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Point de presse de M. Jean Boulet, ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale

Version finale

Le mercredi 24 novembre 2021, 12 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Douze heures une minute)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue à tous. Donc, aujourd'hui, M. Boulet, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et ministre responsable de la Mauricie vous fera une déclaration, et ensuite on prendra les questions.

M. Boulet : Bien, très simplement, là, on s'est rencontrés un peu plus tôt, je veux d'abord vous dire que j'ai beaucoup d'empathie pour ma collègue Nadine Girault et je lui souhaite, bien sûr, un prompt rétablissement. Vous le savez à quel point la santé, c'est important dans la vie.

Deuxièmemement, remercier le premier ministre François Legault de la confiance qu'il me témoigne en me nommant ministre de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration. Et c'est un défi extrêmement intéressant pour moi. Vous savez que l'immigration joue un rôle, aussi, c'est une des options pour aider les entreprises à relever le défi de la pénurie de main-d'oeuvre.

Et en même temps, pour moi, je vous dirais que la francisation sera certainement un incontournable pour nous permettre de bien intégrer les personnes qui arrivent au Québec et de s'assurer que ces personnes-là puissent répondre aux besoins des entrepreneurs dans toutes les régions du Québec. Le français, pour moi, c'est important non seulement pour assurer la vitalité de cette langue-là au Québec, mais pour répondre aux besoins de notre développement économique, particulièrement dans les régions. Voilà.

M. Bellerose (Patrick) : Ça fait quand même deux gros dossiers entre les mains, là, avec la relance économique et la pénurie de main-d'oeuvre. Ce n'est pas trop de travail sur votre table à dessin?

M. Boulet : Il y a énormément de connexité entre l'emploi et l'immigration. Pour moi, ça fait partie d'un coffre à outils et ça me permet d'en disposer et de répondre de façon plus globale, plus «comprehensive», aux besoins du marché du travail du Québec.

M. Bergeron (Patrice) : M. Boulet, puisque maintenant vous allez, donc, avoir à la fois immigration et la main-d'oeuvre, est-ce que ça serait prévisible que vous augmentiez, par exemple, les seuils d'immigration pour répondre davantage, plus que ce qui est prévu actuellement, aux besoins du marché du travail?

M. Boulet : Non. On a fait une planification pluriannuelle, souvenez-vous, en 2019, qui était précédée de consultations publiques, et cette planification-là prévoyait des seuils pour les années 2020, 2021, 2022. J'ai annoncé ce qu'était le seuil pour l'année 2022, entre 49 500 et 52 500, et ces seuils-là répondent à nos besoins.

Il n'y a pas que l'immigration. Rappelons-nous, j'ai souvent fait référence à l'intégration de tout le potentiel humain québécois issu de différents bassins : les jeunes, les expérimentés, les personnes en situation de handicap, les judiciarisés, les personnes issues des Premières Nations, les personnes bénéficiaires d'aide sociale et formation, requalification, sans entrer dans tous les détails, l'augmentation de la productivité par la voie de la robotisation, l'automatisation. Et l'immigration fait partie, aussi, vous le savez…

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce que l'immigration menace le français au Québec? M. Legault a fait une affirmation semblable la semaine dernière à Shawinigan.

M. Boulet : Ce qui est important, c'est de s'assurer de l'efficacité de nos programmes de francisation et de régionalisation. Il n'est pas question de menace, c'est d'assurer…

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que l'immigration menace le français au Québec?

M. Boulet : Les seuils d'immigration qui ont été établis sont compatibles avec notre capacité d'intégration. On doit s'assurer de bien intégrer ces personnes-là, puis ça passe par le français, par les régions, et c'est la manière d'augmenter le taux de rétention et de bien répondre aux besoins du marché. Puis je vous dirais que, moi, en matière d'immigration, je pense que vous me connaissez mieux maintenant, on a fait une entente avec Ottawa sur le Programme des travailleurs étrangers temporaires, et ça, ça répond aux besoins pressants et urgents de beaucoup d'entreprises au Québec, dans tous les secteurs parce qu'on a facilité l'accès aux travailleurs étrangers temporaires dans le secteur manufacturier, la transformation alimentaire, le tourisme, l'hébergement, le commerce de détail. On a des assouplissements qui vont donner une bouffée d'air frais à nos entrepreneurs.

Mme Gamache (Valérie) : Mais, vous avez parlé des régions, est-ce que les plans d'immigration pourraient être modulés en fonction des besoins des différentes régions dorénavant? Est-ce que vous pourriez, par exemple, donner certaines responsabilités à certaines régions dans ce cas-là?

M. Boulet : Mon objectif, encore une fois, c'est de mettre beaucoup l'accent sur la francisation. Pour moi, c'est la voie qui va nous permettre d'assurer une régionalisation plus efficace, une meilleure rétention, puis, ultimement, permettre une meilleure vitalité de la langue française au Québec, et de répondre aux besoins concrets de notre marché de l'emploi partout dans les régions du Québec.

M. Carabin (François) : On a entendu le Parti conservateur, cette fin de semaine, se positionner sur une réduction des seuils d'immigration. Votre gouvernement l'avait fait aux dernières élections. Est-ce que c'est encore une possibilité qui est valide ou la conjoncture actuelle fait en sorte qu'il faut maintenir les seuils que vous avez fixés?

M. Boulet : Il y aura une autre planification pluriannuelle en temps opportun, mais la planification qui a été établie en 2019, ça répond bien à nos besoins puis surtout à notre capacité d'intégration. Puis il y a des efforts à faire pour que nos programmes de francisation et d'intégration donnent de meilleurs résultats et soient gérés de façon efficace...

M. Lacroix (Louis) : …M. Boulet, les gens d'affaires réclament de hausser les seuils à 70 000 parce qu'il y a une pénurie de main-d'oeuvre. Alors, est-ce que ce serait impensable de faire ça?

M. Boulet : Il n'est pas question de hausser les seuils d'immigration, M. Lacroix. Les seuils tels qu'ils ont été établis après des consultations… Puis le milieu des affaires comprend bien la réalité et les problématiques d'intégration au Québec. Je le répète, les corridors que nous devrons emprunter de façon plus efficace : francisation, régionalisation. Et c'est ça qui va nous permettre d'atteindre deux objectifs, je le répète constamment : la vitalité de la langue puis le développement économique des régions.

M. Bergeron (Patrice) : Vous avez parlé de la collaboration avec le fédéral. Qu'est-ce que vous entendez faire pour arriver à cet objectif d'avoir la pleine maîtrise des dossiers d'immigration comme le demande le Québec, depuis très longtemps, et votre gouvernement?

M. Boulet : En négociant avec Ottawa. Depuis mon assermentation, j'ai négocié avec ma collègue du MIFI, mon premier collègue et ma deuxième collègue, avec M. Mendicino à Ottawa puis Mme Qualtrough, parce que le Programme des travailleurs étrangers temporaires relève de la ministre de l'Emploi et Développement social Canada, et on a fait une entente. Puis j'en suis fier parce qu'on a... en plus, à la Commission des partenaires du marché du travail, où il y a un collège patronal, syndical, éducation et communautaire, on a fait un consensus : pour une première fois, on a ajouté 37 emplois et métiers dans le traitement simplifié et on a ajouté les secteurs que j'ai mentionnés plus tôt, leur donnant accès à un seuil de 20 % plutôt que 10 %. Donc, pour le regroupement familial…

Puis moi, en matière d'immigration, c'est sûr que le fait qu'il y ait une compétence partagée entre Québec et Ottawa, je constate, je réalise et je suis en mode discussion. Puis je veux qu'on négocie avec nos collègues à Ottawa pour l'ouverture du chemin Roxham. Dimanche passé, j'étais avec les ministres Fraser, Duclos, Mendicino, mon collègue Christian Dubé était avec moi, puis on s'est entendus pour que ce soit fait, le retour des demandeurs d'asile, de manière harmonieuse et dans le respect des capacités d'hébergement du Québec.

C'est important que le Québec s'affirme, mais il faut s'affirmer toujours en tenant compte du maintien de la qualité de la relation et de la communication qu'on a…

M. Chouinard (Tommy) :

M. Boulet : Pardon?

M. Chouinard (Tommy) : Est-ce que c'est une bonne idée…

M. Boulet : Ah! moi, je ne me prononcerai pas là-dessus, hein? Mais ce qui est important pour moi, là, c'est que ces personnes-là soient accueillies avec humanité, puis dignité, puis dans le respect des capacités, encore une fois, d'hébergement du Québec.

M. Chouinard (Tommy) :

M. Boulet : C'est fédéral, c'est de juridiction fédérale.

M. Carabin (François) : Avez-vous l'impression que les intérêts du fédéral collent à ceux du Québec dans les dossiers d'immigration actuellement?

M. Boulet : Moi, je vais toujours me battre pour que le Québec s'affirme, exerce ses pouvoirs. Puis en matière d'immigration, là, où c'est une juridiction qui est partagée, si ça engendre des doublements puis de l'inefficacité, je vais toujours lutter contre ça.

M. Chouinard (Tommy) :

M. Boulet : Je n'ai pas de prétention d'obtenir nécessairement des meilleurs résultats, mais je vais travailler avec acharnement. J'ai un autre rendez-vous de cédulé avec le ministre Fraser, qui est le nouveau ministre de l'Immigration à Ottawa, et les délais d'admission, parce que vous savez que Québec sélectionne, Ottawa admet, les délais d'admission pour les personnes qui sont ici, qui ont un certificat de sélection du Québec, qui parlent français, qui travaillent au Québec, sont, à mon avis, inadmissibles. Et ça, Ottawa doit non seulement le reconnaître mais s'assurer d'avoir un plan d'action pour régler ça le plus rapidement possible.

M. Lacroix (Louis) : …une mise à jour économique, demain, est-ce qu'on va connaître, comment dire, vos prétentions en termes d'augmentation de salaire minimum, demain?

M. Boulet : Non, pas demain. Demain, c'est la mise à jour économique. Le salaire minimum, d'ici quelques semaines, là. Ça s'en vient, on est dans les travaux de fin… on achève.

M. Bossé (Olivier) : M. Boulet, votre ministère de l'Immigration, est-ce qu'il va être encore plus axé sur l'emploi que le ministère que dirigeait Nadine Girault?

M. Boulet : Il va continuer d'être axé sur la francisation, la régionalisation, le développement économique, la vitalité de la langue. Il faut essayer de continuer à faire mieux et plus puis à atteindre les meilleurs résultats possible. C'est tout ce que je peux vous dire. Ceci dit, Nadine Girault a fait un travail exceptionnel, son prédécesseur Simon Jolin-Barrette, la même chose, et moi, je vais continuer avec les mêmes orientations. Merci.

M. Carabin (François) : 18 $ sur le salaire minimum, comme le demande Québec solidaire, est-ce que c'est réaliste?

M. Boulet : Le salaire minimum, là, c'est toujours un équilibre délicat, hein? Mais il faut tenir compte de la capacité de payer des PME et de l'augmentation du pouvoir d'achat des salariés à faibles revenus. L'année passée — c'est sûr qu'on s'étonne à chaque année, hein — quand il est passé de 13 $ à 13,50 $, 287 000 personnes en ont bénéficié, beaucoup de jeunes, une proportion importante de femmes. Il va être augmenté encore une fois cette année.

Mon objectif, c'est toujours d'aller à 50 % du salaire horaire moyen. La première année où j'étais ministre du Travail, cet objectif-là, qu'on a atteint, il était historique. Je veux aller dans la même direction. Puis je veux m'assurer, cependant, de mentionner qu'au Québec on a le revenu disponible le plus élevé, là, tu sais, quand on tient compte du filet de sécurité sociale dont bénéficient les personnes, notamment, à faibles revenus. On est les premiers au Canada.

Ça fait qu'il y plusieurs facteurs à considérer : l'incitatif au travail, le potentiel de décrochage scolaire, les possibles mises à pied au sein des PME. Donc, je vais tenir compte de l'ensemble de ces éléments-là puis je pense qu'on va trouver une voie de passage qui va être convenable, qui n'obtiendra pas la satisfaction totale de tous les partenaires, mais je pense qu'on va avoir une augmentation qui va être intéressante.

Mme Fletcher (Raquel) : It sends a strong message that the Labour Minister is now the Minister of Immigration. So, the Government is… wants to marry those two things.

M. Boulet : It seems to me that there is a strong relationship between Labour, Employment and Immigration, and of course it can be interpreted as a message. You also have to take into consideration that I come from a region. So, French for Québec, the arrival of new people in the regions, where the labour shortage is particularly acute, is also very important for me. So, yes, there is a connexion between employment and immigration. And, second, there is a connexion between the fact that I come from a region and my appointment as the Immigration Minister.

Mme Fletcher (Raquel) : Nadine Girault was a star candidate, also, a… People are worried about her health, right now. Can you tell us how she's feeling?

M. Boulet : I spoke with Nadine, yesterday, she seems to be getting better. And, at this point in time, I can only wish her a prompt new health as it were. But she's getting better.

M. Authier (Philip) : Is this workload going to be too much for you? I mean, Immigration, and Labour, and Employment, and Francisation. I mean, that's a lot. You have time to do all this?

M. Boulet : It is an important workload. But I have to be surrounded by good people. I have a team spirit, people who have been working with me have the same spirit, so I'm relying upon those people. And, in my ministries, there are very competent people who I will work with. And, no, I'm very confident that I will be able to reach my objectives.

Des voix : … Thank you.

M. Boulet :Thank you...

(Fin à 12 h 16)

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