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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle, et Mme Monique Sauvé, porte-parole de l’opposition officielle pour les aînés et les proches aidants

Version finale

Le mercredi 24 novembre 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-neuf minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour et bienvenue au point de presse de la cheffe de l'opposition officielle, Mme Dominique Anglade, qui aujourd'hui est accompagnée par Mme Monique Sauvé, porte-parole pour les aînés et les proches aidants. Mme Anglade, à vous la parole.

Mme Anglade : Merci. Et bonjour à tous. Et merci à Monique Sauvé de m'accompagner ce matin. Le rapport de la Protectrice du citoyen est clair, il n'y a pas eu de directive qui a été envoyée, de la part du gouvernement, aux CHSLD avant le mois de mars, le mois d'avril pour régler le problème de la pandémie qui sévissait à ce moment-là. Les faits ne mentent pas. Par contre, le gouvernement, lui, a menti aux Québécois. Il a menti en disant qu'il y avait des directives qui avaient été envoyées, alors que ce n'était pas le cas. Ce n'est pas l'opposition officielle qui le dit, c'est le rapport de la Protectrice du citoyen, c'est les doutes qu'émet la coroner, c'est l'association des CHSLD privés, également, qui sont sortis pour dénoncer cette situation. Il est temps pour le gouvernement de dire la vérité aux Québécois.

Le Modérateur : On va passer aux questions.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que Mme McCann doit s'excuser, tout à l'heure, pour ce qui s'est passé?

Mme Anglade : Le gouvernement Legault doit dire la vérité, doit dire ce qui s'est passé. Pourquoi ils nous ont dit qu'il y avait des directives qui avaient été envoyées, alors que ce n'était pas le cas? Ce qu'on a besoin de savoir, c'est la vérité. Ce qu'on veut avoir, de la part du gouvernement, c'est de la transparence que l'on a n'a pas aujourd'hui.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce qu'elle doit s'excuser, aujourd'hui, Mme McCann?

Mme Anglade : Elle doit surtout nous expliquer pourquoi elle a tenu ces propos-là, pourquoi... qu'est-ce qui a forcé les propos qui ont été tenus, pourquoi est-ce que les gens ont dit qu'il y avait des directives qui avaient été envoyées, s'il n'avait pas été le cas. Nous, ce qu'on veut comprendre, c'est pourquoi cette situation-là s'est produite et qu'est-ce qui a pu justifier ça.

M. Lacroix (Louis) : M. Legault disait hier, en conférence de presse, que c'était impossible de savoir ce qui se passait dans les CHSLD, que les CHSLD étaient en danger, parce qu'il dit : Partout où on regardait, bien, ça éclatait, par exemple, dans tous les pays du monde. Là, il a cité les États-Unis, l'Italie, etc., là, où c'était dans les hôpitaux qu'il y avait des problèmes. Alors, il dit que ce n'était pas possible, il dit : On a tous fait la même erreur. Je n'ai pas le… je pourrais vous trouver la citation exacte, là, mais il disait que c'était impossible de le savoir. Il dit : Tout le monde a fait la même erreur. Il dit : On n'était pas au courant de ça, c'est plus gros qu'on pensait. Est-ce que c'est une excuse valable?

Mme Anglade : Honnêtement, la réponse de M. Legault à cette question, elle est absurde. Plutôt que de regarder, là, partout dans le monde ou seulement de regarder partout dans le monde, il aurait pu consulter ses experts sur le terrain. Parce que même le Dr Arruda disait que les personnes aînées étaient particulièrement vulnérables. Les experts ici, au Québec, aux mois de janvier, février et mars, auraient pu lui dire, s'il leur avait posé la question.

Mme Lévesque (Fanny) : On voit que les principaux témoins de la semaine dernière, là, ont rapporté la même chose, là, sur la directive en janvier. Est-ce que vous avez l'impression, donc, que c'était un peu coordonné, comme propos? Ils s'étaient entendus pour dire la même chose, finalement?

Mme Anglade : C'est très particulier que plusieurs personnes parlent de directive qui a été donnée, alors que ce n'était pas le cas. C'est la raison pour laquelle le gouvernement doit répondre à la question qui… Pourquoi ils ont dit qu'il y avait une directive? Pourquoi plusieurs personnes représentant le gouvernement ont mentionné qu'il y avait des directives, alors que c'était faux? C'est ça, la question à laquelle ils doivent répondre.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : …au bénéfice de l'enquête de la coroner, là?

Mme Anglade : Excusez-moi. Avancez un petit peu.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Est-ce que ça mérite d'être éclairci, ces témoignages-là, au bénéfice de l'enquête de la coroner Kamel?

Mme Anglade : Bien sûr que tous ces témoignages-là méritent d'être éclaircis avec le bureau de la coroner. Absolument.

Mme Gamache (Valérie) : Est-ce qu'il faut contraindre ces gens-là à venir retémoigner devant la coroner, à la lumière de ce qu'on apprend?

Mme Anglade : Ce serait une excellente idée que tout le monde vienne témoigner et vienne expliquer les contradictions dans les positions qui ont été prises. Je pense que ce serait une très bonne chose. Et d'ailleurs ce serait très bien également que le premier ministre lui-même vienne témoigner devant la coroner.

M. Lachance (Nicolas) : Vous avez dit que c'était faux, donc est-ce que ces personnes-là… est-ce que Mme McCann a menti sous serment lorsqu'elle s'est présentée devant la coroner?

Mme Anglade : Bien, clairement, le gouvernement nous a menti. Je veux dire, ils nous ont dit qu'il y avait une directive qui avait été envoyée, et on n'a pas le début de la couleur d'une directive qui a été envoyée. Donc, c'est faux.

M. Lachance (Nicolas) : Mais elle, personnellement, là, est-ce qu'elle a menti sous serment?

Mme Anglade : Bien, écoutez, Mme McCann, ce qu'elle a dit, c'est faux. Le gouvernement a menti, Mme McCann a menti, je veux dire, c'est ça, la réalité, là. C'est ça. À moins qu'ils soient capables de nous prouver quelque chose d'autre aujourd'hui et puis de sortir un chapeau de leur sac, il n'y a pas de... C'est exactement ça qui s'est produit.

M. Larin (Vincent) : ...ce que vous dites, essentiellement, c'est qu'elle s'est parjurée, là, elle a menti sous serment. C'est très grave, ça, Mme Anglade. C'est des accusations de nature criminelle, là.

Mme Anglade : Bien, écoutez, s'ils sont capables de prouver qu'il y a une directive qui a été envoyée dans les CHSLD... expliquer leur position. Aujourd'hui, là, c'est pour ça que je dis : Ce que Mme McCann doit faire, ce que le gouvernement Legault doit faire, c'est expliquer ce qui s'est passé. Pourquoi on nous a dit qu'il y avait des directives, alors que finalement on apprend, dans la version de la Protectrice du citoyen, qu'il n'y en avait pas? Pourquoi ils nous ont dit ça? C'est les questions auxquelles ils doivent répondre.

Mme Lévesque (Fanny) : ...là, j'oublie le terme, là, mais sur une... Ils ont envoyé quelque chose en janvier, là, le plan...

Des voix :

Mme Lévesque (Fanny) : …envoyé aux P.D.G., donc, qui normalement devait se rendre aux CHSLD. Ils semblent s'appuyer là-dessus, là. Mais c'est ça qu'ils disent qu'ils ont envoyé en janvier. Donc, pour vous, est-ce que c'était une façon de contourner la vraie question ou c'est valable, ce qui a été envoyé?

Mme Anglade : Quand on nous parle de directives pour faire en sorte que les CHSLD soient prêts, on s'attend à ce qu'il y aient des directives qui sont envoyées aux CHSLD pour qu'ils soient prêts à faire face à la COVID-19. Est-ce que, oui ou non, il y a eu une directive? La réponse, c'est non. Maintenant, c'est à eux de s'expliquer. Mais clairement les faits sont clairs, la Protectrice du citoyen nous dit qu'il n'y a pas eu de directive envoyée. Encore une fois, ils doivent répondre aux questions.

M. Lacroix (Louis) : ...à votre avis, est-ce que Mme McCann a menti? Est-ce que c'était pour protéger sa propre action? Est-ce qu'elle était en service commandé, par exemple, du gouvernement? J'imagine que, quand on va témoigner de cette façon-là, on doit... il doit y avoir un minimum de préparation. Alors, pourquoi, à votre avis, elle a menti?

Mme Anglade : Pour moi, ce qui m'apparaît clair, c'est qu'il y a plusieurs personnes qui tenaient un même discours, il a l'air d'y avoir une action concertée par rapport à ça. Mais, encore une fois, c'est de se poser la question... c'est de dire à la population : En fait, on était prêts. C'était peut-être pour prouver à la population qu'ils étaient prêts, mais sans réellement avoir posé les gestes, alors pour sauver l'image du gouvernement. C'est un gouvernement qui gère beaucoup...

M. Laforest (Alain) : ...ce que vous dites, «des mensonges», devant une enquête du coroner, là, où on a été assermenté.

Mme Anglade : C'est la conclusion à laquelle on doit arriver. C'est un gouvernement qui gère beaucoup... c'est un gouvernement qui gère davantage son image, qui est préoccupé davantage par son image que préoccupé par dire la vérité aux Québécois.

M. Bergeron (Patrice) : ...des rapports qui sont réapparus soudainement...

Mme Anglade : Sur la question des rapports, la semaine dernière, on avait... on nous a dit plusieurs choses. On nous a d'abord dit que les rapports avaient été faits de manière verbale. Ensuite, on nous a dit que les rapports avaient été écrasés. Il a fallu qu'un journaliste sorte de l'information pour finalement qu'on nous apprenne : Ah! bien non, les rapports, ils existent, on va vous les transmettre. Pourquoi est-ce qu'on a dû attendre qu'un journaliste sorte pour faire... pour dire la vérité, pour être transparent? Ce n'est pas ce à quoi on s'attend d'un gouvernement.

M. Lachance (Nicolas) : Dr Arruda a répété ce matin qu'en janvier il avait envoyé ces informations-là, il l'a dit, sur plusieurs tribunes, là. Donc, vous dites que c'est un plan pour l'image du gouvernement. Est-ce que M. Arruda participerait à ça, selon vous?

Mme Anglade : C'est une question qu'il faut lui poser. Moi, ce que je sais, c'est que ces informations, effectivement, sur les personnes aînées existaient au Québec depuis le mois de janvier et qu'aucune directive n'a été émise par le gouvernement en ce sens pour aller protéger les gens dans les CHSLD.

M. Bossé (Olivier) : Est-ce que vous pensez que la construction du troisième lien peut être carboneutre, Mme Anglade? La construction.

Mme Anglade : Quand j'ai entendu ça, je vais vous dire, j'ai pensé que c'était une blague. J'ai pensé que c'était une blague. C'est absurde, comme commentaire, de penser que la construction du tunnel peut être carboneutre. Et en fait, hier, le premier ministre disait que les gens pelletaient dans les nuages. Mais c'est le gouvernement lui-même qui, sur le troisième lien, est en train de pelleter des nuages.

Le Modérateur : Dernière en français.

M. Laforest (Alain) : Vous avez probablement vu, là, la vidéo qui circule actuellement, là, qu'on dit que… — peut-être pas ou…

Mme Anglade : Non, peut-être pas. Je ne sais pas.

M. Laforest (Alain) : …votre équipe de communication vous a peut-être avisée — où on enseigne en Ontario que la loi n° 21 est islamophobe. Vous en pensez quoi?

Mme Anglade : Bien, je pense que les lois sont décidées au Québec, et que les Ontariens devraient se préoccuper de ce qui se passe chez eux sur cet enjeu-là. Les lois du Québec, je demande... peu importe les opinions que l'on peut avoir, là, moi, je défendrai toujours le droit du Québec de voter ses propres lois.

M. Lachance (Nicolas) : La CSQ qui a demandé un mandat de grève générale illimitée dans le dossier des garderies, disant qu'ils viennent de frapper un mur, qu'est-ce que vous avez à dire là-dessus?

Mme Anglade : La manière de fonctionner du gouvernement, qui est d'imposer sa manière de faire — je rappelle qu'on est, encore aujourd'hui, en gestion de… sous décret sanitaire d'urgence — cette manière de fonctionner, cette manière de vouloir tout contrôler, de ne pas faire de reddition de comptes, de ne pas vouloir collaborer, bien, ça mène aussi à ces situations-là, notamment dans nos services de garde. Et ça me préoccupe beaucoup, cette manière de faire les choses, de ne pas collaborer, et voilà où ça nous mène.

Le Modérateur : En anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Ms. Anglade, are you asking Danielle McCann to leave cabinet today or to apologize?

Mme Anglade : I'm asking the Government Legault to tell us why is it that he lied to the population, that he lied to Quebeckers. They lied to Quebeckers. They told Quebeckers that there was a clear directive telling how we should deal with the virus, back in January, February. It wasn't true. It wasn't true. So, I want to know why they lied to the population.

Mme Senay (Cathy) : Why do you say they lied? Because lying in front of a coroner, I mean, this is…

Mme Anglade : They said something that was not true. They said that there were directives that was sent to senior homes when it was not the case. It was not case. So, if they can prove it, please, they should feel free to do so today. But I haven't seen a single report showing that they did what they said they did. This is lying.

M. Authier (Philip) : Do you think the coroner… I think she has the power, but should she reconvene Mme McCann to ask more questions, or Mme Blais, for example? She's not well, but when she's better, I mean. But, in the immediate, should the coroner bring McCann back?

Mme Anglade : The coroner should decide to do everything in her power to get down to the truth, to really understand what happened. And, if it means calling back people to come and testify, then, she should be doing so.

Mme Senay (Cathy) : …Legault Government, I remember, like, the Premier, they were really, really proud of how they managed the crisis, in the first months of it, of the pandemic. What is troubling and the population should know about, what's happening today with the new revelations, the ombudsman's report? I mean, why they should be worried about this?

Mme Anglade : Why the Government…

Mme Senay (Cathy) : …revelations, as compared to…

Mme Anglade : Why Quebeckers should be worried about?

Mme Senay (Cathy) : Yes.

Mme Anglade : Well, Quebeckers should be worried about the fact that we have a Government that is really not transparent, we have a Government that doesn't want to tell the truth. We've seen it with the directive given to senior homes, but we've also seen it in the reports. We heard one thing and the opposite, last week, regarding the reports, and clearly there was no… there were only contradictions. So, people should be worried that this Government is more interested in managing its image than actually telling the truth to Quebeckers.

Mme Senay (Cathy) : But you've been asking for a public independent inquiry for months. It was always rejected. Why do you think, now, the Government should accept this? Why?

Mme Anglade : Everyday that goes by tells us that we have more questions to ask and more areas that are really not clear about the way the pandemic was managed.

And I want to take a step back for just one minute. We all understand that this was a very difficult time to manage, we all recognize that it was not easy to face the situation. But, at the end of the day, the responsibility of the Government is to tell the truth, to tell us what happened, so we can better prepare in the future, and also to bring closure to something that was extremely hard for people that have lost their loved ones.

Une voix : Merci beaucoup.

Mme Anglade : Merci.

(Fin à 9 h 3)

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