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Conférence de presse de Mme Caroline Proulx, ministre du Tourisme

Dévoilement du Plan d’action pour un tourisme responsable et durable

Version finale

Le jeudi 25 février 2021, 10 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Dix heures une minute)

Le Modérateur : Alors, bonjour à toutes et à tous. Bienvenue à ce point de presse de la ministre Caroline Proulx, qui va dévoiler le Plan d'action pour un tourisme responsable et durable. La ministre du Tourisme va prononcer une allocution, après quoi elle répondra aux questions d'abord en français, les questions des journalistes qui sont présents dans la salle, ensuite les journalistes qui sont connectés par visioconférence, et, par la suite, en anglais. Mme la ministre, la parole est à vous.

Mme Proulx (Berthier) : Merci beaucoup. Je vais commencer par vous raconter une histoire. Je pense que ça fait trois jours que je suis au cabinet. Mon équipe du ministère et de cabinet me demande : Caro, qu'est-ce que tu veux laisser au sein de l'industrie touristique? Et la réponse a été hyperrapide. J'ai dit : Je veux qu'on ait une industrie responsable et durable. Je veux que le tourisme se positionne… que le Québec se positionne comme un leader en matière de tourisme responsable et durable.

      Ça fait partie de mon histoire de famille. Ça fait partie de mes racines parce que j'ai grandi dans une famille où le recyclage, la récupération, la réutilisation, c'étaient des pratiques courantes. On est en 1974, et c'est probablement le premier centre de tri qui existe, dans la cuisine familiale. C'était vraiment de la récupération et de la réutilisation impérative. Chez nous, c'était vraiment une religion, et ça, bien avant que ça fasse partie de la culture commune du Québec. Donc, ma mère avait toujours cette idée qu'on doit être respectueux de l'environnement, qu'on doit être tournés vers les autres, sur le bien-être de la communauté. Et ça, ma mère a porté ce message-là toute mon enfance.

      Donc, vous comprendrez qu'aujourd'hui je ne suis pas peu fière et je me trouve grandement privilégiée de pouvoir participer en tant qu'élue au mouvement d'une société durable puis de tourisme responsable et durable. Donc, très fière ce matin de faire l'annonce de la concrétisation de deux années de travail avec toute l'équipe du ministère, que je salue, d'ailleurs, au passage, l'équipe du cabinet, les partenaires touristiques, d'une grande, grande collaboration interministérielle dont je vous parlerai un peu plus tard.

Donc, tourisme responsable et durable, qu'est-ce que c'est? Bien, c'est des pratiques qui sont respectueuses, évidemment, de l'environnement, toujours plus proches des communautés. C'est un tourisme qui va se tourner vers la réciprocité. Bref, on maximise les bienfaits pour tous et on essaie au maximum de minimiser l'impact sur l'environnement.

C'est un tourisme qui, vraiment, avant la pandémie, prenait de plus en plus d'importance à l'échelle internationale, et cette tendance va continuer de s'amplifier au sortir de la crise. Toutes les grandes organisations internationales en matière de tourisme s'entendent pour dire qu'au-delà des immenses défis que pose l'industrie touristique la pandémie représente aussi une opportunité en or qu'on doit absolument saisir ici, au Québec, celle de rebâtir, donc, un secteur touristique qui est beaucoup plus vert.

Donc, il y a déjà plusieurs destinations, à l'international, qui sont à l'avant-garde en termes de tourisme responsable et durable, évidemment, les pays scandinaves, l'Australie, le Costa Rica. Mais, plus récemment, on a vu, pas plus tard que la semaine dernière, d'ailleurs, la Suisse qui a annoncé un plan de relance qui va miser sur le développement durable. Swisstainable, d'ailleurs, est la marque de commerce de la Suisse.

Donc, aucune raison pour le Québec de ne pas être au sommet de cette vague-là vers un développement touristique responsable et durable. C'est la raison pour laquelle on vise un plan d'action 2020‑2025 pour un tourisme responsable et durable, que je lance aujourd'hui.

Important de mentionner non seulement que c'est la première de l'histoire du tourisme, au Québec, mais que c'est assorti d'une enveloppe de 30 millions de dollars qui vient du budget de l'an dernier, où je tiens à remercier, d'ailleurs, le ministre des Finances. Donc, première fois, au ministère du Tourisme, qu'un plan de la sorte est doté d'une enveloppe budgétaire qui va enfin nous permettre, en tout cas, tout le monde ensemble, je le souhaite, de changer la façon dont on pense, dont on réalise le développement touristique au Québec.

Évidemment, ça s'adresse aux entreprises touristiques, mais bien évidemment aux voyageurs, aux partenaires, aux associatifs. Et un plan, donc, sur cinq ans qui est bâtit sur cinq axes : l'achat local, l'achat local, l'achat local, donc, soutenir une transition vers une économie circulaire, favoriser, évidemment, les moyens de transport durables et actifs, on va développer le tourisme de nature et d'aventure avec une approche d'écotourisme, qui est en forte progression depuis quelques années, on va promouvoir un tourisme qui est bénéfique pour les individus et les collectivités, et évidemment on va accompagner les entreprises touristiques dans l'adaptation de leurs changements climatiques.

Donc, 22 actions du plan qui va permettre de contribuer de façon concrète à optimiser les effets bénéfiques du tourisme, qu'on pense, entre autres, à la création de nouvelles expériences qui sont entièrement destinées et dédiées aux personnes à mobilité réduite, mais aussi, pour réduire notre empreinte, la création de circuits touristiques 100 % électriques qui se fassent par bus, par vélo ou encore par voiture, ou encore encourager ce qu'on appelle une architecture qui va être verte.

Donc, on est dans la synchronicité, le gouvernement, avec les priorités qui émanent, entre autres, du Plan pour une économie verte et la nouvelle Loi sur la conservation du patrimoine naturel de mon collègue Benoit Charette. Du côté de M. Lamontagne, des investissements qui ont été annoncés dans le secteur bioalimentaire, évidemment, avec l'économie circulaire, on va s'y greffer. Jonatan Julien, le Plan d'action nordique, ou encore la stratégie nationale d'urbanisme et d'aménagement de ma collègue Andrée Laforest. Un plan pour un tourisme responsable durable qui va s'inscrire dans cette volonté de bâtir un Québec plus vert dont l'action va rayonner à travers le monde.

Je ne peux pas assez insister sur le fait que ce plan-là, c'est un canevas, c'est un point de départ, c'est une première, je le répète, qui va inviter une action innovante à l'image de notre industrie touristique. On doit tous participer à réaliser la vision du tourisme responsable et durable. Qui? Bien, tout le monde, les élus, les acteurs du développement local, les entreprises, les associations touristiques, mais, d'abord et avant tout, ça doit passer par les touristes d'ailleurs et nous, les touristes québécois.

Je suis absolument convaincue que d'ici 2025 on aura jeté les bases d'une nouvelle façon de faire qui va influencer le cours des choses et qui va faire école à travers le monde avec les modèles d'affaires qu'on va développer ici, au Québec, avec nos communautés locales, avec les communautés autochtones, avec nos 30 000 entreprises, avec les Québécois, évidemment, qui font partie intégrante de l'équation et de la solution. On aura fait des pas de géant, je suis absolument convaincue, d'ici 2025.

En terminant, investir dans le tourisme responsable et durable, on investit dans notre avenir. C'est un voyage qui est plein d'espoir auquel on est tous conviés aujourd'hui. Et je suis absolument certaine que le Québec tout entier va sortir gagnant avec le plan d'action de tourisme responsable et durable.

Le Modérateur : Merci, Mme la ministre. Nous allons commencer la période des questions avec Louis Lacroix, Cogeco Nouvelles.

M. Lacroix (Louis) : Bonjour, Mme la ministre.

Mme Proulx (Berthier) : Bonjour, M. Lacroix.

M. Lacroix (Louis) : Concrètement, ça va changer quoi dans la vie du touriste, là, par exemple, qui décide, je ne sais pas, moi, d'aller faire un tour sur la Côte-Nord, en Gaspésie, etc.? Qu'est-ce que ça va changer dans sa vie, dans son expérience?

Mme Proulx (Berthier) : Bien, dans son expérience… Parce que, de plus en plus, on le voit à travers les clientèles internationales, l'empreinte écologique qu'on souhaite la plus petite est de plus en plus demandée par les clientèles internationales et par les Québécois. Donc, ce qu'on va favoriser, par exemple, c'est des circuits touristiques 100 % électriques. Donc, on va créer des boucles touristiques sur lesquelles on va s'assurer d'avoir davantage de bornes électriques pour que les gens puissent voyager… ce qu'on appelle le «slow travel». Donc, petite boucle, voyager lentement et aider, donc, les touristes tant québécois et internationaux à voyager avec, entre autres, le transport électrique.

M. Lacroix (Louis) : Vous avez dû faire des cauchemars quand vous avez vu, l'été passé, que les touristes allaient sur des plages en Gaspésie, puis laissaient des cadeaux aux Gaspésiens, puis laissaient, par exemple, des déchets sur la plage et autres choses également, là. Ce n'est pas un signe qu'il y a énormément de chemin à faire pour convaincre les touristes d'être plus écologiques?

Mme Proulx (Berthier) : Deux, trois éléments, M. Lacroix, à cet égard-là. C'est vraiment une minorité de Québécois qui ont eu ce comportement-là l'été dernier. Je suis partie en tournée dès le début du mois d'août. J'ai rencontré les maires de la Gaspésie. Et c'est vraiment une minorité. Les gens n'avaient pas planifié leurs déplacements l'été dernier. Moi, je suis absolument convaincue qu'une majorité de Québécois, mais de touristes internationaux, sont soucieux de leur environnement, de le protéger pour pouvoir en profiter. L'idée derrière le plan qu'on présente aujourd'hui, c'est de préserver, c'est de protéger, c'est de faciliter l'accès. Tout le monde ensemble, on doit mettre l'épaule à la roue pour que des comportements auxquels vous faites référence ne se reproduisent plus.

M. Lacroix (Louis) : …de bornes électriques tout à l'heure. On parle de combien de bornes, installées où, de quel… et qui va faire ça? Est-ce que ça va être financé par le gouvernement, Hydro-Québec? Comment ça va fonctionner?

Mme Proulx (Berthier) : Oui, quand on parle de mesures transversales, bien sûr, c'est 30 millions de dollars, là. Je le rappelle, là, c'est une première au ministère du Tourisme d'avoir un budget pour du tourisme responsable et durable. Mais évidemment, avec Hydro-Québec, avec M. Bonnardel, on va planifier, donc, des circuits touristiques avec une empreinte écologique la plus petite possible. Et, oui, on va planifier le déploiement de bornes sur ces circuits qu'on va souhaiter développer, là, dans les prochains mois, les prochaines années.

M. Lacroix (Louis) : Vous avez une idée du nombre de bornes?

Mme Proulx (Berthier) : Pas pour le moment, non. On amorce, là, nos travaux. On va identifier nos circuits touristiques. Et on va travailler tant avec M. Bonnardel qu'avec l'équipe de Jonatan Julien et toute l'équipe d'Hydro-Québec.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour, Mme la ministre. Je vais faire du pouce sur ce que vient de vous poser comme question mon collègue Lacroix. La semaine de relâche s'en vient et, entre autres, dans le Bas-Saint-Laurent, là, on craint énormément de débordement des motoneigistes puis qu'on se retrouve avec ce qui s'est passé en Gaspésie, là, c'est-à-dire du tourisme un peu sauvage. Vous leur dites quoi, aux gens, là, qui vont se déplacer d'une région à l'autre?

Mme Proulx (Berthier) : Bien, on rappelle qu'ils ne sont pas interdits. Ils sont non recommandés, mais ils ne sont pas interdits, les déplacements. Tu sais, on rappelle ce qu'on disait en juin, en juillet, en fait, depuis le début de la crise sanitaire : vous partez du point a pour aller au point b, là où vous avez fait la réservation de votre hôtel ou de votre chalet, en limitant les arrêts. Et, une fois arrivé là-bas, dans votre bulle familiale, ce qu'on vous demande, c'est de limiter vos interactions avec le milieu. Donc, vous êtes en famille, déjà que c'est possible d'avoir des activités extérieures, il y en a beaucoup, d'activités touristiques extérieures qui sont permises, c'est les mêmes recommandations qu'à l'automne et à l'été dernier, de partir du point a, d'arriver au point b avec votre épicerie et votre équipement.

M. Laforest (Alain) : Mais vous ne craignez pas encore l'afflux de sacs de poubelle le long des sentiers de motoneige, là, entre autres? Parce qu'il y a plein de gens qui vont aller faire de la motoneige un peu partout au Québec, puis ce n'est pas des habitués, là.

Mme Proulx (Berthier) : En fait, je vous dirais qu'il y a...

M. Laforest (Alain) : Des motoneigistes de fins de semaine ou des motoneigistes de COVID, là.

Mme Proulx (Berthier) : Il y a des surveillances accrues, M. Laforest, présentement, dans les sentiers de la fédération. En fait, la Sûreté du Québec y patrouille. Je les ai vus pas plus tard que la semaine dernière, dans Lanaudière. Mais il y a également toutes les fédérations, qui veulent s'assurer du respect des mesures qui sont mises en place pour la pratique de la motoneige à travers les relais et les refuges. Et la majorité des Québécois sont responsables lors de la pratique de la motoneige.

M. Laforest (Alain) : Peut-être une petite dernière, concernant, entre autres, zones orange, zones rouges. Prenons l'exemple de la Capitale-Nationale, entre autres Charlevoix qui est une région touristique. La manne, pour eux, c'est, entre autres, la relâche. Ils sont fermés, et il y a plusieurs qui sont en colère actuellement parce qu'ils sont fermés. Vous leur dites quoi, là?

Mme Proulx (Berthier) : Bien, ce que je leur dis, c'est qu'il faut faire usage de prudence, il faut être responsables, M. Laforest. On ne veut surtout pas revivre l'épisode de la période des fêtes, où il y avait une pression énorme, vous le savez, sur les hôpitaux au Québec, du personnel qui était absent, du délestage. Donc, je pense que l'histoire nous donne raison d'être prudents aujourd'hui avec la relâche. Il y aura un point de presse, là, sur le scénario après-relâche du premier ministre, dans les prochains jours, dans la prochaine semaine et demie.

Le Modérateur : Valérie Gamache, Radio-Canada.

Mme Gamache (Valérie) : Je reviens sur la Gaspésie. Vous avez dit : C'est une minorité de gens, l'été dernier, qui ont fait déraper le truc. Il n'en demeure pas moins qu'un conseil municipal comme Gaspé, actuellement, se prépare ni plus ni moins à la prochaine saison touristique. Puis je vois que, dans le 30 millions, il y a un 7 millions qui est accordé pour le respect de l'environnement et des communautés. Est-ce que ces fonds-là seront accessibles, par exemple, à une municipalité comme Gaspé pour préparer, là, l'été 2021?

Mme Proulx (Berthier) : On est déjà en discussion, soit dit en passant, avec les gens de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine pour préparer l'été 2021, des discussions qui vont continuer de s'organiser au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Ces fonds-là auxquels vous faites référence, Mme Gamache, oui, à terme — dans l'immédiat, non, à terme, oui — de travailler les communautés, les collectivités pour s'assurer qu'on préserve, donc, le tissu touristique avec les mesures qu'on annonce aujourd'hui.

Mme Gamache (Valérie) : Et puis dans la philosophie, là, de ce programme-là, est-ce que le but, c'est d'augmenter le nombre de touristes ou c'est d'aller... de viser une clientèle qui va dépenser plus? Donc, moins, mais avec plus? Qu'est-ce que ça sous-tend comme...

Mme Proulx (Berthier) : On n'y va pas sur la quantité, effectivement, on y va sur la qualité. Et le phénomène — je suis désolée de l'anglicisme, là — du «slow travel», donc le voyage lent, là, si on peut le traduire ainsi, c'est une tendance qui se remarque à l'international. Donc, réduire notre empreinte, c'est de rester plus longtemps au même endroit, de consommer local, d'acheter local, de faire de l'aventure, de l'écotourisme local. Donc, c'est vraiment ça, le principe derrière le «slow travel» ou le voyage lent, avec ce qu'on présente aujourd'hui.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour, Mme Proulx. Vous dites : C'est un plan 2020‑2025. On est quand même en 2021. Donc, 2020... Je comprends que c'est de l'argent qui a été pris l'an passé, mais...

Mme Proulx (Berthier) : Ces sommes-là n'ont pas été dépensées encore. Vous comprendrez qu'en 2020 on a été frappés par la pandémie, donc on a dû mettre sur pause le plan qu'on vous présente aujourd'hui. Nonobstant ça, ça fait deux ans, là, qu'on travaille sur ce plan-là. Et ce 30 millions de dollars là — je le rappelle, là, c'est une première au Québec — a été accordé à mon ministère lors du dernier budget, en fait, du budget de l'année dernière de M. Girard.

M. Bossé (Olivier) : Parmi les actions, si je comprends bien, c'est tout au bon vouloir des entreprises, il n'y a pas de contrainte là-dedans, là.

Mme Proulx (Berthier) : Bien, en fait, on va accompagner les entreprises touristiques à être de plus en plus vertes. Ça pourrait être, par exemple, avec des fonds, des programmes pour les entreprises touristiques en infrastructure, par exemple. Plus elles seront vertes, plus elles seront LEED. Par exemple, il va y avoir des incitatifs et des programmes qui vont accompagner les entreprises touristiques pour devenir de plus en plus durables et responsables.

M. Bossé (Olivier) : Et je comprends que ça devient un argument de vente quand le tourisme international... bien, même auprès des Québécois, pour dire : C'est du tourisme responsable, durable, donc on vous encourage à acheter ces... à faire affaire avec ces entreprises-là. Mais comment s'assurer qu'il n'y a pas du... je ne sais pas comment le dire en français, mais du «greenwashing», là, que tout le monde va se mettre à dire : Nous, c'est du tourisme durable, puis ça devient juste une étiquette à la mode, puis que, finalement, ce n'est pas...

Mme Proulx (Berthier) : Les programmes vont être normés. Donc, on va suivre de près évidemment les gens qui vont souhaiter avoir accès à ces programmes-là. Les populations le demandent, les gens le demandent d'avoir du... de pouvoir voyager de façon responsable et durable. Et le Québec se donne les moyens aujourd'hui pour devenir, à terme, lors de la reprise, de la relance... Donc, on se prépare déjà présentement à accompagner nos entreprises touristiques quelles qu'elles soient pour planifier la relance, et, lorsqu'elle sera là, bien, nos entreprises seront de plus en plus écoresponsables.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce qu'il y a un élément auquel vous teniez vraiment ou, en tout cas, vous vous êtes dit : Ça, là, ça, c'est la première chose que je voudrais qui arrive?

Mme Proulx (Berthier) : Circuit électrique touristique qui part de Montréal. En voiture électrique, on va à la rencontre des vignobles en Estrie, consommer local, aller à la rencontre de l'agriculteur. C'est vraiment la mesure que je souhaite qu'on mette en place le plus rapidement possible. Et je pense qu'au cours de l'été je souhaite vraiment qu'on puisse offrir, donc, des forfaits. On va développer aussi, avec des agences réceptives et forfaitistes, donc les fameux forfaits… On va créer des forfaits écoresponsables, tourisme durable. Ça fait que vous allez planifier un voyage, vous, les Québécois, au Québec, je le souhaite, encore très, très longtemps. Et les touristes internationaux pourront venir planifier leurs voyages de façon écoresponsable, avec une empreinte la plus minimale possible.

Le Modérateur : Patrice Bergeron, LaPresse canadienne.

M. Bergeron (Patrice) : Bonjour, Mme Proulx. Vous l'avez dit, vous voulez accompagner les entreprises. Est-ce que, par exemple, il pourrait y avoir des... Est-ce qu'il va y avoir des projets pour, mettons, des lieux d'hébergement? Comme les hôtels, vous savez, c'est des endroits où on jette énormément de petits produits. On déballe des savons, on ouvre des bouteilles de shampoing. Je veux dire, c'est antiécologique. Est-ce qu'il n'y a pas quelque chose qui pourrait, justement, si on se tourne vers l'économie verte, permettre qu'il y ait moins de gaspillage dans l'industrie de l'hébergement, par exemple?

Mme Proulx (Berthier) : Ne serait-ce que l'alimentation, donc de pouvoir avoir des aliments qui ne sont pas consommés, qu'on puisse envoyer à d'autres entreprises qui sont proches, par exemple, de l'hôtel, se tourner vers la biométhanisation. Moi, je pense qu'à terme les entreprises touristiques, les hôtels, il y a là une opportunité de se tourner vers la biométhanisation pour alimenter une partie, en tout cas, de votre demande en énergie à travers la biométhanisation.

Je voyais récemment une entreprise, là... On regarde tellement de trucs qu'à un moment donné on oublie un peu la source. Mais, justement, au sujet des fameux savons auxquels vous faites référence, il y a des entreprises qui les récupèrent, qui les font fondre et qui font de nouveaux savons avec.

Donc, moi, j'attends, là, des propositions du milieu pour nous faire des offres qu'on peut réaliser, là, à court terme, justement, pour devenir de plus en plus responsables. Tout le monde va y gagner, les entreprises, les voyageurs, les touristes internationaux.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que, par ailleurs — je vais donner un autre exemple — ça ne peut pas paraître comme étant une goutte d'eau dans l'océan quand on voit, par exemple, ce que le Québec mise et ce que le Québec promeut, par exemple, en visites de bateaux de croisière, qui sont des paquebots extrêmement polluants, là? Je veux dire, que ce soit à Québec ou à Montréal, quand ils arrivent, je pense que tout le Vieux-Québec sent le fuel, là. Est-ce que ce n'est pas une goutte d'eau dans l'océan que d'essayer d'inciter les Québécois à avoir un tourisme vert en prenant une auto électrique, mais de faire venir des touristes d'ailleurs dans des bateaux qui déversent des quantités de gens mais qui polluent énormément des secteurs, là?

Mme Proulx (Berthier) : Chaque geste est important. Il n'y a rien qui se soustrait. Tous les gestes s'additionnent. Il y a un phénomène de croisières qui s'amènent de plus en plus au Québec, là, on comprend que les croisières sont annulées jusqu'en février 2022, mais des croisières beaucoup plus petites, sur des bateaux qui peuvent accueillir 50, 100, 150 personnes, avec des voyages de plus longue durée, entre autres, avec des moteurs électriques.

Je suis allée à la rencontre d'une entreprise québécoise du côté de Sabrevois l'année passée, où on a de petits bateaux avec des moteurs 100 % électriques. On voit des entreprises qui sont en train de développer des moteurs de motoneige 100 % électriques. Je pense qu'elle s'appelle Taiga, l'entreprise. Il y a une volonté des entreprises de se tourner de plus en plus vers le vert pour être responsables, mais des clientèles le demandent également.

M. Bergeron (Patrice) : Et une petite dernière, si vous le permettez?

Mme Proulx (Berthier) : Bien sûr.

M. Bergeron (Patrice) : Je vais vous donner deux exemples aussi d'événements touristiques, là, comme par exemple le marché de Noël, ici, qui amène des milliers de personnes dans le Vieux-Québec, tout le monde fait la file avec sa voiture, ou encore le festival d'été. C'est des bouchons incommensurables dans la ville. Qu'est-ce qu'il y a dans votre plan qui permettrait de changer ce type de comportement là ou d'attitude là?

Mme Proulx (Berthier) : En fait, du côté des festivals, prenons donc les festivals et les événements, il y a déjà des programmes... En fait, il y a des initiatives qui sont là de la part des festivals et des événements, sachant qu'ils doivent être écoresponsables. L'empreinte écologique est diminuée, il n'y a plus de bouteilles de plastique qui sont permises, les recharges d'eau sont gratuites, le compostage... Il y a même des bénévoles, durant les festivals et les événements, qui sont là pour indiquer aux gens que tel ou tel matériau peut être composté, leur expliquer ce qu'est le bac à compostage, le bac à recyclage et la poubelle elle-même.

Puis il y a des initiatives, là, vraiment intéressantes. Puis vous allez trouver ça un peu flyé, là, mais il y a de petits festivals qui ont des — mon Dieu que je suis anglicisée ce matin — «food trucks» qui, avec l'huile à patate frite, alimentent 100 % en électricité la tenue du festival. Ça fait qu'il y a des idées complètement éclatées, comme celle-là, que moi, je vais vouloir soutenir, de petits festivals, là. On parle, entre autres, du côté de Limoilou, ici, à Québec, où l'alimentation électrique est faite à partir d'huile à patate frite.

M. Lacroix (Louis) : …Taiga, tout à l'heure, les motoneiges électriques.

Mme Proulx (Berthier) : Oui, est-ce que c'est ça, Taiga?

M. Lacroix (Louis) : Oui, oui, c'est ça. Mais est-ce qu'il est prévu de... parce qu'eux autres, ils sont limités à 100 kilomètres d'autonomie à peu près, là, puis la dernière fois que j'ai regardé dans le bois, je n'ai pas vu beaucoup de prises de courant, là. Alors, est-ce qu'il y a un projet qui est prévu pour faire un circuit de motoneige électrique? Est-ce que c'est dans les cartons?

Mme Proulx (Berthier) : Bien, c'est une idée qui est très intéressante, puis que je vais vouloir explorer, clairement.

M. Lacroix (Louis) : Mais ça n'existe pas en ce moment, là? Il n'y a pas de projet?

Mme Proulx (Berthier) : Pas pour le moment.

M. Lacroix (Louis) : O.K., merci.

Mme Proulx (Berthier) : Est-ce que je pourrais travailler avec le MFFP, par exemple, dans les parcs de la SEPAQ, où, parfois, il y a certains sentiers de motoneige qui passent là, pour installer des bornes? L'idée est intéressante.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Alors, je vais me donner à moi-même un droit de parole. Marco Bélair-Cirino, du Devoir. Est-ce qu'il est trop tôt pour, tout de suite, planifier des sorties dans des festivals puis des événements d'envergure cet été ou, déjà, la décision est prise, puis on va y aller mollo cet été?

Mme Proulx (Berthier) : La décision n'est pas prise. On est en conversation avec la Santé publique pour voir si on pourrait avoir la tenue de festivals et d'événements au cours de l'été. Ceci dit, on continue de soutenir financièrement les festivals et les événements. Dès le début de la crise sanitaire, encore à l'automne, à la mise à jour économique, il y a des sommes pour accompagner nos festivals, nos événements.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Puis c'est quoi, la date limite pour permettre aux gens de se préparer puis donner quand même une prévisibilité?

Mme Proulx (Berthier) : C'est ce que je souhaite vraiment le plus sincèrement, c'est d'avoir de la prévisibilité. Au retour du congé scolaire, on va s'asseoir avec la Santé publique pour discuter, donc, du plan pour la tenue de festivals et d'événements au cours de l'été.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Puis, je ne sais pas, les dernières statistiques que vous avez à votre disposition sur l'état de l'industrie touristique, est-ce que vous savez, par exemple, il y a combien de... je ne sais pas si on compte en places, là, d'hébergement qui sont disparues pendant la pandémie? Est-ce que la pandémie a vraiment changé l'industrie touristique du Québec? Est-ce qu'on va se réveiller, après le passage de la COVID, avec une industrie complètement amochée, à reconstruire, ou les gros joueurs sont encore prêts à se manifester puis à ouvrir dès que le Dr Arruda va leur donner le feu vert?

Mme Proulx (Berthier) : Il faut dire que les hôtels n'ont jamais été fermés, hein, depuis le début de la crise sanitaire, raison pour laquelle, depuis le mois d'avril dernier, on est en soutien continu avec l'industrie touristique. On a présenté un premier plan en juin. On en a présenté un second en septembre. À la mise à jour économique, pour mon industrie, on est allés chercher 65,5 millions de dollars additionnels.

Et, pas plus tard que la semaine dernière, on a annoncé des modifications majeures, des bonifications majeures au PACTE tourisme, entre autres pour venir aider ces entreprises-là, les grands hôtels, les spas, les attractions, les centres de ski, pour venir les soutenir, par exemple, dans le poste de dépense qui est élevé, c'est-à-dire, les frais en hydroélectricité.

Donc, depuis le début de la pandémie, c'est plus de 830 millions de dollars pour soutenir l'industrie touristique, qu'on va continuer d'accompagner en temps réel, parce que la sortie de crise va être un peu plus longue.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Donc, la vaste majorité des acteurs touristiques vont survivre, là, à la pandémie?

Mme Proulx (Berthier) : À la lumière des informations qu'on a jusqu'à présent, oui.

Le Modérateur : Très bien. On a des questions de journalistes à distance. Je vais céder la parole à Catherine Poisson de Radio-Canada. Alors, je vous invite à activer votre micro et à poser votre question.

Mme Poisson (Catherine) : Oui. Bonjour, vous m'entendez bien?

Mme Proulx (Berthier) : Très bien, merci.

Mme Poisson (Catherine) : Parfait. Donc, Mme Proulx, en fait, moi, je voulais juste une précision. J'ai mal compris quelle enveloppe exactement est associée au plan pour 2020‑2025?

Mme Proulx (Berthier) : 30 millions de dollars. Donc, c'est la première fois où le ministère du Tourisme a une enveloppe entièrement dédiée, une enveloppe sectorielle, pour accompagner nos entreprises vers un tourisme responsable et durable.

Mme Poisson (Catherine) : Parfait. Puis donc, comme vous avez mentionné que votre priorité, c'était les circuits électriques, j'imagine que c'est là où va se diriger la plus grosse portion de ce montant-là.

Mme Proulx (Berthier) : En fait, ce n'est pas ma priorité, elles sont toutes mes priorités. La question qui m'avait été posée, c'est, si vous aviez un souhait, où on pouvait déployer une mesure rapidement. Ce serait donc des circuits électriques... des circuits touristiques électriques, là, que j'aimerais mettre en place pour l'été prochain.

Mme Poisson (Catherine) : O.K. O.K. Mais donc est-ce qu'on peut avoir une idée de comment va être réparti l'argent?

Mme Proulx (Berthier) : Bien, en fait, on pourra vous transférer le document, là, mais dans les cinq axes qu'on a présentés, transition vers une économie circulaire, on est à 6 millions de dollars; les moyens de transport durable, 7,5 millions de dollars; tourisme nature aventure, qui est en nette progression, 1,5 million; le tourisme bénéfique pour les individus, 7 millions de dollars; puis les entreprises, donc les accompagner dans l'adaptation et l'innovation aux changements climatiques, c'est 8 millions de dollars, pour un total, donc, de 30 millions.

Mme Poisson (Catherine) : Parfait. Puis peut-être juste une dernière question, si je peux me permettre. À part peut-être, justement, les circuits, quelles mesures vont toucher plus particulièrement l'Est du Québec?

Mme Proulx (Berthier) : Bien, en fait, tout le Québec va être couvert, il n'y a pas de... on ne s'arrête pas à des régions précises. C'est l'ensemble du territoire québécois, c'est la destination du Québec qui doit absolument se positionner comme étant une destination responsable et durable. C'est l'ensemble du territoire.

Mme Poisson (Catherine) : C'est bon. Merci.

Mme Proulx (Berthier) : Merci à vous.

Le Modérateur : Est-ce qu'il y a d'autres journalistes? Il y avait également Vanessa Limoges et Jean-François Dumas qui s'étaient inscrits. Est-ce qu'ils ont des questions? Non? Alors, je vous remercie, Mme la ministre. Bonne journée.

Une voix : ...

Le Modérateur : Ah oui! Pardon.

M. Pouliot (Samuel) : Just summarize your first statement…

Mme Proulx (Berthier) : So, first, in the tourism industry, in my Ministry… first time that we have $30 million that will be deployed over the five next years to make sure that Québec is a leader with sustainable tourism. It's not only a trend, people ask it, travelers ask it. So we find that the opportunity that we find ourselves in, with the COVID and, you know, slowing down in tourism, we think that it's the best timing to be with the enterprises, to accompany them and to make sure that, once the borders are reopened and international travelers come back to Québec, we will have a sustainable industry. Thank you.

Le Modérateur : C'est beau, merci.

(Fin à 10 h 31)

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