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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, et M. Andrés Fontecilla, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’immigration, de diversité et d’inclusion

Version finale

Le mardi 13 avril 2021, 11 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures dix-huit minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour. Content de vous retrouver ce matin. On a eu des bonnes nouvelles en matière de vaccination aujourd'hui. La campagne de vaccination entre dans une nouvelle phase et c'est une raison de se réjouir.

Progressivement, au Québec, la campagne de vaccination va devoir rejoindre de plus en plus les Québécois et les Québécoises qui travaillent, qui sont sur le marché du travail. C'est une bonne nouvelle, mais c'est aussi un énorme défi. Il va falloir vacciner le plus de gens possible dans le moins de temps possible, il va falloir tout faire pour éviter de perdre des doses et il va falloir que les gens prennent le premier rendez-vous qui est disponible.

C'est quelque chose que le ministre de la Santé a raison de répéter presque à chaque conférence de presse. Quand on vous donne un rendez-vous, bien, prenez le premier qui est disponible, le plus tôt possible, pour que la campagne de vaccination soit la plus efficace possible.

La solution pour atteindre cet objectif-là ambitieux, bien, c'est de faire tomber toutes les barrières à l'accès au vaccin. Il faut s'assurer que tous les Québécois, toutes les Québécoises qui travaillent dans une petite entreprise, qui travaillent pour le gouvernement ou pour une multinationale, aient le même accès au vaccin. Il faut permettre aux travailleurs et aux travailleuses d'aller se faire vacciner sur leur temps de travail, comme on leur permet d'aller voter le jour des élections sur leur temps de travail. C'est ce que demande Québec solidaire au gouvernement du Québec, de décréter une pause vaccin pour tous les travailleurs, toutes les travailleuses.

Le principe est simple, se faire vacciner, c'est comme aller voter, c'est un devoir citoyen. Mais le gouvernement doit demander aux employeurs de faire leur part et de libérer les travailleurs, travailleuses quelques heures, le temps d'aller se faire vacciner. C'est une solution simple, pragmatique, efficace, pour s'assurer que cette prochaine phase de la campagne de vaccination soit un succès. Heureusement, il y a des employeurs qui ont déjà commencé à le faire. Chez Bureau en Gros, par exemple ou à la Banque de Montréal, même chez Starbucks, les employeurs ont décidé de donner quelques heures de congé payé à leurs employés pour aller se faire vacciner.

Malheureusement, le plus gros employeur du Québec, lui, est pas mal moins exemplaire. Dans les derniers jours, on a reçu, à Québec solidaire, beaucoup de messages de travailleurs et de travailleuses dans le secteur public qui nous disent que les directives des gestionnaires, c'est de ne pas aller se faire vacciner sur le temps de travail, et s'ils veulent le faire, bien, ça va leur coûter un congé de maladie. J'ai même mis la main sur un message qui est envoyé à tous les employés, tous les employés du ministère de la Santé et des Services sociaux, où on peut lire, en toutes lettres : «La vaccination devra avoir lieu sur le temps personnel. Le cas échéant, il est possible de demander un congé conformément aux conditions de travail, notamment, un congé pour maladie.

Autrement dit, en termes de flexibilité pour la vaccination, le gouvernement du Québec est un moins bon employeur que Starbucks. C'est aussi simple que ça. L'État du Québec, c'est le premier employeur au Québec. S'il y a un employeur qui doit être exemplaire, qui doit montrer l'exemple à tous les autres, c'est bien le gouvernement du Québec.

Alors, ce qu'on demande aujourd'hui à Christian Dubé et à François Legault, c'est eux les patrons du secteur public québécois, bien, de s'assurer que les travailleurs, travailleuses du secteur public puissent aller se faire vacciner sur leur temps de travail.

Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Pourquoi on n'a pas promulgué une pause vaccin de quelques heures payées pour tous les travailleurs et toutes les travailleuses du Québec? Je pense que c'est une condition essentielle à la réussite de la vaccination. Puis la réussite de la campagne de vaccination, c'est une condition essentielle à la fin de la pandémie.

Mme Massé : Bonjour. Vous avez, comme moi, entendu parler dans les derniers jours du cas ignoble des évincés du 3485 Papineau. 90 logements qui, du jour au lendemain, se font dire : Il vous reste trois mois pour vous trouver une autre place. Bien, c'est dans ma circonscription. Alors, vendredi, je suis allée à leur rencontre, j'ai jasé avec ces gens-là, j'ai jasé avec Francine, Francine, une aînée qui vit là depuis quelques années, qui a à peine son chèque de pension pour vivre, qui vit dans l'angoisse depuis qu'elle a reçu la lettre du propriétaire, qui attend depuis quelques années d'avoir une place en HLM, mais elle n'a pas de place en HLM. Cette femme-là, elle était en petits morceaux.

J'ai parlé avec Ludevine qui va accoucher dans les prochains jours, quasiment, les prochaines semaines. Elle était super contente : Yé, je vais accoucher au mois de mai, je vais pouvoir rester... j'ai mon logement — parce qu'elles avaient renouvelé — j'ai la tête tranquille. Ludevine se voit dans la position d'être obligée, dans le dernier mois de grossesse, de faire la ligne. Vous les avez vues comme moi, les lignes, là, d'attente pour se trouver un logement à Montréal. Bien, Ludevine, je peux vous dire qu'elle capote, elle aussi.

J'ai entendu Renée. Renée, une femme plus âgée que ça fait quelques décennies qui vit au Manoir LaFontaine. Cette femme-là dit : Si moi, je ne fais pas cette bataille-là, mes petits-enfants vont être quoi, obligés de payer 75 % de leur revenu pour se loger à Montréal? Ces gens-là sont outrés, outrés de la façon dont c'est fait, outrés de la possibilité même que des propriétaires, des promoteurs puissent les mettre de telle façon à la porte en pleine crise de logement.

Bien, ces gens-là, là, ne représentent qu'une pointe de l'iceberg. Ça fait des mois que mon collègue, voire des années peut-être, mais des mois, sûr, que mon collègue Fontecilla vous parle de la crise du logement qui s'en vient, qui point à l'horizon. On est dedans, on est dedans en pleine pandémie, et le gouvernement laisse faire des promoteurs prédateurs comme ceux-là mettre 90 logements dehors, en pleine crise du logement.

Moi, je me demande ce que M. Legault pense. Sa ministre de l'Habitation

dit : Non, non, il n'y a pas de crise du logement. Mais lui, là, qu'est-ce qu'il attend pour bouger dans ce dossier-là? Qu'est-ce qu'il attend pour dire à sa ministre : Fais quelque chose, ça ne va pas bien. Nos concitoyens se retrouvent dans des situations de logement inacceptables, intolérables, et ça, partout au Québec.

Alors, j'espère que M. Legault va reconnaître cette crise-là et va agir parce que, moi, les concitoyens que j'ai rencontrés vendredi, là, ils ne vont pas s'arrêter là. Ils ne vont pas accepter d'être traités de cette façon-là, et je sais qu'ils ne sont pas seuls au Québec qui vivent cette situation-là.

M. Fontecilla : Donc, bonjour mesdames, messieurs. Manon a parlé de la crise du logement qui affecte tout particulièrement les locataires : rénovictions, augmentations abusives de loyer, reprises abusives. Cela ne s'arrête pas là, il y a une surchauffe immobilière au Québec, là, qui fait que les prix des maisons ont augmenté de façon faramineuse. Cela suscite une alarme publique, là, et j'avais demandé une commission parlementaire pour qu'elle adopte un mandat d'initiative, là, sur la question de la surchauffe immobilière. La commission se réunit ce matin et, malheureusement, le vote n'a pas eu lieu sur cette... sur le mandat d'initiative voté.

La semaine dernière, jusqu'à la semaine dernière, j'étais pessimiste, voyant les déclarations de la ministre de l'Habitation qui refuse de reconnaître la crise du logement, la surchauffe dans l'immobilier. Le fait qu'il n'y ait pas eu de vote aujourd'hui me donne une lueur d'espoir. Est-ce que c'est pour gagner du temps? Est-ce parce qu'ils sont en train de considérer la chose, ce qui serait une très bonne nouvelle? En tout cas, quant à moi, c'est la preuve que le gouvernement hésite sur cette question-là. Il cherche des solutions, et je l'espère, parce que la population s'attend à des solutions, là. Mais on n'a plus de temps à perdre.

Les parlementaires, le gouvernement doivent siéger en commission parlementaire pour étudier différentes mesures en vue d'apaiser le marché immobilier en surchauffe, là. Nous avons mis quelques propositions de l'avant, il peut y en avoir d'autres : interdire la vente sans garantie légale, rendre publiques les différentes offres d'achat pour une propriété, rendre les inspections obligatoires. Il peut y en avoir d'autres. Nous sommes prêts à la discussion. Ce n'est pas une solution magique qui va régler ce problème, c'est un ensemble, un cocktail de mesures et le gouvernement doit être ouvert à discuter des différentes propositions. Nous, à Québec solidaire, on est prêt à négocier sous le mandat d'initiative d'une commission parlementaire. J'attends un geste de la part du gouvernement, là, pour avancer et étudier cette question-là qui préoccupe grandement l'ensemble de la population du Québec. Non seulement les locataires, mais aussi les gens de la classe moyenne qui veulent accéder à la propriété et pour qui, maintenant, c'est carrément impossible. Merci.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va prendre d'autres questions. Une question, une sous-question.

Mme Prince (Véronique) : Moi, j'aimerais vous entendre sur le fait que des informations ne sont pas toutes données dans un point de presse du gouvernement. Par exemple, la semaine dernière, on a appris que le port du masque à l'extérieur c'était dans un communiqué, les déplacements vers les régions jaunes aussi.

M. Nadeau-Dubois : Bien, dans un de ses derniers points de presse, François Legault a préféré justifier son approche, plutôt que prendre ce temps précieux pour expliquer les nouvelles directives. Il a choisi de nous expliquer, en long et en large, que c'était lui le patron, plutôt que de prendre le temps d'expliquer aux Québécois et aux Québécoises, par exemple, quelles étaient les nouvelles recommandations pour le port du masque à l'extérieur. Ce sont des choix politiques que fait le premier ministre. Moi, je pense que son temps serait mieux utilisé, en pleine crise sanitaire, à faire de la pédagogie sur les mesures sanitaires, plutôt que défendre sa… son style de leadership ou de gestion de crise.

Mme Prince (Véronique) : Est-ce que c'est un risque pour l'adhésion des Québécois d'apprendre, par après, qu'à l'extérieur, quand ils sont assis, ils sont obligés de mettre un masque? Quand ils sont debout, il faut qu'ils en portent un?

M. Nadeau-Dubois : Ça fait des mois, à Québec solidaire, qu'on le dit : La clarté, la transparence et la cohérence, c'est les trois ingrédients pour que la mayonnaise de l'adhésion aux mesures sanitaires pogne. Il y a un manque de transparence depuis longtemps. Il y a, de plus en plus, de manque de cohérence et, là, il y a, en plus, un manque de clarté sur la question du masque à l'extérieur. Je m'inquiète, comme beaucoup de gens, de l'effritement de l'adhésion à cause de la stratégie de communication du gouvernement.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que les manifs, en fin de semaine, sont un signe de cet effritement-là?

M. Nadeau-Dubois : Les manifs d'en fin de semaine sont un symptôme de certaines choses, mais j'attendrais avant de faire un lien direct avec les choix de communication du gouvernement. Moi, ce que j'ai vu dans les derniers jours à Montréal, c'est des éléments troubles de l'extrême-droite venir alimenter l'insatisfaction puis chercher le trouble. Donc, moi, ce qui m'inquiète, c'est, de manière générale, de voir au Québec l'effritement de l'adhésion, de voir que les gens, de plus en plus, ont de la difficulté à suivre le gouvernement, à comprendre où est-ce qu'il s'en va. Les retournements spectaculaires des dernières semaines y sont pour quelque chose. Moi, c'est ça qui m'inquiète surtout. Je pense que les quelques événements qu'on a vus dans les rues de Montréal sont moins inquiétants que la perte d'adhésion généralisée à travers le Québec.

M. Laforest (Alain) : C'est un remake de 2012, là — excusez l'anglicisme — pour les casseurs? Je parle des casseurs.

M. Nadeau-Dubois : Je ne pense pas, non.

M. Laforest (Alain) : Bien, ceux qui cassent les vitres sont contre les mesures, ou c'est parce qu'ils veulent juste mettre le trouble, comme c'est le cas pour les... canadiens ou peut-être bien contre la politique de confinement?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je ne connais... je n'ai aucune information sur qui étaient ces gens-là, je ne sais pas ce qui les anime. Ce que je sais, c'est que c'est légitime dans une démocratie, c'est même sain de poser des questions, de remettre en question certaines décisions du gouvernement. Il faut le faire de manière démocratique, de manière pacifique, puis le vandalisme, ce n'est pas la bonne manière d'animer un débat démocratique qui est pourtant légitime, celui de savoir, par exemple, si le couvre-feu est la meilleure mesure pour freiner la pandémie.

M. Bergeron (Patrice) : Vous dites «symptôme de certaines choses». Certaines choses comme quoi?

M. Nadeau-Dubois : Bien, je pense qu'il y a une fatigue générale dans certaines parties de la population, il y a une fatigue de la pandémie, il y a une détresse même dans une partie de la population québécoise après un an de pandémie. Mais même une détresse extrême ne justifie pas ce qu'on a vu dans les derniers jours à Montréal.

M. Laforest (Alain) : Réintégrer Denis Tardif dans le caucus, c'est une bonne idée, alors que la Sûreté du Québec a envoyé son dossier au Directeur des poursuites criminelles et pénales?

Mme Massé : Réintégrer? Je n'ai pas entendu, M. Laforest.

M. Laforest (Alain) : Réintégrer Denis Tardif. Est-ce que c'est une bonne idée de le réintégrer dans le caucus actuellement?

Mme Massé : Écoutez, pour moi, ça, ça relève de la responsabilité de M. Legault de prendre ce genre de décision, c'est lui qui a la responsabilité de savoir qui il garde dans son caucus et qui il ne garde pas, lui et son équipe, j'imagine, j'espère. Ceci étant dit, moi, c'est sûr que je ne peux pas m'empêcher une forme de réflexion de : Qu'en est-il pour M. Fitzgibbon, qui, clairement, a des troubles avec la Commissaire à l'éthique ici même au Parlement, qui siège encore? Voilà. C'est tout ça que ça me soulève plus comme question.

M. Bergeron (Patrice) : Bien, Denis Tardif, quand même, bon, il reconnaît qu'il a fait une erreur de jugement en pleine pandémie. Quel message ça envoie à la population, ça? Là, vous le réintégrez comme si de rien n'était, alors que là on est dans une troisième vague, là, qui part en peur, là.

Mme Massé : Bien, écoutez, encore là, je vous dis, c'est à M. Legault de gérer son affaire. Ceci étant dit, monsieur… Pardon?

M. Laforest (Alain) : Le député qui aurait fait ça, est-ce qu'il aurait été bienvenu à Québec solidaire?

Mme Massé : Bien, écoutez, je veux dire, moi, là, ma compréhension, là, c'est que M. Tardif a dit : j'ai commis une erreur. Ce qui me tanne, c'est que M. Fitzgibbon continue d'être là puis, lui, il dit : bien non, on va changer le code d'éthique. Ça, ça m'énerve! Ça, c'est énervant! Ça, il me semble que, démocratiquement, on devrait se poser de sérieuses questions.

M. Laforest (Alain) : Il va y avoir une grève demain, rapidement, là, des enseignants puis les centres de services ne veulent pas donner, entre autres, des services aux parents. Vous en pensez quoi de tout ça… pour 1 h 30 min?

Mme Massé : Qui ne veulent pas donner de services aux parents?

M. Laforest (Alain) : Services de garde, services de transport scolaire. Parce qu'il va y avoir une grève et que l'école va commencer à 9 heures au lieu de commencer à 9 h 30, au lieu de commencer à 8 heures.

Mme Massé : Vous savez, la grève, là, c'est un outil démocratique que la société québécoise démocratique s'est donné pour être capable de créer un rapport de force entre le gouvernement, qui, lui, peut adopter des décrets qui vous enlèvent même votre droit d'avoir des vacances, et les travailleurs, travailleuses sur le terrain qui, eux autres, rushent comme des malades. Puis qui essaient d'être reconnus puis d'avoir des bonnes conditions de travail. Alors, moi, je ne vais pas critiquer des travailleurs, travailleuses qui essaient depuis des mois et, voire même, dans certains cas, des années, d'envoyer un signal au gouvernement du Québec qu'il doit reconnaître que ces travailleurs et travailleuses… Et qu'il soit des centres… au niveau des centres de… Voyons, les anciennes commissions scolaires, là. Ça ne me revient pas…

M. Laforest (Alain) : Centre de services.

Mme Massé : Centres de services, merci. J'avais l'abréviation, mais pas le vocable complet. Donc, que ce soit au niveau des centres de services, que ce soit au niveau de l'ensemble des services offerts dans les services publics.

Mme Crête (Mylène) : Sur les cliniques privées, qu'est-ce que vous pensez de la marge de 15 % qu'elles se sont négociées avec le gouvernement pour faire baisser les listes d'attentes en chirurgie?

Mme Massé : Écoutez, je trouve ça assez odieux que les cliniques privées… en fait, non. Je vais le dire autrement, que le gouvernement, alors qu'on lui dit depuis des mois : la façon d'impliquer les cliniques privées dans le processus de se mettre ensemble pour lutter contre la pandémie, c'est de les réquisitionner et de les mettre au pas. Et, non pas, et là on apprend, de négocier de gré à gré des contrats avec une marge bénéficiaire encore plus grande. Je trouve ça odieux. Pendant ce temps, là, les employés de la fonction publique se font dire qu'ils sont demandant pour avoir des bonnes conditions de travail. Ça fait que je trouve ça un peu odieux.

Mme Crête (Mylène) :elles disent que le contrat est plus court, donc il y a un risque accru, et donc ça justifie une rémunération supplémentaire. Qu'est-ce que vous en pensez?

Mme Massé : Bien, écoutez, je vais laisser Gabriel compléter, mais, spontanément, ce qu'il me vient, c'est : tout le système de la privatisation des bouts des services en santé est fait sur la base qu'il y a des industries... des entreprises, pardon, qui vont faire du profit. Ça fait que, moi, profiter de la crise pandémique, là, je trouve ça un peu terrible. Mais puisque c'est le dossier de Gabriel, je vais le laisser aller.

M. Nadeau-Dubois : Ça fait depuis le mois de janvier que Québec solidaire propose au gouvernement de réquisitionner les cliniques privées et de les compenser au coûtant. Il n'y a personne qui devrait faire de profit avec une pandémie, personne, surtout pas des entreprises dans le domaine de la santé. Donc, si les coûts augmentent, pas de problème, qu'on les réquisitionne puis qu'on les rembourse exactement sur les dépenses qu'elles ont engagées pour soulager le secteur public. Mais il n'y a aucune raison d'accorder une marge de profit à des entreprises privées en pleine pandémie. Les travailleurs, travailleuses dans le secteur public, ils ont-u fait du profit pendant la pandémie? Non. Il y en a qui sont morts, il y en a qui ont attrapé la COVID puis les autres n'ont pas eu de vacances pendant un an.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Concernant la pornographie juvénile... je ne sais pas lequel... Mme Massé, bien, on apprenait ce matin, donc, que des dizaines de milliers d'images de pornographie juvénile sont détectées chaque année sur des serveurs informatiques qui sont hébergés au Québec. Qu'est-ce que le gouvernement provincial doit faire pour contrer ce phénomène-là? Est-ce qu'il doit par exemple demander des obligations proactives aux entreprises qui hébergent les serveurs pour faire le ménage avant qu'on leur signale des cas?

Mme Massé : Écoutez, dans les pistes de solution puis le pointu de l'affaire, je vous référerais à mon collègue Alexandre Leduc, je suis certaine qu'il aurait beaucoup de choses à dire là-dessus, d'autant plus que le phénomène dont je vous parlais est connu depuis longtemps, et, notamment, le groupe qui s'est penché sur l'exploitation juvénile a mis ça en lumière aussi.

L'ensemble des détails, je ne le sais pas, mais il y a une chose qui m'apparaît évidente, c'est : Comment se fait-il qu'on peut humainement accepter qu'il y a des entreprises qui savent et qui se déresponsabilisent de ça? Ce sont des enfants. Ce sont des juvéniles. Alors, pour moi, il faut qu'on se donne tous les moyens, mais quels sont ces moyens-là? Je vais laisser Alexandre y répondre.

M. Bossé (Olivier) : Si quelqu'un veut aller manifester ce soir sans casser de vitre, en portant le masque, à distanciation de deux mètres, mais après 8 heures, parce que le couvre-feu, il trouve que ça n'a pas de bon sens. Qu'est-ce que vous lui dites? À Québec ou à Montréal, que ça va avoir lieu.

Mme Massé : En fait, nous, on est très, très clair, hein? Les consignes sanitaires… quand la Santé publique nous dit qu'il faut faire quelque chose, bien, nous, on dit, oui, faisons-le. Il ne faut pas mélanger les choses. Ce qu'on dit, par contre, c'est : La réflexion entourant le couvre-feu, les questions que ça peut soulever, le débat, même, que ça soulève, ça, on peut le faire. On peut le faire ensemble. On doit… Puis, à entendre les gens qui sont dans la rue actuellement, je pense qu'il y a un intérêt de faire ça, ce débat-là. Mais, honnêtement, là, les consignes de la Santé publique, là, pour nous, c'est non négociable. Faut suivre ça.

M. Larin (Vincent) : Oui, j'avais juste une question concernant Louis-Charles Thouin. Je ne sais pas si vous avez vu l'histoire du bureau d'enquête de ce matin? M. Fitzgibbon, Mme Proulx qui ont donné des sommes discrétionnaires à l'ami de M. Thouin. Est-ce que les ministres ont fait une erreur? Est-ce que les sommes devraient être rendues?

M. Nadeau-Dubois : Ce que je constate, c'est qu'à travers toute sa carrière politique, du municipal jusqu'à l'Assemblée nationale, M. Thouin semble rivaliser d'originalité pour faire des passes sur la palette à ses amis. Jusqu'à aller demander l'aumône au budget discrétionnaire de ses collègues ministres à la CAQ. Si, ça, ça ne démontre pas une faiblesse de jugement, si l'accumulation de tout ça ne démontre pas une faiblesse de jugement, bien je ne sais pas ce que ça démontre.

M. Larin (Vincent) : Si vous voyez un conflit d'intérêts, en autres, pour M. Thouin?

M. Nadeau-Dubois : Bien, ce qu'on constate, là, c'est que le même ami qui l'a mis dans le trouble, au niveau municipal, continue de le mettre dans le trouble, parce que monsieur… puis, ce n'est pas son ami qui le met dans le trouble, c'est M. Thouin qui se met dans le trouble en continuant à rivaliser d'originalité pour l'aider dans ses projets d'affaires. Si cette conduite-là ne change pas à travers les années, je veux dire, c'est clairement un manque de jugement, là. Je ne vois pas ce qui manque pour que M. Legault conclue, la seule chose raisonnable, que ce député-là n'a pas le sens éthique nécessaire pour siéger dans son caucus.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous demandez l'exclusion…?

M. Nadeau-Dubois : Mais, je ne vous… Si l'accumulation de tout ça ne fait pas la démonstration d'un manque de sens éthique flagrant, mais je ne sais pas ce que ça va prendre. Puis, la balle est dans le camp de François Legault. C'est à lui de nous dire s'il juge que des individus sur lesquels pèsent autant d'allégations et sur lesquels pèsent autant d'apparences de conflit d'intérêts, à lui de nous dire s'il trouve que des individus comme ça ont la place autour de sa table.

La Modératrice : Une dernière question? Merci.

(Fin à 11 h 42)