(Treize
heures quarante-sept minutes)
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, chers collègues, veuillez prendre place.
On vous souhaite un bon mardi.
Affaires courantes
Déclarations de députés
Et
nous allons procéder à la rubrique Déclarations
de députés. Et je suis prêt à
entendre la première déclaration
et je cède la parole à Mme la députée de Saint-Henri—Sainte-Anne pour sa déclaration d'aujourd'hui. À vous, Mme
la députée.
Féliciter, dans le cadre du Mois
de la surdité,
M. Charles Gaucher et Mme Louise Duchesne pour
l'élaboration d'un guide sur la surdité chez les enfants
Mme Marguerite Blais
Mme
Blais : M. le Président, dans le cadre du Mois de la
surdité, je félicite les auteurs et chercheurs Charles Gaucher et Louise Duchesne pour l'élaboration du guide Votre
enfant a une surdité? Vous n'êtes pas seuls! Et ce guide a été réalisé suite à une recherche qui
vise à répondre à plusieurs interrogations de parents et aussi à couvrir une
multitude de facettes en lien avec la surdité, le parent et son enfant. Il est
offert gratuitement grâce à La Fondation des sourds du Québec, en collaboration
avec l'association du Québec pour enfants ayant des problèmes auditifs.
Je
considère, M. le Président, que c'est vraiment une initiative extraordinaire
dans le cadre du Mois de la surdité, que
ça permet aux parents de pouvoir communiquer avec son enfant et de pouvoir le
soutenir davantage. Encore une fois, bravo pour ce magnifique guide!
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci,
Mme la députée. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Berthier
pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député de Berthier, à vous.
Souligner le 20e anniversaire
de la Corporation
de télédiffusion régionale de Berthier inc.
M. André Villeneuve
M.
Villeneuve : M. le Président, il y a 20 ans, M. Gilles Tessier, un journaliste des médias
électroniques, prenait sa retraite et
choisissait de s'attaquer à un nouveau défi en créant de toutes pièces une
station de télévision communautaire, CTRB-TV,
la corporation de télévision régionale de Berthier. Au fil des ans,
cette entreprise a dû surmonter de nombreux obstacles et a même failli fermer définitivement, mais elle est toujours
là et continue d'assurer sa mission contre vents et marées.
Première
station communautaire à présenter un bulletin de nouvelles quotidien, CTRB doit
faire face à de nouveaux défis liés à
des contraintes technologiques. Opérée en grande partie par des bénévoles,
journalistes, caméramans et techniciens,
la station continue sa mission, qui est de servir sa communauté. Cette
expérience qui allie le dévouement désintéressé et la passion constitue
un bel exemple de prise en main et d'implication sociale par des citoyens qui
font preuve et continuent à faire preuve
d'une persévérance et d'une détermination exceptionnelles. Je tenais à les en
féliciter et à leur souhaiter le plus grand succès au cours, j'en suis
certain, des 20 prochaines années. Merci, M. le Président.
• (13 h 50) •
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, M. le député de Berthier. Je cède maintenant la parole à M. le député de Maskinongé
pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député, à vous.
Souligner le Mois de la
sensibilisation à la fibrose kystique
M. Marc H. Plante
M.
Plante : Merci beaucoup,
M. le Président. Donc, la fibrose kystique est une maladie des
plus répandues chez les enfants et
les jeunes adultes canadiens. Il n'existe aucun traitement curatif. La fibrose
kystique touche différents organes mais
surtout l'appareil digestif et les poumons. Toutefois, la persistance de la
maladie et l'infection chronique dans les poumons, qui occasionnent leur destruction et une perte de la fonction
pulmonaire, entraînent finalement la mort chez la majorité des personnes
atteintes de fibrose kystique.
Le
mois de mai est consacré à la sensibilisation de la fibrose kystique. Au Québec,
une personne sur 20 est porteuse du
gène responsable de la fibrose kystique. La plupart du temps, sans le savoir,
1 300 Québécois sont atteints de la maladie. La fibrose kystique est passée du stade de maladie
infantile incurable à celui de maladie chronique. Plus de la moitié des
patients atteints de la fibrose kystique sont âgés de plus de 18 ans. L'âge
médian de survie a passé le cap des 50 ans.
Au
cours des prochains jours, il y aura des marches pour lutter contre la fibrose
kystique partout à travers la province, dont
à Montréal, Québec, Gatineau, Sherbrooke, Chicoutimi et Clermont.
J'invite tous les Québécois à soutenir ces personnes malades en
participant aux différentes marches afin d'amasser des sommes d'argent qui
serviront à la recherche. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci. Une minute, autant que possible. Alors,
je vous ai laissé un grand privilège de
dépasser le temps imparti, alors, merci de votre déclaration. Je cède maintenant
la parole à M. le député de Nicolet-Bécancour
pour sa déclaration d'aujourd'hui. M. le député, à vous.
Rendre hommage à Mme Sonia
Goulet, gagnante du
concours Réalise le t-shirt du Jour de la Terre
M. Donald Martel
M.
Martel : Merci, M. le Président. Je vais rendre hommage à Sonia Goulet, grande
gagnante du concours Réalise le
t-shirt du Jour de la Terre 2015. Ce concours, auquel participait les
designers, illustrateurs et artistes des pays francophones, visait à créer le nouveau visuel du t-shirt du
Jour de la Terre 2015 sur le thème À notre tour de briller. Sonia Goulet
a déjà plus de 15 expositions à son
actif et elle est également propriétaire de la galerie Atelier Art &
Muse, dont la mission est de
concevoir et rendre accessibles des oeuvres personnalisées en arts visuels.
Très impliquée dans son milieu, Sonia est également membre de divers
comités, tant dans le domaine de la culture que de l'entrepreneuriat. Au nom de
mes concitoyens et
concitoyennes de Nicolet-Bécancour, je veux donc dire à Sonia, ici présente, toute
la fierté qu'elle m'inspire et lui offrir mes meilleurs voeux de succès
dans ses projets à venir.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci, M. le député, mais je tiens à vous faire
remarquer que c'est compte tenu de la circonstance de votre déclaration qu'on
vous a permis d'avoir le visuel du magnifique gilet.
Mme la députée de Bourassa-Sauvé,
à vous la parole pour votre déclaration d'aujourd'hui.
Féliciter huit élèves de
sixième année de la circonscription
de Bourassa-Sauvé pour leur participation
au Parlement écolier
Mme Rita Lc de Santis
Mme
de Santis :
Merci, M. le Président. Je suis ravie des huit élèves de sixième année
du primaire de mon beau comté de Bourassa-Sauvé qui ont participé à l'édition 2015 du Parlement écolier. Huit sur 111
sélectionnés à travers le Québec, imaginez ma fierté!
Bravo à Lina Salmi,
Louise-Endie Occessite, Aysha Dawing Joseph, Deryk Dumerjean, Cevenson Exil et Ilhan Toprak, tous les six de Jules-Verne, de même qu'à Océane Petit et Maïka Aragon Gagné, toutes les deux de Sainte-Gertrude!
Jules-Verne et Sainte-Gertrude sont deux écoles de Montréal-Nord.
Ces
députés d'un jour ont étudié trois projets
de loi en commission,
dont celui portant sur l'utilisation de la tablette numérique en classe,
l'oeuvre de Lina Salmi.
Félicitations à ces
jeunes et aux professeurs qui ont guidé leur démarche! Nous sommes fiers de
vous! Merci, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Je remercie Mme la députée de Gouin... excusez, Mme la
députée de Bourassa-Sauvé. Je cède maintenant la parole à Mme la députée de Gouin
pour sa déclaration d'aujourd'hui. Mme la députée, à vous.
Souligner la réalisation de deux
projets communautaires
au local La Place du Regroupement des tables de
concertation de La Petite-Patrie
Mme Françoise David
Mme
David (Gouin) : Merci, M. le Président. Deux initiatives ont vu le jour récemment dans
ma circonscription et m'ont fait réaliser une fois de plus à quel
point la solidarité et le partage sont des valeurs partagées chez plusieurs
d'entre nous.
D'abord, la Cabane à
films, un projet pensé par deux jeunes, propose des films gratuitement aux
résidentes et résidents du quartier. Axée
sur des films de répertoire, cette initiative permet aux jeunes et moins jeunes
de s'initier au septième art.
Ensuite,
on a vu s'implanter un réfrigérateur communautaire
appelé Le Fridge. C'est un réfrigérateur dans lequel les gens du quartier peuvent venir déposer de la
nourriture et d'autres peuvent venir en chercher. Voilà un projet qui combat
le gaspillage et qui vient en aide aux personnes plus défavorisées.
Ces projets
se sont réalisés grâce à la collaboration de citoyennes et de citoyens engagés
dans leur milieu, grâce au Regroupement des tables de concertation de La
Petite-Patrie et plus spécialement La Place, dirigée par l'agente de
mobilisation Rachel Heap-Lalonde. Et, à tous et à toutes, je dis : Bravo!
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, on vous remercie, Mme la députée de Gouin.
Je cède maintenant la parole à M. le député de Chomedey. À vous.
Féliciter M. Jayson Mtanos,
récipiendaire
de la Médaille du Lieutenant-gouverneur
pour la jeunesse
M. Guy Ouellette
M.
Ouellette : Merci, M. le Président. Jayson Mtanos est un
étudiant de 17 ans qui fréquente l'école secondaire Saint-Maxime à
Chomedey. Il est un passionné de sciences, en quoi il excelle. Il a déjà
remporté la médaille d'argent dans la
catégorie intermédiaire de l'Expo-Sciences pancanadienne 2014 pour son projet
le moteur SymBioZ, en plus de recevoir la bourse Shoaib-A.-Khan de l'Institute of Electrical and
Electronics Engineers lors de la Super Expo-Sciences Hydro-Québec 2015
pour son moteur Fuzio Tek.
Voulant
partager sa passion pour les sciences avec ses pairs, Jayson a créé la revue Boom
scientifique, une revue conçue et produite uniquement par les élèves
pour les élèves. Il est également impliqué au sein du conseil étudiant de Saint-Maxime, au conseil d'établissement, aux
comités du bal et de l'album des finissants de son école, en plus d'être
journaliste pour leur site Web.
C'est
un élève modèle, et, pour toutes ces raisons, il a reçu, le 18 avril
dernier, la Médaille du Lieutenant-gouverneur du Québec.
Félicitations,
Jayson, et remerciements à ton père, Youssef, et à ta mère, Rita, pour leur
grande contribution à ton épanouissement.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, merci, M. le député, pour votre déclaration. Je
cède maintenant la parole à Mme la députée de Saint-Hyacinthe pour sa
déclaration. Mme la députée, à vous.
Rendre hommage à M. Benoît Bellavance,
directeur général du Centre de
bénévolat de St-Hyacinthe inc.
Mme Chantal Soucy
Mme
Soucy : Merci, M. le Président. Aujourd'hui, je rends hommage à
M. Benoît Bellavance, qui est ici, parmi nous, accompagné de son
épouse et de ses trois enfants. Alors, je vous salue.
Cet
ingénieur de formation a décidé de se consacrer à temps plein à la mission du
Centre de bénévolat de St-Hyacinthe.
Ce centre en aide, du monde, à Saint-Hyacinthe : la popote roulante, le programme d'aide aux
familles, le maintien à domicile, et j'en passe. À titre de directeur
général, il a rapidement su démontrer son art de la gestion. Entouré de son équipe, il a mis à contribution sa
créativité en ouvrant, au centre-ville de Saint-Hyacinthe, une friperie
qu'on nomme Les trouvailles de l'abbé Leclerc,
et ce, pour financer Le Centre de bénévolat de St-Hyacinthe. Ce n'est pas pour rien que le 21 mars dernier, lors du gala
annuel de La Chambre de commerce et de l'industrie des Maskoutains, il a
reçu le prix Coup de coeur du jury.
Alors, félicitations
à l'excellent gestionnaire que vous êtes et à toute votre équipe qui s'investit
à temps plein pour aider...
Le Vice-Président (M. Gendron) : En vous remerciant, Mme la députée, je cède maintenant la parole à M. le député d'Ungava pour sa déclaration. M. le député, à vous.
Rendre hommage à Mme Carole
Beaulne, première résidente
du Nunavik à recevoir le prix Florence, décerné par l'Ordre
des infirmières et infirmiers du Québec
M. Jean Boucher
M.
Boucher : Merci beaucoup, M. le Président. Chers collègues députés, aujourd'hui j'aimerais rendre hommage à Mme Carole Beaulne, qui a été
honorée récemment pour des décennies de soins de santé au Nunavik.
Carole
Beaulne est originaire d'Abitibi et a emménagé au Nunavik en 1976, où elle
prodigue, depuis ce jour, des soins
de santé aux Nunavimmiut. C'est en clinique qu'elle a d'abord débuté son
travail pour ensuite étendre ses efforts à l'échelle de la communauté : nutrition workshops, yoga classes,
sexual health awareness, family support, Inuit culture promotion and
much more.
Le 5 mai dernier,
l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec l'a honorée en lui remettant le
prestigieux prix Florence, décerné pour la première fois à une résidente du
Nunavik. She's now a community health nurse at the Puvirnituq Inuulitsivik Health Center dans
l'Ungava. Félicitations, Mme
Carole, continuez encore pour plusieurs années. Merci beaucoup.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, merci, M. le député. Je cède maintenant la
parole à M. le député de Matane-Matapédia pour déclaration. À vous.
Souligner le 50e anniversaire
de Meubles Pierre
Bergeron JR inc. et de Bergeron Décoration
M. Pascal Bérubé
M.
Bérubé : M. le Président, aujourd'hui, je désire souligner
les 50 ans de meubles Bergeron Causapscal, une entreprise familiale
reconnue, évoluant dans le commerce du meuble, des appareils électroménagers,
de la décoration intérieure.
C'est
en 1965 que M. Pierre Bergeron et son épouse Anne-Marie ouvrent leur
entreprise. Un premier agrandissement
a lieu en 1979, et un grand déménagement amènera leur commerce à l'emplacement
actuel en 2000. Ses deux garçons,
Robert et Léo-Paul, acquièrent le commerce en 1986. Toujours à l'affût des
nouvelles tendances et grâce à son
personnel qualifié et courtois, le commerce de Causapscal, dans la vallée de la
Matapédia, tient tête fièrement à la compétition des commerces des
grands centres urbains.
Meubles
Bergeron, c'est également une douzaine d'emplois permanents dans le milieu et
une implication constante. Ayant le même souci du bon goût et de la même
courtoisie envers sa clientèle depuis 50 ans, je désire féliciter les propriétaires et souhaiter longue vie à Meubles
Bergeron et Bergeron Décoration ainsi qu'à tout son personnel. Merci, M.
le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Merci, M. le député. Et cette dernière déclaration met
fin à la rubrique Déclarations de députés.
Les travaux sont
suspendus pour quelques instants.
(Suspension de la séance à 13 h 59)
(Reprise à 14
h 15)
Le Président :
Mesdames messieurs, nous allons nous recueillir quelques instants.
Merci. Veuillez vous
asseoir.
Présence
de la consule générale de la République arabe
d'Égypte, Mme Amal Abdel Kader E. Salama
J'ai le plaisir de
souligner la présence, dans nos tribunes, de la consule générale de la
République arabe d'Égypte à Montréal, Mme Amal Abdel Kader E. Salama, à
l'occasion de sa visite de prise de poste.
Présence
d'ex-parlementaires
de l'Assemblée nationale
Je
remarque également la présence de plusieurs de nos anciens collègues parlementaires.
J'ai vu Mme Noëlla Champagne, l'ex-députée
de Champlain; Rosaire Bertrand, l'ancien député de Charlevoix;
Pierre Marois, l'ancien député de Laporte
et aussi de Marie-Victorin; Jean-Marie Claveau, l'ancien député de Dubuc;
Yves-François Blanchet, l'ancien député
de Drummond et de Johnson; il est caché, mais on le voit pareil, c'est Luc
Ferland, député d'Ungava. On vous remercie, messieurs.
Avant de...
Une voix :
...
Le Président :
Pardon? Il y a quelqu'un que j'ai manqué? Madame et messieurs. Voilà, corrigé.
Dépôt
de la lettre informant de l'élection du député de Saint-Jérôme,
M. Pierre Karl Péladeau, à titre de chef du Parti québécois et de
sa nomination à titre de chef de l'opposition officielle
Alors, avant de
poursuivre les affaires courantes, je dépose la lettre que m'a fait parvenir M.
le député de Chicoutimi dans laquelle il m'informe que, le
15 mai 2015, les membres du Parti
québécois ont élu M. Pierre Karl Péladeau, député
de Saint-Jérôme, à titre de chef du parti et qu'il exerce donc, à
partir de cette date, la fonction de chef de l'opposition officielle.
Je profite donc de l'occasion,
M. le député de Saint-Jérôme, pour vous transmettre toutes mes félicitations.
Et vous serez... Je vous le dis d'avance, vous avez l'entière collaboration de
la présidence dans vos nouvelles fonctions.
Dépôt
de la lettre de nomination du député de
Chicoutimi, M. Stéphane Bédard, à titre de
leader parlementaire de l'opposition officielle
Je dépose la
lettre que m'a fait parvenir le chef
de l'opposition officielle, cette
fois-ci, dans laquelle il m'informe de la nomination de M. Stéphane Bédard, député de Chicoutimi, à la fonction de leader parlementaire de l'opposition officielle, en remplacement de
Mme Agnès Maltais, députée de Taschereau. Cette nomination prenait effet le
16 mai 2015.
J'en profite aussi pour remercier le député de Chicoutimi,
qui a servi à titre de chef de l'opposition officielle depuis le début de la
législature. Merci beaucoup.
Dépôt de la lettre de
nomination de la députée de
Taschereau, Mme Agnès Maltais, à titre de
leader adjointe de l'opposition officielle
Le Président : Je dépose la
lettre que m'a fait parvenir M. le chef de l'opposition officielle dans
laquelle il m'informe de la nomination de
Mme Agnès Maltais, députée de Taschereau, à la fonction de leader adjointe de
l'opposition officielle, en
remplacement de M. Stéphane Bergeron, député de Verchères. Cette nomination
prenait effet le 16 mai 2015.
• (14 h 20) •
J'en profite
aussi pour vous remercier, comme vous avez été leader, et M. le député de
Verchères, à titre de leader adjoint, je tiens à vous remercier pour le
travail que vous avez fait durant tout le début de cette nouvelle législature.
Dépôt de la lettre de nomination
du whip de
l'opposition officielle et du président du
caucus du Parti québécois
Je dépose
également la lettre que m'a fait parvenir M. le chef de l'opposition officielle
dans laquelle il confirme M. Marjolain Dufour, député de René-Lévesque, et M. Sylvain Pagé, député
de Labelle, dans leurs fonctions
respectives de whip en chef et de président du caucus de l'opposition
officielle. Félicitations encore, messieurs!
Dépôt de la lettre de
nomination de la députée de
Bellechasse, Mme Dominique Vien, à titre de
leader adjointe du gouvernement
Enfin, je
dépose la lettre que m'a fait parvenir M. le premier ministre dans laquelle
il m'informe de la nomination de Mme Dominique Vien, députée de Bellechasse et ministre du Tourisme, à la fonction de leader parlementaire adjointe du gouvernement, en remplacement de Mme
Stéphanie Vallée, députée de Gatineau et ministre de la Justice.
Cette nomination prend effet aujourd'hui.
Toutes mes félicitations, Mme la députée de
Bellechasse! Et remerciements aussi pour Mme la députée de Gatineau, qui a
servi comme leader adjointe.
Nous
poursuivons les affaires courantes. Aujourd'hui, il n'y
a pas de déclarations ministérielles ni présentation
de projets de loi.
Dépôt de documents
À la rubrique Dépôt de documents, M. le ministre
du Travail. M. le ministre du Travail.
Rapport annuel du Conseil de
gestion
de l'assurance parentale
M.
Hamad : Merci,
M. le Président. Alors, il me fait
plaisir de déposer le rapport annuel 2014 du Conseil de gestion de l'assurance
parentale.
Le Président : Alors, ce
rapport est déposé. M. le leader du gouvernement.
Réponse à une pétition
M.
Fournier : Oui, M. le Président. Il me fait plaisir de
déposer la réponse du gouvernement à la pétition présentée par le député
de Lac-Saint-Jean le 16 avril 2015.
Le Président : Ce document
est déposé.
Textes de loi adoptés par les
membres du Parlement écolier
Pour ma part, je dépose les deux textes de loi
adoptés par la 19e législature du Parlement écolier.
Nouveau
diagramme de l'Assemblée
Je dépose aujourd'hui le nouveau diagramme de l'Assemblée
en date de ce matin.
Préavis d'une motion des
députés de l'opposition
Enfin, j'ai
reçu préavis d'une motion qui sera inscrite dans le feuilleton
de demain aux affaires inscrites par les députés de l'opposition. Conformément
à l'article 97.1 de notre règlement, je dépose copie du texte de ce
préavis.
Dépôt de rapports de
commissions
À la rubrique
Dépôt de rapports de commissions, M. le
président de la Commission de l'économie et du travail et
député de Bertrand.
Consultations particulières
sur le projet de loi n° 42
M.
Cousineau : Oui, M.
le Président. Je dépose le rapport de la Commission de l'économie
et du travail qui, les 12 et
14 mai 2015, a procédé à des consultations particulières et des
auditions publiques sur le projet de loi n° 42, Loi regroupant la Commission de l'équité salariale, la
Commission des normes du travail et la Commission de la santé et de la
sécurité du travail et instituant le Tribunal administratif du travail.
Le Président : Ce rapport est
déposé.
Il n'y a pas de dépôt de pétitions.
Il n'y a pas
de réponses orales aux pétitions ni d'interventions portant sur une violation
de droit ou de privilège.
Questions et réponses orales
Nous en
sommes maintenant à la période de questions et de réponses orales, et je cède
la parole à M. le chef de l'opposition officielle.
Forum sur une stratégie
de développement
économique et de création d'emplois
M. Pierre Karl Péladeau
M.
Péladeau : Merci, M. le Président. Le Québec est un pays riche, il se
classe 17e parmi les pays les plus riches au monde, il devance même la Suède et
l'Allemagne. Nous avons des ressources naturelles abondantes, une situation
géographique enviable, et surtout une population
dont le savoir-faire et la créativité sont reconnus mondialement. Mais il y a aussi des défis importants, notre
démographie, par exemple. Nous devons être encore plus performants pour faire
progresser le Québec. Le développement du
Nord et la stratégie maritime ne seront pas suffisants. Je pense qu'il faut
aller plus loin et plus vite, qu'il faut doter le Québec d'une véritable
politique du plein-emploi.
J'offre ma collaboration au premier ministre. Je
lui propose de convier les acteurs socioéconomiques à un important rendez-vous
où nous pourrons tous contribuer à définir les moyens et les priorités d'un
véritable plan de croissance durable. Est-ce que le premier ministre est ouvert
à la tenue d'un grand forum économique dès septembre prochain pour doter le
Québec d'une véritable politique économique?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Philippe Couillard
M.
Couillard : M. le Président,
je vais commencer par, encore une fois, sincèrement souhaiter la bienvenue à
notre collègue le chef de l'opposition
officielle à l'Assemblée, également souligner la participation de plusieurs de
nos collègues ici à la course à la
chefferie : le député de Lac-Saint-Jean, le député de Marie-Victorin, le
député de Rosemont — ce
fut court mais bon — la députée de Vachon, M. Pierre Céré,
également, qui a participé à cette course. Et on sait que ce sont des
épisodes qui sont exigeants. Et notre collègue, bien sûr, en sort vainqueur, et
on le félicite pour cela.
Maintenant,
il aura remarqué, notre collègue, également qu'au jour même où il pose cette
question, aujourd'hui, nous avons
annoncé l'investissement industriel le plus important dans la région de Québec
des 10 dernières années : la consolidation et la création de
400 emplois avec un investissement de Medicago pour 245 millions de
dollars. Il aura également noté la création
de plus de 68 000 emplois, M. le Président, depuis notre arrivée au
gouvernement, majorité de ces emplois
du secteur privé, majorité à temps plein, une bonne portion à temps plein.
Donc, clairement, le Québec, oui, il y a des défis, mais le Québec est
également sur la bonne voie.
Je prends
note de son attention à la question démographique, je trouve que c'est
effectivement un de nos plus grands défis, parce que notre population
active diminue. Il faut donc accueillir les bras ouverts les immigrants,
n'est-ce pas, M. le Président? Il faut également bien former la main-d'oeuvre
et s'assurer qu'on a une bonne adéquation entre les compétences
requises et les emplois disponibles. Il faut poser une multitude de gestes. Et,
oui, le Plan Nord et, oui, la stratégie
maritime, ça fait partie du plan de développement économique, les PME, la
réforme de la fiscalité, des finances publiques
saines et équilibrées et une dette publique sous contrôle. C'est ça, le plan
économique du gouvernement. Il a commencé à fonctionner et il va
continuer à fonctionner, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M.
Pierre Karl Péladeau
M.
Péladeau : Merci, M. le Président. L'actualité des dernières semaines
montre que la protection de nos belles entreprises
est plus que jamais pertinente, que l'on pense à Alcan, Bombardier, au Cirque
du Soleil, à SNC-Lavalin et, ce matin, Tembec qui annonce la fermeture
de trois usines à Senneterre, Béarn et La Sarre, 350 emplois perdus.
Est-ce
que le premier ministre reconnaît l'urgence d'agir pour mieux protéger nos
fleurons et nos sièges sociaux au Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M.
Philippe Couillard
M. Couillard : M. le Président, très brièvement, notre collègue mentionne Tembec, et,
comme lui, bien sûr, on est tous
préoccupés par cette nouvelle. Il faut savoir que notre collègue le ministre de
la Forêt, de la Faune et des Parcs est actif
sur ce dossier depuis plusieurs mois, a accordé du bois supplémentaire à
Tembec, s'occupe également de calculer leurs
coûts d'approvisionnement spécifiquement pour leurs opérations en Abitibi dans
le cadre d'un vaste examen du régime forestier.
Maintenant,
M. le Président, pour attirer et garder les sièges sociaux au Québec, il y a un
ingrédient absolument essentiel,
c'est la stabilité économique, politique et financière. Alors, effectivement,
M. le Président, lorsqu'on milite pour le maintien de l'appartenance du Québec à la fédération canadienne,
lorsqu'on milite pour des finances publiques saines et équilibrées et
une dette sous contrôle...
Le Président :
En terminant.
M.
Couillard : ...on agit dans le sens où il faut agir pour garder et
attirer nos sièges sociaux.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M.
Pierre Karl Péladeau
M.
Péladeau : Merci, M. le Président. Le premier ministre tiendra un
sommet économique pour le Saguenay—Lac-Saint-Jean le 18 juin prochain. Il
reconnaît donc l'importance de réunir les décideurs autour d'une même table
pour mieux développer l'économie de la région.
Alors,
si la formule est bonne pour une région, M. le premier ministre, pourquoi ne
serait-elle pas bonne pour le reste du Québec?
Le Président :
M. le premier ministre.
M.
Philippe Couillard
M. Couillard : M. le Président, je remercie mon collègue d'avoir mentionné ce sommet
qui aura lieu le 18 juin. D'ailleurs,
nos collègues députés régionaux y sont conviés, et je crois qu'on aura là
beaucoup de matériel, parce qu'il y a eu plus de 95 mémoires
déposés et de nombreuses suggestions intéressantes.
Maintenant, j'ai
également parlé de concertation avec les leaders syndicaux que j'ai rencontrés
récemment, et on a convié... — et notre collègue est déjà à l'oeuvre
là-dessus — de créer
une table de débat permanente sur les orientations des priorités de développement économique et de
fiscalité avec des représentants du patronat, et du mouvement syndical,
et, bien sûr, des acteurs du gouvernement. Donc, on est dans cette direction.
Mais ce qui est
rassurant, M. le Président, c'est de voir une région comme la nôtre, comme le
Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui fait face à des défis
importants, décider de se prendre en main et de se réunir à une échelle qui
permet de sortir de là avec des actions...
Le Président :
En terminant.
M.
Couillard : ...concrètes, précises et rapidement mises en place.
Le Président :
Troisième complémentaire, M. le chef de l'opposition.
M.
Pierre Karl Péladeau
M.
Péladeau : M. le Président, merci. M. le premier ministre, vous le
savez, ce sont des milliers de pères et de mères de famille qui viennent de perdre leurs emplois chez Bombardier,
chez Davie, au siège social d'Alcan et, ce matin, chez Tembec. Ce sont
des épreuves difficiles à vivre pour les familles touchées.
Alors, je réitère mon invitation, M. le premier
ministre : Accepterez-vous notre main tendue?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Philippe Couillard
M.
Couillard : M. le Président,
je suis toujours disponible pour parler de développement économique avec mon
collègue, avec le chef de la deuxième
opposition, avec les représentants de Québec solidaire. Là-dessus, bien sûr, la
porte est grande ouverte. Mais on veut également poser des gestes
concrets. Il cite encore le cas des familles de Tembec, et vraiment, M. le Président, on pense tous à eux et
à elles ce matin. Mais, ici, que faut-il faire? Se réunir autour d'une table
et faire un événement public ou aller
directement en région, parler à l'entreprise, vérifier les garanties
d'approvisionnement, vérifier les
politiques du bureau d'approvisionnement en bois et s'assurer que cette
entreprise peut reprendre ses activités le plus vite possible? Je pense que, si on demandait aux familles
d'Abitibi touchées par cette annonce, ils préféreraient d'emblée que
leur gouvernement soit à l'oeuvre concrètement, sur le terrain, avec
l'entreprise.
• (14 h 30) •
Le Président : Principale, M.
le leader de l'opposition.
Confiance du premier
ministre envers le ministre de
l'Économie, de l'Innovation et des Exportations
M. Stéphane Bédard
M.
Bédard : Dans les
faits, M. le Président, le Québec vit des nouvelles difficiles au niveau de
l'emploi et au niveau économique. La semaine
passée, on a parlé du jeudi noir, imaginez-vous donc, en termes de pertes
d'emploi. On a beau parler de ce
matin, l'annonce, dans les faits, le bilan, en deux semaines, est très négatif,
et, en plus de ça, c'est des pertes de centres de décision, que ce soit
le siège social de Rio Tinto, Bombardier et aujourd'hui Tembec.
Puis ce qu'on
apprend en plus, c'est que le ministre de l'Économie est actuellement entre
deux emplois. Il a subi, on le sait,
depuis qu'il est en poste, beaucoup de rebuffades, que ce soit sur les crédits
d'impôt qu'il avait exigé de maintenir pour
les entreprises québécoises, que ce soit au niveau des loteries où il avait
souhaité autre chose, le premier ministre l'a retourné littéralement,
lui a enlevé sa confiance.
Alors que le
Québec vit des défis importants en termes d'emploi, on a besoin d'un capitaine
solide. Est-ce que le premier
ministre croit encore que le ministre de l'Économie est la bonne personne pour
relever le défi de l'emploi au Québec, M. le Président?
Le Président : M. le ministre
de l'Économie.
M. Jacques Daoust
M.
Daoust : Alors, M. le Président, le député accorde beaucoup d'importance
au Québec, considérant les mises à pied
qui sont faites chez Bombardier, effectivement, mais Bombardier dépend de ce
qui se passe actuellement en Chine, dépend
de ce qui se passe actuellement en Russie. Et, quand on parle de création
d'emplois, puis on parle de pertes d'emploi, puis on regarde où est-ce qu'elles se produisent et pourquoi elles se
produisent... Et elles se produisent actuellement au Québec parce qu'on
a une situation mondiale qui est difficile.
Si on veut
absolument questionner les emplois, M. le Président, on va se poser la question
de la façon suivante : Qui
sont-ils pour nous parler de création d'emplois quand le nouveau chef, en 1999,
avait 60 000 emplois quand il a pris la direction de l'entreprise puis il lui en restait 15 100 quand il
a eu terminé, en 2013, M. le Président? Création d'emplois, je n'ai pas
de leçons à recevoir de l'autre côté de la table.
Le Président : Première
complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Stéphane Bédard
M.
Bédard :
Dans les faits, le ministre de l'Économie, tout comme nous, avait demandé au
gouvernement de ne pas baisser les
crédits d'impôt puis les crédits en recherche et développement, comme le fait
son propre gouvernement. Dans les
faits, son gouvernement n'a pas écouté. Et là ce qu'on comprend, c'est que le premier
ministre n'a plus confiance dans son
ministre. Alors qu'on a besoin d'un leadership réel au niveau de l'emploi, ce
qu'on apprend, c'est qu'il y a des chicanes
internes et qu'on n'écoute pas le ministre de l'Économie ou l'inverse, le
ministre de l'Économie n'écoute pas le premier ministre.
Comment le premier ministre peut encore avoir
confiance dans quelqu'un qu'il n'écoute...
Le
Président : M. le ministre de l'Économie.
M. Jacques Daoust
M.
Daoust : M. le Président, un tableau qui est
éloquent : la partie en bleu, c'est la partie sur le Parti québécois;
la partie en rouge, c'est la création d'emplois qui s'est faite depuis que le
Parti libéral a été élu. Plus 68 700 emplois, M. le Président, si ce n'est
pas de la croissance économique... C'est quand, la dernière fois qu'on a vu ça,
M. le Président, 68 700 emplois? Souvenez-vous-en.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le leader de l'opposition.
M. Stéphane Bédard
M.
Bédard : On voit
nos plus beaux fleurons faiblir ou être vendus à l'extérieur. C'est ça, la
réalité concrète, puis ce qu'on
entend : de temps en temps, on fait un coup de téléphone, mais on n'agit
pas. Puis ce qu'on a compris en fin
de semaine, ce n'est pas bénin. C'est que le premier ministre a perdu confiance dans celui qui devrait être responsable du développement économique, et on n'en connaît pas
les raisons. Le résultat, c'est qu'on n'agit pas concrètement, que ce
soit dans le Cirque du Soleil, Rio Tinto, Tembec. On est à côté de la track, M.
le Président.
Ce que je demande au premier
ministre : A-t-il encore confiance dans son ministre de l'Économie?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Philippe Couillard
M. Couillard : M. le Président, avec plus de 68 000 emplois créés en
12 mois, je comprends que j'ai confiance dans notre ministre de l'Économie! Et j'ai beau chercher, M. le
Président, du regard, je ne trouve personne qui arrive à sa cheville en
termes d'expérience du milieu des affaires, d'expérience financière, capacité
de faire avancer les dossiers pour l'intérêt
général du Québec, comme on l'a montré ce matin... qui vient d'une rencontre
qu'on a eu lui et moi à Davos avec
l'entreprise, qui a permis de fermer la transaction et de l'annoncer au
bénéfice de la population de Québec ce matin. Bravo au ministre!
Le Président :
Principale, M. le député de Rosemont.
Hausse des tarifs pour les aînés et les handicapés
fréquentant les centres de jour
M. Jean-François Lisée
M.
Lisée : Le premier ministre a quand même pris le temps de la
réflexion. Ça a pris deux questions avant qu'il, finalement, décide de donner sa confiance. Mais moi, je vais donner...
je vais poser une question sur l'impact de l'austérité libérale sur les
Québécois aînés et les plus vulnérables.
Les
centres de jour sont des endroits où les aînés et les handicapés vont quelques
fois par semaine pour les aider à
garder de l'autonomie. Rester chez eux, ça coûte moins cher pour toute la
société québécoise et c'est mieux pour eux. Mais là on apprend que le gouvernement libéral a décidé d'augmenter
leurs tarifs de transport adapté. Ça coûtait 1,50 $, 5 $ à peu
près, comme un billet de métro. Mais maintenant c'est 10 $ pour tout le
monde. Des augmentations, M. le Président, de 150 % à 650 %. C'est
plus que l'inflation, ça, M. le Président, plus que l'inflation.
Pourquoi un tel choc
tarifaire pour les aînés et les handicapés du Québec?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Gaétan Barrette
M.
Barrette : M. le Président, je suis content que le député de Rosemont
s'adresse à une problématique qui est effectivement très importante pour
nous, qui est celle des personnes âgées. Mais évidemment, M. le Président, il s'adresse aussi à la question des centres de jour
et aux transports, et ce que l'on a demandé, M. le Président, évidemment,
à notre réseau est de faire en sorte qu'il y ait une optimisation qui soit
faite d'une façon la plus adéquate possible et qu'il y ait des révisions lorsque
ceci est nécessaire.
Maintenant,
comme ça a été le cas ce matin, M. le Président, dans deux régions du Québec...
parce que, lorsqu'on a passé la loi n° 10, M. le Président, je me
souviens que le député de Rosemont ainsi que la députée de Taillon, en commission parlementaire et en étude détaillée, me
reprochaient d'avoir tous les pouvoirs. Or, aujourd'hui, M. le
Président, ce genre de questions là
ont été abordées, les centres de jour, par, entre autres, le P.D.G. du
CIUSSS concerné à Montréal. Et maintenant,
M. le Président, je pense qu'il y a des sujets qui doivent être
traités par les P.D.G. de ces organisations-là, qui ont... et ce qu'ils ont fait ce matin. Ça a été la même chose pour
l'institut de réadaptation de Québec,
M. le Président. Ces gens-là ont des
responsabilités, ont la compétence, on leur donne des directives et ils
répondent aux questions des journalistes avec le plus grand des
plaisirs, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Jean-François Lisée
M. Lisée :
Aucune réponse, sauf de savoir que les aînés ont été optimisés de
650 % — ça,
c'est pour le transport adapté — et les aînés ont été
optimisés de 87 % — ça,
c'est l'augmentation des repas quotidiens au centre de jour.
Le premier
ministre s'était engagé en décembre, c'était fini, les hausses de tarifs.
Pourquoi vous faites une exception pour les aînés et les handicapés, en
les optimisant de 600 %?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Gaétan Barrette
M.
Barrette : M. le Président, évidemment, je comprends que, pour le
député de Rosemont ainsi que pour toute la députation de l'opposition
officielle, les concepts économiques soient des choses complexes.
Des voix : ...
M. Barrette : C'est vrai.
Des voix : ...
Le Président : S'il vous
plaît! M. le ministre.
M. Barrette : Ce qui explique,
évidemment, la raison pour laquelle, évidemment, lors du dernier budget du Parti québécois, lorsqu'ils étaient au pouvoir, on
n'avait pas de crédits, parce que, quand il y a des crédits, bien, peut-être
qu'on aurait vu des choses similaires de la
part du Parti québécois. Mais malheureusement, M. le Président, nous, on a
déposé des crédits pour un maximum de transparence.
Ceci dit, M. le Président, il arrive une
situation où, dans tous les aspects économiques...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...et ça touche aussi
la santé, ils doivent faire des ajustements, et ceux-ci ont été faits.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Rosemont.
M. Jean-François Lisée
M. Lisée :
Je comprends que le ministre est mal à l'aise. C'est indéfendable, pour qui
sait compter, d'augmenter de
600 % le transport adapté, d'augmenter de 87 % les repas. C'est un
choc tarifaire qui n'est pas acceptable. Lui-même, pour les CHSLD, est
revenu sur sa position où il disait qu'il voulait optimiser au-delà de
l'inflation.
Faites donc
la même chose pour les aînés en centre de jour, faites juste l'inflation, on va
être contents puis on va tous comprendre ça.
Le Président : M. le ministre
des Transports.
M. Robert Poëti
M. Poëti :
M. le Président, je pense qu'il est important de rappeler que notre
gouvernement n'a pas diminué son aide pour le transport adapté; au
contraire, on est à la hauteur de 90 millions par année.
Je dois aussi souligner au député que, pour les
sociétés de transport Sherbrooke, Gatineau, Saguenay, Lévis, Trois-Rivières et toutes les régions, le
financement a suivi la croissance et l'achalandage au cours des cinq dernières
années.
Alors, on est
présents, M. le Président, et, de plus en plus, la solution, évidemment, le
transport adapté à travers le transport collectif, on est aussi présents
actuellement et on y travaille.
• (14 h 40) •
Le Président : Principale, M.
le chef du deuxième groupe d'opposition.
Bilan
du ministre de l'Économie, de
l'Innovation et des Exportations
M. François Legault
M. Legault :
M. le Président, je voudrais, à mon tour, féliciter le chef du Parti québécois
pour son élection. Je respecte son
engagement politique, même si on n'a pas les mêmes priorités. Le chef du Parti
québécois a choisi de travailler sur le pays imaginaire; nous, à la CAQ, on a
choisi de travailler sur le pays réel parce que, M. le Président, la priorité,
dans le pays réel, c'est de créer de la richesse.
Or, M.
le Président, le premier ministre, malgré ce qu'il a dit tantôt, n'a toujours pas de plan pour
sortir le Québec du 57e rang pour sa richesse en Amérique du Nord.
Il prévoit, M. le Président, pour les quatre prochaines années, une croissance économique de 2 % ou moins. Ça, ça
veut dire qu'il prévoit, d'ici quatre ans, qu'on va rester 57e — parce qu'on ne crée pas des emplois
de qualité.
Donc, moi, je
voudrais, là, qu'il nous rassure concernant le ministre du Développement économique. Tantôt, il a dit qu'il avait
encore confiance; la dernière fois qu'il avait dit ça, c'était à propos d'Yves
Bolduc. Donc, je voudrais savoir, là, clairement : Est-ce que
le ministre du Développement
économique va être encore en poste
lors de la rentrée en septembre prochain?
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Philippe Couillard
M.
Couillard : M. le Président, je vois que notre collègue est un peu déçu de ne pas avoir fait des
recrutements du niveau de ceux qu'on a pu faire pour la campagne électorale,
incluant pour les partielles, M. le
Président, mais, je comprends,
ça fait partie du jeu politique.
Maintenant,
il ne peut quand même pas banaliser, notre collègue, ce qu'il est en
train d'arriver : 68 700 emplois nouveaux en 12 mois, comme le disait mon collègue tantôt. C'est quand,
la dernière fois qu'on a vu ça? Et majorité des emplois créés dans le secteur
privé; majorité, bien sûr, à temps plein.
Maintenant, il a fait quelques déclarations sur
l'économie de Québec, la semaine dernière, qui ont fait sourire beaucoup à Québec
parce qu'il disait que ça n'allait pas bien, le chômage était en haut de
6 %.
5,3 %,
le taux de chômage à Québec. Ce matin, on annonce un grand nombre de nouveaux
emplois. Et on consolide des emplois
existants : près de 400. Ça va bien à Québec, c'est une des régions
les plus actives économiquement. Partout, on nous envie pour la région de Québec, qui doit sa vitalité bien sûr
à son milieu académique, à l'Université Laval, à ses entrepreneurs, à la
nouvelle économie, comme on l'a annoncé ce matin.
Alors, qu'il
donne les bonnes nouvelles quand elles sont dues. Il pourrait au moins se lever
et dire aux gens de Québec : Je m'étais trompé, M. le Président, ça
va très bien à Québec, ils n'ont jamais eu autant le plein-emploi que maintenant
et on voit les nouveaux investissements qui se multiplient.
Le Président : Première
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. François Legault
M. Legault : M. le
Président, je voudrais d'abord
rappeler au premier ministre, s'il ne le sait pas, que deux de ses ministres
ont offert à Jocelyne Cazin d'être candidate libérale et elle a refusé.
M. le Président, je répète ma question : Est-ce
que le ministre de l'Économie va être en poste en septembre...
Le Président : M. le premier
ministre.
M. Philippe Couillard
M. Couillard : M. le Président, bien
sûr qu'il sera en poste parce qu'il fait un très bon travail.
Des voix : ...
Le Président : ...
M.
Couillard : Ce qui est
arrivé ce matin, ça vient de son travail, en grande partie. Il avait rencontré
l'entreprise au congrès BIO quelques
mois auparavant. Il les a rencontrés avec moi, à Davos, où, ensemble, on a
rencontré le grand dirigeant de
l'entreprise, le groupe qui contrôle Medicago, et on a convenu de la façon de
fermer la transaction financière et
d'assurer le choix de l'entreprise pour le Québec. Parce qu'il faut
savoir, M. le Président, au travers des discours un peu négatifs que
notre collègue tient, que cette entreprise avait le choix de nombreux autres
endroits sur la planète pour installer
sa nouvelle usine. Elle a choisi de le faire à Québec, au Québec, parce que
c'est ici que ça se passe, la croissance économique, M. le Président.
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le chef du deuxième groupe d'opposition.
M. François Legault
M. Legault : M. le Président,
dans son propre plan, le premier ministre prévoit une croissance, pour les quatre prochaines années, inférieure à 2 %.
Ça, ça veut dire qu'on va rester 57e. Plutôt que d'aller allumer des lampions
au Vatican, quand va-t-il se donner une politique ambitieuse et avoir un vrai
ministre de l'Économie?
Le Président :
M. le premier ministre.
M. Philippe Couillard
M.
Couillard : M. le Président,
je dois dire qu'elle est bonne. Je suis obligé de dire qu'elle est bonne. Je
vais en allumer un pour lui.
Des voix : ...
M. Couillard : Et puis je
transmettrai, bien sûr, ses salutations amicales au Saint-Père dans quelques
jours.
Maintenant, moi, il y a un principe qui
m'apparaît bon toujours, c'est de sous-promettre, mais de surréussir. Alors, souvenons-nous qu'on avait parlé d'un
rythme moyen de création d'emplois de 50 000 par année sur cinq ans et
voilà qu'au bout des 12 premiers mois c'est
beaucoup plus d'emplois qui ont été créés, près de 69 000. Ça ne veut pas
dire que ça va se répéter chaque année, mais
je pense qu'on est bien d'avoir des prévisions qui sont sur le versant conservateur
pour faire encore mieux, M. le Président, par la suite.
Le Président : Principale.
Monsieur...
Sécurité
des familles de résidents non autochtones
sur la réserve de Kahnawake
M. Mathieu Lemay
M. Lemay : Masson.
Le Président : Oui. Le député
de Masson, oui.
M.
Lemay : Merci, M. le Président. En fin de semaine dernière, une famille habitant
sur la réserve de Kahnawake a été
chassée de son domicile. Comme plusieurs autres couples mixtes habitant sur la réserve,
elle a été la cible de menaces, de
vandalisme et d'intimidation. Pendant ce temps, la police regardait la scène
les bras croisés. Cette expulsion survient deux semaines après qu'un
autre couple ait subi le même genre de menace. La situation est très
préoccupante et le gouvernement ne peut pas, lui, rester les bras croisés.
D'abord,
quelle démarche concrète le ministre a-t-il entreprise pour assurer la sécurité des
non-autochtones sur la réserve?
Ensuite, reconnaît-il qu'il est totalement inacceptable que des citoyens soient
expulsés de leur domicile sur la base de leurs origines ethniques? Et
que va-t-il faire pour respecter leurs droits?
Le Président : M. le ministre
délégué aux Affaires autochtones.
M. Geoffrey Kelley
M. Kelley : Oui. Merci
beaucoup... député. C'est une question
qui est très importante. Premièrement, un appel à la prudence parce qu'on sait
que la cause est devant les tribunaux, alors il faut être un petit peu prudents
dans nos commentaires. Je pense
qu'il y a deux causes qui sont en cause ici. Premièrement, il y a la question plus générale de la loi qui découle de la Loi sur les Indiens et également
les règlements de conseils de bande sur la question de la résidence des
non-autochtones qui sont mariés avec un
autochtone. Alors, ça, c'est quelque
chose qui est devant les tribunaux.
Alors, je suis confiant qu'on va trouver une solution, devant les
tribunaux, à cette question.
Pour
l'incident qui est arrivé en fin de semaine, je pense qu'il y a
un élément additionnel qu'il faut tenir compte. Le monsieur en question
sortait de détention. Alors, il y avait un incident...
Une voix : ...
Le Président : ...
M. Kelley : Il y avait un incident qui était reporté dans le Eastern
Door, qui a créé beaucoup d'émus en fin de semaine, une menace entre ce monsieur et une famille qui demeure à côté.
Alors, il y avait un incident qui est tout à fait inacceptable. Dimanche, j'ai parlé au grand chef, et le grand chef a
pris l'engagement qu'il va revoir, avec les Peacekeepers, leur comportement, la façon qu'ils ont traité
l'incident. Mais on demeure très préoccupés pour la sécurité de toutes les
personnes et on veut une solution pacifique...
Le Président : En terminant.
M. Kelley : ...au litige dans
la communauté.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Masson.
M.
Mathieu Lemay
M.
Lemay : M. le Président, pendant que la question est devant les tribunaux, des gens se font sortir
de chez eux. Cette situation
pose une question de sécurité importante. On relate que des
policiers chargés de faire respecter la loi restent les bras croisés
pendant que des gens se font défoncer leurs portes pour se faire expulser.
Je sais qu'il a parlé
au grand chef, mais qu'est-ce qu'il entend de la police de Kahnawake? Qu'est-ce
que le ministre, il croit faire, là, pour que les droits des non-autochtones
soient respectés?
Le Président :
M. le ministre des Affaires autochtones.
M. Geoffrey Kelley
M.
Kelley : Bien, je pense,
le grand chef Mike Delisle a été très clair dans ses propos. De un, tout
«vigilantism» est inacceptable dans la société québécoise. De deux,
selon le grand chef, il y avait des manquements dans l'incident précis. Parce
qu'au niveau de l'expulsion on parle uniquement de l'incident de fin de
semaine, il n'y avait pas d'autre. Il
y avait des manquements, selon le grand chef, dans le comportement des Peacekeepers.
Ils vont faire une révision à l'interne
pour s'assurer que, la prochaine fois qu'il y a un incident comme ça, les
Peacekeepers vont être mieux préparés.
Je
pense, ça arrive dans beaucoup de communautés au Québec. Après une opération
policière où il y avait des manquements,
il y a une réflexion qui se fait entre le conseil de bande et également les
Peacekeepers, qui est un corps de police qui est là depuis 35 ans,
40 ans, pour améliorer la performance...
Le Président :
En terminant.
M. Kelley :
...si jamais il y a un autre incident malheureux comme ça.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Masson.
M. Mathieu Lemay
M.
Lemay : M. le Président, je suis content de savoir que le ministre, il
pose des actions dans ce dossier, parce que c'est très préoccupant, on l'a déjà dit. Moi, je ne peux pas
accepter que des policiers regardent des gens se faire expulser, les bras croisés. C'est carrément de
l'intimidation. On sait qu'il y a un forum sur l'intimidation, ça va dans les
deux sens, M. le ministre.
Mais
moi, je veux savoir : Vous, là, est-ce que vous trouvez ça normal que des
gens soient expulsés sur la base de leurs
origines ethniques? Et puis, s'il vous plaît, allez-y, là, parce que moi, je ne
crois pas que c'est acceptable. Il faut que ça cesse, il faut que ça
change.
Le Président :
M. le ministre des Affaires autochtones.
M. Geoffrey Kelley
M.
Kelley : M. le Président, le député m'invite de commenter le
fond de l'affaire, et moi, je pense, je dois être prudent parce que
c'est devant les tribunaux, mais ce n'est pas la première fois que l'arrimage
entre une loi sur les Indiens... qui est une
loi dépassée, je pense, tout le monde convient que la Loi sur les Indiens date du XIXe siècle et les
aménagements d'affaires... Le gouvernement de Robert Bourassa est un des premiers gouvernements qui a réussi,
avec la Convention de la Baie James,
de changer la donne, de replacer la Loi sur les Indiens. Alors, oui, il y a
un problème et moi, je vais continuer
toujours de travailler pour des solutions pacifiques qu'on
peut souhaiter sur la Loi sur les Indiens. Mais de me demander de commenter sur le fond de l'affaire, moi, je vais être
prudent à ce moment parce que c'est devant les tribunaux. Mais moi, je
suis confiant, comme le cas de Mary Two-Axe Earley...
Le Président :
En terminant.
M. Kelley :
...au milieu des années 80, on va trouver une solution qui va respecter les...
Le Président :
Principale, M. le député de Beauharnois.
Expulsion d'une famille dont un membre est
non autochtone hors de la réserve de Kahnawake
M. Guy Leclair
M.
Leclair : Merci, M. le Président. Alors, je demanderais au ministre des Affaires autochtones... On peut comprendre
que les choses sont devant les tribunaux, mais est-ce que, pour lui, sur le
principe d'une expulsion d'un couple hors d'une réserve... Est-ce que le
principe de fond, pour lui, c'est raisonnable?
• (14 h 50) •
Le
Président : M. le ministre des Affaires autochtones.
M. Geoffrey Kelley
M.
Kelley : Encore une
fois, on peut me poser d'une façon un petit peu différente la même question. De commenter sur le fond de
l'affaire, je résiste à faire ça. On a une loi sur les Indiens, M. le Président, qui est dépassée, qui est désuète, qui est, sur le fond, basée
sur l'identité ethnique.
On
est un Indien, on n'est pas un Indien. Souvent, je suis interpellé par les
médias au Québec : Est-ce
qu'il y a deux poids, deux mesures?
Et malheureusement la réponse est oui parce qu'on est des Indiens dans notre
société et on est non-Indiens dans notre société.
Et qui gère le membership? Qui gère le droit dans tout ça? C'est entre le gouvernement fédéral et les conseils de
bande. Moi, je trouve, les incidents sont regrettables. Moi, je suis préoccupé
par la sécurité des personnes. Mais
de me demander à mon propre chef de réécrire sur la Loi sur les Indiens, moi,
je ne peux pas faire ça. Mais moi,
j'espère, un, qu'on va protéger la sécurité des personnes en question
et, deux, on va trouver une solution pacifique à ce litige. Merci, M. le
Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Beauharnois.
M. Guy Leclair
M.
Leclair : Merci, M. le Président. La semaine dernière à l'Assemblée nationale, on a voté sur une motion, on a déposé une motion ici, puis ça se lisait comme
suit : «Que l'Assemblée
nationale [souligne] qu'il est
inacceptable qu'une personne puisse être expulsée de son domicile en
raison de son appartenance ethnique.»
Alors, combien ça va
prendre de couples et de familles expulsés avant que le ministre agisse?
Le Président :
M. le ministre des Affaires autochtones.
M. Geoffrey Kelley
M.
Kelley : Encore une fois, M. le Président, à date, il y avait
l'incident malheureux en fin de semaine où il y avait beaucoup d'autres
facteurs, alors ce n'était pas uniquement la question de «marry out, move out».
L'incident, en fin de semaine, était lié à un incident dans un parc. C'est
toujours un cas de «vigilantism», alors c'est toujours un cas qui est
inacceptable. Alors, moi, je ne
mélangerais pas nécessairement les deux, parce que la cause, en fin de semaine,
c'est quelqu'un qui est un détenu, qui
était libéré dans la communauté de Kahnawake, qui vient de l'extérieur, qui a
causé des problèmes de voisinage. Je n'endosse pas les actions. Le grand chef était très clair qu'on n'accepte pas,
dans sa communauté, les actes de «vigilante», et tout le reste. Mais, une
fois que nous avons dit ça, je pense que c'est très important de laisser les
personnes responsables...
Le Président :
En terminant.
M. Kelley :
...le gouvernement fédéral et le conseil de bande, à trouver des solutions.
Le Président :
Principale, M. le député de Terrebonne.
Encadrement des services de garde en
milieu familial non subventionnés
M. Mathieu Traversy
M. Traversy :
Merci beaucoup, M. le Président. Depuis quelques semaines, tous les parents du
Québec sont révoltés par ce qu'ils entendent
dans les médias : un cas d'enfant violenté jusqu'à en perdre conscience,
deux fois plutôt qu'une, dans une
garderie non régie d'Abitibi; un cas d'un pédophile en bris de condition dans
une garderie non régie en milieu
familial dans le coin de L'Ancienne-Lorette; un cas de négligence dans une
garderie privée de Charlesbourg; un cas
d'abus sexuel sur une fillette de quatre ans dans un milieu familial du West
Island, pour ne nommer que ceux-là. Ce sont des cas graves, des
situations inadmissibles.
La
ministre a annoncé la semaine dernière qu'elle allait resserrer l'encadrement
des garderies subventionnées, mais on
constate, avec l'énumération des derniers cas, qu'une bonne partie de ceux-ci
ont été commis dans des garderies non subventionnées et souvent même non
régies par l'État. Il faut donc agir.
La
ministre peut-elle s'engager clairement aujourd'hui à resserrer également
l'encadrement des garderies privées non subventionnées et des garderies
non régies pour la sécurité de nos enfants?
Le Président :
Mme la ministre déléguée à la Famille.
Mme Francine Charbonneau
Mme
Charbonneau :
Merci, M. le Président. En aucun temps il n'y aura des compromis faits sur la
santé et la sécurité des enfants au Québec. Il faut absolument prendre
le temps de regarder l'ensemble des règlements qui nous appartiennent. Les parents peuvent compter sur un
réseau de niveau élevé de gens compétents qui donnent des services et qui, au quotidien, s'occupent de leurs enfants.
Malheureusement, il y a effectivement des cas qui ont été relevés, et j'ai
pris un engagement, la semaine passée, pour
parler des milieux familiaux, mais nécessairement, quand on commence à
regarder les règlements, il faut tous les regarder, et c'est à ça que je me
suis engagée. Merci, M. le Président.
Le Président :
Première complémentaire, M. le député de Terrebonne.
M. Mathieu Traversy
M.
Traversy : M. le Président, j'essaie de bien comprendre. Je
comprends que la ministre aujourd'hui nous dit que ça va aller sur l'ensemble du réseau. Moi, je veux l'entendre de sa
bouche, clairement, là, ici, en cette Assemblée. Je veux savoir si les garderies privées non subventionnées et les
garderies non régies vont faire partie de cette discussion. Parce que vous savez, M. le Président, que, dans
les garderies non régies en milieu familial, il n'y a pas de permis, il n'y a
pas nécessairement de surveillance, et les
parents ne sont pas toujours au courant de la différence avec l'ensemble du
reste, du modèle en service de garde au Québec, parce que, notamment,
ils reçoivent des crédits d'impôt du gouvernement.
Ce qu'on voudrait
savoir : Est-ce que la ministre va toutes les inclure?
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Mme Francine Charbonneau
Mme
Charbonneau : M. le Président, mon collègue fait bien de
souligner qu'en bas de six enfants les milieux familiaux non régis ne sont pas réglementés par le ministère. Pourquoi?
Je vous donne un exemple fort simple : deux voisines qui s'échangent leurs enfants pour partager une
semaine de garde, deux jours, deux jours, il y a quatre enfants dans une
maison, quatre enfants dans l'autre. Donc,
au moment où le règlement a été fait, il a été décidé que six enfants et moins
n'étaient pas régis par le ministère. M. le Président, la semaine passée, et,
cette fois-ci, de façon claire...
Des voix :
...
Mme
Charbonneau :
...s'ils peuvent m'écouter quand je parle...
Le Président :
S'il vous plaît!
Mme
Charbonneau : ...de façon claire, je m'engage à revoir l'ensemble des règlements
qui régit les services de
garde au Québec.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Terrebonne.
M. Mathieu Traversy
M.
Traversy : M. le Président, je lui parle également des garderies qui sont non régies parce que
c'est dans ces garderies qu'on retrouve des situations inacceptables
depuis quelques semaines.
Je
comprends que la ministre est de bonne foi, mais là j'aimerais l'entendre clairement. Les non régies, M. le
Président, là, on peut réussir à les contrôler, on leur donne
des crédits d'impôt. Il y a sûrement façon de réfléchir à trouver des solutions.
Je veux que la ministre s'engage à les inclure dans la discussion du
resserrement des règles.
On
sait que l'accessibilité, c'est important, on sait que l'universalité, c'est important,
mais la sécurité devait l'être aussi pour ce gouvernement. Je voudrais
une réponse claire de sa part.
Le Président :
Mme la ministre de la Famille.
Mme Francine Charbonneau
Mme
Charbonneau : M. le Président, il est clair que, quand je dis qu'on va revoir l'ensemble
des règles, je parle de l'ensemble des règles, qu'elles soient régies ou
non. Au ministère de la Famille, on va s'attarder avec énormément d'attention
sur les règles qui font en sorte que nos enfants sont dans des milieux sains et
sécuritaires.
Le Président :
Principale, M. le député de Lévis.
Délais d'attente dans le
réseau de la santé et des services sociaux
M. François Paradis
M. Paradis (Lévis) : Merci, M. le Président. Les patients attendent toujours plus de
16 h 30 min dans les urgences du Québec. En fait, un an après l'arrivée du gouvernement, le temps
d'attente a baissé d'à peine six minutes. La situation s'est aussi
détériorée dans 10 régions et dans 53 urgences. Voilà l'effet libéral
en santé.
Plus de 5 000
patients atteints du cancer ont dû attendre plus de 57 jours avant d'être
opérés l'an dernier. 19 400 patients
attendent, actuellement, depuis plus de six mois avant d'être opérés; c'est
pratiquement le même nombre qu'en
octobre. Les cibles du ministère de la Santé ne sont jamais respectées. Le
ministre de la Santé dit qu'il veut être jugé sur ses résultats, mais
c'est impossible, car il ne veut pas donner de cible et d'objectif chiffré.
M. le Président, à la fin du mandat du gouvernement
libéral, combien de patients
attendront plus de six mois avant d'être opérés? Combien de temps les
patients attendront dans les urgences?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Gaétan Barrette
M.
Barrette : Je sais qu'à la
deuxième opposition, M. le Président, on est très,
très, très intéressés à prendre le
pouvoir, alors je tiens à informer le député de Lévis qu'il a le pouvoir de
participer à l'amélioration de la situation en adoptant le plus rapidement possible le projet de loi n° 20, M. le Président. Le projet de loi n° 20,
c'est un projet de loi qui vise à
améliorer l'accès. Et tous les gouvernements précédents l'ont dit, M. le
Président : Tant qu'on n'améliorera pas l'amont et l'aval de l'urgence, on ne réglera pas la problématique
des urgences. Et l'amont, c'est l'accès à un médecin de famille et c'est le projet de loi n° 20.
Et j'espère sincèrement, M. le Président, que les deux oppositions et le
troisième groupe parlementaire participeront activement à l'adoption
rapide du projet de loi parce que la réponse, elle est là.
Pour ce
qui est de la chirurgie, M. le Président, on va relativiser les choses :
93 % des chirurgies, des 455 000 chirurgies effectuées au Québec, se font dans les délais
prescrits, M. le Président, dans les fameux objectifs. Alors, je pense que le
gouvernement libéral précédent, qui a fait ces constats-là et qui aujourd'hui
agit, bien je pense que, si on avait la collaboration de toutes les
oppositions, dont celle du député de Lévis...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...on améliorerait
grandement les choses.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. François Paradis
M. Paradis
(Lévis) : M. le Président,
si le ministre est si confiant des résultats du projet de loi n° 20, qu'il
s'impose des cibles. Osera-t-il le
faire? Parce qu'avec le temps d'attente aux urgences et pour les chirurgies qui
stagnent, on comprend que la nouvelle formule libérale en santé,
c'est : Zéro engagement chiffré égale pas d'engagement brisé.
Dans une
autre vie, le ministre de la Santé n'avait pas assez de tribunes et de micros
pour critiquer ses prédécesseurs, qui ne livraient pas la marchandise.
Comment va-t-on pouvoir évaluer les résultats du
ministre s'il n'a pas de cible?
Le Président : M. le ministre
de la Santé.
M. Gaétan Barrette
M.
Barrette : M. le Président, au moment où se parle, il y a 20 000
médecins qui s'esclaffent au moment où on se parle parce que j'ai mis plein de cibles dans le projet de loi
n° 20. Dois-je rappeler au député de Lévis qu'il a été lui-même extrêmement vocal dans, par exemple, ce que je
mets comme cible, qui est de prendre 1 500 patients à charge, hein? C'est
une cible, ça, et elle est critiquée par
tout le monde. Pourtant, la moyenne de patients pris en charge au Québec par
médecin de famille est de 700.
De que c'est
qu'il faut de plus, M. le Président, comme cible, quand on passe de 700 à
1 500, hein? Comment peut-on
penser que le projet de loi n° 20, s'il est adopté, n'améliorera pas la
situation? Comment penser, M. le Président, qu'avec...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...les ajustements
tarifaires proposés les médecins ne seront pas stimulés à améliorer l'accès?
• (15 heures) •
Le Président : Deuxième
complémentaire, M. le député de Lévis.
M. François Paradis
M. Paradis
(Lévis) : Empruntons les
termes, M. le Président. De que c'est qu'il faut de plus? Des cibles chiffrées
avec des échéanciers qui permettraient aux
Québécois, non pas aux médecins, mais de juger des résultats du ministre de la
Santé dans quelques années en fonction des
temps d'attente et du temps opératoire également. Maintenant qu'il est en
poste, il doit assumer ses responsabilités, nous dire quelles sont ses cibles
pour l'attente dans les urgences et pour les chirurgies. Va-t-il le faire dans
le prochain plan stratégique 2016-2020 du ministère de la Santé?
Le Président :
M. le ministre de la Santé.
M. Gaétan Barrette
M.
Barrette : M. le Président, on me fait vivre une double personnalité
parce que, pendant ma première année, on
m'a taxé d'avoir trop de pouvoirs, et là, maintenant, maintenant, même si je
dépose des projets de loi, on me demande de prendre mes responsabilités alors que les projets de loi vont
justement dans le sens de prendre mes responsabilités et d'améliorer la
situation des patients et des patientes qui nous écoutent.
Alors, M. le
Président, je sais que le programme en santé de la Coalition avenir Québec est
relativement maigre, aujourd'hui je le sais. Ce n'est pas une raison
pour dire que, de notre côté de la Chambre, on ne les prend pas, nos
responsabilités.
Alors,
j'invite encore — bientôt,
on sera en étude détaillée, M. le Président — la deuxième opposition, le troisième
groupe parlementaire et certainement mes amis d'en face...
Le Président : En terminant.
M. Barrette : ...à faire en sorte
qu'on adopte le projet de loi le plus vite possible, M. le Président.
Le Président : Principale, M.
le député de Jonquière.
Stratégie du
gouvernement en matière de
réduction de gaz à effet de serre
M. Sylvain Gaudreault
M. Gaudreault : M. le
Président, en visite à Queen's Park, le premier ministre a déclaré qu'il
comptait sur le fédéralisme coopératif pour
qu'Ottawa négocie avec les provinces les cibles 2030 de réduction des gaz à
effet de serre en vue de la
conférence de Paris. Il y a un mois, lors du Sommet de Québec, la déclaration
commune des provinces affirmait vouloir
«agir en partenariat avec le gouvernement fédéral dans le cadre d'un effort
concerté afin d'élaborer une contribution ambitieuse pour le Canada».
Vendredi
dernier, le premier ministre a été remis à sa place une fois de plus quand le
fédéral a annoncé unilatéralement des cibles très en dessous des
attentes, même parmi les moins ambitieuses des pays industrialisés. Le gouvernement espérait la bonne foi de Stephen
Harper en matière de lutte aux changements climatiques. En échange, il a
été complètement ignoré.
Comment le
ministre et comment le premier ministre peuvent-ils expliquer qu'ils ont été
ignorés après toutes ces démarches de soi-disant fédéralisme coopératif?
Le Président : M. le ministre
de l'Environnement.
M. David Heurtel
M.
Heurtel : M. le Président, en effet, l'annonce de vendredi dernier par
le gouvernement fédéral est décevante. Quand
on parle d'une réduction de 30 % pour 2030 par rapport au niveau de 2005,
il faut réaliser que nos barèmes à nous, au Québec, sont par rapport aux cibles établies à Kyoto, soit par
rapport à 1990. Alors, si on remet cette cible de 30 % par rapport au niveau de 1990, c'est, en réalité,
une cible de 14 % de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour
2030. En effet, c'est décevant. C'est
d'autant plus dommage que le gouvernement fédéral, malgré nos demandes
persistantes, a choisi d'aller seul, sans parler, justement, au Québec,
sans parler aux autres provinces.
Cela dit, le
leadership du Québec et des autres provinces canadiennes demeure, et nous
continuons à croire qu'il faut
travailler ensemble, il faut travailler avec le gouvernement fédéral. Il y a
une conférence canadienne des ministres de l'Environnement qui va avoir lieu en juin à Winnipeg. Nous allons
continuer le travail parce qu'encore une fois, cette annonce-là, nous la voyons comme un début, et pas
une fin. Nous avons pleinement l'intention d'arriver à Paris avec notre
voix, la voix québécoise, la voix de l'ensemble des provinces canadiennes...
Le Président : En terminant.
M. Heurtel : ...avec une position
très forte en matière de réduction de gaz à effet de serre.
Le Président : Première
complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Sylvain Gaudreault
M.
Gaudreault : Oui, M. le Président. Le ministre dit que le
gouvernement fédéral est décevant, mais pourtant lui-même et le premier ministre, à Queen's Park, il n'y a pas plus tard
que la semaine passée, ont mis la barre très haute. Ils ont parlé, au
Sommet de Québec, de partenariat, d'efforts concertés avec le fédéral pour
arriver à une contribution ambitieuse. Résultat,
résultat : Ottawa est l'enfant pauvre de tous les pays à travers le monde
sur les cibles les moins ambitieuses des
pays industrialisés. Pendant ce temps-là, le Québec, M. le Président, n'a pas
sa place sur la scène internationale sur les GES. C'est quoi, le
plan B?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. David Heurtel
M.
Heurtel : M. le Président, le Québec a pris sa place au sortir de la
dernière conférence du Conseil de la fédération
l'année dernière à Charlottetown quand le premier ministre a dit, alors qu'à
l'ordre du jour on parlait d'énergie, qu'avant de parler d'énergie il
fallait parler de changements climatiques.
Le
Québec a pris sa place par la suite à Lima, où on a signé des ententes
internationales avec une trentaine d'États et régions, s'engageant à réduire les gaz à effet de serre. Nous nous
sommes entendus avec l'Ontario, avec le Manitoba, avec la Colombie-Britannique. Nous avons rallié
l'Ontario au marché du carbone. C'est ça, du leadership, M. le Président, puis
c'est ce qu'on va continuer de faire jusqu'à Paris.
Le Président :
Deuxième complémentaire, M. le député de Jonquière.
M. Sylvain Gaudreault
M.
Gaudreault : Oui. M. le Président, ça commence à être un film
connu, là, hein? Le fédéral n'écoute pas le Québec. Qu'est-ce que fait le Québec? Bien, il est déçu. C'est tout ce
qu'il nous dit. Ça a été ça avec Énergie Est, c'est ça avec Enbridge, c'est ça avec le Port de Québec. Maintenant,
c'est ça avec la lutte aux changements climatiques. M. le Président, c'est l'enjeu mondial le
plus important, et, pendant ce temps-là, le Québec est obligé d'attendre
l'accord du fédéral.
Qu'est-ce que va faire le ministre pour un plan B, pour affirmer la compétence
du Québec et les cibles ambitieuses du Québec?
Le Président :
M. le ministre de l'Environnement.
M. David Heurtel
M.
Heurtel : M. le Président, c'est justement le contraire, le Québec n'attend absolument
personne en matière de changements climatiques, il est le leader en matière de changements climatiques. Leadership qui a
d'ailleurs été reconnu par le
président de la République française au sortir de sa rencontre avec le premier
ministre, M. le Président, lorsqu'il a dit que le Québec aurait sa voix
à Paris en décembre parce que le leadership du Québec, encore une fois, est
reconnu. L'Ontario suit justement le Québec en s'alliant avec nous.
Le Président :
En terminant.
M.
Heurtel : Maintenant, c'est 54 % de l'économie canadienne et
62 % de la population du Canada qui va avoir un marché du carbone,
M. le Président.
Le Président :
Principale, M. le député de La Peltrie.
Étude de faisabilité sur un troisième
lien entre Québec et Lévis
M. Éric Caire
M.
Caire : M. le Président, en campagne électorale, le député
de Louis-Hébert s'était engagé à ce qu'il y ait une étude de faisabilité sur le troisième lien à
Québec. Après la campagne électorale, on a dit, le ministre des
Transports : On n'a pas d'argent pour ça, on n'a pas les
5 millions pour ça.
Récemment,
coup de théâtre, si j'ose m'exprimer ainsi, on a 40 millions pour
Le Diamant de Robert Lepage, mais on n'a toujours pas les
5 millions pour faire l'étude de faisabilité.
Alors
que les chiffres du ministère de la Culture sont sans appel, l'achalandage dans
les salles de spectacle est en baisse
significative et que la congestion routière est en augmentation tout aussi
significative, comment peut-on expliquer qu'on a 40 millions pour un théâtre, mais on n'a pas 5 millions
pour une étude qui est absolument nécessaire pour les gens de Québec?
Le Président :
M. le ministre des Transports.
M. Robert Poëti
M. Poëti :
M. le Président, évidemment, quand on regarde l'ensemble de la congestion au
Québec, il faut être sorti un peu de
Québec pour pouvoir comparer. Alors, ce que je veux rassurer le député ici,
c'est qu'il n'y a pas deux mois, deux mois et demi, il m'a parlé directement et il
m'a dit : Je comprends très bien qu'au cours de votre mandat vous allez le
faire, peut-être l'année prochaine ou
l'autre, ça, il n'y a pas de problème. Je veux te parler d'un autre dossier.
Ça, c'est la réalité. Alors, la réalité, M. le Président, on s'est
engagés à le faire. On va le faire, c'est sûr et certain.
Le Président :
Ceci met fin à la période de questions et de réponses orales.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, avant de procéder aux motions sans préavis...
Des voix :
...
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous plaît! On voudrait poursuivre. Moi, je
suis prêt puis j'espère que vous
l'êtes. Alors, on voudrait poursuivre. Et, avant de procéder aux motions sans
préavis, je cède la parole au leader pour quelques consentements. M. le
leader adjoint du gouvernement.
M.
Sklavounos :
Merci, M. le Président. Suite à l'entente avec l'opposition, je sollicite le
consentement pour donner l'avis de la Commission des finances publiques.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, il y a consentement. Allez.
Avis touchant les travaux des commissions
M.
Sklavounos :
Merci, M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission des
finances publiques complétera les
consultations particulières à l'égard du projet de loi n° 38, Loi
visant à permettre la réalisation d'infrastructures par la Caisse de
dépôt et placement du Québec, dès maintenant, pour une durée de deux heures, à
la salle Louis-Joseph-Papineau. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) : Merci. Rapidement, à mon tour, là, de solliciter
le consentement de l'Assemblée pour déroger à l'ordre des affaires
courantes afin de vous faire part d'un avis touchant les travaux des commissions. Je vous avise que la Commission de
l'agriculture, des pêcheries, de l'énergie et des ressources naturelles se réunira aujourd'hui, après les affaires
courantes jusqu'à 18 h 30, à la salle
Louis-Hippolyte-La Fontaine, afin de poursuivre les auditions
publiques dans le cadre de l'examen des orientations, des activités et de la
gestion administrative de la Commission de protection du territoire agricole du
Québec.
Motions sans préavis
Et
nous en sommes maintenant aux motions sans préavis, et je cède la parole à un
membre formant l'opposition officielle, et je cède la parole au chef de
l'opposition officielle. M. le chef de l'opposition officielle, à vous.
• (15 h 10) •
M.
Péladeau : Merci, M. le Président. Donc, je sollicite le consentement
des membres de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante :
«Que
l'Assemblée nationale félicite le député de Chicoutimi pour l'obtention du prix
Louis-Joseph-Papineau, ainsi que la députée de Taschereau pour
l'obtention du prix Marie-Victoire-Félix-Dumouchel lors du souper-gala des
Patriotes 2015.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y a-t-il consentement pour débattre de cette
motion? Il n'y a pas consentement. Un membre du deuxième groupe d'opposition.
Je reconnais M. le député de La Peltrie, troisième lien routier.
Des voix :
...
Le Vice-Président (M. Gendron) : S'il vous
plaît! Il n'y a pas consentement. Et,
après qu'il n'y a pas consentement, on passe à l'autre motion. Alors, M.
le député de La Peltrie, à vous.
M.
Caire : M. le Président, je demande le consentement pour déposer la motion suivante
conjointement avec la députée de Taschereau :
«Que
l'Assemblée nationale exige du gouvernement libéral qu'il respecte sa
promesse faite lors de la dernière campagne
électorale et lance dans les plus brefs délais une étude de faisabilité sur un
troisième lien routier entre Québec
et Lévis.»
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Y a-t-il consentement de débattre de cette motion?
M.
Sklavounos :
Nous proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Le Vice-Président
(M. Gendron) : Alors, est-ce que la proposition est adoptée?
Des voix : ...
Le Vice-Président (M.
Gendron) : Un instant, s'il vous plaît, là, dans l'ordre!
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Gendron) : Je
le sais. S'il vous plaît! Je l'ai vu.
Une voix : ...
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, il n'y a pas consentement... Ce n'est pas vrai, cette proposition-là
n'est pas adoptée. Alors, on
poursuit. Un membre du groupe formant le gouvernement, M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale. M. le ministre du Travail.
Féliciter les lauréats
des prix Reconnaissance
de l'Alliance des cadres de l'État
M.
Hamad : M. le
Président, je sollicite le
consentement de cette Assemblée afin de présenter la motion suivante
conjointement avec le député de Sanguinet, le député de La Peltrie, le député
de Mercier :
«Que l'Assemblée nationale félicite les lauréats des prix Reconnaissance de l'Alliance des cadres
de l'État pour leur contribution
déterminante dans la gestion des affaires du Québec, soit M. Yves
Berger, du ministère des Transports, dans la catégorie Gestionnaire émérite;
Mme Nathalie Gagné, de la Régie de l'assurance maladie du Québec, dans la catégorie Gestionnaire-Leader; et
Mme Christine Vigna, du ministère
des Relations internationales et de la Francophonie, dans la catégorie
Relève en gestion.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
M.
Sklavounos : Nous
proposons l'adoption sans débat, M. le Président.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Adopté. Je reconnais maintenant Mme la
députée de Gouin
pour la présentation de sa motion sans préavis. Mme la députée, à vous
la parole.
Mme David
(Gouin) : Merci, M. le Président. Je demande le consentement de la Chambre pour
débattre de la motion suivante :
«Que l'Assemblée nationale reconnaisse l'importance de reprendre les travaux visant à régler la
problématique des briseurs de grève dans les contextes [de] lock-out;
«Que
l'Assemblée demande au gouvernement de s'engager à modifier les lois du travail
pour revoir les notions d'"établissement"
et d'"employeurs" afin d'empêcher de contourner les dispositions d'un
Code du travail devenu obsolète.»
Le Vice-Président (M. Gendron) : Y
a-t-il consentement pour débattre de cette motion?
Une voix : ...
M.
Sklavounos : Pas de
consentement. Pas de consentement.
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, il n'y a pas de consentement de la part du leader adjoint du
gouvernement. Ça met fin aux motions sans préavis.
Avis touchant les
travaux des commissions
Je donne la parole à M. le leader adjoint du
gouvernement pour les avis touchant les commissions.
M.
Sklavounos :
Merci, M. le Président. Alors, j'avise cette Assemblée que la Commission de
l'économie et du travail poursuivra l'étude détaillée à l'égard du
projet de loi n° 37, Loi confirmant l'assujettissement des projets de cimenterie et de terminal maritime sur le
territoire de la Municipalité de Port-Daniel—Gascons au seul régime d'autorisation de l'article 22 de la Loi sur la qualité de
l'environnement, aujourd'hui, après les affaires courantes jusqu'à
17 h 30, à la salle des
Premiers-Ministres 1.38b de l'édifice Pamphile-Le May, et de 20 heures à 21 h 30, à la salle
Louis-Joseph-Papineau. Merci, M. le Président.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Merci, M. le leader.
Renseignements sur les travaux
de l'Assemblée
Nous
en sommes à la rubrique Renseignements sur les travaux. Est-ce qu'il y a des
renseignements concernant les travaux de cette Chambre? Il n'y en a pas.
Des voix :
...
Le Vice-Président
(M. Gendron) : S'il vous plaît, là, j'ai de la misère à entendre.
Alors,
je vous informe que, demain, lors des affaires inscrites par les députés de
l'opposition, sera débattue la motion inscrite par M. le député de
Chambly, qui se lit comme suit :
«Que l'Assemblée nationale
demande au gouvernement de s'assurer que les hausses de taxes scolaires pour
l'année 2015-2016 soient limitées à l'inflation.»
Affaires du jour
La
période des affaires courantes étant terminée, nous allons maintenant passer
aux affaires du jour, et je cède à nouveau la parole à M. le leader du
gouvernement.
M.
Sklavounos :
Article 8, M. le Président, s'il vous plaît.
Projet de loi n° 43
Adoption du principe
Le Vice-Président (M. Gendron) : Alors, à l'article 8 du feuilleton
d'aujourd'hui... juste une seconde, j'ai 38, mais je n'ai pas 8. Oui, à l'article 8 du feuilleton d'aujourd'hui,
M. le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale propose l'adoption du principe du projet
de loi n° 43, Loi favorisant l'information sur la dangerosité des produits
présents en milieu de travail et modifiant la Loi sur la santé et la sécurité
du travail.
Je
prendrais les premières interventions. Je vous reconnais, M. le ministre du
Travail, pour votre intervention. À vous la parole.
M. Sam Hamad
M.
Hamad : Merci, M. le Président. Il me fait plaisir
aujourd'hui de prendre la parole dans le cadre de l'adoption du principe
du projet de loi n° 43, Loi favorisant l'information sur la dangerosité
des produits présents en milieu de travail et modifiant la Loi sur la santé et
la sécurité du travail.
En
fait, l'objectif de cette loi, M. le Président, c'est
harmoniser la législation et la réglementation québécoise
en matière de santé et sécurité du
travail au Système général harmonisé de classification et
d'étiquetage des produits chimiques, synchroniser
l'application avec l'approche adoptée et implantée au Canada
par les autres provinces et territoires et par nos principaux partenaires commerciaux. Afin de répondre aux exigences
découlant du Système général harmonisé de classification et
d'étiquetage des produits chimiques, des modifications devront être apportées à
la Loi sur la santé et sécurité du travail.
Alors,
aussi, M. le Président, les actions qui sont dans cette loi-là, c'est le
remplacement du Règlement sur l'information concernant les produits contrôlés par le
Règlement sur l'information concernant les produits dangereux.
L'état
de la situation, M. le
Président, c'est que, depuis 1988,
les produits chimiques étaient identifiés et classifiés selon le système d'information sur les matières dangereuses utilisées au
travail. Ça, c'est connu sous le nom SIMDUT. Alors,
le SIMDUT mis en place pour pouvoir... l'utilisation sécuritaire de ces produits dans le milieu du
travail au Québec et partout
au Canada.
À
l'échelle mondiale maintenant, M. le
Président, il y a
une absence d'uniformité, puisque chaque pays a sa propre réglementation en matière de classification des
produits dangereux et de communication des dangers par le biais des fiches d'étiquetage. Les multiples systèmes d'étiquetage
et de fiches de données de sécurité viennent compliquer le commerce
international. Exemple, un fabricant qui souhaite exporter un produit doit
connaître les exigences de chaque pays, étiqueter
ses produits en conséquence et produire les fiches conformes. Et c'est sans
compter les conséquences sur la santé et la sécurité des travailleurs.
Alors, les solutions
que nous amenons, M. le Président, c'est l'élaboration du Système général
harmonisé de classification et étiquetage
des produits chimiques. Alors, les pays participant à cette mesure-là, M. le Président, c'est le Canada, les États-Unis, l'Union européenne. Sous l'égide des Nations
unies à l'élaboration, évidemment, a été adopté en 2003 comme norme mondiale
par l'Assemblée générale des Nations unies.
Donc, les points
positifs de ces nouveaux... nouveaux normes, M. le Président, c'est
l'harmonisation de la classification des dangers, c'est la communication des
dangers facilitée par l'étiquetage et des fiches d'information universelles, et aussi l'amélioration des informations disponibles pour le milieu du travail, et, par le fait
même, la santé et la sécurité des travailleurs.
Quels sont
les effets de l'harmonisation? C'est le changement, pour tous les produits
dangereux, du contenu des étiquettes et des fiches de données de
sécurité ainsi que leur format, et aussi il y a de nouveaux pictogrammes et
nouveaux renseignements sur l'étiquetage et la fiche de données de sécurité des
produits dangereux.
Jusqu'ici,
plus de 60 pays ont implanté ou sont en processus d'implantation, dont
les États-Unis, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, la Chine, le Japon et la Corée du Sud. En février
dernier, M. le Président, l'adoption du volet fédéral par le gouvernement canadien... Et ça, c'est les étapes qui ont lieu actuellement au Canada et au Québec : la
création du SIMDUT, 2015 — alors,
c'est le SIMDUT de 1988 harmonisé — obligation progressive pour les fabricants, fournisseurs et importateurs de munir les produits dangereux de
nouvelles étiquettes et fiches de données de sécurité harmonisées et l'engagement de toutes les provinces et territoires d'intégrer le SIMDUT 2015 dans
leurs réglementations respectives, et ce, d'ici juin 2015.
Alors, quels
sont les avantages de l'harmonisation? C'est assurer un milieu de travail
encore plus sécuritaire et, en conséquence,
une meilleure compétitivité pour nos entreprises, une protection de nos
travailleurs par une norme internationale
reconnue et améliorée en matière de communication des dangers associés aux produits dangereux au
travail et aussi l'opportunité de bénéficier de normes communes plus
complètes et détaillées et également plus uniformes.
• (15 h 20) •
Quels sont
les avantages pour les entreprises québécoises? Une seule identification, peu
importe le pays où les produits sont
vendus; pas de reclassification des produits utilisés au travail en provenance
ou à destination des différents marchés.
Alors, la nouvelle harmonisation, M.
le Président, va favoriser le
commerce et réduira les obstacles. Les économies estimées,
c'est à 115 millions de dollars,
une nouvelle opportunité commerciale
résultant de la diminution des barrières commerciales non tarifaires si un seul système, le SIMDUT 2015, était
utilisé et, bien sûr, une avancée importante pour nos lieux de travail, une importante opération de
cohérence qui serait bénéfique pour les travailleurs et nos entreprises d'ici.
Le statu quo,
M. le Président, qu'est-ce
que ça donne? Ça donne des
répercussions financières, une charge administrative très importante
pour les employeurs québécois, qui devaient refaire la classification des
produits et la communication des dangers selon l'ancien système,
et ce, pour tous les produits destinés à l'exportation et ceux importés.
Certains employeurs seraient privés d'opportunités en matière d'exportation.
Donc, M. le
Président, nous devons conclure qu'il est donc de l'intérêt de l'ensemble des
parties impliquées que nous adoptions le principe du projet de loi
n° 43. Et, précision importante, les modifications apportées à la Loi sur
la santé et la sécurité du travail et à ses
règlements n'ont pas pour objectif d'accroître la responsabilité des employeurs
ou les droits des travailleurs. Les
modifications visent à assurer une cohérence avec les nouvelles dispositions
fédérales ainsi qu'avec celles convenues avec les autres provinces et
territoires.
Des
représentants patronaux et syndicaux membres du conseil d'administration de la
CSST ont été consultés sur les
principes liés aux nouvelles exigences de la loi et du nouveau Règlement sur
l'information concernant les produits dangereux. Les enjeux soulevés par
ces représentants ont été pris en compte. Je vous remercie.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, M. le ministre du Travail. Et je cède la parole à M.
le député de Beauharnois, porte-parole de l'opposition officielle en ces
matières. M. le député, à vous la parole.
M. Guy Leclair
M. Leclair :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour de parler sur l'adoption de
principe du projet de loi n° 43.
Bien, tout comme disait mon collègue le ministre du Travail, cette loi-là
vient — en gros
ou en résumé, je vous dirais — plus faciliter les échanges internationaux.
De là à dire que ça va augmenter la sécurité au travail ou les choses
comme ça, je ne pense pas que ça soit le but visé du projet de loi.
Bien entendu, lorsqu'on parle de sécurité au
travail, on comprend très bien que les travailleurs du Québec ont toujours été régis par les produits dangereux avec
l'appellation SIMDUT pour s'assurer d'un affichage, d'un étiquetage,
d'un entreposage adéquats des produits dangereux qui peuvent se trouver en
milieu de travail.
Ici, le
projet de loi n° 43 est vraiment une ligne très fine pour l'entreposage et
les produits dangereux. Si j'aurais un message à passer au ministre du
Travail, bien, je pense qu'il faut continuer à travailler très fort ensemble
avec les travailleurs du Québec, les
entrepreneurs pour augmenter encore la sécurité au travail. Malheureusement, M.
le Président, encore dans les années
2015, beaucoup trop de travailleurs ont la malchance de perdre la vie au
travail. Que ce soit un de plus ou un
par année, c'est un de trop. Alors, j'ose espérer que, bien entendu, face au
projet de loi n° 43, qui ne va pas dans une réforme, peut-être, de la CSST ou dans le regard... Qu'est-ce
qu'on pourrait faire de plus? Je sais que les gens qui travaillent à la
CSST à temps plein travaillent avec les moyens qu'ils ont pour tenter
d'améliorer la situation des travailleurs et travailleuses au Québec, mais je
pense qu'on pourrait encore en faire plus, M. le Président.
Alors, je
profite de l'occasion du projet de loi n° 43. Lorsqu'on sait que la
majeure partie de ce projet de loi là va aller toucher les écrits de la Loi sur la santé et la sécurité au
travail, bien, je profite de l'occasion pour dire au ministre que je pense qu'en 2015 on pourrait revoir encore
la manière qu'on travaille dans les usines aujourd'hui et de peut-être encore monter la barre un peu plus haut. On sait
qu'à chaque fois c'est quand même des coûts pour l'employeur, mais je me mets toujours à la place de quelqu'un qui perd
la vie à l'emploi à cause de négligences peut-être parfois monétaires,
parfois négligences carrément quasi voulues. Il n'y a pas personne qui veut que
quelqu'un meure au travail, mais, lorsqu'on
ne prend pas les moyens et les mesures nécessaires, bien, c'est souvent fatal
en bout de ligne. On passe souvent à côté de l'accident pendant
plusieurs années, et, une fois, ça sera fatal et ça sera une fois de trop.
Alors, pour
revenir au projet de loi n° 43, M. le Président, bien, bien entendu, le
ministre l'expliquait bien, c'est vraiment
un système général d'harmonisation avec tous les gens, là, sur la planète qui
ont un système, eux, qui fonctionne, puis
les appellations... On sait que, dans les produits dangereux, lorsqu'on veut
importer et exporter, les appellations sont très importantes. Sinon, il faut
ressortir toutes les fiches signalétiques qui disent de quoi est fait le produit et composé, ce produit-là, en plus comment il faut le manipuler.
En, plus, ça explique comment il faut entreposer. Donc, tout ça, c'était
SIMDUT pour nous, au Québec, qui a toujours régi cette
norme-là. Aujourd'hui, on ne tasse pas du revers de la main SIMDUT, il
faut bien comprendre qu'on intègre
les lois qui vont être globales et harmonisées dans SIMDUT pour s'assurer
que tout
le monde soit au même
niveau sur l'affichage et l'étiquetage de produits dangereux, et, bien entendu,
la LSST, elle doit changer plusieurs lignes dans la loi pour s'assurer
d'être à la même page que tout le monde.
On ne recevra
pas de groupes pour venir lors de ce projet
de loi là, M. le Président. Le ministre a déjà rencontré plusieurs groupes, la CSST
aussi, autant du monde du travail, autant des gens de la partie de l'employeur
qui... Il ne faut pas se le cacher,
là, la partie de l'employeur va avoir des coûts rattachés à ça. Mais, lorsqu'on
parle d'import-export, bien, je pense que de vérifier les produits à chaque fois, et de
réétiqueter, et d'assurer son affichage, je pense que c'est une
grosse perte d'argent pour plusieurs entreprises, et après ça, bien, dans quelques
années d'ici, lorsque la loi sera bien imposée
sur cet affichage-là, bien, ça va devenir monnaie courante que les gens vont
reconnaître les étiquettes facilement. On
sait qu'il y a toujours un temps d'adaptation. Bien entendu, le projet de loi vise à donner aux employeurs ce que... Dans les industries, M. le Président, le SIMDUT... la CSST oblige les employeurs à donner des formations
pour s'assurer que le travailleur comprenne l'étiquette et ainsi que
l'entreposage.
Donc,
lorsqu'on fera les changements avec le projet
de loi n° 43, bien, le ministre a prévu quand même un temps d'adaptation de trois ans. Alors, le SIMDUT va
rester en règle pour les trois prochaines années, mais on donne trois ans aux
entreprises pour s'assurer qu'elles donnent
de la formation. Bien sûr, il y aura un coût, mais, lorsque le ministre a parlé
des coûts tantôt, bien, on peut comprendre
qu'il y a certains coûts en formation, mais beaucoup de frais import-export
qui vont être sauvés par les entreprises. Donc, je crois que le projet de loi
aura une plus-value à moyen et long terme.
Alors, nous
avions quelques craintes, quelques questions, le ministre a bien voulu nous
faire part de rencontrer les gens qui
ont travaillé sur le projet de loi. Alors, on a eu — on appelle dans notre jargon
parlementaire — un
briefing technique. Alors, on a posé
plusieurs questions qui nous ont quand même rassurés, M. le Président, à
l'effet de savoir, lorsqu'on
s'associe avec un mouvement qui est plus mondial, bien, est-ce que ça nous
enlève la latitude de dire : Bon, bien,
nous, ce produit-là, on ne voudrait pas l'avoir ou on ne le reconnaît pas tel
que tout le monde le reconnaît. Alors, on s'est fait confirmer que non,
si on décide, nous, pour un produit x, y, que, pour nous, il serait banni ou
nos exigences seraient différentes, bien, on a quand même le droit de le faire.
C'est sûr que c'est assez une rareté, on parle des cas vraiment à l'unité qui pourraient arriver dans le futur, mais je pense
que c'est intéressant de savoir que ça ne nous attache pas pour refaire le futur pour tout produit, là,
qui pourrait rentrer que nous jugerions autre que ce que l'ensemble des gens,
là, sur le côté mondial, eux, voient.
Donc, sur le
projet de loi n° 43, bien, bien entendu, le ministre nous a parlé de
dates. Nous savons que déjà toutes les
provinces canadiennes se sont assises ensemble, il y a quelques mois de ça,
puis elles ont tenté de s'assurer que chaque province s'assure de passer la législation nécessaire pour que, dès juin
2015, ce soit en règle pour qu'on puisse procéder pour les trois prochaines années. Donc, je pense
que l'opposition officielle a tout intérêt, tout comme le gouvernement,
à participer dans ce projet de loi là. Bien
entendu, on posera les questions pertinentes à l'article par article, mais je
veux rassurer le ministre, nous
allons coopérer sérieusement, comme d'habitude, au projet de loi qui nous est
proposé, le projet de loi n° 43. Merci, M. le Président.
• (15 h 30) •
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, je vous remercie, M. le député de Beauharnois, de votre intervention
sur le principe du projet de loi n° 43.
Et, pour la poursuite du débat toujours sur ce même principe, je cède
maintenant la parole à Mme la députée d'Arthabaska. Mme la députée, à
vous.
Mme Sylvie Roy
Mme Roy
(Arthabaska) : Merci, M. le Président. Nous avons affaire ici à
un projet de loi qui met en oeuvre une mise à jour de nos pratiques en
termes de gestion de matières dangereuses. En effet, chaque pays gérait à sa
façon ses matières jusqu'à récemment. Les
échanges commerciaux internationaux faisant maintenant partie du quotidien de
la majeure partie de ces grandes
entreprises modernes, ces différences devenaient un véritable casse-tête à gérer
pour tout le monde. C'est pourquoi les nations ont cherché à régulariser
ces pratiques.
Le projet de
loi n° 42 est l'expression de cette normalisation, de cette harmonisation
telle qu'appliquée au Québec. En effet, même si nos pratiques
québécoises s'harmonisaient bien aux normes canadiennes dans le cadre du
système d'information sur les matières
dangereuses utilisées au travail, aussi appelé affectueusement SIMDUT, des
différences étaient remarquées dès
nos échanges en sol étranger. À travers ces négociations, autant la CSST que
leurs vis-à-vis canadiens se sont
assurés que les normes minimales québécoises et canadiennes se retrouvent dans
le nouveau projet, soit le Système général
harmonisé. Essentiellement, pour la plupart des mesures, on renomme les
concepts afin d'adopter un vocabulaire semblable
et facilement compatible à celui utilisé au niveau international. D'autres
différences subsistent dans la façon que
les fiches signalétiques des produits dangereux seront construites à l'avenir,
le tout afin d'uniformiser entre toutes les nations ces dites fiches. Enfin, un gain pour le Québec, pour le
Canada réside dans les obligations reliées à la formation. Alors qu'il
n'y était pas obligé par le passé, suite à l'adoption du projet de loi
n° 42, un employeur devra dorénavant s'assurer de la réussite de la
formation de ses employés sur les matières dangereuses.
Finalement,
sans aucun doute, il s'agit là de mesures qui représentent un gain pour les
travailleurs, un gain pour les
employeurs. En effet, alors que ceux-ci ne faisaient que recevoir la formation
autrefois, on s'assurera maintenant de leur
bonne compréhension ainsi que de leur sécurité. Il va sans dire que cette
vérification supplémentaire rassurera les travailleurs quant à la santé et à la sécurité dans leur milieu de
travail. Également, le fait d'harmoniser ces fiches, cela aura pour effet de limiter le nombre d'erreurs
potentielles qui pourraient se glisser dans la traduction ou l'adaptation des
fiches selon les normes de chaque nation. Également, la simplification de ces
fiches fera en sorte qu'elles seront plus accessibles pour l'ensemble de la main-d'oeuvre. Un
autre aspect important du projet de loi se retrouve au niveau
administratif. En effet, suite à cette harmonisation, les entreprises ne seront
plus forcées de s'adapter à chacune des particularités
en matière de produits dangereux propres à chacun des pays avec lesquels ils
font affaire. Il en résultera, à la
longue, des économies certaines. À l'inverse, les différences de normes pouvaient,
dans certains cas, rendre certains marchés plus difficilement
accessibles pour les entreprises. Cette uniformisation aidera également les
entreprises à conquérir ces marchés, qui autrefois représentaient un défi
possiblement plus grand.
De notre côté
de la Chambre, à la Coalition avenir Québec, nous saluons toutes ces
simplifications administratives dans
le respect des normes et des principes québécois. Également, l'harmonisation
présentée par le projet de loi n° 43 tombe sous le sens étant donné les gains autant pour les employeurs que
la main-d'oeuvre. Et, en ce sens, M. le Président, nous appuierons le
principe du projet de loi n° 43 et souhaitons maintenant passer à son
étude détaillée.
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Je vous remercie, Mme la députée d'Arthabaska, pour votre intervention.
Je ne vois pas d'autre intervenant.
Mise aux voix
Alors, le
principe du projet de loi n° 43, Loi favorisant... l'information — pardon — sur la dangerosité des produits
présents en milieu de travail et modifiant la Loi sur la santé et la sécurité
du travail, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
Le Vice-Président (M. Gendron) : M.
le leader du gouvernement.
Renvoi à la Commission de l'économie et du travail
M.
Sklavounos :
Oui. Merci, M. le Président. Conformément à l'article 243 de notre règlement,
je fais motion afin que ce projet de loi soit déféré à la Commission de
l'économie et du travail pour étude détaillée.
Mise aux voix
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
La motion est adoptée. M. le leader adjoint du gouvernement, pour la suite
de nos travaux.
M.
Sklavounos : Oui.
L'article 2, M. le Président.
Projet de loi n° 20
Reprise du débat sur l'adoption du principe
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, l'article 2 du feuilleton de ce jour, c'est : l'Assemblée reprend
le débat, ajourné le 14 mai 2015, sur
l'adoption du principe du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi
favorisant l'accès aux services de
médecine de famille et de médecine spécialisée en modifiant diverses
dispositions législatives en matière de procréation assistée. Et une
intervention sur le principe était commencée.
Lors de
l'ajournement des travaux, la parole était au député de Beauharnois. Il lui
restait 15 minutes pour compléter son
intervention. Je lui cède à nouveau la parole pour qu'il puisse compléter
l'intervention sur le principe du projet de loi n° 20. À vous, M. le
député.
M. Guy Leclair (suite)
M. Leclair :
Merci beaucoup, M. le Président. Alors, à mon tour de revenir sur le projet de
loi n° 20. Comme je précisais un
peu la semaine dernière, le premier ministre a fait confiance à son nouveau
ministre de la Santé pour s'assurer que
les services que les gens décrient, que la population décrie haut et fort jour
après jour, mois après mois, année après année, finalement tentent de
trouver un résultat appréciable.
Malheureusement, notre cher ministre de la
Santé, M. le Président, qui, il
faut bien le souvenir, était le représentant
des médecins
spécialistes du Québec lors de toutes leurs négociations, que ça soit les
négociations avec le gouvernement, que ça soit une représentation pour tous les
CSSS, là, qui existent au Québec... donc, cette personne-là, à tort ou à
raison, devrait être une personne compétente, une personne qui connaît
la médecine partout au Québec, autant dans les grandes régions que les milieux
éloignés, mais, M. le Président, si on regarde le projet de loi n° 20, où
est-ce que la consultation avec les membres,
avec toute la sphère de la santé au Québec... tous se sont levés quasi
unanimement pour décrier le projet de
loi n° 20, pour dire : Le ministre ne nous écoute pas, le ministre ne
veut même pas nous entendre. Le ministre décide, applique puis en plus ici, à
l'Assemblée nationale, au salon bleu, le passe par bâillon s'il le faut. Alors,
quelle belle mentalité en 2015, alors que
tous, tous ici, dans cette Chambre, sommes au courant que le problème de santé est
la priorité au Québec en ce moment!
On peut
parler d'économie, bien entendu, on peut parler de travail. Les personnes qui
perdent leur travail ce matin, c'est
sûr qu'elles ne trouvent pas ça drôle. Pour eux, dans le quotidien, il faut
travailler. Mais tout le monde, un jour ou l'autre, de près ou de loin, nous aurons à faire face, et plusieurs y
font déjà face, au système de santé défaillant que nous avons au Québec. Bien entendu, la gratuité est là.
Si on se compare à d'autres, bien on dit : On est chanceux, ce n'est pas
l'argent qui nous empêche... Mais
aujourd'hui, au-delà de la gratuité, M. le Président, les files d'attente
interminables, à l'urgence, c'est
quasi gênant d'aller là. On est aussi bien de se prévoir une fin de semaine de
congé pour aller à l'urgence pour
voir si on n'aurait pas une amygdalite avec de jeunes enfants qu'on pourrait
avoir. C'est rendu qu'on bouque des vacances,
notre semaine de vacances un an à l'avance. On est à la veille de bouquer nos
sorties à l'urgence un an à l'avance parce qu'on ne s'en sort pas en bas
de 16 heures, 24 heures, 40 heures, 48 heures.
Alors, M. le
Président, notre ministre de la Santé, qui, lui, devait tout connaître ça,
agissait en bon fonctionnaire dans le
temps pour négocier avec les gens au privé versus le gouvernement, bien nous
prouve tout à fait le contraire. Les aptitudes
pour régler des conflits... la vision des choses, il n'a rien démontré dans le
projet de loi n° 20, bien au contraire. Depuis plusieurs années, on
demande des choses assez simples. On se dit : Peut-être que ça ne réglera
pas tout, M. le Président, mais on
dit : Donnons plus de pouvoirs aux pharmaciens. Comment exactement qu'on
le fait? Il faut s'asseoir avec les
pharmaciens, avec les médecins pour voir où est-ce qu'elle est, la ligne de
passage. Puis ça, ça prend un négociateur pour faire ça, alors que c'était l'ancien métier de notre nouveau
ministre de la Santé. Quel bon négociateur! Aujourd'hui, ces gens-là ne sont même pas entendus. On les
tasse du revers de la main. On ne négocie rien. Le résultat va être quoi?
Je risque de croire que ça va être encore du
pareil au même. On avait notre cher ministre de la Santé, notre premier
ministre qui vient du monde la santé
et notre ministre de la Santé qui, lui aussi, est un médecin, puis aujourd'hui
on est obligés, avec le ministre de la Santé, de passer ces projets de loi par
bâillon, puis là faire face à un projet de loi n° 20 qui, encore
là, ne rencontre même pas le début des attentes des citoyens.
Lorsqu'on
parle de plus d'accessibilité, bien entendu, on parle des médecins de famille,
bien entendu, on parle de service de
première ligne, bien entendu qu'on parle : Est-ce que ça serait possible
d'avoir un CLSC ouvert 24 heures? M.
le Président, les stations de gaz sont ouvertes 24 heures. On a de la
misère à se faire traiter en urgence dans une période de 24 heures. Il faut attendre 36,
48 heures. Mais, si on veut avoir une pinte de lait, on veut remplir notre
auto de pétrole, il n'y a pas de problème. Je pense qu'on a un grand
questionnement à faire. Les gens sont en attente. Je regarde, juste dans
mon comté, M. le Président, un hôpital qui a
été construit il y a plusieurs années de ça, bien entendu, mais conçu pour
recevoir 30 000 à
35 000 personnes. Bien, aujourd'hui, cet hôpital-là, avec tout le
développement qu'il y a eu dans la région de Valleyfield, il en reçoit
entre 50 000 et 70 000.
• (15 h 40) •
On a beau
demander aux médecins de faire des miracles, et aux infirmières et à tous les
gens qui travaillent dans le domaine
de la santé... parce qu'on a beau parler juste des médecins et des
omnipraticiens, mais pensez aux personnes qui font le ménage dans un hôpital conçu pour 35 000, alors qu'il y
a un achalandage entre 60 000 puis 70 000 par année. Les corridors, ça a l'air d'un dépotoir, pas parce
que c'est sale nécessairement, mais il n'y a plus de place pour entreposer.
Alors, les boîtes de produits qu'on reçoit
sont dans les corridors. Puis, je me souviens, là, l'ancien ministre, il est
venu faire des visites, là. Quand le
ministre vient, vous rentrez à l'hôpital, tout est disparu, mais la réalité, au
quotidien, M. le Président, c'est que
ça ne fonctionne pas en ce moment, ça ne fonctionne pas à aucun niveau. C'est
le seuil, le minimum qu'on peut offrir en ce moment.
Alors,
certains nous critiquent parce que le système de santé est gratuit, donc, ça
crée un surplus dans les hôpitaux. Il n'est
pas là, le fait. C'est l'organisation du travail. Mais, quand je vois le ministre
de la Santé, avec le projet de loi n° 20, qui n'ose même pas
consulter les professionnels eux-mêmes de la santé pour savoir... au moins les
écouter et savoir qu'est-ce qu'ils suggèrent...
Non, on prépare un projet de loi, on va leur faire entrer dans la gorge, de
force, puis on va l'apporter en législation au salon bleu, puis, si
jamais c'est trop long puis ça ne va pas au goût du ministre, bien on le passera en bâillon. Triste, M. le Président, mais
ça risque d'arriver encore une fois. Alors, j'ose espérer que, le message
que je vais passer ou livrer dans les prochaines secondes, le premier ministre
va l'entendre. Ça presse, il faut mettre quelqu'un
d'autre, il faut mettre quelqu'un d'autre qui est capable de concilier tout le
monde de la santé, de les écouter et surtout trouver des solutions. Même
si ce n'est pas la solution parfaite, il faudrait avoir un début de solution.
Alors, M. le
Président, je souhaite bonne chance... et je tiens à remercier tous les gens
qui travaillent en santé, dans le domaine,
du premier au dernier. Je n'exclus pas personne, pas du CLSC, des gens qui
aident les aînés, parce que, si ces gens ne seraient pas là puis ils ne
seraient pas dévoués comme ils sont, aujourd'hui ils ne seraient plus dans le système. C'est décourageant. Je ne travaille pas
dans ce système-là, je suis découragé pour eux autres. Alors, je les remercie,
et je les applaudis très fort, et je leur
dis : On va se souhaiter un ministre de la Santé qui va tenter de trouver
un début de solution. Merci beaucoup, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, on vous remercie, M. le député de Beauharnois, pour votre intervention
sur le principe du projet de loi n° 20. Je ne vois pas d'autre demande
d'intervention.
Est-ce que le
principe du projet de loi n° 20, Loi édictant la Loi favorisant l'accès
aux services de médecine de famille
et de médecine spécialisée et modifiant diverses dispositions législatives en
matière de procréation assistée, est adopté?
Mme
Maltais : M. le
Président, vote par appel nominal, s'il vous plaît.
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, le vote par appel nominal est demandé. M. le leader adjoint du
gouvernement.
Vote reporté
M.
Sklavounos :
Conformément à l'article 223, je vous demande de le reporter à la période des
affaires courantes de demain, s'il vous plaît.
Le
Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, le vote sera reporté, conformément à ce qui est prévu au règlement.
Et, M. le
leader adjoint du gouvernement, pour la poursuite de nos travaux, veuillez nous
indiquer quelle est la rubrique.
M.
Sklavounos :
M. le Président, je suis obligé de vous demander une courte suspension pour un
déplacement de la ministre... Vers 16 h 30, on attend notre
ministre responsable des Relations internationales.
Le Vice-Président (M. Gendron) :
O.K. Donc, les travaux sont suspendus jusqu'à 16 h 30...
4 h 30?
Une voix : ...
Le Vice-Président (M. Gendron) :
Alors, j'aime mieux ça comme indication.
Alors, les travaux sont suspendus jusqu'à
4 h 30 ce jour. Les travaux sont suspendus. Merci.
(Suspension de la séance à 15 h 43)
(Reprise à 16 h 51)
Le
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, chers collègues, veuillez prendre place, l'Assemblée poursuit
ses travaux. Et je demanderais au leader adjoint du gouvernement de nous indiquer à quel article au feuilleton
nous poursuivrons nos travaux.
M.
Sklavounos : Oui, merci,
M. le Président. Je vous demande d'appeler l'article 39, s'il vous plaît.
Motions du gouvernement
Motion proposant que
l'Assemblée approuve la Convention n° 138
sur l'âge minimum d'admission à l'emploi de
l'Organisation internationale du travail
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : À l'article 39 du feuilleton, l'Assemblée procédera maintenant
au débat sur la motion faisant suite
au dépôt d'un engagement international par Mme
la ministre des Relations internationales et de la Francophonie le
14 avril 2015. Cette motion se lit comme suit :
«Que,
conformément à l'article 22.3 de la Loi sur le ministère des Relations
internationales, l'Assemblée nationale approuve la
convention n° 138 sur l'âge minimum à l'emploi de l'Organisation
internationale du travail.»
Je vous
rappelle que cette motion donne lieu à un débat restreint de deux heures. La
répartition des temps de parole dans
le cadre de ce débat s'effectuera comme suit : 57 minutes sont
allouées au groupe parlementaire formant le gouvernement, environ 33 minutes sont allouées au groupe
parlementaire formant l'opposition officielle, environ 23 minutes sont
allouées au deuxième groupe
d'opposition, six minutes sont allouées aux députés indépendants. Et, dans ce
cadre, le temps non utilisé par les
députés indépendants ou par l'un des groupes parlementaires sera redistribué
entre les groupes parlementaires selon les proportions établies
précédemment. Enfin, les interventions ne seront soumises à aucune limite de
temps.
Alors, Mme la ministre des Relations internationales
et de la Francophonie, je vous cède la parole.
Mme Christine St-Pierre
Mme
St-Pierre :
Merci, M. le Président. Je propose aujourd'hui à cette Assemblée l'approbation
de la convention n° 138 de l'Organisation internationale du
travail sur l'âge minimum d'admission à l'emploi. Parmi les quelque
189 conventions que l'Organisation internationale du travail a adoptées
depuis sa fondation en 1919, huit ont été
désignées comme fondamentales. Elles couvrent des sujets considérés comme des
principes et droits fondamentaux du travail, qu'on pense à l'élimination
de toutes les formes de travail forcé ou obligatoire, à l'abolition du travail
des enfants, à la liberté syndicale, à la reconnaissance effective du droit de
négociation collective ou à l'élimination de la discrimination en matière d'emploi et de profession. Compte tenu du
caractère fondamental de ses conventions, l'OIT presse tous les États
membres de les ratifier en priorité.
La Convention
n° 138 sur l'âge minimum d'admission à l'emploi, adoptée en 1973, fait
partie de ces huit conventions considérées
comme étant fondamentales. Elle vise l'élimination du travail, qui représente
une menace pour la santé et le développement
des enfants, notamment en les privant d'une éducation. Cette convention est
l'une des plus ratifiées, avec 167 ratifications sur un total de
185 États membres.
Le
Canada, à ce jour, fait partie des rares États membres à ne pas l'avoir fait
encore. Pourquoi, M. le Président, dans un pays où le travail des
enfants ne pose pas de problème majeur, n'a-t-on toujours pas ratifié cette
convention? Avec 13 gouvernements sur
le territoire, chacun ayant son régime de travail, le gouvernement canadien
avait fait le choix, en ce qui
concerne les conventions de l'OIT, de ne ratifier que celles qui ne
nécessitaient pas de changement législatif ou réglementaire. À cet égard, il a toujours fait valoir que ce n'est pas
la ratification d'une convention qui importe mais la mise en oeuvre de ses objectifs. Le point de vue
se défend. Il existe en effet toute une série de lois du travail protégeant
les enfants, en plus de la scolarisation
obligatoire. Dans le cas de la convention n° 138, les différentes
législations n'ayant pas d'accès...
d'âge, dis-je, minimum légal d'admission à l'emploi, le gouvernement canadien
s'est donc abstenu de la ratifier jusqu'à présent.
Dans le cadre d'une campagne visant la plus
grande ratification possible des conventions fondamentales, les représentants de l'Organisation internationale du
travail ont néanmoins insisté auprès du gouvernement canadien pour qu'il les ratifie toutes. C'est que les pays
développés ont le devoir d'être exemplaires et de ne pas offrir de prétexte à
d'autres pays où le problème est beaucoup plus manifeste.
Pour les représentants de l'OIT, un pays développé qui ne ratifie pas une convention aussi importante
envoie un mauvais signal au reste des
membres, et ce mauvais signal n'est pas sans conséquence. En effet,
si la situation mondiale s'améliore,
des millions d'enfants de moins de 10 ans travaillent toujours
et, chaque année, des dizaines de milliers d'entre eux meurent au
travail.
De la même façon qu'à une autre époque l'industrialisation a rendu plus visible le
travail des enfants jusqu'alors caché
dans la sphère familiale avec des niveaux d'exploitation variables, la mondialisation nous a révélé leur exploitation. On a tous vu ces images d'enfants qui démantèlent de vieux navires d'où
émanent des substances toxiques, avec tous les risques pour la santé et
pour leur croissance, ou qui travaillent dans des usines de textile ou de
confection. Certains travaillent encore dans
des mines, ce qui est troublant quand on sait que l'OIT est née précisément, il y a déjà
près d'un siècle, de ces images d'enfants poussant des chariots au fond
des mines, le visage noirci par le charbon.
Et je ne parle
pas des pires aspects de ce travail, qu'il s'agisse des enfants soldats, de la
prostitution, de la pornographie, du
tourisme sexuel et du trafic de tout genre. Enfin, si plusieurs pays développés
n'ont pas d'enfants qui travaillent
sur leurs territoires, ils en importent parfois le travail sous la
forme de biens de consommation bon marché.
La question
du travail des enfants est complexe et, j'en conviens, interpelle le Québec. Au-delà de
l'adoption de cette
convention sur le plan de la solidarité internationale, elle est d'abord liée au développement. Il importe, par exemple,
que les parents aient eux-mêmes
accès à un travail décent qui puisse faire vivre leurs familles. Le travail des
enfants est un visage de la pauvreté;
il en est à la fois le résultat et la cause, car, en réduisant les enfants au
statut de bien économique, il
alimente une croissance démographique qui, elle-même, accroît la pauvreté.
C'est
pourquoi, M. le Président, toute stratégie de solidarité internationale sur le
plan économique va dans le sens d'une
diminution du travail des enfants. Par ailleurs, rien n'est définitivement
acquis. Des chocs économiques, mais aussi des catastrophes peuvent être la cause de nets reculs. La pandémie du
VIH-sida en Afrique, en faisant disparaître toute une population dans la force de l'âge, a remis des
milliers d'enfants au travail. C'est pourquoi, M. le Président, toute
initiative de solidarité
internationale sur le plan de la santé publique va encore dans le sens d'une
limitation du travail des enfants. C'est pourquoi toute réponse aux
appels de la solidarité internationale à la suite de catastrophes a comme
bénéfice secondaire et indirect, mais
néanmoins réel, d'empêcher le retour d'anciennes stratégies de survie et de
voir des enfants retourner au travail.
Des conflits aussi peuvent être source de recul,
c'est pourquoi toute promotion des valeurs des droits et de la démocratie va encore à long terme dans le sens
d'une limitation du travail des enfants. C'est ainsi que, même si la
corrélation est indirecte et ne
s'inscrit que dans le long terme, tout transfert d'expertise sur le plan des
institutions comme le fait le gouvernement
du Québec, qu'il s'agisse de pratiques parlementaires ou législatives, de
processus électoraux, peut contribuer à la stabilité et de ce fait
empêcher le retour du travail d'enfants.
D'autre part,
en compromettant leur éducation, le travail des enfants induit un cycle de
pauvreté. On met en péril leur avenir
pour des gains économiques de courte durée. On se souviendra que, dans les
premières sociétés industrialisées, c'est
l'école obligatoire qui a fait disparaître le travail des enfants. C'est
pourquoi, en faisant la promotion de l'enseignement primaire universel,
les objectifs du millénaire pour le développement vont, de manière indirecte,
dans le sens d'une élimination du travail
des enfants. C'est pourquoi aussi, M. le Président, toute action de solidarité
internationale du Québec en faveur de l'éducation va, à long terme, dans
le sens d'une réduction du nombre d'enfants astreints au travail. C'est pourquoi enfin, M. le Président, tout objectif de
solidarité internationale dirigée vers les jeunes a un apport dans
l'élimination du travail des enfants.
La
responsabilité sociale des entreprises est un autre facteur. D'autant plus que,
dans l'histoire, les organisations d'employeurs
et de travailleurs ont été des pionnières. Enfin, se pose aussi la question de
la différence de traitement entre les
filles et les garçons. La croissance et l'amélioration des conditions de
travail pour les adultes eux-mêmes, la baisse de la fécondité, un système d'éducation et une convention comme celle que
nous sommes invités à adopter sont autant de facteurs qui se conjuguent pour faire disparaître le travail des
enfants. Il n'en demeure pas moins que la relation entre la fin du travail des enfants et le développement n'est
pas automatique. Il faut une volonté politique et des mesures cohérentes
sur tous ces fronts, qu'il s'agisse de réduction de la pauvreté, d'éducation ou
de droits de la personne.
• (17 heures) •
Invité à
ratifier la convention, le gouvernement canadien a consulté les gouvernements provinciaux et territoriaux sur l'éventualité de ratifier la convention. Le Bureau
international du travail avait alors conforté les représentants
canadiens sur la possibilité de ratifier la convention sans avoir nécessairement
un âge légal minimum d'admission à l'emploi.
Le Bureau international du travail estime en effet que les mesures existantes au
Canada respectent les dispositions relatives à l'âge minimum général, car le principal objectif
de la convention est de veiller à ce que les enfants ne cessent pas de fréquenter l'école pour aller
travailler à temps plein. Considérant que d'autres mesures de protection
sont en place, comme la fréquentation
scolaire obligatoire, l'OIT ne considère pas que des mesures législatives
précisant un âge minimum général d'admission à l'emploi soit absolument nécessaire.
Cela
étant dit, M. le Président, protégeons-nous vraiment bien nos enfants d'un
travail excessif ou dangereux? Au Québec, jusqu'en 1981, il était pratiquement interdit à
tout employeur d'engager un enfant âgé de moins de 16 ans, cet âge minimum d'accès au marché du travail étant fixé par
l'article 8 de la Loi sur les établissements
industriels et commerciaux. Cette loi
a été remplacée lors de l'entrée en vigueur, en 1980, de la Loi sur la santé et
la sécurité du travail qui créait la Commission
de la santé et de la sécurité du travail. Cette approche d'un âge prédéterminé
et d'application universelle tel que
la convention n° 138 le stipule a été délaissée au profit d'une
approche permettant à la CSST de cibler par règlement certains secteurs en
indiquant pour chacun un âge minimum adapté en fonction de critères de santé et
sécurité. Ainsi, le législateur a
ciblé deux droits : le droit à l'éducation, fréquentation scolaire
obligatoire jusqu'au dernier jour du calendrier
de l'année scolaire au cours de laquelle l'enfant atteint l'âge de 16 ans
ou au terme de laquelle il obtient un diplôme
décerné par le ministère de l'Éducation; le droit de n'être astreint à aucun
travail susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé
ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social.
Ainsi,
la Loi sur les normes du travail interdit depuis 1997, pour les salariés âgés
de moins de 16 ans, tout travail entre
23 heures et 6 heures, sauf dans le cas de la livraison de journaux
ou dans tout autre cas déterminé par le gouvernement. Le fait de forcer ou d'inciter un enfant âgé de
mois de 18 ans à mendier, à faire un travail disproportionné à ses
capacités ou à se produire en
spectacle de façon inacceptable eu égard à son âge constitue, au sens de la Loi
sur la protection de la jeunesse, un motif justifiant un signalement au
directeur de la protection de la jeunesse.
La Loi sur la
formation et la qualification professionnelles de la main-d'oeuvre fixe à
16 ans l'âge minimum d'admission à
l'emploi dans les métiers régis par son règlement d'application, notamment ceux
d'électricien, tuyauteur, mécanicien
d'ascenseur et opérateur de machinerie électrique dans le secteur hors
construction. La Loi sur les relations du travail, la formation professionnelle et la gestion de la main-d'oeuvre
dans l'industrie de la construction et les règlements en découlant fixent à 16 ans l'âge requis
pour être admis à l'apprentissage d'un métier de la construction ou pour
obtenir un certificat de compétence occupation.
La
Loi sur les infractions en matière de boissons alcooliques prévoit qu'un mineur
ne peut être employé, donner un
spectacle ni, sauf quelques exceptions, être même présent dans une pièce ou sur
une terrasse visée par un permis de brasserie,
de taverne ou de bar. D'autres lois exigent également un âge minimum pour
travailler dans certains secteurs, tels
les transports publics, les corps policiers, le courtage immobilier ou les
agences de sécurité. Ces exigences varient généralement entre l'âge de 16 ans et de 18 ans, selon les
secteurs. Une série d'ententes entre l'Union des artistes et les intervenants du domaine artistique réglementent
également le travail des enfants artistes dans le respect de leurs droits
et capacités. Enfin, ajoutons que les
enfants québécois sont couverts, sauf
exception, par les lois du travail, y compris le règlement sur le salaire minimum. Cet ensemble de lois constitue donc le
filet visant la protection de la santé et du développement des enfants au Québec.
La situation est du même ordre dans le reste du Canada, soit l'existence d'une
série de lois protégeant les enfants à
différents égards relatifs au travail, couplées à une scolarisation obligatoire
jusqu'à l'âge de 16 ans.
En
ce qui concerne les conventions internationales relatives à l'enfance,
j'aimerais mentionner que le gouverneur du... le gouvernement, dis-je, du Québec, s'est déjà
déclaré lié à la convention relativement aux droits de l'enfant adoptée en 1989 par l'Assemblée générale des Nations unies. Appuyer la ratification et se
déclarer lié constitueraient des gestes cohérents pour le gouvernement du Québec par rapport à cet engagement
antérieur. Enfin, appuyer la ratification et se déclarer lié auraient valeur d'exemple auprès de nos partenaires des
pays en développement et constitueraient des gestes cohérents avec notre
action de solidarité internationale.
Par
conséquent, je propose donc que cette Assemblée approuve la convention
n° 138 de l'OIT sur l'âge minimum de l'admission à l'emploi. Merci,
M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie. Je cède la parole
maintenant à Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Carole Poirier
Mme
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, il me fait plaisir à
mon tour d'intervenir sur la convention n° 138 concernant l'âge minimum d'admission à l'emploi de
l'Organisation internationale du travail. La convention sur l'âge minimum d'admission à l'emploi de l'Organisation
internationale du travail est une convention que le Canada a signée et
qu'il, par politesse, nous permet d'analyser. Il nous demande l'accord des
provinces puisque c'est une compétence provinciale. C'est
bien la moindre des choses, M. le Président. Bien, pas besoin de vous dire que
je rêve du jour où le Québec sera,
lui aussi, membre de plein droit de ces organisations internationales, qu'il
négociera par lui-même la ratification de ces conventions.
En
attendant, j'apprécie au moins avoir l'occasion de me prononcer sur l'entente
internationale et, oui, sur l'entente, et
je suis convaincue que cela facilitera la vie de bien des gens, mais surtout,
M. le Président, cela vient protéger nos jeunes, nos enfants et aussi ceux des autres pays parce que cette entente-là,
bien qu'aujourd'hui on parle pour nous ici, il faut tenir compte de ce
que ça veut dire pour d'autres pays dans le monde. Et, si on peut mettre fin au
travail des enfants, à leur exploitation, eh bien, je pense que tout le monde
va s'en réjouir. Merci, M. le Président.
Le
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée
d'Hochelaga-Maisonneuve. Mme la députée d'Arthabaska, je vous cède la
parole.
Mme Sylvie Roy
Mme Roy
(Arthabaska) : Il me
fait plaisir à moi aussi, également, au nom de ma formation politique,
la Coalition avenir Québec, de prendre la parole sur cette importante entente, cette importante
convention concernant l'âge minimum des
enfants. On a chez nous des lois qui sont probablement plus coercitives que le
texte de cette convention-là. Je pense à
la Loi sur la protection de la jeunesse, aux lois protégeant la santé et la
sécurité au travail dans les milieux de travail. On a aussi beaucoup d'intervenants qui sont destinés aux enfants, la
fréquentation scolaire obligatoire. Mais il fallait être cohérents, je pense, et signer cette entente-là.
On ne peut pas revendiquer que, dans d'autres pays... ou se désoler de voir
d'autres enfants aussi maltraités, utilisés
dans d'autres pays sans pour autant être cohérents et signer cette entente.
Donc, je n'ai pas besoin de reprendre
tout ce que Mme la ministre a dit et ma collègue d'Hochelaga-Maisonneuve. Je suis d'accord avec elles et je pense
qu'on doit sans délai signer cette entente. Merci.
Le
Vice-Président (M. Ouimet) : Merci à vous, Mme la députée d'Arthabaska, pour cette intervention. M. le ministre
du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, à vous la parole.
M. Sam Hamad
M.
Hamad : Merci,
M. le Président. En tant que ministre
cosignataire, je suis particulièrement fier aujourd'hui
de me joindre à ma collègue
des Relations internationales et de la Francophonie en vue d'une prochaine
approbation par le Québec de la convention n° 138
de l'Organisation internationale du travail. Celle-ci concerne l'âge minimum
d'admission à l'emploi. Depuis sa
création en 1919, l'Organisation internationale du travail, également
connue sous le sigle OIT, a adopté 189 conventions,
203 recommandations et six protocoles sur des questions relatives au travail.
Le 18 juin 1998, la Conférence
internationale du travail adoptait la déclaration relative aux principes et
droits fondamentaux au travail. Par
l'adoption de cette déclaration, l'OIT lançait alors une campagne relative aux
huit conventions dites fondamentales
pour les droits des travailleurs. L'organisme international demandait alors aux
États qui étaient partie prenante à
ces conventions de les ratifier et de les mettre en oeuvre en priorité. Tous
les pays membres de l'organisme international
sont ainsi tenus de respecter les principes de ces conventions, qu'ils les
aient ratifiées ou non. Deux de ces huit
conventions fondamentales se rapportaient à l'élimination du travail des
enfants, ce sont la Convention n° 138 sur l'âge minimum d'admission à l'emploi
et la Convention n° 182 sur les pires formes de travail des enfants.
• (17 h 10) •
La convention n° 138 sur l'âge minimal à
l'emploi, qui est entrée en vigueur le 19 juin 1976, est devenue la convention de l'OIT la plus ratifiée à ce jour,
avec 166 ratifications. Elle vise l'abolition du travail des enfants pour
leur permettre avant tout de
fréquenter l'école. Cette convention n'interdit pas complètement le travail des
enfants mais en encadre divers
aspects par des distinctions en fonction de l'âge : âge minimum général
d'admission à l'emploi fixé à 15 ans, âge de fréquentation scolaire
obligatoire, exception pour les travaux légers où l'âge est fixé à 13 ans.
M. le Président, toutes les provinces et tous les territoires du Canada
ont rendu la scolarité obligatoire jusqu'à au moins
l'âge de 16 ans. Un enfant ne peut donc pas travailler durant les heures
de classe ni interrompre sa scolarité pour intégrer la population active
avant l'âge de 17 ans, ce qui constitue l'objectif principal de la convention n° 138.
Au Québec, jusqu'en
1981, il était pratiquement interdit à tout employeur d'engager un enfant âge
de moins de 16 ans, âge minimum
d'accès au marché du travail tel qu'établi par la Loi sur les établissements
industriels et commerciaux. Cette loi a été abrogée lors de l'entrée en
vigueur de la Loi sur la santé et la sécurité du travail en 1980. L'approche
comportant un âge minimum fixe et d'application universelle a alors été
remplacée par une approche permettant à la Commission
de la santé et la sécurité du travail
d'édicter un âge minimum aux besoins du secteur d'emploi en fonction de la santé et de la sécurité. Aujourd'hui, plusieurs lois sectorielles se complètent en s'appuyant sur
des motifs pertinents à chacune afin
d'assurer le respect des droits fondamentaux de l'enfant, dont notamment
les exigences d'une scolarité de base, et la santé et la sécurité, et le
bon développement de ce dernier.
Au printemps
2011, à la demande du gouvernement
canadien de l'époque, les gouvernements des provinces et des territoires ont examiné l'existence d'obstacles à la
ratification de la convention n° 138 par le Canada. Au Québec, une
étude de conformité a ainsi été menée avec la collaboration du ministère du
Travail, du ministère de l'Éducation, du Loisir
et du Sport et de la Commission de la santé et de la sécurité du travail.
L'étude a conclu que les lois et
règlements actuellement en
vigueur au Québec étaient conformes à
l'esprit de la convention. En ce qui a trait à l'opportunité pour le Québec de donner son assentiment à la ratification
par le Canada de la convention
n° 138, il y a lieu de rappeler qu'historiquement
le Québec a appuyé la ratification d'instruments internationaux relatifs aux
droits fondamentaux du travail.
M. le Président, c'est l'une des principales
raisons pour lesquelles le Québec veut donner officiellement son assentiment à
la ratification de la convention n° 138 par le Canada. Si, après
l'approbation de cette convention par l'Assemblée
nationale, le gouvernement du Québec souhaitait donner son assentiment à sa
ratification par le gouvernement canadien, un décret devra être pris à
cette fin. Une fois le décret pris, le ministre des Relations internationales
et de la Francophonie en informera son homologue fédéral.
Après la
ratification de la convention n° 138 par le gouvernement fédéral, le cas
échéant, la ministre des Relations internationales
et de la Francophonie et le ministre du Travail, de l'Emploi et de la
Solidarité sociale pourront recommander la prise d'un deuxième décret
relatif au consentement du Québec à être lié par la convention.
Je
souhaite donc que mes collègues de l'Assemblée nationale donnent leur
consentement à cette importante convention internationale visant l'âge minimum
d'admission à l'emploi. Merci, M. le Président, de votre écoute.
Le
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, M. le
ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, pour votre
intervention.
Mise aux voix
S'il
n'y a pas d'autre intervenant, nous allons maintenant procéder à la mise aux
voix de la motion de Mme la ministre des Relations internationales et de
la Francophonie, proposant :
«Que, conformément à
l'article 22.3 de la Loi sur le ministère des Relations internationales,
l'Assemblée nationale approuve la convention n° 138 sur l'âge minimum à
l'emploi de l'Organisation internationale du travail.»
Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Adopté. En conséquence, cet engagement international
est approuvé par l'Assemblée nationale.
Pour la suite des
choses, M. le leader adjoint du gouvernement.
M.
Sklavounos :
Oui, M. le Président, l'article 38, s'il vous plaît.
Motion proposant que l'Assemblée
approuve l'Entente en
matière de sécurité sociale entre les gouvernements
du Québec et de la Roumanie
Le
Vice-Président (M. Ouimet) : À l'article 38 du feuilleton,
l'Assemblée procédera maintenant au débat sur la motion faisant suite au dépôt de l'engagement international par Mme
la ministre des Relations internationales et de la Francophonie le 25
mars 2015. Cette motion se lit comme suit :
«Que,
conformément à l'article 22.3 de la Loi sur le ministère des Relations
internationales, l'Assemblée nationale approuve
l'Entente en matière de sécurité sociale entre le gouvernement du Québec et le
gouvernement de la Roumanie,
signée à Québec le 19 novembre 2013.»
Je vous rappelle que
cette motion donne lieu à un débat restreint de deux heures. La répartition des
temps de parole dans le cadre de ce débat
s'effectuera comme suit : 57 minutes sont allouées au groupe
parlementaire formant le gouvernement;
environ 33 minutes sont allouées au groupe parlementaire formant
l'opposition officielle; environ 23 minutes sont allouées au deuxième groupe d'opposition; six minutes sont allouées
aux députés indépendants. Dans ce cadre, le temps non utilisé par les députés indépendants ou par l'un des groupes
parlementaires sera redistribué entre les groupes parlementaires selon les proportions établies
précédemment. Enfin, les interventions ne seront soumises à aucune limite
de temps.
Mme la ministre des
Relations internationales et de la Francophonie, je vous cède la parole.
Mme Christine St-Pierre
Mme
St-Pierre : Merci, M. le Président. C'est avec plaisir que
je propose aujourd'hui à cette Assemblée l'approbation de l'Entente en
matière de sécurité sociale entre le gouvernement du Québec et le gouvernement
de la Roumanie, signée le 19 novembre 2013. Cette entente a d'ailleurs été
signée dans les murs mêmes de ce Parlement. L'entente
témoigne de l'importance que le Québec attache à ses liens avec la Roumanie, un
pays membre de l'Organisation internationale
de la Francophonie. Le Québec a d'ailleurs appuyé la candidature de la Roumanie
à la Francophonie lors du Sommet de Maurice en 1993.
La négociation et la
conclusion d'une telle entente témoignent également de la volonté des
gouvernements québécois et roumain d'étendre
la coordination de leurs législations en matière de sécurité sociale afin
d'assurer la conservation des acquis
de leurs citoyens et ainsi de favoriser une mobilité accrue des travailleurs.
En effet, l'accroissement des échanges internationaux
et de toute nature suppose une mobilité accrue des travailleurs et rend encore
plus actuelle la nécessité pour les
États de conclure des ententes afin d'assurer à leurs ressortissants les
bénéfices de la coordination des législations en matière de sécurité
sociale.
Permettez-moi
rapidement d'énumérer les objectifs derrière une telle coordination. D'abord,
ces ententes visent à l'égalité de
traitement, de sorte que le migrant a les mêmes droits et les mêmes obligations
que les nationaux au regard de la
sécurité sociale. Ces ententes assujettissent également le migrant à une seule
loi de sécurité sociale et permettent le
maintien des droits en cours d'acquisition. Finalement, le service des
prestations auquel a droit un migrant, par exemple en matière de santé
ou advenant une lésion professionnelle, lui est assuré.
Spécifiquement, cette entente apportera des
bénéfices tangibles aux citoyens québécois et roumains. En effet, elle a
la particularité de couvrir le champ élargi de la sécurité sociale. Elle
garantira ainsi aux personnes qui résident au Québec
l'obtention des pensions de retraite, d'invalidité ou de survivant payables par
la Roumanie si elles ont déjà signé... résidé, dis-je, et travaillé, et
ainsi contribué au régime roumain de retraite. Il en est de même pour les
conjoints et les orphelins qui pourront
obtenir des pensions de survivant dans les cas où la personne décédée a
travaillé en Roumanie.
De plus, les périodes de
cotisation au Régime de rentes du Québec et aux régimes de retraite roumains
seront additionnées pour permettre aux
personnes qui n'ont pas cotisé suffisamment à l'un ou l'autre des régimes de
devenir admissibles à une prestation.
Voilà qui est un avantage que n'importe quel travailleur prendra en
considération lorsqu'il décidera de s'installer et de travailler sur le
territoire de l'autre partie. En ce sens, les ententes de sécurité sociale favorisent la mobilité des personnes et répondent
à une de nos priorités gouvernementales, soit l'inclusion et la rétention
de tous au marché du travail.
L'impact
économique des ententes de sécurité sociale est important, tant pour les
personnes qui en bénéficient directement
en recevant des rentes que pour des entreprises québécoises qui détachent des
travailleurs à l'étranger. La majorité
des personnes qui résident au Québec et qui présentent des demandes de pension
étrangère a travaillé dans les pays
qui ont conclu une entente en la matière avec le Québec. Il s'agit, en fait, de
personnes qui ont immigré au Québec et qui contribuent à la vitalité de
notre économie.
• (17 h 20) •
En outre,
notons que les entreprises qui oeuvrent au Québec et en Roumanie pourront se
prévaloir des dispositions de
l'entente concernant l'assujettissement au régime de sécurité sociale. En
effet, en ce qui concerne l'assujettissement des entreprises québécoises et de leurs travailleurs détachés en
Roumanie, lorsque l'entente sera en vigueur, l'employeur et le travailleur demeureront soumis au régime
québécois et seront exemptés de cotiser au régime roumain de sécurité sociale visé à l'entente. Il n'y aurait donc pas
de double cotisation pour ceux-ci. Les entreprises québécoises économiseront alors des sommes importantes,
les rendant ainsi plus concurrentielles sur les marchés internationaux.
L'entente de sécurité sociale avec la Roumanie
facilitera l'aide accordée par les institutions compétentes aux travailleurs qui, malheureusement, pourraient être
victimes d'un accident de travail ou d'une maladie professionnelle. Elle accordera aux citoyens québécois et roumains
déplaçant leur résidence ou séjournant pour le travail ou les études sur le
territoire de l'autre partie des avantages
relatifs à l'assurance maladie. En effet, l'entente couvre, à certaines
conditions, le droit aux prestations
de santé aux étudiants chercheurs et stagiaires, de même qu'à leur conjoint et
à leurs enfants à charge qui les accompagnent.
Afin de préciser les modalités d'application de
l'entente, les parties ont convenu de deux autres instruments complémentaires. Notons que ces instruments font
partie intégrante de l'entente. Le Québec et la Roumanie ont en premier lieu conclu l'arrangement administratif pour
l'application de l'entente. Dans cet arrangement administratif, on y retrouve
notamment des dispositions relatives à la
législation applicable, comme l'émission de certificats d'assujettissement, des
dispositions relatives aux prestations de
maladie, d'hospitalisation, de retraite, d'invalidité, de survivant ou encore
des prestations en cas de décès ou de
lésions professionnelles. Un protocole à l'arrangement administratif pour
l'application de l'entente a été conclu. Le protocole prévoit d'emblée
que le Québec et la Roumanie renoncent au remboursement réciproque des
prestations de santé entre les autorités qui administrent ces programmes vu
qu'il a été estimé que ceci n'engendrerait pas de coûts élevés ni d'une part ni
de l'autre.
M. le Président, le Québec a le privilège
d'avoir sur son territoire une communauté roumaine importante. Le recensement de 2006 indique que cette communauté
comptait 40 320 membres, incluant à la fois ceux nés à l'étranger
et au Québec, de même que les résidents non
permanents. Installée principalement dans la région métropolitaine, cette
immigration relativement jeune et bien intégrée dans la population québécoise
parle déjà le français à son arrivée. Pour
la période allant de 2008 à 2012, la Roumanie arrivait au 14e rang des
pays de naissance des immigrants admis au Québec. De plus, entre 2003 et 2012, près de 17 000 Roumains ont
immigré au Québec. De ce nombre, un peu plus de 14 000 d'entre eux ont été admis dans la catégorie de l'immigration
économique. Ces chiffres démontrent alors l'envergure que la mise en
application concrète de l'entente pourra avoir.
Il m'importe
aussi de souligner la persévérance des membres de la communauté roumaine,
notamment celle de Québec, dont le
président de l'époque avait fait parvenir au ministère des Relations
internationales, en 2007, une pétition de
872 signatures demandant au gouvernement du Québec et de la Roumanie de
conclure cette entente le plus rapidement possible. En tant que ministre des Relations internationales et de la
Francophonie, j'aimerais en outre rappeler que des missions commerciales ont été organisées en
Roumanie dans les secteurs de l'environnement, des télécommunications et des travaux d'infrastructures au début des
années 2000, et, plus récemment, en 2013, dans le secteur des technologies
de l'information et de la communication. De
bonnes perspectives pour les entreprises québécoises ont été identifiées dans
ce secteur, notamment dans le
sous-secteur des logiciels, des services de la transmission de données et dans
la modernisation des systèmes informatiques gouvernementaux.
Concernant le
secteur de l'environnement plus précisément, les dépenses pour la protection de
l'environnement en Roumanie
s'élevaient en 2009 à 3,8 milliards de dollars. Le secteur de
l'environnement représente d'ailleurs 2,3 % du PIB de ce pays. Pays membre de l'Union européenne, la Roumanie a
développé une stratégie environnementale à long terme. Il existe une vaste gamme de débouchés, particulièrement pour les
PME québécoises qui offrent des services, des technologies et de l'équipement dans les domaines de la gestion des
déchets, des eaux potables et usées ainsi que dans le domaine de l'efficacité énergétique. Autant de
domaines que de possibilités d'application de l'entente pour ces entreprises
dans le cas où elles détacheraient un travailleur québécois en Roumanie.
Les
exportations du Québec vers la Roumanie en 2013 étaient de l'ordre de
28 millions de dollars. L'exportation de véhicules aériens représentait presque la totalité des exportations
du Québec, soit 19,6 millions de dollars. Le Québec a importé, toujours en 2013, pour environ
53 millions de dollars de marchandises en provenance de Roumanie,
principalement des chaussures, des pneumatiques en caoutchouc et des
costumes complets pour homme.
Au plan
institutionnel, mentionnons que plusieurs universités roumaines font partie du
réseau de l'Association internationale
des études québécoises et que des universités québécoises telles que l'UQAM,
l'Université Laval, l'Université de Montréal ont signé des ententes de
collaboration avec des universités en Roumanie.
Les
relations entre le Québec et la Roumanie s'inscrivent également dans un
contexte multilatéral. La Roumanie est
membre de l'Organisation internationale de la Francophonie, et sa capitale,
Bucarest, a accueilli le 11e Sommet de la Francophonie en 2006, auquel le gouvernement du Québec a participé,
comme vous le savez, en tant que gouvernement membre de plein droit.
Rappelons que ce sommet a été consacré à l'éducation et à l'utilisation des
technologies de l'information dans ce domaine.
La Roumanie
est le plus important vecteur de promotion de langue française en Europe
centrale et orientale. Il y a, en Roumanie, 30 universités membres de
l'Agence universitaire de la Francophonie, un opérateur de l'Organisation internationale de la Francophonie. L'enseignement
du français en Roumanie est par ailleurs une tradition vieille de presque
200 ans. La langue et la culture françaises
ont été l'élément formateur des élites roumaines à partir du XVIIIe siècle et
tout au long du XIXe siècle, accompagnant tout le processus d'adaptation de la
Roumanie à la modernité occidentale.
Finalement,
la Roumanie a été parmi les premiers pays à ratifier la Convention sur la
protection et la promotion de la
diversité des expressions culturelles de l'UNESCO et l'un des plus actifs
défenseurs de la sauvegarde de la richesse culturelle. Rappelons-nous
que le gouvernement du Québec a été l'un des premiers gouvernements à se
déclarer officiellement en faveur d'un
instrument international qui reconnaîtrait le droit des États à soutenir la
culture. Il a ainsi mené une campagne
au début des années 2000 pour faire adopter ce principe au sein de diverses
instances internationales, dont le Réseau international sur la politique
culturelle, l'Union européenne et l'Organisation internationale de la Francophonie. C'est d'ailleurs le 10 novembre 2005
que l'Assemblée nationale du Québec a approuvé à l'unanimité, dans un débat similaire à celui que nous tenons
actuellement, le texte de la convention. Le Québec devenait ainsi le premier
État au monde à soutenir cet instrument normatif.
M. le
Président, permettez-moi de vous rappeler que le gouvernement du Québec a
conclu sa première entente internationale
en matière de sécurité sociale avec le gouvernement de l'Italie en janvier
1979. À ce jour, le Québec a de telles
ententes bilatérales en vigueur avec 32 pays. 10 de ces ententes incluent des
dispositions relatives aux accidents de
travail et aux maladies professionnelles, et neuf d'entre elles incluent
également des dispositions relatives à la santé. Lorsque l'entente avec la Roumanie sera en vigueur, cette dernière fera
passer de 10 à 11 le nombre d'ententes incluant les accidents de travail et les maladies professionnelles et de neuf à
10 celles qui incluent également des dispositions en matière de santé.
Les ententes
de sécurité sociale, qui relèvent de la compétence constitutionnelle du Québec,
sont des engagements internationaux
importants au sens de la loi et sur... au sens de la Loi, dis-je, sur le
ministère des Relations internationales puisqu'elles requièrent, pour leur mise en oeuvre au Québec, la prise
d'un règlement. Conformément à l'article 215 de la Loi sur le
régime de rentes du Québec, le gouvernement peut, par règlement, déterminer la
manière selon laquelle cette loi doit s'appliquer à tout cas visé par l'entente
et y adapter les dispositions de ladite loi. L'entrée en vigueur de cette entente nécessite donc, dans un premier
temps, qu'elle soit approuvée par l'Assemblée nationale — objet du débat que nous tenons
aujourd'hui — puis
qu'elle soit ratifiée par le gouvernement du Québec, qui par la suite édicte le
règlement de sa mise en oeuvre.
Spécifiquement pour l'entente dont il est question en ce moment, et
conformément à son article 48,
celle-ci entrera en vigueur à la date de la première... de la dernière, dis-je,
des deux notifications entre les parties confirmant l'accomplissement de la procédure interne requise pour
l'entrée en vigueur de l'entente. Je suis confiante que cette entente
puisse produire des effets rapidement à la suite de l'approbation de celle-ci
par cette Assemblée.
L'entente a
été négociée par le gouvernement du Québec par l'entremise du Comité de
négociation des ententes de sécurité sociale. Le Comité de négociation
des ententes de sécurité sociale regroupe des représentants de tous les
ministères et organismes concernés par ces ententes, soit, en plus du ministère
des Relations internationales et de la Francophonie qui doit, conformément aux
exigences de sa loi, veiller à la négociation d'ententes internationales, le ministère de la Santé et des Services sociaux, le
ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité, la Régie des rentes
du Québec, la Régie de l'assurance maladie
du Québec, la Commission de la santé et de la sécurité au travail ainsi que
l'Agence du revenu du Québec. Plusieurs
rondes de négociations tant au Québec qu'en Roumanie ont été nécessaires pour
en arriver à cette entente, négociée à la
satisfaction de nos deux gouvernements. Je souligne par ailleurs l'excellent
travail des équipes de négociation
des deux parties, qui se sont rencontrées à trois reprises, soit en septembre
2010 et en novembre 2011 à Bucarest et à Québec en juin 2011.
M. le
Président, je propose donc que l'Assemblée nationale approuve l'Entente en
matière de sécurité sociale entre le
gouvernement du Québec et le gouvernement de la Roumanie que je viens de
présenter et que j'ai déposée devant cette Assemblée le 25 mars
dernier. Merci, M. le Président.
• (17 h 30) •
Le
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la
ministre des Relations internationales et de la Francophonie. Je cède
maintenant la parole à Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Mme Carole Poirier
Mme
Poirier : Merci, M. le Président. Alors, on ne peut que se
réjouir de cette nouvelle entente internationale, qui est en fait une
continuité de ce qui avait lieu aussi avant 2005.
L'Entente en
matière de sécurité sociale entre le gouvernement du Québec et le gouvernement
de la Roumanie a été signée par mon
collègue et ancien ministre des Relations internationales, le député de
Rosemont, le 19 novembre à Québec avec l'ambassadeur de la Roumanie
au Canada, Mme Maria Ligor.
Comme mon
collègue à l'époque, je me réjouis de cette entente qui permettra aux
travailleurs et aux entreprises québécoises
et roumaines de profiter d'une coordination des législations des deux
territoires en matière de rentes de retraite, d'invalidité et de survivant, de santé, d'accidents du travail et de
maladies professionnelles. La négociation et la conclusion de cette entente
témoignent de la volonté de nos deux gouvernements de coopérer dans le domaine
de la sécurité sociale et d'assurer la conservation des acquis afin de
favoriser une mobilité accrue des personnes et des travailleurs.
L'accroissement des
échanges internationaux de toute nature fait en sorte qu'il y a une mobilité
accrue des travailleurs, ce qui rend donc encore plus actuelle la nécessité pour
les États de conclure des ententes pour assurer à leurs
ressortissants les bénéfices de la coordination des législations en matière de
sécurité sociale.
Rappelons
que le Québec a conclu sa première entente en matière de sécurité sociale
avec l'Italie en 1979. Depuis ce
jour, nous avons conclu 31 autres ententes. L'impact économique
des ententes de sécurité sociale est important tant pour
les personnes qui en bénéficient directement en recevant des rentes que pour
les entreprises québécoises qui détachent des travailleurs à
l'étranger.
Alors,
je suis donc heureuse que nos relations avec le gouvernement roumain se
poursuivent et je suis convaincue que
cela facilitera la vie de bien des gens et que ça ramène les relations
internationales, qui paraissent souvent très abstraites, bien ici dans cette Assemblée aussi, à des mesures concrètes
qui touchent directement les gens, et ça leur facilite la vie. Alors,
bravo à cette belle entente!
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée d'Hochelaga-Maisonneuve.
Je cède maintenant la parole à Mme la députée d'Arthabaska.
Mme Sylvie Roy
Mme
Roy (Arthabaska) :
Merci, M. le Président. À l'heure où on dit de la terre qu'elle est un village
global, la mobilité des personnes est
de plus en plus accrue. Donc, pour les hommes, les femmes, les étudiants, les chercheurs,
les stagiaires et leurs enfants, le cas
échéant, qui viennent ici étudier, ou travailler, ou accompagner un conjoint,
il est nécessaire que nous uniformisions nos pratiques en matière de sécurité sociale. Et je crois que c'est aussi bon pour les personnes
qui viennent ici que pour nos entreprises
qui envoient des Québécois en Roumanie. Donc, je n'ai pas à reprendre tout
ce qu'a dit Mme la ministre ou ma collègue, mais je suis d'accord également,
de mon côté, au nom de la Coalition
avenir Québec, d'approuver
cette entente. Merci.
Mise aux voix
Le
Vice-Président (M. Ouimet) : Alors, merci à vous, Mme la députée d'Arthabaska. Y a-t-il
d'autres intervenants? S'il n'y a pas d'autre intervenant, nous allons maintenant
procéder à la mise aux voix de la motion de Mme la ministre des Relations internationales et de la
Francophonie proposant :
«Que,
conformément à l'article 22.3 de la Loi sur le ministère des Relations
internationales, l'Assemblée nationale approuve
l'Entente en matière de sécurité sociale entre le gouvernement du Québec et le
gouvernement de la Roumanie, signée à Québec le 19 novembre 2013.»
Cette motion est-elle
adoptée?
Des voix :
Adopté.
Le Vice-Président (M. Ouimet) : Adopté. En conséquence, cet engagement international est approuvé par l'Assemblée nationale.
M. le leader adjoint
du gouvernement, pour la suite des choses.
M.
Sklavounos : Oui, M. le Président, je vais vous demander de suspendre jusqu'à 19 h 30 pour
le reste de la législation.
Le Vice-Président
(M. Ouimet) : Très bien. Alors, y a-t-il consentement pour
suspendre les travaux jusqu'à 19 h 30? Consentement. Les travaux de l'Assemblée
sont suspendus jusqu'à 19 h 30.
(Suspension de la séance à
17 h 35)
(Reprise à 19 h 36)
La
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, bonsoir. Vous pouvez prendre place, et nous allons poursuivre
nos travaux. Et, sans plus tarder, pour
connaître quelle sera la nature de ces travaux, je vais céder la parole à Mme la leader adjointe du gouvernement.
Mme Vien :
Bonsoir, Mme la Présidente. Je vous prierais d'appeler l'article n° 1,
s'il vous plaît.
Projet de loi n° 13
Adoption du principe
La
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, à l'article 1 du
feuilleton, M. le ministre des Finances propose l'adoption du principe du projet de loi n° 13, Loi donnant
suite au discours sur le budget du 4 juin 2014 et à certaines autres
mesures fiscales . Et je crois que M. le ministre des Finances est prêt, déjà,
à intervenir, alors à vous la parole.
M. Carlos J Leitão
M. Leitão : Merci, Mme la
Présidente. Encore une fois, mes excuses du retard, mais me voilà.
Alors donc,
le projet de loi n° 13 donne suite principalement à des mesures annoncées
dans le discours du budget du
4 juin 2014 et dans des bulletins d'information publiés aussi en
2014. Il prévoit également la modification de diverses lois afin de
donner suite à des mesures annoncées dans le discours sur le budget du
20 novembre 2012 et dans des bulletins
d'information publiés en 2012 et 2013. Aussi, l'honorable lieutenant-gouverneur
a pris connaissance de ce projet de loi et il en recommande l'étude à
l'Assemblée.
Donc, pour
donner suite aux mesures fiscales annoncées dans le discours sur le budget du
4 juin 2014, ce projet de
loi prévoit modifier la Loi concernant l'impôt sur le tabac afin d'augmenter
les taux de la taxe spécifique sur les produits du tabac et la Loi sur la taxe de vente du Québec afin d'uniformiser les
taux de la taxe spécifique sur les boissons alcooliques.
Ce projet de
loi, Mme la Présidente, modifie la Loi sur les impôts afin d'y modifier ou d'y
introduire plusieurs mesures fiscales propres au Québec. Ces mesures
sont regroupées en différents sujets, en fait sept sujets, notamment, premièrement, la bonification du crédit d'impôt
pour les travailleurs d'expérience; deuxièmement, l'instauration d'un crédit d'impôt pour les activités des aînés;
troisièmement, la mise en place temporaire d'un crédit d'impôt pour la
rénovation résidentielle;
quatrièmement, la réduction additionnelle pour les frais de transport des PME
manufacturières éloignées; cinquièmement,
la mise en place de nouveaux incitatifs fiscaux visant à favoriser l'industrie
maritime; sixièmement, la réduction
du taux d'imposition pour les PME manufacturières; et, septièmement,
l'ajustement de la date... de l'aide fiscale destinée aux entreprises.
Ce projet de
loi prévoit également la modification de diverses lois afin de donner suite à
des mesures annoncées par mon collègue
le député de Rousseau dans le discours sur le budget du
20 novembre 2012 et dans des bulletins d'information publiés en 2012 et en 2013. Ainsi, il prévoit modifier la
Loi sur l'impôt minier en instaurant un nouveau mode de calcul de cet impôt qui prévoit notamment la mise en place d'un
impôt minier minimum dont l'assiette est basée sur la valeur de la production à la tête du puits et le remplacement du
taux unique d'imposition de 16 % servant à déterminer l'impôt minier sur le profit par des taux
d'imposition progressifs allant de 16 % à 28 % basés sur la marge
bénéficiaire de l'exploitant.
• (19 h 40) •
Toujours pour
donner suite aux mesures mises en place par mon prédécesseur, il modifie la Loi
sur les impôts à plusieurs égards.
Ces modifications concernent notamment six sujets : premièrement, l'ajout
d'un palier d'imposition pour les
particuliers à hauts revenus; deuxièmement, la réduction du taux de crédit
d'impôt pour les frais de scolarité et d'examen; troisièmement, l'instauration d'un crédit d'impôt pour les activités des
jeunes; quatrièmement, la mise en place temporaire d'un crédit d'impôt pour la rénovation écoresponsable; cinquièmement, la mise en place des mesures pour encourager la
philanthropie culturelle; et, sixièmement, plusieurs mesures relatives aux crédits
d'impôt pour les entreprises.
Mme la Présidente, ce projet de loi modifie également la Loi sur la Régie de l'assurance maladie du
Québec afin de prévoir la modulation de la contribution santé en
fonction du revenu.
En outre, Mme la Présidente, ce projet de loi modifie la Loi sur les impôts et la Loi sur la
taxe de vente du Québec afin d'y introduire des mesures d'harmonisation
à la législation fédérale.
Voici les
principales modifications législatives
proposées par ce projet de loi. Je n'irai pas plus loin, à ce stade, dans l'énumération détaillée des autres mesures
contenues dans le projet de loi n° 13, puisque ces notes explicatives en font état et que nous aurons l'occasion de
l'examiner plus en détail en commission parlementaire. J'invite donc, Mme la
Présidente, les membres de cette Assemblée à adopter le principe du projet de
loi n° 13. Merci.
La
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, je vous remercie, M. le
ministre des Finances. Et maintenant je suis prête à céder la parole à
M. le député de Rousseau.
M. Nicolas Marceau
M. Marceau :
Merci, Mme la Présidente. Ça valait la peine d'attendre! Alors, écoutez, Mme la
Présidente, le projet de loi dont
nous discutons, le projet de loi n° 13, est un projet de loi de
659 pages, qui contient 793 articles. Alors, il va de soi qu'on ne va pas s'attarder aux détails
de ce qu'il contient. Je voudrais simplement dire qu'essentiellement il ne
reprend pas l'ensemble, mais une bonne
partie des mesures et puis des dispositions qui étaient contenues dans trois
projets de loi que j'avais moi-même
déposés lors de la 40e législature, c'est-à-dire les projets de
loi n° 34, projet de loi n° 55 et projet de loi
n° 59, projets de loi qui sont morts au feuilleton à la suite des
élections qui ont été tenues l'an dernier.
Alors, les
dispositions qui étaient contenues dans ces projets de loi sont contenues dans
ce projet de loi n° 13 que nous
sommes à étudier présentement. Il y a des choses importantes dans ces... que
j'avais déposés. Je vais quand même... je
vais me permettre de rappeler un certain nombre d'éléments. Les modifications à
la Loi sur l'impôt minier qui, vous le savez,
ont été présentées par nous, par le gouvernement du Parti québécois auquel
j'appartenais, à la suite de ce qu'on pourrait
appeler un long débat, un long débat qui a eu lieu au Québec, et puis qui s'est
conclu, à la suite d'une consultation, par
ces modifications à la loi, puis qui, entre autres, font en sorte que les taux
d'imposition sur l'impôt minier sont désormais progressifs, et ils peuvent passer de 16 % à 28 %, et je pense
que c'est une amélioration par rapport à ce que nous avions, alors,
évidemment, je suis favorable à ces dispositions, Mme la Présidente, vous n'en
serez pas surprise.
Il y a aussi des
dispositions que nous avions introduites dans le budget novembre 2012,
entre autres le fait de déplacer le fardeau
fiscal des contribuables de la classe moyenne, de demander, en fait, à nos
contribuables les plus fortunés d'en
assumer une plus grande part. Vous vous rappellerez qu'à l'époque on avait donc
fait deux choses : on avait mis en place un nouveau palier d'imposition pour les gens disposant d'un revenu
supérieur à 100 000 $, et par ailleurs on avait réduit la
contribution santé selon le revenu. Et puis on avait fait en sorte qu'entre
autres, de mémoire, 1 million de Québécois
n'avait plus à payer la contribution santé puis que 2 millions de
Québécois voyaient leur contribution santé passer de 200 $ à
100 $. Et ça avait donc apporté puis ajouté de la progressivité dans notre
système fiscal.
Il y a aussi
d'autres dispositions dans le projet de loi n° 13, entre autres celles
concernant la philanthropie culturelle, que je veux rappeler ici, qui sont des dispositions qui, je pense, sont
importantes, de même que celles concernant le congé fiscal pour les grands projets d'investissement,
lequel a été bonifié, amélioré par le ministre des Finances récemment. Je
crois que c'était en février, je pense. Quoi
qu'il en soit, donc, Mme la Présidente, sur ces dispositions-là, évidemment
on n'aura pas de très grandes discussions, le ministre et moi, en commission
parlementaire.
Par ailleurs,
je me dois de dire que le projet de loi
contient aussi un ensemble de dispositions qui sont l'incarnation, dans nos lois fiscales, des choix qui ont été faits
par le gouvernement en juin dernier et puis au moment de la mise à jour de décembre dernier. Je vais me permettre de dire
que nous avons eu des débats déjà là-dessus, et puis je ne vais pas les refaire au complet aujourd'hui, simplement
rappeler que là-dedans il y a quand
même une disposition qui, pour moi, posait un problème important, c'était celle de réduire l'aide fiscale aux
entreprises de 20 %. Je veux simplement redire ici que ça a des impacts sur nos entreprises. On se
rappellera que, jeudi dernier, Bombardier, qui est un grand utilisateur du
crédit d'impôt à la recherche et au
développement, a dû procéder à des mises à pied, 1 000 mises à pied,
c'est quand même un geste fort important et fort grave.
Évidemment,
tout ne découle pas du crédit d'impôt, mais, soyons bien clairs, le crédit
d'impôt, le fait qu'il ait été réduit
de 20 %, ça a nuit. Et, pour avoir parlé à des gens de la grappe
aéronautique de différentes entreprises, cela m'a été dit de façon très claire, ces crédits d'impôt,
ce sont, d'une certaine manière, des aides qui permettent à nos entreprises
de passer à travers les moments plus difficiles où le carnet de
commandes est dégarni. Et j'aimerais quand
même rappeler au ministre, là,
que, cette mesure-là, il est encore temps de la corriger.
Alors, comme
il y a dans le projet de loi des dispositions qui découlent du budget de
juin 2014 et puis de la mise à jour
de décembre, bien, évidemment j'aurai de très bonnes questions à poser au ministre
lors de l'étude détaillée. Alors, voilà, Mme la Présidente, c'est ce que
j'avais à vous dire aujourd'hui.
La
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Alors, merci beaucoup, M. le
député de Rousseau.
Et, toujours dans le cadre du débat sur l'adoption de principe du projet
de loi n° 13, je vais céder la parole à M. le député de Granby.
M. François Bonnardel
M.
Bonnardel : Merci,
Mme la Présidente. Mes collègues aux
finances sont de peu de mots pour un mammouth fiscal aussi important. Et j'ai l'intention de prendre la prochaine
heure, Mme la Présidente, pour vous... Non, c'est faux, Mme la Présidente, je ne prendrai pas la prochaine heure, mais, oui, un mammouth fiscal
qui, oui, ma foi... Vous vous souvenez
du projet de loi n° 38, Mme
la Présidente, quand on a regardé ça
la première fois, il y avait de quoi faire peur. Quand on regarde ce projet de loi aussi important... Mais il faut bien
comprendre, pour ceux qui nous écoutent, que ce sont des mesures fiscales qui ont déjà été adoptées,
même, lors du dépôt du budget du ministre... anciennement du ministre des Finances, le collègue de Rousseau, et celui des
Finances aujourd'hui, le 4 juin dernier.
On a à peu près,
oui, comme mon collègue l'a mentionné, 795 articles mais à peu près
22... 25 à 26 sujets différents qu'on
aura à discuter lors de l'étude détaillée de cette loi, spécifiquement, Mme la Présidente, je ne vais pas vous passer au travers de tous ces sujets mais
énumérer au ministre certainement quelques points qui seront importants pour
nous.
Les incitatifs fiscaux favorisant l'industrie maritime.
C'est indéniable que le plan de relance économique du gouvernement libéral est axé énormément... en tout cas, un des piliers, c'est sur sa
stratégie maritime. On se souvient des incitatifs
fiscaux qui avaient été mis en place, là, lors du budget du
4 juin 2014. Ça n'a pas porté fruit. Donc, on questionnera certainement
le ministre quand même là-dessus.
Il y a nécessairement
la restructuration de la contribution santé. On se souvient de la promesse
libérale, qui était de moduler à
l'inflation... ou augmenter à l'inflation, là, la contribution santé, lors de
la dernière campagne électorale. Bien là, ce qu'on voit aujourd'hui,
c'est une contribution santé qui est modulée selon les revenus des familles.
Il y a des
congés fiscaux aussi pour les grands projets d'investissement, une mesure qui
avait été annoncée aussi par le
gouvernement, à l'époque, du Parti
québécois, qui, encore une fois, n'a
pas porté fruit, que le gouvernement, dans son dernier budget, a ramenée, mais un peu moins, si je ne me trompe pas,
c'est à 200 millions au lieu de 300 millions de dollars.
• (19 h 50) •
Loi sur l'impôt minier. Il faut quand même en
parler un peu pour ramener ce sujet, à savoir cette incertitude qui avait été créée dans les dernières années.
Bon, on l'a quand même mis un peu sous le tapis en adoptant cette loi
avec le Parti québécois et nous-mêmes dans les deux dernières années, mais c'est quand même
un sujet qui est extrêmement important quand on regarde les conditions
économiques que nous vivons aujourd'hui, les investissements... on n'a qu'à penser à Cliffs Natural Resources, sur la Côte-Nord,
la minière du lac Bloom, là, qui est à vendre. Est-ce que le gouvernement
va faire une offre pour une partie de ce site?
Alors, ce sera des questions intéressantes, mais,
au final, vous comprendrez que, oui, il y a certaines mesures là-dedans
qui méritent d'être portées à l'attention des gens, à savoir qu'on ne peut pas...
On n'est pas contre toutes ces mesures.
Il y en a certaines petites, de ces mesurettes, qui ont été
appliquées immédiatement et qui étaient intéressantes pour les gens maintenant,
exemple le crédit d'impôt pour les activités des aînés. Mais, au-delà de tout ça, il faut
regarder ça dans un ensemble. Alors,
c'est pour ça que vous comprendrez bien, Mme la Présidente, que ce soit
pour le budget du Parti
québécois l'année... voilà déjà
presque deux ans, que celui du ministre
des Finances l'année passée, bien,
qu'à la base même nous étions contre
ce budget. Mais, bon, nous travaillerons de façon
constructive pour faire avancer ce mammouth fiscal dans les prochaines
semaines. Alors, merci, Mme la Présidente.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Merci beaucoup, M. le député de Granby.
Mise aux voix
Alors, s'il n'y a
pas d'autre intervention, est-ce que le principe du projet de loi n° 13, Loi donnant suite au discours sur le budget
du 4 juin 2014 et à certaines autres mesures fiscales, est-il adopté?
Des voix : Adopté.
La
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors... Sur division. Et Mme la leader adjointe du gouvernement.
Renvoi à la Commission
des finances publiques
Mme Vien : Alors, merci,
Mme la Présidente. Conformément à l'article 243 du règlement, je fais motion afin que ce projet de loi
soit déféré à la Commission des finances publiques pour étude détaillée.
Mise aux voix
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, cette motion est-elle adoptée?
Des voix : Adopté.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Adopté. Alors, Mme la leader adjointe du gouvernement.
Ajournement
Mme Vien : Alors, si
vous me permettez, Mme la Présidente, oui, je fais motion pour ajourner nos travaux au mercredi
20 mai, à 9 h 45.
La Vice-Présidente (Mme Gaudreault) :
Alors, est-ce que cette motion est adoptée?
Des voix : Adopté.
La
Vice-Présidente (Mme Gaudreault) : Adopté. Alors, en conséquence, nous ajournons nos
travaux à demain, mercredi 20 mai, à 9 h 45. Bonne soirée
à tous.
(Fin de la séance à 19 h 52)