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Point de presse de M. Benoit Charette, ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques

Version finale

Le mardi 14 septembre 2021, 13 h 10

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures onze minutes)

M. Charette : Bonjour, tout le monde, content de vous retrouver. J'espère que vous avez pu profiter de votre été sans trop d'abus.

Sinon, très heureux de vous confirmer ce qui a été rapporté par communiqué de presse un petit peu plus tôt ce matin, c'est-à-dire une avancée majeure dans le dossier de Péribonka, une aire protégée qui est sous forme de projet depuis un certain nombre d'années, en même temps dans une région où la foresterie est très importante. Donc, il fallait arriver à cet équilibre-là pour protéger les enjeux économiques de la région mais également protéger la valeur patrimoniale naturelle de ce secteur.

Donc, je vous résume un petit peu ce qui va se produire dans les prochaines semaines avec le MFFP, donc, le ministère Faune, Forêts et Parcs. On conviendra d'un projet d'aire protégée sur un territoire qui nous permettra d'allier ces deux réalités qui sont chères à la région, et par la suite il y aura une présentation, une consultation de certains intervenants pour aller chercher l'adhésion du milieu, parce que, lorsqu'on parle d'aire protégée, si on n'a pas cette adhésion-là, on n'arrive pas à bénéficier des avantages de cette aire protégée.

On parle d'une superficie qui reste à déterminer mais qui sera assurément très importante et qui permettra de mettre en valeur ce territoire. Et un autre avantage de la formule qui est en discussion actuellement, on ne veut pas mettre de cloche de verre sur ce territoire-là, on veut que la région, on veut que les gens du secteur puissent en bénéficier, on veut que l'ensemble de la population du Québec puisse en bénéficier, parce que c'est réellement un secteur remarquable.

Donc, c'est une avancée majeure. Certains craignaient que l'aire protégée, le projet était complètement abandonné parce qu'il n'avait pas été annoncé en décembre dernier. Ce que j'ai eu l'occasion de répéter à plusieurs reprises, nous sommes à évaluer différents projets d'aire protégée. Donc, ce n'est pas parce que ça n'a pas été annoncé en décembre dernier que le projet ou les projets ne verront pas le jour, mais c'est un dossier qui avance très bien. Et on va pouvoir espérer confirmer dans les prochaines semaines, sinon les prochains mois, un territoire définitif qui sera inscrit au Registre des aires protégées, donc une protection qui sera pérenne pour les générations à venir.

Mme Gamache (Valérie) : ...vous n'annoncez pas qu'il n'y aura pas de coupes sur ce territoire-là. Vous dites : Ce ne sera pas une cloche de… on ne fera pas une cloche de verre. Dans le communiqué, on dit : Il n'y aura pas de coupes cette année. Donc, ça pourrait être une aire protégée mixte où il y aurait de l'exploitation forestière également?

M. Charette : Non. En fait, lorsqu'il y a une aire protégée, il n'y a jamais de coupe industrielle sur un territoire d'aire protégée. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a des coupes qui devaient avoir lieu au cours des prochaines semaines, sinon des prochains mois, ce qui est venu inquiéter certains intervenants, c'est-à-dire comment on pourrait par la suite arrêter un territoire d'aire protégée s'il y a des coupes qui interviennent dans l'intervalle. Donc, ce que l'on dit : Il n'y aura pas de coupes au cours des prochains mois pour déterminer quel sera le territoire. Mais, dans la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean, il y aura définitivement des territoires de coupe importants, lorsque l'on sait quelle est l'importance de cette industrie-là pour la région.

M. Gagnon (Marc-André) : C'est difficile de ne pas y voir… Est-ce que la pression des groupes environnementaux vous a aidé à gagner ce débat-là avec le ministère de la Forêt? Parce que, jusqu'au mois dernier, le ministère tenait la ligne dure : les coupes vont avoir lieu, ça va avoir lieu à la fin du mois d'août. Tu sais, c'est un changement de dernière minute, là. Donc, expliquez-nous un peu ce qui vous amène à annoncer ça aujourd'hui, mais que ce n'était pas ça il y a un mois. C'est un recul.

M. Charette : Bien, je peux, moi, vous répéter ce qui a été mentionné à plusieurs reprises au cours des derniers mois, sinon depuis décembre dernier : il y a plusieurs projets qui, actuellement, constituent une liste de projets potentiels d'aires protégées. On a clairement dit, ce n'est pas parce qu'ils n'étaient pas annoncés en décembre dernier que les projets n'allaient pas voir le jour. Et dans le cas de Péribonka, j'ai eu l'occasion de le répéter à plusieurs reprises aussi au cours des dernières semaines, des derniers mois, il va y avoir une protection, cependant, on ne pouvait pas... et encore aujourd'hui je ne pourrais pas vous dire quelle serait la superficie ou quelle sera la superficie exacte. C'est ce travail-là qui est fait avec le MFFP.

M. Gagnon (Marc-André) : Il y avait des coupes de prévues, votre gouvernement voulait faire des coupes il y a un mois, et votre gouvernement ne veut plus faire de coupes aujourd'hui. Pourquoi?

M. Charette : Bien, ce sont des coupes qui sont venues inquiéter certains intervenants intéressés au dossier mais qui ne menaçaient d'aucune façon la réalisation d'une aire protégée. Donc, pour s'assurer qu'on se retrouve tous au même endroit avec les mêmes objectifs, on a tout simplement décidé, là, de lever les permis pour les coupes dans les prochaines semaines, le temps que l'on puisse, et avec le MFFP et avec le ministère de l'Environnement, s'entendre sur un territoire déterminé. Donc, ça générait de l'inquiétude. Mais, malgré ces coupes qui étaient prévues, nous, on n'a jamais remis en question une possibilité de protection sur le territoire. Mais aujourd'hui, avec beaucoup de joie, je pense, de la part de différents intervenants du milieu, on annonce, là, qu'il y aura officiellement une aire protégée.

Vous savez qu'on dispose de quelques catégories d'aires protégées au Québec, c'est un autre élément qui devra être déterminé, à savoir : Est-ce que c'est une aire protégée de la catégorie VI, la catégorie V ou IV? Mais, dans tous les cas, on veut que la région, on veut que la population du Québec puisse profiter de ce territoire-là, et ça vient offrir un potentiel économique aussi lorsque l'on évoque, par exemple, le récréotourisme. Voilà.

M. Lacroix (Louis) : Il y a des territoires de coupe qui menacent l'habitat du caribou forestier de Charlevoix, entre autres choses, qui mettent de la pression sur l'habitat du caribou là-bas. M. Dufour a déjà dit que, bon, on songeait à faire l'abattage des loups, là, pour empêcher que, justement, les loups qui sont envoyés vers ces secteurs-là s'attaquent aux caribous. On en est où dans ce secteur-là? Est-ce que vous pourriez imposer des aires protégées justement autour de l'aire où vivent les caribous de Charlevoix?

M. Charette : Au niveau du caribou, il y a une stratégie qui est en préparation par le ministère de mon collègue Pierre Dufour, il sera plus à même de vous en parler, là, au bon moment, le moment opportun dans les prochains mois très certainement. Mais, oui, il y a des projets de protection et de conservation de l'espèce, là, qui sont en développement actuellement, mais c'est malheureusement prématuré, je ne pourrais pas vous confirmer quoi que ce soit à ce niveau-là aujourd'hui.

M. Gagnon (Marc-André) : Est-ce que le Parti conservateur du Canada a une bonne plateforme environnementale pour lutter contre les changements climatiques?

M. Charette : Ce n'est pas… et même vous poserez la question, c'est soit au premier ministre ou aux autres collègues, ce n'est pas le volet de leur plateforme qui nous impressionne davantage. C'est la raison pour laquelle, dès le départ, peu importe la formation politique, on espère un gouvernement minoritaire de sorte que l'on puisse continuer à avoir ce pouvoir d'influence au niveau fédéral. Mais, au niveau environnemental, ce n'est certainement pas l'aspect le plus intéressant...

Des voix : ...

M. Charette : En fait, dans chaque formation politique, il y a des éléments qui sont intéressants, mais, pour le reste, je vais limiter mes propos...

M. Lacroix (Louis) : Mais vous dites que les conservateurs, ça ne vous impressionne pas, leur plateforme. Est-ce que celle des libéraux est meilleure?

M. Charette : En fait, de tous les cas, je ne répondrai pas pour une formation politique en particulier, le grand, grand défi en matière d'environnement, c'est de s'assurer qu'on dépasse les simples discours. Que ce soient conservateurs, libéraux, on va espérer des plateformes et surtout un gouvernement qui franchit cette étape-là des simples discours. Il faut des résultats, c'est un petit peu l'approche qu'on retient au niveau du gouvernement du Québec avec des résultats très, très concrets.

Mme Gamache (Valérie) : ...vous seriez à l'aise, là, que le Canada se présente à la COP26 avec le plan des conservateurs.

M. Charette : En fait, la COP26, 27 maintenant, sera l'occasion de réitérer l'importance d'agir, de renforcer nos mesures environnementales. Donc, peu importe le parti politique qui sera élu dans quelques jours à peine, je vais souhaiter qu'il prenne la mesure de cette importante rencontre.

M. Laforest (Alain) : ...vous allez être capable de répondre. Vous avez enterré GNL, qu'est-ce que vous pensez que le fédéral poursuive ses études?

M. Charette : Moi, je vous dis depuis des années maintenant, c'est très complexe et très contre-productif que d'avoir deux régimes d'évaluation environnementale. Donc, pour tout projet, on réclame une seule évaluation environnementale, on réclame que ce soit le Québec qui la fasse. Et dans le cas de GNL, on l'a dit très clairement, c'est un projet qui ne répond pas…

M. Lacroix (Louis) : Donc, peu importe le prochain gouvernement, vous leur dites : Mêlez-vous de vos affaires.

M. Charette : Effectivement, c'est un dossier qui ne peut pas voir le jour compte tenu de l'annonce qu'on confirmait il y a quelques semaines. C'est un projet qui ne répond pas aux exigences environnementales québécoises, donc, peu importe…

Une voix :

M. Charette : Peu importe la formation qui remportera les élections dans quelques jours, c'est un projet qui ne peut pas aller de l'avant.

M. Carabin (François) : …pour revenir sur la question de mes collègues, vous dites que la plateforme du Parti conservateur, sa partie environnementale est moins impressionnante. Donc, pour vous, l'environnement, c'est moins prioritaire, par exemple, que les transferts en santé et les demandes de M. Legault.

M. Charette : Pas du tout, ce n'est pas ce que j'ai dit, et c'est là l'avantage d'un gouvernement minoritaire. Donc, s'il y a des éléments d'une plateforme que l'on aime moins, ce sont des éléments qui ne pourront vraisemblablement pas se réaliser sans avoir l'appui d'une majorité de députés à Ottawa. Donc, ce n'est pas moins important. Et le gouvernement, peu importe sa couleur, s'il est minoritaire à Ottawa dans quelques jours, ne pourra pas transformer les pratiques environnementales sans aller chercher l'appui des autres formations.

La Modératrice : Nous allons devoir mettre fin à ce point de presse, s'il vous plaît.

M. Gagnon (Marc-André) : ...nationaliste qui croit en l'urgence climatique peut voter pour le Parti conservateur du Canada? Est-ce que c'est cohérent...

M. Charette : Je vais laisser chaque électeur, chaque électrique faire... électrice... oui, c'est mieux qu'électrique, quoiqu'on aurait pu parler d'électrification des transports, mais chaque électeur, chaque électrice peut faire ses choix. L'important, c'est que le gouvernement du Québec puisse avoir la pleine autorité dans les champs de compétence du Québec et surtout faire en sorte qu'on ne puisse pas faire de grandes transformations sans aller chercher l'appui d'une majorité.

La Modératrice : Merci à tous.

(Fin à 13 h 22)

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