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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre

Version finale

Le mercredi 15 septembre 2021, 9 h 45

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures quarante-trois minutes)

M. Legault : Bonjour, tout le monde. Je veux vous dire quelques mots sur la situation de la pandémie puis surtout la situation du personnel dans le réseau de la santé. Bon, on est rendu aujourd'hui à 250 hospitalisations pour des patients COVID. Ça augmente, mais, en même temps, si on se compare, par exemple, à l'ensemble des États-Unis, si on avait le même taux d'hospitalisation qu'aux États-Unis, on aurait 2 500 patients hospitalisés. Donc, ça va 10 fois mieux qu'aux États-Unis, mais on a un problème avec le personnel à cause de la pandémie, pour deux raisons.

Première raison, bien, évidemment, ça prend du personnel pour soigner les 250 patients qui sont hospitalisés. Puis deuxièmement, on s'est rendu compte, au cours des derniers mois, que beaucoup de personnel était fatigué puis, pour toutes sortes de raisons, ont quitté le réseau. Donc, on se retrouve actuellement avec un manque de milliers, là, on dirait, au moins 4 000 infirmières. Puis là c'est un peu l'oeuf et la poule, là, c'est qu'étant donné qu'il manque d'infirmières, les infirmières qui restent doivent travailler plus fort, et se découragent dans certains cas, et quittent.

Bon, on est dans une situation qui ressemble un peu à ce qu'on a vécu l'année dernière dans les CHSLD avec les préposés aux bénéficiaires. Vous vous en rappellerez, on avait formé rapidement, là, en quelques mois, 9 400 préposés aux bénéficiaires. Il en reste aujourd'hui 8 500. Donc, de ce côté-là, la grosse partie du problème est réglée.

Du côté des infirmières, c'est impensable de former des infirmières en quelques mois. Former une infirmière, là, c'est soit trois ans pour un D.E.C. ou cinq ans si on ajoute un bac ou un D.E.C.-bac. Donc, on est dans une situation, là, où c'est difficile de trouver des solutions au manque d'infirmières. Donc, on est vraiment, actuellement, en train de tout regarder. On n'exclut absolument rien pour donner des incitatifs pour que des infirmières qui ont quitté le réseau reviennent dans le réseau.

Je veux aussi rappeler qu'on a négocié pendant plusieurs mois avec les syndicats, entre autres, la FIIQ. Ça a réglé une partie du problème. Donc, on a, entre autres, ajouté des primes importantes pour les quarts de travail qui étaient difficiles à combler, c'est-à-dire le soir, la nuit, la fin de semaine. Rappelez-vous aussi du projet de ratios. On s'est entendu avec les syndicats, donc, pour afficher plus de postes à temps plein. Ça a réglé, tout ça, une partie du problème, mais ça n'a pas tout réglé le problème, il manque encore des milliers d'infirmières.

Donc, je veux vous dire, là, avec le secrétaire général, avec tous les ministres, avec toute mon équipe, on travaille jour et nuit, depuis des semaines, pour mettre en place toutes sortes d'incitatifs qu'on va annoncer au cours des prochains jours pour convaincre les infirmières de revenir au travail.

Donc, je termine en vous disant, puis là je m'adresse aux infirmières qui sont encore dans le réseau : Merci, d'abord, d'avoir travaillé si fort, entre autres, depuis un an et demi. Merci d'être patientes, et on va vous arriver avec des renforts rapidement. Donc, c'est ce que j'avais à vous dire.

M. Lacroix (Louis) : Ça pourrait être quoi, M. Legault, ces incitatifs-là? Parce que je viens de parler, il y a quelques minutes, avec Sonia LeBel, qui m'a dit qu'il était trop tôt pour parler de donner plus d'argent aux infirmières, compte tenu qu'on vient de signer une nouvelle convention collective puis qu'elle va prendre effet dans quelque temps. Est-ce que vous voulez... vous parlez d'ajouter de l'argent à ce qui a été conclu, et combien?

M. Legault : Oui. Bien, c'est ça qu'on en train... Quand Mme LeBel vous dit : Il est trop tôt pour le dire, on est en train d'évaluer : Est-ce que ce sont des bonis à l'entrée, quand quelqu'un revient? Bon, on veut s'assurer aussi que, par exemple, une infirmière, c'est déjà possible actuellement, puisse continuer à recevoir sa pension, sa retraite, et en plus recevoir un salaire.

Certains vont dire : Bien, c'est comme deux salaires en même temps. Mais actuellement c'est tellement urgent, il y a des infirmières qui choisissent de recevoir leur retraite, aller travailler au privé. Nous, on aimerait mieux qu'ils viennent travailler au public. Nous, on n'aime pas ça, les agences privées, et ce qu'on souhaite, c'est que les infirmières reviennent. Bon, est-ce qu'il faut ajouter aux primes? Évidemment, aussi, il y a toute la réorganisation du travail. Donc, est-ce qu'on peut déplacer des infirmières vers les endroits où c'est plus difficile? Ça aussi, Christian Dubé est en train de regarder ça. Donc, on n'exclut absolument rien.

Mme Côté (Claudie) : ...projets ratios, M. Legault?

M. Legault : Oui. J'ai vu que vous êtes arrivée un petit peu en retard, donc, j'en ai parlé, oui, effectivement. La FIQ avait proposé des projets ratios qu'on a acceptés, donc on a affiché plus de postes pour répondre aux projets ratios. Malheureusement, il y a beaucoup de postes qui restent non comblés. Donc, ça, autant les primes que les demandes de projets ratios qui étaient faites par les syndicats, on les a acceptées, ça a réglé une partie du problème, mais ça n'a pas réglé tout le problème.

M. Laforest (Alain) : M. le premier ministre, il y a un sondage qui démontre qu'on est vraiment dans un pays cassé en deux. Dans la communauté anglophone, il y a des amalgames qui se font concernant votre projet de réforme de la loi 101. Est-ce que vous allez arriver à unir la communauté anglophone et la communauté francophone? Puis comment vous trouvez les propos, là, qui se tiennent actuellement à l'endroit de votre projet de loi?

M. Legault : Bien, quand j'ai fondé la CAQ, là, c'était ça, mon objectif, de rassembler les Québécois. Pendant 50 ans, on a été divisés entre souverainistes puis fédéralistes. Mais il y a une majorité de Québécois qui appuient la loi n° 21, qui appuient, donc, l'interdiction de signes religieux pour les personnes en autorité. Il y a une majorité de Québécois qui appuient des mesures plus lourdes pour protéger le français, pour faire la promotion du français, pour s'assurer qu'à long terme le français reste au Québec.

Je trouve ça malheureux d'entendre des propos comme ceux de Me Goldwater qui pourtant est partie de la communauté juive. Quand Mme Goldwater compare la loi n° 96 pour défendre le français au régime nazi, je comprends qu'elle est juive elle-même, là, mais je trouve ça terriblement insultant pour la communauté juive puis j'espère que la communauté juive va la rappeler à l'ordre. Mais, moi, je la rappelle à l'ordre, c'est complètement absurde de dire des choses comme ça.

Mme Lévesque (Fanny) : Sur la pénurie de main-d'oeuvre, on propose entre autres... Québec solidaire propose d'adopter un décret et de réquisitionner le personnel qui est présentement dans le privé ou dans les agences privées. Est-ce que c'est une option que vous regardez?

M. Legault : Bien, évidemment, toutes les infirmières qui travaillent au privé sont les bienvenues. Donc, s'il faut être capable d'offrir les mêmes conditions, moi, je suis prêt à offrir les mêmes conditions. Actuellement, là, on a vraiment besoin de plus d'infirmières dans le secteur public, puis je suis ouvert à toutes les possibilités, tous les incitatifs financiers pour s'assurer que ça soit aussi payant pour ces infirmières-là de venir travailler dans le public.

M. Lacroix (Louis) : Là, vous créez deux…

M. Legault : Moi, je ne souhaite pas, puis on a travaillé là-dessus avec la FIQ, là, pour mettre toutes sortes de mesures dans les conventions collectives pour, éventuellement, éliminer les agences privées.

M. Lacroix (Louis) : Mais ça ne ferait pas deux catégories d'infirmières, M. Legault? Des infirmières qui sont payées, actuellement, là, avec la convention de l'État, puis là, prendre des infirmières du privé qui gagnent plus cher que celles qui sont avec la convention de l'État, les faire travailler, payées par l'État avec un salaire supérieur?

M. Legault : Évidemment que ça suppose de payer tout le monde à ces salaires-là, là. Donc, ce qu'on regarde actuellement ce n'est pas seulement pour bonifier la rémunération des infirmières qui viendraient s'ajouter au réseau public, mais s'assurer aussi qu'on paye mieux celles qui sont déjà dans le réseau public, au moins d'une façon temporaire, pour arrêter l'exode. Parce qu'actuellement, là, je vous le dis, on parle d'au moins 4 300 infirmières qui nous manquent. Donc, ça met une pression énorme sur les réseaux. Déjà, on a du rattrapage à faire sur les chirurgies, puis là, bien, avec la situation actuelle, on est obligé d'en ajouter.

Mme Lévesque (Fanny) : ...est-ce que vous êtes surpris de l'ampleur de la pénurie? Parce qu'hier M. Dubé nous a dit qu'il était un peu surpris, qu'il ne s'attendait pas à ça, que ça soit aussi important à la rentrée. Est-ce que vous êtes surpris, vous?

M. Legault : Bien, nous, on pensait qu'avec les négociations qu'on a faites, puis la nouvelle convention, en autres, avec la FIQ, que ça réglerait le problème. Ça a réglé seulement une partie du problème.

M. Lecavalier (Charles) : Sur l'environnement, M. Legault, là, la session est à peine commencée, on a vu, là, les annonces sur le terrain des Soeurs de la Charité, sur le recul des coupes forestières Péribonka. Là, ce matin vous avez une annonce sur la fin de l'exploration gazière, pétrolière. Vous voulez marquer le coup en environnement, mais il n'y a pas une contradiction entre ça, puis souhaiter l'élection d'un gouvernement conservateur à Ottawa?

M. Legault : Bon, je vais recommencer ce que j'ai dit, encore une fois. Ce que j'ai dit, c'est que j'invite les Québécois à bien noter qu'actuellement il y a trois partis qui menacent l'autonomie de la nation québécoise. Trois partis qui veulent réduire les pouvoirs des Québécois, trois partis qui veulent contester la loi 21, trois partis qui refusent de nous donner plus de pouvoir en matière d'immigration, alors que c'est crucial pour défendre le français. C'est tout ce que j'ai dit.

M. Lecavalier (Charles) : Mais vous avez quand même souhaité l'élection d'un gouvernement minoritaire conservateur…

M. Legault : Bien, allez voir le verbatim, là...

M. Lecavalier (Charles) : Vous n'avez pas souhaité ça?

M. Legault : ...ce que j'ai dit, suite à des questions de journalistes, c'est que le Parti conservateur était moins centralisateur que le Parti libéral, c'est tout ce que j'ai dit.

Mme Côté (Claudie) : …comment vous allez dédommager les entreprises? Ça va coûter une fortune si on met fin...

M. Legault : Quelles entreprises?

Mme Côté (Claudie) : Les entreprises qui ont des claims, par exemple, ou qui ont des puits fermés. Vous évaluez à combien?

M. Legault : Ah! bien, écoutez, quand on va être prêts à faire notre annonce, on fait notre annonce. Là, j'ai vu que M. Lessard a pris connaissance qu'on travaille là-dessus. On travaille là-dessus. Quand on va être prêt à vous annoncer exactement ce qu'on va faire, on va tout vous annoncer ça.

Journaliste : M. Legault, pourriez-vous... juste rapidement sur les deux solitudes, là, vous avez parlé des propos d'Anne-France Goldwater. Mais est-ce que vous pensez qu'il y a une réconciliation possible entre ces deux solitudes là? Est-ce que, vous, vous avez envie de faire quelque chose à ce sujet-là ou on jette la serviette?

M. Legault : Non, non, là, il y a deux possibilités, là. Il y a les nationalistes pragmatiques comme moi, comme la CAQ, qui pensent que c'est possible de convaincre le Canada de donner plus de pouvoirs au Québec, entre autres en matière d'immigration, de langue, de défense de nos valeurs, garder nos pouvoirs aussi entre autres en matière de santé. Puis il y a ceux comme le Parti québécois qui veulent faire un référendum sur la souveraineté du Québec. Moi, je pense que j'ai plus de chances d'arriver à mes fins.

La Modératrice : ...en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Mrs. Goldwater had some nuances when she made that comparison with the Gestapo, but even there she went too far.

M. Legault : I cannot understand Mrs. Goldwater. How can you compare protection of French in Québec and the Nazis? I know that she is part of the Jewish community, but it's so insulting for all the Jewish community. I cannot understand what she said.

Mme Senay (Cathy) : With all this context, and if you consider the English debate last week, is it possible to have a healthy debate on Bill 96 with all this tension?

M. Legault : Yes. We'll start to hear 50 groups, starting in the next few days, about this Bill 96. So, we'll listen to what people have to say. But everybody has to understand that French will always be vulnerable in North America, and we have to protect French in Québec.

M. Authier (Philip) : Are you worried that there will be too many extreme opinions on both sides of 96? Because that's what we're seeing at this moment.

M. Legault : I think that we have a reasonable position. Take for example colleges, CEGEPs, the Parti québécois would like the people not to be allowed to go to CEGEPs, the Francophones and Allophones. I think that this is going too far.

So, I think that what we propose is reasonable. In fact, it was not contested by the main parties in Ottawa. So, it means for me that it's reasonable.

Mme Fletcher (Raquel) : …Mr. Dubé, last week, about the 4,000 nurses who are missing from the system and he said : Oh! well, we're going to see a lot come back after vacation, and then this week we're seeing that that's not the case. How is it that you're surprised by what's going on in the system?

M. Legault : Like I said, we had a long, long, long negotiation with unions. We were able to convince them to add some premiums including for people working during weekends, we also add permanent jobs at their request. We thought that it would solve most of the problem, but unfortunately, we can see right now that it's not enough. We need to do more to attract more nurses, we're missing still thousands of nurses. Why is that? Two reasons, first, we have nurses that have to take care of the 250 patients, and we have nurses also who leave, who went home because they think it's too tough. And I understand, it's like the chicken and the egg, because we're missing some nurses, the remaining ones have to work harder. So that's why it becomes urgent to add some nurses in order to improve the working condition.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you feel that it's like this is taking you by surprise only now that we've gotten to a critical level?

M. Legault : We thought, and the unions thought, that the new collective agreements would solve a good part of the problem. Unfortunately, it only solved a part of it.

Merci, tout le monde. Bonne journée.

(Fin à 9 h 59)

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