Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Le jeudi 30 septembre 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures cinquante et une minutes)

M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup. Bonjour, tout le monde. Ce matin, je veux vous raconter une histoire. Ça se passe en 1973. C'est l'histoire d'une grand-mère qui a économisé de l'argent tout l'été pour acheter un beau chandail à sa petite-fille qui s'appelle Phyllis, un chandail orange, juste à temps pour la rentrer scolaire. La petite Phyllis n'a jamais porté son chandail orange parce que sa rentrée scolaire a tourné au cauchemar, parce que dès qu'elle est rentrée dans son école, qui était en fait un pensionnat autochtone, on lui a confisqué son beau nouveau chandail orange.

C'était le pensionnat St. Joseph en Colombie-Britannique. On lui a enlevé son chandail orange des mains. On lui a dit : Tu vas porter un uniforme. Pourquoi? Parce que c'est ce qu'on disait à l'époque, il fallait sortir l'indien de l'enfant.

40 ans plus tard, en 2013, Phyllis Webstad a raconté cette histoire-là. Elle était maintenant une survivante des pensionnats autochtones.

C'est pour cette raison-là qu'aujourd'hui, le 30 septembre, partout au Québec, partout au Canada, il y a des gens qui portent des chandails orange. C'est pour ça que j'en porte un, aujourd'hui. Je vois mes collègues aussi en arrière qui font la même chose. Et c'est les nations autochtones qui nous ont invitées à poser ce geste-là en l'honneur de toutes les Phyllis qui ont péri ou qui ont souffert dans les pensionnats autochtones.

C'est aussi pour cette raison-là que le 30 septembre est devenu un jour férié au Canada. C'est également un jour férié dans plusieurs communautés autochtones. J'ai même vu qu'il y a des entreprises au Québec qui commencent à emboîter le pas dans ce mouvement-là. Je voyais notamment les magasins Simons qui sont fermés en ce 30 septembre. Je veux saluer d'ailleurs ce geste-là de la part de l'entreprise. Je pense que le Québec doit embarquer dans le mouvement. Je pense que le Québec doit se joindre à cet élan de solidarité puis de réconciliation avec les peuples autochtones.

On va déposer, aujourd'hui, une motion pour que le Québec emboîte le pas, s'ajoute à ce mouvement de solidarité et que le 30 septembre soit également considéré, au Québec, comme une journée fériée. Une journée fériée, ça ne change pas le monde, ça ne change pas, surtout, le passé, mais ce serait un petit geste, un vrai geste de réconciliation, de justice, de solidarité. Ce serait un message, un message fort pour dire que le 30 septembre, au Québec, ce n'est pas une journée comme les autres, c'est une journée importante où on se rappelle de ce qui s'est passé sur notre territoire, sur le territoire du Québec, c'est une journée où on essaie de construire un meilleur avenir en solidarité avec nos frères et nos soeurs des peuples autochtones. Merci.

Mme Labrie : Merci, Gabriel. Vous vous souvenez, il y a quelques semaines, je lançais, à l'occasion de la rentrée scolaire, un site de dénonciation pour permettre aux membres du personnel, mais aussi aux familles, de nous dire ce qui ne fonctionne pas bien dans nos écoles. Et, à ce moment-là, on a commencé à recevoir des centaines de témoignages.

Et, parmi ces témoignages, il y avait une famille qui nous disait que leur enfant, leur fille en maternelle quatre ans, avait été dépistée comme quoi elle avait des problèmes de langage, et malheureusement personne n'avait pu lui offrir des services, ni à l'école ni dans le réseau de la santé. Et les parents étaient inquiets, évidemment, parce qu'on leur avait signalé qu'il y avait un problème mais qu'on ne les aidait pas. Ils se sont tournés vers le privé. Ça leur a coûté plusieurs centaines de dollars. Et la famille a accepté récemment de raconter son histoire dans les médias. Vous avez lu cette histoire-là cette semaine.

Le ministre s'est scandalisé en découvrant ce récit-là, comme s'il entendait parler, pour la première fois, d'un enfant qui ne recevait pas les services dans nos écoles. Il était tellement scandalisé qu'il a dit qu'il allait rembourser la famille et il a dit qu'il allait rembourser aussi les autres familles qui avaient dû avoir recours à des services au privé dans une situation similaire.

C'est un geste de réparation très, très important que le ministre a fait parce que, cet enfant-là, ses droits n'ont pas été respectés. Et c'est un droit reconnu dans la Loi sur l'instruction publique d'avoir des services professionnels à l'école, donc le ministre doit rembourser ces frais pour réparer une injustice.

Mais je me mets dans la peau des parents, des milliers de parents qui ont vécu ça, et je pense que le ministre doit être plus clair. Il doit expliquer aux familles comment faire pour obtenir un remboursement. Est-ce qu'ils doivent s'adresser à l'école, au centre de services, au ministère? Est-ce qu'ils doivent fournir des documents pour soutenir leur demande de remboursement? Si oui, lesquels? Combien de temps en arrière est-ce que le ministre va reculer pour ces remboursements-là? Parce que ça fait quand même des années, au Québec, que des milliers d'élèves ne reçoivent pas les services auxquels ils ont droit dans nos écoles.

C'est des questions que les parents se posent. Et même la maman concernée, cette semaine, qui était dans les médias, en date d'hier, n'avait pas eu d'information sur comment procéder pour obtenir ce remboursement. Donc, moi, j'invite le ministre à être clair sur la façon dont ça va fonctionner pour les familles. Et j'ai hâte de voir combien il budgète pour ça aussi parce que des familles concernées, il y en a des milliers.

Par ailleurs, rembourser les services au privé, c'est un geste de réparation important, je l'ai dit, mais ce n'est pas un projet de société. Ça ne peut pas fonctionner comme ça parce que les services doivent être offerts dans les écoles. Les professionnels doivent pouvoir être auprès des élèves pendant la journée, ils doivent pouvoir aller en classe, et ça, c'est fondamental.

Et donc, ça nous ramène à la pénurie de professionnels. On voyait ce matin qu'il en manque minimum 500, ne serait-ce que pour combler les postes qui sont déjà affichés, et c'est très grave.

Et le ministre doit mettre en place des solutions pour redonner de l'autonomie aux professionnels qui ont quitté le réseau, qui ne veulent pas y aller parce qu'ils savent qu'ils ont peu d'autonomie professionnelle dans le réseau de l'éducation en ce moment. C'est grave parce que cette pénurie-là, non seulement elle nuit aux services aux élèves, mais elle entretient aussi la pénurie d'enseignants. Et là, le ministre fait un geste de dire : Je vais rembourser les services obtenus au privé pour les enfants. Mais ça, ça ne compense pas, par exemple, ça ne règle pas l'enjeu des conseillers pédagogiques, par exemple, qui soutiennent... qui sont des professionnels qui soutiennent les enseignants dans leur travail. Donc, je pense que le ministre doit comprendre aussi, là, qu'il n'a pas trouvé une solution miracle, là, en ce moment, là. Il va falloir quand même qu'il trouve des moyens d'attirer des professionnels dans le réseau, et je ne vois pas de geste dans ce sens-là, jusqu'à maintenant, là. Dans les conventions collectives, on n'a pas vu nécessairement la restitution d'une autonomie intéressante, là, pour ces professionnels-là dans le réseau.

Donc, je fais cette demande-là au ministre aujourd'hui. Je lui demande de s'assurer qu'on puisse régler le problème en ramenant les professionnels dans le réseau. Je ne veux pas qu'il se contente de rembourser les services au privé. Pour moi, ça, ce n'est pas un projet de société, c'est simplement un geste de réparation nécessaire.

Et puis, pour conclure, j'aimerais ça rappeler que la pénurie de professionnels, ce n'est pas le seul échec du ministre. Vous vous souvenez que je l'ai invité à démissionner dans les dernières semaines. Il y a, oui, la pénurie, mais aussi la gestion chaotique de la pandémie, le retard dans l'utilisation des tests rapides, dans la ventilation, il y a l'état de nos écoles.

D'ailleurs, on apprenait récemment qu'il y a des travaux de rénovation, de construction qui sont annulés ou reportés parce qu'il y a des dépassements de coûts. On se souviendra que, juste à côté, il y a le projet de tunnel, de troisième lien qui va de l'avant malgré une facture, dont on ne connaît pas la limite. Il y a le plomb dans l'eau qui n'est pas réglé. Il y a des milliers d'enfants déscolarisés.

Il y a le bris d'engagement pour la réforme du protecteur de l'élève. Je vous rappelle qu'en début de semaine on a entendu des dénonciations inquiétantes, à Repentigny, de familles qui nous disent avoir vécu du racisme systémique dans le réseau d'éducation là-bas. Ça, ça nous rappelle à quel point c'est urgent de réformer le protecteur de l'élève, parce qu'il n'y en a pas, en ce moment, de mécanisme de plainte efficace et indépendant. Donc, je vais m'arrêter ici, là, parce qu'on en aurait pour toute la journée de nommer les échecs du ministre, mais vous voyez que la liste est longue.

M. Gagnon (Marc-André) : Pour continuer là-dessus, sur les tests rapides, la pénurie de personnel parce que, là, on voit que le déploiement des tests rapides est retardé dans la plupart des écoles primaires. Est-ce que la pénurie de personnel, c'est une raison qui est suffisante…

Mme Labrie : Pas du tout, ça fait quoi, un an, que Santé Canada a approuvé ces tests-là, donc on a eu amplement le temps de réfléchir à comment les utiliser dans nos écoles. Pour moi, ce n'est pas une raison, là, d'être aussi en retard dans l'utilisation de ces tests-là.

Mme Lévesque (Fanny) : M. Nadeau-Dubois, sur la commission Viens, on apprend, ce matin, le comité de suivi qui estime que les avancées sont très timides, deux ans plus tard, même des mesures qui sont anecdotiques, qui répondent partiellement aux engagements, qu'on évite même, en fait, que toutes les mesures plus structurantes ne progressent pas. Quelles sont vos réactions par rapport à ça? Est-ce que ça vous surprend?

M. Nadeau-Dubois : Je ne suis pas surpris, c'est ce que ma collègue Manon répète depuis des semaines. Il faut que les choses changent plus vite. Ce n'est pas normal que, deux ans après le rapport Viens, un an après la mort de Joyce, il y ait juste 1 % des gens dans le réseau de la santé qui aient suivi une formation sur ces enjeux-là. Ce n'est pas normal qu'on n'ait même pas de données dans notre réseau de santé, à savoir combien il y a d'incidents ou d'accrochages racistes. Ce n'est pas à l'honneur du Québec d'être autant en retard. Il faut avancer plus vite que ça.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que le fait que le gouvernement ne reconnaisse pas le racisme systémique, ça retarde le déploiement des engagements? Parce que, selon le comité de suivi, ça prend des actions, ils le disent, systémiques pour vraiment aller à la racine du problème. Donc, est-ce que ça retarde le déploiement de la commission... des recommandations?

M. Nadeau-Dubois : Sur toute la question du racisme systémique et des autochtones, ce qu'il faut rappeler, là, c'est que la demande de reconnaître le racisme systémique auquel font face les peuples autochtones, ce n'est pas une demande de Québec solidaire, c'est une demande des nations autochtones qui l'ont inscrit au coeur du Principe de Joyce et qui s'attendent à ce que ce soit reconnu. Donc, le premier ministre peut utiliser chacun de ses points de presse pour attaquer Québec solidaire et pour attaquer ses adversaires politiques. Quand il qualifie cette demande-là de radicale, ce qu'il qualifie de radicale, en fait, c'est la demande des nations autochtones.

Donc, nous, quand, cette semaine, on formule cette demande-là à l'Assemblée nationale, là, ce n'est pas pour attirer l'attention. C'est parce qu'on relaie une demande qui est celle des nations autochtones. Et vous posez une bonne question. Les nations s'attendent à des gestes de nature systémique, et ce que ces nations nous disent, c'est qu'elles ont besoin de cette reconnaissance pour avancer dans leur processus de guérison.

Ça, ce n'est pas mon opinion, ce n'est pas l'opinion de Manon Massé, c'est ce que disent les leaders autochtones. Moi, je m'attends à ce que le premier ministre les écoute, elles. Je ne lui demande pas de m'écouter, moi, je lui demande d'écouter les nations autochtones qui disent... et je lui demande d'écouter Carol Dubé aussi. Tous ces gens-là disent : On a besoin de cette reconnaissance pour avancer sur le chemin de la guérison.

M. Lacroix (Louis) : Mais quelle est la limite du racisme systémique selon Québec solidaire? Est-ce que le racisme... il y a seulement les Premières Nations qui sont victimes de racisme systémique ou si le concept est plus large que ça au Québec et peut s'appliquer aussi, par exemple, aux minorités visibles, aux personnes racisées?

M. Nadeau-Dubois : On fait... il y a beaucoup de débats autour du mot, mais revenons aux faits. Le racisme systémique, au fond, c'est quoi? Ça veut dire que, si tu es membre d'une minorité visible au Québec, là, c'est plus difficile que les autres de te trouver une job, c'est plus difficile que les autres de te trouver un logement, mais c'est plus facile que les autres de te faire interpeller par un policier ou une policière. C'est juste ça, le racisme systémique, c'est très, très simple.

M. Lacroix (Louis) : Donc, ça s'étend à... Parce que, dans le cas des Premières Nations, on peut dire, par exemple, qu'il y a eu un système érigé par l'État pour les assimiler, pour assimiler leur culture, les individus, etc. Mais, dans le cas de ce que vous citez, par exemple, du racisme qui est peut-être plus ciblé dans les gestes de tous les jours, ce n'est pas institué en système public, il n'y a pas de loi, par exemple, qui vienne dire : Bien là, il faut absolument que les Noirs, par exemple, deviennent Blancs ou...

M. Nadeau-Dubois : Oui. Je pense que vous faites une distinction importante. Ceci étant dit, le caractère volontaire n'est pas nécessaire pour que, dans la réalité concrète et quotidienne, des gens soient défavorisés par rapport aux autres. C'est ça, tout simplement, que ça veut dire, ce fameux mot de «systémique» qui semble angoisser autant François Legault. Ça veut juste dire qu'il y a des gens qui partent deux, trois pieds derrière les autres quand qu'ils ont commencent leur vie, quand qu'ils commencent leur trajectoire professionnelle, c'est juste ça que ça veut dire.

Puis lutter conter le racisme systémique, ça veut dire quoi? Ça veut dire essayons de se donner des règles, des habitudes, des normes pour que tout le monde parte sur un même pied d'égalité.

La Modératrice : Une dernière question...

M. Robitaille (Antoine) : ...est-ce qu'ils sont victimes de discrimination systémique selon vous?

M. Nadeau-Dubois : Je pense qu'il y a un caractère structurel, il y a un caractère systémique, oui, à l'oppression historique des francophones.

Ceci étant dit, moi, je veux bien faire attention, là, il ne faut pas tomber dans la hiérarchisation puis dans le concours. Tu sais, moi, je ne veux pas qu'on tombe dans la compétition de qui qui est plus systémiquement discriminé, là. Les autochtones le sont d'une certaine manière très particulière historiquement, très explicite. Les minorités visibles le sont au Québec d'une manière différente. Ce n'est pas un concours. Les francophones l'ont été dans l'histoire de l'Amérique du Nord également. Puis moi, je ne veux pas qu'on tombe dans la hiérarchisation de ça parce que, quand on fait ça, c'est là qu'on se met à se braquer, puis là le débat, je pense qu'il perd en qualité quand on se met à faire des concours de ça.

M. Gagnon (Marc-André) : Sur le passeport vaccinal à l'Assemblée nationale, est-ce que les élus n'ont pas un devoir d'exemplarité? C'est ce que le PLQ, M. Tanguay nous a dit tout à l'heure. Le PQ, pour sa part, craint des enjeux juridiques.

M. Nadeau-Dubois : Je pense que les élus ont un devoir d'exemplarité. Et cette première exemplarité-là, c'est quoi? C'est de respecter les recommandations de la Santé publique. La Santé publique ne recommande pas l'imposition du passeport vaccinal à l'Assemblée nationale. Donc, être exemplaire, c'est quoi? C'est respecter les recommandations de la Santé publique.

L'Assemblée nationale doit aussi être exemplaire sur le plan de ses relations de travail. En ce moment, la Santé publique et le gouvernement du Québec n'ont émis aucune recommandation claire pour savoir comment les employeurs devaient se comporter avec le passeport vaccinal. Nous, à Québec solidaire, on est mal à l'aise que l'Assemblée nationale donne le la et envoie le message que les employeurs devraient l'exiger, alors que la Santé publique elle-même n'a pas fait de recommandation sur cette question-là. On a toujours été mal à l'aise, nous, que l'Assemblée se vote des régimes d'exception qui la mettent en décalage par rapport au reste de la société. Il faut que nos règles en matière de relations de travail à l'Assemblée nationale soient au diapason avec les règles en relations de travail dans les autres milieux de travail au Québec. Il n'y a pas de raison qu'il y ait deux poids, deux mesures.

La Modératrice : En anglais, s'il vous plaît.

M. Lavallée (Hugo) : Quelles sont vos attentes cet après-midi concernant l'annonce pour les grands rassemblements? C'est une chose pour laquelle vous êtes favorable a priori?

M. Nadeau-Dubois : On va attendre de voir l'annonce avant de dire si on est favorables ou défavorables. Puis je vais vous dire ce que je répète au nom de Québec solidaire depuis deux ans : Il faut suivre la science, il faut suivre les recommandations de la Santé publique. Il faut trouver les équilibres nécessaires entre la santé mentale, la joie de vivre, j'ai presque envie de dire, et le contrôle de la transmission du virus. Moi, ce à quoi je m'attends, cet après-midi, c'est qu'on trouve cet équilibre-là.

La Modératrice : En anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. Can I ask you… the vaccine passport, the PQ and QS are still against it. The discussions have been going on for weeks now, it seems that the PQ, according to the Journal de Québec, will ask for a vote at the BAN. But, I mean, why don't you do it? Everybody's vaccinated in your team.

M. Nadeau-Dubois : Yes, I know. I think, you know, historically, Québec solidaire always disagrees when the National Assembly tries to vote to itself different rules than the rules of the rest of society. Public Health authorities have not recommended the imposition of the vaccine passport in the National Assembly, just like it has not recommended it for all the other employers in Québec. We think there should be one rule for all, not a special rule for the National Assembly and no rule for the rest of Québec.

Mme Senay (Cathy) : Yes, but if you want to set an example, you have to go first.

M. Nadeau-Dubois : I think… When we say the National Assembly has to set an example, I agree. But what example should we set? I think we should set the example that employers have to follow Public Health recommendations. We have asked Dr. Arruda and his team, does he recommend the vaccine passport in the National Assembly? He said no. For us, that's solves the issue.

Mme Fletcher (Raquel) : I have a question about your motion. So, we saw what happened on Tuesday, we saw what happened with François Legault, how he responded yesterday. What is the objective about this motion? Because the Government has already said that they're not going to make September 30th a provincial…

M. Nadeau-Dubois : I heard Mr. Legault in a press event last June saying that he was not interested in that proposition. But the National Assembly, as an institution, has nos spoken yet on that issue, and I think it's important, in a day like today, to relay, in the National Assembly, an idea that comes from indigenous peoples. First Nations leaders are telling : We think it's a good idea that this day is like a collective pause to think about the past and to prepare the future. So, we're putting that idea forward in a constructive way to say : Indigenous leaders are putting this forward, some businesses are already jumping in the movement, of course, indigenous communities themselves are joining the movement. So, why not Québec? I think it's a good idea. Interesting fact, there is more… How do you say «férié» in English?

Mme Fletcher (Raquel) : Holiday.

M. Nadeau-Dubois : Holiday. There're nine holidays a year in Ontario, and only eight in Québec. So, why not one more on September 30th, to just send the message that this day is not an ordinary day for us?

Mme Senay (Cathy) : Well, the clear message you want to send, like in wear orange today and having this holiday, this statutorily day of the September 30th. Beyond the words, what do you want to send as a message?

M. Nadeau-Dubois : Holidays don't change the world, but they can be a tool to send the message to society that this is not a day like any other day. It's a special day where we can all take a pause from our ordinary life, think about the past and prepare the future. Those messages are important. The road toward justice and reparation will be long. There will be moments of consensus, there will be moments of debates, and it's OK. But those days can be a tool all to take a pause and just think about what we can do better as a society to build a better future with our brothers and sisters of the First Nations.

La Modératrice : Merci beaucoup.

Mme Senay (Cathy) : Merci.

(Fin à 9 h 11)

Participants


Document(s) associé(s)