(Onze heures une minute)
Le Modérateur : Bienvenue à
ce point de presse de la Vérificatrice générale, Mme Guylaine Leclerc. Je vais
passer la parole tout de suite à Mme la Vérificatrice générale. Après ça, on va
procéder avec des questions. À vous.
Mme Leclerc (Guylaine) : Alors,
merci. Mesdames, messieurs, bonjour. C'est avec plaisir que je vous présente aujourd'hui
les résultats des travaux que nous avons réalisés au cours des derniers mois.
Pour l'occasion, je suis accompagnée de Mme Christine Roy, sous-vérificatrice
générale, de M. Alain Fortin, vérificateur général adjoint, et de Martin
St-Louis, directeur général d'audit.
Le rapport que je présente ce matin
contient les résultats de l'audit que nous avons mené sur le programme CASA de
la Société d'assurance automobile du Québec, la SAAQ. Dans ce rapport, nous
examinons donc les coûts, les échéanciers et la qualité du programme CASA et de
sa nouvelle plateforme transactionnelle baptisée plateforme SAAQclic.
Le programme CASA est né de la volonté de
la SAAQ de moderniser ses systèmes informatiques. Afin d'atteindre ce but, la
SAAQ a décidé, en 2015, d'acquérir un progiciel de gestion intégrée, ce qu'on
appelle un PGI. La SAAQ voulait aussi améliorer son offre de services en ligne
aux particuliers et aux entreprises par l'entremise d'une nouvelle plateforme
transactionnelle, aujourd'hui connue sous le nom de SAAQclic. C'est pour
poursuivre ces deux objectifs que la SAAQ a mis en place le programme CASA.
Lors du lancement de ce programme, en 2017, son budget total sur 10 ans
était estimé à 638 millions de dollars. Or, ce montant a augmenté de près
de 500 millions de dollars et cette hausse n'a pas été clairement
communiquée aux décideurs. Selon les prévisions, le coût total du programme
CASA s'élèvera au minimum à plus de 1 milliard de dollars d'ici mars
2017... d'ici mars 2027, pardon.
La principale cause de cette importante
augmentation est que la complexité de l'un des volets du nouveau système
informatique a été sous-évaluée. En effet, le budget de la livraison touchant
les fonctionnalités liées au permis, à l'immatriculation et au contrôle routier
affiche une croissance de 300 %. En plus de cette sérieuse augmentation,
le programme CASA accuse des retards de livraison. Sans compter que, depuis sa
mise en service, en février 2023, le nouveau système informatique a entraîné
des problèmes importants et n'a pas encore produit les bénéfices attendus. La
prestation de services au comptoir prend plus de temps qu'auparavant et les
services de la plateforme SAAQclic sont moins utilisés que les anciens services
en ligne par les usagers de la route. Deux ans après la mise en service, des
problèmes importants persistent. Par exemple, des prélèvements bancaires
automatiques peuvent cesser de fonctionner sans raison valable.
Les dysfonctionnements du système
informatique étaient pourtant prévisibles. En effet, l'année précédant la mise
en service du système, donc en 2022, des firmes ont produit des avis écrits
dans lesquels elles affirmaient que les retards dans la réalisation des tests,
ainsi que la qualité de ces tests, généraient des risques importants, comme
celui de faire face à de nombreux problèmes informatiques après la mise en
service. En fait, la direction du programme CASA n'a pas mené les tests
nécessaires avant la mise en service du nouveau système informatique en février
2023. Au moment de confirmer cette mise en service, en janvier 2023, près de
20 % des tests intégrés finaux n'avaient pas été réalisés.
Néanmoins, dans les... dans les redditions
de compte, la direction du programme affirmait que le développement se
déroulait comme prévu alors que des retards s'accumulaient et que des problèmes
de qualité étaient perceptibles. Ces problèmes n'ont pas été communiqués de
façon adéquate au comité de direction et au conseil d'administration de la
SAAQ. Dans ces redditions de comptes, notamment celles à l'intention du conseil
d'administration de la SAAQ, la direction du programme ne donnait pas un
portrait juste de certains enjeux importants. Par exemple, lors de la prise de
décision concernant la date de mise en service, la direction du programme n'a
pas informé adéquatement le conseil d'administration et le comité de direction
de la SAAQ du fait que les tests n'étaient pas terminés et qu'il n'était pas
prévu qu'ils le soient avant la mise en service.
Pour terminer, je tiens à préciser que les
problèmes du nouveau système informatique ont eu un impact sur les États
financiers 2023 de la SAAQ. En effet, il n'y a pas eu de démonstration
probante que les États financiers sont fiables, puisque tous les contrôles
requis n'étaient pas en place pendant toute la durée de l'exercice financier.
Cette situation augmente le risque de fraude et d'erreur. L'incidence
généralisée de ces problèmes sur les États financiers, en raison du grand
nombre de postes touchés, nous a amenés à conclure à l'impossibilité d'exprimer
une opinion sur ces États financiers. Je suis maintenant prête à répondre à vos
questions sur ce rapport.
Le Modérateur : Première
question, Alain Laforest, TVA.
Journaliste : Bonjour à vous
tous. Mme Leclerc, comment vous qualifiez SAAQclic?
Mme Leclerc (Guylaine) : Il
faut comprendre que c'était nécessaire de mettre en place, de développer un
programme CASA et SAAQclic, parce que le système à la SAAQ, c'est un vieux
système qui datait de plus de 40 ans, et que le maintien de ce système-là
est coûteux. Ce qu'on a constaté, c'est que, et les coûts et les délais... les
coûts ont augmenté de façon très, très importante, et ce, depuis... Il y a eu
une reformulation du budget, en septembre 2020, qui a démontré l'augmentation
des coûts et, par la suite, en 2022 aussi, une augmentation des coûts. Donc,
augmentation des coûts de façon importante et augmentation des délais aussi.
Journaliste : Est-ce qu'on
peut dire que c'est un fiasco?
Mme Leclerc (Guylaine) : Ce
n'est certainement pas un succès. Donc, on... en date d'aujourd'hui, CASA
SAAQclic n'est pas un succès en relation avec trois grands éléments, je vous
dirais, en relation avec les coûts, le respect des délais et la reddition de
comptes.
Journaliste : Consernant la
reddition de comptes, est-ce que vous êtes en mesure d'affirmer, parce que
c'est ce qui circule dans ces murs, que les ministres concernés n'avaient pas
la bonne information pour prendre une décision, selon vos vérifications?
Mme Leclerc (Guylaine) : Je
ne suis pas en mesure de répondre en relation avec les ministres. D'autre part,
l'information qui a été véhiculée ou la reddition de comptes qui a été faite au
conseil d'administration et au comité de direction était ou... était ou non
complète ou erronée. Et il en était de même pour l'information qui a été
transmise au dirigeant de... dirigeant de la... le dirigeant principal de
l'information et à la Commission d'administration publique.
Journaliste : Donc, on ne
peut pas conclure que les ministres n'étaient pas informés.
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
moi, je ne suis pas en mesure de le savoir.
Journaliste : Mais
d'expérience, si la CAPERN n'est pas au courant, si le C.A. n'est pas au
courant, est-ce qu'on peut déduire que les ministres ne sont pas au courant ou
non?
Mme Leclerc (Guylaine) : Je
ne suis pas en mesure de conclure ça.
Le Modérateur : Caroline
Plante, Presse canadienne.
Journaliste : Oui. Bonjour,
Mme Leclerc.
Mme Leclerc (Guylaine) : Bonjour.
Journaliste : Est-ce qu'il y
a quelque chose dans votre enquête qui a... qui vous a permis ou qui vous
permettrait de dire que la direction du programme a vécu une quelconque
pression pour livrer et que c'est peut-être pour ça qu'elle disait : Oui,
on est capable d'aller de l'avant, et tout? Est-ce que... Avez-vous pu
détecter, vous, une espèce d'élément de pression dans tout ça?
Mme Leclerc (Guylaine) : Je
ne suis pas en mesure de vous dire quels sont les motifs qui ont fait en sorte
que, bien, on n'a pas donné la bonne information au bon moment. Il y a deux
choses, là.
Jusqu'en septembre 2020, là les indicateurs
étaient au rouge, tu sais, c'était... On disait : Les délais ne seront pas
respectés, les coûts ne seront pas respectés. Alors, on a des enjeux avec
l'alliance. Septembre 2020, là on refait un budget avec certains enjeux, je
vous dirais, et après ça on dit : Tous les indicateurs sont au vert. Mais
non, on avait déjà un enjeu de coûts avant septembre 2020, on avait déjà un
enjeu de délais, bien, ça s'est additionné après septembre 2020. Et là on s'est
mis à mettre les indicateurs au vert.
Et je vous dirais que notre rapport est
très éloquent à cet égard. Si vous regardez dans la dernière... je pense, c'est
la page 49 de notre rapport, vous voyez, jusqu'en septembre 2020, c'est au
rouge, mais notre enjeu de délais et de coûts, on ne l'a pas... on ne l'a pas
corrigé, puis après ça on n'a que des indicateurs qui sont au vert. Alors...
Tout simplement pour deux raisons.
Pourquoi les indicateurs sont devenus au vert, c'est parce qu'on a considéré
qu'à partir de septembre 2020, bien, tout était correct, et les coûts et les
délais étaient respectés, donc une réussite de 100 %, ce qui fait que,
lorsqu'on arrivait après septembre 2020, vu que les indicateurs étaient...
étaient cumulatifs, bien, on avait beau ajouter quelque chose qui était... qui
marchait moins bien, mais c'était toujours au vert. Donc, il y avait cet
enjeu-là. Puis l'autre enjeu, c'est que, lorsqu'un indicateur n'était pas
atteint, bien, on le modifiait, on s'arrangeait pour que ça arrive. Alors,
après septembre 2020, les indicateurs sont tous... presque tous au vert, sauf
ce qui est en relation avec les ressources humaines et l'évaluation de risque,
mais tout ce qui est coûts, délais, bénéfices, c'est au vert.
Journaliste : Pourquoi...
Pourquoi ça a viré vert comme ça? Vous ne le savez pas plus que nous?
Mme Leclerc (Guylaine) : On
sait mathématiquement ce qui est arrivé. C'est que la façon de le calculer, ce
n'était pas correct, là. Et puis, la modification des indicateurs, lorsqu'on...
lorsque ça n'arrivait pas, on modifiait l'indicateur. Mais quelle était la
motivation en arrière, bien, ce n'est pas... on n'est pas en mesure de savoir.
Puis il y a peut-être d'autres institutions qui sont plus en mesure de le
savoir.
Journaliste : Et on a envie,
après tout ça, de dire, justement : Tout ça pour ça. Si on parle des
bénéfices, là, quels ont été les bénéfices de cette transition numérique là?
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
au niveau coûts, premièrement, on n'a pas atteint les bénéfices qu'on se devait
d'atteindre. Il y a une chose qui est certaine, on va... on se doit et on se
devait de moderniser le système de la SAAQ, parce que c'est un système qui
datait de 40 ans. On doit s'en aller vers l'ère numérique. On doit ne
serait-ce que moderniser notre facturation, avoir... Ce qu'on veut, c'est avoir
une seule facturation pour l'immatriculation, permis de conduire, par exemple.
On se doit de... On se devait de moderniser et on se doit encore de moderniser
le système.
L'enjeu, c'est qu'il y a trois livraisons
qui étaient prévues. La première, ça a très, très bien été, parce que c'était
ressources humaines, comptabilité, finances, tout ça. Ça, ça va bien. Mais la
deuxième, c'est... c'est plus complexe. Il y a des enjeux légaux. Il y a des
enjeux de millions de transactions avec la population. C'est les permis de
conduire, les... l'immatriculation, c'est la deuxième livraison. Et il y a la
troisième livraison qui serait de... pour verser les primes à ceux qui ont des
accidents d'automobile... pas les primes, mais les montants pour les personnes
qui ont des accidents.
La livraison 3, on ne sait pas quand
ça va se faire. Ça n'a pas commencé, puis on ne sait pas quand est-ce ça va se
faire. Puis, pour ce qui est de la livraison 2, ce n'est pas complété
encore. Et, dans la livraison 2, il y a des volets qui doivent amener des
bénéfices, dont par exemple la simplification de la facturation, que ce n'est
pas commencé encore, qu'on a arrêté et qu'on n'a ni délai ni évaluation de coût
encore.
Journaliste
: Jusqu'à
maintenant, ça n'a pas donné grand-chose, là?
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
jusqu'à maintenant, en date de notre rapport, bien, les délais au comptoir sont
toujours plus longs, il y a moins de personnes qui l'utilisent en ligne. Mais
l'objectif, c'est qu'éventuellement, ça apporte des bénéfices, mais on... on
est loin de là, là.
Le Modérateur : O.K. On va
passer à Nicolas Lachance.
Journaliste : Juste une
question, sur ce que vous venez de dire un peu plus tôt, là, avant d'entamer
mes autres questions. Vous avez dit : On modifie... Quand les indicateurs
n'étaient pas bons, on modifiait les indicateurs.
Mme Leclerc (Guylaine) : Oui.
Journaliste : C'est qui qui
faisait ça?
Une voix : ...
Mme Leclerc (Guylaine) : Excusez-moi,
on modifiait la cible. Ce qui fait que l'indicateur...
Journaliste : C'est qui qui a
pris la décision de modifier cette cible-là?
Mme Leclerc (Guylaine) : C'est
dans la direction des programmes qui remettait l'information au conseil
d'administration ou au comité de direction.
Journaliste : C'est qui, ça?
Mme Leclerc (Guylaine) : Ah!
Je ne suis pas en mesure de vous dire c'est qui, nos rapports ne nomment jamais
personne, là.
Journaliste : Non, parce que,
lorsqu'on...
Journaliste : Mais est-ce
vous pouvez préciser? Est-ce que c'est le vice-président en technologies de
l'information?
Mme Leclerc (Guylaine) : Celui
qui dirigeait, c'était le vice-président en technologies de l'information.
Journaliste : Donc là, si on
écoute... Quand on lit votre rapport, là, puis qu'on... écoute... écoutez,
c'est énorme, là. Même les élus viennent de dire qu'ils n'ont jamais vu un
rapport du genre. C'est votre dernier rapport en plus, c'est quand même quelque
chose. Une seule personne, là, aurait pu cacher tout ça au CA, à la direction,
au ministre.
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
c'est une...
Journaliste : ...lui, là, il
avait... Les coûts explosaient, donc, dans la colonne des chiffres, ça
changeait. Tout d'un coup, ça a viré du rouge au vert. Personne n'était au
courant sauf M. Malenfant. Personne n'a appelé un ministre, personne n'a écrit
un courriel, personne n'a rien fait, là. C'est une seule personne qui est
responsable, on dirait, ce matin.
Mme Leclerc (Guylaine) : Est-ce
que...
Journaliste : Non, mais
c'est... Est-ce que vous croyez ça, là, sincèrement, qu'il y a juste une
direction à la SAAQ cachée, là, qui était au courant de tout ça? Il n'y a... Ça
n'a pas fuité, là, à travers ça, là? Il n'y a jamais personne qui était au
courant de ces dérives-là d'un demi-milliard? Un demi-milliard supplémentaire,
là, personne n'était au courant de ça?
Mme Leclerc (Guylaine) : Mon
rapport... et vous le savez très bien, ça fait plusieurs années que je viens
faire des présentations ici, mes rapports sont toujours très factuels et mes
rapports présentent... Ce qu'on met dans notre rapport, c'est toujours ce que
nous considérons qui est important, naturellement, qui est pertinent. Puis il y
a un autre critère qui est extrêmement important, c'est dans quelle mesure je
suis en mesure de prouver ce que j'affirme dans mon rapport. Alors, mon
rapport, vous avez toute l'information qui, à mon avis, est pertinente de
connaître et aussi pour laquelle je suis en mesure de démontrer. Donc, c'est...
c'est la réponse que je peux vous faire.
Journaliste : Juste, si je
reviens à la chronologie... Parce que ce qu'on comprend, c'est qu'au moment du
déploiement en février, le CA, et la direction et les ministres — bien,
en tout cas, je sais que vous n'avez pas eu d'affaire à la partie
gouvernementale, là — n'avaient pas été mis au courant qu'il restait
une partie des tests à réaliser, donc qu'il y avait des risques. Mais, en
novembre, ils étaient au courant puis ils ont décidé de retarder tout ça. Donc,
c'est comme si, à partir de là, ils ont été informés une première fois qu'il y
avait des risques, que la... presque la moitié des critères n'étaient pas
atteints, mais, un mois et demi après, ils se sont à peine posés de questions
puis ils ont dit : Oui, oui, on y va, comme s'il n'y avait pas eu de
réelle vérification après ça qui avait été faite par le CA, par les ministres.
Les ministres ont déclaré, dans les
corridors, qu'en novembre 2022, donc au moment où qu'ils ont décidé... vous
dites, là, ils ont fait un report, que tout était ouvert puis que tout était
beau. C'est ce qu'on leur a dit. Mais pourtant, la haute direction savait qu'il
fallait reporter, il y avait des critères qui n'étaient pas atteints. Donc,
est-ce que, selon vous, là, les communications ont été bonnes? Qui a caché quoi
à qui dans cette chronologie-là, là? Dans votre rapport, vous faites une
chronologie, on les voit dans les paragraphes 92, 93, 95. Il y a quelque
chose qui ne fonctionne pas, là. Est-ce... C'est-tu juste moi qui lis qu'il y a
quelque chose qui ne fonctionne pas?
Mme Leclerc (Guylaine) : Je
crois que mon rapport est assez éloquent à cet effet. Il y a beaucoup d'enjeux,
des enjeux de coûts, de délais, mais surtout, oui, dans des développements
informatiques aussi importants, il va arriver qu'il va y avoir des délais qui
ne seront pas respectés, il va y avoir des coûts qui ne sont pas respectés,
mais ce qui est important, c'est de rendre compte aux personnes qui sont à...
qui ont à prendre des décisions. Et, dans ce cas-ci, l'information, pour
certaines périodes, particulièrement après septembre 2020, a été erronée, ce
qui a été transmis aux commissions... au conseil d'administration et au comité
de direction. Et, avant septembre 2020, bien, c'est l'information auprès du
DPI, du dirigeant principal de l'information, et de la Commission
d'administration publique qui était erronée. Après ça, oui, on a transmis de
l'information qui était vert, je vous dirais, mais ce n'était pas la... tu
sais, ce n'était pas la réalité, mais c'était la même information qui était
transmise au conseil d'administration.
Le Modérateur : O.K. On va
passer à...
Journaliste : ...tout
concorde, tout est normal dans... À partir de novembre 2022, là, c'est là que
l'accident de char arrive, là, clairement, là. Il n'y a... Pouvez-vous essayer
de nous expliquer ce qui s'est passé à partir de novembre 2022?
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
je vous dirais que... Quand vous dites : L'accident d'auto est arrivé en
novembre 2022, à mon avis, il n'est pas arrivé en novembre 2022. À mon avis, il
est arrivé bien avant. En septembre 2020, lorsqu'on a refait le budget,
replanifié, c'est là qu'on... en replanifiant, on a dit : Il y a des
éléments qu'on ne pourra pas compléter. C'était certain qu'on ne pouvait pas
les compléter. Donc, ce n'est pas en novembre 2022 que, comme vous le dites,
l'accident de voiture est arrivé. C'est... À mon avis, c'était avant et
l'information n'a pas été transmise adéquatement.
Le Modérateur : ...Desrosiers.
Journaliste : Bonjour, Mme
Leclerc. Je comprends que c'est surtout, donc, la direction du programme CASA
qui a caché des informations, mais je vous amène à la page 51, au... bien,
en tout cas, dans le... paragraphe 95. On parle de la rencontre du
17 janvier 2023, où on a pris la décision de lancer la plateforme. On
écrit : «Selon le procès-verbal de la rencontre, une firme externe a
partagé verbalement son opinion sur les risques liés à cette mise en service.»
Et, un peu plus loin, on dit : «Ni le conseil d'administration, ni le
comité de direction, ni la direction du programme n'a demandé à cette firme de
formuler un avis officiel.» Alors, on voit, à ce moment-là, que, et le comité
de direction, et le conseil d'administration étaient au courant de problèmes
potentiels.
Mme Leclerc (Guylaine) : Oui,
effectivement, c'est ce que... ce qu'on nous mentionnait.
Journaliste : Alors,
pourquoi, selon vos vérifications, n'ont-ils pas demandé à cette firme-là de
rendre un avis officiel?
Mme Leclerc (Guylaine) : Je
ne le sais pas, mais c'est ce que nous déplorons. Ce que nous disons, c'est que
la firme aurait dû non seulement fournir un avis officiel verbal, ce qui est
mentionné dans le procès-verbal, mais le conseil d'administration et le comité
de direction auraient dû demander d'avoir une documentation qui appuie
l'information verbale.
Journaliste : Et, si on croit
à cette information selon laquelle les ministres, le gouvernement n'étaient pas
au courant des problèmes de la plateforme, est-ce que, selon vous, ils auraient
dû être mis au courant? Est-ce que vous avez déjà vu une situation semblable en
10 ans ici?
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
je vous dirais que la SAAQ a une structure de gouvernance avec un conseil
d'administration. Donc, le... premièrement, un conseil d'administration fait
confiance aussi à ses directions. Et l'information qu'ils ont eue, avant
septembre 2020, était à l'effet qu'il y avait beaucoup d'indicateurs qui
étaient rouges. Problèmes de budget, problèmes de gestion avec les... avec
l'alliance. Mais, à partir de septembre 2020, là, l'information que le conseil
d'administration reçoit, tout est au vert. Donc, pas d'enjeu de délai, pas
d'enjeu de coût, pas d'enjeu de gestion de contrat. Alors, c'est problématique,
c'est grandement problématique que le conseil d'administration et le comité de
direction n'aient pas été au courant à ce moment-là.
Journaliste : Mais est-ce que
vous avez déjà vu quelque chose de semblable?
Mme Leclerc (Guylaine) : Je...
Bien, dans mes 10 ans, là, c'est la première fois que je vois cette
situation-là, mais, comme vous le savez, chacun de mes dossiers sont
particuliers. Alors, dans mes 10 ans, bien, j'ai quelque chose de
particulier dans chacun de mes dossiers, alors, mais c'est sincèrement une
situation qui est problématique. Et c'est particulièrement problématique parce
qu'on s'en va vers une transformation numérique au Québec qui est nécessaire.
Et le fait qu'on ait... qu'on ne divulgue pas et au public et au dirigeant
principal de l'information, et aux parlementaires l'information qui est exacte,
même si elle fait mal sur le coup. Bien, ça, c'est hautement problématique.
Le Modérateur : M. Larin.
Journaliste : Bonjour, Mme
Leclerc. Au sujet, si vous permettez de... Donc, vous écrivez que les bénéfices
financiers attendus du programme CASA n'ont pas... En fait, on n'est pas
capable de suivre les... Excusez-moi. Je reprends. Vous dites, dans votre
rapport, qu'on n'est toujours pas capable de suivre les coûts de l'exploitation
présentement. Pouvez-vous détailler un peu ce point-là? On n'est pas capables
de savoir combien ça...
Mme Leclerc (Guylaine) : Quand
on a fait le choix d'aller vers... de mettre en place CASA, on a dit : Il
va y avoir suffisamment de bénéfices, on va même... ça va même couvrir le
déficit cumulé de la SAAQ, O.K.? Parce que ça va prendre moins de temps au
comptoir, on va avoir moins de personnes au comptoir. Les... plus de gens vont
aller travailler en ligne, vont faire leurs transactions en ligne. Il va y
avoir la facturation qui va être simplifiée, donc ça va... il va y avoir moins
de coûts. Donc, on pensait générer beaucoup de profits, de bénéfices qui
feraient en sorte que, même, on couvrirait le déficit cumulé. On arrive à une
situation où on est... Premièrement, on n'a pas eu ces bénéfices-là, mais on...
en... à la date du rapport, on ne distinguait plus les coûts liés à CASA par
rapport aux autres coûts d'opération de la SAAQ. Ce qui fait qu'on n'est pas en
mesure de dire : Bien, finalement, CASA va vraiment réaliser les bénéfices
qu'il se devait de réaliser et faire en sorte qu'il soit profitable ou, à tout
le moins à coût nul, comme c'était prévu à l'origine.
Journaliste : Juste pour
reprendre un peu la question de mon collègue de tout à l'heure, au sujet de...
Est-ce que c'est la première fois que vous avez vu cette situation-là depuis le
début de votre mandat, voilà 10 ans? Vous avez audité aussi, si je
comprends bien, les données du... de la... de la SAAQ en tant que telle?
Mme Leclerc (Guylaine) : Oui,
on est co-auditeurs des états financiers de la SAAQ.
Journaliste : Juste pour
comprendre, c'est la première fois, donc, depuis le début de votre mandat, que
vous n'étiez pas capables de vérifier, donc, les informations qui étaient
là-dedans?
Mme Leclerc (Guylaine) : Non,
c'est arrivé dans une autre situation. Est-ce que tu peux expliquer dans quelle
autre situation c'était arrivé?
Mme Roy (Christine) : Bien,
pas à la SAAQ, par exemple, là, mais c'est arrivé pour une autre entité
gouvernementale, qui était Transition énergétique, pour ses états financiers au
31 décembre 2018.
Journaliste : O.K.,
excusez-moi, j'avais une mauvaise information.
Le Modérateur : Monsieur ici.
Je ne connais pas votre nom.
Journaliste : Bonjour, Mme
Leclerc. Au paragraphe 17, là, dans votre rapport, là, ça dit que la SAAQ
a effectué peu de démarches visant à examiner l'ensemble des solutions
informatiques possibles avant de décider d'avoir recours à un PGI. Et elle a
grandement eu recours à l'éditeur faisant partie de l'alliance ayant remporté
l'appel d'offres pour documenter ses besoins. Est-ce qu'il y avait là un
conflit d'intérêts, là, au moment de la confection de l'appel d'offres?
Mme Leclerc (Guylaine) : C'est
certain que l'éditeur qui a participé grandement à l'établissement des besoins,
qui a rencontré une quarantaine d'employés de la SAAQ, avait un avantage
lorsqu'il arrive pour préparer l'appel d'offres, d'autant plus que le délai
pour réaliser l'appel d'offres était assez court. Alors, l'éditeur, c'est celui
qui a gagné, et lui, il avait participé à l'établissement des besoins, ce qui
fait qu'il y avait un certain avantage.
Journaliste : Pour clarifier,
qu'est-ce qu'on entend par «éditeur»?
Mme Leclerc (Guylaine) : L'éditeur,
c'est celui qui va fournir le progiciel de gestion intégrée, donc le progiciel,
là. Dans la... On parle beaucoup, dans le rapport, de l'alliance. Donc,
l'alliance, c'est un éditeur et un intégrateur. Donc, l'éditeur, c'est celui
qui fournit le progiciel, et l'intégrateur, c'est lui qui va travailler avec le
progiciel à s'assurer que ça fonctionne dans les opérations de l'organisation.
Journaliste : O.K. Dans ce
cas-ci, c'était LGS, SAP, là, si ma mémoire est bonne?
Mme Leclerc (Guylaine) : C'est
ça, c'est de l'information publique, effectivement.
Journaliste : O.K., merci.
Le Modérateur : Marie-Michèle,
en avais-tu une?
Journaliste : Oui, même
peut-être deux. Bonjour, Mme Leclerc. Vous écrivez, entre autres, qu'en 2022 il
y a des avis écrits à propos de retards qui ont été faits. Par qui, ils étaient
faits et ils étaient envoyés à qui, ces avis-là?
Mme Leclerc (Guylaine) : Les...
C'est des firmes. Il y avait... Oui. Alors, on avait demandé à des firmes
d'assurer une certaine surveillance, mais là, je vais demander peut-être à
Martin de préciser un peu plus, là, cet enjeu-là.
M. St-Louis (Martin) : C'est
des... c'est des firmes qui... bien, une firme qui faisait beaucoup la
surveillance du projet, qui ont remis des rapports à la direction de programmes.
Journaliste : O.K. Donc, à
l'équipe des TI, là.
Mme Leclerc (Guylaine) : Oui.
M. St-Louis (Martin) : À la
direction de programmes.
Journaliste : O.K., ce qui
laisse entendre, donc, que cette équipe-là était au courant des difficultés
mais que l'information ne remontait pas?
Mme Leclerc (Guylaine) : Ce
qu'on a comme information, c'est que la direction des programmes recevait
l'information. Ce qu'on a comme information, c'est ce qui était transmis au
conseil d'administration et au comité de direction, c'est qu'à partir de
septembre 2020, bien, tout était au vert. Donc, les indicateurs étaient au
vert, en termes de délais, et en termes de coûts, et de gestion de contrats.
Journaliste : Puis à propos
du fameux moment, là, là, en janvier, où on donne le feu vert sans avoir eu
l'avis officiel, là, écrit dont vous parlez, à votre connaissance, qu'est-ce
qui a fait en sorte que le comité de direction et le conseil d'administration
ont dit : O.K., go, on y va?
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
il faut savoir qu'avant ça, pour changer le système, là, ça avait toujours été
prévu qu'on devrait fermer pendant trois semaines les opérations. Donc, on
avait, à l'origine, fait le choix de fermer les opérations pendant le temps des
fêtes, ce qui ferait que ça aurait créé moins d'impacts sur la population. Par
contre, les tests pour s'assurer que tout fonctionnait bien n'étant pas
complétés, on a... en janvier, bon, bien, on a décidé de reporter après la
période des fêtes la mise en service. Parce que, là, on savait qu'il fallait
fermer pour trois semaines puis on savait qu'il y avait des tests qui n'étaient
pas complétés, ça fait que... Mais je ne suis pas certaine que je réponds à
votre question, là.
Journaliste : Bien, c'est
après que ça m'intéresse, parce que, justement, en novembre, même, si je me
souviens bien, là, il y a un report, puis là vous l'écrivez dans le paragraphe 51,
que le C.A. se dit : On va autoriser la mise en service, mais il y a une
condition, il faut qu'on soit informé de toute situation où quelque chose ne
fonctionne pas. Puis là vous dites : Il y a un avis verbal qui est donné,
attention, drapeau rouge, ça ne marchera peut-être pas, mais, en dépit de ça,
le go est donné.
Mme Leclerc (Guylaine) : Oui.
Journaliste : Mais qu'est-ce
qui fait en sorte que le C.A., qui, quand même, avait dit : Nous, on ne
donne pas notre O.K. si on n'a pas toutes les validations nécessaires... là, de
toute évidence le C.A. ne les a pas, mais il donne le feu vert quand même, tu
sais? Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là?
Mme Leclerc (Guylaine) : Je
ne suis pas en mesure de vous dire ce qui se passe. D'autre part, lorsqu'on
prend la décision, je pense que c'est le 17 janvier 2023... c'est bien ça?
Des voix : ...
Mme Leclerc (Guylaine) : Oui.
Lorsqu'on prend la décision, le 17 janvier 2023, il y a 20 % des
tests finaux qui ne sont pas complétés, donc, c'est... ce qui fait que ça
laisse peu de temps pour compléter les tests, puis, d'ailleurs, qui ne seront
pas complétés... l'ensemble ne sera pas complété lors de la mise en service.
Journaliste : Puis, si je
peux me permettre, sur la question du possible conflit d'intérêts, est-ce que
vous, vous avez le pouvoir de dire à l'AMP, par exemple, de s'intéresser à ce
contrat-là? C'est quand même 600 millions, là. Qu'est-ce qui peut être
fait une fois que ce constat-là est fait?
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
comme vous le savez, notre rapport est public. Notre rapport est très factuel.
Alors, toute organisation peut en prendre connaissance et faire les choix qui
s'imposent.
Journaliste : Est-ce que vous
souhaitez qu'une autre organisation regarde ça?
Mme Leclerc (Guylaine) : Je
pense qu'ils vont le regarder de toute façon.
Le Modérateur : O.K., we will
have a few in English.
Une voix : ...
Mme Leclerc (Guylaine) : Bien,
que ce soit le DPI, que ce soit l'AMP, toute organisation externe. C'est un
document qui est public, puis...
Le Modérateur : O.K.
O'Malley, CTV.
Journaliste : ...what was the
most shocking element to you?
Mme Leclerc (Guylaine) : Many
things were shocking, in that report, but what preoccupied me, I would say, the
most, it's not necessarily the fact that it costs more, because it can happen,
the delays are there, but it's the fact that we haven't said the truth to the
board, and to the Commission d'administration publique, and to the DPI,
«dirigeant principal de l'information». And that is very... preoccupying me a
lot, especially the fact that we are going to a transformation
in Québec with the... all the...
Une voix :
...
Mme Leclerc (Guylaine) :
...digital, yes, thank you, digital
elements. So, that is something that preoccupies me.
Journaliste :
Was there any element in your findings
or any indicators that the Government knew what was going on or any chance that
they had the opportunity to ask more questions, especially when there were
delays and they were told certain things, or was the blanket really pulled over
their heads?
Mme Leclerc
(Guylaine) :
You
know, when we do a report, what is important is in our report, and especially
what we can prove is in our report. So, if it's not in our report, it's either
it's not important or it's either we don't have the evidence that this thing
happened. So, we don't know. We just don't know.
Le
Modérateur : Franca Mignacca, Global Television.
Journaliste :
Good afternoon. When it comes to... I
mean, when it comes to SAAQclic itself, would you call its launch a failure?
Mme Leclerc
(Guylaine) :
It's
for sure not success, IT development, I would say, especially the fact that we launched
it and all the tests were not done. As you know, there is an increase in the
cost, the delays were not respected, but the most... but one element that is
very important is the fact that we haven't informed properly the boards and
some public organizations, like the Commission d'administration publique and
the Dirigeant principal de l'information, and the public.
Journaliste :
You mentioned yourself, Mme Leclerc,
that more and more government services are going to be online, are moving
online. What exactly are you hoping people learn from this report? What
mistakes do you not want to see repeated?
Mme Leclerc
(Guylaine) :
Well,
first of all, we have to understand why it happened, and where were the lack of
control, and how can we preserve in the future to have this type of issue.
Having an increase in cost, that's possible. Having delay not respected, that's
possible. But we have to be sure that the information... we have the accurate
information at the proper time and mentioned to the proper person.
Le
Modérateur : Cathy Senay, CBC.
Journaliste :
How did you react, Mrs. Leclerc, when
you saw all the flaws, all the problems with the SAAQ and SAAQclic? How did you
react as... you know, in your last report as Québec's Auditor General?
Mme Leclerc
(Guylaine) :
What
preoccupied me the most is really the fact that we haven't said the true
situation to the governance organism. And, when I say governance organism, I
talk about the board, I talk about the Commission d'administration publique.
They are the parliamentary people. They are the representative of the public.
And not having told them all the elements at the proper time, it's something
that is very... it preoccupied me a lot.
Journaliste :
And how bad it is, to not tell the
truth?
Mme Leclerc
(Guylaine) :
Well,
you know we have some structure, governance structure, and democratic
institution that has to be preserved. And you have a board that is responsible
to be sure that everything is correct, everything is controlled, every financial
information are okay. And not letting them doing their job, it's something that
is not acceptable, and it's not acceptable to not having the Commission
d'administration publique having the proper information when they ask for it.
Journaliste :
Should Quebeckers trust the SAAQ?
Mme Leclerc
(Guylaine) :
Well,
of course, we have the answer from the management in our report, and they are
very preoccupied with what happened, and what they hope is that, by December
2025, the most important element will be corrected. So, you can see in their
answer, just to be sure that I report properly their words, but they expect
that, by December 2025, most of the things that went wrong should be resolved.
Le Modérateur
: OK. Anything else?
Une voix :
...
Journaliste :
Oh! Phil Authier, The Gazette. I
forgot, I forgot! Just to elaborate on that, Mme Leclerc, did...
Une voix :
...
Journaliste :
Yes. Yes, sorry. It's because I happened
to be here. Do you think... You mentioned that fewer people are using SAAQclic
today than were using the old system. Will people ever have confidence in that
system?
Mme Leclerc
(Guylaine) :
Well,
it goes with the answer of the management that provided... The management
provided an answer to our report, as it's always the same thing, and they say
that most of the problems should be resolved by December 2025. We had to change
the system of the SAAQ, it had to be changed. And the issue is that the cost, that
it's more costly, the delay, we will not be able to achieve it, as we have many
years in delay, and the information hasn't been properly mentioned to the
people who are in authority, and that is the main issue. But, eventually, there
will be an analysis, and they will see what went wrong, and we hope that it
will be corrected. But the Auditor General too, after, I think, 18 months,
they'll have... well, the SAAQ will have to prepare a plan, a correction plan,
and we will review this correction plan eventually. So, we'll see.
Le Modérateur
:
Bien,
merci beaucoup. Thank you very much. Merci, Mme Leclerc.
Mme Leclerc (Guylaine) : Merci.
Le Modérateur
: Puis
félicitations, ça fait 10 ans.
Mme Leclerc (Guylaine) : Oui,
merci.
(Fin à 11 h 43)