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Point de presse de M. Martin Ouellet, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’emploi, de solidarité sociale et de lutte contre la pauvreté

Version finale

Le jeudi 18 mars 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures trente-quatre minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Alors, ce matin, notre porte-parole en matière de solidarité sociale, M. Martin Ouellet, qui sera suivi par le chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

M. Ouellet : Merci. Bon matin, tout le monde. Heureux de vous voir ce matin, oui, à titre de porte-parole de la solidarité sociale mais aussi porte-parole de finances. Ce matin, je viens vous livrer la deuxième partie de notre projet d'attentes budgétaires envers le prochain budget qui aura lieu la semaine prochaine. Pour nous, il est indéniable que le Québec doit être un Québec plus humain et plus juste, et on annonce ce matin qu'on devrait investir minimalement 1 milliard pour améliorer l'humanité au Québec.

Pendant la pandémie, un sondage de LaPresse a sorti qu'un Québécois sur 10 vivait de l'insécurité alimentaire. On a vu des augmentations pour des problèmes de santé mentale, de détresse psychologique, de toxicomanie, de violence conjugale et aussi on a vu des augmentations des inégalités sociales. Pour nous, la relance du Québec ne doit laisser personne derrière, et tout le monde doit y participer.

Après avoir souligné le travail important de nos anges gardiens et gardiennes pour vaincre la pandémie, il faut aussi avoir une pensée pour les sentinelles. Les sentinelles, ce sont les 60 000 travailleurs et travailleuses du secteur communautaire qui sont sur le terrain, en première, deuxième, troisième ligne, pour nous aider, pour nous soutenir, pour aider les gens dans le besoin.

Je veux juste vous rappeler que, pendant la pandémie, notre budget de soutien à l'action bénévole, notre discrétionnaire de député, a été augmenté jusqu'à trois fois, et, dans ma circonscription, près de 75 % de mes sommes ont été consacrées exclusivement à de l'aide alimentaire, de l'aide communautaire et pour la santé et services sociaux. Donc, il faut être conscient que la pandémie a été très difficile pour certaines clientèles. Il faut se donner les moyens de les accompagner pour passer au travers. La meilleure façon de le faire, c'est de financer adéquatement les organismes communautaires.

Depuis plusieurs années, le Regroupement des organismes communautaires et surtout le regroupement québécois de l'action communautaire autonome nous demandent de rehausser leur financement à 460 millions juste pour rattraper les mauvaises conditions qu'ils avaient depuis les dernières années. Donc, dans le premier milliard, 500 millions seront consacrés exclusivement pour rehausser leurs budgets et s'assurer qu'ils sont capables de réaliser leur mission.

72 % des Québécois croient que les organismes communautaires sont des acteurs clés pendant la pandémie, et 80,9 % des personnes sondées pensent que les organismes communautaires devraient recevoir un soutien financier de base adéquat. Pour nous, c'est fondamental. Et, dans ce 460 millions, évidemment, la grosse partie du budget va aller au programme de soutien à l'action communautaire, le PSOC, qu'on appelle, pour 370 millions, et il y aura aussi 70 millions réservés pour les maisons d'hébergement pour les femmes victimes de violence.

Pendant la pandémie, le regroupement québécois de l'action communautaire autonome ainsi que la Table nationale des corporations de développement communautaire ont mis sur pied un observatoire pour compiler les données sur le milieu communautaire et documenter les inégalités. Donc, on va financer de façon pérenne aussi cet observatoire pour qu'on ait des données très ciblées sur des clientèles touchées par la pandémie, et de quelle façon l'action du gouvernement du Québec devrait être en accord avec ce que les travailleurs communautaires trouvent sur le terrain.

Souvent, les gens pensent que les organismes communautaires sont des travailleurs de l'État. C'est faux. Les organismes communautaires sont des gens du milieu. Les organismes ont été bâtis par les gens du milieu et sont administrés par des bénévoles du milieu. Alors, ce qu'on dit au gouvernement du Québec : Donnons les moyens à des gens du milieu de prendre soin des leurs.

Deuxième chose aussi qu'on veut voir changer pour les organismes communautaires, si le gouvernement a beaucoup d'appétit pour régler la paperasse pour aider les entrepreneurs à être plus actifs, plus productifs, il faut que cette même logique-là aussi s'applique pour les organismes communautaires. Ils ont des redditions de comptes incommensurables. On leur demande des formulaires pour un 3 000 $ qui est versé par le ministère de l'Agence de la santé et des services sociaux. Donc, ça aussi, il faut mettre ça de côté.

Dans notre plan à 1 milliard, on veut aussi réinvestir dans les soins à domicile. On veut faire passer le crédit d'impôt qui couvre les dépenses de 35 % à 40 %, et cette mesure-là va coûter 82 millions par année. Vous le savez, en 2012, le Parti québécois a mis de l'avant les soins à domicile, et on a été freinés dans notre élan. Aujourd'hui, les partis politiques se réveillent, en disant : C'est la bonne chose à faire. Alors, pour nous, pour les gens qui veulent demeurer à la maison avant d'aller en RPA, ou en RI, ou plus tard en CHSLD, si on est capables de les laisser à la maison avec un meilleur soutien, pour nous, le soutien à l'action bénévole et surtout le crédit d'impôt est la chose à faire.

Ça a été difficile, la pandémie. On nous a demandé de rester à la maison. Ce n'est pas tout le monde qui a eu l'opportunité d'avoir un logement décent, salubre et de qualité. Alors, le Parti québécois, ce matin, annonce qu'avec 205 millions on va régler les engagements qui avaient été pris depuis quatre ans pour le milieu communautaire pour, excusez-moi l'expression, mais régler l'arrérage des logements communautaires qui avaient été promis. Par la suite, pour la même année et pour les trois prochaines années, on va investir 238 millions pour arriver au minimum à 5 000 logements sociaux par année pendant quatre ans. Et ça, c'est ce que les organismes des milieux de l'habitation nous demandent. C'est un minimum. Nous, on pense qu'avec le premier plan à 20 000 sur quatre ans on va réussir à y arriver.

Et, en terminant, pour un Québec plus humain, j'ai une pensée pour les assistés sociaux. Le droit à l'amour, le droit à la cohabitation, ça, je pense qu'il faut aussi l'adresser adéquatement. Il n'est pas normal qu'un assisté social voie sa prestation coupée parce qu'il est en colocation ou il est en situation de couple puis il est pénalisé. Cette mesure-là, à la hauteur de 90 millions, va assurément être un baume mais surtout être une mesure qui va permettre aux assistés sociaux d'être capables de vivre plutôt que de survivre postpandémie. Alors, c'est la deuxième partie du plan.

Mon chef et Sylvain Gaudreault ont présenté un Québec plus vert. Je vous présente aujourd'hui un Québec plus humain. La semaine prochaine, on vous présentera comment on va financer toutes ces mesures. Merci.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Martin. Je veux revenir ce matin sur la réaction de l'Université d'Ottawa suite à un autre tweet du Pr Attaran. On est devant non pas, ici, de la liberté d'expression, parce que critiquer le gouvernement du Québec, critiquer le Québec, c'est sain, je le fais régulièrement, on est bel et bien devant une série de commentaires qui sont constants, là, des commentaires qui sont diffamatoires, méprisants, dénigrants envers le Québec et les Québécois, bref, un cas de «Québec bashing». Et ce que je constate dans la réaction de l'Université d'Ottawa, c'est toute l'hypocrisie de fermer les yeux devant des commentaires à la limite de la haine, des commentaires qui sont clairement stigmatisants pour les Québécois, fermer les yeux devant ça pendant qu'on cherche toutes les microagressions, qu'on parle constamment de racisme dans l'Université d'Ottawa.

Donc, je vous informe ce matin que je vais, en mon nom personnel, déposer une plainte, par voie de lettre, à l'Université d'Ottawa, où est-ce que je vais expliquer comment le colonialisme britannique, depuis des siècles, fait en sorte que les francophones sont méprisés, dévalorisés et font l'objet de commentaires stigmatisants et intolérants. C'est toujours le cas partout au Canada.

Et l'Université d'Ottawa ne peut pas appliquer un système deux poids, deux mesures où, dépendamment de la couleur de peau présumée du groupe cible, bien là, on laisse passer ou on sévit. Je trouve inconcevable qu'on puisse accepter que, dans le contexte canadien, le seul groupe ciblé qu'on puisse dévaloriser, mépriser et dénigrer, ce soient les Québécois, et, malheureusement, c'est le signal qu'envoie l'Université d'Ottawa. Donc, j'écrirai une lettre que je rendrai publique, une plainte à l'Université d'Ottawa qui, à mon avis, tient un double discours.

Et, parlant de double discours, je souligne également que Québec solidaire, dans son groupe antiraciste hier, là, dans ses pages, soutient le Pr Attaran, dit qu'il affirme, en soutien à ses propos, qu'il a tout dit, et le cite abondamment.

Donc, dans ce contexte-là, je pense que ça soulève de réelles questions par rapport à des doubles standards puis une tolérance qu'on a par rapport au «Québec bashing». Et, en ce qui me concerne, le «Québec bashing» est inacceptable, et je ne l'accepte pas, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce genre de commentaires intolérants et discriminatoires cesse.

Je veux aussi juste glisser un petit mot sur la demande extrêmement légitime vis-à-vis l'accès limité des journalistes aux ministres et aux députés de la CAQ. Ça a été dit déjà, le 30 novembre dernier, que la CAQ cachait ses ministres. Là, on revient avec le même constat. La CAQ donne l'instruction à ses ministres et ses députés de ne pas parler aux journalistes, profite, d'une certaine manière, de la pandémie pour être le moins transparent possible. Et moi, je veux juste offrir mon message de soutien aux journalistes et je pose la question, je pense, qui est légitime : À qui profite le contrôle du message? Qui gagne lorsque le message est contrôlé, et lorsque les journalistes ne peuvent pas poser de questions aux députés et aux ministres de la CAQ?

Et ces questions-là fondamentales sur la transparence de notre gouvernement, bien, se posent dans un contexte où on a appris, pas plus tard que cette semaine, qu'il y avait 3 000 contrats, pour une valeur de 2 milliards de dollars, donnés de gré à gré avant la pandémie. Pendant la pandémie, ce sont 3,8 milliards de dollars de contrats de gré à gré pour lesquels le gouvernement refuse de divulguer la nature des contrats, refuse de nous dire aussi les fois que les contrats ont été octroyés à des compagnies bidon qui n'ont rien offert en retour.

Les augmentations de salaire à Investissement Québec, les allégations, en fait, les révélations d'influence politique dans le ministère des Transports, la liste très grande de députés qui font l'objet de questionnements éthiques... Je ne ferai pas la liste de tous les problèmes de transparence qu'on a avec la CAQ, mais ça me semble fondamental, dans ces circonstances-là, qu'on laisse les journalistes faire leur travail.

Et je me passais la réflexion, ce matin : Si c'étaient les libéraux qui avaient autant de députés dont l'éthique est remise en cause et qui faisaient l'objet d'allégations aussi sérieuses que de manipuler les décisions, au ministère des Transports, par de l'influence politique et de cacher des contrats de gré à gré à des hauteurs de 3,8 milliards, je pense que, dans l'époque, là, dont je me souviens, des libéraux, on aurait, peut-être parce qu'on n'était pas en pandémie à l'époque, des réactions beaucoup plus vives.

Mais un des éléments, c'est qu'on ne laisse pas travailler les journalistes en ce moment, et ça a des répercussions sur la portée des problèmes que je viens de vous nommer. Donc, la base, à mon avis, c'est que les journalistes posent des questions quand ils le veulent et quand ils le décident.

Et je finis. En terminant, le seul parti qui refuse à ses députés de parler aux journalistes en ce moment, c'est la CAQ. À ma connaissance, les trois autres partis laissent le plein mandat à tous les élus de s'adresser puis de répondre aux questions des journalistes. Il faut que ça change. Je prendrai vos questions.

M. Larin (Vincent) :  Ciment McInnis, M. Paul St-Pierre Plamondon, est-ce que c'était une erreur?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est une décision qui a été prise dans un autre contexte, dans le cadre d'une administration à laquelle je n'étais pas partie. Ce que je peux vous dire, c'est que, sous ma gouverne, ce n'est jamais... ce n'est pas le genre de projet qu'on mettra de l'avant. Nous, ce qu'on met de l'avant, c'est une transition vers une économie propre et durable, et donc ça nous amènera, comme on l'a présenté en début de semaine, à investir massivement dans les entreprises qui permettent de faire cette transition-là, donc dans les entreprises...

M. Larin (Vincent) : ...est-ce que c'était une erreur de l'ancien gouvernement, du gouvernement du Parti québécois?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Moi, je ne connais pas les considérations qui ont mené à cette décision-là. Et là c'est dans un autre contexte. Moi, ce que je contrôle, à titre de nouveau chef du Parti québécois, c'est l'orientation qu'on se donne. Et, au Parti québécois, notre orientation, c'est qu'à l'image de ce que Joe Biden fait en ce moment aux États-Unis on doit investir massivement dans une transition vers une nouvelle économie. Donc, ce genre de projet là n'existerait pas.

M. Lacroix (Louis) : ...le chemin qu'on a pris, en 2012, avec cette décision-là, puis on va regarder aujourd'hui où on en est rendu, là, quand vous regardez ce qui s'est passé dans toutes ces années-là, est-ce que vous considérez que d'avoir donné le feu vert à un projet comme ça, ça a été une bonne affaire? C'est ça, la question qu'on vous pose.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, ce que je constate ce matin dans les pages du journal, où on révèle essentiellement qu'il y a eu des fausses représentations, puis moi, je n'étais pas partie à ça, là, mais, clairement, ce qu'on...

Journaliste : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, mais on ne peut pas évaluer a posteriori.

M. Lacroix (Louis) : ...analyse, là, quand vous regardez ça, là, on part, on dit oui à un projet. On est rendus maintenant en 2021. Ça fait neuf ans de ça. On regarde le chemin parcouru. Est-ce que ce chemin-là, il est le fun? Est-ce que vous pensez que c'était un beau chemin qu'a fait Ciment McInnis, que c'était une bonne affaire d'avoir dit oui à ça quand on regarde...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non. Et c'est déplorable que cette compagnie-là ait menti sur les considérations environnementales entourant le projet. Puis j'ajoute à ça qu'il y avait et il y a toujours moyen d'améliorer la technologie utilisée dans cette cimenterie-là. À chaque fois que je dis «cimenterie», j'entends le mot «menterie», là, c'est... Ils n'ont pas été honnêtes. Et là on a toujours le pouvoir de réglementer. Donc, en date d'aujourd'hui, est-ce que c'est un bilan qui me satisfait? La réponse, c'est non, c'est inacceptable, mais on a toujours le pouvoir d'agir. Réglementons le secteur de la production du ciment.

Puis ne soyons pas hypocrites, là. Si vraiment on veut agir sur les GES, arrêtons d'utiliser du ciment, parce que, que le ciment soit préparé au Québec ou qu'il soit préparé dans une autre province canadienne, l'émission de GES demeure. Donc, dans une transition verte, on va se détacher des activités qui génèrent des GES.

Puis ce qu'on doit dire, c'est qu'on a toujours le pouvoir, en date d'aujourd'hui, de réglementer la production de cette industrie-là, la quantité de GES. On peut le mesurer. Donc, il y a plein de choses qu'à mon avis on devrait faire maintenant pour corriger le tir, sachant que cette compagnie-là a menti sur les conséquences environnementales entourant le projet.

M. Larin (Vincent) : ...vous considérez que le gouvernement, à l'époque, du Parti québécois a été trompé, a été mené en bateau, dupé par les représentants?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'ai pas de connaissance moi-même des négociations. Ce que j'apprends ce matin dans les médias, c'est qu'on est devant une compagnie qui a menti et qui n'a pas mis cartes sur table sur les impacts environnementaux. Mais, ce à quoi j'ajoute, ce n'est pas une raison pour se croiser les bras ou pour baisser les bras. On a la responsabilité de réglementer. On est souverains.

Donc, si cette entreprise-là nous a menti et émet des quantités de GES disproportionnées, bien, réglementons sa production et forçons-la également à faire certains changements technologiques. Parce qu'on pourrait utiliser de la biomasse dans le cas de cette cimenterie-là et donc réduire les GES. Faisons-le. On est toujours en pouvoir. Ce n'est pas parce qu'on s'est fait flouer et on a eu des fausses représentations qu'en date d'aujourd'hui on ne peut pas agir et modifier le comportement de cette entreprise-là.

M. Lacroix (Louis) : ...on le savait dès le départ, qu'ils allaient utiliser des résidus de pétrole pour produire du ciment. On le savait avant même que le projet parte, que ce soit accepté par le gouvernement de Mme Marois à l'époque, que ce projet-là deviendrait le plus grand pollueur au Québec. Tout ça, c'était connu, là, mais on l'a accepté quand même.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ma compréhension, c'est qu'à l'époque on a représenté que c'était une façon de produire du ciment qui, par rapport aux autres cimenteries plus anciennes, était moins polluante et que cette cimenterie-là pouvait utiliser par la suite de la biomasse pour améliorer sa performance en GES et donc améliorer la performance par rapport à d'autres cimenteries déjà en cours. Donc, soyons conscients que, tant qu'on continue à consommer du ciment, ce ciment-là se produit, est en production quelque part dans le monde. Donc là, la quantité de GES émise est liée à la demande, et c'est là-dessus qu'il faut jouer.

Maintenant, si vous me posez la question, puis, je pense, j'ai répondu clairement, là : Est-ce que, sous ma gouverne, le Parti québécois va favoriser ou choisir ce genre de projet là?, la réponse, c'est non. La réponse, c'est notre plan, c'est une transition vers une économie verte et durable, et ça implique d'investir...

M. Lacroix (Louis) : Pourquoi vous n'êtes pas capable de dire que c'était une mauvaise idée au départ?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Parce que c'est un tout autre contexte dans le cadre duquel il y a eu des fausses représentations faites par l'entreprise. Et je n'étais pas partie à ces négociations-là. Donc, tout ce que je peux, c'est regarder en avant et dire : Qu'est-ce qu'on peut faire maintenant pour limiter l'impact environnemental de cette entreprise-là? Et comment est-ce qu'on peut prendre notre économie et la faire transiter vers une économie qui soit plus durable et plus propre? Puis ça, c'est mon mandat.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Sur le professeur de l'Université d'Ottawa qui est très actif sur Twitter, d'abord, pourquoi est-ce que vous envoyez une lettre en votre nom personnel plutôt qu'à titre de chef du Parti québécois? Et, dans un deuxième temps, est-ce que ce serait nécessaire que l'ensemble des élus condamnent ces propos par le biais d'une motion, par exemple?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, je pense que le Parti québécois a parlé très, très clairement comme organisation. Et, quand je dis que ça va être signé par moi, là, c'est à titre... Je suis le chef du Parti québécois. Donc, il n'y aura aucune ambiguïté. Et je vais mettre en contexte des siècles de discrimination et de mépris, dont mes propres grands-pères ont été victimes, et qui, sous l'appellation «Québec bashing», ont toujours cours.

Donc, il y a quelque chose de... il y a une incompréhension très grave de c'est quoi, le colonialisme et l'héritage colonial pour le Québec, et cette incompréhension-là, de la manière que je le comprends, est causée par le fait que, dans certaines universités, on ne voit les enjeux sociaux que par le prisme de la couleur de la peau.

Puis, encore là, c'est faux d'assumer que les Québécois ont une couleur de peau spécifique. Les Québécois ont des couleurs de peau différentes, mais on est tous Québécois et on est victimes, on est l'objet d'une discrimination, d'une intimidation et d'un dénigrement constants, et ça s'appelle le «Québec bashing». Donc, l'Université d'Ottawa ne peut pas fermer les yeux devant ça et en même temps se faire l'apôtre de chaque petite accusation de microagression en mettant de l'avant des théories qui racialisent davantage les rapports sociaux.

Il y a vraiment des questions sérieuses à se poser. Puis ça prend quelqu'un, au Québec, qui prenne la défense des Québécois, en disant : Critiquez le Québec quand vous voulez, c'est normal, on est en démocratie. Critiquez le gouvernement du Québec, allez-y, je fais ça à tous les jours. Mais mépriser, utiliser des superlatifs comme «l'Alabama du Nord», «le lynchage médical» — je ne les nommerai pas tous — c'est tellement choquant. Il faut que ça cesse. Et l'Université d'Ottawa, comme Québec solidaire, ne peut pas endosser ce genre de comportement là.

M. Lavallée (Hugo) : ...leur demander de congédier le professeur, c'est ça?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, je n'ai pas demandé ça. Je vais demander à ce que cesse ce comportement-là et à ce que l'université fasse une déclaration qui reconnaisse davantage le caractère diffamatoire et constant des agissements de ce professeur-là, parce que, là, à date, tout ce que l'université nous dit, c'est qu'elle s'en lave les mains et qu'elle laisse le professeur faire ce qu'il veut, alors que, si on avait ciblé quelconque autre groupe avec des propos similaires, ça ferait longtemps que l'université aurait agi.

M. Bossé (Olivier) : ...deux poids, deux mesures, là, est-ce que vous estimez que, dans l'histoire, les Canadiens français, ou les Québécois, ou appelons-les comme on veut, ont subi autant de torts que les Noirs ou les autochtones, par exemple?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : La question n'a aucune pertinence. Le principe, c'est qu'on ne tolère pas l'intolérance puis la diffamation, la discrimination envers un groupe spécifique. Donc, je ne ferai pas une hiérarchie puis un classement.

M. Bossé (Olivier) : ...des décennies, des siècles, on a été victimes de ça. Donc, vous comparez ça un peu, parce que vous parlez des microagressions qui sont dénoncées. Donc, vous dites... vous hiérarchisez les...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non. Je dis juste qu'on ne peut pas avoir deux poids, deux mesures. On ne peut pas, dans certains cas, être très, très actif puis dénoncer la discrimination puis la haine, puis dans d'autres cas fermer les yeux, là. Il faut appliquer les mêmes choses partout.

Et je constate qu'au Canada la seule forme de discrimination, la seule forme de mépris ciblé sur un groupe, de manière constante, qui est acceptée socialement, c'est celle envers les Québécois, et il faut que ça cesse.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Concernant la valorisation de la culture québécoise, qui est un thème, j'imagine, qui vous est cher, les jeunes caquistes proposent que les écoles du Québec établissent, avec le ministère de l'Éducation, un corpus national de livres à lire pour tous les élèves du primaire ou secondaire pour avoir un bagage littéraire commun. Est-ce que, pour vous, les écoles, en ce moment, en font assez pour promouvoir la littérature québécoise? Puis qu'est-ce que vous pensez de cette idée-là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense qu'on peut... Je pense, c'est une bonne idée de valoriser la littérature québécoise dans nos écoles. Maintenant, est-ce que la liste doit être obligatoire ou doit être suggestive? Là, honnêtement, c'est une évaluation pour le ministère de l'Éducation. Mais a priori je suis favorable à ce qu'on inclue davantage d'oeuvres littéraires québécoises, de la même manière qu'on veut également un corpus historique et culturel québécois dans notre système d'éducation.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...dans une telle liste, vous, quels auteurs est-ce que vous aimeriez voir?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Écoutez, c'est une bonne question. Je vais vous revenir puis je vais monter une liste. Je vais m'y mettre puis je vais monter une liste pour démontrer peut-être aux Québécois que notre culture est sous-estimée ou sous... n'est pas suffisamment mise de l'avant, et elle est pour autant riche. Donc, je vais prendre cette question-là au sérieux puis je vous reviens avec ma liste de manière à ce qu'on ait cette discussion sur le fait que notre corpus culturel vaut la peine d'être lu. Je vais faire ça.

M. Larin (Vincent) : ...envisager de vous présenter dans Marie-Victorin en 2022?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je ne ferme la porte à rien, mais la vérité, c'est que ça demeure une question qui est hypothétique.

M. Lacroix (Louis) : Ça pourrait être en 2021 parce que Mme Fournier pourrait se présenter à Longueuil, donc démissionner rapidement.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Et donc il y a plein de possibilités devant nous, qui sont toutes des hypothèses, qui ne sont pas...

Mme Côté (Claudie) : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je vais vous répéter ce que j'ai dit tout le long de la course à la direction du Parti québécois. Je ne suis pas pressé de me faire élire, mais je ne ferme pas la porte. Parce que mon plan, ça a toujours été de demeurer chef extraparlementaire pour en profiter, d'être sur le terrain et rebâtir le camp du Oui. La pandémie ne m'a pas donné cette chance-là, là. Donc, aussitôt que les conditions sanitaires vont me donner une chance d'être sur le terrain, d'identifier des candidats, de favoriser un financement puis un soutien bénévole fort à notre option, vous allez me voir sur le terrain.

Et là, bien, dans quelles circonstances une circonscription ou une autre pourrait se libérer, il y a eu énormément de spéculation là-dessus, mais la vérité, c'est que ce ne sont que des hypothèses sur lesquelles... Il y a tellement d'hypothèses possibles.

M. Lacroix (Louis) : ...quel message ça enverrait, M. St-Pierre Plamondon, s'il y a une circonscription qui se libérait, qui plus est, appartenait au Parti québécois lors de la dernière élection, et que vous ne vous présentiez pas? Quel message ça enverrait aux militants? Est-ce que ça enverrait le message que vous avez peur de ne pas gagner?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Ça dépend du contexte. Ça dépend si la partielle en question a lieu quelques mois avant l'élection générale puis qu'on calcule, comme parti, qu'on est mieux de mettre nos efforts non pas dans une partielle, mais dans la préparation de l'élection générale. C'est un contexte très différent d'un autre contexte où est-ce qu'on considérerait que c'est important de mettre tous nos efforts sur cette partielle-là. Comme je vous dis, c'est parce que, là, on n'a pas de confirmation que c'est une partielle et on a de multiples hypothèses sur quand, de quelle manière.

Donc, moi, je vais vous rappeler c'est quoi, mon orientation générale. Je compte mettre mon temps sur le terrain comme chef extraparlementaire. Je ne suis pas pressé de me faire élire. Par contre, je ne ferme pas la porte et j'évaluerai, je me prononcerai sur ces questions-là...

M. Lacroix (Louis) : ...poser la question différemment, M. St-Pierre Plamondon. Mme Fournier nous a dit cette semaine qu'elle était en réflexion.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Elle est en réflexion.

M. Lacroix (Louis) : Elle a même dit qu'elle est en train de se monter une espèce de programme, si on veut, là, en vue de se présenter à la mairie de Longueuil. Elle dit : Si je me présente à Longueuil, ça me prend une stratégie, quelque chose à présenter aux gens de Longueuil. Ça, ça veut dire qu'elle chemine. Sachant ça, est-ce que votre parti, vous-même, êtes en train de préparer, de vous préparer à l'éventualité où Mme Fournier dirait : Bien, je démissionne et je me lance à la mairie de Longueuil? Est-ce que vous êtes... vous avez, là, des gens qui préparent cette éventualité-là?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On se prépare toujours à toutes les éventualités, mais, étant donné qu'on est devant des hypothèses et étant donné l'orientation...

M. Lacroix (Louis) : ...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non. C'est une hypothèse. C'est une hypothèse.

M. Lacroix (Louis) : ...on dit souvent que diriger, c'est prévoir. Alors, si vous êtes un bon dirigeant de parti, vous êtes en train de prévoir qu'éventuellement une circonscription pourrait se libérer. Est-ce que je me trompe?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Honnêtement, en ce moment, je mets beaucoup plus de temps en prévision puis en préparation de ma tournée du Québec puis des démarches que je fais pour rebâtir le camp du Oui. Il y a beaucoup plus d'efforts de mis en ce moment dans cette direction-là que sur une partielle hypothétique.

Journaliste : Donc, vous ne vous préparez pas à ça.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On se prépare, mais ce n'est pas là que l'essentiel de nos efforts sont placés.

M. Carabin (François) : ...M. St-Pierre Plamondon, donc, de vous faire élire, par exemple, hypothétiquement en 2021, ça porte atteinte à votre intention de faire cette tournée du Québec.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : C'est que j'ai une seule certitude. Pour moi... Puis je l'ai dit, là, ça fait un an, donc je n'ai pas changé, là, rien de nouveau ce matin. Comme chef extraparlementaire, vous allez me voir sur le terrain, partout au Québec, parler d'indépendance, aller chercher des militants, rebâtir le camp du Oui. Ça fait un an et quelques que je le dis. Il n'y a aucune chance que je ne le fasse pas. C'est un engagement électoral au coeur de ce que je pense qui est ma mission comme chef du Parti québécois.  Ensuite, en cours de route, s'il y a l'hypothèse d'une partielle, puis on ne sait même pas quelle date, on ne sait pas quel contexte, je ne fermerai pas la porte, mais jamais je ne sacrifierai mes engagements électoraux, à savoir que vous allez me voir sur le terrain, partout au Québec, en train de rebâtir le PQ, rebâtir notre option puis s'assurer qu'on a les meilleurs candidats possible, le meilleur financement possible. Et ça, c'est mon rôle, comme chef.

Ensuite, en cours de route, il peut arriver plusieurs choses, je ne ferme la porte à rien, mais, puisqu'on est dans les hypothèses, je vais m'en tenir là.

Mme Côté (Claudie) : ...négos avec le secteur public. Bon, là, il y a la CSQ qui va manifester ce matin. Ça fait deux ans, là, qu'ils sont sans convention collective. Ça commence à être urgent de régler, là. Qu'est-ce que ça va prendre pour débloquer les négos?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je ne sais pas, parce que ça commence à vraiment traîner. Et il y a quelque chose de difficile à avaler lorsqu'on voit la facilité avec laquelle certains amis du parti obtiennent des concessions financières. Je ne sais pas si tu veux ajouter quelque chose là-dessus, Martin, mais... Il faut que ça débloque. Et je trouve que la CAQ envoie des signaux très, très divergents, dépendamment de qui est l'interlocuteur. Pour certaines personnes, tout avance très vite, et pour d'autres il n'y a rien qui avance.

M. Ouellet : Juste en terminant, le gouvernement a demandé aux syndicats, en début de pandémie, de consacrer du temps et des énergies pour régler ça rapidement. Il ne s'est rien passé pendant un an, et là on a des travailleurs et travailleuses qui sont, avec des mandats de grève dans certains cas, prêts à descendre dans la rue, et ils sont concentrés présentement à organiser leurs négociations plutôt que d'être concentrés à nous donner un coup de main pour passer à travers cette crise. Donc, moi, si je suis le gouvernement, je donne le call à mes négociateurs pour dire : Il faut que ça débloque, mais je leur donne un nouveau cadre financier. Parce que, si on reste avec les mêmes offres, c'est sûr que ça ne bougera pas.

Alors, je ne sais pas pourquoi le ministre des Finances et la présidente du Conseil du trésor ne donnent pas le véritable cadre financier. Parce que, là, là, on n'a pas bougé depuis les dernières offres, et, si, effectivement, le gouvernement du Québec a un autre chiffre avant d'atteindre sa limite de sa capacité de payer, là, bien, qu'il le rende disponible tout de suite. C'est juste ça qu'on leur demande.

On dirait qu'on joue encore une game de «chicken», puis ce n'est pas le temps de jouer à «chicken» en pleine pandémie. Ces gens-là méritent reconnaissance, méritent d'avoir des conditions de travail à la hauteur des sacrifices qu'ils ont faits et présentement, dans certains cas, ils réfléchissent à être dans la rue plutôt qu'à être au service des Québécois et Québécoises. Moi, si j'étais la présidente du Conseil du trésor et le ministre des Finances, ça serait ma priorité 1 avant de déposer un budget.

La Modératrice : Questions en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Mr. St-Pierre Plamondon, Premier Legault makes another economic announcement this week. This is the second one this week, and giving… a loan of $40 million. Monday, it was a loan with some conditions, so it was kind of a grant to Lion Electric. What do you think about this strategy? Is it a good one, picking up losers and winners?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : : In principle, we shouldn't give subsidies to companies in which we are copartners. I'm very much in favor of the intervention of the State, when we are dealing with strategic areas of our economy, but we should have a return on investment as any investor, and that's not what the CAQ is doing. It's giving grants. Basically, when they say it's a loan, but that can be forgiven, we're talking about just grants with no return. So, I think we need to change that approach.

And it talks a lot, it says a lot about how the CAQ considers small and medium-size businesses as opposed to large corporations. There is a tendency to overlook the importance of PME, of midsize companies in Québec. Yet it's a very, very large chunk of our economy. There, the CAQ doesn't make any follow-up on the support they need during the crisis. They are not very involved in terms of supporting things like changing the tax income rate that is at disadvantage for small businesses. They're not proactive. But, when it comes to very large businesses, we see that the Government is very quick to hear what those companies have to say, and then, tens and tens of millions, that's not a problem for them. But it is an issue when we're talking about midsize companies, and that's where we disagree with the CAQ. I think the support should be also directed towards midsize or small businesses.

Mme Senay (Cathy) : Why their vision?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Why what?

Mme Senay (Cathy) : Why their vision?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exactly. Because we need to understand that an important part of our economy is those small companies that eventually become larger companies capable of exporting, capable of hiring people. And that's a very important part of our economy that, I think, is overlooked by the CAQ.

Mme Senay (Cathy) : …is the pilot project taking place, vaccinating parents in Côte-Saint-Luc, with three Jewish schools? Do you have the… to fight the virus, with Passover coming soon. How crucial is this kind of project?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think there's a scientific determination to be done as to which people should be vaccinated first, and that's an evaluation of the risk, and how the epidemic is being transmitted. That is in the realm of scientific opinion. So, I'll trust the Public Health to give us the proper order to maximize the impact of the vaccine.

Mme Fletcher (Raquel) : ...this morning. Can you speak to how the Government, how the Treasury Board is handling the negotiations with the public sector...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think, when the Government has a priority, the pandemic… health crisis was never an obstacle. They got things done when they wanted, the Bill 61, afterwards, the Bill 66. When they want to accelerate certain things, they're very good at it. And, when things are not important to them, they're also very good at stalling things. And I think they have waited enough, and we need to see results and more consideration.

Mme MacKenzie (Angela) : …complaint you filed at the University of Ottawa earlier. Could you just explain that? What is that complaint?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, I will be writing to the University of Ottawa to explain that the behavior of Prof. Attaran, that has been constant for the past four or five months, tweets where we are far beyond the criticism of Québec or the Government of Québec… We are in an environment of defamation, of intolerance, of «mépris», all sorts of...

Journaliste : Contempt.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : ...contempt, and it's being so constant. The University of Ottawa cannot close its eyes when it's Québec bashing at stake.

There's a well documented history of discrimination and intolerance towards Quebeckers within Canada, and the fact that the University of Ottawa is so proactive, when it comes to microaggressions and discussions about racism, yet doesn't do anything or say anything when it's about constant declarations that stigmatize Québec and that is detrimental to Quebeckers, that's a two measures, two weights way to act that is not coherent. And I demand coherence from the University of Ottawa. That kind of behavior is not acceptable because it's Quebeckers that are at stake. Any other group that would be targeted like this, within Canada, would trigger an instant reaction. The...

Mme MacKenzie (Angela) : ...action would you like them to take?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think, at least some statement by the university saying that that behavior is not acceptable. Let's start with that and let's start with a conversation with that teacher : Why are you on Twitter on a daily basis targeting certain groups, and what good for the university? How is this acceptable given the guidelines that the university itself has in terms of heinous and discriminating comments?

M. Authier (Philip) : …free speech and academic freedom? You've defended those concepts regularly yourself. How does that fit into your...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : So, free speech is about having an opinion, being critical. So, he is more than welcome to be critical about Québec or the Government of Québec. Myself, I'm criticizing the Government of Québec every single day. That's very different, the freedom of speech from heinous and intolerant discourse, and that's what we're dealing with here.

So, we have someone who's targeting the same group over and over again with things like «the Alabama of the North», «medical lynching», «aggressors». There are so many tweets with unacceptable words. I can't even… I don't know them by heart. It's been going on for five months. We are not dealing anymore with freedom of expression now, we're dealing with heinous and discriminatory speech. And that has always been in our society, it's nothing new. It has always been forbidden, condemned.

So, we need to separate a legitimate and normal criticism of Québec. That's fine and that's normal. We need to separate that from Québec bashing and intolerance towards Quebeckers, a phenomenon that has existed for centuries and that is sponsored, that is authorized right now by the University of Ottawa. That's not acceptable.

M. Authier (Philip) : One more little thing. On Monday, we saw a warming of relations a little bit between Mr. Legault and Mr. Trudeau. What do you think of that? Do you think that they are… it's political opportunism or is it sincere? Like, they're calling each other by their first names and, you know…

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I think, when Québec needs to hang on to little facts, like : Well, Justin Trudeau, in Ottawa, has been friendly with us, because they are using our first names… That's the only thing we would be able to celebrate so far with the CAQ demands. So, the bottom line is : no matter what atmosphere is, when they're talking to each other, we're yet to see any result with Bill 101 in companies under Canadian jurisdiction, we're yet to see anything with transfer, the health transfer, we're yet to see anything with the demand of having a single tax income report. All the demands were rejected.

So, I think we cannot celebrate or be happy for the mere fact that the conversation looked a bit more friendly. That's not a result. That's not anything concrete for Quebeckers who are expecting results, because that was what the CAQ said during the last elections.

La Modératrice : On va terminer ici. Merci. Bonne fin de journée.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci.

(Fin à 9 h 11)

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