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Point de presse de M. Sylvain Roy, député de Bonaventure

Version finale

Le jeudi 12 mai 2022, 11 h 45

Salle Bernard-Lalonde (1.131), hôtel du Parlement

(Douze heures)

M. Roy : Bien, bonjour à tous. J'aimerais saluer Pier-Luc Bujold, le président du syndicat des infirmières, infirmiers auxiliaires et inhalothérapeutes de l'Est du Québec. Merci beaucoup d'être présent.

Bon, l'objet du point de presse, c'est pour discuter du rapport de la Vérificatrice générale sur la gouvernance du CISSS de la Gaspésie, qui, à notre avis, est dévastateur. C'est un rapport qui met en lumière de nombreuses lacunes administratives et à la limite de l'illégalité presque chronique dans l'octroi de contrats de gré à gré qui ne respecte absolument pas les règles dans plusieurs des cas. On fait des… bon, on parle aussi de processus d'embauche viciés pour, à la limite, faire du favoritisme, on parle de contrats potentiellement donnés à la famille de gré à gré. Bref, écoutez, c'est de l'inédit. Mais ce qui est le plus troublant, c'est que c'est la première analyse ou enquête de la V.G. sur un CISSS ou un CIUSSS depuis la création de ces derniers. Et ce qu'on voit là, c'est réellement quelque chose qui peut être la balise ou l'émetteur d'un environnement, dans le domaine de la santé, qui peut peut-être dépasser celui de la Gaspésie. Donc, ça, c'est notre crainte.

C'est sûr qu'en tant que Gaspésien j'aimerais bien qu'on règle le cas de la Gaspésie puis qu'on change la gouvernance, ça fait des années que je le demande aux différents ministres. Je suis interpelé quotidiennement, pratiquement, sur les enjeux du CISSS. Écoutez, je pourrais nommer d'autres éléments du rapport, entre autres, le climat extrêmement toxique de travail des gens de la baie des Chaleurs, où près de la moitié des cadres ont démissionné, là, ils n'ont pas pris leur retraite, ils ont démissionné. Puis j'ai parlé à beaucoup d'entre eux qui étaient... Écoutez, leur carrière a été détruite.

Ça fait que c'est inadmissible, en 2022, de gérer une institution comme le réseau de la santé de cette manière-là. C'est attaché avec de la broche, c'est du n'importe quoi. Et on a... j'ai demandé au ministre, tout à l'heure, au salon bleu, d'agir assez rapidement, là, puis de régler le problème de gouvernance, mais de le régler globalement, pas juste de changer la D.G., parce que ceux et celles qui ont été placés sous sa gouverne vont pérenniser le mode de gestion, et ça, ce n'est pas une bonne idée, là. Donc, on va se ramasser avec les mêmes modes opératoires qu'on a vus sous la gouverne de l'ancienne… de la D.G. actuelle, mais qui devrait prendre sa retraite sous peu.

Donc, globalement, c'est un enjeu important pour moi, en tant que député de Bonaventure, depuis 10 ans pratiquement que je travaille sur ce dossier-là. Donc, j'ose espérer que le ministre va prendre ses responsabilités, parce que le budget de la Santé, c'est la moitié de l'argent des Québécois. Le CISSS de la Gaspésie, c'est 460 millions de dollars par année, ce n'est pas des pinottes, et là c'est géré comme une entreprise privée qui donne des contrats à qui ils veulent en défiant l'ensemble des règles de bonne gouvernance.

Donc, voilà pour ma part. Maintenant, je vais céder la parole à M. Pier-Luc Bujold, qui, lui aussi, a des choses à dire, puis on travaille ensemble depuis des années sur le dossier du CISSS. Donc, je vous laisse la parole, M. Bujold.

M. Bujold (Pier-Luc) : Bien, tout d'abord, ce dossier-là doit être pris très au sérieux, là, de la part du ministère de la Santé. Ce n'est pas seulement en changeant la P.D.G. que les choses vont se régler. C'est un problème vraiment de gouvernance au niveau du CISSS de la Gaspésie et ça doit être observé, attaqué, là, du ministère de la Santé. Je pense, ce n'est pas juste en changeant une pomme dans un bol à fruits qui fait que tous les fruits deviennent sortis de l'arbre. Ce n'est pas en tassant les mouches, non plus, du bol à fruits que ceux-ci, là, deviendront bons à la consommation.

Ça fait que je pense qu'il y a beaucoup d'actions qui doivent être prises, notamment sur le climat de travail. Il y a une réhumanisation du climat de travail, des conditions de travail qui doit être faite, là, partout en Gaspésie. Là-dessus, on sera... on va surveiller ça de façon très, très stricte. Je pense que, la P.D.G., ce n'est pas dans quelques jours qu'il faut qu'elle soit retirée de ses fonctions, c'est aujourd'hui, maintenant, à l'heure où on se parle.

Il y a beaucoup d'actions qui doivent être entreprises dans les chantiers en Gaspésie, notamment en nommant une personne, là, de confiance, avec les compétences pour mettre à bien les recommandations de la V.G., puis cette personne-là ne pourra pas faire ça seule, mais bien avec un groupe qui est détaché de l'état de la situation actuellement au CISSS de la Gaspésie, pour redonner confiance en la population vers le CISSS de la Gaspésie, aux membres qu'on représente vers le CISSS de la Gaspésie, mais aussi la confiance de la population gaspésienne envers le gouvernement, parce que ça fait des années que ces situations-là sont connues. Le gouvernement les connaît, il doit agir maintenant.

M. Roy : Peut-être rajouter un élément. La V.G. avait un mandat très circonscrit puis elle dit, dans son rapport, qu'il y a des éléments qui pourraient déboucher sur d'autres enquêtes, faites par d'autres organisations, parce que ça va loin.

Ça fait que, voilà, si le ministre ne comprend pas qu'il faut qu'il bouge rapidement, probablement qu'il va y avoir une réaction en chaîne et que d'autres organisations vont s'intéresser au dossier du CISSS, qui, encore une fois, peut être la balise et l'émetteur d'un signal d'une problématique qui dépasse la Gaspésie, mais qui couvre l'ensemble de la gouvernance et de la gestion des CISSS au Québec. C'est la moitié de notre argent qui est là-dedans puis, à mon avis, c'est très mal investi dans la santé de la population. Donc, voilà, c'est ce que j'avais à dire.

Merci beaucoup, M. Bujold, pour votre dévouement pour le personnel de la Gaspésie. Voilà. Merci.

(Fin à 12 h 6)

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