséquences, si je peux dire, du projet de loi, et qui va pouvoir en bénéficier, parce que, là, le projet de
loi définit la notion de référent culturel national comme, notamment... Un référent «doit être reconnu par la loi. Il
donne de plus au ministre le pouvoir d'octroyer des subventions — et
je veux miser là-dessus, M. le Président, d'octroyer des subventions — et de
conclure des ententes dans le but de favoriser la connaissance ou la mise en
valeur des référents culturels nationaux.» Donc, je comprends du ministre qu'il
vient tout juste de définir, si je peux dire, le but de favoriser... qu'est-ce
que ça veut dire, favoriser la connaissance, on veut... ça va être un geste de valoriser le hockey. Ça, c'est
une chose. La mise en valeur des référents culturels nationaux, de la façon
qu'on va le faire, on va voir en étude détaillée quels sont les objectifs du
ministre à cet égard. Mais où le bât blesse, M.
le Président, concernant ce projet de loi, c'est qu'il n'y a pas d'enveloppe
budgétaire, il n'y a pas de crédit additionnel en ce qui a trait aux
subventions que peut-être le ministre va pouvoir octroyer à différents
organismes. Il va conclure des ententes avec
qui? On n'a pas de détail. Donc, ça, on va l'étudier en période, évidemment,
d'étude détaillée. Mais il est clair,
d'après le mémo au Conseil des ministres, que ce projet de loi n'a aucune
implication financière, n'a aucun budget. Et donc, si le ministre veut octroyer des subventions pour valoriser ou
mettre en valeur le hockey comme sport national ici, au Québec, où
va-t-il prendre l'argent pour le faire? C'est la question que je pose au
ministre, parce que, là, d'après le mémo au Conseil des
ministres, et je vais le citer, M. le Président, pour que ce soit clair, au
paragraphe 8 : «Le projet de loi lui-même ne prévoyant aucun budget
spécifique et aucun objectif précis au-delà de la reconnaissance, l'adoption de
mesures de suivi et d'évaluation n'est pas considérée pertinente.»
Paragraphe 9 : «La proposition ne comporte pas d'implication
financière. Le ministre de la Culture et des Communications pourra toutefois
conclure des ententes et accorder de l'aide financière à même ses crédits — donc
à même son budget en culture actuel — notamment pour favoriser la connaissance et la mise en valeur des
référents culturels nationaux, dont le hockey sur glace.» On va le regarder.
Je vais poser plusieurs questions, M. le Président, au ministre.
• (11 h 20) •
Nous commençons demain l'étude détaillée, mais
j'espère et j'ose croire que, compte tenu de la crise sans précédent dans le
milieu culturel, actuelle, au Québec, dont il est complètement au parfum des
faits, et des doléances, et des
revendications, que ce soit du Front commun pour les arts, que ce soit de la
grande... tous les groupes qui font partie de la grande mobilisation
pour les arts au Québec, qui vont avoir une autre manifestation... Ça va être
la quatrième manifestation, M. le Président, samedi, le 22 février. Il va
y avoir des manifestations partout à travers le Québec, le 22 février,
encore une fois, pour aller chercher l'écoute du ministre, parce qu'il y a des
coupures en culture. Les artistes n'arrivent pas à rejoindre les deux bouts.
On est en train, en ce moment... parce qu'il n'y
a pas eu d'indexation du Programme du Soutien à la mission, on parle de
446 organismes culturels qui souffrent en ce moment, là, M. le Président,
on est en train d'annuler des spectacles, annuler certaines programmations,
partout dans les régions. Même le musée de Rimouski a dit : Bien là, nous, on va... pour une période déterminée, on va
fermer. On a décidé aussi de retirer la gratuité des dimanches, qui était
quand même une mesure libérale, depuis plusieurs années, qui était très, très
populaire, encore des coupures.
Et donc on est... En culture, on est en crise.
On a des revendications très importantes en termes d'augmentation du budget
pour arrêter, comme la présidente de l'UDA a dit, l'hémorragie en matière de
culture. On a les membres des conseils régionaux de la culture qui sont venus
le mentionner, ils l'ont confirmé, on a besoin d'aide en ce moment. On n'a pas l'écoute du ministre. On a besoin qu'il
agisse, qu'il nous aide. Même moi, la semaine passée, M. le Président, j'ai sorti
avec une annonce d'une mesure urgente en ce moment, là, pour les aider, parce
que, là, la programmation, surtout dans les
théâtres, est en péril. On est en train, là, de regarder... On ne pourra pas
faire toutes nos programmations. Il va falloir couper. L'offre
culturelle est en train de diminuer.
Et donc on est dans une situation où on doit
agir, et là on arrive avec ce projet de loi, en termes de... Je ne sais pas si c'était le bon moment de le déposer, le
projet de loi, compte tenu du contexte économique, surtout dans le domaine
de la culture. Oui, on va être favorables à cette reconnaissance du hockey
comme sport national, en termes... du Québec, mais,
pour le reste, M. le Président, je vais avoir plusieurs questions à poser
au ministre, parce qu'il a mentionné que, oui, ça vient de la... Ce projet de loi émane de la recommandation-phare du
comité. Il y a eu un comité qui a été mis en place par le gouvernement
caquiste en 2021, qui est sorti avec un rapport au mois de mai 2022, c'était le
Comité québécois sur le développement du
hockey, Le hockey, notre passion. On voulait... On a étudié... Il y
avait 17 experts, M. le Président, qui ont assisté à des séances de
travail pour voir, pour étudier, pour déterminer comment est-ce qu'on peut
faire valoir le hockey, comment est-ce qu'on peut le rendre plus accessible à
nos jeunes, parce que nous le savons, M. le Président, que le hockey, maintenant, c'est devenu de moins en moins accessible aux
familles en raison des coûts, les coûts associés juste à l'équipement.
Puis je ne vais pas vous dire combien j'ai
dépensé pour mon garçon qui est allé de, je ne sais pas, là, cinq pieds à six pieds et cinq, O.K., en termes de coût
de jambières, les bâtons, et tout ça. À un moment donné, si on veut reconnaître
le hockey... On est pour ça, là, la
reconnaissance comme sport national, mais il faut quand même, après ça,
dire : Bien là, comment on va développer... comment est-ce qu'on va
rendre le hockey plus accessible à nos jeunes? Parce que ça devrait être ça, l'objectif, au bout du compte,
parce que c'est un beau sport. C'est un sport... Puis je l'ai vu avec mon
garçon, j'ai vu... avec ses amis, il y a de la discipline, il y a un sentiment
d'appartenance. Ça nous... Ça les motive aussi à continuer leurs études.
Il y a beaucoup de bénéfices liés au hockey. Puis c'est une activité physique.
On bouge, c'est bon pour la santé. Il y a
toutes sortes de choses qui font en sorte qu'on devrait, oui, l'encourager,
élaborer des politiques afin que le hockey soit plus accessible à nos
jeunes.
Et je pense que... et j'ose croire, M. le
Président, qu'on va avoir cette discussion lors de l'étude détaillée pour
déterminer une augmentation des crédits afin de pouvoir mettre en oeuvre,
vraiment le mettre en oeuvre, le hockey, comme sport national, pour venir aider
les familles, pour que les parents puissent avoir de l'argent dans leurs poches
pour payer pour les patins, puis les bâtons, puis pour aller... C'est tellement...
C'est le fun d'aller... les tournois à l'extérieur du Québec. On est fiers, on
a nos équipes du Québec, on joue contre des équipes de l'Ontario, des fois des
États-Unis. On est fiers de ça, comme parents, de faire partie de... On fait
partie de l'équipe aussi, là, et ça exige beaucoup
de sacrifices des parents pour... compte tenu des coûts mais aussi du temps. On
doit, des fois, prendre des congés de vacances, et tout ça, pour aller à
ces tournois. Donc, j'espère que le ministre, lorsque nous allons avoir cet
échange, cette conversation en ce qui a
trait à... Ça ne peut pas être juste une reconnaissance symbolique, cette
question de... que le hockey soit notre sport national.
On avait, M. le Président, dans le rapport dont
j'ai mentionné, le comité, et je cite également, il y avait une citation, suite
au dépôt du rapport de la ministre, à ce moment-là, ministre responsable de la
Condition féminine, mais aussi Sport et Loisir, qui mentionnait que, oui, on
s'engage à évaluer le rapport et on va y donner suite, mais il y avait huit autres recommandations, M. le Président, pas
juste l'aspect de hisser le hockey au rang de sport national du Québec, mais
il y avait aussi une recommandation très, très importante, et je vais miser
là-dessus, c'est de rendre le hockey accessible pour tous.
• (11 h 30) •
Et aussi, compte tenu que
je suis porte-parole en condition féminine, je dois le mentionner qu'il y a eu
une grande évolution, une grande émergence
du hockey féminin, et là nous avons la ligue professionnelle. La Victoire, nous
en sommes fiers. Mais je me souviens, quand mon garçon avait commencé à
jouer au hockey, puis ça, c'était... là, je sais qu'ils ont changé, là, mon
collègue de Marquette... ça démontre... ça fait un certain temps que j'étais
là-dedans, mais là le prénovice, et novice, et tout ça, puis là je comprends,
c'est M7, M9, M11, donc, quand j'étais dans les, oui, M7, M9, M11, mon garçon jouait avec des filles, il était le gardien de
but, mais à la défense, là, d'habitude, c'étaient des filles, puis je dois vous dire qu'ils protégeaient
mon gars, ils étaient extraordinaires, ces filles-là, et je trouvais, dans un
certain sens, que c'était regrettable, parce
qu'à ce moment-là il n'y avait pas assez de filles qui jouaient au hockey, et
donc les filles devaient jouer avec les garçons.
Là, je comprends, dans certaines régions, mon
collègue va me corriger, si j'ai tort, mais il y en a, des... de plus en plus,
à ce jeune âge, parce que c'est là, hein, où on apprend, dans les... comme le
M7, M9, il y a de plus en plus, là, d'équipes féminines, avec des jeunes
filles, et là c'est... mais il y en a, dans d'autres régions, où c'est encore
mixte, et donc il y a peut-être un travail à
faire là-dessus, parce que je sais que de plus en plus de filles s'inscrivent
pour jouer au hockey, elles adorent le hockey, et donc on veut les
encourager, c'est sûr et certain.
Et donc ça, c'était une des recommandations,
aussi, phare, je dirais, et je crois que, comme parlementaires, si vraiment on
veut, comme on dit, mettre un peu de mordant dans le projet de loi, il faudrait
regarder tout cet aspect d'accessibilité à nos jeunes, M. le Président.
Donc, sur ce, je vais céder la parole à mon
collègue. Et j'ai très hâte à nos discussions et échanges, demain, afin de
pouvoir bonifier ce projet de loi, M. le Président. Merci.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Robert-Baldwin.
Je vous informe qu'un débat de fin de séance se
tiendra demain, le jeudi 20 février 2025, à 13 heures, sur une question adressée par M. le député d'Hochelaga-Maisonneuve à M. le ministre du Travail concernant la
protection du droit de grève des travailleuses et des travailleurs du
Québec.
Nous
poursuivons avec l'adoption du principe du projet de loi n° 90, et je
reconnais Mme la députée de Vaudreuil.
Mme Marie-Claude Nichols
Mme Nichols : Oui. Merci
beaucoup. Merci, M. le Président. Donc, je profite de l'occasion pour
intervenir sur le projet de loi n° 90.
Je vais le dire d'emblée, c'est un projet de loi qui... qui a vraiment
eu un effet, un impact dans le comté
de Vaudreuil, assez important. Les gens ont fait : Hein?
Un projet de loi pour reconnaître le hockey sur glace comme sport
national? Cool! C'est vraiment la réaction qu'on a eue au bureau de comté de
Vaudreuil.
Puis, bien, vous comprendrez que je prends cette
fenêtre-là, je prends cette opportunité-là pour intervenir puis rappeler que, quand on dépose un projet de loi,
bien, on s'attend à ce qu'il y ait des... tu sais, qu'on... On dépose un projet
de loi, on s'attend à une certaine logique
qui va avec le dépôt du projet de loi, c'est-à-dire qu'il doit y avoir une
cohérence, il doit y avoir une logique, vraiment une logique avec le
projet de loi n° 90, c'est-à-dire qu'on dépose un projet de loi, c'est
souvent pour régler une problématique. C'est souvent pour trouver une solution
à un enjeu. Ça ne peut pas être juste comme ça qu'on dépose un projet de loi,
pour se dire : C'est le fun. C'est le fun, notre sport national, on le
reconnaît, puis ça finit là. Non. Il y a des impacts. La preuve, je vous l'ai
dit, les gens appellent au bureau de comté, les gens sont contents qu'on
reconnaisse le sport national, mais, après ça, ils disent : C'est le fun,
mais on va le pratiquer comment dans Vaudreuil? On n'a pas d'infrastructure
sportive dans le comté de Vaudreuil.
Puis je regarde, là, ici, au salon rouge, parce
qu'il y a plusieurs ministres qui ont été interpelés, ce n'est pas la première
fois que j'en parle, M. le Président... Le député de Marquette a aussi été
sollicité, parce que le député de Marquette,
il vient de Pincourt. Il vient de Pincourt, puis là je lui fais un petit clin
d'oeil, puis je le salue. Il le sait, les élus l'ont aussi sollicité,
les élus de mon comté l'ont aussi sollicité pour lui dire, tu sais :
Peux-tu nous donner un coup de main? Tu es porte-parole de l'opposition
officielle en matière de sport, loisir, peux-tu nous donner un coup de pouce?
Je regarde
aussi de l'autre côté. La ministre des Affaires municipales, elle est venue
faire une annonce en octobre dernier. Puis je la remercie parce qu'elle a
eu la gentillesse de prendre le temps de rencontrer les élus après avoir annoncé une subvention pour une caserne de
pompiers, la quatrième sur l'île, parce qu'il y a quatre villes sur
L'Île-Perrot. Les quatre ont leur caserne de plusieurs millions de dollars,
mais il n'y a aucune infrastructure sportive. Donc, on annonce une caserne de... bien, écoutez, c'est... le programme, c'était
le... je ne me souviens pas, le PRACIM, de mémoire, là. Ça fait que
c'était un programme pour des infrastructures, pour une nouvelle caserne de
pompiers, mais, quand on arrive à des infrastructures sportives, bien, on n'est
pas là.
Puis pourtant ce n'est pas parce qu'il n'y a pas
de projet de déposé, là, M. le Président, là. Au PAFIRSPA, le programme
d'infrastructures sportives, la ville de Pincourt... En fait, je vais vous
le... Je vais rentrer dans les détails. J'ai le temps, là, j'ai 20 minutes,
là, pour vous en parler. Le comté de Vaudreuil, c'est sept municipalités. Il y
a quatre municipalités sur L'Île-Perrot qui représentent plus de 40 000 de
population. 40 000 de population. Il y a entre huit et neuf écoles primaires, il y a une école secondaire
qui s'appelle le Chêne-Bleu. À côté de l'école secondaire du Chêne-Bleu,
il y a une infrastructure puis il y a eu des problèmes juridiques. Mais il y a
déjà eu une bonne volonté, des gens, un rassemblement, puis je ne veux pas
nommer de noms, mais ça n'a pas fonctionné. Il y a eu une certaine compétition.
Ça, c'est un dossier qui a été judiciarisé.
La ville a rajouté l'infrastructure qui devait être un aréna, super bel aréna,
M. le Président. Je pourrais même
vous montrer à l'écran, là, des photos, là. L'infrastructure est en place, là.
Elle est en place. Elle n'est pas...
L'intérieur est magnifique, là. L'intérieur a des poutres. Il manque juste un
petit peu de sous pour aller plus loin puis compléter cette
infrastructure-là.
Ce pourquoi les quatre
villes de L'Île-Perrot, Terrasse-Vaudreuil, Notre-Dame-de-l'Île-Perrot,
L'Île-Perrot et Pincourt, se sont mis ensemble pour déposer le projet au
PAFIRSPA, le projet qui voulait, dans le fond... à compléter cette
infrastructure-là, parce qu'il est, entre autres, situé à côté d'une école
secondaire, mais parce qu'il y a un besoin sur l'île. Il y a du sport-études à
l'école secondaire du Chêne-Bleu, en hockey, et les jeunes vont où? Les jeunes
vont à Saint-Anne-de-Bellevue, les jeunes vont à Vaudreuil-Dorion, les jeunes
vont à Valleyfield, en sport-études, là, sur du
temps du sport-études, là. Les jeunes vont à Valleyfield, 80 kilomètres, aller-retour,
pour pratiquer le sport national qui va être le hockey sur glace. C'est
incompréhensible.
Puis la
situation a changé. Je vais vous revenir avec l'historique du bâtiment à
Pincourt, là, mais la situation a changé, puis elle est critique depuis les derniers mois, parce que l'aréna à
Saint-Anne-de-Bellevue, qui est vraiment,
là, à proximité de L'Île-Perrot, l'aréna à Sainte
Anne-de-Bellevue, ville natale du premier ministre... L'aréna à
Sainte-Anne-de-Bellevue a fermé pour
cause de désuétude. Donc, il n'est plus fonctionnel, il est fermé. J'ai eu des
appels au bureau de comté, M. le Président,
là. Les ligues de garage, les ligues, là, les citoyens qui vont jouer, qui se
rencontrent le mercredi soir, ils n'ont plus de glace.
Bien, le sport-études s'est retourné de bord
puis a vérifié... parce que c'est le jour, ils peuvent... mais les ligues de
garage, là, ils appellent au bureau puis ils disent : On fait quoi? On n'a
pas de place, on n'a plus d'endroit où aller. Le sport-études s'est retourné de
bord, ils se sont envoyés... ils se sont en allés à Valleyfield. Bien, même à
Valleyfield, là, le député de Beauharnois,
là... il va être sollicité, le député de Beauharnois, parce qu'à Valleyfield,
là, il n'y en aura plus, d'heures, à un moment donné. La députée de Soulanges,
là... Elle va être sollicitée aussi, la députée de Soulanges. Pourquoi?
Parce que ses étudiants viennent en sports-études dans le comté de Vaudreuil.
Ça fait que je sollicite aussi leur appui, leur
coup de pouce, pour dire : Bien, il faudrait peut-être prévoir quelque chose, prévoir un programme rattaché au projet de
loi n° 90, en disant : Bien oui, on va en avoir un,
programme de soutien financier. Puis ce n'est pas que ça n'existe pas,
là. Ça existe, parce que, récemment, j'ai vu que la ministre responsable du Sport et du Loisir et du Plein air, évidemment,
a envoyé une lettre, le 4 février dernier, au maire de Victoriaville, lui
disant que la ville pourrait bénéficier
d'une aide financière maximale équivalant à 100 % des coûts admissibles,
6 millions, afin de réaliser le projet de construction d'un complexe
multifonctionnel, et ce, dans le cadre du Programme de soutien aux
infrastructures pour les Jeux du Québec. Ça fait qu'il y en a un, il y a un
programme.
Une voix : ...
• (11 h 40) •
Mme Nichols : Bien oui, ça a
rapport. Bien certainement que ça a rapport, parce que moi... Bien, c'est parce
que peut-être que vous avez manqué la phrase précédente, mais ce que je dis,
c'est que le projet de loi n° 90 peut être rattaché à
un programme de financement pour être complémentaire à ce qu'on veut,
c'est-à-dire à créer... à ce que le hockey
devienne notre sport national, oui, mais qu'on mette en place du financement
pour dire : Écoutez, regarde, ça va justement dans le cadre du
projet de loi n° 90.
On reçoit les
Jeux du Québec, on fait la même chose. On a mis en place un programme de
soutien aux infrastructures pour les Jeux du Québec. Donc, pourquoi
qu'on ne ferait pas un programme de soutien financier pour notre sport national
qui est le hockey sur glace? Pourquoi pas? Ça, c'est du ressort du
gouvernement. Puis je ne veux pas dire que
les représentations pour l'équipement... Tu sais, c'est vrai que c'est cher,
l'équipement. Les bagarres au hockey, oui,
mais ça, est-ce que c'est du ressort du gouvernement? Certainement qu'ils ont
un mot à dire. Bien, ici, le financement des infrastructures, c'est directement lié aux fonctions... c'est
directement lié à la partie gouvernementale, qui doit poser des gestes
pour que ce soit cohérent.
Donc, M. le
Président, je le réitère, le comté de Vaudreuil, les étudiants, les ligues de
garage, le patin artistique... Puis je fais une parenthèse sur le patin
artistique parce que je viens d'avoir Maxime Deschamps, un grand patineur
artistique de Vaudreuil-Dorion, qui est d'ailleurs en compétition
internationale en Corée du 19 au 25 février prochain. Bien, c'est parce qu'ils ont eu du temps de glace
dans des arénas comme Vaudreuil-Dorion, parce qu'ils avaient la possibilité
de pratiquer à Vaudreuil-Dorion. Bien, les jeunes de L'Île-Perrot, ils n'en ont
pas. Ils n'en ont pas, d'endroit. Il n'y a pas d'infrastructure de disponible
pour eux. Ça fait qu'il y a certainement un lien hyperimportant à faire avec
tout ça.
Je me pose...
Je ne veux pas revenir, parce qu'à chaque fois que je parle du PAFIRSPA, la
ministre se lève puis elle me répond qu'il y a beaucoup de projets qui sont
déposés, puis que l'enveloppe, bien, tu sais, l'enveloppe n'est pas
assez grande puis que... Je pense qu'on parlait, je ne m'en souviens pas, là,
sur 10 ans, là, de 1,5 milliard, je pense, sur 10 ans. C'est clair que ce n'est pas
suffisant. J'en conviens avec la ministre, bien oui, on a des limites
budgétaires, puis, oui, on peut faire... tu sais, oui, il y a des
limites, mais, s'il y a des limites, pourquoi on dépose un projet de loi pour faire du hockey un sport national, mais qu'on n'a
pas les sous pour faire les infrastructures qui viennent avec? C'est là,
moi... C'est là où je n'adhère pas, M. le Président.
La ville de L'Île-Perrot a déposé deux fois les
demandes au PAFIRSPA, pour le Programme d'aide financière aux infrastructures
récréatives, sportives et de plein air, puis, à deux reprises, le projet a été
refusé. Un projet qui a été refusé alors que ça vient répondre aux besoins de
40 000 citoyens, alors qu'il y a quatre municipalités qui se mettent
ensemble pour déposer ce projet-là, alors qu'il y a 11 partenaires qui
souhaitent convertir une structure existante dans un centre sportif multifonctionnel. En plus, le centre peut même être
aménagé pour accueillir des événements culturels qui peuvent rassembler jusqu'à
1 900 personnes. Donc, il y a même une double fonction. Le projet
pourrait bénéficier non seulement aux 40 000 citoyens, mais
également aux communautés environnantes.
Puis, en plus, le bonus de ce projet-là... parce
que je pense que ce projet-là mérite qu'il soit réévalué puis mérite qu'on le
regarde, maintenant, avec... je vais dire avec des yeux différents, avec des
yeux... des yeux où on est inquiets pour nos jeunes, parce que, nos jeunes, on
veut qu'ils pratiquent. On a le sport-études. Moi, je me suis battue pour garder le sport-études. Le député de Marquette m'a aidée
aussi, on a marché dans les rues, sur L'Île-Perrot, on a fait les représentations
au ministre de l'Éducation. On l'a gardé, notre sport-études. Bon, il y a eu
des... il y a quand même eu certaines modifications, mais, bon, on l'a, notre
sport-études, nos jeunes pratiquent leur sport-études. Puis là, bien, on a une
infrastructure, à côté de l'école, qui est inachevée.
Alors,
je pense que ça mérite qu'on mette des efforts supplémentaires ou, du moins,
qu'on regarde ce projet-là avec un oeil différent, l'oeil du projet de
loi n° 90, je vais le dire comme ça. Mais je pense que ça mérite une attention particulière relativement... parce que c'est un
fait nouveau. C'est un fait nouveau. En droit, on le dit souvent, là, on peut
intervenir quand il y a un fait nouveau. Bien, il y en a un, fait nouveau. En
fait, il y en a deux : il y a la fermeture de l'aréna de
Sainte-Anne-de-Bellevue puis, deux, il y a le projet de loi n° 90.
Donc, il y a une
grande ouverture, de la part des quatre municipalités de l'île, à ce qu'on
s'assoie ensemble, qu'on regarde différents
modes... qu'on regarde ensemble différents modes de financement. Bien, c'est
sûr qu'il y en a, différents modes de
financement. Donc, les municipalités sont ouvertes, sont prêtes à faire leur
petit bout de chemin là-dessus.
Et ce pourquoi...
D'ailleurs, là, la semaine passée, j'ai déposé une lettre de la ville, du maire
de Pincourt, qui fait une demande de rencontre, parce que les élus, les élus
municipaux ont une certaine responsabilité aussi puis ils ont de la pression de
leurs citoyens, ils ont des pressions des familles, tu sais, les familles
doivent aussi voyager les enfants à l'extérieur de la région pour que l'enfant
puisse pratiquer son sport, donc les élus municipaux ont beaucoup de pression,
ce pourquoi ils m'ont dit : Bien, Marie-Claude, peut-être qu'on pourrait
déposer une lettre avec une demande de rencontre au premier ministre, le
premier ministre serait peut-être plus sensibilisé. Parce que, quand on parle
de Sainte-Anne-de-Bellevue, il est natif de Sainte-Anne-de-Bellevue, il connaît
la réalité aussi, parce qu'il vient du coin. Il connaît la réalité. Ça fait que
les élus municipaux se disent : Bien, c'est peut-être là, la solution.
Parce qu'on a quand même trois ministres qui
sont venus voir, constater, là, la situation. Le ministre de l'Éducation est
venu, la ministre des Affaires municipales est venue.
Alors, la semaine
passée, le 10 février, j'ai déposé cette demande de rencontre là pour le
parachèvement du centre sportif de L'Île-Perrot. Je remercie, d'ailleurs,
l'équipe... la ministre et l'équipe de la ministre du Loisir... du Sport et du Loisir, laquelle a répondu de façon
positive. Il y aura une rencontre d'organisée, là, prochainement pour qu'on
puisse en discuter et on verra s'il y a une attention particulière ou s'il y a
des pistes de solution qu'on pourrait mettre de
l'avant afin que nos jeunes ne se voient pas privés de la pratique de leur
sport et que ce soit le... Ce n'est pas juste... Là, c'est sûr qu'on
parle du hockey comme un sport national, le hockey sur glace, mais il y a quand
même aussi le patin artistique, il y a nos
ligues de garage, il y a... Ces infrastructures-là sont des milieux de vie
importants pour les communautés.
Donc, M. le
Président, je pense que c'est mon devoir... en fait, je suis convaincue que
c'est mon devoir de me lever ici aujourd'hui, au salon rouge, pour transmettre,
entre autres à la partie gouvernementale, les conséquences... ou, en fait, les demandes qui sont, comme je
disais en début, tant l'effervescence autour du projet de loi n° 90, mais
aussi les attentes de la population
en lien avec ce projet de loi là. Le ministre, j'écoutais le ministre, tantôt,
qui disait que ce projet de loi là est, en fait, entre autres, une
référence culturelle, mais, tu sais, ça ne veut rien dire, être une référence
culturelle pour les citoyens qui veulent juste des arénas pour pouvoir
pratiquer leur sport.
Donc, je le réitère,
M. le Président, il y a une certaine cohérence à avoir dans tout ça. Donc, moi,
je me fais un devoir de faire les
représentations pour la population de Vaudreuil dans ce sens-là. Et je serai
présente pour la suite des choses, et en espérant sincèrement... J'ai
l'impression de casser les oreilles... casser les oreilles du gouvernement,
mais ce que je veux surtout qu'on
revienne... qu'on retienne, c'est qu'il y a des jeunes qui ont ce besoin-là,
là. Il y a des jeunes, là, qui depuis
un mois ne peuvent plus pratiquer ce sport-là. Donc, on a besoin des yeux, on a
besoin d'aide. Et c'est au nom des
élus, au nom des familles, au nom des jeunes qui veulent pratiquer ce sport que
je fais les représentations, M. le Président. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
Mme la députée de Vaudreuil. Et je cède maintenant la parole à M. le député
de Marquette.
M.
Enrico Ciccone
M. Ciccone : Merci beaucoup, M. le Président. Je tiens à remercier la
députée de Vaudreuil qui tient, haut et fort,
le projet de l'aréna de Pincourt. Comme elle a mentionné un peu plus tôt, c'est
mon patelin, je suis né là. J'ai fait tout mon hockey dans la région,
malheureusement, ce n'était pas dans ma ville natale qui est Pincourt. On était
obligé de s'expatrier à Vaudreuil. Ce
n'était pas si pire, à l'époque, mais aujourd'hui, avec les conditions des
infrastructures, les gens sont obligés d'aller un peu plus loin.
Et je vous dirai, M.
le Président, que, pour l'aréna de Pincourt, j'ai 54 ans aujourd'hui, si
vous saviez... Parce que le projet existait
à l'époque, là. On voulait bâtir un aréna quand j'étais haut comme ça, ça fait
longtemps, là, quand j'étais haut comme ça, ça fait longtemps. Et on
vendait du chocolat. J'en ai vendu du chocolat, M. le Président. Ça n'a pas de bon sens. Mon père faisait partie du comité pour
l'aréna, puis, après je ne sais pas combien d'années, une trentaine d'années
et plus, à un moment donné, j'ai reçu un coup de téléphone qui m'a dit... M. Bessette,
que je salue, puis qui m'a appelé puis qui
m'a dit : Enrico, finalement, on va l'avoir, notre aréna. Je dis : Pas
avec l'argent qu'on a ramassé avec les barres de chocolat? Il dit :
Oui, oui, oui, on a toujours gardé cet argent-là pour bâtir l'aréna, on a
l'aréna.
Et là la députée l'a
mentionné, on a commencé le projet, bataille juridique, judiciaire. L'aréna est
encore là. Et, je vous dis, je vais voir mes
parents quand même assez souvent, là, et, à chaque fois que je passe là, j'ai
des larmes aux yeux. Ça me fait de la peine de voir une infrastructure... qui
est extraordinaire, là, quand tu rentres, là, avec les poutres en bois, c'est nouveau,
nouvel âge. C'est extraordinaire, de la façon que ça a été fait, puisque ça
avait été bâti aussi pour des concerts
également, alors pour le son. Alors, c'était très, très bien fait. Alors, en
espérant que ce projet-là pourra être reparti.
• (11 h 50) •
Je tiens également, M. le Président, à m'excuser
aussi à toute la population du Québec. Alors, on est au... C'est le meilleur
endroit pour m'excuser. J'ai été 18 ans dans les médias et, pendant
18 ans, comme chroniqueur, analyste, animateur, j'ai dit que le sport
national du Québec était le hockey, ce qui était complètement faux, M. le
Président. Alors, je tiens à m'excuser pour
ça. C'était une citation qui était fausse. Mais cependant on va remédier à ce
problème-là. Puis c'est... on le voit d'un bon oeil, là, de notre côté
ici, là, de voir... surtout moi, personnellement, de voir mon sport être élevé
au titre de sport national de ma province. Écoutez, au pays, ça a déjà été
fait, mais de ma province, c'est extraordinaire.
Cependant, j'espère juste que ce titre-là ne soit pas seulement symbolique, là,
que ce ne soit pas seulement un coup de marketing, là.
Tu sais, il y a un poids, là, à désigner le
hockey comme notre sport national. Puis vous m'avez entendu, lors des dernières
semaines, là, de mettre de la pression, parce que c'est mon devoir de mettre de
la pression. O.K., vous voulez monter le
hockey au titre de sport national, mais ça, ça vient avec des responsabilités,
là. Puis mes collègues en ont... ma collègue en a parlé, la collègue de
Vaudreuil également en a parlé, ça vient avec, oui, des infrastructures. Je
sais qu'il y a un montant important qui a été investi, mais ça, il faut le
renouveler, là. Il faut en mettre, de l'argent, là. C'est important que le programme roule chaque année, là,
parce qu'à un moment donné, qu'on mette le montant qu'on voudra, si on ne met pas les montants nécessaires, bien, ça va
devenir de plus en plus désuet, puis on ne sera jamais capables de rattraper
le temps perdu.
Je sais
qu'on... que la CAQ, et même la ministre, a, sur son bureau, les
recommandations. Mais, quand on regarde, une des recommandations, c'est «doter
le Québec des infrastructures appropriées au développement du hockey».
Je comprends qu'on veut un aréna, là,
dans... une patinoire dans toutes les villes et villages du Québec. Je
comprends que... Tu sais, on sait
tous compter, là. On sait tous compter, puis ça, c'est quand même... c'est
quand même énorme, là, puis je comprends que ça coûterait cher. Mais, en
même temps, on peut avancer et être meilleurs aussi.
Quand je vous disais qu'il ne faut pas seulement
que ce soit symbolique, moi, quand j'ai lu, M. le Président... tu sais, puis on prend des trucs aussi, là, au fil
des années, là. Moi, j'ai pris le mémoire, là, au Conseil des ministres, là, puis, quand j'ai vu ça, je me suis
dit : Bon, bien, je sais que la ministre a un budget pour le sport, pour
le hockey, puis je me suis dit : Mon
Dieu! La culture veut s'approprier du hockey. Bien, tant mieux, on va avoir
deux enveloppes. C'est extraordinaire, mais je comprends que c'est
pour... c'est réservé pour certaines catégories, là.
Mais quand je
vois, ici, au point 8, hein, là je répète, mémoire au Conseil des
ministres, «le projet de loi lui-même ne prévoyant aucun budget
spécifique et aucun objectif précis», entre parenthèses, au-delà de la
reconnaissance, je me suis dit : On fait ça pourquoi? Pourquoi? Tu sais,
on va avoir des questions à poser, là, pendant l'étude détaillée, là. Tu sais, je comprends, parce que, là, si on
regarde l'historique du hockey, là, avec le gouvernement, là, tu sais, je veux
dire, le rapport de hockey a été déposé dans un moment où on voulait
changer le narratif, là. Ça n'allait pas bien dans les CHSLD. Par la suite, je ne vous parlerai pas de la game des Kings,
M. le Président. Là, ça, ici, pourquoi ça vient là? Ma collègue, elle l'a amené. Pourquoi ça vient là? Ce
n'est pas qu'on est contre, là, mais on a des questions à poser, là, de savoir comment...
le pourquoi.
Puis beaucoup d'éléments dans ce projet de
loi... Quand on parle, M. le Président, de sport national, là, je vais juste vous lire ici, là, ça, ça veut dire que...
«un sport et une pratique sportive qui sont au coeur de nos traditions, de nos valeurs
puis de notre identité», ça veut dire qu'on va élever le sport. Déjà qu'il était
quand même assez élevé, là, il est quand même important ici, là, on l'élève à
un autre niveau, là. Ça veut dire quoi, là? Ça veut-tu dire qu'on va amener ça partout? C'est sûr que moi, mon rêve le plus
utopique, M. le Président, puis ça, c'est un projet de société, là, que ça...
tout le sport passe par les écoles puis que ça ne coûte plus une cent, là, pour
les parents, là, puis qu'on puisse démocratiser
le sport. Parce que la ministre a même parlé de démocratisation du sport. Puis
je comprends qu'on... ça ne peut pas arriver demain matin, là. On ne
peut pas faire ça demain matin puis même l'année prochaine, là. Tu sais, ça,
c'est un projet de société. Il faut commencer à y penser. Il faut semer des
graines. Il faut le dire. Il faut en parler le plus souvent possible, plus souvent possible. Puis, à un moment donné, bien,
un pas à la fois, on va peut-être pouvoir y arriver. Est-ce que je vais
être encore là, M. le Président? Je ne le sais pas. Est-ce que je vais être
encore vivant? Je ne le sais pas non plus.
Mais selon moi, avec l'expertise que j'ai accrue au cours de ma vie, et les
gens qui m'entourent aussi, c'est pas mal la voie à aller.
Mais ça, ça
coûte des sous. Puis, en même temps, si on élève le hockey au niveau du sport
national, je pense qu'on pourrait peut-être saisir l'opportunité pour en
parler encore plus puis semer plusieurs graines.
Ceci dit, M. le Président, je veux juste vous
lire un élément, quelques... un texte de Stéphane Laporte. Mais avant de parler du texte de Stéphane Laporte, je
vais prendre l'occasion pour dire que, tu sais, en matière de timing, là, quand
on parle de sport, là, puis on parle de hockey, là, tu sais, je veux dire, ce
qui s'est produit depuis hier, là, je ne peux
pas passer sous silence... Puis j'en ai parlé amplement puis je vais en parler
encore aujourd'hui. Tu sais, j'ai déposé une motion aujourd'hui pour
faire attention à nos propos au niveau de faire l'apologie des bagarres. Tu
sais, je veux dire, on a avancé, M. le Président, au niveau de la société puis
au niveau de la société québécoise. Pourquoi qu'on a avancé à ce niveau-là? Parce
qu'il y avait deux personnes dans le salon bleu, à l'époque, salon rouge
aujourd'hui, qui avaient la même vision, puis on a avancé à ce niveau-là, puis
on a dit : Les bagarres, là, ça n'a pas de bon sens. Puis même la ministre, qui a déjà utilisé le mot
«barbare»... C'est barbare, effectivement. Puis là d'entendre, aujourd'hui...
bien, hier, cette semaine, le premier ministre... puis refuser même la
motion, j'ai trouvé ça un petit peu un synchronisme, là, parce que je ne veux pas utiliser le mot «timing»
là, un mauvais timing. Je vais parler du... un des plus beaux sports au Québec,
puis on veut le mettre au rang du sport national, puis qu'on accepte encore, de
la bouche du premier ministre... parce que lui, il aime ça, les bagarres. Je comprends que ça met la
ministre dans une position un peu délicate, mais je sympathise avec
elle. Je sympathise énormément avec elle.
Ceci dit, je
vous laisserai sur un texte de Stéphane Laporte, du 16 février dernier
dans La Presse, parce que ça explique un peu ce qui se passe
présentement au Québec, notamment avec le hockey.
«80 ans après l'explosion de Maurice
Richard, le Québec est à court de munitions. Durant la Confrontation des 4 nations, qui se déroule, en ce moment,
à Montréal et à Boston, il ne reste plus, pour représenter le beau grand Canada
face à la Suède, à la Finlande et aux États-Unis, qu'un seul Québécois. Ils
sont 11 Ouest-Canadiens, sept Ontariens, trois citoyens des Maritimes
et une souris bleue.
«Nous ne pouvons même pas crier à l'injustice.
Le talent de chez nous n'a pas été boudé. Nous n'avons pas de compatriotes
comparables aux Crosby, McDavid, MacKinnon ou Makar parmi nous. Si ça se
trouve, aucun Québécois ne s'alignerait avec
l'équipe canadienne aux Jeux
olympiques d'hiver de l'an prochain,
à Milan et Cortina. On en est là.
«Samuel Montembeault pourrait bien être le
dernier Québécois à faire partie de l'élite d'un sport que notre gouvernement
provincial s'apprête à nationaliser. Trop peu, trop tard.
«Que s'est-il passé? Oui, le hockey s'est
internationalisé, mais ce n'est pas une raison pour qu'il n'y ait qu'un seul
Québécois dans l'équipe du Canada. Les Russes, les Suédois ou les Allemands ne
peuvent pas nous voler notre place dans l'équipe nationale canadienne. La
modernité du hockey touche autant le reste du Canada que le Québec. Pourquoi
continuent-ils de produire quantité et qualité de joueurs surdoués alors que
nous peinons à en faire autant?
«Je crains
bien que la raison principale ne s'applique pas seulement au hockey. J'ai bien
peur que le hockey ne soit que le symptôme du mal qui nous ronge :
le désintéressement, l'indifférence face au "nous", l'obsession du
"je".
«Serions-nous en train de disparaître? Les Québécois
du XXe siècle seraient-ils incapables de s'adapter au XXIe siècle en
tant que société solidaire?
«Comment se
fait-il que le Québec soit incapable de mettre au point un programme de hockey
efficace et fructueux? S'il y en a qui connaissent ça, c'est bien nous autres.
On n'y parvient pas, parce qu'on n'arrive pas à mettre de côté nos
intérêts personnels pour le bien collectif. On est devenus des mangeux de pucks.»
Le ministre de la Culture, tantôt, citait
des expressions québécoises, on est devenus des mangeux de pucks, M. le
Président. On ne sait plus... «On ne se fait plus de
passes. On ne s'aide plus.
«Le hockey, qui permettait à tant de Québécois
moins fortunés de devenir des transfuges de classe, d'accéder à un autre monde,
est devenu un sport de riches auquel l'accès leur est refusé.
«Jouer au hockey est devenu compliqué, à un
point tel que ce n'est plus jouer, c'est s'investir dans le hockey. Les patinoires ne sont plus accessibles. Guy Lafleur se
glissait dans un trou de l'aréna de Thurso pour accéder à la glace et
devenir Guy Lafleur.»
• (12 heures)
•
Vous m'avez
vu interpeler le ministre... le premier ministre à plusieurs... plusieurs fois
au niveau de l'aréna de Thurso. Je
comprends qu'il y a des programmes. Puis ce n'est pas une question de prendre
des décisions politiques, mais, quand je parle de la force des mots d'un chef
d'État, il en a eu, des mots durs, là, en acceptant que les jeunes se battent,
encore aujourd'hui, dans la Ligue
nationale, O.K.? Il a même dit aussi, M. le Président, qu'il était pour sauver
l'aréna de Thurso. On l'attend. C'est des mots forts d'un premier
ministre, ça. C'est des mots forts. Il faut qu'il respecte sa parole.
«Y a pas de secret. C'est en jouant qu'on
devient joueur. Une loi qui fait du hockey le sport national des Québécois ne
sert à rien si elle n'est que sémantique. Le harfang des neiges est l'oiseau
officiel du Québec. Je ne crois pas que cela
ait changé grand-chose à son plan de vol. L'iris versicolore est l'emblème
floral du Québec. Je ne crois pas que cela ait changé grand-chose à sa
floraison, à sa situation dans le gazon. Par contre, le hockey devient officiellement
ce qu'il a toujours été, le sport national du Québec. Il faut qu'il redevienne
source de fierté. Il faut que les institutions qui l'encadrent le rendent
attrayant, excitant, amusant. Il faut que les joueurs aient le goût d'y jouer.
«Le grand Serge Savard jouait du matin au soir
au hockey, les samedis et dimanches de sa jeunesse — ça, c'était nous dans
le temps aussi, M. le Président. Le midi, il rentrait dîner chez lui patins aux
pieds, tellement il était attaché à ce jeu.» J'ai dîné nombre de fois avec mes
patins dans les pieds, M. le Président. «Le hockey, c'était le rêve des enfants. Qui voulaient jouer toute leur vie.
Aujourd'hui, le hockey, c'est le rêve des parents. Qui veulent un enfant dans
la ligue nationale pour assurer leurs vieux jours.» C'est des mots qui sont
durs, M. le Président. «Le hockey n'est plus un jeu. Le hockey est une job.
«Le problème,
c'est que, pour redresser la barre, pour replacer les choses, il faut parvenir
à s'entendre, et c'est ce que les Québécois ne réussissent plus à faire,
s'entendre, s'accorder, s'harmoniser. Autant pour restructurer le hockey que
pour restructurer l'éducation ou la santé.
«Aucun leader
ne parvient à rassembler les gens autour d'un idéal. Parce que, l'idéal, plus
personne n'ose le porter, plus personne n'ose y croire, plus personne
n'ose en parler, du Québec de tous les Québécois, des Québécois d'avant, de
ceux de maintenant et des arrivants.» Et des arrivants, et des arrivants, M. le
Président.
«Voilà
pourquoi, de plus en plus, nous vivons dans un monde où les autres décident
pour nous. Nous vivons dans un monde qui va nous assimiler.
«Si on ne se regroupe pas, si on ne rallume pas
l'esprit d'équipe, le dernier des Québécois naîtra dans quelques années. Même
pas pour un petit pain. Juste pour qu'on en fasse une bouchée.
«En attendant, on n'est même pas habillé. On
regarde le show de la passerelle. Go, Canada, go! En espérant pouvoir nous
aider à gagner bientôt.»
Et ça, c'était un texte de Stéphane Laporte, que
je remercie. Et, sur ces belles paroles, M. le Président, je dirai que nous
allons voter en faveur du principe. Cependant, nous aurons des questions très
importantes. Merci beaucoup, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Merci,
M. le député de Marquette. Nous poursuivons l'adoption du principe du
projet de loi n° 90, et je reconnais Mme la ministre responsable du Sport,
du Loisir et du Plein air.
Mme
Isabelle Charest
Mme Charest : Oui, merci, M. le
Président. Très heureuse d'intervenir sur ce projet de loi qui... Bien, je remercie
mon collègue pour l'avoir déposé et je
trouve que c'est un projet de loi qui est extrêmement porteur pour le milieu du
sport, parce que, pour le premier référent culturel, c'est le sport.
Puis on le sait, on en a parlé, mon collègue en a parlé aussi, à quel point le
hockey... Puis moi, je suis une patineuse de vitesse. Je ne suis pas une
joueuse de hockey, mais je suis capable de reconnaître que le hockey fait
partie de nos traditions, que, le hockey, on a tous des souvenirs qui y sont
reliés, que ce soit parce qu'on y a joué quand on était ti-cul sur la glace de
quartier, parce qu'on l'a regardé à la télé avec notre famille, parce qu'on
s'est enflammé dans une discussion autour de la machine à café. Bref, le
hockey, c'est un référent culturel, et il est nommé, et ça, je trouve que c'est
très porteur pour le milieu sportif, parce que, quand on parle de culture, habituellement on parle d'art de
la scène, de peinture, et tout ça, mais là, pour une fois, on reconnaît que
le sport, ça peut être un vecteur d'identité. Alors, je suis très, très
satisfaite de ça.
Maintenant,
je trouve ça assez particulier d'entendre les collègues puis... bon, d'une
part, la députée de Robert-Baldwin qui part puis qui dit : Ah! mais là la
culture, ça n'a pas de bon sens, puis là on a un projet de loi, puis on a des
besoins en culture. Mais là, après
ça, on dit : Oui, mais là c'est un projet de loi qui vient juste donner un
symbole, comme quoi que c'est un
référent, ça fait que, là, il faut mettre de l'argent dans le sport puis il
faut mettre de l'argent dans les infrastructures. Puis là, après ça, on a... Là, on fait le débat
des infrastructures, puis là on dit : Bien là, il faut juste mettre de
l'argent dans les patinoires, puis
tout ça. J'invite la députée de Vaudreuil à parler aussi à ses citoyens, qui,
probablement, veulent des piscines, puis qui veulent des terrains de
pickleball, puis qui veulent toutes sortes de choses.
Ce qui est
intéressant, avec tout ce qu'on a fait avec le comité hockey... Puis là je
rappelle aussi que le dépôt du projet de loi reflète la première recommandation
du comité hockey, qui disait de reconnaître le sport du hockey sur glace comme notre sport national. Donc, on vient
rencontrer la première recommandation du rapport du comité hockey en
nommant le hockey comme notre sport national. Mais tout ce qui a été fait avec
ce comité hockey, ça sert, justement, à allumer la flamme dont le député de
Marquette vient d'évoquer, puis le texte de Stéphane Laporte.
Donc, avec le comité
hockey, on a voulu rassembler tous les acteurs du milieu pour, justement, dégager
une vision commune pour pouvoir développer
le hockey puis pour faire en sorte qu'ultimement, là, les jeunes évoluent dans
un milieu sain et sécuritaire, qu'on arrive avec des solutions puis des
propositions qui vont faire qu'on va s'y plaire, au hockey, ça va continuer à être un milieu porteur de fierté puis
porteur de jeunes qui vont s'accomplir, puis qui vont se développer,
puis qui vont aller à leur plein potentiel.
Donc, plein de choses
qui ont été mises en place avec ce comité hockey, qui nous a servi non
seulement pour développer le hockey, mais aussi pour développer les autres
sports. Parce que, le hockey, on y croit beaucoup, mais on croit aussi dans
tous les autres sports, pour faire en sorte que nos jeunes se développent à
leur plein potentiel.
• (12 h 10) •
Donc, on a, entre
autres, les infrastructures sportives, et je le sais, à quel point c'est
important pour toutes les municipalités puis pour toutes les régions, à quel
point c'est important, les infrastructures sportives, mais de tous les sports.
Et, encore une fois, on a investi comme on n'a jamais investi dans les
infrastructures. Le député de Marquette faisait allusion qu'il faut mettre de
l'argent, mais il faut en mettre beaucoup, parce que, sinon, ça devient désuet.
Bien, malheureusement, on est dans cette situation-là parce que les
gouvernements précédents n'ont jamais investi dans les infrastructures. On a
des infrastructures qui datent des années 60, 70 puis qui, là, tombent en
ruine. Alors, nous, on en met massivement, de l'argent dans les
infrastructures, pour faire en sorte que, partout au Québec, on ait accès à des
infrastructures de qualité, pour que les jeunes puissent bouger, mais puissent
bouger aussi selon leurs besoins, selon leurs goûts, et dans toutes les
infrastructures possibles et imaginables, et dans tous les sports.
Ceci étant dit, on
sait que le hockey a une place extrêmement importante dans nos régions, et
c'est pour ça qu'il y a plus de 30 % de
l'enveloppe du PAFIRSPA qui est allé dans des infrastructures de patinoires ou
d'arénas. Donc, il y a quand même un effort qui est fait, parce qu'on
veut soutenir le hockey.
Mais
il y a tout plein d'autres mesures aussi qui découlent du rapport du comité
hockey pour faire en sorte, justement, que le milieu soit sain, soit
sécuritaire, que les jeunes y aient accès. On parle d'accessibilité, beaucoup,
là, pour le hockey. Je rappelle une mesure qui est extrêmement porteuse,
c'est celle des programmes particuliers qu'on finance, 300 $ pour les
parents pour faire en sorte de baisser la facture. Donc, évidemment, ça, ça
sert à tous les parents qui ont des jeunes qui sont inscrits au hockey à
l'école secondaire. Donc, on vient baisser les frais des programmes
particuliers, donc les PPP.
Ensuite, on a la
mesure circonflexe, donc, les banques d'équipement, 40 millions qui ont
été investis pour faire en sorte que,
partout au Québec, on ait accès à de l'équipement gratuit. Ça fait que ça,
c'est des patins, c'est des casques, c'est des hockeys, c'est des luges,
c'est des skis, c'est toutes sortes de choses pour faire en sorte qu'on puisse
bouger. Mais, encore une fois, on veut rendre accessibles le sport et aussi le
hockey à toute la population.
On a parlé du
développement du hockey féminin. Je rappelle que nous avons financé le développement
du hockey féminin puis le centre
d'entraînement pour le hockey féminin, et on voit un essor dans l'inscription
des jeunes filles au hockey, et ça, je trouve ça très porteur. Et non
seulement on voit un essor dans l'inscription des filles au hockey, mais,
enfin, on a renversé la vapeur, parce qu'auparavant, là, ça régressait, les
inscriptions au hockey, pas juste les filles,
là, mais les garçons aussi, là, il y avait de moins en moins de jeunes qui
s'inscrivaient au hockey. Bien là, enfin, on a mis un frein non
seulement à la régression, mais on est en hausse, donc près de 5 % de
hausse d'inscriptions. Donc, ça veut dire qu'on fait du chemin.
Plein de mesures qu'on a
mises en place, puis là je ne les élaborerai pas toutes, mais plein de choses
qu'on a mises en place, justement, suite à ce fameux comité hockey qui nous a
donné des recommandations puis sur lesquelles on
travaille puis qu'on continue de travailler pour faire en sorte que le sport
national reste un sport porteur de positivisme, qu'il soit une source de
fierté et qu'on continue à en parler de façon positive autour des machines à
café.
Puis pourquoi
on le fait cette année aussi, là, bien, je vous rappelle que, cette année, on
célèbre le 150e anniversaire du premier match de hockey.
Donc, un projet de loi qui n'a pas demandé bien,
bien, bien de temps au ministre de la Culture, là, qui n'a pas fait en sorte
qu'il n'a pas pu entendre tout le milieu culturel, là, dans leurs doléances et
tout ça, là, c'est quelque chose qui s'est fait quand même assez rapidement.
Puis, encore une fois, il n'y a pas de sommes qui sont investies là-dedans, donc ça ne vient pas priver le milieu de la
culture, ça ne vient pas priver les autres sports non plus. On vient juste
reconnaître que, culturellement parlant, le hockey est une source de
fierté pour les Québécois, c'est une source d'identité, un point c'est tout.
Merci, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Benjamin) : Merci, Mme la ministre du
Sport, Loisirs et Plein air. Est-ce qu'il y a d'autres interventions?
Mise aux voix
S'il n'y a
pas d'autre intervention, le principe du projet de loi n° 90, Loi reconnaissant le hockey sur glace comme
sport national du Québec et concernant les référents culturels nationaux,
est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
Renvoi à la Commission de la
culture et de l'éducation
M. Lévesque (Chapleau) : Oui,
merci beaucoup, M. le Président. Donc, conformément à l'article 243 de
notre règlement, je fais motion afin que le projet de loi n° 90, la Loi
reconnaissant le hockey sur glace comme sport national du Québec et concernant les référents culturels nationaux, soit déféré à la Commission de la culture et de
l'éducation pour son étude détaillée
et que le ministre de la Culture et des Communications soit membre de ladite
commission pour la durée du mandat.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Cette
motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Adopté.
M. le leader adjoint du gouvernement.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Merci beaucoup, M. le Président. À ce
stade-ci, je vous demanderais de bien vouloir suspendre nos travaux
jusqu'à 15 heures, s'il vous plaît.
Le Vice-Président (M. Benjamin) : Alors,
afin de permettre le débat sur l'affaire inscrite par les députés de
l'opposition, cet après-midi, les travaux sont suspendus jusqu'à
15 heures.
(Suspension de la séance à 12 h 15)
(Reprise à 15 h 01)
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Mmes,
MM. les collègues, veuillez prendre place.
Affaires
inscrites par les députés de l'opposition
Motion
proposant que l'Assemblée déclare néfaste pour l'industrie
québécoise de l'aluminium l'imposition de tarifs à l'exportation
Nous en
sommes maintenant aux affaires inscrites par les députés de l'opposition. Donc,
à l'article 63 du feuilleton, aux
affaires inscrites par les députés de l'opposition, M. le député de
Marguerite-Bourgeoys présente la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale déclare que
l'imposition de tarifs à l'exportation sur l'aluminium québécois, tel que
proposée par le premier ministre du Québec, serait néfaste pour l'industrie
québécoise de l'aluminium et tout particulièrement pour l'économie de la région
du Saguenay—Lac-Saint-Jean.»
Je vous informe que la
répartition du temps de parole pour le débat restreint sur la motion inscrite
par M. le député de Marguerite-Bourgeoys
s'effectuera comme suit : 10 minutes sont allouées à l'auteur de la
motion pour sa réplique, 52 min 45 s sont allouées au
groupe parlementaire formant le gouvernement, 28 min 38 s sont
allouées au groupe parlementaire formant l'opposition officielle,
18 min 5 s sont allouées au deuxième groupe d'opposition,
6 min 2 s sont allouées au
troisième groupe d'opposition, 1 min 30 s sont allouées à chacun
des députés indépendants. Dans le cadre de ce débat, le temps non
utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires
sera redistribué entre les groupes
parlementaires selon les propositions établies précédemment. Mis à part ces
consignes, les interventions ne seront soumises à aucune limite de temps.
Enfin, je rappelle aux députés indépendants que, s'ils souhaitent intervenir au
cours du débat, ils ont 10 minutes à partir de maintenant pour en aviser
la présidence.
Je
cède maintenant la parole au chef de l'opposition officielle.
M.
Marc Tanguay
M. Tanguay : Merci
beaucoup, Mme la Présidente. Je suis très heureux, je pourrais le dire comme
ça, de prendre la parole sur la motion qui est déposée par notre collègue de
Marguerite-Bourgeoys. Donc, motion importante, ce mercredi, et c'est un débat qui est amené par le parti de
l'économie au Québec, le Parti libéral du Québec, le seul véritable parti de
l'économie, le Parti libéral du Québec.
La motion : «Que l'Assemblée nationale
déclare que l'imposition de tarifs à l'exportation sur l'aluminium québécois, tel que [le propose] le premier
ministre du Québec — puis que, soit dit en passant, l'industrie
ne veut pas, alors, le parti de l'économie, cherchez-le pas en face — serait
néfaste pour l'industrie québécoise de l'aluminium...» C'est ce qu'on
sait. C'est ce qu'ils disent. Nonobstant cela, le premier ministre persiste et
signe et voudrait leur imposer cette taxe-là. Particulièrement
pour l'économie de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Des milliers d'emplois dans l'aluminium, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
pourraient être mis à risque. Lorsque l'on ajoute les menaces... Tout le monde
à la maison a compris, tout le monde
comprend. C'est clair que les menaces tarifaires de Trump, c'est mauvais pour
l'économie. C'est mauvais pour les Américains, s'ils décident d'aller
là-bas. Mais, nous, ce qui nous intéresse, c'est le Québec, c'est le Canada, le Québec d'abord. C'est mauvais,
ces tarifs-là, si, d'aventure, il allait de l'avant avec ça. Réponse du premier
ministre du Québec : Bien, moi, je vais en faire, moi aussi.
Que la taxe soit
importation ou exportation, on s'entend tous, c'est mauvais pour l'économie.
Que la taxe vienne de Donald Trump ou du premier ministre... j'allais nommer
son nom, mais vous connaissez c'est qui, moi, je ne peux pas le nommer, Trump ou le premier ministre, c'est
mauvais. Que ça vienne de Québec, du complexe G ou de Washington,
Maison-Blanche, une taxe import-export, c'est mauvais pour l'économie. Vous ne
pouvez pas dire : Bien, moi, je vais combattre le feu par le feu, puis
Trump, il va reculer.
Mme la Présidente, la mission première du
premier ministre du Québec, c'est de protéger puis de voir même se développer
notre économie, consolider nos entreprises, rassurer les travailleurs,
travailleuses. Ils sont des milliers, des milliers, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
dans l'aluminium. Et les gens qui travaillent là-dedans, l'Association de l'aluminerie... des alumineries du Canada l'ont
clairement dit : Nous, on n'a pas besoin, pour diversifier nos échanges,
de se faire tordre le bras par le
premier ministre du Québec en disant : Bien, moi, je vais vous obliger à
développer de nouveaux marchés, notamment en Europe, en vous imposant, moi,
premier ministre du Québec, une contre-taxe de 25 % de ce que vous allez vendre aux États-Unis. Ils
n'ont pas besoin de ça pour avoir des incitatifs de dire : Bien là, on va
se faire faire mal par notre premier ministre, on va développer les
marchés en Europe.
Puis, soit dit en passant, j'ouvre une
parenthèse, ce n'est même pas de compétence du premier ministre du Québec que d'imposer une telle taxe à
l'exportation, c'est une compétence fédérale, le cas échéant. Alors, une fois
qu'on a dit ça, probablement que le premier ministre — je
pense qu'il l'avait échappée, celle-là — n'aurait pas la compétence
pour imposer cette taxe-là sur les exportations. Ça ne lui appartient pas,
cela.
Alors, ce qu'il devrait faire, par contre, c'est
s'asseoir avec le fédéral. Et, plutôt que d'aller, comme il l'a fait la semaine
passée, à Washington pour dire qu'il est prêt à faire beaucoup de compromis sur
la forêt, l'aéronautique et l'aluminium, je vais y revenir, il devrait aussi...
plutôt que de dire cela, prêt à faire des compromis, il devrait s'asseoir avec le fédéral et les autres partenaires
économiques canadiens, les premiers ministres des provinces et dire : On
va se faire une stratégie commune.
C'était de les voir, Mme la Présidente, devant
la Maison-Blanche, dans un point de presse : un disait quelque chose, un disait une autre affaire, puis notre
premier ministre, il n'a pas donné sa place, c'est lui-même qui a sonné la
charge en disant, imaginez-vous donc, qu'il était prêt à faire beaucoup
de compromis.
Alors, on a devant nous Donald Trump qui menace,
puis c'est sa stratégie économique, d'imposer des tarifs à l'importation, aux
importations américaines de produits canadiens, québécois. Face à cela, nous,
on doit négocier. Le Québec seul, séparé, le
grand rêve du Parti québécois, ne serait pas plus fort, au contraire, au
contraire. Le Québec, au sein de la fédération canadienne, parce qu'on
l'a bâti, ce pays-là, bien, il faut faire marcher et fonctionner tous nos
leviers économiques. Il faut s'asseoir avec
les partenaires canadiens et dire : On va avoir une stratégie commune et
on va parler front commun face aux menaces de Trump.
Moi, dans une vie antérieure, Mme la Présidente,
j'étais avocat en litige commercial. Alors, moi, je n'étais pas homme
d'affaires, je ne faisais pas des affaires, mais, comme avocat en litige
commercial, je ramassais bien souvent les
dégâts des gens d'affaires quand ils en faisaient, jusqu'en cours de faillite,
Mme la Présidente. Puis, en litige civil, vous... on réglait à peu près
neuf dossiers sur 10. Neuf dossiers sur 10, on n'allait pas devant le juge,
parce qu'on savait fort probablement ce
qu'il allait dire, le juge. On s'assoyait devant la partie adverse, l'avocat ou
l'avocate en face, puis je n'ai jamais commencé une négociation, jamais,
jamais, jamais, parce que je n'aurais pas fait longue carrière là-dedans, en disant : Bonjour,
chère consoeur, vous nous poursuivez pour 2 millions de dollars, je tiens
à vous dire, moi, d'entrée de jeu, on négocie, que moi, je suis prêt à
vous concéder ça, je suis prêt à vous concéder ceci et je suis prêt à vous
concéder... et concéder cela. Qu'est-ce que
vous en pensez? Tout de suite, qu'est-ce
qu'elle m'aurait dit? Elle dit : C'est très bien, parfait.
Maintenant, j'en veux plus. Alors, j'aurais commencé en mettant tout mon jeu
sur la table. Jamais vous ne faites ça.
Ce qu'a fait
le premier ministre? Le premier ministre dit : Donald Trump, d'abord et
avant tout, c'est une menace. Il s'en va porter le message à Donald
Trump : On débute des négociations, plutôt que d'avoir une position de force.
Moi, quand je commençais mes négociations, c'était une position de force :
Vous savez, chère consoeur, que votre client, telle,
telle, telle affaire, il est en position de faiblesse. Puis vous savez que, si,
mon client, ça lui tentait de faire ça, ça, ça, ça aurait des
répercussions. Vous savez que vous devez régler. Vous savez que vous avez tout
intérêt à régler, parce que, sinon, ça va vous coûter cher, et très, très cher.
Jamais vous ne dites : Voici les trois compromis. On peut-tu commencer la
négociation? Ce qu'a fait le premier ministre.
• (15 h 10) •
Le premier ministre, il est allé dire, et je le
cite, tout le monde a compris à la maison, quelle erreur : «On est prêts à beaucoup de compromis dans l'aéronautique,
dans la forêt, peut-être dans la sécurité à long terme sur l'aluminium.»
Il referme son dossier, zippe sa valise, saute dans l'autobus, puis retourne à
Montréal. Wow! Aïe! Donald Trump, là, Mme la Présidente, je suis certain qu'il
s'est dit : Wow! Il a été trop généreux. Je vais arrêter d'en demander. Je
vais arrêter d'en demander. Où est-ce que je
signe? Moi, je prends ça avant qu'il change d'idée, là, le premier ministre du
Québec. Bien non! Ça s'appelle : Parfait. Tu me concèdes ça de
territoire? Bien, la conversation commence là. La conversation commence dans
votre territoire.
Voir si, au hockey, la game qui aura lieu... la
partie qui aura lieu jeudi soir, les Canadiens vont dire : Bien oui, faites la mise au jeu sur notre ligne bleue.
François Legault a fait en sorte comme si le Canada—États-Unis commençait la partie de jeudi soir à la
ligne bleue de la zone canadienne. On va mettre... On va faire... Puis
savez-vous quoi? Toutes les mises au
jeu qui devraient être centrales, on va les faire dans notre territoire. C'est
comme ça que nous autres, on aborde... on
aborde le match. On est sérieux. Prenez-nous au sérieux. Bien, ils ne vous
prendront pas au sérieux. Ils vont dire : Voyons donc, ça n'a pas
de bon sens!
L'industrie de l'aluminium, pour revenir
là-dessus, d'imposer une taxe, ce qu'il ne peut pas faire, sur l'exportation,
mauvaise idée telle que décrite par les gens de l'industrie de l'aluminium,
même la ministre responsable de la région du
Saguenay—Lac-Saint-Jean a dit, et je la cite : «Avant d'aller de l'avant avec une contre-taxe
tout de suite, il faut bien
réfléchir.» Fin de la citation. Qu'elle a raison! On lui donne raison. Il
aurait juste fallu que le premier ministre applique ce bon conseil là,
qu'il réfléchisse puis qu'il ne le dise pas, parce que c'est une fausse bonne
idée, Mme la Présidente. Ça n'arrivera pas.
De toute façon, il n'a pas le pouvoir de faire ça. Puis on a dépensé du temps
sur une mauvaise stratégie.
Alors, ce qu'on conseille au premier ministre,
en terminant, Mme la Présidente... Le 6 novembre, au lendemain de l'élection de Donald Trump, le premier ministre
a dit quoi? Je le cite : Je vais prochainement... Il y a plus de trois
mois, lendemain de l'élection de Trump, le premier ministre dit : «Je vais
prochainement nommer un émissaire spécial de haut niveau, donc quelqu'un de
très connaissant, d'expérience.» Fin de la citation. Ça fait plus de trois mois
et demi qu'on l'attend, Mme la Présidente. Il est réellement temps qu'il
le nomme, parce que... dans sa stratégie, où on voit qu'il n'a pas de plan puis
que, là, il nous affaiblit plus qu'autre chose, il serait grandement temps...
Puis le premier ministre a dit hier : Ce n'est pas... ce n'est pas de la
matière pour les enfants, là, ce qu'on fait là. Je suis d'accord avec lui. Il
serait grandement temps qu'il nomme quelqu'un, finalement, qui gère le dossier,
qui est capable de nous coordonner un plan de
match, de très connaissant et d'expérience, ce qu'on manque cruellement à la
tête de l'État québécois, face à Donald Trump. Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le chef de
l'opposition. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Mme la ministre
de l'Économie, la parole est à vous.
Mme Christine Fréchette
Mme Fréchette : Oui,
merci, Mme la Présidente. Je tiens d'abord à saluer le collègue de
Marguerite-Bourgeoys, qui nous interpelle aujourd'hui concernant ce sujet
d'imposition des tarifs à l'exportation sur l'aluminium québécois. Ça fait suite aussi à la... à leur demande de tenir
un débat d'urgence sur l'imposition de tarifs sur les exportations canadiennes vers les États-Unis il y a deux semaines. Donc,
Mme la Présidente, je tiens également à saluer les partis d'opposition, qui
appuient le gouvernement, le gouvernement de la CAQ, dans le cadre des menaces
de l'administration Trump envers le Canada.
Les États-Unis sont en fait en totale
contravention avec notre accord de libre-échange, avec les intentions qu'ils
nous ont exprimées ces dernières semaines. Et ils s'attaquent directement à
notre économie, à nos entreprises et aux emplois des travailleurs québécois, et
ça, c'est inacceptable. Je sais que ça préoccupe tous les députés des
oppositions autant que nous, à la Coalition
avenir Québec, et, plus encore, je sais que plusieurs sont inquiets pour la
suite des choses. Alors, soyons clairs, notre plan A, ce n'est pas
de devenir le 51e État des États-Unis, c'est d'éviter les tarifs
douaniers.
Les États-Unis
constituent notre premier partenaire commercial. Il y a plus de 73 % des
exportations québécoises de marchandises qui sont destinées au sud de la
frontière, et ces exportations-là sont liées à plus de
400 000 emplois au Québec. En fait, il y a plus de 9 000 entreprises,
9 300, pour être exacte, entreprises qui brassent des affaires en
sol américain. Alors, ma première responsabilité, c'est de protéger notre
économie, protéger les entreprises québécoises, protéger nos emplois également.
Alors, avec le comité
Québec—États-Unis,
qu'on a mis sur pied ces dernières semaines et qui est présidé par le premier
ministre François Legault, sur lequel je siège avec sept autres de mes
collègues ministres, on se rencontre très régulièrement pour ficeler les
différents scénarios d'action.
En parallèle, on se garde aussi très connectés
avec le milieu des affaires pour envisager les meilleurs scénarios possible et
bien prendre le pouls des différents milieux, des différents secteurs qui
pourraient être plus durement, plus directement affectés par de potentiels
tarifs. Je poursuis mes rencontres avec les représentants, aussi, des
principales associations économiques pour discuter des secteurs, justement, qui
seront les plus touchés, et de voir de quelle manière ça pourrait procéder au
sein de chacun de ces secteurs advenant qu'il y ait des tarifs qui soient
appliqués. Et, quand je parle des secteurs
les plus directement touchés, je pense notamment à l'aérospatiale, à
l'aluminium, à l'industrie agricole, à l'industrie forestière, au
secteur de l'énergie, etc.
En plus de tout ça, notre gouvernement continue
de faire pression, bien sûr, sur le fédéral pour qu'il resserre la gestion de la frontière canado-américaine.
Bref, on est
actifs sur plusieurs fronts. Et par ailleurs le gouvernement du Québec a
développé, au fil des années, un solide réseau à l'international avec
des délégations partout dans le monde. Le Québec est, en fait, un des seuls
États fédérés à être aussi présent à l'étranger.
Et il est essentiel de travailler en étroite
collaboration avec les États-Unis pour leur faire valoir le haut degré
d'intégration qu'il y a entre nos deux économies, qu'il y a entre plusieurs de
nos secteurs économiques stratégiques et de faire en sorte que soient relayés
nos propres messages par des alliés américains auprès de l'administration
Trump.
Alors, dans cette optique, il faut dire qu'on
était au travail avant même l'élection du nouveau président. Le Québec était
encore plus prêt qu'en 2016 pour travailler avec une administration Trump. En
prévision des élections, on a notamment augmenté de 20 % nos effectifs aux
États-Unis et on a rehaussé les représentations de Miami et de Washington, D.C.
au statut de délégation.
Ceci dit, il faut tout de même commencer à
considérer davantage des marchés d'exportation alternatifs, comme par exemple
le marché européen, le marché de l'Asie, pour être moins dépendants des
États-Unis. J'étais à Davos, d'ailleurs,
récemment, pour poursuivre nos discussions auprès de représentants d'autres
marchés d'exportation potentiels et
pour rencontrer aussi des entreprises québécoises qui ont un pied-à-terre à
l'étranger, et le message que j'ai porté là-bas, c'est que le Québec est
un partenaire d'affaires de premier plan pour réaliser leurs projets d'envergure.
On doit profiter davantage des opportunités
découlant de nos accords de libre-échange, comme celui avec l'Union européenne,
par exemple, duquel on n'a pas suffisamment tiré profit, et pour faire valoir à
nos partenaires que le Québec est la place pour développer leurs projets
d'affaires. La situation actuelle nous démontre clairement qu'il est essentiel que les entreprises québécoises,
elles diversifient leurs marchés d'exportation, et il faut y voir dès
maintenant.
Ceci dit, une des choses qui m'est apparue
claire ces derniers temps, avec les propos et les menaces tenus par le
président américain, c'est qu'on doit faire le point sur nos atouts, sur ce qui
nous distingue, sur ce qui fait de nous, le Québec, un partenaire
incontournable et essentiel pour les Américains. Parce que ce sont nos atouts
qui, ultimement, vont faire la différence dans le cadre des négociations à
venir avec les autorités américaines. Par exemple, en matière d'énergie propre,
est-on conscients que l'énergie renouvelable produite au Québec équivaut à
22 % de toute l'énergie renouvelable produite aux États-Unis? En fait, le
Québec est une véritable puissance nord-américaine en matière d'énergie verte.
C'est un actif qui est recherché et dont la valeur est appelée à s'accroître
dans un contexte de transition énergétique.
On a aussi l'aluminium. Ça va être très
difficile pour les États-Unis de se passer de nous, surtout s'ils ne souhaitent
plus importer d'aluminium de Chine, parce que le Québec produit 75 % de
tout l'aluminium primaire qui est produit en Amérique du Nord. Et, en plus,
avec notre technologie révolutionnaire appelée ELYSIS, on va pouvoir se
démarquer encore davantage comme un leader dans cette industrie, en parvenant à
produire l'aluminium le plus vert au monde. C'est vraiment impressionnant, en
fait, de voir tout ce qu'on parvient à faire ici, au Québec.
Et ce que le premier ministre avance, M. le
Président, c'est qu'on ne doit pas céder aux menaces du président Trump et qu'on doit tout mettre sur la table pour
protéger notre économie. Ce que notre gouvernement souhaite faire, c'est de renégocier une entente dans sa globalité avec
les États-Unis, le Mexique et le Canada afin de mettre fin à l'incertitude
entourant l'économie. On doit absolument éviter le piège des ententes
sectorielles. On doit mettre de l'avant nos atouts, tels les minéraux critiques
et stratégiques, le bois d'oeuvre, l'énergie verte, les talents, notre capacité
à innover, et j'en passe. Et ça vaut aussi pour l'aluminium, Mme la Présidente.
Ma collègue la ministre responsable de la superbe région de Saguenay—Lac-Saint-Jean et députée de Chicoutimi va vous en parler plus longuement tout à
l'heure avec grande fierté, j'en suis convaincue.
• (15 h 20) •
Maintenant,
les oppositions, M. le Président... Mme la Présidente, pardon, devraient saluer
tout le travail que notre gouvernement fait dans le cadre de cette
guerre commerciale qui s'annonce. Le premier ministre était à Washington la
semaine dernière dans le cadre de la mission du Conseil de la fédération. Il a
rencontré notamment la direction de la
National Association of Home Builders pour discuter de l'impact des tarifs sur
l'exportation du bois québécois. Et, selon elle, l'apport du Québec en bois d'oeuvre est irremplaçable dans le
marché américain. Aussi clair que ça. Il a aussi parlé avec les dirigeants
d'Alstom de l'impact des tarifs sur le transfert de pièces entre le Québec et
les États-Unis. Le premier ministre a
discuté avec l'Association de l'aluminium du Canada, l'American Aluminum
Association, Alcoa et Rio Tinto, mais,
Mme la Présidente, tous sont d'accord pour dire que les exportations du Québec
dans ce secteur sont irremplaçables. On
exporte 2,9 millions de tonnes d'aluminium vers les États-Unis chaque
année, et ça, ça représente 60 % de leurs besoins.
Alors, lors
de sa deuxième journée de tournée à Washington, le premier ministre a rencontré
des élus démocrates, des élus républicains tout comme des représentants
du Canadian American Business Council. Plus encore, il a aussi parlé avec des conseillers
seniors du président Trump à la Maison-Blanche. Alors, quel était son message?
Bien, Mme la Présidente, il a rappelé aux Américains les impacts négatifs
qu'auraient les tarifs douaniers des deux côtés de la frontière. C'est totalement illogique pour les États-Unis de
mettre en place des tarifs sur des produits comme l'aluminium puisqu'ils
sont incapables de répondre à leurs propres besoins.
Alors, le premier ministre a aussi expliqué
qu'on peut créer des partenariats gagnant-gagnant dans plusieurs secteurs pour protéger nos emplois, tout en aidant
les États-Unis à réduire leur dépendance à la Chine, ultimement, leur
principale cible, les aider à sécuriser leur chaîne d'approvisionnement et à
améliorer leur propre économie. Notre priorité, c'est d'éviter, bien sûr, l'imposition de tarifs et de parvenir à une
entente globale avec les États-Unis qui va donner de la prévisibilité
aux entreprises du Québec.
Toutefois, on est prêts pour toute éventualité.
Notre première responsabilité, comme gouvernement, c'est de défendre les travailleurs québécois, de les
soutenir et de redéployer l'économie, advenant qu'il y ait imposition de tarifs.
Et c'est vrai non seulement pour l'aluminium, mais aussi dans une série
d'autres secteurs stratégiques.
D'ailleurs, ce qui est clair, et je pense que ça
vaut la peine de le répéter, c'est que Donald Trump a tout faux lorsqu'il dit qu'il n'a pas besoin du Canada et,
par conséquent, du Québec. Les États-Unis s'appuient sur de nombreuses entreprises, sur de nombreux secteurs d'activité
du Québec pour plusieurs de leurs chaînes d'approvisionnement d'importance.
En fait, les contrecoups subis par les Américains avec l'imposition de tarifs,
notamment en matière de hausses de prix de nos exportations, vont se faire
sentir dans plusieurs sphères économiques, dans plusieurs sphères politiques et
auprès des consommateurs américains, et la
pression exercée par tous ces acteurs-là sur leurs dirigeants va s'ensuivre
rapidement. On doit rester proche de ses alliés américains parce qu'il
n'y a rien comme un Américain pour convaincre un Américain de changer de cap.
Alors, le gouvernement va être au rendez-vous
pour soutenir celles qui pourraient être particulièrement touchées en raison de
l'importance de leurs exportations vers les États-Unis. Si les entreprises sont
frappées par des tarifs douaniers, ce sera le rôle du gouvernement de les aider
à demeurer productives, à demeurer compétitives sur leur marché d'exportation.
Sur ce, je vais m'arrêter ici, Mme la Présidente, mais chose certaine, c'est
que l'administration Trump se tire dans le pied avec cette guerre tarifaire
qu'elle compte amorcer.
Pour conclure, je souhaite réitérer qu'on va
faire le maximum pour protéger les Québécois. On va redéfinir et redéployer
notre économie, si le besoin est, fabriquer de nouveaux produits et ouvrir de
nouveaux marchés. On va se mobiliser, se serrer les coudes, se tenir debout,
chacun à la mesure de nos moyens. On va prendre action.
La première chose à faire, c'est d'acheter
québécois quand on peut le faire, tant en tant que consommateurs qu'en tant
qu'entreprises. Renforcer nos chaînes d'approvisionnement québécoises, ça, ce
serait un objectif vraiment intéressant à mettre de l'avant, peu importe qu'il
y ait des tarifs ou pas. Ça va être bénéfique pour l'économie québécoise, pour
l'ensemble des Québécois, si on parvient à faire une avancée plus marquée dans
ce domaine-là. Et, même si c'est très
choquant, cette attaque du président Trump, même si les prochains mois vont
être difficiles, on doit garder la tête froide, se retrousser les
manches et se battre. Merci, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, Mme la ministre.
Maintenant, je cède la parole à Mme la députée de Verdun.
Mme Alejandra Zaga Mendez
Mme Zaga
Mendez : Merci, Mme la Présidente. Alors, nous débattons de
la motion qui a été déposée par les collègues du Parti libéral : «Que
l'Assemblée nationale déclare que l'imposition des tarifs à l'exportation sur
l'aluminium québécois, tel que
proposée par le premier ministre du Québec, serait néfaste pour l'industrie
québécoise de l'aluminium et tout particulièrement pour l'économie de la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.»
Et j'aimerais prendre un moment pour analyser
certains éléments, parce que je pense qu'on a, tous et toutes, été surpris de
voir le premier ministre justifier cette proposition d'augmenter... bien, en
fait, d'imposer qu'est-ce qu'on appelle des tarifs à l'exportation dans
l'objectif de diversifier des débouchés pour l'aluminium québécois. Je veux
juste rappeler que, lorsqu'on met des tarifs
à l'exportation, ce sont des producteurs et ce sont les vendeurs, c'est les
industries qui vont assumer ces tarifs-là, ce n'est pas nécessairement
dans... au marché américain que ça va être fait.
Mais réfléchissons encore un petit peu plus,
parce que ce type de tarifs là, en temps normal, c'est quelque chose qu'on ne
fait pas. Parce que je ne crois pas que la volonté du premier ministre, c'est
de dire qu'on va faire et on va continuer avec ce type de tarifs après un
règlement de crise, voir si on est capables ou pas de négocier une entente. Si
cette entente-là est éventuellement signée, bien, fort à parier que de tels
tarifs seraient interdits, on n'irait certainement pas repartir dans une guerre tarifaire et remettre... en remettant des
tarifs qui sont... qui iraient à l'encontre desdits décrets... pardon,
desdites ententes.
Donc, ce que
le ministre... le premier ministre propose, que la CAQ propose, c'est des
tarifs à l'exportation, comme je le disais, à 25 % de notre côté.
En ce moment, les États-Unis auraient déjà mis de leur côté des tarifs à
l'importation de 25 %, si ce n'est pas 50 %, et c'est ça qui nous
inquiète. Parce qu'à travers le méli-mélo de déclarations de Trump, on a bien entendu qu'il y a des tarifs, il
pourrait y avoir des tarifs de 25 % qui sont spécifiques à l'aluminium, et
ces tarifs-là pourraient s'appliquer en plus d'un tarif de 25 %
général applicable sur tout bien importé du Canada. Parce que, ça aussi, on l'a entendu, sur des tarifs réciproques
à géométrie... variable, pardon, qui inclut, dans l'esprit du président de
Trump, un tarif pour nous punir
d'avoir la TPS. Parce que, là, c'est extrêmement difficile de suivre
l'objectif, mais aussi qu'est-ce qu'on
réclame de l'autre côté de la frontière. On a vraiment de la misère de se
retrouver, mais une chose qui, pour nous, est certaine, le tarif à
l'exportation sur l'aluminium invoqué par le premier ministre s'appliquerait
face à des tarifs d'importation déjà mis en place et qui
sont trop... trop forts. Bien, en fait, ils ne devraient pas exister, je pense,
on s'entend tous dans cette Chambre pour le
dire, mais déjà ce serait 50 % plus un 25 % payé ici, ce qui
augmenterait plus ou moins de 75 % le prix de l'aluminium.
Mais alors, dans ce cas, pourquoi il faudrait un
incitatif supplémentaire à l'exportation vers d'autres pays? C'est ça qu'on se
demande et c'est pour ça qu'on remet en question cette proposition de la part
du premier ministre. Donc, même si une partie de nos acheteurs habituels vont
accepter peut-être de payer le tarif américain et continuer d'acheter notre aluminium, il y en a une autre,
partie, qui, eux, vont arrêter d'acheter complètement, et on va se retrouver
avec des stocks, ici, à écouler, parce qu'on le sait bien, que ces tarifs-là ne
visent que nos entreprises au Québec.
Que ce soit
en raison du manque de fiabilité du partenaire, de ce cas-là, de Trump, ou de
la baisse de compétitivité de notre aluminium en raison des tarifs américains
pour nos producteurs d'aluminium, on a déjà, déjà là des excellentes
raisons de se mettre à essayer fort de trouver des nouveaux débouchés. Donc,
dans ce sens, il ne nous paraît pas utile en ce moment de mettre des tarifs à
l'exportation sur l'aluminium québécois. Là-dessus, nous sommes d'accord.
• (15 h 30) •
Ce qui nous inquiète aussi, ce qui peut arriver
dans le... sur le long terme, parce qu'on est en train de lancer des idées, de dire : Moi, je vais tarifier à
25 %, non, finalement, à 50 %, puis, de notre côté, on le met à
l'exportation. Qui qui paie? Comment ceci va affecter le prix sur le
long terme? Et c'est ça qui m'inquiète le plus en ce moment, Mme la Présidente,
et les effets sur les travailleurs. Parce que, quand on augmente... on fait un
tarif à l'exportation, le prix va être payé
par les producteurs, par les alumineries. Lorsqu'on paie ce prix-là, ça augmente
notre coût de production. N'importe quel entrepreneur va vous
dire : Dès qu'on augmente mon coût de production... Et ça, on est
peut-être capable de le faire un mois,
peut-être quelques semaines, mais, sur le long terme, il va falloir des
restructurations économiques. Et, nous, c'est ça, notre plus grande... une de
nos grandes craintes, quel type de restructuration économique on va encourager.
Parce qu'en ce moment, déjà, avec tous les signaux qu'envoient les Américains,
les entreprises en aluminium sont déjà poussées
à regarder d'autres marchés, sont déjà là-dessus depuis quelques mois parce
qu'ils voient venir cette menace-là. Donc,
d'ajouter une mesure supplémentaire, nous, ce qu'on trouve, c'est que ça peut
venir accélérer, et c'est notre crainte, des restructurations, par exemple,
dans le milieu de travail. Il n'y a rien là qui nous assure que les emplois
vont rester au Québec, que les alumineries vont rester au Québec. Et
c'est ça qui nous inquiète avec ce type de proposition.
On va donc, comme je le disais, voter en
faveur de la motion proposée. Mais là-dessus, ce qu'on ne veut pas dire non
plus, c'est que les idées d'exportation ou même la suspension de la vente de
certaines de nos exportations ne puissent pas être une bonne idée dans certains
cas. J'entendais tout à l'heure la ministre de l'Économie nous le dire, il va falloir se pencher sur notre avantage, qui est
l'énergie verte, l'énergie propre. Bien, c'est ça... c'est ça qu'il faudra
utiliser, d'abord et avant tout, comme levier, et qu'on n'est pas en
train de faire.
Trump
reconnaît que les Américains ont tellement besoin de notre énergie que, dans le
cas de l'énergie, ils l'ont très... ils l'ont dit, leurs intentions, ils
proposent des tarifs de 10 % plutôt que 25 %. Pourquoi? Parce qu'ils
reconnaissent qu'ils en ont tellement besoin, de cette énergie-là, ils
ne peuvent pas s'en passer. C'est donc reconnaître qu'elle est là, la faiblesse, en termes de partenaires commerciaux
avec les États-Unis, et qu'ils savent qu'ils ne peuvent pas se passer de nous.
Dans une guerre commerciale, il faut savoir
jouer nos meilleurs atouts, jouer nos cartes. Et c'est... en ce moment, bien,
c'est l'électricité, c'est l'hydroélectricité du Québec. Parce que, sans notre
électricité, ce n'est pas juste des usines
qui vont devoir payer leur aluminium plus cher, que ça va avoir comme impact,
c'est des usines qui vont fermer, on
le voit, entre autres, dans le Nord-Est américain. Puis du monde qui vont avoir
de la misère à se chauffer ou s'éclairer, ça va... ça a plus d'impact.
C'est un de nos plus grands leviers, qu'on n'est pas en train d'utiliser.
Et, vous savez, du côté du Canada, leur meilleur
levier, c'est encore une fois en termes énergétiques, bien, c'est le pétrole. Puis, pour donner quelques
chiffres, c'est 80 % de la production pétrolière canadienne qui est
exportée vers les États-Unis, c'est 60 % des importations de
pétrole des États-Unis qui proviennent du Canada. Donc, on coupe le robinet, on met des tarifs à l'exportation
importante, par exemple, sur le pétrole canadien, c'est ça qui va avoir un impact
dissuasif fort sur les États-Unis. Parce qu'en ce moment on n'est pas en train
de mettre ces tarifs-là, selon nous, à la bonne place.
Très rapidement, le coût, par exemple, de
l'essence peut se mettre à monter, et tout ça va avoir des impacts sur
l'inflation. Bref, les Américains ne sortent pas gagnants, au jour le jour,
au-delà de la simple utilisation d'une ressource. Pour un président qui a dit
que l'inflation se mettrait à baisser rapidement dès son entrée en fonction,
bien, ça va faire plus mal si on se concentre sur nos leviers énergétiques.
Au lieu de mettre des tarifs à l'exportation sur
l'aluminium, le premier ministre serait mieux d'inviter à en appliquer sur
l'énergie. C'est ce que nous, on l'invite de faire depuis le début, que de
revoir nos contrats, de revoir à la hausse le prix de l'hydroélectricité. C'est
le genre de leviers que le premier ministre devrait utiliser, et qui ont une
influence beaucoup plus grande sur l'économie américaine, et que ça peut nous
donner un vrai levier de négociation.
Et, en ce qui concerne les choses qu'on devrait
déjà faire au lieu de créer des tarifs à l'exportation dans l'aluminium. On a eu quelques débats en Chambre
concernant l'achat local et la promotion, au coeur même de notre État,
d'assurer des marchés locaux et québécois. C'est ça qu'on trouve qui manque
dans les idées qui sont mises de l'avant par la CAQ en ce moment.
J'entendais la ministre nous dire : On vous
encourage d'acheter local, tout le monde, tous ceux qui peuvent. Bien, tant
mieux, c'est de belles paroles, on n'est pas en désaccord avec le principe,
mais c'est le fait qu'on n'a pas de mesures robustes, en ce moment, qui sont
mises sur la table pour vraiment arriver à cet objectif. Puis, bien sûr, quand
on parle d'achat local, on ne prétend pas que ça va régler l'ensemble du
problème, mais ce sont des mesures qui pourraient
permettre d'assurer un marché, déjà, pour nos entrepreneurs et nos producteurs
locaux. Il faut comprendre que, pour un dollar qui est dépensé chez un
commerçant local, plus de la moitié reste ici comparativement à moins de
20 % pour un groupe international. Le premier
ministre le disait aussi, hier, qu'avec des taxes sur l'exportation il allait
venir chercher la part du Québec. Moi, je vais vous dire qu'avec des politiques
d'approvisionnement local, on vient la chercher pour de vrai, cette part du
Québec.
Qu'on soit clair, des cibles, on en a un peu
partout, des cibles d'achat local. C'est bien beau, c'est noble sur papier, mais la réalité est tout autre. Et là-dessus ce
sont nos marchés publics, c'est le levier de l'État qui est le plus puissant
pour réaliser nos objectifs d'achat local.
J'ai quelques exemples à vous donner. Selon
l'UPA, notre taux d'autosuffisance est d'environ 35 %, 55 % si on inclut les produits dits transformés au Québec,
ce qui peut vouloir dire simplement que des produits sont embouteillés
ou mis en boîte au Québec. On a... il y a eu... on a débattu aussi le problème
de la Stratégie nationale d'achat d'aliments québécois.
Puis, il y a un autre problème là-dedans, c'est la définition de «produit du
Québec» qui est trop large. On dit qu'un aliment transformé au Québec peut être
considéré comme un achat local, ce qui n'encourage pas les aliments qui poussent
chez nous. Ça, c'est une des critiques qui peut être portée.
Le seul programme de soutien financier qui
permet, par exemple, aux producteurs agricoles d'acheminer leurs produits dans
les institutions publiques à travers des hubs a été coupé en janvier dernier.
Aucune cible de matière de production d'achat local n'a été exigée par le
gouvernement. Chacune des institutions détermine sa propre cible, nous dit... nous a dit le Conseil québécois de la
coopération et de la mutualité. Ce que nous dit aussi ce conseil-là, c'est qu'on
est rendus à exiger, à exiger des taux, des quotas dans les institutions
publiques.
Puis vous me direz : Ah! vous parlez des
aliments quand le débat, c'est sur l'aluminium. C'est pour montrer que les
tarifs, et tout, ça affecte tous les secteurs de notre économie. On peut déjà,
d'un côté, utiliser des leviers à l'exportation sur l'énergie, mais, de l'autre
côté, on n'entend pas encore c'est quoi, les réponses pour tous les autres
secteurs économiques qui sont déjà affectés par l'incertitude et pour lesquels
des simples gestes comme l'imposition de taux dans l'achat dans nos marchés
publics, dans nos contrats publics, dans l'approvisionnement des biens, bien,
pourraient changer la vie de ces producteurs-là, de ces entreprises-là qui
viendraient défendre le Québec. Et moi, je suis certaine que, si on fait ça,
les Américains vont nous dire : Ah! c'est du protectionnisme. Mais c'est
notre façon de répondre, en ce moment, à
toute l'incertitude qui est créée par les États-Unis, mais aussi pour respecter
puis garder cette part du Québec ici.
Donc, je nous rappelle, on a besoin de quotas
d'achat local dans nos institutions publiques, on veut accroître les achats d'aliments québécois dans les écoles,
on veut accroître l'utilisation des matériaux de construction pour tous nos
nouveaux... nos infrastructures. On parlait
de l'acier, de l'aluminium, c'est parler de tout ce qu'on a besoin pour
développer les transports en commun. On devrait déjà s'assurer d'accélérer ces
chantiers-là, d'offrir ces marchés-là seulement à nos distributeurs et
producteurs québécois. C'est des choses qui peuvent être très, très simples à
faire et déjà répondre à l'incertitude.
J'ai d'autres exemples à vous donner. Par
exemple, un examen du marché portant sur un échantillon de 1 000 produits vendus au Québec,
effectué dans le cadre d'une étude de marché sur le commerce électronique, nous
démontre qu'on en trouve 80...
pardon, qu'on en trouvera 80 % à moindre coût chez les détaillants
québécois. Donc, c'est juste pour montrer que, dans une autre filière,
on peut déjà commencer à remplacer puis encourager dans les... l'achat par nos
institutions publiques.
On est en pleine crise du logement, on parlait
des matériaux de construction. Il va falloir construire du logement social pour
le monde, il va falloir construire plus de logements et, pour ça, il faut
n'utiliser que notre bois ici pour nos maisons au Québec. L'association
québécoise des quincailleries et des matériaux de construction nous confirme
que l'industrie a des alternatives pour quasiment tout ce qu'on fait aux États-Unis.
Donc, c'est déjà des mesures, comme je vous parlais, dans nos marchés publics,
quand on parlait de l'accélération de nos projets en transport en commun pour
l'acier, de relancer ou accélérer des chantiers, des constructions de
logements, en s'assurant que tout le bois puis les matériaux de construction sont faits au Québec, bien, c'est des
façons supersimples et rapides pour permettre déjà de se protéger et de
rendre notre économie beaucoup plus résiliente face aux menaces de Trump.
Donc, si je résume, on va appuyer cette motion.
Nous ne croyons pas que créer des tarifs à l'exportation pour l'aluminium, c'est une bonne... c'est une bonne
idée, c'est une chose... ce n'est pas une bonne idée, c'est... Pour nous, ce
n'est pas viser la bonne ressource, on devrait être plus stratégique et
appliquer ce type de mesures pour les ressources énergétiques, dans notre cas,
l'hydroélectricité. Mais, si on regarde du côté du Canada, voire du côté du
gaz, c'est là le point le plus faible des
États-Unis et... Et, d'ores et déjà, faire des politiques et augmenter l'achat
local au sein de nos institutions québécoises, aller au-delà des cibles,
instaurer des quotas, demander le développement du transport en commun
avec notre acier puis aluminium au Québec, c'est des choses qu'on pourrait déjà
mettre en place, au lieu de faire des propositions qui, pour nous, n'atteignent
pas la cible, mais qui créent encore plus d'incertitudes sur le long terme pour
les travailleurs et travailleuses de cette industrie qu'est l'aluminium et
l'acier. Je vous remercie, Mme la Présidente.
• (15 h 40) •
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole à la ministre des Affaires
municipales.
Mme Andrée Laforest
Mme Laforest : Merci, Mme la
Présidente. Alors, je suis quand même heureuse d'être ici, évidemment, en cet après-midi. Salutations au collègue de
Marguerite-Bourgeoys, salutations à ma collègue de Verdun, surtout salutations
à mes collègues du Saguenay—Lac-Saint-Jean qui sont ici et mes collègues de la partie gouvernementale. Et merci à
la ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie.
Évidemment, comme le
faisait remarquer, hier, ma collègue ministre de l'Habitation hier soir, le
député de Marguerite-Bourgeoys semble s'intéresser vraiment particulièrement
aux actions que prend notre gouvernement dans le secteur de l'aluminium, dont
dans le cadre des menaces tarifaires de l'administration Trump. Donc, en plus
du débat de fin de séance d'hier soir, il
nous interpelle aujourd'hui à ce sujet. Alors, je suis ici avec grand plaisir
parce que, oui, je suis ici à titre de députée de Chicoutimi, mais aussi
ministre responsable de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Alors, Mme la Présidente, chez nous,
l'aluminium, ça coule dans nos veines. Ça fait 100 ans que l'aventure de l'or gris est une source de fierté chez nous.
Donc, il a forgé notre région. Tout le monde connaît quelqu'un qui a travaillé
dans le domaine ou qui travaille encore dans le domaine. Tout le monde le sait,
le Saguenay—Lac-Saint-Jean
occupe une position très stratégique dans la
production et la transformation de l'aluminium au Canada, les cinq députés
du Saguenay—Lac-Saint-Jean
peuvent le confirmer.
Alors, au Québec, nous avons 28 minéraux
critiques et stratégiques, et l'aluminium en fait partie. Sa filière soutient
plus de 30 000 emplois bien rémunérés, répartis dans
1 700 entreprises partout au Québec, dont la majorité au Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Alors, nous avons quatre centres de recherche et de développement, oui,
des chaires de recherche, et plus de 400 chercheurs. Tous ces gens
unissent leur effort et leur talent dans le but de paver la voie à des procédés
novateurs. L'aluminium, Mme la Présidente, engendre des retombées économiques
très importantes puisque l'aluminium figure en tête de la liste des principaux
produits d'exportation du Québec. En 2023, on parle de plus de
9 milliards de dollars, donc l'aluminium se classe tout juste derrière
l'aérospatial.
D'ailleurs, dans le précédent budget de mon
collègue ministre des Finances, nous avons reçu 31 millions pour
accélérer le virage 4.0 qui consiste, premièrement, à intégrer les
technologies de l'information et de la robotisation en entreprise, également, qui modernise les entreprises du secteur et
accroît leur exportation, qui accélère l'innovation et la recherche, qui mise
sur l'aluminium durable du Québec. L'aluminium qui est produit au Québec est
doté de l'empreinte la plus faible, la
plus faible au monde, grâce à notre hydroélectricité au Saguenay—Lac-Saint-Jean. On parle de six usines, on parle de six centrales
hydroélectriques chez nous, dans la région. Donc, c'est une valeur
particulièrement à l'échelle internationale, il faut être fiers.
Mme la Présidente, les États-Unis auront
beaucoup, beaucoup de difficultés à se passer de nous, nous, oui, surtout que... s'ils ne veulent plus importer
d'aluminium de Chine. Pourquoi? Parce que le Québec produit 75 % de tout l'aluminium
primaire en Amérique du Nord. Le premier ministre, la ministre de l'Économie et
moi avons parlé à plusieurs reprises, avec mes collègues du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
à des grands producteurs d'aluminium ainsi qu'avec
les associations qui représentent l'industrie. Tous sont d'accord pour dire que
les exportations du Québec dans ce secteur
sont irremplaçables. On exporte 2,9 millions de tonnes d'aluminium vers
les États-Unis chaque année, soit 60 % de leurs besoins.
C'est totalement aberrant de la part du
président Trump, Mme la Présidente, de mettre des tarifs sur des produits comme
l'aluminium. Ce sont des centaines de secteurs qui seront affectés. Si on pense
à un des secteurs majeurs aux États-Unis, celui de la défense nationale, avec
quoi est-ce que les Américains construisent des équipements? On le sait très bien, la réponse est simple, c'est
l'aluminium, et surtout l'aluminium du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Les États-Unis s'appuient sur de nombreuses entreprises du
Québec pour plusieurs de leurs chaînes d'approvisionnement. Les contrecoups subis par les Américains avec
l'imposition des tarifs vont se faire sentir dans plusieurs sphères économiques
et politiques. Gardons le sourire dans cette
situation, Mme la Présidente. La pression exercée par les entreprises
américaines sur les dirigeants va sûrement suivre.
Grâce aux actions de notre gouvernement, les
prochaines années s'annoncent prometteuses, notamment grâce au développement de la technologie de rupture
d'électrolyse d'aluminium sans émission de gaz à effet de serre, ELYSIS. Mme la
Présidente, je ne le sais pas, mais est-ce que le député de Marguerite-Bourgeoys réalise que le Québec, et plus particulièrement le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
sera le premier au monde à produire l'aluminium sans émission de gaz à effet de
serre? C'est vraiment révolutionnaire.
Aussi, 96 nouvelles cuves de la
technologie AP60 sont en construction à Arvida. Le projet à lui seul
contribue à la production annuelle d'environ
160 000 tonnes métriques d'aluminium primaire. Jamais il n'y a eu
autant d'investissements au Saguenay—Lac-Saint-Jean depuis six ans, même
depuis 12 ans. Même l'industrie nous le dit. Mme la Présidente, je n'ai
pas besoin de vous dire que c'est majeur, chez nous, en termes d'emploi, c'est
majeur en termes de retombées économiques dans la région.
Le 10 janvier dernier, j'ai eu le plaisir
de recevoir ma collègue ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie pour faire la visite du site où la
technologie ELYSIS sera mise en oeuvre avec mon collègue député de Jonquière.
La P.D.G., également, d'Investissement Québec y était. On a procédé à l'annonce de plus de
14 millions de dollars dans cette technologie. Depuis 2018, notre
gouvernement a investi 94 millions également pour appuyer le développement
d'ELYSIS. Ça va permettre à cette coentreprise de poursuivre le développement
de la technologie qui a le potentiel de propulser le Québec à l'avant-plan d'un
véritable changement dans l'industrie de l'aluminium et d'augmenter notre
compétitivité à l'échelle internationale.
C'est lors de cette même journée, le
10 janvier, que le nouveau P.D.G. d'ELYSIS, François Perras, entrait en poste. Il a dit que le développement de la
technologie solidifierait la place du Québec sur le marché mondial de l'aluminium.
Oui, toute la région a souligné l'excellente nouvelle. Toute la région, Mme la
Présidente, travaille main dans la main, et
on doit unir nos forces pour garder cette technologie chez nous également. Ce
n'est pas le temps de se diviser. Ce n'est pas le temps d'essayer de se
diviser. Alors, essayons de travailler ensemble, Mme la Présidente.
Dans le
même sens, on est en train de travailler sur un centre d'innovation en
aluminium au Saguenay—Lac-Saint-Jean avec mes collègues députés.
Ça va nous permettre d'accroître notre capacité à être compétitifs et à rester
à l'avant de la parade. Au fil des
semaines, nous pourrons vous donner beaucoup plus de détails sur ce projet,
mais je peux vous assurer qu'on travaille très,
très fort, avec les collègues de la région, avec la ministre de l'Économie,
pour concrétiser ce projet rapidement.
Nous avons un créneau
d'excellence pour la transformation de l'aluminium. Sa mission est de
contribuer à la croissance des entreprises de transformation d'aluminium et de
fabrication d'équipement spécialisé afin de créer de la richesse dans la vallée
de l'aluminium chez nous. Les créneaux et les pôles d'excellence visent à
dynamiser l'économie en s'appuyant sur les
gens d'affaires et sur la recherche de l'excellence dans les secteurs clés du
Québec. C'est clair que notre
gouvernement comprend très bien l'importance stratégique du secteur de
l'aluminium au Québec. C'est un secteur qui crée de l'emploi, de la richesse,
du savoir au Québec... du savoir-faire au Québec. En plus, ça se fait
dans une belle région qui est la
nôtre, au Saguenay—Lac-Saint-Jean. Je me tiendrai toujours debout, Mme la Présidente, pour la création
des emplois, la création de la richesse dans ma région, avec mes collègues ici
présents.
Pour rassurer le
député de Marguerite-Bourgeoys sur les propos du premier ministre, je tiens à
dire qu'on ne doit pas céder non plus aux menaces de Trump et qu'on doit
obligatoirement protéger notre économie. Oui, il y a des possibilités, comme je
l'ai dit, à étudier, oui, il y aura des propositions à venir, mais travaillons
ensemble, s'il vous plaît. Le premier
ministre l'a dit, on va se battre. Notre plan A reste évidemment d'éviter
les tarifs. On doit éviter les tarifs. Mais, si ces tarifs ont lieu,
notre gouvernement sera prêt rapidement à mettre des programmes en place pour
aider les entreprises.
Je
tiens encore une fois à rassurer le député de Marguerite-Bourgeoys. Je suis
en contact constant avec les différentes industries du Saguenay dans
les... dont les entreprises oeuvrent dans le secteur de l'aluminium, et mes
collègues du Lac-Saint-Jean travaillent avec les entreprises du Lac-Saint-Jean
également. Encore une fois, on travaille ensemble.
• (15 h 50) •
La
concertation régionale est essentielle pour protéger les secteurs clés de
l'économie du Saguenay—Lac-Saint-Jean et ainsi faire face à ce
défi ensemble. Je serai là avec mes collègues de la région, avec la ministre de
l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, avec le premier ministre et avec tout notre
gouvernement pour protéger notre industrie. Personne ne va réussir à nous diviser, personne, parce
qu'on est là, on est là, le Saguenay—Lac-Saint-Jean, pour les familles, pour les travailleurs, pour les entreprises de ma
région. Je vais rester toujours debout. Je vais rester fière. Je vais défendre
toujours l'or gris, depuis 100 ans
qu'il est là, chez nous, dans la région, surtout à titre de ministre régionale
et députée de Chicoutimi. Un petit conseil. Pourquoi on ne travaillerait
pas ensemble? Je pense que c'est important à ce moment-ci.
Alors, merci, Mme la
Présidente. On est dans une situation particulière. Donnons-nous la main, s'il
vous plaît, collègues députés. Merci.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Merci, Mme la ministre. Je cède maintenant la parole
au député de Marguerite-Bourgeoys.
M. Frédéric
Beauchemin
M. Beauchemin :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Je vais relire la motion, là, juste pour
qu'on soit clair là-dessus, la motion du
mercredi :
«Que l'Assemblée nationale déclare que
l'imposition de tarifs à l'exportation sur l'aluminium québécois, tel que
proposée par le premier ministre du Québec,
serait néfaste pour l'industrie québécoise de l'aluminium et tout
particulièrement pour l'économie de la région du [Lac-Saint-Jean].»
J'entendais
ma collègue qui représente la région du Lac-Saint-Jean, là, pour le
gouvernement puis je comprends que les gens qui nous écoutent à la
maison sont inquiets. Ils sont inquiets pourquoi? Bien, parce que Donald Trump,
c'est un intimidateur. Ça fait que, là, on est face à quelqu'un, là, qui nous
pousse vers les câbles un peu, là, puis qui essaie d'avoir comme un nouvel
objet, là, pour mettre dans sa collection. Bien, je vais vous dire, là, si on
met tout en contexte, là, il faut
comprendre, là, que l'objectif de la motion qu'on a déposée, nous, c'est d'être
un porte-étendard de toutes nos PME du Québec dans son ensemble,
évidemment la région du Lac-Saint-Jean et l'industrie de l'aluminium plus
particulièrement.
Moi,
je suis tombé en bas de ma chaise, Mme la Présidente, quand j'ai entendu le
premier ministre, à Washington, dire qu'il voulait renégocier de façon
prématurée l'accord de libre-échange avec les Américains, mais qu'il était en
plus prêt à faire des compromis pour notre aéronautique, nos forêts puis la
sécurité de notre aluminium. Puis ça, c'est une
chose, là, O.K., on peut avoir une crampe intellectuelle une fois de temps en
temps, ça peut arriver, là, mais, en plus de ça, là, O.K., de faire ça sans avoir aucunement consulté les gens de
l'industrie, sans leur dire qu'ils allaient être, eux, sacrifiés sur la
place publique, pour moi, c'est quelque chose que je ne comprends pas, là. Moi,
je veux qu'on réussisse au Québec. Je veux que le Canada puis que le Québec, on
gagne, O.K., je veux qu'on soit les plus forts, au maximum de notre potentiel, mais il faut que tout le monde
amène sa game à la game, Mme la Présidente, parce que, dans le contexte actuel,
on ne peut pas l'échapper comme on l'a échappé la semaine passée à Washington.
Juste pour qu'on
comprenne une chose, là, puis mon chef ici l'a mentionné, ce n'est pas de
juridiction de la part du premier ministre de pouvoir imposer des tarifs sur
l'exportation sur notre matière première qu'on produit ici même, au Québec, là, c'est de juridiction
fédérale. Ça fait que, juste en partant, là, il faudrait quand même qu'on
connaisse un peu les séparations de
pouvoirs puis les champs de compétence, parce que c'est important, justement,
dans un contexte où est-ce qu'on doit être le plus fort qu'on puisse
être. Bien, travaillons en équipe. Oui, je suis prêt à travailler avec le gouvernement, avec tout le monde pour qu'on puisse gagner dans cette
bataille-là, mais il faut qu'on comprenne une chose, on doit travailler
aussi avec nos partenaires dans le reste du Canada. C'est essentiel.
Puis, contrairement à ce que le premier ministre
a dit, là, ce n'est pas facile de transférer la taxe à l'exportation sur les
clients. Ça va... Parce que le marché de l'aluminium, puis je ne veux pas faire
mon professeur d'école, là, mais c'est un marché qui est efficace. C'est un marché, là... Il n'y a aucun
arbitrage qui se fait facilement dans ce marché-là. Donc, ça, ce que ça veut dire, Mme la Présidente,
là, c'est qu'essentiellement, avec ce qui se passe, avec les menaces
américaines, là, notre aluminium deviendrait le plus cher, donc pas
attrayant pour personne. Ça fait que c'est quelque chose qui va à l'encontre même de la logique économique, l'argumentaire
utilisé par le premier ministre. Puis malheureusement
ce que ça fait, c'est que ça mine la crédibilité de l'ensemble de notre
argumentaire quand on est face à cette situation-là, face à
l'intimidateur en chef qui est Donald Trump.
Donc, c'est important, là, qu'on puisse mettre
les choses en perspective pour qu'on comprenne comment tout fonctionne dans
l'industrie de l'aluminium. Les Américains ne produisent qu'à peu près
700 000 tonnes par année du métal
primaire, de l'aluminium. Ils en ont de besoin, là, évidemment beaucoup plus,
c'est sûr et certain. Le Canada en exporte. La grande majorité des importations
d'aluminium aux États-Unis viennent du Canada. Mais les Américains ont
déréglementé leur énergie en 2010... de 2010 à 2014, ce qui a créé
l'hécatombe dans leur système de fabrication d'aluminium parce que, du jour au
lendemain, ça devenait inabordable pour eux autres de pouvoir compétitionner,
faire de la production à l'échelle mondiale. Donc, le résultat net pour les
Américains, ils ont fermé neuf de leurs 14 usines, puis ce qui a fait en
sorte qu'ils ont totalement réduit leur capacité de production à l'intérieur.
Et ce n'est presque pas impossible, mais c'est presque impossible pour eux
autres de se retourner sur un dix cents puis de faire cette production-là. Ça
va leur prendre une dizaine d'années pour remettre en place, donc, des
alumineries.
Donc, pour passer à travers cette histoire-là,
quand on comprend l'ensemble de l'oeuvre, bien, on se dit : O.K. Donc, les Américains ont besoin d'avoir de
l'aluminium. C'est un marché qui est efficace. Il veut nous imposer un tarif, mais
il n'est pas capable parce qu'il va avoir... absolument besoin d'avoir notre
aluminium. On comprend toute la logique. Ça fait que je ne comprends pas à ce
moment-là, quand on sait que notre adversaire a cette faiblesse-là, quand on sait, là... on est face à notre client, là,
O.K., puis que le client, il n'a aucune autre... il a d'autres alternatives qui
vont lui coûter plus cher, comment se fait-il qu'on va tout de suite
mettre sur la place publique : Bien, on va te faire un deal tout de suite?
Comme disait mon chef, on ne peut pas commencer une négociation comme ça.
C'est... Avant même de se rendre à la table
de négociation, on est là, on baisse nos culottes, on donne notre argent, on
hypothèque nos maisons, on fait tout pour lui rendre la vie plus facile,
puis, en bout de piste, là, bien, ça va être le début de la négociation avec
lui. C'est sûr et certain qu'on va avoir d'autres sacrifices additionnels à
faire si on commence déjà en position de faiblesse. Vous savez, on ne peut pas négocier quand on a la tête dans la bouche de
l'ours. Ça ne fonctionne pas, Mme la Présidente. On doit absolument se
rendre le plus fort possible.
Ça fait que, vous savez, les Américains sont
dépendants de nous, ça, c'est sûr et certain. On est le plus grand exportateur — le
Québec, je parle, O.K. — d'aluminium
pour les Américains. On veut diversifier nos marchés. Ça fait que ça, ça fait partie de l'action de se sortir de
la tête de la bouche de l'ours, là. On doit se faire plus fort en ayant des
marchés à l'extérieur des États-Unis, c'est sûr et certain, mais prenons
le temps de le faire. Pour aider l'industrie de l'aluminium, là, à se chercher
des nouveaux marchés, la dernière chose qu'on doit faire, c'est de les taxer.
La dernière chose qu'on doit faire, c'est de leur rendre la vie encore plus
difficile.
Ça fait que, moi, c'est important, là, qu'on
comprenne, là, l'action spécifique de la motion du mercredi, elle est sur la taxe additionnelle que le premier
ministre suggérait à haute voix, là, à qui voulait bien l'entendre, qu'on devrait
imposer à l'industrie de l'aluminium. Ça ne fonctionne pas, Mme la Présidente.
Ça ne tient pas la route. Ça fait en sorte que notre industrie devient de moins
en moins compétitive. Puis, si l'objectif était de faire en sorte qu'on voulait
les aider à diversifier leur marché, on s'est tiré dans le pied, Mme la
Présidente. Dans le contexte géopolitique mondial actuel, avec ce qu'on a
entendu de Marco Rubio hier, comme quoi qu'on est prêts à laisser tomber les
sanctions contre la Russie, bien là il va y
avoir 5 millions de tonnes d'aluminium qui, là, soudainement, vont avoir à
trouver preneur, qui, là, actuellement, s'en vont directement dans la bouche des Chinois, qui, eux autres, «by
the way», les achètent à une fraction du prix parce que les Russes n'ont
pas le choix que de vendre juste à eux autres, ils sont barrés. Là, maintenant,
les Russes vont avoir plus d'argent parce
que Marco Rubio a voulu faire ça. Pour faire quoi? Pour avoir une position de
force contre le Québec?
Il faut comprendre l'agenda, là, du président
Trump, il faut comprendre la chronologie des événements du président américain
avant de se dire : Ah! bon, on va faire des compromis avec notre
aérospatiale, on va faire des compromis avec nos forêts, des compromis avec
notre aluminium, on est prêts à renégocier tout de suite. Il faut comprendre
l'agenda, là, il faut prendre un... une pause, là, se calmer puis dire :
O.K., c'est quoi, la situation? Bien, la situation,
là, c'est qu'actuellement on a des forces et on a des faiblesses. Travaillons
sur nos faiblesses pour qu'on puisse se retirer la tête de la bouche de
l'ours, là, c'est-à-dire, ayons plus de force avec nos partenaires canadiens,
diversifions notre économie, essayons
d'avoir plus... dans le général, là, pas spécifique à l'aluminium. Dans le
général, O.K.? Soyons plus productifs. S'il y a une industrie, en fait,
au Québec, qui a la chance de devenir plus productive, c'est bel et bien l'industrie de l'aluminium. Elle a tous les
éléments, beaucoup de leviers financiers, énormément de technologies, compétition
mondiale. Donc, tous les éléments sont en place pour que, justement, la
productivité puisse être au rendez-vous. Rendons-nous plus productifs, devenons
essentiels dans l'échelle mondiale. C'est la chose à faire, Mme la Présidente.
• (16 heures) •
Vous savez, le président américain dit qu'il y a
seulement des compétiteurs aux alumineries canadiennes, c'est les Américains qui vont l'être, là. Ça, ça ne
tient pas la route, ça va lui prendre trop de temps, O.K.? Ça fait que c'est le
métal russe, c'est la Chine qui vont faire une différence. Mais, vous savez, en
bout de piste, là, O.K., les alumineries canadiennes
et, évidemment, celles qui sont au Québec, au Lac-Saint-Jean — en
passant, je suis le député qui représente la région du Lac-Saint-Jean
pour le Parti libéral dans ma formation politique — ces alumineries-là,
là, O.K., vont payer un prix si on n'est pas
capables de pouvoir penser avant de parler à haute voix comme ça. Parce que,
là, ce qui arrive, là, c'est qu'on
crée des conditions qui sont dangereuses pour tous les gens qui sont interpelés
dans l'industrie. Les gens qui sont interpelés
dans l'industrie, soudainement, deviennent insécures par rapport à :
Est-ce que le premier ministre a vraiment
dit ça? N'a-t-il pas vraiment dit ça? Qu'est-ce qui se passe avec les
Américains? Vont-ils vraiment vouloir faire ça?
Les gens qui travaillent, là, sur le terrain,
là, dans l'industrie, là, et avec des matériaux provenant de l'industrie, et à
fournir aussi l'industrie de l'aluminium, ils sont tous en train de se poser un
paquet de questions qu'il y a un mois ils ne
se posaient pas, là. Bien, ça apparaît être banal, Mme la Présidente, mais ce
n'est pas banal, parce qu'en bout de piste, là, leur sécurité à l'emploi
est en jeu. Ils n'ont pas la tête à l'emploi autant qu'avant. Ça fait que ça,
c'est un enjeu extrêmement important. La
productivité n'est pas au même rendez-vous qu'il y a un mois, où ils ne sont
plus. Ils n'ont pas la tête à l'emploi. C'est important, là, de penser à
cette histoire-là.
Vous savez...
Je sais que le premier ministre aime souvent se comparer, là, avec nos
collègues de l'Ontario, mais, vous
savez, Doug Ford, lui, il a pris la défense des alumineries ontariennes et
canadiennes sans les menacer de tarifs. Nous, on a fait l'inverse. Sur la place publique, à Washington,
devant le gros ours, là, la bouche grande ouverte, on s'est rentré la tête dedans tout seuls. Bien, moi, c'est à se
demander si... honnêtement, si le premier ministre comprend la
négociation 101. Quand on s'en
va, là, en négociation, on se doit... Il y a une expression en anglais, là,
«keep your powder dry», là, O.K.? Bien,
c'est important de garder, là, la poudre à fusil très sèche, là, si je peux la
traduire en français le plus simplement possible, sinon, là, on ne va pas être
capable de tirer quand ça va être le temps. Puis là, si notre intention était
de, justement, dire : On est
prêts à faire des compromis ici et là ou «whatever», O.K., bien, c'est correct
quand c'est rendu que tu n'as pas le choix puis que tu es à ce moment-là de la négociation. Mais, avant même que la
négociation commence, de sortir tous les argumentaires sur la table, ça
ne tient juste pas la route.
Tu sais, vous savez, le premier ministre a dit,
à la période de questions, puis il avait l'air fâché, en fait, quand il l'a dit, j'ai trouvé ça intéressant, que, tu sais, il
fallait se tenir debout contre M. Trump, contrairement à ce que le Parti
québécois a dit. Mais il faut plus que se tenir debout, là. Il faut s'assurer
qu'on articule une stratégie puis un plan qui tient
la route puis qui ne nous désavantage pas. Ça fait que moi, je préfère le
silence à, justement, baisser nos gardes, montrer notre jeu de cartes à
tous puis faire en sorte squ'on a l'air d'être un petit peu amateur, si je peux
utiliser le terme, là, face à la compétition, face au président Trump. Vous
savez, il a un peu créé la panique, le premier ministre, en agissant de la
sorte. Peut-être que les collègues du gouvernement ont eu des échos dans leurs
circonscriptions. Moi, j'ai eu des appels de
plusieurs de mes collègues de mon ancienne vie, qui m'ont appelé, qui m'ont
dit : Qu'est-ce que ça voulait dire, cette histoire-là, de quel...
sur quelle planète vit-il? Bien, vous savez, moi, là, je donne le bénéfice du
doute, là. Ils viennent avec les meilleures
intentions du monde. Certainement qu'ils viennent avec les meilleures
intentions du monde
Mais là, aujourd'hui, là, O.K., on a besoin
d'être sur notre game. Il faut absolument qu'on comprenne, O.K., qu'à chaque
fois qu'on dit quelque chose c'est noté dans le petit livre de la
Maison-Blanche, là. À chaque fois qu'on dit quelque chose, là, ils l'écrivent
puis ils comprennent ce qu'on est en train de se dire entre nous autres ici,
là. O.K.? Il y a un traducteur, là, à
Washington, là, qui va donner les minutes, si jamais c'était nécessaire de les
donner, au président Trump. Tout est écouté. Tout va être traduit pour
qu'eux autres entendent. Ça fait que tout ce que le premier ministre dit, là,
qu'il le dise en français, qu'il le dise à un journaliste régional, qu'il le
dise à un journaliste national. Peu importe, tout ce qu'il va dire, ça va être
rapporté au président Trump.
Ça fait que maintenant qu'on sait ça, là, est-ce
que c'est un spectacle qu'on est en train de faire pour essayer de convaincre l'électorat québécois ou est-ce
qu'on est en train de démontrer qu'on est... vraiment, on a les intérêts des
Québécois à coeur? Bien, je pense que c'est important, là, qu'on se ressaisisse
puis qu'on se dise : O.K., on a une stratégie.
Puis la stratégie qu'on veut, là, c'est de faire respecter le Québec, devenir
une nation plus forte. On veut avoir tous les éléments importants, tous
les outils de notre bord, toute notre poudre à canon. Il faut qu'elle soit
sèche, là, O.K.? Gardons tout ça propre, là,
pour nous autres, là, pour qu'on puisse être capables de, justement, bien
négocier quand le temps va venir de
le faire, parce que, sinon, Mme la Présidente, on va se tirer dans les pieds,
puis, quand on va vouloir tirer vers l'adversaire, bien, le boulet de
canon, là, il va faire un pied puis il va tomber à terre. Ça n'aura pas de
sens.
Vous savez, on est dans une fédération, moi, que
j'aime beaucoup. On a énormément d'alliés dans notre fédération. On se doit de
parler à nos alliés puis de parler d'une seule voix. Je comprends, là, que la
situation affecte effectivement les gens du lac Saguenay... le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
excusez. Je comprends que c'est malheureux, O.K., mais, avant même de parler
sur la place publique de tout ce qu'on est prêts à sacrifier, il faut parler
aux gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Il faut leur parler. Il faut comprendre c'est quoi, la réalité sur le
terrain. Puis sont-ils d'accord quand on leur propose ou quand on va,
disons, proposer sur la place publique de mettre leur industrie à risque?
Moi, je ne comprends pas comment ça se fait
qu'on n'a pas été capables de parler à la chambre de commerce américaine. J'entendais la ministre de l'Économie,
tout à l'heure, nous dire que le premier ministre a parlé au Home Builders
Association. «Well, that's fine», mais moi, j'aurais aimé ça qu'on parle à la
chambre de commerce américaine, parce que, la chambre de commerce américaine,
ils représentent toutes les industries aux États-Unis. Puis en passant, c'était
avec eux, en 2017, qu'on a eu le plus de
leviers de lobbying pour faire en sorte que le président Trump version 1
nous écoute. Donc, comment se fait-il qu'on n'a pas engagé ce dialogue?
Comment se fait-il que ça... encore, il faut donner le plan de match à l'équipe du gouvernement pour qu'il
puisse agir là-dessus? Vous savez, la renégociation de la première version, là,
du US-Mexico-Canada, là, ça a pris plusieurs années. On a vécu sous une ère
tarifaire qui a duré pendant plusieurs mois par la suite.
Donc, je comprends l'argumentaire. On veut que
ça se passe vite. On veut que ça... qu'on passe au prochain appel. On veut
régler ça le plus rapidement. On veut ci, on veut ça. En passant, c'est le même
président qui a signé cet accord-là qui est en poste aujourd'hui, puis il en
veut un deuxième. Que vaut la parole du président Trump? Elle ne vaut pas grand-chose. Ce qu'on va faire, là, c'est
qu'on va lui dire... Oui, on va renégocier avec lui. On va lui donner notre
aluminium. Peu importe ce que le premier
ministre dit, là, on va renégocier. Puis qu'est-ce qu'il va faire? Il va
resigner tout ça, puis, le lendemain,
ça va être : Bon, O.K., c'est quoi, le prochain objet argent que je peux
aller me chercher? Il n'y en aura pas, Mme la
Présidente, de fin de l'inquiétude par rapport à ce que le président Trump est
en train de faire. Ça va être continuel.
Donc, on se doit de se concentrer sur comment,
nous, on peut s'améliorer. On se doit, nous, de se concentrer sur nos leviers
pour s'assurer qu'on puisse se sortir la tête de la bouche de l'ours. On doit
s'assurer d'une chose, c'est que, pour que les gens au grand complet dans le
Québec comprennent que ce que le premier ministre a dit ne tient pas la route,
il faut que ce soit expliqué de la part du gouvernement. C'était une erreur de
la part du gouvernement. Moi, je la relis,
là, la motion du mercredi, Mme la Présidente, là, tout le monde devrait être
d'accord avec ça. On se parlerait, là, «one on one», là. Il n'y aura pas
personne qui va me dire : Ah non! c'est une vraiment bonne idée, ça. Ça,
là, demain matin, je la signe, tu en veux combien? C'est sûr que non, ce
n'est pas une bonne idée du tout, Mme la Présidente.
Ça fait que c'est certain que, quand on regarde
ça, là, on doit au moins se sortir de cet exercice qui nous mène en position de
faiblesse face aux Américains puis on doit réaliser que c'est important de
faire en sorte que les gens dans l'industrie
de l'aluminium au Saguenay—Lac-Saint-Jean, les gens qui sont responsables de l'industrie puissent avoir un
bon canal de communication avec le gouvernement, que le gouvernement comprenne
les enjeux de ce marché-là, qui est
extrêmement efficace, c'est un marché qui ne permet aucun arbitrage, puis de
s'assurer qu'une fois qu'on a tous ces
éléments-là mis en place, Mme la Présidente, on puisse être capable d'avoir une
proposition solide pour faire avancer le
Québec. Mais attendons avant d'offrir n'importe quoi sur la place publique,
attendons de voir c'est quoi que le président veut avoir. On n'est pas
pressés, là, de le voir. Je comprends qu'on est inquiet, mais soyons
stratégiques.
Pour moi, Mme la Présidente... puis j'essaie de
juste me mettre à la place de ceux qui vont faire face à ces situations au Lac-Saint-Jean. C'est
important pour moi de... pour eux qu'ils comprennent qu'au Parti libéral, là,
on est là pour défendre toute l'industrie de l'aluminium, que ce soit à
la production, que ce soit aux fournisseurs de services à l'industrie même, que
ce soit dans la transformation, produits de valeur ajoutée, qui représentent
grosso modo, là, 35 % de nos exportations en passant, là. Il y a
65 %, c'est du lingot, là, on l'envoie directement en lingots. Il y a
35 %, là, c'est de la valeur ajoutée, c'est un produit d'aluminium
transformé spécifiquement pour un véhicule automobile, par exemple. Avant, là, de pouvoir avoir une
approbation pour la compagnie américaine qu'un autre fournisseur X soit capable
de remplacer ce que nous, au Québec, on est capable de faire, là, ça va
prendre des années. Oui, on a des avantages stratégiques, on les comprend. Ça
fait que tout cet argumentaire-là, là, qu'on a entendu de la part de la
ministre, oui, je l'entends, mais je ne comprends pas le premier ministre de
dire, sur la place publique : On va vous offrir la sécurité de notre
industrie de l'aluminium. C'est comme... Voyons donc, ça ne tient pas la route.
Donc, la motion du mercredi, on doit se dire que
c'est un mauvais exemple de ce que c'est la négociation, là, de la part du
premier ministre, d'avoir offert ça sur la place publique, là. La motion du
mercredi, elle doit être acceptée par tous.
Dans une négociation, Mme la Présidente, là, on doit obtenir quelque chose. En
bout de piste, là, qu'est-ce qu'on a obtenu? Qu'est-ce qu'on a obtenu de la
part du gouvernement américain? Pas grand-chose. C'est terminé? Merci.
• (16 h 10) •
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci, M. le député. Je cède maintenant la parole au député de
Jean-Talon.
M. Pascal Paradis
M. Paradis : L'année prochaine,
ça va faire 125 ans qu'on produit de l'aluminium au Québec, et, pour fêter
ça, le premier ministre du Québec fait un cadeau empoisonné au secteur de
l'aluminium en inventant la surtaxe Legault sur l'aluminium.
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : M.
le leader adjoint.
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. Vous avez entendu comme moi ce que le
collègue a dit. Ce n'est pas permis en Chambre.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
M. le député... Merci, M. le
leader adjoint du gouvernement. M. le député, je vous invite à la
prudence, s'il vous plaît.
M. Paradis : Sur quel mot? Là,
je vois que mon temps roule, là, mais...
Une voix : ...
M. Paradis : Alors, la taxe, la
surtaxe du premier ministre sur l'aluminium, parce que, si on fait un petit
cours très rapide de commerce international,
lorsqu'il y a une menace de tarifs douaniers d'un autre pays... ici, c'est
l'administration Trump qui menace
d'imposer des frais de douane à la frontière sur tout l'aluminium du Québec. La
réplique, d'habitude, c'est de
prendre des produits que ce même pays là envoie chez nous puis d'imposer des
frais de douane, pas de faire ce que le premier ministre du Québec propose,
c'est-à-dire : on va avoir ces frais de douane additionnels de 25 %,
puis moi, je vais rajouter une taxe dessus, je vais le rendre encore plus cher,
l'aluminium du Québec.
Et
attendez, ce n'est pas tout, Mme la Présidente. On ne sait pas encore, parce
qu'il faut se démêler dans les nombreux
décrets du président américain... c'est que ça se pourrait que ces tarifs-là de
25 % imposés par l'administration Trump
s'ajoutent à des tarifs additionnels de 25 % sur tous les produits
auxquels le gouvernement de la CAQ veut ajouter une autre
taxe. Et ce qui est extraordinaire, c'est qu'en faisant ça le gouvernement
prétend défendre une industrie qui dit : Non, non, non, ne faites
pas ça, s'il vous plaît, ça va nous nuire. On en est rendus là.
Et ce qui vient de se
passer d'extraordinaire avec la motion de mon collègue, je le remercie, le
député de Marguerite-Bourgeoys, parce que c'est vraiment sur la question du
tarif ou de la taxe additionnelle sur l'aluminium que porte la motion aujourd'hui... et on a entendu la ministre
responsable du Saguenay—Lac-Saint-Jean se lever, faire un discours plein de belles paroles, mais on n'a
pas entendu un mot pour protéger ou pour se dire d'accord avec l'initiative du
premier ministre. Est-ce que la ministre a été capable de se lever puis
dire : Oui, c'est une bonne idée, venez taxer une des principales
industries de ma région de manière additionnelle... aux menaces tarifaires américaines?
Pas entendu un mot. La ministre de l'Économie
s'est levée tout à l'heure, je n'ai pas entendu un mot pour défendre l'idée du premier ministre, pas un mot. Et ça fait deux fois
que je me lève, pendant la période de questions, pour lui demander de me
répondre là-dessus. Rien.
Alors, moi, je veux
entendre la députée de Chicoutimi, ministre responsable du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
dire : Oui, c'est une bonne idée, s'il vous plaît, une taxe additionnelle
sur notre aluminium, ça va rassurer les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean. Je veux entendre le député de Dubuc, je veux
entendre le député de Lac-Saint-Jean, je veux entendre le député de Jonquière,
je veux entendre la députée de Roberval. Qu'est-ce qu'ils vont dire de ça? Je
veux les entendre : Oui, on est d'accord,
c'est une bonne idée de mettre une taxe additionnelle sur nos exportations
d'aluminium, alors que toute l'industrie nous dit de ne pas faire ça.
C'est l'inverse qu'il
faut faire. Nous, au Parti québécois, on propose d'adopter des mesures dès
maintenant pour se mettre sur le chemin de
la diversification, de l'exploration d'autres marchés de remplacement. On a
dit : Vite, des missions
commerciales, allons-y. On l'a proposé. Est-ce qu'on a entendu parler de ça?
Non. On a dit : Il faut défiscaliser les nouvelles exportations vers les nouveaux marchés, on va aider nos
entreprises à démarrer rapidement cette diversification. Parce que ça
fait longtemps qu'on en parle, on le sait que ce n'est pas facile, mais on
dit : Ça prend des mesures pour aller
là. Ce n'est pas ça qu'on entend. On entend le contraire. On entend notre
gouvernement qui veut imposer une taxe additionnelle à un de nos
secteurs névralgiques.
Alors, si c'est ça
qu'on appelle se tenir debout, affaiblir encore plus nos industries
névralgiques, bien, moi, je ne comprends plus ce gouvernement-là. Si se tenir
debout, c'est d'offrir ça, dès maintenant... parce que, là-dessus, le député de
Marguerite-Bourgeoys a raison, là, les Américains, actuellement, ils nous
regardent puis ils regardent le premier ministre du Québec qui a dit : Je
vais garder la tête froide, il faut garder la tête froide, qui s'en va
réfléchir tout haut à Washington, qui s'en va à Washington avec son jeu tout
ouvert, contre toutes les règles des négociations commerciales internationales,
j'en sais quelque chose, pour dire : Voici les... Je suis prêt à faire
beaucoup de compromis, et voici les
compromis que je vais faire. On ne l'a pas entendu dire ce qu'il veut faire
comme gains. Par contre, on l'a
entendu dire ce qu'il est prêt à abandonner, et il a inclus là-dedans
l'aluminium. Et non seulement il dit : Je suis prêt à faire
beaucoup de compromis sur l'aluminium, et sur l'aéronautique, et sur le bois,
mais, en plus, je vais taxer, je vais surtaxer l'aluminium.
Donc
là, alors que l'administration Trump dit : Bien, actuellement, je vise le
monde entier, ce qui veut dire que tous les pays du monde sont visés par
les menaces de tarif sur l'aluminium de l'administration Trump, notre
gouvernement veut nous mettre en position de faiblesse en disant : Bien,
moi, je vais nous donner un désavantage concurrentiel par rapport aux autres.
C'est une erreur, c'est un affaiblissement de la position du Québec.
Je
demande aux députés de la région de rappeler le premier ministre à l'ordre pour
que vraiment, là, on se mette en position de fermeté pour défendre les
intérêts du Québec. Se tenir debout, ce n'est pas nous affaiblir, c'est
l'inverse.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : Je cède maintenant la parole au député de Lac-Saint-Jean.
M. Éric
Girard
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Merci, Mme la Présidente. Écoutez, tout d'abord, je
vais saluer mes collègues de la partie gouvernementale, de la partie de
l'opposition aussi, plus particulièrement mon collègue de Dubuc, qui est ici
présent avec moi, qui représente fièrement la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
avec mes autres... mes quatre autres collègues aussi.
J'ai souvent l'occasion...
j'ai eu souvent l'occasion de m'exprimer sur le dossier de la foresterie, en
cette Chambre, un dossier qui me tient excessivement à coeur. Maintenant, c'est
un autre sujet qui est le sujet de l'aluminium aujourd'hui, sur la motion. Et
je vais revenir sur ce que mon collègue député de Marguerite-Bourgeoys a dit,
tout à l'heure, en disant qu'on n'était pas connectés sur notre terrain. Je
vais revenir là-dessus. Mais je vais commencer en vous faisant un historique au niveau de l'aluminium. Mes collègues
ministres, tout à l'heure, ont fait un très bon exposé, là, au niveau plus économique. Moi, je vais descendre
un petit peu plus au niveau de la région, puis la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
mon cher collègue.
Vous savez,
l'aluminium, ça a commencé chez nous avec la construction de la centrale
d'Isle-Maligne, dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, à Alma, entre
autres, et sa mise en opération était en 1926. En même temps se construisait
une usine à Arvida, une usine de coulée, et ça s'est fait avant même
Hydro-Québec. Donc, on a été les précurseurs, avec des gens de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
comme travailleurs, qui ont construit cette industrie. Et il y a eu aussi la
construction d'une communauté. Et entre autres, à Arvida, il s'était construit
en même temps 270 maisons en quelques mois, on me dit même en
135 jours, puis on est au début du XXe siècle.
• (16 h 20) •
Je
trouve ça important, moi, là, même si vous trouvez ça drôle, chers collègues de
la partie de l'opposition, de se rappeler
aussi, là, l'historique, de se rappeler d'où on vient. Puis on marque un
tournant décisif, hein, à cette époque-là. C'est un positionnement de la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
comme un centre névralgique de la production d'aluminium.
Il est arrivé aussi
la Seconde Guerre mondiale, puis la demande en aluminium a explosé, entre
autres, pour la production en aéronautique. C'est là que l'aluminium est devenu
un métal stratégique déterminant. Puis, juste pour vous rappeler aussi, durant cet effort de guerre là, la base de Bagotville
a été construite en conséquence de l'aluminium puis des centrales hydroélectriques. À cette époque, on
devait protéger ce centre névralgique. C'est devenu le centre principal de
production d'aluminium au monde. Donc, c'était important. C'est pour ça que je
tenais à rappeler ces choses-là, parce que je trouve que c'est important.
Puis
vous allez voir pourquoi je dis ça, parce que c'est... c'est 100 ans
d'histoire, c'est dans notre ADN, chez nous, là, autant que la forêt,
là. Puis ma collègue en a fait part tout à l'heure, de quelques chiffres. C'est
quoi, l'aluminium, chez nous? C'est plus
grand que nature, là. C'est ça, l'aluminium, chez nous, là, c'est plus grand
que nature. Savez-vous que c'est plus de 50 % de la production
mondiale de Rio Tinto qui est produite au Saguenay—Lac-Saint-Jean? C'est 1,2 million de tonnes produites au Saguenay—Lac-Saint-Jean. On a une usine d'alumine. Je vous invite à aller consulter, là, sur le
site de Rio Tinto, vous allez voir c'est quoi, une usine d'alumine, c'est
le... c'est le principal pour produire de l'aluminium. On a cinq usines
d'électrolyse. On a six centrales hydroélectriques. J'en ai quatre juste dans
mon comté. On a un centre de recherche et de
développement. On a un chemin de fer, 142 kilomètres, Rio Tinto. On a
un port, Rio Tinto, un port dans le comté de mon collègue ici. C'est
des usines d'électrolyse les plus perfectionnées au monde, en termes techniques, puis qui sont alimentées exclusivement
avec de l'hydroélectricité. Donc, en plus, c'est propre. Je ne sais pas,
mais c'est un avantage concurrentiel énorme.
C'est 8 % du PIB de ma région, c'est 9,16 milliards en produits
d'exportation, en valeur, au Québec.
Chez nous, là...
parce que j'entends dire... Mon collègue de... Marguerite-Bourgeoys? C'est bien
ça, Mme la Présidente? Il a dit tantôt : Parlez à votre monde. Les cinq
députés régionaux, là, du Saguenay—Lac-Saint-Jean, là, sont connectés sur leur
terrain. On est avec nos entrepreneurs. On est tissés serré. On est proches de
notre monde. C'est 4 000 travailleurs.
Savez-vous c'est quoi, Mme la Présidente, 4 000 travailleurs?
4 000. Y avez-vous pensé? 2 000 contracteurs aussi qui font
affaire avec Rio Tinto, des sous-contractants qui engagent du monde, des
sous-contractants qui engagent des sous-contractants qui engagent du monde. Ça
fait que ne venez pas me dire qu'on ne sait pas de quoi qu'on parle quand on
parle d'aluminium puis de forêt, parce qu'on pourrait débattre longtemps, cher
collègue. Tout est rattaché. C'est complexe. C'est une industrie qui est en
synergie. On la connaît, notre industrie. On la défend, notre industrie. Mais
ce n'est pas comme ça qu'on va y arriver.
Je
continue encore avec quelques chiffres. Rio Tinto dépense plus de
1 million par jour, au Saguenay—Lac-Saint-Jean, en maintien d'actifs, juste pour maintenir ses actifs, 1 million
par jour. Ils viennent d'investir 1,4 milliard pour la construction de
l'usine AP60, à Jonquière. Ça, c'est les derniers investissements. Je ne
calcule pas la réfection des fours à Alma, l'augmentation de la capacité
d'ampérage à l'usine d'Alma. En plus, on construit une usine de billettes aussi
à Alma, donc on transforme. Malgré ce qui se passe au niveau économique, on est
réalistes. Le secteur continue d'investir. En plus,
ils investissent dans les centrales hydroélectriques. La Centrale Isle-Maligne
va avoir 100 ans, six centrales qui font travailler du monde, des entreprises telles que Nordex, leurs machineries,
quand c'est le temps de faire des pelles. On est des spécialistes, puis
on va le rester, Mme la Présidente, puis on va passer au travers.
Puis
le gouvernement, il fait quoi? Le gouvernement, savez-vous, cher collègue de Marguerite-Bourgeoys, il investit dans la technologie ELYSIS. On développe avec eux
cette technologie-là. On est partenaires. On est partenaires aussi dans les
ententes hydroélectriques, hydrauliques. Vous savez, on ne se limite pas juste
à la production primaire, hein? Je l'ai dit
encore puis je le redis, c'est un écosystème qui est large. On parle de
fabrication d'équipements, des spécialistes, de la recherche aussi. On
n'en parle pas, mais il y a de la recherche qui se fait chez nous, de
l'innovation technologique. On a de la formation, de la main-d'oeuvre
qualifiée. On a des centres de formation professionnelle, chez nous, qui font
des travailleurs dans le domaine de l'aluminium. On a des femmes qui
travaillent là, on a des hommes, des jeunes, des moins jeunes. Je le redis encore, je le redis, je le redis pour que vous
le compreniez, c'est un écosystème complexe. Je pourrais en rajouter
encore, mais on va se garder des choses.
Vous savez, les gens,
là, de la région, là, je l'ai dit, ils ont l'aluminium, tout comme la forêt,
dans leur ADN. Je vous invite à regarder notre drapeau régional. On a la
couleur grise qui parle de l'aluminium. On a des travailleurs qualifiés, des travailleurs de grande qualité, des
spécialistes qui, en ce moment, sont avec nous autres en train de travailler
à se battre et non à faire de la petite politique.
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : M. le député, c'est une chose que vous ne pouvez pas
dire...
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Oui, puis, en même temps, j'aimerais que vous
vous adressiez à la présidence, parce que ça fait à plusieurs reprises que vous
vous adressez directement au collègue de Marguerite-Bourgeoys. Donc, je
vous invite à la prudence et à vous adresser à la présidence, s'il vous plaît.Merci.
M. Girard
(Lac-Saint-Jean) : Sans parler de tous nos sous-traitants, nos
équipementiers, Mme la Présidente, qui
travaillent dans ce domaine-là. Vous savez, c'est un domaine qui est ancré dans
nos vies. On retrouve ça aussi dans nos universités, où des chercheurs,
Mme la Présidente, et des étudiants consacrent temps et énergie pour améliorer,
créer, produire et réfléchir à cette industrie. Donc, ce n'est pas rien.
On
a des élus qui travaillent en ce moment, Mme la Présidente, avec le milieu
économique, justement, à trouver des solutions. Ce n'est pas la première fois
qu'on vit des crises, là, mais on va passer au travers, Mme la Présidente. Puis
on est sur le terrain, Mme la Présidente. Les députés du Saguenay—Lac-Saint-Jean,
on est proches de notre monde, on leur parle. On connaît notre coin, on connaît
notre système. On est des partenaires, puis je vous invite à être des partenaires. Il faut qu'on continue à
travailler ensemble avec le milieu. Moi, c'est ça que les gens m'ont dit,
avant-midi, avec qui j'ai parlé,
encore dernièrement, des équipementiers, des gens aussi de Rio Tinto. On va
s'en sortir, on est des gens résilients, on va y arriver.
• (16 h 30) •
Pendant
que nous, ici, Mme la Présidente, on fait des débats, ce qui est important pour
la démocratie, bien, il y a des gens qui travaillent en ce moment dans
ma région, dans notre région, qui travaillent en collaboration avec des manufactures, avec des sous-traitants, les gens de
l'industrie, les élus. Ils travaillent tous ensemble à trouver des solutions, à
développer d'autres marchés, là. Ça se fait, là, ce n'est pas... ça ne vient
pas d'arriver de même, là, mais ça prend du temps à faire ça, Mme la
Présidente. Ça ne se fait pas en claquant des doigts. Il y en a, des marchés,
aussi, déjà.
Donc, je pense qu'il
faut se serrer les coudes, puis on va passer au travers. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de
Bellechasse.
Mme
Stéphanie Lachance
Mme Lachance :
Merci, Mme la Présidente. Depuis quelques semaines et encore pour plusieurs
semaines, on va continuer à travailler
ensemble. Puis, je le demande, on doit travailler ensemble, parce que l'impact
des tarifs sur nos industries, il est
possible, il est important et il pourrait être très important. Donc, comme le
mentionnait mon collègue juste avant moi, c'est important de travailler
ensemble.
Le
Québec, c'est un leader mondial en matière d'aluminium. Notre nation bénéficie
d'une des sources d'énergie les plus propres au monde, l'hydroélectricité, ce
qui rend notre aluminium parmi les plus écologiques. L'aluminium, c'est un métal stratégique, comme le dit ma collègue
députée de Chicoutimi, qui façonne nos infrastructures mais qui façonne aussi plusieurs technologies émergentes. Elle
représente un élément essentiel dans la transmission vers des technologies
plus durables, comme les véhicules
électriques, comme les énergies renouvelables et tout ce qui contribue à
réduire notre empreinte de carbone.
Pour ceux qui ne
connaissent pas le processus de production de l'aluminium primaire, bien,
j'aimerais ici présenter un bref aperçu, un rappel des concepts scientifiques
derrière. D'abord, la bauxite. La bauxite, c'est le minerai qu'on trouve au tout début de la chaîne de
production de l'aluminium. Il faut quatre à cinq tonnes de bauxite, de cette
roche sédimentaire, pour produire deux tonnes d'alumine. Dans la seconde
étape du processus, la réduction de l'alumine par électrolyse, on pourra
produire une tonne d'aluminium. La production d'une tonne d'aluminium, ça
équivaut à la production d'une tonne et demie de dioxyde de carbone en
contrepartie, puis c'est à cet effet-là que notre gouvernement s'est penché,
sur la possibilité de produire de l'aluminium plus propre, plus durable, par
des procédés technologiques avancés.
Comme l'a mentionné
ma collègue députée de Chicoutimi, depuis 2018, le gouvernement s'est associé à
deux producteurs importants d'aluminium dans le monde, soit Alcoa Corporation
et Rio Tinto, au Saguenay, avec l'objectif de développer une technologie
novatrice, une technologie de réduction de l'alumine pour produire de
l'aluminium primaire au Québec, de façon à respecter nos objectifs de
décarbonation. En effet, cette technologie révolutionnaire qui utilise des
anodes inertes pour effectuer l'électrolyse de l'aluminium élimine complètement
les émissions de GES durant le processus de production de l'aluminium en
remplaçant le processus traditionnel d'électrolyse, qui génère du CO2,
par une technologie de pointe qui produit de l'oxygène pur et les particules
d'aluminium.
ELYSIS
représente un véritable saut technologique qui pourrait transformer l'industrie
mondiale de l'aluminium, Mme la Présidente. C'est important de le
mentionner. Puis évidemment on a soutenu cette industrie-là quand même beaucoup parce qu'à terme nous sommes convaincus
que la technologie ELYSIS sera adoptée par toutes les alumineries au Québec, mais aussi va permettre de réduire à
5 millions de tonnes annuellement nos émissions de CO2. Ce n'est pas rien, Mme la Présidente. Je crois également qu'il
est important de souligner la pertinence du développement d'une telle technologie ici, au Québec. Quand on développe
ici, au Québec, une technologie comme celle-là, qui sera exportable, bien,
ce n'est pas ailleurs que ça se passe, c'est ici, chez nous.
On ne peut pas
minimiser, Mme la Présidente, les retombées économiques que ce projet de grande
envergure aura pour le Québec. À terme, une fraction des revenus récurrents de
royautés sur la vente de cette technologie aux producteurs d'aluminium mondiaux va revenir ici, au Québec, dans notre portefeuille.
On investit dans la décarbonation de l'aluminium, mais également dans le
potentiel commercial d'ELYSIS, qui montre à la fois notre engagement pour
améliorer notre empreinte écologique, mais aussi pour la décarbonation et aussi
pour une amélioration de notre vision économique pour le Québec.
En plus des bénéfices
environnementaux, le recours à la technologie d'ELYSIS, Mme la Présidente,
permettra aux alumineries d'augmenter leur productivité, de réduire leurs coûts
d'opération et de diminuer l'intensité de leurs investissements en capitaux, en
plus de se soustraire à la tarification du carbone. En commercialisant cette
technologie à l'échelle mondiale, cette
technologie pourra être déployée dans tous les projets de nouvelles alumineries
et même dans la conversion des alumineries existantes dans les nouvelles
usines.
Donc,
Mme la Présidente, on voit ici à quel point c'est important. Puis on doit
continuer à travailler ensemble pour la suite des choses et évidemment faire en
sorte que... À la lumière de ces informations, on le constate, tout ça va nous placer comme un État exemplaire, et, en plus,
des plus compétitifs en matière d'aluminium au niveau international. Quand
on parle, Mme la Présidente, de l'impact des tarifs puis qu'on regarde l'état de
la situation avec l'aluminium, on est chanceux parce qu'internationalement on a
une technologie, on est en train de se développer.
Donc, je le dis puis
je le répète, on doit continuer à travailler ensemble. Puis je tends la main
aux oppositions, parce qu'actuellement c'est le temps d'unir nos forces pour
travailler à réaliser nos projets, à investir dans notre futur. Et tout est devant nous pour qu'on puisse le faire,
avec un secteur de l'aluminium qui est, ma foi, très florissant, où les gens
travaillent très fort, au Saguenay, entre autres choses, à développer des
technologies de pointe qui se retrouvent nulle part. Merci, Mme la
Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
Mme la députée. Je cède maintenant la parole au député de Saint-Jean.
M. Louis Lemieux
M. Lemieux :
Pour combien de temps, Mme la Présidente?
La Vice-Présidente
(Mme D'Amours) : 10 min 20 s, M. le député.
M. Lemieux :
Merci beaucoup, Mme la Présidente. Puisque je serai le dernier à prendre la
parole du côté gouvernemental dans ce débat réservé aux affaires inscrites par
les députés de l'opposition et que ceux qui m'ont précédé de ce côté-ci de la
Chambre se sont concentrés sur la partie du libellé de la motion qui traite de
l'industrie de l'aluminium en général et, en
particulier, des impacts d'éventuels contre-tarifs sur l'aluminium et de son
impact potentiel sur l'économie du Saguenay—Lac-Saint-Jean, je vais prendre un pas de recul, Mme la Présidente, pour aborder le
contexte politique et économique de la question, mais pas avant de souligner
que ce n'est pas pour rien que je parle d'éventuels tarifs à l'exportation et
de potentiels impacts sur l'économie de cette région que je connais bien, tout comme son coeur industriel en aluminium, et que je
sais résiliente, ne serait-ce que parce qu'elle en a vu d'autres. J'aurais
préféré, dans la motion, «contre-tarifs
éventuels», parce que oui, c'est une des réponses possibles à la guerre
commerciale qui est en train de se préciser et avec laquelle s'amuse le
président américain, qui est, tout le monde sera d'accord, tout sauf
prévisible. Et pas seulement à l'égard du Canada, mais, il le prouve bien
depuis son arrivée en poste, à grands coups
de décrets signés au marqueur Sharpie, tous azimuts, sur tout ce qu'on peut
imaginer ou, je devrais peut-être dire, sur tout ce qu'il est capable
d'imaginer.
Donc, oui, à mon
avis, et je suis à cet égard fier et solidaire de la posture de notre premier
ministre, il ne faut surtout rien écarter et ne pas considérer, en ce moment,
sur ce qu'on pourrait faire éventuellement, ce qu'on devra faire, peut-être, lorsqu'on sera confrontés à la
réalité qui nous sera imposée, à terme, par le président américain, au final. Pour
les mêmes raisons, il me semble qu'il faudrait parler de potentiels impacts sur
l'économie de cette industrie et des régions où elle se trouve, et, oui, en
commençant par le Saguenay—Lac-Saint-Jean,
potentiels dans le sens que personne ne sait
vraiment ce qui va se passer et même si ça va se passer. Mais tout le monde
sait que ça pourrait avoir des impacts majeurs pour toute l'économie.
• (16 h 40) •
Et j'y reviendrai,
mais je dois répéter tout de suite que le gouvernement est en action et prêt à
faire face à plusieurs scénarios. Et, on le dit depuis le début, on sera, dans
une première étape, au rendez-vous pour soutenir les entreprises de tous les
secteurs ciblés par des tarifs pour une crise qui provoquerait des problèmes de
liquidités, tout en épaulant les initiatives
visant à développer de nouveaux marchés, ce qu'on est, d'ailleurs, déjà en
train de faire, et c'est fondamental,
sans oublier les travailleurs, pour ne pas qu'ils fassent les frais d'une
guerre commerciale que nous n'avons pas
cherchée et qui, à bien des égards, relève encore, aux dernières nouvelles en
tout cas, de la politique-fiction trumpiste.
Donc, je m'inscris en
faux, si vous ne l'avez pas encore compris, contre le libellé de la motion qui
est sur la table, même si je me réjouis, Mme la Présidente, qu'on en parle. Et
c'est pour ça que je suis debout devant vous, parce qu'en fait ce dont il est
question et ce que le président américain semble vouloir mettre en place, ce
n'est rien de moins qu'un nouvel ordre
économique mondial, s'il arrive à ses fins. Il faut toujours, depuis son
élection, dire «si», «éventuel», «potentiel», etc., parce que la théorie du
chaos qui est la sienne nous transforme, avec tous les gouvernements de
la planète, en acteurs dans une mauvaise émission de téléréalité.
Mais si,
effectivement, l'ordre économique mondial doit changer, je suis de ceux qui
pensent et qui disent qu'il ne faut pas attendre et qu'il faut saisir les
opportunités dans la crise et en profiter plutôt que de la subir. Et on est
bien placés pour ça. Depuis six ans, notre
croissance économique a été la meilleure du reste du Canada. Et, comme le
répète le premier ministre avec raison, puisque c'est son mantra économique
depuis 10 ans, le Québec a réduit son écart de richesse avec ses voisins
pour la sixième année, parce que les salaires des Québécois ont augmenté plus
vite que l'inflation, avec le résultat que les Québécois ont bénéficié de la
plus forte hausse du pouvoir d'achat, entre 2018 et 2024. Ce qui n'empêche pas
que plusieurs Québécois et plusieurs entreprises vivent des difficultés. Mais
l'économie du Québec reste solide.
On
fait des choix responsables, on va continuer d'investir dans les services aux
Québécois, mais on va aussi s'assurer que chaque dollar soit bien
investi. Parce qu'on le sait, il faut rendre nos services plus efficaces.
Autrement dit, on veut et on va prendre soin de notre monde et leur en donner
pour leur argent, parce qu'on le sait, on est parmi les juridictions les plus
taxées en Amérique, et il y a une raison à ça, ça s'appelle le filet social,
Mme la Présidente, un filet que notre société distincte a tissé en s'émancipant
avec la Révolution tranquille. Ça coûte cher, et ça, ça s'appelle un choix de
société, pour bien s'occuper de tout le monde.
D'ailleurs, il y a une
série d'articles dans La Presse, depuis deux semaines, qui
m'impressionnent et que je lis avidement à
chaque matin. Il y en a un en particulier du titulaire de la Chaire
Jarislowsky sur la confiance et le leadership politique de l'UQTR en
collaboration avec l'ENAP, un certain Stéphane Paquin, qui sera sans doute
surpris d'entendre son nom en Chambre
aujourd'hui. Il a signé, c'était lundi, Bâtir une société gagnante — L'exceptionnel
modèle québécois. Il fait
une mise en situation dans le temps sur les politiques et l'économie des
années 80 à aujourd'hui qui démontre que
le Québec, depuis la Révolution
tranquille, n'a jamais cessé de
tirer... de tisser, pardon, ce filet social pour construire une société plus
juste et plus solidaire que le reste du pays et que les États-Unis, bien
évidemment. Avec beaucoup de chiffres
et d'études à l'appui, le Pr Paquin nous explique que le Québec est plus
égalitaire, pour le dire comme ça, que la moyenne canadienne et des pays
de l'OCDE, et qu'on fait même mieux à ce chapitre que les principaux pays
nordiques. Ça s'appelle le coefficient de
Gini, G-i-n-i, qu'il démontre puisqu'il mesure les inégalités dans la
distribution des revenus. Un coefficient de 0 signifie l'égalité totale,
qui veut dire que la richesse est distribuée parfaitement, et un coefficient de
1 désigne une inégalité totale, tout ça en compte des salaires après impôts,
transferts, interventions de l'État, etc.
Mais, vous
allez voir, c'est intéressant. Le coefficient de Gini de la France, par
exemple, est de 0,29; les États-Unis, 0,38 — 0,
c'est l'idéal, 1, c'est moins bon — le
Royaume-Uni, 0,36; la Suède, la Norvège, 0,29; la Finlande, le Danemark,
0,27. Eh oui, le coefficient de Gini du Québec est de 0,26, mieux que la
moyenne canadienne, ce qui a fait écrire à Stéphane Paquin lundi, et que je
cite : «Le Québec est moins inégalitaire que quatre des pays nordiques, il
faut le faire!» Fin de la citation. Et on l'a fait, ce filet social, pour
toutes les raisons que nous dictait, depuis la Révolution tranquille, cette
société distincte que nous sommes. Et on va continuer à le tisser par
solidarité, tout en conjuguant les défis qui s'imposeront avec les velléités du
président américain.
C'est le
moment de se concentrer, en ce moment, nous tous, sur l'urgent, mais il y a
aussi, comme le disait notre ministre
de la Santé pendant la pandémie, l'important, il faut toujours garder un oeil
sur les deux, et reconnaître nos forces, en ce moment, et nos faiblesses pour mieux considérer nos options
au-delà des calculs et des théories économiques macro pour le reste du monde et
micro pour chez nous, continuer de prendre soin de notre monde et construire
l'économie de demain, si c'est ça qu'il faut faire. Et ça tombe bien, on
a déjà commencé à le faire, par exemple, notre filière batterie, qui est la
conséquence logique de l'électrification de notre société, qui a la chance de
pouvoir compter sur une richesse incommensurable d'électricité propre. L'aide
aux entreprises, par exemple, on sait comment faire, depuis six ans, ça fonctionne. Même chose pour la mondialisation et
la diversification de nos marchés. C'était déjà en augmentation, si ce n'est
que le marché américain a continué de croître en accéléré. Mais on s'est
préparés depuis, bien qu'avant l'élection du mois de novembre on était
déjà à l'oeuvre avec ça, en reconfigurant, par exemple, nos bureaux du Québec
un peu partout dans le monde et aux
États-Unis pour être plus en situation de réaction. Les bureaux du Québec sont
aussi, ni plus ni moins, que des extensions naturelles d'Investissement
Québec, qui est notre carte frimée dans ce jeu-là pour aider les entreprises québécoises à investir d'autres
marchés. Pas plus tard qu'hier, le gouvernement a annoncé 10 millions de dollars
pour le Québec — chez
nous, en Montérégie, c'était 1,5 — pour la mise en oeuvre des activités de
promotion des exportations et d'accompagnement des entreprises exportatrices
pour saisir les occasions d'affaires au Canada et à l'international et de façon
durable.
Le défi, c'est donc de garder la tête froide et
de faire des choix qui nous permettront de profiter au lieu de subir la crise, parce que, comme je ne cesse de le
répéter, dans chaque crise il y a des opportunités. Et la grâce que je nous
souhaite, c'est de les saisir et de les exploiter dans le secteur de
l'aluminium, comme dans celui du bois ou de l'agroalimentaire et tous les autres secteurs industriels et
commerciaux partout au Québec. Il faut la refaire, cette économie qui est la
nôtre, si c'est ça qui est le défi, et il faut le faire partout au
Québec, au Saguenay—Lac-Saint-Jean,
comme en Gaspésie ou la Côte-Nord et dans toutes les régions du Québec, sans
oublier sa métropole et sa capitale, qui sont nos poumons économiques.
Mme la
Présidente, j'ai confiance. Confiance en notre gouvernement, confiance en notre
premier ministre, confiance envers les Québécois et le Québec. Merci,
Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci,
M. le député. Est-ce qu'il y a d'autres interventions? Sinon, je serais prête à
entendre le député de Marguerite-Bourgeoys pour sa... réplique, pardon. Vous
avez 10 minutes.
M. Frédéric
Beauchemin (réplique)
M. Beauchemin : Merci beaucoup,
Mme la Présidente. Écoutez, je suis content d'avoir entendu le député de la
circonscription de Lac-Saint-Jean qui parlait avec coeur de l'histoire de la
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean
dans son ensemble. Puis je comprends que
c'est important qu'on comprenne l'historique, évidemment, c'est certain. Ce que
je trouve vraiment triste, cependant, c'est que son premier ministre n'en fait
aucune valeur ajoutée dans son processus de décision. Puis il a quand
même décidé, malgré tout, de suggérer, au détriment des gens de la grande
région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, de suggérer d'aller imposer un tarif additionnel à notre exportation
d'aluminium, faire mal à la région directement.
Donc, évidemment, ça aurait été une bonne chose
que le premier ministre comprenne aussi l'histoire. Puis j'apprécie vraiment ce
qui a été mentionné par le député de Lac-Saint-Jean, puis je trouve que c'est
vraiment une chose qui aurait dû prendre le
temps d'être répétée au premier ministre pour peut-être lui faire comprendre
que c'est important de penser un peu
plus à l'ensemble de l'histoire de la chose avant de faire des propositions
dommageables pour l'économie de la région.
Mais, moi, ce que je veux, là, c'est qu'on
comprenne qui va être le meilleur interlocuteur pour nous représenter, Mme la Présidente. Je n'ai pas confiance,
malheureusement, dans le premier ministre, parce qu'il a perdu ma confiance en
agissant de la sorte. Malheureusement, quand
il parle de la façon comme il le fait de taxer notre industrie spécifiquement,
ce que ça donne, c'est que ça fait de l'inquiétude à tous
les travailleurs, comme je le mentionnais tantôt, et qui n'ont plus la tête au
travail de la même façon. Ils sont inquiets de façon additionnelle.
• (16 h 50) •
Tout à
l'heure, là, moi, ce que je disais, là, c'est que ce que je veux, là, c'est
qu'on ait vraiment notre «top gun». Puis pour ceux qui ont regardé le
film, là, le «top gun», là, moi, ce que je veux, c'est Maverick, je ne veux pas
Goose, O.K., je ne veux pas celui qui va
écraser son avion. Ce qui est important, là, c'est qu'on ait celui qui va être
capable d'aller tirer sur le «target». Mme la Présidente,
malheureusement, quand on a des allocutions aléatoires de la part du premier ministre, que ce soit à Washington ou même ici,
dans cette Chambre, qui menacent des industries comme l'aéronautique, la forêt, l'aluminium, qui parlent de réouvrir
l'ensemble de l'oeuvre de l'accord de libre-échange de façon prématurée, ne
sachant pas ou n'avoir pas compris l'agenda caché du président Trump, ça
m'inquiète beaucoup.
Ça fait que juste peut-être pour donner un coup
de main au premier ministre, puis c'est vraiment de tout coeur que je le fais,
là, il faut comprendre que, dans la négociation, la première chose qu'on doit
comprendre, c'est l'agenda de notre adversaire, quelle est la chronologie de
l'agenda de notre adversaire. C'est quoi, celui du président Trump? M. Trump, là, a devant lui la nécessité de
remplir, là, O.K., ses promesses électorales. Une de ces promesses
électorales là, c'est la fameuse
baisse d'impôt pour tous les riches Américains. Comment va-t-il payer ça? Bien,
il a besoin de la sacoche, il a besoin d'avoir du cash qui rentre. Parce
qu'à 7 % du PIB comme déficit, leur trajectoire, elle est insoutenable,
donc il doit générer des revenus additionnels. Bien, son idée de tarifs, là,
c'est exactement ça, c'est de générer des revenus additionnels pour se
retourner de bord puis les distribuer aux payeurs de taxes américains.
Maintenant qu'on comprend que cette
chronologie-là, elle doit se faire rapidement, là, tu sais, on ne parle pas, là, de quatre, cinq, six mois, là, on parle de
deux, trois mois. Dans deux, trois mois, le président n'aura pas le choix que de
faire cette annonce-là. Ça fait qu'il veut obtenir des gains rapidement. Quand
on comprend l'horaire politique du président américain, bien, on doit
maintenant se dire : O.K., correct, il y a un horizon de temps court. Ce
n'est pas le temps de paniquer puis dire : Je suis prêt à offrir mon
aluminium, mon bois, mon aérospatial tout de suite. Laissons venir la demande. On le sait bien, là, qu'on va
être affectés, s'il va de l'avant avec son affaire. On n'a pas le choix, on
doit s'équiper nous-mêmes.
Travaillons sur nos forces. Mais de baisser nos culottes comme ça sur la place
publique, Mme la Présidente, ça nous affaiblit.
Donc, vous savez, quand on comprend ça, là, on
comprend qu'aussi il y a un autre facteur, c'est les élections de mi-mandat aux
États-Unis qui, elles, vont arriver, là, en novembre 2026, mais ça, c'est
la fin du processus électoral. Comme vous le savez autant que moi, là, les
élections aux États-Unis, là, c'est un festival. Ils font ça n'importe quand à
peu près, mais leurs élections durent très longtemps. Donc, à partir de quand
il va falloir que le premier... le président américain se promène avec un
trophée : Ah! voici, j'ai obtenu l'aluminium du Québec? Quand est-ce qu'il
va avoir besoin de se promener avec ça? Il va avoir besoin de se promener avec
ça peut-être à partir de l'été, de cet été, là, 2025, l'automne 2025. Donc, un autre... un autre crochet, là, O.K., qui
va nous dire : Voici, à partir de cette date-là, il va falloir que
le président Trump ait des trophées à montrer à sa population.
Maintenant
qu'on comprend, là, que l'agenda du président, ce n'est pas, là, sur les
10 prochaines années, il a de besoin que ça se négocie plus
rapidement qu'on le pense. Il a de besoin lui-même de négocier l'accord de
libre-échange plus rapidement qu'on le pense. Ça ne sert à rien de le dire sur
la place publique : De notre bord à nous, on est prêts à renégocier
maintenant. Attendons que le client le demande. On n'est pas obligés, là, de,
tout de suite, faire une vente à escompte, là.
Après ça, on
doit travailler sur nos forces, Mme la Présidente, comme je le disais tantôt,
puis je n'ai rien entendu, là, de tous ceux qui nous ont parlé de la part du
gouvernement, qu'on a un canal de communication avec la chambre de commerce américaine. Le plus gros lobby
d'entrepreneurs américains, la chambre de commerce des États-Unis, personne
ici ne nous a parlé comme quoi qu'on avait une communication avec eux autres. Ça,
c'est la première étape, on doit parler aux élus. On doit parler à l'industrie
du bois, l'industrie de l'aluminium, à toutes les industries, je comprends, mais il y a un lobby aux États-Unis qui regroupe
tout ce beau monde-là, c'est le U.S. Chamber of Commerce. Il faut qu'on
leur parle. Moi, je considère ça inacceptable que ce gouvernement-là ne le fait
pas. Pour moi, ça me dépasse. Donc, ça, c'est la première étape.
Deuxième étape, on doit travailler avec nos
collègues canadiens. On doit travailler à faire tomber nos barrières
interprovinciales. On doit s'assurer, là, qu'on a un vrai alignement
réglementaire, un allègement réglementaire qui est un vrai allègement
réglementaire, là, pas des mesurettes comme on a eues de la part du
gouvernement depuis les six, sept dernières
années, là. On a de besoin de quelque chose de solide. Savez-vous combien ça a
coûté de plus, depuis que le gouvernement de la CAQ est au pouvoir, en
réglementation pour nos entreprises au Québec? 2,5 milliards de plus
que ça coûte juste pour remplir plus de paperasse pour nos PME au Québec.
L'objectif du gouvernement, depuis sept ans, en
réduction de paperasse, puis d'efficacité, puis d'allègement réglementaire, on va se donner un objectif de
200 millions, mais on veut baisser de 200, on monte de 2,5 milliards.
Net, ça va nous coûter 2,3 milliards de dollars, le fardeau
administratif que ce gouvernement-là impose à nos entreprises. Voici maintenant
quelque chose qu'on pourrait donc travailler. Soyons sérieux, donnons-nous un
vrai objectif d'allègement réglementaire pour qu'on devienne plus compétitifs.
Qu'est-ce qui se passe de l'autre bord de la frontière, Mme la Présidente? Ils
vont vraiment, eux, alléger leur environnement, qui n'était déjà pas très indu,
en réglementation et en administration, en
paperasse. Donc, nous, on n'a pas le choix, on doit se réveiller. Donc,
deuxième piste de solution pour le gouvernement.
Troisième piste de solution pour le
gouvernement, la fiscalité. Comment se fait-il que ce gouvernement-là, quand on a d'autres provinces qui sont plus
compétitives que nous, que ce gouvernement-là ne la comprend toujours pas,
celle-là? Optimisons notre fiscalité pour toutes nos entreprises. Donc,
troisième piste de solution.
Quatrième piste de
solution, Mme la Présidente, là, la résultante de ça, c'est qu'on doit être
plus productifs. Pourquoi? Pour qu'on ait plus de marge. Pourquoi? Pour qu'on
soit plus indispensables pour le client, parce qu'en bout de piste, là, le
client, s'il trouve qu'on est valeur ajoutée, il va dire : O.K., je vais
faire affaire avec eux autres. Mais on n'a
pas juste un client, devenons plus productifs pour être capables d'être
attirants pour tous les clients sur la planète. C'est ça qui compte, Mme
la Présidente. On doit absolument s'assurer d'avoir ça.
Donc, quand je brosse ce portrait-là, O.K., je
donne le plan de match de 35 ans d'expérience dans le monde des affaires.
Ça fait 35 ans que j'ai... J'ai travaillé pendant 35 ans à ne faire
que ça, trouver des arbitrages, assurer qu'on
puisse avoir de façon optimale les meilleurs résultats pour les institutions
pour lesquelles j'ai travaillé. Mon objectif était simple, O.K., de faire en sorte qu'on puisse être... C'est quoi?
On a besoin d'une stratégie. J'ai donc donné la stratégie, le plan de match au
gouvernement. Le gouvernement devrait suivre ça, parce qu'en bout de piste, Mme
la Présidente, là, on ne peut pas
faire des déclarations comme le premier ministre l'a fait, là, sans penser
qu'il n'y aura pas de conséquence. Moi,
ce que je veux, c'est que le premier ministre se ressaisisse, que l'industrie
de l'aluminium au Saguenay—Lac-Saint-Jean puisse croître, qu'on n'est
pas en train de la menacer avec un tarif caquiste additionnel, puis qu'en bout
de piste, là, ce que le premier ministre doit faire, c'est d'arrêter de
se négocier lui-même sur la place publique, puis de penser aux intérêts de tous
les Québécois, évidemment en incluant les gens, les grandes gens, les fières
gens de la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean.
Merci beaucoup, Mme la Présidente.
La
Vice-Présidente (Mme D'Amours) :
Merci, M. le député. Je vais
maintenant mettre aux voix la motion de M. le député de
Marguerite-Bourgeoys, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale déclare que
l'imposition de tarifs à l'exportation sur l'aluminium québécois, tel que
proposée par le premier ministre du Québec, serait néfaste pour l'industrie
québécoise de l'aluminium et tout particulièrement pour l'économie de la région
du Saguenay—Lac-Saint-Jean.»
Est-ce que cette motion est adoptée?
• (17 heures) •
Une voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Un
vote électronique a été demandé. M. le leader du gouvernement.
M. Lévesque (Chapleau) : Vous
vous doutez de ma demande. J'aimerais bien qu'on le reporte à demain, s'il vous
plaît, Mme la Présidente.
Vote
reporté
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Cette...
En conséquence, ce sera reporté à demain.
M. le leader adjoint, pour la suite de nos
travaux, s'il vous plaît.
Ajournement
M. Lévesque
(Chapleau) : Oui. À ce stade-ci, je vous demanderais de bien
vouloir ajourner nos travaux à demain, s'il vous plaît.
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : En
conséquence, nous ajournons nos travaux à demain, jeudi le 20 février
2025, à 9 heures... motion...
Des voix : ...
La Vice-Présidente (Mme D'Amours) : Merci.
La motion est adoptée.
En conséquence, nous ajournons nos travaux à
demain, jeudi 20 février 2025, à 9 h 40. Merci beaucoup,
tout le monde.
(Fin de la séance à 17 h 01)