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Point de presse de Mme Manon Massé, cheffe du deuxième groupe d’opposition, Mme Ruba Ghazal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’énergie, et Mme Émilise Lessard-Therrien, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’agriculture, de pêcheries et d’alimentation

Version finale

Le jeudi 18 mars 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

Mme Massé : Bonjour, tout le monde. Vous l'avez peut-être remarqué dans les derniers jours, Québec solidaire a repris le terrain, a repris sa marche pour la lutte contre les changements climatiques. Juste en fin de semaine, il y a eu toutes sortes d'actions de visibilité contre GNL Québec. Ruba a fait des interventions concernant les déchets. Émilise est intervenue en Chambre concernant la forêt, la protection de la biodiversité. Sol et Catherine ont fait une assemblée publique sur la question du tramway d'ailleurs où on voit un dénouement positif.

Conclusion, c'est sûr que la pandémie nous a beaucoup occupés durant la dernière année, puis Québec solidaire a agi de façon responsable, bien sûr, en mobilisant nos efforts pour lutter avec l'ensemble du Québec sur la question de la pandémie, de la crise sanitaire.

Ceci étant dit, maintenant, on pense qu'il est temps de commencer à se remettre en marche sur l'autre crise qui, elle, n'a pas pris de pause durant la dernière année, et on parle, bien sûr, de la crise climatique. Les gens sur le terrain sont très mobilisés. D'ailleurs, demain, il y aura des rassemblements dans différentes villes du Québec, même à travers la planète, pour ramener de l'avant l'importance d'unir nos forces pour lutter contre cette crise qui est tout aussi importante.

L'automne dernier, M. Charette nous a déposé un plan qui, malheureusement, n'était pas à la hauteur des défis qui sont les nôtres ici, au Québec. On a, sur notre propre base, au mois de février, à Québec solidaire, déposé un plan qui permettrait non pas de régler tous les problèmes, parce que ce n'est pas une baguette magique qui va régler les problèmes de changements climatiques, mais bien une multitude d'actions structurantes. Et, bien, notre plan de relance, il est sur la table. J'invite régulièrement le ministre des Finances à s'en inspirer, le gouvernement du Québec à s'en inspirer afin de nous assurer de prendre à bras le corps aussi cette crise qui nous pend... bien, en fait, elle ne nous pend pas au bout du nez parce qu'elle est là, elle est présente, qu'on le veuille ou non.

La relance économique que le ministre nous a annoncée, le ministre des Finances, on verra, donc, la semaine prochaine, ce sera quoi. Mais, s'il est un être responsable, il ne pourra pas faire autrement que d'amener beaucoup plus d'éléments dans son plan de relance que ce qu'on a vu dans le plan déposé par M. Charette à l'automne.

Alors, des mobilisations auront lieu demain. Vous comprendrez que les solidaires, on sera dans la rue avec la population pour faire pression sur le gouvernement du Québec et de tenir compte de l'importance de la crise climatique dans son plan d'action de relance, donc, pour poser des gestes structurants. Mais on ne va pas s'arrêter là, parce que Québec solidaire, c'est aussi un parti impliqué à amener des propositions pour relever tous les défis du Québec présentement. Et d'ailleurs je vais laisser ma collègue Émilise vous présenter une de ces propositions.

Mme Lessard-Therrien : Merci, Manon. Il y a un an, il y a eu une grosse prise de conscience collective sur notre fragilité à... toute la question de la dépendance alimentaire. Le premier ministre, il a lui-même reconnu la nécessité d'être plus autonome pour les biens essentiels. Peu de choses ont été faites depuis en matière d'alimentation.

À Québec solidaire, on pense qu'une des meilleures façons de miser sur l'autonomie alimentaire du Québec, c'est de reconnecter nos jeunes, nos générations futures à l'alimentation locale. Donc, ce matin, je fais une proposition au gouvernement, une nouveauté, et j'invite le ministre de l'Agriculture, M. Lamontagne, à y réfléchir.

Notre proposition, c'est simple, c'est une école, un jardin. Ça veut dire de doter toutes nos écoles primaires et secondaires au Québec d'infrastructures alimentaires, que ce soient jardins, des bacs de jardinage, des serres, cuisines de transformation, chambres froides, pour reconnecter nos jeunes avec le travail de la terre.

On parle aussi d'un soutien accru aux organismes d'éducation alimentaire pour les programmes pédagogiques qui existent déjà, notamment Croquarium ou encore AgrÉcoles, qui sont en charge de développer des contenus pour accompagner les enseignants à développer les contenus pédagogiques.

L'autonomie alimentaire, c'est bon pour l'environnement. On mange trois fois par jour, chaque jour de notre existence. L'agriculture a un rôle à jouer dans la transition écologique. Quand on ramène l'agriculture proche des gens, ça fait une différence d'un point de vue environnemental.

Donc, c'est la proposition qu'on met au jeu ce matin et on espère que le gouvernement va y réfléchir. Merci.

Mme Ghazal : Merci, Émilise. Bonjour, tout le monde. Moi, je vais vous parler de GNL Québec. Le BAPE a remis son rapport sur GNL Québec la semaine passée, et le rapport va être rendu public d'ici la semaine prochaine, au plus tard le 25 mai, mais il y a des angles morts dans ce que le BAPE a étudié, notamment toute la question des tarifs d'Hydro-Québec. Combien va coûter, en approvisionnement et en manque à gagner pour Hydro-Québec, toute l'énergie que va générer et va consommer Énergie Saguenay mais aussi Gazoduq, qui n'est pas étudié encore… qui n'a pas été étudié par le BAPE.

On a appris il y a quelque temps, par Option Consommateurs et des organismes environnementaux, qu'il y aura… ils estiment le manque à gagner à 1,5 milliard, à partir de 2027 jusqu'en 2030, et ça va continuer. Et ça, ça va se traduire par un choc tarifaire pour tous les Québécois et toutes les Québécoises qui vont voir leur facture d'hydroélectricité augmenter de 2,5 %. C'est énorme, c'est 300 000 maisons que ça va consommer, ce projet-là. Et ça, c'est un élément qui n'apparaîtra pas dans le rapport parce qu'il n'a pas été étudié par le BAPE.

Et donc, moi, c'est pour ça que j'ai demandé la semaine passée à la Vérificatrice générale du Québec d'estimer le manque à gagner et le coût de la facture d'hydroélectricité des Québécois de ce projet-là. Je l'ai envoyé et je vais aussi déposer une motion dans ce sens-là pour en avoir le coeur net. Voilà, merci.

La Modératrice : Merci. On va prendre vos questions. Une question, une sous-question.

Mme Côté (Claudie) : Mme Ghazal, j'aimerais vous entendre sur la cimenterie McInnis. Ce matin, on apprenait, là, que, bon, ils vont être loin de remplir les promesses qu'ils avaient. C'est un peu un aveu d'échec aussi pour le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, qui dit : Bah! ce n'est pas ce à quoi on s'attendait, ce n'est pas ce qu'ils nous avaient promis.

Mme Ghazal : Bien, c'est ça qui arrive quand on se fie aux promesses des promoteurs et des entreprises puis qu'on les prend aveuglément. Moi, ce que j'invite M. Charette, c'est à prendre en note ce qui vient d'arriver avec McInnis puis à se dire que, dans quelques années, c'est ça qui va arriver aussi avec GNL Québec. C'est exactement le discours qu'on a de GNL Québec, d'écoblanchiment, en disant que nous allons avoir l'usine de liquéfaction la plus verte dans le monde. C'est donc bien extraordinaire! C'est sûr, ils utilisent notre énergie propre, celle qui nous appartient à nous pour liquéfier du gaz sale de l'Alberta.

Et donc, logiquement, si le ministre de l'Environnement est logique et cohérent avec lui-même et avec qu'est-ce qu'il dit par rapport à McInnis, il devrait, comme on dit en bon français, tirer la plug sur le projet de GNL Québec.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que les gouvernements précédents ont été trompés par la cimenterie McInnis?

Mme Ghazal : Ils n'ont qu'à blâmer qu'eux-mêmes. Ceux qui prennent les décisions, ce n'est pas les entreprises, ce n'est pas elles qui doivent faire les études et nous les envoyer, puis après ça on prend ça comme du cash. Ce n'est pas comme ça. C'est au gouvernement d'évaluer tout comme il faut et de ne pas avaler le discours de ces entreprises-là. Et c'est pour ça que moi, ce que je demande, je ne le demande même pas au gouvernement de nous dire c'est quoi, le manque à gagner pour Hydro-Québec, je le demande à la Vérificatrice générale pour avoir les bons chiffres.

M. Larin (Vincent) : Et est-ce qu'on a des recours à ce moment-ci? Vous avez vu les chiffres, là, c'est assez impressionnant, là, Ciment McInnis, c'est carrément… c'est le plus grand pollueur au Québec. Qu'est-ce qu'on fait, à ce moment-là, maintenant que ça appartient à des Brésiliens, on les laisse polluer ad vitam aeternam?

Mme Ghazal : Bien, c'est vraiment très, très désolant. Ce n'est pas comme si on ne l'avait pas déjà dit au gouvernement. Ce qu'on fait maintenant, les recours, le gouvernement pourrait... je veux dire, on l'a vu avec la pandémie, il fait toutes sortes de choses par décret. Est-ce qu'il y aurait quelque chose à voir... C'est quoi, les pouvoirs du gouvernement pour pouvoir arrêter ce massacre-là, cette pollution-là? Et il y a aussi toute la question de la bourse du carbone où on donne des émissions de polluer gratuites. Il faut qu'il y ait des incitatifs fiscaux financiers pour que ça coûte vraiment tellement cher que ça ne vaut pas la peine de faire des affaires et de continuer à opérer cette usine-là puisqu'il va y avoir des frais pour la bourse du carbone.

Donc, le message, je le répète, il n'est pas trop tard pour ne pas revivre la même chose plus tard avec GNL Québec que ce qu'on est en train de vivre aujourd'hui avec la cimenterie McInnis. Je n'ai pas envie de dire plus tard : On vous l'a bien dit. De toute façon, quand ça va arriver puis qu'on va voir que toutes les promesses ne se seraient pas avérées, il va être trop tard, ce ne sera peut-être même pas ce gouvernement-là qui va être là, et ça, c'est vraiment terrible. C'est pour ça qu'il faut penser pour les générations futures, pas juste pour nos mandats et à court terme.

M. Larin (Vincent) : J'aimerais vous entendre sur la consigne qui est donnée aux députés puis aux ministres de la CAQ de ne pas répondre aux questions dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Trouvez-vous que le gouvernement… Qu'est-ce que vous pensez de ça?

Mme Massé : Bien, écoutez, je ne savais pas, vous m'apprenez que c'est une directive. Ceci étant dit, lorsqu'on est une équipe et on se fait confiance, on n'a pas besoin de contrôler tout. Et, pour moi, ce gouvernement-là, qui disait : Il n'y aura pas de ligne à mon parti, je vais laisser les gens... Ce que vous me dites là me semble être l'antithèse de ça. Bon, est-ce que ça nous parle de la CAQ? Oui.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...du Québec, est-ce que vous trouvez que les écoles font bien la promotion de la culture québécoise, de la littérature québécoise? Il y a des jeunes caquistes qui disent qu'on devrait avoir un corpus national de livres à lire, là, du primaire au secondaire. Aimeriez-vous ça qu'un tel corpus existe?

Mme Massé : Bien, écoutez, je pense que, tu sais, la liberté académique, là, dont on parle tant, elle est importante au niveau postsecondaire, et etc., mais je pense qu'il y a déjà des cursus qui existent. Moi, j'ai, il y a plusieurs années de ça, eu l'opportunité de lire des livres d'auteurs québécois, québécoises et québécois, j'ai eu l'opportunité de lire des auteurs français.

Ceci étant dit, je pense, l'important, quand tu es jeune, c'est d'avoir accès à une diversité. Et pour moi, d'offrir l'extraordinaire production qui se fait ici, au Québec, dès la tendre enfance, ça vaut la peine, parce qu'on a des maudits bons auteurs et autrices ici, au Québec. Alors, ça vaut vraiment la peine.

M. Lacroix (Louis) : Alors, vous êtes d'accord ou vous n'êtes pas d'accord avec le fait de...

Mme Massé : Bien, ce que je dis, c'est : Est-ce qu'il faut l'imposer, chaque livre, chaque lecture? Parce que c'est un peu ce que je comprenais. Je me dis, bon, on peut se laisser du lousse, l'idée étant, oui, il faut valoriser, puis moi, je pense que nos corps enseignants sont déjà là. Parce qu'on a du bon matériel au Québec.

M. Bergeron (Patrice) : ...d'avoir lu à l'école?

Mme Massé : Je me souviens d'avoir lu du Gabrielle Roy, notamment, et j'ai découvert Les poules d'eau, que je ne connaissais pas. Et, c'est ça, c'est la découverte. La lecture, c'est la découverte. La lecture, c'est l'apprentissage. Mais je pense aussi à nos bédéistes. On a d'extraordinaires bédéistes aussi. Ça fait que je pense à nos adolescentes, adolescentes qui sont peut-être plus attirés... Ça fait que, bref, ce n'est pas ça qui manque, là. Il y en a.

M. Bossé (Olivier) : ...pour la lutte aux changements climatiques. Est-ce que ça inclut l'idée de remettre une date pour un éventuel blocage que vous aviez suspendu à l'automne?

Mme Massé : Bien, écoutez, vous avez une bonne mémoire. Effectivement, l'an dernier, Québec solidaire, dans un contexte complètement autre, avait envisagé cette stratégie-là. Pour le moment, ça ne fait pas partie de nos cartons. Pour le moment, comme vous le voyez, on est en mode propositionnel. On est capables... Dans notre plan de relance, si vous avez jeté un oeil, il y a là des propositions chiffrées. Émilise vient d'en ajouter une ce matin. On est en mode... tu sais, je veux dire, on est au Parlement du Québec, on est en mode de propositions, et ce qui est la beauté de notre plan de relance, c'est qu'il est chiffré, il est chiffré dans sa dépense et dans son revenu.

M. Lacroix (Louis) : ...parle du blocage, vous dites : Ça ne fait pas partie de nos cartons. Pourquoi vous ne le ramenez pas? Si c'était une bonne stratégie l'année passée, pourquoi ça n'en est plus une maintenant?

Mme Massé : Bien, parce que par définition, une stratégie, M. Lacroix, ça évolue et...

M. Lacroix (Louis) : ...pas une bonne idée l'année passée, finalement.

Mme Massé : Mais, non, au contraire, c'était tout à fait d'à-propos dans ce qui se passait dans notre société. Je vous rappelle que, lorsque nous avons parlé d'ultimatum, quelques semaines, mois auparavant, il y avait 500 000 personnes dans les rues au Québec. Alors, c'est ça, par définition, faire de la politique, c'est être en phase avec sa société, et présentement, bien, non, on n'a pas ça dans nos cartons présentement.

M. Lavallée (Hugo) : Qu'est-ce qu'on devrait faire avec, par exemple, le secteur aérien? On a vu, là, ces derniers mois, que le transport a chuté de façon dramatique. Ça a entraîné une diminution des gaz à effet de serre importante. Là, on imagine que l'activité va reprendre. Dans un secteur comme celui-là, qu'est-ce qu'on devrait faire, si on veut maintenir la baisse des gaz à effet de serre qu'on a constatée?

Mme Massé : Bien, écoutez, je vais commencer, mais on a la responsable du transport, je vais en profiter. Ce que je vous dirais, toute la question du transport aérien, c'est un sacré défi qu'il faut qu'on soit capable de relever. C'est sûr que, nous, on vous a mis de l'avant des propositions en matière de transport terrestre. Donc, tout le transport interurbain par autocar fait partie de la vision de Québec solidaire de protéger l'environnement en offrant du transport collectif terrien. Mais, ceci étant dit, l'enjeu de l'aérien est là, et je vais laisser Ruba vous en dire un plus grand mot.

Mme Ghazal : Bien, d'ailleurs vous me rappelez, pour le transport aérien interrégional, qui est important pour certaines régions, que ce soit pour des gens qui ont des rendez-vous médicaux, etc., le ministre Bonnardel a mis sur pied un comité, on s'est rencontré quelques fois puis on était supposé continuer. Et d'ailleurs j'en profite pour lui demander : C'est quand, la prochaine rencontre? Là, maintenant, il n'y a plus d'urgence, maintenant qu'il y a des lignes qui ont repris, c'est quand, la prochaine rencontre? Puis l'idée, ce n'est pas de se transporter constamment même... tout le temps, partout au Québec, en avion, l'important, c'est de le faire de façon terrestre, d'où notre proposition pour le transport interrégional terrestre, que ce soit une entreprise publique, etc., parce que c'est un service public, et c'est comme ça qu'on perçoit aussi le transport aérien interrégional. Mais d'ailleurs j'aimerais savoir ça va être quoi les conclusions. On a été rencontrés, on nous présentait certaines informations, mais il n'y a pas eu de suite à ça, et donc j'imagine que le ministre Bonnardel va nous rencontrer pour une suite. Parce que là, il n'y a plus d'urgence, mais, s'il y a une autre urgence puis qu'il y a des gens qui ne peuvent pas aller à leur rendez-vous ou se déplacer pour répondre à leurs besoins, bien, là, ils vont être pris, là, dans leur région, comme on l'a vu. Mais, comme il n'y a plus d'urgence, on dirait qu'on ne fait plus rien puis on attend à la prochaine fois.

M. Lavallée (Hugo) : ...question plus générale sur le transport aérien de façon générale...

Mme Ghazal : Dans le monde.

M. Lavallée (Hugo) : Oui.

Mme Ghazal : Bien, en fait, il faut savoir que maintenant, la façon qu'on calcule les gaz à effet de serre, là, la convention dans le monde, on n'inclut pas le transport aérien, on n'inclut pas aussi les exportations, importations. Donc, les émissions de gaz à effet de serre qu'on voit tout le temps monter et qui ne nous permettent pas... donc, nos résultats ne nous permettent pas d'atteindre les cibles que nous disent la science et le GIEC, bien, c'est-à-dire qu'elles sont sous-estimées, c'est encore beaucoup plus.

Maintenant, vous me demandez quoi faire avec ça maintenant. Il n'y a pas de solution maintenant, mais, par exemple, on a découvert toute la question du tourisme local. Les Québécois, peut-être que les prochaines années, même après la pandémie, vont avoir envie de continuer à découvrir leurs régions en y allant par d'autres moyens au lieu d'aller dans des destinations-soleil ou ailleurs dans le monde. Ça va reprendre, c'est sûr et certain, mais c'est sûr que c'est un problème.

Et peut-être d'avoir des incitatifs pour avoir des alternatives, au lieu de voyager constamment, de rester... Maintenant, on voit, avec les réunions... Moi-même, dans mon ancien emploi, on suivait des formations, j'allais aux États-Unis pour suivre des formations. Peut-être que maintenant les entreprises vont le faire de chez nous, maintenant qu'on est rendus habitués avec les plateformes. Est-ce qu'il va y avoir une réduction? Peut-être par l'habitude.

La Modératrice : On va passer en anglais.

M. Carabin (François) : ...sur les sommes accordées au centre-ville, là, j'aimerais vous entendre là-dessus. Est-ce que ça répond à votre vision de la relance, les 15 millions accordés à la ville de Montréal?

Mme Massé : Vous savez, un des enjeux de cette relance-là, c'est que, bien sûr, elle doit soutenir nos milieux urbains, les centres-villes, et tout ça. Les montants annoncés vont permettre de faire une partie du travail, mais, par exemple, puisque je suis dans le centre-ville, ne permettra pas de construire, par exemple, du logement social, et pourtant il y a une urgence majeure. La pandémie nous a démontré à quel point, d'avoir un toit sur la tête, c'était important. Je ne vois pas... En fait, on espère que le gouvernement va présenter dans son prochain budget des nouvelles unités d'AccèsLogis pour qu'on puisse construire du logement social dans les centres-villes. Sinon, qu'est-ce qui arrive? Les gens fuient les centres-villes, et là on se retrouve dans des centres-villes complètement inhabités, on se retrouve avec des centres-villes… Moi, chez nous, là, il y a un enjeu, c'est qu'on avait tout un développement de prévu, notamment de pieds carrés en locaux commerciaux. C'est sûr que, maintenant, à voir les tours qui sont vides, est-ce qu'on va en construire du nouveau?

Ça soulève toutes sortes d'enjeux. Je pense que ce montant-là est un départ, mais ce que je souhaite profondément, c'est qu'on ramène aussi des familles dans les centres-villes pour que ce soient des lieux vivants et non pas juste des lieux d'Airbnb.

Mme Côté (Claudie) : Rapidement… ce matin, il y a des représentants syndicaux qui vont être ici, à l'Assemblée nationale, parce qu'ils sont sans convention collective depuis 2019, affiliés à la CSQ. Là, il y a une impasse, là, il n'y a toujours pas d'offre sur la table. Votre réaction là-dessus.

Mme Massé : On le dit depuis des jours, des semaines, des mois : On ne peut pas que dire merci à tous les jours à un micro pour que ces gens-là, ces femmes-là — parce que c'est de femmes qu'on parle — sentent la valorisation de leur travail. Ça passe par des conditions de travail, ça passe par des conditions salariales, et là, ce qu'on sait, c'est que ça tarde et ça niaise aux tables de négo.

Je n'arrête pas de dire au premier ministre du Québec : Vous devez absolument faire en sorte que les conditions de travail de ces femmes-là, de nos services publics, soient améliorées parce que dans la dernière année vous avez répété à chaque jour qu'elles étaient des anges gardiens. Vous parliez des gens de la santé, mais parlons des gens de la petite enfance, là, qui dès le jour un ont eu à se retourner de bord et à offrir des services. Oui, pourquoi on peut faire ça? C'est parce que c'est des services publics. Mais les services publics, ça se soutient financièrement, surtout parce que c'est des jobs de femmes.

Alors, si M. Legault veut vraiment être à la hauteur de la situation, qu'il dise à sa ministre responsable du Conseil du trésor qu'elle aille… qu'elle dise à ses négociateurs d'aller s'asseoir, de s'entendre, bien sûr, avec les gens de l'éducation, mais pas seulement, parce que ça niaise à toutes les tables.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais.

Mme MacKenzie (Angela) : Mme Massé, could I just ask you about the Montréal parents of school children who may be getting the vaccine in a couple of neighbourhoods where the variants are very high? How do you feel about that, that they're going ahead of teachers and even some of the grandparents?

Mme Massé : You know what? I'm not sure I understand the question.

Mme MacKenzie (Angela) : In Montréal, in two neighbourhoods, the CIUSSS is going to be giving vaccines to the parents of school children, so ahead of schedule. This just came out last night. So it will be ahead of teachers who've been trying to get up on the priority list.

Mme Massé : OK. I'm sorry, I don't know the issue, so I won't answer. Maybe you can ask Christine.

Une voix : Gabriel.

Mme Massé : Gabriel? Oh, yes, it's health. Maybe we'll bring to you Gabriel on this question. Thank you. I'm sorry.

La Modératrice : Est-ce qu'il y a d'autres questions?

Mme Senay (Cathy) : GNL Québec, if I can ask you, because the BAPE has received the report last week.

Mme Ghazal : Yes, the Minister of Environment, yes.

Mme Senay (Cathy) : …passed it on to the Minister of Environment. You're basically at the end of the line here. What are your expectations to make the Legault Government stepping back? Because the speech of Premier Legault right now is to create well-paid jobs. He's doing an announcement this afternoon. He did an announcement on Monday.

Mme Ghazal : But GNL Québec is not the solution for economic development because everywhere in the world the natural gas is being replaced by other renewable energies, in Europe, or Asia, or everywhere. So, in few years, even if GNL Québec maybe creates, in short time, some jobs… And it's never the same number that what is the promise of the companies usually. We are used to that. And in, I don't know, maybe few years after, they will leave because there will be no market for natural gas all around the world, this is very known, everybody knows about it, and it will be abandoned. So, this is the future of this GNL, so I hope that Mr. Legault understands that.

This is the economical side. But we are in a crisis now, sanitary crisis. We're going to have another crisis and we are in it now. We don't speak enough about it, but we are in it, it's the climate change crisis. And if GNL takes place, it will be a catastrophe for the greenhouse gases and the impact of it on the environment and the climate change crisis. So it's a very bad decision.

And also what I'm going to present today is a «motion» to ask the Vérificatrice générale du Québec to estimate the amount of how much it will cost for Hydro-Québec and how much it will cost to our bill for all the Quebeckers to finance this very bad and polluted project.

Mme Senay (Cathy) : Excellent. Manon Massé, I would like to go back to the question Angela asked you, because my understanding... OK, you have parents in Côte-Saint-Luc borough that will get vaccinated soon, it's a pilot project, OK? In those schools, you have Jewish communities, you had the spring break in mid-February, maybe there were gatherings, OK, people met together... the Jewish celebrations coming up soon. Do you have the impression that Premier Legault knows and is kind of aware of the cultural communities sensitivities, knows what is happening, may have this pilot project even put in place earlier to make sure that variants are not spreading out? Is there like a lack of sensitivity for cultural communities in this fight against COVID-19?

Mme Massé : What I know, it's very important to listen to the Public Health on everything concerning the vaccination, of course, and the pandemic. And I'm pretty sure that, in Montreal, Dre Drouin, she is very close to the diversity of Montrealers. So, what did or did not the Premier? I don't know. But what I know, it's the Public Health... we are still following the Public Health. So, that's my answer.

Mme Senay (Cathy) : ...is aware of all those diversities and see it coming.

Mme Massé : You know what? Of course, as we said, the pandemic has not the same impact everywhere. Let's say, in Montréal-Nord, it's not the same thing in Westmount, we know that. And I'm pretty sure that Dre Drouin, she's aware of what happened on the Montréal sectors.

Mme Fletcher (Raquel) : ...ask you just one last question about climate change?

Mme Massé : Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : And your plan to bring on the economy... But when you speak in the National Assembly directed to the Premier and... I just wonder what you think of his reaction... when you presented these ideas. How do you feel that the reaction has been like?

Mme Massé : I think that Mr. Legault has to recognize that when you are in the middle of a crisis, and I'm sure that he knows exactly what that means, when you're in the middle of a crisis, you have to make some choice. I'm pretty sure he's aware of that. The problem is when we're talking about climate change, when we're talking about the emergency to shift the economy in another way to do development, I don't know why, he doesn't want to understand that. Maybe I have an idea, but you know. And that's why we tabled our «plan de relance». It's exactly to say to Mr. Legault and Mr. Girard, because they will put a lot of money, you know, billions to restart the economy : If you do that, you have to do that in the 21st century way. That means transition to get out of the... greenhouse something, you know?

Mme Fletcher (Raquel) : The greenhouse effect.

Mme Massé : Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : But how does he… particularly in the blue room… Do you feel like he's talking down to you?

Mme Massé : I mean, this is my voice, but you know what? It's not only mine. The people, let's say, tomorrow, on the street, the people at the Sol and Catherine assembly, the people this weekend, when we say no to GNL Québec… If I'm here, if we are here, it's to get their voice to Mr. Legault. So, if he understands to me badly, this is one thing, but he has to speak to these people. These people want a planet. This youth wants «un avenir». And I think we have a responsibility. And Mr. Legault, he's the one who has the «portefeuille » to do something, he's the one who has the wallet to do something.

La Modératrice :Merci beaucoup.

Mme Massé : Merci.

(Fin à 8 h 32)