(Treize heures neuf minutes)
M. Barrette : Alors, bonjour, tout
le monde. Alors, merci d'être ici pour assister à ce point de presse que je
donne aujourd'hui en compagnie du président de la Fédération des médecins
omnipraticiens du Québec, Dr Louis Godin, qui m'accompagne aujourd'hui pour un
autre jalon de l'évolution de la mise à niveau et des réformes que l'on doit mettre
en place pour s'assurer que nous améliorions le système de santé du Québec.
Alors, aujourd'hui, nous sommes dans ce
point de presse pour faire le point sur l'état d'avancement des travaux quant à
la mise à niveau du cadre de gestion des groupes de médecine de famille, les
fameux GMF. Alors, les GMF sont une créature qui existe maintenant depuis un
peu plus de 10 ans et qui sont régis par un cadre de gestion qui méritait évidemment
d'être mis à jour pour toutes sortes de raisons, la première étant évidemment
que c'est un milieu qui a évolué en structure, en mission aussi, je dirais, et
en mode de fonctionnement, et aussi parce qu'il y a eu un certain nombre de
critiques. J'entends régulièrement ma vis-à-vis de l'opposition officielle
émettre des critiques. D'ailleurs, aujourd'hui, comme vous avez certainement
remarqué, elle a émis et exprimé un certain nombre de critiques non fondées, mais
je pense qu'il y a besoin de préciser les choses pour faire qu'au moins les oppositions
comprennent quelque chose. Ça va faire changement.
Alors donc, on annonce aujourd'hui l'état
des travaux, la mise à niveau des travaux sur l'adaptation ou la mise à niveau
de notre cadre de gestion des GMF. Évidemment, ce cadre de gestion là n'est pas
officiellement finalisé. Ça le sera dans les prochains jours ou semaines, probablement
au singulier, mais on est presque à destination, suffisamment pour qu'on puisse
vous faire part de cet état d'avancement.
Alors, les GMF, ça fonctionne dans un
cadre de gestion, et le cadre de gestion prévoit un certain nombre de choses, et
je vais les énumérer et vous faire part de certains ajustements. Alors, du côté
du financement, le financement a une structure qui est maintenue par rapport à
ce qu'elle était précédemment, mais le seuil d'accès au financement passe de 9 000
à 6 000, ce qui signifie que des petits GMF en région rurale, qui n'avaient
pas accès à un financement, auront accès à un financement à partir de
maintenant, ce qui est une excellente nouvelle pour ces régions. Par ailleurs,
le financement, contrairement à ce que c'était précédemment, sera proportionnel
au nombre de patients inscrits.
Alors, vous verrez dans les éléments que je
vais énumérer qu'il y a une corrélation à faire avec, et l'entente qu'on a
conclue hier, et certains principes qui sont sous-tendus par le projet de loi
n° 20. L'offre de services exigée par les GMF était une offre de services
qui, précédemment, était sans égard au nombre de patients inscrits, alors qu'à
partir de maintenant l'offre de services sera spécifique et proportionnelle au
nombre de patients inscrits. Donc, un petit GMF, on ne peut pas lui demander, à
6 000 inscrits, d'avoir le même nombre de médecins qu'un plus gros et on
ne peut pas demander à un plus petit nombre de médecins d'offrir un service en
quantité équivalente à un plus grand nombre.
Par contre, à tout le monde, on va
demander un minimum progressif jusqu'à un maximum, et les paramètres sont les
suivants. À partir de 6 000, on va demander 52 heures de présence par
semaine, ce qui correspond à cinq jours ouvrables et trois soirs. Il y aura une
progression de la demande d'offre de services allant de ce que je viens de
décrire jusqu'aux GMF de 18 000 inscrits et plus à qui on va demander, évidemment,
sept jours sur sept avec un nombre d'heures appropriées et sept soirs, évidemment.
Et dans tous les cas, les GMF vont avoir le loisir, pour compléter leur offre
de services, d'avoir des ententes avec, par exemple, un hôpital, une urgence,
CHSLD et ainsi de suite.
En termes d'octroi de ressources, vous
savez, dans les GMF, on donne des ressources, le réseau public donne des
ressources en GMF. Le ratio était d'une infirmière équivalent temps plein par
6 000 inscrits. Nous allons augmenter, à partir du réseau et non à partir
du financement des médecins de famille, les ressources attribuées aux GMF et essentiellement
nous allons aller jusqu'à 255 professionnels autres que les pharmaciens, qui
seront à hauteur de 112 de plus, et de 307 travailleurs sociaux de plus de
notre réseau de GMF actuel. Évidemment, si le réseau de GMF avait à augmenter,
il y aurait une augmentation proportionnelle. En technologies de l'information,
le mode d'allocation des ressources financières est le même, mais va augmenter
compte tenu du fait qu'on emploi plus de ressources et que, conséquemment, les
médecins auront besoin de plus d'espace de location ou de propriété pour
recevoir ce personnel-là.
Un élément très important, c'est la
reconduction des accréditations. Alors, les accréditations étaient reconduites
sur une base triannuelle; elles le seront, à partir de maintenant, sur une base
annuelle. Et ça, c'est très important parce que, pour faire un suivi du
maintien des choses et des services exigés, on ne veut plus faire ça sur une
base triannuelle, mais bien annuelle, et on introduit, et ça été accepté évidemment
par le Dr Godin, qui vous en, certainement, reparlera… Le taux d'assiduité est évidemment
mis en application dans les GMF, alors qu'ils n'existaient pas précédemment, et
le taux d'assiduité en GMF passera de 70 % à 80 % sur une période
trois ans.
Maintenant, et ça, j'ai vu ce matin que
les oppositions officielles ne comprenaient pas le concept, mais je pense que
vous comprenez… Vous avez suffisamment suivi l'actualité pour comprendre le
principe des pondérations, les clientèles inscrites en GMF sont pondérées.
Elles l'étaient précédemment, elles le seront de façon plus étendue maintenant,
et nous ajoutons des critères de pondération pour établir le nombre d'inscrits.
Donc, au total, on se retrouve avec une
adaptation plus concrète, plus précise et plus reproductible d'un GMF à l'autre
et surtout plus vérifiable de nos critères d'octroi de subventions et de vérification
des livrables. Et, si les livrables ne sont pas au rendez-vous, évidemment, il
y a des conséquences qui sont prévues à l'entente. Alors, là-dessus, je vais
passer la parole à Dr Godin qui va vous faire part de son appréciation de la
chose. Dr Godin.
M. Godin (Louis) : Merci, Dr
Barrette. Bonjour, tout le monde. D'abord, un, j'aimerais préciser dès le
départ que, pour nous, le modèle des groupes de médecine familiale, c'est un
modèle qu'on supporte depuis toujours. C'est le mode d'organisation dans lequel
on croit et on croit le plus, qui est le plus adapté pour donner des services
de qualité en première ligne. On a accueilli les premiers GMF il y a maintenant
presque 15 ans. À ce moment-là, il y avait un cadre qui était très rigide,
c'était 10, 12 docteurs, 15 000 inscriptions, tout était bâti là-dessus.
On s'est aperçu avec le temps que la
rigidité de ce cadre-là rendait son application fort difficile, particulièrement
dès qu'on sortait des zones un peu plus urbaines ou qu'on voulait toucher des
plus petits groupes de médecins. Ça a amené à beaucoup de variations locales à
l'intérieur de ça, mais qui rendaient aussi la gestion de tout ça fort
difficile. Et rappelez-vous, il y a quelques années, on disait que 45 %
des GMF ne respectaient pas le cadre de gestion et on disait donc que les
médecins ne respectaient pas leurs signatures, ce qui était la vérité. C'est
qu'il y avait peut-être moins de 10 % des GMF qui ne respectaient pas
leurs signatures. C'est le cadre de gestion qui n'était pas respecté parce
qu'il n'était pas adapté.
Donc, nous sommes heureux d'arriver
aujourd'hui avec un cadre de gestion qui est beaucoup plus clair, dans lequel
les obligations de chacun sont clairement définies. Comme le mentionnait le Dr
Barrette, en fonction du nombre d'inscriptions, les nombres d'heures de service
en lien avec ça sont déterminées de même que le financement et le support qui
est apporté à ces gens-là. Naturellement, ce nouveau cadre de gestion là
prévoit un support encore plus grand, plus varié en types de professionnels. On
aura, de façon statutaire, des travailleurs sociaux. On aura des pharmaciens
qui pourront se joindre aux groupes de médecine familiale. Donc, ça, c'est très
positif pour les médecins qui y travaillent.
Mais l'autre élément qui est très
intéressant, c'est qu'on a aussi des obligations très claires pour les
établissements. Rappelons-nous qu'on se plaignait souvent de se voir allouer du
personnel, que le personnel n'était jamais au rendez-vous, les remplacements
étaient difficiles. À ce moment-ci, on a un cadre très, très précis pour
déterminer comment ça va fonctionner.
On a aussi allégé beaucoup la procédure de
renouvellement et de reddition administrative. Avant ça, lorsque les
renouvellements se faisaient à chacun des trois ans, c'était souvent presque
une répétition de la mise en place du GMF. Maintenant, ce sera beaucoup plus
simple. Vous répondez aux critères, aux exigences de votre offre de services,
vous avez des inscriptions suffisantes, c'est réglé, l'accréditation se
poursuit automatiquement, la même chose pour les modifications en cours
d'entente. Un GMF, durant sa période d'accréditation, aurait un seuil
d'inscriptions plus élevé. Les mécanismes d'ajustement se feront de façon beaucoup
plus automatique.
Donc, pour nous, c'est quelque chose d'intéressant,
d'autant plus intéressant que… vous savez, hier, on a pris un engagement
significatif comme médecins de famille, c'est-à-dire d'inscrire un nombre
défini de patients, de garantir une accessibilité. Comme les groupes de
médecine familiale sont vraiment la pierre angulaire de notre organisation à
l'extérieur de l'hôpital, c'est un modèle qu'on veut voir continuer à
développer. Vous comprenez que d'avoir un cadre de gestion qui est aujourd'hui beaucoup
mieux défini, beaucoup plus clair, laissant beaucoup moins de place à l'ambiguïté,
mais aussi, en même temps, en ayant réussi à y apporter, à l'intérieur de ce
cadre-là, la souplesse nécessaire pour reconnaître les particularités locales parce
qu'on ne traitera pas nécessairement de la même façon un GMF dans une petite
région près d'un petit hôpital que l'on va le faire sur l'île de Montréal.
Donc, je m'arrêterai ici, puis on sera disponible pour les questions.
M. Barrette : Donc,
permettez-moi de réitérer et de faire le lien entre certains éléments qui
m'apparaissent extrêmement importants. Hier, on vous a dit, hein, lorsqu'on a
fait la conférence de presse, un des éléments qui n'a pas été beaucoup cité — ce
n'est pas un reproche, je peux comprendre, dans le feu de l'action, que tout ne
soit pas mis en valeur — on a dit que, dans notre entente, nous
allions quadriller le Québec en GMF. Pour quadriller le Québec en GMF en y
envoyant des ressources, en gérant les plans d'effectifs, il nous faut un cadre
de gestion qui est un cadre de gestion clair, un cadre de gestion qui, comme Dr
Godin vient de vous le dire, qui diminue la bureaucratie… Ce n'est pas moi qui
l'ai dit, là, c'est Dr Godin qui l'a dit.
Alors, on diminue la bureaucratie, mais, en
même temps, on demande qu'il y ait une reddition de comptes, des livrables. Ils
sont là. Et, comme Dr Godin a souvent dit, ils veulent avoir des ressources
pour les aider à produire plus. Alors, retenons, là, qu'actuellement, du
réseau, dans les GMF, on envoie 178,7 équivalents temps plein en ressources, et
on va passer à 650 équivalents temps plein. 178 à 650. Ça, ce sont des
professionnels qui vont venir accompagner les médecins de famille pour leur
permettre d'augmenter leur production à l'intérieur d'un cadre qui, lui, est
adapté aux régions et qui comprend des livrables. Et les livrables, s'ils ne
sont pas livrés, bien, on s'est entendu sur les conséquences qui surviennent si
ce n'est pas livré, et les conséquences, c'est évidemment un retrait d'investissement
en dollars et en personnel.
C'est un partenariat, celui que la population
attend, mais dans un cadre qui donne ou qui garantit des résultats sous peine
de. C'est la nouvelle façon de faire. On investit, on nous donne en retour le
service. Et je pense que ça, c'est une grande amélioration pour la population
ou, du moins, c'est le gage des résultats qui s'en viennent devant nous. Et ça
s'inscrit parfaitement dans l'axe loi n° 10, projet de loi n° 20,
entente que l'on vient de convenir, qui va faire en sorte, par son succès, qu'on
n'appliquera pas le projet de loi n° 20 évidemment, mais qui fait quand
même en sorte que le projet de loi n° 20 existe. Mais ce qui m'intéresse aujourd'hui,
c'est ce cadre-là avec l'entente qu'on a convenu hier. Alors, si vous voulez y
aller aux questions.
Journaliste
: Oui, j'ai
une question. D'abord, vous avez envoyé des avis ou des préavis de sanction
contre les GMF qui ne répondaient pas, donc, aux obligations, à leurs
obligations contractuelles. Est-ce que je comprends que toutes ces démarches-là
deviennent en quelque sorte de l'histoire ancienne de telle sorte que, là, il y
a un nouveau cadre de gestion qui… parce qu'il y a un nouveau cadre de gestion
qui va entrer en vigueur?
M. Barrette : Le problème des,
entre guillemets, conséquences qui arrivaient avec un non-respect d'un cadre de
gestion qui, lui, comme Dr Godin a dit, était plus… qui n'était pas le même, on
va dire, qui était moins précis dans ses éléments que maintenant, c'est qu'en
plus les conséquences étaient étalées sur plusieurs années. Comme les décisions
de financement, d'accréditation et ainsi de suite étaient sur un cycle de trois
ans, l'impact que l'on avait pouvait s'étendre sur trois ans. Là, maintenant,
dans ce cadre-là, c'est aux années, c'est-à-dire que, un, la vérification… le
livrable est attendu dans l'année et la vérification est faite dans la même
année. Et, s'il n'y a pas adéquation entre les deux, la conséquence est dans
l'année.
M. Godin (Louis) : Maintenant,
si vous me permettez, par rapport aux GMF qui étaient en renouvellement ou qui
avaient des… qui ne se retrouvaient pas à l'intérieur du cadre, ces gens-là
seront avisés qu'ils devront se conformer au nouveau cadre. Il y aura une
période de transition d'un an pour donner le temps à ces gens-là de s'adapter à
l'intérieur de ça, et, à partir de ce moment-là, ce sera les règles que l'on a
convenues, et, comme je vous le mentionnais tout à l'heure, ces règles-là sont
équitables aussi entre les GMF pour faire que, si tu as 15 000 patients
d'inscrits, bien, tes obligations sont les mêmes que tu sois à Montréal ou que
tu sois à Québec. Je veux dire, tu n'as pas deux sortes d'obligation, et on a
une période de transition à l'intérieur de ça.
Journaliste
: Vous avez
promis, en campagne électorale, je crois, de faire porter le nombre de GMF à 300.
M. Barrette : Oui, tout à fait.
Journaliste
: Est-ce qu'en
vertu de ce qui est annoncé aujourd'hui, la cible sera atteinte?
M. Barrette : La cible sera certainement
atteinte en vertu surtout de ce que l'on a annoncé hier, parce qu'hier on a
annoncé non seulement le quadrillage du Québec en GMF, d'un commun accord… Ça,
c'est un changement, là, dans la gestion des effectifs médicaux. Mais non
seulement on va les quadriller, d'un commun accord, en fonction de la
distribution géographique de la population, mais les finissants seront dirigés
vers les GMF, comme les finissants en hôpital sont dirigés vers des hôpitaux,
alors qu'avant, en hôpital, on avait un menu de postes qui nous étaient
offerts, comme finissants, alors qu'à l'extérieur de l'hôpital c'était plus…
c'était sans contrainte autre qu'une limitation du nombre de médecins dans une
région donnée.
Mais là on va aller jusque dans le détail,
le détail étant le GMF. Ce que l'on met en place depuis hier, c'est une formule
qui va sans aucun doute augmenter le nombre d'effectifs dans les GMF existants
et augmenter le nombre de GMF. Et je vous dirais qu'il est très raisonnable et
extrêmement probable que, dans les prochaines années, le nombre de GMF excède
significativement 300.
Journaliste
: Vous
estimez à combien?
M. Barrette : Bien, dans un
monde idéal, là, il pourrait y en avoir facilement 50, 75 de plus, là.
Journaliste
: Mais, je
veux dire, est-ce que c'est une vraie cible que vous vous donnez ou est-ce que…
M. Barrette : Non. La raison
pour laquelle je ne donne pas de cible aujourd'hui, elle est simple, c'est
qu'il faut d'abord consolider les GMF existants et permettre à ceux qui sont en
pratique solo, plus en fin de carrière, de terminer leur carrière, et c'est la
conjugaison, là, des deux, parce que moi, je n'ai pas l'intention de mettre,
comme d'autres ont fait, des médecins à la retraite, là, et je n'ai pas
l'intention non plus d'empêcher les médecins de travailler comme ils
travaillent actuellement.
Maintenant, là où on va, c'est un monde où
la première ligne sera un quadrillage, un réseau de GMF, et je dirais que c'est
probablement ce que souhaitent les médecins de famille.
M. Godin (Louis) : De toute
façon, il faut retenir que les médecins, en général, au cours des dernières
années, s'installent dans les groupes de médecine familiale. Un des éléments
actuellement qui va favoriser ça, un des endroits où c'était de plus en plus
difficile, c'est les plus petites communautés parce que tu n'avais pas la
population pour faire les GMF.
Là, avec un niveau de 6 000, ça veut
dire que, même dans les régions rurales, ça va devenir quelque chose de
possible pour les médecins de s'organiser en groupe de médecine familiale et
d'avoir le support qui est associé à ça. Donc, il y a là un élément, là,
beaucoup plus facilitant parce qu'avant ça on devait toujours arriver avec
toutes sortes d'ententes, de dérogations, d'ententes sur le côté pour dire :
Bon, oui, ça va passer. Gros changement de ce côté-là.
La Modératrice
: Pierre
Pelchat.
M. Pelchat (Pierre)
:
Oui, bonjour. Je n'étais pas là hier. Pourriez-vous me rappeler le nombre de GMF
de plus qu'on va avoir, d'une part, le coût des nouvelles mesures que vous
annoncez aujourd'hui et l'échéancier? Est-ce que ça va être mis en application
rapidement ou sur deux ans, sur trois ans, quand vous parlez de 600 nouveaux
professionnels, là, Dr Barrette?
M. Barrette : Alors, les
nouveaux professionnels sont des professionnels du réseau qui seront réassignés
dans les GMF. Alors, ce ne sont pas du personnel additionné au réseau actuel, à
l'exception des pharmaciens. Les pharmaciens, eux, vont entraîner un coût
supplémentaire de l'ordre de 4,5 millions de dollars en salaires.
M. Pelchat (Pierre)
:
Puis vous prévoyez qu'ils vont être dans les GMF à quel moment, les nouveaux?
Avez-vous un échéancier?
M. Godin (Louis) : En fait,
on veut faire ça à partir de la prochaine cohorte, là, qui va nous arriver maintenant,
dans les faits, dans à peu près 14 mois. D'un autre côté, il ne faut pas y
voir là un immense changement par rapport à ce que ça va causer pour les
médecins parce que, de toute façon, nos jeunes médecins, ils ne veulent pas
aller travailler nulle part autre que dans des GMF à l'extérieur de l'hôpital.
Ce que l'on veut faire cependant avec ça,
c'est s'assurer qu'on a un déploiement des GMF un peu partout, et l'autre
élément, assurer aussi la pérennité de ceux qui existent. Parce que combien on
a eu de GMF qui se sont retrouvés… qui ont perdu des médecins et qui n'ont
jamais été capables d'en retrouver parce que souvent les nouveaux qui
arrivaient se concentraient surtout à l'hôpital? On est vraiment dans une
dynamique où on fait de la première ligne de ce qui se passe à l'extérieur de
l'hôpital, quelque chose de prioritaire dans l'organisation des soins de santé.
M. Pelchat (Pierre)
:
Je comprends, mais moi, ma question, c'était juste de savoir, les nouveaux
professionnels, ils vont être là, disponibles, très rapidement, si je comprends
bien.
M. Barrette : Comme je vous
l'ai dit, la majorité des professionnels, sur les 600 quelques, il y en a 112
qui sont des pharmaciens, les autres sont dans le réseau actuellement, sont
réaffectés.
M. Pelchat (Pierre)
: Ils
pourraient être réaffectés rapidement?
M. Barrette : Oui, ils peuvent
être réaffectés rapidement, ça, c'est la première chose, et la deuxième chose,
vous comprendrez qu'hier on a signé une entente dans laquelle le gouvernement
s'engage à donner les ressources aux médecins de famille dans leur environnement
pour leur permettre de livrer ce qu'on leur demande. Alors, moi, j'ai intérêt à
ce que ça se fasse d'ici, évidemment, 31 décembre 2017.
M. Pelchat (Pierre)
: Je
vous suis, mais, par le passé, on a eu beaucoup d'annonces d'ajouts de
professionnels puis on ne les a pas vus tout le temps, là. Je ne blâme pas
personne, là…
M. Godin (Louis) : Même pour
vous dire, au-delà de ça, un autre élément qui est important, même si vous vous
retrouvez avec un GMF qui est en cours d'entente, qui n'aurait pas à se plier
au nouveau cadre maintenant, s'il le désire, il pourra se prévaloir du nouveau
cadre.
M. Pelchat (Pierre)
:
Donc, il n'y a pas de coût supplémentaire si vous transférez simplement du
personnel à ce moment-là.
M. Barrette : À part les
pharmaciens.
M. Pelchat (Pierre)
: À
part les pharmaciens. O.K.
M. Barrette : Maintenant, pour
répondre plus précisément à votre question, parce que je comprends que vous
voulez avoir un échéancier, je comprends très bien la question, cette
entente-là va se terminer, là — on est à 98% de la rédaction de la
mise à niveau du cadre de gestion — ça va se conclure dans les
prochains jours, semaine au singulier, je dirais, et ça sera mis en application
à l'automne 2015. Donc, entre l'automne 2015 et sans aucun doute en
quelque part en 2017, tout ça sera déployé.
M. Pelchat (Pierre)
: D'accord.
Une dernière question, c'est concernant la tarification… je m'excuse pour mes
collègues, là. Mais il y a des gens qui disaient toujours que c'était
incompatible, la rémunération à l'acte puis le travail avec des gens, des
professionnels qui sont payés à salaire. Est-ce que vous prévoyez des
modifications éventuellement ou une méthode de rémunération des médecins en
cabinet?
M. Barrette : J'imagine que
vous posez une question neutre, alors vous me réserverez ces conversations-là
que j'ai pendant des heures actuellement de façon peu utile avec les
oppositions en commission parlementaire.
La Modératrice
:
Charles Lecavalier.
M. Lecavalier (Charles)
:
Oui. Bonjour, M. le ministre, Dr Godin. Il y a combien, en ce moment, de GMF
qui ont 18 000 inscrits et plus? Est-ce qu'on le sait? Parce que, dans le
fond, cette classe-là de GMF qui va offrir du service sept jours sur sept, tu
sais, est-ce qu'on peut savoir à peu près combien il va y en avoir et combien
il y en a actuellement?
M. Godin (Louis) : Bon, ça, c'est
la question qui tue, hein? De façon précise, je ne peux pas vous donner une
réponse. Je vous dirais, il y en a probablement entre 50 et 100… de GMF qui sont
à plus de 18 000 inscrits. Il faut aussi savoir que les GMF de moins de
18 000 devront convenir entre eux ou avec une ressource d'ententes de
service pour couvrir une plage de 68 heures. Et ne perdons pas de vue qu'on
a, au-delà de ça, le projet des supercliniques ou des unités d'accès, là, de ce
que l'on parle depuis déjà plusieurs mois, qui, elles, seront une offre de
services à partir de GMF existants, pour la plupart les plus gros GMF, qui,
elles, vont avoir une offre de services étendue, à clientèle ouverte, pour
s'assurer que les patients qui, finalement, pour une raison x, ne peuvent pas
voir leurs médecins, bien, puissent se référer là. Et ça, ça va nous permettre
de compléter le réseau d'accessibilité pour faire que les gens ne se retrouvent
pas dans une période où ils n'ont pas accès à un médecin de famille puis ils
doivent se rabattre sur la salle d'urgence.
M. Barrette : En complément,
il ne faut pas aujourd'hui, peut-être un jour mais pas aujourd'hui, faire une
adéquation entre 6 000 inscrits et une région rurale. Il y a des GMF, en
région urbaine, qui ont juste 6 000 inscrits. Et, quand je disais tantôt,
à la question : Il va avoir combien de GMF à terme?, bien, quand j'ai
répondu qu'il fallait consolider les GMF d'abord, bien, c'est ce que je voulais
dire.
Un GMF urbain qui a huit médecins de
famille… qui a 8 000 inscrits, pardon, mais qui, en réalité, devrait en
avoir peut-être 15 000 dans son quartier, bien, il faut que je consolide
celui-là d'abord. Et je donnerai l'exemple de Chauveau. À Chauveau, il y a un
GMF, là, qui va passer de sept, huit médecins à trois, quatre médecins pour des
prises de retraite tout à fait légitimes. Bien, moi, c'est dans mon intérêt de
diriger des finissants à Chauveau, ce que je vais faire, pour consolider cette
zone urbaine là à densité populationnelle plus grande qu'une région plus
rurale. Et, à terme, oui, il y aura une adéquation entre le petit nombre
d'inscrits et les régions rurales, peut-être, mais avant il faut consolider la
région urbaine parce que les problèmes ne sont pas nécessairement en premier
là, mais, en quantité, c'est là où il y en a le plus. Mais évidemment on essaie
de s'occuper de tout le territoire au complet.
M. Lecavalier (Charles)
:
Et je veux juste être bien sûr de comprendre. Les plus gros GMF, est-ce que,
ça, ça va être, ça, les supercliniques ou non?
M. Godin (Louis) : Bien, pas nécessairement,
sauf que, compte tenu de l'infrastructure qui va être installée là avec
prélèvements, radiologie, corridors de services et de l'offre étendue de
services qui doit être offerte, il est fort probable que ce sera principalement
des gros GMF qui seront intéressés à ça. Et l'autre élément, c'est qu'on va
retrouver ces cliniques-là surtout dans les grands milieux et c'est là où on a
les masses suffisantes pour avoir des GMF de 15, 18, 20 médecins.
M. Barrette : Et en complément
on a toujours dit qu'une superclinique, il y a des ratios. Alors, le ratio
prévu pour établir une superclinique, c'est une superclinique par 50 000 à
70 000 personnes. Alors, la variation dépend du type de quartier et des
besoins socioéconomiques qui ont une influence sur la santé. Alors, il n'y aura
pas une superclinique dans une région rurale où il y a 15 000 habitants,
il va avoir un GMF à la place.
M. Lecavalier (Charles)
:
Je me permets une dernière question. Quel est le portrait que l'on a
actuellement des GMF? Parce que je vous ai posé une question sur les plus gros
GMF… Est-ce que le gouvernement… Est-ce que la fédération des omnis a un
portrait du nombre de GMF et puis du nombre de patients qu'il y a dans ces GMF là?
M. Godin (Louis) : Oui. On a
un portrait détaillé, le nombre, où ils sont, le nombre de médecins, le nombre
d'inscrits. On a tout ça.
M. Barrette : Votre médecin,
ce n'est pas un Dr Tremblay? Non, c'est une plaisanterie.
M. Lecavalier (Charles)
:
Je n'ai pas de médecin de famille.
M. Barrette : On va vous organiser
ça.
La Modératrice
: Martin
Ouellet.
M. Ouellet (Martin)
:
Oui. Bonjour, messieurs. Ma question, c'est très simple, là. Cette entente-là aujourd'hui
représente quoi pour les patients, pour ceux qui n'ont pas de médecin de
famille? Est-ce qu'il y a une idée du volume que ça va représenter à l'automne?
Vous allez commencer ça à l'automne. Bon, on peut s'attendre à quoi, là, comme
changement, comme membership? Est-ce qu'il va avoir plus de gens pris en charge
dès l'automne?
M. Godin (Louis) : Voyez-le parallèlement
avec les engagements que l'on a pris hier. Comme groupe, on s'est engagé à atteindre
une cible en 2017. Ça veut dire qu'il y aura plus de patients qui vont être inscrits
par différentes mesures qui vont modifier les AMP. Donc, il y aura des médecins
qui vont être disponibles pour aller travailler dans ces groupes de médecine
familiale là. S'il y a des médecins qui s'installent dans ces groupes de
médecine familiale là, c'est des patients qui seront pris de plus. Ce seront
des horaires bien connus.
M. Ouellet (Martin)
:
Est-ce que vous attendez des milliers d'inscriptions de plus à cause de ça?
M. Godin (Louis) : Bien,
écoutez, moi, j'ai un horizon, je veux dire, je sais le calendrier qui nous
attend. J'ai, grosso modo, 1,2 million à 1,4 million inscriptions à
faire au cours des deux prochaines années et demie. Donc, attendons-nous qu'au
cours des six, sept prochains mois j'ai, net, probablement 200 000 à
300 000 patients qui vont trouver un médecin de famille à l'intérieur de
ça, puis ça va se faire progressivement.
L'autre élément, c'est que le fait
d'ajouter des ressources, des ressources professionnelles, ça va permettre de
dégager les médecins d'une certaine partie de leur travail. On nous avait dit
souvent… je vais dire que c'est important d'impliquer les pharmaciens
là-dedans. On va avoir des pharmaciens qui vont être disponibles. Bien,
c'est... avec tout ça, bien, les médecins seront capables de prendre un peu
plus de patients et c'est comme ça qu'on va y arriver à ces chiffres-là. Comme
on le mentionnait hier, il y a plusieurs éléments qui jouent, et ça, ça fait
partie de l'environnement favorable que le gouvernement s'est engagé à créer
aux médecins de famille. Et c'est pour ça que, nous, on est satisfaits de ce
nouveau cadre-là.
M. Ouellet (Martin)
:
On parlait de la cible, là. Simplement une précision. On parlait de la cible de
création de 300 GMF. Là, il y en a combien, excusez-moi, je... pour
l'instant, là, il y en a combien présentement déployés?
M. Godin (Louis) : 258, de
mémoire, là.
M. Ouellet (Martin)
:
258. Et, est-ce que j'ai bien compris, tout à l'heure, c'est qu'idéalement il
en faudrait 375, là? Non? Je n'ai rien compris?
M. Barrette : Ça, c'est moi
qui ai utilisé le chiffre. Ce que j'ai dis, c'est que, compte tenu du fait qu'à
partir de maintenant nous allons favoriser l'établissement des GMF, et qu'on va
diriger les jeunes finissants vers les GMF, et compte tenu aussi du fait qu'il
y a encore des gens qui sont en pratique solo en cabinet et qui vont le rester
pour finir leur carrière, on peut s'attendre — ce n'est pas un
objectif — à ce qu'on excède significativement le nombre de 300.
C'est tout à fait raisonnable de penser ça, mais ce n'est pas un objectif en
soi. Le premier objectif, c'est de bien développer les GMF et de bien les
équiper en personnel, incluant les médecins d'abord et répartir ensuite.
M. Godin (Louis) : Parce
qu'un des éléments… vous allez dans une région, il y aurait, en principe, de la
place pour un GMF de 12 000. Est-ce qu'il y en aura un de 12 000,
deux de 6 000? C'est la dynamique locale, là. On ne crée pas un «billing
number» où on envoie les gens à un endroit précis, là. Ce que l'on veut, c'est
qu'on consolide ce modèle GMF là. C'est le modèle qu'on a toujours privilégié
puis on va s'assurer qu'il y ait les ressources médicales pour fonctionner.
M. Ouellet (Martin)
:
Merci beaucoup.
La Modératrice
: Pascal
Poinlane.
M. Poinlane (Pascal)
:
Un des problèmes, je pense, là, vous connaissez mieux le système de santé que
moi, mais un des problèmes, c'est que les patients ont tendance à... sauf pour
les aînés, peut-être, à ne pas aller vers un médecin de famille et consulter
les urgences, et ça engorge les urgences. Comment vous allez changer la
mentalité des patients et les convaincre d'aller chercher un médecin de
famille?
M. Barrette : En tout cas,
moi, j'ai envie de vous répondre que, si vous considérez que les gens aiment
aller à l'urgence, peut-être qu'ils doivent y aller pour recevoir des
traitements, là. Moi, je ne connais personne qui est heureux d'aller attendre
12 heures à l'urgence. Je pense que, lorsque l'offre de services à
l'extérieur de l'hôpital sera présente en tout temps, les gens vont aller au
GMF, c'est sûr. Pour moi, il n'y a aucun doute là-dessus. Je n'ai jamais vu,
moi, un groupe d'individus ou un individu heureux d'aller attendre à l'urgence.
Je n'ai jamais vu ça.
M. Poinlane (Pascal)
:
Mais c'est sur les délais, parce que, pour avoir un rendez-vous, en ce moment,
avec son médecin, c'est long.
M. Godin (Louis) : Et de la
même façon qu'on mentionnait hier... parce que ça, ça va s'appliquer autant aux
GMF que pour les médecins qui ont une pratique privée, on travaille avec eux actuellement
à ce qu'ils modifient leurs façons de faire pour que, comme médecin, tu rendes
des plages disponibles le plus rapidement possible pour tes patients, mais en
sachant aussi que c'est un groupe de médecins qui va pouvoir aussi travailler
ensemble à offrir ces services-là plus rapidement à ces patients-là
Et probablement qu'il y aura encore des
gens qui choisiront d'aller consulter un autre GMF ou une autre salle
d'urgence, mais, au moins, la structure sera là, et moi, je pense que les gens,
à terme, ils vont apprécier ça puis ils vont en profiter.
La Modératrice
:
Dernière question parce qu'on doit aller en Chambre.
M. Poinlane (Pascal)
:
Juste une petite... Oui. Désolé, je comprends. On parle de 1,2 à
1,4 millions de plus d'inscriptions, là, mais qu'est-ce que ça veut dire
en termes de rémunération pour les médecins? Est-ce que ça veut dire... parce
qu'on est rémunérés à l'acte, là, c'est ça, la question.
M. Godin (Louis) : Oui, on
est rémunérés à l'acte, mais, en même temps, il faudra voir de quelle façon ça
va se décliner parce qu'en même temps j'ai d'autres professionnels. Ces autres
professionnels là vont souvent m'aider dans leur travail. C'est des actes que
moi, je faisais, qui vont être faits par un autre. C'est certains examens qui
vont être faits différemment. L'accès adapté fait que souvent le nombre
d'examens faits par le médecin diminue. Donc, c'est toute cette dynamique-là.
On ne peut pas prévoir aujourd'hui quel va être l'effet réel sur le volume. Ce
que l'on sait, c'est que ça va changer quelque chose.
M. Barrette : Alors, je suis
désolé, mais la cloche étant au Parlement ce que la cloche est à l'école, on
doit obéir.
La Modératrice
: Merci,
tout le monde.
M. Barrette : Merci.
(Fin à 13 h 40)