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Point de presse de M. Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation

Version finale

Le mardi 2 février 2021, 13 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Treize heures vingt et une minutes)

M. Roberge : Bonjour, tout le monde. Bien content de revenir à l'Assemblée nationale avec ce mot qu'on déteste un peu, mais qu'on est obligés d'utiliser en ce moment, en présentiel, parce que, bon, on est un peu tannés des visioconférences, des Zoom, des Teams, etc. Donc, pour moi, c'est une occasion de répondre à vos questions, de répondre aussi aux questions de l'opposition puis donc aux questions que se pose tout le monde dans la société, les parents, les profs, les gens du réseau scolaire. Ces périodes d'échange là, c'est des opportunités, en réalité, pour préciser des choses.

Mais aujourd'hui c'est une journée spéciale parce qu'on est le premier lundi de la semaine des enseignants. Donc, je veux dire un petit mot aux enseignants. Évidemment, c'est important de leur mentionner que, pour moi, ils sont comme au centre du premier trio de l'éducation. Avec le Canadien qui va si bien en ce moment, c'est comme tentant d'en parler un peu comme ça. Mais, pour vrai, il y a les enseignants, les parents, les élèves. Ce qui amène les jeunes à réussir, c'est beaucoup ce trio-là. Bien sûr, il y a les employés de soutien, les professionnels, les directions d'école, tout le monde, mais, les enseignants, les parents, les élèves, c'est beaucoup ces trois acteurs-là du trio qui font la différence, puis évidemment les enseignants, bien, ils sont au centre. Ils font la différence dans la vie des jeunes.

C'est la semaine des enseignants. Je veux leur dire que je pense à eux énormément. Je pense à eux comme des anciens collègues. Je pense à eux qui enseignent dans des conditions très difficiles en ce moment, très difficiles à cause de la pandémie et des mesures sanitaires. Je pense à eux aussi parce qu'ils enseignent à mes deux grandes filles en ce moment. Donc, merci aux enseignants pour ce que vous faites. Puis je veux vous dire que, dans le Conseil des ministres, avec moi-même, avec le premier ministre, il n'y a pas une fois où on ne parle pas des conditions d'enseignement puis des conditions d'apprentissage des élèves. On est déterminés à améliorer les conditions d'enseignement et donc les conditions d'apprentissage.

Une bonne nouvelle pour les enseignants et pour tout le monde dans le réseau scolaire, je veux juste confirmer que la semaine de relâche aura bel et bien lieu cette année. On respecte les conventions collectives, mais on respecte le calendrier scolaire. Je pense qu'il y a des gens qui s'inquiétaient de ça. Donc, je suis content, un mois d'avance, ce qui est quand même beaucoup en temps de pandémie, d'annoncer une décision un mois d'avance. Donc, la semaine de relâche aura bel et bien lieu. C'est une décision qu'on a prise après avoir consulté les fédérations des comités de parents francophones, anglophones, les syndicats, les associations de directions d'école, les associations de cadres, les ordres professionnels, hein, les psychologues, les orthophonistes. Et puis donc on confirme la tenue de la semaine de relâche. C'est important de le mentionner.

C'est important de mentionner aussi que, dans les prochaines semaines, vraiment, notre programme de tutorat va se déployer. J'en ai eu l'assurance ce matin, que ça allait commencer assez rapidement. Je parlais à des directions générales de centres de services ce matin, et on me disait que, dans certains cas, ça va commencer dès cette semaine. Donc, dès cette semaine, des enfants vont pouvoir bénéficier du service de tutorat, pas dans tous les centres de services, ça va se déployer graduellement, mais on me dit, là, déjà mardi, mercredi, et, d'autres, ça commence la semaine prochaine. Puis, à chaque semaine qui passe, il y a davantage d'élèves qui vont bénéficier de ces services-là. Quand on aide les élèves à apprendre, on aide aussi les enseignants. Comme je vous l'ai dit, c'est un trio. Et de supporter les enseignants, c'est bon pour les élèves. De supporter, pour les élèves, c'est bon pour les enseignants. Donc, ça aussi, c'est une autre bonne nouvelle.

Puis je veux dire aux enseignants, juste avant de m'arrêter, que je sais qu'il y a comme une ombre au tableau en ce moment, là, c'est la négociation nationale. Certains trouvent que c'est long. Je suis d'accord. Je trouve ça long, moi aussi. Je vais vous dire que j'ai eu une conversation avec la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, il n'y a pas très longtemps, et cette conversation-là m'a donné confiance, confiance que ça allait bouger rapidement, confiance qu'on allait en venir à une entente rapidement. Donc, ne vous découragez pas. On est déterminés à remplir nos engagements. Et donc une convention sera signée, puis je suis certain qu'on va tous sortir gagnants de ça.

M. Bergeron (Patrice) : Concernant la semaine de relâche, M. Roberge, on n'a pas arrêté de dire que, l'année dernière, ça avait été une des causes du désastre qu'on a eu. Et là on dit : On va avoir une semaine de relâche, comme si de rien n'était. Quels sont les facteurs qui font qu'on a décidé de prendre cette décision-là sans qu'il y ait des risques qui soient associés à ça, là?

M. Roberge : Bien, vous prenez note du fait qu'on l'annonce aujourd'hui, après que le premier ministre a passé très clairement des messages auprès du gouvernement fédéral pour s'assurer qu'on n'ait pas les fameux voyages à Punta Cana, Cayo Coco, etc. Donc, ça, c'est un facteur qui est rassurant.

On a pris le temps aussi de consulter les gens du réseau scolaire. J'ai voulu parler aux syndicats d'enseignants, aux directions d'école, aux fédérations de comités de parents, qui auraient pu peut-être prendre une autre tangente. Bien, il y a vraiment une unanimité, dans le réseau scolaire, pour dire que... Surtout dans un mois. Déjà, il y a de l'essoufflement dans le réseau scolaire, mais, dans un mois, encore un mois d'enseignement avec des mesures sanitaires exigeantes, je pense que tout le monde aura besoin de cette pause-là.

Mme Prince (Véronique) : M. Roberge, vous dites que vous pensez aux enseignants, mais, de leur côté, ils n'ont pas l'air d'avoir tout à fait le même avis parce que... Je pense qu'aujourd'hui ils laissaient, d'ailleurs, une statue de glace, devant le parlement, pour dire que les négociations sont gelées. Et ça arrive à un moment où on leur demande de redoubler d'efforts en faisant de l'enseignement à distance mais aussi de l'enseignement en classe pendant la pandémie. Est-ce que vous n'avez pas un peu le mauvais rôle là-dedans, là, en ce moment?

M. Roberge : Bien, vous savez, quand ça fait un peu plus d'un an qu'il y a des négociations, c'est normal que la tension monte. Ce n'est pas quelque chose qu'on souhaite, mais c'est dans l'ordre des choses. Ça arrive à chaque négociation. Juste avant de conclure, il y a une espèce de paroxysme.

Donc, je comprends qu'il y a de la tension dans les écoles. Je comprends que les enseignants soient impatients. Je suis, moi aussi, impatient que cette convention soit signée. Puis, comme je vous le dis, j'ai parlé avec la présidente du Conseil du trésor puis j'ai confiance que ça va avancer.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Les premiers bulletins seront remis cette semaine. D'abord, est-ce que finalement la pondération de ce bulletin-là a été définie, bien, par vous et le ministère?

Dans un deuxième temps, est-ce que vous anticipez que le taux d'échec pourrait être aussi élevé, là, que le chiffre de 30 % qui avait été avancé à l'automne?

M. Roberge : Bien, j'ai demandé d'avoir de l'information par rapport aux résultats du premier bulletin, ce qui n'est pas habituel, hein? Normalement, les résultats des bulletins, des étapes, là, en milieu d'année, ne se rendent pas au bureau du ministre. On reçoit les résultats d'examens ministériels. Mais, cette année, j'ai voulu avoir plus d'indicateurs. J'ai passé la consigne au mois de décembre. J'aurai les informations très bientôt. Je ne les ai pas reçues encore parce qu'on a permis, justement, de reporter le bulletin de quelques semaines à cause de la pause de Noël.

Donc, j'ai donné un peu plus de temps aux enseignants. Il faut que je sois un peu patient pour que les bulletins soient complétés. Je vais recevoir, donc, ces indications-là puis je vais vous transmettre, en toute transparence, bien sûr, les résultats sur les taux de réussite et les taux d'échec pour cette première étape.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Et la pondération du premier...

M. Roberge : Bien, j'ai déjà annoncé que la pondération allait être revue, c'est-à-dire qu'on va accorder moins d'importance au premier bulletin, plus au dernier. C'est la façon de faire habituelle, hein? Normalement, le bulletin de la troisième étape, le dernier bulletin compte pour 60 %. Ça, c'est la situation normale. Là, cette année, selon la décision qui a été prise à l'automne, on faisait 50-50. Les experts que j'ai consultés, qui, au départ, trouvaient peut-être que c'était une bonne idée, nous ont dit : Ah! finalement, ça met trop de pression pour la fin d'année.

Donc, j'ai déjà annoncé qu'il y aurait une pondération plus grande pour le dernier bulletin, mais je veux attendre d'avoir les résultats du premier bulletin avant vraiment de trancher sur le pourcentage, et c'est vraiment dans les prochains jours que je vais pouvoir faire tout ça.

M. Lacroix (Louis) : Les enseignants ont passé un vote de grève, là. Comment vous trouvez qu'alors qu'on est en pandémie, que les conditions d'enseignement, les conditions pour les enfants sont très difficiles, etc., qu'on vote cinq jours de grève? Comment vous trouvez ça? Est-ce que c'est une bonne décision? Comment vous trouvez cet affront-là qu'on vous fait?

M. Roberge : Bien, moi, j'ai confiance que l'accélération des négociations va nous permettre d'en venir à une entente sans que les jours de grève ne soient exercés, que les mandats de grève soient exercés. Je pense que tout le monde souhaite, au Québec, que les jeunes aillent à l'école, bien sûr, les enseignants aussi. Puis évidemment le ministre et le gouvernement, on souhaite en arriver à une entente avant qu'il y ait des jours de grève, c'est sûr.

Mme Prince (Véronique) : ...sur la question de mon collègue Hugo, là, il y a des enseignants qui nous disent que, déjà, ils sont capables de voir que le tiers de la classe, voire même la moitié de leurs élèves va probablement doubler. En fait, dans les faits, il faudrait les faire doubler. Qu'est-ce que vous allez faire avec ça, là? Est-ce qu'on peut effectivement faire doubler autant de jeunes cette année?

M. Roberge : Bien, j'ai demandé à voir les résultats des premiers bulletins pour voir les taux de réussite, les taux d'échec. Je pense qu'il faut avoir l'information avant de prendre une bonne décision. Mais, avant même de voir les résultats, poser un geste très important, de dire : Écoutez, le programme de formation de l'école québécoise qu'on enseigne à chaque année, qu'on évalue à chaque année, un examen ministériel, bien, ce n'est pas ça qu'on fait cette année... Cette année, il n'y a pas d'examen ministériel. Cette année, on se fie à un document, qui a de l'élagage dedans, pour se concentrer sur des notions vraiment essentielles, des savoirs essentiels. Donc, je pense qu'en donnant cette latitude-là puis en élaguant un peu dans certaines compétences et certains objectifs on va être capables d'avoir un taux de réussite très intéressant.

Mais il faut faire attention. Ça va prendre plus qu'un an à surmonter, ce retard-là. J'en suis convaincu. Je suis convaincu qu'il va falloir faire des mesures d'adaptation puis changer notre façon de faire même pour la prochaine année scolaire, peut-être même les deux prochaines années scolaires. J'en suis convaincu. Les consultations que j'ai eues avec les associations d'enseignants, les associations de directions d'école, les ordres professionnels, je pense, me permettent de conclure ça avec beaucoup de certitude.

Le Modérateur : ...une dernière en français, s'il vous plaît.

M. Roberge : Donc, on ne va pas faire l'école de la même manière. Moi, je pense qu'il faut être flexible. On a fait beaucoup de choses depuis le début de l'année, puis je suis prêt à corriger le tir encore, si c'est ce que demande vraiment le réseau, pour les aider à aider les élèves.

M. Lacroix (Louis) : Il va falloir baisser les standards, M. Roberge?

M. Roberge : Non. Les savoirs essentiels, ce n'est pas de baisser les standards, c'est de se concentrer vraiment sur les notions qui sont des préalables aux notions suivantes. Moi, je pense que c'est une nuance très importante.

M. Larin (Vincent) : ...ce que vous dites, M. Roberge, c'est que vous attendez d'avoir les résultats du premier bulletin pour décider de la pondération du deuxième, c'est ça?

M. Roberge : Oui. Bien, en fait, j'ai annoncé ça en décembre, j'ai répété en janvier, c'est encore vrai en février. Alors, je vais recevoir, dans les prochains jours, là, des résultats pour les examens du... pour le premier bulletin puis je vais tracer la ligne sur la pondération du premier versus le deuxième bulletin. Parce que ce qui est important, c'est de garder nos jeunes motivés. Moi, je veux que les jeunes qui ont peut-être eu des difficultés, à l'automne, disent : Je reste à l'école, je ne décroche pas, je suis capable de me reprendre, je peux réussir cette année-là. Je pense qu'on a... Les jeunes ont besoin d'une motivation.

Mme Côté (Claudie) : M. Roberge, la semaine dernière, les partis d'opposition ont dit qu'il était minuit moins cinq pour vous. Ça stagne, là. C'est lent dans les négociations. Hier, il y avait une lettre ouverte de 2 000 enseignants, qui disait que vos propos avaient été choquants. Est-ce que vous sentez que vous avez encore la confiance du réseau ou est-ce que vous sentez que la soupe est chaude pour vous, pour reprendre une expression?

M. Roberge : Vous savez, au Québec, le poste de ministre de l'Éducation, c'est un poste qui a souvent une durée de vie d'à peu près 18 mois. Ça fait plus de deux ans que je suis là. Là-dessus, il y a eu, quoi, 13, 14 mois de négociations, 11 mois de pandémie. Ça ne serait pas normal s'il n'y avait pas des gens qui se posent des questions.

Maintenant, notre plan est clair. Notre plan est clair depuis 2018. On est là pour faire beaucoup de gestes pour améliorer la gouvernance, valoriser la profession enseignante, reconnaître l'autonomie professionnelle, améliorer notre taux de diplomation. On va signer cette convention collective, on va passer à travers la pandémie, puis, après ça, on va se remettre sur les rails, puis on va améliorer la réussite des élèves.

Mme Senay (Cathy) : …because you said that school success for this year, it's a question mark, because there is a catch-up that will need to be done in the next year or even two years.

M. Roberge : We will catch up. I think it's true that a lot of students had a lot of difficulties this fall, of course. I think it was normal because a lot of them got sick or we had to close our schools near Christmas. So, we will be there to help the teachers helping the kids and we know that we have to put on some long-term changes. So, next year won't be a regular year. And I'm really open-minded to find some new solutions.

Mme Fletcher (Raquel) : …say that, right now, they're at the end of their rope. They're exhausted, their working conditions have deteriorated since the beginning of the pandemic, and they're still waiting for the negotiation. It's not just because the negotiation is taking a long time, it's also because they say their working conditions are not good. Isn't there something that you can do right now to improve their working conditions?

M. Roberge : We did a lot since September. We added a lot of money to our network. We hired some new specialists, new tutors. Each month, we add some new resources to help teachers helping the kids and we will continue.

Mme Fletcher (Raquel) : …in favor of a strike. So, it seems like it's not working.

M. Roberge : I think we will be able to avoid the strike, because I think we will come to an agreement really soon.

Mme Senay (Cathy) : The Center for Research-Action on Race Relations had a press conference early this morning. They are fighting with… There is a child of 16 years old, a boy with autism, a severely autistic boy, and he was expelled from his school in November. The school is «l'école des Érables», and the service center is «commission scolaire de la Seigneurie». So, his mother believes that it's because he's too tall, too big. He had only nine hours of schooling this year, and the Center for Research-Action on Race Relations is saying : The school has the obligation to keep him until he is 20… well, he is an adult. So, have your heard about this story? And what do you think you can do to help this mother?

M. Roberge : I've heard about... It's really sad, I think. Our system has the duty to never give up on a kid. We should never give up on a student, never give up on a kid. We have a lot of ways to help the families and help the kids, help the students. We will continue our discussion with this school service center to find some new ways to… We don't want to let him down.

Mme Fletcher (Raquel) :  …parents are calling for more money to LEARN, for tutoring, and not just Allô prof. …parents are calling for more money. Why not give more money to LEARN?

M. Roberge : Well, it's important to say that, first, the money for the tutoring program is going to the school service centers and the school boards. The school service centers and the school boards are the ones responsible to put on this tutoring program. We have some other partners, like Allô prof and Tel-Jeunes, and they provide some English-speaking services. And I'm really open-minded to have a meeting with LEARN. If we need to expand our services, if we need to move on with LEARN, we will do so. Thank you very much.

Merci, tout le monde.

(Fin à 13 h 38)

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