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Point de presse de M. Martin Ouellet, leader parlementaire du troisième groupe d’opposition, et M. Pascal Bérubé, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière de langue française

Version finale

Le jeudi 25 novembre 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures)

M. Ouellet : Donc, bon matin à vous tous, ce matin. Vous savez, cet après-midi, le ministre des Finances va présenter sa mise à jour économique, et, pour nous, l'exercice est extrêmement important, et on s'attend, et on l'espère, que le gouvernement va présenter un véritable plan d'urgence pour lutter contre l'appauvrissement. On le sait, les denrées coûtent plus cher, se loger coûte plus cher, l'électricité coûte plus cher, le transport coûte plus cher, donc on s'attend à des mesures musclées, cet après-midi, pour donner un coup de main à l'ensemble des Québécois et Québécoises qui vivent des situations de précarité.

Vous le savez, le Parti québécois a eu des propositions, tout au long de la semaine, pour déjà donner ses indications au gouvernement de la CAQ de quelle façon on devrait aider les citoyens et citoyennes du Québec à être capables de mieux s'en sortir. Premièrement, évidemment, on propose un crédit d'impôt de 700 $ pour les aînés, un crédit d'impôt solidarité, parce qu'on sait que nos aînés qui sont en situation de précarité n'ont pas les moyens de voir leurs revenus augmenter présentement avec l'inflation qui est galopante. Donc, on s'attend et on espère que le gouvernement aura une sensibilité pour ces aînés-là en donnant un crédit d'impôt minimalement pour être capable d'abaisser l'augmentation des coûts, présentement, qu'ils doivent faire face.

On s'attendrait aussi que le gouvernement annonce encore une fois un véritable plan musclé pour la construction de logements sociaux. Le gouvernement, encore une fois, nie la crise du logement. On a besoin de logements, et ce n'est pas avec les dernières annonces qu'on va être capable de changer la situation. On demande 5 000 logements par année pour 25 000 sur cinq ans. Ça, ça va donner un coup de main pour baisser le coût des loyers et surtout fournir un loyer décent à plusieurs populations au Québec, partout sur le territoire, qui en ont grandement besoin.

L'autre chose aussi, pour nous, c'est fondamental, geler les prix de l'électricité. On l'a vu, lorsque le gouvernement a décidé de changer la loi avec la Régie de l'énergie, on nous avait promis de la prévisibilité. Bien, ce qu'ils nous ont prévu, effectivement, c'est une augmentation plus haute que le coût de la vie, et malheureusement les citoyens du Québec en font les frais. Donc, pour cette année, on demanderait de geler les tarifs d'électricité. Donc, on espère que le ministre des Finances va nous entendre à ce sujet-là.

Évidemment, ce n'est pas la première fois que vous l'entendez, mais le Parti québécois veut la création d'un bureau pour la concurrence pour être certain que le Québec, et les Québécois, et les Québécoises, et les citoyens paient le juste prix. On sait que le gouvernement fédéral ne fait pas la job. Donc, pour nous, un véritable office au Québec pour enquêter sur les situations de cartel, pour être certain que les Québécois paient le juste prix pour une saine concurrence, pour nous, c'est fondamental.

Et, pas plus tard que la semaine passée aussi, vous avez entendu ma collègue Véronique Hivon qui a proposé un véritable plan pour transformer 100 % des places en CPE et permettre aux enfants du Québec d'avoir une place dans chaque CPE au Québec. Alors, pour nous, ce n'est pas de donner des subventions aux parents pour se trouver une place dans une garderie privée qui va faire une énorme différence, c'est d'investir massivement pour que chaque enfant du Québec ait une place en garderie dans un CPE.

Sans plus tarder, je passerais la parole à mon collègue, M. Pascal Bérubé.

M. Bérubé : Bonjour, tout le monde. Le bijoutier Birks a reçu 10 millions de dollars à 3,1 % d'intérêt de la part du ministre Pierre Fitzgibbon. Le bijoutier Birks est présent partout au Canada et a reçu une aide financière en fonction de ses problèmes avec la pandémie. Or, il avait des problèmes depuis deux ans avant la pandémie et fait partie d'une société mère constituée aux Bermudes, à peu près à 75 % étrangère, dans les paradis fiscaux.

Ma question : Est-ce que cette entreprise est une des 10 qui a reçu l'aide de Pierre Fitzgibbon, de l'aide discrétionnaire? Je répète, le bijoutier Birks se trouve affecté par la pandémie, fait une demande, très bon taux. D'ailleurs, le porte-parole de l'entreprise avait dit à l'époque : C'est des conditions très favorables pour l'entreprise. Ils sont dans les paradis fiscaux, et, deux ans avant, il y avait des problèmes, donc ce n'est pas lié à la pandémie. Je pose cette question-là aujourd'hui, peut-être que j'y reviendrai dans la journée.

On veut la liste des 10, c'est qui, qui a fait l'objet des largesses discrétionnaires du ministre. Vous savez, dans d'autres dossiers que je ne souhaite pas évoquer pour différentes raisons, on a déjà accusé des ministres d'avoir utilisé leur pouvoir discrétionnaire pour des municipalités. Ça a fait grand bruit, vous vous en souvenez. Là, c'est pour des entreprises. Alors, la moindre des choses, de façon proactive, c'est que le ministre rende disponibles les 10 entreprises avant qu'on les trouve. Alors, je lui permets de faire ce dépôt aujourd'hui, c'est important, c'est de l'argent durement gagné des Québécois, et on a besoin de savoir sur quels critères s'appuie cette aide financière. Il y a des entreprises qui ont été refusées. Puis mon collègue me faisait remarquer probablement que certaines ont appris que : Oui, mais il y a une deuxième chance, tu peux appeler au cabinet puis là tu as comme un recours, hein? Alors, je pose cette question-là.

Deuxième élément, la santé, la recherche de la vérité, résumé des épisodes précédents. Depuis le début de la crise, le gouvernement a posé des gestes qui viennent le hanter aujourd'hui, souvenez-vous, il a constitué une cellule de crise composée essentiellement de gens de communication. Il en était tellement fier qu'il a envoyé une copie avec les photos, les C.V., le signe astrologique de tous ces gens-là au Journal de Québec, en disant : Voici la cellule de crise, mais c'était une cellule de communication, qui n'a rien vu, même pas la revue de presse.

Ensuite, on a décidé qu'on allait au front avec Horacio Arruda au lieu de Joanne Liu, parce que semblerait-il qu'elle était trop dure à contrôler, la plus grande sommité, en termes de pandémie, qui est sur le territoire du Québec, qui, elle aussi, demande une commission d'enquête.

Ensuite, j'ai posé des questions : Comment vous prenez vos décisions? Est-ce que vous avez des comptes rendus de vos réunions? Non, très commode pour ne pas se faire blâmer.

Après ça, ils ont investi de la publicité comme jamais, on va atteindre 200 millions bientôt. Je vous reviendrai là-dessus. Puis, après ça, ils ont monopolisé les ondes non seulement pour passer le message de la pandémie, mais pour faire la promotion de leur gouvernement.

Où je veux en venir avec ça? C'est qu'on savait déjà qu'on avait les pires chiffres au Canada puis dans les pires chiffres en Occident en termes de décès. Maintenant, on sait pourquoi, parce que, finalement, une instance véritablement indépendante, la Protectrice du citoyen, a dit : La version que vous aviez, là, on la contredit, ça ne fonctionne pas. Alors, le blâme, là, l'idée, ce n'est pas de pointer qui Danielle McCann, qui Marguerite Blais, qui... Non. Est-ce que le gouvernement reconnaît qu'il a erré? Mais le problème, c'est qu'il ne peut pas réparer, les gens sont décédés.

Alors, il y a deux choses : reconnaître le blâme et faire en sorte qu'on ait une commission pour aller au fond des choses. Si on a eu une commission d'enquête pour le viaduc de la Concorde, je pense qu'on peut en avoir une pour 5 000 personnes qui sont décédées.

Je veux aussi corriger ce que le premier ministre a dit en Chambre hier. Il a dit : La Commissaire à la santé, elle est indépendante et elle peut faire tout ce qu'une commission d'enquête fait. Non, parce que les commissions d'enquête sont constituées selon une loi, ils ont une véritable indépendance. Et on est tellement convaincus qu'elle n'en a pas que souvenez-vous qu'on vous avait déjà indiqué qu'on n'a pas participé à ce simulacre de consultation. Ils nous ont consultés, puis on leur a dit : Non, vous n'êtes pas indépendante du gouvernement puis vous n'êtes pas publique, ça fait qu'on ne participe pas.

En terminant, la coroner Géhane Kamel — j'espère je le prononce bien — a indiqué hier qu'elle allait poursuivre ses rencontres en janvier prochain. Je soumets très respectueusement que ça serait l'occasion, si sa santé le permet, à la ministre des Aînés de pouvoir enfin témoigner. Et je fais une suggestion à la ministre, qui peut-être nous écoute présentement, chère Mme Blais, Marguerite, il faut dire qu'elle n'avait pas de pouvoir. Elle l'a déjà dit ailleurs, il faut le répéter, il faut dire la vérité sur ce qui s'est passé, ça va être bon pour tout le monde d'apprendre ce qui s'est passé. Alors, moi, je pense que son témoignage est attendu et est nécessaire. Ça prendra le temps qu'il faut, lorsqu'elle sera en mesure de le faire, mais je pense que janvier nous donne un horizon probable pour l'entendre.

Donc, en résumé, je ne veux pas être trop long parce que... qu'on ait le temps d'échanger ensemble, bien, voilà, le gouvernement a tellement utilisé toutes les tribunes pour dire que ça allait bien, quand on lui dit que ça n'a pas été bien puis que c'est de sa faute en bonne partie, bien là, il se braque, il ne veut pas accepter ça, parce que, là, ils sont dans le décompte préélectoral, puis ça ne rentre pas, là, le blâme, ce n'est pas prévu dans la séquence électorale. Bien, c'est comme ça, c'est comme ça.

Puis ceux qui doutent que c'est nécessaire de poser des questions se rappelleront comment était la CAQ dans l'opposition. Moi, je m'en souviens.

La Modératrice : On va prendre les questions, une question, une sous-question, s'il vous plaît.

M. Lachance (Nicolas) : Mme Blais, lorsqu'elle était chez les libéraux… lorsqu'elle est arrivée à la CAQ, elle disait : Chez les libéraux, je n'avais pas de pouvoir, maintenant, à la CAQ, on m'en donne pour vrai. Est-ce que, selon vous, elle a quand même quelque chose à voir avec ce qui se passe?

M. Bérubé : Elle a dit à vos collègues d'Enquête qu'elle n'avait pas de pouvoir, qu'elle a le pouvoir qu'on veut bien lui donner. Elle a dit ça, je crois… je vais dire Marie-Maude Denis, mais je ne suis pas sûr que c'est… je pense que c'est Madeleine Roy, je ne veux pas me tromper dans la journaliste.

M. Lachance (Nicolas) : Donc, c'était un faux pouvoir.

M. Bérubé : Elle n'a pas de pouvoir. La CAQ sont allés chercher essentiellement Marguerite Blais pour envoyer un symbole de ralliement, d'une personnalité qui était appréciée des Québécois et puis qui avait un sincère dévouement pour les aînés. Ça, tout le monde reconnaît ça. Mais ils ne lui ont donné aucun pouvoir, ils lui ont fait faire une tournée des CHSLD, je m'en souviens très bien, à un moment donné, ils ont fait un carton, ils ont dit : On est rendu à 100 — vous vous souvenez de ça, juste avant la pandémie — 100 visites, aucun pouvoir, puis il y a eu une subvention qui a été annoncée avant la pandémie sur… à chaque comité, on lui donne un budget, puis là il y a quelqu'un qui avait dit, là, à Radio-Canada : Ah! nous, on va mettre le mur mauve, puis on va mettre les fleurs dans le fond, puis là le jeu, on l'approche de la salle… Je veux dire, c'était ça, là, le rôle de Marguerite Blais. Mais là on a frappé un mur parce qu'on a réalisé que… Marguerite Blais, soit dit en passant, qui n'était même pas dans la cellule de crise. Je veux dire, entre Stéphane Gobeil puis Marguerite Blais, je prendrais Marguerite Blais, en termes de responsabilités, là, en tout respect pour Stéphane, s'il m'entend.

M. Carabin (François) : M. Bérubé, je comprends que vous ne voulez pas pointer du doigt Danielle McCann ni Marguerite Blais, vous l'avez dit tantôt, mais il y a certaines personnes qui pensent que ce que vous avez amorcé, depuis le début de la semaine, ça s'apparente à une chasse aux sorcières. Qu'est-ce que vous leur répondez?

M. Bérubé : Ce n'est pas le style de la maison. C'est un blâme pour le gouvernement du Québec. C'est le gouvernement du Québec qui a pris ces décisions, c'est le Conseil des ministres qui a pris ces décisions. D'ailleurs, j'ai oublié de dire, dans ma liste, ils ont gouverné par décret, ce qui a été très commode pour réaliser plein de fantasmes politiques, de ne pas avoir à se badrer trop de l'opposition, à faire plus rapidement, à évoquer l'urgence. C'est un blâme du gouvernement.

Alors, peut-être qu'on souhaiterait qu'on identifie quelqu'un en disant : Bien là, cette personne-là n'est plus aux affaires. Non, le blâme, il est collectif, et le gouvernement est solidaire de ses décisions, il y a une solidarité ministérielle, et solidairement ils vont prendre le blâme. Qu'ils ne prennent pas le mien, s'ils ne veulent pas, mais qu'ils prennent celui de la Protectrice du citoyen, puis attention à celui à venir, potentiel, de la coroner.

M. Bergeron (Patrice) : La coroner s'est souvent butée, dans son enquête, au serment de confidentialité des ministres. Ils faisaient bien attention, donc, d'éviter, là, de se mettre dans le pétrin. Est-ce que, par contre, une commission d'enquête publique ne pourrait pas aller plus loin là-dessus?

M. Bérubé : Bien oui.

M. Bergeron (Patrice) : Qu'est-ce qu'on pourrait faire de plus là-dessus?

M. Bérubé : Sur ce serment-là, j'ai des réserves, pour avoir occupé cette fonction-là.

M. Bergeron (Patrice) : Quelles sont vos réserves, justement, puisqu'on est là-dessus, là?

M. Bérubé : Bien, je veux dire, il n'y a rien qui empêche un ministre de témoigner sur ce qu'il a vu. En fait, c'est ce qui est souhaité. Il n'y a personne qui est l'abri d'être convoqué à une commission d'enquête publique et indépendante. C'est déjà arrivé dans le passé. Puis pourquoi on serait à l'abri? Au nom d'une immunité parlementaire? Non, pas du tout. Alors, les ministres sont responsables, et c'est pour ça que j'évoquais en début de semaine la responsabilité ministérielle. Moi, pour l'avoir vécu, à l'époque où j'étais membre du personnel du gouvernement Landry ou du gouvernement Bouchard, il y a des ministres qui ont dû quitter leurs fonctions parce qu'un fonctionnaire qu'ils n'ont jamais rencontré de leur vie a pris une décision, puis ils étaient imputables. C'est ça, la responsabilité ministérielle, mais c'est un concept qui semble ne plus exister au gouvernement.

On gère les perceptions puis on gère pour avoir le moins de blâmes possible puis reporter ça sur d'autres. D'ailleurs, Mme McCann, ce qu'elle a fait... puis là je ne veux pas tomber dans le piège de la blâmer, elle, en particulier, parce qu'elle reçoit ses ordres de d'autres, c'est les P.D.G. des CISSS. Je veux dire, le blâme, là, il est pour le gouvernement du Québec. Puis le... ce n'est pas compliqué, là, le nombre de décès est le plus élevé, toutes proportions gardées, au Canada, de loin. La différence, c'est que maintenant on sait pourquoi.

Tu sais, de passer de zone froide à zone chaude puis l'inverse, là, ce n'est pas le gouvernement précédent puis l'autre gouvernement qui a pris la décision, c'est eux autres. Tu sais, d'avoir tout mis sur les hôpitaux, ce n'est pas le gouvernement libéral ni le gouvernement péquiste, c'est eux autres. D'avoir attendu autant, ce n'est pas le gouvernement précédent qui les a empêchés de le faire, c'est eux autres. Je peux vous en nommer sept autres affaires comme ça.

Alors, il y a eu sanctions pour les gouvernements précédents, mais le gouvernement actuel, lui, il ne pourra pas indéfiniment évoquer un tiers pour sa turpitude.

Mme Lévesque (Fanny) : Donc, hier, quand même, votre chef disait que c'était possiblement, vraisemblablement, un mensonge coordonné, là. Je ne veux pas mal le citer, mais, en fait, il disait à peu près ça, que le gouvernement, et dont Mme McCann, avait vraisemblablement aussi menti devant la coroner. Est-ce que, donc, les explications qui ont été refournies hier par Mme McCann, est-ce que ça a nuancé certaines choses, à votre avis, ou les propos demeurent les mêmes?

M. Bérubé : Avez-vous besoin d'autres choses?

M. Lacroix (Louis) : Sur mon tape, ça ne passera pas.

M. Bérubé : On s'enfonce, on s'enfonce. Vas-y, Danielle. C'était pire après.

La Modératrice : On va y aller, dernière question en français, s'il vous plaît.

M. Lachance (Nicolas) : ...partis d'opposition étaient, bon, étaient consultés une fois par semaine. Et je pense que c'était vous qui étiez sur ce comité-là.

M. Bérubé : Oui, oui.

M. Lachance (Nicolas) : Donc, est-ce que vous aviez entendu parler de ce plan stratégique dans les CHSLD ou dans le réseau? Est-ce que vous seriez prêt, vous aussi, à aller témoigner devant...

M. Bérubé : Absolument. J'ai gardé toutes mes notes. Et j'ai des témoins, mon directeur de cabinet était là. D'abord, on a siégé deux fois par semaine au début, mais on n'a rien appris là. Le premier ministre avait beau jeu. Je le remercie d'avoir fait ça, mais c'est lui que ça a avantagé. Parce que les critiques, il les avait en circuit fermé, puis les bonnes idées, en circuit fermé aussi. Puis par solidarité, on n'intervenait pas publiquement après. Donc, ça lui a servi. Puis ce qu'il nous disait, par exemple, c'est... On n'avait pas d'information privilégiée puis on n'était pas consultés. Donc, il nous disait : À 4 heures, je fais un point de presse. Je le savais déjà, vous l'aviez tweeté. Ça fait que je n'ai rien appris. Mais lui, il a appris comment nous, on analysait ces choses-là.

Mme Côté (Claudie) : Est-ce qu'il y a un moment où vous avez dit : Les CHSLD, il faudrait regarder ça? Est-ce qu'il y a des appels à l'aide...

M. Bérubé : Oui, bien, je vais ressortir mes notes. Pierre Arcand, Manon Massé et moi, on a siégé là. Christian Robitaille, qui était mon directeur de cabinet, mais qui n'est pas tellement loin, au Diamant, pourrait vous dire la même chose. On a gardé toutes nos notes des conférences.

Alors, s'il y a des éléments qui nous ont été portés à notre attention, à la rigueur, il peut les partager, mais ultimement, moi, je ne suis pas membre de la cellule de crise, je ne suis pas dans la chaîne de commandement, je ne peux pas passer de commande, je ne peux pas... Tu sais, dans le cas...

M. Lacroix (Louis) : ...vous avez soit fait des suggestions ou entendu parler des CLSC...

M. Bérubé : Assez rapidement.

Journaliste : Pourriez-vous nous ressortir ces notes-là?

M. Bérubé : Bien, je vais faire l'exercice, là, je n'ai pas ça à portée de main, mais je vais sincèrement faire l'exercice. Assez rapidement, notamment parce que les proches ne pouvaient pas y aller, c'est là que ça nous a alertés, parce qu'il y a des gens qui dépérissaient, parce qu'ils sont habitués de voir leurs proches puis ça avait un impact très positif pour eux. Ça, c'était le premier signal que je me souviens.

Ensuite, bien, c'était facile, on disait : Une fois que ça rentre dans le CHSLD, ça va faire le tour, les gens sont vulnérables. C'était une évidence. Mais ils nous disaient : Oui, mais c'est encore plus important que ça ne rentre pas dans un hôpital. Ça fait que ça, c'est un choix qui a été fait. Moi, c'est le souvenir que j'en garde, c'est l'an dernier.

Donc, si Manon Massé, Pierre Arcand et moi, et nos directeurs de cabinet respectifs se réunissent puis on met en commun nos notes, peut-être que ça pourrait donner le fil de ce que le premier ministre a voulu nous communiquer. Mais, une fois qu'il a terminé, moi, je ne suis pas dans la cellule de crise, je ne suis pas là.

La Modératrice : Dernière en français, s'il vous plaît, la dernière en français.

M. Carabin (François) : ...entendu parler de CHSLD de la bouche du premier ministre?

M. Bérubé : C'est embêtant. Bien, c'est embêtant, nous, on en a parlé assez rapidement. Mais, de toute façon, il suffit de voir nos communications sur les réseaux sociaux, c'était très rapide, je veux dire, Martin a vécu ça dans son comté, tous, on était... Les premiers endroits qui nous téléphonaient, c'étaient les CHSLD, soit le personnel soit les familles des résidents. C'est très rapide... Puis c'est très sensible, dans un comté, un CHSLD.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais, par exemple.

M. Lachance (Nicolas) : Alors, pourquoi avoir, tout d'abord, sur la place publique, pourquoi avoir félicité le gouvernement autant, à cette époque-là, de leur gestion de crise, si vous aviez des doutes sur celle-ci?

M. Bérubé : Parce qu'on ne savait pas ce qu'on sait aujourd'hui. On ne savait pas ce qui se passait, on ne savait pas les choix qui étaient faits. En fait, ce n'est pas tellement qu'on l'a félicité. Moi, j'ai dit, à la sortie de la première rencontre : On est tous dans l'équipe du Québec puis on va travailler ensemble. On nous l'a beaucoup reproché, mais il fallait faire preuve de solidarité parce que c'était vraiment un moment difficile à passer.

Mais je répète, pour les gens qui se posent la question, trois éléments très importants, puis ça va m'éviter de répondre sur Twitter à toutes ces personnes-là. Premier élément, quoi qu'on dise, quoi qu'on fasse, le gouvernement est majoritaire, c'est lui qui décide tout le temps. Même si on élèverait le ton, là, ils font ce qu'ils veulent. Deuxième élément, jamais on n'a été consultés sur des décisions. Jamais. Troisième élément, on n'a jamais disposé d'information privilégiée sur le data ou sur les choix qui s'offraient au gouvernement. Jamais.

Une fois, je suis intervenu à part pour dire au cabinet du premier ministre, avant que M. Gendron quitte : Je pense que vous devriez engager Lise Verreault comme sous-ministre en titre. J'ai fait cet appel-là à quelqu'un du cabinet du premier ministre, avant même de savoir qu'ils allaient tasser Yvan Gendron, j'ai dit : C'est la meilleure personne pour vous, je pense que le moment est venu de changer de sous-ministre. S'ils m'entendent, ils savent de quoi je parle. Et ils l'ont changé.

Puis en terminant, quand le premier ministre dit qu'il n'y avait pas…  problème, il vous a dit qu'il avait une note parfaite, le 3 décembre, l'an dernier, il vous a dit ça, mais il a toujours bien tassé Mme McCann. Pour quelle raison? Qu'est-ce qu'il savait que nous ne savions pas qui nécessitait de changer Mme McCann? Je pose la question.

La Modératrice : On va passer aux questions en anglais.

M. Bérubé : Hello. Is it me you're looking for?

M. Grillo (Matthew) : …you just mentioned it, you were meeting with the Premier.

M. Bérubé : A few times.

M. Grillo (Matthew) : Yes. Did you warn him about CHSLDs, and if so, at what point?

M. Bérubé : Sure, but to be sure of what I'm saying, I want to look on my notes again. And you can ask as well to Pierre Arcand or Manon Massé and with our head of office, it's one of the first things we had to say about the pandemic. Because when you represent a riding, like Martin or me, one of the first things you're aware of is how your elder is living. And a couple of phone calls from the employees or from the families who were not able to meet with their grandpa or grandma… at the beginning, we knew that.

But we're not in charge, the Government is in charge, he has data, he has some specific information, strategic information, so we're like spectators, we... participate in some phone meetings twice a week for the first weeks. Every single time, the Premier was very interested about what we have to say, good or bad, but he didn't say nothing to us, he listened. So, that's all. So, I didn't say, like : Thank you, thank you for listening to us, I hope you apply our great ideas. But that's all, we're not involved in the pandemic crisis cell. A bunch of people of communication with CAQ membership in their pocket were there, not us. That's their choice. So, if they fail, that's their problem, that's their responsibility. So, they have to act like they know now.

M. Grillo (Matthew) : You mentioned the importance of seniors within your riding that you represent, it's high upon the list, were you surprised to find out that CHSLDs really weren't the focus until mid-March?

M. Bérubé : I'm not an expert, but I know, for sure, I'm a Member of Parliament since almost 15 years now, and one of the first things you know when you are a Member of Parliament, and Martin can say that as well, is that people talk to you. And the kind of riding that we represent, people write to us, call us, we know everything that's going on in CHSLDs or in hospitals as well. So, we know that and say like... I hope that the Government knew that, I'm sure he knew that. The result is they knew some important stuff, they decided to take... position and the result is we have more deaths than anyone in Canada, and the difference is now we know why, because they took decisions. So, I want the Government to take the blame. I'm not on a witch hunt. 

La Modératrice : Dernière question en anglais.

M. Grillo (Matthew) : ...thoughts on the update to the budget today, the economic update. What are your expectations today? What are you hoping the Government will address with the update today?

M. Ouellet : We want more money for people who can't afford housing, afford groceries, afford electricity. Today, Mr. Girard has to give to the Quebeckers more money that they can make a big difference in their life. So, we don't need a big plan, we want a plan against poverty.

M. Grillo (Matthew) : …fight inflation, I guess?

M. Ouellet : Of course, that's why Parti québécois had this idea to give $700 to the older that cannot afford electricity, or afford groceries, or pay their bills. So, this afternoon, we hope that Mr. Girard is going to have some heart for people who have lot of needs, but don't have a lot of money.

M. Lavallée (Hugo) :

M. Ouellet : Excuse-moi, Hugo, je ne t'entends pas.

M. Lavallée (Hugo) : Est-ce que vous ne craignez pas que ça empire le problème d'inflation si on ajoute autant d'argent?

M. Ouellet : Absolument pas. Les gens ont déjà de la misère à arriver et, lorsqu'on donne de l'argent aux gens, ils vont aller à l'essentiel. Donc, on ne sera pas dans les biens de luxe, les gens ne s'achèteront pas des autos, ils vont tout simplement s'acheter de la nourriture, et, à ce que je sache, on ne manque pas de nourriture. Donc, il n'y aura pas de rareté avec ces sommes qui seront injectées directement dans les poches de ceux qui en ont besoin.

La Modératrice : Merci beaucoup. Bonne journée.

(Fin à 8 h 24)

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