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Étude du projet de loi no 2 Loi
régissant le financement
des partis politiques et modifiant la Loi
électorale
(Dix heures quinze minutes)
Le Président (M. Laplante): À l'ordre, messieurs!
Reprise des travaux de la commission de la présidence du conseil, de la
constitution et des affaires intergouvernementales.
M. le ministre est-il prêt? La parole était à vous,
hier soir, M. le ministre. Voulez-vous que je répète? C'est une
reprise des travaux, ce n'est pas un ajournement sine die.
Je vais répéter le nom des participants: M. Bertrand
(Vanier), M. Biron (Lotbinière), M. Bisaillon (Sainte-Marie), M. Burns
(Maisonneuve), M. Fontaine (Nicolet-Yamaska); M. Forget (Saint-Laurent)
remplacé par M. Blank (Saint-Louis); M. Garneau (Jean-Talon)
remplacé par M. Lamontagne (Roberval); M. Gosselin (Sherbrooke); M.
Johnson (Anjou), M. Laberge (Jeanne-Mance); M. Levesque (Bonaventure)
remplacé par M. Gratton (Gatineau); M. Martel (Richelieu), M. Morin
(Louis-Hébert), M. Morin (Sauvé), M. Paquette (Rosemont); M.
Raynauld (Outremont) remplacé par M. Lavoie (Laval); M. Roy
(Beauce-Sud), M. Samson (Rouyn-Noranda), M. Vaugeois
(Trois-Rivières).
M. le ministre.
M. Grenier: M. le Président, est-ce que vous avez
mentionné le changement pour M. Biron?
Le Président (M. Laplante): Oui, monsieur. M. Biron,
remplacé par M. Grenier (Mégantic-Compton).
M. Burns: M. le Président, je n'avais rien de
spécial, hier, à vous dire à la fin; sauf qu'à la
demande du député de Laval, je me suis informé
auprès du ministère de la Justice si l'opinion de la Commission
des droits de la personne devait nous être livrée. J'ai
reçu un mémo, dans le courant de la séance hier,
m'indiquant que cette opinion devait nous être fournie aujourd'hui. Je
suis obligé de vous dire que je ne l'ai pas. Alors, que voulez-vous que
je vous dise? Je ne peux pas la faire à sa place. Je n'ai aucun ordre
à donner à la Commission des droits de la personne. Cela
relève directement du ministère de la Justice. Alors, vous me
trouvez tout à fait confus de ne pas être capable de vous
soumettre cette opinion.
Motion pour faire comparaître
le président des élections
et le président de la Commission
des droits de la personne
M. Lavoie: Quant à la présence et au
témoignage du juge sur lequel vous aviez donné votre
acquiescement, M. le juge est-il ici?
M. Burns: M. le juge n'est pas ici. M. Giguère est ici. Il
a été obligé lui-même de quitter une très
importante réunion sur la refonte de la carte électorale qui
était déjà à l'horaire. M. Giguère est ici.
Le juge Drouin n'a pu être parmi nous.
M. Lavoie: M. le Président, je fais une motion
immédiatement, voulant que les travaux de cette commission soient
ajournés jusqu'au momentje vais vous laisser déterminer une
date, à votre convenance, dans deux ou trois jours où le
juge Drouin soit convoqué à cette commission comme témoin
étant donné sa très vaste expérience.
Je dirais qu'au Québec, c'est lui qui a le plus
d'expérience sans doute au point de vue électoral. Il est le
président des élections. C'est lui qui administre le
remboursement, entre autres, aux termes de la Loi électorale, des
dépenses des candidats lors des élections. Il est responsable
d'un personnel qualifié qui a rodé ce système depuis au
moins trois ou quatre élections. Je crois que son témoignage est
absolument nécessaire pour qu'on ait un éclairage complet sur
l'administration et l'application de la présente loi. J'y tiens
absolument... D'ailleurs, vous aviez donné votre consentement. S'il
n'est pas disponible aujourd'hui, qu'on le convoque, à votre goût,
dans trois jours, dans quatre jours, le plus vite possible, ce qui nous
permettra également de prendre connaissance, lors de cet ajournement, de
l'opinion de la Commission des droits de la personne. Étant donné
mon opinion personnelle, et sous toutes réserves, je crois que la Charte
des droits et libertés de la personne pourrait être... Il pourrait
y avoir possiblement non, mais possiblement oui, des accrocs aux
libertés fondamentales du droit d'opinion politique, du droit
d'expression, du droit de réunion et du droit d'association, qui sont
des droits fondamentaux contenus dans la charte. S'il n'y en a pas, tant mieux,
mais je voudrais bien voir aussi à cette commission les membres ou le
président de cette organisme, M. Hurtubise, que nous avons d'ailleurs
rencontré personnellement, lors de l'étude des crédits du
ministère de la Justice... Il était convenu pour le 31 mai qu'on
devait avoir leur opinion, et je ne vois pas comment on pourrait continuer nos
travaux. Nous n'avons plus de témoins à entendre, et je ne vois
pas pourquoi nous continuerions nos travaux ce matin si on n'a pas ces deux
éléments, le témoignage du président
général des élections et le document, l'opinion, le
rapport de la Commission des droits de la personne. J'en fais une motion. Si
vous voulez, je vais la rédiger tout de suite.
Le Président (M. Laplante): S'il vous plaît. M.
Burns: Ce n'est pas nécessaire.
M. Lavoie: Je vais la rédiger, moi, pour le
procès-verbal...
M. Burns: Ce n'est pas nécessaire, on est d'accord.
M. Lavoie: Pardon?
M. Burns: Ce n'est pas nécessaire de la rédiger, on
est d'accord avec vous.
M. Lavoie: Bon!
M. Grenier: M. le Président, j'ajoute que, bien sûr,
à cause des connaissances qu'a le directeur général et
président des élections, le juge Drouin, on devra quand
même, si on rencontre M. Drouin, le faire avant le dépôt de
la loi réimprimée.
Il y a trop d'importance là-dedans, trop de changements
susceptibles d'arriver. Alors, cela devra se faire avant le dépôt
de la loi réimprimée.
M. Burns: C'est mon avis également.
Le Président (M. Laplante): Le député de
Beauce-Sud.
M. Roy: Je suis d'accord sur la motion qui vient d'être
présentée. Cela me paraît fondamental. Cela répond
un peu aux idées que j'ai émises hier à savoir qu'on doit
prendre le temps nécessaire pour examiner cette loi, prendre le temps
nécessaire pour en mesurer les implications et la portée. Je
pense que c'est fondamental.
En ce qui me concerne, j'aurais plusieurs questions à poser au
président général des élections et j'aurais
également des questions à poser à celui qui
représentera la Commission des droits de la personne.
J'ai un certain nombre de questions de prêtes ici. J'estime que
c'est même fondamental si on veut que cette loi réponde aux
objectifs pour lesquels le gouvernement amène cette loi et si on veut
également être assuré que cette loi ne brimera pas les
droits des individus.
M. Lavoie: Si je comprends l'intervention du député
de Beauce-Sud, vous aimeriez qu'on ait le président ou un membre de la
commission...
M. Roy: Ou un membre de la Commission des droits de la
personne.
M. Lavoie: ... ou un membre de la Commission des droits de la
personne.
M. Roy: C'est cela. Le président général des
élections et un représentant de la Commission des droits de la
personne. Que la commission parlementaire décide de siéger
demain, vendredi, la semaine prochaine ou dans quinze jours, je pense que cela
n'a pas tellement d'importance. Il n'y a pas de campagne électorale en
vue, à l'heure actuelle.
M. Burns: On ne le sait pas!
M. Johnson: Vous n'êtes pas d'accord avec M. -Biron?
M. Burns: M. Biron nous a dit qu'on serait en campagne
électorale à l'automne.
M. Lavoie: Le référendum est en marche
également. La campagne du référendum a
démarré également.
Une voix: On m'a dit que c'était pour l'automne.
M. Samson: On la fera sous l'ancienne loi.
M. Roy: De toute façon, au cas où on serait en
campagne électorale, qu'on prenne les dispositions pour que la
commission puisse siéger dès le début de la semaine
prochaine.
Ainsi, les craintes pourront être dissipées.
M. Burns: Je m'excuse. Je suis d'accord sur la motion du
député de Laval, la motion d'ajournement de nos travaux sine die.
Je veux tout simplement prendre cependant la précaution suivante avant
l'ajournement. Il ne faudrait pas non plus être injuste à
l'endroit du juge Drouin, lorsqu'il viendra ici. Je ne pense pas que ce soit le
rôle du juge Drouin de se prononcer sur le bien-fondé de la loi,
sur l'utilisation de telle ou telle disposition de la loi, etc. Je pense que
c'est de façon technique qu'il interviendra et si c'est comme cela qu'on
comprend sa venue ici.
D'ailleurs, le juge Drouin m'a fait part, hier, in camera, d'un certain
nombre d'inquiétudes à son sujet. Il est en dehors du
débat politique et son rôle, d'ailleurs, exige qu'il soit en
dehors du débat politique. Si c'est à titre d'expert, de
spécialiste, dans ce domaine qui s'appelle les élections, et de
tout ce qui entoure les partis politiques et leur existence, il est tout
à fait prêt à venir donner le fruit de son
expérience à la commission. C'est dans ce sens que je comprends
la motion du député de Laval. Dans ce sens, je suis d'accord que
nous ajournions nos travaux jusqu'à ce que nous ayons, d'une part,
l'assurance de la présence du juge Drouin et, d'autre part, l'opinion de
la Commission des droits de la personne.
M. Lavoie: Le député de Beauce-Sud a
mentionné son désir et je serais bien d'accord, non seulement
qu'on ait l'opinion de la Commission des droits de la personne, mais qu'on ait
même la présence d'un membre, si on avait des questions
supplémentaires à poser sur le rapport ou l'opinion qui nous
serait donnée. On ne veut entraîner ces gens-là en aucune
façon dans le débat politique. Vous allez prendre vos
responsabilités et nous allons prendre les nôtres...
M. Burns: Si on s'entend là-dessus, il n'y a pas de
problème.
M. Lavoie: ... mais je crois que l'éclairage est
nécessaire.
M. Burns: Alors, ceci, M. le Président, me permet de
contredire certains députés de l'Opposition qui disaient que je
voulais bousculer l'adop-
tion du projet de loi, que je voulais "bulldozer" l'adoption du projet
de loi. Au contraire, je pense que le projet de loi...
M. Blank: La nuit vous a donné de la sagesse.
M. Burns: ... est dans le décor depuis le 23 mars dernier.
On a donné le temps à tout le monde de le décanter et de
pouvoir exactement savoir ce que contenait le projet de loi. Nous avons eu,
à la suite de cela, trois mémoires. Ces trois mémoires ont
été entendus. Je n'ai pas du tout l'intention de bousculer le
projet de loi, mais je peux vous dire, cependant, que c'est la ferme intention
du gouvernement de voir à ce que ce projet de loi soit adopté
avant l'ajournement d'été, quelle que soit la date de cet
ajournement d'été.
M. Grenier: Est-ce que je peux comprendre...
Le Président (M. Laplante): Le député de
Roberval.
M. Lamontagne: M. le Président, le leader du gouvernement
n'a pas encore parlé, ce matin, de la réimpression du projet de
loi. Je considère comme extrêmement important d'avoir les
personnes...
M. Burns: J'en ai parlé hier.
M. Lamontagne: Oui, je sais, mais est-ce que pour la prochaine
convocation... Est-ce lui qui va décider quand la commission va
être convoquée? Est-ce qu'il pourrait soumettre aux membres de la
commission...
M. Burns: Est-ce que vous parlez au ministre d'État ou au
leader du gouvernement?
M. Lamontagne: Justement, pour éviter qu'on se mêle,
disons les deux, et si vous le voulez, consultez même le Président
de l'Assemblée nationale là-dessus, mais ce qui importe
là-dedans, c'est que vous nous fassiez étudier un projet de loi
dont vous avez annoncé possiblement la réimpression. Je pense que
si vous voulez véritablement avoir un projet de loi qui réponde
favorablement aux aspirations des Québécois,
présentez-nous le projet de loi que vous avez l'intention de
réimprimer.
Convoquez-nous pour la date à laquelle vous serez prêts
à nous le présenter.
M. Grenier: Je viens justement de demander le contraire, avoir
les experts avant d'avoir le projet de loi, parce qu'on sait qu'à ce
moment-là on peut changer passablement de choses à la
réimpression.
M. Blank: ...une deuxième fois. M. Grenier:
Oui.
M. Burns: Une fois, ce sera assez, ça coûte assez
cher. Je tiens à dire au député de Roberval, comme je l'ai
dit au cours de rencontres avec le leader de l'Opposition, si c'est la
décision de la commission, je présume que la commission sera
d'accord avec l'indication que je lui donnais, savoir qu'il serait
peut-être bon, au lieu d'avoir une série de papillons amendant le
projet de loi dans sa forme originale, qu'on le réimprime tout
simplement, ce sera beaucoup plus facile ensuite quand on aura à
l'examiner article par article, si c'est l'avis de la commission, dis-je, dans
son rapport, en vertu des dispositions des articles 118a et 119 de notre
règlement, de mentionner que le projet de loi devrait être
réimprimé. J'ai assuré le leader parlementaire de
l'Opposition que je donnerais quand même un délai assez important,
au minimum une semaine, entre la réimpression déposée et
le moment où nous entreprendrions la deuxième lecture, pour
permettre à tout le monde de revoir le texte réimprimé et
permettre vraiment une discussion tout à fait ouverte sur le nouveau
texte ou sur le texte tel que réimprimé.
Je n'ai pas l'intention de déposer une réimpression une
journée, et faire la deuxième lecture le lendemain. Je peux vous
en assurer à l'avance. C'est le leader du gouvernement qui vous parle.
Maintenant, le ministre d'État est du même avis que le leader.
Une voix: Vous vous êtes consultés.
Le Président (M. Laplante): Le député de
Beauce-Sud.
M. Burns: On s'est consulté.
M. Samson: C'est comme dans notre caucus.
M. Roy: Est-ce qu'on pourrait faire une suggestion ou une demande
au ministre responsable du projet de loi, à savoir si ce serait possible
d'obtenir copie des amendements ou des modifications que vous entendez apporter
au projet de loi, quitte à laisser la rédaction technique, la
rédaction juridique, à des experts, que ça puisse venir un
peu plus tard? J'aimerais bien obtenir, je pense que ça pourrait
peut-être faire l'unanimité parmi tous les collègues, au
moins les grandes lignes des amendements que le gouvernement entend
proposer...
M. Samson: ...principe...
M. Burns: Je suis plutôt porté à croire, M.
le député de Beauce-Sud, comme le whip de l'Union Nationale,
qu'il faudrait peut-être qu'on entende, selon vos deux requêtes, le
président général des élections sur des questions
techniques et que l'on reçoive l'opinion de la Commission des droits de
la personne.
Par la suite, on fera une nouvelle rédaction; aussitôt que
cette nouvelle rédaction sera prête, je suis disposé,
même sur une base purement personnelle, à vous en fournir une
copie, même avant que l'impression officielle en soit faite.
J'insiste beaucoup là-dessus, je tiens à vous assurer
qu'entre le moment où le texte sera réim-
primé et le moment où nous entreprendrons la
deuxième lecture, il devra se passer un minimum d'une semaine, pour que
vous ayez le temps d'en prendre connaissance.
Je tiens à vous dire que, dans mon esprit, ce sont des
modifications techniques qui nous ont été suggérées
par M. Somcynsky, par la Chambre de commerce du Québec ou encore par
l'Ordre des comptables agréés du Québec...
M. Lavoie: Et les différentes Oppositions.
M. Burns: Et les différentes Oppositions également,
c'est un fait. C'est tout cela qu'on va essayer... C'est purement technique.
Sur les grandes idées du projet de loi, je ne veux pas vous
décevoir, je vous dis que les grandes idées, les grands
thèmes du projet de loi vont apparaître également dans la
réimpression.
Je vous donne un exemple, l'article 2. Actuellement, c'est un article
transitoire, une disposition transitoire, qui apparaît à l'article
2, qui n'a pas, sur le plan de la technique législative, de raison
d'être là. C'est beaucoup plus normal de le retrouver à la
fin du projet de loi. Si on fait cela au niveau d'une commission parlementaire,
lorsqu'on étudie cela article par article, à ce moment-là,
on va être obligé de traîner tout le long le fait que
l'article 3 devient l'article 2, que l'article 4 devient l'article 3, etc. Cela
devient bien embêtant pour examiner un projet de loi. Je vous cite cet
exemple, c'en est un.
Il y a d'autres choses, à caractère technique, comme
celle-là, que nous avons envisagé d'améliorer ou de
réparer, selon qu'on est optimiste ou pessimiste.
M. Gratton: M. le Président, je conviens avec le ministre,
lorsqu'il parle de changements techniques qu'il veut apporter dans sa
réimpression, que c'est probablement vrai qu'en changeant la
rédaction d'un texte de loi, on peut changer les dispositions. Le fait
demeure que certaines des technicités, le ministre semble vouloir parler
strictement de technicité, mais il reconnaîtra avec moi que
certaines de ces technicités faisaient ou font encore, dans le texte
original, que des questions de principe aussi fondamentales que celles du droit
d'association, celle de fournir à un organisme, à une
association, à une corporation..,
M. Burns: La deuxième lecture n'est pas passée
encore. C'est cela votre chance. Vous allez pouvoir le dire.
M. Gratton: Tout ce que je voudrais souligner, si le ministre me
le permet, c'est que ce sont des technicités qui ont drôlement une
importance dans le contexte des principes du projet de loi. C'est dans ce sens
que, nous de l'Opposition, aussi bien que les députés
ministériels, j'en suis sûr, avions raison de nous
inquiéter et d'avoir hâte de connaître le texte
réimprimé, afin que nous sachions, une fois pour toutes,
où le gouvernement s'en va. Parce que le dépôt, j'en
conviens, a été très rapide après
l'élection, on a même l'impression que c'est bien plus dans le but
de faire une espèce de spectacle. Je pense que c'est légitime, de
la part du nouveau gouvernement, de respecter les engagements qu'il a pris
durant la campagne électorale, de faire un dépôt d'un texte
de loi aussi important, sur lequel on veut établir un consensus de tous
les partis politiques, mais de là à venir nous dire que ce ne
sont que des technicités qu'il reste à changer, c'est plus que
cela.
M. Burns: Non, ce sont des technicités. Je vous
assure...
M. Gratton: On ne sera jamais d'accord vous et moi et je vous dis
que je considère que c'est plus fondamental que cela. Vous l'avez
reconnu à maintes occasions durant les séances de la commission,
hier, et je ne voudrais pas qu'on laisse planer l'impression qu'à toutes
fins pratiques ce ne sont que des peccadilles qu'il s'agit de corriger. Il y en
a encore des...
M. Burns: Non, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit. Je
n'ai pas dit que c'étaient des peccadilles.
M. Gratton: Laissez-moi donc finir et vous corrigerez, s'il vous
plaît.
M. Burns: Oui, mais...
M. Gratton: M. le Président, j'ai la parole, que je
sache.
Le Président (M. Laplante): Si vous voulez, je vous
rappelle à l'ordre tous les deux, pour la bonne et simple raison qu'on
ne parle plus du tout sur la motion d'ajournement qui existe actuellement.
M. Gratton: C'est que...
Le Président (M. Laplante): Je préférerais
actuellement, M. le député de Gatineau, que le
député de Laval, pour enlever toute ambiguïté sur la
motion d'ajournement qui a été présentée, la
reformule pour qu'on puisse voter.
M. Gratton: D'abord, sur la question de règlement, M. le
Président, le député de Laval, ou n'importe quel autre
député, n'a pas à faire une motion écrite,
lorsqu'il s'agit de motion d'ajournement des travaux de la commission, c'est la
première chose.
Le Président (M. Laplante): Je ferai remarquer tout
d'abord au député de Gatineau que je n'ai pas demandé de
motion écrite au député de Laval. La seule chose que j'ai
demandée, c'est de la reformuler. S'il veut la formuler par
écrit, c'est son droit; s'il veut la formuler oralement, c'est encore
son droit. Je m'en tiens à ce que le député de Laval
reformule sa motion d'ajournement pour enlever toute ambiguïté au
débat afin qu'on puisse se prononcer sur elle.
M. Grenier: M. le Président, ... M. Lavoie:
Oui.
M. Grenier: ...à l'intérieur de la motion, bien
sûr, sur la présence du juge Drouin, est-ce qu'il nous sera permis
de poser au juge des questions sur chacun des articles, si on lui demande de
venir ici? Est-ce qu'on peut le considérer comme un expert?
M. Burns: Sur tous les articles, il ne faudrait quand même
pas se lancer dans l'examen du projet de loi; dans une autre
étape...
M. Grenier: Non, d'accord, mais, en tout cas, sur certains
articles.
M. Burns: ...mais, si vous avez des questions précises
à poser, sur le plan technique, au juge Drouin, je ne vois pas pourquoi
vous ne pourriez pas les lui poser.
M. Lavoie: Avant de la formuler... Si vous voulez que je la
formule d'une manière technique, je vous pose la question suivante,
parce que cela peut influer sur ma motion. Ma motion, en somme, le principe,
c'est que je voudrais qu'on ajourne nos travaux à une date qui ferait
votre affaire, où on serait assuré d'avoir la présence du
juge Drouin; étant donné que l'idée complémentaire
vient du député de Beauce-Sud, il faudrait qu'on ait un
représentant de la Commission des droits de la personne.
Maintenant, je vous pose le problème suivant. Je peux faire ma
motion sine die, dans l'entendement de mes désirs. Qu'est-ce qu'il
arrive si, la prochaine fois qu'on se réunit, soit le juge Drouin ou un
des membres de la Commission des droits de la personne n'est pas là ou
ne veut pas venir témoigner? Cela peut arriver.
M. Burns: On viendra vous dire cela.
M. Lavoie: Ma motion va être différente, parce que
je vais faire une motion, dans ce cas, pour les convoquer. On a le droit de
convoquer les témoins.
M. Burns: Oui.
M. Lavoie: C'est pour cela que cela influe sur la
rédaction de ma motion. On les convoque dans ce cas, personne ne veut
perdre son temps.
M. Burns: Je tiens à vous dire ceci. En principe, je ne
vois pas de raisons pour lesquelles le juge Drouin ou un représentant de
la Commission des droits de la personne refuserait de venir. Je ne vois pas de
raison. C'est pour cela que je verrais très bien que vous fassiez une
motion d'ajournement sine die, en tenant pour acquis que le ministre, qui
s'adonne à être en même temps le leader du gouvernement, ne
convoquera pas la commission de nouveau sans s'assurer de la présence
des personnes que vous désirez entendre. Non, je ne l'oublierai pas.
Motion d'ajournement
M. Lavoie: Je suis consentant qu'on fasse une motion
d'ajournement sine die dans les formes normales, mais je tiens à vous
assurer que, si elles ne sont pas là la prochaine fois, je ferai
à ce moment une motion de convocation en bonne et due forme...
M. Burns: D'accord.
M. Lavoie: ... avec subpoena pour qu'elles viennent
comparaître devant la commission.
M. Burns: D'accord.
M. Lavoie: C'est la formule.
M. Gratton: Avec les pénalités que cela
comporte.
Le Président (M. Laplante): Quels sont ceux qui sont pour
la motion d'ajournement sine die?
M. Burns: Adopté.
Le Président (M. Laplante): Adopté. Merci.
(Fin de la séance à 10 h 39)