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Conférence de presse de Mme Danielle McCann, ministre de l’Enseignement supérieur

Version finale

Le mercredi 24 novembre 2021, 9 h 40

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures quarante et une minutes)

Le Modérateur : Bonjour et bienvenue à cette conférence de presse de la ministre de l'Enseignement supérieur, Mme Danielle McCann... une mêlée de presse, pardon. Elle va commencer avec une allocution et ce sera suivi de vos questions. Mme McCann.

Mme McCann : Oui. Je m'installe. Alors, bonjour, tout le monde. Alors, je dois vous dire que ce qui est véhiculé à mon égard dans l'espace public, ça me préoccupe beaucoup. Alors, je suis ici aujourd'hui pour rectifier les faits, hein, certains faits.

J'ai témoigné la semaine dernière devant la coroner et j'ai déposé une lettre, et c'est de cette lettre que je veux parler aujourd'hui. Cette lettre atteste du fait que nous avons demandé au réseau de se mettre en action dès janvier 2020.

Le 22 janvier, les P.D.G. sont rencontrés et informés de la présence d'un nouveau coronavirus et que le centre de coordination en sécurité civile du ministère entre en opération le lendemain, le 23 janvier. Je parle du centre de coordination des mesures d'urgence. À ce moment, nous n'avons que peu d'information sur le virus, mais nous leur annonçons qu'il faut se préparer à cette menace. Le 28 janvier, la correspondance dont vous avez copie, issue de la direction générale adjointe de la sécurité civile, transmise aux établissements, fait suite à la rencontre du 22 janvier et demande aux établissements d'activer leur cellule de sécurité civile, qui va réunir sur une base quotidienne, les acteurs concernés par la situation et coordonner la mise en place des mesures dans chaque établissement pour la coordination de l'opération visant à assurer un état de préparation optimale relativement à l'apparition d'un nouveau coronavirus. Tout ceci est fait en collaboration avec le ministère de la Santé et des Services sociaux. C'est une mesure d'urgence. On ne prend pas ça à la légère et on ne fait pas ça souvent dans le réseau.

Alors, par cette action, nous avons donc demandé à chaque CISSS et CIUSSS de mettre sur pied leur centre de coordination en sécurité civile et de mettre leurs plans à jour. Il faut se rappeler que les CIUSSS et les CISSS sont nés de la fusion d'établissements tels que les hôpitaux, les centres jeunesse, les CLSC, mais aussi les CHSLD. Quand on parle, et je cite, dans la lettre, du «déploiement des mécanismes de sécurité civile dans vos établissements», c'est de tous les établissements dont on parle.

À partir de ce moment, nous avons préparé le réseau à faire face à la nouvelle menace du coronavirus. Nous avons débuté par l'approvisionnement en équipement de protection pour tous les établissements et la préparation de nos hôpitaux, cliniques de dépistage et cliniques d'évaluation en février. Je vous rappelle qu'on a annoncé quatre hôpitaux désignés le 8 février 2020.

Donc, par rapport à ce que nous avons mis en place pour les hôpitaux, je vais reprendre les paroles du premier ministre, hier, il faut vraiment se replonger dans le contexte. Nous avions l'expérience du SRAS, au début des années 2000, c'était dans les hôpitaux. On voyait l'Italie, c'était dans les hôpitaux aussi, le problème. Le personnel soignant était rendu à choisir quels patients intuber et quels patients laisser sans soins. Alors, oui, les hôpitaux, c'était notre grande peur.

Je me réfère aussi au Plan québécois de lutte à une pandémie d'influenza. Dans ce plan, c'est bien écrit qu'il faut maintenir les gens en hébergement, promouvoir le maintien à domicile des malades dont l'état de santé le permet et promouvoir le maintien en hébergement des malades dont l'état de santé le permet.

Donc, par rapport... et ça, c'est une autre rectification que je veux faire, par rapport à l'augmentation du nombre de personnes dans les CHSLD, en mars, c'est 865 personnes qui ont été transférées des hôpitaux vers les CHSLD. C'est ce dont j'ai parlé moi-même. Le chiffre de la Protectrice du citoyen est de 1 700 parce qu'on a ajouté aux 865 les personnes qui sont parties de leur domicile pour aller en CHSLD, comme ça arrive régulièrement dans notre réseau.

Je vous rappelle que c'est seulement le 9 mars qu'on a eu l'information sur la nature de ce nouveau coronavirus, que c'était un virus respiratoire grave et qu'il s'attaquait davantage aux personnes âgées. Et c'est pour ça qu'avant ça, le 8 février, on a ouvert aussi deux hôpitaux pédiatriques, hein, désignés, parce qu'on ne savait pas, à l'époque, si ça s'attaquait davantage… à quelle population, plutôt, ça s'attaquait davantage.

Le 11 mars, la pandémie, elle a été déclarée par l'Organisation mondiale de la santé. À partir de la fin janvier, un important travail de préparation du réseau s'était enclenché. Nous avons été très, très actifs en février. Il a été fait en collaboration, par le ministère et par les établissements du réseau. On a fait tout en notre pouvoir pour nous préparer avec l'information qu'on avait à l'époque et qui évoluait à chaque jour. Mais je peux vous assurer d'une chose, on s'est préparés au meilleur de notre connaissance et on n'a pas ménagé nos efforts. Merci.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que vous estimez, donc, que la Protectrice du citoyen fait fausse route quand elle dit qu'il n'y a pas eu d'actions qui ont été faites dans les CHSLD avant la mi-mars? Est-ce que vous… Donc, vous n'êtes pas d'accord avec sa conclusion? Est-ce que vous estimez qu'elle fait fausse route quand elle dit qu'il n'y a pas eu de directive en janvier?

Mme McCann : Moi, j'ai pris connaissance du rapport de la Protectrice du citoyen, puis c'est un rapport dont il faut tenir compte entièrement. Et moi, ce que je peux vous dire, là-dessus, c'est qu'effectivement on s'est concentrés sur les hôpitaux, en février, parce qu'on avait peur, avec ce qui se passait en Italie et ailleurs, à New York aussi, alors on a vraiment concentré nos efforts sur les hôpitaux.

M. Larin (Vincent) : Mme McCann, pourquoi le procès-verbal, la rencontre du 22 janvier, ne fait aucune mention de la directive qui a été envoyée au réseau?

Mme McCann : Il y a un lien complet. Parce que, dans le compte-rendu, là, du 22 janvier, on dit bien, hein... la personne, c'était M. Pierre Lafleur, qui était responsable des mesures de sécurité civile, qui était sous-ministre adjoint, il dit bien : Nous mettons les cellules de sécurité civile en place au niveau du ministère, la grande cellule. Et évidemment, par la suite, on demande aux établissements de mettre en place leurs cellules de sécurité civile. Moi, j'ai travaillé dans le réseau, alors c'est une conséquence immédiate, quand on met la cellule de crise ministérielle en place, on demande au réseau de faire la même chose dans chacun de leurs établissements, et ils travaillent à partir d'un plan écrit.

M. Lacroix (Louis) : Mme McCann, dans cette lettre-là, là, nulle part il n'est mention de porter une attention particulière aux CHSLD. Et c'est ce qu'elle dit, en fait, Mme Rinfret, hier. Elle dit que c'était une gestion qui était hospitalocentriste. C'est son expression à elle, ce n'est pas la mienne. Et donc ça confirme que... En fait, qu'est-ce que vous avez fait pour vous assurer, quand vous avez donné ces directives-là qui sont dans cette lettre-là, qu'on allait porter une attention particulière aux CHLSD? Parce que nulle part, dans les trois pages de cette lettre-là, qu'on allait porter une attention particulière aux CHLSD? Parce que nulle part, dans les trois pages de cette lettre-là, vous ne mentionnez les personnes âgées ou les CHSLD.

Mme McCann : Mais, M. Lacroix, c'est une lettre qui parle des établissements au sens large, là. Il n'est pas mention non plus des hôpitaux dans cette lettre-là. On ne mentionne pas des volets d'établissements spécifiques. C'est un plan global. Mais on dit : Vous devez préparer l'ensemble de vos établissements à faire face à une menace qui s'appelle un nouveau coronavirus. Donc, ça fait appel à l'ensemble des établissements. Et évidemment on a commencé à travailler tout de suite en février.

M. Laforest (Alain) : Donc, ça veut dire, Mme McCann, que la protectrice a erré dans son rapport, hier, en disant qu'il n'y a rien qui a été fait avant le 12 mars? C'est ce que vous affirmez aujourd'hui, là.

Mme McCann : Moi, ce que je dis aujourd'hui, c'est qu'on a alerté et mis en... alerté les établissements et mis en place les cellules de sécurité civile, et on a commencé nos travaux tout de suite, puis on a commencé avec les hôpitaux. On a commencé avec les hôpitaux parce qu'on avait vraiment peur de ce qui se passait dans d'autres pays comme l'Italie, comme New York aussi. Et c'est pour ça qu'on a concentré nos efforts là.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Mme McCann, vous avez envoyé cette lettre-là, que vous appelez un plan global. Est-ce que vous n'avez pas une responsabilité, comme ministre, de voir que le plan est bien appliqué? Le premier ministre a dit, pendant la pandémie, que les P.D.G. avaient des obligations de résultat. On vous a posé la question la semaine dernière. Vous dites : Bien, c'était aux P.D.G. de s'assurer que ça se passait bien dans les CHSLD. Vous, vous leur faisiez une confiance aveugle? Vous n'aviez pas une responsabilité de faire un suivi?

Mme McCann : C'est une responsabilité partagée. Et moi, je vais vous dire tout de suite, là, que, comme ministre de la Santé à l'époque, c'est moi qui est responsable au bout du compte. C'est moi. Et effectivement on a des rôles, chacun. Mais la ministre de la Santé, c'est là où ça arrête, là. C'est sa responsabilité. Mais on travaille, je l'ai dit, là, tout à l'heure, en collaboration. Parce que les services, là, ce sont dans les établissements. Les P.D.G. sont responsables d'un grand établissement où il y a plusieurs volets : il y a les CHSLD, il y a les hôpitaux, il y a les centres jeunesse, il y a les CLSC. Alors, il y a une responsabilité aussi énorme de leur côté. Mais, encore une fois, la responsabilité, elle est aussi à la ministre de la Santé.

M. Lacroix (Louis) : ...reconnaissez-vous avoir manqué de sensibilité à l'égard des CHSLD, de n'avoir pas accordé suffisamment d'importance aux CHSLD? Est-ce que vous reconnaissez ça, à tout le moins, d'avoir manqué de sensibilité?

Mme McCann : Moi, je vais vous dire, j'en ai géré, des CHSLD, quand j'étais dans le réseau, puis j'ai quitté le réseau pendant quatre ans. Et, je vais vous dire, ça a beaucoup changé. Quand je suis revenue, je trouvais que ça avait beaucoup changé. La sensibilité, je l'ai, pour les CHSLD, mais je dois vous dire que... Et je suis tellement triste de ce qui s'est passé. C'est un drame innommable, qu'est-ce qui s'est passé. Mais je dois vous dire qu'avec les informations qu'on avait, on a tout fait ce qu'on a pu, mais il faut aussi vraiment reconnaître les failles importantes dans notre système. N'oublions pas que nous avons ajouté... on a commencé le travail pendant la première vague, on a ajouté 10 000 préposés aux bénéficiaires, on a ajouté un gestionnaire dans chacun des 400 CHSLD et on a ajouté également de la formation au niveau de la prévention des infections. Le rapport de la Protectrice du citoyen, il est éloquent à cet effet-là.

Mme Gamache (Valérie) : Mais Mme McCann, comment se fait-il, Mme McCann, que... je veux dire, en Italie, là, ce n'était pas des jeunes, là, qui mouraient. Puis en Colombie-Britannique, la décision a été prise rapidement d'agir auprès... dans leurs centres de soins longue durée et on a empêché, à tout le moins, la mobilité en partant. Comment se fait-il quand... Parce que, je veux dire, on regardait les nouvelles puis on se disait : Voyons, c'est les hôpitaux, le problème, mais c'étaient des personnes âgées. Comment se fait-il que vous n'avez pas prêté main-forte à ces gens-là?

Mme McCann : Mais je vais vous dire, quand vous parlez, là, de mobilité, nous, on avait un système, on a des gros CISSS et CIUSSS, là, qui ont plusieurs CHSLD, qui sont dans un grand ensemble où est-ce qu'il y a des hôpitaux, des CLSC, etc. Et il y a une mobilité de personnel énorme, plus maintenant autant parce qu'on a appris, mais à l'époque de la première vague, un intervenant, selon leur convention collective, pouvait aller dans deux et trois établissements, peut-être plus, même. Alors, c'est une énorme mobilité. Il fallait tout changer. On a sorti l'arrêté 007 pour suspendre les conventions collectives pour permettre aux gestionnaires de former des équipes dédiées, dédiées, par exemple, aux zones chaudes. Alors, c'est ce qu'on a fait, là, au mois de mars, là, le plus rapidement qu'on a pu, mais on partait de loin. Parce que nous, on part d'un système où il y avait une mobilité énorme des intervenants, contrairement à d'autres systèmes de santé dans d'autres provinces où ce n'était pas autant le cas.

Le Modérateur : Une dernière question en français.

M. Larin (Vincent) : Mais, Mme McCann, le Dr Arruda est venu expliquer qu'il y avait des inquiétudes dès janvier concernant les aînés, concernant le fait que c'était un virus respiratoire et que ça menaçait particulièrement les aînés. Est-ce que vous considérez qu'il vous a assez sensibilisé à cette problématique-là?

Mme McCann : Moi, c'est le 9 mars que j'ai compris, que j'ai entendu...

M. Larin (Vincent) : ...assez vite.

Mme McCann : Bien, écoutez, un virus, c'est toujours quelque chose dont il faut tenir compte pour nos personnes aînées. Et dans les CHSLD, il y a des protocoles. Je vais vous parler... même à l'époque, il y avait...

M. Laforest (Alain) : ...Mme McCann.

Mme McCann : Mais je veux vous parler de janvier aussi, parce qu'il y avait des protocoles pour quand on a la grippe, l'influenza ou de la gastroentérite. Alors, les gens des CHSLD sont habilités, mais là on a eu à faire face à un virus extrêmement virulent et, en plus, où est-ce qu'on a appris du 9 mars, c'est qu'il s'attaquait davantage aux 70 ans et plus.

Le Modérateur : On passe à l'anglais.

Mme Fletcher (Raquel) :Mme McCann, do you feel like a bit of a scapegoat? Today, you're talking about how you're being treated in the media, what people are saying about you since you testified in front of the coroner, then, this report yesterday. We heard Premier Legault… also, sounded very sensitive, yesterday, saying : I came out here day after day, seven days a week, I was very transparent, how dare you say that I don't care about these people. How are you feeling? How are you taking this? Do you feel like the blame is being put on you when you say : It's really the faults of the system.

Mme McCann : Well, I want to speak to you today, because it's a question of integrity. And when I went to the coroner, I related the facts. So, that's what I wanted to correct today. And I am extremely sensitive to what happened. I think, as a Minister, an ex-Minister of Health, and a citizen, and all of us, but me, as the Minister of Health of the time, I feel so much for the families, and I will live with that for the rest of my life.

Journaliste :

M. Authier (Philip) : Do you warned them enough in this letter, I don't see the specific…

Mme McCann : Yes.

M. Authier (Philip) :OK. Explain how this letter warns them to prepare?

Mme McCann : Well, look, first of all, it's not often that we put emergency measures like this, and they put their cells together, and this, you know, they have everybody from different services, and they work with the Ministry who has the same cell, and then, we started working on hospitals, on clinics and the different areas of services to prepare them to treat people who will have the coronavirus. We had our first case at the end of February, and we were ready.

Mme Senay (Cathy) : Ms. McCann, you were the Health Minister at that time.

Mme McCann : Yes.

Mme Senay (Cathy) : Everybody was overwhelmed, everybody was scared, and that included managers of CISSS and CIUSSS, they are not enough red flags, they is no red flags in this letter. How come you didn't take the bull by the horns and say : OK, they are red flags, you have to act? You didn't, you missed the target.

Mme McCann : We did, we did. I'm sorry, but we did. When you put…

Mme Senay (Cathy) : It's not clear here.

Mme McCann : We did. These are crisis measures that we're putting together. And all the work that was done daily, daily to prepare the system, it's a huge system, hospitals, clinics, we had to reorganize everything. We had all the red flags. This is a letter that says to the establishments : This is emergency measures, prepare. That's what it does.

Le Modérateur : Dernière question.

Mme Gamache (Valérie) : Mme McCann, les fameux documents, là, les fameux documents qu'on a dit devant la coroner qu'ils n'existaient pas, que c'étaient des comptes-rendus verbaux, est-ce que vous les avez, vous, ces comptes-rendus d'inspection dans les CHSLD? Est-ce que vous les avez vus?

Mme McCann : Bien, moi, je répète les paroles du premier ministre, d'hier, c'est clair, ils sont au ministère, et on est prêts à les donner, le ministère de la Santé est prêt à les donner à la coroner.

Mme Senay (Cathy) : Why the confusion?

Mme McCann : Je ne sais pas. I don't know.

Le Modérateur : C'est ce qui met fin à cette mêlée de presse. Merci.

(Fin à 9 h 58)

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