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Point de presse de Mme Marie Montpetit, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, et M. André Fortin, leader parlementaire de l’opposition officielle

Version finale

Le mercredi 6 octobre 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures)

La Modératrice : Alors, oui, bienvenue à ce point de presse de l'opposition officielle, donc la députée de Maurice-Richard, qui est accompagnée du leader de l'opposition officielle. Allez-y.

Montpetit : Merci, Alexandra. Oui, alors bonjour, tout le monde. Je suis accompagnée ce matin de mon collègue André Fortin.

On voulait réagir spécifiquement sur l'article concernant les statistiques d'attente en santé, statistiques qui ont été révisées à la baisse dans plusieurs domaines, notamment au niveau des délais d'attente en urgence, des délais pour se faire opérer en chirurgie. Ce qu'on constate ce matin, malheureusement, sans grande surprise, c'est l'échec de Christian Dubé comme ministre de la Santé. C'est du nivellement vers le bas de la CAQ.

On a vu un ministre qui, essentiellement, était un ministre de la vaccination au cours des derniers mois… nous avait dit à plusieurs reprises qu'il ne négligerait pas ce qui était important dans le réseau de la santé, c'est-à-dire toutes les autres sphères. Mais ce qu'on constate ce matin, c'est que ce n'est pas le cas. Il est en train d'échouer dans toutes les statistiques d'accès, que ce soit justement au niveau de l'urgence, que ce soit au niveau des différents délais d'attente, et c'est extrêmement déplorable, extrêmement inquiétant.

Donc, est-ce que le ministre de la Santé… Est-ce qu'il en a trop sur les épaules? Est-ce qu'il est débordé? Est-ce qu'il est dans sa tour d'ivoire? Est-ce qu'il est mal entouré? Il aura à répondre à ces questions-là. Mais, certainement, ce matin, son bilan, il est catastrophique.

Et on a un premier ministre aussi, M. Legault, qui a répété à plusieurs reprises dans la dernière année qu'il respecterait ses engagements malgré la pandémie. Le ministre de la Santé avait dit la même chose, qu'il ne négligerait pas ce qui est important malgré la pandémie, et ce qu'on constate aujourd'hui, c'est que ce n'est pas le cas.

On voit, entre autres, des délais d'attente pour les gens qui ont des cancers, les chirurgies pour les cancers. Le ministre a répété à plusieurs reprises qu'il ne réviserait pas ces chiffres, que c'était sa priorité, que c'était important. Et, aujourd'hui, ce qu'on apprend, c'est que la décision qui a été prise par le ministre de la Santé, c'est de doubler les délais d'accès, de doubler le temps que ça prendra pour des gens qui ont un cancer pour se faire opérer, et ça, c'est extrêmement déplorable.

Donc, je le répète, un nivellement vers le bas en santé qui est inacceptable, et c'est un constat d'échec total pour le ministre de la Santé. Merci.

Mme Gamache (Valérie) : Vous dites qu'il en a trop… Vous souhaitez que M. Legault, rapidement, nomme un autre ministre ou ajoute quelqu'un au Conseil des ministres pour prendre la fonction de la santé ou prendre la fonction de la vaccination?

Mme Montpetit : Ce que je demande, c'est au ministre de la Santé d'avoir des résultats, c'est de ne pas abdiquer, c'est de ne pas baisser les bras, et c'est surtout de sortir de sa tour d'ivoire, de s'entourer. On a proposé il y a quelques semaines de mettre sur pied une cellule de gestion de crise. Vous vous rappellerez, on avait proposé au ministre, justement, de s'entourer d'experts, de gens du terrain pour trouver des solutions. Il a refusé cette main tendue. Il a refusé cette décision-là.

Et, vous l'avez vu, il y a plein d'intervenants sur le terrain qui ont dit à plusieurs reprises qu'ils ne sont pas consultés, qu'ils ne collaborent pas avec le ministre. Il a fallu hier qu'on amène le maire de Senneterre ici, qui demandait depuis des semaines une rencontre avec le ministre, pour que le ministre, finalement, puisse le rencontrer.

Donc, ce qu'on lui demande, c'est de travailler avec les gens sur le terrain puis de mettre les solutions qui sont en place... les solutions qui sont proposées, qu'il les mette en place au lieu de faire du nivellement vers le bas, et de juste abdiquer, et de se dire : Bien, c'est parfait, les délais vont augmenter dans toutes les sphères du domaine de la santé.

M. Laforest (Alain) : ...vaccination obligatoire, là, vous appréhendez comment le 15 octobre?

Mme Montpetit : Bien, ce sera au ministre aussi de répondre à ces questions-là. On attend toujours d'avoir l'heure juste, les derniers chiffres, parce qu'il a communiqué des chiffres par rapport au réseau public, mais on attend toujours d'avoir des chiffres, entre autres, en ce qui concerne les RPA et d'autres domaines du réseau de la santé. Donc, quand on aura l'heure juste, on pourra réagir à ça avec plaisir.

M. Laforest (Alain) : ...qu'il y ait une fracture, parce que c'est quand même quelque chose que vous avez réclamé aussi, là. Donc, vous vous êtes rangés du côté du gouvernement et vous allez plus loin que le gouvernement. Le 15, c'est une date limite, là. Le 16 au matin, ça va faire mal.

Mme Montpetit : Bien, vous avez tout à fait raison, on l'a réclamée. C'est dans une semaine et demie, cette date butoir. On a demandé à plusieurs reprises… Effectivement, on avait demandé cette vaccination obligatoire. On continue de penser que, sur le principe, un travailleur de la santé devrait être vacciné pour être en contact avec un patient. Sur les modalités qui ont été décidées par le ministre, entre autres le congé sans solde, j'espère qu'il a pris la pleine mesure de ce que ça voulait dire. Moi, j'aimerais ça l'entendre aussi sur les gens qui ont pris une décision, peut-être, dans les dernières semaines, d'avoir leur première dose. Est-ce qu'il... Comment il va se gouverner par rapport à ça, par rapport aux gens qui ne rencontreront pas ce délai-là?

M. Laforest (Alain) : …avoir un impact, là, sur le réseau. Donc, ça va avoir un impact sur les chirurgies, sur les examens, si jamais il manque de personnel. Donc, on va se ramasser encore avec des gens qui vont être retardés sur les listes, là. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça, là?

Mme Montpetit : Bien, je…

M. Laforest (Alain) : …ce matin, mais en même temps vous êtes d'accord en disant que vous voulez imposer la vaccination obligatoire, ça fait qu'il y a des retards.

Mme Montpetit : Bien, il n'y a pas de dichotomie dans le fait de critiquer ces résultats puis dans le fait de demander la vaccination obligatoire. Le ministre a pris une décision par rapport à la vaccination obligatoire. On l'en salue, sur le fond, sur le principe. On souhaite qu'il ait pris la pleine mesure de ce que ça voulait dire. On souhaite qu'il ait pris les actions pour compenser ça. On ne peut pas juste déclarer comme ça : On met la vaccination, on se ferme les yeux, on attend le 15 octobre puis on verra ce qui va arriver. Moi, je ne l'ai pas entendu à aucune reprise, justement, nous dire : Voici la situation, voici ce que ça veut dire, voici les décisions qu'on va prendre en conséquence et voici surtout les actions qu'on a prises pour compenser cette situation-là.

Parce que, vous avez raison, M. Laforest, le ministre, là, il attend quoi? Il va se réveiller le 16 au matin puis il va dire : C'est la catastrophe dans le réseau, on ferme les salles d'opération, on reporte des chirurgies; ou, en ce moment, il est en train de prévoir la situation puis s'assurer justement d'une certaine compensation? Est-ce qu'il a, justement, vérifié, est-ce qu'il a un portrait juste… Ces travailleurs-là qui sont non vaccinés, où est-ce qu'ils vont être absents? Est-ce que c'est dans des CHSLD? Est-ce que c'est dans des salles d'op, des hôpitaux? Est-ce que c'est en hospit? J'espère qu'il a fait ce travail-là et j'espère que, justement, il a pris les actions nécessaires pour venir compenser et pallier les départs.

M. Lacroix (Louis) : Mais qu'est-ce qu'il aurait dû faire, le ministre, là, notamment sur les délais d'attente, là, si vous étiez à sa place, si vous étiez ministre de la Santé, là? Il y a une pandémie, le personnel est exténué, on le voit, là, ça quitte à pleines portes, puis on a de la misère à les ramener malgré les primes extraordinaires qu'on leur a offertes. Alors, vous feriez quoi, vous, comme ministre de la Santé, pour réduire les délais d'attente? C'est quoi, la solution? Qu'est-ce qu'il aurait dû faire, M. Dubé?

Mme Montpetit : Bien, qu'est-ce qu'il aurait dû faire? Jour 1, quand il était au Conseil du trésor, il aurait dû accepter la poursuite des projets ratios. Ça, c'est la première chose. Il y a des projets ratios, 17 projets ratios qui avaient été mis en place par notre gouvernement, qui avaient fait une différence sur le recrutement et sur la rétention des infirmières.

M. Lacroix (Louis) : C'est réglé, ça, dans la convention collective, là, dans la nouvelle convention collective.

Mme Montpetit : Ce n'est toujours pas appliqué.

M. Lacroix (Louis) : Mais non, mais ça va l'être. C'est parce qu'elle ne peut pas... Ce qu'on nous a expliqué, puis même la FIQ l'a dit, c'est qu'on ne peut pas l'appliquer instantanément, là, ça prend... Il y a un délai de mise en oeuvre de tout ça. Alors, je comprends que vous tapez là-dessus, mais là ils sont en train de le faire. Mais, à part ça…

Mme Montpetit : Bien, plusieurs choses. Un, ça, ce n'est pas appliqué. Ça devrait déjà être appliqué. Ça fait trois ans que la CAQ est au pouvoir, ça fait trois ans que la CAQ gouverne. Ce n'est toujours pas appliqué et c'est un problème. C'est un problème majeur. Le temps supplémentaire obligatoire… Là, on a un ministre, il y a deux semaines, qui est comme surpris de ce qui se passe dans le réseau, qui est surpris de voir des infirmières qui quittent le navire, qui disent : Si on veut sauver notre peau en ce moment, on doit quitter le réseau public. Ça, ce n'est pas moi qui l'invente, c'est des infirmières sur le terrain qui le disent. Le temps supplémentaire obligatoire, je n'ai toujours pas entendu une déclaration du ministre de la Santé qui dit : À terme, on va venir, à telle date ou à tel échéancier, justement, l'abolir.

C'est des choses comme ça. Les solutions… Les infirmières, les travailleurs de la santé qui sont épuisés, auxquels vous faites référence, tous les jours, on les entend, tous les jours, et ils nous disent exactement ce qu'ils souhaitent pour, justement, pallier la situation à l'heure actuelle, pour freiner l'hémorragie. La situation, là… Puis, je le répète, là, Christian Dubé, en ce moment, on dirait qu'il regarde son navire couler puis qu'il se dit : Ah bien! J'ai des infirmières qui quittent... Il faut qu'il prenne des actions. Puis là la seule chose qui a été faite, c'est l'annonce qui a été faite, il y a deux semaines, par le premier ministre, de mettre 1 milliard en primes. Vous avez vu la réaction des travailleurs de la santé. Elle est très, très claire. Donc, de toute évidence, il erre dans les solutions qu'il est en train de mettre en place.

M. Lacroix (Louis) : Donc, il faudrait arrêter immédiatement le temps supplémentaire obligatoire?

Mme Montpetit : Ce n'est pas ce qui est demandé par les travailleurs de la santé. Ce qu'ils demandent, c'est qu'il y ait un engagement en ce sens. Les travailleurs de la santé, ce qu'ils ont répété à plusieurs reprises… C'est que, depuis 18 mois, le gouvernement gouverne par décret. Ce qu'ils demandent, c'est de rebâtir le lien de confiance avec le gouvernement à l'heure actuelle, de rebâtir le lien de confiance avec le ministre de la Santé, qu'il y ait des engagements clairs qui soient pris par le ministre en disant : Voici la direction dans laquelle on va, voici, à terme, dans, par exemple, six mois, où on va être rendus, voici, dans un an, où on va être rendus. Parce que c'est de la pensée magique de croire que des infirmières, des inhalos, des travailleurs de la santé, qui ont quitté pour certaines raisons, notamment les conditions de travail, vont revenir, alors que, les conditions de travail, elles n'ont pas changé.

Mme Gamache (Valérie) : Mme Montpetit, j'aimerais vous amener dans votre ancienne vie, lorsque vous étiez sur la commission sur les pesticides. On apprend ce matin qu'il y a un projet de loi qui a été déposé. Les pesticides seront taxés. Il y aura des permis qui seront demandés aussi pour en importer. Est-ce que vous avez l'impression que c'est peut-être la plus grande avancée qui a été faite depuis cette commission-là?

Mme Montpetit : Bien, je vous dirais qu'on va prendre connaissance de ce qui a été déposé par le ministre Charette, puis je laisserai ma collègue Isabelle Melançon, à l'environnement, répondre à ces questions-là puis réagir.

Mme Lévesque (Fanny) : Sur la vaccination obligatoire, est-ce que je comprends que vous demandez au ministre d'accorder un sursis à ceux qui auraient eu leur première dose depuis, là… par exemple, là, que leur deuxième est le 22 octobre, est-ce que vous leur demandez de leur accorder un sursis ou vous êtes d'accord à ce qu'ils soient suspendus?

Mme Montpetit : Ce qu'on demande au ministre, c'est de donner l'heure juste. À l'heure actuelle, je ne sais pas si quelqu'un d'entre vous ici a cette réponse-là. Il arrive quoi, le 16 octobre au matin? Combien il y a de gens qui vont être suspendus, qui vont se retrouver sans solde, combien de travailleurs de la santé, dans quelles régions, dans quels milieux? Là, en ce moment, je ne sais pas si lui navigue à l'aveugle. Je lui souhaite que non. Je nous souhaite que non. Mais je pense qu'il doit être capable de répondre d'abord et avant tout à cette question-là. J'imagine qu'il a pris la mesure de ce que ça veut dire. Est-ce que c'est 30 personnes dans un centre? Est-ce que c'est plus? Et, après ça, on pourra... C'est ce genre de question là qui doit se poser.

M. Bergeron (Patrice) : …un constat assez accablant ce matin. On a l'impression que, pour moins que ça, on a dégommé Mme McCann. On a fait aussi un constat accablant de la gestion du ministre Roberge, et vous avez fini par demander sa tête. Est-ce que vous donnez une période de temps, une échéance au ministre, M. Dubé, pour se corriger ou vous allez finir par lui demander aussi sa tête?

Mme Montpetit : Bien, moi, je ne suis pas dans des questions d'échéances. Je suis dans des questions de résultats. Je pense que le ministre Dubé ne m'impressionne pas à l'heure actuelle dans ses résultats. Je pense qu'on peut tous constater qu'il y a un recul dans toutes, toutes les statistiques d'accès, dans tous les indicateurs d'accès.

Quand je vois des fermetures qui se multiplient dans toutes les régions du Québec, des bris de services, des femmes qui doivent faire 100 kilomètres pour aller accoucher, des urgences qui sont fermées dans la région de l'Outaouais depuis plus de 100 jours, et il n'y a toujours aucune date de réouverture, bien, permettez-moi de dire qu'il y a un ministre qui ne fait pas sa job, qui, en ce moment, honnêtement, ne fait pas face à la musique non plus.

Comme je le répète, quand on a un maire qui a besoin de venir ici pour pouvoir avoir une discussion avec un ministre, le regarder droit dans les yeux puis vraiment avoir l'heure juste à ce niveau-là… On a un ministre qui n'est pas sur le terrain, qui n'assume pas ses responsabilités et qui, en plus de ça, annonce aux Québécois : Préparez-vous, il y aura d'autres fermetures, qui nie son engagement, justement, qu'il n'y aura plus de bris de services, hein?

On se rappelle qu'il s'est engagé à ça il y a trois semaines. Il ne l'a plus jamais répété, puis ce n'est pas à défaut qu'on n'ait posé la question. Donc là, il est en mode de gestion de fermetures, et ça, ça ne s'est jamais passé dans le réseau de la santé. C'est extrêmement préoccupant, c'est inquiétant puis c'est une question de sécurité des patients.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que c'est encore l'homme de la situation pour vous? Vous avez fait un détour à Senneterre pour revenir à Québec. Est-ce que c'est encore l'homme de la situation? Est-ce qu'il doit quitter?

Mme Montpetit : Ce n'était pas une question de détour. Je pense, la question était sur un échéancier. Moi, ce que je veux, c'est des résultats du ministre, donc que le ministre, ce matin, vienne répondre aux questions…

M. Laforest (Alain) : Ce n'est pas ça, ma question. Est-ce que c'est encore l'homme de la situation?

Mme Montpetit : Bien, je pense que le ministre doit faire la démonstration qu'il est entouré, qu'il sait où il en s'en va et qu'il ne va pas… Si, honnêtement, le ministre de la Santé, sa gestion, c'est une gestion par fermetures, bien, je pense qu'on n'a pas un bon ministre de la Santé, effectivement, puis que le premier ministre aura à répondre s'il souhaite avoir ce genre de ministre là de la Santé. Je pense que la priorité d'un ministre de la Santé, qui qu'il soit, au Québec, devrait être de favoriser l'accès aux services de santé, de favoriser l'accès aux services de proximité, et, à l'heure actuelle, c'est tout le contraire qu'il est en train de faire comme ministre de la Santé, là.

M. Lacroix (Louis) : Mme Anglade, la semaine… bien, en fait, au cours des dernières semaines… ça fait quelques semaines qu'elle dit : Vous faites un excellent travail comme porte-parole à la santé. Alors, si vous étiez nommée ministre de la Santé dans un gouvernement libéral, est-ce que vous engageriez la phase deux de la réforme Barrette?

Mme Montpetit : Bien, premièrement, vous savez, moi, je ne réponds pas à des questions hypothétiques. On traversera le pont quand on aura tué l'ours, hein, comme on dit. Mais je pense qu'à l'heure actuelle ce qui fait défaut… La réforme qui a été mise en place voulait s'assurer justement qu'il y ait moins de soldats, je vais le dire comme ça, qu'il y ait un nombre de gestionnaires… justement, des P.D.G… pour que le ministre puisse donner une direction claire. À l'heure actuelle, ce que j'entends, ce que je vois, c'est qu'on a un ministre qui se colle un peu à ce qui est positif, mais, dès que ça va mal, il n'est plus au rendez-vous, puis là il dit aux P.D.G. : Bien, gérez comme vous voulez, faites ce que vous voulez, apportez-moi des solutions.

Donc, je pense, ce n'est pas tant dans la réforme que dans le style de gestion du ministre à l'heure actuelle… Est-ce que c'est une méconnaissance du réseau de la santé? Est-ce qu'il y a des choses qu'il ne voit pas? Est-ce que c'est son style personnel de gestion? Mais je pense certainement que ça fonctionnerait beaucoup mieux en ce moment si on avait un ministre qui était imputable et qui donnait une direction claire au réseau.

M. Lacroix (Louis) : Donc, de redonner plus de pouvoirs à un ministre de la Santé, c'est bon quand c'est le bon ministre de la Santé?

Mme Montpetit : Bien, j'espère que le premier ministre, quand il nomme quelqu'un, s'attend à ce que la personne qui est en poste fasse la job. Ce n'est pas une question de pouvoirs. Ce n'est pas une question de gouvernance. Je veux dire, quand on nomme des ministres, c'est une responsabilité. C'est un des ministères les plus importants. Ça a une incidence sur chacun d'entre nous, au niveau de nos vies. J'espère que le premier ministre fait cette évaluation-là puis qu'il se pose des questions aujourd'hui, à savoir s'il souhaite le garder en place ou pas, parce qu'il est en train de s'éloigner… Tous les indicateurs...

Mme Lajoie (Geneviève) : Vous avez parlé du style de gestion. Est-ce que vous préfériez le style de gestion de Dr Barrette?

Mme Montpetit : Bien, écoutez, je ne rentrerai pas dans ce genre de détail là. Moi, ce que je pense à l'heure actuelle, c'est qu'on va s'occuper de ce qui se passe présentement. Moi, ce que j'attends, c'est qu'il y ait un ministre de la Santé qui fasse la job, puis, en ce moment, il ne la fait pas, puis c'est préoccupant.

M. Bossé (Olivier) : Sur le tramway, est-ce que la CAQ met des nouveaux bâtons dans les roues pour le tramway ou c'est juste le processus normal du ministère?

M. Fortin : Bien, pour le tramway, là, il y a une élection municipale qui est en cours. On a vu les différentes propositions de différents partis. Honnêtement, je pense qu'on peut s'en remettre aux gens de Québec pour prendre la bonne décision par rapport à la vision qu'eux ont, pour des idées qu'eux veulent, pour le projet qu'eux veulent. Alors, pour l'instant, là, je crois que le gouvernement devrait prendre un pas de recul, laisser les électeurs décider de ce qui meilleur pour eux.

Journaliste : Rapidement, à titre d'ancienne ministre de la Culture, est-ce que ça vous inquiète de voir du piratage des oeuvres québécoises, des films québécois sur YouTube?

Mme Montpetit : Excusez-moi, je n'ai pas entendu.

Journaliste : À titre d'ancienne ministre de la Culture, est-ce que ça vous inquiète de voir à quel point il y a des oeuvres québécoises qui sont diffusées sur YouTube sans l'autorisation de ses auteurs?

Mme Montpetit : Bien, je pense que ça vient toucher toute la question du droit d'auteur. Oui, certainement, c'est préoccupant. J'imagine qu'il y aura une réaction du gouvernement là-dessus aussi. Mais on est dans une ère, je pense… puis on sort... dans une ère aussi difficile, pour les artistes, de façon générale. On sort d'une pandémie. Ce l'est encore plus. Je pense que, oui, c'est certainement préoccupant.

Journaliste : ...quelque chose qui était déjà un sujet de préoccupation quand vous étiez en fonction?

Mme Montpetit : Bien, toute la question du droit d'auteur, effectivement, c'était un... mais pas de type de cas spécifique, là. Mais, par exemple, par rapport à la musique, entre autres, ça a été abordé dans la politique culturelle qui avait été déposée en 2018. C'est un travail qu'on avait fait avec l'ADISQ, entre autres. Mais, oui, ça a toujours été un... mais pas spécifiquement par rapport à ce type de situation.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

Une voix :

Mme Senay (Cathy) : Ah! OK, because it's a question in health.

Des voix : ...

Mme Senay (Cathy) : Non, je ne comprends pas. J'ai des questions reliées aux services de la santé.

M. Fortin : Juste en anglais, c'est peut-être plus facile.

Mme Senay (Cathy) : Ah! OK. Well, it's a question regarding the nurses' plan. I don't know what the Liberal Party gets from nurses, how it is moving… Like, are they basically going ahead with the plan? Like, what do you have… you get from the field as of now?

M. Fortin : Well, the initial indications as to the Minister's plans was that the results are… Very small numbers of nurses have chosen to come back. And that was the problem from the start with the plan that the Government put forward, is that there was a lot of nurses, from the get-go, who said : Well, this isn't enough to bring me back, these aren't long-term working conditions. This isn't getting rid of mandatory overtime, this isn't making sure that I have the proper time to spend with my patients, which really, I think, is what they want at the end of the day. To have a one-time bonus is one thing, but to have working conditions and salary conditions that are changing over the long-term… I think that's really what the nurses said to the Government : This is what we want. And, so far, we're just not seing the results. So the Government will have to come up with a much more comprehensive plan than just a one-off, onetime payment to nurses.

Mme Senay (Cathy) : There is a press conference outside with the PQ at 9:30, and different unions, for breaks in services. I don't understand why the Liberals are not there. They're talking about breaks in services after October 16th. So I don't know why you're not on the field, like, doing that press conference. What do you…

M. Fortin : To be honest, everybody's concerned about the breaks in services. Whether you are doing a press conference with unions, whether you're doing a press conference with mayors of small towns, like we did yesterday, everybody across Québec, every citizen is worried about breaks of services. So I'm certainely happy that everybody is getting involved in this… that the nurses' unions, that the small town mayors, the people across Québec are getting involved and are telling the message to Government that we cannot accept a Government that simply says : Oh! well, it's a pandemic, it's hard, we're going to decrease services that are available to citizens.

It's not acceptable to have emergency rooms that are closed and people that have to do 100 kilometers to get to the nearest emergency room. It's not acceptable to live in a region where your obstetrics unit has been closed for a year and a half. It's not acceptable not to have those services and to have cancer patients, as we learned this morning, who are waiting twice as long for their surgeries. Government has to prioritize according to the needs of the citizens. And, when you have a Health Minister who tells us over and over : I will not let down cancer patients, and then you learn, in the paper, that they're willing to have twice as long a wait, quite honestly, I'm just happy that everybody is finally getting involved in this… and making sure that Government is pressed on the issue so that we can provide better services to citizens.

Mme Senay (Cathy) : But it's October 6th right now. What are you asking the Minister, the Health Minister? Like, do you know what's going to happen after October 15th?

M. Fortin : I certainly hope the Health Minister knows what's going to happen after October 15th. There is going to be a number of… If the Minister follows through with his guidelines, there are going to be a number of health care professionals who will not be in our hospitals, in our long-term care facilities, in our health care facilities. But the Minister never told us this: I expect there to be x amount of employees less in long-term care facilities, x amount of employees less in hospitals, and this is my contingency plan, this is how I'm going to make it work. That's what we want from the Health Minister, is to give us a adequate picture and then say : I have a plan to make it work so that patients can get the services that they need or I have a plan to really convince these people that they do need and they will get the vaccine so that they can continue to offer services. Those are the things we're looking for from the Government at this point.

Mme Senay (Cathy) : Are you asking for a period of grace for the ones who did receive their first dose already?

M. Fortin : We're asking for the Government to be honest with Quebeckers as to what's going to happen at that date and to come up with a plan so that people can get the services that they need.

Journaliste : What would be your plan...

M. Fortin : Well, our plan would have started a whole lot earlier. To be honest, the Minister, it seems that he is... he caught himself off guard here. My colleague mentioned it a second ago, but we could've increased the working conditions for nurses a long time ago, so that we are not in the situation we're in. The Minister says : I don't want to close any more services. He said that two weeks ago and he never dared repeat it. The Premier didn't dare repeat it. He could have put in... He could have canceled mandatory overtime so that nurses feel comfortable coming back to the network. He could have given them better working conditions. He could have applied better ratios for patients to nurses. Those are all things that could have been put in place, that should have been put in place and that would make sure that we're not in the situation we're now facing these days.

La Modératrice : Merci. Bonne journée.

(Fin à 8 h 23h 23)

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