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Point de presse de M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éthique, et Mme Ruba Ghazal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Le mercredi 31 janvier 2024, 8 h 20

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Huit heures dix-neuf minutes)

Mme Ghazal : Bonjour, tout le monde. Je veux revenir sur ce qui s'est passé hier en lien avec Gaza. La CAQ a enfin, enfin demandé un cessez-le-feu, alors que ça faisait très, très longtemps, de nombreuses semaines, que 153 pays dans le monde demandaient un cessez-le-feu, dont le Canada, devant un drame qui se déroule devant nos yeux, où des enfants, des innocents meurent, puis, au même moment, au même moment, la CAQ a refusé la motion qui a été déposée par mon collègue Guillaume, qui demandait d'arrêter... que le Canada arrête d'envoyer des armes à Israël, alors que la Cour de justice internationale a été très, très claire puis a demandé que tous les pays et... qu'Israël fasse tout en son pouvoir pour ne pas qu'un génocide ait lieu. C'est vraiment incohérent que la CAQ refuse cette motion-là. C'est en déconnexion avec les valeurs pacifistes du Québec face au massacre de Gaza. Vraiment, la boussole morale de la CAQ est brisée.

M. Marissal : Merci, Ruba. Bonjour. Bien, sans grande surprise, je vais vous parler de l'éthique et du financement de la CAQ ce matin. Alors, très rapidement, il y a eu un quatrième cas qui est sorti hier. Le printemps arrive de bonne heure, là, les fleurs sortent plus tôt, là, ça a l'air, les langues se délient. C'est un bon signe que les langues se délient parce qu'il y a des maires et même des entrepreneurs, parce que le cas que j'ai soulevé hier, c'était un entrepreneur, il y a des gens qui se sentent mal à l'aise avec les méthodes de financement de la CAQ. Quoi qu'en dise la CAQ, il y a des maires qui sentent qu'on leur tord le bras, qu'ils sont pressurisés pour donner. C'est des gens qui parlent, de façon anonyme dans mon cas, de façon parfois même ouverte, à visière levée, aux journalistes. Bien, c'est très bien.

Moi, je demande aux gens qui ont quelque chose à dire là-dessus, qui ne se sentent pas à l'aise avec ces méthodes de financement de communiquer avec moi, mais avec les journalistes aussi. Prenez le canal que vous voulez. Vous n'avez pas à vous sentir pressurisés à donner de l'argent à un gouvernement au Québec, ni à aucun parti, ni à aucun élu. Ça doit se faire de façon volontaire. C'est dans les lois électorales, les lois du financement populaire et des partis politiques au Québec. Alors, moi, j'en appelle aux gens qui ont des choses à nous raconter là-dessus. Il faut crever l'abcès. Alors, je pense qu'on a commencé, et, de toute évidence, à voir les réactions de la CAQ, ça fait mal. On ne lâchera pas le morceau. Et puis, s'il y a des gens qui veulent ajouter leur voix au grand malaise créé par la CAQ, ils seront bienvenus chez moi, et je suis persuadé que les médias aussi les accueilleront. Merci.

Journaliste : Est-ce que c'est vraiment la CAQ qui crée le malaise, dans la mesure où on voit que c'est une pratique qui existe quand même depuis bon nombre d'années puis que la directrice générale du parti de François Legault a relevé des exemples dans chacun des partis, même dans le vôtre, où des députés ont reçu des contributions de maires, d'élus municipaux?

M. Marissal : Il y a des choses qui existent depuis Mathusalem qui ne sont pas acceptables. C'est pour ça qu'on modifie les lois à maintes reprises. On a modifié les lois à maintes reprises dans le financement populaire au Québec depuis René Lévesque en 1977.

Vous savez, moi, je n'accepte pas l'argument de dire : Il n'y a personne qui se fait acheter ou qui renvoie l'ascenseur pour 100 $. Je suis assez vieux, là, j'ai couvert, moi, le financement politique. Quand je suis arrivé ici, dans les années 90, c'était le financement à 3 000 $, puis il y avait des élus puis du monde qui disaient : Je ne me ferai pas acheter pour 3 000 $, il n'y a personne qui achète un contrat pour 3 000 $. C'était le même argument.

L'argument n'est pas que les maires donnent, c'est... le problème n'est pas là. Les maires, les mairesses, les conseillers, ce sont des citoyens, des citoyennes à part entière. À partir du moment où on respecte les règles et que le financement est fait de façon volontaire, ce n'est pas ça, le problème. Le problème, c'est de monnayer, c'est que ça te prend ton ticket d'entrée pour aller parler à un ministre, puis c'est ça que la CAQ fait, c'est ça que j'ai dévoilé hier. Quand on dit à un entrepreneur : Tu sais, on ne fait pas tout le temps ce que tu veux, là, je sais que tu n'es pas content, là, mais viens donc parler à un ministre, là, mais il va falloir que tu donnes 100 $, puis, «by the way», voici l'adresse du restaurant, c'est ça, le problème, pas de donner. Donner, là, c'est sain à la démocratie. C'est très sain de faire un don quand on s'implique, c'est un geste politique.

Journaliste : ...le fait qu'un élu municipal donne à un député, là, qu'il soit ministre ou pas, est-ce que ça, il faut le revoir? Est-ce qu'à QS vous vous engagez, comme députés, à ne plus recevoir de contributions de la part d'élus municipaux? Parce que c'est vrai que, sur le fond, sur le plan...

M. Marissal : En tout respect, là, en tout respect, ça, c'est un show de boucane, c'est un show de boucane de la CAQ. Je comprends qu'ils sont mal pris, là, ils font diversion là-dessus. Il n'y a personne qui a dit que les maires et les mairesses ne peuvent pas donner, puis ce n'est sûrement pas moi qui va dire ça.

Journaliste : Ça ne vous dérange pas?

M. Marissal : Bien, ce n'est pas que ça ne me dérange pas, ce n'est même pas une question que ça me dérange ou pas, ce n'est pas une question de sentiment, c'est une question de financement de parti politique clair, transparent, public, volontaire. Les maires, les mairesses sont des citoyens, des citoyennes à part entière. Ce que je ne veux pas, ce qu'on ne veut pas personne, j'espère, c'est qu'on monnaie l'accès en disant... en disant : Vous allez payer 100 $ puis tu vas pouvoir parler à un ministre. Je comprends que la CAQ est mal prise, là, puis ils sont dans l'eau chaude, là, puis ils se débattent comme un diable dans l'eau bénite. Je comprends aussi que la meilleure défense, c'est l'attaque, là, puis ils ne s'en privent pas, mais le problème n'est pas que les gens donnent, le problème est qu'on les sollicite sur la base de leurs fonctions pour rencontrer quelqu'un sur la base de sa fonction. Ça, ça s'appelle monnayer un accès.

Journaliste : Mais est-ce qu'il n'est pas temps de... Vous avez dit, bon, que vous étiez là à l'époque où on avait revu les règles sur le financement.

M. Marissal : Vous aussi d'ailleurs.

Journaliste : On est passé de 3 000 $ à 1 000 $. Après ça, on est passé de 1 000 $ à 100 $. Est-ce qu'il serait opportun de faire un pas de plus et de réduire encore plus les contributions aux partis politiques pour les rendre complètement publiques?

M. Marissal : On peut avoir cette discussion-là. Quant à moi, le problème n'est pas tant le montant. Le problème est de monnayer l'accès. Le problème est de monnayer l'accès. Que ce soit 100 $, que ce soit 3 000 $, que ce soit 30 000 $, à partir du moment où on donne un avantage à quelqu'un basé sur sa fonction, on monnaie un accès. Cela dit...

Journaliste : ...M. Marissal, c'est qu'à l'époque il y avait le 3 000 $, on pouvait dire : Tu sais, c'est... puis il y avait le problème des prête-noms, là, tu pouvais avoir... Si tu mettais, mettons, 10 personnes qui donnent 3 000 $, ça fait 30 000 $, puis... Alors, on a dit : Bien, ça, pour éviter ça, on va baisser ça à 1 000 $. Mais ça a resté pareil à 1 000 $, il y avait encore des systèmes de prête-noms. Là, on a dit : À 100 $, ça n'arrivera pas. Là, on met ça à 100 $, puis il y a encore une façon de monnayer l'accès au ministre. Alors, si on éliminait ça complètement, si on mettait ça à 5 $, il n'y a personne qui va aller... tu sais, qui... Alors, est-ce que c'est... ce serait une façon, de rendre le financement totalement public, d'éliminer toute influence possible via des contributions?

M. Marissal : Le fait de donner à un parti politique, ce n'est pas ça qui est malsain, ce n'est pas ça qui est malsain, c'est de monnayer l'accès à un élu en lui laissant croire qu'il va avoir un accès privilégié puis qu'on pourrait même peut-être faire avancer son dossier. Dans le cas du député... voyons, Sylvain Lévesque, c'est ça qui s'est passé. On a laissé entendre à une citoyenne qu'elle pourrait faire avancer son dossier.

Maintenant, je pense que c'est évolutif, là, c'est évolutif depuis 1977, le jour où René Lévesque a eu le courage de s'attaquer à ça. Puis, depuis, on a eu d'autres problèmes, on a revu les lois, on les a revues encore une fois. Puis, ce matin, Élections Québec, prêt à resserrer les règles. Bien, moi, j'accueille ça très favorablement. On va voir ce qu'il veut faire, le Directeur général des élections. Nous, on va collaborer, en tout cas. Je suis ouvert, moi, aux discussions, mais il ne faut pas non plus culpabiliser les gens qui, de bonne foi, disent : Moi, je crois tel parti, je vais donner 50 $. Il y a des gens qui nous donnent 20 $, là. Il n'y a pas d'échange de bons services ou d'échange d'accès.

D'ailleurs, là-dessus, honnêtement, la CAQ dit une chose et son contraire parce que j'entendais sa directrice générale ce matin qui disait : Nos ministres ont fait plus de 1 000 rencontres avec des maires. Bien, très bien. Justement, ce sont des rencontres dans le cadre des fonctions très officielles. La preuve est faite que vous n'avez pas besoin en plus de les solliciter pour qu'ils donnent 100 $ pour rencontrer. Alors, on voit bien qu'il y a un genre de stratagème ici pour attirer le monde municipal. Puis regardez les chiffres quand même, la moitié des maires, la moitié des maires au Québec ont donné à la CAQ. Il y a un filon là, il y a une filière là qui est exploitée par la CAQ.

Journaliste : Question technique : Est-ce que vous allez porter plainte dans le dossier de M. Montigny?

M. Marissal : Vraisemblablement. Puis j'imagine que la question va venir aussi pour M. Bélanger. Vraisemblablement, parce que c'est l'outil qu'on a en ce moment. Mais, entre vous puis moi, là, je vais-tu faire 89 demandes si on découvre que tous les caquistes font ça? C'est pour ça que j'accueille des initiatives comme le DGEQ ce matin, qui dit qu'il voudrait peut-être revoir ça. À un moment donné, il va falloir qu'on revoie ça de façon macro. Mais, de fait, votre question est pertinente. S'il y a des cas qu'on a déjà dénoncés, je pense bien qu'on va devoir dénoncer les autres.

Journaliste : Élections Québec vous envoie un signal, mais c'est aux législateurs à répondre. Puis, bon, hier, le leader du gouvernement a dit : Ça va dépendre des conclusions de la Commissaire à l'éthique, mais ça va prendre l'initiative des législateurs pour dire : Oui, on va vous entendre. Oui, on vous invite en commission parlementaire. Qui va prendre la balle au bond, là, là-dessus, là?

M. Marissal : Vous connaissez le dicton, hein, le sésame ici : Avec le consentement, on peut tout faire. Moi, si la CAQ nous convoque ou si quelqu'un convoque une commission parlementaire, je présume que ce serait mon collègue Leduc qui prendrait le dossier, vous pouvez être sûr qu'on va y aller séance tenante puis on va collaborer. Puis effectivement, s'il faut qu'on se repenche là-dessus, repenchons-nous là-dessus. Maintenant, on verra l'appétit de la CAQ pour ce genre de réforme.

Journaliste : ...de la recommandation 57 de la commission Charbonneau depuis la semaine passée puis particulièrement depuis hier. Or, cette recommandation-là mentionne uniquement les ministres et leurs cabinets. Est-ce qu'il faudrait aller plus loin dans l'application de cette recommandation-là, peut-être même resserrer les règles?

M. Marissal : Moi, je l'aime bien, la recommandation 57, puis elle n'est pas née de génération spontanée, là, elle est venue d'un gros, gros, gros problème dans le financement, parce qu'on faisait notamment, à l'époque, ce qu'on appelait du sectoriel. Alors, on allait, par exemple, vers les firmes d'ingénierie, puis, comme par hasard, bien, c'était le ministre des Transports qui était invité. Et puis là on invitait tout le monde puis on se rendait compte que, jusqu'au dernier concierge, la firme de génie avait donné de l'argent au parti en question.

Alors, moi, je pense qu'on peut appliquer 57. Commençons par ça. Le problème, je vous dis, c'est l'accès au ministre. Parce que mettez-vous à la place, là, d'un entrepreneur, là, ou d'un maire qui a des besoins, puis ils ont tous et toutes des besoins, là, puis qu'on lui laisse entendre que le ministre ou la ministre des Transports va être là puis tu vas pouvoir lui parler, il y a une attirance là, il y a une forme d'appât pour des gens qui peuvent se dire : Je vais avoir un accès privilégié à un ministre pour parler de choses. Il est là, le problème. On nous a mentionné d'autres cas où le chef de cabinet était là et on en faisait la promotion aussi. Chef de cabinet d'un ministre, là, quand il suit son ministre, il n'est pas là comme membre partisan d'un parti politique, il est là comme chef de cabinet. Et un chef de cabinet, c'est la porte d'entrée vers un ministre, c'est la plus directe des portes d'entrée vers un ministre. Alors, si le chef de cabinet est là en plus puis qu'on dit aux gens qu'il va être là, ça envoie le message : Tu pourras lui parler de tes projets, et ce n'est pas ça, le but du financement politique.

Journaliste : Je comprends tout ça, mais ici on parle de sollicitation effectuée par des députés. Donc, la recommandation 57, à votre lecture, est-ce qu'elle vient régler ce problème-là ou...

Journaliste : Elle est facilement contournable, la recommandation.

M. Marissal : Bien, pas si on exclut les ministres, pas si on exclut les ministres et leurs cabinets.

Des voix : ...

Journaliste : ...ou le personnel des députés. Ce n'est pas les ministres.

M. Marissal : Non, non, on recommence. Les députés sollicitent avec des ministres. Moi, je ne veux rien enlever au député de Chauveau, là, mais il est pas mal moins intéressant tout seul qu'avec un ministre.

Journaliste : Bien, le ministre devient l'appât, là, ce n'est pas...

M. Marissal : C'est clairement ce que je dis. 

Journaliste : Mais pourquoi il y a un appétit...

M. Marissal : C'est une forme d'hameçonnage de gens. Puis je n'ai rien contre le député de Chauveau ou le député de René-Lévesque, là, mais, à partir du moment où il est flanqué d'un ou de deux ministres, il est pas mal plus intéressant. 

Journaliste : Il semble y avoir un appétit particulier pour Mme Guilbault, qui est ministre des Transports. Est-ce que...

M. Marissal : Bien, il semble y avoir aussi une attirance particulière de la CAQ vers le monde municipal. Il y a une filière, là, de toute évidence, regardez les chiffres. Moi, je ne veux pas personnaliser sur Mme Guilbault. Puis c'est vrai que le ministère des Transports, c'est un gros donneur de contrats. Puis je ne sais pas il y a combien de centaines, voire de milliers de dossiers, en ce moment, entre les municipalités puis le ministère des Transports, mais je présume qu'il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup.

Journaliste : ...mais est-ce que c'est le rôle... Parce que là on regarde un peu tout ce qui se dégage de cette histoire-là depuis quelques jours, et la question que je me pose, c'est : Est-ce que c'est le rôle d'une personne en fonction, qu'il soit de député ou dans le conseil exécutif, peu importe, de solliciter des dons politiques? Pourquoi ce n'est pas les militants? Vous en avez des milliers qui font des appels pour faire ça. Pourquoi est-ce qu'une personne en fonction fait ça?

M. Marissal : Bien, la personne en fonction est d'abord un électeur et une électrice.

Journaliste : Oui, mais elle est titulaire d'une charge. À partir du moment qu'elle est titulaire d'une charge publique, elle est en fonction, pourquoi est-ce qu'on ne lui retire pas ce dossier-là pour le confier à un militant à la maison, là?

M. Marissal : C'est pour ça que je pense qu'il faut être particulièrement scrupuleux avec les ministres, qui ont des portefeuilles.

Journaliste : ...dans le gouvernement, il a accès au ministre. Ça fait que, là, c'est rendu une autre manière détournée d'avoir accès à la personne que tu veux. Si tu es... Si tu es un maire, tu dis : Regarde, moi, je lunche avec Geneviève Guilbault...

M. Marissal : Il faut faire attention...

Journaliste : Paie-moi 100 $ pour venir me voir puis je vais passer ton message.

M. Marissal : Je comprends votre point. Je comprends votre point. Il est valable. Il ne faut pas non plus jeter le bébé avec l'eau du bain puis couper complètement l'accès aux élus. De toute façon, nous sommes... nous sommes disponibles, là. Mon téléphone, pas mal tout le monde le connaît dans Rosemont. Ils peuvent m'appeler, ça ne coûte pas 100 $. Après ça, si on fait des activités partisanes puis qu'il y a des gens qui veulent donner à mon parti ou à d'autres partis, c'est un geste citoyen, qu'il ne faut pas bannir, qu'il ne faut pas démoniser. Encore là, je répète, le problème, c'est de laisser entendre que tu pourrais avoir un avantage en payant 100 $, 1000 $, 3000 $, peu importe le montant, pour rencontrer un ministre.

Journaliste : ...un problème un peu plus large sur la question de l'autonomie municipale, quand on voit qu'autant de maires sentent visiblement le besoin d'aller, excusez l'expression, téter des ministres dans des cocktails de financement?

M. Marissal : Oui, bien, ça, c'est un vaste débat, là, c'est... Vous venez d'ouvrir une immense boîte de Pandore. Je pense qu'on n'aura pas assez de temps, ce matin, pour faire le tour. Les villes du Québec et les municipalités depuis longtemps se plaignent effectivement de ne pas avoir assez d'autonomie. Il y a toutes sortes de négociations, de pactes municipaux. Moi, je n'ai jamais beaucoup aimé l'idée que les municipalités sont des créatures de Québec, parce que ça les infériorise, mais, comme je vous dis, ce matin, je vais me concentrer, là, sur mes moutons, qui sont les dossiers de financement de la CAQ.

Journaliste : Je me demandais si je pouvais vous poser une question sur les formations accélérées en construction, ce que vous en pensez. Est-ce qu'au fond vous pensez qu'il aurait dû y avoir une obligation pour ces étudiants-là de travailler dans le domaine si l'État les rémunère?

M. Marissal : Je ne suis pas juriste, mais je pense qu'on ne peut pas faire ça. On ne l'a pas fait avec les PAB. Ce qu'on a fait avec les PAB, c'est que, s'ils abandonnaient ou qu'ils n'allaient pas travailler avant d'avoir fini la formation, ils devaient rembourser. On a eu des cas d'ailleurs de gens qui se retrouvaient avec des dettes assez importantes, là, de milliers de dollars à rembourser. Seulement, est-ce que le programme est trop lousse? C'est-tu trop slaque? On a-tu fait ça trop vite, là? On parle d'une formation accélérée. Est-ce que la décision, elle, elle a été précipitée? Je pense qu'il faut qu'on se penche là-dessus. À la fin, l'important, pour moi, c'est le résultat. Si on est capable de former une nouvelle cohorte puis qu'il y en a deux, trois là-dedans qui préfèrent aller rénover leur chalet, c'est plate, là, c'est bien de valeur, mais je ne pense pas que nous ayons les moyens, légalement, d'attacher les mains à quelqu'un pour faire ça.

Journaliste : Mme Ghazal, une petite dernière, si vous permettez, puisque vous avez parlé de la Palestine. Vous avez invité par Twitter les gens à aller à une projection de solidarité avec Gaza, qui reprend le fameux slogan Du fleuve à la mer. Est-ce que ce n'est pas problématique? C'est parce que vous l'avez retiré par la suite.

Mme Ghazal : Non, je ne l'ai pas retiré, c'était sur Facebook.

Journaliste : Parce que j'ai eu... on a eu du mal à retrouver après.

Mme Ghazal : Non, ça, ce n'était pas longtemps après les attaques de Gaza. C'était une façon aussi que des organisations de défense des Palestiniens, des organisations... plusieurs, là, qui ont dit : Bien, ça va être une belle façon aussi de supporter les organisations qui viennent en aide aux Palestiniens, en faisant, par exemple, des dons à des projections de films qui parlent de la cause palestinienne, qui ne date pas du 7 octobre, ça date depuis 1948. Puis ça a été une... Parce que, souvent, les gens, là, ils nous interpellaient, moi, ils m'interpellaient : Qu'est-ce que je peux faire pour aider les gens à Gaza qui sont bombardés? Des millions... 1,7 million de personnes déplacées en date d'aujourd'hui. À l'époque, les gens, ils ont besoin d'action. Et donc, j'ai vu cette initiative-là, puis je l'ai partagée sur ma page Facebook pour que les gens y aillent. Puis c'est vraiment... La culture, hein, il n'y a rien de mieux que... Souvent, face à... quand on se sent impuissant, quand on se sent impuissant face à une situation qui se passe ailleurs dans le monde, la culture aussi est une façon de parler d'enjeux humanitaires comme celui-là.

Journaliste : ...le slogan, Mme Ghazal, Du fleuve à la mer, c'est qu'il y a une connotation. C'est pour ça que je vous pose la question. Qu'est-ce que ça signifie pour vous, Du fleuve à la mer? Parce que l'interprétation qu'en donne le Hamas, c'est qu'on va prendre tout l'espace qui va entre ça et ça, là, c'est...

Mme Ghazal : Ça... Le slogan peut être interprété de plein de façons. Moi et à Québec solidaire, depuis le début, depuis la fondation... Moi-même personnellement, je n'ai jamais émis aucun doute, au Québec... Nous, ce qu'on veut à Québec solidaire, c'est deux États qui vivent côte à côte, que ce soient les Israéliens, le peuple israélien en ce moment en veut à Netanyahou puis à son gouvernement d'extrême droite, en ce moment, parce qu'ils ne sont pas protégés, et les Palestiniens... Hier, j'ai rencontré la déléguée générale de la Palestine qui est à Ottawa, qui est venue ici, à l'Assemblée nationale, et elle a dit... puis il y avait plein de... des gens palestiniens qui... dont un Palestinien qui est ici puis que sa famille est prise à Gaza, ils ont dit : Nous ne sommes pas avec le Hamas. Ça, c'est clair, clair, clair.

Donc, des slogans comme ça peuvent être interprétés de différentes façons. Pour nous, c'est clair, c'est deux États, pour que les deux peuples vivent de façon pacifique. Ça, c'est clair.

Journaliste : Can I... Can we jump in in English?

M. Marissal : Sure.

Journaliste : The fact that the Presse canadiennecame out with the case of Gilles Bélanger yesterday, you had the case of Yves Montigny, why don't you file a request asking the ethics commissioner to open two other investigations? That's the... For you, that's the only way to add pressure on the Legault Government at this point. Why don't you do it?

M. Marissal : And I will. And I will. But don't get me wrong, I take no fun doing this. I mean, I don't wake up in the morning asking myself who am I going to denounce today. I mean, I will do it because that's my only way to, as you said, put pressure on them. But, at the end of the day, I mean, how many complaints do I have to file, to send to the commissioner? I think, at some point, you have to take a look, an overlook at this situation to make sure that the CAQ, in this instance, makes sure that all his MNAs have understand... have understood the way they should do it. Premier Legault said yesterday : Case over, we don't discuss this anymore, but he also said : We will review our way to proceed. I just... I'm wondering what did he mean by that : We will review our way to communicate. That's an interesting question.

Journaliste : ...the way the invitations are worded.

Journaliste : Yes. In the case of Thouin, Mr. Thouin.

M. Marissal : Yes, why? Why would you do that? Why is Mr. Legault thinking that he should do this? Probably because there is a problem. But to answer your question shortly, I think I have no other choice but to file two other complaints this morning. In the case of Mr. Montigny, I had a concern to make sure to protect my source. You know what I mean. I'm sure you know what I mean by this. Someone trusted me, sent me some text message, and I just want to make sure that this man, this entrepreneur feels OK with that.

Journaliste : Brigitte Legault said at Masbourian this morning, regarding the text message of Mr. Montigny : «Je comprends la perception, mais l'individu a le choix de venir ou pas. Les mots ont un sens.», and then the host said : Well, it's a... it's a text message, it's clear, and she said : Well, «on juge sur un texto de 140 caractères».

M. Marissal : Whatever. 140 or 3,000 characters... What does she mean by that? I mean, it's really clear that Yves de Montigny sent this message to a constituent, to an entrepreneur telling him : I know you're not happy with us, you're not happy with our decision, so maybe you can come and have a chat with a minister. It's not a question of how long was the text message. I think it's more the message. And Mme Legault, I heard this interview this morning, said it's a question of perception, I agree with them... I agree with her.

Journaliste : ...going on here, you think? It's...

M. Marissal : Well, how do you say «stratagème» in English? Is it «scheme»?

Journaliste : ...

M. Marissal : Yes, OK. Yes. The answer is yes.

Journaliste : You said the issue wasn't the fact that people are contributing financially to the political party itself. You also get donations. As Mr. Jolin-Barrette said during question period yesterday, Québec solidaire also gets donations from certain mayors. So, if that's not the issue, can you explain exactly what the problem here is?

M. Marissal : I mean, from Simon Jolin-Barrette, it's a smokescreen. The fact is the CAQ is using his ministers to get donations from people in their ridings. That's... That's the fact. And we should not do that, we should not make people pay in order to meet with a minister.

And, by the way, Mme Legault from the CAQ said that they have like a thousand meetings with mayors over last year, I think, the ministers. So, basically, that's... the fact is that you don't have to pay apparently to meet with minister from la CAQ. So, I'm just asking them to make sure that they don't make people uncomfortable trying to tell them that they have to pay to meet with a minister. That's where the problem is.

Journaliste : What should the... How should they be wording their messages instead? How... What... What exactly could they change at this point?

M. Marissal : We have a cocktail, please join us.

Journaliste : ...one for Mme Ghazal, just quickly.

Mme Ghazal : Yes.

Journaliste : The fact that the CAQ agreed now to the motion calling for a ceasefire, what do you make of that?

Mme Ghazal : What... What I think about that? Yes, well, it's a good thing that finally the CAQ decided, after all this time… all of this time, to ask for a ceasefire, it's important. And I think it's... this is what Quebeckers want, like, to... that their governmentcalls to pacific acts. And this, asking for a ceasefire, is the only thing that we should do. It's very important to do it because now, there is a risk of genocide in Gaza. And the International Court of Justice asked Israel, and this has implications to Israel, but also to all other countries, like it's... for example, Canada, to do all what they can to prevent genocide.

M. Marissal : Merci.

Mme Ghazal : Merci.

(Fin à 8 h 44)

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