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Point de presse de M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition

Version finale

Le jeudi 25 novembre 2021, 15 h 45

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Quinze heures quarante-six minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à ce point de presse du Parti québécois. M. Martin Ouellet, notre porte-parole en matière de finances. La parole est à vous.

M. Ouellet : Merci. Bon après-midi à vous tous. Évidemment, le Parti québécois veut réagir à ce minibudget ou cette mise à jour économique du gouvernement de la CAQ. Évidemment, on est extrêmement déçus. Pour nous, ce minibudget ne freinera pas l'appauvrissement du Québec et des Québécois et des Québécoises.

L'aide aux aînés est tout d'abord insuffisante. Malheureusement, les 65 à 70 ans sont les grands oubliés de cette mise à jour. Et surtout, pour y avoir accès, au programme qui a été mis de l'avant, il faut, pour un couple, toucher au moins 54 000 $, alors que la mesure du Parti québécois touchait beaucoup plus de personnes, on proposait 700 $ par personne qui gagnait un revenu de moins de 35 000 $. Donc, pour nous, c'est laisser de côté les aînés, ceux et celles qui ont bâti le Québec dans cette mise à jour. On va contribuer encore à leur appauvrissement.

Pour ce qui est de la prestation exceptionnelle, encore une fois, ce qu'il y a d'exceptionnel, ça va être ceux et celles qui pourront le toucher. Ce 400 $ par couple va seulement être accessible aux gens qui ont un revenu inférieur à 55 900 $. On va faire un petit calcul vite fait juste ensemble.

Si on prend deux adultes qui gagnent le salaire minimum et qui travaillent sur l'ensemble de l'année, ils vont gagner, à leur deux, 54 000 $. Donc, vous voyez que cette fameuse prestation exceptionnelle ne va pas donner un coup de main à ceux et celles qui travaillent au salaire minimum et qui essaient de rejoindre les deux bouts. Donc, malheureusement, encore une fois, le gouvernement de la CAQ rate sa cible.

Et ce qu'il aurait dû faire pour remettre de l'argent dans les poches de tous les Québécois et Québécoises, ça aurait été tout d'abord de geler les tarifs d'Hydro-Québec. Ça, ça aurait mis des centaines de millions tout de suite dans les poches des Québécois et Québécoises. Et on le sait, l'hiver s'en vient, les tarifs vont augmenter, l'électricité aussi va augmenter. Et donc, à ce coût-là, le gouvernement aurait dû nécessairement geler les tarifs. Et ça, pour l'ensemble des ménages du Québec, ça aurait représenté des centaines de millions déjà disponibles dans leurs poches pour faire face aux augmentations du coût de la vie, que ce soit le prix des logements, le prix des aliments, le prix des transports.

Évidemment, on ne peut pas passer sous silence l'attentisme et le manque d'ambition pour la CAQ en matière de CPE. Encore une fois, la CAQ fait comme les libéraux, on patche un manque d'ambition dans nos services de garde en rehaussant le crédit d'impôt pour les familles qui ont besoin d'une place en garderie, et ça, ce que ça fait, bien, encore une fois, la CAQ a un parti pris pour les garderies privées.

Ce que ça dit, par manque d'ambition, depuis les trois dernières années, d'avoir foncé dans les maternelles quatre ans pendant ces trois années, on est obligé aujourd'hui de patcher le manque de places en donnant des crédits d'impôt à des familles qui n'ont pas de place encore à coût unique, à coût modique. Et, malheureusement, cette façon de faire va amener une expansion des garderies privées et malheureusement une privatisation des profits qui, au lieu de mettre ça dans les CPE, vont aller directement dans les poches des promoteurs. Donc, nous, on aurait aimé un peu plus d'ambition, un peu plus de ferveur du côté de la CAQ, et, si on avait adressé ça le plus tôt possible, bien, on ne serait pas à la recherche de 37 000 places à offrir aux Québécois et Québécoises à un tarif unique, et malheureusement on ne serait pas obligé de patcher ce manque d'ambition là par des crédits d'impôt qui, je le rappelle, vont coûter 1 milliard au trésor québécois.

L'autre chose, là, qui nous interpelle, c'est assurément les logements sociaux, les 2 200 promis dans cette mise à jour sont totalement insuffisants. Ce qui nous manque, au Québec, c'est 5 000 logements par année sur cinq ans, donc c'est 25 000 logements. Donc, on s'attendait à plus de vigueur, plus de volonté par le gouvernement de la CAQ pour s'adresser à cette crise du logement, mais malheureusement c'est 2 200, c'est en deçà des attentes, et surtout ça ne réglera pas le problème pour la crise du logement.

M. Legault et son équipe ont une obsession pour réduire l'écart de richesse entre le Québec et l'Ontario. On a un message au Parti québécois : Votre obsession devrait être plutôt de réduire l'écart de richesse au Québec, entre les plus pauvres et ceux et celles qui ont l'opportunité de bien gagner leur vie. Donc, cette mise à jour économique rate sa cible. Cette mise à jour économique saupoudre d'un bleu pâle, d'un bleu pastel plutôt, des mesures qui ne vont pas permettre aux Québécois, Québécoises de moins s'appauvrir avec une inflation galopante. Et malheureusement la CAQ rate sa cible aujourd'hui avec des mesures qui, malheureusement, vont nous amener dans un cul-de-sac.

Dernière chose que je pourrais dire sur cette mise à jour économique, on voit effectivement que le déficit est plus bas que prévu, mais sera quand même présent. Ce déficit structurel sera fixé à 4 milliards par année. Et on le voit, à l'intérieur de cette mise à jour économique, que, bien, à part les dépenses en santé et services sociaux et en éducation et en éducation supérieure, on peut s'attendre à des vallées beaucoup moins verdoyantes après l'élection de 2022, puisque les dépenses des autres portefeuilles et donc des autres services de l'État verront une diminution à 0,5 %. Donc, on est en deçà des coûts de système qui sont aux alentours de 2 %.

Donc, ce que le gouvernement de la CAQ nous dit, c'est : Votez pour nous autres. Les vallées verdoyantes vont être pleinement fleuries pour 2022, mais attention, le chemin sera plus ardu après l'élection parce qu'on aura des choix difficiles à faire après l'élection. Et malheureusement on n'a aucune piste de solution sur de quelle façon le gouvernement de la CAQ va adresser ces choix difficiles. Et, nous, on est certains que, tôt ou tard, ça va se transformer en des coupures de services et, malheureusement, à un retour de l'austérité. Alors, on aurait aimé avoir des indications beaucoup plus claires, du côté du gouvernement dans la CAQ, mais malheureusement ce sera à découvrir après l'élection.

En terminant, je vais quand même donner une bonne note au gouvernement sur un point positif, c'est-à-dire l'ajout de 46 millions sur cinq ans pour la lutte à la criminalité. On a vu le gouvernement investir, et en mettant de l'avant, je vous dirais, l'initiative Centaure, ce qu'on se serait attendu, c'est de l'argent supplémentaire. Mais, oui, effectivement, on voit ce qui se passe du côté de Montréal, on voit ce qui se passe du côté des gangs de rue, donc on salue ce 46 milliards sur cinq ans qui va donner plus de moyens à nos corps policiers, plus de formation et plus d'accompagnement pour faire face à cette crise qui, je le sais, du côté de Montréal, mais ailleurs au Québec, cause effectivement beaucoup de terreur, et, on espère, qui va pouvoir se résorber.

Donc, c'était la position du Parti québécois sur cette mise à jour. Sur ce, je suis prêt à prendre vos questions.

La Modératrice : S'il n'y a pas de question, nous allons maintenant terminer le point de presse. Merci beaucoup. Bonne journée.

M. Ouellet : Merci.

(Fin à 15 h 52)

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