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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’éducation

Version finale

Le mardi 5 octobre 2021, 11 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures vingt et une minutes)

M. Nadeau-Dubois : Bonjour, tout le monde. Content de vous retrouver cette semaine.

Des fois on se demande, au Québec, pourquoi nos hôpitaux sont tout croches. Des fois on se demande pourquoi nos CHSLD sont aussi lamentables. Des fois on se demande pourquoi nos écoles tombent en ruine, pourquoi il manque de tout dans notre système d'éducation. Souvent, au Québec, on se demande comment ça nos routes sont pleines de trous. On se demande souvent comment ça qu'on n'est pas capables de mieux payer les femmes puis les hommes qui travaillent dans nos services publics.

Bien, en fin de semaine, on a eu une réponse à cette question-là. Une des raisons pour lesquelles ça va si mal, une des raisons pour lesquelles il nous manque de l'argent pour réaliser ces projets de société là, c'est parce qu'une certaine élite financière et économique pense qu'elle est au-dessus des règles, pense que l'impôt, c'est juste bon pour les petits travailleurs, les petites travailleuses, puis qu'eux autres, ils sont trop importants pour respecter les mêmes règles que M., Mme Tout-le-monde.

C'est profondément fâchant de constater qu'après toutes ces années le panier fiscal est aussi percé. Ce sont des comportements antisociaux que ceux des citoyens et des entreprises qui pensent qu'ils sont au-dessus de ça, les impôts, qu'ils sont au-dessus de ça, la solidarité sociale que M., Mme Tout-le-monde, eux et elles, doivent respecter, sinon ils se font courir après par Revenu Québec puis Revenu Canada. Les gens qui nous écoutent qui oublient un T4, là, dans l'année, là, ils se font courir après pendant trois mois. Pendant ce temps-là, il y a des riches et des puissants qui se lavent les mains de leurs obligations envers la société. C'est profondément fâchant.

Au Québec seulement, l'évasion fiscale, selon les chiffres qu'on a, puis ce sont des chiffres approximatifs, c'est 5 milliards de dollars à chaque année. Imaginez ce qu'on pourrait faire au Québec, imaginez ce qu'on pourrait faire avec 5 milliards de plus dans les coffres de l'État québécois à chaque année.

Aujourd'hui, Québec solidaire demande au gouvernement du Québec de mettre les bouchées doubles, de faire de la lutte à l'évasion fiscale une véritable priorité, et surtout je demande à François Legault de donner un mandat clair à Revenu Québec. Il faut pourchasser un par un les citoyens québécois et les entreprises québécoises qui sont impliqués dans les Pandora Papers. Il y en a certainement, il faut les trouver, il faut les pourchasser et il faut que ces gens-là remboursent ce qu'ils doivent à la société québécoise, aux écoles québécoises, aux hôpitaux québécois.

On va également déposer une motion ce matin sur ce sujet-là parce qu'un des bilans qu'il faut faire, c'est que le gouvernement du Canada échoue à lutter contre les paradis fiscaux. Loin de lutter activement contre l'évasion fiscale, le gouvernement du Canada a été complice de l'évasion fiscale dans les dernières décennies, dans les dernières années. Le laxisme canadien en matière de lutte à l'évasion fiscale doit se terminer. Notre motion va donc demander que l'Assemblée nationale, d'une part, condamne l'inaction du gouvernement canadien en matière de lutte à l'évasion fiscale, et, d'autre part, on va demander qu'enfin cette question-là soit une priorité à Ottawa, soit une priorité à Revenu Canada.

C'est une question de solidarité. En fait, c'est une question de décence. C'est une question de décence envers M. et Mme-Tout-le-monde qui, eux et elles, remplissent leur déclaration d'impôt à chaque année. Merci.

Mme Labrie : Merci, Gabriel. D'abord, je veux souligner aujourd'hui que c'est la Journée mondiale des enseignants et des enseignantes. J'en profite pour les remercier de consacrer autant de temps et d'énergie à accompagner nos enfants pour en faire des citoyens épanouis. Salutations en particulier à Mme Solène et Mme Maude, qui voient mes enfants plus souvent que moi.

C'est aussi la Semaine de l'école publique. Ça devrait être l'occasion de célébrer le choix qu'on a fait il y a plus d'un demi-siècle d'assurer à tous les enfants du Québec une éducation publique accessible, gratuite et de... on devrait être en train de réfléchir en ce moment à ce qu'on pourrait faire pour amener encore plus loin ce réseau-là pour garantir l'égalité des chances à tous les enfants.

Mais malheureusement, ça me fait mal au coeur de le dire, mais l'heure n'est pas du tout à la célébration. Aujourd'hui même, le ministre de l'Éducation nous démontre à quel point il a abandonné le réseau public quand il nous dit qu'il a choisi de miser sur le privé pour offrir des services au lieu de mettre en place des incitatifs qui vont ramener dans le réseau public les professionnels pour offrir des services dans nos écoles.

Le ministre, il essaie de se justifier en parlant de situation exceptionnelle, mais, quand il fait ça, tout ce qu'il nous démontre, c'est à quel point il est dans le déni par rapport à la réalité, par rapport à l'ampleur du problème. Les écoles sont actuellement incapables d'offrir des services à tous les élèves. Il va falloir que le ministre se rende à l'évidence puis qu'il arrête de parler de situation exceptionnelle parce que, dans toutes les classes du Québec, il y a au moins un enfant qui reçoit des services au privé. Tout le monde connaît quelqu'un qui paie pour des services au privé pour son enfant parce que l'école n'était pas capable de le soutenir suffisamment.

Maintenant, la responsabilité de Jean-François Roberge, comme ministre de l'Éducation dans un État qui a choisi de miser sur le public, c'est de faire revenir les professionnels manquants dans les écoles. Parce que des orthophonistes puis des psychologues, là, il n'en manque pas. Il en manque dans le réseau public, ils sont au privé. Il devrait en ce moment être en train de mettre en place des incitatifs pour les recruter, à défaut d'avoir commencé à le faire il y a trois ans. Mais là ce qu'il fait, c'est qu'il est en train de leur dire : Partez, allez-y, au privé; moi, je vais vous envoyer des clients. Et ça ne peut pas fonctionner comme ça. Les professionnels, ils doivent être à l'école parce qu'ils doivent offrir des services dans l'école, sur les heures d'école, ils doivent pouvoir se rendre dans la classe. C'est nécessaire pour qu'ils puissent travailler en collaboration avec les enseignants, pour qu'ils puissent voir comment ça se passe pour l'enfant dans l'école.

J'aimerais ça aussi que Jean-François Roberge se souvienne qu'il y a pratiquement un million d'enfants dans nos écoles publiques en ce moment. Et pendant que lui continue à s'enfoncer avec son obsession des maternelles, là, il est en train d'oublier tous les autres enfants. Et ça, ça me dérange beaucoup, parce qu'il a une responsabilité à l'égard de tous ces enfants-là.

Ce qu'on veut, c'est un ministre de l'Éducation qui travaille à ce que notre réseau public nous rende fiers parce que tous les élèves qui y sont réussissent à avoir des services à l'école. Et, en ce moment, ce qu'on a, c'est un ministre qui minimise le problème d'accès aux services et même qui contribue à l'accentuer en faisant fuir les professionnels. Donc, on veut qu'il nous présente un vrai plan de recrutement de professionnels avec des mesures incitatives ou bien que le ministère soit confié à quelqu'un qui va être capable de faire ça. Merci.

Mme Lajoie (Geneviève) : Justement, Mme Labrie, quel risque y a-t-il à recourir au privé comme ça, pour les écoles, quand il n'y a pas de services...

Mme Labrie : Bien, le risque, c'est que les services offerts, ils ne sont pas offerts de la même manière. Vous savez, quand le service est offert au privé, c'est plus compliqué pour le professionnel qui s'occupe de l'enfant de s'arrimer avec l'enseignant pour vraiment répondre aux besoins. Le professionnel ne peut pas aller dans la classe pour voir comment ça se passe, il ne peut pas être témoin de ce qui se passe dans l'école quand on parle de soutien psychologique, par exemple, il n'est pas au courant de ces dynamiques-là, donc c'est toujours plus compliqué d'offrir un service. Les services… Ce n'est pas que les professionnels sont moins compétents, mais c'est difficile pour eux, au privé, d'offrir un service d'une aussi grande qualité que ce qui peut être offert au sein de l'école pour les enfants, parce que c'est plus compliqué pour eux d'interagir avec le reste de l'équipe-école. Donc, ça, moi, ça me dérange.

Puis ensuite, quand on offre les services au privé, bon, il faut que les parents trouvent un professionnel, il faut qu'ils ajoutent ça dans leur logistique de vie. Ça commence à être pas mal compliqué, là.

Mme Lajoie (Geneviève) : Est-ce que vous avez l'impression de revivre un peu ce qui s'est passé avec les agences privées en santé?

Mme Labrie : C'est un problème, oui. L'incursion du privé dans nos réseaux publics, là, c'est hautement problématique, puis là on le voit dans nos écoles en ce moment. Moi, ça m'inquiète vraiment beaucoup que ça soit ça, la tangente que le ministre prend, là. Puis je ne sais pas à quel point il est sincère quand il dit que c'est des situations exceptionnelles, là. Je ne sais pas s'il est juste incapable de voir la réalité en face ou s'il dit ça pour essayer de minimiser la situation. Mais la réalité, c'est qu'il y en a des milliers, là, il y en a des milliers. Là, depuis la semaine dernière, quand il a dit qui allait y avoir un remboursement, là, les parents, sans… les parents, là, ils ne savent plus vers où se tourner pour avoir des réponses à leurs questions. Moi, je reçois des courriels de gens qui écrivent au ministère de l'Éducation en me mettant en copie conforme avec toutes leurs factures de services professionnels, ce n'est pas drôle, là. Ces parents-là ne savent pas vers où se tourner, ils n'ont pas de réponse à leurs questions, le ministre n'en donne pas, d'ailleurs. Donc, moi, je pense que ce n'est pas une solution qui est acceptable, là, de miser sur le privé de cette manière-là comme le ministre nous… ce matin.

M. Bergeron (Patrice) : M. Nadeau-Dubois, concernant les Pandora Papers…

M. Nadeau-Dubois : Bien, peut-être juste ajouter, juste avant, un élément sur ce que Christine vient de dire, puis je prends votre question avec plaisir par la suite, si Québec solidaire et Christine Labrie n'avaient pas été là, là, Jean-François Roberge n'aurait jamais été obligé de réagir. Je pense que c'est ça que Christine veut dire quand elle dit qu'on a un ministre de l'Éducation qui minimise, puis voire qui nie le problème sur le terrain, c'est que ça prend des plateformes citoyennes comme celle que Christine et Québec solidaire ont lancée pour qu'il soit obligé de réagir, puis il réagit par ailleurs avec une solution qui n'en est pas vraiment une.

M. Bergeron (Patrice) : Sur les Pandora Papers dont vous avez parlé tout à l'heure, vous dites qu'il y en a certainement, des Québécois, qui figurent dans ces papiers-là. Bon, on sait qu'il y a apparemment Jacques Villeneuve, là, mais est-ce qu'il y en a d'autres, quels sont les noms, qu'est-ce que vous avez comme données sur le nombre de Québécois qui figureraient dans ces documents controversés?

M. Nadeau-Dubois : Bien, il y a eu plusieurs Québécois et entreprises québécoises impliquées dans les Panama Papers, là, on est quand même allés chercher au Québec 21 millions de dollars que ces gens-là nous devaient. On aurait pu et on aurait dû aller en chercher davantage, mais au moins on est allés chercher une vingtaine de millions de dollars. Donc, s'il y en avait d'impliqués dans les Panama Papers, il y en a certainement d'impliqués dans les Pandora Papers. Le travail d'analyse de cette documentation-là, il est en train d'être fait par les analystes, par les journalistes, mais il y aura des Canadiens, il y aura des Québécois, c'est certain, on en connaît déjà un. Il faut les pourchasser, il faut les traquer avec au moins la même énergie que celle qu'on investit pour courir après les travailleurs, travailleuses quand ces gens-là font une simple erreur dans leur déclaration de revenus.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant le rapport sur le décès de Joyce Echaquan, à quoi vous vous attendez comme réaction de la part du premier ministre aujourd'hui, qui déjà, on le sait bien, n'adhère pas au concept de racisme systémique? Partant de ça, que doit-il faire?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je m'attends à ce que le premier ministre fasse preuve de compassion et d'écoute. Au lieu de pointer du doigt, il devrait écouter d'abord la famille de Joyce Echaquan, ensuite les communautés autochtones et la coroner. Et tous ces gens-là disent la même chose, que la reconnaissance du racisme systémique, ça ne change pas le monde peut-être, mais c'est un pas dans la route de la guérison, de la solidarité, de la réconciliation, de la justice. Et, au-delà de ce que demande Québec solidaire, le plus important, c'est ce que demandent les peuples autochtones du Québec. Les peuples autochtones du Québec demandent qu'on reconnaisse les injustices récurrentes qu'ils vivent. Moi, je trouve que c'est une raison suffisante pour reconnaître le problème puis ensuite commencer à trouver des solutions avec les peuples autochtones.

M. Lavallée (Hugo) : Mais donc si le gouvernement persiste... pour vous, il y a comme une impasse, il n'y a pas moyen de s'entendre sur d'autres solutions pour améliorer la situation?

M. Nadeau-Dubois : La seule personne qui bloque sur les mots, c'est le premier ministre du Québec. Ce que les peuples autochtones disent, c'est : On a besoin que le chef de la nation québécoise reconnaisse l'injustice dont on est victimes. Ce n'est pas mon opinion, ça, c'est ce que disent les peuples autochtones. Donc, au-delà des joutes partisanes, au-delà de nos programmes respectifs, le premier ministre du Québec devrait tendre la main aux peuples autochtones et avoir l'humilité de reconnaître que, si c'est ça qu'il faut pour avancer sur le chemin de la justice, bien, que c'est ça qu'il faut faire. C'est tout.

M. Bergeron (Patrice) : Mais en politique, vous le savez, c'est une affaire de compromis. Il y a toujours... on peut toujours trouver des façons de s'entendre. Il n'y a aucun compromis possible sur les mots pour faire avancer cette affaire-là, de dire «discrimination systémique» ou...

M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas à Québec solidaire à dire : Voici quel est le compromis possible entre le gouvernement du Québec et les peuples autochtones. Nous, à Québec solidaire, ce qu'on pense, c'est que la demande des peuples autochtones, elle est légitime. On pense que le gouvernement devrait l'écouter. Si M. Legault est d'un autre avis, il a le droit, mais c'est sur ses épaules, comme premier ministre du Québec, comme chef du gouvernement du Québec que repose la responsabilité de trouver ce compromis avec les peuples autochtones, pas sur les miennes comme porte-parole de Québec solidaire. C'est à lui à nous dire. S'il ne souhaite pas reconnaître ce que vivent les peuples autochtones, qu'il nous dise, lui, ce qu'il propose pour qu'on avance enfin dans la réconciliation, dans la justice.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que vous craignez justement que, par le fait qu'on ne reconnaisse pas ou qu'on ne donne pas suite à la première recommandation, que ce rapport-là soit un petit peu mis de côté, là? Il y a le Parti québécois qui nous a dit estimer que la coroner allait trop loin dans son mandat. Est-ce que vous craignez que, par le choix de ses recommandations, on mette ça de côté, ses conclusions?

M. Nadeau-Dubois : Le rôle de la coroner, tel que décrit par la Loi sur le coroner, c'est de mettre le doigt sur les causes d'un décès. Si cette coroner juge que le racisme est une cause de ce décès, ce n'est pas seulement son mandat, c'est sa responsabilité légale et morale que de le dire. Si ça indispose certains politiciens, ça, ça leur appartient. La coroner fait son travail et c'est à nous maintenant de décider ce qu'on fait avec ses observations.

Mme Lajoie (Geneviève) : Une précision, M. Nadeau-Dubois, hier, quand on a reçu le communiqué de presse sur l'annonce de la coroner, on disait que Mme Massé allait être présente.

M. Nadeau-Dubois : Oui, elle y est ce matin, elle y est ce matin pour écouter la coroner, également pour être aux côtés de la communauté attikamek, de la famille Echaquan. Manon, depuis des années, cultive des relations intimes avec ces communautés-là, parce qu'elle trouve ça important d'être proche puis d'être sur le terrain, et c'est pour ça qu'elle a fait le choix, le matin, d'être à leurs côtés, à Trois-Rivières.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que la publication de M. Legault, hier, est-ce que vous l'avez sentie sincère? Est-ce que vous acceptez son mea culpa?

M. Nadeau-Dubois : Oui, moi, je suis d'accord qu'on… comment dire, moi aussi, j'aurais souhaité qu'on trouve un consensus la semaine dernière. Je pense que la base de discussion pour trouver ce consensus, par contre, ça doit être les demandes des peuples autochtones, pas nos plateformes électorales respectives. Moi aussi, j'aurais souhaité qu'on trouve un consensus, ça n'a pas été le cas, c'est dommage, mais, tu sais, la route de la réconciliation, là, elle ne sera pas facile, elle va être sinueuse. Il va y avoir des moments de débat, il va y avoir des moments de consensus. Ce ne sera pas facile. Puis la semaine passée, ça a été un moment pas facile, puis il va y en avoir. Il faut aussi des moments où on fait consensus. Moi, je pense que ce qui doit nous guider sur cette fameuse route là, c'est les demandes des peuples autochtones.

La Modératrice : Une dernière question en français.

M. Lavallée (Hugo) : M. Legault dit que chaque homme politique doit prendre sa responsabilité, qu'il prend la sienne. Est-ce que Québec solidaire a une responsabilité à prendre?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je prends…

M. Lavallée (Hugo) :

M. Nadeau-Dubois : Oui, je pense qu'à Québec solidaire on prend la part qui nous revient. Je prends personnellement la part qui me revient également.

M. Bergeron (Patrice) : C'est quoi, cette part-là?

M. Nadeau-Dubois : Bien, la part, c'est de faire tout en notre pouvoir pour que, quand on parle de ces enjeux-là, on le fasse avec le plus de dignité et de hauteur possible. Moi, c'est ce que j'ai tenté de faire la semaine dernière, parce que le résultat n'a pas été celui qu'on souhaitait, ce n'était pas celui, en tout cas, que Manon et moi, on souhaitait. Moi, ce que j'ai tenté de faire la semaine dernière, puis c'est ce que j'ai répété sept ou huit fois ce matin, c'est de relayer les demandes des peuples autochtones. C'est ça, notre guide, il faut que ce soit ça, notre guide pour avancer sur le chemin de la réconciliation, ça ne peut pas être nos programmes partisans respectifs.

M. Carabin (François) : Est-ce que Québec solidaire a un oeil sur la circonscription de Rimouski?

M. Nadeau-Dubois : Sur la circonscription de Rimouski? Oui, Québec solidaire est très optimiste sur les possibilités de faire élire un député solidaire à Rimouski. C'est une ville où il y a un noyau solidaire depuis longtemps, mais là on sent que ce noyau-là est en train de s'élargir. J'ai passé la fin de semaine là, et puis on m'a parlé de crise du logement. Rimouski est une des municipalités les plus frappées durement par la crise du logement. C'est un des enjeux dont on parle beaucoup à Québec solidaire. C'est une ville qui a été frappée… qui est frappée de plein fouet par la crise en services de garde. D'ailleurs, Christine sera de retour à Rimouski dans quelques semaines pour aller rencontrer les gens sur le terrain et parler de cette problématique-là. C'est une région dans laquelle les sécheresses frappent depuis cinq ou six ans de suite. Les agriculteurs de la région m'en ont parlé. Ça, c'est une résultante directe des changements climatiques. Donc, quand, moi, je vais sur le terrain puis j'entends parler des changements climatiques, de logement et de services publics, bien, je me dis : Oui, il y a des gens dans cette région-là qui ont un intérêt pour le message de Québec solidaire.

La Modératrice : Est-ce qu'il y a des questions en anglais?

M. Lavallée (Hugo) : …CBC …résumer un peu vos attentes par rapport au rapport de la coroner puis à la réaction du premier ministre.

M. Nadeau-Dubois :I think Mr. Legault has to show compassion and, first of all, he has to listen. He has to listen to the family of Joyce Echaquan. He should listen to First Nations' leaders and he should also listen to the coroner. All these people are saying the same thing : First Nations need to be recognized in what they live, they need the injustice they face to be named. And they are saying, not me, they are saying that this is the first step, one of the first steps toward justice and reconciliation.

M. Verville (Jean-Vincent) : What do you think about the fact that the National Assembly will prorogue the session October 19?

M. Nadeau-Dubois : You know, for us, what is the more important is not the schedule of the National Assembly, what is fundamental is the vision of that Government. Will that prorogation mean a real plan to fight climate change? Will it mean a real plan to fight the housing crisis? Will it mean a real plan to save our public services from the catastrophe they're heading toward? That is what we're waiting for when the National Assembly is called again.

M. Verville (Jean-Vincent) : What are the intentions behind the…

M. Nadeau-Dubois : …governments have a lot of strategies to try to renew their image, have a lot of strategies to do, you know, to send message to the electorate. It's their strategy. What is important for me is what vision, what project will be the project of François Legault. If it's the same one as in the last three years, we are at the exact same point.

M. Verville (Jean-Vincent) : One last question about François Legault message on Facebook yesterday, your reaction.

M. Nadeau-Dubois : You know, I agree with one thing with François Legault, we need to be able to discuss those issues with the dignity that is necessary. I agree that it was not the case, last week, but I also think that the basis for that discussion has to be the demands of First Nations, not our electoral programs. What Québec solidaire thinks in that debate is not that important, honestly. What is really important is what First Nations want, and what they want is for their injustice to be recognized by the chief of the Québec nation.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 11 h 43)

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