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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, leader parlementaire du deuxième groupe d’opposition, et M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de finances

Version finale

Le mercredi 17 mars 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trente minutes)

M. Nadeau-Dubois : Merci. Bonjour. Hier, le gouvernement a annoncé un assouplissement important dans les mesures de confinement au Québec. Moi, je comprends le sentiment de soulagement qui habite beaucoup de Québécois et des Québécoises ce matin puis je le partage. Je mentirais si je le disais autrement. On est tous tannés. On a tous hâte au vrai déconfinement, mais on n'y est pas encore. Ce qui a été annoncé hier, ça doit être absolument le dernier assouplissement avant le vrai déconfinement. On ne peut pas revenir en arrière. On ne peut pas se permettre un autre épisode de yoyo. La santé mentale des Québécois, des Québécoises ne s'en remettrait pas.

Donc, il faut procéder à un déconfinement intelligent. Le risque, tout le monde le connaît, le risque, c'est qu'une vague de variants provoque un nouveau reconfinement. Et, pour ne pas que ça arrive, pour prévenir des nouvelles éclosions, il faut intégrer des consignes et des conseils en matière de ventilation. Autrement dit, pour éviter une troisième vague, le gouvernement doit ajouter une vraie offensive ventilation dans sa lutte contre la COVID-19.

Hier, sur la liste des lieux qui seront réouverts, il y a plusieurs lieux intérieurs, et il n'y a pas de risque à prendre. Il faut absolument éviter que ces lieux-là deviennent des foyers d'éclosion. Il faut les déconfiner intelligemment et, pour faire ça, bien, il faut intégrer enfin des mesures de ventilation dans notre arsenal de moyens pour lutter contre le virus.

Le gouvernement, il y a quelques mois maintenant, a reconnu théoriquement l'importance de la transmission par aérosols, a reconnu théoriquement l'importance de la ventilation pour diminuer la transmission. Mais, jusqu'à maintenant, il n'a posé aucun geste. Il n'a émis aucune recommandation. Il n'a fait aucun effort pour outiller les Québécois et les Québécoises, qu'ils soient de simples citoyens, de simples citoyennes ou des propriétaires de gym, des propriétaires de restaurant ou des gens qui opèrent des salles de spectacle. Pourtant, il y a plein d'exemples, ailleurs dans le monde, dont on pourrait s'inspirer.

En Colombie-Britannique, par exemple, pas très loin d'ici, le gouvernement produit des conseils et produit notamment de l'information, et je donne un exemple, pour les gens qui font du covoiturage, pour leur expliquer comment bien aérer l'habitacle de la voiture pour éviter la transmission.

En Allemagne, c'est depuis le mois d'octobre qu'on a investi massivement pour mesurer la qualité de l'air, d'une part, avec des détecteurs de CO2 et, deuxièmement, pour améliorer la ventilation pas seulement dans les écoles, dans tous les bâtiments publics de l'État. Donc, ça inclut les musées, ça inclut les théâtres, ça inclut les universités.

Au Japon, on a même installé, dans les salles de spectacle, des écrans géants qui diffusent en direct les taux de CO2 dans la pièce pour que les gens sachent s'ils sont en sécurité ou pas sur le plan de la transmission par aérosols.

Je ne dis pas que le gouvernement du Québec doit faire exactement ça, mais je donne des exemples de mesures qui existent à travers le monde, dont on pourrait s'inspirer pour que ce qu'on vient de réouvrir hier, on n'ait pas à le refermer dans les prochaines semaines à cause des variants. On peut faire de la vulgarisation. On peut faire de la sensibilisation. On peut faire de la publicité.

Moi, je ne m'explique pas que, rendu au mois de mars, avec tout ce qu'on sait sur la transmission aérienne, les autorités gouvernementales n'aient pas pleinement intégré des conseils puis des consignes en matière d'aération, de ventilation, dans les communications quotidiennes qu'on fait sur la pandémie. Les Québécois puis les Québécoises ont fait leur part plus d'une fois dans la dernière année. Là, c'est au tour du gouvernement de mettre le paquet pour éviter à tout prix qu'on reconfine, bref, pour éviter une troisième vague.

M. Marissal : Bonjour, merci d'être là. Je ne serai pas très long.

Vous avez probablement vu comme moi que le ministre de l'Économie Pierre Fitzgibbon a pondu une nouvelle structure salariale à Investissement Québec. En fait, il a importé une autre page du milieu d'où il vient, c'est-à-dire la haute finance, les banques, le milieu privé, une nouvelle structure qui fait carrément sauter la banque, qui permettra à certains V.P. de gagner entre 750 000 $ et 1 million. L'ami du ministre qui a été nommé à la tête, M. Guy LeBlanc, fera 1 million et plus.

C'est du jamais vu dans la fonction publique. Et Investissement Québec, ce n'est pas une banque. L'État québécois n'est pas une business. On l'a dit et redit. Je crois que l'État québécois, au contraire, devrait être le garant et le gardien d'une équité. Et, en ce moment, ce qu'on fait, c'est faire péter la banque pour une minorité de gens qui devraient être là d'abord et avant tout pour servir la population québécoise.

La CAQ nous a habitués à ça, de plus en plus, gère le Québec... Moi, je le vois notamment avec le projet de loi n° 60 sur la dotation dans la fonction publique, le gouvernement de la CAQ veut gérer le Québec comme si c'était une business. D'ailleurs, ce sont des businessmen, d'ailleurs, qui dirigent ce gouvernement. Avec les libéraux, le gouvernement libéral était un gouvernement de médecins. Ils avaient fait sauter la banque pour les médecins. La CAQ, c'est un gouvernement de banquiers. Ils font sauter la banque pour les banquiers.

Mais moi, je dis : Attention, là, holà! Il y a quand même une limite. Et on est en train de créer des disproportions scandaleuses quand on pense, par exemple, aux infirmières, aux enseignantes, aux préposés aux bénéficiaires, à qui on offre des miettes. Une infirmière, en ce moment, là, son seul bonus, sa seule prime, là, c'est son temps supplémentaire obligatoire. Et, en attendant, on leur envoie le message de ne pas s'attendre à grand-chose dans la présente négociation, qu'elles ramasseront des grenailles.

Alors, il n'est pas trop tard, là, même si ça a été adopté par le gouvernement, on peut reculer puis revenir à quelque chose de décent dans la fonction publique. Je répète, l'État n'est pas une business. Merci.

Mme Côté (Claudie) : …du timing pour cette annonce-là? Vous avez parlé des infirmières, mais c'est le cas aussi pour plein d'autres entrepreneurs qui peinent à joindre les deux bouts en ce moment, qui apprennent, là, que M. LeBlanc pourrait faire 1,1 million de dollars.

M. Marissal : Disons que les apparences ou le timing n'ont jamais beaucoup empêché M. Fitzgibbon d'imposer ses décisions. La pandémie l'a peut-être retardé un peu dans son plan de restructuration d'Investissement Québec comme si c'était une banque privée. Mais moi, je me souviens, au printemps dernier, quand on avait fait la première commission parlementaire virtuelle, j'avais demandé à M. Fitzgibbon si l'État devait verser de l'argent à des entreprises privées dont les dirigeants se versent des bonis, et il m'avait dit : Non, non, non, on ne peut pas faire ça, il faut quand même être prudent, il faut quand même garder une certaine décence en période difficile.

Pendant ce temps-là, là, je vous rappelle qu'il y a des petites entreprises puis des restaurateurs qui tirent le diable par la queue, qui font des pieds et des mains pour essayer d'avoir de l'aide. Le ministre leur répond qu'ils ne comprennent pas vraiment les programmes ou qu'ils n'ont pas besoin d'aide. Pendant ce temps-là, en catimini, il réécrit la grille de rémunération et il importe des modèles propres à Wall Street, pas à Québec.

M. Lacroix (Louis) : Mais ça, M. Marissal, c'est toujours la fameuse dualité entre dire : Bien, ça nous prend des gens compétents, les gens compétents, on les prend dans le privé, dans le privé, ils gagnent tant, si on veut les débaucher puis les faire travailler pour nous, il faut leur donner des conditions semblables. C'est toujours cette espèce d'équation là qu'on fait, à quelque part, pour justifier… Alors, ce serait quoi, un salaire justifié, pour vous, pour M. LeBlanc, là? Il devrait gagner combien, M. LeBlanc, à votre avis?

M. Marissal : Si on accepte la théorie du gouvernement qu'il faut absolument mettre plein, plein, plein de zéros après le un pour avoir des gens qualifiés, ça veut dire qu'en ce moment les gens qui travaillent pour la fonction publique ne sont pas qualifiés, puis je trouve ça vraiment insultant pour les gens qui se donnent corps et âme pour l'État québécois. En ce moment...

M. Lacroix (Louis) : Ma question est précise, M. Marissal. Je vous demande...

M. Marissal : Oui, mais vous n'aurez pas de chiffre de ma part. Moi, je ne suis pas en train de cadrer la grille salariale comme telle. Ce que je sais, c'est que 1 million…

M. Lacroix (Louis) : Vous dites que 1,1, c'est trop. Alors, à quelque part, vous dites : Ça prend un salaire décent. Vous dites que vous n'êtes pas en train de cadrer. Donc, si vous n'avez pas d'idée, ça veut dire que 1,1, ça peut être aussi bon, là. Vous dites : Ça prend un salaire décent. C'est quoi, un salaire décent, pour vous?

M. Marissal : Le salaire moyen des fonctionnaires au Québec, là, il est entre 50 000 $ et 60 000 $. Là, on va gagner de 10, à 15, à 20 fois plus. C'est là qu'est l'indécence.

M. Lacroix (Louis) :

M. Marissal : Si je peux juste terminer, en ce moment, là, un V.-P., là, dans la haute fonction publique, ça gagne entre 250 000 $ et 300 000 $. Je pense que ça va là. Je pense que ça va, hein? Je pense que c'est correct. Le premier ministre, là, je vous rappelle, il gagne 200 000 $. On pourrait faire l'argument que c'est le premier ministre, c'est la première fonction au Québec, il faudrait qu'il gagne 8 millions de dollars. Bien non, c'est du service public. François Legault n'est pas à la tête d'un C.A. d'une grande entreprise. C'est le premier ministre de tous les Québécois et de toutes les Québécoises.

Alors, la CAQ, là, devrait se calmer un peu le pompon, là, d'autant que M. Fitzgibbon nous a dit qu'il avait plein de chums à placer. Il vous l'a dit à vous, en fait, dans un scrum l'an dernier : J'ai plein de chums, ça fait qu'attendez-vous à en voir d'autres. Est-ce qu'il est en train d'ouvrir la porte à ses chums comme il l'a fait pour Guy Leblanc? J'espère que non, mais disons que la grille salariale est là, en tout cas.

M. Lavallée (Hugo) : Estimez-vous que M. Leblanc et les autres vice-présidents sont là pour les mauvaises raisons? Parce que vous disiez qu'ils doivent être là pour le service public, donc ce n'est pas le cas, là.

M. Marissal : C'est qu'on sous-entend qu'il n'y a pas de monde qualifié qui va venir travailler pour le Québec et pour les Québécois et les Québécoises si on ne les paie pas un salaire de fou. La seule valorisation du travail pour la CAQ, c'est le zéro qu'il y a après le un. Moi, je n'accepte pas ça. En ce moment, il y a des gens qui travaillent pour le gouvernement du Québec, qui sont dévoués, qui se dévouent corps et âme, puis il y en a à Investissement Québec aussi. Là, on est en train de leur dire : Bien, vous n'êtes pas bons, ça fait qu'on va vous remplacer, on va changer la structure puis on va importer des techniques et des manoeuvres, des pratiques du privé. Je le répète, Investissement Québec n'est pas une banque et l'État n'est pas une business.

Mme Lévesque (Fanny) : …sur la ventilation, là, on est en mars, à Montréal, on va déjà commencer bientôt à rouvrir les fenêtres dans les classes. Est-ce qu'il est trop tard? Est-ce que vous pensez encore que c'est possible que l'appareil se tourne et installe des purificateurs d'air dans toutes les classes à Montréal d'ici la fin de l'année? C'est réaliste?

M. Nadeau-Dubois : Moi, j'ai été le premier à l'Assemblée nationale à parler du problème de la ventilation dans les écoles. Québec solidaire a été le premier parti à déposer une motion sur cette question-là, puis on l'a fait au mois d'octobre. Si Jean-François Roberge, au lieu de nous ridiculiser, nous avait écoutés, on n'en serait pas là, puis les écoles québécoises seraient aussi sécuritaires que les écoles allemandes, où, en octobre, on a investi massivement pour améliorer la ventilation, installé des détecteurs de CO2 et, là où c'est nécessaire, des purificateurs d'air. C'est sûr qu'il est tard. Mais on n'ouvrira pas toutes les fenêtres dans les salles de spectacle. On n'ouvrira pas toutes les fenêtres dans les gyms. On n'ouvrira pas toutes les fenêtres dans les restaurants. Ces espaces-là, on est en train de les déconfiner.

Alors là, le timing, il est bon pour, d'abord, là, juste au niveau de la sensibilisation et du discours public, intégrer la question de la ventilation. Quand on donne des conseils aux gens, qu'est-ce qu'on leur dit? On leur dit : Lavez-vous les mains, c'est bien. On leur dit : Distanciation, c'est bien. On leur dit : Portez le masque, c'est bien. Pourquoi on n'ajoute pas toujours : Et, si vous êtes à l'intérieur, assurez-vous d'avoir une bonne ventilation? Les santés publiques, à peu près partout à travers le monde, le font, de l'Allemagne au Chili en passant par le CDC, aux États-Unis. C'est juste une bonne pratique. C'est juste de la prévention. Je ne comprends pas la réticence du gouvernement du Québec à intégrer ce moyen-là. C'est juste un plus dans notre arsenal contre le virus.

M. Bergeron (Patrice) : Pourquoi la direction de la santé publique ne le fait pas? Pourquoi? C'est leur rôle. Vous le dites, c'est les directions de santé publique qui font ça partout dans tous les autres pays. Puis ici, le Dr Arruda, il est là toutes les semaines, là, en tribune, puis il n'a jamais passé de consigne aussi claire que ça systématiquement, et que toutes les DSP dans toutes les régions qui auraient le moyen puis l'autorité pour le faire ne le font pas. Est-ce que c'est vraiment toujours la faute du gouvernement dans ce cas-là?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je ne peux pas répondre à cette question-là. Vous me demandez pourquoi la Santé publique québécoise ne le fait pas. Moi, je ne leur parle pas. Le gouvernement ne nous offre pas, aux oppositions, cette possibilité de discuter directement avec la Santé publique. J'aurais bien aimé ça, dans les derniers mois, avoir ces conversations-là. Le gouvernement ne nous le permet pas, bon, ou, en fait, pour être exact, ne nous le permet que dans certains moments très spécifiques. Par exemple, hier, on l'a fait, mais sur la question de la vaccination. C'était un 30 minutes juste pour ça.

Donc, moi, je ne suis pas en mesure de répondre à votre question. Ce que je sais, c'est que le Québec a été un des derniers endroits à reconnaître théoriquement l'importance de la transmission par aérosols. On en a largement parlé tout l'automne. Qu'est-ce qui fait que, maintenant qu'on a eu cette reconnaissance théorique, on ne passe pas au volet pratique? C'est-à-dire, qu'est-ce qui fait que, maintenant qu'on reconnaît que ça existe, on n'ajoute pas ça dans nos conseils? C'est la question à 100 $. Moi, je n'ai pas la réponse.

Mais je pense que c'est ce qu'il faudrait faire, surtout qu'on vient d'ouvrir des restaurants, on vient d'ouvrir des gyms, on vient d'ouvrir des salles de spectacle. Je comprends que ces milieux-là soient soulagés de la réouverture. Je le suis aussi pour eux et pour elles. Mais là comment on fait pour ne pas qu'on doive reconfiner? Comment on fait pour que ces espaces-là ne deviennent pas des foyers de transmission? Il y a plusieurs moyens. Et ce serait dommage de se priver d'un des moyens essentiels pour limiter la transmission en milieu intérieur, c'est-à-dire la ventilation.

M. Lacroix (Louis) : Jusqu'à quel point vous craignez une troisième vague?

M. Nadeau-Dubois : Bien, elle est...

M. Lacroix (Louis) : Je vais reformuler. Pensez-vous qu'une troisième vague est inévitable? Parce qu'hier on a eu une indication, là, qu'il y a des risques quand même assez importants.

M. Nadeau-Dubois : Moi, je ne vis pas dans le monde de la théorie, hein? Je vis dans le monde de la pratique. Je regarde l'Italie qui vient de procéder à des reconfinements parce qu'il y a une troisième vague. Je regarde à quelques kilomètres d'ici, en Ontario, où on commence à en parler sérieusement, de troisième vague. Donc, le risque, il existe.

Et là le pari que fait le gouvernement, c'est que la vaccination va procéder plus rapidement que les variants. J'espère qu'on va gagner ce pari-là. Il le faut absolument. Comptez sur moi pour y mettre toute mon énergie puis comptez sur ma formation politique pour mettre toute sa conviction pour qu'on remplisse ce pari-là. Mais une des manières de le réussir, ce pari-là, c'est quoi? C'est de s'assurer que ce qu'on déconfine ne devienne pas des nouveaux lieux de transmission, puis ça, ça passe notamment par des mesures de ventilation.

Et, je répète, ça se fait dans plusieurs pays dans le monde. Pourquoi ne pas dire, par exemple, aux restaurants : On vous demande... on vous donne un seuil en termes de concentration de CO2 et on vous invite, si vous remarquez que ça dépasse ce seuil-là, à, par exemple, ouvrir les fenêtres? Ça peut se faire simplement et à faible coût.

M. Lacroix (Louis) : Si on regarde les mesures actuelles, la troisième vague semble inévitable, selon ce que vous dites.

M. Nadeau-Dubois : Non, non, ce n'est pas ce que je dis. Je dis que...

M. Lacroix (Louis) : Bien, vous dites : Il faut faire de la ventilation, il faut en faire plus.

M. Nadeau-Dubois : Je dis que le pari que nous sommes en train... que le gouvernement est en train de faire, c'est que la vaccination va aller plus vite, va progresser plus rapidement que les variants. Pour réussir ce pari, il faut mettre le paquet, puis ça passe par la ventilation. Mais je ne connais pas l'avenir.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant les changements de zones de couleur, au-delà de la ventilation, là, est-ce que vous êtes d'accord avec les changements de zones qui ont été annoncés hier précisément?

M. Nadeau-Dubois : Pouvez-vous répéter votre question?

M. Lavallée (Hugo) : Au-delà de la ventilation, les autres changements qui ont été annoncés hier, entre autres les changements de zones d'une région à l'autre, est-ce que vous êtes d'accord avec l'approche du gouvernement?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je constate que, dans beaucoup de ces régions-là, ça faisait parfois plusieurs semaines, même plusieurs mois, qu'il n'y avait pas de nouveau cas. Il y avait une volonté, dans ces régions-là, de rouvrir un peu. Moi, je fais confiance que la Santé publique a pris les bonnes décisions en fonction des épidémiologies régionales. Mais c'est sûr qu'il y a un aspect... Il y a un certain élément de pari dans les annonces qui ont été faites hier. Je pense que le gouvernement lui-même ne s'en cache pas. Moi, je veux juste qu'on gagne ce pari-là. Puis aujourd'hui je propose des solutions pour qu'on le gagne.

Mme Crête (Mylène) : Est-ce que le gouvernement aurait dû attendre que les 65 ans et plus soient vaccinés à la mi-avril pour procéder à des allègements? Il me semble que ça aurait été une façon de mettre toutes les chances de notre côté.

M. Nadeau-Dubois : Oui. Comme vous le savez, puis comme ça me fait un plaisir de répéter à chaque fois, le gouvernement ne nous fournit pas les données scientifiques sur lesquelles il base ses décisions. Donc, si j'avais, moi, les données épidémiologiques, je pourrais, avec mon équipe, puis en consultant des experts, dire ce que je pense des décisions, sur le fond, qui ont été prises hier. Le gouvernement ne nous donne pas cette information-là. Donc, je ne peux pas, de manière précise, dire ce qu'il aurait fallu déconfiner ou pas hier.

M. Larin (Vincent) : Savez-vous combien il y a de députés qui ont été vaccinés jusqu'ici?

M. Nadeau-Dubois : À l'Assemblée nationale?

M. Larin (Vincent) : Oui?

M. Nadeau-Dubois : Non, à ma connaissance, il n'y a pas de registre. Il n'y a pas de...

M. Larin (Vincent) : …que ce serait important que les députés soient plus proactifs sur le fait qu'ils sont vaccinés?

M. Nadeau-Dubois : Bien, en tout cas, vous remarquerez, là, moi, à chaque fois qu'on me pose une question sur la vaccination, j'essaie de mettre tout mon enthousiasme et ma conviction pour inviter les Québécois et les Québécoises à se faire vacciner. C'est tellement important.

Moi, le jour où je serai vacciné, puis, bon, je ne veux rien enlever à mon collègue de Rosemont, mais il va être vacciné avant moi, je vais le publiciser le plus largement possible. Moi, j'invite tous les députés à ne pas seulement faire un tweet quand ils se font vacciner, mais à utiliser tous les moyens de communication à leur disposition pour dire : Je vais me faire vacciner, allez vous faire vacciner, c'est la solution. Bien sûr, la vaccination est volontaire, doit rester volontaire. Mais ça ne devrait pas nous empêcher de mettre toute notre énergie puis notre enthousiasme derrière les incitations à la vaccination.

M. Larin (Vincent) : Dans le contexte de la crise de confiance envers la vaccination, est-ce qu'on devrait faire un passe-droit pour, par exemple, les quatre chefs de partis, qu'ils fassent quand même une photo op de vaccination les quatre en même temps puis...

M. Nadeau-Dubois : Je vais vous donner vraiment ma réponse la plus sincère, là, sur ça.

Une voix : ...

M. Nadeau-Dubois : Bien oui, c'est ça. Non, mais c'est qu'elle va peut-être être plate parce qu'elle va être nuancée. C'est ça que je veux dire. Des fois, c'est plus le fun quand c'est moins nuancé, je le sais. Mais moi, je pense qu'il faut faire attention. Ça peut être une épée, une lame à double tranchant que de faire passer les figures politiques avant la population générale. Je comprends l'avantage que ça pourrait avoir sur le plan de la sensibilisation, mais ça pourrait aussi créer une impression de favoritisme. Et il faut bien faire la balance des inconvénients avant de procéder à une opération de communication comme celle-là.

Moi, je constate qu'il y a beaucoup de personnalités publiques qui se font vacciner et qui communiquent avec enthousiasme le fait qu'ils se sont fait vacciner. Ça, je pense que c'est une initiative à encourager. Et ça nous protège peut-être des inconvénients potentiels d'une opération de communication où on ferait vacciner avant les autres les leaders politiques, ce qui pourrait créer une impression de favoritisme. Puis il faut procéder avec beaucoup de prudence sur ces enjeux-là pour ne donner aucun encouragement direct ou indirect à l'hésitation vaccinale.

Mme Côté (Claudie) : Donc, vous êtes d'accord avec la stratégie de M. Legault d'attendre parce qu'il aura 65 ans dans deux ans seulement?

M. Nadeau-Dubois : Oui, je pense que c'est sage.

Mme Lévesque (Fanny) : À Saint-Eustache, la publication d'avis d'offres d'emploi pour des personnes blanches seulement, parce que semblerait qu'il y avait un usager qui ne voulait pas se faire soigner par une personne racisée, qu'est-ce que vous pensez de ça? Et quelle devrait être la conséquence aujourd'hui?

M. Nadeau-Dubois : C'est illégal, la discrimination à l'embauche. C'est immoral. C'est inacceptable dans une société démocratique. Je suis content de voir que l'établissement en question a affiché son désaccord immédiatement. Je suis content de voir qu'il y aura une enquête interne. Ces pratiques-là n'ont pas de place au Québec.

M. Bossé (Olivier) : …la rencontre entre M. Legault et M. Labeaume, ce matin, vos attentes, c'est quoi?

M. Nadeau-Dubois : Surtout de l'espoir, l'espoir que ce soit la fin de la petite politique de la CAQ pour morceler, retarder, voire bloquer le projet de tramway. Les citoyens et citoyennes de la région de Québec, là, de notre capitale nationale, ils méritent d'être traités comme tels. Ils méritent un réseau de transport structurant pour le XXIe siècle, pour une vraie capitale moderne.

M. Carabin (François) : …revenir sur la vaccination rapidement, là. Le premier ministre s'est fixé un objectif quand même ambitieux hier, là. Il va falloir augmenter le nombre de vaccins administrés par jour. Quel est votre niveau de confiance actuel si on regarde l'opération, comment elle se déroule actuellement?

M. Nadeau-Dubois : Oui, jusqu'à maintenant, là, la campagne de vaccination, elle va bien. Je m'en réjouis. C'est tellement une bonne nouvelle pour le Québec qu'on soit capables de vacciner rapidement. C'est un pari audacieux qu'a fait le premier ministre hier. Moi, je ne peux qu'espérer qu'on remplisse ce pari-là. J'espère que ça ne sera pas des espoirs déçus, parce que les Québécois sont tannés, là, de se faire promettre des défis 28 jours qui ne sont pas remplis ou des lueurs d'espoir qui finissent par s'éteindre.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : …that having this objective of giving all Quebeckers their first shot by June 24th, is it too much as a promise?

M. Nadeau-Dubois : It's an ambitions challenge. I sincerely hope we will be up to the task. I sincerely hope the Government will fulfill this challenge, because I think Quebeckers are tired of challenges that are missed or hopes that are deceived.

Mme Senay (Cathy) : The number of confirmed cases of variants went from 343 to 522 yesterday, confirmed, sequencing, and all that, done. And now we have high school students in orange zones being able to go back to school full-time. How do you see this challenge of countering variants?

M. Nadeau-Dubois : Well, first things first, those numbers will continue to rise. Variants will slowly become the dominant form of the virus. The science is clear on that. What can we do to prevent or to slow down that progression of the variants? Well, we need to be tougher at each step of our strategy, because variants are not a new virus, they're the same virus, only meaner. And, for schools specifically, ventilation measures should be already in place to make sure that the schools do not become a new place where outbreaks are happening. We have to make our schools safer by proper ventilation measures.

Mme Senay (Cathy) : Well, the Government said that it would create more problems to have purifiers if they are not well installed in classes.

M. Nadeau-Dubois : Before agreeing on the issue of purifiers, we could begin by testing all classrooms. That has not been done yet.

Mme Fletcher (Raquel) : Is it a good thing that the students are going back full-time? We've heard lots of concerns about students, their marks suffering, their mental health suffering. Can you react to that?

M. Nadeau-Dubois : The fact that students are back full-time in school is a good news for their mental health, is a good news for their school success. Now, we have to make sure the schools are safe, and the problem is that Mr. Roberge is not doing everything he can to make our schools safe. It should not be a problem to reopen the schools, but it might become a problem if we don't put in place the proper ventilation measures.

Mme MacKenzie (Angela) : …get your reaction to the report about the St-Eustache Hospital recruiting PABs who are, quote, «white only»?

M. Nadeau-Dubois : Well, you know, work discrimination is illegal. It's immoral. It's unacceptable in a democratic society. This should not be happening in Québec. I'm glad to see that the institution in question has quickly reacted by an inquiry. I'm glad to see that there's a strong consensus that those things should not be happening. But it's still disturbing and it's still a reflection that racism is not only a bad apples problem. There is a structural component to racism. And we need to have that conversation and need to address this in Québec.

Mme MacKenzie (Angela) : …have gone through many layers, right? Lots of people would have had to go through the approval process for those recruitments campaigns to go out. So, you know, how bad is that problem?

M. Nadeau-Dubois : Well, that's the answers we want to have with the inquiry that the establishment will do. How was that possible? How many pairs of eyes have seen that paper? And how did it… went through the bureaucratic procedures? That's the $100 question right now.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Nadeau-Dubois : Merci.

(Fin à 8 h 57)

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