Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

Assemblée nationale du Québec - Retour à l'accueil

L'utilisation du calendrier requiert que Javascript soit activé dans votre navigateur.
Pour plus de renseignements

Accueil > Actualités et salle de presse > Conférences et points de presse > Conférence de presse de Mme Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor, et M. Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Recherche avancée dans la section Actualités et salle de presse

La date de début doit précéder la date de fin.

Conférence de presse de Mme Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor, et M. Mathieu Lacombe, ministre de la Famille

Version finale

Le jeudi 14 octobre 2021, 9 h 30

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Neuf heures trente-quatre minutes)

Mme LeBel : Merci. Merci beaucoup. Alors, bonjour à tous.

Je pense que c'est très clair, de par mes propos et de par les propos de mes collègues du gouvernement, de par les propos de la population également, qu'il y a un consensus très clair concernant les éducatrices en milieu de CPE. Elles doivent être payées... mieux payées et mieux rémunérées au quotidien pour leur travail. Et je pense qu'on l'a dit abondamment, on est d'accord avec le fait qu'on doit valoriser.

D'ailleurs, les éducatrices, à l'instar des enseignantes, des infirmières, à titre d'exemple, ce sont des postes, les éducatrices qualifiées, qu'on a choisi de prioriser. Donc, pour nous, c'est important. Ça prend des éducatrices qualifiées pour prendre soin de nos enfants et les aider à se développer.

Le salaire actuel, force est de constater, il n'attire pas de nouvelles éducatrices dans le réseau, pas plus qu'il ne contribue à les retenir. On l'entend, on le voit, et c'est un message qui est très bien compris de la part du gouvernement.

Donc, il est nécessaire de rendre justice au travail qu'elles accomplissent tous les jours. Mon collègue, naturellement, Mathieu, ministre de la Famille, va parler d'ailleurs plus en détail de la formation des nouvelles éducatrices via le programme... Parcours, pardon, qui est un programme, là, de... le programme de parcours études-travail en petite enfance. Et je pense qu'il y a une nouvelle cohorte qui débute prochainement, on pourra vous en donner plus de détails.

Le constat qui est fait, c'est qu'il est urgent d'agir. Il faut avoir un impact maximum, rapide, et je dirais même immédiat sur la rétention et les inscriptions aux formations qu'on met... qu'on rend disponibles.

C'est également important de noter que, bien qu'il faut respecter la négociation et qu'elle se poursuit, il y a quand même 60 % de nos éducatrices dans le réseau de la petite enfance qui sont non syndiquées. Donc, en attendant, dans l'intervalle, pendant qu'une entente négociée continue de se travailler aux tables de négociation, on a décidé d'aller de l'avant avec une mesure... des mesures temporaires.

Donc, le gouvernement a décidé que dès maintenant on met en oeuvre les paramètres salariaux de l'offre qui a été présentée en juillet dernier. Ces paramètres vont s'appliquer dès maintenant pour ceux qui sont naturellement applicables pour les années en cours. Cette offre, je l'ai mentionné à plusieurs reprises, pour les éducatrices qualifiées va jusqu'à 17 % d'augmentation.

Je veux être claire, c'est important pour moi de respecter la négociation. Ça ne met pas fin aux négociations. D'ailleurs, j'ai rencontré les syndicats… mes équipes, pardon, ont rencontré les syndicats ce matin pour leur annoncer qu'on allait de l'avant avec une mesure administrative temporaire et aussi leur annoncer que, rapidement, dans les prochains jours, notre offre gouvernementale va être bonifiée.

Donc, pour moi, c'est deux choses bien distinctes, l'urgence et la nécessité d'agir dès maintenant pour avoir un effet immédiat pour non seulement retenir, mais attirer des nouvelles éducatrices dans le réseau, mais continuer également la négociation pour en arriver à une entente sur les paramètres qu'on a mentionnés. Donc, naturellement, cette mesure… J'ai mentionné qu'il y a 60 % des éducatrices qui sont non syndiquées. Malgré tout ça, cette mesure s'applique à l'ensemble des éducatrices. 100 % des éducatrices qualifiées bénéficieront de cette mesure, que ce soit dans les CPE publics ou les garderies subventionnées.

Donc, c'est important de poser ce geste concret là. Je suis confiante que ça va réussir à rendre la profession beaucoup plus attrayante. On le sent, on le voit, il y a une urgence d'agir, et je pense qu'il était important de le mettre de l'avant. On a un plan de développement pour de nouvelles places en CPE. Il faut qu'on attire des éducatrices. Mon collègue également fera une annonce dans quelques semaines. Il aura quelques éléments à vous partager. Mais, au coeur de ça, on l'a dit, la clé, c'est d'avoir des éducatrices pour occuper ces postes et s'occuper de nos enfants. L'accès aux CPE, aux places existantes, le développement de nouvelles places est compromis présentement par la pénurie d'éducatrices. Cet enjeu est également reconnu par la partie syndicale.

Donc, on est conscients aussi qu'il y a des enjeux extrêmement importants qui demeurent à réfléchir, à discuter pour améliorer les conditions de travail, les conditions d'exercice. Mais, de l'avis de tous les syndicats rencontrés, la rémunération est un point majeur au coeur de cet enjeu-là également. Mais les conditions de travail, on a entendu les éducatrices, le soutien dont elles ont besoin, l'organisation du travail, ça fait également partie des enjeux qui sont prioritaires aux tables de négociation et sur lesquels on entend apporter et trouver des solutions.

Donc, je pense que c'est important de réitérer notre volonté et notre disponibilité à conclure des ententes rapidement, de réitérer que, pour moi, la négociation se continue. Ce n'est qu'un premier geste concret, un geste pour démontrer la bonne foi du gouvernement. Je serais fort étonnée que les syndicats, de toute façon, négocient en bas de 17 %. Donc, je pense qu'il n'y a pas d'enjeu à avancer déjà notre première offre. Mais maintenant je pense qu'il faut continuer à travailler rapidement aux tables de négociation. C'est urgent d'agir pour nos enfants, pour nos parents, pour nos éducatrices. Merci.

M. Lacombe : C'est à moi? Oui, j'y vais. Donc, merci beaucoup, Sonia. Merci à tous d'être là. Bonjour à tous ceux aussi qui sont avec nous, qui nous suivent en ligne, dont notamment beaucoup d'éducatrices qui, certainement, seront très intéressées par l'annonce de ce matin. Comme ma collègue le disait, on lance un message très clair ce matin, le message que c'est urgent d'agir dès maintenant.

D'abord, je veux m'adresser aux éducatrices. Je l'ai dit souvent, on est conscients, on est très, très conscients que vous n'êtes pas assez bien rémunérées pour le travail que vous faites et qu'un rattrapage salarial est nécessaire, ce qu'on s'est déjà, comme gouvernement, engagés à faire. Aujourd'hui, même si les négociations se poursuivent, comme l'a bien souligné Mme LeBel, on doit tout faire pour que vous, les éducatrices, vous restiez dans le réseau.

Comme père, évidemment, c'est connu, j'ai un enfant qui fréquente un CPE. Comme ministre de la Famille depuis plus de trois ans, évidemment, je vois le travail que vous faites, les éducatrices, sur le terrain, jour après jour, sans oublier tous les défis aussi qui se sont ajoutés dans les 18 derniers mois, qui ont fait en sorte que votre travail s'est complexifié avec la pandémie.

Comme ministre de la Famille, j'ai partagé, évidemment, avec mes collègues ma grande préoccupation quant aux conditions salariales des éducatrices, des éducateurs aussi. Il y en a quand même dans notre réseau de services de garde éducatifs. Et c'est une préoccupation qui est partagée par ma collègue la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel. D'ailleurs, vous avez vu que l'augmentation, ce rattrapage salarial dont on parle, bien, c'est au coeur de la proposition du gouvernement qui est actuellement à la table de négociation.

Mais, comme vous le savez, les deux parties doivent être disponibles pour négocier. C'est quelque chose qui prend du temps, et du temps, en ce moment, on n'en a pas. Je pense aux éducatrices qui sont fatiguées, aux éducatrices qui se lèvent à chaque matin en se demandant si elles ont envie de continuer, à ces éducatrices-là qui, malgré tout, doivent concentrer toutes leurs énergies et toute leur concentration pour s'occuper de ce qu'on a de plus précieux, nos tout-petits, dans le contexte de la pandémie en plus, comme je le mentionnais. Je pense au mouvement Valorisons ma profession, qui nous rappelle, depuis déjà quelques mois, avec raison, à quel point c'est important d'effectuer ce rattrapage salarial, et on est bien d'accord avec eux. Mais on ne peut pas attendre la fin des négociations, encore six mois, par exemple, avant de vous offrir de meilleures conditions salariales.

Donc, c'est pour cette raison-là qu'on a pris la décision d'agir rapidement. J'ai envie de dire : C'est terminé, le temps des demi-mesures, c'est terminé, le temps où les éducatrices étaient prises pour acquises par le gouvernement du Québec. Maintenant, ce qu'on veut, c'est régler le problème sur le fond, et vous avez un gouvernement sur qui vous pouvez compter pour régler la situation. Évidemment, je sais, on sait très bien, Sonia le sait encore plus que moi pour être à la table, qu'il reste du travail à faire avec les négociations, que ces négos vont se poursuivre, les négociations vont se poursuivre, c'est important de le souligner. Mais aujourd'hui, on vous démontre, à vous, les éducatrices, qu'on a la volonté claire de prendre soin du personnel dans notre réseau, on a besoin de vous, on a besoin de vous dans nos CPE, dans nos garderies, et les parents du Québec aussi.

Justement, avec cette annonce-là, on lance un message aussi aux parents québécois, que ce soit ceux qui ont une place présentement, mais aussi ceux qui en attendent une, la conciliation famille-travail, elle est difficile, je le sais, et c'est cette... c'est pour cette raison-là notamment que, comme gouvernement, on s'est engagé à compléter notre réseau. Vous le savez, il y a une annonce qui s'en vient à ce sujet-là, on veut que chaque enfant puisse avoir une place, mais on revient à ce dont on parle depuis le début de cette conférence de presse : Pour y arriver, on a besoin de personnel, on a besoin d'éducatrices, d'en attirer des nouvelles, mais aussi de s'assurer que celles qui sont là ne quittent pas.

Donc, comme ministre de la Famille, j'ai déjà déposé un plan de 64 millions de dollars pour faire face à la pénurie de main-d'oeuvre dans le réseau, c'est un premier geste important, mais il y a d'autres gestes que je poserai aussi bientôt quand je déposerai mon plan d'action. L'annonce de ce matin démontre, je pense, une fois de plus, toute la volonté qu'on a d'arriver à cet objectif-là.

Donc, je termine là-dessus en remerciant, évidemment, encore une fois, les éducatrices pour le travail qu'elles font et je souhaite vraiment, je souhaite de tout coeur, qu'elles perçoivent ce geste-là, ce matin, comme un geste de respect et de valorisation aussi de leur profession. Merci.

Le Modérateur : On va maintenant passer à la période de questions réservée aux journalistes. Je vous invite à vous signifier si vous avez une question à poser. On va commencer avec Tommy Chouinard de La Presse.

M. Chouinard (Tommy) : Bonjour. Mme LeBel, vous avez dit... vous l'avez mentionné, mais vous savez qu'il y a toujours une crainte que les éducatrices d'un autre secteur décident d'aller travailler en CPE pour toucher les bonifications salariales. Vous avez juste mentionné que les garderies privées, également, les éducatrices dans les garderies privées vont toucher cette augmentation-là. Expliquez-moi comment on arrive à ça. Et, dites-moi, également, si on met en oeuvre les paramètres salariaux, ça veut dire c'est tout le pactole qui est prévu dans les offres salariales, y compris, comme, par exemple, la rétro pour les années... les deux années antérieures?

Mme LeBel : Ce qu'on met en... tu pourras... peut-être que Mathieu pourrait répondre plus, là, aux différents degrés du réseau, là. Moi, ce que j'ai mentionné, c'est des CPE publics et les garderies subventionnées. Ce qui va s'appliquer présentement, naturellement, ça, c'est la partie des offres salariales qui est applicable aux années en cours, là. Donc, on... Je vais faire un parallèle qui est un peu... C'est comme si on avait signé à 17 % aujourd'hui, disons-le comme ça. Mais, encore une fois, je veux quand même rassurer tout le monde, la négociation se termine, ce n'est pas la fin de la discussion.

D'ailleurs, je l'ai mentionné ce matin, par le biais de mes équipes, quand on a rencontré les parties syndicales, les associations d'employeurs, qu'on allait procéder à cette mesure administrative là. Il y aura également un autre dépôt. On les a avisés qu'il y aura une offre bonifiée au niveau du salaire qui s'en vient également, donc ce n'est pas terminé. Mais ça va s'appliquer aux CPE publics et garderies subventionnées.

Je ne sais pas si, Mathieu, tu as une précision un peu plus détaillée vu que c'est ton réseau.

M. Lacombe : Bien, c'est une bonne question, parce qu'effectivement le réseau est assez, je dirais, hétérogène. Donc, oui, ça s'applique effectivement aux centres de la petite enfance, qui sont des OBNL, s'applique aussi aux garderies subventionnées, parce qu'elles ont un lien financier évidemment avec le gouvernement du Québec. Là où, évidemment, ça ne s'applique pas, c'est aux garderies non subventionnées, qui sont des entreprises qui n'ont aucun lien financier avec le gouvernement du Québec et qui ne font pas partie actuellement des discussions. Par contre, on est bien conscients de la pression que ça va amener à ces garderies-là, et, dans le cadre du plan d'action que je vais déposer prochainement, il y aura des réponses à ça.

M. Chouinard (Tommy) : Maintenant, vous avez mentionné, M. Lacombe, qu'on ne peut pas attendre la fin des négociations encore six mois, bon. Donc, dans votre esprit, là, on va continuer encore six mois les négociations, et le message... Est-ce que vous ne craignez pas que message qui est envoyé aux syndicats, c'est : Bien, continuez de faire la grève, les bonbons vont tomber au fur et à mesure, ça marche?

M. Lacombe : Non. Bien, je vais peut-être laisser Sonia compléter sur la partie négo, mais, sur l'urgence d'agir, écoutez, chaque jour, on a des éducatrices qui quittent notre réseau. Moi, là, mon voeu le plus cher, c'est qu'elles restent dans notre réseau. On s'est engagés à faire un rattrapage salarial, ce que n'a pas un gouvernement, là… qui a fait, là, dans les dernières années, dans les 25 dernières années ou à peu près. Donc, on est très sérieux et, non, on ne peut pas attendre la fin des négos, parce qu'à chaque semaine qui passe c'est des éducatrices en moins dans notre réseau puis c'est des éducatrices en moins qui s'inscrivent pour joindre notre réseau.

Donc, non, on ne peut pas attendre ça. Et ce n'est pas un désaveu envers la négociation aucunement, parce que cette négo-là, elle se poursuit. Mme LeBel l'a dit, il y aura même une bonification de l'offre qui est actuellement sur la table. Ce qu'on dit aujourd'hui, là, c'est que ce n'est pas vrai qu'on va attendre la fin des négociations pour poser un geste important, alors que, d'ailleurs, il y a 60 % des éducatrices qui ne sont pas syndiquées. Donc, il faut poser ce geste-là toute de suite. C'est important de le faire et ça n'enlève rien non plus à la négo.

Mme LeBel : Ça va me permettre aussi peut-être de faire une clarification. Bon, naturellement, on a tous la volonté de régler le plus rapidement possible. On prendra le temps de faire des discussions, mais on peut le faire dans un mode accéléré. Présentement, je le réitère, parce qu'on a quand même attendu, là, pendant quelques mois que les syndicats nous reviennent, et pas plus tard qu'hier...

Puis je vais prendre le temps de rectifier les faits. Habituellement, je ne négocierais pas sur la place publique, mais je pense qu'il faut rectifier les faits. Pas plus tard qu'hier, je pense que c'est une représentante de la CSN qui disait que le gouvernement n'était pas prêt à faire des offres à la table. Écoutez, c'est la CSN, hier, dans une rencontre, qui nous a dit : On n'est pas prêts à vous revenir sur votre offre salariale.

Donc, à un moment donné, quand je dis qu'il faut être deux pour discuter, là… L'offre salariale du gouvernement a été faite le 13 juillet. J'ai rencontré tous les chefs syndicaux il y a à peu près deux semaines de cela en leur demandant de me revenir sur les enjeux salariaux. Partout, sur les lignes de piquetage, on dénonce le salaire des éducatrices. Et on est à la même place qu'eux. On pense qu'il faut une bonification. C'est pour ça qu'on a offert 17 %, et c'est pour ça qu'on est tellement à la même place qu'eux sur l'urgence d'agir qu'on décide de faire une première mesure administrative, en attendant la fin de la négociation, pour qu'il y ait un impact immédiat, pour permettre à mon collègue de mieux retenir ces éducatrices, de mettre en place un plan et d'attirer de nouvelles éducatrices dans les programmes qu'on met en place, de formation.

Donc, à un moment donné, quand un syndicat me répond, après deux mois et demi, trois mois d'attente et presque d'absence aux tables de négociation : Je ne suis pas prêt à vous revenir sur votre offre salariale. Bien, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas, quand, de partout, les éducatrices dénoncent, à bon droit, leur rémunération. Ils nous disent : C'est urgent, si ça ne fonctionne pas rapidement, puis si le gouvernement n'en arrive pas rapidement à une entente, je vais quitter.

Bien, je reprends mon expression, il faut être deux, là, il faut être deux. Donc, moi, je vais quand même continuer d'avancer, faire une bonification parce que je pense que c'est extrêmement important, mais l'enjeu est prioritaire. Donc, il faut qu'on en discute, et, pour moi, c'est l'enjeu qu'on doit discuter prioritairement aux tables de négociation, je le répète. Je vois ma négociatrice en chef qui est dans la salle, elle le sait. Les équipes sont disponibles à vous rencontrer. Les éducatrices, là, je vous parle, mais les équipes sont disponibles pour rencontrer vos syndicats aussi souvent qu'ils le souhaiteront. Alors, on est à la bonne place.

M. Lacombe : Et peut-être juste pour ajouter rapidement, en 10 secondes, à ce que Mme LeBel dit, moi, cet été, j'ai fait une tournée des CPE puis des garderies un peu partout au Québec, dont beaucoup de ces établissements-là ne sont pas syndiqués. Et ce qu'ils me disaient, là, c'est : Ça urge, augmentez-les, nos salaires. Et pendant ce temps-là, bien, effectivement, il y a une négociation qui prend plus de temps que ce qu'on souhaiterait.

Donc, ce qu'on dit, là, clairement, aujourd'hui, c'est : On respecte le syndicat, on négociera, puis évidemment, l'offre finale sera différente de celle d'aujourd'hui. Mais ce n'est pas vrai qu'on va attendre la fin des négos pour régler le problème.

Le Modérateur : Bon, on m'indique qu'on a jusqu'à 10 h 5. Il reste donc un peu moins de 15 minutes, alors on va essayer d'y aller rondement, autant dans les questions que dans les réponses. Claudie Côté.

Mme Côté (Claudie) : Bonjour. Mme LeBel, hier, vous avez défendu l'offre que vous aviez. Aujourd'hui, vous arrivez puis vous dites : Bon, le 17 %, il est déjà applicable, vous allez y avoir droit. Qu'est-ce qui s'est passé en 24 heures, puis à quel point vous avez de la marge de manoeuvre pour augmenter encore plus les salaires?

Mme LeBel : Je vais répondre rapidement pour vous permettre... mais hier, j'ai déjà... même hier, j'ai dit que j'étais prête à discuter sur bonifier des offres puis j'avais déjà lancé des signaux très forts que j'étais prête à le faire. Donc, c'est sûr qu'on... Vous connaissez, là... le gouvernement a fait une offre, une offre significative, je pense, à 17 %. Et ce qui est important, c'est que, dès le départ, j'ai toujours dit que j'étais prête à discuter de cette offre-là et de voir jusqu'où on pouvait trouver un terrain d'entente.

Maintenant, ce que j'ai demandé également aux chefs syndicaux, c'est de : eux autres aussi de faire un effort et de venir discuter des paramètres salariaux. Et présentement, à part quelques petites exceptions, on me dit qu'on n'est pas prêts à discuter des paramètres salariaux. Donc, à un moment donné, il faut qu'on avance.

Mme Côté (Claudie) : Maintenant, si je comprends bien, il y aura une augmentation pour les intervenantes, les éducatrices qui décident de passer à 40 heures. C'est bien le cas?

Mme LeBel : Oui.

Mme Côté (Claudie) : Bon, je ne veux pas faire de mauvais parallèles, là, mais ce n'est pas la première fois qu'on délie les cordons de la bourse pour essayer que les gens soient à temps plein, puis ça ne fonctionne pas toujours, surtout dans le cas des éducatrices en garderie. Déjà, elles font des longues journées, déjà, 36 heures, c'est difficile pour certaines éducatrices, de le faire au complet. Est-ce qu'on a une idée… ou est-ce qu'on a mesuré l'effet que ça pourrait avoir, c'est-à-dire combien d'éducatrices il manque puis combien on espère aller chercher avec cette mesure-là?

Mme LeBel : Bon, naturellement, on l'a fait dans tous les cas de figure, la grande, très grande, très grande majorité, sinon presque totalité des éducatrices sont à 32 heures, elles font huit heures par jour, ce qui ne veut pas dire que la lourdeur de ces huit heures-là n'est pas réelle, O.K.? Mais je pense qu'il faut recadrer. Quand elles parlent de leur salaire annuel, présentement, elles parlent d'un salaire sur une base de 32 heures. Ce qu'on offre présentement dans les offres salariales, ça va me permettre de le cadrer un peu, quand on parle d'une semaine complète de cinq jours de travail, c'est plus de 60 000 $ par année qu'une éducatrice pourrait recevoir.

Maintenant, on est encore en discussion, mais ça, c'est la base de ce qui a été mis sur la table. On espère qu'il y aura un effet parce qu'en parallèle de ça on est fort conscients qu'il faut également avoir du soutien pour les éducatrices. Donc, ce n'est pas tout de leur demander d'augmenter à 40 heures ou de faire une semaine de cinq jours de travail, on est prêts aussi à discuter aux tables de négociation d'aménagement d'horaire. Je parlais hier d'exemples, peut-être, d'horaires de 12 heures, c'est un exemple que je lance, où elles peuvent faire peut-être le 36 heures en trois jours, et qu'on puisse aménager, avoir des espaces pour les parents qui sont différents au niveau de l'offre de services. Mais là, on rentre dans les détails. Mais, vous comprenez, il y a plein de choses qu'on peut négocier et discuter dans l'organisation du travail.

Et on est également conscients que ça prend du soutien. Je vais parler des enfants en difficulté qui sont souvent aussi le même type d'élèves qui se retrouvent dans nos écoles par la suite. Ça prend du soutien aux éducatrices également dans cette tâche. Parce que ce qu'elles nous disent dans la lourdeur de la tâche, ce n'est pas nécessairement le nombre d'heures, c'est vraiment le fait que, bon, quand elles ont un enfant qui demande plus d'attention, puis qu'elles doivent s'en occuper, elles manquent de soutien pour être capables de peut-être pallier à la tâche pendant la petite demi-heure où elles ont besoin de donner plus d'attention à un enfant. Je donne un cas de figure. Donc, on est aussi là-dessus.

Mais présentement, comme la négociation n'est pas terminée, ce qu'on peut faire comme geste, premier geste de bonne foi, c'est à tout le moins, puis je répète qu'il y a 60 % des éducatrices qui sont non syndiquées, donc de verser la première offre salariale.

Le Modérateur : On va maintenant passer à…

Mme LeBel : J'avais dit que je raccourcirais, hein?

Le Modérateur : Oui, ça n'a pas marché, je pense. Hugo Lavallée.

Mme LeBel : Impossible.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour. Peut-être juste une précision parce que vous parlez d'éducatrices spécialisées, sur le…

Mme LeBel : Qualifiées.

M. Lavallée (Hugo) : Qualifées.

Mme LeBel : Excusez-moi, c'est le terme.

M. Lavallée (Hugo) : Sur le nombre total d'éducatrices, est-ce que vous pouvez nous dire combien sont qualifiées? Puis est-ce qu'il n'y aurait pas lieu, peut-être, de revoir les critères de formation, là, si c'est si difficile, attirer des gens dans le réseau?

Mme LeBel : Je pense que mon collègue est mieux à même… C'est peut-être deux sur trois présentement? C'est quoi, le ratio d'éducatrices, là?

M. Lacombe : Bien, il y a un ratio d'éducatrices qu'on demande, là, c'est-à-dire… Légalement, donc, ce qui est prévu au règlement, c'est deux éducatrices, habituellement, c'est deux éducatrices formées sur trois dans notre réseau. Mais là vous savez, si vous suivez un peu le dossier, qu'on a dû abaisser ça temporairement dans le cadre de la pandémie et dans le contexte de pénurie de main-d'oeuvre qu'on connaît. Mais, oui, vous avez raison qu'il y a plus… C'est une excellente question. Et c'est la raison pour laquelle on a travaillé là-dessus, et les conclusions de tout ça seront présentées dans notre plan d'action, dans nos plans d'action que je vais présenter d'ici la fin du mois.

M. Lavallée (Hugo) : Quand vous parlez, donc, de l'augmentation, là, qui peut atteindre 17 % pour les éducatrices qualifiées, qu'en est-il, donc, de l'ensemble des autres employées? On…

Mme LeBel : Bien, quand on parle des éducatrices, c'est 3 % de moins pour les non-qualifiées parce qu'il a fallu aussi… Comme pour nous, dans le réseau des CPE, comme pour mon collègue, la qualification des éducatrices, c'est la plus-value du réseau qu'on a mis en place, que le gouvernement a mis en place. Naturellement, on veut faire une… Présentement, il n'y a pas… Bon, il y a certaines différences au niveau du nombre d'échelons, mais, à terme, que vous soyez une éducatrice avec une qualification, une formation avec le D.E.C., la formation appropriée, ou une éducatrice qui n'a pas de formation, à terme, vous recevez le même salaire. Et la valorisation du diplôme est un enjeu qui est fort, fort revendiqué à bon droit par les éducatrices. Donc, on a effectivement, dans les offres actuelles, et ça sera… ça fera l'objet de la poursuite des négociations, mais, dans les offres actuelles, il y a une distinction qui est faite dans les échelles entre les éducatrices non qualifiées et les éducatrices qualifiées. C'est à peu près 3 %.

Le Modérateur : Vincent Larin.

M. Larin (Vincent) : Pour M. Lacombe. Avez-vous espoir qu'on revienne au ratio d'avant la pandémie une fois que l'urgence sanitaire va être terminée? Est-ce qu'il y aura assez de personnel?

M. Lacombe : Bien, c'est déjà prévu. C'est-à-dire… Lorsque j'ai annoncé cette mesure-là, qui est une mesure temporaire, l'échéancier de retour à la normale a déjà été annoncé et publié aussi, donc ce qui fait que, dans un délai… C'est sûr qu'on se donne du temps, là, parce que, sinon, ça voudrait dire des bris de service partout au Québec. Mais je dirais, pour imager ça et rendre ça très simple, que, du moment où l'urgence sanitaire va être levée, dans les deux années qui vont suivre, on devrait être revenus à une situation normale dans notre réseau, parce qu'évidemment la fin de l'urgence sanitaire va nous aider, la fin de la pandémie, mais aussi parce qu'on aura, en cours de route, annoncé plusieurs mesures. Donc, ça, c'est déjà connu.

M. Larin (Vincent) : O.K. Est-ce qu'on sait les effectifs que ça va prendre, notamment pour revenir à un ratio normal et aussi pour combler tous les besoins, là, créés par les nouvelles places que… le 37 000?

M. Lacombe : On est en train de finaliser ça, et ce sera dans le plan d'action que je vais déposer dans les prochaines semaines.

Le Modérateur : Marie-Michèle Sioui.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Oui. Bonjour. Je m'excuse, là, il manque des nuances dans ce que vous proposez. Est-ce que les éducatrices doivent dès maintenant ou dès l'entrée en vigueur de votre offre passer à 40 heures pour avoir la prime? Si elles restent à 32 ou à 36, est-ce qu'elles ont une prime, de combien? Pouvez-vous juste me préciser la fourchette?

Mme LeBel : Parfait. Bien, l'offre qui était sur la table et qui va faire l'objet de la mesure temporaire… la mesure, pardon, administrative est, naturellement, à deux niveaux. Donc, les éducatrices qui ne sont pas à 40 heures, disons-le comme ça, ne reçoivent pas le 5 %, donc c'est 12 %. Naturellement, je dis 12 %, mais là il y a une année, là… parce que l'offre est sur trois ans, là. Donc, ils vont recevoir ce qui est applicable cette année. C'est comme si la convention avait été signée aujourd'hui, disons-le comme ça.

Donc, celles qui sont déjà à 40 heures vont bénéficier du 5 %, celles qui décideront de passer à 40 heures bénéficieront du 5 %, parce que c'est quand même une mesure volontaire. Donc, c'est comme si on appliquait la… C'est comme si on avait signé avec ces paramètres-là, disons-le comme ça. Naturellement, je veux continuer à mettre l'accent sur le fait qu'on va continuer à négocier, là. Donc, c'est une mesure administrative — on avance, là — qui est collée sur la première offre gouvernementale.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Puis, même chose, vous avez parlé d'une augmentation pour les non-qualifiés. Au départ, vous aviez dit que non, là, mais l'augmentation pour les non-qualifiés, elle s'applique, elle aussi, dès maintenant?

Mme LeBel : Oui, oui, elle s'applique elle aussi. Mon «non» était plutôt de dire qu'elle n'était pas du même ordre. C'est environ 3 % de moins. Il y a quand même… Il y a le même mécanisme d'augmentation pour 40 heures, mais, sur le global, c'est un 3 % de moins à peu près, au total.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : …moins 3 % pour les non-qualifiés?

Mme LeBel : Et voilà.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : O.K., c'est tout. Merci.

Le Modérateur : Olivier Bossé.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. À quel moment les éducatrices vont voir la différence sur leur chèque de paie?

M. Lacombe : Bien, certainement qu'on fera le plus rapidement possible, mais, avec tout le processus qu'on doit suivre, on pense que, d'ici la mi-novembre, donc, à la paie qu'elles recevront, là, après la mi-novembre, elles devraient avoir ça dans les poches. Par contre, ça s'applique à partir de maintenant. Donc, à partir de maintenant, à partir de…

M. Bossé (Olivier) : Sur le temps qu'elles travaillent maintenant?

M. Lacombe : Exactement, oui.

M. Bossé (Olivier) : O.K. Et qu'est-ce que vous demandez en échange? Est-ce que vous demandez la levée des moyens de pression? Est-ce que vous dites : Il faudrait que ça avance plus dans les négos?

Mme LeBel : Il n'y a aucune demande en échange. Je n'ai pas négocié de quiproquo avec les syndicats. Je pense qu'il était important de faire un geste envers les éducatrices. C'est ça qu'on fait ce matin. Naturellement, je continue à dire que c'est urgent d'agir. La raison pour laquelle on le fait, c'est parce que c'est urgent. Donc, je continue de demander qu'on agisse rapidement, qu'on s'assoie aux tables de négociation pour parler des enjeux. Entre autres, les mesures salariales sont au coeur de leurs revendications. Mais il n'y a pas eu de négociation. Les syndicats font ce qu'ils ont à faire. Mais, au niveau du gouvernement, on fait également ce qu'on pense approprié dans les circonstances.

M. Lacombe : …demande, c'est : Restez avec nous. Moi, je vous dirais, c'est la seule demande aux éducatrices.

Mme LeBel : Ça, c'est aux éducatrices, oui.

M. Lacombe : Restez avec nous, on a besoin de vous dans le réseau.

Le Modérateur : Maxime Denis.

M. Denis (Maxime) : Juste pour préciser, combien d'éducatrices ça peut toucher puis quelle somme ça représente pour le gouvernement, cette hausse de 17 %?

Mme LeBel : Ah! Mon Dieu! Je n'ai pas les chiffres, on pourra vous les fournir par la suite. Peut-être, pour le nombre d'éducatrices, mon collègue est mieux à même, mais, pour la globalité des chiffres, là, on pourra voir ce que je peux...

M. Lacombe : Oui. Bien, le nombre d'éducatrices au Québec tourne autour de 50 000. Là-dedans, il y en a qui sont dans le réseau non subventionné. On pourra vous fournir peut-être les chiffres ventilés. Puis c'est une mesure, je pense, qui est autour de 11 millions de dollars par année.

Mme LeBel : Oui, c'est ça, à peu près. Mais je ne voulais pas m'avancer parce que j'aime bien avoir plus d'exactitude, là, mais...

M. Denis (Maxime) : Ne craignez-vous pas de revivre un peu le scénario qu'on voit en santé, donc on attire les infirmières avec des sommes, mais elles ne se présentent pas nécessairement? Donc là, on y va avec l'urgence d'agir, avec de l'argent, mais qu'est-ce qui pourrait aider dans les conditions rapidement, concrètement?

Mme LeBel : Oui. Bien, je vais peut-être faire une différence, parce que chaque négociation est unique, hein, chaque revendication de chaque groupe est différente.

Je pense que les infirmières, dès le départ, d'ailleurs au coeur de la convention collective qu'on a signée, il y avait des enjeux de rémunération, mais il y avait surtout des enjeux d'organisation du travail, d'horaires autogérés, de temps supplémentaire obligatoire, de faire recours aux agences externes, aux agences privées, alors que... Et la rémunération, bien qu'elle avait son importance, si je peux me permettre de le dire comme ça, n'était pas au coeur des enjeux.

Donc, je pense que la grande différence avec les éducatrices, c'est que la rémunération... on les entend, on entend les syndicats, la rémunération est au coeur de l'enjeu. Donc, on a confiance que cette mesure-là va être à tout le moins comme un premier geste bien perçu par les éducatrices comme étant un geste où on... j'allais... où on suit notre intention de dire : Oui, on va valoriser et on vous offre... on a déjà une offre à la... qui est passablement beaucoup plus élevée que ce que la moyenne des gens ont reçu. Donc, elles sont priorisées. Dans l'offre, c'est démontré, dans la mesure administrative qu'on fait ce matin, c'est démontré. Mais la nuance, je pense qu'elle est peut-être là au niveau de la négociation, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas des enjeux d'organisation, mais on va y travailler également.

M. Lacombe : Amende honorable, c'est...

Mme LeBel : Amende honorable?

M. Lacombe : J'aurais dû suivre ta prudence. Petit lapsus, j'ai dit 11 millions par année, c'est par mois. Donc...

Mme LeBel : Ah! tu as dit par année?

M. Lacombe : Oui.

Mme LeBel : Je n'avais pas compris «par année».

M. Lacombe : J'aurais dû suivre ton exemple de prudence.

Le Modérateur : C'était 11 millions par mois?

Mme LeBel : Oui. On est prudent au Trésor avec les chiffres.

M. Lacombe : Oui, par mois, par mois.

Le Modérateur : Par mois, O.K. Jocelyne Richer.

Mme Richer (Jocelyne) : Oui, bonjour à tous les deux. Est-ce que le véritable enjeu de cette négociation-là, ce n'est pas la perception des gouvernements et du gouvernement présent envers le travail des éducatrices? C'est-à-dire que traditionnellement elles ont toujours été perçues comme des gardiennes d'enfants, et non comme des professionnelles, d'où des salaires, des très bas salaires.

Est-ce que ce n'est pas cette reconnaissance-là au départ qu'elles recherchent plus, au-delà du salaire?

Mme LeBel : Bien, c'est cette reconnaissance-là qu'on est d'accord qu'elles ont besoin de cette reconnaissance-là. D'ailleurs, dans les deux dernières conventions collectives, je pense qu'elles ont eu autour de 5 % d'augmentation, ce qui est, je dirais — encore une fois, je m'avance avec prudence dans les chiffres — ce qui est ce que les gens ont reçu dans les dernières conventions.

C'est la première fois, d'ailleurs, hein, il faut le dire, on parlait de faire les choses différemment, c'est la première fois qu'un gouvernement s'attaque à des offres différenciées. Ce n'est pas simple. Ce n'est pas simple pour les syndicats non plus. Ce n'est pas simple pour les réseaux. Ce n'est pas simple pour le milieu du réseau des éducatrices non plus à gérer. Mais on est d'accord, ce postulat de base là, on l'affirme comme eux. Maintenant, où est-ce qu'on va se rendre au terme de la négociation? C'est à voir.

Mais c'est aussi la raison pour laquelle on fait maintenant une différence dans les échelles salariales entre les éducatrices qualifiées et les éducatrices non qualifiées. C'est très important. Elles demandent une valorisation de leur diplôme. Elles affirment et elles disent que c'est le D.E.C. le moins bien rémunéré. Mais il faut, à ce moment-là, aussi travailler sur la structure à l'intérieur des CPE. Et ce n'est pas normal, je pense, et c'est pour ça qu'on a fait une offre différente, que, quand on a une qualification de l'ordre de la qualification qu'elles ont, quand c'est une plus-value pour nos enfants et c'est la couleur, si on veut, de notre réseau de petite enfance au Québec, qu'on ne fasse pas une différence entre une éducatrice qualifiée et non qualifiée. Et le 3 % dont je parlais tantôt en est un exemple.

Mme Richer (Jocelyne) : Mais est-ce que vous admettez que, pour avoir cette reconnaissance, vous avez dû avoir le dos au mur, c'est-à-dire voir des éducatrices qui quittent tous les jours, voir des grèves d'éducatrices?

M. Lacombe : Non, je ne suis pas d'accord avec ça, je ne suis pas d'accord avec ça.

Mme LeBel : On l'a dit, c'est un...

M. Lacombe : C'est notre première négociation. Ça me choque, ça, là, parce que nous, là, on n'est pas responsables de ce que tous les précédents gouvernements ont fait. Ça, ce n'est pas notre bilan, ce n'est pas notre responsabilité. Notre responsabilité à nous, c'est de régler le problème maintenant, pas faire comme les précédents gouvernements puis régler une convention collective. Nous, ce qu'on veut, c'est régler le problème.

Ce n'est pas vrai que c'est des gardiennes d'enfants. Ce sont des éducatrices. J'en connais beaucoup personnellement, je peux vous le dire. Puis, s'il y a bien quelqu'un ici, là, qui sait que ce ne sont pas des gardiennes, c'est moi. On est le premier gouvernement, depuis le début des années 2000, à offrir un rattrapage salarial à cette hauteur-là. On va présenter un plan d'action pour compléter notre réseau de service de garde éducatif à l'enfance.

Donc, moi, j'invite tous ceux qui ont encore des doutes sur notre motivation profonde à faire de la petite enfance une priorité au Québec à venir prendre un café avec moi. Parce que, je vous dis, là, ce qu'on fait, c'est important, c'est honnête, c'est sincère parce qu'on ne pense pas que ce sont des gardiennes puis on pense que les parents, au Québec, ont le droit, maintenant, d'obtenir des services pour leurs enfants. Puis c'est là-dessus qu'on s'est engagés. Puis on va livrer ça. Ça, là, s'il y a bien une certitude que j'ai, c'est qu'on va être capables de livrer ça.

Mme LeBel : Et je m'excuse au modérateur, mais je vais compléter. Il faut regarder dans l'ensemble, dans la globalité de nos actions. Il y a... pas plus tard que la semaine passée, on a annoncé que, suite à la mise en place d'un comité, avec une entente dans le réseau des services de garde à l'enfance, on allait bonifier les subventions d'un 16 % supplémentaire. Donc, au total, on a ajouté 30 % pour les services de garde en milieux familiaux.

Et même Mme Grenon l'a dit. Écoutez, les gouvernements qui, habituellement, mettent en place des comités, bon, traditionnellement, on sent que les comités ne sont pas suivis. On a mis en place un comité, le comité a fait une recommandation, on a appliqué la recommandation. Donc, c'est notre propre première négociation. Et, dans tous les cas de figure, pour les CPE, pour les milieux familiaux, on a dit qu'on allait faire plus et on a fait plus.

Le Modérateur : On va passer maintenant à l'anglais avec Jean-Vincent Verville.

M. Verville (Jean-Vincent) : Why are you making such an offer? I mean, during… a collective agreement, I mean, your negotiating now, why? What will it change?

Mme LeBel : Negotiation is not over. We were willing and available to negotiate during the past month. We have to agree on the fact that there's an emergency. I mean, we need more «éducatrices» for our children. They are tired, they want to quit. We have a hard time recruiting them. So we decided that we had to put this money on the table as a show of good faith. And we thought that having an impact immediately on their paycheck would be something that would demonstrate that we are serious, and the fact that we want to negotiate, negotiate something that would be in the order of… really demonstrate that we think that they are really important and that we need to make a substantial gesture for them.

M. Verville (Jean-Vincent) : What is the message? Are you asking them to stop the strike right now and go back to negotiation?

Mme LeBel : No, I'm not asking anything regarding the negotiation. They have to make that decision. The message is that we are there, we are serious and we want to demonstrate that we are acting in good faith.

Le Modérateur : Merci beaucoup. On ne s'en tire pas si mal, quatre minutes de plus... trois minutes.

Mme LeBel : Finalement, on rattrape à la fin.

Le Modérateur : Exactement. Merci beaucoup.

M. Lacombe : Merci, tout le monde.

Mme LeBel : Merci, tout le monde.

(Fin à 10 h 8)

Participants


Document(s) associé(s)