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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, député de Gouin, et Mme Manon Massé, députée de Sainte-Marie–Saint-Jacques

Version finale

Le mercredi 23 novembre 2022, 14 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Quatorze heures deux minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendra la parole tout d'abord Gabriel Nadeau-Dubois suivi de Manon Massé. Puis on va pouvoir prendre vos questions par la suite.

M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup. Bonjour tout le monde, très heureux d'être ici avec vous. On avait hâte, à Québec solidaire, que cette session parlementaire commence. On est prêts. Les Québécois et les Québécoises ont besoin d'une opposition forte, d'une opposition unie face à François Legault, une opposition qui talonne la CAQ sur leurs priorités, bien, cette équipe-là, c'est l'équipe de Québec solidaire.

La session va durer deux semaines. C'est une toute petite session, alors on aura une priorité simple, la hausse fulgurante du coût de la vie. Notre travail, notre priorité, dans les deux prochaines semaines, ce sera de talonner François Legault sur cette crise historique de l'inflation. Le caucus de Québec solidaire va parler pour les familles, pour les jeunes, pour les aînés. Le caucus va parler pour tous les gens au Québec qui, en ce moment, ont de la misère à joindre les deux bouts.

J'entendais François Legault, récemment, se vanter de son projet de loi, de son futur projet de loi qui va plafonner la hausse des tarifs gouvernementaux à 3 %. Autrement dit, François Legault va vous augmenter, mais il vous augmente juste de 3 %. Moi, la question que je me pose, c'est : Pourquoi augmenter les factures des Québécois et des Québécoises en ce moment? Qui, en ce moment, a les moyens de se payer une hausse d'Hydro, qui a les moyens de se payer une augmentation des frais de garde ou de location dans un CHSLD? La CAQ, en fait, elle est incohérente parce qu'elle dit vouloir s'occuper du coût de la vie, elle dit que c'est sa priorité, mais, en même temps, elle va augmenter les factures des Québécois de 3 %.

En ce moment, toutes les factures explosent. En pleine crise de l'inflation, le rôle du gouvernement, ça devrait être surtout d'éviter d'en ajouter par-dessus, d'éviter d'ajouter des augmentations de factures alors que toutes les factures sont en train d'augmenter. Québec solidaire demande aujourd'hui à la CAQ de geler tous les tarifs du gouvernement du Québec. Le ministre Girard nous a promis un projet de loi, on lui demande de modifier son projet de loi, d'en faire un projet de loi pour geler les tarifs du gouvernement. Et, s'il ne le fait pas, bien, on sera là, en commission parlementaire, pour modifier le projet de loi de la CAQ, pour l'amender pour qu'il vienne geler les tarifs du gouvernement. C'est important et ça va toucher bien des gens au Québec. Ça compte pour les tarifs de garderie, les frais de scolarité, les permis de conduire, la contribution des usagers en CHSLD et, bien sûr, pour les tarifs d'Hydro-Québec.

Je l'ai dit souvent pendant la campagne, la crise climatique, c'est sans doute la crise la plus importante de notre époque, mais la crise la plus urgente, celle qui fait mal aux Québécois, Québécoises dans leur quotidien, là, c'est la crise du coût de la vie, et c'est pour ça que ce sera la priorité numéro un de Québec solidaire dans les deux prochaines semaines. Les gens le savent, les gens qui nous écoutent le voient, ils voient leurs factures, tout coûte cher. Les taux d'intérêt continuent d'augmenter, ils pourraient augmenter encore cet hiver, on nous parle de risques de faillites personnelles en série, il y a de plus en plus de travailleurs, de travailleuses qui étouffent, la classe moyenne est menacée. Donc, aujourd'hui, on fait une première proposition, geler tous les tarifs du gouvernement. Le 3 %, les chèques de la CAQ, c'est bien, mais ce n'est pas assez, il faut en faire plus. C'est notre priorité à Québec solidaire.

Et je laisse Manon vous dire quelques mots.

Mme Massé : Oui. Bien, bonjour, tout le monde. À mon tour de vous dire que je suis vraiment très heureuse d'être ici avec vous ce matin... cet après-midi, plutôt, et surtout de retour pour s'assurer que la Coalition avenir Québec va affronter les défis qui sont devant nos concitoyens et concitoyennes au jour le jour, pour les prochaines semaines, mais pour les prochaines années.

Ce matin, sincèrement, j'espère du fond de mon coeur que tous les partis vont exiger le gel des tarifs de l'État tel que vient de le proposer Gabriel. Parce que ça n'a aucun bon sens que le gouvernement rajoute lui-même aux problèmes de la population. La réalité, c'est que, les gens, ils n'ont pas le choix maintenant de faire des choix déchirants, c'est-à-dire de couper, il faut qu'ils coupent à quelque part, de couper dans la bouffe, l'épicerie, de couper dans le transport, de couper dans les médicaments. Bref, la hausse du coût de la vie est tellement grande qu'il y a des gens pour qui ça veut dire des choix déchirants. C'est plus difficile, bien sûr, de couper dans l'Hydro, mettons, à l'hiver, et de couper dans les frais de garde, parce que tu veux aller travailler. Et je pense que, là-dessus, le gouvernement du Québec peut agir.

(Interruption) Excusez-moi. Augmenter les frais de garde, les frais de scolarité, l'Hydro, ce n'est pas ça, à notre sens, un bouclier anti-inflation. Ça, c'est un gouvernement qui baisse la garde.

Ça fait des mois que le portefeuille des Québécois et Québécoises est vide puis les banques alimentaires, elles, se remplissent. Le temps des fêtes va être difficile pour plusieurs d'entre nous. Le chèque du gouvernement du Québec, vous savez, tout le monde va être bien content, il n'y a personne qui va cracher dessus. L'enjeu, c'est que, pour plusieurs, ça va juste payer les arrérages, les arrérages des factures, puis peut-être même, éventuellement, de pouvoir dégager une facture qu'on n'avait pas été capable de payer. Je le sais que, pour certains d'entre nous, 3 %, ça ne représente pas beaucoup, mais il y en a pour qui c'est énorme.

Et alors c'est pour ça qu'à Québec solidaire on veut que le gouvernement de la CAQ aide la population, réellement, à affronter la crise du coût de la vie. Puis, vous savez quoi, 3 %, ce n'est pas nécessaire, ce n'est pas nécessaire. Le gouvernement du Québec peut choisir et, à notre sens, doit choisir de geler les tarifs de l'État. Ce n'est pas le temps d'augmenter le fardeau de nos concitoyens, c'est le temps de les aider. Et, le gel des tarifs tel qu'on vous le propose, c'est une façon concrète de le faire.

M. Nadeau-Dubois : Merci, merci, Manon. Une proposition simple aujourd'hui de Québec solidaire, une proposition pragmatique. On avait promis d'être une opposition constructive, c'est ce qu'on fait cet après-midi. Puis c'est seulement la première, c'est seulement la première, parce que, dans les deux prochaines semaines, il y aura plusieurs propositions de Québec solidaire sur cet enjeu du coût de la vie. Les gens nous en parlent à chaque jour dans nos circonscriptions. On va être là pour talonner François Legault. On va être le parti du coût de la vie cette session à l'Assemblée nationale. Merci. Je vais prendre vos questions.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va vous demander de vous nommer au micro puis de vous concentrer à une question et une sous-question. Quand vous êtes prêts.

M. Lacroix (Louis) : Bien, je vais y aller. Bonjour.

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, M. Lacroix.

M. Lacroix (Louis) : Vous avez dit tout à l'heure, Mme Massé : Le chèque qu'on va remettre ne va servir qu'à payer l'arrérage, finalement. Est-ce que vous demandez plus d'argent? Est-ce que le chèque devrait être plus gros? Parce que, là, c'est ce qu'ils vont faire, là.

M. Nadeau-Dubois : Personne n'est triste de recevoir un chèque par la poste, c'est certain. Mais est-ce que c'est suffisant pour aider les gens en ce moment? Je pense qu'il y a plutôt un consensus sur le fait que ça ne suffit pas et qu'il faut, pour faire face à la crise de l'inflation, une approche cohérente puis une approche globale. Il n'y a pas une solution qui va régler ce problème-là, il en faut plusieurs. Envoyer des chèques, c'est une chose, mais, si, pendant ce temps là, toutes les factures continuent d'augmenter, ce chèque-là, il va venir rapidement à être épuisé. Geler tous les tarifs de l'État, c'est une manière parmi d'autres de venir aider les gens puis surtout d'être cohérents. Parce qu'on ne peut pas dire : On va aider le monde et en même temps augmenter leurs factures. Même 3 %, pour beaucoup de monde, c'est 3 % de trop.

M. Lacroix (Louis) : Mais, si on avait, par exemple, les chèques, le 400 ou le 600 $, dépendant du revenu, et un gel des tarifs, est-ce que, là, ce seraient des mesures qui seraient acceptables?

M. Nadeau-Dubois : Je pense qu'il faut agir sur tous les fronts. Je vais vous donner un autre exemple. On ne réglera pas la crise du coût de la vie si on ne freine pas l'explosion des prix du logement au Québec. Le logement, c'est le premier poste de dépenses de toutes les familles québécoises, qu'elles soient locataires ou propriétaires. C'est le loyer ou l'hypothèque, le premier poste de dépenses sur le budget. Donc, on n'affronte pas la pire crise de l'inflation en 30 ans avec un chèque et même pas avec un gel de tarifs plus un chèque, il faut agir sur plusieurs fronts. Là, je vous donne l'exemple du logement, c'est un autre des dossiers sur lequel vous allez nous entendre dans les deux prochaines semaines. C'était déjà une priorité pour nous, ça va continuer. C'est bien beau de donner un chèque de 400 $, mais, si votre loyer augmente de 100 $ par mois, vous êtes dans le rouge.

M. Denis (Maxime) : Bonjour. Maxime Denis de TVA. Si on regarde la campagne électorale, on vous a accusés, avec les taxes orange, tout ça. Est-ce que vous voulez vous bâtir une meilleure crédibilité économique en faisant ce genre d'annonce là en partant?

M. Nadeau-Dubois : Durant la campagne électorale, on a fait des propositions pour aider les gens en bas de l'échelle, pour aider la classe moyenne. On peut, par exemple, penser à notre proposition de détaxer les biens essentiels. Donc, on continue, on continue à faire des propositions pour aider les gens qui, en ce moment, écopent le plus de la crise du coût de la vie.

M. Legault a décidé d'envoyer des chèques à beaucoup de gens, y compris des ménages qui sont un peu mieux nantis. Nous, notre priorité, c'est surtout d'aider les gens au bas de l'échelle et la classe moyenne qui menace d'être, justement, déclassée par la pire inflation en 30 ans. Parce qu'il y a une chose qu'il ne faut pas oublier, là, l'inflation va finir par se calmer, c'est ce que les économistes nous disent, mais, les prix, eux, ne redescendront pas. Donc, il faut aider les gens de manière structurante, de manière pérenne. Et, dans les deux prochaines semaines, on va faire plein de propositions pour aider les gens.

M. Denis (Maxime) : Si vous étiez au pouvoir, est-ce que le chèque, ça aurait été une des options? Est-ce que c'est une bonne idée au final, ce chèque?

M. Nadeau-Dubois : Ça ne faisait pas partie de notre plateforme électorale. On préfère des mesures pour aider directement les gens à faire face à cette augmentation du coût de la vie. Je redonne l'exemple du logement qui, pour moi, est le meilleur exemple, pourquoi? On ne peut pas lutter contre l'inflation sans calmer les principales factures qui explosent. Puis, une des principales composantes de l'inflation, c'est les coûts du logement. Le gouvernement du Québec est capable d'influencer les coûts du logement. On a des lois, des règlements pour faire ça au Québec. M. Legault a décidé de ne pas le faire. Nous, le logement, ça va être une priorité parce que c'est indissociable de la crise du coût de la vie.

Journaliste : Bonjour. Est-ce que vous aviez promis en campagne électorale de geler les tarifs?

M. Nadeau-Dubois : Ça ne faisait pas... Non. Il y avait différentes propositions. Il y a des tarifs qu'on proposait de réduire davantage. Je vous donne l'exemple des frais de scolarité, par exemple, on proposait de les réduire de 25 %.

Journaliste : Et pourquoi l'idée du gel n'avait pas été retenue dans le cadre de la campagne et que, comme première proposition que vous faites aujourd'hui, ce n'est pas quelque chose que vous aviez plaidé à l'époque, mais c'est quelque chose de nouveau? Qu'est-ce qu'on doit comprendre?

M. Nadeau-Dubois : Bien, c'est-à-dire que, quand on fait une campagne électorale, on présente des engagements en tant que futur gouvernement. En tout cas, c'est ce qu'on souhaite quand on fait une campagne électorale. Une fois les élections passées, notre rôle change. On est ici pour talonner le gouvernement, pour lui faire des propositions. Puis on essaie de faire des propositions qui sont les plus susceptibles possibles d'être reprises par le gouvernement. On pourrait aujourd'hui proposer au gouvernement de baisser de 25 % les frais de scolarité, par exemple, à l'université, parce que c'était notre proposition électorale. On aurait pu. Mon petit doigt me dit que ça n'aurait pas fait long feu comme proposition. Donc, on se dit : Allons-y avec une proposition pragmatique qui a plus de chances d'être acceptée par la CAQ. Moi, je pense qu'un gel des tarifs de l'État, c'est à portée de main pour la CAQ, on va faire la bataille en commission parlementaire. Et il y a d'autres de nos engagements électoraux qui vont réapparaître dans les prochaines semaines, bien sûr.

Journaliste : Vous y avez fait allusion, là, le gouvernement, donc, souhaite plafonner à 3 % les tarifs gouvernementaux avec le dépôt d'un projet de loi. Dans son cadre financier, la CAQ avait chiffré cet engagement précisément à 2,2 milliards en quatre ans. Est-ce que...

M. Nadeau-Dubois : Ah oui, en quatre ans, voilà.

Journaliste : En quatre ans. Quel est l'ordre de grandeur pour ce qui est de votre proposition?

M. Nadeau-Dubois : Nous, ce qu'on propose, c'est un gel pour un an, donc un gel temporaire. Pourquoi? Parce que la crise, elle est temporaire. Commençons par un gel d'un an, réévaluons l'année prochaine, à voir est-ce qu'il faut prolonger ce gel-là. Mais là, ce qu'il faut, c'est une mesure d'urgence, un gel d'un an. Nous, on estime, ça représente environ 250 millions de dollars.

Journaliste : 250 millions?

M. Nadeau-Dubois : 650, 650. Pardon.

Journaliste : O.K., parce que, là, ça ne balance pas.

M. Nadeau-Dubois : C'est un lapsus. 650 millions.

Journaliste : O.K. Là, excusez, c'est parce que, là, je vais consulter en même temps le cadre financier de la CAQ, parce que, là, eux autres, ils parlaient quand même de… si on limitait à 3 %…

La Modératrice : Peut-être qu'on peut laisser les autres...

Journaliste : Ils parlaient de 600 millions, 900 millions de coûts. Là…

Une voix : ...

Journaliste : Oui, c'est ça. Parce que, là, moi, si je me fie à leur cadre financier, simplement pour, disons, mettons, une pleine année…

M. Nadeau-Dubois : Non, mais, juste pour vous préciser, le gouvernement, en ce moment, estime le coût de son plafonnement à 3 %, là. Nous, les informations qu'on a, c'est que les estimations du gouvernement, c'est à peu près ça, 650 millions de dollars. Nous, on juge qu'en ajoutant un autre 650 millions de dollars, on est capables de passer du 3 % à un gel.

La Modératrice : Merci.

M. Bourassa (Simon) : Bonjour, Simon Bourassa, de nouveau. En campagne, vous n'aviez pas retenu l'idée des baisses d'impôt. Vous n'étiez pas embarqués dans le même train que les autres partis. Est-ce qu'à la lumière de l'évolution de la situation économique au Québec, de l'inflation, actuellement, vous appuieriez des baisses d'impôt?

M. Nadeau-Dubois : Nous, en campagne, on a proposé une mesure pour soulager immédiatement toutes les familles du Québec dans le contexte de la crise de l'inflation. C'est quoi? C'est la détaxation des biens essentiels. Ça, c'était un élément central de notre bouquet de mesures pour aider les familles qui ont de la misère en ce moment avec l'inflation. Puis c'était une mesure temporaire. Pourquoi? Parce que la crise de l'inflation, elle est temporaire, elle aussi.

Baisser les impôts pour toujours et les baisser de manière à ce que ça bénéficie surtout aux plus riches, c'est une mauvaise idée. Pourquoi? Parce qu'on se prive des moyens, collectivement, d'investir dans l'avenir. Regardez nos écoles, en ce moment, regardez nos hôpitaux, c'est-u le temps d'enlever de l'argent dans ces systèmes-là? Je ne pense pas. Regardez l'état des urgences du Québec, en ce moment, c'est-u une bonne idée de se priver de moyens pour réparer nos urgences? Je pense que c'est une mauvaise idée. La CAQ là-dessus fait fausse route. C'est de la petite politique à courte vue. Nous, on est là pour l'avenir, puis il n'y a pas d'avenir pour les jeunes et les moins jeunes du Québec sans des services publics bien financés.

M. Bourassa (Simon) : Vous avez parlé de logement tout à l'heure. Comment un État s'attaque à une hausse des prix des loyers qui est beaucoup…

M. Nadeau-Dubois : La proposition de Québec solidaire, là-dessus, c'est la même depuis des mois. On pourrait s'inspirer d'un mécanisme qui existe à côté de chez nous, en Ontario, qui s'appelle un système, donc, de contrôle des loyers ou l'indice du Tribunal administratif du logement, qui est actuellement un indice purement informatif. Ce n'est pas un indice qui est obligatoire, bien, que ça le devienne, et que ce soient les propriétaires qui doivent aller devant le tribunal du logement, s'ils souhaitent augmenter les loyers plus que de cet indice-là. C'est une mesure concrète qui ne coûte pas une cenne au gouvernement puis qui viendrait calmer au moins la hausse spectaculaire des loyers à laquelle on assiste en ce moment.

La Modératrice : Merci.

Journaliste : Bonjour. Ce matin, ça ne semblait pas 100 % clair, si tout le monde ici avait prêté serment au roi. Est-ce que ça a été fait? On me dit que ça a peut-être même été fait aujourd'hui ou ce le sera, fait?

M. Nadeau-Dubois : C'est ça, exactement. Bien, c'est parce que, ce matin, vous m'avez posé la question. Je faisais confiance à mes collègues, on s'était entendus pour le faire, tous et toutes. Donc, dans le fond, tout le monde l'a fait. Il y a juste notre collègue Haroun qui a son rendez-vous demain. Donc, ça sera fait dans les prochaines heures. Sinon, tout le monde est passé par ce désagréable mais néanmoins, malheureusement, nécessaire moment.

Mme Massé : Pour le moment.

M. Nadeau-Dubois : Exact.

Journaliste : Est-ce que vous vous êtes senti sali, M. Zanetti?

M. Nadeau-Dubois : Ça n'a été le fun pour personne.

Journaliste : Non, mais, la dernière fois, vous étiez… ce n'était pas «sali», c'était «souillé», que vous aviez utilisé.

M. Zanetti : Oui. Je préfère ne pas commenter encore.

Journaliste : Est-ce que... s'applique toujours?

M. Zanetti : C'est à jamais, hein?

La Modératrice : Une dernière question. M. Bolduc.

M. Bolduc (Pierre-Alexandre) : La COP27 vient de se terminer. Le Canada n'a pas fait très bonne figure. En campagne électorale, vous vous disiez le parti de l'environnement. Là, si vous comptez devenir le parti qui lutte l'inflation, qui va porter ce dossier-là ici?

M. Nadeau-Dubois : Bien, il ne fait aucun doute dans notre esprit, dans mon esprit que, la crise climatique, c'est la principale crise de notre époque. Et, pour les quatre prochaines années, ça va rester le cœur de notre présence ici, à l'Assemblée nationale. Mais, la crise la plus urgente, là, celle qui brûle en ce moment les gens, c'est laquelle, là?, c'est la crise de l'inflation. Donc, on peut s'attaquer à court terme à la crise de l'inflation tout en continuant, à moyen et à long terme, de faire la bataille de l'environnement. Puis on va continuer à le faire. Je veux dire, la question du climat, elle reste incontournable, elle reste centrale, mais c'est une bataille à moyen et long terme. Dans les prochains jours, les prochaines semaines, là, les Québécois et Québécoises ont besoin d'aide. Puis ils ont besoin d'une opposition forte, unie, qui ne fait pas juste se chicaner entre elles, mais qui talonnent le gouvernement pour lui demander d'en faire plus pour aider le monde. Puis, c'est ça, la mission qu'on se donne pour les deux prochaines semaines.

La Modératrice : Merci. M. Laberge.

M. Laberge (Thomas) : Oui. Thomas Laberge pour Le Soleil. Vous avez parlé du projet de loi du gouvernement, que vous... en fait, vous voulez proposer un amendement. Si le gouvernement refuse et dit qu'il va quand même hausser les tarifs de 3 %, est-ce que vous allez voter contre?

M. Nadeau-Dubois : On va attendre de voir le projet de loi du gouvernement. Il n'est même pas déposé. On va attendre de l'étudier puis on votera par la suite.

M. Laberge (Thomas) : ...c'est quoi, la volonté? Est-ce que, 3 %, c'est mieux que rien?

M. Nadeau-Dubois : Une chose est claire, on ne va jamais voter contre un projet de loi qui vient soulager les Québécois et Québécoises dans le contexte du coût de la vie. Puis, pour ce qui est du projet de loi comme tel, on va attendre de le lire avant de prendre une décision. Mais, si ça va dans le sens d'aider les gens qui en ont le plus besoin, on va voter pour.

M. Laberge (Thomas) : Donc, 3 %, c'est mieux que rien?

M. Nadeau-Dubois : On va attendre de lire le projet de loi. Vous savez, j'ai l'air jeune de même, mais je suis ici depuis un moment puis j'ai appris une chose.

M. Laberge (Thomas) : On a le même âge...

M. Nadeau-Dubois : Ah bien, je ne veux jamais présumer de votre âge, je ne fais pas ça. Mais, s'engager de voter d'une certaine manière avant même d'avoir lu un texte de projet de loi, c'est très imprudent. C'est une mauvaise... c'est une habitude que je ne veux pas prendre, surtout que, des fois, dans les projets de loi, il y a des petits caractères, il y a des annexes, il y a des petits détails, puis, des fois, le diable se situe exactement dans ces détails-là. Ça fait qu'on va attendre de lire le projet de loi. Mais, sur le principe général, si ça s'en va dans le sens d'aider le monde qui en ont besoin, c'est une mesure qu'on va appuyer, c'est certain.

Mme Massé : Puis, je vous dirais qu'on va utiliser notre présence ici, à l'Assemblée nationale, pour rappeler que l'État n'a pas une tonne de moyens pour intervenir sur la question de l'inflation, l'État du Québec, j'entends, tant qu'on ne sera pas indépendants, à tout le moins. Et, celui de prendre la décision de ne pas tarifer plus les citoyens et citoyennes, ça, c'est un pouvoir qu'il a. Alors, nous, là, notre job, ça va être de rappeler au gouvernement de la CAQ que peut être que 3 %, ce n'est pas beaucoup pour lui, mais c'est beaucoup pour plusieurs de nos concitoyens qui, actuellement, sont déjà mal pris. Je pense aux jeunes qui vivent en appartement. Déjà d'avoir un appartement c'est compliqué, mais, après ça, de vivre pour pouvoir en même temps étudier, c'est compliqué aussi. Je pense aux aînés, je pense aux personnes seules. Alors, notre job, là, maintenant, là, c'est ça, c'est de s'assurer que la CAQ va être le plus pertinent possible dans sa réponse aux concitoyens face à la hausse du coût de la vie.

La Modératrice : En terminant.

M. Laberge (Thomas) : Je change quand même de sujet, mais ça préoccupe quand même les Québécois. La pénurie de la main-d'oeuvre, est-ce que vous voulez talonner le gouvernement sur la hausse des taux d'immigration pour combler la pénurie?

M. Nadeau-Dubois : C'est certain que la question de la pénurie de main-d'oeuvre, ça demeure une préoccupation pour bien des gens au Québec. On en entend parler dans nos circonscriptions, les PME nous en parlent, également. Et, en ce moment, l'idéologie de François Legault se frappe violemment contre le mur de la réalité, là. La réalité, c'est que tout le monde a besoin de renfort au Québec, nos services publics ont besoin de renfort, les PME ont besoin de renfort. Il nous manque de bras partout. Et François Legault s'est emmuré dans une idéologie qui l'empêche de voir ça. Et ce n'est pas pour rien que, dès quelques semaines après l'élection, on a vu qu'il commençait lui-même à rétropédaler en disant : On va peut-être revoir notre position, éventuellement. Ça, c'est la démonstration que l'idéologie de François Legault sur l'immigration, là, est en contradiction avec ce qui se passe sur le terrain.

Nous, on l'a toujours dit, on a besoin de renfort au Québec, et il faut commencer par les gens qui sont déjà sur le territoire du Québec, qui sont là souvent depuis plusieurs années, qui attendent de voir leur statut régularisé. Mon collègue Andrés va continuer à talonner la CAQ là-dessus. Il n'est pas question qu'on continue à faire attendre les gens comme ça aussi longtemps, alors qu'ils sont déjà au Québec puis qu'ils sont prêts à contribuer.

La Modératrice : Merci.

Journaliste : Bonjour. Sur le gel, on comprend, là, le raisonnement comme quoi ça va faire baisser le montant des factures des Québécois puis ça va aider les gens comme ça.

M. Nadeau-Dubois : Au moins, ils n'augmenteront pas...

Journaliste : Oui, c'est ça, au moins, ça ne va pas augmenter. Pardon. Mais quel effet cette mesure-là aurait, selon vous, sur l'économie ou sur l'inflation? Est-ce qu'il y a un raisonnement économique, là, derrière votre mesure, puis c'est quoi?

M. Nadeau-Dubois : Bien, je ne veux pas répéter ce que Manon vient de dire, mais, je veux dire, l'idée, c'est de dire : Quand tu es un État comme le Québec, les leviers que tu as comme État pour agir sur l'inflation sont limités. Par exemple, le coût des matières premières, le coût du grain, le coût du pétrole, la guerre en Ukraine, c'est dur, pour François Legault, de gérer ça. Puis on ne lui demande pas de gérer des affaires qu'il n'est pas capable de gérer. Mais, les prix du logement, les prix d'Hydro, les permis, les tarifs de garde, les frais de scolarité, ça, c'est des factures que le gouvernement contrôle. Ça fait que, la moindre des choses, pour être cohérents, c'est de commencer par ça pour au moins éviter d'en ajouter par-dessus la pile de factures qui s'accumulent puis qui coûtent de plus en plus cher.

Journaliste : O.K. Mais quel effet ça aurait sur...

M. Nadeau-Dubois : Bien, ça va aider les gens au jour le jour à arriver à la fin du mois. C'est la job du gouvernement dans une crise du coût de la vie.

La Modératrice : En terminant.

Journaliste : O.K. Dans un autre ordre d'idée, là, ce matin vous avez dit que Simon Jolin-Barrette doit arrêter de se chicaner avec les acteurs du système de justice. Je voudrais juste que vous précisiez un peu, là, comment vous voudriez qu'il arrête de se chicaner. Est-ce que vous voulez qu'il engage 41 juges, comme Mme Rondeau, la juge Rondeau, propose de le faire? Ou qu'est-ce qu'il devra faire, selon vous, là?

M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas la première fois que M. Jolin-Barrette est à couteaux tirés avec des acteurs importants du système judiciaire, notamment, la juge en chef. Moi, je ne suis pas dans le secret des dieux. Je ne suis pas en mesure de trancher à leur place leurs différends. Mais, quand on est ministre, notre travail, c'est de livrer des résultats. Les victimes, là, qui font les frais des délais épouvantables dans notre système de justice, elles méritent des résultats. Même les accusés, aussi, qui ont des droits, méritent de voir leurs droits respectés. Puis, l'accès à la justice, ce n'est pas un luxe, c'est un droit fondamental dans une société démocratique. Puis, le rôle de M. Jolin-Barrette, c'est de livrer des résultats. Je l'entendais, ce matin, il donne des entrevues à la radio pour dire que la juge en chef n'est pas raisonnable. Ce n'est pas ça son travail. Son travail, c'est de livrer des résultats. La balle est dans son camp. Il voulait être ministre, il l'est. Il a un mandat, qu'il le remplisse.

La Modératrice : Merci.

Mme Morin-Martel (Florence) : Oui. Bonjour, Florence Morin-Martin du Devoir. Vendredi dernier, là, M. Bouazzi, à la radio, là, il a parlé sur une question sur les taxes orange. Il a dit qu'elles étaient appelées à changer, là. Comment exactement elles sont appelées à changer?

M. Nadeau-Dubois : J'ai déjà eu l'occasion de répondre à cette question-là il y a quelques semaines. Je pense que, sur le fond, la redistribution de la richesse, ça reste quelque chose d'important au Québec. Il faut lutter contre les inégalités sociales qui augmentent, et ça, c'est partout à travers le monde. Ça fait partie de notre ADN puis ça ne changera pas. Après ça, sur comment le faire, quel est le meilleur mécanisme puis comment ces mécanismes-là doivent être calibrés, bien, on a les prochaines années pour y réfléchir puis préparer notre prochaine campagne électorale.

Mme Morin-Martel (Florence) : Sur un autre sujet, mardi prochain, il va y avoir une manifestation devant l'Assemblée nationale pour la réforme du mode de scrutin. Est-ce que Québec solidaire va être présent?

M. Nadeau-Dubois : Oui.

Mme Morin-Martel (Florence) : Puis vous invitez vos militants à...

M. Nadeau-Dubois : J'y serai avec plusieurs collègues du caucus. Je sais que Sol sera là. On a lancé l'invitation à toute notre belle gang, ça fait que plusieurs députés seront là. On invite tous nos militants, toutes nos militantes de la région de Québec à être là avec nous. C'est essentiel de relancer ce débat-là, sur le mode de scrutin au Québec. Les Québécois s'attendent à ce que leur vote compte quand ils vont voter. Je pense que c'est une attente qui est bien normale, puis il est temps que notre système électoral remplisse cette attente-là.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais.

Journaliste : Good afternoon.

M. Nadeau-Dubois : Good afternoon.

Journaliste : Welcome back.

M. Nadeau-Dubois : Thank you.

Journaliste : If I understand what you said earlier, all of the QS MNAs have taken the oath, the official oath to King Charles, except Mr. Bouazzi, right?

M. Nadeau-Dubois : It should be done by tomorrow, I think. Your appointment is tomorrow?

Une voix :

M. Nadeau-Dubois : Yes.

Journaliste : And if I understand this, just correct me, you each met individually with Siegfried Peters?

M. Nadeau-Dubois : Yes, exactly, exactly.

Journaliste : And behind closed doors, and you… just a technicality. So, that's how you proceeded?

M. Nadeau-Dubois : Exactly.

Journaliste : Unlike 2018, when you did it as a group.

M. Nadeau-Dubois : Well, not like in a chorus, but we did it, we were side by side when we did it. But, yes, you know, it was not... you know, we didn't want to do, like, a show or a ceremony with that. You know, it's not something fun. It's something unfortunately we have to do if we want to change the system. That's what we are going to do. We are going to table a bill to make that oath optional. And this is going to be made in the first week of this parliamentary session.

Journaliste : But what made you change your mind after getting aboard with the PQ, saying you would not and now you've done it, and they have not?

M. Nadeau-Dubois : You know, first of all, it's important for me to put that in perspective. We did the fight back in 2018. We tried to circumvent that obligation to swear, that archaic oath. Back then, we were alone in that fight. The 10 MNAs of Québec solidaire were doing that fight alone. This time the Parti québécois decided to do the fight too. It's a good thing. But, once the President of the National Assembly made in a decision that said it was not possible for us to enter the National Assembly on November 29th, we had a choice to make : do we want to change the system or do we want to work in the hallways of the Parliament. We want to change that system, and the way to change that system is to table a bill. And the only way to table a bill is to make, one last time, one last time, that archaic oath. So, we did it without any pleasure, but by necessity. If it's what needs to be done to finish, once and for all, with that obligation, well, we are going to take our responsibilities and we are going to do it.

Journaliste : What do you advise the PQ MNAs to do?

M. Nadeau-Dubois : I let to the Parti québécois those debates. It's their decision, it's up to them. Our hand is extended towards them, we are ready to collaborate. If they want us to table a motion that would facilitate their entry inside the National Assembly, we are still completely open to do so.

La Modératrice : Mme Senay.

Mme Senay (Cathy) : Just to double-check something that Philip asked to you. Simon Jolin-Barrette said he'll table a bill to not make this swearing-in obligation mandatory anymore. So, basically, you don't trust Simon Jolin-Barrette to table this bill quickly?

M. Nadeau-Dubois : It's not a matter of trust. But, you know something, I think one of the fundamental laws of politics… if you want something to change, make it change by yourselves. If you want the system to change, take your responsibility and make the system change. That's what we are going to do, we are going to table our own bill. If Mr. Jolin-Barrette tables a similar bill or a very good bill, we will support it. But we were elected to change the things here, in Québec's politics, that's what we are going to do.

Mme Senay (Cathy) : So, Mr. Girard's bill that he'll table to limit the indexation at 3% with Government's tariffs, you're saying : Well, that's not enough at all. And your freeze on tariffs includes Government tariffs and Hydro-Québec tariffs?

M. Nadeau-Dubois : It's all the tariffs that are determined by the Government and its entities like Hydro-Québec, like the Société d'assurance automobile du Québec. So, we want all those tariffs to be frozen for a year. If it needs, after that, to be frozen for a second year, we'll see. But we need an emergency response to the crisis. And the first thing the Government needs to do, its first job is not to worsen the problem and increasing all bills by 3%, 3% is too much for a lot of people. So, the first thing this Government needs to do is to be part of the solution, not part of the problem.

La Modératrice : En terminant.

Mme Senay (Cathy) : And when you propose to freeze those tariffs, what do you want people to understand, the difference it could make in their wallet between a freeze and a maximum of 3% indexation increase?

M. Nadeau-Dubois :You know, when all the bills are going up, the question is : Is it necessary for the Government to add another bill that goes up? I don't think so. I think the first thing the Government needs to do is to say : O.K., we won't worsen the problem. And even if it's only 3%, for a lot of people that are very, very tight right now in their budget, it's 3% that is too much. So, this is going to make a very concrete difference in the wallets of all Quebeckers.

Mme Senay (Cathy) : And, as opposed to the Liberals and the CAQ, you opposed, and you still have this position to oppose any income tax reductions.

M. Nadeau-Dubois : We need an emergency response to the crisis right now without sacrificing our capacity to invest in the future. So, we need to help people now, but, if we empty the pockets of the Government, then, how will we solve the problems in our healthcare system, how will we build better schools, how will we take care of the environment? So, we need to solve the problems of today without sacrificing tomorrow. I think that's the good posture in this.

La Modératrice : Merci beaucoup. On va retourner en caucus.

Journaliste : ...déjà en retard, là, pour le gel pour certains tarifs, là, pour cette année, là. Le gouvernement a procédé par modification de règlement pour aller plus vite pour le permis de conduire... Parce que les factures allaient être envoyées sous peu, là, il y a tout un processus administratif qui se fait. Ça fait que, vous, est-ce que, rétroactivement, vous rembourseriez les Québécois? Ce n'est pas, comme, de la paperasse...

M. Nadeau-Dubois : Bien là, on est dans l'opposition, ça fait que, ce qu'on formule, c'est des demandes au gouvernement. Puis, ce qu'on lui demande, puisque lui va déposer un projet de loi bientôt, c'est de déposer un projet de loi pour geler les tarifs. Et on vous annonce que, dans le cadre de l'étude de ce projet de loi là, on va déposer des amendements pour geler les tarifs. S'il faut faire des modifications réglementaires, on demande au gouvernement de les faire. Notre demande est claire, il faut, dans la prochaine année, geler l'ensemble des tarifs du gouvernement parce que le gouvernement doit faire partie de la solution, pas du problème.

La Modératrice : Merci beaucoup.

M. Nadeau-Dubois : Merci beaucoup.

(Fin à 14 h 35)

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