(Huit heures)
M. Fortin :Bonjour. Bonjour, messieurs dames. Merci d'être... d'être
là et d'être ponctuels comme toujours. Je vais revenir sur les entrevues un peu
surréalistes de Christian Dubé qu'on a entendues en fin de semaine. Moi, ce que
j'ai entendu du ministre de la Santé, là, c'est essentiellement : Voici le
fonctionnement sous Santé Québec. S'il y a quelque chose qui ne marche pas, s'il
y a quelque chose qui m'est rapporté, s'il y a des députés qui me rapportent des
situations, bien, j'appelle Santé Québec puis je leur demande ce qui se passe.
Donc là, si je comprends bien, Christian Dubé, il veut jouer au rôle d'opposition
avec le temps qui lui reste comme ministre, là. Si ça ne... Si ça ne marche
pas, on demande des explications à Québec puis, quoi, on... à Santé Québec et,
quoi, on va nous relayer des lignes de presse à partir de là? Je m'excuse, mais
il n'y a personne qui a voté pour Geneviève Biron. Les gens ont voté pour le
gouvernement de la Coalition avenir Québec parce qu'ils leur ont fait des
promesses en santé, parce qu'ils leur ont dit qu'eux régleraient des enjeux
concrets en matière de santé.
Puis, en ce moment, là, bien, ça pète à
peu près partout dans les urgences. Il y a plus de Québécois que jamais qui
attendent pour une consultation avec un spécialiste. La liste des chirurgies a
repris une augmentation substantielle. Les... On le voit tous les jours dans
vos quotidiens, dans vos reportages, les gens ont de la difficulté à accéder au
8-1-1, à avoir un rendez-vous. Et qu'est-ce que... qu'est-ce que les citoyens,
qu'est-ce que les élus municipaux doivent faire maintenant? Le maire de La
Tuque qui est sur la place publique ces jours-ci pour dire : Bien, la
fermeture de mon bloc opératoire, ça ne passe pas, on doit relancer ce bloc-là,
quand il fait ça, il s'adresse aux élus de sa région, il s'adresse au ministre
de la Santé puis il s'adresse au premier ministre, il ne s'adresse pas à Santé
Québec. Les gens qui ont la responsabilité d'améliorer le réseau, de répondre à
ces situations-là, c'est le gouvernement de la CAQ. Alors, on leur demande de
prendre leur responsabilité. Ce sont eux qui sont en charge du réseau de la
santé et personne d'autre.
M. Ciccone :Merci, André. Merci, merci à tous. Alors qu'on est à l'air
de vouloir bien soigner les gens, de les garder en santé, imaginez-vous donc qu'on
a un chef d'État qui fait l'apologie des bagarres, des coups de poing sur la
gueule. Je vais vous citer ce qu'il a dit en début de semaine, là : «Je ne
suis pas contre les batailles. Mais quand on veut se venger d'un coup vicieux,
ça, ça peut être une bonne idée.» Moi, je suis ici aujourd'hui parce que les
propos du premier ministre m'ont choqué, que je trouve archi-irresponsables.
Notre société qui avance, qui avance au niveau de la protection, de la sécurité
chez les jeunes, s'il y a un élément avec lequel je suis archi d'accord avec la
ministre des Sports puis s'il y a un endroit où on ne s'est jamais chicanés
puis coltaillés, là, c'est justement sur l'aspect des bagarres pour protéger
nos jeunes. Mais ce n'est pas juste nos jeunes, c'est nos moins jeunes
également.
Alors, d'avoir un premier ministre qui
fait l'apologie, qui est d'accord avec ce genre de choses là, et qui me dit,
là, à micro fermé après ma question : Bien, tu n'aurais pas eu de
carrière. Tu sais, à un moment donné, là, il faut être à la hauteur, là, de sa
fonction. Je comprends que M. le premier ministre, à chaque fois qu'il touche
au hockey, ça ne tourne pas... ça ne tourne pas rond, là. Mais c'est pour cette
raison-là qu'aujourd'hui, on va déposer... je vais déposer une motion qui va
condamner tous propos faisant l'apologie des combats et de la violence ici au
Québec, puis qu'enfin elle invite l'ensemble des parlementaires à tenir des
propos responsables vis-à-vis la violence dans le sport.
Je comprends que le premier ministre, des
fois, il parle plus vite qu'il pense, là, mais on va lui donner une autre
chance de se rattraper puis de dire à notre jeunesse québécoise que se donner
des coups de poing sur la gueule, là, ce n'est pas une bonne idée. Merci.
Journaliste
: Qu'est-ce
que vous lui demandez exactement, des excuses?
M. Ciccone :
Ce que je lui demande, c'est...
Journaliste
: Il a dit
que vous auriez dû faire autre chose dans la vie, là, que vous n'aviez pas à
utiliser vos poings. C'est ça qu'il vous a dit, hier.
M. Ciccone :
Bien, effectivement. Tu sais, à un moment donné, c'est sûr que, comme élu,
démocratiquement, on vient d'un endroit, nous, les sportifs qui se sont retirés
rapidement de tout ce qui est l'école. On devient professionnels rapidement.
Puis on veut réaliser un rêve. Puis aujourd'hui, quand j'ai pris ma retraite à
30 ans, j'ai toujours fallu que je prouve à tout le monde qu'on n'est pas
des imbéciles, les joueurs de hockey, qu'on est capables d'avoir une voie,
qu'on est capables de faire changer les choses. Puis c'est pour ça que je suis
à l'Assemblée nationale aujourd'hui. C'est ma mission.
Une voix : ...
M. Ciccone :
Puis, dans l'attente un chef d'État me dire : Bien là, toi, tu ne serais
pas ici si tu ne t'étais pas battu. Tu sais, je veux dire, à un moment donné,
encore une fois, ça prouve qu'à l'âge de 54 ans je dois démontrer que je
suis une personne intelligente puis que je suis une personne qui est capable de
défendre... de défendre les gens.
Journaliste
: ...ça, ce
commentaire-là dont vous parlez, que vous n'auriez pas eu de carrière?
M. Ciccone :
Bien, je veux dire, c'est... Tu sais, c'est blessant, là. Puis je pense que
tout le monde, à un moment donné... Puis je ne veux pas jouer à la victime ici,
là, parce que ce n'est pas la première fois que je l'entends. Parce qu'aussitôt
que j'ai porté le flambeau, puis j'ai porté le drapeau de l'antiviolence, de
contre les bagarres, pour protéger les jeunes, les commotions cérébrales, avec
tout ce qu'on sait aujourd'hui, tu sais, à un moment donné, c'est sûr que je me
suis fait traiter de tous les noms, là. Toi, le grand, tu as fait ça toute ta
vie, puis tu as gagné ta vie comme ça. Puis aujourd'hui, bien là, tu es
l'apôtre de la non-violence. Bien, oui, parce qu'à l'époque, on ne le savait
pas. Puis on ne peut pas mettre... On ne peut pas mettre en tant que
législateur puis qu'homme d'État, ce que ça peut faire comme dommage à moyen
terme et à long terme sur notre cerveau. Surtout... Puis les sportifs, là, ce
n'est pas juste au hockey.
Journaliste
: ...il a
quand même dit que les bagarres étaient honteuses, là, je pense... le samedi
soir. Donc, vous, vous avez vraiment vu ça comme...
M. Ciccone :
Bien, ce n'est pas... Ce n'est pas une question... C'est de la façon que ça a
été fait. C'est sûr que quand tu regardes le match puis ça se bat... en neuf matchs,
c'est honteux. Mais la fin du commentaire du premier ministre était honteuse.
Je le répète, là. «Je ne suis pas contre les batailles. Mais quand on veut se
venger d'un coup vicieux, ça peut être une bonne idée». Ça, c'est honteux. Ça,
c'est honteux.
Journaliste
: ...qui le
concerne. Québec a agi dans la LJMQ. Ça, la... ça ne concerne pas Québec. Donc
est-ce qu'il n'y a pas une partie de petite politique qui fait qu'il y a
M. Legault là-dedans?
M. Ciccone :
Pardon? Petite politique?
Journaliste
: Je vous
demande, je vous pose la question, je vais défendre M. Legault, là, en
disant, est-ce que ce n'est pas un peu de la petite politique, de l'attaquer
là-dessus, alors qu'il n'a pas vraiment la main mise là-dessus? Il ne peut pas
intervenir sur les bagarres dans la...
M. Ciccone :
Non, mais c'est le message qu'on envoie. C'est le message qu'on envoie. Déjà,
d'entrée du jeu, j'ai dit qu'on a fait des avancées majeures. S'il y a un
endroit où on s'entend avec... où moi, je m'entends avec la ministre, c'est
justement ça. On a mis la pression. J'ai déposé deux projets de loi ici pour
abolir les bagarres. La ministre était contre les bagarres. Elle a mis de la
pression, un protocole de sécurité. Elle l'a dit à ligue... à la LHJMQ qu'ils n'étaient
pas pour l'accepter.
Journaliste
:
M. Legault, serait revenu là-dessus, là, dans le domaine qui le concerne.
Donc ça...
M. Ciccone :
Bien, ce n'est pas... Bien, c'est contre, justement, de se donner des coups de
poing sur la gueule. Ça veut dire que c'est le message que tu envoies quand
même, même si c'est des jeunes, parce que je vous rappellerai que dans cette
ligue junior au Québec, ici, là, bien, il y a des jeunes de 20 ans. Puis
c'est des adultes pareil. Ça ne s'attache pas juste aux jeunes mineurs là. Ça
s'attache à tout le monde. C'est le message qui est important.
Journaliste
: ...ça
vous satisfait, je ne sais pas, il semblait dire que pour les jeunes, ce n'est
pas correct, mais pour les autres, peut-être que c'est correct?
M. Ciccone :
Avec la science, là, des coups de poing sur la gueule, qui tu ais 16 ans,
15 ans, 14 ans, ou 25, ou 30 ans, là, avec toutes les études qu'on
a aujourd'hui, là, ce n'est pas bon. Moi, j'ai des collègues qui se sont
suicidés, dont Chris Simon l'année passée. Je vais vous parler Todd Ewen, Fedoruk.
Je peux tous vous les nommer, là, c'est... Puis ils font une encéphalopathie.
Moi, chaque matin, je me lève puis je me demande : J'ai oublié quelque
chose le matin, c'est-tu ça? J'en ai eu cinq, six, sept, là. Ça fait que, moi,
ça me touche énormément quand j'entends mon chef d'État, parce que c'est quand
même mon chef d'État aussi, qui dit que les bagarres, c'est correct, puis tu
peux te venger avec un coup de poing sur la gueule. Moi, ça me dérange, puis ça
me peine énormément pour notre... nos jeunes du Québec.
Journaliste : ...l'expérience,
de ce que vous entendez, là, l'interdiction des bagarres dans la LHJMQ, est-ce
que ça fonctionne? Parce qu'on voyait encore hier, là, il y a un joueur de
Charlottetown qui a été...
M. Ciccone :Merci. Bien, justement, ça vient avec un jeune qui
s'appelle Russ Campbell, qui est tombé sur la glace après une bagarre, alors
que les bagarres sont interdites. Mais en même temps, c'est des petits gars,
puis tu es sûr qu'à un moment donné, ils vont se coltailler, mais ils sont
retirés du match, puis ça, c'est une avancée majeure.
Il fait cette déclaration-là la même
journée que Russ Campbell tombe sur la tête, qu'il est en convulsions sur la
glace, que le petit gars a manqué de laisser sa vie sur la glace. Tu sais, tu
dis à un moment donné... Puis là, je me fais dire que je fais de la petite
politique. J'ai de la difficulté à l'entendre, celle-là.
Journaliste : Est-ce que...
M. Ciccone :J'ai beaucoup de difficultés à... J'ai eu beaucoup de
difficultés à l'entendre celle-là. C'est sûr que le timing... mais il ne
devrait même pas en avoir de timing, puisque ce genre de choses là ne devrait
même pas arriver. Ceci dit. Également, il a dit hier que, tu sais, pour les
coups vicieux, on doit continuer les bagarres parce que ça peut éliminer les
coups vicieux. Je vous le dis, là, j'aurais aimé ça que vous soyez assis à ma
place. Je regardais la ministre responsable des Sports qui a les chiffres de
façon périodique. Il y a... Puis elle peut vous demander, là, il n'y a pas plus
de coups vicieux, puis il n'y a pas plus de suspensions parce qu'on a éliminé
les bagarres dans la Ligue junior Maritimes du Québec. Ça fait que ça répond à
votre question.
Journaliste : Est-ce que vous
craignez que le gouvernement veuille limiter le droit de grève? Je ne sais pas,
là, lequel des deux va... veut répondre, là, mais avec le projet de loi que M.
Boulet veut... va déposer aujourd'hui?
M. Fortin :Bien, d'abord, on va regarder le projet de loi, là, qui va
être déposé par M. Boulet aujourd'hui, mais ce qu'on comprend avec ça, c'est
que le gouvernement n'aime pas beaucoup ça négocier. Puis pourquoi le
gouvernement n'aime pas beaucoup ça négocier? Bien, probablement parce que ce
n'est pas des très bons négociateurs. À chaque fois qu'il s'embarque dans une
négociation, on dirait que ça vire mal d'une façon ou d'une autre.
Avec la fonction publique, on a eu des
exemples parfaits au cours des dernières années, là, des infirmières dans la
rue, des enseignantes et enseignants dans la rue, des mois de fermeture
d'écoles. Quand il négocie avec Ottawa, il revient bredouille en disant :
Ah! Bien, vous savez pourquoi, j'étais fatigué cette journée-là, je n'ai pas eu
ce que je souhaitais. Quand il négocie avec les États-Unis, bien,
essentiellement, il nous dit : Ah! je suis prêt déjà à mettre plein de
secteurs cruciaux pour le Québec sur la table. J'espère qu'on ne fait pas ça
parce qu'on sent qu'on n'est pas des très bons négociateurs à la CAQ.
Journaliste : Est-ce que vous
êtes ouvert à considérer une définition plus élargie de «services essentiels»,
par exemple?
M. Fortin :Oui, on va regarder le projet de loi. Honnêtement, c'est un
enjeu qui est tellement important puis pour lequel les précisions techniques
ont tellement un impact grand qu'on va prendre le temps de regarder le projet
de loi dans son ensemble.
Journaliste : Il y a des
balises en santé, des balises en éducation, là, il reste quoi à baliser, la
société des alcools, le maritime, les sociétés de transport qui relèvent des
municipalités?
M. Fortin :Oui, exactement, puis c'est pour ça qu'on veut prendre le
temps de regarder le projet de loi, voir c'est quoi l'orientation du gouvernement.
Est-ce que de nous-mêmes on aurait proposé un projet de loi en ce sens-là? De
toute évidence, on ne l'a pas fait jusqu'à maintenant et on ne l'a pas fait par
projet de loi privé non plus. Mais on va quand même prendre le temps de
regarder la proposition du gouvernement.
Journaliste : ...raison
possiblement d'intervenir? Quand vous voyez l'exemple, par exemple, du Festival
d'été de Québec qu'il y a un an ou deux, avec le RTC qui aurait pu tomber en
grève, vous voyez une raison d'intervenir. Est-ce que c'est la bonne façon
de... là, mais vous voyez quand même une raison?
M. Fortin :Mais l'affaire, c'est qu'on ne sait pas si c'est ça qui est
dans le projet de loi. Est-ce que le projet de loi va répondre à des
préoccupations comme celles-là qui peuvent apparaître légitimes initialement?
On ne le sait pas. Alors, on va prendre le temps de regarder, puis peut-être
s'il y a des améliorations, s'il y a des changements à faire au projet de loi,
on va le faire. Mais je ne peux pas vous dire si le projet de loi viendra
répondre à certaines préoccupations précises qui peuvent être tout à fait
légitimes.
Journaliste : L'exemple de
l'ARTC, là, ça, selon vous, ça justifie d'élargir donc de... tu sais, de...
M. Fortin :On n'en est pas là, là. Honnêtement, on n'en est pas là
pour l'instant. C'est pour ça qu'il va y avoir une consultation à ce projet de
loi là. C'est pour ça qu'il va y avoir des groupes qui vont s'exprimer. C'est
pour ça qu'il va y avoir différents intervenants qu'il va falloir entendre puis
considérer leur point de vue. Je vous le dis, c'est... c'est le genre de
mesures qui est tellement technique que des petits... des petits amendements,
des petits articles peuvent avoir un grand impact. Il va falloir le regarder
comme il le fait.
Journaliste : Croyez-vous à
ça, un TGV en Québec et Toronto?
M. Fortin :J'aimerais. J'aimerais beaucoup y croire. Moi qui viens...
qui viens à Québec d'Ottawa à toutes les semaines dans les tempêtes de neige et
avec toutes les autres conditions, j'espère. Honnêtement, je pense que ce
serait un bon projet, puis on a toujours vu ça de façon très positive au Parti
libéral du Québec, et donc, j'espère que c'est un projet qui sera concrétisé
parce que ça peut avoir un impact important.
D'ailleurs, on parle, depuis plusieurs
semaines, là, de l'importance de mieux travailler avec nos partenaires. De
savoir qu'il y aurait un lien additionnel entre autres pour la communauté
d'affaires entre Montréal, Toronto, entre Québec-Toronto, on voit ça d'un bon
oeil.
Journaliste : Et vous, quand
vous étiez aux Transports, ministre, c'était dans les cartons, ça, le TGV?
M. Fortin :Ça commençait à être discuté, effectivement. Ça commençait
à être... à être discuté puis c'était positif. Tu sais, si le gouvernement du
Canada veut venir faire un investissement important au Québec, là, ce n'est
certainement pas le Parti libéral du Québec qui va se mettre dans son chemin.
Journaliste : Mais, à ce
stade-ci, là, de la politique canadienne, où on sait qu'il va y avoir des
élections au mois de mars, là...
M. Fortin :Oui.
Journaliste : ...c'est-tu une
balloune électorale ou ça va se faire encore? Bien, les conservateurs vont-ils
aller là-dedans, le TGV?
M. Fortin :Même si ça l'est, c'est un très bon sujet de débat dans une
campagne électorale.
Journaliste : C'est-tu
réaliste aussi? Quand on parle qu'on a de la misère à financer un projet de
tramway à Québec ou de l'assurer de l'attacher à 100 % puis qu'on dit que
le fédéral est dans le trou, autrement dit, u'on a de la misère au niveau du
budget, c'est-tu réaliste de penser qu'on peut allonger autant d'argent que ça
pour un projet comme celui-là?
M. Fortin :Si le gouvernement du Canada est prêt à sortir sur la place
publique et dire que sa priorité d'investissement, c'est un train à grande
vitesse, nous, on ne voit pas de raison qui empêcherait le gouvernement du
Canada d'aller de l'avant, là. C'est quelque chose qu'on voit comme projet de
façon positive. Et, techniquement, ça se fait partout dans le monde, des trains
à grande vitesse. Alors, pourquoi on serait incapable de le faire ici?
Journaliste : Est-ce que
Québec devrait participer au financement du projet?
M. Fortin :Ce n'est pas... Ce n'est pas ça qui est demandé, ce n'est
pas ça qui est sur la table. Alors, si le gouvernement du Canada veut investir
pleinement dans ce projet-là, on l'encourage à le faire.
Journaliste : Est-ce qu'il y
a un problème, selon vous, avec les agissements de Pascale Déry?
M. Fortin :Moi, j'ai toujours... j'ai toujours pensé, là, de par les
débats passés, que la Coalition Avenir Québec st un parti qui est en faveur de
la liberté académique. C'est ce qui nous a surpris dans les agissements de la
ministre Déry. Nous, on croit à ça, au concept de liberté académique. Nous, ce
n'est pas quelque chose qu'on aurait... qu'on aurait d'emblée fait comme
intervention. Alors, disons qu'on est... on est un peu surpris que la ministre
ait pris ce chemin-là.
Journaliste : Est-ce qu'elle
est en conflit d'intérêts, étant donné son rôle passé au CIJA?
M. Fortin :Je ne veux pas m'avancer là-dessus, là, mais elle a un rôle
comme ministre de l'Enseignement supérieur de favoriser en tout temps la
liberté académique. Et moi, j'ai toujours pensé qu'à la CAQ c'était quelque
chose qui était particulièrement important. Il me semble qu'on en voit
beaucoup, des enjeux qui traditionnellement étaient chers à la CAQ, là, puis
que, ces jours-ci, on semble laisser tomber. Aujourd'hui, c'est le concept de
liberté académique. C'est le même gouvernement qui fait... qui a fait des
coupes massives dans la francisation, alors qu'il nous a toujours dit que le
français était particulièrement important pour eux. C'est... On dirait qu'on ne
reconnaît plus la CAQ ces jours-ci.
Journaliste : Est-ce que vous
comprenez le malaise qu'il y a dans le milieu de l'éducation à l'effet que Mme
Déry semble s'impliquer dans des cours, là, au sujet de la Palestine, alors
qu'elle a été membre, là, d'un conseil d'administration d'une organisation de
défense des intérêts juifs?
M. Fortin :Bien, je pense que c'est à elle de s'expliquer à savoir
pourquoi elle a choisi de faire une seule intervention dans un seul sujet. Les
questions qui sont soulevées sont légitimes et doivent lui être posées.
La Modératrice : En anglais.
Journaliste :
Yes. Regarding this bill that Mr.
Boulet will... is set to table to limit the length of lockouts or strikes, it
shows to you that, if the CAQ Government had some... some ways to negotiate
better, we would not be in front of such a piece of legislation.
M. Fortin :
It's a... It's a very concrete reminder
of how poor the CAQ is in terms of negotiations. We were told, this Government:
We are going to be the best negotiators ever, that they were dealmakers. They
couldn't get along with the public service unions, so much so that nurses were
out on the street, teachers were out protesting for months and months. My kids
didn't go to school for weeks because of the teacher strikes. But it's true on
public service negotiations, but it's true on just about every negotiation they
undertake. They couldn't get the amount of healthcare money they wanted from
Ottawa. Basically, the Premier went to Ottawa and said: Oh, well, you know
what, I was tired and I was... we didn't get what we needed. He went to
Washington last week and basically was willing, before any negotiation started,
to throw away a whole bunch of very important sectors of the Québec economy.
It's a government that does not know how to negotiate.
Journaliste :
M. Ciccone.
M. Ciccone :
Yes.
Journaliste :
Regarding what Mr. Legault told you
yesterday at question period, what's the consequence of having Premier saying
this as the final is upcoming with the 4 Nations? And, if we had on Saturday
night three fights in nine seconds, what is the message that he's sending as
Premier of Québec?
M. Ciccone :
Listen, I... When I heard those words,
beginning of the week, it really... it really bothered me because it comes out
of the... it comes out of the Prime Minister. The Prime Minister says: You
know, I'm not against fighting, I'm not against hitting each other in the face,
and, you know, if you want to get back at somebody, it's a good idea, if you
get a cheap shot, it's a good idea. Because in the last seven years, you know,
we fought... I mean, the society came forward. There's one subject, me and the
minister Isabelle Charest, we're agreed on and we worked on it is that issue of
fighting with kids. She even called it «barbaric». She called «barbaric» and
seven years later she hears... she hears the prime minister say: You know, it's
good to hit each other in your face. You know, and... I was looking at her
during question period and she was like, you know, she was mesmerized like she
couldn't believe what she was hearing, but she won't tell you that, but I was
agreeing, I said: You must tell him something. And she goes: Well, he's a prime
minister, he can say whatever he wants. But still...
Journaliste :
...as a former hockey player and what
your role was during your time in the NHL. How did you react when premier
Legault...
M. Ciccone :
Well, of course, it's hurtful, because,
I mean, we all have a past, and, you know, it's what we do, you know. And am
I... am I proud of hitting people in the face and hurting people? Of course
not. And I'm sure that the guys that hit me in the face, that hurt me also and
gave me concussions are not proud either. But science has evolved, we know we
have medical reports of what it does on our brains and what... It happened to
my old teammates that suicide themselves, with problems with CTE. So, you know,
after a while, at my age, well, my role now as a legislator is to make sure
that the younger kids, you know, won't have to go through what I went through
and what my colleagues, teammates went through. And we go forward, but, on the
other hand, you hear the premier said: Well, it's O.K. to hit each other in the
face, especially when you have a cheap shot. For me, it was irresponsible, and
I think... I hope, hope that he will correct his words with the motion that we
have today.
Journaliste :
Just coming back to the bill that Mr.
Boulet is tabling today. Are you open though to the idea of expanding the
definition of essential services in Québec? Do you think there's any need for
that at this point?
M. Fortin :
We'll have to take a look at what's in
the bill, we're not ready to talk about these issues, item by item, sector by
sector, to see what's essential and what's not. If the minister puts forward a
bill he must have, I hope so, a good reason to do it, but we're willing to have
a discussion with the government to hear everybody who's concerned by the bill
before we take an official position on it.
Journaliste :
But if you were in power right now
would you have expanded the definition?
M. Fortin :
It's not something that we've proposed.
We have all the powers in the world here to propose a private members bill and
it's not something that we have done at this point, so we'll have to see what's
in the bill. I'm not taking a position today because we haven't seen the bill.
So, we'll see what the government is proposing, but to us it sends a signal
that they don't want to negotiate because every time they do it ends up poorly
for them, it ends up looking poorly on the CAQ government, it ends up poorly
for... because they can't settle these issues quickly it does have an impact on
Quebeckers, and Quebeckers get disappointed and angry with the government. So,
it's more of a factor to us at this point of the government's failing in the past
than anything else.
Journaliste :
And do you feel that minister Déry
overstepped in her intervening in the Dawson College course?
M. Fortin :
We were really, really surprised that
the CAQ would abandon the principle of academic independence, it's something
that they've always pushed here in the Assembly, that they've always made a
point to defend, so for her to get involved on one very specific issue raises a
lot of questions, raises a lot of questions about the CAQ and their priority,
their visions. It seems to us that they're abandoning a lot of their principles
that they've defended over the years, whether it's academic freedoms, whether
it's the French language, whether it's overregulation for business, size of
government, you name it. It seems that the CAQ is less and less recognizable
these days.
Journaliste :
The federal government not long ago was
talking about high frequency rail. Now, they're suggested to propose today a
high-speed rail between Québec and Toronto. Is there one that you're more
leaning towards or one that you think will be better for the population of
Québec?
M. Fortin :
I think the issue is to make travel
easier between Québec city and Toronto and the biggest population of corridor
in the country. And if the government of Canada wants to invest heavily in the
province of Québec, we certainly are not going to stand in its way. If they
believe they have the funds to do so, great. If they believe this is a
priority, then we agree with them. This is something that can have an impact on
the quality of life of Quebeckers, it's something that can have an impact on
also our business dealings with the neighboring provinces, so we see that
development very... with a lot of... with a lot of... It's a welcome
development, yes. Thank you.
M. Ciccone :Merci.
(Fin à 8 h 23)