(Huit heures)
M. Bérubé : Bonjour, tout le
monde. Hier, il s'est passé quelque chose d'assez exceptionnel. Lors du débat
sur la motion du mercredi, motion du Parti québécois qui porte sur la laïcité,
on a présenté un certain nombre de mesures pour répondre à la volonté du
premier ministre d'aller plus loin en matière de laïcité, plusieurs mesures,
dont une qu'on a rappelée, qui est notre position depuis 2022, c'est celle de
mettre fin au financement des écoles religieuses où on trouve des gestes
religieux explicites. Il y en a 50 au Québec. Elles sont financées par le
ministère de l'Éducation, à la hauteur de 160 millions de dollars
annuellement. On a cette position depuis 2022. Québec solidaire a maintenant cette
position, et, depuis hier, le Parti libéral du Québec a cette position. Alors,
je la salue.
Il reste le gouvernement, qui est le seul
à maintenir une position dure à justifier. D'ailleurs, si vous avez vu le
ministre de l'Éducation à Tout le monde en parle, dimanche soir, il
avait de la difficulté à justifier cette position.
Je lui dirais la chose suivante pour l'aider
à convaincre ses collègues : Dans un Québec qui a fait beaucoup de débats
sur la laïcité, qui a adopté une loi sur la laïcité, maintenant, ça prend des
gestes de cohérence pour compléter. Et, si le premier ministre est vraiment
sérieux, lorsqu'il a pris la plume mardi, lors de ses interventions, quand il
dit : On va faire ce qu'il faut pour séparer la religion de l'école, bien,
voici un moyen très concret, pour deux raisons. D'abord, si on est vraiment
dans le cadre de la laïcité, c'est la laïcité pour tous. Dans les 50 écoles
que je vous évoque, il y a des écoles catholiques, il y a des écoles
musulmanes, il y a des écoles juives, des écoles orthodoxes, il y en a pour
tout le monde. Mais il y a aussi 160 millions à aller chercher. Alors,
pour ces deux raisons, à la fois, il faut être cohérent en matière de laïcité,
puis pour aller chercher de l'argent, il me semble que le gouvernement devrait
voter en faveur de notre motion.
Pourquoi je vous parle du vote? Parce que
ça va être après la période des questions. Je n'ai pas d'indication à savoir s'ils
vont voter en faveur. Quant à Québec solidaire, ils ont cette position, mais
ils n'aiment pas certaines mesures de notre motion, que je vous ai renvoyée
hier. Alors, même s'ils votaient contre notre motion, bon, ça consacrerait un
certain nombre de différents, mais sur la question des écoles religieuses, ils
ont cette position, que je salue également.
Si le gouvernement le souhaite, il envoie
un message aujourd'hui de cohérence, puis, en même temps, il va chercher 160 millions.
À quelques semaines d'une mise à jour économique, il me semble que, dans les
deux cas, le Québec est gagnant, le Québec de 2024 qui veut s'affranchir de l'influence
religieuse. Certains pourront continuer à avoir des écoles religieuses, mais
ils les paieront eux-mêmes, comme on paie la dîme ou on paie une quelconque
cotisation pour un lieu de culte.
Donc, je voulais vous informer de l'état
de cette motion, qui est peut-être passée un peu inaperçue hier. Bien,
contrairement aux autres, souvent on dit : Consentement. Pas de
consentement. Là, il y a un vote. On va voter là-dessus en... juste après la
période des questions. Voilà. Et j'invite mon collègue des Îles-de-la-Madeleine
à vous parler de santé.
M. Arseneau : Oui. Bien,
juste un mot sur les services préhospitaliers d'urgence. Souvenez-vous, ça ne
fait pas longtemps, là, février 2024, le gouvernement dépose sur son site web,
il n'y a pas eu de grande annonce, un plan 2023-2028 pour... un plan
d'action pour les services préhospitaliers d'urgence, qui devait évidemment
régler les grands enjeux qui sont dans ce domaine-là. Mais le problème, aucune
nouvelle somme pour le déploiement des services à travers le Québec, pas plus
d'heures, pas plus d'ambulances. Et dès le départ, bien, on s'est aperçus qu'à
Québec, ça ne réglait pas le problème notamment qui avait été soulevé par deux
rapports de coroner suite au décès de personnes qui avaient dû attendre
l'ambulance pendant un nombre d'heures beaucoup supérieures à ce qu'on aurait
dû faire avec des services d'urgence.
Là, on apprend hier qu'il y a deux cas,
coup sur coup, où les patients ont dû attendre 21 heures à la maison en
douleur. Dans un cas, c'est... avec une hanche cassée, une personne âgée. Dans
un autre cas, c'est une personne qui a le dos barré complètement, qui ne peut
pas se mouvoir. 21 heures pour l'intervention des services préhospitaliers
d'urgence. Non pas parce qu'on n'a pas d'ambulance, non pas parce qu'on n'a pas
de personnel, parce qu'on n'a pas les sommes nécessaires pour déployer les
services. Et il faut se rendre compte que c'est parce que le gouvernement n'a
pas mis les moyens en place pour le déploiement des services. Le plan de
déploiement à Québec, là... Dès le départ, lorsqu'on donne les budgets, on sait
que ça va couvrir 84 % des besoins, et les besoins vont en augmentant à
chaque mois, à chaque année. Alors, comment se surprendre aujourd'hui qu'on
intervienne 21 heures après l'appel, même si c'est une priorité de rang
sept? Ça n'a absolument aucun bon sens, et c'est une belle illustration du fait
que le système de santé, le système des soins préhospitaliers d'urgence
s'effondre sous la CAQ. Merci.
Journaliste : M. Bérubé, avec
ce qui s'est passé depuis une dizaine d'années, là, au début de la Charte des
valeurs, de la loi 21, est-ce que le Québec s'est un peu endormi? Parce
que le 98,5 révélait, hier encore, une autre histoire dans une école.
Journaliste : ...ce que vous
dites, les écoles confessionnelles.
Journaliste : Est-ce qu'on
s'est endormi au Québec...
M. Bérubé : Bien, d'abord, on
aurait une loi sur la laïcité depuis 2013 si la CAQ ne trouvait pas qu'on
allait trop loin lors du gouvernement Marois. Je tiens à le dire parce que
c'était stupéfiant d'entendre Bernard Drainville hier faire comme si ça n'avait
pas existé, lui qui avait été dans un gouvernement péquiste, qui avait proposé
ça. Souvenons-nous, là, la CAQ était contre parce qu'il trouvait que ça allait
trop loin. Quand même, donc il a fallu attendre un bon bout de temps. N'eût été
d'un reportage de Cogeco Média de Valérie Lebeuf, on ne l'aurait peut-être
jamais su, et c'est ça qui est incroyable. Donc, toute personne qui est
détentrice d'informations sur une situation similaire peut nous écrire, peut en
informer un centre de services scolaire. Faites-le, là, c'est le bon moment. On
reçoit de l'information de partout. Vous seriez surpris. On ne peut pas tout
révéler pour l'instant, mais je pense qu'on va être capables dans les prochains
jours de vous donner d'autres cas.
Journaliste : Ma question,
c'était : Est-ce qu'on s'est endormi. Est-ce qu'on a trop laissé les
choses... Est-ce que...
M. Bérubé : Pas au Parti
québécois, en tout cas
Journaliste : Non, mais dans
les centres scolaires, dans les directions d'école, est-ce que...
M. Bérubé : Peut-être...
Journaliste : ...est-ce qu'on
accepte trop facilement?
M. Bérubé : Bien, on accepte
par la crainte. C'est de la gestion ça, de gérer des personnes qui ne
respectent pas les règles, des personnes qui sont parfois en surnombre, qui
encerclent quelqu'un qui veut faire respecter les règles. Il y a de la peur. Et
le... les directions scolaires ont peur. Les enseignants ont peur. Des parents
ont peur, je veux dire. C'est ça qui est en cause. Et il y a...
Une voix : ...
M. Bérubé : Oui?
Journaliste : ...Mme Rizqy,
à votre avis, hier, sur le financement des écoles... des écoles religieuses? À
votre avis, ça reflète l'opinion de Mme Rizqy ou du caucus libéral? Et
est-ce qu'à votre avis les députés libéraux devraient être libres de voter
selon leur conscience là-dessus?
M. Bérubé : Bon. Là, ça fait
longtemps que vous me connaissez. Vous savez que j'ai comme politique de ne
jamais m'ingérer dans les affaires internes de formations politiques. Mais je
vais quand même trouver quelque chose de pertinent, je pense, à vous dire
là-dessus. J'étais surpris de cette prise de position, connaissant les
positions historiques du Parti libéral. Les députés vont voter tout à l'heure,
donc de façon nominale. Maintenant, ça se fait par voie électronique, là. C'est
moins spectaculaire qu'autrefois. J'accueille ce changement-là.
On m'a indiqué tout à l'heure que, dans la
motion qu'on avait déposée hier matin, là, il commençait à manifester de
l'ouverture là-dessus. C'est une immense surprise positive pour nous.
Maintenant, on pourrait se retrouver dans une situation, dans quelques heures,
où le gouvernement de la CAQ a une position en matière de laïcité en deçà de
celle des deux formations politiques qui ont voté contre la loi 21.
Une voix : ...
M. Bérubé : Ça peut être, par
exemple, un projet éducatif qui repose sur l'étude biblique, sur l'étude
coranique, des prières, des adorations, il y en a toute une liste. À la fois,
là, on a tellement salué, à juste raison, Valérie Leboeuf. Vous me permettrez
de saluer aussi une autre journaliste qui s'appelle Laurence Niosi, qui a
produit ce document en 2022 pour Radio-Canada, sur les 50 écoles
religieuses, pour 160 millions de dollars, qui sont financés, mais
qui ont des gestes vraiment explicites. Et j'ajoute qu'il y a d'autres écoles
qui ne sont pas financées et qui font l'objet d'enquêtes, des écoles... Une,
entre autres dans la région de la capitale nationale, qui est une congrégation
religieuse excommuniée par l'Église catholique, qui va très, très loin et qui
devait faire l'objet d'une vérification. Une école de Lévis qui s'appelle
Sainte-Famille, pour ne pas la nommer. Et j'aimerais beaucoup avoir le résultat
de la vérification, parce que cette église-là, qui est catholique, de ce que
j'ai entendu avec des experts depuis hier, ça va au-delà de tout ce que je
pouvais imaginer.
Journaliste : ...on coupe le
financement à ces écoles-là...
M. Bérubé : En étapes.
D'abord, pour les écoles publiques, ça prend des balises très, très claires.
La... bon, la loi 21, ça ne suffira pas. La preuve, sur les lieux de
prière, il a fallu qu'on en fasse vraiment la promotion puis des pressions. Ça,
ce n'était pas prévu dans la loi 21, lieux de prière. Ensuite, application
des règles, les plaintes, l'application de tous les principes de la laïcité.
Maintenant, renforcement, ce que les deux ministres vont recueillir, plus nos
propositions. Pour le privé, le plan, c'est d'en finir avec le financement des
écoles religieuses, puis, pour les écoles qui n'ont pas de financement, qui
sont privées puis qui sont très religieuses, les surveiller, parce qu'ils sont
quand même obligés de fournir des preuves que le cursus scolaire est suivi pour
qu'ils soient reconnus au ministère.
Journaliste : Ça va être dur
à appliquer, là. Comment... comment... est-ce que Jean de Brébeuf, par exemple,
le Collège Brébeuf, collège de Lévis, les Ursulines, les... Comment on fait
pour départager qui est... fait des gestes religieux? Comment vous avez dit,
là...
M. Bérubé : Explicites.
Journaliste : Explicites.
M. Bérubé : Au coeur de la
mission éducative. Est-ce que, par exemple, c'est...
Journaliste : ...vous allez
envoyer des espions de, je ne sais pas, 12 ans pour aller voir...
M. Bérubé : Bien, il existe
deux employés au ministère de l'Éducation qui font ça, qui font des
vérifications.
Une voix : ...
M. Bérubé : Non, ce n'est pas
beaucoup. Alors, ça aussi, ça concourt.
Journaliste : ...d'accord
pour couper le financement du collège Bréboeuf, collège de Lévis.
M.
Bérubé
: Je
n'ai pas nommé ces collèges-là... Collèges qui seraient reconnus.
Journaliste : Des écoles
reconnues comme étant des écoles confessionnelles.
M. Bérubé : Moi, j'indique
que toute école qui a des gestes religieux explicites, qui... où l'enseignement
est basé sur la foi essentiellement, je crois...
Journaliste : ...séminaire
par exemple, ça ne peut pas être plus religieux que ça.
M. Bérubé : Je ne crois pas
que ça fasse partie des écoles pointées, les écoles que vous m'avez nommées,
j'en ai d'autres en tête., elles... j'attends...
Journaliste : ...M. Bérubé?
M. Bérubé : Moi, en tout
cas...
Une voix : ...
M. Bérubé : Oui, mais elles
ne sont pas considérées comme religieuses dans les... En tout cas, si je me
trompe, je vous reviendrai là-dessus, mais il y a des critères qui guident ça.
Et, au ministère, ils font des... Moi, j'ai fait une demande d'accès à
l'information pour avoir exactement quelles sont les écoles qui, suite aux
vérifications, c'est comme : Non, c'est beaucoup trop religieux et ça va à
l'encontre même du cursus. La façon de présenter les sciences, la façon de
présenter des questions... l'éducation sexuelle, la place de la religion dans
l'évolution du monde, etc., ce genre de choses là.
Journaliste : Sur la
francisation, qu'est-ce que vous pensez des explications qui ont été données
par M. Roberge, qui dit, dans le fond, que les soi-disant coupes, bien, c'est
la faute des centres de services scolaires qui gèrent mal le...
M. Bérubé : Je veux dire, les
gens qui font des témoignages sur les coupes dans les centres d'éducation des
adultes, des centres de francisation, ils ne cherchent pas à faire la
manchette, ils sont... ils ne seront pas en élection dans deux ans, puis ils ne
cherchent pas à vendre quoi que ce soit d'autre que de bons services auprès des
nouveaux arrivants. Jean-François Roberge est présentement, comme à peu près
l'ensemble de ses collègues, en mode trouve des lignes pour ne pas que ça ait
l'air de coupures ou d'austérité avec la situation qu'on vit. C'est exactement
ça.
Là, la dernière ligne du gouvernement,
c'est de dire... M. Skeete, par exemple, qui dit sur... Tweet... sur Twitter,
sur X, il dit : Là, c'est vrai, d'une certaine façon, mais c'est parce
qu'il y en a trop. Il va falloir qu'ils s'entendent. Si on ne francise pas les
nouveaux arrivants, on n'aide en rien leur implication, puis on risque qu'ils
s'anglicisent, et ce n'est pas bon pour l'emploi, ce n'est pas bon pour
l'intégration à la société québécoise. Il faut juste le dire. S'ils n'ont plus
d'argent, dites-le, comme dans tous les ministères, dites-le. S'ils n'ont plus
d'argent dans le domaine de la santé, on commence à voir ce que ça veut dire,
dites-le, puis on va être capable de vous juger selon les choix puis vos
priorités.
Dans le cas de la francisation, ça vient
décrédibiliser complètement le gouvernement. Tu ne peux pas parler du français
puis, en même temps, dire : Bien, je vais arrêter de franciser. Ça ne
marche pas.
Journaliste : Ce matin, en
entrevue à Radio-Canada, M. Roberge a comme laissé entendre que, peut-être, on
devrait prioriser les immigrants qui veulent s'installer au Québec, en matière
de francisation, puis que ça ne valait peut-être pas la peine de donner des
cours de francisation à des gens qui sont là de façon temporaire. Qu'est-ce que
vous pensez de ce genre de priorisation là?
M. Bérubé : Bien, il
réfléchit à voix haute puis là il espère qu'en lui donnant une réponse, je vais
peut-être l'aider à faire son travail. Je vais le laisser aller au bout de sa
pensée puis je reviendrai quand il aura décidé.
Est-ce que vous, vous ouvririez les vannes
puis... vous allez ouvrir les vannes pour la francisation? Si un gouvernement
péquiste prend le pouvoir, là, est-ce que vous ouvrez les vannes pour augmenter
les budgets?
M. Bérubé : On francise tout
le monde, c'est sûr.
Journaliste : Peu importe ce
que ça coûte?
M. Bérubé : On francise tout
le monde. Et d'ailleurs, sur les questions d'immigration... pas posé la
question ce matin, mais j'ai une réponse à vous donner.
Journaliste : Je m'en viens
avec celle-là, mais...
M. Bérubé : ...brisé mon
élan, là, j'y arrivais.
Journaliste : Oui, mais sur
la francisation...
M. Bérubé : Je recommence.
Journaliste : Est-ce que vous
augmentez les budgets, peu importe ce que ça coûte?
M. Bérubé : On francise toute
personne qui en a besoin. Un nouvel arrivant, une francisation, c'est clair.
Journaliste : ...immigration,
au fédéral, baisse à 90 000, ça va être confirmé à 11 heures ce
matin. Vous, votre cible, elle est sortie, mais on le savait déjà, c'est 35 000.
Donc, est-ce qu'Ottawa baisse assez ou il faut qu'il baisse encore plus?
M. Bérubé : L'impact, on l'a
calculé, là, les seuils d'immigration permanente, bon... c'est surtout le
gouvernement du Québec qu'on cible, mais pour ce qui est l'immigration
temporaire, une baisse de 30 000 entrées a un impact limité, c'est à
peu près 5 000 au Québec, donc 16 % des titulaires de permis, ce
n'est pas énorme.
Ceci étant dit, sur toutes ces questions,
je vous annonce que lundi matin, nous présentons notre plan en matière
d'immigration, mais... c'est ça que je veux vous dire.
Journaliste : Mais
aujourd'hui, là... le gouvernement Trudeau le fait, c'est-tu assez ou pas
assez? C'est-tu assez ou pas assez?
M. Bérubé : La réponse lundi.
Ce n'est pas assez, c'est clair.
Journaliste : Il y a un
député de M. Legault qui a vu là-dedans un impact du lobbying que M. Legault
fait auprès d'Ottawa.
M. Bérubé : Qui qui a dit ça,
là?
Journaliste : Je ne me
souviens plus du nom, exactement.
M. Bérubé : C'est parce que
ça va avoir un impact sur ma réponse. Le premier qui le trouve, là, je lui en
saurais gré.
Journaliste : ...important de
la part du fédéral, là, 150 000 de moins environ.
M. Bérubé : Mais on est loin
du compte. On ne contrôle pas notre destinée. Je veux dire, le Québec, là,
l'objectif, ce n'était pas de contrôler l'ensemble de notre immigration? On a
abandonné ça, au Québec? M. Legault ne parle plus de ça.
Journaliste : ...il se
réjouirait de trop peu, c'est ça que vous dites?
M. Bérubé : Moi, que ça soit
Justin Trudeau ou Pierre Poilievre, dans les deux cas, on se fait avoir, je
veux dire, ça ne change rien.
Journaliste : Non, mais
est-ce que le fait de baisser au fédéral va avoir un effet sur vos cibles à
vous? Je comprends que vous allez me dire que c'est lundi, là, mais...
M. Bérubé : Non. Pas du tout.
Non, je vous le dis tout de suite, pas du tout. Ça ne change absolument rien à
notre analyse qui sera présentée lundi.
Journaliste : ...Mathieu
Lévesque, député de Chapleau, dans la région de l'Outaouais.
M. Bérubé : Qui a dit ça?
O.K.
Journaliste : Qui a dit que
c'était le leadership du premier ministre Legault en matière d'immigration qui
donnait des résultats concrets, donc cette annonce-là de M. Miller au...
M. Bérubé : Oui. Ça ressemble
pas mal aux lignes qu'il leur envoie, oui. C'est bon. Il a bien fait sa job.
Journaliste : Mr. Bérubé,
don't you think that there is progress from the Trudeau Government for
permanent immigration since the initial objective was half... like, 500 million
permanent immigrants, and now... for 2025, and now it's going to be 395... So,
it's a huge difference.
M. Bérubé : Not for Québec.
Don't get fooled by this intention of the Trudeau Government. If you
specifically for Québec, it's not that much. So, our program is not about the
future of Canada, it's about the future of Québec. So, it's going to be Monday
morning, you're going to see what we have to say about this and about what
Québec should do... A lot of the decisions that we have to take is about the
Québec power that we already have. So, there is something for everybody,
something for the Québec Government. And about the Federal Government, I don't
have much to say, but I can see something, it's... the future of Québec is not
in the same way than Canada. So, it doesn't change anything about our goal, and
you're going to see, Monday morning, that we are... people were serious about
what we have to say in immigration. And we're going to do what we say, as a
government, you can count on this.
Journaliste : On religious
schools, what are the king of qualities that you were describing of what
qualifies a religious school? And a lot of these are private schools, like, I'm
thinking Loyola...
M. Bérubé : Private?
Journaliste : Loyola, in
Montréal, it's a catholic school.
M.
Bérubé
: When
you collect million of dollars from the Québec tax payer, you're not private,
you're semi-private. So, don't call those schools private, they're not really.
If you're private, you're going to collect money from everyone
but not the Government, not... not the tax payer. This is me saying this.
Laurence Niosi, who is a
journalist from Radio-Canada, in 2022 showed us that there are 50 schools were
funding by the Québec Government, but they have explicit religious acts, it
could be prayer, could be a lack of teaching some... some classes like science
or sexual health, things like that, some reports. So, 50 of those schools,
everyone agrees, and the Minister of Education, that they are religious
schools. This is the way they sell themselves on their website since decades.
So, you could be religious, it's your thing so deux, but we don't have to pay
for that. there are two major reasons why the CAQ should be in favor of our
motion. First of all, if they are serious about this matter, secularism,
they're going to say that's for everyone, Muslims, Christians, Orthodox,
Jewish. So, it's everybody. So, we don't point anyone, everybody. Second thing,
$160,000,000 to save, I think it's a good deal.
Journaliste :
The Government has argued though, that
when it comes to those religious schools, as long as they are sticking to
Québec's curriculum, he doesn't necessarily see a problem and he says :
It's not all 50 schools that don't stick to the curriculum.
M. Bérubé :
There is a problem.
Journaliste :
So, what do you say to that argument?
M. Bérubé :
There is a problem. We passed a bill
called Bill 21 about «laïcité et» secularism. If we're serious, if it's not
just an electoral bill, you have to be serious. We passed this bill, the next
step is to stop financing, funding religious schools. I don't have to pay, and
you don't have to pay for the believes of people in school. You have to pay to
make sure that they give a good education to the kids. We don't to pay for
that. So, they're collecting money since decades, it's time to end that. And
now, at the National Assembly, we were the first with that position in 2022.
Québec solidaire is in favor of our position. The Liberal Party of Québec, I'm
going to repeat this, the Liberal Party of Québec is in favor of that. It...
You know, it seems that the only party who want to keep funding religious
schools is the CAQ. So, on secularism, they're going to be lower than the two
parties who voted against Bill 21. That's ludicrous.
Journaliste :
So, how will... taking away the money
for the private religious schools improves secularism in the public schools?
What will be the effect of this measure of taking away the money?
M. Bérubé :
They're going to fund themselves with
the people who believes in the religion. They're going to put more money.
Québec doesn't have to pay anything for religious schools. This is a strong
belief which we have.
Journaliste :
What will happen to those schools if
they're no able to finance themselves? They will close, and those students will
end up in public schools.
M. Bérubé :
Maybe their religions should only be
supported by the people who believe, and if it's not, that's not our problem,
it's not the Government problem, we don't have to pay for religion. That's a
strong belief and that's in the law. So, you see that they're very comic, the
CAQ, they say, it's going to be pretty popular to pass Bill 21 for the
elections, but don't ask us to go further, because maybe there is some
Christian schools in there. We don't to shock anyone. Yes, there is Christian
schools, and you have to be fair to... with everyone, every single religion.
Journaliste :
Just quickly...
Le Modérateur :
En français.
Journaliste :
Sorry. Just quickly, on Francisation
Québec... here, you went out about Minister Roberge argument's yesterday. Do
you feel that's worthed to have temporary immigrants in...
M. Bérubé :
Sure! it's a necessity. Every single
newcomer who comes in Québec, immigrant should be a French class, and it's a
minimum and should be succeed those French classes. If you stop funding those
French classes, you put the Québec nation into some trouble because immigrant
seems to go to an English background. So, every single immigrant should have French
classes. This is a strong belief.
Journaliste :
Temporary as well?
M. Bérubé :
Everyone.
Journaliste : Juste une
question sur ce que vous avez dit en anglais. Est-ce que vous pensez que c'est
parce qu'il y a des écoles catholiques qui sont dans le lot, qui sont parmi les
écoles religieuses que la CAQ refuse de les définancer?
M. Bérubé : Je ne le sais
pas. Je ne connais pas l'état du caucus. Mais je veux quand même répéter qu'il
y a des... dans ces écoles, il y a des écoles catholiques, des écoles
protestantes, des écoles juives, musulmanes et orthodoxes. Elles sont toutes
représentées. Alors, à quiconque qui pourrait dire : Oui, mais il me
semble qu'on pointe tout le temps la même religion, écoutez bien ce que je
viens de dire et ce que Québec solidaire dit et le Parti libéral maintenant
pour toutes les religions, ce qui est la position la plus équitable possible.
Et là la CAQ, là, ils ne veulent pas. Vous avez entendu les explications
confuses de Bernard Drainville dimanche soir. Ça s'est poursuivi hier. Je ne
sais pas ce qui se passe, mais, quand Marwah Rizqy... je vous livre une
anecdote entre nous, quand Marwah Rizqy a annoncé la position de son parti, le
ministre est sorti en trombe. Je ne sais pas s'ils ont à se consulter
d'urgence, mais il y a un vote tout à l'heure et il se pourrait que la CAQ se
retrouve maintenant, en matière de laïcité, je vous le dis, en deçà de deux
formations politiques qui ont voté contre la loi 21, alors que M.
Drainville la commentait à la radio.
Journaliste : ...que c'est
peut-être parce qu'il y a des écoles catholiques...
M. Bérubé : Comment j'ai dit
ça?
Journaliste : Bien, je ne me
rappelle plus exactement de vos mots, là...
M. Bérubé : Moi non plus.
Journaliste : ...mais vous
avez comme laissé entendre que c'est parce qu'il y a des écoles catholiques qui
sont...
M. Bérubé : On me dit qu'il
faut que j'y aille.
Journaliste : ...dans les
écoles religieuses que la CAQ peut-être...
M. Bérubé : Je... Il
faudrait... Il faudrait que je me relise, mais vous me rappellerez.
Une voix : ...
M. Bérubé : Je pense, c'est
plus difficile quand il y a toutes les religions. Je vous dirais que c'est plus
compliqué, mais je termine vraiment là. Quand Bernard Drainville dit :
C'est un accord historique, très bien, que les autres gouvernements ne l'ont
pas fait, mais, une fois que la loi 21 est adoptée, on est dans une
nouvelle ère où ça prend des gestes qui sont conséquents. Maintenant, il faut
le faire. C'est ce que je crois.
(Fin à 8 h 24)