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Point de presse de M. Sylvain Gaudreault, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’environnement et de lutte contre les changements climatiques

Version finale

Le jeudi 25 mars 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-trois minutes)

M. Gaudreault : Oui. Alors, bonjour à toutes. Ça me fait plaisir de vous rencontrer ce matin. Alors, hier, on a eu le rapport du BAPE sur le projet de GNL Québec, qui était un rapport du BAPE extrêmement attendu, pas juste au Saguenay mais à la grandeur du Québec. Et, vous savez, à un moment donné, on se dit : C'est important en politique d'avoir des convictions, c'est important en politique d'avoir de la cohérence, et ce rapport du BAPE va exactement dans le sens que le Parti québécois... dont le Parti québécois a fait la démonstration depuis au moins trois ans, deux, trois ans, c'est-à-dire que ce projet-là, de GNL Québec, ne fait pas de sens sur le plan climatique, ne fait pas de sens sur le plan économique, ne fait pas de sens sur le plan du développement régional. Et c'est exactement ce que dit le rapport du BAPE.

Donc, à ce stade-ci, M. Charette et M. Legault n'ont d'autre choix que de rejeter le projet de GNL Québec. Et nous demandons, évidemment, au gouvernement de le faire le plus rapidement possible parce que le rapport du BAPE le dit aussi, il y a un climat de polarisation extrêmement fort, extrêmement tendu, notamment au Saguenay—Lac-Saint-Jean, sur ce projet- gouvernement n'autorisera pas ce projet, permettrait de calmer le jeu, et surtout, d'annoncer en contrepartie un véritable plan de transition écologique, de transition économique, de transition énergétique juste.

Quand on parle de transition juste, ça veut dire que pour les gens du Saguenay—Lac-Saint-Jean, pour les travailleurs, les travailleuses du Saguenay—Lac-Saint-Jean, le gouvernement du Québec doit être en support pour soutenir une transition de la main-d'oeuvre vers des projets créateurs d'emploi, créateurs de richesse dans le secteur de l'économie verte. On pense au projet Elysis, avec l'aluminium sans carbone, on pense à l'industrie forestière avec, entre autres, la fibre cellulosique.

Le Saguenay—Lac-Saint-Jean a tout ce qu'il faut pour être une région pionnière de cette transition écologique juste, et nous demandons, en contrepartie du rejet de GNL Québec, nous demandons au gouvernement de lancer ce chantier au Saguenay—Lac-Saint-Jean, qui sera un exemple, qui sera un laboratoire pour faire en sorte que tout le Québec, ensuite, s'inscrive dans cette lignée. Alors, voilà pour mon point d'aujourd'hui. Je serais disposé à prendre des questions de la foule en délire.

Mme Gamache (Valérie) : Bien, la foule en délire a une question quand même concernant la réaction des promoteurs de GNL Québec qui, hier, ont quand même accueilli le rapport, en disant : On va travailler sur certains points. Le ministre a dit : Bien, je vais laisser quand même, jusqu'à l'été, là, je vais leur laisser le temps de travailler. Pour vous, on devrait tout de suite mettre la hache dans le projet, vous ne croyez pas qu'on peut arriver à un compromis, là?

M. Gaudreault : Non. Parce que, dans le fond, le ministre Charette a énoncé ses trois conditions, mais il faut bien comprendre ce que ça signifie. C'est un signal très, très fort qui a été envoyé par le ministre, en disant : Acceptabilité sociale, transition énergétique et réduction des GES. Dans ces trois critères-là, le BAPE est on ne peut plus clair, en disant que GNL Québec ne se qualifie pas. Alors, moi, là, je veux bien, là, donner quelques jours ou quelques semaines, voire quelques mois, à GNL Québec, mais ce n'est pas dans ce délai que GNL Québec sera capable de renverser la tendance lourde du marché du gaz naturel liquéfié à l'échelle internationale et, soudainement, en faire une énergie de transition. C'est impossible. Même chose pour la réduction des GES.

Et pour l'acceptabilité sociale, comme je vous le disais, c'est extrêmement polarisé sur le terrain. Donc, ce n'est pas vrai qu'en quelques semaines, tout d'un coup, il va avoir une acceptabilité sociale de ce projet-là, d'autant plus que les sondages qui s'accumulent sur le dossier démontrent à chaque fois que le camp des «anti» augmente. Donc, on est loin de l'acceptabilité sociale.

Mme Gamache (Valérie) : Et puis, l'an passé, on vous avait parlé d'un budget un peu basé sur la transition énergétique, justement, avant, évidemment, que la pandémie nous frappe, là.

M. Gaudreault : Vous voulez dire nous, ça, on vous avait parlé de ça?

Mme Gamache (Valérie) : Non, non, non, la CAQ nous parlait d'un budget vraiment, tu sais, axé sur la transition énergétique. Est-ce que vous espérez que la relance économique va passer ou que ce budget-là va passer par cette transition-là? Qu'est-ce qui va se faire?

M. Gaudreault : Oui, on l'a dit dans nos demandes prébudgétaires que le budget doit être l'occasion de faire un virage très, très clair vers une économie sans carbone, vers une transition verte et juste. On a proposé cette idée qui a déjà été proposée par, entre autres, des économistes, des spécialistes sur les enjeux climatiques, de puiser jusqu'à 1 milliard par année dans le Fonds des générations pour préparer cette transition énergétique et cette transition économique verte et juste.

Alors, nous, c'est ce qu'on a proposé, on continue de le maintenir, on espère le voir dans le budget aujourd'hui, donc de puiser 1 milliard par année dans le Fonds des générations. Parce que, quand on parle du Fonds des générations, bien, c'est évidemment pour réduire le poids de la dette sur les générations futures. Bien, dans le poids de la dette, il y a certainement la dette environnementale. Et, pour nous, c'est de préserver les générations futures de pouvoir faire ce choix-là d'investir, c'est-à-dire de puiser jusqu'à 1 milliard par année dans le Fonds des générations.

Mme Gamache (Valérie) : Sinon, sur l'atteinte à la fin de l'équilibre budgétaire, là?

M. Gaudreault : Sur cinq ans.

Mme Gamache (Valérie) : Oui, sur cinq ans. Est-ce qu'on va maintenir coûte que coûte cet objectif-là? Vous seriez prêt, vous, de votre côté, au Parti québécois dire : bien, dan la situation, on peut-u lever la pédale?

M. Gaudreault : Bien, ça nous apparaît difficile sur cinq ans. On va voir avec le budget aujourd'hui. J'ai des collègues, dont Martin Ouellet, qui seront au huis clos, qui vont examiner ça attentivement, mais ça nous apparaît difficile sur cinq ans. C'est le spectre de l'austérité qui réapparaît. Alors, je pense qu'il faut se donner les moyens pour faire en sorte que les Québécois et les Québécoises soient… voient la lumière au bout du tunnel, pas juste sur le plan sanitaire ou vaccinal, mais sur le plan économique, sur le plan des services sociaux. On a proposé également d'investir 1 milliard dans les programmes sociaux, certainement dans plein de programmes comme la santé mentale, par exemple. Pour moi, la principale dette, là, elle est là, sur ces enjeux-là.

La Modératrice : S'il n'y a pas d'autre question...

M. Gaudreault : Merci.

La Modératrice : Merci, bonne journée.

(Fin à 8 h 51)

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