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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et Mme Catherine Dorion, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de culture et de communications

Version finale

Le jeudi 10 juin 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures deux minutes)

M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup. Bonjour, contents d'être avec vous ce matin. Aujourd'hui, Catherine et moi, on vient vous parler de l'obsession électorale la plus coûteuse des années récentes au Québec, le troisième lien.

Aujourd'hui, on apprend que le gouvernement de François Legault fonce à vitesse grand V dans le projet du troisième lien. On apprend qu'ils sont déjà en train de lancer les premiers appels d'offres, alors que c'est un projet ruineux, un projet rétrograde, et surtout un projet qui ne repose sur rien d'autre que les obsessions électorales de François Legault. Répéter une fausseté 100 fois ne transforme pas la fausseté en vérité. Répéter 100 fois, en période de questions, que le troisième lien, c'est un projet vert, ça ne fait pas de cette affirmation-là une vérité. Répéter 2 000 fois que le troisième lien va diminuer le trafic à Québec, ça ne fait pas de cette affirmation-là une vérité, et répéter que ce sera bon pour les gens de l'est du Québec non plus.

S'il y a bien une leçon qu'on a apprise avec la pandémie, là, s'il y a bien une leçon que les Québécois puis les Québécoises ont tirée, c'est que les décisions politiques, là, au Québec, elles devraient être prises en se basant sur la science. Puis le projet de troisième lien, ce n'est pas juste un projet ruineux, ce n'est pas juste un projet qui va nous coûter un bras, c'est un projet antiscientifique. Et, quand François Legault et Geneviève Guilbault répètent en Chambre que c'est un projet qui va diminuer le trafic, ils ne font pas juste dire quelque chose de faux, ils tiennent des propos qui sont antiscientifiques.

Et, ce matin, Québec solidaire va déposer une motion sur le sujet. Je laisse Catherine vous en parler.

Mme Dorion : C'était le moment de le faire, je pense, ce matin. Je suis très, très... J'ai très hâte. On va déposer une motion pour mettre les choses au clair avec la CAQ, en fait. On va leur demander : Est-ce que la CAQ pense que les décisions politiques doivent s'appuyer sur la science et est-ce qu'ils reconnaissent la validité du consensus scientifique qui dit que plus d'autoroutes, plus de voies d'autoroute, n'égalent pas pantoute moins de trafic? C'est ce qu'on va leur demander ce matin. J'ai très hâte de voir ce qu'ils vont dire.

Et on est vraiment dans un discours orwellien. Et là ce n'est pas juste un argument, ce n'est pas juste une ligne de com qu'ils répètent, puis qu'ils répètent, puis qu'ils répètent, en se disant : À un moment donné, ça va devenir vérité, comme disait Gabriel. Ce n'est pas juste ça. C'est à peu près tous leurs arguments… Quand ils se lèvent puis qu'ils disent : Ça va réduire la congestion, c'est complètement orwellien. N'importe qui, qui connaît le b. a.-ba des notions de base en transport, là, la base, là, le cours de bac en urbanisme ou en transport, en capacité routière, sait que ce n'est pas vrai.

Quand il dit : Ça va limiter l'étalement urbain… Je viens de publier une photo de Brossard, avant que ça devienne Brossard, en 1961, c'est un champ, exactement la date de la construction du pont Champlain, exactement comme là où débouche le troisième lien en ce moment. Pourtant, ils disent : Ça va limiter l'étalement urbain. À un moment donné…

Ils disent que ça va être moins de GES. Ils disent qu'il y a une large part de transport collectif dans le tunnel Québec-Lévis. Bien, quand on regarde l'enquête Origine-Destination puis qu'on compare avec les chiffres du gouvernement, du nombre d'automobiles qui vont passer, c'est 4 % du monde qui va passer dans le tunnel qui va être en transport en commun. Bref, le tunnel favorisera l'utilisation du transport collectif? Non. L'autoroute est trop tentante.

C'est un projet axé sur l'avenir, etc. Là, je viens de nommer quatre, cinq arguments qu'ils n'arrêtent pas de répéter, qui sont tous, sans exception, orwelliens. On vit dans un roman de George Orwell à les entendre parler de leur projet de troisième lien. Il n'y en a pas un qui tient la route parmi leurs arguments principaux, et ils les répètent ad vitam aeternam en se disant : À un moment donné, les gens vont nous croire. Ça serait peut-être le fun qu'ils arrêtent de prendre les Québécois pour des valises.

La Modératrice : Merci. On va prendre vos questions, une question, une sous-question.

M. Larin (Vincent) : Une fois que la durée de vie utile du pont de Québec va... Une fois que le pont de Québec va venir à terme, là, est-ce qu'il va falloir le remplacer?

Mme Dorion : En fait, le pont de Québec, là, encore une fois, c'est une affaire d'avis d'experts versus avis de gens qui donnent leur opinion quelque part, sans être des experts, O.K., qui peuvent avoir un fort retentissement, surtout avec des radios protroisième lien, qui utilisent beaucoup cet argument-là. Le pont, il est encore bon pour 25 ans si tu l'entretiens, si tu fais ce qu'il faut. Puis ça, je veux dire, j'ai jasé avec Jean-Yves Duclos, c'est ce qu'il m'a dit.

M. Larin (Vincent) : …il va falloir le remplacer.

Mme Dorion : Bien, écoutez, vous achetez une maison, le toit est à réparer dans 25 ans. Est-ce que c'est un argument pour le réparer tout de suite parce qu'il va être à réparer dans 25 ans? Je veux dire, est-ce que c'est un argument pour le remplacer tout de suite parce qu'il va être à remplacer dans 25 ans? C'est un argument…

M. Laforest (Alain) : …refaire le pont Champlain à Montréal.

Mme Dorion : On va loin, là. Je ne vous parlais pas du pont Champlain aujourd'hui.

M. Laforest (Alain) : Le pont Champlain, il était dangereux. À un moment donné, ces deux ponts là vont devenir dangereux, éventuellement.

Mme Dorion : Si vous voulez… Est-ce qu'un jour il va falloir le reconstruire? Dans 25 ans, peut-être qu'il va falloir le reconstruire, le pont de Québec. Ça va coûter une fraction infinitésimale de ce que le projet de troisième lien… C'est de l'argent jeté par les fenêtres, là. On a un pont qui est encore très correct.

M. Larin (Vincent) : Vous n'êtes pas contre le maintien des infrastructures en place?

Mme Dorion : Bien non.

M. Larin (Vincent) : C'est l'ajout…

Mme Dorion : Ajouter des autoroutes va empirer la congestion à Québec. Avec ce qu'on a comme ponts, il faut les entretenir. Il y a de l'entretien à faire. Il faut en prendre soin comme on prend soin de toutes nos infrastructures. D'ailleurs, les Québécois, les sondages l'ont montré, ils sont pour qu'on… ils préfèrent qu'on entretienne ce qui existe déjà plutôt que de partir dans des gros projets ruineux. On a de la misère à garder beau, puis à garder propre, puis bien utilisable, puis pas dangereux ce qu'on a déjà.

Mme Gamache (Valérie) : …les propos… Mme Guilbault et M. Legault tiennent des propos antiscientifiques. Vous être en train de dire ni plus ni moins qu'on véhicule des mensonges à l'Assemblée nationale sur ce projet-là?

M. Nadeau-Dubois : Ce qu'on dit, c'est que dire qu'augmenter la capacité autoroutière ça diminue la congestion, c'est des propos qui vont à l'encontre d'un consensus scientifique établi qui démontre plutôt que, quand tu augmentes la capacité d'autoroute, tu augmentes, à terme, le trafic. Et c'est un gouvernement qui aurait dû apprendre de la pandémie que c'est sage de baser ses décisions sur la science, puis répéter des faussetés comme ça, ça induit les Québécois en erreur. Puis on fait croire aux gens de la Capitale-Nationale qu'on va faciliter leur vie puis qu'on va leur sauver du trafic. À terme, c'est faux, puis ça, ce n'est pas une opinion, c'est un fait scientifique avéré.

M. Laforest (Alain) : J'aimerais vous entendre sur les assouplissements que le gouvernement fédéral va amener au niveau des frontières, la double dose. Entre autres, les Américains ne sont vraiment pas pour le passeport. Est-ce qu'on doit laisser entrer à peu près tout le monde n'importe où, n'importe comment, ou on devrait appliquer le principe de prudence au Canada ou au Québec?

M. Nadeau-Dubois : Sur la question des frontières, là, le critère premier, ça doit être la santé publique. Je sais qu'il y a des groupes économiques qui trépignent d'impatience, là, à voir les frontières rouvrir. Moi, j'invite les gouvernements à mettre la santé publique devant toutes les autres considérations. Il y a une accalmie de la pandémie, c'est vrai, mais restons prudents.

M. Laforest (Alain) : Mais les Américains, là, ils doivent-u venir cet été?

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est parce qu'il y a les touristes…

M. Laforest (Alain) : Les touristes, on doit-u les laisser rentrer?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je fais confiance à la Santé publique pour nous faire une recommandation…

M. Laforest (Alain) : …deux doses. Pour voyager, minimalement, ça prend deux doses.

M. Nadeau-Dubois : Moi, si les bonnes mesures sont mises en place, s'il y a des gens adéquatement vaccinés, si on s'assure qu'il y a des tests à l'entrée et à la sortie… Je pense qu'il y a des choses qui sont possibles. Mais moi, je fais confiance à la Santé publique pour faire des recommandations là-dessus. Puis surtout j'invite le gouvernement à mettre la Santé publique devant les considérations économiques. C'est les vies, avant tout, qu'il faut protéger.

M. Carabin (François) : M. Nadeau-Dubois, pour justifier sa décision de fermer le refuge de l'Hôtel Place Dupuis, le gouvernement dit qu'il y a suffisamment de places dans les refuges, pour personnes en situation d'itinérance, de Montréal. Est-ce que c'est une analyse que vous partagez?

M. Nadeau-Dubois : Pardon?

M. Carabin (François) : Est-ce que c'est une analyse que vous partagez?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je m'attends… Bon, on nous annonce un nouveau refuge, là, pour reloger les gens qui sont en ce moment au refuge de la Place Dupuis. Moi, d'abord, je m'attends à ce qu'il n'y ait pas de trou entre les deux et que les gens qui ont besoin d'une place en ce moment aient immédiatement une place dans le nouveau refuge. Puis surtout il faut qu'on s'attaque à la racine du mal, puis une des racines de ce mal-là, c'est la crise du logement. À Montréal, c'est impossible, pratiquement, de se trouver un logement abordable puis c'est une des raisons pour lesquelles il y a autant de gens à la rue.

M. Carabin (François) : …suffisamment de places. Est-ce que c'est vrai, selon vous?

M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas ce qu'on entend des groupes sur le terrain. Ce qu'on entend des groupes sur le terrain, là, des hommes et des femmes qui travaillent en itinérance avec ces gens-là, c'est qu'il manque de places, puis j'ai envie de dire pas juste à Montréal, il en manque partout au Québec. L'itinérance, ce n'est pas juste un phénomène montréalais.

Mme Gamache (Valérie) : Cet après-midi, il y aura l'annonce, là, du plan pour reprendre les chirurgies. Pensez-vous qu'on est au bout… on est à la veille de reprendre le contrôle dans les hôpitaux, actuellement, notamment sur le délestage, ou il y a des gens, malheureusement, qui devront attendre encore trop longtemps?

M. Nadeau-Dubois : Oui, c'est sûr que l'accalmie de la pandémie va aider. Mais un des gros problèmes dans notre réseau de la santé en ce moment, c'est le manque de personnel, et ça, la diminution des cas de COVID n'y changera rien, là. Parlez à ma collègue Émilise Lessard-Therrien de ce qui se passe dans sa région, parlez aux élus du Bas-Saint-Laurent de ce qui se passe dans leur région, la crise majeure, là, l'autre côté de la pandémie, c'est la crise de la main-d'oeuvre dans le réseau de la santé. Et, pour ça, il n'y a pas 1 001 remèdes, il y en a surtout un, et c'est une bonification massive des conditions de travail en santé.

Donc, moi… Si on veut… Vous me parlez du plan qui va être dévoilé cet après-midi. Ce plan-là, là, il ne pourra pas passer à côté, il ne doit pas passer à côté de ce facteur fondamental. Comment on fait pour ramener les hommes et les femmes qui ont quitté, dans les derniers mois, dans le réseau de la santé? Comment on fait pour ramener les femmes qui sont parties travailler en agence dans le réseau public? Ces questions-là, elles sont incontournables.

M. Larin (Vincent) : Ce matin, M. Nadeau-Dubois, on rapporte une augmentation troublante du nombre de jeunes touchés par des problèmes psychiatriques, des troubles alimentaires, qui arrivent aux urgences. Est-ce qu'il y a quelque chose à faire contre ça, puisqu'on semble associer beaucoup ça au contexte pandémique qui viendrait, là, bientôt à terme, avec le retour en classe, mais...

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est un symptôme de plus qui témoigne de la crise de santé mentale que vit le Québec en ce moment, puis une des parties de la population qui la vit de manière la plus aiguë, c'est les jeunes. La jeunesse québécoise n'a été pas seulement ébranlée, a été cassée en deux par la pandémie. Il y a des jeunes qui sont maganés en ce moment puis qui vont rester maganés longtemps.

Donc, il va falloir, dans les prochains mois, travailler à pas juste une relance économique, mais à une relance aussi de la santé mentale puis du bien-être de la jeunesse québécoise. Puis là Lionel Carmant, là, il ne pourra plus se contenter d'avoir de bonnes intentions. Il va falloir qu'on ait un plan sur la table, concret, avec des gestes forts, parce qu'il y une partie de la jeunesse au Québec qui a été complètement bouleversée par les deux années de pandémie.

M. Larin (Vincent) : On a beaucoup critiqué le fait que c'est un spécial qui a été fait pour les jeunes pour le bal des finissants. Dans ce contexte-là, pensez-vous que c'est quand même bien qu'on ait fait un spécial pour les jeunes?

M. Nadeau-Dubois : Bien, dès que j'ai entendu, moi, initialement, la Santé publique et le gouvernement dire : Pas de bal de finissants, ma première réaction spontanée, ça a été de dire : Ouf! c'est dur, là, cette génération-là… Tu sais, les années d'adolescence, là, c'est des années qui sont déterminantes pour le développement de la personne puis pour le développement de leurs intérêts, de leurs passions, de leurs amitiés. Puis moi, je suis très inquiet. Je suis très inquiet de ce que cette génération-là a vécu puis de ce qu'ils vont devenir.

Puis c'est pour ça que, très rapidement, moi, j'ai appelé à ce qu'on trouve une solution pour les bals de finissants. On aurait dû trouver cette solution-là pas à deux semaines d'avis, là. Ça, c'est le problème. Il aurait fallu y penser en amont. Ça montre, je pense, à quel point Jean-François Roberge, tout au long de cette crise-là, a été constamment dépassé par les événements. Il a échappé la balle dans le cas de la ventilation. Puis, dans le cas des bals de finissants, il était où, il était où, le ministre de l'Éducation, pour réfléchir à ça en amont? On ne l'a pas vu. On ne l'a pas entendu.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Regarding the Hôtel Dupuis, do you have the confirmation that this will close as a site for homeless people?

M. Nadeau-Dubois : The information we have, yes, is that the site will close and should be replaced by another one with more services. If that's the case, it is a viable solution if, and only if, there is no hole between the two sites. We need more places for homeless people in Montréal, not less.

Mme Senay (Cathy) : The pandemic basically put on the rise the number of homeless people.

M. Nadeau-Dubois : The pandemic had an effect, but, underneath, there's a… One of the roots of that crisis is the housing crisis. It has become impossible to find an affordable apartment in Montréal on the short-term. There will be no solution to homelessness in Montréal and across Québec if we don't find a solution to the housing crisis.

Mme Senay (Cathy) : The Health Minister will announce, this afternoon, a plan for surgeries, the backlog of surgeries. What is your… on waiting to get surgery? Because it's not an easy situation. We have the health care workers really tired, but then they have to push things in the right direction.

M. Nadeau-Dubois : This plan will fail if it does not include strong gestures to bring reinforcements in our health care system. Health care workers are more than tired. They need reinforcements. There is a crisis in terms of the number of people working in our health care sector in Montréal, but across Québec, and especially in regions like Abitibi-Témiscamingue, like Bas-Saint-Laurent. So we need more people in the system on the short-term. We need to bring back in the system the people that left it during the pandemic. That's the first objective.

Mme Senay (Cathy) : So, when you talk about reinforcements, it's to attract health care workers who left the system, who got… retired?

M. Nadeau-Dubois : No. Thousands of workers have left the system in the last years because of the working conditions. Thousands of them have left the profession or have left to work for private agencies. We need to bring back those people inside the public system, and the only way to do it is to massively better the working conditions on the short-term basis. You have to send the signal to those people : Things are changing, your conditions will be better now if you come back. And, of course, we also need, on a parallel track, to tighten the restrictions regarding the use of private agencies inside the public system.

Mme Senay (Cathy) : …that the Government is basically reaching agreements with different unions. It doesn't… health care workers. So how do you stop the train and make sure that you have what you need to attract health care workers?

M. Nadeau-Dubois : You know, when the Government decided that it was a priority to bring… How do you say «préposés aux bénéficiaires»?

Mme Senay (Cathy) : Orderlies.

M. Nadeau-Dubois : Orderlies. When the Government decided to massively bring back orderlies inside the public system, it took one summer, and they were able to hire thousands of them. So, when there is political will, there is always a way.

La Modératrice : Dernière question.

M. Grillo (Matthew) : …the Place Dupuis, those types of resources are really for the wintertime, get people off the streets when the weather is very, very cold. Do you think the pandemic and the housing crisis have sort of forced people to say : We need to keep this going? Is it specifically for those two reasons or is there just generally a lack of beds on the island of Montréal?

M. Nadeau-Dubois : I think the pandemic has revealed problems that were already there. You know, the housing crisis existed before the pandemic. The rise of homeless people, in Montréal and across Québec, existed before the pandemic. The pandemic just maybe put a flashlight on those problems. So we need to act on the root causes of those issues, and there will be no shortcuts here. There will be no shortcuts. We need more affordable housing in Montréal and across Québec.

M. Grillo (Matthew) : It takes so long to build affordable housing, specifically social housing, so is there a fast track?

M. Nadeau-Dubois : There is a lot of… There are immediate gestures that can be done to stop the hemorrhage of apartments and affordable apartments in Montréal. The Government can, this morning, today or this weekend, stop evictions in Montréal and across Québec. They can do it. They did it last year. Why don't they do it this year? So you can put strong gestures now to, at least, stop the hemorrhage of affordable apartments in Québec.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 8 h 21)

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