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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle

Version finale

Le mercredi 29 septembre 2021, 8 h 40

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quarante-neuf minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour. Bienvenue au point de presse de la cheffe de l'opposition officielle, Mme Dominique Anglade. Alors, merci. Alors, Mme Anglade, à vous la parole.

Mme Anglade : Merci. Alors, bonjour à tous. Hier, ça devait être une journée de commémoration d'un événement tragique, celui de la mort de Joyce Echaquan. Et pour ceux qui ont écouté les propos de Carol Dubé, le conjoint de Joyce, c'était émouvant, bien sûr, mais ce n'était aussi pas dans une perspective de confrontation, dans une perspective où on essaie de construire quelque chose. Et son message était clair. Son message, c'était de dire : Reconnaissons ici, à l'Assemblée nationale, le Principe de Joyce pour qu'il y ait un avant et un après.

Nous avons présenté hier une motion qui était appuyée par l'ensemble des partis d'opposition et qui se voulait être une motion qui rassemble tout le monde. Le gouvernement a décidé de voter contre. Et hier, à la question que j'ai posée au premier ministre, le premier ministre a tenu des propos qui étaient inappropriés, des propos qui étaient indignes de la fonction. Et le premier ministre devrait s'excuser auprès des communautés autochtones, auprès de Carol Dubé et de ses enfants. Je vais maintenant prendre les questions.

Journaliste :

Mme Anglade : On parlait du Principe de Joyce. Ce qu'on voulait entendre du premier ministre, c'est si, oui ou non, il était en faveur du principe et si ça devait être adopté. C'est ça qu'on voulait, une discussion qui était solennelle. Ce n'est pas ce qu'on a eu le droit de voir hier à l'Assemblée nationale.

M. Lacroix (Louis) : Mais quels propos étaient inappropriés, selon vous?

Mme Anglade : De faire diversion sur un autre sujet, de ne pas reconnaître l'enjeu. On a 365 jours par année. Hier, c'était le moment d'être solennel par rapport à la question de Joyce, et hier, en Chambre, ce n'est pas ce que nous avons vu du tout sur cet enjeu-là. On est allés dans des attaques partisanes, alors qu'on n'aurait pas dû se retrouver là. Et je peux comprendre Manon Massé qui a même décidé de claquer la porte au salon bleu pour dire que ce n'est pas ce qu'on voulait avoir hier au salon bleu.

M. Bossé (Olivier) : Donc, vous lui reprochez d'avoir détourné l'attention vers votre député. Mais ses propos n'étaient pas particulièrement blessants ou…

Mme Anglade : Je pense que, si vous êtes de la communauté attikamek, si vous entendez le message qui est porté, si vous comptez sur le fait qu'à l'Assemblée nationale on devrait avoir… on devrait parler, justement, du Principe de Joyce, qu'hier vous vous attendez à ça, que vous écoutez la période de questions, vous n'avez pas eu réponse à votre question. Vous n'avez pas…

M. Laforest (Alain) : Qu'est-ce que vous pensez des propos de votre député, Mme Anglade? Qu'est-ce que vous pensez des propos de votre député tenus le 12 juin, alors qu'hier matin vous avez dit qu'il ne fallait pas faire d'amalgames faciles?

Mme Anglade : J'ai répondu à la question hier, justement, sur la question des amalgames.

Cela dit, je pense que, sur la question de la langue française, là, sur le projet de loi n° 96, on a été très clairs. On a été très clairs dans nos positions…

M. Laforest (Alain) : Ce n'est pas ça, ma question. Ma question est : Qu'est-ce que vous pensez de l'enchaînement de liens que fait votre député le 12 juin…

Mme Anglade : Encore une fois, je vais répondre à votre question, M. Laforest, encore une fois, sur la question du projet de loi n° 96, on a le droit de poser un certain nombre de questions. On a le droit de soulever un certain nombre d'enjeux. Et c'est pour ça qu'on est à l'Assemblée nationale. Et ce travail se fait en commission parlementaire.

M. Bellerose (Patrick) : ...il y a un député qui dit : On enlève des droits avec ce projet de loi là, un autre qui dit : C'est discriminatoire… M. Barrette. Et M. Birnbaum nous dit : On peut se poser la question à savoir s'il est discriminatoire. Est-ce que le Parti libéral appuie un projet de loi qui est discriminatoire?

Mme Anglade : Le projet de loi, présentement, il est en discussion. Si vous regardez le projet de loi n° 96, là, je vais vous donner un exemple très concret, vous pouvez décider d'aller fouiller dans l'ordinateur de quelqu'un sans mandat. Est-ce que ça enlève des droits? La question se pose.

Mais c'est pour ça que ces débats-là doivent se faire à l'Assemblée nationale. On est dans une démocratie. On est dans un système où on a le droit de poser ces questions-là. Et il y a un lieu pour le faire, c'est en commission parlementaire.  On a un gouvernement qui dirige par décrets depuis des mois, qui ne semble pas apprécier le fait qu'on pose des questions là. Mais ces questions-là sont légitimes et devraient être posées en commission parlementaire.

M. Laforest (Alain) : Est-ce que vous considérez que M. Kelley a fait des amalgames?

Mme Anglade : Je considère qu'hier ce n'était certainement pas l'endroit, à l'Assemblée nationale, pour faire ce que le premier ministre a fait. C'est ça que je considère.

Et, sur l'enjeu de la loi n° 96, je pense que les questions doivent être posées à l'Assemblée...

M. Laforest (Alain) : Donc, vous ne voulez pas vous prononcer sur la vidéo?

Mme Anglade : Je pense que les questions qui sont soulevées devraient être soulevées à l'Assemblée nationale.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous allez demander à vos députés d'arrêter de dire en public que le projet de loi est discriminatoire, par exemple, comme dans le cas de M. Kelley, là?

Mme Anglade : Encore une fois, toutes les questions qui doivent être posées... Il y a une clause dérogatoire qui est sur la table. La clause dérogatoire, on a le droit de l'utiliser au Québec, mais on a le droit de se poser les questions. Je vous ai donné l'exemple tout à l'heure d'un mandat qu'on veut aller chercher, qu'on peut fouiller dans un ordinateur sans... avoir un mandat, ça, ça soulève des questions. Et il y a plein de questions qui sont soulevées. C'est pour ça qu'il y a des commissions parlementaires.

M. Robitaille (Antoine) : Mme Anglade, il ne posait pas de questions, là, votre député. Il disait... Il faisait un enchaînement. Il faisait des liens, là, il faisait des liens entre la mort tragique de Mme Echaquan, la loi n° 96. Il ne posait pas de questions. Il n'était pas dans le débat, là. Il affirmait des choses dans un discours enflammé qui faisait penser, même, à la question qui a été posée au débat anglophone.

Mme Anglade : Je pense qu'il n'y a jamais une personne, une personne qui est allée dire... répéter les propos de la dame en débat à l'Assemblée... en débat lors de la campagne fédérale, pas une seule fois, là. Pas une seule fois ces propos-là ont été tenus, là. Pas une fois.

Alors, je réitère, je réitère, je réitère encore une fois que notre position sur la langue française, ce sont les 27 propositions que l'on a mises de l'avant, et qu'on a le droit de poser des questions. Et qu'on les pose à l'Assemblée nationale, qu'on les pose en commission parlementaire, c'est une bonne chose.

M. Lacroix (Louis) : Donc, ce que vous dites, c'est que M. Legault avait le droit de soulever ces questions-là, eu égard à la déclaration de M. Kelley, mais ce n'était pas le bon moment. C'est ça? C'est-u ça que je comprends?

Mme Anglade : Je pense que je peux vous dire définitivement qu'hier ce n'était pas le bon moment de faire ce genre de propos là. On a posé une question sur Joyce Echaquan, on a posé une question par rapport au Principe de Joyce. On a posé une question par rapport aux sept enfants de Joyce Echaquan hier. C'était ça, la question qui était posée hier. Et on n'a pas eu de réponse à ça. Je pense que les communautés autochtones n'ont pas eu de réponse à ça, et ça, c'est condamnable.

M. Larin (Vincent) : ...vidéo avant qu'elle soit diffusée hier? Est-ce que vous aviez déjà vu la vidéo?

Mme Anglade : Je pense que ce n'est pas ça, l'enjeu. L'enjeu, encore une fois, l'enjeu, ce n'est pas ça.

M. Lacroix (Louis) : Mais êtes-vous d'accord avec ce que dit M. Kelley dans cette vidéo-là?

Mme Anglade : Je réitère, je réitère encore une fois, je réitère encore une fois que les questions qui sont posées... il y a des questions que l'on a le droit de poser par rapport au projet. Je le réitère.

M. Lacroix (Louis) : Êtes-vous d'accord avec ça? Êtes-vous d'accord avec l'amalgame qu'il fait? C'est ça, la question que, moi, je vous pose.

Mme Anglade : Je vous ai dit que je me tiendrais loin... Hier, j'ai répondu. J'ai dit qu'on devrait se tenir très loin des amalgames que l'on fait. Je le dis. Je le répète.

Maintenant, maintenant, pour le projet de loi n° 96, j'espère qu'on va être capables de soulever des questions, comme on le fait en commission parlementaire. Mais je pense que la commission parlementaire se déroule relativement bien, de manière constructive. On essaie tous d'être constructifs par rapport à ça pour finalement aboutir à ce qu'on soit capables de renforcer la langue française au Québec.

M. Lacroix (Louis) : Alors, est-ce que vous avez dit à M. Kelley...

M. Laforest (Alain) : ...

Mme Anglade : Il faut qu'on soit capables de faire les débats à l'Assemblée nationale.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous avez demandé à M. Kelley de se tenir loin des amalgames? Parce que vous dites...

Mme Anglade : Je le dis à tout le monde. Je dis à tout le monde. ..Je dis à tout le monde.

M. Lacroix (Louis) : Non, mais est-ce que vous avez eu une discussion avec M. Kelley sur la vidéo en question depuis hier?

Mme Anglade : Je dis à tout le monde qu'il faut se tenir loin des amalgames. Je l'ai mentionné à plusieurs reprises.

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce que vous avez eu une discussion avec M. Kelley sur cette vidéo-là?

Mme Anglade : Bien sûr que j'ai discuté avec M. Kelley. Il faut se tenir loin des amalgames. Je le dis et je le répète.

Le Modérateur : Dernière question en français, s'il vous plaît.

M. Robitaille (Antoine) : On a quand même l'impression que M. Kelley dit tout haut ce qu'une bonne partie de la communauté, donc de vos électeurs, pense tout bas.

Mme Anglade : Encore une fois, je reviens, je pense que ce qu'il est important de mentionner par rapport... Si vous revenez encore à la question de la loi n° 96, la loi n° 96 est encore en train d'être discutée en commission parlementaire, puis je pense que tout le monde doit le faire de manière constructive. Et je pense que... hier, l'enjeu, c'était quoi? L'enjeu, c'était le décès de Joyce Echaquan. C'était ça, l'enjeu, hier. Et, là-dessus, on peut dire qu'on a raté la cible complètement au salon bleu, hier, de ne pas avoir reconnu cet enjeu-là.

Le Modérateur : Merci. On va...

M. Lavallée (Hugo) : La stérilisation forcée chez les autochtones, on a vu le reportage... la semaine dernière, le gouvernement québécois a hésité, de ce qu'on comprend, à collaborer avec le gouvernement fédéral pour faire la lumière là-dessus. Qu'est-ce qu'on doit faire à partir de maintenant?

Mme Anglade : Je pense que le gouvernement du Québec... bien, je pense que le gouvernement du Québec devrait agir. D'ailleurs, on va déposer une motion en ce sens aujourd'hui, à l'Assemblée nationale, sur la question de la stérilisation.

M. Lavallée (Hugo) : Doit agir?

Mme Anglade : Agir pour faire en sorte que ce processus-là, que ces choses-là ne se produisent pas ici, au Québec. C'est impensable d'imaginer qu'au Québec, aujourd'hui, des femmes qui accouchent se font stériliser sans même leur consentement, je veux dire, c'est aberrant. Donc, le Québec peut agir, puis c'est le propos même, c'est le sens même de la motion qu'on va déposer aujourd'hui.

Le Modérateur : Merci. On va passer en anglais.

Mme Senay (Cathy) : Mrs. Anglade, yesterday, at question period, you think that Premier Legault was not up to his job. You think that Mr. Legault, at question period, yesterday, was not up to his job.

Mme Anglade : No, I don't think he was up to his job, because it was a question around Joyce Echaquan, it was a question around the Principle of Joyce, and he did not answer the question, voted against the motion and talked about a different topic. So, I don't think he was where we should have been yesterday, collectively, at the National Assembly.

Mme Senay (Cathy) : So, you're asking?

Mme Anglade : So, I'm asking Mr. Legault to apologize to the Attikamek community, to the community at large, to Carol Dubé as well because I don't think it was acceptable.

Mme Senay (Cathy) : I watched the video of Mr. Kelley, I watched the longer piece, not the one that Benoit Charette put on Twitter, which is a shorter piece. So, Kelley goes with Bill 9, that became a law, immigration, Bill 21, Joyce Echaquan being George Floyd's of Québec, in Québec, and tackling systemic

racism, you cannot do half the job as the CAQ is doing right now, not recognizing the expression «systemic racism». And then he goes on to Bill 96 using the notwithstanding clause and violating rights. These are concerns among English-speaking Quebeckers. How are you going to deal with this in the future and even now?

Mme Anglade : Those concerns need to be raised within the commission. This is the right place to do it. They can raise it with all MNAs. But what matters is that we hear those concerns and we address them during the commission. That's where the democracy needs to happen. And that's what I'm telling all the people, and that's why we have those commissions.

Mme Senay (Cathy) : …what did you say to Greg Kelley yesterday?

Mme Anglade : Those questions, again, need to be discussed at the National Assembly, in commission. That's why we're having those debates. And the question around rights… And we've been clear around rights, like, we want to make sure that everybody's right is protected. But the question is raised. You are using the notwithstanding clause. There is a specific example that I gave in French around being able to go into a computer and check the information without having a warrant. Does that have an impact on the right of people? Perhaps. This is a question that needs to be raised.

And again, the Government doesn't like to be asked questions. The Government manages with «décret», decree on a… it's been doing this for the last 18 months, and I think it's problematic. We can raise those questions and we can certainly raise them in commission.

Mme Fletcher (Raquel) : Do you stand behind what Mr. Kelley says and what he obviously believes?

Mme Anglade : Well, again, I believe that questions can be asked regarding Bill 96. And again, yesterday, I don't believe that it was the time to talk about this. It was the time to talk about Joyce Echaquan, and unfortunately, we missed the boat.

Mme Fletcher (Raquel) : It's just that when you say these questions can be raised and they can be raised… it sounds like you are saying that Mr. Kelley should not have made the speech that he did. Are you saying that he shouldn't have?

Mme Anglade : We live in a democracy. You can ask questions. You can ask questions. The MNAs can ask questions. And what we need to make sure is that we don't mix things in different topics, but you can certainly ask those questions. And I think the best place to really get answered and to get specific answers on those questions is really at the National Assembly within the commission.

Mme Fletcher (Raquel) : But I still don't understand if you're saying that you agree that Mr. Kelley should have been able to give the speech that he did. Do you think he should not have given that speech?

Mme Anglade : Everybody can speak as long as it is constructive, as long as it is asking questions that are legitimate. And I think those questions are legitimate and can be asked in commission. They can be asked in general and can be specifically asked in commission because we have the bill that is Bill 96 right now.

Mme Fletcher (Raquel) : So, Greg Kelley, what he said in that video was legitimate in practice?

Mme Anglade : Again, legitimate concerns and legitimate concerns that can be... that should be brought forward in commission. I just had a question earlier by Cathy saying, should those questions been asked? I mean, are they legitimate questions? They are, and we should bring them at the National Assembly.

Mme Greig (Kelly) : I have a question about Truth and Reconciliation Day tomorrow. It's been recognized as a stat holiday in Manitoba, Nova Scotia and P.E.I.. Now, in Québec, do you think it should be a day off for workers in Québec?

Mme Anglade : This is definitively something that should be considered. And again, we have a lot of work to do, and I think the first step that we need to do, the first thing that the community is waiting for is really the Principle of Joyce. That would be the first major step that we need to bring forward, and the other element should be considered as well. But, I think, if we don't recognize the Principle of Joyce, it's hard to move forward.

Le Modérateur : Merci. C'est tout le temps que nous avions.

Mme Anglade : Merci.

(Fin à 9 h 4)

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