Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Point de presse de Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille, et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Point de presse de Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition pour la famille, et M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le mardi 8 juin 2021, 10 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures trois minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Ce matin, Mme Véronique Hivon, notre porte-parole en matière de famille, M. Martin Ouellet, notre leader parlementaire. Ils seront suivis du chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon. La parole est à vous.

Mme Hivon : Oui. Alors, bonjour, tout le monde. Vous m'entendez, depuis des semaines, depuis des mois… de parler de la crise dans nos services de garde éducatifs à l'enfance et de l'urgence de valoriser et de rémunérer à sa pleine valeur la profession d'éducatrice.

Pas plus tard que la semaine dernière, j'étais ici avec le groupe Valorisons ma profession, des éducatrices qui se sont mobilisées parce qu'elles voient les ravages que fait l'exode des éducatrices qualifiées dans le réseau au Québec et à quel point c'est tout l'avenir de notre réseau qui est en péril, ce joyau dont on est si fiers au Québec, les services de garde à la petite enfance, avec les CPE, les garderies subventionnées et les milieux familiaux, enfin.

Et donc on voit à quel point le gouvernement, faute d'action, faute de prévisibilité, faute d'avoir mis en place les moyens qui étaient requis, fonce dans le mur, et qui en paie le prix? Bien, ce sont les enfants, parce que je vous ai appris, je vous ai dit, il y a quelques mois, qu'on était passés, donc, de deux éducatrices sur trois, comme exigence d'être qualifié, à une sur trois, qui a été décrété par le ministre.

Et qu'est-ce qu'on apprend de plus, avec le document en main, c'est que non seulement on est passés de deux éducatrices sur trois, qui doivent être qualifées, à une sur trois, mais, même la personne sur trois qui doit être qualifiée, on nivelle encore par le bas en revoyant à la baisse les critères, en introduisant une nouvelle catégorie qui s'appelle maintenant une remplaçante temporairement qualifiée.

Et donc, maintenant, on va reconnaître comme qualifiée une étudiante en techniques d'éducation à l'enfance qui aura fait à peine un an d'études et même pas de stage, même chose, on va reconnaître quelqu'un qui a fait un an d'études, au niveau universitaire, dans des domaines qui ne sont même pas directement reliés à l'éducation à la petite enfance, même chose, on va reconnaître des gens qui étudient en travail social.

Bref, non seulement on ne met pas en place les moyens pour valoriser la profession, mais on dévalorise, et on se demande bien qu'est-ce que le gouvernement ferait face à d'autres professions. Est-ce qu'il se permettrait d'avoir une personne sur trois qualifiée et de s'occuper d'enjeux aussi importants que le développement de nos tout-petits? La réponse, évidemment, c'est non.

Ça nous ramène à cette espèce d'époque où on voyait les éducatrices comme des gardiennes. Et là il est grand temps que l'on sorte de cette espèce de philosophie là, qu'enfin le gouvernement se réveille plutôt que de niveler par le bas et de faire en sorte que c'est tout l'avenir de notre réseau qui est compromis, ce réseau qui faisait la fierté de tous les Québécois, qui avait une véritable vision de développement et d'avenir pour l'égalité hommes-femmes, évidemment, pour le développement des tout-petits, pour, bien sûr, la place des femmes sur le marché du travail et le développement économique.

Alors, c'est extrêmement grave, ce à quoi on assiste en ce moment, et on demande, donc, et on va déposer aujourd'hui une motion en ce sens, au ministre de la Famille et à son gouvernement, à la présidente du Conseil du trésor, d'opérer un rattrapage salarial massif pour les éducatrices dès maintenant, de toute urgence, afin qu'on freine l'exode. Je vous rappelle qu'il y en a près de 50 % qui ont dit songer à quitter dans les trois prochaines années, en plus de toutes celles qui ont quitté au cours des derniers mois et des dernières années. Il faut freiner l'hémorragie. Il faut réaliser que ce sont les piliers du réseau et de la qualité des services de garde et les rémunérer convenablement.

Sur ce, je vais céder la parole à Martin Ouellet, notre leader.

M. Ouellet : Bonjour à tous. Pas plus tard qu'il y a de ça deux semaines, à l'initiative du Parti québécois, l'Assemblée nationale adoptait une motion pour qu'on convienne ensemble des différents critères objectifs pour sortir de l'urgence sanitaire. Il nous reste une semaine, cette semaine, à cette session parlementaire.

Donc, sous l'initiative du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, notre chef, a envoyé une lettre à tous les chefs des partis pour qu'on trouve un moment cette semaine de tenir cette première rencontre, question de jeter les bases sur ces critères objectifs pour mettre fin à l'urgence sanitaire. Le Parti québécois avait quand même mis sur la table quelques propositions, dont la réussite de la campagne de vaccination, qui va quand même très bien. Et on le voit aussi, depuis les derniers jours, qu'on va même être capables de devancer la deuxième dose, le niveau d'hospitalisation aussi, la clientèle COVID dans les centres hospitaliers.

Donc, ce qu'on veut cette semaine, c'est provoquer cette rencontre-là depuis l'adoption de cette motion, lors d'un débat du mercredi occasionné par le Parti québécois. Donc, ce que nous voulons aujourd'hui, c'est d'avoir de l'écoute du côté du premier ministre et d'avoir de la disponibilité pour qu'ensemble, tous les partis politiques, nous puissions enfin établir quelle sera la marche à suivre pour lever l'urgence sanitaire.

Donc, on est en attente… on sera en attente, pardon, des réponses des autres partis politiques. On pense qu'on peut le faire cette semaine. Mais, si c'est une question d'agenda, le Parti québécois demeure disponible encore la semaine prochaine et, au pire aller, d'ici deux semaines. Mais on pense qu'il faut profiter de la période de la session intensive présentement à l'Assemblée nationale pour trouver ensemble la voie pour la levée de l'urgence sanitaire.

Merci. Sur ce, je cède la parole à mon chef, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Martin. Bonjour à tous. Bon début de semaine.

Vous le savez, au Parti québécois, la langue française est importante pour nous. Et on a dit dès le départ que le projet de loi n° 96 n'allait pas assez loin et on y est allés d'un plan qui est complet, mais de certaines mesures audacieuses, que ce soit en immigration, en enseignement supérieur, en langue de travail.

Et on a obtenu, hier, un sondage qui est très positif pour nous, surprenant à la limite, où on se rend compte qu'en fait il y a seulement, chez les francophones, 24 % de la population qui pense que ce qui est proposé par la CAQ en matière de français, c'est suffisant, alors qu'on a 49 %, presque la moitié de la population, qui dit : Non, on ne pense pas que ce projet de loi là sera suffisant pour renverser le déclin de la langue française. Et c'est important, pour nous, au Parti québécois, parce qu'on est le seul parti à avoir dit d'entrée de jeu : Ce projet de loi là, à sa face même, est insuffisant, on ne se donne même pas d'objectifs, on ne mesure pas, pendant que les trois autres partis, le Parti libéral, QS… a félicité, a, conjointement, pris position en faveur de ce projet de loi là.

Bien, c'est des résultats qui sont très révélateurs, surtout de la manière que ça avait été accueilli par le premier ministre lui-même, qui disait que la loi 101, dans les cégeps, c'est une mesure extrémiste. Ce que le sondage dit, c'est qu'il y a 69 % des Québécois qui pensent que c'est une mesure adéquate… des journalistes et des commentateurs, également, qui disaient : Bien, c'est vraiment une mesure, d'une certaine manière, radicale, ils vont perdre les clientèles plus jeunes avec une mesure comme celle-là. Mais ce qu'on voit, c'est que les jeunes sont derrière nous. 51 % des jeunes pensent que c'est une bonne mesure, la loi 101, au cégep.

Puis, pour être honnêtes, nous, on n'a pas consulté, on n'a pas fait de sondage avant de faire notre plan sur la langue française. Mais, lorsqu'on a vu que le gouvernement laissait couler certaines parties de sondages pour véhiculer l'idée que la population était largement en faveur du p.l. n° 96, on a voulu vérifier ce qu'il en était, et c'est saisissant.

Donc, le Parti québécois se trouve au bon endroit sur la langue française, a vraisemblablement l'écoute de la population, qui est, à juste titre, inquiète de la pérennité de notre langue commune. Et on va continuer, au cours des prochains mois, à mettre de la pression pour que ce projet de loi là soit à la hauteur du défi, et c'est quand même au coeur de notre engagement.

Et, là-dessus, je vais prendre vos questions.

La Modératrice : Une question, une sous-question.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Michel David, ce matin, compare le Parti québécois à un patient dans une ambulance, puis on ne sait pas si on va se rendre à l'hôpital. Est-ce que vous avez l'impression que l'été, pour vous, sera important pour refaire l'image du parti, commencer à annoncer des candidatures? On voit le nom d'Alexis Deschênes qui circule en ce moment. Est-ce que, donc, les prochaines semaines, c'est à ça que vous allez les utiliser?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est que l'automne qui nous attend va être un environnement politique complètement différent, et on a hâte à ça. On a hâte de pouvoir mettre de l'avant tant nos candidats que ce qu'on a de constructif, les projets qu'on veut proposer pour les Québécois, parce que, pendant la pandémie, vous l'avez vécu autant que nous, le sujet, c'était la pandémie au quotidien. C'est normal, mais ce n'est pas ça qui nous attend à l'automne. Donc, c'est certain qu'on attend avec impatience que l'environnement politique normal, et Martin parlait de déconfinement de la démocratie, là, on attend ça. Et les gens seront évidemment heureux de parler de d'autres choses, et on aura plusieurs propositions, et on aura plusieurs initiatives qui vont aller en ce sens-là. Donc, oui, j'ai hâte à cette période politique là qui nous attend.

M. Pilon-Larose (Hugo) : …déjà demandé à M. Roy de céder sa place à Alexis Deschênes?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, non.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Jamais?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Jamais. Non, en fait, j'avais l'intention de rencontrer M. Roy cet été pour faire le point avec lui, parce que, tant au niveau de son assiduité dans les travaux de l'équipe, tant au niveau de ses prises de position par rapport à celles de notre parti, par rapport aussi à des déclarations vis-à-vis la CAQ, qui datent d'avant mon arrivée comme chef, il y avait plusieurs choses à discuter, là. Donc, oui, j'avais l'intention de le rencontrer pour dire : Quelles sont tes intentions? Mais il n'y avait aucun message en ce sens-là, non, puis aucune discussion concrète, puis je n'avais pas l'intention de le faire à court terme non plus.

M. Pilon-Larose (Hugo) : …à vos députés actuels, à votre caucus, dans la… par rapport à la prochaine élection? Est-ce que vous leur demandez, par exemple, de décider cet été s'ils seront présents…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, non, je n'ai rien demandé. On continue notre travail. Puis, comme je vous dis, on prépare l'automne, parce mettre de l'avant ce qu'on a de bon, parce qu'on ne sera pas en train de discuter de pandémie. Ça va être un environnement complètement différent. Donc, les efforts vont être placés sur la préparation de l'automne, puis c'est tout à fait normal.

Mme Côté (Claudie) : Avez-vous des discussions avec Alexis Deschênes?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, oui, je connais Alexis Deschênes depuis plusieurs années.

Mme Côté (Claudie) :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, oui, je l'ai appelé pour prendre des nouvelles. Alexis est impliqué dans le Parti québécois, localement, depuis très longtemps, là, puis il a le droit, comme on… Il y a plusieurs candidatures en ce moment qu'on sait sont des candidatures potentielles dans le Parti québécois. Je garde des liens avec tout le monde. C'est tout à fait normal. Et il ne faut pas oublier qu'au Parti québécois on n'est pas candidat tant qu'on n'a pas fait l'investiture, puis il n'y a pas de calendrier d'investiture en ce moment de mis en place au Parti québécois. Mais est-ce que je parle à Alexis Deschênes? Je parle à Alexis Deschênes, évidemment, comme je parle à plusieurs autres candidatures potentielles ou des gens qui ne sont pas des candidats potentiels, mais qui sont impliqués dans l'organisation. Ça, ça fait partie de mon rôle.

M. Bergeron (Patrice) : Mme Marois, à une certaine époque, après une suite de départs, avait demandé à ses élus : Écoutez, s'il y en a qui ont à partir, là, c'est peut-être le moment de le dire, là, la porte est ouverte, c'est le temps, là, puis, après ça, bien, on va garder ceux qui sont là comme loyaux. Est-ce qu'il n'y a pas un moment, pour un chef, de lancer ce message-là à son caucus?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Aujourd'hui serait le pire moment, parce que la pandémie a créé un environnement qui est particulier à tous les niveaux, vous le savez. Donnons-nous un automne de politique normale, où le Parti québécois proposera il est là pourquoi, parlera de ses convictions, parlera, avec son coeur, de ce qui nous anime, l'indépendance du Québec, la langue française et l'environnement, dans un espace où est-ce qu'il y aura de l'écoute, préparons ça, là. C'est ça, la priorité.

M. Lavallée (Hugo) : …au Parti québécois, pour la dissidence, là, parce qu'on comprend que M. Roy n'était pas tout à fait d'accord avec vous sur certains sujets, dont la…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ah! évidemment, il y a de la place…

M. Lavallée (Hugo) : On peut s'opposer aux directives du chef, voter contre? Il n'y a pas de souci, là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien sûr, il n'y en a pas. Ce qu'il y a, par contre, c'est que, si, ouvertement, on n'a plus de motivation à participer aux activités du caucus puis si on a plusieurs enjeux, là, au niveau de l'équipe, au niveau de la confiance, par exemple, ça, c'est d'autres paramètres, là. Mais le désaccord sur le plan intellectuel fait partie de la vie politique. C'est tout à fait normal. Donc, je pense qu'on n'est pas là, là, c'est d'autres considérations.

Peut-être que quelqu'un veut prendre la parole là-dessus?

Mme Hivon : Bien, je peux vous dire tout simplement qu'on a des débats très sains, et puis qu'on discute beaucoup, et que Paul est très ouvert à la discussion et au débat. Et je pense qu'un exemple de ça, c'est qu'il nous a donné le choix de voter comme on voulait pour l'ensemble des propositions, bien sûr, au dernier conseil national, comme c'est le cas. Donc, il n'y a pas du tout d'enjeu de ce côté-là, vraiment pas.

M. Larin (Vincent) : Vous, allez-vous être là, Mmme Hivon, en 2022?

Mme Hivon : Oui, c'est mon intention de me représenter.

M. Larin (Vincent) : J'aurais une question concernant la réforme de la loi sur la santé, bien, peut-être sur M. Dubé, qui évoque, là, la possibilité de réformer la loi sur la santé pour, entre autres, là, décloisonner les différents secteurs. Est-ce que vous êtes ouverts à ça? Est-ce que vous avez des idées de choses qui pourraient être modifiées?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, c'est ça, il faut aller dans le détail, voir quoi… Rappelons que le système de santé est un système qui a été bardassé, là, qui a fait l'objet de multiples réformes, au point où, lorsqu'on parle aux gens dans le réseau, ça devient des mises en place de réformes successives. Pendant ce temps-là, bien, on a moins de temps pour la mission principale, qui sont les patients. Mais il ne faut pas être fermé à une réforme. Tout ce qu'on dit, c'est qu'il faut que les partis de l'opposition soient impliqués, et qu'on soit concis sur exactement quels sont les objectifs. Puis, à ce moment-là, bien, quand on saura plus précisément où cette réforme-là, potentiellement, veut aller, on pourra commenter dans le détail.

M. Bergeron (Patrice) : Sur les services de garde, si vous permettez, Mme Hivon, donc vous décriez la situation actuelle qui fait qu'on place les gens qui ne sont pas nécessairement formés pour s'occuper des enfants. Mais, comme il y a une pénurie catastrophique, vous demandez une injection de fonds pour regarder cette question-là, mais ça ne réglera peut-être pas le problème de ceux qui ne sont pas nécessairement disponibles tout de suite pour rentrer dans le réseau.

Mme Hivon : Écoutez, si vous offriez un rattrapage salarial massif… Je veux juste vous rappeler que, nous, quand on a mis sur pied le réseau, on a offert un rattrapage salarial massif, entre 1999 et 2003, de 34 %, et c'est drôle, hein, on n'a jamais parlé de pénurie d'éducatrices quand on était là.

Donc, ce n'est pas compliqué. Il n'y a tellement pas de valorisation et de rémunération adéquate qu'on voit véritablement un exode. On en a parlé abondamment pour les milieux familiaux, mais là c'est la même chose qui se trame dans les CPE, dans les garderies en installations, parce que non seulement les éducatrices ne sont pas valorisées et rémunérées convenablement, on ne leur a pas donné de primes.

Je veux juste que vous réalisiez… Alors que tout était fermé au Québec, les écoles n'étaient pas ouvertes, les services de garde, eux autres, ils continuaient à fonctionner, les éducatrices étaient au combat. Aucune prime. On en donnait dans les épiceries, dans les pharmacies, à juste raison. On en donnait aux cuisiniers dans les résidences de personnes âgées. Mais les éducatrices, elles, qui étaient, au jour le jour, avec les enfants et, par extension, avec leurs familles, on ne leur en donnait pas.

Donc, non seulement il n'y a pas un message de valorisation, mais il y a même un message de mépris, jusqu'à un certain point, de ne pas avoir donné de primes, de ne pas avoir vu venir, alors que, nous, ça fait deux ans qu'on dit au ministre : La catastrophe, elle est devant vous, elle est annoncée, est-ce que vous pouvez, s'il vous plaît, en prendre acte? Et c'est pour ça qu'aujourd'hui on dit : Ça prend un rattrapage salarial massif.

Il faut que ce soit annoncé là, là, parce que non seulement ça va freiner l'exode, mais ça va faire en sorte que celles qui ont quitté dans les derniers mois pourront relever la main, parce que celles qui restent en place en ce moment, qui sont formées, c'est pire que jamais, parce qu'elles sont inondées de nouvelles personnes qui viennent donner un coup de main et qui ne sont aucunement formées. Donc, en plus de leur travail, elles doivent former des personnes non formées. Et ça, c'est un cercle vicieux qui fait qu'on voit l'hémorragie à laquelle on assiste aujourd'hui.

Puis, je veux juste vous dire, ce qui est assez hallucinant, quand on lit, là, toutes ces directives-là et cette nouvelle qualification de remplaçantes temporairement qualifiées, à la question : Quand prendront fin les dispositions qui sont entrées en vigueur, hein… Puis personne n'en a entendu parler. Bizarrement, le 23 avril 2021, personne n'a vu ça. On est tombés sur ce document. Quand prendront fin les dispositions? Considérant l'incertitude entourant la pandémie mondiale, il est impossible pour l'instant de fixer une date de fin quant à l'application de ces dispositions.

Donc là, on fait encore passer ça sur le dos large de la pandémie, alors qu'évidemment ça n'a rien à voir, et que le problème était là avant, et qu'on avait alerté le gouvernement. Sans date de fin. Alors, quand le ministre dit ce matin : Ah! c'est pour l'été, c'est pour la période estivale, comment ça se fait qu'il n'a pas mis le 31 août comme date de fin dans son document?

La Modératrice : On va prendre une dernière question en français.

Mme Crête (Mylène) :Bien, moi, j'avais une question sur le projet de loi n° 59. Est-ce qu'il y a encore des choses qui vous dérangent dans ce projet de loi là, qui feraient en sorte que vous pensez qu'il ne sera pas adopté, là…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, il y a des enjeux très importants dans le projet de loi n° 59, notamment celui de la prévention. Dans l'héritage du Parti québécois, au coeur de notre mouvement, il y a la protection des travailleurs. René Lévesque aimait dire qu'on est un parti favorable aux travailleurs, et c'est notamment dans tout ce qui est prévention des accidents de travail, protection de la santé et de la sécurité des travailleurs où, le Parti québécois, on a fait beaucoup.

Puis c'est dans notre ADN, parce qu'on ne conçoit pas que, pour faire certaines économies en efficacité ou en ressources financières, il y ait des décès puis des accidents, des maladies professionnelles, qu'on aurait pu éviter. Ce qu'on voit, dans ce projet de loi là, puis l'aspect sur lequel on veut travailler le plus, c'est que l'aspect prévention est devenu un peu discrétionnaire à l'employeur, dans la manière dont est construit le projet de loi. L'aspect prévention, donc, risque de reculer dans la manière dont c'est conçu.

Donc, il y a encore beaucoup, beaucoup, beaucoup de travail à faire, parce que, nous, tant qu'on n'aura pas l'assurance que la prévention des décès en milieu de travail, on est allés jusqu'au bout, qu'on a fait tout ce qu'on pouvait pour les prévenir, ces décès-là, on ne lâchera pas le morceau, parce qu'il y a une question de principes humains. On n'a pas à sacrifier des vies humaines par négligence au niveau de la prévention.

Puis il y a aussi un calcul simplement économique. Ce n'est pas intelligent, sur le plan financier, de faire des économies de bouts de chandelles en matière de prévention, pour ensuite externaliser des coûts gigantesques, sur le plan humain puis sur le plan financier, au reste de la société, parce qu'on a des gens qui sont blessés, des gens qui ne peuvent plus travailler ou des gens qui sont décédés, qui ont laissé leurs enfants, leurs familles dans le deuil. Ce n'est pas concevable. Il y a de vrais enjeux dans le projet de loi n° 59, dans sa mouture actuelle.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning. I would like to get your reaction on the Grand Chief Simon of Kanesatake saying that Bill 96… it will be like a second colonization.

M. Ouellet :

Mme Senay (Cathy) : So, Bill 96, the Grand Chief Simon is saying that it's a second colonization, that Mr. Legault should definitely ask First Nations communities their input because they are totally left aside and… just as a matter of protection of languages, now that French will be considered to be the only official language in the Constitution.

M. Ouellet : Protection of languages of First Nations is a real issue, but I don't think that the Bill 96 is the right bill to do it. Remember, when we do it, the bill for «les renseignements personnels» of the children, in the first case, the CAQ decided to put it in the running bill, and the First Nations just said to the National Assembly : Well, it's not a good thing, we want a bill to talk to us, we want our own bill. If this is the real case, for protection of languages of the First Nations, I think they will need a right bill for the First Nations, not into a bill that we're going to talk about the protection of…

Mme Senay (Cathy) : It's not the right…

M. Ouellet : I think it's not the right place to do it. We can have that kind of conversation. Last week, le Parti québécois adopted a motion that we want to make sure that some characters can be eligible on the «direction de la protection civile» for the First Nations who want to name their child with certain characters. So that kind of thing is the thing that we can make some concrete «gestes», concrete actions. So we think that, if we want to do some right action for the protection of the first languages for the First Nations, we have to do it in the right time, with the right bill, with the right persons, and all the persons that are going to be involved in that case.

Mme Fletcher (Raquel) : I have a question for…

Mme Senay (Cathy) : Yes, well, I don't know if you have another question for Martin. I have a question for Véronique Hivon, because teachers in green and yellow zones, now, won't have to wear mask anymore in classes. The CNESST just announced this, confirmed this. Teachers in orange zones will still have to wear masks, and, now, students, since this morning, don't have to wear a mask in orange, yellow and green zones. And then you have a strike, a one-day strike, tomorrow, and you don't have that many, like, days of school left before the end of the school year. How… could have been able to avoid this free-for-all?

Mme Hivon : That's a broad question. So, yes, I think that your feeling of a free-for-all is the right word, and it's quite disconcerting to see how everything is handled. But we are happy for children and we are happy for teachers who won't have to wear masks anymore.

But what remains puzzling, and we hope to have those explanations by the head of Public Health, is why, last week, you know, the whole argument was, you know : Go get your vaccine, and it is going to be the way to be able to get off… to take off your mask and to be able to meet your friends again. We know all the saga about proms and all that, and, all of a sudden, now, OK, we're just… We understand, of course. It doesn't make any sense, with the heat and what the children are going through, so this is why we're relieved and we're happy about the measure. But we feel that there is a need for explanations, how this happened, you know?

But we feel that we are repeating ourselves, because we've said that quite a few times. How are those decisions taken, you know? So we would have liked, you know, last week, to hear : OK, it's coming, because, you know, we won't need them anymore, and we're thinking about that, and because of that… but this is not what we were hearing last week, and, bang! last night… because we understand why. People feel it doesn't make any sense.

Mme Senay (Cathy) : And one last question about catching up, they're supposed to… The Education Ministry is working on tests to…

Mme Hivon : Yes, pedagogical camps.

Mme Senay (Cathy) : Yes. Can you know where they are? How many there are? What's the program? What's the curriculum? Who's in charge?

Mme Hivon : I have no idea, and it is a very, very good question, and this is what we asked when the plan was released, OK, because it was already made, and he was telling us, you know: It's going to happen. We think it's a good idea, but how is this being organized? And we feel it's always the same thing, nobody knows, on the field, how it's going to happen, and there's still so many questions. So, really, it's beyond words, what I can tell you. I would feel that I'm just repeating myself.

Mme Côté (Claudie) : Mme Hivon, j'aimerais vous entendre sur ce que vous avez…

Mme Hivon : Les masques?

Mme Côté (Claudie) : Oui, dans les écoles. Vous ne comprenez pas la tergiversation, le changement de cap?

Mme Hivon : En fait, on est très heureux pour les enfants du Québec, qui n'auront plus à porter de masque, et pour le personnel. Donc, on est heureux de voir que les autorités de Santé publique et de la CNESST ont donné de nouvelles indications. La question qu'on veut qui soit éclairée, c'est pourquoi, la semaine dernière, le masque était toujours aussi essentiel, tellement que c'était l'argument pour essayer de dire aux jeunes, de par la Santé publique et le gouvernement : Allez vous faire vacciner, ensuite vous allez pouvoir enlever vos masques, éventuellement voir vos amis.

Même chose, on a vu toute la saga des bals. Donc, quand on parle de planification, on ne sait toujours pas ce qui peut être annoncé pour les bals. Donc, c'était compliqué, on ne pouvais pas… tout ça. Et puis là on a le sentiment que, finalement, c'est correct, puis on peut enlever les masques. On comprend très bien la cause immédiate, et on se réjouit, pour les enfants, de cette mesure-là, mais on veut juste comprendre qu'est-ce qui motive les décisions, encore une fois, comment on arrive à cette décisions-là.

Mme Côté (Claudie) : ...

Mme Hivon : Tout à fait, tout à fait. Bien, en fait je suis contente de voir que, des fois, il y a des éléments qui font qu'il y a des prises de décisions qui sont là. Mais je pense que c'est important, pour garder l'adhésion aux mesures, d'expliquer à la population et de ne pas laisser entendre que ça se prend comme ça, à la va-comme-je-te-pousse. C'est juste ça. Donc, on peut être très, très heureux du résultat, et on l'est, parce qu'on sait à quel point c'était lourd, mais je pense juste qu'il faut réconcilier le discours de la semaine dernière avec le discours d'hier et d'aujourd'hui.

Mme Fletcher (Raquel) : Yes, so I have a last… Yesterday, we saw, in Montréal and other places, particularly in the Bill-Durnan arena, these long lines of people waiting to get their second dose in 32 degrees, and some of them were turned away because they didn't qualify or they didn't understand the... There seemed to be a lot of confusion. What do you have to say about that? Is there something that the Government should be doing to make sure that people are not standing in the heat for hours on end?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, obviously, at this stage, the vaccination process has been tested and tested. So we should be able to adapt to situations such as extreme heat. The last thing we want to see is elderly people or people that have certain weaknesses be affected by the temperature. And I think, now, we need to see what adaptations can be made ahead, because we're going to hit other waves. So I'm not aware…

Mme Fletcher (Raquel) :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Heat waves. No, no, not pandemic waves. We're going to hit other heat waves. Thank you. And, in that context, we need to see… I'm not aware of the specific case of the Bill-Durnan arena, but we need to see, if we know that it's a threat to people to stand outside, how we adapt the scheduling and how we adapt the queue, if there is one, so that we don't put in jeopardy anyone.

M. Grillo (Matthew) : …the Government should have clarified a little bit, because we did receive some messages from people who were confused. Can they get AstraZeneca in a walk-in? Is it Pfizer in a walk-in? They have to wait for the appointment. Do you think the Government should have clarified all of that perhaps last week?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Clarified which vaccine is available?

M. Grillo (Matthew) : How it works. Can you go and just get a vaccine? If you waited eight weeks, can you go in a walk-in and get a vaccine or should you be rescheduling and moving up your appointment? Should you be waiting for your original second dose date?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Of course, the more you change the directives, the more there's confusion and the more important it is, then, to make it as clear as possible to the population. That's up to the Government. You can never… There's never enough… There's never too much explanations and clarifications. Globally, I think the vaccination is going towards the right direction. We see the statistics in terms of infections. But, if there is a confusion about certain aspects of the vaccination, it's just a matter of getting the information out there as clear as possible.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci.

Mme Côté (Claudie) : Voulez-vous nous parler du match de hockey d'hier?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, avec plaisir.

M. Ouellet :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, c'est ça, non, moi!

M. Ouellet :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je vais dire la chose suivante sur la série. Ils étaient au pied du mur contre un des meilleurs clubs de la ligue nationale, les Leafs, du talent dans cette équipe-là, à trois à un. Il y quelqu'un dans ce vestiaire-là qui a décidé qu'il ne lançait pas la serviette. Puis personne n'aurait prédit que ce club-là se relèverait, mais il y a quelqu'un dans ce vestiaire-là qui a décidé qu'il ne lâchait pas le morceau. C'est quoi, les conséquences, après? C'est une petite victoire, puis une autre petite victoire, puis c'est en prolongation, etc.

Mais regardez l'effet d'une équipe qui reprend confiance parce qu'elle a refusé de céder quand elle était sous pression. Elle a refusé de baisser les bras. Elle est demeurée dans une pensée gagnante. La dureté du mental, comme disent les Boys… mais je trouve ça beau, parce qu'on le voit dans la série contre Winnipeg, ils ne sont pas arrêtables. C'est un autre club. Mais ça vient d'un seul moment très, très spécifique. Je ne sais pas ce qu'il s'est dit dans ce vestiaire-là quand c'était trois à un pour Toronto, mais il y a des gens qui ont refusé de plier les genoux, de mettre un genou à terre, de baisser les bras, et on voit les résultats d'une équipe qui, malgré vents et marées, décide de continuer à fixer l'objectif, à poursuivre l'objectif. Je suis incroyablement fier d'eux et ça m'inspire...

Des voix :

Mme Hivon : …parce que vous savez que Dominique Ducharme, c'est un petit gars de Joliette. Et donc je veux juste vous dire qu'il ne faut jamais sous-estimer les gens de Joliette, malgré toutes les critiques qu'on pourrait entendre. Et donc on est, à Joliette, vraiment très, très fiers. C'est un petit gars de Notre-Dame-des-Prairies. Et donc toute la population est derrière lui, évidemment sa députée encore plus. Donc ça me tient à coeur. Je voulais vous le dire.

Une voix :

Mme Hivon : Je connais sa conjointe, mais je... Bien, je l'ai croisé, évidemment. Ce n'est pas mon ami avec qui je jase toutes les semaines, mais, oui, oui, il est très connu à Joliette, là. C'est vraiment un gars... Je vous invite à lire toute son histoire qui est très inspirante aussi.

La Modératrice : Sur ce, bonne journée.

(Fin à 10 h 35)

Participants


Document(s) associé(s)