L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et M. Pascal Paradis, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de relations internationales et de francophonie

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de M. Paul St-Pierre Plamondon, chef du troisième groupe d’opposition, et M. Pascal Paradis, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de relations internationales et de francophonie

Version finale

Le mardi 4 février 2025, 10 h 30

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Dix heures trente minutes)

M. St-Pierre Plamondon : Alors, bonjour, tout le monde. Évidemment, ce matin, retour sur la situation tarifaire avec nos voisins américains. Comme vous le savez, depuis que cette crise des tarifs a débuté, le Parti québécois a les mêmes deux messages. C'était le cas il y a deux semaines.

Le premier, on a dit : Il faut prendre au sérieux le sujet de la frontière, la frontière canado-américaine a été négligée depuis des années. Nous, on est intervenus sur le chemin Roxham, ensuite sur la prolifération des armes à feu, mais le trafic de drogue était également un enjeu. Et on se rend compte que finalement ce discours-là a été repris in extremis, mais à temps, par tant le gouvernement Legault que le gouvernement Trudeau, le but ici n'étant pas de déterminer si le Canada est la cause principale, mais de reconnaître que notre cocontractant, notre partenaire, qui est une économie 30 fois plus grosse que la nôtre, nous dit : Nous, on a cette préoccupation-là. Et rappelons également que de sécuriser la frontière, c'est au bénéfice du Québec lorsque ça peut aider la situation de la prolifération des armes à feu ou du trafic humain, par exemple.

Donc, il y a malheureusement à peine quelques années, parler de frontière, c'était se faire accuser de xénophobie, et je pense que là on vient d'assister à la fin de l'ère postnationale de la frontière, où il fallait absolument faire en sorte que la frontière soit remplie de trous, et ça nous donne un 30 jours de sursis.

30 jours de sursis, ce n'est pas non plus une solution à long terme. Donc, le deuxième message que martèle le Parti québécois à... presque à tous les jours depuis deux semaines, c'est que l'urgence n'est pas seulement de parler aux Américains, c'est surtout d'aller sur d'autres marchés pour diversifier nos échanges commerciaux. Donc, moi, je suis un peu inquiet quand je vois la ministre Christine Fréchette se vanter qu'elle a donné un nombre incalculable d'entrevues radio et télé au Québec au cours des derniers jours. Ce n'est pas les Québécois qu'il faut convaincre de se sevrer de notre dépendance économique vis-à-vis des Américains. Ce qu'on a besoin, c'est de voir des missions commerciales à Londres, à Paris, au Mexique, en Amérique latine, en Asie pour voir comment nos entreprises québécoises peuvent trouver des nouveaux clients à un moment où l'Union européenne nous dit : On comprend votre situation difficile et on est très réceptifs, très, très ouverts à faire davantage affaire avec vous. Rappelons-nous qu'on fait seulement... on a 1 % de nos exportations avec la France, 1,6 % avec le Royaume-Uni, alors que ça frôle le 70 % avec les États-Unis.

Donc, on réitère notre demande qu'on avait il y a deux semaines et qu'on fait régulièrement. On dit au gouvernement : Ça urge d'envoyer des missions de nos entreprises à l'étranger et de faire... mettre en place tout de suite des mesures qui permettent à nos PME québécoises de faire cette diversification-là, notamment la défiscalisation des exportations. On doit alléger le fardeau fiscal par rapport à ces nouvelles exportations là, créer des incitatifs. On doit également alléger tout ce qu'il y a de paperasse et d'empêchements pour que nos entreprises soient les plus agiles possibles. Parce que, si on regarde dans un horizon de moyen et long terme, c'est très possible qu'on ait été témoins d'une nouvelle approche protectionniste des États-Unis, et ça nous oblige donc à rapidement envisager des solutions à moyen et long terme.

Et c'est évident que c'est en diversifiant nos échanges. À date, on n'a rien vu de la part du gouvernement. On a des doutes sur un plan d'infrastructure accéléré, parce qu'on a vu qu'en pandémie ça ne donne pas toujours les résultats escomptés. On aimerait vraiment voir la ministre aller sur ces marchés-là. Puis je ne vous parle pas d'un aller-retour à Davos, parce qu'un aller-retour à Davos, ça ne crée pas des échanges commerciaux. On a besoin, dans l'avion, de nos entreprises, nos P.D.G., avec un plan précis par secteur. On est en attente d'un vrai plan.

Journaliste : Est-ce que vous pensez vraiment que ça va avoir des conséquences à la frontière, ce qui a été annoncé hier, là, la nomination d'un tsar, le plan?

M. St-Pierre Plamondon : D'ailleurs cette terminologie de «tsar» me renverse. C'est un changement de philosophie à la frontière. Justin Trudeau nous a dit, pendant 10 ans, qu'on était à l'époque postnationale où toute personne pouvait traverser la frontière, ce qui a donné lieu à du trafic humain, à de la criminalité. Là, on vient complètement de changer de philosophie, où la frontière va être fortement sécurisée.

Nous, on le demande depuis plusieurs années, on a plaidé de négocier, sur cette base-là, en mode solution avec les Américains, parce qu'on est conscients que les Américains pèsent pas mal plus lourd que nous, mais on n'est pas dupes non plus que le changement de cap en ce moment tient à la réaction des marchés financiers. C'est-à-dire que les grandes entreprises américaines se rendent compte que c'est perdant-perdant, cette histoire de tarifs. Mais, à nouveau, principe de base en négociation, le livre, William Ury, Getting Passed No, puis l'autre livre Getting to Yes, principe de base dans les bibles en négociation, il faut trouver un discours de victoire à la partie adverse. Il faut lui bâtir un pont doré.

Donc, il l'a, là. Donald Trump peut de se vanter aujourd'hui qu'il est allé chercher des concessions importantes à la frontière. De toute façon, c'est bon pour le Québec sur les questions du trafic humain puis du trafic d'armes. Mais, avant de se lancer dans des guerres tarifaires avec une économie plus de 30 fois la taille de notre économie, là, j'invite tout le monde à demeurer en mode solution et à diversifier surtout. C'est ça, le message, ce matin, là. Ça fait trois, quatre fois qu'on intervient : diversifier nos partenaires parce que tout ça est le fruit de notre dépendance, notre vulnérabilité qui découle des politiques commerciales du gouvernement Legault et du gouvernement Trudeau.

Des voix : ...

Journaliste : Outre le fait de diversifier, vous avez semblé dire que la réponse a été quand même adéquate de la part du fédéral et de la part du gouvernement Legault aussi. Est-ce qu'outre le fait de diversifier, de se tourner vers l'Europe, est-ce que la réponse était adéquate...

M. St-Pierre Plamondon : Bien, on aura quand même réussi à éviter les tarifs. Ça nous donne un autre 30 jours. Et, ce qui a été accueilli quand même froidement comme proposition du Parti québécois, il y a deux semaines, lorsque plusieurs commentateurs disaient que c'était un peu ridicule ou lunaire de penser qu'il y a du fentanyl qui passe à la frontière puis qu'il y a un problème à la frontière, la position du Parti québécois se trouve à être validée aujourd'hui. Donc, on en est heureux, que ce soit l'approche de travailler à satisfaire les préoccupations des États-Unis, même si, sur une base relative, ça ne se compare pas au Mexique.

Journaliste : ...Trudeau a bien réussi à gérer pour l'instant cette crise-là avec M. Trump?

M. St-Pierre Plamondon : Il est trop tôt pour tirer des conclusions. Rappelons que cette difficulté-là, à la frontière, vient du gouvernement Trudeau et de son approche irresponsable à la frontière. L'absence de diversification de nos échanges vient du gouvernement Trudeau et du gouvernement Legault, parce qu'on ne s'est jamais réveillés sur ces enjeux-là au cours des dernières années. Et on ne peut pas dire que Justin Trudeau a de la facilité à nous représenter auprès de Donald Trump en ce moment, là, c'est un long historique de relations plus que tendues. Donc, est-ce que ça nous aide?

En tout cas, avant de tirer des conclusions sur si ça s'est bien passé ou pas, là, là, on a 30 jours de sursis. Diversification, diversification, diversification. Je ne veux pas voir Christine Fréchette et François Legault faire des photo-ops puis des entrevues au Québec. On veut les voir au Mexique, à Paris, à Londres, sur les marchés latino-américains ou asiatiques, partout où l'entreprise québécoise a quelque chose à offrir, pour permettre, sur une année ou deux, un réajustement de cette...

Journaliste : ...il y a des Québécois qui sont inquiets, là, notamment pour leur emploi. Ce n'est pas pertinent, dans ce contexte-là, que les ministres s'adressent aux Québécois?

M. St-Pierre Plamondon :Oui, si on s'occupe des fondamentaux pour protéger notre économie.

Journaliste : Vous venez de dire : Je ne veux pas les voir faire des entrevues au Québec.

M. St-Pierre Plamondon :Bien, ils peuvent en donner, mais s'ils se vantent d'avoir donné un nombre incalculable d'entrevues pendant qu'on n'agit pas sur le plan commercial à l'international, il y a une disproportion ici, là. Je ne dis... je ne dis pas de contraindre le gouvernement au mutisme. Je dis simplement : Je suis surpris qu'à date, qu'à ce jour on n'ait pas eu de missions commerciales en place pour pallier à cette hyperdépendance, qui crée cette vulnérabilité vis-à-vis un président américain qui est, pour le moins, imprévisible.

Journaliste : Mais diversifier les marchés, là, ça prend quand même un certain temps. Là, on a 30 jours. Ce n'est pas en 30 jours qu'on va diversifier nos marchés, là. À court terme, qu'est-ce qu'il faut faire? Qu'est-ce qu'on peut faire en 30 jours, là, pour aider les entreprises québécoises?

M. St-Pierre Plamondon :Bien, je vais vous dire la vérité, là, il n'y a pas de solution magique si on veut restructurer notre économie, là. Ça ne se fait pas en 30 jours, vous venez de le dire. Mais est-ce qu'on a le luxe d'attendre ce changement, cette réorientation-là pour équilibrer un peu plus nos billes? Parce que là, on a tout mis nos œufs dans le panier américain, et ça paraît dans les négociations.

Moi, ça m'a beaucoup frappé de voir les messages européens, là, dans les derniers jours. Il y a beaucoup de réceptivité, là, ils nous invitent à venir leur parler. Donc, ce qui prend deux ans, normalement, là, tu sais, réajuster toute une chaîne de production, des nouvelles relations, va peut-être pouvoir se faire plus vite, compte tenu que tout le monde comprend, ici, qu'on est dans des... un contexte assez extraordinaire. Donc, on ne peut pas faire l'économie de cette démarche-là.

Pour ce qui est des mesures de soutien, là, on n'est pas là, parce qu'on a justement, cette trêve. Et on a vu quand même les marchés et les lobbys corporatifs peser lourd, hier, aux États-Unis, là. C'est-à-dire que...

Journaliste : On ne doit pas quand même préparer des plans d'aide aux entreprises, même si on a un sursis?

M. St-Pierre Plamondon :On peut, sauf que c'est très difficile de présenter un plan pour un scénario hypothétique quand on ne sait pas quels secteurs seraient touchés ou pas, là. Donc, on est toujours en mode... comme le Parti québécois le propose depuis le début de l'année, en mode évitons les tarifs, c'est perdant-perdant. Vous avez des préoccupations, nous avons des solutions. C'est ce qu'on vient de réussir quand même, puis on est en mode diversification. Ça, je ne le vois pas, là, mais on va tomber en mode diversification, parce qu'il n'y a pas de limite à ces négociations-là si on est entièrement vulnérables, alors que, si on diversifie un minimum, notre économie va être capable de trouver un équilibre, là, plus sain à moyen et long terme.

Journaliste : ...vulnérabilité, là. Vous parlez de donner des victoires, notamment, à M. Trump. Est-ce que le Canada, selon vous, est condamné à donner des victoires, à court terme, à Donald Trump?

M. St-Pierre Plamondon :Non, ça ne veut pas dire de donner raison ou de donner des victoires à Donald Trump sur tout. C'est simplement d'être conscients que l'escalade, quand on est 30 fois plus petits, n'est peut-être pas... ne devrait pas être, en tout cas, notre seule stratégie, d'où l'idée de diversifier rapidement. Puis quand même, hier, on a vu la réaction assez forte des marchés américains, qui, clairement, n'ont pas une très bonne opinion de cette stratégie-là. Mais si on veut une solution durable, il faut également considérer que le gouvernement Trump a un programme, a fait des promesses et donc veut des... un discours... ce que j'appelle le pont doré, là, mais veut un discours qui lui permet de dire : Bien là, finalement, j'ai reculé sur cette histoire de tarifs là parce que j'ai obtenu d'autres choses, et ce «d'autres choses» là coûte pas mal moins cher qu'une crise économique généralisée en raison de tarifs exorbitants. Donc...

Une voix : ...

M. St-Pierre Plamondon :Pardon?

Journaliste : C'est un bon coup de M. Trudeau hier?

M. St-Pierre Plamondon :À nouveau, je ne dirais pas ça à ce stade-ci. On pourra faire le bilan de toute cette séquence-là après. Mais je vous réitère que nous, on a proposé de prendre au sérieux le laxisme de la frontière, mais, avant de donner des fleurs à Justin Trudeau, c'est parce que c'est lui, la frontière laxiste. On n'a jamais vu quelque chose de même de l'histoire du Canada, là, c'était... c'est un gruyère.

Une voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : Pardon?

Journaliste : Est-ce que c'est un bon coup de M. Trump dans ce cas-là?

M. St-Pierre Plamondon : Trop tôt pour commencer à distribuer... mais je ne suis pas analyste puis je ne suis pas là pour distribuer des fleurs ou des pots. On a un sursis de 30 jours, concentrons-nous à diversifier de sorte qu'on ne soit pas dans cet état de vulnérabilité dans un an ou deux, parce que le mandat de Donald Trump, il n'est pas sur 30 jours, il est sur plusieurs années, et, dans quel cas, prenons ça au sérieux. Prenons acte également que, là-dessus, on a vraiment dormi pendant des années et que là c'est le temps de se réveiller.

Journaliste : Est-ce que ce n'est pas difficile d'être souverainiste aujourd'hui, là? Parce qu'on parle d'incertitude. Évidemment, la souveraineté, c'est de l'incertitude, le référendum, tout ça. Est-ce que ce n'est pas difficile, ça, pour vous? Ça ne remet pas en question votre... votre... Est-ce qu'il n'y a pas des gens qui vous disent : Je suis inquiet, là, je ne suis pas sûr que c'est le temps ou...

M. St-Pierre Plamondon : Bien, évidemment, si certains de mes adversaires tentent de faire croire que notre plan, c'est de tenir un référendum la semaine prochaine, ça peut créer une incertitude, mais ce n'est pas le cas, là. Le programme du Parti québécois parle de tenir une consultation quelque part entre janvier 2027 et septembre 2030. Vous remarquerez que le Parti québécois s'est concentré sur proposer des solutions de manière répétée depuis des semaines.

Journaliste : Trump va être encore au pouvoir, hein, quand vous...

M. St-Pierre Plamondon : Oui, mais vous remarquerez que l'action du Parti québécois... on est indépendantistes et ça ne nous empêche absolument pas d'être en mode solution quand la situation est critique. Et, si d'autres politiciens comme Jean Charest ou Marc Tanguay tentent d'instrumentaliser une situation comme celle-là pour faire de la promotion de l'unité canadienne, alors qu'on devrait en ce moment se concentrer sur les solutions à court terme pour protéger nos entreprises, ça, ça les regarde, eux. Mais regardez comment travaille le Parti québécois : solutions, solutions, solutions. On est présents à chaque étape, et je pense qu'on fait un travail qui est rigoureux.

Journaliste : Est-ce que vous sentez quand même une montée du patriotisme? C'est-tu quelque chose...

M. St-Pierre Plamondon : Je ne sais pas, là. Je pense qu'on a une belle séquence d'achat québécois. Ça devrait être tous les jours de l'année achat québécois. Je trouve qu'on n'en a pas fait assez. On constate que le projet de Panier bleu a été un échec. C'est un peu dommage parce que, si on en avait un...

Journaliste : Moi, je vous parle : Est-ce que vous sentez une montée du patriotisme canadien avec ce qu'il se passe?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est-à-dire que je vois bien que les politiciens canadiens tentent de saisir cela comme opportunité pour faire du «nation building», là, pour reprendre l'expression canadienne. Dans les faits, plusieurs des situations actuelles découlent des pauvres... des politiques pauvres du Canada tant en diversification des marchés qu'en gestion de la frontière, qu'en gestion de l'armée et qu'en relations épouvantables de Justin Trudeau à l'étranger, là. Je veux dire, à part monter ses bas... montrer ses bas de couleur puis faire la morale à plein de pays de sorte que nos liens sont assez ténus... Tu sais, on n'a pas un beau bilan diplomatique, ça paraît.

Donc, il faut distinguer, je pense, la tentative d'instrumentalisation d'un peu tout le monde. J'ai vu plusieurs chroniqueurs écrire qu'il ne faut jamais gaspiller une bonne crise. On voit que plusieurs politiciens ont pris note de ce message-là. Les faits, par contre, sont têtus à moyen et long terme, là, c'est...

Journaliste : ...de cette inquiétude-là face à l'option?

M. St-Pierre Plamondon : Non. Non, non, on a le mandat de travailler puis de livrer la même rigueur, la même pertinence que d'habitude et on demeure fidèles à notre vision d'avenir d'un Québec qui rayonne partout dans le monde.

Journaliste : ...les entreprises, les exportations des entreprises, ça coûterait combien au Trésor québécois? Et, par ailleurs, vous savez que le Québec a déjà beaucoup investi dans les relations pour exporter davantage en Chine. Pensez-vous que ce serait encore...

M. St-Pierre Plamondon :...

Journaliste : Hein, c'est pour ça que je vous pose la question, là, mais pensez-vous?

M. Paradis : Bon. Oui, la Chine, mais il y a plein d'autres marchés. Il y a un continent, il y a un continent qui s'appelle l'Afrique, qui est en pleine croissance actuellement et qui est rempli d'opportunités pour le Québec. L'Europe, c'est sous-exploité encore. C'est un pourcentage minime de nos exportations, alors qu'on a des amis qui viennent de nous lancer des signaux en disant : On voit ce qui se passe, nous sommes ouverts. Alors, c'est ce qu'on disait tout à l'heure, c'est le temps de se précipiter sur ces offres-là. L'Amérique latine, on a développé tout un réseau en Amérique latine à travers nos entreprises québécoises, à travers nos délégations du Québec. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup d'endroits à explorer actuellement où il y a des opportunités à court, moyen et à long terme.

Journaliste : Juste sur la frontière, M. St-Pierre Plamondon, vous dites, là : Ça fait des semaines qu'on demandait ça. À mon souvenir, votre demande pour sécuriser la frontière était beaucoup moins importante que ce que le fédéral a annoncé hier.

M. St-Pierre Plamondon : Ah! c'est vrai que la... nous, on proposait que le Québec se distingue de la négligence du fédéral. Finalement, le fédéral a repris sur lui de faire un 180 degrés par rapport à sa négligence des 10 dernières années. Puis, au final, est-ce que c'est une bonne chose que, grâce à ça, on a évité les tarifs pour au moins ce 30 jours là? Oui.

Journaliste : Est-ce que vous reconnaissez que votre demande en termes de sécurisation de la frontière n'est peut-être pas assez loin, aurait pu être encore plus importante?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est deux sujets différents, là. Moi, je ne me suis pas adressé au gouvernement fédéral. J'ai constaté la négligence postnationale de Justin Trudeau à la frontière depuis des années. Et j'ai constaté également que l'Alberta, l'Ontario, l'Île-du-Prince Édouard auraient chacun leur tactique et leurs lobbies simultanément. Donc, attendons, là, n'agissons pas comme si tout ça est terminé, ce sera un mandat de Donald Trump rempli de rebondissements, et bâtissons tout de suite les fondamentaux d'un contexte plus stable pour le Québec. Diversification.

Le Modérateur : On va prendre une dernière...

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : Je vais prendre les deux.

Journaliste : La négligence postnationale dont vous parlez, là, c'est dans l'autre sens, c'est du sud au nord.

M. St-Pierre Plamondon : Ah! c'est dans les deux sens. Trafic humain, trafic d'armes, trafic de drogue, organisations criminelles qui passent des gens pour des fortunes, là, ça, ça a été documenté dans les deux sens, ce qui...

Journaliste : Mais vous, ça vous inquiétait pour le passage du sud au nord, tandis que là, le problème est du nord au sud. J'essaie juste de comprendre.

M. St-Pierre Plamondon : Et dans les deux cas, on a intérêt à sécuriser la frontière plutôt que de traiter la frontière comme une passoire. C'est ce qu'on dit depuis quatre ans. Il y a un bénéfice mutuel à gérer correctement la frontière. Mais c'était une idéologie politique de Justin Trudeau de dire : Il n'y a plus de frontières, on est postnational, n'importe qui peut rentrer. Qu'est-ce qui est arrivé? Le crime organisé s'est infiltré là-dedans. Et moi, je préfère nettement voir le Canada investir des sommes sur ce sujet-là au bénéfice des deux côtés de la frontière que de payer 20 fois, 30 fois le montant en répercussions économiques vis-à-vis... On peut être d'accord ou pas d'accord, là, mais il y a une volonté politique assez claire du côté des Américains.

Journaliste : ...la même chose que M. Trudeau, hier.

M. St-Pierre Plamondon : C'est-à-dire qu'un Parti québécois... je vous en parle depuis cinq ans maintenant, le Parti québécois aura été... un Québec indépendant surtout aurait été beaucoup moins versé dans ces dérives-là puis aurait probablement des meilleurs liens avec les Américains.

Journaliste : ...hier, vous auriez fait la même concession que M. Trudeau? Vous auriez agi de la même façon que lui?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, c'est-à-dire, hier, je n'aurais pas agi comme Justin Trudeau dans l'ensemble de cette séquence-là, mais c'est vrai qu'on a demandé un renforcement ou à tout le moins la reconnaissance que ce que les Américains nous demandent, on le prend au sérieux puis qu'on agit. Puis c'est finalement ce qui est... ce que les deux paliers de gouvernement ont fini par faire.

Journaliste : Il a bien fait...

M. St-Pierre Plamondon : À nouveau, je sais que vous voulez me faire commenter sur le bilan, on fera les bilans quand cet épisode-là sera terminé. Et je réitère que tout ça est en lien avec la négligence grossière du fédéral à la frontière et également dans les relations diplomatiques qui se sont détériorées pour le Canada au cours des dernières heures.

Des voix : ...

Journaliste : ...convaincre qu'un Québec souverain aurait été en meilleure posture face... dans une crise comme celle-là?

M. St-Pierre Plamondon : Bien, je ne sais pas si c'est vraiment l'heure pour... Je sais qu'il y a un appétit chez mes adversaires et dans les médias pour tout de suite faire des bilans ou essayer de faire la promotion de l'indépendance. Mais je suis convaincu qu'un petit pays peut tirer son épingle du jeu, et que tu es toujours mieux de défendre tes propres intérêts. On le voit, là, pour le Danemark, plein de pays en ce moment qui ont des interactions avec les États-Unis. C'est pour moi plus simple d'avoir une vraie diplomatie en fonction de tes intérêts. Et, pour autant, je juge qu'en ce moment on devrait tous être en mode solution par rapport au contexte actuel. Donc, je ne veux pas qu'on me fasse dire non plus, tu sais... Mes adversaires cherchent à m'amener sur le terrain du référendum, comme si le référendum serait... était la semaine prochaine. C'est faux. Et, regardez bien comment le Parti québécois travaille depuis deux semaines et demie, on est en mode solution et très conscients qu'à court terme, la priorité, ce sont nos PME québécoises. Et des solutions, on en a : la défiscalisation, la diversification, l'accompagnement des entreprises dans cette transition-là. Et je pense que je veux qu'on soit entendus pour la qualité de ce travail-là et non pas embarquer dans les tentatives d'instrumentalisation par mes adversaires d'une situation qui est grave et qui demande quand même notre attention immédiate.

Le Modérateur : On va passer en anglais.

Journaliste : You've mentioned in the last few days, as a solution, a proposition. It was to create a team Québec. How team Québec is still a proposition of the PQ? And how it could help to diversify the markets like in Latin America, Africa or Europe?

M. St-Pierre Plamondon : Well, obviously, if you have the choice between team Canada, a commercial team Canada that goes in Europe and starts selling products or companies that are not yours, and that's what happen most of the time, a kind of crowded house with conflicting interests feels that are not related. If you have the choice between this or an independent Québec or, at least, a team Québec that really represents our companies that are there to tell new markets: We have something to offer, can we do business together given the new context? Of course, you choose a team Québec, because your companies, your interests will be represented 100% of the time, not 15% of the time. And that's the interest for me to see the current government being very proactive on every market instead of just focusing on internal communications.

Journaliste : So, right now, they are, you know, going to the regions, seeing what the concerns are within the companies in various regions. Do you feel that their resources would be better used working on the ground internationally? Is that what you're saying?

M. St-Pierre Plamondon : I'm saying that consulting with companies in different fields is a must, but you can't just do that saying: We'll help you, don't worry, we'll help you. You'll notice that they never said we'll help you how. And what we want to see is results in terms of being active abroad to make sure that those companies, they diversify as soon as possible so that our vulnerability towards the Americans in those negotiations become more manageable.

Journaliste : Where exactly should they be going to diversify the trade-off or the economy right now?

M. St-Pierre Plamondon : They should be very present in Europe because we get signal from European countries: Come and meet with us because we understand your situation and we're willing to do more business with you. And then, of course, we need to look at Latin America, Africa, Asia based on each sector we have in Québec, based on what we have to offer. But it's important to remember that we're almost at 70% of our exports towards the U.S. while France has just 1%, the UK, 1.6%. We need to get those figures more balanced as soon as possible.

Journaliste : One clarification. You have the delegations in Québec.

M. St-Pierre Plamondon : I'll have to correct my figures.

Des voix : ...

M. St-Pierre Plamondon : Oh, we got 1.6% up in France and 1% in the UK.

Journaliste : It's just that you have two delegations representing the Québec government across the world. You have offices. So, like, they are doing that job already. What your position is adding? What's the value added of...

M. St-Pierre Plamondon : Getting your businesses out there. In an emergency mode, just saying: We need to diversify now, you us that you have an intent to work with us. What are the synergies? Where can we work together? So, it's really not conventional business, but really a team Québec. And that's what we need as soon as possible.

Journaliste : Just when it comes to the border concerns, you said that there are certain aspects that maybe aren't being taken seriously or seriously enough, what do you think should be done more at the border when it comes to Canada's end of the deal?

M. St-Pierre Plamondon : Well, at this point, I think there's a serious effort to correct 10 years of negligence at the border. That was an irritation for the Americans during the Obama era. So, it's not Trump only, it's the Americans for a certain while. They wanted that, they have a solution now, so let's reevaluate. But let's also notice that the American markets and the American CEOs of many companies didn't see the tariff as a very good idea. So, we have space to make sure that we don't shoot ourselves in the foot.

Journaliste : When you speak of negligence, just to clarify, are you speaking just on immigration or on drug trafficking too, when it comes to Canada toward the U.S.?

M. St-Pierre Plamondon : All of that. We've seen the Roxham episode with human trafficking. And human trafficking has been an issue. We've seen people die in Akwesasne over the past years. Arms, firearms entering Québec, so you have many more firearms in Montréal now that than 10 years ago, because the frontier is not well managed. And drugs both ways. And on the topic of fentanyl, we need to take into account that the amount seized is not necessarily representative of the amount that crosses if you don't put any resource to stop it. So, we have to be careful. And even if the amount at the northern border is way less than the amount in Mexico, you don't go to the Americans telling them: Listen, we have a smaller problem north than you have in Mexico, so just stop your tariffs. At some point, negotiations are also to give a golden bridge to your opponent, give them a victory speech so that they can pull out of their initial stance. And, on that point, the reaction of the markets in the US show us that many Americans realize that putting those tariffs will hinder both our economies. So, we need to find other solutions than that. Merci.

(Fin à 10 h 57)

Participants


Document(s) associé(s)