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Point de presse de M. Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones

Version finale

Le mercredi 29 septembre 2021, 9 h 30

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Neuf heures trente minutes)

Le Modérateur : Bonjour, tout le monde. Bienvenue à ce point de presse du ministre responsable des Affaires autochtones. Le ministre débutera par une courte déclaration, et ensuite on pourra prendre quelques questions.

M. Lafrenière : Merci beaucoup, Mathieu. Alors, il s'agit d'une semaine particulièrement chargée en émotion. Mes premiers mots, mes premières pensées vont pour Carol Dubé, pour la famille de Joyce, pour les membres de la communauté attikamek de Manawan. Il y a un an déjà, Joyce Echaquan décédait dans des circonstances horribles. Cette tragédie a été un véritable électrochoc pour l'ensemble des Québécois. Bien que les membres des Premières Nations nous l'avaient dit à plusieurs reprises, ça a pris ces images pour qu'on soit tous conscientisés sur cette réalité-là.

Hier, j'étais sur place avec la vice-première ministre, on était à Joliette, je n'ai pas pu participer au débat, hier, au salon bleu sur le sujet mais j'étais à Joliette avec la vice-première ministre, avec la famille, les amis, les proches. Pour nous, c'était important de représenter notre gouvernement, l'ensemble des élus de cette Assemblée et l'ensemble des Québécois, et c'est ça, un premier geste pour une commémoration.

En fin de journée aujourd'hui, je vais me déplacer à Uashat mak Mani-Utenam avec trois représentants des oppositions. Nous serons, demain, avec les membres des Premières Nations pour cette Journée nationale de vérité et réconciliation. Et c'est avec beaucoup de fébrilité et beaucoup d'honneur que je vais remettre un drapeau orange, drapeau qui a été signé par l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale, et c'est un message fort qu'on fait demain aux membres des Premières Nations. C'est ça qui est de faire différent et j'en suis très heureux.

On se rappellera que le chandail orange trouve ses origines en 73 lorsqu'une jeune fille avait reçu de sa grand-maman un chandail orange en cadeau. Et, à son arrivée au pensionnat, on lui a confisqué pour lui remettre plutôt un uniforme. C'est devenu un symbole fort qui représente les survivants, les victimes des pensionnats autochtones, et c'est pour ça que, demain, c'est le symbole qu'on a adopté.

On a tous le devoir de mémoire. On ne peut pas oublier Joyce Echaquan, on ne peut pas oublier les victimes, les survivants des pensionnats autochtones et c'est pour ça que je vais déposer une motion aujourd'hui. Et normalement, dans une motion, je pourrais demander à ce que le drapeau du Québec soit mis en berne, mais ce n'est pas ce qui est le plus significatif pour les membres des Premières Nations et des Inuits. J'ai fait mes vérifications et ce qu'ils tenaient à avoir, c'est que l'Assemblée nationale soit illuminée d'orange demain, et c'est cette demande que je vais faire tout à l'heure. Je fais le geste le plus significatif, pas pour nous mais pour eux. Et encore là, c'est ça, de faire différent.

En terminant, j'aimerais lancer un appel à tous les Québécois, demain. Je parle du devoir de mémoire, c'est un devoir qui est collectif, c'est un projet de société qu'on doit faire ensemble. Prenons un instant demain, prenons un instant pour en apprendre davantage sur notre histoire, pour en apprendre davantage sur les Premières Nations, et soyons ouverts. Je vous remercie beaucoup.

Mme Lévesque (Fanny) : M. Lafrenière, est-ce que vous avez trouvé que le premier ministre était à la hauteur de sa fonction hier, lors de la période de questions? Les partis d'opposition lui ont reproché ça ce matin.

M. Lafrenière : Moi, ce que j'ai vu hier, c'est un premier ministre qui a donné ses premières pensées, ses premiers mots pour la famille de Joyce Echaquan, c'est un premier ministre qui a rappelé l'importance du Principe de Joyce. Alors,, là-dessus, j'étais très heureux et j'étais heureux d'être à Joliette avec la vice-première ministre pour envoyer un message fort que, pour notre gouvernement, quand on parle de commémoration, c'est important. Je vous rencontre ici aujourd'hui, hier je n'ai pas eu la chance d'être au débat, et c'est difficile en 1 min 15 s, en 45 secondes d'adresser ça, je veux qu'on prenne le temps d'aller au fond des choses.

Mme Lévesque (Fanny) : Qu'est-ce que vous en avez pensé de la période de questions? Tout le monde décrie un petit peu le ton, aujourd'hui, que c'était partisan. Vous, vous avez écouté ça, là, vous le savez, vous étiez avec Carol Dubé. C'est quoi vos émotions par rapport à... comment vous avez... comment vous réagissez au ton et au débat qui se sont passés hier à...

M. Lafrenière : Moi, j'ai vraiment espoir que, pendant la semaine, quand je parle du devoir de mémoire, on va trouver la façon de travailler ensemble. Ce matin, je vais déposer une motion et je suis persuadé que mes collègues des oppositions vont embarquer dans cette motion parce qu'on va envoyer un message fort.

Je vais voyager avec mes collègues des oppositions en fin de journée, et, demain, le message qu'on va envoyer aux Premières Nations, c'est que nous sommes unis. Nous sommes unis et nous avons des visions différentes, c'est vrai, mais nous serons unis à leurs côtés demain.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Êtes-vous à l'aise avec le fait que votre parti, qui avait ce vidéo-là qui date du mois de juin, ait choisi la journée d'hier pour la publier? Vous, vous êtes à l'aise avec ça, ce timing-là?

M. Lafrenière : Moi, ce que je peux vous dire, c'est que je suis très à l'aise sur le fait que le premier ministre, hier, a rappelé que ses premières pensées étaient pour la famille, pour les proches. Je suis très à l'aise aussi avec le fait qu'on envoie un message très fort parce qu'en passant il y a beaucoup de... j'étais pour dire : Il y a beaucoup de désinformation sur le Principe de Joyce. On n'a jamais dit qu'on refusait. Puis je vais le dire devant tout le monde, on a toujours été très, très clair, nous sommes en accord avec le Principe de Joyce. Et, même hier, dans les discussions avec la famille, ça revenait souvent où ils disaient : Pourquoi vous ne l'acceptez pas? Au contraire, on est d'accord. Hier, il y a eu une motion qui a été déposée ici, à l'Assemblée nationale, et je l'ai saluée. J'ai salué mes collègues qui ont déposé cette motion. On a suggéré un amendement. Ça n'a pas été accepté.

Mais vous voyez le danger, si on dépose un... le principe de la sécurisation culturelle dans un projet de loi qui est sur un autre sujet, exemple la sécurisation des données, les Premières Nations ne l'ont pas apprécié quand on a tenté faire ça avant le projet de loi n° 79. Alors, on s'ajuste.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : En fait, M. Lafrenière, vous ne répondez pas à la question, là. Mais la question...

M. Lafrenière : Vous m'avez demandé si le timing était approprié.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : ...le timing, et M. Legault a répondu, en parlant de la vidéo de M. Kelley. Est-ce que c'était approprié de répondre de cette façon-là?

M. Lafrenière : En tout respect... en tout respect, le premier ministre a aussi rappelé qu'on était d'accord avec le Principe de Joyce, et j'en étais très heureux. On a toute une semaine, cette semaine, de devoir de mémoire. C'est là-dessus que je vais me concentrer.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Vous ne voulez pas répondre à la question. Est-ce que c'est un bon timing de la sortir et d'en parler cette vidéo-là à ce moment-là?

M. Lafrenière : Comme je vous ai dit, pour moi, c'est une semaine de devoir de mémoire, et c'est pour cette raison-là que, demain, je vais être avec les oppositions à Uashat.

Journaliste : ...vous n'avez aucun malaise avec la période de questions d'hier?

M. Lavallée (Hugo) : Qu'est-ce que vous avez pensé du fait que l'Ordre des infirmières, hier, a rendu une décision? Ça a été assez mal reçu, si je comprends bien, par le conjoint de Mme Echaquan. Vous avez pensé quoi de ça?

M. Lafrenière : Pour les décisions qui sont rendues par ordres, je me suis toujours tenu à l'écart de ces décisions-là en disant que c'était leur gouverne, et je ne veux pas m'immiscer dans cette décision-là. Cependant, force est de constater que les gens n'ont pas apprécié la sortie d'hier. Pour ce qui ce est de la durée, la durée de la suspension, j'aime mieux ne pas le commenter. Je vais laisser la famille le commenter.

Mme Lévesque (Fanny) : Mais, M. Lafrenière, vous n'avez aucun malaise avec la tournure des événements au salon bleu hier. La vidéo de M. Kelley, les réponses de M. Legault, Manon Massé qui sort en claquant la porte., vous n'avez aucun malaise avec ça aujourd'hui?

M. Lafrenière : Ce que j'ai dit clairement, tout à l'heure, pour moi, puis je vous l'ai dit, c'est une semaine qui est chargée en émotions. Puis vous me connaissez, je vais être très transparent avec vous, c'était une semaine qui est chargée en émotions. Et la raison pour laquelle je vous rencontre ici, c'est que je ne crois pas qu'au salon, tout à l'heure, en 1 min 15 ou en 45 secondes, je vais être capable d'avoir ce même discours, alors je voulais qu'on l'ait de cette façon-là. Parce que, oui, oui, l'arène politique est propice des fois à d'autres débats, et moi, je trouve qu'on doit travailler ensemble, puis ce n'est pas pour rien que j'ai invité mes collègues des oppositions à faire le déplacement ensemble.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Est-ce que c'est un dérapage, M. Lafrenière? Parce que, là, vous vous présentez comme le bon soldat du premier ministre, là, c'est ce qui est attendu d'un ministre, personne ne s'attend à ce que vous condamniez les propos du premier ministre, mais est-ce qu'il y a une forme de dérapage, là? Est-ce que vous êtes quand même... vous avez regardé ça avec, je ne sais pas, une certaine désapprobation polie à l'égard du premier ministre?

M. Lafrenière : Écoutez, toute la semaine est une semaine qui est extrêmement difficile pour les membres des Premières Nations, c'est une semaine qui est chargée en émotions, et si je me présente devant vous aujourd'hui, c'est parce que, oui, je vais déposer une motion tout à l'heure, et j'ai vraiment espoir qu'avec les collègues on va être capables de tomber à un autre niveau et d'envoyer un message fort aux membres des Premières Nations, c'est clair.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : ...êtes-vous à l'aise avec la tournure que le débat a prise hier?

M. Lafrenière : Honnêtement, je n'étais pas là hier, mais est-ce que je trouve que c'est un endroit qui est propice pour un débat aussi profond comme nos relations avec les Premières Nations? Est-ce que je pense qu'il faut être prudent quand on parle de relations avec les Premières Nations, de ne pas tomber du côté partisan? C'est très difficile. C'est très difficile, au salon bleu, c'est pour ça que j'ai cette discussion-là avec vous, ici, aujourd'hui, c'est pour ça que, demain, je vais être avec les membres des oppositions, sur place, je trouvais que c'était un message fort qu'on envoyait.

M. Bélair-Cirino (Marco) : Sur le fond, là, le principe de sécurisation culturelle, allez-vous déposer un projet de loi prochainement, cet automne? Tu sais, on voit Simon Jolin-Barrette qui y va avec des réformes, puis des réformes, puis des réformes, mais est-ce qu'il vous donne, comme leader, suffisamment d'espace pour déposer le projet de loi attendu?

M. Lafrenière : Ce qui avait été suggéré, au niveau de la sécurisation culturelle, c'est pour ça que je l'ai salué, c'était de le mettre dans le prochain projet de loi, mais qui touche beaucoup la sécurisation des données. Et ça, je vous dis, fort de l'expérience du passé, ça n'avait pas été vraiment apprécié des Premières Nations. On va regarder pour trouver le bon outil. On travaille pour trouver le bon outil, pour que ce soit respectueux des Premières Nations, de ce qu'ils aiment.

M. Lavallée (Hugo) : Concernant les pratiques de stérilisation des Premières Nations, pourquoi est-ce que le Québec a refusé de participer aux travaux du gouvernement fédéral sur la question, puis qu'est-ce que vous pouvez faire, sinon, pour vous intéresser à la question, puis documenter le problème?

M. Lafrenière : Premièrement, j'ai été très heureux de voir la sortie du Collège des médecins parce que je vous dirais que lorsqu'une femme vient d'accoucher, de lui poser cette question-là, au niveau de la stérilisation, est-ce que c'est le moment qui est approprié? La réponse, c'est non. Alors, il faut cesser cette pratique. J'ai vu le reportage, j'ai vu les témoignages. C'est choquant, c'est bouleversant. Comme papa, moi-même, j'ai de la misère à comprendre qu'on pose cette question-là à une femme puis qu'on s'attende à un consentement qui est libre, qui est volontaire, qui est pleinement bien éclairé. Alors, il faut faire des changements, absolument. Puis je suis content de voir que le Collège des médecins a envoyé un message fort là-dessus.

M. Lavallée (Hugo) : ...

M. Lafrenière : C'est une bonne question. On va le regarder, mais a priori, il faut changer cette pratique. Et déjà, quand le Collège des médecins envoie un message rapidement, je pense que c'est de bon augure. Moi, j'ai espoir.

Le Modérateur : Donc, on va prendre les questions en anglais.

M. Lavallée (Hugo) : ...Collège des médecins, là, si je comprends bien...

M. Lafrenière : Pour l'instant, on va regarder de notre côté ce qu'on peut faire aussi. Je vous remercie.

Mme Greig (Kelly) : ...

(Interruption)

M. Lafrenière : If you just give me two seconds, I'll wait for the ring to stop, because I got a hard time to hear you. You ask me why it's not a holiday Thursday?

Mme Greig (Kelly) : Yes.

M. Lafrenière : Oh! great, thank you.

Mme Greig (Kelly) : ...

M. Lafrenière : Yes. First, tomorrow, it's a day to remember, it's an important day, talking about the National Day of «réconciliation et vérité». And that's the reason why we'll be present in Uashat mak Mani-Utenam. The decision was taken, so far, not to add any holiday in the province. The same decision had been taken in Ontario. This is our position at this moment.

But we think it's important to remember. We think it's important also that all Quebeckers take part in that society project while thinking of what happened in the past, thinking of our history. And we don't believe that the holiday is the only answer for that.

Mme Senay (Cathy) : As a leader and as a Minister responsible for Indigenous Communities, the fact that yesterday, it was the one-year anniversary of Joyce Echaquan's death, and at question period, you had elected officials that were attacking each other, I mean, it's not disappointing for you?

M. Lafrenière : I was disappointed, and I was sad also, because yesterday I was not present. As you know, I was in Joliette, and unfortunately that didn't block my colleagues from the Opposition to jump on that file, which is extremely important for me. I was in Joliette with the Deputy Premier. Why that is? Because we thought it was important to represent all the members of the National Assembly, the Government and also the...

Mme Senay (Cathy) : ...it didn't go well at question period. Are you disappointed to see elected officials not working together on that day?

M. Lafrenière : That was my answer. Yesterday, I was not present at the question period, and that's why I'm disappointed, because all my colleagues from the Opposition, they knew I was here today, because I invited them yesterday to be with me in Joliette as well as I invited them to be with me in Uashat mak Mani-Utenam tomorrow. I believe we can work together. And that is why I'll be with them tomorrow in Uashat.

If you're asking me if it's... During a week like that with high tension, high emotion... Because yesterday I was with Carol Dubé, I can feel that emotion, it was so hard for him, hard for him, hard for the family, hard for the community members. So, you can feel that emotion. Tomorrow, I will be with survivors from residential schools. So, this is a week of high emotion. And that's why I'm addressing, I'm talking to medias now, because I don't feel that with 45 or a minute, I can answer all those questions in a proper way.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you think you could have answered the question better than how the Premier answered it yesterday? If you had been here, do you think that would have happened or did the Premier answered… yesterday? If you had been here, do you think that would have happened or did the Premier dropped the ball?

M. Lafrenière : Yesterday, the Premier made a strong statement. First of all, he recognized that the Joyce's Principle, we've got nothing against it. And, you know what, for the past year, I heard so many infos. Like yesterday, I was with Carol Dubé, and he said : Why are you refusing? I said : Carol, let make that straight, we said that we're 100% with the Joyce's Principle, we'll use with the health system, there is one thing that we don't agree on, which is the systemic racism. But that, that doesn't block the whole principle, we're using that for cultural safety, and this important. So, to answer your question, yesterday, the Premier jumped in saying : You know what? We agree with the Joyce's Principal, you know what? My first talk with the family. So, that was a strong statement for me.

Mme Greig (Kelly) : But the idea of Joyce's Principle, systemic racism, is that centering the word systemic is so important to the word racism, that's what to find. So, to save your… a 100% agree, and this is not actually true, you don't agree with systemic racism.

M. Lafrenière : When you look at the Joyce's Principal, the importance of that principle is just to make sure that everyone from First Nations and Inuit receive the health services that they deserve. So, we'll put everything in place for that. And the reason why I was appointed to this position, the reason why I launched the plan J'ai espoir, it's to answer that, to answer the Viens Commission. And, by the way, the Viens Commission never spoke about systemic racism, he asked for actions, and this is exactly what we're doing now. So, I believe we can put measures in place to get better health services, better health service to First Nations and without adding that notion of systemic racism.

Le Modérateur : Merci beaucoup.

M. Lafrenière : Merci beaucoup, tout le monde.

(Fin à 9 h 44)

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