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Point de presse de Mme Méganne Perry Mélançon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de condition féminine

Version finale

Le mardi 9 mars 2021, 10 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Dix heures deux minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. Alors, ce matin, Méganne Perry Mélançon, notre porte-parole en matière de condition féminine, qui sera suivie par le chef du Parti québécois, M. Paul St-Pierre Plamondon.

Mme Perry Mélançon : Merci. Bonjour. Bon matin à tous. Je voudrais revenir rapidement... Je pense que ça vaut la peine, là, de reparler ce matin du plan de relance qui a été annoncé par la ministre Isabelle Charest, un plan de relance qu'elle disait féministe, mais avec des mesures qui ne sont pas... rien de révolutionnaire, là. C'est un plan de grands principes, encore une fois, mais qui est sans saveur, là, qui ne va pas assez en profondeur dans les réels enjeux que les femmes vivent au quotidien dans cette pandémie-là, mais qu'elles vivaient également depuis de nombreuses années.

Alors, je voudrais revenir sur un point qui m'apparaît majeur, justement, qui manque dans ce plan de relance, c'est la question du rehaussement du financement à la mission des organismes qui oeuvrent auprès des femmes, notamment les maisons d'hébergement. Alors, vous savez que la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes violentées est sortie encore — excusez-moi, j'ai un manque de souffle ce matin — est revenue, en fait, réitérer ses demandes pour un rehaussement du financement à la mission. Donc, on parle en tout d'un 70 millions de dollars uniquement pour la consolidation du réseau, mais à ça s'ajoute toute la question de la reconnaissance des places existantes qui ne sont pas encore financées, la création de nouvelles places et la création de nouvelles infrastructures.

Alors, on est loin de pouvoir répondre aux quelques dizaines de milliers de demandes qui sont recensées, là, chaque année, qui ne sont pas répondues par les maisons d'hébergement, faute de capacités, faute de ressources, faute de moyens. Les chiffres sont connus. Ces demandes-là... Ces femmes qui cognent à des portes sans réponse, bien, c'est un retour dans leur milieu, qui les mettent en danger à chaque jour, qui mettent les enfants en danger également. Alors, je pense que ça, là, il n'y a personne qui peut être insensible face à cette réalité-là.

Le gouvernement doit se réveiller et le gouvernement doit faire davantage, et maintenant, là. Ça fait déjà un an qu'on attend le financement qui avait été annoncé, et on en a besoin d'encore beaucoup plus pour pouvoir protéger nos femmes. Alors, moi, je trouve ça inconcevable qu'encore hier la ministre ait même refusé des entrevues pour aller défendre son plan qui ne va vraiment pas assez loin pour la condition des femmes et pour relancer, finalement, l'économie en ayant en tête l'aspect féministe. Alors, moi, je trouve qu'il faut vraiment sonner l'alarme encore ce matin. Et vous nous entendrez aussi via une motion à l'Assemblée nationale pour demander ce 70 millions là pour la consolidation du réseau.

Alors, je cède la parole à mon chef. Merci.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Merci, Méganne. Bonjour à tous. Ce matin, je veux réitérer à nouveau la nécessité de tenir une commission d'enquête publique et indépendante sur la gestion de la crise, comme le répète le Parti québécois depuis septembre dernier de manière répétée. On a été les premiers à le faire et on continue d'insister. Puis je veux être clair sur une chose, l'enjeu, ce n'est pas de dire que le gouvernement a tort sur tout, l'enjeu, c'est de s'assurer qu'à l'avenir certaines erreurs ne seront pas répétées, que, si jamais on doit revivre une autre crise au Québec, bien, on va faire les choses correctement, on va s'améliorer. Et ça prend pour ça une commission d'enquête qui est publique et indépendante.

Plusieurs voix s'ajoutent ce matin. On a Michel David et Isabelle Hachey qui écrivent là-dessus, demandent cette enquête-là. Ça s'ajoute à Stéphanie Grandmont, Emmanuelle Latraverse, Josée Legault, Rémi Nadeau, Josée Boileau. Je ne les nommerai pas tous, mais là les voix viennent de partout quant à l'importance de tenir cette enquête-là. Le gouvernement n'y échappera pas. Cette enquête aura lieu pour les prochaines générations, pour l'éventualité d'une prochaine crise, si jamais il y en a une, lors du siècle qui nous attend, qui peut réserver d'autres surprises sur le plan de la santé publique.

On a le devoir de faire ça également pour les familles qui ont perdu un être cher. Moi, je ne vois pas comment le gouvernement actuel va pouvoir regarder dans les yeux les familles des défunts et leur dire : On n'ira pas au fond des choses, on ne fera pas ce qui est en notre pouvoir pour prévenir de telles situations à l'avenir. Donc, c'est une question de respect, d'hommage également pour les défunts. Et cette semaine, c'est une semaine, là, qui va être vraiment axée sur la commémoration de leur mémoire. Je pense que cette enquête-là, elle est incontournable, et le gouvernement n'y échappera pas.

Je veux vous parler également de GNL qui fait surface à nouveau ce matin. Donc, on apprend que les promoteurs cherchent à nouveau à financer le projet avec des investisseurs québécois. Je pense tout simplement que, comme on l'a dit à plusieurs reprises au Parti québécois, c'est un projet qui est en fin de vie, c'est un projet d'un autre siècle, c'est un projet qui déferait tous nos efforts en matière de lutte aux changements climatiques, là. Tous les efforts qu'on a faits pour réduire nos GES, on les détruirait en seulement un an, tellement que ce projet-là est nocif sur le plan de l'environnement.

Donc, ça me semble évident que le gouvernement doit simplement envoyer un message qui est clair. Premièrement, demain, c'est la date limite pour le dépôt du rapport du BAPE. Donc, on demande au gouvernement de rapidement rendre public ce rapport-là, qu'on en ait le coeur net. Deuxième chose, le gouvernement doit s'engager à ne pas rendre disponibles des blocs énergétiques d'Hydro-Québec, des blocs à rabais, donc à ne pas faciliter la mise en oeuvre du projet. Et simplement, en fait, au final, le gouvernement devrait dire : Ce projet-là n'aura pas lieu, point barre. Et donc on pourrait enfin passer à d'autre chose puis avoir des projets plus constructifs pour créer de l'emploi, plus respectueux de l'environnement. C'est un projet du siècle dernier, c'est un projet de dinosaure, et je pense qu'il faut fermer le dossier.

Et, parlant de dinosaures, un petit mot sur la monarchie britannique. Je veux revenir sur ça parce qu'il y a trois semaines on avait fait une proposition d'abolir la monarchie au Québec et on a amené la Chambre à se prononcer... on a demandé à tous les partis de se prononcer en faveur de l'abolition de la monarchie. Malheureusement, on n'a pas eu la collaboration de certains partis qui auraient dû, à notre avis, consentir. Et l'argument du gouvernement, lorsqu'il a refusé notre proposition d'abolir la monarchie au Québec, ça a été de dire — et je les cite, là : «Le moment n'est pas venu. Ce n'est pas le bon moment.»

Bien là, je pense que la cour est pleine puis le moment est venu. La discussion a lieu en Australie. La discussion a lieu partout dans le monde. On n'est pas obligés de dépenser des dizaines de millions de dollars sur une institution qui non seulement ne sert à rien, est archaïque, mais également nous rappelle l'origine du système canadien, qui est colonial et qui ne correspond absolument pas aux aspirations des Québécois. Les sondages sont très clairs là-dessus. Donc, on demande au gouvernement, là, de changer son fusil d'épaule et de nous joindre dans cet effort-là de mettre fin à la monarchie au Québec. Et là-dessus je vais prendre vos questions.

M. Lacroix (Louis) : Sur l'enquête publique que vous réclamez, ainsi que les autres partis d'ailleurs, M. Legault a répondu à ça, lors des entrevues marquant la première année de la pandémie, que la Vérificatrice générale avait tous les pouvoirs nécessaires pour pouvoir analyser la gestion, mettre le nez dans les contrats qui ont été établis, etc. Il a même invité la Vérificatrice générale à le faire jusqu'à un certain point. Qu'est-ce que vous pensez de ça? Est-ce que ce n'est pas ça un palier qui serait suffisant?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : On a fait une commission d'enquête, suivant la Loi sur les commissions d'enquête, pour le viaduc de la Concorde. Il y avait cinq décès, puis on avait raison de le faire. Ce n'est pas normal que nos viaducs s'effondrent puis que ça cause la mort de cinq personnes. Là, on a au-dessus de 10 000 décès.

Donc, il y a un mécanisme qui permet de faire toute la lumière et d'également comprendre de manière publique, dans la population, comment on peut s'améliorer. Et, s'il y a quelqu'un qui doit être d'accord avec le processus d'une commission d'enquête, ça doit être Sonia LeBel, qui était partie à la commission Charbonneau. C'est un mécanisme qui permet de faire une enquête complète, mais surtout de tirer des conclusions pour s'améliorer. Et je pense que c'est le bon mécanisme parce qu'il est public, il est indépendant et il permet d'entendre tout le monde, de contraindre des gens à venir témoigner. Donc, ces outils-là, ce n'est pas pour rien qu'on s'en sert lorsque c'est important. Et là, c'est important, on parle de plus de 10 000 morts.

M. Lacroix (Louis) : Donc, la vérification que pourrait faire, par exemple, Mme Leclerc, ce n'est pas suffisant...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, puis là... bien, parce que la Vérificatrice générale a déjà une très grosse commande, là. Sa liste d'épicerie de choses à vérifier, elle est immense. Les moyens dont elle dispose ne sont pas proportionnels à l'importance puis à l'ampleur de ce qui doit être fait par rapport à la gestion de la pandémie. Et surtout, c'est qu'il y a un processus dans la Loi sur les commissions d'enquête qui permet le caractère public, qui permet de contraindre des témoignages, d'aller au fond des choses. Puis je ne pense pas que c'est honnête et raisonnable de remettre ça sur les épaules de la Vérificatrice générale, qui fait un travail essentiel.

Mais là, comme je parlais, là, pour le viaduc de la Concorde, le bon véhicule, c'est clairement la commission d'enquête publique et indépendante. Et je ne referai pas la liste d'intervenants, là, au Québec, de tous horizons politiques, qui disent qu'on a besoin de cette enquête-là. Mais, à nouveau, le gouvernement n'y échappera pas, cette commission va avoir lieu, pour le bien des générations futures, pour qu'on soit mieux préparés si jamais une autre crise nous frappe au cours des prochaines décennies. On le doit non seulement aux personnes qui sont décédées, mais on le doit aux prochaines générations pour éviter certaines erreurs qui vraisemblablement ont eu lieu.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Est-ce que le gouvernement fait bien de ne pas exiger le bilinguisme dans l'octroi d'un poste à la Cour du Québec à Montréal, alors que c'est la demande ... de la juge en chef?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que c'est une intervention de Simon Jolin-Barrette qui est pertinente, dans le sens que ça devient une forme de discrimination pour certaines candidatures dans un système où la langue française devrait être utilisée, convenue par tous. Mais je veux mettre en contexte cette intervention-là qu'on a apprise ce matin. Combien de juges ne sont pas bilingues dans la grande région de Montréal? Je l'ignore, mais ce n'est pas la dizaine de juges dont il est question qui permettra de changer la trajectoire que la langue française est en train de connaître au Québec présentement.

Donc, moi, ce que je lis de cette intervention-là, ce matin, c'est qu'on contraint, on relègue Simon Jolin-Barrette à des combats secondaires dont la portée est extrêmement limitée en termes de trajectoire de la langue française. Et, pendant ce temps-là, on n'a pas changé d'opinion sur le cégep Dawson, on n'a pas réussi ou on n'a pas agi pour appliquer la loi 101 dans les entreprises à charte fédérale. Tous les grands enjeux de francisation des milieux de travail, tout ce qu'on a proposé, au Parti québécois, comme plan de relance de la langue française, tout ça est ignoré. Et, une fois de temps en temps, il y a une sortie qui est symbolique. Et moi, je pense qu'on est dans une discussion de symboles, dans la mesure où est-ce qu'on parle probablement de moins d'une dizaine de juges. Et là, bien, il y a une discussion à avoir entre le ministre, la juge coordonnatrice.

M. Bergeron (Patrice) : ...est-ce qu'il n'y a pas une ingérence de l'exécutif dans la nomination des juges? On a eu une commission qui s'appelait la commission Bastarache, dont vous vous rappelez probablement, et là on s'aperçoit que le ministre met les deux doigts dans le processus...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non, mais... corrigez-moi, mais je ne pense pas que le ministre intervient pour favoriser une candidature, il intervient sur la présence présumée de certains critères qui seraient en contravention avec...

M. Bergeron (Patrice) : ...juge en chef elle-même y voit une ingérence de l'exécutif.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui. Ça, je pense, je vais laisser ça dans une discussion entre le gouvernement... Parce qu'en effet ce sont deux pouvoirs distincts. Il y a une discussion à avoir sur le caractère approprié ou pas de l'exigence du bilinguisme.

Moi, ce que je vous dis, c'est que cette sortie-là est somme toute marginale sur la trajectoire que connaît la langue française. Et ça fait quelques sorties de la part de la CAQ qui visent des sujets qui, symboliquement peut-être, vont retenir l'attention, mais, dans les faits, ne changeront rien à la trajectoire de la langue française. Je préférerais nettement voir Simon Jolin-Barrette mettre ces efforts-là sur Dawson, parce que ça, ça compte, mettre ces efforts-là sur la loi 101 dans les entreprises à charte fédérale, parce que c'est l'initiative qu'il avait mise de l'avant. Ça, ce serait du temps bien investi. Est-ce qu'il investit vraiment son temps, en ce moment, sur des choses qui vont changer la trajectoire de la langue française? Moi, j'en doute.

M. Lacroix (Louis) : ...qui êtes avocat et qui avez étudié en anglais, etc., vous connaissez bien le milieu juridique. Est-ce que les juges... Je ne parle pas de débat, là, politique, là, mais est-ce que les juges de la Cour du Québec devraient être bilingues pour une meilleure compréhension des causes qui sont devant eux?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense que le bilinguisme des juges dans la région de Montréal est déjà, là, dans une très large proportion, un fait. Donc là, on parle d'un nombre très limité. Moi, j'aimerais savoir exactement combien de juges.

M. Lacroix (Louis) : ...expérience à la cour, là, est-ce que le système de justice serait plus efficace... Parce qu'on sait qu'à Montréal il y a quand même une bonne concentration de gens qui sont unilingues anglophones, puis comme il y en a un pourcentage normal qui se retrouve devant les tribunaux, est-ce que, pour être plus efficace, le système de justice devrait avoir des juges bilingues?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je pense qu'on doit se poser des questions sur nos institutions lorsque le bilinguisme, dans toutes nos institutions, est un passage obligé. Et je pense que là où il y a un argument qui m'amène à être plus prudent, là, avant de me prononcer, c'est que, dans l'état actuel des choses, le Code civil est dans les deux langues, dans l'état actuel des choses, l'anglais est utilisé devant nos tribunaux, et, en effet, il y a un élément de ne pas empiéter sur le pouvoir judiciaire.

Donc, moi, je laisserais Simon Jolin-Barrette avoir la discussion avec la juge coordonnatrice, à savoir quelle est la place du français, puis est-ce qu'on n'est pas en train d'installer la langue anglaise comme langue commune de notre fonctionnement juridique.

M. Lacroix (Louis) : ...vous êtes réticent à répondre à ma question.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Oui, parce que je ne veux pas donner une opinion juridique. Ce n'est pas mon rôle de donner une opinion juridique sur une discussion.

M. Lacroix (Louis) : ...donner votre avis.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Mon avis, c'est qu'il devrait y avoir une discussion en continu entre le ministre et la juge jusqu'à tant qu'ils s'entendent sur un modus operandi.

Mais, de notre point de vue, c'est une diversion de ce qui arrive véritablement à la langue française, à savoir qu'il met beaucoup d'effort en ce moment, là... Vraisemblablement, il va s'occuper, au cours des prochains jours, à travailler sur un dossier qui touche, à mon avis, gros maximum cinq juges, peut-être moins. Puis le message du Parti québécois, à ce moment-là, c'est de dire : Ce serait peut-être une meilleure idée de mettre votre temps sur Dawson, sur la bonification de la loi 101, sur le plan que vous promettez depuis deux ans et plus. Je pense qu'il faut recentrer là où on a de l'impact sur la langue française.

M. Larin (Vincent) : ...on comprend que vous nous parlez de la monarchie après l'entrevue à Oprah Winfrey...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Je n'ai pas compris, pardon.

M. Larin (Vincent) : Excusez-moi. On comprend que vous nous parlez de la monarchie, ce matin, après l'entrevue qu'il y a eu du duc et de la duchesse de Sussex. Qu'est-ce que vous avez vu là-dedans qui alimente, selon vous, la nécessité d'abolir la monarchie au Québec?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : La cour est pleine. La cour est pleine, c'est... Je ne veux pas rentrer... Ce n'est vraiment pas... Je n'ai pas d'intérêt pour la monarchie britannique. Je n'ai pas d'intérêt pour les potins. J'ai de l'intérêt pour les dizaines de millions de dollars qu'on dilapide à chaque année, à même les fonds publics des Québécois, pour tenir en vie des institutions qui ne nous donnent rien, pire, nous rappellent un passé colonial duquel on veut se libérer. Ça n'a pas de sens.

Donc, je ne veux pas rentrer... Moi, je ne suis pas un... Aucun intérêt pour les potins de la monarchie britannique, mais j'ai de l'intérêt pour les dizaines de millions de dollars qu'on dilapide pour rien.

Puis ça adonne que, trois semaines à l'avance, le Parti québécois a proposé, en accord avec le programme de la CAQ, qu'on abolisse la monarchie, puis la CAQ n'a même pas été capable de se mettre d'accord sur le principe. On ne demandait même pas de geste concret, juste se mettre d'accord, puis la CAQ n'a pas été capable de faire ça. Tu sais, à un moment donné, le programme, il compte, le programme a de l'importance, on ne peut pas dire une chose puis faire son contraire constamment. Mais je ne rentrerai pas dans les commentaires sur la monarchie britannique, je veux juste qu'on sorte de ça.

Une voix : Juste une autre question...

Des voix : ...

M. Lavallée (Hugo) : ...mais sur la monarchie, ça ne vous trouble pas, les allégations, à proprement parler, qui ont été faites sur les pressions psychologiques exercées? Pour vous, c'est juste des potins?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Bien, pour moi, c'est un autre épisode d'une institution qui est problématique à plein d'égards, ce n'est pas que c'est juste des potins, c'est que je ne commencerai pas à commenter les déboires puis les mésaventures de la famille royale. Ça dure depuis des décennies, de ce que j'en comprends.

Mais c'est important que je dise que mon rôle, comme chef du Parti québécois, ce n'est pas de commenter ce que la famille royale a fait ou n'a pas fait, c'est de dire : Sortons de là le plus rapidement possible. Ce n'est pas normal qu'on dépense des dizaines de millions de dollars sur une institution qui vraisemblablement n'accumule que les impairs, n'apporte pas de valeur ajoutée, ne représente pas nos valeurs. Ça n'a pas de sens.

M. Larin (Vincent) : Juste concernant l'enquête publique indépendante, est-ce que vous pensez que le rapport découlant d'un tel exercice doit être déposé avant les prochaines élections?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Si je pense que les colonnes d'un tel exercice...

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous pensez que le rapport découlant d'une commission d'enquête publique indépendante sur la... doit être déposé avant les prochaines élections?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non. Ça, ça appartient aux commissaires...

M. Larin (Vincent) : Est-ce que ça devrait... Est-ce que...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Non. L'important, c'est de déclencher maintenant...

M. Larin (Vincent) : ...les Québécois, à la prochaine élection, devraient avoir connaissance, tu sais, de comment ça s'est déroulé...

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Pour moi, l'important, ce n'est pas le calendrier, c'est le fait que le gouvernement ne mette pas sous le tapis cet exercice obligatoire, nécessaire pour notre société, de la même manière qu'il ne mette pas sous le tapis les 3,8 milliards de dollars de contrats octroyés de gré à gré sans qu'on sache à qui, sans qu'on sache dans quels cas ils n'ont pas livré la marchandise. Donc, tant qu'on agit, le délai, ensuite, appartient aux commissaires, mais on fera le travail pour les générations futures. Donc là, je ne suis pas dans un agenda politique. Au moins, on saura qu'on agit pour s'améliorer pour les prochaines fois, pour protéger des vies la prochaine fois. Moi, c'est tout ce que je demande.

Mme Senay (Cathy) : Good morning.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Good morning.

Mme Senay (Cathy) : …asking for a public and independent commission for seniors, what happened in long term care facilities, for example. Now, you're going in the same direction than QS and the Liberals, you're asking for a broader independent commission, public and independent commission on the Legault Government's management of the crisis.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Exactly.

Mme Senay (Cathy) : Why do you think we did a commission for the Concorde «viaduc» and not… we haven't started the exercise, on the Government's side, for the pandemic?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : It's unexplainable. We were right to do a commission on what happened on the Concorde «viaduc». Why? Because five people died because of a negligence in the way we built that «viaduc». Now we have more than 10,000 deaths in Québec, one of the worst performances, statistics in North America and in the world. So we owe to the families who lost someone, we owe it to the next generations, because other crisis might come, it might happen. We need to be better prepared. There are no reasons not to act, not to make sure that we understand what we did correctly, because some things were done correctly, and what we could improve, so that, if there's another crisis in the upcoming years, we will be better prepared, there will be less people dying. Because a lot of people did die in Québec, and, that, we cannot put under…

Une voix :

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : …the carpet, thank you.

Mme Senay (Cathy) : …families will be surrounded by Premier Legault on Thursday, families who lost loved ones. What difference would that make for them to know that the Government will start a public and independent commission on what happened during the first and second waves in Québec? Why, emotionally, that will make a difference?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : I don't see how the Government will be able to look in the eyes those families who lost someone and tell them that we are not going through a thorough and serious examination of what we could do better next time. Those people who died, at least, if they could have died so that we improve and we make sure that this will not happen again, that certain things that were not done correctly, for the next generation, will be done correctly, that's the strict minimum in terms of paying respect for those families. I don't see how the Government will keep on saying that it's not necessary. I don't see them looking in the eyes those families and say : We're not going to go through an examination of what happened, we're not going to try to understand why your father of your mother died. He cannot hold that position. The public inquiry will happen.

M. Grillo (Matthew) : …the Government giving the AstraZeneca vaccine to 65 and older? It's recommended not to by some people, by some organizations, but it sounds like they're going ahead with it.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Well, there are many studies. So that's not my role to make a determination from a public health and scientific standpoint, so I assume that this is based on the scientific evidence. And my understanding is that in the specific case of that vaccine, there's an evolution of the scientific knowledge on how it works on certain groups. So, that's for the Public Health to determine, I don't have the expertise to comment on exactly how each vaccine is working.

Mme Fletcher (Raquel) : The CDC released guidelines about how to proceed once certain parts of the public have gotten their vaccine, who can start seing who. How do you look at those guidelines? Do you think that Québec should adopt them?

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : The guidelines that are in British Columbia? I didn't hear the…

Mme Fletcher (Raquel) : No, the American CDC. The CDC, in the U.S.

M. St-Pierre Plamondon (Paul) : Again, when we're talking about public health, of course, we've been pushing, in Québec, for a more structured approach. We've been talking a lot about the fact that currently we don't have any clear system and guidelines as to how zones, they work. So, we try to put a questioning, a normal questioning on the Public Health, so that they follow the best science available, they follow guidelines that we can understand and that we can work with. But again, that question should be asked to the Public Health. What's going on? Why is science different in Québec on that topic? It was the case for the quick tests, it is still the case with the zones, where we have only two colors, that we cannot understand how they… based on which criteria they work. So, those questions should be asked to Public Health, they are relevant, indeed.

C'est bon? Merci beaucoup.

Des voix : Merci.

(Fin à 10 h 26)


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