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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, et Mme Marie-Claude Nichols, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales

Version finale

Le jeudi 29 avril 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trente et une minutes)

Mme Anglade : Alors, bonjour, tout le monde. Bien contente d'être accompagnée de Marie-Claude Nichols ce matin.

Alors, hier, pendant les études de crédits, le premier ministre a fait une déclaration qui a fait les manchettes ce matin et qui alimente énormément les discussions sur les médias sociaux. L'idée que les logements décents soient accessibles pour 500 $ dans la région de Montréal est évidemment une vue de l'esprit et démontre quand même une méconnaissance assez spectaculaire de la situation de la part du premier ministre.

Mais cette déclaration nous aide surtout à comprendre pourquoi le gouvernement de François Legault ne reconnaît pas la gravité de la situation autant dans l'accès aux loyers en location que dans l'accès à l'achat de propriétés. Quand le premier ministre Legault ne veut pas s'attaquer à un problème, ce qu'il fait, il le nie. Alors, qu'est-ce qu'on fait au bureau du premier ministre? On nie, et on nie vigoureusement. Ce n'est pas la première fois qu'on a vu ça. On a vu ça dans le cadre de la pénurie de main-d'oeuvre, où on la nie pour éviter de parler d'immigration, où on nie le racisme systémique, et maintenant on nie la crise du logement.

Ce ne sont pas les oppositions qui ont inventé la crise dans laquelle on se retrouve. Et d'ailleurs j'aimerais dire que, déjà, l'année passée, notre formation politique parlait de la nécessité de tenir un sommet à ce sujet-là avec l'habitation, parce qu'on voyait déjà des signes avant-coureurs. Depuis plusieurs semaines, les médias, les journaux, les radios, les organismes en habitation font état des difficultés pour les citoyens qui ont de la difficulté à se trouver un logement ou ceux qui aimeraient posséder une maison. On a plusieurs problématiques, mais c'est trouver son logement de manière abordable, mais également juste avoir accès à la propriété.

Dans la réalité, il y a plein de personnes, des milliers de Québécois qui craignent de ne pas pouvoir se loger de manière convenable. Le gouvernement de la CAQ nous a dit : La crise du logement n'existe pas, pourquoi régler un problème qui n'existe pas? Pourtant, il existe quand même des analyses, des rapports, des cas, des réalités terrain qui sont extrêmement convaincants. Il faut être particulièrement déconnecté de la réalité pour ne pas voir qu'il y a une surenchère pour les loyers et le prix des maisons partout au Québec.

J'ai eu l'opportunité avec ma collègue de faire une tournée dans différentes régions du Québec et de constater que, chaque fois qu'on parlait des enjeux, la question du logement était soulevée constamment, avec peut-être des réalités régionales différentes, mais la question de la crise revenait systématiquement. Pourtant, il y a des pistes de solution qui pourraient aider le premier ministre et qu'il pourrait mettre en place à court terme. Et c'est pour ça, d'ailleurs, que nous avons fait quelques propositions en ce sens. Maintenant, c'est au gouvernement de venir reconnaître qu'il y a une crise et c'est au gouvernement d'agir. Pour ça, encore faut-il que le premier ministre reconnaisse qu'il y ait véritablement un enjeu dans cette crise.

Deuxième point que j'aimerais aborder avec vous. Le premier ministre, hier, semblait euphorique lors de nos échanges sur la langue française et l'utilisation de la clause «nonobstant». Aujourd'hui, vous allez l'entendre dire que je ne veux pas utiliser la clause «nonobstant» parce que je ne veux pas défendre la langue française. En tout respect pour le premier ministre, avant de donner un chèque en blanc pour lui permettre de jouer aux apprentis sorciers avec les droits et libertés des Québécois, je lui demande de déposer son projet de loi et qu'il dise clairement ce qu'il veut faire avec la clause «nonobstant». La clause dérogatoire, ce n'est pas un jouet avec lequel on peut jouer comme un apprenti législateur. Ce n'est pas ça, la clause dérogatoire. C'est vraiment une arme de dernier recours.

Alors, ce n'est pas vrai qu'au Parti libéral du Québec on va donner un passe-droit à la CAQ, qui veut faire une campagne de «wedge politics», comme on dit en bon français, de politique de division, sur le dos des Québécois. On se rappelle encore la triste aventure de la charte des valeurs. La loi n° 21, je tiens à le rappeler, elle a été passée sous bâillon après une étude de quatre articles sur 36, et, encore une fois, ça vient confirmer le fait que François Legault veut faire une politique de division. Avant de permettre à François Legault de faire ce qu'il veut faire, avoir un impact sur les droits des Québécois, je pense qu'il doit déposer en priorité son projet de loi. Merci.

La Modératrice : Merci. On va prendre les questions.

M. Larin (Vincent) : …Mme Anglade, au Parti libéral, pour régler cette crise-là? Je ne suis pas sûr de... La crise du logement, entre autres, qu'est-ce que... par où ça passe, la solution?

Mme Anglade : Bien, il y a différentes avenues. Mon collègue Carlos Leitão a justement planché sur une de ces mesures-là. Regardez, dans le budget fédéral, par exemple, ils ont décidé d'imposer une taxe aux personnes qui étaient étrangères, qui possédaient des logements, pour aller chercher 700 millions de dollars. Ça, par exemple, imposer une taxe à des joueurs étrangers qui disposent de propriétés, ça pourrait permettre de libérer des logements, et donc de descendre le prix des loyers. Ça, c'est une mesure. Il y en a plusieurs qu'on est en train de justement considérer, avec ma collègue Marie-Claude Nichols, également.

M. Larin (Vincent) : C'est-u possible d'avoir une idée… Vous parlez d'une taxe sur les possessions étrangères. C'est la seule solution proposée par le Parti libéral du Québec pour régler la crise du logement?

Mme Anglade : Non, ce n'est pas la seule proposition. Puis d'ailleurs je peux inviter Marie-Claude à parler des différentes...

Mme Nichols : Oui, bien, la crise du logement, là, ça se décline sous plusieurs... en fait, trois volets principaux, dont l'accès à la première propriété, le logement abordable et le logement social. Et je pense que, dans chacun de ces volets-là, oui, il y a des mesures-phares, il y a des mesures importantes, il y a des actions qu'on peut prendre, là, rapidement, parce qu'on le sait, là, la crise du logement, là, elle est bien présente, là.

Mais j'ai une grande inquiétude, là, relativement à ce qui s'en vient le 2 juillet prochain. Ma plus grande inquiétude, je le dis, puis j'ai le coeur brisé quand je le dis, je pense, entre autres, à des mamans monoparentales, là, qui, présentement… c'est 60 % de leurs revenus. Une maman qui travaille, là, une maman à 35 000 $, 37 000 $ par année, qui a deux enfants, qui alloue 60 % de son revenu pour se loger, il lui reste quoi pour se nourrir?

M. Laforest (Alain) : …que mon collègue vous a demandé. C'est quoi, la mesure? Qu'est-ce qu'on fait?

Mme Nichols : Oui, mais il y a plusieurs mesures qu'on peut mettre en place tant pour l'accès à la première propriété... Ça peut être via un RAP.

M. Larin (Vincent) : La mère monoparentale, là, elle n'a pas les moyens de s'acheter une première propriété. Qu'est-ce que vous proposez pour aider ces gens-là?

Mme Nichols : Bien, il y a clairement des choses qu'on peut faire. Comme je disais, pour l'accès à la première propriété, il y a des mesures qu'on peut mettre en place, pour le logement abordable aussi. Il faut intervenir, il faut légiférer, parce qu'il y a une surenchère. Il y a définitivement...

M. Lacroix (Louis) : Vous parlez du RAP, là. Pensez-vous qu'une femme monoparentale qui gagne 35 000 $ à 37 000 $ par année, pour reprendre votre exemple, qui a deux enfants, qui consacre 60 % de son salaire à se loger et a de la misère à nourrir ses enfants… pensez-vous qu'elle a de l'argent à mettre dans un REER pour pouvoir RAPer ensuite et acheter une maison?

Mme Nichols : Oui, bien, la crise du logement est à trois volets…

M. Lacroix (Louis) : ...

Mme Nichols : Oui, j'en ai, des cas comme ça, oui, j'en ai, des cas comme ça. Il y a des mamans, comme ça, qui ont été préapprouvées, puis qui ont mis des sous de côté, puis qui n'ont même pas accès à la propriété. Ça fait que, oui, il y en a, des cas comme ça. Mais peut-être qu'on pourrait permettre aux parents de RAPer, de donner la possibilité aux parents de RAPer pour leurs enfants. C'en est une…

M. Lacroix (Louis) : ...par mois dans le loyer, là, 35 000 $ par année, puis RAPer pour acheter une première maison, vous ne trouvez pas que c'est déconnecté?

Mme Nichols : Permettre aux parents de RAPer pour leurs enfants, ce n'est pas déconnecté, c'est quelque chose qui est possible. C'est quelque chose qui est même facile à faire. On l'avait proposé pour que ça soit dans le dernier budget, puis cette mesure-là n'a pas été retenue. C'est des choses qui sont faciles. Il y a des parents qui sont en mesure d'aider leurs enfants pour l'accès à la première propriété. Ça, c'est pour l'accès à la propriété.

Il y a aussi l'accès au logement, le logement abordable, la transparence, c'est évident, là… C'est évident, tenir un registre du logement, c'est probablement une excellente solution. C'est sûr qu'il faut penser aussi aux petits propriétaires, hein, les petits propriétaires, là, qui, disons-le, des fois, ils ont un duplex ou un triplex. C'est leur fonds de pension. Ils ont investi là-dedans, puis là, bien, ils ont des locataires qui sont là depuis de nombreuses années, avec des logements qu'ils voudraient rénover, qu'ils voudraient remettre sur le marché. Puis c'est ce qui se passe présentement, la crise du logement, c'est ça, là, il y a de la surenchère partout. Le petit propriétaire voit l'opportunité de mettre un locataire… de dire au locataire…

M. Laforest (Alain) : Ils sont à la rue actuellement. Il y a des tentes qui s'installent à Montréal. On va revivre ce qu'on a vécu l'été passé. On fait quoi? La solution du Parti libéral pour aider Montréal à se sortir de ça, c'est quoi?

Mme Nichols : Bien, il y en a, présentement, des logements vacants. Il y a des logements qui ne nécessitent seulement que de la rénovation. Donc, débloquons les sous pour au moins rénover les logements vacants, les donner aux familles, augmenter les programmes de supplément au loyer rapidement. Il y a des choses qu'on peut faire rapidement. Sincèrement, là, pendant deux ans, il y a eu zéro nouveau logement, zéro. Dans les deux derniers budgets, là, zéro en habitation. Ça fait que c'est certain que, là, on est en mode rattrapage, disons-le.

M. Pilon-Larose (Hugo) : …de logements qui ne respectent pas les règles, par exemple ils remplissent mal le bail. Ils ne disent pas aux nouveaux locataires combien payaient les anciens locataires. Dans les annonces qu'ils affichent sur Kijiji, elles vont être marquées parfois : Si vous avec un dossier à la régie, ne vous présentez-vous pas, parce que je ne peux pas vous louer. Est-ce qu'à quelque part il faut sévir contre ces propriétaires-là? Est-ce qu'il doit y avoir des mesures pour pouvoir imposer, je ne sais pas, des amendes à ceux qui ne respectent pas règles?

Mme Nichols : Est-ce que vous faites référence à la section G, là, du bail que le propriétaire, là, doit compléter, doit…

M. Pilon-Larose (Hugo) : …là, honnêtement.

Mme Nichols : …non, que personne ne complète, donc ça finit que ça se ramasse au Tribunal administratif du logement, là. Définitivement, il devrait y avoir des sanctions. Quand ce n'est pas complété, il devrait définitivement y avoir des sanctions ou encore mieux encadrer… dire pourquoi… tu sais, pourquoi on ne l'indique pas ou expliquer l'augmentation. Des fois, c'est parce qu'il y a eu des rénovations majeures. Puis, la plupart des cas, pour avoir parlé avec les différents groupes, dont la CORPIQ, ils nous expliquaient : Bien, nos propriétaires, des fois, ne remplissent pas la section G justement parce qu'il y a eu des rénovations majeures. Ça fait qu'ils ne complètent pas la section G.

Mme Prince (Véronique) : …Mme Anglade, peut-être sur le fait qu'en fait cette crise-là, ça fait des années qu'on la voit venir. Je veux dire, on n'a pas à être surpris de voir qu'on arrive dans une crise du logement. Qu'est-ce qui a été fait par les gouvernements passés pour prévenir ça?

Mme Anglade : Quand vous dites : Cette crise, ça fait des années qu'on la…

Mme Prince (Véronique) : La crise du logement puis l'augmentation du prix des loyers à Montréal puis dans les grandes villes, je veux dire, on le voit venir, là, ça fait longtemps.

Mme Anglade : Bien, c'est pour ça que, lorsque l'on… Honnêtement, là, c'est pour ça qu'il y avait eu une demande, de notre part, de faire justement toute une discussion sur la crise du logement, l'année passée, sur l'habitation, un sommet sur l'habitation pour trouver des pistes de solution qui permettent de régler ça. La question, là, sur... Tout à l'heure, quand je mentionnais le fait qu'on pourrait imposer une taxe aux gens qui détiennent des propriétés étrangères, ça aussi, ça avait été amené par le passé, et jamais est-ce que le gouvernement n'a voulu agir là-dessus. Donc, quand vous me dites...

Mme Prince (Véronique) : …quand les libéraux...

Mme Anglade : Mais, à l'époque, en tout respect, là, quand on est… vous passez en 2016 puis en 2017, on n'était pas dans la crise dans laquelle on est aujourd'hui, là. Aujourd'hui, on est les pires. On est avec les pires taux, en termes d'inoccupation, aujourd'hui, là. C'est ça, la réalité.

Mme Prince (Véronique) : On le voyait venir en regardant dans les autres métropoles. On savait que c'était une question de temps.

Mme Anglade : D'où l'idée de se pencher sur ces enjeux‑là puis d'où l'idée de dire : Bien, ça pourrait être une option, de considérer la taxe. Mais ça fait... À un moment donné, ça va faire trois ans que le gouvernement est en place. Ça va faire trois ans que le gouvernement est en place, et, nous, depuis le début, depuis le début, l'année passée, l'année précédente, où on dit : Attention, l'habitation, ça va être un enjeu, qu'est-ce qu'on peut faire, quelles sont les mesures qui vont être proposées? C'est la raison pour laquelle, je vous dis, on a proposé cette mesure‑là, c'en est une, supplément au loyer, c'en est une autre.

Donc, il peut y avoir différentes mesures amenées au gouvernement. Il y a différentes pistes de solution. Mais encore faut-il reconnaître qu'il y a une crise. J'aimerais vous rappeler qu'hier, quand on s'est vus en Chambre pour poser la question, six fois plutôt qu'une, on dit : Il n'y en a pas, de problème, on va laisser le libre marché, on n'a pas besoin d'intervenir. C'est ça que le gouvernement est en train de me dire. Puis là est-ce qu'aujourd'hui ils vont être prêts à reconnaître qu'il y a une crise puis ils vont être prêts à proposer des choses très concrètes pour le 1er juillet? C'est ça qu'on va voir.

M. Carabin (François) : …pour repartir un débat sur l'affichage?

Mme Anglade : Bien, moi, je vais vous répondre avec notre approche à nous. Notre approche a été de dire : Qu'est-ce qu'on veut faire de manière rassembleuse, avec l'ensemble des Québécois, pour la langue française puis proposer des mesures qui vont être costaudes, mais qui vont permettent aussi d'agir concrètement, rapidement? C'est ce que nous avons fait. C'est l'approche que nous avons utilisée avec des principes que nous avons... Il y a cinq principes qui nous ont guidés, finalement, dans les propositions que nous avons faites.

Donc, l'objectif, ce n'est pas de faire... de diviser puis de créer des chicanes par rapport à ça. L'objectif est de se rassembler tout le monde, rassembler tous les Québécois, peu importent leurs origines, peu importe la langue qu'ils peuvent parler, etc., peu importe… de les rassembler autour du fait français puis que tout le monde se sente mobilisé pour y arriver. Alors, je ne le vois pas comme étant un grand débat linguistique. Je le vois comme étant une opportunité de rassembler les Québécois.

M. Bergeron (Patrice) : Mme Anglade, le débat sur la loi 101, en 1976, 1977, ce n'était pas un débat rassembleur. C'était un débat qui était diviseur, mais il fallait prendre des... Il fallait poser des gestes qui ne rassemblent pas nécessairement tout le monde. Est-ce qu'en matière de… On parlait hier de la clause dérogatoire. Mais, en matière de langue d'affichage, il n'y a pas aussi, des fois, des gestes qu'il faut poser, même si ça ne rassemble pas tout le monde?

Mme Anglade : Bien, je pense qu'il faut poser des gestes qui répondent à des problématiques. Puis, lorsqu'on regarde, par exemple… On reconnaît qu'au centre-ville de Montréal il y a des enjeux. Il faut poser des gestes qui vont nous permettre de régler la situation. Puis c'est pour ça que, dans les propositions que vous avez vues, que l'on a faites, on parle des petites entreprises, 25 à 50 employés. C'est pour ça que l'on parle de l'accompagnement. C'est pour ça que l'on parle de la nécessité de revoir le rôle de l'OQLF, puis qu'il soit vraiment sur le terrain. Toutes ces mesures-là vont aller dans cette direction-là.

Cela dit, ce n'est pas, pour moi, l'opportunité de faire du «wedge politics», une politique de division. Je pense que c'est surtout ça, le message. On n'a pas besoin de faire ça. On n'a pas besoin d'aller là. Et c'est pour ça que, dans les propositions que nous avons faites, bien, on pense justement qu'on est capables de convaincre tout le monde puis qu'on embarque en arrière du fait français.

Mme Prince (Véronique) : …la vaccination, est-ce que c'est le bon moment, effectivement, pour commencer à ouvrir à différentes tranches d'âge, là, à la population générale? Est-ce qu'on va y aller par tranches d'âge maintenant, là?

Mme Anglade : Bien, écoutez, l'objectif, honnêtement, c'est de vacciner le plus de personnes possible le plus rapidement possible. Donc, si on est capables d'avancer en ce sens-là, bien, faisons-le.

Mme Prince (Véronique) : Dernière question, peut-être, sur l'immigration aussi. En fait, c'est qu'il y a beaucoup d'immigrants qui sont en attente que leurs dossiers soient complétés. En fait, il n'y a jamais eu autant de dossiers non traités, et Ottawa et Québec se relancent la balle. Qu'est-ce qu'on doit faire avec ça?

Mme Anglade : Bien, le ministère de l'Immigration, ça a été un champ de ruines laissé par Simon Jolin-Barrette. Honnêtement, là, il est arrivé dans ce ministère-là, et, à la sortie, on voit qu'il y a eu une augmentation de… Les plaintes ont quadruplé. Il y a des taux d'attente extrêmement élevés, extrêmement longs, parfois six fois plus longs que dans les autres provinces. On a des gens ici qui sont installés chez nous, qui parlent le français, qui travaillent ici puis qui décident de changer de province parce que justement on n'est pas capables d'accélérer les processus. On perd du talent à un moment où on est à 148 000 personnes qui… 148 000 postes vacants. Donc, je pense que c'est surtout un champ de ruines qui a été laissé par Simon Jolin-Barrette, et on en voit le résultat, et c'est très mauvais pour le Québec, c'est sûr.

La Modératrice : Merci. On passe en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

Mme Anglade : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : Yesterday, I heard many people commenting what Premier Legault said during the budget estimates. They made a link with what happened to Philippe Couillard in 2018, when he said that a little family could pay $75 per week for groceries. Mr. Couillard paid this mistake in his failure to win the election. What can be the price that Mr. Legault should pay with this mistake yesterday?

Mme Anglade : I think what it speaks to, it speaks mostly to the fact that he doesn't realize that there's really a crisis. He doesn't realize that people are really looking for housing right now, and they can't find anything that is affordable. It's speaks to the fact that he's not connected to what's going on right now on the ground. And it's not specifically to… This is not specific to Montréal. It's happening in different regions across Québec.

So that's what I think it really speaks to. In terms of what I would like the Government to do, I would like the Government to recognize the situation, to recognize the situation the way we asked them to recognize it last year, we're back in the same situation, worse, and to actually act upon that.

Mme Senay (Cathy) : You said that you wanted to have a summit last year on this issue, housing, but what can be, like, the solution number one on affordable housing, having middle class families looking for an apartment not able to find one, and panicking because it's too costly?

Mme Anglade : I'd say you have different alternatives. You have to play on the fact that you have to get more housing available for the people. That's why we talked about a tax that would be for the… for foreign owners to pay taxes like we see in other cities, because that's how they've been addressing it in other cities facing similar situations. But also it could be providing, increasing specific money to certain people during that time, making things more transparent as well when people are buying housing, because, like, when we were talking earlier in French, they were saying, like, there are different categories, there are the categories of people wanting to buy a house that can't, there are people just trying to find housing and they can't. I mean, we have to tackle all those issues because they're all intertwined.

M. Grillo (Matthew) : Other than the social housing, I mean, how does the Government step in here and do something? I mean, how does the Government get involved in this situation, other than building social housing?

Mme Anglade : Well, there are two things. Social housing is an issue for people with very limited money. The situation that we're seeing today, we're not talking only about social housing, we're also talking about purely housing, like having the ability to have access. Can they provide direct supplement, increase the supplement for some of those families? That could be one avenue. Could we again talk about the taxes, to increase taxes to foreign owners and increase the number of housing available in Montréal? That's another avenue. I mean, these are the avenues. But it's also why we believe that we should be talking about the crisis and finding solutions. These are two, three solutions that we have on the table.

M. Grillo (Matthew) :  What are your expectations from the Government today in terms of vaccination?

Mme Anglade : In terms of vaccination? I thought you were… In terms of vaccination, well, I hope that we can move forward and make sure that we have additional people that can get vaccinated. The sooner we get to that point, the better off we're going to be ultimately.

M. Verville (Jean-Vincent) : What are your responsabilities, in terms of politicians, not you personally, but politicians? because the social housing crisis is not something that happened two years ago. It was built over the years, over 30 years maybe. So what are your responsabilities? What part of the responsibility do you take as a government… as a politician, I mean?

Mme Anglade : Well, I think, the fact that you're mentioning that we've been seeing this, and another report mentioned that it's been happening, that's also why we believe that we need to have a summit. I think also the COVID crisis has increased the situation. And this is not a benign issue, this is a critical issue. People are spending over 50%, 60%, 70% of what they're gaining on housing. So, in order to fix this, that's why we believe also that there be a summit in the long run.

M. Verville (Jean-Vincent) : …two years ago. It's not only the CAQ's responsibility. What part of your responsibility… Now that you see that the crisis is so big, what is your part? What would you have done differently then?

Mme Anglade : I think, two years ago, I would have called a summit on this, because we were… coming, and it was denied back then, but it's still denied today. Every time we say that we should be acting. Now, we're facing the crisis, but we still have a government that's not recognizing the situation. So, if we're not talking about this to find the different solutions, well, we are in the situation we're in. Again, you make a summit. We have a number of proposals that we brought to the table around taxing, around additional money to some families. Now, we need to get the Government to respond to that.

La Modératrice : Merci beaucoup.

Une voix :

La Modératrice : Oh!

M. Authier (Philip) : Good morning.

Mme Anglade : Yes, that's fine, you can come here as well.

M. Authier (Philip) : Sorry, mam, sorry. Yesterday, in your debate with Mr. Legault over the notwithstanding clause, it was like he was floating the idea of using it on signs, the sign laws. Do you think it's time to open the debate about the signs now? It's not part of your 27 points, I notice.

Mme Anglade : Exactly, it's not part of my 27 points. And we believe that, with the 27 points, we could go… It's a solid proposal that we brought to the table and we don't believe that you need to have the notwithstanding clause. That's why you don't have it with the 27 proposals. I think there are many things that can be done, with the rights of everybody being respected in Québec.

M. Authier (Philip) : Do you think their approach to the clause is a bit flippant? Like, it's a powerful tool.

Mme Anglade : It's a powerful tool, and you have to be very careful how you use it. I don't think they're very cautious in the way they use it. We've seen it in Bill 21. We've seen… The bill was adopted under closure. So you see that it has a… They're using it like they're using an access card. I mean, this is your single biggest tool in order… from a legislative standpoint. So you need to be careful how you want to use it, why you want to use it. And I'm not going to provide a blank check to François Legault and say : Oh! yes, this is a great idea. Like, I'm not going to do this, because we've seen how he handled it with Bill 21.

M. Authier (Philip) : …of the tone of that debate between you two yesterday?

Mme Anglade : Well, I think Mr. Legault wants to take very specific elements to this… It's almost like he wants to define his own… be the defender of certain values that he qualifies like Québec values. But, again, I'll repeat it, there are many values for Quebeckers, equality between men and women, value of the French language, value of debates, as well, in a pluralist society, and I think, all of them, we need to respect them. And he's not the owner of all of them, certainly not.

M. Authier (Philip) : Thank you.

La Modératrice : Merci beaucoup.

Mme Anglade : Thank you.

(Fin à 8 h 56 )

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