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Point de presse de Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’affaires autochtones, et M. Vincent Marissal, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière de santé

Version finale

Le mercredi 29 septembre 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures une minute)

Mme Massé : Bien, bonjour, tout le monde. Je voulais ce matin réagir à ce meurtre d'une 15e femme par la main d'un ex-conjoint. En fait, le constat, c'est que notre filet social, notre système ne protège pas les femmes. Cette femme, par les mois passés, les années passées, cherchait de l'aide, a souhaité, a exprimé son besoin, il n'y a pas eu de réponse. En fait, ce qu'il faut, encore une fois, c'est, comme société, de répondre présent.

Il y a eu bien sûr du financement, et c'est ce qu'il fallait faire pour assurer de développer des places pour accueillir ces femmes-là qui sont prêtes à protéger leur vie et à aller dans une maison d'hébergement. Mais, dans le cas de la dame en question, elle avait dans un premier temps besoin de services externes, donc de consulter, de pouvoir parler, de pouvoir sentir qu'il y avait du monde qui comprenait ce qu'elle était en train de vivre.

Et ça, moi, je le comprends parce que j'ai travaillé plusieurs années dans les centres de femmes qui, dans les faits, sont un réseau qui n'est pas exclusivement réservé à la question des violences faites aux femmes. Et souvent, ce réseau de centres de femmes à travers le Québec, il y en a une centaine, c'est un endroit où les femmes qui, vous savez, sont honteuses, qui ont peur, qui ne savent pas comment aborder la question du contrôle du conjoint, ne savent pas comment, bien, il y a la possibilité pour ces femmes-là d'ouvrir une porte qui va les accueillir et qui va les aider à cheminer là-dedans.

Alors, aujourd'hui, je fais appel à la ministre de la Condition féminine et je dis à Mme Charest : Vous savez, j'ai une bonne connaissance de ce réseau-là. Vous savez, les services externes des maisons d'hébergement comme telles explosent depuis un an. Moi, je suis prête à m'asseoir avec vous et de voir comment on va l'améliorer, ce filet social là, parce que, comme vous, je n'en peux plus de me réveiller le matin ou de me coucher le soir et de me rendre compte qu'il y a une femme qui est encore morte de la main d'un conjoint ou d'un ex-conjoint. Alors, j'offre vraiment ma collaboration à la ministre.

Sur un autre ordre d'idées, hier, j'avais beaucoup d'attentes. Hier, la commémoration du décès de Joyce, j'avais beaucoup d'attentes en sa mémoire, en mémoire de Carol, les enfants, les frères et soeurs. Et, en fait, ce que je m'attendais, c'est qu'on puisse, un an plus tard, être capable de discuter et de parler en employant, je dirais, des mots que les personnes autochtones elles-mêmes emploient. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié la hauteur avec laquelle mon co-porte-parole, Gabriel, a abordé la question de la commémoration du un an du décès de Joyce et, bien sûr, abordé la question du racisme systémique, puisque de reconnaître le Principe de Joyce sans en reconnaître le premier fondement, ça ne tient pas la route, les autochtones nous le disent.

Alors, ça ne s'est pas passé comme ça. Ça m'a mise... ça m'a profondément déçue et mise en colère, et honnêtement je vais continuer mon travail de sensibilisation et d'éducation, parce qu'hier on a blessé encore plus des gens des Premières Nations, parce qu'ils s'attendent, et Carol Dubé en premier, à ce qu'on arrive à faire ces échanges-là et cette discussion-là correctement.

M. Marissal : Bonjour. Je vais être bref, ce matin. Hier, il a été question de la vaccination, d'une troisième dose chez certaines personnes âgées, un certain groupe d'aînés. Très bien, nous en sommes, je pense qu'on est rendu là. Sauf qu'il y a un éléphant dans la pièce, là, que le gouvernement et le ministre de la Santé ne semblent pas voir ou ne pas prendre en considération, c'est les écoles. Là, je pense qu'on est rendu là aussi, là, ça va nous prendre le plan, là, pour vacciner dans les écoles, parce que, ce qu'on nous disait hier, c'est on va vacciner certains aînés, certaines aînées, mais ce n'est pas le temps d'aller faire des câlins à grand-maman puis à grand-papa si vous êtes à l'école primaire. C'est un peu contradictoire. Partout dans le monde, on active le plan enfant, le plan école primaire. La quatrième vague, elle est dans les écoles primaires. Tout le monde dit que c'est une question de temps avant que ça devienne de pire en pire.

Alors, je pense qu'on est rendu là. Et moi, je demande à M. Dubé : Regardez toutes les erreurs que votre collègue Roberge a faites à l'Éducation, là, notamment avec la ventilation, la détection de CO2, les filtres dans les classes, regardez toutes les erreurs qu'il a faites, là, puis faites exactement le contraire, comme ça, vous aurez un plan qui va se tenir pour avoir une vaccination dans les écoles pour les enfants.

Alors, essentiellement, je demande au ministre Dubé d'activer le plan. Les parents sont inquiets, il y a une source d'éclosion, de contamination qui est connue. On nous dit : Avant Noël. Avant Noël, très bien, alors activons le plan et ne répétons pas toutes les erreurs, la chaîne d'erreurs qui a été commise… commises, oui, les erreurs, par le ministre Roberge en Éducation. Merci.

M. Lacroix (Louis) : J'essaie de comprendre, parce que la vaccination n'est pas autorisée encore, Santé Canada n'a pas autorisé le vaccin. Hier, M. Arruda nous dit que les cinq à 11 ans, ça va être avant Noël, les plus petits, ça va être au début de l'année prochaine. Je ne comprends pas, là, vous voulez qu'on active ça maintenant, qu'on commence maintenant?

M. Marissal : Je veux qu'on le travaille, le plan, pour que ce… Le moment où on aura le O.K., puis on peut présumer qu'on l'aura, mais on va se fier à la Santé publique, on va se fier évidemment à la science et à l'acceptation des vaccins, l'autorisation des vaccins, mais, préventivement, peut-on ne pas refaire toutes les erreurs?

M. Lacroix (Louis) : M. Paré nous a dit qu'il était prêt, hier, je lui ai posé la question.

M. Marissal : Très bien, mais vous avez vu comme moi, à chaque fois qu'on arrive avec une nouvelle initiative dans les écoles, à chaque fois, c'est compliqué, à chaque fois… Par exemple, les tests rapides, là. Les tests rapides, c'était une bonne idée, on en a parlé souvent, sauf que c'est arrivé comme un cheveu sur la soupe, puis, dans les milieux scolaires, on a dit : Wo! Attends, là, on n'est pas formés, on ne sait pas comment, quelle école va en avoir, comment est-ce qu'on fait ça. Là, il y a des syndicats qui sont sortis en disant : Ça prendrait peut-être une incitation financière salariale pour le faire. Alors, moi, ce que je dis, là, c'est qu'on a la chance de voir venir, là, bien, voyons venir puis faisons un plan réel.

Je vous donne un autre exemple, hier, la question de la vaccination de certains aînés. Très bien, je le dis, là, nous sommes en faveur, puis effectivement, de plus en plus, la science dit que la troisième dose, c'est probablement inévitable, mais on a visé certains groupes d'aînés, on n'a pas visé le groupe au complet. Dans ma circonscription, je vous donne un exemple, là, dans ma circonscription, il y a une personne aînée qui vit chez elle, elle est pseudo-autonome, mais elle vit chez elle, elle n'est pas dans une RPA, elle n'est pas dans un CHSLD, donc elle n'est pas visée. Cette personne-là fait des pieds et des mains depuis des mois pour avoir sa troisième… sa deuxième dose, pardon, elle est à sa deuxième dose à la maison. Tout le monde lui dit : Oui, oui, oui, puis il n'y a jamais personne qui se pointe avec une seringue, si bien que c'est nous qui avons dû prendre les moyens pour organiser le transport de cette dame-là pour l'amener au Stade olympique.

Voyez-vous, tu sais, c'est là que je dis : Est-ce qu'on peut avoir des plans qui se tiennent? Ne répétons pas toutes les erreurs, parce que c'est parfois un défi logistique d'y arriver, mais cette fois-ci, ça va être un gros défi logistique. Puis avant de parler de peut-être certains assouplissements, je pense qu'on doit donner l'effort, là, on doit réellement donner l'effort, en particulier, le prochain gros défi, le prochain chantier de vaccination, c'est dans les écoles.

M. Bellerose (Patrick) : En attendant la vaccination, est-ce qu'il faut mettre en place plus de mesures sanitaires dans les écoles, par exemple, le masque pour tous, le retour des bulles-classes?

M. Marissal : Le retour de?

M. Bellerose (Patrick) : Est-ce qu'en attendant la vaccination pour les enfants, est-ce qu'il faut mettre plus de mesures sanitaires dans les écoles comme le masque pour tous ou le retour des bulles-classes, par exemple?

M. Marissal : Pour le moment, la Santé publique n'en est pas là, la Santé publique dit que ce n'est pas nécessaire d'aller beaucoup plus loin que ça, sauf qu'on sait qu'on a un outil dans les mains, et, à partir du moment où on pourra l'utiliser, c'est le vaccin, ça, il faut absolument aller de l'avant. Pour le reste, je vais m'en remettre, comme toujours, aux recommandations de la Santé publique.

M. Lacroix (Louis) : Mais hier, là, M. Arruda a admis que, depuis un an et demi, ils n'ont réalisé aucune étude sur l'efficacité du port du masque. Est-ce que ce ne serait pas une bonne idée que l'INSPQ se penche là-dessus pour faire en sorte d'avoir des outils, là, pour dire aux antimasques, là : Bien, voici pourquoi on fait porter des masques? Parce qu'il y a un an et demi, M. Arruda nous disait : Bien, on n'a pas d'étude, ça fait que j'hésite à le recommander. Un an et demi plus tard, il dit qu'il faut porter le masque, mais il n'y a toujours pas d'étude. Il me semble qu'après un an et demi on aurait dû peut-être se pencher là-dessus pour voir si c'était efficace.

M. Marissal : Regardez, depuis le début, il y a des avancées et des reculs sur la question du masque. Cela dit, je vois que tout le monde le porte. On sait que la contagion se fait beaucoup par les aérosols, ce pour quoi vous êtes à deux mètres et plus de moi. Est-ce qu'il y a des études, est-ce qu'on devrait en avoir? Oui, vraisemblablement, faisons les études, parce que de toute évidence, on est pogné avec cette bibitte-là pour encore un bout de temps, on va souhaiter le moins longtemps possible, là, on s'entend là-dessus. Mais effectivement, si vous me posez la question en absolu : Est-ce qu'on devrait avoir les études, le plus d'études possible? Oui, absolument, parce qu'effectivement il semblerait que cette bibitte-là en particulier est assez tenace, elle est tombée en amour avec nous, elle ne veut plus nous lâcher, là. Ça fait qu'effectivement, si on peut avoir des études, je suis tout à fait d'accord avec vous en effet.

M. Laforest (Alain) : Mme Massé, si vous voulez juste vous avancer puis enlever votre masque. Merci.

Bon, vous avez parlé, là, de votre déception puis de votre colère par rapport à ce qui s'est passé hier. Est-ce qu'on est dans des excès de partisanerie à un an de l'élection? Parce qu'hier aussi votre collègue a dû s'excuser, là, pour des propos tenus concernant le troisième lien, là. Il y a eu l'histoire de Joyce Echaquan puis il y a l'histoire Catherine Dorion avec François Bonnardel qui implique Isabelle Charest, là. Est-ce qu'on va trop loin trop tôt?

Mme Massé : Bien, écoutez, hier, d'ailleurs, ma collègue a reconnu puis elle s'est excusée si elle avait offensé, donc elle-même reconnaît que c'était allé... ce n'était pas allé dans le bon sens. Ceci étant dit, je n'ai pas entendu ça de la part du premier ministre qui, lui, a dépassé les bornes hier. Lui a dépassé les bornes. Et vous savez, quand on se dit que collectivement on a fait des prises de conscience, il faut que ça se traduise pas seulement... il faut que ça se traduise dans nos gestes, il faut que ça se traduise dans nos prises de parole, il faut que ça se traduise dans le très concrètement. Et honnêtement, hier, d'aborder la question du Principe de Joyce... Aïe! C'est toutes les communautés autochtones du Québec qui demandent que les autochtones aient les mêmes droits que nous, c'est-à-dire d'avoir accès à des soins de santé. Et je me dis, là, on n'est pas... on n'a pas à peser sur des pitons, là, il y a quelque chose qui ne marche pas. Traiter mon co-porte-parole de radical parce qu'il soulève la question du racisme systémique dont la très grande majorité des Québécois reconnaissent dont sont victimes les Premières Nations... Alors, est-ce que c'est à cause... parce que c'est ça votre question, je ne veux pas l'éviter, est-ce que c'est à cause qu'on est à un an des élections? Ma foi, j'espère que non parce que, sinon, l'année va être toffe, là.

Mme Plante (Caroline) : Est-ce que la vidéo de M. Kelley...

Mme Massé : Pardon?

Mme Plante (Caroline) : Qu'avez-vous pensé de la vidéo de M. Kelley? L'avez-vous vue?

Mme Massé : ...j'ai pensé de quoi?

Mme Plante (Caroline) : La vidéo de Greg Kelley, de M. Kelley, l'avez-vous vue? Ce dont on parlait en période de questions hier.

Mme Massé : Ah, de M. Kelley, non, je ne l'ai pas vue. Non, je ne l'ai pas vue.

M. Bellerose (Patrick) : Mais donc ce qui vous a tant déçue... ce qui vous a tant déçue, là...

Mme Massé : Excusez-moi. Vous savez que je suis un peu sourde, hein? Merci, vous m'aidez beaucoup, je l'apprécie.

M. Bellerose (Patrick) : Le masque n'aide pas. Ce qui vous a tant déçue, hier, dans le fond, c'est le fait que M. Legault vous a traitée de radicale ou c'est la diversion qu'il a faite avec la vidéo de M. Kelley. Qu'est-ce qui vous a tant déçue dans le propos...

Mme Massé : En fait, je vous dirais, c'est un peu l'addition des choses. Vous savez, quand vous rentrez... En fait, je suis rentrée au salon bleu, je venais de lire le message de Carol Dubé qui nous interpellait à être... pas nous, juste parlementaires, mais ça nous inclut, à être tout en hauteur, et d'honorer la mémoire de Joyce, et de passer au travers le défi qui est collectif, c'est-à-dire de retisser des liens de confiance entre les gens des Premières Nations et les Inuits et le système de santé et les autres services publics. Alors, je venais de lire ça, et là je vois comment ça s'est déroulé. J'avais... dans un premier temps, j'ai été déçue : Bien, voyons, pourquoi on parle de radical? Après ça, c'est comme : Bien, voyons, pourquoi ça s'en va là, là? Il y a une femme qui est décédée dans une pluie d'injures. Le Québec, les Québécois et Québécoises reconnaissent que les personnes autochtones ont... vivent de la discrimination et du racisme systémique. Pourquoi qu'on s'en va là? On devrait plutôt travailler ensemble pour trouver comment qu'on va faire pour retisser ces liens-là, parler de sécurisation culturelle, parler des langues, comment on donne accès... Il y a des gens encore aujourd'hui qui maîtrisent, certes, le français et, plus au Nord, l'anglais, mais qui, malheureusement, quand ils ont des besoins spécifiques, arrivent plus difficilement à s'exprimer. Alors, où en sont les banques de traducteurs? Moi, je pensais que c'était le niveau de discussion qu'on était pour avoir hier, puis ça n'a pas été le cas. Ça fait que, oui, ça m'a choquée.

La Modératrice : Une dernière question en français.

M. Robitaille (Antoine) : Est-ce que les propos de M. Kelley, qui faisait un lien entre l'affaire Joyce Echaquan et la loi n° 96, est-ce que ça vous a choquée aussi?

Mme Massé : Je n'ai pas entendu.

M. Robitaille (Antoine) : Les propos de M. Kelley sur la vidéo, est-ce que ça vous choquait aussi, le lien entre 96 et Joyce Echaquan?

Mme Massé : Moi, je n'ai pas à justifier les propos qui sont pris par M. Kelley, mais protéger la langue française au Québec, ça, j'en suis, complètement. Et d'ailleurs c'est pourquoi qu'on est très investis dans le projet de loi n° 96, ma collègue Ruba y est très investie. Ceci étant dit, on est capables aussi de reconnaître que la langue coloniale, parce que c'est comme ça qu'on l'appelle, les langues coloniales, le français et l'anglais... on a forcé les autochtones, on a forcé les autochtones à abandonner leurs langues. Ça, là, il n'y a personne ici qui veut ça, là. On ne le veut pas pour notre propre langue, et avec raison, il faut la défendre, c'est la seule langue officielle au Québec, nous en sommes, mais il faut protéger aussi, et je dirais même, dans le cas des langues autochtones, il faut plus que les protéger, puisqu'il y en a qui sont malheureusement perdues à cause des actions des gouvernements.

M. Lavallée (Hugo) : ...il y a eu un reportage, la semaine dernière, d'Enquête, sur les stérilisations non consenties. Est-ce que le gouvernement doit faire quelque chose de particulier à ce sujet-là, une étude sur la question, une enquête sur les pratiques qui ont eu lieu? Quelles sont vos attentes?

Mme Massé : Bien, c'est clair qu'il faut pousser plus loin. Je pense qu'encore une fois le milieu journalistique a fait un bon travail de lever des informations qui, honnêtement, nous avions depuis un certain temps, mais on n'avait pas cette toile-là qui nous a été présentée à la commission Enquête… à l'émission Enquête.

Ceci étant dit, le racisme systémique, il prend toutes sortes de formes, et ce n'est pas rare que les femmes, hein, en sont les premières victimes. Et dans le cas de la stérilisation, ce qu'on a appris, c'est terrible, là, dans des moments de grande vulnérabilité, notamment chez les autochtones, des moments de grande vulnérabilité, on questionne à savoir si les femmes sont prêtes à devenir infertiles pour le reste de leurs jours, on ne leur dit pas comme ça, là, c'est terrible.

Alors, oui, je pense que la ministre de la Condition féminine, dans un premier temps, doit porter une attention particulière. Moi, être le conseil… pas le conseil, le… de médecins, là, j'oublie le nom ce matin.

Une voix : Le collège.

Mme Massé : Le collège, merci, le Collège des médecins, je poserais des questions aussi. Ce n'est pas acceptable. Ça doit être un choix éclairé, que tu sois blanche, noire ou autochtone. Alors, allons-y, allons-y socialement, je pense que tout le monde a été choqué de voir que ça existait, cette réalité-là.

La Modératrice : Merci. On va passer en anglais s'il vous plaît.

Une voix :

La Modératrice : Parce qu'il y a deux autres points de presse aussi, hein?

M. Bellerose (Patrick) : Hier, M. Legault a reconnu le Principe de Joyce, qu'est-ce qu'il faut faire maintenant?

Mme Massé :

M. Bellerose (Patrick) : Hier, M. Legault a reconnu le Principe de Joyce, maintenant qu'est-ce qu'il faut faire? Ce n'est pas juste des paroles en l'air, qu'est-ce qu'il faut faire, concrètement?

Mme Massé : Bien, le premier ministre a dit qu'il reconnaissait les principes du Principe de Joyce. Mais tu ne peux pas, quand tu as les 11 nations autochtones qui disent que le document du Principe de Joyce tel qu'il est rédigé fait consensus, tu ne peux pas, toi, comme non autochtone, dire : J'enlève l'élément central, qui est le vécu du quotidien de ces personnes-là, qui s'appelle le racisme et la discrimination. Tu ne peux pas faire ça, ça ne se fait pas. Et donc, je pense que, bien, il va falloir continuer nos discussions avec le premier ministre, puisque nos attentes sont élevées là-dessus.

Des voix :

Mme Massé : J'aimerais ça que tu me guides, là, parce que tu me dis : On passe en anglais, mais là il y a encore du monde qui veulent aller en français. Je ne veux pas être celle qui juge de ça parce que, moi, je vous aime.

M. Laforest (Alain) : Non, mais, Mme Massé, le racisme, il est reconnu, c'est le systémique qui ne l'est pas, et le systémique, il est au centre du principe de Joyce, je me trompe?

Mme Massé : Il est au centre du principe de Joyce, et de le retirer, comme personne blanche qui ne vit pas cette situation-là, il y a quelque chose d'odieux là-dedans, puis ça ne marche pas.

La Modératrice : En anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) : Mr. Legault was not up to his job yesterday at question period. He was not acting as the Premier of Québec. Do you think he should apologize for attacking Greg Kelley when the discussion was about Joyce Echaquan, one year after her death?

Mme Massé : I mean, I mean, what I saw yesterday, it's a Premier who was totally... I don't know what, destabilized, he doesn't want to talk about that, he decides that the systemic racism, it's… he said that to Gabriel Nadeau-Dubois yesterday, divide the Quebeckers. And I think that it's not, for a Premier, it's not a good idea to say that something divides when I think it's 63 something, or more than that, Quebeckers who said : We recognize that First Nation and Inuit are victim of that.

Mme Senay (Cathy) : How did you feel personally? Because you left question period, you had enough. So, how did you feel personally? Because you are part of the salon bleu, you are an elected official. So, how did you feel?

Mme Massé : Yes. «J'étais en colère», I prefer to say it in French, «j'étais en colère», and I think that the salon bleu was not at the… «à la hauteur» that Joyce Echaquan deserves. I think we were not «à la hauteur de»… And… Yes, that's it.

Mme Fletcher (Raquel) : But it was more than anger, right, because you've been angry before in the salon bleu.

Mme Massé : Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : You walked out.

Mme Massé : Yes.

Mme Fletcher (Raquel) : So, it was a step above anger. How do you… What do you… Do you feel personally hurt, offended?

Mme Massé : I mean, as you know, I am not from the First Nation, but I'm a very, very long-time ally. And, what I saw yesterday, here, in our Parliament, «ce n'était pas digne» of my people. Quebeckers recognize that there is problem with the way that our public services «interviennent» with the First Nations. So, my people, the Quebeckers are more responsible, are more touched by what our sisters and brothers… indigenous sisters and brothers live everyday. So, yes, I was upset, I need to take care of my relationship with First Nations, because they were looking at the question period. And for me, it's important to say : OK, we'll continue, we will continue.

Mme Fletcher (Raquel) : Were you embarrassed?

Mme Massé : I was embarrassed, of course.

Mme Greig (Kelly) : Tomorrow, we're going to have a holiday, a new holiday… reconciliation day. It is not a statutory holiday… Do you think it should be?

Mme Massé : You know what, for Québec solidaire, to have holiday and give to our workers «des journées fériées», we say it's important since a while. But since we discovered all these bodies around Canada — and I know that we're going to start here, in Québec, to dig to see what happened under the earth close to the «pensionnats» — I think, to have this kind of memory day should be a good idea. And I don't totally understand why Mr. Legault didn't choose to give to Quebeckers first this time… at this time of the year, this time of break, and first, the most important, this moment to have a reflexion, to give time, to give the time to our citizens to see a film like Beans, see… go and meet some indigenous people. I think it's a good idea. So, ask Mr. Legault why he did this choice.

La Modératrice : Merci beaucoup.

(Fin à 8 h 27)

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