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Point de presse de M. Joël Arseneau, chef du troisième groupe d’opposition, et Mme Véronique Hivon, porte-parole du troisième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Le jeudi 7 octobre 2021, 8 h 20

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures vingt-trois minutes)

M. Arseneau : Alors, bonjour, tout le monde. Vous ne serez pas surpris aujourd'hui qu'on aborde le thème de la santé à nouveau. Évidemment, hier, avec cinq organisations syndicales, on a sonné l'alarme sur les bris de service appréhendés à partir du 15 octobre prochain. On avait évoqué l'idée qu'il y ait environ 7 000 personnes qui soient mises en congé sans solde, dont le système de santé serait privé. Aujourd'hui, on lit, dans LaPresse, qu'il y aurait 27 000 personnes qui seraient mises en congé à compter de la semaine prochaine.

Et ce qui est particulier, c'est que le gouvernement continue de vouloir maquiller les bris de service en les appelant des «réorganisations planifiées». Et hier, en soirée, on a publié une liste avec quatre endroits où des bris de service sont déjà en cours. Et une vérification sommaire nous indique qu'en fait il y a des bris de service qui sont beaucoup plus nombreux et dont on ne parle pas, qu'on parle, par exemple, des CLSC, qui sont déjà en rupture de services un peu partout, on parle d'une dizaine de points de service au Saguenay—Lac-Saint-Jean, on parle également de la Minganie, de la Basse-Côte-Nord, Rivière-au-Tonnerre. Ce sont des services de santé qui ne sont actuellement pas fonctionnels. Je parlais à des gens de Roberval, ce matin, qui me disent que les soins intensifs ne sont pas non plus dans cette liste-là. Ils en étaient surpris. On parle également des résidences intermédiaires qui seront touchées par la bande, plusieurs reportages ont été réalisés là-dessus, par le manque de personnel à compter du 15.

Alors, on demande au gouvernement de faire preuve de réelle transparence. S'il veut parler des bris de service, qu'il parle également des bris de service qui sont planifiés, comme à Senneterre, par exemple, pour la semaine prochaine, et qu'on ait la liste complète pour qu'on sache vers quelle catastrophe on se dirige.

Maintenant, je voulais, avant de laisser la parole à ma collègue, Véronique Hivon, vous faire part d'une motion que l'on va déposer aujourd'hui, dans un tout autre ordre d'idées, et qui touche... en fait, qui touche, oui, aux Premières Nations d'Amérique, qui sont à l'origine du sport qu'on connaît comme la crosse. On veut appuyer leur demande pour faire partie de la compétition olympique de Los Angeles de 2028. Alors, on sait que l'équipe de crosse iroquoise devrait participer aux Jeux mondiaux de crosse de 2022, ce qui pourrait leur paver la voie à une participation aux Olympiques. Ce sera un sport de démonstration.

Alors, on va proposer, ce matin, à nos collègues de l'Assemblée nationale d'adopter la résolution qui dit que l'Assemblée nationale profite de  la Journée internationale de solidarité avec les peuples autochtones des amériques pour exprimer son appui à la Confédération iroquoise et son équipe nationale de crosse, membre de la fédération internationale, dans leur démarche en vue de participer aux Olympiques de 2028 à Los Angeles. Là-dessus, ma collègue, Véronique Hivon.

Mme Hivon : Bonjour, tout le monde. Alors, aujourd'hui, on souhaite exprimer au gouvernement de M. Legault, qui s'apprête, selon toute vraisemblance, à proroger la session, que nous avons une attente très ferme pour sa nouvelle session et son discours d'ouverture à l'égard de l'éducation. Si l'éducation est une réelle priorité, il va enfin falloir, après trois ans, qu'il le démontre, et que ça arrête d'être juste des beaux mots, et que ce soient de réelles actions, et ça, ça commence dès son discours d'ouverture.

Parce que si l'éducation avait été une réelle priorité au cours des trois dernières années, eh bien, on n'aurait pas assisté à la gestion erratique qu'on a vue de la pandémie dans nos écoles avec toutes les conséquences négatives qui en ont découlé pour les élèves comme pour le personnel scolaire. On n'assisterait pas non plus à une pénurie sans précédent d'enseignants, de professionnels, de personnel de soutien scolaire, des retards dans la livraison des écoles où les problèmes d'infrastructures se multiplient, une augmentation du décrochage. Alors que ça allait mieux dans les dernières années, on assiste maintenant à une augmentation du décrochage. On n'attendrait pas toujours une réforme du protecteur de l'élève, qui avait été promise pour le début du mandat. On n'assisterait pas à un brassage de structures complètement stérile qui fait en sorte que les parents ne savent plus à quel saint se vouer quand ils ont des problèmes avec leur école. On n'aurait pas des milliers d'enfants sans services professionnels dans nos écoles. Et on n'assisterait pas à une augmentation sans précédent de la privatisation de ces services-là. D'ailleurs, c'est un sujet, là, qui a retenu l'attention depuis quelques jours. Nous déposons... on a déposé ce matin une demande de mandat d'initiative à la Commission de la culture et de l'éducation pour qu'on se penche sur cet enjeu-là qui est extrêmement préoccupant.

Et finalement, si l'école était vraiment importante et l'éducation vraiment une priorité, on ne verrait pas un gouvernement qui continue de foncer tête baissée dans son obsession des maternelles quatre ans malgré le fait que les coûts ont explosé et que ça prend des ressources matérielles mais surtout humaines qui ne sont pas déployées où elles devraient l'être, autant en termes d'enseignants que, bien sûr, d'éducatrices. Parce que vous vous rappellerez que, dans chaque classe de maternelle quatre ans, il doit y avoir une éducatrice alors qu'on vit une pénurie sans précédent d'éducatrices dans nos centres de la petite enfance, dans nos services de garde.

Et en plus on a découvert tout récemment qu'alors que vous vous rappellerez que le premier ministre nous disait que la raison pour laquelle il fallait foncer dans les maternelles quatre ans, c'était pour réduire le nombre d'enfants qui n'avaient aucun service éducatif, que ce soit en service de garde ou en maternelle quatre ans, eh bien, on a découvert que ce chiffre-là a augmenté entre l'arrivée du gouvernement et 2019‑2020. On est rendu à 37,4 % des élèves qui ne fréquentent pas de service éducatif, alors que la mesure de départ était de 36 %. Et, au cours de la dernière année, on a vu encore des cibles non atteintes. Alors, tout ça est très, très inquiétant, et on espère qu'il va y avoir un coup de barre et une vraie priorisation qui va être faite dans le discours d'ouverture.

Et, en terminant, un petit point sur le tribunal spécialisé. Donc, vous savez à quel point c'est un enjeu qui me tient à coeur, ça fait trois ans et demi qu'on se bat, au Parti québécois, pour l'instauration d'un tribunal spécialisé en matière de violence sexuelle et conjugale. Or, on assiste tristement à une confrontation, à un choc, donc, entre le ministre de la Justice et la juge en chef de la Cour du Québec sur le sujet. On pense vraiment qu'on doit garder en tête que ce sont les victimes qui doivent bénéficier de cette réforme-là et on doit mettre les différends de côté pour focusser sur une réforme qui fait consensus, qui est au coeur du rapport Rebâtir la confiance, et il faut vraiment mettre de côté les différends.

Donc, on invite formellement aujourd'hui le ministre et la juge en chef à penser d'abord et avant tout aux victimes et à s'assurer que cette réforme-là va pouvoir voir le jour. Et d'ailleurs on demande au ministre de pouvoir, lors des auditions sur son projet de loi, entendre la juge en chef. Elle dit elle-même aujourd'hui qu'elle est ouverte à venir exposer son point de vue en consultations. Donc, on veut entendre la juge en chef et le Conseil de la magistrature, parce que ce n'est pas vrai qu'on va passer à côté d'une réforme de cette importance-là.

M. Gagnon (Marc-André) : Mme Hivon, à titre de députée, là, êtes-vous à l'aise avec l'idée de permettre plus longtemps à des infirmières, à des préposés qui sont non vaccinés d'être à proximité de personnes vulnérables? Parce que votre parti hier proposait de…

Mme Hivon : Oui, Joël, notre porte-parole en santé...

M. Gagnon (Marc-André) : Non, mais moi, je veux avoir votre avis. Êtes-vous à l'aise avec cette idée-là?

Mme Hivon : Je suis tout à fait... je suis tout à fait à l'aise avec la position qu'on met de l'avant.

M. Gagnon (Marc-André) : Avec la position, mais avec le fait qu'il y ait des personnes non vaccinées qui travaillent de près avec des personnes vulnérables.

Mme Hivon : On veut tous que les gens soient vaccinés. On vous l'a répété, on est favorable à la mesure de la vaccination obligatoire. On veut qu'il y ait tous les services qui puissent être donnés. On veut que les gens soient vaccinés. On est favorable, on le redit, on invite les gens à se faire vacciner. Mais comme l'a dit Joël très bien, il peut le dire beaucoup mieux que moi, on ne veut pas que les gens soient pénalisés, que notre réseau s'écroule, et on est très inquiets de ne pas voir de plan de contingence. Alors, je suis tout à fait à l'aise, là, je ne sais pas à quoi vous faites référence, là.

M. Gagnon (Marc-André) : Alors, M. Arseneau, dans ce cas-là, avez-vous l'impression hier que votre position vous a placé dans l'embarras, vous a peinturé dans le coin? On avait presque l'impression que vous étiez antivaccin, là, dans la perception…

M. Arseneau : Oui, mais, nous, on est à la défense des services aux citoyens. Alors, la question que vous posez, c'est : Est-ce qu'il vaut mieux se faire soigner par quelqu'un qui n'a pas été vacciné mais qui est testé à tous les deux jours ou ne pas se faire soigner du tout? Nous, on préfère que les gens soient soignés, mais on préfère que les gens soient vaccinés et qu'ils le soient tous, et que le gouvernement, s'il a mis une date butoir qui est arbitraire et qu'il n'atteint pas ses objectifs, bien, qu'il dépose les moyens de maintenir les services aux quatre coins du Québec.

Et là, à l'heure actuelle, il nous présente une réorganisation de services, qui est en fait une série de bris de service, qui nous apparaît incomplète. Il doit faire preuve de transparence et nous dire, face au problème du nombre de personnes qui actuellement ne sont pas vaccinées et qu'on mettra en congé sans solde, quelle sera la résultante pour ceux qui ont besoin de services de santé aux quatre coins du Québec, et ça, il ne l'a pas dit encore.

M. Lacroix (Louis) : Hier, Mme Blais a admis qu'il pourrait y avoir des bris de service, notamment dans les CHSLD, parce qu'il y a 2 985 PAB et infirmières qui ne sont pas vaccinés actuellement. Puis je lui ai posé la question : Est-ce que vous pensez qu'il pourrait y avoir des bris de service? Elle a répondu, textuellement : «Poser la question, c'est un peu y répondre». Alors, est-ce que vous craignez qu'il y ait des bris de service dans les CHSLD, qu'on se retrouve à la même situation de pénurie de main-d'oeuvre? Évidemment, la pandémie n'est pas la même qu'en première vague, là, mais…

M. Arseneau : M. Lacroix, je vous répondrai comme la ministre cette fois-ci : Poser la question, c'est y répondre. Est-ce que je crois qu'il est responsable pour une ministre d'admettre qu'il y aura des bris de service auprès de nos personnes aînées et se croiser les bras en disait : Bien, ça doit arriver? Nous, on pense qu'il ne faut pas baisser les bras. Il faut que le gouvernement ait un plan de contingence qui soit, en fait, réaliste puis qui nous convainc, les Québécois qui ont besoin de services, que, justement, personne ne sera pénalisé dans les soins auxquels on est en droit de s'attendre suite à l'imposition d'une mesure.

Mme Côté (Claudie) : Le gouvernement ne bougera pas sur la date du 15 octobre, là, hier, ils ont été clairs à ce sujet. Donc, qu'est-ce que doit contenir le plan de contingence, outre le réalisme dont vous…

M. Arseneau : Bien, en fait, ce qu'on veut, c'est le maintien des services dans les résidences intermédiaires, dans les CHSLD, dans les CLSC, dans les urgences, dans les secteurs de l'obstétrique, dans les laboratoires un peu partout à travers le Québec, en imagerie médicale.

Alors, si le gouvernement a un plan, qu'il le dépose parce que, là, nous, on est inquiets, les organisations syndicales sont inquiètes, et les gens qui restent et qui sont vaccinés, qui vont se trouver à, finalement, tenir encore une fois à bout de bras le système de santé qui ne tient qu'à un fil, ils sont actuellement très inquiets. Alors, quel est le plan?

M. Lacroix (Louis) : La dernière fois qu'on a fait face à une crise semblable de manque de personnel, on a appelé l'armée qui est venue dans les CHSLD. L'armée est en train de faire la même affaire en ce moment en Alberta parce qu'ils ont une crise, eux autres, là-bas, d'une ampleur importante. Est-ce qu'à compter du 15 octobre, si on se retrouve en bris de service, on doit aussi faire appel à l'armée qui s'est montrée quand même efficace, là, dans les CHSLD?

M. Arseneau : Bien, écoutez, je pense qu'on n'en est pas là. Actuellement, l'armée n'est pas requise parce qu'il y a des gens sur le terrain qui soignent les patients et qui peuvent... des gens qui peuvent être vaccinés à hauteur, nous dit-on, d'environ 95 %. Le 5 % qui n'est pas vacciné, actuellement, il prodigue des soins, et on fait des tests. Est-ce qu'on veut augmenter le nombre de tests pour une période donnée, le temps d'atteindre des objectifs de vaccination plus grands? Nous, on pense que c'est peut-être une façon beaucoup plus efficace que de demander, par exemple, à l'armée d'intervenir. Parce que, en fait, il faut bien se rendre compte que la date qui a été fixée au 15 octobre, c'est une date qui est tout à fait arbitraire. Et, lorsqu'on dit : Bien, les gens le savaient à l'avance, ils auraient dû se faire vacciner, il ne faut pas oublier non plus que le comité d'éthique en santé publique de l'INSPQ, ce qu'ils avaient conclu dans leur recommandation, c'était : Cette approche de précaution, d'exiger la vaccination de tous les membres du personnel de la santé, peut être valide si on a mesuré les avantages et les inconvénients. Mais l'inconvénient, c'est de mettre 27 000 personnes qui soignent actuellement les Québécois en congé sans solde. Donc, l'idée, c'est, si on a mesuré les inconvénients, comment on compose avec la situation, et c'est au gouvernement de nous dire comment il entend faire dans huit jours.

M. Larin (Vincent) : ...le fameux tableau de M. Dubé dont vous nous avez parlé, selon vous, il sous-estime les bris de service qu'il va y avoir au 15 octobre?

M. Arseneau : On est en train de faire des vérifications, mais ça nous apparaît actuellement très, très sommaire lorsqu'on prend en compte les informations qu'on a du terrain, qui nous parlent, par exemple, des fermetures de services dans les CLSC par exemple, qui font partie du système de la santé, mais qu'on omet dans cette liste-là. Mais ça fait partie des services qui sont offerts aux Québécois actuellement et qu'on est en train de réorganiser, c'est-à-dire qu'on ferme l'un après l'autre.

Mme Gamache (Valérie) : ...l'impression que plutôt que d'être transparent, le gouvernement trompe actuellement les Québécois avec cette liste-là?

M. Arseneau : Moi, je pense que c'est une autre opération de communication ou de marketing politique et je pense que cette approche-là, actuellement, est incomplète, ne serait-ce que de ne pas mentionner que, s'il s'agit, comme le dit le vocable gouvernemental, de «réorganisation planifiée», mais qu'est-ce qui fait partie de sa planification? Pourquoi ne nous parle-t-il pas de tout ce qui va être fermé à partir du 15, dont certains services ont déjà été identifiés, comme par exemple l'urgence de Senneterre? On en parle depuis plusieurs jours maintenant. Si c'est planifié, bien, qu'on l'indique, dans la planification, ce qui s'en vient, et qu'on nous dise aussi tout ce qui est déjà fermé à l'heure actuelle.

La Modératrice : Dernière question en français.

Mme Gamache (Valérie) : Peut-être Mme Hivon, pour le tribunal spécialisé, avez-vous l'impression que M. Jolin-Barrette est le bon interlocuteur pour dénouer l'impasse avec la juge en chef? Est-ce que c'est ça qui vous inquiète plus que la juge en chef elle-même?

Mme Hivon : C'est le portrait de la situation. Alors, on sait que leur relation a déjà connu quelques soubresauts dans le passé. Et là ce que j'espère, c'est que tout le monde qui est impliqué a la hauteur nécessaire et l'intérêt des victimes... Je ne doute pas que Simon Jolin-Barrette pense à l'intérêt des victimes, bien sûr, mais quand on voit que ça risque, son projet de loi, de ne pas être implanté, d'être contesté, je pense que là il faut prendre un temps d'arrêt puis se dire : O.K., notre focus, c'est les victimes ici, c'est de rebâtir la confiance entre les victimes de violence sexuelle et conjugale et notre système de justice, on ne continuera pas à être dans une confrontation entre le ministre et la juge en chef. Donc, je les appelle vraiment à travailler ensemble pour le bien supérieur des victimes et de la confiance dans notre système de justice.

M. Gagnon (Marc-André) : Sur les enjeux autochtones, votre chef n'est pas là, mais si je me souviens bien, tous les deux, à l'époque, vous aviez reconnu l'existence du racisme systémique. Est-ce que votre pensée a évolué? On sait que M. St-Pierre Plamondon, lui, parle de racisme institutionnel. Ce n'est pas tout le monde qui saisit la différence.

Mme Hivon : Je pense que les deux... Joël pourra parler en son nom, je ne veux pas parler en son nom, mais on trouve que l'idée de racisme institutionnel, c'est une notion qui est très intéressante parce qu'elle s'arrête à chaque institution où il y a du racisme, et on pense aussi que, dans l'espèce de climat actuel où il y a cette antagonisation-là, c'est une voie de passage qui peut rallier tout le monde autour de ce concept-là.

M. Lacroix (Louis) : Êtes-vous d'accord avec le concept de Mme Kamel qui, elle, dit qu'il faut utiliser les bons mots et que c'est du racisme systémique? Elle donne l'exemple, entre autres, de ce qui s'est passé lorsque Joyce Echaquan... bon, en fait, de l'infirmière-chef, là, qui a décidé de défendre une infirmière plutôt que de prendre le parti de Mme Echaquan, etc., puis elle dit : Ça, c'est un bel exemple de racisme systémique. Est-ce que vous êtes d'accord avec ça?

Mme Hivon : Bien, vous avez vu que Mme Kamel a justement dit et elle a dit nommément : Vous savez, qu'on l'appelle «systémique» ou «institutionnel», l'important, c'est qu'on mette des mots. Nous, on est d'accord avec ça, puis après on avance sur les solutions concrètes. Puis je pense qu'il y a clairement, oui, un enjeu de racisme institutionnel à cet hôpital qui, malheureusement… bien, je veux dire, on est en train de travailler, mais que je connais bien, qui est à Joliette. Donc, je pense que là-dessus on est à la même place.

La Modératrice : Dernière en français.

M. Larin (Vincent) : Trouvez-vous qu'elle a outrepassé son mandat, Mme Kamel?

Mme Hivon : Là, je pense qu'on… je veux dire, le chef s'est déjà exprimé là-dessus, là, il n'y a rien à ajouter.

M. Larin (Vincent) : …vous, Mme Hivon?

Mme Hivon : Je n'ai rien à ajouter par rapport à ce que le chef a dit sur ça.

La Modératrice : On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Arseneau, regarding the mandatory vaccination, basically, you're saying that the October 15 deadline is… that date was not even thoughtful, like, the Minister Dubé didn't really think about it when he gave that date, like, there is… You want to postpone it, so what's the problem? Because we saw this coming for weeks now.

M. Arseneau : Yes. OK. But that's it, the date is arbitrary, like, there's nothing that's going to happen the 16th that, you know, that's worse than the 14th, in terms of, you know, giving all sorts of care to the public. What we all know is people had a month and a half to get their vaccines if they wanted to keep working in the public system, and, if not, they would be suspended without wage, without salary. That's for the people, the workers.

What citizens are faced with is the failure of the Government to have a 100% of the caregivers having their vaccines, so they're faced with services breakdowns. So, we're defending services, we're saying : If the Government didn't reach its goal of having 100% of the people working in the system vaccinated, does that mean that the public, the citizens, the sick people will have to cope with not having services? And that's what worries us, that's what worries also lots of unions. But moreover, the people who did get vaccinated and are on the floor right now, they're seeing what's coming with great worries, because they don't think they're going to be able to make it, and they want to offer services, but they won't be able to because they're not going to be enough. Some wards will be closing down. So, the question is : Do we stick to the date or do we stick with services throughout Québec being offered past the October 15 deadline? And we are for services, that's what we are for.

Mme Senay (Cathy) : The Health Ministry came out with the tool, yesterday, to, like, have a table with all the planification of the service breakdowns. Like, that's exactly what you need.

M. Arseneau : Well, what we need for the 15th. Right now, this is what we identify as being reorganized, which means that basically they've closed down some of the services that we are... that we expect to have, OK? So, there are four CISSS or CIUSSS that have been identified. First of all, we think : Well, that's very little. We've read in CBC, Radio-Canada and all sort of papers that there are services that are already closed down in terms of CLSCs throughout Québec. We also know that intensive care in Roberval is closed. We also know that Matane has had problem with the obstetrics. Now, they're not on the list, but they will be probably next weekend. And Senneterre was announced for October 14, I believe, it's not part of the list. So, what's coming up is not on the list right now.

So, we ask the Government to go back to the board and give us the entire list, including «ressources intermédiaires» that are at risk right now because they're going to be needing more people, even senior homes that risk having breakdowns. Even Marguerite Blais said that that was going to happen. And so, we know what the picture is as of October 15 and of course what are the consequences or what is the plan to cope with the situation.

Mme Senay (Cathy) : You're the only political party asking the postponing of... like, the October 15 to be postponed. Are you helping right now? Are you winning some points? Are you making some gains? Because you're the only one asking for that.

M. Arseneau : I think defending public services, especially health services, is certainly not something that we're going to stay shy of, and we're always going to be winners if we defend public services for Quebeckers throughout Québec. So, we're not stuck on a date, as opposed to the Government. The date is not what we're focusing on. Services is what we're focusing on. And we find it quite odd that other political parties would not defend our public services, health public services. They don't defend it, that's what you're saying. I think we should all defend the services.

M. Grillo (Matthew) : What kind of delays are we talking about? You said there's no date specifically but, I mean, how long do you think it could take, two weeks, a month, two months?

M. Arseneau : Well, it's up to the Government to say. How long does it take to make sure that we provide services that we are expected to deliver throughout Québec? How long does it take the Government? If they say : Well, in the next three days we're going to come up with a plan, and nothing's going to be changed on October 15, that's the delay, three days, fine. If it takes two weeks to talk with the unions and people on the floor and say : Well, this is how we should reorganize and make sure that services are offered throughout Québec, two weeks. We're not stuck on a delay or on a date, we're stuck on the idea that Quebeckers cannot be deprived of services that they need, especially when it comes to health services.

M. Grillo (Matthew) : Is this the right time to call a new session?

M. Arseneau : To call what?

M. Grillo (Matthew) : To end a session and start a new one, which we're expecting the Government...

M. Arseneau : Well, I guess that's the Government's prerogative. Is it a good time? As long as the work continues in terms of, you know, protecting the health system, and as long as some of the «projets de loi»... the bills that were, you know, tabled can come back and we can study them, I guess that's... you know, we can work with that. Thank you very much. Merci.

La Modératrice : Merci. Bonne journée.

(Fin à 8 h 48)

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