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(Dix heures trente-cinq minutes)
M. LAVOIE (président): Qu'on ouvre les portes. A l'ordre,
messieurs!
Affaires courantes. Présentation de pétitions. Lecture et
réception de pétitions. Présentation de rapports de
comités élus. Présentation de motions non
annoncées.
Commission des Richesses naturelles
M. PAUL: M. le Président, qu'il me soit permis de faire motion
pour que le nom de M. Lavoie (Wolfe) soit substitué à celui de M.
Tremblay (Chicoutimi) comme membre de la commission des Richesses
naturelles.
M. LE PRESIDENT: Cette motion est-elle adoptée?
M. LEVESQUE: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Présentation de bills privés.
Présentation de bills publics.
M. LEVESQUE Article C.
Projet de loi no 65 Première lecture
M. BOURASSA: Loi concernant les districts électoraux. Il s'agit
d'abolir l'article 80 pour faire plaisir au leader parlementaire de
l'Opposition, à cause de son respect intégral de la lettre de la
procédure.
M. PAUL: C'est bien plus grave que ça, M. le Président! Si
le premier ministre veut respecter... Voici, on me provoque. Je sais que vous
allez me donner le droit de répondre.
M. PINARD: Résistez.
M. PAUL: Non, je ne résiste pas, M. le Président. Nous
n'avons aucun doute que c'est une bonne loi, en principe.
M. BOURASSA: Ah! Merci, merci beaucoup.
M. PAUL: Mais, si le premier ministre veut être soucieux du
règlement, il pourrait peut-être regarder 285, sixièmement
ou septièmement. Cela sera plus logique et plus équilibré.
Dans son argumentation, il y a une faille dangereuse.
M. DUMONT: Une simple question au premier ministre pour notre
information, M. le Président. Le premier ministre peut-il nous assurer
qu'il consultera quand même les 17 représentants des comtés
protégés pour qu'ils nous fournissent plus de détails sur
le projet de loi qu'il présente?
M. BOURASSA: II y aura une réunion demain matin.
M. LE PRESIDENT: L'honorable premier ministre propose la première
lecture du projet de loi concernant les districts électoraux.
Cette motion est-elle adoptée?
M. PAUL: Explications, M. le Président.
M. BOURASSA: Le leader parlementaire de l'Opposition demande des
explications. Veut-il que je mette en relief un autre geste concret,
réel, qui témoigne du progrès de l'actuel gouvernement
dans différents secteurs? C'est ça que veut savoir le leader
parlementaire de l'Opposition?
M. PAUL: Nous voulons savoir si le premier ministre est plus logique ce
matin qu'hier. Parce qu'hier, quand il a tenté de présenter son
projet de loi en première lecture, il nous a dit qu'il voulait le faire
adopter à cette session-ci. Après ça, il met ses notes de
côté, parle d'abondance et détruit l'argumentation et le
raisonnement qu'il avait préalablement exposés à cette
Chambre, en disant qu'il était pour référer ce projet
à la commission pour faire entendre les témoins et les parties
intéressées.
Ce que nous voulons savoir, c'est si le premier ministre s'est
ajusté ce matin.
M. LE PRESIDENT: Adopté.
M. LE SECRETAIRE ADJOINT: Première lecture de ce bill. First
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT: Deuxième lecture, prochaine séance.
M. PAUL: M. le Président, toujours sous la réserve de
présenter, en temps opportun... et je fais cette remarque pour qu'on
n'essaie pas d'apporter une raison tardive quant à la justification de
toute motion qui, éventuellement, pourrait être
présentée.
M. LEVESQUE: M. le Président, c'est une formule que l'on peut
faire à chaque présentation de bill. Il n'y a rien d'original
là-dedans.
M. LE PRESIDENT: Y a-t-il d'autres bills publics?
Déclarations ministérielles. Dépôts de
documents. Questions des députés. L'honorable
député de Berthier.
Questions et réponses Traverse de
Saint-Ignace
M. Gauthier: M. le Président, en l'absence du ministre des
Transports, je vais poser ma ques-
tion au premier ministre. Ses démarches ont-elle
été fructueuses relativement au problème que j'ai
soulevé, hier après-midi, concernant la traverse entre
Saint-Ignace et Sorel?
M. BOURASSA: Je sais que mon chef de cabinet a communiqué avec le
propriétaire de l'entreprise et le ministre des Transports,
également, je pense. Aux dernières nouvelles, il n'y a pas eu de
modifications au fonctionnement.
M.GAUTHIER: On ne peut pas dire que cela bouge tellement dans ce
domaine-là.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de Bourget.
Festival de Manseau
M. LAURIN: M. le Président, ma question s'adresse à la
fois au premier ministre et au ministre de la Justice. Au mois de juillet, en
réponse à une question que je leur posais, le premier ministre
m'avait affirmé qu'il ferait enquête sur le festival de Manseau,
en ce qui concerne les incidents qui s'y étaient déroulés;
deuxièmement, en ce qui concerne les permis qui avaient
été octroyés aux organisateurs, une enquête sur la
recevabilité, la validité, la bonne foi qui avait
présidé à l'octroi de ces permis et aussi aux
enquêtes qui avaient été effectuées au
ministère de la Justice avant que ces permis ne soient
octroyés.
J'aimerais savoir maintenant du premier ministre si cette enquête
a été commencée, si elle a bien porté sur tous les
aspects qui avaient été mentionnés au mois de juillet et
quels ont été les résultats.
M. BOURASSA: J'avais communiqué c'était durant les
vacances du ministre de la Justice avec Me Villeneuve, sur cette
question. Je dois dire qu'avec un froid de cinq sous zéro je ne
m'attendais pas à une question sur le festival de Manseau, de la part du
député de Bourget.
M. LAURIN: La session achève et on aime bien à faire un
dossier complet avant de s'en aller.
M. BOURASSA: D'accord. Disons que je prends avis de la question; le
ministre de la Justice pourra s'informer et répondre au
député de Bourget demain.
M. LAURIN: Est-ce que cela veut dire que rien n'a été
fait?
M. BOURASSA: Comme d'habitude, il y a eu action qui a été
faite.
M. CHARRON: Comme d'habitude, c'est exactement ce qu'on voulait
savoir.
M. BOURASSA: Comme d'habitude, le député de Bourget de
même que le député de Saint-Jacques vont être
confondus par l'action du gouvernement.
M. LAURIN: On a hâte de voir ça.
M. CHARRON: On l'a été au cours de toute la session,
ç'a été une session fantastique.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de Rouyn-Noranda.
Politique dans les CEGEP
M. SAMSON: M. le Président, j'aimerais poser une question
à l'honorable ministre de l'Education.
J'aimerais savoir si c'est une coutume établie ou qui est en
train de s'établir, acceptée ou non par le ministre de
l'Education, que, sinon dans certains, au moins dans un CEGEP, un local soit
mis à la disposition d'un certain parti politique. Ce local servirait de
secrétariat et il y aurait une bonne affiche qui expliquerait quelles
sont les tendances des étudiants.
Si ce n'est pas une coutume, le ministre voudrait-il me dire si
ça sera dans les attributions de l'enquêteur qu'il a nommé
de voir à faire les vérifications qui s'imposent? Est-il
nécessaire que je vous donne le nom qui apparaît sur l'affiche?
C'est le PQ.
M. SAINT-PIERRE: M. le Président, dans le cadre des programmes de
vie étudiante dans les écoles, je pense que, suivant les
différents paliers d'enseignement, il est nécessaire d'exposer
les jeunes aux différentes réalités sociologiques,
culturelles et politiques du Québec. Je sais que votre collègue
de droite, le député de Mégantic, a rencontré
lui-même des étudiants dans les CEGEP. Je sais, pour avoir
visité des étudiants, qu'eux-mêmes désirent obtenir
des informations de tous les partis politiques.
S'il y a eu des abus évidents non seulement dans l'allocation des
ressources, mais dans l'utilisation du temps ou du matériel
d'informatique à l'intérieur des universités et des CEGEP
pour un parti politique donné, il me fera plaisir de saisir le conseil,
l'instance décentralisée, de ce cas précis. Cependant,
à ma connaissance, actuellement, il n'y a pas d'abus. Tous les partis
politiques à l'intérieur d'un cadre de vie étudiante
peuvent donner de l'information aux jeunes et participer, pour autant que
ceux-ci veulent bien recevoir cette information, à l'éducation
politique de nos jeunes.
M. SAMSON: M. le Président, une question supplémentaire.
J'ai bien peur que le ministre n'ait pas compris exactement où je
voulais en venir. Il ne s'agit pas d'information. Je sais que tous les partis
politiques sont appelés à aller présenter des causeries
devant les étudiants, ce qui, je crois, est très normal. La
question que
j'ai soulevée est la suivante. On m'informe qu'un local est mis
à la disposition d'un parti politique, pas de quatre, avec une grosse
affiche où c'est bien écrit secrétariat. Ecoutez, M. le
Président, si le ministre de l'Education veut au moins prendre la
question comme avis et faire les vérifications qui s'imposent dans les
circonstances. Je n'ai pas eu connaissance qu'on ait offert à notre
parti des locaux pour établir des secrétariats dans les
différents CEGEP de la province. D'ailleurs, je ne pense pas qu'on les
accepterait.
M. SAINT-PIERRE: J'apprécierais, peut-être, après la
rencontre ou même immédiatement, que le chef du Ralliement
créditiste m'indique à quel endroit précis cela se
passe.
M. SAMSON: Voulez-vous que je le fasse immédiatement ou si vous
préférez que je vous le dise plus tard?
DES VOIX: Immédiatement.
M. SAMSON: Oui, c'est au CEGEP de Rouyn.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de
Témiscouata.
L'avenir du CRD
M. SIMARD (Témiscouata): M. le Président, ma question
s'adresse au ministre des Affaires municipales. Les journaux nous apprennent
qu'une réunion concernant le sort réservé au CRD a eu
lieu. Le ministre pourrait-il nous donner conclusion de ces pourparlers
auxquels assistaient le premier ministre de même que le ministre des
Affaires municipales et M. Claude Jourdain? A-t-on décidé de
redonner la même vocation au CRD ou est-ce l'opinion du ministre des
Affaires municipales que le CRD ne devrait avoir qu'un rôle caché
et très secondaire?
M. TESSIER: M. le Président, lors de cette entrevue de la semaine
dernière, il a été décidé que je
rencontrerais l'exécutif du CRD à Rimouski, lundi prochain, le 21
décembre. A ce moment-là, nous allons nous asseoir ensemble,
discuter encore de nouvelles structures, du nouveau rôle que pourrait
jouer le CRD. Nous allons également discuter de la question du budget
à lui être accordé. Tout ça se décidera lundi
prochain.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de Portneuf.
Centre de main-d'oeuvre de Saint-Raymond
M. DROLET: M. le Président, ma question s'adresse à
l'honorable député de Gatineau et ministre responsable du Travail
et de la Main-d'Oeuvre. A la suite de l'annonce de la fermeture prochaine du
centre de main-d'oeuvre de Saint-Raymond, le seul existant dans le
comté, est-ce que le ministre a l'intention de demander à son
collègue de la Fonction publique de me fournir une secrétaire
spéciale pour prendre les noms de tous les chômeurs qui sont de
plus en plus nombreux?
M. FOURNIER: M. le Président, j'ai répondu à la
question, hier. J'ai mentionné que dans les endroits où il
était nécessaire d'avoir des centres, pour qu'ils soient bien
organisés afin d'accomplir le travail auxquels ils sont destinés,
il y aura des centres d'implantés. Il ne s'agit pas simplement d'avoir
un endroit pour recevoir les demandes d'emploi; il s'agit d'avoir des centres
qui pourront diriger les travailleurs vers des emplois disponibles. Un centre
complet a deux fonctions: recevoir les demandes d'emploi et,
deuxièmement c'est important avoir des contacts avec les
employeurs, de façon à trouver des emplois aux travailleurs.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de Maisonneuve.
La Transcanadienne dans le sud de
Montréal
M. BURNS: M. le Président, il y a quelques semaines, le ministre
de la Voirie annonçait le projet de prolongement de l'autoroute
transcanadienne dans le sud de Montréal, lequel projet, disait-il,
nécessiterait le déplacement de milliers de familles.
Depuis ce temps-là, certains groupes se sont montrés
défavorables au projet. Je pense, entre autres, au comité
d'action politique de Maisonneuve et même...
M. CHARRON : Westmount.
M. BURNS: ...au ministre fédéral, secrétaire
d'Etat, Gérard Pelletier. J'aimerais savoir du ministre ou du premier
ministre si ce projet est définitivement arrêté ou bien si
le gouvernement acceptera de recevoir des représentations avant de le
pousser plus avant.
M. PINARD: M. le Président, en réponse à la
question du député, je voudrais rappeler la déclaration
que j'ai faite en Chambre relativement au nombre d'expropriations qui seront
rendues nécessaires par la décision du gouvernement de poursuivre
le prolongement de l'autoroute transcanadienne dans l'axe ouest-est à
Montréal. Je pense que la déclaration que j'ai faite à
l'époque tient encore, parce que M. Sauriol, dans l'éditorial du
Devoir de ce matin, me donne raison, du moins, quant à cette partie du
problème.
Quant à la déclaration du ministre fédéral,
M. Pelletier, secrétaire d'Etat, inutile de vous
dire qu'elle m'a déplu quelque peu. Je veux bien croire que le
ministre fédéral, qui est secrétaire d'Etat, n'a
peut-être pas le temps d'écrire à des collègues du
gouvernement nro-vincial. Il aurait pu, tout au moins, m'appeler pour me dire
qu'il avait l'intention de me parler sur le sujet et pour me dire aussi le sens
de la déclaration qu'il entendait faire. Je pense que ce n'est pas une
façon de procéder. Surtout, ce ministre aurait dû se
rappeler que le tracé choisi l'a été par les trois niveaux
de gouvernement: par le gouvernement du Québec, par le gouvernement
municipal de Montréal qui a fait des représentations pour que ce
tracé-là soit choisi par rapport à tout autre. Egalement,
il a été choisi et accepté par le gouvernement
fédéral, à l'époque.
Ce tracé n'a pas été répudié, non
plus, par aucun autre gouvernement qui a succédé au gouvernement
fédéral à l'époque et au gouvernement provincial
ici. J'ai pris connaissance du dossier de l'autoroute transcanadienne en ce qui
a trait au tracé est-ouest dans la ville de Montréal. Eh bien,
mon prédécesseur au ministère, qui a correspondu à
ce sujet avec le ministre des Travaux publics, M. Laing, et avec le ministre,
M. Marchand, n'a pas répudié le tracé qui avait
été choisi à l'époque. Dans la correspondance faite
par les ministres fédéraux aux ministres provinciaux, il
n'était pas question non plus de modifier le tracé. A ce point de
vue là, je pense que la situation du gouvernement du Québec est
bonne. Que le tracé choisi cause des problèmes au plan social, je
l'ai admis le premier. C'est évident qu'on ne construit pas des
autoroutes à six ou quatre voies, à circulation rapide,
accrochées à des nuages.
Il faut malheureusement travailler sur terre. Il faut malheureusement
déplacer des personnes, des commerces, des industries.
Il est bien évident que le ministère de la Voirie, comme
je l'ai déclaré plusieurs fois, a une conscience sociale tout
aussi aiguë que n'importe quel autre membre de cette Chambre ou que
n'importe quel autre membre de groupements de contestation ou d'action sociale.
Mais, nous, nous avons la responsabilité d'oeuvrer, de décider et
de causer le moins de dommages possible dans les circonstances, ce que nous
nous efforçons de faire.
Nous avons mis sur pied je le répète un
comité composé de membres du gouvernement provincial, notamment
du ministère de la Voirie et des Affaires municipales, de la
Société d'habitation du Québec, de membres qui
représentent le gouvernement municipal de Montréal, le service
d'urbanisme en particulier et le service d'habitation de la ville de
Montréal, et aussi de membres du bureau d'ingénieurs-conseils qui
a préparé les plans et devis. Ils sont allés rencontrer
les mouvements de protestation pour expliquer pourquoi telle décision
avait été prise, pourquoi tel tracé proposé par les
groupes contestataires ne pouvait pas être accepté ou qu'il
pouvait être accepté en partie, quelles seraient les solutions de
rechange, quels seraient les droits des personnes expropriées, quelles
seront les formules de relogement de ces personnes, dans combien de temps la
chose pourrait être faite, combien de HLM seront construits dans une
période donné pour permettre de reloger ces personnes.
Ce sont autant d'informations, qui ont été données
jusqu'à maintenant à ces personnes, qui, à juste titre,
s'inquiètent de la situation. Je l'admets. Des pourparlers se
poursuivront de façon intense entre les autorités
gouvernementales et ces personnes qui sont inquiètes. Mais, ce n'est pas
une raison pour remettre tout en cause et pour demander au gouvernement
d'arrêter un projet qui, à mon avis, est important pour
développer, précisément, l'est de Montréal, qui est
sous-développé économiquement par rapport à
l'ouest.
J'ai dit à M. Saulnier, qui est venu me voir la semaine
dernière et qui m'en a parlé en sa qualité de
président de la Communauté urbaine de Montréal, que
j'avais puisé mes arguments pour défendre la position du
gouvernement, pour défendre la décision que nous avons prise,
dans le document que tout le monde connaît, je le pense, intitulé:
Montréal, Horizon 2,000. C'est là que nous avons puisé les
arguments d'ordre économique et social pour permettre
d'équilibrer l'est de Montréal par rapport à l'ouest. Il
faut avoir une infrastructure routière capable de donner autant de
service dans l'est de Montréal que dans l'ouest, si l'on veut avoir
autant de commerces nouveaux et d'industries nouvelles qui vont
s'établir dans le territoire pour faire prospérer
économiquement et socialement cette partie est de la ville de
Montréal. Alors, pourquoi protester aveuglément?
M. BOURASSA: Le comté de Bourget, le comté de
Saint-Jacques.
M. PINARD: Alors, pourquoi contester aveuglément? Je suis
d'accord pour qu'on vienne dialoguer avec nous. Je suis d'accord pour que nous
prenions les devants et que nous allions rencontrer ces groupes. Je n'aime pas,
toutefois, cette façon de tout remettre en cause, surtout la
façon un peu spectaculaire choisie par certaines personnes que je veux
croire de bonne foi, mais qui devraient prendre au sérieux les
responsabilités qui leur sont dévolues et informer les
autorités compétentes de leur prise de position, dans un domaine
aussi vital que celui-là. C'est ce que j'ai à dire pour le
moment. S'il y a possibilité de remédier davantage aux dommages
qui, prétendument, sont causés à des groupes de personnes,
eh bien, le ministère de la Voirie, je vous l'assure, va prendre toutes
les dispositions nécessaires pour ne pas causer plus d'injustice qu'il
n'est obligé, malheureusement, d'en causer, si véritablement il y
a injustice.
C'est la déclaration que j'ai à faire ce matin.
Prenez ma parole: Nous allons engager le dialogue véritable avec
toutes les personnes intéressées.
M. BURNS: Une question supplémentaire, M. le Président.
Est-ce qu'on doit comprendre que le dialogue est ouvert sur les
modalités, mais non pas sur le projet lui-même?
M. BOURASSA: C'est assez définitif, mais pas encore ...
M. BURNS: Non, mais il n'y a pas de dialogue ouvert sur l'existence
même du projet.
M. BOURASSA: Vous voulez dire sur l'abolition de l'autoroute...
M. BURNS: Si un groupe, par exemple, faisait valoir qu'il y a
peut-être d'autres mesures plus urgentes, actuellement, il n'y aurait pas
de dialogue possible là-dessus? C'est ça?
M. BOURASSA: M. le Président, là-dessus, j'ai pris
connaissance de la déclaration du ministre fédéral et
Secrétaire d'Etat. Evidemment, il a le droit de s'improviser expert en
voirie et de parler d'autoroutes recouvertes. Le ministre de la Voirie vient de
parler des conditions sociales et économiques qui lui paraissent et qui
ont paru au gouvernement justifier cette autoroute, outre le fait que cela lui
donne l'occasion de combattre le chômage d'hiver, étant
donné que cela peut être construit dès le mois de janvier.
Cela peut commencer en janvier.
M. BURNS: Ma question était, M. le Président: Le dialogue
est fermé sur le projet; c'est sur les modalités qu'il peut
être ouvert, c'est ça?
M. PINARD: C'est-à-dire que nous sommes bien prêts à
discuter et du principe et des modalités, mais, si l'on tient pour
acquis que la solution proposée par le Secrétaire d'Etat doit
être la meilleure, eh bien, il va falloir constater que cela va doubler
fort probablement le coût de la construction de l'autoroute est-ouest
dans la partie où il prétend que notre tracé va causer
autant de dommages qu'il l'a dit dans sa déclaration qui a
été rapportée en première page des journaux, lundi.
Alors, il faut quand même tenir compte des coûts et de la
capacité de payer du gouvernement du Québec.
Probablement qu'avez un projet moins dispendieux il nous restera plus
d'argent pour les reloger dans des logements modernes, confortables, sans doute
plus confortables que ceux qui sont habités à l'heure actuelle
par ces personnes.
Les personnes qui seront délogées du secteur auront des
habitations salubres, mais en autant que tous les mécanismes seront mis
en branle pour que l'action se fasse de façon parallèle. J'ai
l'assurance de mon collègue, le ministre des Affaires municipales, qui
est responsable de la Société d'habitation du Québec, que
ces mesures seront prises et que le dialogue est engagé par les
représentants de la société auprès des groupes
concernés par notre décision de construire l'autoroute. Il y aura
effectivement des habitations à loyer modique qui seront mis en place
pour absorber le nombre de personnes qui seront délogées et qui
devront être relogées ailleurs à cause de notre
tracé. Il me semble que cette prise de position du gouvernement est
raisonnable. Il se peut quand même que des aspects aient
été oubliés. C'est pour ça que nous invitons les
personnes à dialoguer avec nous. Je pense qu'il serait dangereux de tout
remettre en cause au moment où nous devons faire face à une
situation de chômage alarmante dans la ville de Montréal,
principalement dans l'est, et au moment où la décision que nous
avons prise est indubitablement à l'avantage du secteur est de
Montréal, sur le plan économique et sur le plan social.
M. LE PRESIDENT: Sur le même sujet, le député de
Gouin.
M. JORON: Ma question s'adresse, bien entendu, au ministre de la Voirie.
Devant l'ampleur que prennent les protestations, qui s'étendent
maintenant jusqu'au Westmount Municipal Association, si j'ai bien compris, vous
vous dites ouvert au dialogue. Avez-vous considéré ou seriez-vous
prêt à considérer de faire siéger la commission
parlementaire de la Voirie pour entendre les parties?
M. PINARD: M. le Président, je pense que si tout le monde veut
être de bonne foi...
M. BOURASSA : Le chômage est au mois de janvier et tout de
suite.
M. BURNS: Quand votre projet sera-t-il en vigueur?
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
M. PINARD: ... il y a moyen de fournir toutes les explications
nécessaires et de regrouper autour du gouvernement, qui en a pris les
décisions, des bonnes volontés qui existent encore parmi ces
groupes de contestataires, mais qui n'ont peut-être pas toutes les
informations nécessaires pour comprendre l'à-propos et toute la
portée de notre décision.
Alors, commençons par cela. Si, plus tard, il devient plus
évident que le gouvernement a commis une erreur très lourde de
conséquences, beaucoup plus lourde que nous ne l'avions prévu,
nous aviserons des mesures à prendre; mais, pour le moment, je ne vois
pas la nécessité de convoquer la commission parlementaire
pour
régler un problème qui se situe dans l'ordre des
problèmes techniques.
J'admets la dimension sociale de la décision que nous avons
prise, mais j'ai dit, tantôt, les mesures que nous avons choisies pour
régler les aspects sociaux de la décision. Quant aux
problèmes techniques, je ne vois pas pourquoi la commission
parlementaire devrait siéger; je fais confiance aux ingénieurs et
à ceux qui, à d'autres paliers gouvernementaux, ont eu à
prendre la décision avec nous.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de
Mégantic.
M. DUMONT: M. le Président, une question supplémentaire. A
la suite de la longue déclaration ministérielle que nous venons
d'entendre et considérant tous les problèmes que le ministre est
obligé d'envisager dans cette région, ne pourrait-on pas
tranférer temporairement ces crédits pour construire une
autoroute entre Plessisville et Thetford Mines?
M. LE PRESIDENT: Sur le même sujet. L'honorable
député de Sainte-Marie.
M. TREMBLAY (Sainte-Marie): M. le Président, je m'adresse au
ministre de la Voirie. Il dit qu'il est toujours prêt à engager le
dialogue pour discuter du cas de la route ouest-est. Quel est ce genre de
dialogue?
Est-ce que cela pourrait aller jusqu'à discuter de
l'opportunité de changer le tracé de cette route, en tenant
compte de tous les dangers de pollution et du déménagement de
2,500 à 3,000 familles? Est-ce que l'on pourrait étudier la
possibilité de changer l'endroit où passerait la route? Quelle
forme prendra le dialogue?
M. PINARD: Le dialogue va prendre une forme positive et non pas une
forme négative, comme nous sommes habitués d'en être les
témoins depuis quelque temps dans le Québec.
M. LEGER: M. le Président, une question
supplémentaire.
M. TREMBLAY (Sainte-Marie): Est-ce que je pourrais avoir une
réponse à ma question, s'il vous plaît? Ce n'est pas une
réponse.
M. PINARD: J'ai répondu à votre question. A
l'intérieur d'une réponse assez globale, je pense que vous aurez
une réponse à toutes les questions de détail que vous
voulez poser.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de Lafontaine. Ce sera
la dernière question supplémentaire.
M. LEGER: M. le Président, une question supplémentaire au
ministre de la Voirie. Etant donné, premièrement, que
l'expropriation des gens doit précéder la construction de
l'autoroute, et que la construction d'habitations apporte beaucoup plus de
travail que la construction de l'autoroute, n'aurait-il pas été
plus normal de voir à la construction de HLM avant de construire des
autoroutes?
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
M. BOURASSA: J'ai répondu une dizaine de fois
là-dessus...
M. LEGER: On dit qu'on est à dialoguer.
M. BOURASSA: ... pour dire qu'il y avait $200 millions pour la
construction d'habitations à loyer modique et qu'il y aurait
peut-être $30 millions de plus. On ne peut pas se limiter à un
seul secteur seulement pour relancer l'économie.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre! Je crois que c'est une question
d'appréciation ou d'opinion, et je ne peux pas la permettre.
L'honorable député de Gaspé-Nord.
Scierie de Grande-Vallée
M. GAGNON: Ma question s'adresse au ministre des Affaires municipales.
Elle fait suite à l'intéressante série de questions qui a
eu lieu, la semaine dernière, sur la scierie de Grande-Vallée. Je
n'ai pu être présent pour cause de maladie. Le ministre
pourrait-il nous dire s'il a eu une entrevue avec les représentants de
la James Richardson ou s'il y a eu de la correspondance échangée
par laquelle cette compagnie informait le ministre qu'il y aurait construction
d'une industrie de bois de sciage à Grande-Vallée? Pourrait-il
déposer cette correspondance?
M.TESSIER: M. le Président, je n'ai eu aucune correspondance,
mais j'ai eu plusieurs conversations téléphoniques avec le
président, le secrétaire-trésorier et le gérant de
la compagnie James Richardson. Ce que j'ai déclaré en cette
Chambre, la semaine dernière, je le maintiens.
M. GAGNON: Une question supplémentaire. Je ne sais pas si le
président de la compagnie vous a dit qu'au mois de septembre 1969 il
avait promis à celui qui parle en ce moment la construction d'une
scierie à Grande-Vallée, ce qui avait été
confirmé en mars 1970. Il s'agissait d'une annonce non officielle faite
par le président de cette compagnie, qui n'est pas encore
décidé.
M. TESSIER: La décision est définitivement prise par la
compagnie. Effectivement, ce qui retardait la construction, c'était que
les subventions, en vertu du bill C-202 du gouvernement
fédéral, n'étaient pas suffisantes, d'après
la compagnie. C'est ce qu'elle attendait. Lorsque j'ai été saisi
de ce problème, je suis immédiatement entré en
communication avec le ministère fédéral de l'Expansion
économique régionale. C'est à ce moment-là que j'ai
réussi à obtenir que le plein montant autorisé par le bill
C-202 soit accordé à la compagnie James Richardson. Dès
que la nouvelle a été connue, la compagnie a confirmé
qu'elle était prête à commencer les travaux de construction
incessamment. Ce sont les raisons que je viens de mentionner qui la
retardaient.
M. GAGNON: Je réfère le ministre à son homologue
des Terres et Forêts.
M. LOUBIER: Question supplémentaire. Le ministre est-il au
courant qu'il y a déjà, à Grande-Vallée, une
scierie qui fonctionne depuis une dizaine d'années? Elle a une
production inférieure à 12 p. c. de sa capacité de
rendement et elle a fait plusieurs demandes, par le conseil municipal et par
d'autres voies, pour obtenir justement la concession qu'on vient d'accorder
à la compagnie Richardson, qui lui aurait permis, au lieu de scier pour
$4 millions par année, d'en scier au moins deux ou trois fois plus.
UNE VOIX: Question, question.
M. TESSIER: M. le Président, d'après les renseignements
qui m'ont été fournis, une compagnie, qui était une
coopérative à Grande-Vallée, a fonctionné pendant
une dizaine d'années, mais elle a cessé toute activité
depuis au-delà d'un an.
Toute la machinerie de ce moulin est absolument désuète et
c'est la raison pour laquelle toute opération a dû être
suspendue. Actuellement il n'y a aucune compagnie d'après les
informations qui m'ont été fournies, qui fonctionne à
Grande-Vallée.
M. LOUBIER: Est-ce que le ministre est au courant du fait que le conseil
municipal de Grande-Vallée avait demandé que le gouvernement
assure le fonctionnement continu de la scierie déjà existante
plutôt que d'ouvrir une autre industrie du même genre, de
même utilité à Grande-Vallée?
M. TESSIER: M. le Président, je ne suis pas au courant d'une
telle demande de la part de la municipalité de Grande-Vallée et,
s'il y en a eu une, elle ne m'a jamais été transmise.
M. LE PRESIDENT: Le député d'Iberville.
Livre blanc sur les communautés
municipales
M. CROISETIERE: M. le Président, ma question s'adresse au
ministre des Affaires municipales. Jeudi le 12 novembre 1970, pour faire suite
à une question que je lui demandais, s'il avait l'intention de donner
suite, lors d'une conférence qu'il avait donnée à
l'époque, aux nouvelles structures des communautés municipales,
le ministre nous avait indiqué en Chambre qu'il avait l'intention de
permettre l'émission d'un livre blanc d'ici une quinzaine. Cela fait
au-delà d'un mois. Est-ce que le ministre peut nous indiquer si son
livre blanc pourrait être émis bientôt?
M. DEMERS: S'il est aussi blanc qu'avant.
M. TESSIER: M. le Président, ce qui retarde la publication du
livre blanc c'est qu'il est nécessaire que nous étudiions, en
même temps, toutes les implications financières et que nous
essayions également de trouver les moyens nécessaires pour
corriger ou améliorer la question très urgente et importante de
la fiscalité municipale. Alors, du même coup, nous voulons essayer
de régler les deux problèmes. C'est pourquoi le gouvernement a
mis sur pied dernièrement un comité interministériel
composé de représentants des ministères des Finances, des
Affaires municipales, de l'Education et de l'Industrie et du Commerce qui
étudient présentement cette question. Normalement, nous devrions
avoir un rapport d'ici un mois au plus tard. Alors, je serai donc en mesure de
rendre public le livre blanc. Cela permettra également au premier
ministre, dans les semaines qui suivront, d'annoncer les nouvelles mesures
gouvernementales pour aider les municipalités dans la question de la
fiscalité municipale.
M. LE PRESIDENT: Le député de Saint-Sauveur.
Syndicalisme agricole
M. BOIS: M. le Président, ma question s'adresse au ministre de
l'Agriculture. Existe-t-il une raison d'Etat pour que ne soit pas soumis
à cette Chambre, d'ici la fin de la session, le bill sur le syndicalisme
agricole?
M. LE PRESIDENT: A l'ordre! Cette question a été
posée, à ma connaissance, au moins cinq ou six fois.
M. SAMSON: Avec votre permission, ce n'est pas ce genre de question que
nous avions posé. Nous voulons savoir pourquoi il ne l'amène pas,
parce qu'il nous a dit hier qu'il ne l'amenait pas.
M. TOUPIN: M. le Président, cette question a été
posée effectivement à plusieurs reprises et on continue à
donner la même réponse. Si le temps nous le permet, nous le
porterons et si le temps ne nous le permet pas, nous le remettrons à la
prochaine session. C'est toujours ce que nous avons soutenu. Nous n'avons rien
soutenu d'autre.
M. LEGER: Agissez maintenant parlez plus tard.
M. SAMSON: Une question supplémentaire. Nous avions bien compris
la réponse du ministre. Mais hier, je ne sais pas si le ministre
était présent, lorsque le leader parlementaire nous a
donné les travaux de la Chambre, il nous a dit qu'un tel bill
n'était pas prévu d'ici la fin de la session. S'il nous a dit
ça, on veut savoir pourquoi il n'est pas prévu, c'est ce que nous
vous demandons. Pourquoi les cultivateurs ne doivent pas s'attendre...
M. LEVESQUE: Si j'ai répondu ça, c'est que dans l'ordre
des travaux, tel qu'il m'a été soumis jusqu'ici, je ne voyais pas
de projet de loi concernant le syndicalisme agricole mais j'ai ajouté,
à moins d'imprévu. Il y aura...
UNE VOIX: La carte électorale.
M. LEVESQUE: Voici les travaux qui auront lieu d'ici la fin de la
session. J'ai bien mentionné, à moins d'imprévu.
M. DEMERS: Vous êtes plus pressé pour la carte
électorale que pour le syndicalisme agricole.
M. LE PRESIDENT: Le député de Beauce.
Investissements dans la région de
Montréal
M. ROY (Beauce): M. le Président, j'aurais une question à
poser au premier ministre. L'honorable Jean Marchand avait
déclaré, hier, à la Chambre des Communes à Ottawa,
que si les investissements n'augmentent pas dans la région de
Montréal, l'économie du Québec s'effondrerait probablement
d'ici trois ans.
Je voudrais demander au premier ministre s'il partage le point de vue de
son collègue du fédéral et s'il peut nous rassurer ou nous
prouver que ce dernier n'a pas raison.
M. BOURASSA: M. le Président, c'est évident que
l'importance de Montréal, comme facteur de croissance économique
au Québec, est un fait admis par tout le monde. On peut exprimer le
point de vue de différentes façons. Nous sommes conscients, nous
aussi, de l'importance du coeur économique du Québec, du
rayonnement de Montréal au plan économique sur toutes les
régions du Québec.
M. ROY (Beauce): Question supplémentaire. Je demandais au premier
ministre s'il partage le point de vue de son...
M. BOURASSA: Je viens de répondre.
M. LE PRESIDENT: C'est une question d'opinion ou d'appréciation.
Ce n'est pas prévu par le règlement.
Je vais permettre deux dernières questions. Le
député de Maskinongé et le député de
Chicoutimi.
Tirage de la loterie de la Palestre
M. PAUL: M. le Président, y aurait-il possibilité de
savoir, du ministre de la Justice, pour quelle raison il aurait annulé
le tirage de la loterie organisée par la Palestre nationale de
Montréal alors qu'un permis avait été émis?
Quelques heures avant de procéder au tirage, on a tout simplement
révoqué ce permis après que toute la publicité eut
été faite et qu'on ait procédé à une
stimulation pour inviter le plus de convives possible. On nous informe que ces
instructions venaient directement du ministre de la Justice.
M. CHOQUETTE: M. le Président, je fais respecter les lois
à l'égard de qui que ce soit, même à l'égard
de la Palestre nationale et des personnes tout à fait respectables qui
composent ce groupe. Lorsqu'on attire mon attention sur une
illégalité manifeste, je pense que c'est mon devoir d'intervenir
et d'empêcher qu'elle ait lieu. Alors l'article 25, de
l'arrêté en conseil no 2840, édicte ce qui suit: "Aucune
licence on veut dire évidemment une licence pour un tirage ou une
loterie ne peut être émise dans un établissement
où un permis de la Régie des alcools du Québec a
été accordé et où des boissons alcooliques sont
servies".
Par conséquent, l'article 25 est clair. Le dfner
bénéfice en question, au cours duquel le tirage devait avoir
lieu, devait être tenu au restaurant Le Vaisseau d'Or. C'est
évidemment un établissement licencié par la Régie
des alcools et où les boissons alcooliques sont servies. Par
conséquent, si on avait procédé au tirage à cet
endroit, ce soir-là, cela aurait été une
illégalité manifeste que je ne pouvais tout simplement pas
entériner. C'est la raison pour laquelle le permis a été
révoqué. Mais je tiens à dire à l'honorable
député que nous avons pris les mesures nécessaires pour
offrir aux organisateurs de ce tirage de la Palestre nationale de tenir leur
tirage, cette semaine ou à un autre moment, quand ils le choisiront, sur
les lieux de la Palestre nationale qui ne sont pas un endroit
licencié.
J'ai appris, par les journaux et par certaines personnes, que cela avait
crée une certaine commotion du fait que le permis soit retiré
quelques heures avant le tirage en question. Je pense que l'on comprendra que,
quelles qu'aient été les circonstances, il n'y avait pas lieu
pour moi de permettre que l'on procède à ce tirage dans ces
circonstances-là.
M. LOUBIER: M. le Président, question supplémentaire. Ce
qu'il y a d'un peu curieux, dans toutes les circonstances qui entourent la
décision, l'intervention du ministre à la dernière minute,
quelques heures avant le dfner et que
nous ne comprenons pas c'est la question que je pose au ministre
comment se fait-il que le ministre révoque à la
dernière minute le permis déjà accordé alors que
toutes les invitations sont faites, que tout est organisé...?
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
M. LOUBIER: Je n'ai pas fini ma question.
M. LE PRESIDENT: Posez votre question. Ce n'est pas une question que
vous posez là.
M. LOUBIER: M. le Président, je pense qu'il est permis à
tous les députés...
M. LE PRESIDENT: J'ai donné assez de latitude, je vous ai
laissé parler pendant au moins trente secondes. Tout le monde sait
d'ailleurs, vous n'avez pas besoin d'énoncer des faits
qu'il s'agit de la question du Vaisseau d'Or et de la Palestre nationale. Vous
n'avez même pas besoin et je ne devrais même vous permettre aucun
énoncé de faits parce que c'est une question additionnelle sur le
même sujet. Je vous ai donné trente secondes pour le faire.
Je demanderais au député de Bellechasse de poser sa
question supplémentaire. C'est aussi clair que ça.
M. PINARD: Pour moi, il ne comprend pas!
M. LOUBIER: Avec tout le respect que je vous dois, M. le
Président,...
M. PINARD: Pour moi, il ne comprend pas encore.
M. LOUBIER: ...j'étais justement en train de la formuler quand
vous vous êtes levé. Je demandais justement au ministre de la
Justice comment il se faisait qu'il ait attendu à la dernière
minute, quelques heures avant le souper, pour intervenir lui-même, sans
qu'aucune plainte de quelque sorte n'ait été portée au
sujet d'un repas bénéfice pour les jeunes sportifs de
Montréal.
M. CHOQUETTE: M. le Président, le tirage devait avoir lieu le
lundi 14 décembre dans la soirée.
M. DEMERS: Aviez-vous votre 38?
M. CHOQUETTE: Pardon?
M. DEMERS: Aviez-vous votre 38 quand...
M. CHOQUETTE: Je n'ai pas besoin de mon 38 pour répondre aux
députés de Saint-Maurice et de Bellechasse!
M. DEMERS: C'est par la voix de votre canon.
M. CHOQUETTE: Non plus, enfin. Le tirage devait donc avoir lieu le lundi
soir 14 décembre. C'est dans la matinée du 14 décembre que
l'on a attiré pour la première fois mon attention sur cette
illégalité. Celui qui a attiré mon attention sur cette
illégalité est le directeur de la police de Montréal, M.
Saint-Aubin. Dans ces conditions-là, je n'avais le choix que d'agir. Je
tiens à dire que pour autant que je suis concerné, dans le
domaine du jeu, les lois seront respectées, là comme ailleurs. Je
tiens à l'affirmer. Ce n'est pas, M. le Président, le fait qu'il
y avait un certain nombre de présidents de banques, de juges qui avaient
été conviés à ce repas qui doit m'empêcher de
faire appliquer la loi!
UNE VOIX: Très bien.
M. LOUBIER: Je veux dire tout simplement au ministre...
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de Chicoutimi.
M. LOUBIER: ...que c'est de la pure politi-caillerie qu'il a faite.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
M. LOUBIER: Le ministre devrait dire carrément et franchement que
c'est de la pure politicaillerie...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
M. LOUBIER: ...et qu'il voulait punir certains individus qui ont le
contrôle de la Palestre.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre, s'il vous plaît! L'honorable
député de Chicoutimi.
M.TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, j'ai une
question...
M. CHOQUETTE: M. le Président, j'invoque mon privilège de
député. Je demanderais au député de retirer ses
paroles, quand il dit que c'est de la pure politicaillerie. Il me semble que
j'ai établi les faits assez clairement. Je ne vois pas en quoi le
député peut traiter mon attitude de politicailleuse!
M. LOUBIER: M. le Président, si le ministre le permet, non
seulement je ne retire pas mes paroles, mais je suis prêt à lui
donner des éléments de preuve à l'effet que son
intervention a une coloration purement de politicaillerie.
M. CHOQUETTE: M. le Président, j'invoque le règlement.
J'insiste pour que le député retire ses paroles.
M. LOUBIER: Je ne retire pas mes paroles, M. le Président,...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
M. LOUBIER: ...et ce n'est pas antiparlementaire.
M. MASSE (Montcalm): II n'y a rien d'antiparlementaire...
M. LOUBIER: Cela peut être insultant pour le ministre, je le
comprends.
M. LE PRESIDENT: La question a été posée. Le
ministre a répondu. Ce que j'ai bien compris, moi, dans ses
explications, c'est qu'en tant que ministre de la Justice, il est de son devoir
et il entend le faire de faire appliquer la loi. Peut-être
que le député de Bellechasse a des informations que je n'ai pas
et que la Chambre n'a pas. S'il tient à répéter son
accusation, je ne vois personnellement pas dans ce que le ministre de la
Justice a dit et a déclaré rien qui se rattache à la
politicaillerie, au contraire. Je crois qu'il a établi, de son
siège, qu'il entendait jouer à fond son rôle de ministre de
la Justice. Je ne vois rien dans ça qui ait un rapport, de près
ou de loin, avec des attaques du député de Bellechasse, qui
appelle cela de la politicaillerie. Je demanderais au député de
Bellechasse, s'il veut maintenir son attaque, de donner plus d'explications
à la Chambre. Sinon, il devrait retirer ses paroles.
M. LOUBIER: Je suis prêt, M. le Président, à donner
les explications à la Chambre.
M. LE PRESIDENT: II s'agit d'une accusation contre un membre de cette
Chambre et de toutes les responsabilités que cela comporte.
M. PAUL: Voici, M. le Président,... DES VOIX: Ah! Ah!
M. PAUL: ...quand vous employez l'expression "accusation"...
DES VOIX: Ah! Ah!
UNE VOIX: Mère directrice.
M. PAUL: M. le Président, c'est pour les renseigner, parce
qu'à part de taper, ils ne comprennent rien!
Vous avez employé l'expression "accusation".
M. LAFRANCE: II y en a plusieurs qui ont compris le 29 avril, par
exemple!
M. LE PRESIDENT: A l'ordre! s'il vous plaît!
M. PAUL: M. le Président, pourriez-vous faire taire
l'arrière-banc de l'arrière-choeur?
M. le Président, vous avez employé l'expression
"accusation", alors que l'honorable député de Bellechasse a fait
une affirmation.
M. LOUBIER: Deuxièmement, M. le Président, je trouve un
peu curieux qu'à la fin de vos remarques, vous ayez brandi la menace
voilée de règlements qui pourraient s'appliquer avec sanction. Je
pense que c'est un moyen comme un autre d'intimidation, mais je suis
prêt...
M. LEVESQUE: M. le Président, je crois qu'on exagère d'une
façon qui n'a pas tellement de précédent en cette Chambre.
Voici deux de nos collègues qui sont en train de mettre en doute
l'autorité du président. Je ne crois pas que ce soit un exemple
à l'avantage de ceux qui utilisent ces méthodes.
Je crois qu'il faut savoir accepter les décisions du
président et son interprétation du règlement. Quel que
soit le vocabulaire employé, c'est l'esprit qui doit présider
à nos délibérations.
M. LOUBIER: M. le Président, j'ai été, il me
semble, docile et respectueux. J'ai répondu à votre invitation de
donner plus de détails, sauf que je vous signale qu'il était
absolument inutile et superflu de m'inviter en me signalant que je pouvais
éventuellement être soumis aux règlements de la Chambre que
je connais un peu depuis quelques années.
Si le ministre de la Justice me le permet, j'ai affirmé qu'il
avait obéi à des sentiments de politicaillerie pour intervenir
à la dernière minute et informer...
M. CHOQUETTE: M. le Président, j'invoque le règlement. Le
député récidive et vous devez le rappeler à
l'ordre.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre! Tout ce que j'ai voulu mentionner tout
à l'heure au député de Bellechasse, c'est l'article 285,
21e qui dit qu'il n'est pas permis "d'attaquer, directement ou indirectement,
la conduite d'un membre de l'une ou l'autre Chambre, sauf en discutant une
motion mettant sa conduite en question."
Je crois que nous avons déjà dépassé la
période des questions d'une quinzaine de minutes. Je demanderais la
collaboration du député de Bellechasse pour qu'on ne passe quand
même pas toute la matinée sur cette question. Je crois qu'il doit
exister un certain respect des membres de cette Chambre. J'en suis le
responsable. Je demanderais sa collaboration pour qu'il retire l'attaque qu'il
a adressée au ministre de la Justice.
M. LOUBIER: M. le Président, je regrette j'ai fait une
affirmation qui peut être interprétée par le ministre ou
par d'autres comme une accusation, mais c'est une affirmation que j'ai
faite.
M. LEVESQUE: M. le Président, qu'il retire ses paroles sans
condition comme nos autres collègues lorsqu'ils sont rappelés
à l'ordre.
M. LOUBIER: M. le Président, vous m'avez invité à
donner les éléments qui concouraient à permettre ou
à condamner l'expression que j'avais employée. Et là, on
me retire le droit de répondre à l'invitation que le
président me faisait.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le président...
M. LEVESQUE: M. le Président, je crois que nous ne pouvons pas
laisser passer un incident comme celui-ci. Je vois que vous êtes
debout.
M. LE PRESIDENT: J'ai même redonné la parole au
député de Bellechasse. Personne ne vous a enlevé la
parole. A l'ordre, s'il vous plaît! Vous auriez pu établir
très rapidement les attaques ou ce que vous appelez les affirmations
moi, je les appelle les affirmations accusatrices que vous avez
adressées.
Que ce soit une accusation ou une affirmation, je suis d'avis que c'est
contre les règlements de cette Chambre. Je demande au
député de Bellechasse de retirer ses paroles.
M. LOUBIER: Je me rends à votre décision, M. le
Président.
M. LE PRESIDENT: Pardon?
M. LOUBIER: Je me rends à votre décision.
M. LE PRESIDENT: Retirez vos paroles. Je vous demande de retirer les
paroles que vous avez adressées au...
M. LOUBIER: Je me rends à votre décision en retirant mes
paroles. Bon.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de Chicoutimi.
Le français à la General Motors
M. TREMBLAY (Chicoutimi): J'ai une question à l'intention du
premier ministre. C'est une question double, mais il pourra y répondre
facilement. Où en sont rendues les procédures ou plus
précisément les démarches du premier ministre dans le cas
de la General Motors particulièrement en ce qui concerne la langue
française? Quelles sont les démarches que le premier ministre a
faites ou celles qu'il entend faire? Et est-ce que le premier ministre peut
nous dire quelle est exactement la politique du gouvernement qu'a voulu
exprimer le ministre du Travail lorsqu'il a dit qu'il ne voulait pas imposer le
français à la General Motors, mais tout simplement faire
respecter certains principes fondamentaux.
M. BOURASSA: M. le Président, le ministre du Travail a
rencontré à plusieurs reprises les représentants du
syndicat. Vous savez que, dans le conflit entre la compagnie General Motors et
les employés à Sainte-Thérèse, il y a deux
questions: la question salariale et celle du français comme langue de
travail. Nous pourrons exprimer la politique ou les intentions du gouvernement
sur cette question d'ici quelques jours, selon le résultat des
négociations qui sont sur le point de s'achever.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, le premier ministre me
permettra une question additionnelle. Je crois qu'il n'a pas très bien
saisi la précédente, qui portait sur le problème du
français. Je mets de côté toute la question des
négociations générales qui appartiennent au domaine des
relations de travail. Quels sont les progrès réalisés dans
les négociations, en ce qui concerne la reconnaissance du
français comme langue de travail, et est-ce que la déclaration du
ministre du Travail, concernant ces droits du français, est une
déclaration qui ne va pas dans le sens de la politique qu'a
énoncée le premier ministre, lorsqu'il a dit qu'on devait faire
du français la langue de travail, partout, y compris à la General
Motors?
M. BOURASSA: M. le Président, cela demeure et cela demeurera la
politique du gouvernement. Mais j'ai expliqué à plusieurs
reprises qu'il fallait examiner les implications pratiques et techniques de
l'application de cette politique. Ce n'est pas une question facile. L'ancien
ministre des Affaires culturelles le sait; c'est pourquoi l'ancien gouvernement
a demandé à la commission Gendron d'examiner l'ensemble du
problème. Nous lui avons demandé, à notre tour, d'examiner
d'une façon absolument prioritaire cette question du français
comme langue de travail. Nous avons formé un comité
interministériel, présidé par le ministre des Affaires
culturelles, pour examiner la question. Nous avons donné des pouvoirs et
des tâches précises à l'Office de la langue
française. Nous avons négocié avec la France de nouvelles
ententes, de manière à obtenir une collaboration de celle-ci dans
l'application de cette politique. C'est avec l'ensemble de ces mesures et dans
cette optique que nous allons appliquer cette politique, vis-à-vis de
General Motors comme de l'ensemble des entreprises.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, une dernière
question additionnelle, très brève. Est-ce que le premier
ministre a requis, dans le cas précis de la General Motors, l'avis de la
commission Gendron?
M. BOURASSA: Non, M. le Président. M. LE PRESIDENT: Affaires du
jour.
Budget supplémentaire no 1
M. GARNEAU: M. le Président, un message de l'honorable
lieutenant-gouverneur, signé de sa main.
M. LE PRESIDENT: Message de Son Honneur le lieutenant-gouverneur de la
province:
L'honorable lieutenant-gouverneur de la province de Québec
transmet à l'Assemblée nationale le budget supplémentaire
des dépenses, no 1, pour l'année financière se terminant
le 31 mars 1971, conformément aux dispositions de l'article 54 de l'Acte
de l'Amérique du Nord britannique, 1867, et recommande ce budget
à la considération de la Chambre.
Signé: Hugues Lapointe, Hôtel du gouvernement,
Québec, le 15 décembre 1970.
M. BERTRAND: C'est bien sa signature? UNE VOIX: On proteste comme on
peut.
M. LEVESQUE: M. le Président, je propose que le message de Son
Honneur le lieutenant-gouverneur ainsi que le budget supplémentaire no 1
qui l'accompagne soient déférés au comité des
subsides.
M. LE PRESIDENT: Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adopté.
M. BOURASSA: Je pensais que le député de Chicoutimi
voulait remplacer le lieutenant-gouverneur.
Questions inscrites au feuilleton
M. LEVESQUE: M. le Président, en réponse à quelques
questions. Question no 2, de M. Drolet, réponse par M. Bourassa.
M. BOURASSA: Lu et répondu.
M. LEVESQUE: Question no 3, de M. Béland, réponse de M.
Bourassa.
M. BOURASSA: C'est au sujet du festival de Manseau. J'apporte
déjà une première réponse à la question.
Vous voyez comme c'est rapide et efficace.
M. LEVESQUE: Question no 5, de M. Drolet, réponse de M.
Pinard.
M. PINARD: Lu et répondu.
M. LEVESQUE: Question numéro 7, de M. Lessard, réponse de
M. Bourassa.
M. BOURASSA: Lu et répondu.
M. LEVESQUE: Question numéro 12, de M. Béland,
réponse de M. Toupin.
M. TOUPIN: Lu et répondu.
M. LEVESQUE: Question numéro 14, de M. Béland,
réponse de M. Toupin.
M. TOUPIN: Lu et répondu.
M. LEVESQUE: Question numéro 16, de M. Béland, pour M.
Drummond, lu et répondu. Numéro 18.
M. PAUL: M. le Président, au sujet des questions qui restent sans
réponse au feuilleton, si, par hasard, nous ne siégions pas
mercredi prochain, le leader du gouvernement pourrait-il nous dire quelle sera
l'attitude qu'il prendra au sujet de ces réponses aux questions
inscrites au feuilleton et auxquelles on n'aura pas déjà fourni
une réponse?
M. LEVESQUE: Nous savons que le mercredi n'est pas réservé
comme journée des députés et nous avons l'intention, d'ici
la fin de la session, avec le consentement unanime, même lorsque cette
période de nos procédures est dépassée, de
continuer à déposer les réponses aux questions à
mesure qu'elles seront prêtes. Peut-être même avant la fin de
l'après-midi, nous pourrons en déposer quelques-unes, mais ce
sera probablement demain. Il y aura peut-être lieu, par la suite, de
transformer quelques questions en motions pour dépôts de documents
et ces documents pourraient être déposés entre les deux
sessions afin de répondre à toutes les questions posées,
sinon à toutes du moins à la plus grande partie.
On remarquera cependant qu'il n'y a plus de question posée avant
le 10 novembre, et il n'y en a plus que six ou sept avant le 2 décembre.
Alors, on peut dire que presque tout le feuilleton a été
épuisé. Quant à celles du mois de décembre, on
comprendra qu'elles sont... on continue d'en poser même ce matin, en
appendice, alors c'est très difficile d'y répondre. Je vois le
député de Portneuf qui s'excuse.
M. LATULIPPE: Nous voulons nous informer. Nous voulons connaître
la vérité.
M. LEVESQUE: De toute façon, le gouvernement tentera de donner le
plus de réponses possible d'ici la fin de la session, et fera
probablement une motion pour transformer ces questions en motions pour
dépôts de documents.
M. LE PRESIDENT: Article 18. Motion de M. Lévesque.
Motion de M. Lévesque sur les commissions
parlementaires
M. LE PRESIDENT: Que les commissions parlementaires mentionnées
aux page 10 et 11 des procès-verbaux de l'Assemblée nationale du
Québec (9 juin 1970) auxquelles vient s'ajouter la commission
parlementaire permanente des Affaires sociales puissent siéger
après la prorogation de cette session, les membres qui en font partie
continuant d'en être membres, qu'un nombre égal de membres,
proportionnel à chaque parti et nommés par chaque parti, soit
ajouté à chaque commission et que chaque commission ait le droit
de remplacer, séance tenante, un ou plusieurs de ces membres en
informant le président. Cependant, tous les députés, sauf
pour les votes, seront considérés comme membres de la commission
de l'Assemblée nationale pour l'étude de la redistribution de la
carte électorale et les questions connexes.
Cette motion est-elle adoptée?
Adopté.
M. PAUL: M. le Président, d'ici la fin de la session, le leader
du gouvernement pourrait-il fournir aux députés de cette Chambre
la liste des différentes commissions qui sont actuellement
arrêtées comme pouvant siéger. Je comprends qu'en vertu de
l'article 404, le gouvernement peut toujours, en tout temps, avec le quorum qui
existe maintenant dans les commissions, convoquer une session mais si,
dès maintenant, le leader du gouvernement pouvait nous informer des
commissions qui siégeront une ou deux séances d'ici la prochaine
session, cela nous permettrait peut-être d'assurer la présence des
députés en tenant compte de certaines périodes de vacances
que quelques-uns d'entre vous prendront.
M. LEVESQUE: A ce propos, nous savons que la commission des Institutions
financières doit siéger le mardi 12 janvier prochain, et
d'ailleurs cela apparaît comme avis au feuilleton d'aujourd'hui. Nous
savons également que le comité ad hoc de la commission
parlementaire de l'Assemblée nationale doit siéger le 14 janvier
au sujet de la refonte des règlements. Ce sont les deux dates que je
connais présentement pour les commissions qui doivent siéger.
Par contre, on a annoncé que deux projets de loi seraient
probablement déposés avant la fin de la session pour être
étudiés entre les deux sessions, soit celui relatif aux
médicaments et celui relatif aux petites créances. Cela voudrait
dire que la commission des Affaires sociales et la commission parlementaire de
la Justice pourraient siéger entre les deux sessions. Ces dates seront
probablement connues au moment où les projets de loi seront
déposés. Je présume que les ministres responsables de ces
projets de loi pourront donner, à ce moment-là, une indication du
moment où la commission en question devrait siéger, tenant compte
que nous avons déjà ces deux dates du 12 et du 14 janvier de
réservées pour d'autres commissions parlementaires.
M. PAUL: M. le Président, est-ce volontairement ou par oubli que
le leader du gouvernement ne parle pas de la commission de la liberté de
la presse?
M. BOURASSA: C'est parce que nous avons déjà
répondu à cette question. Nous ne voulons pas
répéter toujours les mêmes réponses et faire perdre
le temps de la Chambre.
M. PAUL: Bien non.
M. BOURASSA: Entre les deux sessions, j'ai dit qu'il y aurait une
réunion.
M. PAUL: Oui, mais nous voudrions le savoir.
M. BOURASSA: Je l'ai dit: Entre les deux sessions.
M.PAUL: Nous vous demandons d'être sérieux, pour une
fois.
M. BOURASSA: C'est vous qui n'êtes pas sérieux; ce sont
toujours les mêmes questions.
M. LEVESQUE Article 29.
Projet de loi no 66 Deuxième lecture
M. LE PRESIDENT: L'honorable ministre des Affaires municipales propose
la deuxième lecture du projet de loi no 66, Charte de la ville de
Percé.
L'honorable ministre des Affaires municipales.
M. Maurice Tessier
M. TESSIER: M. le Président, l'honorable lieutenant-gouverneur de
la province a pris connaissance de ce bill et il en recommande l'étude
à la Chambre.
M. le Président, aux explications que j'ai déjà
fournies lors de l'adoption en première lecture de cette loi, je
désire simplement ajouter ceci: A la suite de la création du parc
Forillon, nous espérons une affluence de touristes dans les deux centres
touristiques prioritaires de Percé et de Gaspé. Il est donc
nécessaire d'avoir, à ces deux endroits, une ville bien
structurée qui sera en mesure de mettre sur pied des services municipaux
adéquats...
M. LEVESQUE: M. le Président, avec la permission de mon
collègue des Affaires muni-
cipales, j'aimerais rappeler qu'une commission siège
présentement, celle des Richesses naturelles, pour étudier le
projet de loi relatif aux mines.
M. TESSIER: Elle devra être en mesure également de mettre
sur pied les services nécessaires pour protéger l'environnement
du futur parc et les lieux historiques. Enfin, les municipalités
actuelles, étant régies par le code municipal, sont trop petites
et n'ont par conséquent, pas assez de pouvoirs pour réaliser ce
que je viens de mentionner.
Pour l'instant, c'est tout ce que j'ai à dire sur ce projet de
loi. Je réserve, toutefois, mon droit de réplique, s'il y a
lieu.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de
Montcalm.
M. Marcel Masse
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, je suis surpris que le
ministre des Affaires municipales, présentant un projet de loi aussi
important les trois projets de loi qui concernent les villes de
Percé, de Gaspé et de Sainte-Scholasti-que au fond sont
similaires ne trouve rien à nous dire concernant les principes
inhérents à cette loi.
Je pense qu'il fait preuve ou de dépit devant cette Chambre, en
ne daignant pas nous expliquer les principes qui régissent ces lois, ou
d'ignorance, en ne sachant pas lui-même ce pourquoi les fonctionnaires
lui ont recommandé de présenter ces projets de loi.
Voilà, M. le Président, un bel exemple d'un ministre
titulaire de ce gouvernement incompétent qui vient en Chambre proposer
des lois sans même être capable de nous les expliquer ou, du moins,
d'avancer des arguments qui lui seraient présentés par ses
fonctionnaires.
Quels sont les principes qu'il y a derrière cette loi concernant
les villes de Percé, de Gaspé ou de Sainte- Scholastique? Pour
quelles raisons le gouvernement à ce moment-ci, préconi-se-t-il
cette solution à ces problèmes? Pourquoi arrive-t-il à la
fin d'une session, à la dernière minute? C'est hier que le
gouvernement nous proposait ces projets de loi et c'est aujourd'hui lui qui,
à la vapeur, va demander au Parlement de les voter.
Régulièrement, toute la journée, on va entendre, des
banquettes ministérielles, les cris: Vote! vote! vote! pour tenter, de
leur majorité, d'écraser les membres de l'Opposition.
Pour quelles raisons le ministre des Affaires municipales, comme
ça à la sauvette, tente-t-il de nous imposer des projets de loi
qui brisent les structures importantes du domaine municipal? Pour quelles
raisons le ministre des Affaires municipales tente-t-il, par le biais de
certains cas particuliers, de nous faire accepter la règle
générale de fusion, sans même être capable de
déposer son livre blanc qu'il nous promettait, le mois dernier, pour
dans quinze jours et qu'il vient de nous promettre encore une fois pour dans
plusieurs mois?
Pour quelles raisons le ministre des Affaires municipales arrive-t-il
ici en Chambre, comme ça à la dernière minute en fin de
session, pour nous faire approuver des projets de loi qui sont fondamentaux
pour les gens de cette région? Et qu'en pensent les gens de ces
régions? Que pensent les gens de Percé de ces projets de loi du
ministre des Affaires municipales? Que pensent les gens de Gaspé, que
pensent les gens de Sainte-Scholastique? Peut-être va-t-il plaider qu'il
les a, lui, rencontrés, que ces gens l'ont assuré de leur appui.
Peut-être viendra-t-il nous dire en réplique ce qu'il
n'était pas capable de nous dire dans son discours, qu'il a
escamoté. Peut-être va-t-il nous dire: Tous ces gens ont
signé des pétitions demandant au deus ex machina des Affaires
municipales de venir régler leurs problèmes.
Peut-être viendra-t-il nous dire tout cela, mais quelle preuve
avons-nous autre que sa parole ou son discours? Nous aimerions bien entendre
les gens des régions de Percé, de Gaspé, de
Sainte-Scholastique, venir à la table de la commission des Affaires
municipales nous exprimer clairement leur désir de voir les
parlementaires changer la règle générale dans le domaine
des Affaires municipales pour appliquer des cas particuliers dans leur secteur.
Nous aimerions bien voir les gens du Bureau d'aménagement de la
région de Sainte-Scholastique venir nous dire la somme de travail qu'ils
ont fait depuis un an, alors que les parlementaires de cette Assemblée
nationale leur confiaient des pouvoirs. Qu'en ont-ils faits? Où
sont-ils? Pourquoi le ministre veut-il les abolir?
Nous aimerions bien voir à la table des témoins, ces gens,
les gérants de ces municipalités venir nous dire qu'ils
préféreraient avoir des pouvoirs différents de ceux qu'ils
ont. Voilà le genre de discours que le ministre aurait dû nous
tenir. Voilà le genre d'exposé si le souffleur peut aider
son ministre à le sortir du fond du trou là...
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre!
M. MASSE (Montcalm): Voilà le genre d'exposé que le
ministre aurait pu nous faire s'il avait eu ou la compétence de le faire
ou au moins un peu de respect pour les membres de cette Chambre. C'est tout
cela qu'on n'a pas entendu. J'espère pour le moins, M. le
Président, qu'il sera possible au ministre dans sa réplique, de
se ressaisir un peu et d'exprimer devant les membres de cette Chambre les
pourquoi de ces projets de loi.
M. TESSIER: Les applaudissements sont rares.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, nous ne sommes pas dans un
théâtre ici, nous ne recherchons pas les applaudissements que le
gouvernement recherche.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Le député de Chicoutimi
désire-t-il prendre la parole?
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Non, je veux laisser la parole à celui
qui s'était levé auparavant. Mais, je veux vous signaler
simplement, M. le Président, que, si l'Opposition n'était pas
ici, la Chambre n'aurait pas quorum.
M. LE PRESIDENT: Le député de Mégantic.
M. Bernard Dumont
M. DUMONT: Merci, M. le Président, nous avons jeté un coup
d'oeil bref sur ce bill 66. Tel que le ministre l'explique, cela lui donnera
plus de pouvoirs. On permet des projets de loi semblables afin de créer
un superministère des Affaires municipales. Nous aurons encore un
ministre qui, par des cerveaux électroniques, ordonnera aux gens d'aller
de l'avant. Et tout ça est présenté sans que des gens
d'une région aussi éloignée... Quand on pense qu'on est
obligé de faire seize heures en train pour se rendre à
Percé ou à Gaspé, eh bien les communications avec tous ces
gens sont assez difficiles.
Motion de renvoi à trois mois
M. DUMONT: De ce fait, comme le gouvernement a actuellement les
possibilités de bien renseigner la population, comme le gouvernement est
toujours désireux que la démocratie agissante permette d'informer
le public et parce que nous désirons, nous, en cette Chambre, que soient
convoqués à une commission parlementaire tous ces gens, et j'ai
nommé les municipalités de Barachois, Bridgeville, Cap-d'Espoir
et Percé, je propose, secondé par le député de
Portneuf, que le bill soit renvoyé à trois mois afin de permettre
de convoquer tous les maires et conseillers municipaux de ces
municipalités afin que la Chambre et la province soient bien
informées.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de Lafontaine
sur la motion d'amendement.
M. Marcel Léger
M. LEGER: M. le Président, sur la motion d'amendement, je serais
porté à voter contre parce que dans la politique du Parti
québécois concernant le regroupement municipal, nous sommes
d'accord pour appliquer avec célérité une politique de
regroupement des collectivités. C'est la raison pour laquelle, pour
autant que le gouvernement s'occupera du problème humain à
l'intérieur de ce projet de regroupement, nous serions d'accord.
Nous regrettons cependant que le ministre, comme disait tantôt le
député de Montcalm, n'ait pas daigné, depuis le
commencement de la session, nous parler du principe général qui
guiderait les...
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! Je suis obligé de rappeler
à l'honorable député de Lafontaine qu'il doit s'en tenir
strictement à la motion d'amendement, à savoir s'il y a lieu ou
non de reporter le projet de loi à trois mois.
On reviendra à la discussion générale par la
suite.
M. LEGER: Je reviendrai sur ce sujet tantôt. Je dois dire quand
même que nous ne sommes pas d'accord sur l'amendement proposé par
le Ralliement créditiste.
M. LEVESQUE: M. le Président, est-ce qu'il y a d'autres
députés qui veulent parler sur la motion d'amendement?
M. MASSE (Montcalm): Sur la motion d'amendement, certainement, M. le
Président.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de Montcalm
sur la motion d'amendement.
M. Marcel Masse
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, on peut certainement
être en faveur des réformes dans le domaine des affaires
municipales. On peut certainement attendre avec grand désir, pour
certains avec anxiété et pour d'autres avec plaisir le livre
blanc que le ministre nous promet depuis des semaines et qui nous donnerait les
cadres généraux à l'intérieur desquels son
ministère va oeuvrer. Nous pourrions ainsi mieux placer les
pièces détachées qu'il est en train de répandre sur
l'ensemble du Québec.
On nous demande, dans cette motion d'amendement, de reporter à
trois mois l'étude du projet pour que nous ayons en main des instruments
qui nous semblent nécessaires à l'étude, puisque le
ministre lui-même ne peut nous les exposer ou n'a pas daigné nous
les exposer. Qu'est-ce que cela nous donnerait, trois mois? Cela nous donnerait
des instruments de travail que nous promet le ministre dans l'ensemble de ses
discours, de ses interventions un peu partout à travers le
Québec. Cela nous donnerait les structures, la répartition des
pouvoirs que le ministre entend donner entre son ministère et les
municipalités régionales. Cela nous donnerait, dans ce livre
blanc, les vues du ministre des Finances concernant la répartition des
pouvoirs fiscaux entre les collectivités locales et le ministère
des Affaires municipales. Cela nous donnerait les premières impressions,
les premiers mémoires des groupes intéressés, conseils de
municipalité, conseils de comté et autres organismes de ce
secteur.
II n'y a pas péril en la demeure. D'une part, à
Sainte-Scholastique, il y a un bureau d'aménagement qui a tous les
pouvoirs que le ministre veut donner à la ville. D'autre part, il n'y a
pas péril en la demeure ni à Percé ni à
Gaspé. Je crois qu'il serait sage de la part du ministre d'accorder ce
délai qui est demandé par certains députés et de
donner trois mois aux membres de cette Chambre pour prendre connaissance des
documents que le ministre nous promet depuis des semaines et dont il ne peut
même pas nous donner les prémisses. Cela nous donnerait le loisir,
la chance, l'éclairage d'entendre les gens intéressés dans
ces municipalités.
Au nom de qui allons-nous légiférer? Que connaissons-nous
des intentions de ces gens, de leur désir de se voir devenir des cas
particuliers par rapport à la règle générale qui
régit les municipalités?
Nous pouvons être en faveur de réformes dans ce
domaine-là, mais toute réforme administrative, toute
réforme de partage fiscal doit se faire dans un seul but, celui d'aider
les populations locales. Nous ne sommes pas ici pour légiférer
sur le plan des esprits, mais en fonction du bien commun de l'individu. Nous
aimerions savoir ce que pensent ces individus de ce que le ministre, lui,
propose. Voilà pourquoi nous croyons que ce délai de trois mois
ne mettra rien en péril nulle part, si ce n'est la petite gloriole du
ministre de s'être vu refuser par le Parlement des pouvoirs plus ou moins
de dictature qu'il demande. D'autre part, cela permettrait, M. le
Président...
M. LE PRESIDENT (Hardy): Je demande à l'honorable
député de Montcalm de retirer le mot "dictature".
M. MASSE (Montcalm): Ah, je suis certain...
M. HARVEY (Chauveau): C'est évident, qu'il faut qu'il le
retire.
M. MASSE (Montcalm): ... que, si le président avait eu le loisir
d'étudier ces projets de loi...
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! A l'ordre!
M. MASSE (Montcalm): ... il comprendrait jusqu'à quel point il
est nécessaire de dire ces choses.
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! Je rappelle l'honorable
député de Montcalm à l'ordre et je lui demande de retirer
le mot "dictature" qui est antiparlementaire, comme le sait très bien
l'honorable député de Montcalm.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, si la dictature blesse les
oreilles du ministre des Affaires municipales, bien qu'il en cherche les
instruments, je lui dirai qu'à l'image de son collègue des
Finances, il se cherche lui aussi un petit empire de tsar dans le secteur des
municipalités.
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! A l'ordre! Pour la deuxième
fois, je demande à l'honorable député de Montcalm de
retirer, sans commentaire, le mot "dictature" qui n'est pas parlementaire.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, vous avez parfaitement
raison. Une étude rapide du mot tsar montre qu'il s'applique beaucoup
mieux que celui de dictature. Donc, au nom de la langue française et du
respect que je vous dois, M. le Président, je retire le mot "dictature"
pour lui laisser le mot "tsar".
M. le Président, nous aimerions bien entendre les gens du
ministère des Affaires municipales par leur livre blanc et les gens de
la région qui désirent venir s'exprimer devant les membres de ce
Parlement. Puisque nous aurons à légiférer en dehors de la
structure générale pour faire un cas particulier, nous aimerions
bien savoir pourquoi on va le faire. Le ministre n'ayant même pas
été capable de nous l'expliquer en deuxième lecture, au
nom de quoi allons-nous voter? On ne le sait même pas. Le ministre ne
peut pas ou n'a pas daigné nous l'expliquer en deuxième lecture.
Va-t-il, en plus, nous priver des instruments qu'il va distribuer dans la
population dans quelques semaines: ces livres blancs concernant les structures
municipales et les questions de la répartition fiscale?
Connaissant, par contre, le souci qu'ont les membres de l'Opposition
pour la recherche du bien commun, je suis convaincu que beaucoup de gens, dans
cette Chambre, seraient intéressés à reporter à
trois mois l'étude de ces projets de loi. Ce retard n'aura rien de
catastrophique; au contraire, il permettra aux législateurs d'être
mieux éclairés, puisque le ministre, lui, ne peut même pas,
étant donné la nuit de son ignorance, nous jeter la moindre lueur
sur ses intentions.
M.TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, parlant...
M. TESSIER: M. le Président, le congrès à la
chefferie monte à la tête du député de Montcalm.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ... sur la motion d'amendement...
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, question de
privilège.
M. TESSIER: II est en train de perdre le nord complètement.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, j'en appelleau
règlement. Je sais que le ministre...
M. TESSIER: Le député de Montcalm aime à s'entendre
parler. Il aime à roucouler.
M.MASSE (Montcalm): M. le Président, connaissant le ministre des
Affaires municipales comme je le connais, étant de plus en plus connu de
la population comme on le voit dans les journaux, je puis vous assurer d'une
chose, c'est que jamais un congrès à la chefferie ne lui montera
à la tête...
M. TESSIER: Arrêtez donc de faire du théâtre!
M. MASSE (Montcalm): ... parce qu'il n'y sera jamais autre chose que
délégué.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de
Chicoutimi.
M. Jean-Noël Tremblay
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, vous remarquerez que,
pendant que j'invoque ici le règlement, il y a des musiciens qui
accordent leurs violons alors que se poursuivent les
délibérations de la Chambre. Je vous ferai observer qu'avec le
peu qu'il reste là, il y aurait à peu près quorum. Le peu
qui reste devrait s'intéresser au débat.
Parlant, M. le Président...
M. VEILLEUX: Je parlerai tout à l'heure.
M. TREMBLAY (Chicoutimi) ...sur la motion d'amendement, je désire
appuyer mon collègue de Montcalm qui a demandé au ministre des
Affaires municipales de nous fournir les raisons, les principes, tout ce qui
motive la présentation hâtive de trois projets de loi.
L'amendement qui est proposé, M. le Président, est
important. Il l'est d'autant plus que ce n'est pas d'un seul projet de loi que
nous aurons à discuter mais de trois projets de lois qui constitueront
des faits accomplis et qui se trouveront à morceler, déjà,
la politique que doit exprimer le ministre des Affaires municipales, politique
qui doit être énoncée dans un livre blanc que le ministre a
promis on l'a indiqué tout à l'heure et que nous
attendons encore.
Le ministre est allé récemment dans la région du
Saguenay-Lac-Saint-Jean, plus précisément à
Saint-Félicien, et il a parlé des problèmes de
regroupement, etc, de conférences provinciales-municipales, patati,
patata. Enfin, il a fait un beau laïus pour dire qu'il allait consulter
tout le monde. Mais voilà qu'il procède maintenant avant que
d'énoncer sa politique générale, d'en définir les
principes précis, de nous montrer le substrat, tout ce qui sous-tend sa
politique, voilà qu'il procède à la pièce. Il
commence par Percé, par Gaspé, par Sainte-Scholastique.
Or, les questions que nous lui posons ce matin et les raisons pour
lesquelles on demande de donner un certain délai trois mois
pour le réexamen de ce projet de loi, nous allons devoir les
poser à chacun des stades de l'étude des trois projets de loi que
parraine le ministre des Affaires municipales.
Pourquoi la précipitation dans le cas de Gaspé? Pourquoi
la précipitation dans le cas de Percé? Peut-être cela
s'impose-t-il davantage dans le cas de Sainte-Scholastique avec tout ce que
cela peut comporter de conséquences. Mais, dans le cas de Gaspé,
dans le cas de Percé le cas qui nous occupe présentement,
M. le Président je me demande pourquoi le ministre procède
avec une telle, je ne dirais pas célérité puisqu'il ne
s'agit pas de célérité en l'instance, il s'agit de
précipitation. Est-ce que le ministre, s'il refuse l'amendement qui a
été proposé, sera en mesure de nous donner, de
façon nette, précise, les raisons pour lesquelles il
présente aujourd'hui ce projet de loi? Est-ce qu'il sera en mesure de
nous donner l'opinion de la population, de nous assurer qu'il a consulté
la population locale, qu'il a consulté toutes les instances locales,
qu'il a consulté les corps intermédiaires, qu'il a conçu
ce projet de Percé dans l'optique de la planification
générale que l'on a appliquée à la région du
Bas-du-fleuve et de la Gaspésie, l'est du Québec? Le ministre
est-il capable de répondre à ces questions?
Il a fait, tout à l'heure. ...
M. TESSIER: Je vais répondre, M. le Président,
aussitôt que le député de Chicoutimi voudra s'asseoir.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Un instant, M. le Président, j'ai la
parole. Le ministre, tout à l'heure, a eu son droit de parole et il a
escamoté son discours. H n'a pas voulu nous donner les raisons, ce qui
explique que nous ayons été obligés de les lui
demander.
Alors on demande un délai de trois mois. Mon collègue de
Montcalm a insisté sur le fait qu'il n'y a pas péril en la
demeure, que le feu n'est pas à la maison et que, par conséquent,
il serait important pour nous que nous ayons l'avantage d'entendre les
personnes intéressées: les populations.
On sait de quelle façon on a procédé dans l'est du
Québec, dans d'autres secteurs de l'est du Québec, les
difficultés que cela a provoqué, les protestations que cela a
soulevé, et on sait avec quelles difficultés, d'ailleurs, le
ministre des Affaires municipales lui-même a essayé d'expliquer
son attitude.
Je ne reviendrai pas sur la condamnation qu'il a faite du Conseil
régional de développement de l'Est du Québec et tout le
reste...
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! A l'ordre!
M. TESSIER: Cela n'a pas d'affaire à ça.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Bien, M. le Président, on a le droit de
faire des incises.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Sur la motion d'amendement de l'honorable
député de Mégantic.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Oui, mais écoutez, M. le
Président, pas de dictature ce matin. Excusez, "pas de dictature" n'est
pas parlementaire.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Vous retirez immédiatement le mot
"dictature"?
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Je le retire immédiatement, M. le
Président, j'ai eu tellement peur de votre réaction. Il faut
quand même avoir un peu de souplesse, et vous êtes capable d'en
avoir, je le sais. Alors, M. le Président, j'ai fait une petite incise
pour agrémenter le débat et, aussi, pour éclairer, je ne
dirais pas la lanterne, mais le petit lumignon du ministre des Affaires
municipales. Alors, je dis ceci: On propose un délai de trois mois, afin
de pouvoir consulter la population. Nous sommes des parlementaires. Nous ne
sommes pas ici simplement des estampilles, comme les gens des banquettes,
là, du gouvernement. L'arrière-banc, là, y compris le
ministre de l'Agriculture, tiens, qui est encore dans les pommes.
Alors, nous ne sommes pas des estampilles et nous avons besoin de
connaître tout de la question. Premièrement, est-ce qu'il y a un
principe qui sous-tend cette loi? La consultation avec les autorités
locales nous permettrait de voir si ce principe est valable. On ferait ce qu'on
appelle en termes savants, M. le ministre, de l'épistémologie. Le
ministre ne sait pas ce que cela veut dire, il regardera dans son dictionnaire.
On pourrait d'abord savoir s'il y a un principe et si les gens que nous voulons
consulter l'acceptent. On pourrait voir ensuite s'il y a eu consultation, mais
pas par téléphone, pas par un barrage de publicité qui
obnubile l'esprit des gens qui sont intéressés au projet; on
pourrait ainsi voir s'il y a eu réellement consultation. Tout à
l'heure, le représentant du Parti québécois disait qu'il
était d'accord avec les projets de fusion. Nous le sommes
également. Mais, compte tenu des expériences qui ont
été faites dans le passé, nous voulons bien voir dans quel
sens s'infléchit la politique du ministre des Affaires municipales et si
elle est ou sera conforme à cette politique qu'il doit énoncer de
façon officielle dans un livre blanc. Or, avant même que ce livre
blanc ne soit déposé, voilà, comme je le disais
tantôt, que le ministre procède par parties. Il morcelle son
action, action qui, elle, doit s'inspirer des principes contenus dans
l'éventuel livre blanc. Comme il n'y a pas urgence, M. le
Président, à moins que le ministre ne nous prouve le contraire,
une urgence telle qu'on ne puisse pas différer d'un instant l'adoption
de cette loi; à moins que le ministre ne nous prouve qu'il y ait
urgence, à moins que le ministre ne nous explique quels sont les
principes qui sous-tendent le projet de loi qu'il présente aujourd'hui;
à moins qu'il ne nous assure, qu'il ne nous donne une assurance formelle
qu'il a consulté non pas simplement par téléphone, mais
qu'il a fait des consultations en bonne et due forme avec les autorités
intéressées, avec les autorités locales, avec les gens du
Bureau d'aménagement de l'Est du Québec; à moins qu'il ne
réponde à toutes ces questions, je crois qu'il faudrait retenir
la proposition qui est contenue dans l'amendement qui est devant la Chambre. Et
si on ne devait pas retenir la proposition qui a été faite par un
représentant du Ralliement créditiste, encore faudrait-il revenir
sur ceci et demander quand même que la commission soit convoquée
pour qu'on entende immédiatement les parties
intéressées.
Je suis sûr d'une chose, c'est que le maire d'Argenteuil, qui est
député, ne doit pas être d'accord avec cette méthode
de consultation. Je suis sûr que, compte tenu de l'expérience qu'a
vécue récemment le ministre des Affaires, après ses
multiples déclarations et redéclarations, contradictions,
répétitions, etc., le ministre des Affaires municipales...
M. TESSIER: II n'y a pas eu de contradictions, ni de
répétitions...
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ... devrait procéder, M. le
Président, avec une extrême prudence, une extrême
circonspection parce qu'il engage l'avenir d'une collectivité qu'il veut
regrouper par le projet de loi de la ville de Percé, qui est
intitulé "Charte de la ville de Percé", mais qu'on devrait
appeler "Acte constitutif de la ville de Percé". Une petite leçon
de français en passant... Le ministre des Affaires culturelles n'est pas
là, je le regrette.
Le ministre des Affaires municipales devrait nous indiquer, en
même temps qu'il défend ce matin le projet de loi concernant la
ville de Percé, si cela est conforme aux principes du livre blanc dont
il va devoir nous parler absolument. Nous ne pourrons pas accepter...
M. TESSIER: Le temps passe, je ne pourrai pas vous en parler si vous
parlez tout le temps.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, le ministre aura tout
le temps de nous exposer son affaire. D'ailleurs, tout à l'heure...
M. MASSE (Montcalm): A la deuxième lecture il n'a pas dit un
mot.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ... il n'a pas dit un mot.
M. VEILLEUX Vous autres, vous parlez pour ne rien dire.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): II n'a pas dit un mot tout à l'heure.
Nous lui avons révélé le problème et là,
tout à coup...
M. MASSE (Montcalm): C'est ça. Il vient de comprendre.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ... il découvre qu'il doit parler alors
qu'il avait cru bon de se taire. Il pensait...
M. TESSIER: Le fin-fin de Montcalm!
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président...
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, j'en appelle au
règlement. Je m'excuse, mon cher collègue. Je ne pense pas, M. le
Président, que vous soyez sourd ou aveugle à ce point de n'avoir
ni vu ni entendu les députés des banquettes de droite lancer dans
le débat des hochets qui n'ont rien à voir avec l'amendement. Je
m'explique difficilement, M. le Président, que vous soyez si prompt
à faire retirer des choses des membres de l'Opposition et que vous soyez
si sourd devant les cris ou les hurlements des banquettes
ministérielles.
UNE VOIX: Ah! Ah! Comme ça, le président n'est pas
impartial!
M LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! Je viens de constater qu'au cours des
dernières secondes, il y a eu des deux côtés de la Chambre
des propos qui n'avaient rien à voir avec la motion d'amendement de
l'honorable député de Mégantic, y compris les propos de
l'honorable député de Chicoutimi.
Je demande à l'honorable député de Chicoutimi de
continuer.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, j'invoque le
règlement.
M. VEILLEUX: Quel règlement?
M.TREMBLAY (Chicoutimi): Vous avez prétendu que j'avais tenu des
propos qui n'avaient rien à voir au débat ou qui
étaient...
M. VEILLEUX: Le numéro du règlement?
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ... antiparlementaires. Je vous serais bien
obligé, M. le Président, en toute déférence, de me
dire en quoi j'ai péché contre le règlement. Je veux bien
que vous vous instituiez directeur de conscience, mais encore faut-il que vous
me disiez en quoi mes propos ont été peccamineux.
M. VEILLEUX: Péchés mignons. M. TREMBLAY (Chicoutimi): M.
le Prési- dent, si vous voulez être à la fois
président de ces débats et professeur de théologie morale,
je suis disposé à vous écouter, mais encore faut-il que
vous énonciez les canons de votre théologie. Alors, M. le
Président, puisque vous m'avez laissé la parole et que vous
gardez le silence, je tiens pour acquis que ce que j'ai dit était
conforme au règlement. Puisque vous n'avez pas daigné
répondre à cette demande fort polie que je vous ai faite, je me
considère absous de tout péché.
M. le Président, avec votre bénédiction catholique,
apostolique et romaine, je continue brièvement en disant que le ministre
des Affaires municipales, compte tenu, toujours, des expériences
malheureuses qu'il a eues récemment, devrait s'aviser de voir qu'il
procède avec une précipitation qui s'explique mal et qu'il
devrait retenir l'amendement qui est proposé afin que nous puissions
établir la relation qui existe ou qui doit exister entre les trois
projets de loi qui vont venir y compris celui qui fait l'objet de ce
débat et la politique générale que le ministre se
propose d'énoncer dans un livre blanc dont je veux bien savoir si on a
commencé à en écrire les premières lignes.
M. le Président, avant de me rasseoir, je désire souligner
et cela est tout à fait conforme au règlement que
le ministre des Affaires municipales nous a fait tenir récemment, hier
plus justement, un texte, un très beau texte, avec sa carte officielle:
M. Maurice Tessier, ministre des Affaires municipales, dans lequel il explique
les grands principes qui doivent régir l'organisation de la
région de l'Est du Québec. J'ai noté avec infiniment
d'agrément que le rédacteur du texte ou celui qui en a fait la
transcription avait mis un astérisque en bas des pages où on
lisait: "Tiret égale applaudissements." Dans ce texte, il y avait eu
sept ou huit fois des applaudissements. Or, M. le Président...
M. TESSIER: Combien le député de Chicoutimi en a-t-il
comptés? Les avez-vous comptés?
M. TREMBLAY (Chicoutimi): II y en avait trois...
M. LE PRESIDENT (Hardy): Je demanderais à l'honorable
député de Chicoutimi de revenir à la motion.
M. TESSIER: II y en avait 18.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Vous voyez, M. le Président. J'allais
dire qu'il y en avait trois dans la première page.
M. LE PRESIDENT (Hardy): J'aimerais bien que l'honorable
député de Chicoutimi nous dise de quelle façon les
derniers propos qu'il vient de tenir se rattachent à la motion
d'amendement de l'honorable député de Mégantic.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, c'est d'une
évidence éclatante, fulgurante. Les applaudissements dont je
parle se rattachent au projet de loi parce que je voudrais qu'après
l'audition des parties intéressées, tel qu'on nous le demande,
nous puissions applaudir généreusement à l'initiative du
ministre des Affaires municipales. Voilà pourquoi j'ai parlé
d'applaudissements. Vous voyez que la dialectique est quand même un art,
comme la théologie morale, d'ailleurs.
M. le Président, le ministre des Affaires municipales est bien
informé maintenant des problèmes que pose ce projet de loi. Nous
avons devant nous un projet d'amendement qui est sensé. Je
résume: il nous faut connaître les principes qui sous-tendent la
loi, et pour entendre les parties intéressées, il nous faut
savoir si elles sont d'accord avec ces principes, si elles sont d'accord avec
le projet, si elles ont été consultée en bonne et due
forme, et il nous faut établir et cela relève du ministre
la relation entre ces trois projets de loi, y compris celui-ci, et la
politique qu'il se prépare à énoncer dans le livre
blanc.
C'est pourquoi je serais d'avis, avec mon collègue de Montcalm,
que l'on accorde au ministre un délai de trois mois pour lui permettre
de retrouver ses esprits et surtout de rebâtir son image comme on
le dit dans le métier dans l'opinion des journalistes qui l'ont
malheureusement toujours mal cité.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable ministre des Affaires
municipales.
M. Maurice Tessier
M. TESSIER: M. le Président, je parle sur l'amendement. Je tiens
à souligner à mes honorables collègues de cette Chambre
que, contrairement à ce que les députés de l'Opposition
viennent de dire, la population et les conseils municipaux ont eu tout le temps
nécessaire et qu'ils ont été consultés. Je vais le
démontrer.
M. MASSE (Montcalm): Non.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Non. De quelle façon?
M. MASSE (Montcalm): Quels résultats?
M. TESSIER: On semble oublier qu'au mois de juillet...
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Le ministre me permet-il une question
très brève?
UNE VOIX: Non.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): II a dit qu'il avait consulté, et nous
voudrions savoir quels ont été les mécanismes.
M. TESSIER: Laissez-voi continuer et je vais vous l'expliquer.
M. VEILLEUX: II ne comprendra pas encore.
M. TESSIER: Les députés...
UNE VOIX: Ils ne comprendront pas.
M. TESSIER: ... en face de moi semblent oublier qu'au début de
juillet de cette année je présentais le projet de loi no 29,
concernant le parc Forillon, et qu'à ce moment-là j'ai bien
expliqué et bien précisé que deux autres lois connexes
seraient présentées à cette Chambre pour regrouper un
certain nombre de municipalités autour de la ville de Gaspé et
autour de la municipalité de Percé.
Ma première idée était peut-être de
présenter, dès la session de l'été dernier, les
deux projets, c'est-à-dire les projets de loi no 66 et no 67 dont la
Chambre est saisie aujourd'hui. Précisément pour les raisons
qu'on vient de mentionner, je n'ai pas voulu le faire pour ne pas
précipiter les choses et laisser le temps à la population de
connaître les intentions du gouvernement en ce qui concerne, ou
concernait à ce moment-là, le regroupement d'un certain nombre de
municipalités. C'est pourquoi j'ai retardé, jusqu'à
aujourd'hui, la présentation... C'est pourquoi j'ai retardé
jusqu'à aujourd'hui la présentation de ces deux lois. Dans
l'intervalle, contrairement au député de Montcalm qui, lorsqu'il
était ministre responsable de l'OBDQ et par conséquent de l'ODEQ,
n'a jamais dialogué avec la population de la Gaspésie, ne s'est
jamais intéressé à ses problèmes...
M. MASSE (Montcalm): Des affirmations gratuites.
M. TESSIER: ... et a même déclaré, à maintes
reprises, qu'il était contre le parc Forillon.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, sur un rappel au
règlement.
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! sur un rappel au règlement,
le député de Montcalm.
M. MASSE (Montcalm): Sur un point de règlement, M. le
Président. J'aimerais bien que vous m'expliquiez en quoi les
élucubrations du ministre des Affaires municipales entrent dans la
motion d'amendement qui a été présentée par le
député de Mégantic. En quoi ces affirmations gratuites,
pour ne pas dire ces mensonges, entrent-ils dans la discussion de la motion
d'amendement?
M. TESSIER: Le parc Forillon.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Sur le rappel au règlement du
député de Montcalm, les
arguments invoqués à l'appui de la motion du
député de Mégantic, en particulier ceux du
député de Montcalm et du député de Chicoutimi, sont
à l'effet que le projet de loi devrait être reporté
à trois mois, parce qu'il n'y aurait pas eu consultation. Le ministre
des Affaires municipales est parfaitement justifié de dire, en
réponse à ces arguments, s'il y a eu, oui ou non, consultation.
Cela découle nécessairement de la motion et surtout des arguments
invoqués par les députés qui l'ont appuyée.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, sur le rappel au
règlement, j'aimerais...
M. PAUL: Si vous le permettez, M. le Président...
M. LE PRESIDENT (Hardy): Bien, je rappelle au député de
Maskinongé, qui connaît encore beaucoup mieux que moi les
règlements, que j'ai rendu ma décision sur le rappel au
règlement du député de Montcalm.
M. PAUL: M. le Président, je m'aperçois que vous ne
connaissez pas vos règlements, parce qu'en vertu de l'article 667 j'ai
le droit de demander des directives et c'est ce que je vais faire. Pourquoi, M.
le Président, vous lever aussi vite et nous condamner
immédiatement? Nous voulons obtenir des directives. Est-ce qu'un
opinant, actuellement ou plus tard dans ce débat, aura le droit de juger
des actes posés, dans les circonstances, par un ancien ministre, en
conformité de la règle 273 concernant la pertinence du
débat? Quand le ministre des Affaires municipales part en croisade
contre les actes posés par le député de Montcalm, alors
qu'il était ministre responsable...
M. LAFRANCE: II n'en a même pas posé.
M. PAUL: ... de l'ODEQ et du CRD, je me demande si la règle de la
pertinence du débat s'applique. Dans cet esprit, soucieux du respect de
l'article 71 du règlement, je ne veux en aucune façon en appeler
de votre décision. Au contraire, ce sont des directives
éclairées et mûries par l'expérience que nous
voulons obtenir de la présidence.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Je pense que le débat actuel sur la
motion du député de Mégantic doit se limiter strictement
aux raisons de reporter le projet de loi à plus tard et, suivant
l'engagement que le débat a pris au début, à la question
de savoir s'il y a eu consultation ou non. Ce sont là les
paramètres qui doivent éclairer les députés dans ce
débat.
M. PAUL: Nous vous remercions, M. le Président.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Prési- dent, vous me permettrez,
sur un rappel au règlement, de vous faire observer ceci. Vous avez dit
tout à l'heure, interprétant les discours de ceux qui ont
parlé, que nous avions argué du fait qu'il n'y avait pas eu
consultation. Ce n'est pas précisément le fait. Nous nous sommes
demandé s'il y en avait eu et quelle avait été la nature
de ces consultations. Vous voyez la prudence et la délicatesse que nous
avons à l'endroit du ministre des Affaires municipales.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Ce qui permet au ministre des Affaires
municipales de répondre s'il y a eu, oui ou non, consultation et quelle
a été la nature de ces consultations.
M. VEILLEUX: C'est ça.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Pourvu qu'il n'accuse pas le
député de Montcalm.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Le ministre des Affaires municipales.
M. PAUL: M. le Président comprend.
M. TESSIER: M. le Président, j'étais à dire que,
contrairement au député de Montcalm, je me suis rendu, en tant
que ministre des Affaires municipales, dans la Gaspésie, à
Gaspé, dans les municipalités environnant Gaspé, à
Rivière-au-Renard, à Cap-des-Rosiers. J'ai consulté la
population, j'ai exposé, précisément, les intentions du
gouvernement en ce qui concerne le regroupement municipal. D'ailleurs, nous
avons en cette Chambre le député de Gaspé-Sud qui, j'en
suis convaincu, se fera un plaisir, dans quelques instants, de corroborer ce
que je suis en train de vous exposer, c'est-à-dire que la population,
les conseils municipaux ont été consultés depuis
déjà beaucoup plus de trois mois puisqu'on demande trois mois
pour la consultation. Je dois dire que la population a été
consultée depuis bientôt cinq ou six mois, que la population n'est
pas prise par surprise.
Il y a eu consultation, dialogue constant entre la population et
moi-même, d'une part, et entre la population et de nombreux
fonctionnaires, d'autre part, qui sont encore là présentement sur
les lieux. Le gouvernement a ouvert un bureau à Gaspé où
des fonctionnaires du ministère des Affaires municipales, des
fonctionnaires de l'ODEQ sont en contact quotidien avec les conseils municipaux
et la population.
Par conséquent, il ne peut être question, M. le
Président, quant à moi, de retarder davantage ce projet de loi
que j'avais d'ailleurs annoncé dès le début de juillet
dernier, projet de loi no 29 concernant le parc Forillon.
Autre point, le député de Chicoutimi, tout à
l'heure, a fait allusion à mon projet de livre blanc. Or, je veux dire
à mes honorables collègues que c'est une question tout à
fait différente qui n'a aucun rapport avec le projet
de loi qui est devant cette Chambre. Le livre blanc est tout simplement
un document de travail au sujet d'une loi-cadre qui va faciliter la formation
de communautés municipales et n'a aucun rapport avec le regroupement
municipal, avec la fusion des municipalités ou avec l'annexion des
municipalités.
C'est une structure à peu près identique que je propose
aux communautés urbaines de Québec, de Montréal et la
communauté régionale de l'Outaouais.
Mais, en plus, dans le loi-cadre dont le livre blanc fera mention, il
sera question d'établir des structures uniformes afin de favoriser la
création, avec un mécanisme très simple,
c'est-à-dire par simple requête et arrêté
ministériel au lieu d'être obligé d'adopter une loi chaque
fois que l'on veut former une communauté municipale... j'aurai
l'occasion, lorsque je rendrai officiel ce livre blanc, de même que
lorsque je présenterai au cours de la prochaine session la loi-cadre des
communautés municipales, de fournir des explications très
détaillées sur le mécanisme proposé.
Or, ce qui nous concerne avec le présent projet de loi n'a aucun
rapport avec la formation de communautés municipales. Ce que le projet
de loi veut atteindre, c'est le regroupement, la fusion, si vous aimez mieux,
d'un certain nombre de municipalités en une seule, ce qui est bien
différent de ce dont parlera le livre blanc.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Est-ce que, M. le Président, le
ministre me permettrait une question?
M. TESSIER: Oui, avec plaisir.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Est-ce que le ministre se rend compte d'une
chose? Il parle de ce regroupement de communautés municipales. Il parle,
d'autre part, de fusion, de regroupements municipaux, de différentes
municipalités qu'on englobe ensemble. Il y aura quand même une
relation entre la philosophie des regroupements municipaux, des
communautés municipales et le problème des regroupements
municipaux localisés comme dans le cas de Percé. Il y a un
rapport entre les deux. Par conséquent, la politique du regroupement de
diverses municipalités en une seule doit s'inscrire dans la politique
générale des regroupements...
M. TESSIER: Avez-vous une question ou si vous n'en avez pas?
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ...municipaux... Bien oui, je vous pose...
M. TESSIER: Posez-la, votre question.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ...la question suivante : Quelle est la
relation entre un regrou- pement localisé comme celui de Percé et
la politique de regroupement de communautés municipales?
M. TESSIER: Bon, d'accord. Je voudrais tout de même, M. le
Président, signaler tout de suite que je ne suis pas ici pour
philosopher, mais pour parler de questions pratiques le plus simplement et le
plus brièvement possible.
Il s'agit, et je le répète parce que j'ai bien
l'impression qu'il y a des députés de l'autre côté
de cette Chambre qui ont bien de la difficulté à comprendre les
questions municipales...
M. TREMBLAY (Chicoutimi): J'invoque le règlement, M. le
Président.
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre!
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Les difficultés que les membres de
cette Chambre ont à comprendre ne proviennent pas de leur intelligence
ou de leur connaissance des lois, mais proviennent de la difficulté qu'a
le ministre à s'exprimer sur des questions fondamentales. Il nous dit:
Je veux être pratique. D'accord...
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! Il n'y a aucune question de
règlement...
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Mais quand il y a des principes...
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable ministre des Affaires
municipales.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ...en cause... Quand il y a des questions
pratiques, il y a des principes...
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! M. LEVESQUE: J'invoque le
règlement.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): ...en cause, également, alors le
ministre devrait en tenir compte.
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre!
M. LEVESQUE: M. le Président, j'invoque le règlement.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): C'est simple. M. LE PRESIDENT (Hardy): A
l'ordre!
M. LEVESQUE: M. le Président, j'invoque le règlement.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): II ne sait pas s'exprimer.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Je rappelle l'honorable député de
Chicoutimi à l'ordre!
M. TREMBLAY (Chicoutimi): II parle et il ne sait pas trop ce qu'il dit.
Alors, on lui pose des questions. Pardon, M. le Président.
M. LEVESQUE: M. le Président, j'invoque le règlement.
Je comprends que ces honorables messieurs ont peut-être autre
chose en tête que d'étudier les projets de loi relatifs à
Percé ou à Gaspé...
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, j'invoque le
règlement.
M. LEVESQUE: ...et de... M. le Président... M. LE PRESIDENT
(Hardy): A l'ordre!
M. LEVESQUE: M. le Président, je viens d'invoquer...
M. LE PRESIDENT (Hardy): ...II n'y a pas de règlement sur un
règlement.
M. LEVESQUE: ...le règlement et on ne me laisse pas...
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Le leader de la Chambre n'a pas le droit de
nous prêter des intentions.
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! M. LEVESQUE: M. le
Président...
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Rappelez-le à l'ordre!
M. LEVESQUE: M. le Président, je n'en prête pas; j'en
attribue.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Ah! M. le Président, voilà !
UNE VOIX: Le chat vient de sortir du sac.
M. LEVESQUE: M. le Président, on me laissera finir d'invoquer le
règlement et, ensuite, on pourra l'invoquer à son tour.
M.PAUL: Ah oui! Cela durera longtemps!
M. LEVESQUE: M. le Président, je dis que ce que nous voyons ce
matin...
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre, à l'ordre!
M. TETLEY: C'est toujours vous qui faites cela!
M. LOUBIER: Cela n'a jamais dit un mot en Chambre et cela intervient
dans le débat!
M. TETLEY: C'est ça la justice, ici en Chambre!
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! Je suspens la séance.
M. PAUL: Très bien. A quelle heure? M. LEVESQUE: A 2 heures
30.
Reprise de la séance à 14 h 33
M. LAVOIE (président): A l'ordre, messieurs!
L'honorable ministre des Affaires municipales.
M. TESSIER: M. le Président, lors de l'ajournement de la
séance de ce matin...
M. PAUL: M. le Président, j'invoque le règlement. Il
s'agissait de la suspension, et non pas de l'ajournement. C'est l'honorable
leader du gouvernement qui avait la parole. Le ministre a parlé. Alors
nous sommes en deuxième lecture, nous ne sommes pas en comité. Il
a perdu son droit de parole.
M. LEVESQUE: M. le Président, j'avais, à ce
moment-là, invoqué le règlement tout simplement, et je
n'aurais pas pris la parole sur le débat comme tel. Afin de garder les
esprits comme ils sont entrés, il y a un instant, c'est-à-dire
sereins et calmes, je préfère laisser tomber ce rappel au
règlement et permettre au ministre des Affaires municipales de
continuer, dans le calme, la sérénité et
l'objectivité qu'on lui connaît...
M. PAUL: Très bien.
M. LEVESQUE: ... la suite de ses propos.
M. TESSIER: Alors, M. le Président, lors de la suspension de la
séance de ce matin, j'étais, à ce moment-là,
à expliquer, en réponse au député de Chicoutimi,
qui avait soulevé la question du livre blanc sur les communautés
municipales, la distinction qu'il y avait lieu de faire. Le présent
projet de loi a pour but de fusionner cinq municipalités en une seule.
Avec la loi-cadre des communautés municipales dont il sera question dans
le livre blanc, il s'agit de former, suivant certaines structures et certaines
dispositions qui seront expliquées en détail à cette
Chambre, une ou plusieurs communautés municipales. Or, ce que je tiens
à préciser, c'est qu'en vertu de cette future loi-cadre des
communautés municipales, il y aura moyen, à ce moment-là,
de former une communauté municipale à Gaspé et à
Percé. Là, nous formons une seule municipalité. Mais en
vertu de la loi-cadre des communautés municipales, nous pourrons
regrouper un certain nombre de municipalités, peut-être dix,
quinze, vingt, en communautés municipales.
Par conséquent, il peut y avoir, comme on y a fait allusion, un
certain rapprochement, bien entendu, entre les deux, mais ce sont tout de
même deux choses tout à fait distinctes. Aujourd'hui, c'est une
procédure qui est celle de la fusion; plus tard, dans six mois
peut-être, il y aura une seconde étape où la ville de
Percé pourra faire partie, avec d'autres municipalités, notamment
peut-être la nouvelle ville de Gaspé...
M. PAUL: Le ministre me permettrait-il une question?
M. TESSIER: Oui, sûrement.
M. PAUL: Pourriez-vous revenir au sujet de la discussion qui est
actuellement l'amendement?
M. TESSIER: Pardon?
M. PAUL: Pourriez-vous revenir à la discussion qui doit se tenir
actuellement, soit l'amendement proposé par le député de
Mégantic?
M. TESSIER: Oui, d'accord. Cependant, la discussion a été
soulevée tout à l'heure au sujet de l'amendement. Je crois donc
qu'il est de mon devoir de fournir certaines explications vu qu'on m'a tout de
même adressé certains reproches pour n'avoir pas expliqué
la politique du ministère des Affaires municipales et du gouvernement en
ce qui concernait ces nouvelles structures municipales.
Je termine là-dessus. Je n'insiste pas davantage, voyant que mes
honorables collègues de l'Opposition font maintenant la distinction
entre les deux.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, le ministre me
permettrait-il une brève question? Il dit que nous comprenons, à
la suite de ses explications, la distinction entre les communautés
municipales et le regroupement qu'il fait en vertu du projet de loi qu'il nous
propose. Je lui dis que nous ne comprenons pas encore et je reviens à la
question initiale que j'avais posée avant la suspension des
débats, savoir quelle est exactement la relation qui existe entre la
philosophie qui régira l'action du gouvernement en matière de
création de communautés municipales et en matière de
regroupements. Comme je l'ai fait ce matin observer au ministre, le ministre
fait actuellement du travail à la pièce avant que d'avoir
énoncé les grands principes qui présideront à la
création des communautés municipales et de nous avoir
indiqué la relation entre les communautés municipales et les
regroupements de la nature de celui que nous propose la loi que nous discutons
à l'heure actuelle.C'est ce que j'ai demandé au ministre, et les
explications qu'il m'a fournies ne n'indiquent pas encore quelle est la
politique que son gouvernement entend suivre.
M. TESSIER: Je regrette, mais, si le député de Chicoutimi
n'a pas encore compris, je suggère tout simplement qu'il attende la
présentation de la future loi-cadre qui va faciliter la formation de
communautés municipales. J'espère qu'à ce moment-là
il comprendra mieux.
Pour le moment, je désire m'en tenir au projet de loi et à
l'amendement qui a été proposé.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): D'accord. Alors, vous mettez la charrue devant
les boeufs. On y reviendra.
M. TESSIER: Je veux préciser qu'il y a urgence à ce que
les cinq municipalités qui vont former la nouvelle ville de
Percé, de même que les douze municipalités qui vont former
la nouvelle ville de Gaspé le fassent le plus tôt possible. A
titre d'exemple, la création du parc Forillon engendre des
problèmes. Ce sont ces problèmes-là, dans l'environnement
du parc Forillon, qu'il est urgent de régler. Notamment, il s'agit de
construire des HLM. Pour le faire, comme on le sait, il faut passer par un
office municipal de l'habitation.
Or, aujourd'hui, aucune de ces municipalités n'a les pouvoirs et
la structure nécessaires parce qu'elles sont disséminées,
qu'elles sont trop faibles, qu'elles n'ont pas assez de population et qu'elles
n'ont pas une véritable structure municipale. En regroupant ces
municipalités, nous allons, par conséquent, créer une
ville qui aura des pouvoirs plus considérables. Au lieu d'être
régie par le code municipal qui, tout de même, donne des pouvoirs
assez limités à ces petites municipalités, la nouvelle
ville sera régie par la Loi des cités et villes et, par
conséquent, elle aura des pouvoirs plus étendus.
Je reviens à mon exemple, parce que je crois que le plus urgent,
peut-être, c'est la création d'un Office municipal d'habitation,
afin de pouvoir adopter immédiatement les règlements
nécessaires et bénéficier des avantages qu'offre la
Société d'habitation du Québec pour la construction
d'habitations à loyer modique qui, dans la plupart des cas, serviront en
grande partie aux expropriés du parc Forillon.
Egalement, comme je l'ai mentionné précédemment, il
faut protéger l'environnement. Or, pour le protéger, il faut
faire adopter par cette nouvelle ville un plan directeur d'urbanisme. Il faut
faire adopter des règlements de zonage, des règlements de
construction. C'est ça qui est urgent. Et ce n'est pas une petite
municipalité de 500 habitants qui a la structure et les pouvoirs d'agir
dans ce sens-là. Mais, il faut créer une ville moyenne, d'une
certaine importance, qui sera, comme vous avez pu le constater dans les
articles de ce projet de loi, aidée directement par le ministère
des Affaires municipales, par l'entremise d'un administrateur qui travaillera
conjointement avec le conseil municipal de cette nouvelle ville, afin d'aider
à adopter tous ces règlements pour mettre en place les structures
nécessaires.
Or, ceci est urgent, parce que c'est un cas d'exception. Le parc
Forillon est la cause de tout cela. Il y a là des gens qui doivent
être relogés, qui attendent pour, soit se construire, soit habiter
des logements à loyer modique.
C'est là qu'est l'urgence, c'est là qu'est le cas
d'exception. C'est pourquoi, M. le Président, je ne peux d'aucune
manière acquiescer à l'amendement pour reporter encore à
trois mois l'étude de ce projet de loi, alors que, dès le
début de juillet, je le répète, j'ai
présenté le projet de loi no 29 concernant le parc Forillon, j'ai
immédiatement avisé cette Chambre, de même que la
population concernée, dès cette session et avant la fin de
l'année, je présenterais à l'Assemblée nationale
les deux projets de loi, soit celui du regroupement de Percé et celui du
regroupement municipal de Gaspé.
Voilà pourquoi je dois absolument me prononcer contre
l'amendement parce que je suis convaincu que, pour les raisons que je viens
d'exposer, il serait contre l'intérêt public, contre
l'intérêt de la population de ces municipalités que de
retarder davantage l'adoption du projet de loi no 66.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de
Maskinongé.
M. Rémi Paul
M. PAUL: M. le Président, le ministre des Affaires municipales
avec l'esprit d'escalier qu'on lui connaît...
DES VOIX: Ah!
M. PAUL: M. le Président, on proteste et on ne sait seulement pas
ce que ça veut dire "esprit de l'escalier".
M. HARVEY (Chauveau): Vous le savez, vous êtes en
déboulant, vous.
M. PAUL: Je ne voudrais pas qu'on commence à se griser trop vite
de la réception qu'on se propose d'avoir ce soir, réception
illégale. J'espère que le ministre de la Justice ne traitera pas
différemment les gros ministres et les petits ministres et les
députés on n'a pas de permis pour servir du cidre de pomme
à la salle 81-A et qu'on suivra la même politique
qu'à l'endroit du Vaisseau d'Or. Parenthèses fermées.
Je dis que le ministre des Affaires municipales nous a parlé de
tout, sauf de l'amendement. Et là où son esprit de l'escalier
s'est fait valoir, c'est lorsque, dans le cours de la discussion, il a
parlé des principes du bill présentement à l'étude,
qui est l'acte constitutif de la ville de Percé. Le ministre, à
l'occasion de la deuxième lecture de ce projet de loi n'en a pas
parlé. Et nous sommes actuellement à étudier une motion
qui est présentée par l'honorable député de
Mégantic. Il ne m'arrive pas souvent d'être d'accord avec lui, je
tiens à le faire remarquer, mais quand il y a une motion sérieuse
dans cette Chambre, on doit s'y arrêter.
M. DUMONT: Elles sont toujours sérieuses.
M. PAUL: Ne perdez pas tout le mérite que je vous donne, faites
attention.
Je dis que cette motion est plus que sérieuse et que nous allons
voter en faveur, non pas sur division.
Nous voulons que les procès-verbaux de l'Assemblée
nationale mentionnent ceux qui, dans l'étude de ce projet de loi, se
sont penchés sur les véritables problèmes qui existent
dans la région de Percé. Le ministre des Affaires municipales, en
escamotant les réponses que pouvaient soulever les différentes
interventions des préopinants, a dit que la population avait eu le temps
d'être informée. Le ministre aurait paradé dans la
région de Percé dans le cours du mois de juillet et, là,
il aurait informé la population. Il faut croire, M. le Président,
que c'était plus important d'informer la population que les
députés.
Il aurait, dit-il, informé les intéressés des
implications des projets de loi qu'il présenterait. Comme, d'habitude,
les termes du ministre sont tellement clairs, hors de toute discussion
possible, nous voudrions, nous, que ce présent projet de loi soit
reporté à trois mois pour que, dans l'intervalle, on puisse
inviter les corps intermédiaires, les conseils municipaux et tous ceux
qui se sentent touchés par ce proiet de loi à venir devant la
commission des Affaires municipales nous faire part de ce qu'ils ont compris.
Ils pourraient nous exposer leurs besoins, afin que nous examinions si cette
législation répondra aux besoins du milieu et si les principes
qui y sont énoncés correspondent aux malaises sociaux qui
pourrraient exister par suite de la mise en application de cette politique
nécessaire, concernant la création du parc Forillon.
M. le Président, nous sommes intéressés
également à savoir si le ministre des Affaires municipales a
l'intention d'être logique avec la politique qu'il annonçait
à l'occasion d'un récent congrès qui s'est tenu dans le
cours du mois d'octobre. Je sais que vous avez vu, dans cette belle revue que
l'on appelle "Municipalités 1970", "Maurice Tessier et l'orientation des
politiques municipales. M. Robert Bourassa, réformes et
participation".
Je voudrais, M. le Président, tout simplement m'interroger au
sujet d'un extrait du discours, enregistré cette fois, du ministre des
Affaires municipales prononcé le 29 septembre 1970 où, sous le
sous-titre "Loi des communautés municipales", le ministre disait: "C'est
par une loi-cadre des communautés municipales et par l'adoption d'une
véritable politique de restructuration municipale que j'ai l'intention
de résoudre, avec votre collaboration et votre participation, à
la fois le problème des fusions et celui de la
régionalisation".
Nous voulons, M. le Président, donner au ministre l'occasion
d'appliquer immédiatement sa politique à mois que, par oubli ou
distraction, le ministre n'ait pas eu le temps de corriger le texte qu'il
aurait livré à cette date mémorable du 29 septembre 1970,
jour de la Saint-Michel.
Je dis, M. le Président, que le ministre ne devrait pas craindre
l'information de la population de tout ce secteur de notre territoire
québécois. Je dis que le ministre n'apporte pas une raison
très forte, un argument très fort lorsqu'il soutient qu'il y a
urgence, quasi péril en la demeure d'adopter ce projet de loi et, du
même coup, rejette du revers de la main la motion d'amendement soumise
par l'honorable député de Mégantic.
Ce que je ne comprends pas, M. le Président, c'est que, d'autre
part, aux dires de l'honorable ministre, il y a urgence extrême et,
d'autre part, le retard par le gouvernement à présenter ce projet
de loi. Le ministre nous dit qu'il a consulté, senti le pouls de la
population au mois de juillet et ce n'est qu'aux dernières heures d'une
session qu'il vient avec un projet de loi.
S'il y avait tant d'urgence, M. le Président, à adopter ce
projet de loi, il fallait le faire dès le 20 novembre.
Nous aurions eu l'occasion d'entendre les corps intermédiaires,
les conseils municipaux, aux fins de connaître la justification,
l'impératif de ce projet de loi. Le ministre nous apporte des arguments,
M. le Président, qui, à mon humble point de vue... Je n'ai pas
beaucoup d'expérience dans les affaires municipales, même si,
pendant quatorze ans, j'ai été conseiller juridique de douze
municipalités, mais je n'ai pas perdu tout sens pratique
d'appréciation des textes de loi.
Récemment, M. le Président, vous vous rappelez que nous
avons... Je sais que le règlement me défend de me
référer à un projet de loi, sauf pour m'en plaindre, mais
ce n'est pas pour m'en plaindre, c'est pour le vanter...
UNE VOIX: Quel article?
M. PAUL: Article 285, neuvièmement ou dixièmement. Nous
avons voté le projet de loi 49, et à ce projet de loi qui avait
trait à certains pouvoirs, à certains amendements apportés
à la Loi de la commission municipale, nous avons voté l'article
9. L'article 9 a été inséré dans cette loi, aux
dires même du ministre, aux fins de parer ou de pallier tous les cas
d'urgence qui pourraient se présenter dans certains territoires du
Québec, et je veux me référer d'une façon
précise à l'article 93 amendé par l'article 9 du projet de
loi 49. Alors la situation quasi dramatique et alarmante que vient de nous
décrire le ministre des Affaires municipales ne s'applique pas à
l'urgence de l'adoption de ce projet de loi.
Nous, de l'Opposition, non pas pressés par des impératifs
électoraux, mais soucieux d'accomplir parfaitement la tâche de
critique constructive à l'endroit de certains projets de loi qui nous
sont présentés, nous nous devons de nous arrêter au
bien-fondé de la motion du député de
Mégantic, et d'ailleurs, je suis aux prises avec une crise de
conscience: d'une part, entendre le ministre des Affaires municipales nous dire
que la population de Percé est sensibilisée au problème,
qu'elle connaît toutes les implications de cette loi, et, d'autre part,
certaines informations que j'ai personnellement obtenues à l'effet que
la population est inquiète, la population ne sait pas, la population
craint, s'interroge sur les conséquences, les modalités,
l'application, les principes et les à-propos de ce projet de loi.
La motion du député de Mégantic est donc
sérieuse. Pourquoi? Elle va retenir notre attention jusqu'au point de
nous allier pour voter en faveur de cette motion. Dans les notes explicatives
du projet de loi, nous trouvons tous les sujets d'inquiétude
partagés par les députés de l'Opposition. Je sais qu'une
grande partie des députés ministériels ne sont pas
intéressés à cela, mais nous, de l'Opposition, nous nous
sommes penchés sur les différents problèmes, les
implications que soulève cette motion.
Dans les notes explicatives, M. le Président, et cela c'est pour
soutenir le bien-fondé de la motion du député de
Mégantic nous lisons qu'un administrateur désigné par le
gouvernement exercera, à l'égard de la ville, certains pouvoirs
prévus à la loi et remplira d'autres tâches que pourra lui
confier le ministre des Affaires municipales. C'est ça, M. le
Président, que nous voulons savoir. Quelles sont les tâches que
voudrait confier le ministre des Affaires municipales à cet
administrateur qu'on va nommer en vertu de la loi? Quelles seront ses
fonctions? Quel sera son mandat? Quelle sera sa juridiction? Sur quel
territoire exercera-t-il son autorité? Voilà autant de questions
qui soulèvent dans notre esprit une inquiétude que ne partage
même pas lui-même le ministre des Affaires municipales,
inquiétude qui ronge actuellement la population de Percé,
à l'endroit d'un projet de loi dont l'adoption aura des
conséquences sur tout le territoire décrit dans le projet de loi,
aux appendices A et B.
Je dis qu'il y a, dans les notes explicatives, un appui à la
motion du député de Mégantic; je suis sûr que le
ministre les a toutes lues, et c'est pour ça qu'il est aux prises avec
un cas de conscience. Le ministre des Affaires municipales devra
préparer un plan indiquant les affectations du sol dans le territoire de
la ville. Le ministre, au mois de juillet, a renseigné tous les
habitants de ces villes décrites. Les habitants de Barachois, de
Bridgeville, de Cap-d'Espoir, de Percé ont été
informés de ce plan directeur. Le ministre a enfin trouvé sa voie
dirigeante, il a sondé les reins et les coeurs, mais le plan n'est pas
encore prêt. Il dit que la population est informée d'un plan
directeur qu'il ne nous soumet pas. Quelles seront les affectations du sol? On
ne nous informe pas, et les premiers à être renseignés sont
bien ceux-là qu'on déménagera de force en les privant,
dans certains cas, des services publics. La commission municipale deviendra
l'exécutrice des hautes oeuvres du ministre des Affaires municipales
pour faciliter la déportation des résidents de cette
région avant le 31 décembre 1971.
Ce plan sera déposé au bureau de la ville et tout
intéressé pourra en prendre connaissance à compter du 31
décembre 1971. La ville devra faire approuver par le ministre un plan
directeur; alors, on lui soumettra un avant-plan directeur. Quel sera son
contenu? De quelle façon les habitants seront-ils touchés?
Personne ne le sait, le ministre encore moins que les autres, probablement. Et
voici qu'on nous demande de voter un projet de loi à la vapeur, à
la dernière minute, sous prétexte qu'il est urgent. On n'a pas
osé le présenter au mois de novembre, on n'a pas osé,
avant aujourd'hui, l'appeler pour étude. Et parce qu'on attribue un
prétexte d'urgence, on nous dit: Nous allons mettre la motion de
côté et nous allons nous servir du nombre pour rejeter cette
motion. Je dis bien du nombre et non pas de la valeur; la valeur, M. le
Président, je sais que vous avez esquissé un sourire, elle est de
ce côté-ci, parce que, nous, nous avons étudié le
projet de loi.
Nous savons que toutes les raisons invoquées ce matin par les
députés de Mégantic, de Chicoutimi ou de Montcalm ont
ébranlé votre conscience. Connaissant votre expérience
municipale, je sais que vous vous interrogez quant au refus de l'actuel
ministre des Affaires municipales qui, actuellement, cherche à
comprendre le texte qu'il nous soumet.
Je dis, M. le Président, que vous vous interrogez vous-même
quant à la motivation qu'a le ministre des Affaires municipales de
mettre de côté cet amendement. Par hasard, le ministre aurait-il
peur de renseigner la population? Le ministre a-t-il peur des réactions
de masse dans cette région de la Gaspésie? Nous sommes en droit
de nous interroger, M. le Président. Nous avons le droit de savoir
pourquoi ce projet de loi n'est présenté qu'aujourd'hui. Nous
avons le droit de savoir ce qu'il va y avoir dans le plan directeur. Nous avons
le droit de savoir si la population va accepter un administrateur et la
population a le droit de savoir également quels seront les pouvoirs de
cet administrateur.
Si on lit le présent projet de loi, c'est une invitation à
la population de se placer en tutelle. En effet, elle n'aura son conseil
municipal qu'au premier dimanche de novembre 1971. Entre-temps, en vertu des
pouvoirs qu'on lui a accordés par la loi 49, à l'article 9, des
implications de ce projet de loi et spécialement du rôle
tout-puissant que va jouer l'administrateur, ces contribuables
québécois seront ballottés entre, d'une part, les
exigences de la Commission municipale et, d'autre part, les déclarations
interprétatives du ministre des Affaires municipales.
Ces pauvres contribuables ne sauront jamais exactement ce que dit et ce
qu'a voulu dire le
ministre et, encore moins, ce que veut faire l'administrateur. C'est une
région qui a besoin de recevoir beaucoup plus qu'une sucette à
l'approche des Fêtes. Cette législation doit être
analysée. Pourquoi le ministre des Affaires municipales craint-il de
suivre la politique de son prédécesseur qui, lui, connaissait les
problèmes des municipalités? Lorsque la Loi de la
Communauté urbaine de Montréal a été
appelée...
M. TESSIER: Faites-moi rire!
M. PAUL: Cela ne prend pas grand-chose pour vous faire rire; il n'y a
à peu près que cela que vous puissiez faire d'intelligent.
Lorsque la Loi de la Communauté urbaine de Montréal a
été appelée, la Commission municipale a
siégé; elle a entendu les représentations. Lorsque le
projet de loi de la Communauté urbaine de Hull a été
appelé, le ministre n'a pas craint de convoquer les
intéressés, les corps intermédiaires et les conseils
municipaux. Là, on a décidé dans quelle voie on devait
s'engager.
Les édiles municipaux sont retournés chez eux
informés et capables de répondre aux questions de
l'électorat frappé par cette législation. On sait quel
souci a animé l'ancien ministre des Affaires municipales lorsqu'il s'est
agi d'étudier le projet de loi de la Communauté urbaine de
Québec.
Nous avons ici, M. le Président, le maire de Cap-Rouge qui agit
comme secrétaire-adjoint de cette Chambre. Je ne sais à combien
d'assemblées il a assisté avec le ministre des Affaires
municipales. C'est ça, le dialogue. C'est ainsi qu'on va connaître
les besoins de la population, les motivations de l'adoption d'un projet de loi.
Je dis que la motion du député de Mégantic doit être
reçue. C'est dommage, M. le Président, qu'on ne donne pas
liberté complète à tous les députés qui
siègent à votre droite parce que je suis sûr qu'ils
auraient là une excellente occasion de juger de la compétence et
du mode d'action de l'ancien ministre des Affaires municipales par rapport
à l'administration du ministre actuel dans le monde des Affaires
municipales.
Aujourd'hui, nous avions l'honneur, au café du parlement, de
manger dans la région de Marcel, la région du cidre.
Voilà, M. le Président, qu'on va vivre rien que dans le cidre!
Or, nous autres, nous voulons connaître la cible de ce projet de
loi...
UNE VOIX: On veut se dégriser.
M. PAUL: Nous voulons connaître les implications de ces trois
ce ne sont pas trois mousquetaires projets de loi soeurs. Parce
que Percé, Gaspé et la région de l'aéroport
international, cela se tient. Nous invitons donc le ministre à respecter
la politique qu'il a communiquée avec éclat à la suite de
18 interventions d'applaudissements c'est lui-même qui l'a dit ce
matin lorsqu'il a prononcé son discours.
Je dis, d'autre part, que le ministre a oublié ce qu'il avait
déclaré, et avec...
UNE VOIX: Le souci de le protéger.
M. PAUL: ... le souci de le protéger... Je ne sais pas si le
ministre réalise toute l'attention et les égards que nous avons
à son endroit. Dans le but de le protéger lui-même, dans le
but de protéger les intérêts de la population de la
Gaspésie, nous sommes convaincus que la motion du député
de Mégantic va recevoir le vote majoritaire et affirmatif de cette
Chambre, parce que lorsqu'il s'agit de légiférer dans le domaine
de la régionalisation municipale, c'est le devoir de tout homme public
d'entendre les intéressés pour que le projet de loi qu'on se
propose de faire adopter réponde à un besoin du milieu. C'est
dans cet esprit, dans cet optique que nous appuierons la motion proposée
par le député de Mégantic.
M. LE PRESIDENT: Le député de Gaspé-Sud.
M. Guy Fortier
M. FORTIER: M. le Président, vous comprenez que je vais
m'objecter à la motion d'amendement du député de
Mégantic, pour deux raisons. D'abord, le ministre des Affaires
municipales et je corrobore ses paroles a renseigné
suffisamment les gens des villes de Percé, de Gaspé et des
paroisses avoisinantes concernant les projets de loi 66 et 67 quand il a
expliqué sur place le projet de loi no 29 du parc Forillon.
Non seulement le ministre est venu sur place pour discuter de ce projet,
mais il y avait à Percé et à Gaspé un bureau de
fonctionnaires compétents qui ont expliqué aux gens le but, les
raisons de ces projets. Bien plus, je crois que la population a
été informée par la presse. Personnellement, j'ai
rencontré les gens des conseils municipaux, j'ai discuté avec eux
de la loi 29 du parc Forillon en expliquant bien les implications de ce projet
de loi, et je n'ai jamais entendu une objection de la part d'aucun conseil
municipal.
Donc, premièrement, la population a été
renseignée et il n'y a pas eu d'opposition d'aucun conseil municipal.
Deuxièmement, je vais ajouter aux paroles du ministre les raisons pour
lesquelles il y a urgence. Je crois que les députés vont
comprendre l'urgence à ce que ces projets de loi soient adoptés
avant la fin de la session.
Comme vous le savez, des sommes d'argent importantes vont être
distribuées dans le comté de Gaspé-Sud et aussi dans une
partie du comté de Gaspé-Nord. Il va y avoir $6,800,000 à
investir dans cette région. Actuellement, il faut
avoir un organisme municipal pour permettre la construction de maisons
à loyer modique, pour permettre le développement avec, tout de
même, un plan qui soit conforme à l'évolution de la
province de Québec, plan de développement routier, plan
d'aménagement au point de vue forestier, mais il faut quand même,
et j'espère que tout le monde comprend bien ça, qu'il y ait des
gens compétents, qu'il y a des gens qui soient capables de mettre ces
plans au point, afin que ce soit une expansion de l'économie et un
progrès pour l'urbanisme de la région de Gaspé et de
Percé.
Je me réserve le droit de parler, en deuxième lecture, sur
le principe du bill, mais je dis qu'en raison des sommes importantes en cause,
et après avoir informé la population, il est impératif et
urgent que ces projets de loi soient adoptés par l'Assemblée
nationale. Je regrette, mais je voterai contre la motion d'amendement du
député de Mégantic.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de Rouyn-Noranda.
M. Carnil Samson
M. SAMSON: M. le Président, j'ai évidemment
écouté avec beaucoup d'intérêt les remarques faites
par l'honorable ministre des Affaires municipales. Cependant, j'avoue bien
franchement que, même avec toute l'éloquence que je lui connais et
que je lui reconnais, il n'a pas encore réussi à me convaincre du
bien-fondé de ce qu'il avait à nous dire.
L'amendement proposé par mon collègue, le
député de Mégantic, est des plus réalistes dans les
circonstances présentes. D'abord, nous croyons que le fait de nous
amenner en fin de session des bills visant à regrouper certaines
municipalités, c'est un précédent qui pourrait
s'avérer dangereux dans l'avenir parce que, non seulement ce bill
regroupe certaines de ces municipalités, mais...
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
Avec la permission du député de Rouyn-Noranda, j'aimerais
lui faire remarquer que la discussion doit porter actuellement sur l'urgence,
uniquement, soit sur la motion du député de Mégantic. Je
l'ai laissé aller un peu, mais il parlait, au fond, sur le principe du
projet de loi en deuxième lecture.
Il ne faudrait pas oublier, actuellement, qu'on discute uniquement de la
motion du député de Mégantic. J'ai suivi l'exposé
du député de Maskinongé et du député de
Gaspé-Sud. Il faut nécessairement se limiter à cette
question d'urgence ou de non-urgence. Je crois que le député de
Rouyn-Noranda aura l'occasion, après ce débat de revenir sur la
deuxième lecture, s'il n'a pas épuisé son droit de
parole.
M. SAMSON: M. le Président, je pense que, pour bien expliquer les
raisons pour lesquelles on a présenté cet amendement, il est
absolument nécessaire que je puisse en parler un peu sans aller au fond
du principe du bill. Avec votre permission, M. le Président, je voudrais
quand même expliquer pourquoi on en est venu à proposer un tel
amendement. J'ai remarqué que le ministre a dû, lui aussi
s'éloigner de la motion elle-même pour nous permettre de mieux
comprendre le fond de sa pensée.
Alors, si je m'éloigne encore, je me ferai un devoir de me plier
à vos directives. Soyez bien à l'aise. Tout ce que je tente de
faire, c'est d'exposer nos raisons au gouvernement pour qu'il comprenne bien.
Il ne s'agit pas pour nous, aujourd'hui, de retarder les travaux de la Chambre,
loin de là. Mais, il y a dans ce bill c'est pourquoi nous avons
proposé l'amendement une question qui pose un grand principe.
Lorsqu'on pose des principes qui pourraient être appliqués dans
l'avenir, nous n'avons pas, je pense, le droit de laisser adopter ces lois
à la vapeur. C'est pourquoi l'amendement dit ceci: Reporter à
trois mois afin de nous permettre de convoquer, devant la commission
parlementaire, les maires de ces différentes municipalités ainsi
que les conseillers pour que nous puissions savoir non seulement s'ils ont
été consultés, mais de quelle façon ils entrevoient
l'application de ce bill-là.
M. le Président, le ministre nous a dit tantôt qu'il y
avait eu certaines consultations. Nous voulons bien le croire, mais encore
là, quel genre de consultations? Est-ce qu'on a réellement
consulté toute la population? Est- ce que la population a demandé
c'est pour ça qu'on propose cet amendement pour reporter à
trois mois l'adoption ce regroupement municipal ou est-ce qu'on est tout
simplement allé rencontrer ces gens pour les influencer ou pour les
convaincre que c'est bon pour eux? C'est ça la grande question et c'est
ça qu'on aimerait savoir. D'un autre côté, nous croyons
évidemment le ministre qui nous dit qu'il y a eu des consultations
objectives. Mais, c'est à l'ensemble des députés de cette
Chambre que revient la responsabilité d'adopter la loi. Je pense donc
que l'ensemble des députés de la Chambre devraient pouvoir
consulter les gens qui sont ou qui seront éventuellement directement
impliqués par un tel bill. Etant donné que la loi doit passer par
les mains des législateurs, il est plus que normal que nous soyons
renseignés.
Or, aujourd'hui, on nous a dit: On a consulté. On a
consulté qui? On a consulté comment? Cela nous intéresse
de le savoir. On ne veut pas mettre en doute la parole du ministre, loin de
là. Cependant, depuis quelque temps déjà, on entend dire
dans des journaux ou à la radio qu'à peu près tout ce que
le ministre est allé faire dans ce coin-là a été
contesté un jour ou l'autre par des journaux ou par la radio. Alors, si
cela a été contesté par des gens qui sont sur place, par
des media d'information,
cela nous amène à nous poser certaines questions. Qui a
raison? Qui a tort? Evidemment, on ne peut pas demander à tous les
députés d'être sur place. On ne peut pas demander à
tous les députés de connaître à fond cette
région.
C'est pour ces raisons, M. le Président, que nous demanderions,
par le moyen de l'amendement qui a été présenté par
mon collègue de Mégantic, de remettre ce bill à trois
mois, nous permettant ainsi, à la commission parlementaire, de pouvoir
consulter et poser des questions, non seulement aux maires des
différentes municipalités, mais aussi aux conseillers. Et cela
est important.
Il est bien dit dans la loi avec votre permission, M. le
Président qu'advenant qu'il y ait regroupement ce soient les
maires de ces municipalités qui forment temporairement le nouveau
conseil. Or, il se trouve que ceux qui, par un projet de loi comme
celui-là, se verraient favorisés et pourraient faire partie du
nouveau conseil ou auraient peut-être des points de vue différents
de ceux qui sont, aujourd'hui, des conseillers et qui ne le seront plus
après l'adoption d'un tel bill. M. le Président, cela pourrait
apporter des points de vue différents.
C'est tout cela que nous aimerions voir. Non seulement les points de vue
des maires qui pourraient venir devant nous, mais aussi les points de vue des
conseillers qui, eux, après le regroupement, ne seraient plus
conseillers et deviendraient des contribuables comme les autres. Ils
deviendraient des gens qui, par l'adoption de ce bill,
bénéficieraient nous leur donnons le
bénéfice du doute, à ce moment-ci, puisque nous n'avons
pas eu l'occasion de les consulter des avantages de ce regroupement ou,
s'il y avait des désavantages, subiraient les désavantages autant
qu'ils pourraient bénéficier de certains avantages, s'il y en
avait, chose que nous ne savons pas actuellement. Ce sont également eux,
les gens de cette région, qui auront, si le bill est adopté sans
que nous ayons pu consulter convenablement tout le monde, à payer les
taxes municipales. Ce sont eux qui auront à débourser pour faire
les frais d'un bill qui aura été adopté, probablement,
trop rapidement, sans consultation suffisante.
M. le Président, comme nous voulons bien donner le
bénéfice du doute au ministre, nous ne dirons pas à
l'avance que ce bill n'est pas correct, nous ne dirons pas à l'avance
que nous sommes contre le bill. Ce que nous demandons, c'est d'être
rassurés. Si tout le monde croit que ce bill doit être
adopté, qu'on nous permette de consulter les maires et les conseillers
de ces municipalités. A ce moment-là, cela nous rassurera. A ce
moment-là, s'ils ont raison, tout le monde sera d'accord. Et lorsque le
bill sera adopté, il ne sera pas contesté. Si on l'adopte
à la vapeur, parce que la session achève nous sommes sur
le point d'ajourner nos travaux nous aurons probablement des
contestations.
Serons-nous contestés par la population ou contesterons-nous
nous-mêmes? Rien ne nous le dit. Mais, si on ne prend pas le temps qu'il
faut et si on ne fait pas les consultations nécessaires, je crois que
nous n'aurons pas fait du moins, c'est notre opinion à nous, de
ce côté-ci de la Chambre tout notre devoir.
Notre devoir est d'adopter des lois susceptibles de venir en aide
à la population. Mais, pour adopter ces lois, il faut agir en toute
connaissance de cause. M. le Président, on nous a servi tantôt,
à l'encontre de l'amendement que nous apportons, l'argument suivant:
Cela presse, nous n'avons pas le temps. On nous a dit: II faudra construire des
logements à prix modique, etc., etc. C'est probablement vrai, M. le
Président, que cela presse. Mais, le bill du Parc Forillon, nous l'avons
adopté, je pense, au mois de juillet dernier. Depuis ce temps, il y
aurait eu lieu d'arriver devant nous avec la présentation d'un bill
comme nous en avons un aujourd'hui.
Nous aurions pu présenter le même amendement
qu'aujourd'hui, parce que je pense que nos principes auraient été
les mêmes qu'aujourd'hui. Nous aurions pu, avec le même amendement,
arriver à la même échéance, c'est-à-dire
avoir eu le temps de consulter ces maires et ces conseillers des
municipalités. Le bill pourrait être adopté aujourd'hui et
nous aurions au moins la satisfaction que ce bill aurait été
adopté, par les députés, par les élus du peuple,
par ceux qui sont ici en cette Chambre pour représenter la population,
en toute connaissance de cause, ce qu'on ne nous offre pas actuellement.
Je crois que si le gouvernement n'a rien à nous cacher
réellement, comme il nous le laisse entendre et comme nous voulons bien
le croire, eh bien, il ne doit pas reculer devant l'amendement qu'on lui
propose. S'il n'a rien à cacher, qu'il fasse venir les maires et les
conseillers de ces municipalités et qu'il nous permette de poser les
questions qui s'imposent. Si encore on nous avait apporté des
déclarations écrites ou des demandes écrites en provenance
de ces diverses municipalités, signées par le maire et par les
conseillers, nous saurions que c'était demandé par la population.
Mais actuellement nous ne le savons pas. Tout ce que nous savons, c'est qu'on
est allé dans ce coin-là pour consulter et qu'on nous revient en
disant: Ne vous inquiétez pas, tout le monde est d'accord, tout le monde
veut ça, mais les intéressés ne viennent pas nous le
dire.
Si, réellement, on n'a rien à cacher, si,
réellement, on veut que ce bill soit adopté en connaissance de
cause, si on veut que ce bill ne soit pas un précédent, si on
veut que ce ne soit pas un précédent pour les autres qui
pourraient nous être présentés, pour les autres
regroupements... Et Dieu sait qu'actuellement, lorsqu'il est question de
regroupement, c'est contesté à travers la province de
Québec! Les gens ne veulent pas se laisser regrouper par la force.
Les
gens veulent dire ce qu'ils ont à dire. Les gens veulent
participer et les gens veulent se laisser regrouper quand cela leur
plaît, quand ils le demandent. Aujourd'hui, nous n'avons pas la preuve
ici que ces gens ont demandé le regroupement. Tout ce que nous avons,
c'est qu'on nous présente un bill en disant: Votez, messieurs, adoptez
le bill au plus vite, ça presse. Quand ce sera adopté, s'il y a
quelque chose qui "brasse" après, bien là, on "patchera", comme
d'habitude.
M. le Président, je pense qu'on en a assez fait, de ces bills. On
a assez adopté de bills à la vapeur que même si la session
est sur le point de se terminer, ce n'est pas une raison pour que nous nous
permettions d'adopter cela trop vite ou de passer par-dessus certaines
exigences qui sont quand même des exigences normales, des exigences
réalistes et des exigences que le ministre des Affaires municipales
reconnaît, je le sais. Le ministre, s'il pouvait nous dire exactement le
fond de sa pensée, nous dirait que, lui aussi, il veut consulter les
maires, que lui aussi, il veut nous permettre de consulter les
conseillers...
M. TESSIER: C'est ça.
M. SAMSON: ... que, lui aussi, il veut tout ça et que parce qu'il
est pressé actuellement, il nous empêche de le faire.
Or, M. le Président, je sais que le ministre pourrait, si on
accepte notre amendement permettant de le reporter à trois mois,
rapidement convoquer ces gens, les amener devant nous, nous donner
satisfaction. Et après nous avoir donné satisfaction, si tel est
bien le voeu de ces gens d'être regroupés, nous ferons amende
honorable et nous appuierons le bill du ministre à la condition expresse
que les gens viennent nous dire ici qu'ils veulent bien ce regroupement. Chose
qu'on ne nous a pas prouvée, chose que l'on ne nous a pas dite.
M. TESSIER: Mais vous avez entendu le député de
Gaspé-Sud qui vous l'a dit.
M. SAMSON: M. le Président, je comprends que le ministre, lors de
certains discours a été applaudi. Il nous l'a dit tantôt.
Il a même été applaudi dix-huit fois. Mais cela ne veut
rien dire. Je me permettrai de souligner au ministre que dans certains domaines
on a même dit qu'on pouvait se poser des questions à partir de
.08. Alors quand on est rendu à dix-huit, on peut se poser des
questions.
De toute façon, M. le Président, ceci dit, nous demandons
que le gouvernement et je pense que ce serait bien vu de la population
du Québec fasse machine arrière, que le gouvernement
permette à l'Opposition de faire des consultations.Non seulement ce sera
bon pour l'Opposition, mais ces consultations seront bonnes pour le ministre;
elles seront bonnes pour les députés qui sont de l'autre
côté de la Chambre.
Une fois que tous ces gens-là auront pu comparaître devant
nous, je suis persuadé, M. le Président, que si, comme nous l'a
si bien dit le ministre tantôt, tout le monde est d'accord, nous pourrons
en prendre connaissance. Si tel est le cas, le ministre pourra faire adopter
cette loi plus facilement, et il sera d'autant plus satisfait que tout
l'ensemble des députés de cette Chambre le sera. Quand je parle
de l'ensemble des députés de cette Chambre, cela veut dire la
représentation de l'ensemble de la population du Québec. Je pense
que la démocratie exige encore que nous prenions en considération
les désirs, les aspirations légitimes, les demandes
légitimes de la population.
Alors, les demandes légitimes de la population, si on nous les
avaient prouvées si on nous les avait amenées, nous n'aurions
sûrement pas présenté cet amendement. C'est parce que ces
demandes, nous ne les avons pas, que ce projet de loi sent l'imposition. Et
c'est ce que nous ne voudrions pas, et, comme le ministre nous l'a dit, nous
voulons bien le croire, si tel n'est pas le cas. En consultant ces
gens-là, nous saurons si le ministre a raison. Nous ne demandons pas
mieux que de voir qu'il a raison, et de l'aider, mais qu'il nous fournisse au
moins l'occasion de consulter ces gens-là afin que nous puissions, tous
ensemble, être satisfaits de la loi que nous aurons à adopter.
Merci, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: L'honorable député de
Gaspé-Nord.
M. François Gagnon
M. GAGNON: M. le Président, avant de commencer ma courte
intervention, j'aurais deux questions à poser au ministre, qui
pourraient m'éclairer. Quelle serait la distance, quel serait le
parcours de la municipalité ainsi créée, et combien de
population engloberait-elle?
M. TESSIER: M. le Président, ce sont là deux questions qui
pourraient...
UNE VOIX: Très embêtantes.
M. TESSIER: ... être discutées en comité. Ce sont
des précisions que vous me demandez, je vous répondrai en
comité.
M. GAGNON: Ce ne sont aucunement des précisions. Si le ministre
ne le sait pas, ça démontre qu'il présente un projet de
loi sans connaître le territoire exact.
M. TESSIER: Je n'ai pas dit, M. le Président, que je ne le savais
pas.
M. GAGNON: S'il le sait, le ministre est obligé de me donner ces
précisions.
M. TESSIER: J'ai dit que je répondrai en comité.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre! Je sais bien que le député de
Gaspé-Nord, avec l'expérience qu'il a en Chambre, sait qu'il
pourrait difficilement procéder de cette façon-là. Cela
aurait été l'occasion, lorsque le ministre des Affaires
municipales adressait la parole sur l'amendement, ou lors de la deuxième
lecture, et avec sa permission, vous auriez pu lui poser les questions. A ce
moment-ci, vous comprenez que c'est un jeu très dangereux, et que les
règlements ne permettent pas de poser des questions à l'occasion
de votre intervention sur l'amendement. Et le ministre a raison, dans le
respect des règlements, de dire que ce sont des renseignements qu'il
peut fournir en comité.
M. GAGNON: Evidemment, le président a raison. Mais, si le
ministre avait fait son intervention quand il a présenté son
projet de loi, nous aurions eu ces renseignements qui nous auraient
éclairés afin de mieux intervenir, d'être plus objectifs
dans notre discussion, et même dans l'amendement qui est
présenté.
M. TESSIER: Vous n'êtes pas objectif.
M. GAGNON: M. le Président, plus objectif.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): Vous n'avez pas été objectif
dans votre truc.
M. GAGNON: II y a un amendement au projet de loi 66 qui demande de faire
comparaître les corps publics, les personnes intéressées et
même les corps intermédiaires. Je crois qu'il s'agit d'une
suggestion excellente. Je demeure dans ce territoire, j'ai d'ailleurs
été secrétaire de deux municipalités rurales, j'ai
fait de la vérification pour ces municipalités, dans le bas du
comté, et je puis dire que nous rencontrerions là l'opinion
générale de la population. Le ministre, tout à l'heure, a
parlé des besoins, il a dit qu'il était nécessaire d'avoir
un plan directeur d'urbanisme, qu'il était nécessaire d'avoir un
plan de zonage. C'est à ce moment-ci que la population a besoin, que les
corps intermédiaires et publics ont besoin d'être entendus parce
que, déjà, le ministre prévoit des dépenses
d'environ $30,000 à $40,000 dans l'élaboration de plans
semblables alors que la population n'est pas au courant.
Lorsque le ministre nous dit qu'il est allé dans le territoire
consulter la population, a-t-on dit à la population qu'un statut de
cités et villes permettait à tous les propriétaires de
ferme de bénéficier d'une réduction de taxes
considérables, mais, par voie de conséquence, de faire porter sur
les propriétaires de résidences, le fardeau plus
considérable afin de récupérer les sommes qui seront
perdues par la réduction qui est accordée aux cultivateurs.
Le ministre des Affaires municipales ne le sait pas. Il est important
que les corps publics viennent devant une commission, de la même
façon que l'ancien ministre des Affaires municipales, lorsqu'il a
présenté les lois des communautés urbaines dans les
villes, a voulu entendre toutes les personnes et tous les corps
intermédiaires ou publics qui ont voulu s'exprimer devant une
commission.
Ce territoire aura 30 milles de longueur et une population
regroupée de 6,000 à 7,000 habitants au maximum. Imaginez-vous
donc qu'on fait un plan d'urbanisme, un plan de zonage pour une région
presque aussi vaste que celle qui va de Québec à Montmagny et
qu'on impose à une population des taux de taxes énormes. Les
corps publics, après être venus devant une commission et avoir
été informés, auraient pu aller dans leur milieu informer
la population. S'ils avaient voulu ce regroupement municipal, avec un statut de
cités et villes, évidemment, c'est eux qui auraient eu le dernier
mot, parce qu'ils auraient payé la facture des taxes.
On ne peut pas penser qu'il n'est pas nécessaire que les corps
intermédiaires ou que les corps publics viennent s'exprimer devant une
commission qui serait essentielle, et pour cause. Le ministre nous dit que ce
projet de loi a pour but de donner des pouvoirs supplémentaires. Nous
aurions pu entendre les corps publics nous dire qu'ils pouvaient construire des
aqueducs municipaux sans avoir un statut de ville. Nous aurions pu entendre les
corps publics nous dire qu'ils pouvaient avoir des services de
déblaiement de la neige sans avoir un statut de ville ou sans avoir un
territoire immense de 30 milles de longueur. Nous aurions entendu les corps
publics nous dire qu'ils auraient pu avoir un service de police et un service
d'incendie sans avoir un regroupement municipal de 30 milles de longueur,
c'est-à-dire un territoire plus grand que la ville de Rimouski dont le
ministre a été maire.
Il s'agit d'un territoire immense, divisé entre les
municipalités, et où sur des parcours de 5 milles, on ne
rencontre personne. Les deux tiers de la population possèdent des
fermes. On rencontre, en règle générale, un
propriétaire par lot, lesquels lots sont éparpillés et
distancés. Ce territoire englobera cette immense
périphérie, sous prétexte qu'il s'agit d'une
nécessité pour le parc Forillon. Les corps publics, les maires et
les conseillers nous auraient dit que ce n'était pas une
nécessité, de la même façon que cela n'a pas
été une nécessité de regrouper trois villes,
Cap-Chat, Sainte-Anne et Saint-Joachim, quand on a crée le parc national
de la Gaspésie.
Evidemment, ce sont des éléments qui peuvent
paraître sensibles, mais ils n'ont aucune valeur. On est à
créer c'est là la nécessité de convoquer une
commission des communautés municipales déguisées,
mais pis encore, parce qu'une communauté municipale a pour but de
laisser certains pouvoirs aux conseils municipaux, tandis que le projet de loi
actuel enlève tous les conseils municipaux et crée un conseil
de ville. C'est là que les gens auraient compris les bienfaits
d'une communauté municipale. On crée des communautés
urbaines...
M. TESSIER: On va créer, une communauté municipale,
là aussi.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre! M. GAGNON: Oui, M. le Président.
M. LE PRESIDENT: J'aimerais rappeler au député de
Gaspé-Nord qu'il sera à court d'arguments s'il veut parler sur le
principe du projet de loi en deuxième lecture.
M. GAGNON: C'est parce qu'il faut que je prouve...
M. LE PRESIDENT: II ne faudrait pas oublier que nous sommes toujours
à discuter de l'urgence ou non de l'amendement. Je ne peux pas permettre
qu'on procède à un débat de deuxième lecture,
à ce moment-ci.
M. GAGNON: M. le Président, vous avez raison. C'est parce que je
dois appuyer mon argumentation sur la nécessité de faire
comparaître les intéressés et de reporter ce projet
à trois mois, soit au début de la prochaine session, ce qui
permettrait aux corps intermédiaires aux corps publics de
comparaître. Il faut que je sois capable de convaincre le ministre. Pour
convaincre le ministre, il me faut de bons arguments.
M. TESSIER: Vous avez besoin d'en avoir de meilleurs que cela pour me
convaincre.
M. GAGNON: Parce qu'il a été maire d'une ville, il ne
connaît pas les besoins ruraux et son projet de loi le démontre
incontestablement.
C'est là qu'on se prépare à créer
s'il ne veut pas faire comparaître tous les corps intermédiaires,
les corps municipaux, toutes les personnes qui auront des choses à
soumettre et qui le feront d'une façon très objective, j'en suis
convaincu , c'est là qu'on se prépare, en refusant cette
chose-là, à créer des monstres financiers, dans des
endroits qui sont très pauvres actuellement.
Si on refuse à ces gens de comparaître, on va créer
le problème d'aller greffer un statut de cités et villes sur un
territoire qui est trois fois plus grand que la ville de Québec et
même quatre fois, avec une population de 7,000 personnes.
Si le ministre ne juge pas bon de faire comparaître les personnes
capables d'apporter des suggestions merveilleuses qui aideraient le ministre,
le ministère sera appelé à faire des dépenses
d'argent et le ministre n'est pas prêt à s'engager par des lettres
à payer des sommes que les contribuables ne seraient pas capables de
payer. M. le Président, je dis très sincèrement et
très franchement, c'est une nécessité de reporter ce
projet de loi à trois mois et de demander à tout le secteur de
venir devant un comité, de la même façon qu'on l'a fait
pour les communautés urbaines, alors qu'elles étaient bien
regroupées. Si je prends celle de Québec comme exemple M.
le président, me le permettra quelqu'un qui arrive dans la ville
de Québec, est-ce qu'il s'aperçoit qu'il y a des villes
différentes comme Sainte-Foy, Sillery et Québec? Non.
Et pourtant, on a encore trois, quatre, cinq conseils de ville dans tout
ce territoire.
Et on irait créer cela en Gaspésie, sans connaître
l'opinion des gens bien établie devant tous les législateurs de
cette Chambre qui, eux, pourraient questionner les représentants de la
population locale, qui, eux, pourraient obtenir des informations? En retour, le
législateur se ferait un plaisir de bien renseigner la population sur
les aspects positifs et les aspects négatifs. Là, la population
pourrait juger si les aspects négatifs sont plus considérables
que les autres. Je crois que le ministre répondrait alors à un
voeu de la population.
Ce n'est pas la visite d'une journée ou d'une seule soirée
du ministre qui est allé dans une réunion où il y avait
passablement de gens qui est suffisante. Il ne leur a pas parlé des
avantages ou des désavantages. Il leur a simplement dit ça
leur a plu : Vous aurez les avantages qu'on donne aux autres
municipalités qui sont dans votre cas. Et au point de vue de la
construction des HLM, il reste que pour construire un HLM...
M. LEVESQUE: On est loin de la motion.
M. GAGNON: Oui, M. le Président, d'accord. Mais je suis en train
de convaincre le ministre. Le ministre ne nous a pas convaincus...
M. TESSIER: Vous n'avez pas réussi encore jusqu'à
maintenant.
M. GAGNON: D'accord, je n'ai pas réussi. Ce n'est pas une
tâche facile de convaincre le ministre, mais il devrait savoir que, si
nous réussissons à le convaincre, il se rendrait au voeu de toute
la population du territoire. A ce moment-là, il ferait la lumière
sur un projet de loi et la population serait heureuse de lui apporter des
suggestions. Je serais curieux de connaître, par les dossiers du
ministre, si les corps publics lui ont fait des suggestions, s'ils ont
été appelés à lui soumettre des mémoires,
s'ils ont été appelés à le rencontrer. Je serais
curieux de savoir ça, mais, si on réunissait ces gens devant une
commission c'est ça qu'ils viendraient nous dire et qui serait bien pour
tout l'ensemble du territoire.
M. TESSIER: C'est le député de Gaspé-Sud et non pas
le député de Gaspé-Nord.
M. GAGNON: Le député de Gaspé-Nord...
M. TESSIER: Ces municipalités sont dans le comté de
Gaspé-Sud.
M. GAGNON: Oui, M. le Président, et je ne conteste pas la belle
valeur du député de Gaspé-Sud. Mais, quand je vois le
visage du député de Gaspé-Sud devant mon argumentation, il
me laisse perplexe; mais, ce n'est pas lui que je dois convaincre, c'est le
ministre. Moi j'étais secrétaire de deux corps publics municipaux
et je suis allé dans ce secteur faire des vérifications
municipales. Celui-là qui a été mêlé aux
corps municipaux et qui a vu le bien ou le non-bien que créent les
projets de loi voit également qu'il est nécessaire que tous les
corps publics, corps intermédiaires soient appelés à
comparaître. Cela aurait pour effet d'améliorer le projet de loi
et nous ne serions pas obligés durant trois ou quatre ans, d'apporter
des amendements à un projet de loi qui serait incomplet et qui
créerait des problèmes complexes à toute une
population.
Je laisse le ministre avec les quelques suggestions que je lui ai faites
et je lui demande de se retirer dans un endroit tranquille, de
réfléchir et là, les lumières viendront.
M. BERTRAND: Très bien. UNE VOIX: Merci.
M. LE PRESIDENT: L'honorable ministre de l'Industrie et du Commerce.
M. Gérard-D. Levesque
M. LEVESQUE: M. le Président, je retiens des diverses
interventions de l'Opposition, qu'on s'objecte à deux points.
Premièrement, au fait que le bill soit appelé aussi tard et soit
adopté, a-t-on dit, à la vapeur et, deuxièmement, au fait
que la population n'aurait pas été consultée. C'est en
résumé ce que je retiens des interventions de nos honorables amis
d'en face.
Je rappellerai particulièrement au député de
Montcalm, qui a ouvert le débat sur la question des projets de loi
adoptés à la vapeur, qu'alors que présentement il s'agit
d'un projet de loi qui n'affecte, dans le cas que nous avons devant les yeux,
soit la ville de Percé, que 5,374 citoyens, lorsqu'on a
décidé de communautés urbaines affectant beaucoup plus que
la moitié de toute la population du Québec, on a apporté
ces bills en décembre 1969 et nous avons procédé à
la troisième lecture de la Loi de la communauté urbaine de
Montréal le 19 décembre. On a ensuite le même jour, le 19
décembre, proposé la deuxième lecture de la Loi de la
communauté urbaine de Québec...
M. BERTRAND: Ce n'est pas la même chose du tout.
M. LEVESQUE: Et le 20 décembre, le lendemain, on proposait la
deuxième lecture...
M. BERTRAND: Ce n'est pas la même chose.
M. LEVESQUE: ... de la Loi de la communauté régionale de
l'Outaouais.
M. BERTRAND: II y avait 25 ans que cela attendait.
M. LEVESQUE: Or, quand plus de la moitié...
UNE VOIX: C'était un samedi.
M. LEVESQUE: ... de la population de la province de Québec
était concernée, on ne s'en faisait pas et on ne disait pas qu'on
adoptait des lois à la vapeur. Mais lorsque 5,000 citoyens sont
concernés, on se scandalise de l'autre côté de la Chambre
d'arriver à ce moment-ci avec ce projet de loi qui avait d'ailleurs
été annoncé à plusieurs reprises par celui qui vous
parle et également par le ministre des Affaires municipales.
M. BOURASSA: Cela ne vaut pas la peine de répondre.
M. LEVESQUE: M. le Président, voici pour les bills adoptés
à la vapeur. Deuxième point, absence...
M. PAUL: M. le Président, un point d'ordre. Nous venons
d'entendre encore une remarque désabusée du premier ministre qui
vient de dire que ça ne vaut pas la peine de répondre. Nous
n'avons pas de leçon à recevoir du premier ministre quant au
rôle que nous devons jouer en cette Chambre.
M. LE PRESIDENT: A l'ordre!
DES VOIX: A l'ordre!
M. LAFRANCE: Assieds-toi donc!
M. LE PRESIDENT: Le député de Maskinongé a
certainement les oreilles fines ou les yeux vifs...
M. PAUL: Ah oui!
M. LE PRESIDENT: D'ailleurs, moi, je n'ai pas entendu ces paroles.
M. PAUL: Ah bien, cela ne veut pas dire que vous n'avez pas...
M. LE PRESIDENT: Deuxièmement, le député de
Maskinongé sait très bien que je ne peux pas prendre en
considération tout ce qui se dit en Chambre. Je ne suis tenu de
considérer et de peser que les mots qui sont adressés à la
présidence. Le reste passe comme bruit ou murmure.
M. BERTRAND: Bruit.
M. LE PRESIDENT: II y a beaucoup de bruit ou murmure en cette
Chambre.
M. BERTRAND: Très bien.
M. LE PRESIDENT: C'est la raison pour laquelle je ne peux prendre en
considération le point d'ordre du député de
Maskinongé.
M. PAUL: M. le Président, vous avez parfaitement raison sur le
point d'ordre, mais il reste que le premier ministre devrait continuer à
se retirer de la Chambre; c'est encore plus efficace pour les travaux de la
Chambre.
M. BOURASSA: Avec vos niaiseries, là! M. LEVESQUE: M. le
Président...
M. PAUL: En parlant de niaiseux, M. le Président, je peux passer
un miroir au premier ministre.
M. BOURASSA: Ah, bon!
M. LE PRESIDENT: L'honorable leader parlementaire.
M. LEVESQUE: M. le Président, si on veut revenir à la
motion du député de Mégantic, je crois que c'est surtout
du manque de consultation que s'inquiétait le parrain de la motion
d'amendement. Loin de moi l'idée de mettre en doute sa bonne foi. Au
contraire, à première vue, on serait porté à
vouloir étendre la consultation. Mais il s'agit ici d'un territoire
où, justement, il y a peut-être eu un abus de ce qu'on a
appelé la consultation, l'animation et le manque d'action.
On se rappellera que, dès 1962, ce territoire a fait l'objet
d'études qui ont été assez onéreuses pour l'Etat
québécois. Elles ont justement été
décidées pour que l'on fasse un tour d'horizon et même une
étude en profondeur de la situation, sur le plan social, sur le plan
institutionnel et sur le plan économique. Il s'agissait de faire
réellement un travail en profondeur, pour étudier tout ce qui
pouvait affecter les habitants du territoire. De nombreux volumes ont
été déposés au gouvernement que nous avons en face.
Probablement qu'on ne les a pas lus en entier. Je ne blâme pas l'ancien
gouvernement. Il y avait à peu près dix volumes contenant des
recommandations et onze, je crois, contenant des annexes aussi volumineuses que
celle que j'ai devant moi présentement et que je vous exhibe. On a
dû en prendre suffisamment connaissance pour ne pas arriver
aujourd'hui...
Je parle surtout pour nos amis de l'Union Nationale. Je peux comprendre
que nos amis du Ralliement créditiste ne soient pas aussi au courant,
mais nos amis de l'ancien gouvernement ont dû prendre connaissance de
tous ces volumes qui contenaient des tonnes de renseignements qui, justement,
portaient sur la consultation et sur l'animation. Ces territoires ont tellement
été analysés, particulièrement celui qui fait
l'objet du présent bill, que je dis à l'honorable
député de Mégantic, en particulier, dont je ne nie pas la
bonne foi, mais qu'il me fait plaisir de renseigner, que, s'il y avait eu une
étude aussi en profondeur dans le comté de Mégantic, cela
me permettrait d'être bien au courant, même si, peut-être, je
l'étais un peu moins que si cela se passait dans mon propre comté
ou dans ma propre région cela s'entend . Je
réfère donc le député à l'annexe technique
numéro 13, "Plan de développement du Bas Saint-Laurent, de la
Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine, Bureau d'aménagement de
l'Est du Québec, décembre 1965". On verra que, si le ministre des
Affaires municipales a lui-même fait son enquête, celle-ci a
été précédée de nombreuses autres, de
consultations, d'animation sociale de toute sorte, particulièrement dans
le domaine de la redéfinition du territoire.
Voici la conclusion de cette annexe, à la page 186, après
que l'on eut fait le tour des raisons pour lesquelles on agrandirait le
territoire des municipalités. Justement ce sont ces municipalités
dont il est question dans ces bills.
M. DUMONT: Est-ce que le ministre me permettrait une question?
M. LEVESQUE: Oui.
M. DUMONT: Le ministre peut-il m'assurer que cela a bien
été de l'animation sociale et non pas de l'animation
libérale dans ces comtés?
M. LEVESQUE: Ah! je puis assurer le député qu'il y avait
certainement beaucoup de libéralité dans l'animation. Mais, je
vous dirai qu'il n'y avait pas particulièrement de libéraux qui
militaient au BAEQ. Au contraire, dans la région on disait toujours
qu'il y avait beaucoup de gens qui venaient de tous les comtés,
même des comtés créditistes d'aujourd'hui, de
Montréal et de Québec, pour nous analyser. Il y avait
également des gens du territoire, évidemment, qui assistaient ces
gens-là. A un moment donné, il y avait 150 personnes et plus au
service du Bureau d'aménagement de l'Est du Québec, qui faisaient
des études dans toutes les municipalités. Elles allaient dans les
rangs, faisaient des
soirées sociales, consultaient les gens, tellement que la
population a eu des espoirs incroyables jusqu'au moment où on s'est
aperçu qu'il n'y avait pas d'action.
Aujourd'hui, on a au gouvernement un ministre des Affaires municipales
responsable de l'ODEQ, qui apporte cet élément qui manquait dans
l'esprit des gens: l'action. C'est dans cet esprit-là qu'aujourd'hui
arrivent ces projets de loi: Percé, Gaspé et les autres
réalisations énumérées depuis quelques jours par le
ministre responsable de l'ODEQ. Mais, revenons à nos moutons. Revenons
à cette annexe technique numéro 13 du Bureau d'aménagement
de l'Est du Québec. On dit: Pourquoi agrandir le territoire des
municipalités?
Je ne peux pas lire, évidemment, tout ce volume, mais je
réfère l'honorable député à tout ce qu'on
appelle les avantages des fusions de territoires...
M. GAGNON: Est-ce qu'on parle de Percé?
M. LEVESQUE: ... les avantages laissez-moi finir et les
inconvénients. Parce qu'il y a aussi des inconvénients. On dit
que lors de la consultation, il est arrivé que plus la
municipalité était grande, était forte, plus,
évidemment, cette municipalité était favorable à la
fusion. Plus la municipalité était petite, moins elle avait de
services, par exemple, moins elle avait de gens qui pouvaient s'adonner
entièrement à la chose municipale, à ce moment-là,
évidemment, ces gens étaient moins enthousiastes devant
l'idée d'être annexés à un territoire plus fort,
à un territoire mieux organisé, à un centre plus
urbanisé. C'est normal et, d'ailleurs, le rapport dit que la
consultation a donné ces résultats.
Donc, les avantages, les inconvénients, ce que la population
avait à dire, ceux qui ont dit oui, ceux qui ont dit non, pourquoi ils
ont dit oui, pourquoi ils ont dit non, tout cela se trouve en appendice du
rapport et on pourra le consulter.
Après avoir fait cette étude, on arrive à des
recommandations. Voici ce qu'on recommande, pour tous les territoires-pilotes
du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Iles-de-la-Madeleine. Et
cela, c'est après avoir fait toute la consultation au monde, d'avoir
même rendu les gens un peu indisposés parce qu'il y avait un petit
peu trop de consultation et d'animation mais pas assez d'action. Tout de
même, de la consultation, les gens en ont eu. De l'animation, ils en ont
eu à satiété. Après cela, les gens sont
retournés dans leurs bureaux et ils ont fait des recommandations au
gouvernement, recommandations qui ont été déposées
ici, au gouvernement du Québec, au mois de juillet 1966. Que disait
cette recommandation générale?
Recommandation numéro 6: Regroupement municipal. Le BAEQ
recommande de diviser le territoire-pilote sur le plan municipal en 25
unités locales, dont 22 corporations municipales ordinaires.
M. le Président, on peut s'imaginer que les centaines de
municipalités qui font partie du territoire-pilote sont toutes
affectées par cette recommandation de réduire ce territoire en 25
municipalités seulement. Or, quelles sont les recommandations plus
précises?
Municipalité numéro 15: Gaspé. Avec une carte qu'on
peut consulter, on trouvera, à ce moment-là, juste autour du parc
Forillon, exactement, les municipalités mentionnées dans le
prochain projet de loi qui affecte la ville de Gaspé. On retrouve
pratiquement je ne peux pas dire que c'est au pouce le même
territoire qui est visé par le projet de loi qui viendra par la suite,
celui de la ville de Gaspé.
Maintenant, pour le projet de loi que nous avons devant nous, voici ce
que l'on dit: Le BAEQ recommande la formation de trois districts municipaux
spéciaux dotés d'une structure administrative
particulière. Et là, à la page 172, on donne la
description du territoire pour la municipalité numéro 16,
territoire qui comprend les agglomérations actuelles de
Saint-Pierre-de-la-Malbaie, Barachois, Bridgetown, Val-Espoir, Percé,
Cap-d'Espoir. Je pense que le ministre des Affaires municipales a dû
s'inspirer fortement de cette description qui est exactement celle qui est dans
son projet de loi.
M. DUMONT: Est-ce que le député de Bonaventure et ministre
me permet une autre question?
M. LEVESQUE: Certainement.
M. DUMONT: Dans les descriptions de ces consultations que vous nous
donnez, n'est-ce pas que nous avons vu, de la part du ministre des Affaires
municipales, une condamnation de tous ces offices de consultation,
dernièrement?
M. TESSIER: Ah non, ah non!
M. LEVESQUE: Non. Justement, ce que le ministre des Affaires municipales
a dit, c'est ce que j'ai dit il y a un instant: La population en a eu
suffisamment, de consultation et d'animation. Ce que la population veut, c'est
l'action. C'est exactement ce que le ministre des Affaires municipales a dit et
c'est justement pourquoi le premier ministre a confié d'une façon
particulière cette mission au ministre des Affaires municipales
d'être responsable de l'action de l'ODEQ dans le territoire-pilote.
M. le Président, qu'est-ce qu'on dit particulièrement pour
ce territoire qui est décrit dans ce bill? Cela fait combien de temps,
d'abord? Cela a été étudié de 1962 à 1965 et
mis dans le volume de l'annexe, au volume bleu de 1966; étudié de
nouveau de 1966 à 1968, jusqu'à la date de la signature de
l'entente, et de 1968 à 1970, en attendant l'arrivée d'un
gouvernement d'action. Tout cela, M. le Président...
M. DUMONT: Est-ce que le ministre veut
parler, par un gouvernement d'action, du parc Forillon, territoire
québécois devenu territoire du fédéral?
M. LEVESQUE: Certainement. C'était également dans les
recommandations ah, il me manque un volume, ici il y a encore un
autre beau volume qui recommande l'établissement d'un parc
fédéral à Forillon. C'est justement ce que l'on retrouve
dans l'entente de 1968, signée par MM. Trudeau et Johnson, au mois de
mai, à Rimouski. Le ministre des Affaires municipales était
présent. J'étais présent. C'est une des
réalisations que nous devons encore à un gouvernement d'action
qui a mis en oeuvre une de ces résolutions...
M. GAGNON: Le ministre me permettrait-il une question?
M. LEVESQUE: Vous me permettrez également...
M. GAGNON: Le ministre me permettrait-il simplement une question?
M. LEVESQUE: Oui, certainement. Surtout qu'il s'agit d'un
député très aimable de la Gaspésie, du territoire
pilote. Il me fait bien plaisir d'avoir sa question.
M. GAGNON: Le ministre est charmant, je le remercie. Le ministre se
rappelle-t-il qu'il y a eu un comité de formé, qu'on appelait le
comité des députés concernant l'ODEQ? Tous les
députés et même ceux qui ont fait la consultation croyaient
qu'elle avait manqué son but et qu'elle n'était pas ce qu'elle
aurait dû être. Cela a été reconnu au
comité.
M. LEVESQUE: Ce que les députés du temps ont dit, c'est
exactement ce que j'ai dit tout à l'heure: La consultation ne
débouchait pas sur l'action. C'est là le problème. Que la
consultation ait été faite, que l'animation, encore plus, ait
été faite, je l'ai toujours dit, le député de
Gaspé-Nord l'a toujours dit et le ministre responsable de l'ODEQ,
à ce moment-là, l'a entendu répéter. Nous voulions
passer à l'action et nous disions je n'aime pas
m'éloi-gner du sujet que l'entente de 1968 ne comprenait pas
suffisamment de recommandations du BAEQ. Il y avait eu un choix de fait de ces
recommandations, et seulement une minorité de ces recommandations
faisait l'objet de l'entente de 1968. Je m'éloigne de la motion du
député de Mégantic...
M. MASSE (Montcalm): Est-ce que le ministre pourrait me permettre une
question concernant ce qu'il vient de dire?
M. GAGNON: II n'est pas de la Gaspésie. M. LEVESQUE: Bien,
enfin...
M. MASSE (Montcalm): Est-ce que c'est parce que le Québec n'avait
pas recommandé des solutions à inclure dans l'entente de
coopération, solutions provenant du rapport que vous avez entre les
mains, ou si, au contraire, ce n'est pas parce qu'Ottawa avait refusé
les suggestions, les propositions formulées par le gouvernement de
Québec du temps?
M. LEVESQUE: Disons que, quant à la question de la division du
territoire, quant à la question de la restructuration des
municipalités, nous n'avons pas l'intention d'aller à Ottawa pour
avoir la permission.
M. MASSE (Montcalm): Le ministre ne répond pas à ma
question.
M. LEVESQUE: Peut-être que l'ancien ministre pensait que cela
dépendait du fédéral, mais cela dépend
exclusivement du provincial.
M. MASSE (Montcalm): Le ministre ne répond pas à la
question.
M. LEVESQUE: Les municipalités dépendent du provincial.
Nous pourrions faire un débat contradictoire, mais je suis sûr que
le député de Montcalm...
M. MASSE (Montcalm): C'est embêtant pour vos amis et c'est
embêtant pour vos maîtres.
M. LEVESQUE: ... demanderait grâce, parce qu'il sait fort bien que
le ministre des Affaires municipales est celui qui, réellement, a
donné de la vie à tout ce plan, qui donne de l'action à
tout ce plan, qui donne de la suite à tout ce plan, plan qui sera
apprécié dans sa réalisation, parce que le ministre des
Affaires municipales et le gouvernement actuel veulent réellement de
l'action et des réalisations.
Qu'est-ce que l'on dit dans ce rapport? Après avoir décrit
cette municipalité, qu'on prévoyait déjà en 1965,
je sais que le député de de Mégantic ne savait pas tout
ça.
Je ne le blâme pas, je ne critique pas sa bonne foi. Au contraire,
je sais que devant ces faits il voudra se dissocier de ses amis de l'Union
Nationale et il voudra bien retirer sa motion. Je pense que ses amis de l'Union
Nationale auraient dû le prévenir et je suis sûr que le
député de Mégantic, connaissant son ardeur au travail,
aurait pris connaissance de ces volumes, aurait fait lui-même sa petite
enquête et en serait venu à la conclusion qu'il y avait beaucoup
de consultations, beaucoup d'animation et qu'il était temps de passer
à l'action. C'est pourquoi nous croyons que cette motion ne doit pas
être reçue par la Chambre et qu'elle doit, au contraire, devant
les faits que je continue d'élaborer succinctement, être
retirée par le député de Mégantic.
M. le Président, je dis simplement ceci: Si
nous continuons de lire, je n'ai pas envie de lire tout le volume, mais
on dit ceci: "Dans le troisième cas c'est le troisième
territoire, celui de Percé un développement touristique
particulièrement important est prévu qui nécessite des
investissements gouvernementaux importants et dont l'envergure dépasse
l'échelon local, il s'agit d'un centre touristique provincial." Encore
une raison de plus, et ça fait des années que l'on dit qu'il ne
faudrait pas laisser faire à Percé des choses qui sont de nature
à ne pas favoriser Percé comme centre touristique provincial.
C'est justement l'un des buts de ce projet de loi, de faire réellement
de Percé le pôle touristique de l'Est du Québec, tel qu'il
a été préconisé par le Bureau d'aménagement
de l'Est du Québec. Le ministre actuel veut que ces choses deviennent
une réalité et il est même tard, le bill arrive non pas
trop tôt, non pas à la vapeur, il arrive un peu tard. Parce que si
nous avions eu ce projet de loi plus tôt, vous me permettrez, M. le
Président, de... On va plus loin dans le rapport du bureau
d'aménagement, on parle d'un exécutif composé d'un
fonctionnaire, nommé par le ministère des Affaires municipales
qu'on lise le bill qui serait chargé d'aider le district
à résoudre les multiples problèmes de zones. C'est la
suite normale de toutes les études, de toutes les consultations, de
toute l'animation.
M. le Président, qu'ai-je besoin d'ajouter, pour convaincre le
sympathique député de Mégantic de lui suggérer bien
amicalement de retirer sa motion faite de bonne foi? Mais c'est
l'évidence même que cette motion ne correspond pas aux besoins de
la région. Je sais pourquoi la bonne foi du député de
Mégantic a été surprise. Je ne veux pas accuser nos amis
d'en face, je l'ai peut-être fait en souriant tout à l'heure, mais
je sais qu'il a certainement dû recevoir quelques objections locales, il
peut y en avoir, le député de Mégantic me l'a
laissé entendre qu'il avait reçu quelques protestations. Les plus
petites municipalités qui veulent garder leur autonomie, vous en
trouverez toujours, il n'y aurait pas moyen de passer à l'action s'il
fallait que le progrès soit boudé par l'une ou l'autre de ces
petites municipalités qui aimeraient garder leur autonomie. Mais, M. le
Président, j'admire le courage du ministre des Affaires municipales,
j'admire en particulier le courage du député de Gaspé-Sud
qui, lui aussi, sait que ça ne fait pas complètement l'affaire de
tout le monde, mais pour le bien général, ils ont mis de
côté ce qui pourrait, sur le plan électoral, être
plus ou moins bon, plus ou moins avantageux pour servir réellement les
intérêts supérieurs de la péninsule
gaspésienne.
M. LE PRESIDENT (Leduc): L'honorable député de
Mégantic.
M. DUMONT: Parce que nous voulons, M. le Président, que la
démocratie soit toujours bien vivante et que tous les maires et
conseillers, tant créditistes, de l'Union Nationale ou du parti
libéral soient consultés, nous demandons le vote
enregistré.
UNE VOIX: Qu'on sonne les cloches.
M. LE PRESIDENT (Leduc): Qu'on appelle les députés.
Vote sur la motion d'amendement
M. LE PRESIDENT: A l'ordre! Que ceux qui sont en faveur de la motion de
l'honorable député de Mégantic veuillent bien se
lever.
M. LE SECRETAIRE ADJOINT: MM. Samson, Dumont, Roy (Beauce),
Béland, Drolet, Bois, Roy (Lévis), Brochu, Tétrault,
Audet, Latulippe, Guay, Bertrand, Paul, Vincent, Russell, Lafontaine, Boivin,
Cloutier (Montmagny), Gagnon, Masse (Montcalm), Lavoie, Croisetière,
Gauthier, Simard (Témiscouata).
M. LE PRESIDENT: Que ceux qui sont contre la motion veuillent bien se
lever.
M. LE SECRETAIRE ADJOINT: MM. Bourassa, Levesque, Hardy, Choquette,
Castonguay, Pinard, Garneau, Tessier, Parent, Harvey (Jonquière), Simard
(Richelieu), Quenneville, Tetley, Saint-Pierre, Toupin, Massé
(Arthabaska), Goldbloom, Fournier, Vaillancourt, Mailloux, Cadieux, Arsenault,
Houde (Fabre), Coiteux, Bienvenue, Vézina, Théberge, Perreault,
Brown, Blank, Brisson, Kennedy, Saindon, Picard, Pearson, Leduc, Fraser,
Fortier, Assad, Bacon, Berthiaume, Bossé, Carpentier, Cornellier,
Dionne, Faucher, Giasson, Harvey (Chauveau), Houde (Limoilou), Lafrance,
Lamontagne, Larivière, Marchand, Ostiguy, Pelletier, Pépin,
Phaneuf, Pilote, Shanks, Springate, Veilleux, Laurin, Burns, Léger,
Charron, Tremblay (SainteMarie), Lessard.
M. LE SECRETAIRE: Pour: 25 Yeas: 25 Contre: 67 Nays: 67
M. LE PRESIDENT: La motion est rejetée.
M. TREMBLAY (Chicoutimi): M. le Président, je suis arrivé
en retard et je désire déclarer que si j'avais eu à voter,
malheureusement j'aurais appuyé la motion du député de
Mégantic.
M. LE PRESIDENT: Le député de Gaspé-Nord.
M. GAGNON: M. le Président, un projet de loi portant le
numéro 66 est devant cette Chambre, créant une ville qui
embrigade les municipalités de Percé, Barachois, Bridgeville
et
Cap-d'Espoir, soit un territoire d'une profondeur d'environ 10 milles et
d'une longueur d'environ 30 milles avec une population d'environ 7,000
habitants qui est assez éparpillée et qu'on oblige, par une loi
de la Législature, à bénéficier d'un statut de
ville, sans pour autant connaître l'opinion des principaux
intéressés, c'est-à-dire des maires, des conseillers de la
région, des corps intermédiaires ou de tout autre organisme
valable et qui aimerait faire connaître son point de vue dans le meilleur
intérêt de la population du territoire.
Le ministre, lorsqu'il a fait un exposé très, très
court du projet de loi, a parlé des obligations des
municipalités. Il n'en a énuméré que deux, mais
tout de même, il a mentionné qu'on avait beaucoup plus de
pouvoirs, de responsabilités en vertu de la Loi des cités et
villes. Or, nous sommes dans un territoire où l'économie est
très marginale, surtout si l'on considère que la ville de
Percé, l'été dernier, a connu une baisse
considérable du tourisme, à la suite des événements
que l'on a connus, ce qui a affecté considérablement le budget
municipal.
Ce projet de loi prévoit que ces quatre municipalités
obtiendront un statut de ville. Je donne l'exemple de la région de
Québec, où il y a des municipalités telles que Sillery,
Sainte-Foy, la ville de Québec, Charlesbourg qui font une immense
agglomération de plus de 300,000 âmes et qui comprennent quatre ou
cinq villes qui ne possèdent pas encore un statut qui pourrait les unir
et qui pourtant possèdent les mêmes services d'aqueduc et
d'égout, les mêmes services de pompiers, les mêmes services
de police, possèdent les mêmes services de déneigement, et
le gouvernement ne présente pas de projet de loi pour les unir en une
même ville. On connaît la même chose à Montréal
où, si on parcourt un territoire aussi vaste que celui que le projet de
loi 66 va ériger en ville, on va englober trois millions d'habitants qui
possèdent tous les services que je viens d'énumérer. Or,
ces services que je viens d'énumérer sont très marginaux
dans le territoire qui sera érigé en ville et qui va englober
quatre municipalités.
C'est dire que 6,000 ou 7,000 habitants seront repartis dans une ville
s'étendant sur une longueur de 30 milles.
Ce sera la première fois dans l'histoire du Québec qu'une
ville avec une population dispersée sur un territoire aussi vaste
elle possédera le statut de ville, suivant les dires du ministre
pourra avoir un plan directeur d'urbanisme. Dans un territoire comme
celui-là, un plan directeur d'urbanisme, fait avec toutes les
économies possibles, pourrait demander une dépense de $40,000
à $50,000. Le plan de zonage de ce territoire de 30 milles sur une
profondeur de 7 à 10 milles demandera un déboursé minimum
de $12,000 à $15,000.
J'énumère deux éléments qui sont importants,
mais d'autres viendront s'y ajouter auxquels devra faire face cette ville de
7,000 habitants dispersés dans un territoire très vaste, avec une
économie qui est environ 30 p. c. de ce qu'est l'économie de
Montréal.
Si le ministre tient tellement à l'adoption d'un tel projet de
loi, je verrais bien qu'ici, en cette Chambre, il puisse lire des documents qui
engagent le ministère des Affaires municipales ou l'ODEQ à donner
à cette future ville des subventions très substantielles qui lui
permettraient de faire face aux obligations qui seront nécessairement
créées par ce projet de loi no 66.
Je verrais bien que le ministre s'engage envers toute la population et
qu'il aille dans le territoire. Ce serait une innovation merveilleuse. Qu'il
aille dans le territoire avec des documents officiels disant à la
population: Nous nous engageons à vous verser 80 p. c. ou 90 p. c. d'un
plan directeur d'urbanisme qui sera préparé pour ce territoire.
Je verrais bien que le ministre aille dans cette région dire à
toute la population, à tous les corps publics et à tous les corps
intermédiaires: Le ministère des Affaires municipales ou l'ODEQ
s'engagent à donner 80 p. c. ou 90 p. c. du coût du
règlement de zonage qui sera préparé pour cet immense
territoire.
Je verrais bien que le ministre des Affaires municipales
là, il peut le faire personnellement, en tant que ministre dise
à la population que, si des services d'aqueduc et d'égout sont
exécutés là où la nécessité s'en fait
sentir, son ministère s'engage, par un document officiel, à payer
80 p. c. à 90 p. c. de leur coût de construction. Je verrais bien
ça, c'est important que le ministère des Affaires
municipales s'engage envers la population, envers cette ville à
participer également à l'entretien d'un corps de police qui, on
le sait, l'année dernière, en a eu besoin, mais cela lui a
été refusé. J'ai su de source officielle que, dans
Percé, pendant environ deux mois, ç'a été une
pagaille. Alors le ministre pourrait s'engager à participer au
coût d'entretien d'un corps de police.
Il pourrait également s'engager à participer au coût
d'entretien d'un service d'incendie qui sera réparti sur un territoire
de 30 milles avec un hiver qui dure de six à sept mois, dans des
conditions de route très difficiles. Si le ministre a visité le
territoire, il a dû s'apercevoir que les routes sont en retard de
quelques années. Cela crée des difficultés de transport et
de déplacement durant la période hivernale, qui sont de nature
à causer des préjudices à toute une population.
Or, tout ça demande des déboursés, tout ça
demande des frais supplémentaires aux administrés, parce que ce
sont eux qui vont payer la facture. Ce sont eux qui vont faire face à
l'augmentation effarante des taxes. Que le ministre s'engage à leur
venir en aide de façon à créer un taux de taxes qui
pourrait être acceptable pour tout ce territoire, conformément
à l'économie de la région.
Si le ministre était capable de s'engager de cette façon
envers la population qui est économiquement très
défavorisée. Je dis que le ministre a raison de vouloir
présenter ce projet de loi, parce qu'il donne des garanties à
toute une population, aux corps publics actuels, aux corps
intermédiaires, à tous ceux qui ont à coeur le
développement du territoire. Il s'engage, dis-je, à lui procurer
les sommes nécessaires pour empêcher que les contribuables soient
alourdis par les taxes et qu'on voie, comme on le voit actuellement, des ventes
en série, des ventes en liste au conseil de comté, de gens qui
possèdent des propriétés qui ne sont tout de même
pas des châteaux en Espagne.
Le leader de la Chambre nous a parlé de la consultation. La
consultation, les organismes qui l'ont faite ont admis qu'ils n'avaient pas
reçu la collaboration qu'ils attendaient recevoir de la population. A ce
moment-là, la consultation valait ce qu'elle valait. On ne pouvait pas,
dans un projet de loi comme celui-ci se baser sur elle pour pouvoir
créer un territoire municipal aussi immense.
D est bon que le ministre soit informé de toutes ces choses,
parce que j'ai la conviction morale que, d'ici peu de temps, il verra des
problèmes surgir sur son bureau. Il verra les problèmes
créés dans tout ce territoire par un projet de loi qui aura
été mal préparé, parce qu'on n'aura pas voulu
consulter la population et les personnes intéressées. De ce fait,
on créera une ambiguïté extraordinaire. Il aurait
peut-être fallu que, dans ce territoire, il commence par une
communauté municipale qui n'aurait pas enlevé tous les pouvoirs
aux conseils municipaux, mais qui aurait permis de voir venir tous les
obstacles et toutes les difficultés que de semblables chambardements
sont susceptibles de créer. Il a préféré passer par
un projet de loi qui est unique dans les annales du Québec, pour un
territoire rural. Tout de même, je fais encore appel au ministre pour
qu'il puisse réviser sa position de façon à entendre tous
les intéressés du territoire.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de
Lafontaine.
M. LEGER: M. le Président, ce projet de loi demande la fusion de
cinq municipalités en une nouvelle ville. Nous ne pouvons être que
d'accord sur l'application de cette loi, puisque, dans une des sections les
plus importantes du programme de notre parti, nous voulons que ces
regroupements soient faits avec célérité, en autant que
ces regroupements de collectivités locales soient faits dans des
entités administratives aptes à résoudre efficacement,
démocratiquement et le plus économiquement possible les
problèmes de nature locale dont elles ont la responsabilité.
On parle d'efficacité; le gouvernement qui est en face de nous
s'est vanté de l'efficacité de son travail. De notre
côté, nous nous apercevions que c'était un des projets de
loi qui pouvaient montrer un commencement d'efficacité; nous
étions tellement peu souvent en face de cette attitude que nous n'avons
pu faire autrement que voter contre l'amendement en appuyant le bill du
gouvernement.
D'un autre côté, je dois admettre que certains arguments
apportés par les membres des partis d'Opposition ne nous ont pas
laissés indifférents, entre autres ceux concernant le fameux
livre blanc dont le ministre des Affaires municipales nous parle depuis quelque
temps. Mais, il est sûr que, même si ce livre blanc est absolument
essentiel pour déceler le principe de base ou la philosophie qu'il
entend prôner dans le regroupement des municipalités dans toute la
province de Québec, il ne faut pas, parce que ce livre blanc n'est pas
encore présenté, que l'on retarde l'adoption de lois qui
pourraient amener un commencement de solution dans ce domaine.
On lui présume un minimum de connaissances provenant de
renseignements que nous trouverons bientôt dans son livre blanc, pour
qu'il puisse passer à travers les premières fusions.
D'un autre côté, nous ne croyons pas qu'il devrait retarder
la présentation de ce livre et que nous soyons obligés, à
la suite de plusieurs fusions, de plusieurs cas particuliers à travers
la province, de conclure qu'à la suite de toutes ces fusions se
détache, se décèle un semblant de principe qui pourrait
être le sens conducteur de toutes ces activités au niveau du
regroupement.
D'un autre côté, nous ne croyons pas non plus que, si on
lui avait accordé trois mois additionnels pour consulter la population,
le gouvernement, d'après son attitude devant le CRD et l'attitude de
certains fonctionnaires de son ministère qui étaient allés
voir des représentants de municipalités en leur disant: Si vous
ne vous organisez pas, nous vous organiserons, nous ne croyons pas tellement
que ces trois mois auraient amené la consultation, la participation ou
l'animation nécessaires pour faire avancer les projets davantage. Nous
souhaitons cependant que le gouvernement ne craindra pas, lors de la fusion et
du regroupement de ces municipalités, de tenir compte d'abord et avant
tout de l'aspect humain du problème, de bien vouloir
démocratiquement discuter avec ces municipalités alors que se
prépareront les futurs règlements dans ce domaine.
Je termine en disant qu'il est malheureux de remarquer que, trop
souvent, les interventions, les discours je ne dis pas tous, je dis
certains qui pourraient être faits en cinq minutes, prennent une
demi-heure du temps de la Chambre, alors qu'on a très bien compris dans
les cinq premières minutes.
C'est la raison pour laquelle je termine mon intervention en disant que
nous voterons pour le projet de loi en deuxième lecture.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de
Gaspé-Sud.
M. FORTIER: Tel que je l'ai mentionné, j'approuve le principe du
bill, étant député de Gaspé-Sud et principalement
intéressé à la ville de Percé et au bill 66. Je
dois donner certaines informations à la Chambre: Percé est le
centre de ces municipalités de Barachois, de Cap-d'Espoir, de
Bridgeville. C'est le centre de l'industrie touristique. C'est également
le centre où il y a un palais de justice. Tout rayonne autour de la
ville de Percé.
Je vais donner des chiffres et je vais démontrer que c'est une
chose absolument nécessaire que de faire une fusion et de constituer
ainsi la ville de Percé. Prenez, par exemple, à Barachois; il y a
568 de population; à Saint-Pierre-de-la-Malbaie: 1,019; à
Bridgeville: 1,018; à Percé: 1,169; à Cap-d'Espoir: 1,600.
Cela donnera à la ville de Percé une population de 5,374, ce qui
lui permettra d'administrer le territoire avec un organisme administratif dans
lequel seront représentées toutes les municipalités
concernées.
Je voudrais revenir à un débat qu'il y a
déjà eu ici, en Chambre. On a expliqué qu'il est
impossible d'obtenir l'efficacité administrative lorsqu'une
municipalité trop petite ne peut, par exemple, encaisser des revenus
suffisants pour avoir un service soit de police ou encore un service de
pompiers, ainsi que des services administratifs inhérents à une
municipalité moderne.
A Percé et aux alentours, nous savons, depuis deux ans, les
problèmes qui existent. Comme je l'ai mentionné
dernièrement, il serait excessivement important d'avoir un
système de police amélioré afin d'éviter les
problèmes qui se sont produits dans la ville de Percé ainsi
qu'aux alentours. Je crois que le ministre des Affaires municipales, et
également, le ministre de la Justice sont conscients des
problèmes et que, par l'organisation d'une ville comme Percé, il
sera possible d'établir un système de police adéquat afin
d'éviter ces problèmes, et aussi de permettre à notre
jeunesse... parce que nous sommes intéressés à ce que des
jeunes viennent visiter la Gaspésie.
Nous sommes intéressés à les voir chez nous. Ce
bill no 66 va donc permettre d'établir une ville où il y aura des
services de police, des services de pompiers. Par la suite, les autres services
s'installeront et permettront ainsi à ces municipalités de donner
à leurs citoyens les avantages auxquels ils ont droit, comme citoyens de
la province de Québec.
M. LE PRESIDENT: (Hardy): L'honorable ministre des Affaires
municipales.
M. TESSIER: M. le Président, je voudrais, en quelques mots,
donner aux députés de cette Chambre, l'assurance que la nouvelle
ville de Percé recevra sûrement un traitement
privilégié de la part du gouvernement, de la part, en
particulier, du ministère des Affaires municipales et de l'ODEQ. En
effet, Percé est un centre touristique prioritaire. De ce fait,
Percé bénéficiera non seulement de l'entente actuelle
Canada-Québec, mais surtout de la nouvelle entente que je suis
présentement à négocier avec mon homologue du gouvernement
fédéral et dont j'espère la signature au cours des
prochaines semaines.
Je voudrais d'abord préciser que si l'on se réfère
à l'article 18 du présent projet de loi, l'on constatera que le
ministre des Affaires municipales doit préparer, avant le 31
décembre 1971, un plan indiquant les affectations du sol du territoire
de la ville. C'est déjà, je crois, un premier pas très
important qui coûtera évidemment plusieurs milliers de dollars,
parce qu'il faudra d'abord examiner la nature du sol, et il faudra ensuite
préparer un schéma d'aménagement du territoire de la
nouvelle ville. Ceci, est comme préliminaire à la
préparation d'un plan directeur d'urbanisme et de ce qui s'ensuit,
règlement de zonage, etc.
Or, dès le départ, dès les prochaines semaines, la
nouvelle ville recevra là une aide substantielle de la part du
présent gouvernement. De plus, dans le budget de l'ODEQ, il est
prévu des sommes également très substantielles en
subventions pour des infrastructures dans la nouvelle ville de Percé,
comme égouts et aqueducs, pavage, trottoirs et autres infrastructures.
Il y a également, je l'ai mentionné tout à l'heure
la construction d'habitations à loyer modique. C'est une chose
très importante et qui s'impose dans ce centre touristique. Il ne
faudrait pas oublier également qu'il sera dépensé
plusieurs millions de dollars en voirie dans la nouvelle ville. Sur ce point,
je tiens à faire remarquer qu'il y aura, en vertu de l'entente
Canada-Québec, participation du gouvernement fédéral dans
une proportion de 75 p. c. , en ce qui concerne ces travaux de voirie. De plus,
la nouvelle ville de Percé, je l'ai annoncé il y a deux semaines
je crois, aura toutes les sommes d'argent nécessaires pour la
construction d'une piscine et pour aménager les terrains de camping qui
seront nécessaires.
Quant aux services municipaux, comme le service de police, protection
contre l'incendie et autres, il est évident qu'à ce sujet la
nouvelle ville de Percé pourra compter non seulement sur l'aide
financière et technique de la part du ministère des Affaires
municipales mais également de l'ODEQ.
En somme, c'est une ville qui aura un statut quelque peu
privilégié parce qu'elle a déjà été
désignée comme centre touristique prioritaire et afin de pouvoir
réaliser toutes ces choses, je crois que le premier pas qu'il y a
à faire c'est précisément de regrouper un certain nombre
de petites municipalités qui sont dépourvues de la structure
nécessaire pour former une ville qui pourra se développer,
s'épanouir, devenir réelle-
ment un centre d'attraits touristiques pour le plus grand avantage de la
population de cette nouvelle ville.
M. LE PRESIDENT (Hardy): La motion de deuxième lecture
sera-t-elle adoptée?
M. BERTRAND: Même vote. M. DUMONT: Même vote.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Alors, de consentement unanime, même vote
enregistré que sur la motion du député de
Mégantic.
M. LE SECRETAIRE ADJOINT: Deuxième lecture de ce bill. Second
reading of this bill.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable ministre des Affaires municipales
propose maintenant...
M. LEGER: En deuxième lecture, nous avons voté contre
l'amendement mais nous sommes pour la deuxième lecture.
M. LE PRESIDENT (Hardy): C'est ça.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable ministre des Affaires municipales
propose maintenant que je quitte le fauteuil et que la Chambre se forme en
comité plénier.
Cette motion sera-t-elle adoptée?
Adopté.
Comité plénier
M. TESSIER: M. le Président, avant que nous passions à
l'étude de l'article 1, je voudrais signaler qu'il s'est glissé
une erreur dans la rédaction du projet de loi que vous avez devant vous
en ce sens que les article 15 et 24 doivent être biffés, et voici
les explications. C'est que les deux bills, le no 66 et le suivant no 67, qui
ont la même forme, le même objet, les mêmes faits...
M. BERTRAND: Le même statut privilégié.
M. TESSIER: ... le même statut, ont été
imprimés ensemble et ces articles, on les retrouve dans le bill 67. Ils
doivent y demeurer en ce qui concerne Gaspé parce que ce sont des
articles qui se rapportent au bill 29 du Parc Forillon qui a été
sanctionné le 17 juillet dernier et par erreur ils ont été
inclus dans le bill 66. Ils sont par conséquent inutiles.
M. RUSSELL: Les articles 15 et 24?
M. TESSIER: Les articles 15 et 24.
M. BERTRAND: Sont amendés.
M. TESSIER: Sont biffés. Par conséquent, il faudrait
renuméroter les autres articles, à partir de l'article 16.
M. PAUL: M. le Président, sur cette déclaration, le
ministre pourrait-il nous dire quel sera le statut légal des
contribuables affectés par cette loi au niveau scolaire?
M. TESSIER: Vous voulez savoir quel sera le statut légal...
M. BERTRAND: Au niveau scolaire. M. TESSIER: ... au niveau scolaire? M.
PAUL: Oui.
M. TESSIER: II n'y a aucun changement en ce qui concerne la question
scolaire.
M. BERTRAND: D'après l'article 23, vous pouvez constituer de
nouvelle municipalités scolaires.
M. LE PRESIDENT (Hardy): A l'ordre! Je me demande s'il ne serait pas
préférable que nous procédions selon l'ordre habituel et
que nous commencions par l'article 1.
M. BERTRAND: C'est le ministre qui nous a tous
dérangés.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 1, adopté?
M. MASSE (Montcalm): L'article 1 prévoit que les habitants et les
contribuables du territoire décrit à l'annexe A, donc l'article 1
est l'approbation de l'annexe A, si nous lisons l'annexe A, je n'ai pas
l'intention de la lire au complet nous constatons quand même que
le ministre impose la création d'une ville à un certain nombre de
municipalités déjà existantes.
Il fait certainement cela pour une raison et selon un plan, qu'il a dans
sa tête ou dans ses livres, selon un besoin ou selon une justification.
Peut-il, puisqu'il demande aux parlementaires de lui donner leur approbation,
nous expliquer pourquoi ce sont les municipalités de Barachois, de
Bridgeville, de Cap-d'Espoir, de Percé et de
Saint-Pierre-de-la-Malbaie...
M. TESSIER: Je crois que le leader de la Chambre...
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, est-ce que le ministre peut
me laisser terminer?
M. TESSIER: ... a donné ces explications tout à
l'heure.
M. MASSE (Montcalm): Est-ce que le président est sourd d'une
oreille et n'entend pas de l'autre? N'a-t-il pas vu le ministre, alors
qu'un
autre député avait la parole, se lever et, de façon
impolie et à l'encontre du règlement, sans même faire appel
au règlement, tenter de s'imposer dans un débat? Il
répondra en temps et lieu. Pendant ce temps-là, qu'il
prépare sa réponse.
M. LEVESQUE: On se souviendra de ce que vient de dire le
député de Montcalm lorsqu'il perdra son temps.
M. MASSE (Montcalm): Je ne pense pas que les menaces de chantage du
leader parlementaire empêcheront les parlementaires de respecter le
règlement. Ce que je demande aux gens des banquettes
ministérielles, c'est de respecter le règlement, c'est tout. Ce
que je demande au ministre, c'est de nous expliquer pourquoi, dans l'article 1
de son projet de loi, ce sont telles ou telles municipalités qui seront
englobées dans la charte de la ville de Percé plutôt que
telles ou telles autres, et pourquoi certaines municipalités y sont et
que d'autres n'y sont pas? Ce n'est pas arrivé comme cela un matin sur
la table; il y a une raison.
M. LEVESQUE: C'est l'ancien ministre responsable de l'ODEQ qui pose la
question? Il avait, dans son bureau, le plan d'aménagement de l'Est du
Québec, la carte et exactement les mêmes territoires qui sont
inclus dans le projet de loi. Voyons!
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, je pourrais rappeler le
leader parlementaire à l'ordre...
M. LE PRESIDENT (Hardy): II a le droit de répondre.
M. MASSE (Montcalm): ... parce qu'il s'immisce dans le débat. Par
contre, il sait fort bien que le responsable de l'ODEQ a eu des documents qui
pouvaient mener à ce type ou à un autre type de loi. Puisque le
gouvernement a décidé de présenter ce projet de loi
plutôt qu'un autre, c'est que le gouvernement a dû statuer, avec
des raisons, sur certaines orientations. Or, ce que l'on demande au ministre
et je ne crois pas que ce soit là faire perdre le temps de la
Chambre, selon l'expression qu'emploie toujours le gouvernement, quel qu'il
soit, de l'autre côté de la Chambre, et il n'y a rien
là-dedans d'extraordinaire, d'impoli ou d'illégal c'est de
bien vouloir condescendre à nous expliquer pourquoi ce sont ces
municipalités-là plutôt que d'autres.
M. PAUL: M. le Président, pour soutenir la logique de
l'argumentation du député de Montcalm, je dois vous dire que nous
sommes inquiets, de ce côté-ci, à la suite des nombreuses
déclarations qu'a pu faire le ministre des Affaires municipales. Nous
voulons savoir l'animus, le pourquoi de la forme ou de la teneur de cette loi,
quels sont les territoires qui seront affectés, et pourquoi...
M. TESSIER: J'ai très bien compris ce que le député
a dit.
M. PAUL: ... tel territoire est désigné? Quand le leader
parlementaire se réfère à l'efficacité de l'ancien
ministre responsable de l'ODEQ...
M. TESSIER: Vous voulez dire l'inefficacité.
M. PAUL: ... la main droite est obligée d'ignorer ce que donne la
main gauche.
M. BERTRAND: M. le Président, il y a une remarque que je voudrais
faire. Le député de Mégantic, dernièrement, je
pense, parlait, lors de la présentation des lois, de fournir des
renseignements aux députés. Voilà une loi qui concerne un
territoire assez grand, et on n'a même pas de carte, premièrement.
Deuxièmement, au sujet des villes qui sont fusionnées, on n'a
aucun chiffre de population. Troisièmement, on n'a absolument aucun
renseignement sur le budget de ces municipalités, sur le taux de la
taxe, sur les services qui existent. Et c'est là que je rejoins les
propos tenus tantôt par mon collègue, le député de
Gaspé-Nord, qui disait: Si, dans ce projet de loi, il y avait des
articles pour établir, par exemple, que pour les municipalités
strictement rurales, le taux de la taxe sera maintenu pendant cinq ans à
tel taux et que le gouvernement subviendra aux besoins, assumera des
dépenses... Qu'est-ce qu'on fait quand il s'agit des grandes villes,
comme la Communauté urbaine de Montréal? L'an dernier, combien de
millions le gouvernement du Québec a-t-il consentis à la
Communauté urbaine de Montréal?
Combien de millions à la Communauté urbaine de
Québec? Combien de millions à la Communauté
régionale de l'Outaouais? Ici, parce qu'on a affaire à des gens
qui ne peuvent pas protester avec autant de facilité que peuvent le
faire des grands conseils de ville municipaux, on s'en remet à qui? A
l'autorité paternelle du ministre des Affaires municipales, qui, lui,
nous dit: Mes chers amis de Barachois, de Bridgeville, de Cap-d'Espoir, de
Percé et de Saint-Pierre-de-la-Malbaie, nous allons nous occuper de
vous. Vous allez retirer des montants de l'ODEQ.
Sans doute, comme je vous l'ai dit, vous aurez une piscine; ça va
être réalisé. Peut-être pas durant l'hiver, comme on
l'a dit; ça serait plutôt le temps de faire une patinoire.
Egalement, pour toute l'infrastructure, le gouvernement va signer une entente
avec le gouvernement canadien et puis nous allons y voir. Ces gens-là
ont été tellement déçus et si souvent! Il faut
avoir parcouru ces régions, avoir tâté le pouls de la
population pour s'en rendre compte.
Si on avait mis, dans le projet de loi, des
garanties de ce côté-là, nous aurions
été beaucoup plus plus à même, tantôt, de
donner un vote. Nous avons voté contre parce qu'il n'y a aucune de ces
garanties pour l'avenir. Je ne suis pas contre le principe des fusions. Je sais
qu'il y a, dans certains coins, un chauvinisme maladif. Encore faut-il donner
à ces gens des garanties non seulement verbales, mais écrites.
Or, pour revenir aux propos que je tenais au début, il est très
important qu'à l'occasion d'un projet de loi comme celui-là le
ministre, qui a de l'aide autour de lui il a un bon personnel, je pense,
comme tous les ministres en ont et comme nous en avions puisse
présenter un dossier qui fournit une documentation de premier ordre et
qui répond d'une manière très objective et très
sûre à des demandes de renseignements, que nous pouvons
formuler.
M. TESSIER: M. le Président, je réfère mes
collègues d'en face, d'abord, au plan d'aménagement du BAEQ. Ce
plan d'aménagement, l'Union Nationale, alors qu'elle était au
pouvoir, a dû l'étudier. Je doute, tout de même, que le
ministre, qui était alors responsable de l'ODEQ, l'ait fait. Je crois
plutôt qu'il a fait fi de ce plan et qu'il ne s'en est jamais
préoccupé. La preuve de ceci, c'est qu'il n'y a rien eu de fait
dans le territoire. Comme le leader ministériel l'a si bien
mentionné tout à l'heure, dans son intervention, tout ça a
été étudié pendant des années. Il y a eu des
recommandations. Or, l'on sait que toutes les recommandations du plan du BAEQ,
l'Union Nationale ne s'en est jamais occupé. Nous nous en occupons,
c'est là la différence. Si vous voulez savoir pourquoi nous avons
choisi ces municipalités particulières, c'est
précisément parce que des douzaines de personnes engagées
par le gouvernement qui ont travaillé à l'ODEQ, qui sont
allées sur les lieux, qui ont fait de la consultation, de l'animation,
qui ont rencontré la population, les chambres de commerce et les corps
intermédiaires, en sont arrivées à faire des
recommandations précises quant au regroupement municipal de la ville de
Percé. Nous avons donc suivi...
M. MASSE (Montcalm): L'ODEQ, ce n'est pas le BAEQ. Le ministre
mêle tout. Il les a peut-être lues, mais il n'a rien compris.
M. TESSIER: ... ces recommandations. Le projet de loi qui est
présentement devant la Chambre veut précisément donner
suite à ces recommandations.
Quant aux détails, eh bien, voilà: Bara-chois: population:
568; superficie totale: 11,800 acres; évaluation totale: $688,506.
M. BERTRAND: Le taux de la taxe.
M. TESSIER: Evaluation imposable: $339,000... Je vous en donnerai plus
que vous en voulez.
M. BERTRAND: Non, lorsque nous demandons des renseignements, nous ne
faisons jamais au ministre le reproche de nous les donner de la manière
la plus complète.
M. PAUL: Surtout lorsque ce n'est pas vous qui les avez
préparés, ils sont bons.
M. MASSE (Montcalm): Si, au moins, il peut les lire comme il faut. Nous
ne vous demandons pas de les comprendre, mais de les lire.
M. TESSIER: Nombre de propriétés: 158. Il n'y a aucune
dette au point de vue financier. Il n'y a aucune dette obligataire. Il n'y a
aucune dette quelconque.
M. MASSE (Montcalm): En plus de ne pas comprendre, il ne sait plus
lire.
M. TESSIER: II n'y a aucune dette quelconque dans cette
municpalité.
M. BERTRAND: Cela est très bien; tant mieux s'il n'y en a pas.
Nous ne sommes pas pour nous plaindre s'il n'y a pas de dette.
M. TESSIER: Saint-Pierre-de-la-Malbaie...
M. MASSE (Montcalm): Cela prendra moins de temps pour...
M. BERTRAND: Le taux de la taxe, je l'ai demandé au ministre.
M. TESSIER: Je ne l'ai pas.
M. BERTRAND: II me fait le reproche de lui demander des renseignements
et il me dit: Je vous en donnerai plus que vous en voulez. Mais, il ne
répond même pas à ma demande.
M. MASSE (Montcalm): II n'avait même pas lu le document qu'il a
dans les mains. C'est incroyable!
M. TESSIER: Le document que j'ai dans les mains...
M. BERTRAND: II ne faut pas blâmer la population de ne pas avoir
compris.
M. TESSIER: M. le Président, il ne mentionne pas malheureusement
le taux de la taxe.
M. MASSE (Montcalm): Je vois pourquoi les gens de la Gaspésie ne
comprennent pas le ministre. Nous-mêmes, nous avons de la
difficulté à le comprendre.
M. TESSIER: Je pense que les gens de la Gaspésie sont bien plus
heureux d'avoir le présent ministre que l'ancien, le
député de Montcalm.
M. BERTRAND: Si le ministre veut dire... M. TESSIER: Et les
Gaspésiens...
M. BERTRAND: ... qu'ils sont heureux d'avoir le député de
Gaspé-Sud, peut-être.
M. TESSIER: Et les Gaspésiens se rendent compte que le
député de Montcalm s'est toujours moqué d'eux.
M. BERTRAND: Ah, non! cela n'est pas juste.
M. TESSIER: Bien oui. M. LAFRANCE: C'est vrai.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, j'invoque une question de
privilège. Je pense que le ministre,...
UNE VOIX: Nous sommes en comité.
M. MASSE (Montcalm): ... pour le moins, exagère. Il s'avance sur
un terrain fort glissant. Comme certains députés le laissent
entendre en Chambre, il veut avoir ses dix-neuvième, vingtième
applaudissements sur ce même thème qu'il a inventé depuis
quelques semaines: la Gaspésie.
Certes, il peut arriver qu'actuellement certaines personnes en
Gaspésie se croient encore dans un certain bonheur, mais ils ne
connaissent pas comme nous le connaissons le député de Rimouski.
Ils le connaîtront bientôt. Ils verront la différence qui
existe entre ses paroles, ses pensées, ses actions,
l'interprétation qu'il faut en donner, ses omissions, et tout.
M. le Président, je ne pense pas que, de toute façon, cela
fasse partie du débat. Si le président laisse aller le ministre
dans un champ aussi vaste, il peut fort bien arriver qu'on discute de beaucoup
de choses en dehors du projet de loi.
M. LEVESQUE: On remarquera que le député de Montcalm a
soulevé une question de privilège en comité.
M. PAUL: Une question de règlement.
M. LEVESQUE: Oh, mais ce n'est certainement pas le règlement qui
a été enfreint d'après ce que j'ai entendu...
M. PAUL: En vertu de l'article 271.
M. LEVESQUE: ... des propos du député.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, je pense que le
règlement, pour le moins, dit de discuter de l'objet de la loi.
Etes-vous d'accord? Alors, informez-en donc votre ministre!
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 1. Adopté?
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, nous n'avons pas eu de
réponse à la question que nous avons posée.
M. PAUL: Est-ce que le ministre pourrait nous dire pourquoi il veut
appliquer les dispositions de la Loi des cités et villes plutôt
que les dispositions du code municipal, dans ce territoire?
M. TESSIER: C'est que la Loi des cités et villes accorde des
pouvoirs plus étendus que le code municipal. Je pourrais ajouter comme
seconde raison, que tout de même la nouvelle ville aura une population de
6,000 habitants.
M. BERTRAND: De 5,900.
M. TESSIER: De 5,227.
M. BERTRAND: Cela a diminué.
M. TESSIER: Je crois que cela s'impose. De plus, je pourrais ajouter
comme troisième raison que c'est la population elle-même qui
désire avoir une charte de ville.
M. PAUL: Comme le ministre s'est-il informé du désir de la
population? Est-ce qu'il y a eu un référendum?
M. TESSIER: Bien, il y a eu...
M. PAUL: Un instant. Si vous me le permettez, M. le ministre, je
compléterai ma question, et alors vous pourrez peut-être me donner
un semblant de réponse. Est-ce que le ministre peut nous dire quel a
été le mécanisme de consultation, pour être en
mesure de nous annoncer que c'est la population qui désire être
régie par la Loi des cités et villes plutôt qu'en vertu du
code municipal?
Est-ce que c'est par voie de résolution exprimée,
adoptée par les membres des différents conseils municipaux?
Est-ce que c'est par la voie de corps intermédiaires comme la Chambre de
commerce, le Rotary ou autres associations semblables?
M. TESSIER: C'est, M. le Président, à la suite de
multipels consultations...
M. PAUL: A quel niveau?
M. TESSIER: ... au niveau des conseils municipaux et au niveau
même de la population. Il y a eu, et je le répète, depuis
des années, avec le BAEQ, avec le CRD, avec l'ODEQ, avec les officiers
du ministère des Affaires municipales, des rencontres multiples de la
population. La
population a été convoquée dans les salles
paroissiales. Il y a eu des échanges, il y a eu dialogue entre la
population et les fonctionnaires. Il y a eu des rencontres avec les corps
intermédiaires et les conseils municipaux. En somme, c'est le
résumé de tout ça, le consensus, c'est le résultat
de tout ça que nous mettons dans ce texte de loi.
M. RUSSELL: M. le Président, la question était très
simple: Pourquoi la loi des cités et villes plutôt que le code
municipal? A l'occasion de ces consultations-là, c'est évident
que la population pas les gens individuellement a choisi la Loi
des cités et villes plutôt que le code municipal.
M. TESSIER : Non, c'est parce...
M. RUSSELL: Elle a peut-être exprimé un désir de
regroupement mais pas le choix entre les deux. Pourquoi la Loi des cités
et villes plutôt que le code municipal?
M. TESSIER: C'est bien simple. Le code municipal s'applique aux
municipalités rurales ou aux villages; alors que les gens de la
région, des territoires concernés, veulent avoir le statut de
ville pour pouvoir bénéficier de pouvoirs accrus. On sait tout de
même que la Loi des cités et villes accorde plus de pouvoirs aux
municipalités qui sont régies par elle que le code municipal. Il
s'agit, par conséquent, dans le cas de cette nouvelle ville, de donner
des structures qu'on ne pourrait pas lui donner dans le cas de
municipalités régies en vertu du code municipal. En somme, ce que
la population veut, c'est d'avoir les mêmes structures qu'une ville
moyenne. C'est donc pourquoi, à la suite de consultations, comme je l'ai
mentionné, la population a manifesté le désir d'avoir le
statut de ville.
M. PAUL: Est-ce que la population a été informée
quant aux inconvénients qui peuvent résulter de l'application de
la Loi des cités et villes, à comparer aux avantages du code
municipal quant à l'évaluation des terres en culture, par
exemple?
M. TESSIER: Avez-vous parlé des taxes?
M.PAUL: Je n'ai pas parlé de taxes, j'ai parlé
d'évaluation.
M. TESSIER: D'évaluation. M.PAUL: Oui.
M. TESSIER: De l'évaluation des terres en culture?
M. PAUL: Oui.
M. TESSIER: Vous demandez si la population a été
informée?
M. PAUL: M. le Président, j'ai demandé au ministre si la
population avait été informée des inconvénients que
présente l'application de la Loi des cités et villes par rapport
aux avantages qu'offre le code municipal à l'occasion de
l'évaluation des terres en culture.
M. TESSIER: Que la municipalité ait le statut de ville ou de
municipalité rurale, qu'elle soit régie par la Loi des
cités et villes ou par le code municipal, en ce qui concerne
l'évaluation des terres en culture, ce sera exactement la même
évaluation, en vertu de la nouvelle loi de l'évaluation
municipale. Comme je l'ai déclaré il y a quelques jours en cette
Chambre, le texte de cette loi est prêt, est rédigé, et
j'étais même prêt à la déposer à cette
session-ci. Malheureusement, le temps nous en empêche, mais ce sera
sûrement une des premières lois de la prochaine session. Elle fait
partie de la législation actuelle du gouvernement. On a dû la
biffer parce qu'on n'aurait pas eu le temps de l'adopter à cette
session-ci. Mais, ce sera certainement une des premières lois qui serait
déposées au tout début de la nouvelle session.
Cette nouvelle loi de l'évaluation municipale aura des
dispositions uniformes en ce qui concerne l'évaluation des terres en
culture et rendra d'ailleurs obligatoires des normes d'évaluation qui
seront imposées dans tout le territoire du Québec,
c'est-à-dire autant pour les municipalités régies en vertu
du code municipal que de la Loi des cités et villes.
M. PAUL: Si je comprends bien le ministre, il a terminé le
travail de son prédécesseur dans ce domaine.
M. TESSIER: II est exact... M. PAUL: Bon, d'accord.
M. TESSIER: ... que mon prédécesseur avait nommé
une commission pour étudier justement cette loi de l'évaluation
municipale. J'ai eu l'avantage de participer, depuis environ six mois, aux
travaux de cette commission et de terminer, comme on vient de le mentionner, la
rédaction de cette loi.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de
Bourget.
M. LAURIN: M. le Président, le ministre, tout à l'heure, a
énuméré toutes les sommes qu'il pourrait verser à
cette nouvelle municipalité, à cette nouvelle ville en vertu de
subventions de l'ODEQ ou du gouvernement fédéral. Pourrait-il
nous dire s'il a évalué la somme totale approximative que les
deux gouvernements
devront injecter dans cette nouvelle ville? C'est ma première
question.
Deuxième question: Etant donné que Percé est
appelé à devenir un centre touristique et que la plupart des
travaux devront être effectués dans ce que nous connaissons
maintenant comme la ville de Percé, n'entrevoit-il pas certaines
objections de la part de tous les habitants des municipalités
environnantes qui verront que le montant de leurs taxes, probablement
haussé, servira peut-être au mieux-être des habitants
actuels de la ville de Percé?
M. TESSIER: Quant à la première question, M. le
Président, j'ai donné tout à l'heure à titre
d'exemple les projets qui allaient se réaliser dans la nouvelle ville.
J'ai dit que cela se monterait à plusieurs millions, mais je ne suis pas
en mesure de vous donner des chiffres. Je n'ai pas fait le calcul
précis. D'ailleurs, il est impossible de le faire à ce moment-ci
parce que plusieurs projets recommandés dans le plan
d'aménagement font partie du budget de l'ODEQ globalement mais non pas
spécifiquement, et il reste à faire des estimations à leur
sujet. Mais c'est sûrement plusieurs millions.
Lorsque j'ai à l'idée ces développements, je
considère surtout le territoire englobant Percé, Gaspé et
le parc Forillon parce que je ne crois pas que l'on puisse dissocier, en somme,
une ville de l'autre. Les deux sont rattachées au développement
du parc Forillon. Je crois que je pourrais tout de même dire sans
exagération qu'il se dépensera, dans ce territoire précis
des deux nouvelles villes de Gaspé et de Percé, au moins $20
millions au cours des cinq prochaines années.
Maintenant, en ce qui concerne les hausses de taxes, je ne crois pas
qu'il y ait lieu de s'inquiéter de ce côté. Je ne
prévois pas qu'il y ait dans l'immédiat des hausses de taxes
à cause des avantages nombreux qui seront accordés à ces
deux nouvelles villes.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de
Lévis.
M. ROY (Lévis): M. le Président, est-ce que le ministre
pourrait nous dire, en ce qui regarde l'ensemble des municipalités
concernées, combien il restera de cultivateurs bona fide qui auront le
droit de bénéficier des subventions actuelles du
gouvernement?
M. TESSIER: Combien il restera de cultivateurs?
M. ROY (Lévis): De cultivateurs qu'on pourrait appeler bona fide,
de cultivateurs qui ont le droit de toucher les subventions actuelles du
gouvernement? Parce que vous savez que...
M. TESSIER: II restera le même nombre de cultivateurs,
évidemment, qu'il y a actuelle- ment. Ce n'est pas par le fait qu'on
regroupera cinq municipalités en une seule qu'on changera le statut des
habitants qui sont là.
Ceux qui sont cultivateurs vont rester cultivateurs. On ne les exproprie
pas, les cultivateurs. On ne leur touche pas. Ils vont rester cultivateurs. Il
y aura le même nombre de cultivateurs le lendemain de la sanction de la
loi qu'il y en avait la veille.
M. GAGNON: Si le ministre me le permet, les subventions consenties
d'après la Loi des cités et villes ne sont pas les mêmes
que celles qui apparaissent au code municipal. Le ministre sait ça.
C'est ça que le député veut dire. Alors,les cultivateurs
en seront privés.
M. ROY (Lévis): Le ministre pourrait-il nous dire si les
cultivateurs concernés ont été informés de la
perte? Les cultivateurs sont peut-être, avec la propagande,
intéressés à faire partie d'une ville, parce qu'on aime
toujours grossir, mais ont-ils été informés des
subventions qu'ils allaient perdre en ce qui regarde les services d'incendie et
plusieurs autres services pour lesquels les municipalités jouissent de
subventions du gouvernement alors que les villes n'en jouissent pas?
M. TESSIER : Je ne vois pas quelle perte ils peuvent subir. En somme,
que ce soit une municipalité rurale ou une municipalité urbaine,
les même subventions sont là, la même aide est
là.
M. DUMONT: M. le Président, d'après l'explication que le
ministre vient de donner de la danse des millions, $20 millions pour la
région, est-ce qu'on peut tenir pour acquis que, dans le regroupement
qu'on veut effectuer dans toute la province, il y aura toujours ces villes
citées en exemple et qu'on nous offrira un plat de lentilles pour nous
enlever nos droits?
M. TESSIER: Quels droits?
M. DUMONT: Bien, des droits tels que les municipalités n'auront
plus même de maire ou de conseillers municipaux. On regroupe. On offre
$20 millions et, en retour, les droits sont enlevés.
M. TESSIER: Bien, voyons! Les mêmes droits et la même
autonomie municipale demeurent. Il va y avoir un nouveau conseil municipal
formé de représentants de chacune de ces
municipalités-là. Alors, il n'y a aucune perte de droits. Je ne
peux pas concevoir ce que vous pouvez avoir à l'idée, quand vous
parlez d'une perte de droits. Les contribuables et les citoyens de ce
territoire-là vont demeurer aussi libres, avec les mêmes
droits.
M. DUMONT: Pourquoi les annexer, alors?
M. ROY (Lévis): Le ministre pourrait-il nous expliquer de quelle
manière il va s'y prendre? Quand les municipalités se groupent et
qu'elles font partie d'une ville, elles paient des taxes égales. Est-ce
que le ministre peut nous expliquer comment il va s'y prendre pour être
capable de donner les services d'eau et d'égouts aux
municipalités concernées? Va-t-il donner des services seulement
à Percé et laisser les autres municipalités payer des
taxes pour ces services, parce que vous avez une limite de 30 à 40
milles? Ce sont des choses assez importantes.
M. TESSIER: Ecoutez, ce n'est pas le gouvernement qui va décider
des services.
M. ROY (Lévis): Je comprends.
M. TESSIER: C'est la municipalité elle-même qui va
décider. Le conseil municipal va administrer la nouvelle ville. C'est
elle qui va décider où elle veut avoir ces services. C'est elle
qui, à ce moment-là, pourra faire certaines demandes et
bénéficier de certaines subventions. Il n'y aura rien
d'imposé, pas plus à la nouvelle ville que dans n'importe quelle
autre ville, soit de la Gaspésie ou d'ailleurs dans le
Québec.
M. MASSE (Montcalm): Le ministre oublie les article 18, 19, 20 de sa
loi.
M. ROY (Lévis): Si je comprends bien, le travail du gouvernement
actuel, c'est de grouper et de fusionner les municipalités et les
problèmes resteront aux municipalités concernées. Je crois
que c'est ça que je viens de comprendre.
M. TESSIER: Bien, il y en aura toujours, des problèmes.
M. ROY (Lévis): II y en aura des "tannants", là.
M. TESSIER: II faut tout de même être logique. Ce n'est pas
parce que l'on regroupe cinq municipalités en une seule que l'on va
faire disparaître du même coup tous les problèmes
municipaux. C'est évident qu'il y aura toujours des problèmes
pour la nouvelle municipalité, comme il y en a pour les
municipalités existantes. Je ne crois pas, tout de même, que ces
problèmes-là seront accrus. Au contraire, dans bien des cas, on
pourra trouver des solutions à ces problèmes, alors que, dans
leur statut actuel, il était impossible de résoudre certains de
ces problèmes.
M. GAGNON : Je vais donner un exemple au ministre: l'entretien des
chemins d'hiver. En ce qui concerne les rues, le ministère de la Voirie
ne donne pas la subvention statutaire de $400 le mille. On sait que, dans ces
municipalités, beaucoup de personnes habitent dans le deuxième ou
dans le troisième rang. Si vous leur donnez le statut de villes à
ce moment-là, on va dire: C'est une rue qui conduit aux 2, 3 et 4e
rangs, c'est-à-dire jusqu'à quatre milles.
M. TESSIER: Non.
M. GAGNON: Oui, M. le Président, parce que ce sera une rue qui
dessert ces... En ville, i 1 n'y a pas de route, ce sont toutes des rues et
dans le statut municipal il y a routes et rues.
M. TESSIER: Je regrette mais je ne peux accepter l'interprétation
donnée par le député de Gaspé-Nord. Je peux vous en
donner un exemple concret parce que je l'ai vécu, je le vis encore,
c'est celui du regroupement qui a eu lieu à Rimouski. Je le donne
à titre d'exemple parce que c'est quelque chose que je connais. Lorsque
la ville de Rimouski, il y a trois ans, a regroupé tois autres
municipalités rurales, le ministère de la Voirie a
continué soit à faire l'entretien lui-même, ou à
donnner des subventions à des entrepreneurs, ou, dans certains cas,
à la ville qui est devenue entrepreneur, pour l'entretien de tous ces
chemins d'hiver...
M. GAGNON: C'était le gouvernement de l'Union Nationale.
M. TESSIER: En d'autres termes, avec le regroupement de trois
municipalités rurales à la ville de Rimouski, cela n'a pas
été un fardeau pour le contribuable de la ville de Rimouski. Il
s'agit tout simplement de négocier et de s'entendre avec le
ministère de la Voirie et je suis convaincu que la nouvelle ville pourra
très bien s'entendre avec le ministère actuel de la Voirie.
M. PAUL: Quand le ministre dit qu'il a vécu une expérience
et qu'il la vit encore, que veut dire le ministre par: Vivre encore
l'expérience?
M. TESSIER: Oui, je le vis encore. M. PAUL: Comment ça?
M. TESSIER: Je suis encore citoyen et contribuable de Rimouski.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 1, adopté?
M. MASSE (Montcalm): Non, M. le Président, au sujet de l'article
1.
Le premier ministre, par ses bla, bla, bla, jette-t-il son
mépris, son venin et son dédain sur les institutions
parlementaires qu'il ne comprend peut-être pas du tout, ou si au
contraire il veut accélérer les travaux de la Chambre, puisque
dans son optique, à lui, l'efficacité d'un Parlement c'est le
nombre de minutes qu'il passe sur la discussion d'un projet de loi? Qu'il
sorte, qu'il laisse les députés travailler si lui ne
comprend rien à leur travail!
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 1. DES VOIX: A l'ordre!
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, concernant l'article
1,...
UNE VOIX: II faudrait le faire soigner.
M. MASSE (Montcalm): ... à maintes reprises... le ministre
pourrait-il être attentif, ça lui permettrait au moins
d'écouter s'il ne peut pas comprendre, ça évitera de
reprendre deux fois la même question.
Le ministre nous a expliqué, à plusieurs reprises, que
pour en arriver à ce projet de loi, il y avait eu de nombreuses
études et de nombreuses consultations. Il y a donc des documents qui
sont connexes à ce projet de loi 66. Est-ce que ce serait une
possibilité que de lui demander, lorsqu'il présente des projets
de loi qui sont non pas de petits amendements mineurs à des
règlements, mais des projets de loi organiques dans le type de celui-ci,
de faire ce qui a été fait dans beaucoup de cas, dans cette
Assemblée, de déposer en même temps un document de travail
avec le projet de loi qui regroupe un certain nombre d'explications
nécessaires à ce projet de loi?
Prenons comme exemple, le ministre s'évertue à nous dire
depuis le début de la journée qu'il y a eu de nombreuses
consultations. Si effectivement il y a eu de nombreuses consultations, nous
aurions pu retrouver, dans ce document de travail, des résolutions des
conseils municipaux, ou des résolutions des réunions nous disant:
II y a eu réunion du conseil et nous sommes d'accord. Il y aurait eu une
copie du procès-verbal du CRD disant: Nous, dans la région... et
nous, le Conseil régional de développement, sommes d'accord avec
ça.
Nous aurions également pu trouver, dans le document, les
explications à la question que j'ai posée au début de ce
comité et à laquelle je n'ai pas encore reçu de
réponse. Pourquoi ces municipalités-là plutôt que
d'autres municipalités autour d'elles? Il y a certainement eu des
études, puisqu'on a dit qu'il y a eu des études, il y a des
raisons pour lesquelles cette municipalité de Percé groupe cela.
On aurait pu également nous remettre toutes sortes de documents
concernant les questions qui ont été posées au sujet du
bien foncier, des taxes, du taux d'évaluation etc.
C'est ainsi, je pense, qu'on pourra améliorer le travail
législatif, beaucoup plus par une méthodologie d'information dans
notre travail, plutôt que de faire comme le premier ministre faisait tout
à l'heure et de jeter son bagout et son dédain sur les
institutions parlementaires alors qu'il a les informations pour proposer des
projets de loi et ne veut pas nous les transmettre. Ensuite, il se surprend
à dire: Le Parlement, c'est lent; le Parlement, c'est mauvais.
Transmettez donc au Parlement les informations que vous avez pour
préconiser tel projet de loi et peut-être que les travaux
parlementaires seront plus rapides et que le niveau des débats sera un
peu plus élevé.
Vous ne transmettez rien comme informations et après cela, il ne
faut pas se surprendre de voir le premier ministre jeter son dédain
comme cela sur les pouvoirs démocratiques. Je ne voudrais pas
m'aventurer plus loin dans ce domaine-là, parce que je blesserais
profondément le premier ministre pour lequel j'ai encore un peu
d'estime.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 1, adopté?
M. BOURASSA: II est généreux.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 2? Adopté. Article 3?
Adopté. Article 4?
M. DUMONT: M. le Président, concernant les règlements,
résolutions, procès-verbaux, on dit à l'article 2, que
tous les fonctionnaires et employés des municipalités passent au
service de la ville. Le ministre pourrait-il nous dire si les inspecteurs
agraires, les secrétaires-trésoriers, les maires et les
conseillers municipaux deviendront tous des employés, au sens de
l'interprétation de l'article 4?
M. TESSIER: Je pense qu'il est bien clair qu'un maire ou un conseiller
municipal n'est pas un employé, évidemment pas. Quant on parle
d'employés, on parle de secrétaires-trésoriers. J'ai la
liste ici. Dans chacune des municipalités, il y a un
secrétaire-trésorier mais ils sont à temps partiel dans
quatre des municipalités. Il n'y a que Percé qui ait un
secrétaire permanent et qui ait un policier.
M. DUMONT: Pour mon information personnelle, est-ce que ces
employés à temps partiel deviendront, au sens de la Loi des
cités et villes, des employés permanents?
M. TESSIER: Tous les employés, même ceux qui sont à
temps partiel.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article...
M. PAUL: Le ministre peut-il nous dire s'il y a quelque convention de
travail qui puisse exister dans la ville de Percé?
M. TESSIER: II n'en existe pas, parce que la municipalité qui a
le plus d'employés en a deux.
M. LE PRESIDENT (Hardy): L'honorable député de
Rouyn-Noranda.
M. SAMSON: M. le Président, j'aimerais poser une question
à l'honorable ministre. Lorsqu'on lit, à l'article 4, que les
fonctionnaires et employés des municipalités mentionnées
à l'article 2 passent au service de la ville et y demeurent
jusqu'à leur démission ou leur remplacement, quel sens doit-on
donner au mot "remplacement"? Qui décidera d'un remplacement?
M. TESSIER: Ce sera nécessairement le conseil de ville qui va
décider. S'il y a un employé qui meurt, qui démissionne ou
qui tombe malade ou s'il est incompétent, à ce moment-là,
le conseil de ville pourra le remplacer. Ce sera de la juridiction exclusive du
conseil municipal.
M. BERTRAND: D'ici le 1er janvier, ce peut être
l'administrateur.
M. TESSIER: Oui, d'accord. Vous avez raison là-dessus.
M. SAMSON: M. le Président...
M. TESSIER: D'ici le 8 janvier au plus tard.
M. SAMSON: ... le ministre peut-il nous dire, puisqu'il vient de nous
expliquer que le conseil peut décider d'un remplacement pour n'importe
quelle raison, s'il y a une protection quelconque de prévue pour les
employés qui passeront au service de cette nouvelle municipalité?
Est-ce qu'on leur garantit leur emploi?
M. TESSIER: Actuellement, prenons la situation présente,
n'importe quel de ces conseils municipaux peut renvoyer ou engager un
employé, ou le remplacer. Ils ont pleins pouvoirs de le faire parce que,
comme ces employés ne sont pas assez nombreux pour se syndiquer, ils ne
sont protégés par aucune convention collective.
Or, ce qui va arriver dans l'avenir, c'est que le conseil de ville va
conserver les mêmes droits, mais on veut assurer à ces
employés qu'ils ne perdront pas leur emploi. C'est ce que la loi leur
assure; elle leur assure la permanence de l'emploi à compter de la
sanction de la loi.
Evidemment, le conseil de ville peut toujours décider, pour des
raisons qui peuvent être très variées, de renvoyer certains
de ces employés-là par la suite, s'ils ne remplissent pas leurs
devoirs. Evidemment, peut-être que les employés, avec la fusion de
cinq municipalités, deviendront assez nombreux, grâce aux services
additionnels qui seront créés, pour se syndiquer. A partir de ce
moment, ils auront la protection d'une convention collective.
M. GAGNON: Exception faite des secrétaires municipaux, combien y
a-t-il d'employés à l'emploi de ces municipalités qui
seraient touchés par le projet de loi?
M. LEVESQUE: II n'y en a presque pas.
M. TESSIER: En dehors des secrétaires municipaux?
M. GAGNON: Oui, en dehors des secrétaires municipaux, il y en a
un.
M. TESSIER: II y a un policier à Percé, c'est tout ce
qu'il y a.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 4, adopté.
M. ROY (Lévis): Est-ce que le ministre pourrait nous expliquer,
vu qu'il y a un trésorier dans chaque paroisse, chaque
municipalité, si l'on va multiplier les trésoriers, s'ils sont
obligés de les garder, ou s'ils vont leur donner d'autres fonctions,
comme celles d'assistant-trésorier ou autres? Cela veut dire...
M. TESSIER: C'est bien évident qu'il n'y aura pas cinq
secrétaires-trésoriers.
M. ROY (Lévis): II va falloir qu'il y ait d'autres fonctions. Il
va falloir que les gars acceptent d'aller dans d'autres domaines.
M. TESSIER: Les fonctions de commis ou les fonctions de directeur d'un
service.
M. GAGNON: Le ministre peut-il nous dire quels sont les
secrétaires-trésoriers de ces municipalités qui sont
à plein temps, parce qu'habituellement...
M. TESSIER: II y en a un seul qui soit permanent.
M. GAGNON: ... les autres sont au travail à des heures...
M. TESSIER: A temps partiel.
M. GAGNON: ... invérifiables, suivant la Commission du salaire
minimum, et payés suivant une rémunération très
petite.
M. TESSIER: C'est ça.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 4 adopté. Article 5.
M. RUSSELL: M. le Président, si je comprends bien, tout le
territoire ne forme simplement qu'un quartier. Donc aux élections, pour
l'échevinage, le vote sera pris dans tout le territoire comme pour le
siège du maire.
M. TESSIER: C'est bien ça.
M. RUSSELL: Une chose peut se produire, c'est qu'une municipalité
plus grosse que l'autre
pourra élire les quatre, cinq ou six échevins dans la
même municipalité.
M. TESSIER: Non, voici ce qui arrive, je l'ai expliqué ce matin.
Il y a le même nombre de représentants au nouveau conseil parce
que la population est sensiblement la même dans les cinq
municipalités. Je l'ai mentionné tout à l'heure. A part
d'une seule, Barachois, qui a 551 habitants, toutes les autres
municipalités ont environ 1,000 âmes de population. C'est assez
bien équilibré contrairement à ce qui existe dans le
projet de loi suivant, celui de Gaspé, où on a trois
municipalités qui sont beaucoup plus importantes. C'est pour ça
qu'on donne à celles-là deux représentants,
temporairement, et qu'on les divise en quartiers de population à peu
près égale.
M. RUSSELL: Si je comprends bien, pour le premier conseil, on va donner
un représentant à chacune des municipalités, mais à
la prochaine élection ou à l'élection suivante, il y aura
seulement un quartier, un territoire, et là, le vote devient, comme on
dit communément, "at large".
M. TESSIER: C'est ça.
M. RUSSELL: Donc, à ce moment-là, on pourrait se trouver
avec une municipalité ou une ancienne municipalité qui pourrait
former le conseil au complet.
M. TESSIER: Non, parce que...
M. RUSSELL: Ce territoire-là est tellement vaste que ça
devient un peu plus compliqué. Il n'y aura peut-être pas objection
à ce moment-là à zoner, à faire quatre ou cinq
quartiers suivant les municipalités existantes.
M. TESSIER: Non, c'est justement ça. Il n'y a aucune
municipalité qui peut avoir le contrôle. Il y a cinq
municipalités d'une population d'environ 1,000 habitants chacune. Elles
sont donc à peu près toutes au même niveau. Aucune de ces
municipalités, à un moment donné, ne peut prendre le
contrôle. Ce serait très différent si, par exemple, la
ville de Percé avait une population, deux, trois ou quatre fois plus
grosse. Elle pourrait tout contrôler mais c'est justement ce qui ne peut
pas arriver là.
M. GAGNON: Si je comprends bien le député de Shefford, le
ministre a parlé tout à l'heure de l'expansion de la ville.
Nécessairement, il est normal de penser que ce soit Percé qui
connaisse cette future expansion. Or, suivant le projet de loi actuel, il est
dangereux que tous les échevins soient élus par la ville de
Percé, vu le nombre de voteurs qu'il y aurait et qui serait beaucoup
plus considérable qu'ailleurs. A ce moment-là, Percé
conserverait le contrôle du conseil, alors que si on disait, par exemple,
que les villes, les municipalités qui sont englobées dans cette
ville, exception faite de Percé, pourraient avoir au moins un
représentant, au moins un, au cas où il se présenterait
des problèmes et que Percé devenant la ville très
majoritaire, celle qui se développe, par voie de conséquence elle
cause de ces préjudices à des municipalités qui sont
situées à 30 milles.
Je crois que c'est simplement pour voir le but très objectif et
éviter que dans ce territoire il se présente des problèmes
créant des préjudices aux populations éloignées du
centre de la ville. Le ministre des Affaires municipales a été
maire d'une ville et il n'y a aucun doute qu'il comprend le problème
dans toute sa profondeur.
M. TESSIER: Je comprends très bien le problème. C'est
justement à la suite de consultations de la part de fonctionnaires du
ministère des Affaires municipales avec les conseils et avec la
population qu'à leur propre demande on a voulu qu'il n'y ait qu'un seul
quartier. Parce que, je le répète, les cinq municipalités
ont à peu près la même population. Maintenant, rien
n'empêche la municipalité, si elle le veut, de former des
quartiers, par règlement. Elle est libre de le faire. Elle est
régie par la Loi des cités et villes et en n'importe quel temps,
la municipalité peut adopter un règlement pour former des
quartiers. Elle le soumettra à l'approbation du ministre des Affaires
municipales et je puis déclarer dès maintenant que je n'aurai
aucune objection, si la demande m'est faite, de ratifier le
règlement.
M. PAUL: A la condition qu'il soit légal. Pour autant que le
règlement soit légal.
M. TESSIER: Bien entendu. M. PAUL: Bien, dites-le.
M. TESSIER: II est évident que si le règlement n'est pas
légal...
M. PAUL: On ne le sait pas avec vous.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 5, adopté. Article 6?
M. RUSSELL: Adopté sur division.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Adopté sur division. Article 7,
adopté sur division. Article 8, adopté sur division. Article 9,
adopté sur division. Article 10, adopté sur division. Article 11,
adopté sur division. Article 12, adopté sur division. Article 13,
adopté sur division. Article 14, adopté sur division.
M. TESSIER: L'article 15 est biffé.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Amendement visant à abolir l'article
15.
M. TESSIER: L'article 16 devient l'article 15.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 16 devenu article 15, adopté sur
division.
M. MASSE (Montcalm): Article 16, M. le Président.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 17...
M. RUSSELL: L'article 16 est devenu l'article 15.
M. MASSE (Montcalm): L'article 16 devient l'article 15. Bon. Cet article
nous explique que le gouvernement nommera un administrateur qui exercera les
pouvoirs qui lui sont conférés par la présente loi ainsi
que toute autre tâche que le ministre voudra bien lui confier. Puisqu'il
semble que l'administrateur sera nommé sous peu, est-ce que le ministre
peut nous dire qui sera l'administrateur et quelles seront les autres
tâches que le ministre veut lui confier?
M. TESSIER: Je n'ai aucune idée qui sera l'administrateur; il
n'est pas choisi encore. Et quant à ses tâches, ce sera
d'être le lien entre le ministère des Affaires municipales et le
nouveau conseil municipal. Il aura un droit de surveillance pendant une
période limitée, c'est-à-dire jusqu'aux élections
d'un conseil qui sera élu le premier dimanche de novembre 1971.
D'ici là, il verra à surveiller les travaux de
l'aménagement du sol, comme le prévoit l'article 18, les plans
indiquant les affectations du sol du territoire. Egalement, comme le
prévoit le projet de loi, les crédits à la construction
sont gelés, sauf que l'administrateur, pour des raisons qu'il jugera
sérieuses et urgentes, pourra accorder un permis de construction. En
somme, l'administrateur sera là pour aider, tout simplement, le nouveau
conseil municipal dans tous ses actes administratifs.
M. RUSSELL: M. le Président, je pense que le ministre fait une
erreur lorsqu'il parle du premier conseil dans un an d'ici. Le premier conseil
sera formé au mois de janvier 1971.
M. TESSIER: Oui, mais j'ai dit le premier conseil élu.
M. RUSSELL: Elu? M. TESSIER: Elu.
M. RUSSELL: Donc, entre-temps, l'administrateur va être le grand
patron, l'autorité absolue, il va tout contrôler. Inutile
d'élire un conseil même temporaire, alors. Ce sont des gens qui
sont quand même élus ou nommés par les municipalités
qui se fusionnent, actuellement, qui vont être mis là comme
conseillers dits temporaires, et on nomme par-dessus eux un grand patron. On
peut même lui nommer un adjoint.
Pourquoi tous ces pouvoirs?
M. TESSIER: Non, non, c'est inexact, M. le Président. Ce n'est
pas cela, l'administrateur.
M. RUSSELL: Non? C'est ce qu'ils risquent.
M. TESSIER: Non, non, je l'ai dit. L'administrateur est là pour
aider et conseiller. Le seul pouvoir, par exemple, qu'il a, au-dessus du
conseil municipal, c'est d'accorder des permis de construction.
M. PAUL: Jusqu'à ce que le ministre lui donne d'autres
pouvoirs.
M. RUSSELL: Ah oui!
M. MASSE (Montcalm): Jusqu'à ce que le ministre lui confie
d'autres pouvoirs!
M. RUSSELL: Toutes les tâches comprises... M. TESSIER: Si c'est
nécessaire, oui. M. RUSSELL: Ah bon!
M. MASSE (Montcalm): Alors, c'est un chèque en blanc.
M. TESSIER: Mais, actuellement c'est le seul pouvoir que le ministre
actuel a l'intention de lui confier.
M. RUSSELL: Ah bon!
M. MASSE (Montcalm): Alors, est-ce que le ministre aurait objection,
pour éviter le chèque en blanc, à ce que, dans la loi, il
soit spécifié ce que vous avez l'intention de lui confier, et de
revenir devant le Parlement si jamais d'autres choses se produisent?
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 16 devenu article 15...
M. PAUL: Nous n'avons pas eu de réponse.
M. LE PRESIDENT (Hardy): ... adopté sur division?
M. MASSE (Montcalm): C'est l'inattention du ministre qui a certainement
fait qu'il n'avait pas de réponse à donner. Le ministre nous dit
qu'il nomme un administrateur qui va conseiller la municipalité, sauf
dans le domaine de la construction où il aura un pouvoir
discrétionnaire.
M. TESSIER: Le seul.
M. MASSE (Montcalm): C'est ça? Pourquoi doit-il avoir un pouvoir
discrétionnaire d'abord sur le plan de la construction? Pourquoi
n'aura-t-il pas, dans ce domaine-là comme ailleurs, le pouvoir de
conseiller le conseil municipal pour adopter des règlements ou des
amendements aux règlements de construction, alors que dans le reste,
c'est ce qu'il a comme pouvoir? Pourquoi ces pouvoirs de dictature ou
dictatoriaux, ou discrétionnaires, comme vous le voulez, qu'on confie
par la loi à l'administrateur? Deuxièmement, dans la loi, on
permet également au ministre de confier tout autre sorte de pouvoirs
à l'administrateur...
M. TESSIER: Non, non.non. C'est faux. M. MASSE (Montcalm): M. le
Président,...
M. TESSIER: C'est faux. Lisez la loi comme il le faut.
M. MASSE (Montclam): Lison la loi. M. TESSIER: Lisez-la.
M. MASSE (Montclam): "Le lieutenant-gouverneur en conseil nomme un
administrateur chargé d'exercer les pouvoirs qui lui sont
conférés par la loi..."
M. TESSIER: Qui lui sont conférés par la présente
loi.
M. MASSE (Montcalm): ... et de remplir les autres tâches...
M. TESSIER: Ah, ah!
M. MASSE (Montcalm): ... que lui confie le ministre des Affaires
municipales."
M. TESSIER: Je ne sache pas, M. le Président, que le mot
"tâche" soit synonyme du mot "pouvoir".
M. MASSE (Montcalm): Est-il défini dans la loi, le mot
"tâche", par rapport au mot "pouvoir"? Non.
M. TESSIER: Une tâche et un pouvoir... A moins que le
député de Montcalm confonde les deux mots. Cela ne me
surprendrait pas du tout.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, il s'agira que le ministre
dise: Voilà, fais cela. C'est ta tâche.
M. TESSIER: Cela ne me surprendrait pas du tout que le
député de Montcalm croie que la signification...
M. MASSE (Montcalm): De toute façon...
M. TESSIER: ... du mot "tâche" est la même que celle du mot
"pouvoir", à l'entendre parler!
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, ne croyez-vous pas que
c'est une des tâches du ministre que de garder son calme? Ce n'est pas
conféré par la loi, mais c'est conféré par ses
responsabilités.
M. PAUL: II s'ennuie des applaudissements!
M. MASSE (Montcalm): Y aurait-il quelque chose qui, dans l'esprit du
ministre, empêcherait cela, en disant, dans la loi: Voilà, la loi
dit que le lieutenant-gouverneur nomme un administrateur qui a des pouvoirs
concernant la construction. Et s'il faut lui confier d'autres pouvoirs, vous
reviendrez nous le demander.
M. TESSIER: C'est exactement cela. C'est ce que la loi dit.
M. MASSE (Montcalm): Non, non!
M. TESSIER: Evidemment, j'ai bien l'impression que vous ne la
comprendrez jamais, la loi.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président... M. PAUL: Les
voilà! Cela en fait 21 !
M. MASSE (Montcalm): Le ministre a frappé 21!
M. le Président, le ministre peut-il nous expliquer, puisqu'il
tient absolument à donner des pouvoirs discrétionnaires aux
conseillers, à l'administrateur...
M. TESSIER: II y a seulement vous qui le dites. Ce n'est pas la loi qui
le dit.
M. MASSE (Montcalm): Peut-il nous expliquer pourquoi...
M. TESSIER: Ce n'est pas la loi qui le dit. M. PAUL: M. le
Président!
M. MASSE (Montcalm): ... il tient à ce que l'administrateur
conseille la municipalité en tout temps, la municipalité ayant
ses pouvoirs réguliers, sauf dans le domaine de la construction
où, seul, il décidera des choses à faire, sans pour autant
conseiller ou recevoir l'approbation du conseil municipal? Pourquoi enlever ce
pouvoir au conseil municipal et le remettre entre les mains d'un homme, d'un
administrateur?
M. GAGNON: M. le Président...
M.TESSIER: En somme, je pourrais peut-être répondre ceci,
M. le Président. C'est un peu une répétition de ce qui
existe déjà dans le bill 29 concernant le parc Forillon et ses
environs.
M. MASSE (Montcalm): Ce n'est pas une raison!
M. TESSIER: Si les députés de cette Chambre s'en
souviennent, j'avais longuement expliqué le rôle de
l'administrateur, lors de la présentation du bill 29. En somme, tout
simple-ment c'est une répétition de ces mêmes pouvoirs.
M. PAUL: M. le Président, est-ce que le ministre conviendra que,
dans la Loi du parc Forillon, il n'y a pas de conseil municipal?
M. TESSIER: Oui, mais...
M. PAUL: Alors, comment peut-il faire une analogie?
M. TESSIER: Oui, oui. Dans les dispositions du bill 29, on touche non
seulement à la partie expropriée du parc, mais on touche
également aux municipalités environnantes.
M. PAUL: M. le Président, je m'excuse, le ministre n'a pas
compris. Je lui ai dit que, dans la Loi du parc Forillon, il n'y a pas
formation d'un conseil municipal.
M. TESSIER: Non, non. Certainement.
M. PAUL: Bon. Est-ce que l'honorable ministre pourrait nous
décrire et nous donner une idée des tâches
qu'éventuellement il pourrait confier à l'administrateur dont il
est question à l'article 15?
M.TESSIER: Si quoi?
M. PAUL: M. le Président, est-ce que l'honorable ministre
pourrait nous donner les tâches éventuelles cela veut
dire...
M. TESSIER: Ah! les tâches éventuelles que le
ministre...
M. PAUL: Bien, un instant. Il n'a pas encore compris, je voudrais finir
ma phrase: Les tâches éventuelles que le ministre pourrait confier
à l'administrateur dont il est question à l'article 15.
M. GARNEAU: C'est une question hypothétique.
M. PAUL: Non, vous ne connaissez pas ça.
M. TESSIER: Je ne suis pas en mesure, M. le Président, de dire
quelles seraient ces tâches.
Evidemment, c'est pour prévenir. Si, éventuellement, il
arrivait certains problèmes...
M. PAUL: Lesquels?
M. TESSIER: Bien, je ne sais pas.
M. PAUL: Vous ne le savez pas.
M. TESSIER: Je ne sais pas les problèmes qui peuvent se produire
au cours de prochaines semaines ou des prochains mois...
M. LEVESQUE: C'est à Percé.
M. PAUL: Vous n'êtes pas capable de donner un exemple?
M. TESSIER: Bien, un exemple...
M. BERTRAND: Supposons qu'à Percé le conseil municipal ait
trois ou quatre policiers en devoir, à temps plein. S'il arrive qu'il y
ait des troubles à la Maison du pécheur ou ailleurs, il peut
avoir besoin d'engager du personnel additionnel. Si l'administrateur dit: Moi,
je vais m'occuper de cela, je vais les engager et le gouvernement va les payer,
est-ce que ce serait une tâche?
M. TESSIER: Non. Ce serait absolument illégal. Seul le conseil
municipal a le droit d'engager des employés et non pas
l'administrateur.
M. BERTRAND: Et si le conseil dit: Nous en avons besoin, nous, mais nous
n'avons pas d'argent pour les payer. L'administrateur fait alors un appel
téléphonique à Québec et demande au ministre:
Est-ce que je peux en engager, et vous allez les payer? Ce serait une
tâche que vous lui confieriez?
M. TESSIER: Bien, ce n'est certainement pas dans ce sens-là que
j'interviendrais, parce que je tiens trop à l'autonomie des
municipalités pour m'immiscer dans l'administration des conseils
municipaux.
M. PAUL: Mais, dans son souci d'autonomie municipale, le ministre
pourrait-il nous dire dans quelles circonstances il pourrait demander à
l'administrateur d'intervenir?
M. GARNEAU: C'est hypothétique.
M. PAUL: Ce n'est pas hypothétique. M. le Président,
est-ce qu'on pourrait demander au ministre des Finances de s'occuper de ce
qu'il connaît, de ce qui l'intéresse? Qu'il ne nous dérange
donc pas et qu'il nous laisse donc discuter froidement et logiquement avec le
ministre des Affaires municipales.
M. GARNEAU: Le député de Maskinongé doit savoir
qu'on étudie ça avant de le présenter en Chambre,
voyons!
M. BERTRAND: Mais on met ça...
M. RUSSELL: M. le Président, si le ministre prétend que
l'administrateur va simplement se servir des pouvoirs qui existent dans la loi,
on pourrait peut-être enlever le reste de l'article, qui dit: De remplir
les tâches que lui confère le ministre des Affaires municipales.
C'est inutile dans ce cas-ci. C'était nécessaire dans l'affaire
du parc Forillon, parce que, dans ce cas-là, il n'y avait pas de conseil
municipal. Mais, ici, il y a un conseil municipal; c'est inutile.
M. TESSIER: Bon...
M. MASSE (Montcalm): Le ministre se laisse tenter.
M. TESSIER: Si vous tenez à enlever ces mots-là, moi, je
n'ai pas d'objection.
M. MASSE (Montcalm): Nous autres non plus. Vous voyez la
coopération, là.
M. TESSIER: Le ministre des Affaires municipales...
M. BERTRAND: Vous pourrez le faire autrement.
M. TESSIER: ...a toujours le pouvoir de déléguer un de ses
fonctionnaires à n'importe quelle place.
M. PAUL: C'est ça.
M. RUSSELL: C'est ça.
M. BERTRAND: Oui. Vous n'aviez bas besoin.
M. RUSSELL: Cela améliore.
M. LE PRESIDENT: (Hardy): Article 16, devenu article 15,
adopté?
M. TESSIER: Adopté sur division, tel qu'amendé.
M. GAGNON: Un instant.
M. TESSIER: M. le Président, remarquez le bien, c'est parce que
la demande venait du député de Shefford. Si elle était
venue du député de Montcalm, je n'aurais jamais consenti.
M. MASSE (Montcalm): Pourquoi détruire un beau geste?
M. PAUL: M. le Président, il vient de perdre tous les
mérites de sa bonne action.
M. GAGNON: Concernant l'administrateur, on dit qu'il est attaché
à la surveillance des constructions et qu'il sera le seul à
décider à ce niveau. Est-ce que ça implique que
l'administrateur décrétera, par exemple, un plan directeur
d'urbanisme, parce que ça touche directement à la
construction...
M. TESSIER: Non.
M. GAGNON: ... ou un plan de zonage?
M. TESSIER: Non.
M. GAGNON: Non plus?
M. TESSIER: La loi le dit, lisez-la.
M. GAGNON: Oui, mais la construction, c'est vaste.
M. TESSIER: Non, non, on dit qu'en attendant que le plan directeur
d'urbanisme, les règlements de zonage ils ont un an pour faire
ça, soient terminés, on gèle les constructions afin
qu'on n'aille pas construire un peu partout des taudis qui iraient briser
l'harmonie, le développement planifié de la nouvelle ville. A ce
moment-là, l'administrateur peut, dans des cas d'exception, accorder des
permis de construction. Quant au plan d'urbanisme, aux règlements de
zonage et de construction, l'administrateur n'a rien à voir dans tout
cela; c'est le conseil municipal qui fera ses propres règlements.
M. MASSE (Montcalm): M. le Président, tout ce que dit le ministre
est vrai, mais il admettra avec nous que c'est un pouvoir
discrétionnaire très très dangereux. Pendant toute la
période où, selon l'article 21 nous sommes à
l'article 16 devenu 15; il est nommé, entre autres, pour appliquer
l'article 21 il n'y aura pas encore de règlements adoptés
en vertu de l'article 20.
Voilà que pour toute construction, reconstruction,
transformation, addition, implantation nouvelle de bâtiment, sauf pour
les questions de fins agricoles, il n'y a rien, tout est gelé comme vous
dites, sauf que l'administrateur peut permettre une dérogation au
présent article. Ce que nous demandons est simple: Pourquoi ce pouvoir
n'est-il confié qu'au seul administrateur? Pourquoi n'est-il pas
confié, comme l'ensemble de la question, au conseil municipal?
L'administrateur peu fort bien faire une recommandation au conseil
municipal qui statuera. Les gens de Percé ont intérêt, eux
aussi, à ce qu'on ne construise pas, comme vous dites, des taudis ou des
choses, en dehors d'une certaine logique, ou d'un certain règlement.
Pourquoi exclut-on les gens de Percé de la décision
à prendre de déroger au gel de la construction et de toute la
question du logement? Je ne vois pas pourquoi, à première vue. A
moins que le ministre ait des raisons profondes, qu'il ne nous a pas
communiquées, pourquoi exclut-on ce pouvoir du conseil municipal de
Percé pour le donner à un seul administrateur?
M. BERTRAND: M. le Président, étant donné que le
ministre vient de diminuer les fonctions de son administrateur, ne trouve-t-il
pas qu'un administrateur suffit? Pourquoi nommer un adjoint?
M. TESSIER: II y aura un administrateur qui pourra nommer un adjoint
mais ce n'est pas nécessaire; c'est en cas de maladie. Si
l'administrateur tombait malade, je crois qu'il y aurait lieu de nommer,
temporairement, un adjoint. Mais le gouvernement n'a pas l'intention de nommer
deux fonctionnaires immédiatement, un seul.
Quant à l'autre question, soulevée
précédemment voulant que l'on craindrait des pouvroirs
discrétionnaires, je rappelle aux membres de cette Chambre que
c'était une des conditions imposée, dans la signature de
l'entente avec le gouvernement fédéral, en ce qui concerne le
parc Forillon, que le présent gouvernement s'engage à
protéger l'environnement du parc Forillon. Or, en attendant que les
règlements de zonage, ou règlements de construction ne soient
adoptés par la municipalité, nous avons, le gouvernement du
Québec, une responsabilité que nous avons prise vis-à-vis
du gouvernement fédéral.
Or, je crois que la seule manière de voir à ce que nous
assumions la responsabilité que nous avons prise est de nommer là
un représentant du gouvernement en lui donnant le titre
d'administrateur. C'est lui qui va voir à ce que les obligations que
nous avons prises par rapport au parc Forillon soient respectées
jusqu'à ce que la municipalité ait adopté ses
règlements. Et je soulignerai qu'il n'y a pas de délai pour
l'adoption des règlements de zonage. On dit que l'administrateur va
avoir un pouvoir. Mais ce pouvoir peut bien être limité à
une durée de deux mois. Si, dans deux mois la ville a adopté ses
règlements de zonage et de construction et cela peut se faire
assez rapidement cela veut dire qu'à partir de ce moment
l'administrateur, évidemment, n'a plus de pouvoir. Son rôle
n'existe plus.
M. MASSE (Montcalm): Est-ce que les règlements concernant
l'environnement du parc Forillon sont déjà adoptés?
M. TESSIER: Pardon?
M. MASSE (Montcalm): Les règlements con- cernant la construction
dans les environs du parc Forillon, est-ce qu'ils sont adoptés
actuellement?
M. TESSIER: Non.
M. MASSE (Montcalm): Et cela fait combien de temps que la loi est
adoptée?
M. TESSIER: Bien oui, mais on attendait justement l'adoption de ces deux
lois-ci. C'est ce qui se produit. Il ne pouvait pas y avoir de règlement
d'adopté parce que évidemment, c'est le projet de loi
suivant ça, c'est le numéro 67 il y a eu des morcellements
de municipalités. Il y en a qui sont presque totalement disparues,
d'autres en grande partie, par suite des expropriations sur la péninsule
de Forillon.
C'est une des raisons pour lesquelles il était devenu
nécessaire de grouper toutes ces municipalités en une seule
municipalité, et de leur donner les pouvoirs d'adopter ces
règlements de zonage et de construction. C'est justement un argument
additionnel que vous apportez sur l'urgence d'adopter ces deux projets de
loi.
M. LE PRESIDENT (Hardy): Article 15, adopté tel
qu'amendé.
M. MASSE (Montcalm): Bien, est-ce qu'on ajourne?
Article 15 adopté, oui.
M. HARDY (président du comité plénier): M. le
Président, le comité n'a pas fini de délibérer et
demande la permission de siéger à nouveau.
M. LAVOIE (président): Quand siégera-t-il? A une prochaine
séance?
M. LEVESQUE: Peut-être pourrions-nous recevoir le rapport de la
commission parlementaire des Richesses naturelles et adopter la
troisième lecture du projet de loi concernant les mines.
M. BERTRAND: Très bien.
Commission des Richesses naturelles
M. OSTIGUY: M. le Président, j'ai l'honneur de vous annoncer que
la commission parlementaire des Richesses naturelles a adopté sans
amendement tous les articles du bill 59, Loi modifiant la Loi des mines.
M. LE PRESIDENT: Sans amendement.
M. BERTRAND: II y a eu des...
M. OSTIGUY: Sans amendement.
M. LE PRESIDENT: Avec amendements.
M. OSTIGUY: Avec amendements.
M. LE PRESIDENT: Ces résolutions seront-elles
adoptées?
M. BERTRAND: Adopté.
M. LE PRESIDENT: Adopté. Est-ce qu'il y a consentement à
la troisième lecture.
M. BERTRAND: Oui.
Projet de loi no 59 Troisième lecture
M. LE PRESIDENT: L'honorable ministre des Richesses naturelles propose
la troisième lecture du projet de loi no 59. Cette motion est-elle
adoptée?
M. BERTRAND: Adopté.
M. LEVESQUE: M. le Président, il y aura sanction
immédiatement à deux projets de loi dont un relatif à la
fusion du Trust général du Canada et de la Société
d'administration et de fiducie. Un autre projet de loi sera sanctionné
qui est celui qui révoque le projet de loi relatif au retour au travail
des médecins spécialistes.
Demain matin, à neuf heures trente, il y aura la commission
parlementaire des engagements financiers, et à dix heures trente, la
commission parlementaire de l'Assemblée nationale.
Je propose l'ajournement de la Chambre à deux heures trente,
demain après-midi.
M. LE PRESIDENT: La Chambre ajourne ses travaux à demain
après-midi, deux heures trente.
(Fin de la séance 18 h 6)