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Point de presse de M. André Fortin, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, et M. Enrico Ciccone, porte-parole de l’opposition officielle en matière de sports, de loisirs, de plein air et de saines habitudes de vie

Version finale

Le mercredi 19 février 2025, 8 h

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures)

M. Fortin :Bonjour. Bonjour, messieurs dames. Merci d'être... d'être là et d'être ponctuels comme toujours. Je vais revenir sur les entrevues un peu surréalistes de Christian Dubé qu'on a entendues en fin de semaine. Moi, ce que j'ai entendu du ministre de la Santé, là, c'est essentiellement : Voici le fonctionnement sous Santé Québec. S'il y a quelque chose qui ne marche pas, s'il y a quelque chose qui m'est rapporté, s'il y a des députés qui me rapportent des situations, bien, j'appelle Santé Québec puis je leur demande ce qui se passe. Donc là, si je comprends bien, Christian Dubé, il veut jouer au rôle d'opposition avec le temps qui lui reste comme ministre, là. Si ça ne... Si ça ne marche pas, on demande des explications à Québec puis, quoi, on... à Santé Québec et, quoi, on va nous relayer des lignes de presse à partir de là? Je m'excuse, mais il n'y a personne qui a voté pour Geneviève Biron. Les gens ont voté pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec parce qu'ils leur ont fait des promesses en santé, parce qu'ils leur ont dit qu'eux régleraient des enjeux concrets en matière de santé.

Puis, en ce moment, là, bien, ça pète à peu près partout dans les urgences. Il y a plus de Québécois que jamais qui attendent pour une consultation avec un spécialiste. La liste des chirurgies a repris une augmentation substantielle. Les... On le voit tous les jours dans vos quotidiens, dans vos reportages, les gens ont de la difficulté à accéder au 8-1-1, à avoir un rendez-vous. Et qu'est-ce que... qu'est-ce que les citoyens, qu'est-ce que les élus municipaux doivent faire maintenant? Le maire de La Tuque qui est sur la place publique ces jours-ci pour dire : Bien, la fermeture de mon bloc opératoire, ça ne passe pas, on doit relancer ce bloc-là, quand il fait ça, il s'adresse aux élus de sa région, il s'adresse au ministre de la Santé puis il s'adresse au premier ministre, il ne s'adresse pas à Santé Québec. Les gens qui ont la responsabilité d'améliorer le réseau, de répondre à ces situations-là, c'est le gouvernement de la CAQ. Alors, on leur demande de prendre leur responsabilité. Ce sont eux qui sont en charge du réseau de la santé et personne d'autre.

M. Ciccone :Merci, André. Merci, merci à tous. Alors qu'on est à l'air de vouloir bien soigner les gens, de les garder en santé, imaginez-vous donc qu'on a un chef d'État qui fait l'apologie des bagarres, des coups de poing sur la gueule. Je vais vous citer ce qu'il a dit en début de semaine, là : «Je ne suis pas contre les batailles. Mais quand on veut se venger d'un coup vicieux, ça, ça peut être une bonne idée.» Moi, je suis ici aujourd'hui parce que les propos du premier ministre m'ont choqué, que je trouve archi-irresponsables. Notre société qui avance, qui avance au niveau de la protection, de la sécurité chez les jeunes, s'il y a un élément avec lequel je suis archi d'accord avec la ministre des Sports puis s'il y a un endroit où on ne s'est jamais chicanés puis coltaillés, là, c'est justement sur l'aspect des bagarres pour protéger nos jeunes. Mais ce n'est pas juste nos jeunes, c'est nos moins jeunes également.

Alors, d'avoir un premier ministre qui fait l'apologie, qui est d'accord avec ce genre de choses là, et qui me dit, là, à micro fermé après ma question : Bien, tu n'aurais pas eu de carrière. Tu sais, à un moment donné, là, il faut être à la hauteur, là, de sa fonction. Je comprends que M. le premier ministre, à chaque fois qu'il touche au hockey, ça ne tourne pas... ça ne tourne pas rond, là. Mais c'est pour cette raison-là qu'aujourd'hui, on va déposer... je vais déposer une motion qui va condamner tous propos faisant l'apologie des combats et de la violence ici au Québec, puis qu'enfin elle invite l'ensemble des parlementaires à tenir des propos responsables vis-à-vis la violence dans le sport.

Je comprends que le premier ministre, des fois, il parle plus vite qu'il pense, là, mais on va lui donner une autre chance de se rattraper puis de dire à notre jeunesse québécoise que se donner des coups de poing sur la gueule, là, ce n'est pas une bonne idée. Merci.

Journaliste : Qu'est-ce que vous lui demandez exactement, des excuses?

M. Ciccone : Ce que je lui demande, c'est...

Journaliste : Il a dit que vous auriez dû faire autre chose dans la vie, là, que vous n'aviez pas à utiliser vos poings. C'est ça qu'il vous a dit, hier.

M. Ciccone : Bien, effectivement. Tu sais, à un moment donné, c'est sûr que, comme élu, démocratiquement, on vient d'un endroit, nous, les sportifs qui se sont retirés rapidement de tout ce qui est l'école. On devient professionnels rapidement. Puis on veut réaliser un rêve. Puis aujourd'hui, quand j'ai pris ma retraite à 30 ans, j'ai toujours fallu que je prouve à tout le monde qu'on n'est pas des imbéciles, les joueurs de hockey, qu'on est capables d'avoir une voie, qu'on est capables de faire changer les choses. Puis c'est pour ça que je suis à l'Assemblée nationale aujourd'hui. C'est ma mission.

Une voix : ...

M. Ciccone : Puis, dans l'attente un chef d'État me dire : Bien là, toi, tu ne serais pas ici si tu ne t'étais pas battu. Tu sais, je veux dire, à un moment donné, encore une fois, ça prouve qu'à l'âge de 54 ans je dois démontrer que je suis une personne intelligente puis que je suis une personne qui est capable de défendre... de défendre les gens.

Journaliste : ...ça, ce commentaire-là dont vous parlez, que vous n'auriez pas eu de carrière?

M. Ciccone : Bien, je veux dire, c'est... Tu sais, c'est blessant, là. Puis je pense que tout le monde, à un moment donné... Puis je ne veux pas jouer à la victime ici, là, parce que ce n'est pas la première fois que je l'entends. Parce qu'aussitôt que j'ai porté le flambeau, puis j'ai porté le drapeau de l'antiviolence, de contre les bagarres, pour protéger les jeunes, les commotions cérébrales, avec tout ce qu'on sait aujourd'hui, tu sais, à un moment donné, c'est sûr que je me suis fait traiter de tous les noms, là. Toi, le grand, tu as fait ça toute ta vie, puis tu as gagné ta vie comme ça. Puis aujourd'hui, bien là, tu es l'apôtre de la non-violence. Bien, oui, parce qu'à l'époque, on ne le savait pas. Puis on ne peut pas mettre... On ne peut pas mettre en tant que législateur puis qu'homme d'État, ce que ça peut faire comme dommage à moyen terme et à long terme sur notre cerveau. Surtout... Puis les sportifs, là, ce n'est pas juste au hockey.

Journaliste : ...il a quand même dit que les bagarres étaient honteuses, là, je pense... le samedi soir. Donc, vous, vous avez vraiment vu ça comme...

M. Ciccone : Bien, ce n'est pas... Ce n'est pas une question... C'est de la façon que ça a été fait. C'est sûr que quand tu regardes le match puis ça se bat... en neuf matchs, c'est honteux. Mais la fin du commentaire du premier ministre était honteuse. Je le répète, là. «Je ne suis pas contre les batailles. Mais quand on veut se venger d'un coup vicieux, ça peut être une bonne idée». Ça, c'est honteux. Ça, c'est honteux.

Journaliste : ...qui le concerne. Québec a agi dans la LJMQ. Ça, la... ça ne concerne pas Québec. Donc est-ce qu'il n'y a pas une partie de petite politique qui fait qu'il y a M. Legault là-dedans?

M. Ciccone : Pardon? Petite politique?

Journaliste : Je vous demande, je vous pose la question, je vais défendre M. Legault, là, en disant, est-ce que ce n'est pas un peu de la petite politique, de l'attaquer là-dessus, alors qu'il n'a pas vraiment la main mise là-dessus? Il ne peut pas intervenir sur les bagarres dans la...

M. Ciccone : Non, mais c'est le message qu'on envoie. C'est le message qu'on envoie. Déjà, d'entrée du jeu, j'ai dit qu'on a fait des avancées majeures. S'il y a un endroit où on s'entend avec... où moi, je m'entends avec la ministre, c'est justement ça. On a mis la pression. J'ai déposé deux projets de loi ici pour abolir les bagarres. La ministre était contre les bagarres. Elle a mis de la pression, un protocole de sécurité. Elle l'a dit à ligue... à la LHJMQ qu'ils n'étaient pas pour l'accepter.

Journaliste : M. Legault, serait revenu là-dessus, là, dans le domaine qui le concerne. Donc ça...

M. Ciccone : Bien, ce n'est pas... Bien, c'est contre, justement, de se donner des coups de poing sur la gueule. Ça veut dire que c'est le message que tu envoies quand même, même si c'est des jeunes, parce que je vous rappellerai que dans cette ligue junior au Québec, ici, là, bien, il y a des jeunes de 20 ans. Puis c'est des adultes pareil. Ça ne s'attache pas juste aux jeunes mineurs là. Ça s'attache à tout le monde. C'est le message qui est important.

Journaliste : ...ça vous satisfait, je ne sais pas, il semblait dire que pour les jeunes, ce n'est pas correct, mais pour les autres, peut-être que c'est correct?

M. Ciccone : Avec la science, là, des coups de poing sur la gueule, qui tu ais 16 ans, 15 ans, 14 ans, ou 25, ou 30 ans, là, avec toutes les études qu'on a aujourd'hui, là, ce n'est pas bon. Moi, j'ai des collègues qui se sont suicidés, dont Chris Simon l'année passée. Je vais vous parler Todd Ewen, Fedoruk. Je peux tous vous les nommer, là, c'est... Puis ils font une encéphalopathie. Moi, chaque matin, je me lève puis je me demande : J'ai oublié quelque chose le matin, c'est-tu ça? J'en ai eu cinq, six, sept, là. Ça fait que, moi, ça me touche énormément quand j'entends mon chef d'État, parce que c'est quand même mon chef d'État aussi, qui dit que les bagarres, c'est correct, puis tu peux te venger avec un coup de poing sur la gueule. Moi, ça me dérange, puis ça me peine énormément pour notre... nos jeunes du Québec.

Journaliste : ...l'expérience, de ce que vous entendez, là, l'interdiction des bagarres dans la LHJMQ, est-ce que ça fonctionne? Parce qu'on voyait encore hier, là, il y a un joueur de Charlottetown qui a été...

M. Ciccone :Merci. Bien, justement, ça vient avec un jeune qui s'appelle Russ Campbell, qui est tombé sur la glace après une bagarre, alors que les bagarres sont interdites. Mais en même temps, c'est des petits gars, puis tu es sûr qu'à un moment donné, ils vont se coltailler, mais ils sont retirés du match, puis ça, c'est une avancée majeure.

Il fait cette déclaration-là la même journée que Russ Campbell tombe sur la tête, qu'il est en convulsions sur la glace, que le petit gars a manqué de laisser sa vie sur la glace. Tu sais, tu dis à un moment donné... Puis là, je me fais dire que je fais de la petite politique. J'ai de la difficulté à l'entendre, celle-là.

Journaliste : Est-ce que...

M. Ciccone :J'ai beaucoup de difficultés à... J'ai eu beaucoup de difficultés à l'entendre celle-là. C'est sûr que le timing... mais il ne devrait même pas en avoir de timing, puisque ce genre de choses là ne devrait même pas arriver. Ceci dit. Également, il a dit hier que, tu sais, pour les coups vicieux, on doit continuer les bagarres parce que ça peut éliminer les coups vicieux. Je vous le dis, là, j'aurais aimé ça que vous soyez assis à ma place. Je regardais la ministre responsable des Sports qui a les chiffres de façon périodique. Il y a... Puis elle peut vous demander, là, il n'y a pas plus de coups vicieux, puis il n'y a pas plus de suspensions parce qu'on a éliminé les bagarres dans la Ligue junior Maritimes du Québec. Ça fait que ça répond à votre question.

Journaliste : Est-ce que vous craignez que le gouvernement veuille limiter le droit de grève? Je ne sais pas, là, lequel des deux va... veut répondre, là, mais avec le projet de loi que M. Boulet veut... va déposer aujourd'hui?

M. Fortin :Bien, d'abord, on va regarder le projet de loi, là, qui va être déposé par M. Boulet aujourd'hui, mais ce qu'on comprend avec ça, c'est que le gouvernement n'aime pas beaucoup ça négocier. Puis pourquoi le gouvernement n'aime pas beaucoup ça négocier? Bien, probablement parce que ce n'est pas des très bons négociateurs. À chaque fois qu'il s'embarque dans une négociation, on dirait que ça vire mal d'une façon ou d'une autre.

Avec la fonction publique, on a eu des exemples parfaits au cours des dernières années, là, des infirmières dans la rue, des enseignantes et enseignants dans la rue, des mois de fermeture d'écoles. Quand il négocie avec Ottawa, il revient bredouille en disant : Ah! Bien, vous savez pourquoi, j'étais fatigué cette journée-là, je n'ai pas eu ce que je souhaitais. Quand il négocie avec les États-Unis, bien, essentiellement, il nous dit : Ah! je suis prêt déjà à mettre plein de secteurs cruciaux pour le Québec sur la table. J'espère qu'on ne fait pas ça parce qu'on sent qu'on n'est pas des très bons négociateurs à la CAQ.

Journaliste : Est-ce que vous êtes ouvert à considérer une définition plus élargie de «services essentiels», par exemple?

M. Fortin :Oui, on va regarder le projet de loi. Honnêtement, c'est un enjeu qui est tellement important puis pour lequel les précisions techniques ont tellement un impact grand qu'on va prendre le temps de regarder le projet de loi dans son ensemble.

Journaliste : Il y a des balises en santé, des balises en éducation, là, il reste quoi à baliser, la société des alcools, le maritime, les sociétés de transport qui relèvent des municipalités?

M. Fortin :Oui, exactement, puis c'est pour ça qu'on veut prendre le temps de regarder le projet de loi, voir c'est quoi l'orientation du gouvernement. Est-ce que de nous-mêmes on aurait proposé un projet de loi en ce sens-là? De toute évidence, on ne l'a pas fait jusqu'à maintenant et on ne l'a pas fait par projet de loi privé non plus. Mais on va quand même prendre le temps de regarder la proposition du gouvernement.

Journaliste : ...raison possiblement d'intervenir? Quand vous voyez l'exemple, par exemple, du Festival d'été de Québec qu'il y a un an ou deux, avec le RTC qui aurait pu tomber en grève, vous voyez une raison d'intervenir. Est-ce que c'est la bonne façon de... là, mais vous voyez quand même une raison?

M. Fortin :Mais l'affaire, c'est qu'on ne sait pas si c'est ça qui est dans le projet de loi. Est-ce que le projet de loi va répondre à des préoccupations comme celles-là qui peuvent apparaître légitimes initialement? On ne le sait pas. Alors, on va prendre le temps de regarder, puis peut-être s'il y a des améliorations, s'il y a des changements à faire au projet de loi, on va le faire. Mais je ne peux pas vous dire si le projet de loi viendra répondre à certaines préoccupations précises qui peuvent être tout à fait légitimes.

Journaliste : L'exemple de l'ARTC, là, ça, selon vous, ça justifie d'élargir donc de... tu sais, de...

M. Fortin :On n'en est pas là, là. Honnêtement, on n'en est pas là pour l'instant. C'est pour ça qu'il va y avoir une consultation à ce projet de loi là. C'est pour ça qu'il va y avoir des groupes qui vont s'exprimer. C'est pour ça qu'il va y avoir différents intervenants qu'il va falloir entendre puis considérer leur point de vue. Je vous le dis, c'est... c'est le genre de mesures qui est tellement technique que des petits... des petits amendements, des petits articles peuvent avoir un grand impact. Il va falloir le regarder comme il le fait.

Journaliste : Croyez-vous à ça, un TGV en Québec et Toronto?

M. Fortin :J'aimerais. J'aimerais beaucoup y croire. Moi qui viens... qui viens à Québec d'Ottawa à toutes les semaines dans les tempêtes de neige et avec toutes les autres conditions, j'espère. Honnêtement, je pense que ce serait un bon projet, puis on a toujours vu ça de façon très positive au Parti libéral du Québec, et donc, j'espère que c'est un projet qui sera concrétisé parce que ça peut avoir un impact important.

D'ailleurs, on parle, depuis plusieurs semaines, là, de l'importance de mieux travailler avec nos partenaires. De savoir qu'il y aurait un lien additionnel entre autres pour la communauté d'affaires entre Montréal, Toronto, entre Québec-Toronto, on voit ça d'un bon oeil.

Journaliste : Et vous, quand vous étiez aux Transports, ministre, c'était dans les cartons, ça, le TGV?

M. Fortin :Ça commençait à être discuté, effectivement. Ça commençait à être... à être discuté puis c'était positif. Tu sais, si le gouvernement du Canada veut venir faire un investissement important au Québec, là, ce n'est certainement pas le Parti libéral du Québec qui va se mettre dans son chemin.

Journaliste : Mais, à ce stade-ci, là, de la politique canadienne, où on sait qu'il va y avoir des élections au mois de mars, là...

M. Fortin :Oui.

Journaliste : ...c'est-tu une balloune électorale ou ça va se faire encore? Bien, les conservateurs vont-ils aller là-dedans, le TGV?

M. Fortin :Même si ça l'est, c'est un très bon sujet de débat dans une campagne électorale.

Journaliste : C'est-tu réaliste aussi? Quand on parle qu'on a de la misère à financer un projet de tramway à Québec ou de l'assurer de l'attacher à 100 % puis qu'on dit que le fédéral est dans le trou, autrement dit, u'on a de la misère au niveau du budget, c'est-tu réaliste de penser qu'on peut allonger autant d'argent que ça pour un projet comme celui-là?

M. Fortin :Si le gouvernement du Canada est prêt à sortir sur la place publique et dire que sa priorité d'investissement, c'est un train à grande vitesse, nous, on ne voit pas de raison qui empêcherait le gouvernement du Canada d'aller de l'avant, là. C'est quelque chose qu'on voit comme projet de façon positive. Et, techniquement, ça se fait partout dans le monde, des trains à grande vitesse. Alors, pourquoi on serait incapable de le faire ici?

Journaliste : Est-ce que Québec devrait participer au financement du projet?

M. Fortin :Ce n'est pas... Ce n'est pas ça qui est demandé, ce n'est pas ça qui est sur la table. Alors, si le gouvernement du Canada veut investir pleinement dans ce projet-là, on l'encourage à le faire.

Journaliste : Est-ce qu'il y a un problème, selon vous, avec les agissements de Pascale Déry?

M. Fortin :Moi, j'ai toujours... j'ai toujours pensé, là, de par les débats passés, que la Coalition Avenir Québec st un parti qui est en faveur de la liberté académique. C'est ce qui nous a surpris dans les agissements de la ministre Déry. Nous, on croit à ça, au concept de liberté académique. Nous, ce n'est pas quelque chose qu'on aurait... qu'on aurait d'emblée fait comme intervention. Alors, disons qu'on est... on est un peu surpris que la ministre ait pris ce chemin-là.

Journaliste : Est-ce qu'elle est en conflit d'intérêts, étant donné son rôle passé au CIJA?

M. Fortin :Je ne veux pas m'avancer là-dessus, là, mais elle a un rôle comme ministre de l'Enseignement supérieur de favoriser en tout temps la liberté académique. Et moi, j'ai toujours pensé qu'à la CAQ c'était quelque chose qui était particulièrement important. Il me semble qu'on en voit beaucoup, des enjeux qui traditionnellement étaient chers à la CAQ, là, puis que, ces jours-ci, on semble laisser tomber. Aujourd'hui, c'est le concept de liberté académique. C'est le même gouvernement qui fait... qui a fait des coupes massives dans la francisation, alors qu'il nous a toujours dit que le français était particulièrement important pour eux. C'est... On dirait qu'on ne reconnaît plus la CAQ ces jours-ci.

Journaliste : Est-ce que vous comprenez le malaise qu'il y a dans le milieu de l'éducation à l'effet que Mme Déry semble s'impliquer dans des cours, là, au sujet de la Palestine, alors qu'elle a été membre, là, d'un conseil d'administration d'une organisation de défense des intérêts juifs?

M. Fortin :Bien, je pense que c'est à elle de s'expliquer à savoir pourquoi elle a choisi de faire une seule intervention dans un seul sujet. Les questions qui sont soulevées sont légitimes et doivent lui être posées.

La Modératrice : En anglais.

Journaliste : Yes. Regarding this bill that Mr. Boulet will...  is set to table to limit the length of lockouts or strikes, it shows to you that, if the CAQ Government had some... some ways to negotiate better, we would not be in front of such a piece of legislation.

M. Fortin : It's a... It's a very concrete reminder of how poor the CAQ is in terms of negotiations. We were told, this Government: We are going to be the best negotiators ever, that they were dealmakers. They couldn't get along with the public service unions, so much so that nurses were out on the street, teachers were out protesting for months and months. My kids didn't go to school for weeks because of the teacher strikes. But it's true on public service negotiations, but it's true on just about every negotiation they undertake. They couldn't get the amount of healthcare money they wanted from Ottawa. Basically, the Premier went to Ottawa and said: Oh, well, you know what, I was tired and I was... we didn't get what we needed. He went to Washington last week and basically was willing, before any negotiation started, to throw away a whole bunch of very important sectors of the Québec economy. It's a government that does not know how to negotiate.

Journaliste : M. Ciccone.

M. Ciccone : Yes.

Journaliste : Regarding what Mr. Legault told you yesterday at question period, what's the consequence of having Premier saying this as the final is upcoming with the 4 Nations? And, if we had on Saturday night three fights in nine seconds, what is the message that he's sending as Premier of Québec?

M. Ciccone : Listen, I... When I heard those words, beginning of the week, it really... it really bothered me because it comes out of the... it comes out of the Prime Minister. The Prime Minister says: You know, I'm not against fighting, I'm not against hitting each other in the face, and, you know, if you want to get back at somebody, it's a good idea, if you get a cheap shot, it's a good idea. Because in the last seven years, you know, we fought... I mean, the society came forward. There's one subject, me and the minister Isabelle Charest, we're agreed on and we worked on it is that issue of fighting with kids. She even called it «barbaric». She called «barbaric» and seven years later she hears... she hears the prime minister say: You know, it's good to hit each other in your face. You know, and... I was looking at her during question period and she was like, you know, she was mesmerized like she couldn't believe what she was hearing, but she won't tell you that, but I was agreeing, I said: You must tell him something. And she goes: Well, he's a prime minister, he can say whatever he wants. But still...

Journaliste : ...as a former hockey player and what your role was during your time in the NHL. How did you react when premier Legault...

M. Ciccone : Well, of course, it's hurtful, because, I mean, we all have a past, and, you know, it's what we do, you know. And am I... am I proud of hitting people in the face and hurting people? Of course not. And I'm sure that the guys that hit me in the face, that hurt me also and gave me concussions are not proud either. But science has evolved, we know we have medical reports of what it does on our brains and what... It happened to my old teammates that suicide themselves, with problems with CTE. So, you know, after a while, at my age, well, my role now as a legislator is to make sure that the younger kids, you know, won't have to go through what I went through and what my colleagues, teammates went through. And we go forward, but, on the other hand, you hear the premier said: Well, it's O.K. to hit each other in the face, especially when you have a cheap shot. For me, it was irresponsible, and I think... I hope, hope that he will correct his words with the motion that we have today.

Journaliste : Just coming back to the bill that Mr. Boulet is tabling today. Are you open though to the idea of expanding the definition of essential services in Québec? Do you think there's any need for that at this point?

M. Fortin : We'll have to take a look at what's in the bill, we're not ready to talk about these issues, item by item, sector by sector, to see what's essential and what's not. If the minister puts forward a bill he must have, I hope so, a good reason to do it, but we're willing to have a discussion with the government to hear everybody who's concerned by the bill before we take an official position on it.

Journaliste : But if you were in power right now would you have expanded the definition?

M. Fortin : It's not something that we've proposed. We have all the powers in the world here to propose a private members bill and it's not something that we have done at this point, so we'll have to see what's in the bill. I'm not taking a position today because we haven't seen the bill. So, we'll see what the government is proposing, but to us it sends a signal that they don't want to negotiate because every time they do it ends up poorly for them, it ends up looking poorly on the CAQ government, it ends up poorly for... because they can't settle these issues quickly it does have an impact on Quebeckers, and Quebeckers get disappointed and angry with the government. So, it's more of a factor to us at this point of the government's failing in the past than anything else.

Journaliste : And do you feel that minister Déry overstepped in her intervening in the Dawson College course?

M. Fortin : We were really, really surprised that the CAQ would abandon the principle of academic independence, it's something that they've always pushed here in the Assembly, that they've always made a point to defend, so for her to get involved on one very specific issue raises a lot of questions, raises a lot of questions about the CAQ and their priority, their visions. It seems to us that they're abandoning a lot of their principles that they've defended over the years, whether it's academic freedoms, whether it's the French language, whether it's overregulation for business, size of government, you name it. It seems that the CAQ is less and less recognizable these days.

Journaliste : The federal government not long ago was talking about high frequency rail. Now, they're suggested to propose today a high-speed rail between Québec and Toronto. Is there one that you're more leaning towards or one that you think will be better for the population of Québec?

M. Fortin : I think the issue is to make travel easier between Québec city and Toronto and the biggest population of corridor in the country. And if the government of Canada wants to invest heavily in the province of Québec, we certainly are not going to stand in its way. If they believe they have the funds to do so, great. If they believe this is a priority, then we agree with them. This is something that can have an impact on the quality of life of Quebeckers, it's something that can have an impact on also our business dealings with the neighboring provinces, so we see that development very... with a lot of... with a lot of... It's a welcome development, yes. Thank you.

M. Ciccone :Merci.

(Fin à 8 h 23)

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