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Point de presse de M. Gabriel Nadeau-Dubois, chef du deuxième groupe d’opposition, et Mme Manon Massé, porte-parole du deuxième groupe d’opposition en matière d’affaires autochtones

Version finale

Le mardi 28 septembre 2021, 11 h 15

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Onze heures seize minutes)

La Modératrice : Bonjour. Bienvenue. Bienvenue à ce point de presse de Québec solidaire. Prendra la parole tout d'abord Manon Massé, suivie de Gabriel Nadeau-Dubois, tout deux porte-parole de Québec solidaire. Vous pourrez poser vos questions par la suite.

Mme Massé : Bonjour, tout le monde. Ce matin, mes pensées vont bien sûr, dans un premier temps, à Carol, M. Carol Dubé, conjoint de Joyce Echaquan, à leurs enfants, la famille, soeurs, frères, l'ensemble de la communauté de Manawan, les Attikameks et, je vous dirais, l'ensemble des Premières Nations et des Inuits du Québec parce que tout le monde a été frappé par ce drame il y a maintenant un an.

Joyce a lancé un cri d'alarme. Joyce a mis des mots sur ce que les autochtones vivaient depuis des décennies, des siècles. Et son cri d'alarme est clair, est simple : Est-ce que je peux avoir les mêmes droits que tous les Québécois et toutes les Québécoises, c'est-à-dire d'avoir accès à un réseau de santé, que le racisme systémique existe et qu'il est temps que ça change?

Le gouvernement continue, un an plus tard, à dire : Non. Le peuple du Québec, lui, avant même le décès de Joyce, disait : Oui. Oui, il existe du racisme systémique au Québec dans nos services publics. La commission Viens l'avait aussi illustré de façon brillante, éloquente. Et donc la CAQ continue à s'entêter, à dire que c'est un débat de sémantique, et on le sait, que ce n'est pas le cas, Joyce nous l'a dit, que ce n'était pas le cas.

Alors, aujourd'hui, qu'est-ce qui a vraiment changé? Qu'est-ce qui peut vraiment changer quand tu ne fais pas le bon diagnostic? Le ministre nous dit : Oui, on a investi plusieurs millions de dollars un peu partout. Effectivement, c'est des choses qui aident, mais, si le bon diagnostic n'est pas posé, ça veut dire que, fondamentalement, rien n'a changé.

La commission Viens nous a tracé le lien. C'est une réalité largement documentée par les Premières Nations qui s'appelle la sécurisation culturelle. Alors, quand je vous dis : Où est-ce qu'on en est un an plus tard?, le ministre nous a dit vaguement la semaine dernière : Oui, oui, on a embauché des navigateurs pour permettre le pont entre nos services publics de santé et les gens des Premières Nations. Mais où sont-ils? Combien sont-ils? Dans quels hôpitaux, dans quel service de santé? Quelle langue parlent-ils? Combien d'heures travaillent-ils? Font-ils du 9 à 5? Cinq jours-semaine? Sept jours-semaine? Trois jours-semaine? Plein de questions auxquelles on n'a pas de réponse.

Même chose pour la banque des traducteurs, la sécurisation culturelle. Souffrir dans une langue qui n'est pas la tienne, là, ça fait encore pas mal plus mal. La banque de traducteurs, où en est-elle? Combien de traducteurs? Est-ce que les 11 langues sont représentées ou, à tout le moins, est-ce que les langues où il y a encore des locuteurs autochtones — parce qu'on sait que, pour plusieurs, ils ont perdu leurs langues — sont représentées? Est-ce qu'on fait appel… Combien d'appels ont été faits? Combien d'heures ont été données?

Bref, quand on tend l'oreille et on écoute nos frères et sœurs des Premières Nations, on se rend compte que, oui, au quotidien, ils subissent de la discrimination et du racisme par le seul fait qu'ils soient nés autochtones. Et ça, Joyce l'a dénoncé avec courage, avec courage. Et je pense qu'il est temps que le Québec réponde présent. Les Québécois et Québécoises sont prêts, alors qu'à écouter la CAQ qui nous ralentit, j'ai l'impression que la guérison, et le processus de guérison va être encore bien long.

M. Nadeau-Dubois :  Merci, Manon. Bonjour. D'entrée de jeu, je veux également partager mes plus sincères condoléances envers toute la famille de Joyce Echaquan, tous les hommes et les femmes des peuples autochtones au Québec, qui revivent aujourd'hui un peu la douleur qu'ils ont ressentie il y a un an.

Ceci étant dit, je veux également revenir sur le plan Legault-Dubé en santé. François Legault nous avait promis une petite révolution avec ce plan-là. Ce qu'on constate depuis quelques jours, c'est que c'est une grande déception qui est vécue par les infirmières dans notre réseau de santé au Québec. La déconnexion entre François Legault et les soignantes n'a jamais été aussi flagrante. Les soignantes demandaient de l'espoir, elles demandaient des encouragements, elles demandaient des engagements clairs à ce que leur vie au travail s'améliore. Elles ont reçu des chèques. Je comprends que François Legault et Christian Dubé soient des comptables, je le comprends, c'est correct, mais ils devraient comprendre que l'argent, ça n'achète pas le bonheur au travail. L'argent, ça n'achète pas des heures de sommeil. L'argent, ça n'achète pas le respect dans son lieu de travail. L'argent, ça n'achète pas la conciliation travail-famille non plus. Ce plan-là ne comporte aucun engagement clair sur la fin du temps supplémentaire obligatoire. Ce plan-là ne comporte pas d'échéancier précis pour se débarrasser des agences de placement. Autrement dit, c'est un plan qui ne s'attaque pas aux raisons premières pour lesquelles il y a tellement de femmes qui sont parties du réseau de santé public au Québec dans les dernières années.

Pendant ce temps-là, bien, pendant ce temps-là, le privé s'en met plein les poches. Encore des nouvelles ce matin. On voit les cliniques privées qui roulent sur l'or. En fait, ce qu'on se rend compte, c'est que la pandémie est en train de servir de tremplin pour une nouvelle vague de privatisation du système de santé au Québec. Pendant que le public s'affaiblit, pendant que le public s'écroule, en fait, la pandémie est en train de servir de prétexte à la radicalisation du système de santé à deux vitesses au Québec. La pandémie ne doit pas servir de prétexte à une nouvelle vague de privatisation en santé, ce serait la pire des choses.

Je vous rappelle qu'à Québec solidaire on a proposé, à l'automne dernier, à l'automne dernier, que le gouvernement du Québec, par décret, réquisitionne les cliniques privées pour les mettre au service de notre effort de guerre contre la COVID-19, pour éviter le plus possible le délestage dans le système public. Cette proposition-là est toujours restée lettre morte. Pourtant, aujourd'hui, elle est plus pertinente que jamais.

La Modératrice : Merci. On va prendre vos questions. Une question et une sous-question.

Mme Lévesque (Fanny) : Est-ce que, dans ce contexte-là, vous estimez que le 1 milliard de primes est du gaspillage?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je ne vais jamais critiquer un gouvernement qui paie mieux les femmes qui travaillent dans nos services publics. Le problème, ce n'est pas qu'il leur donne des primes, le problème, c'est qu'il ne s'attaque pas aux raisons fondamentales pour lesquelles ces femmes-là sont parties.

Moi, j'ai passé mon mercredi soir, la semaine passée, à discuter avec deux de ces femmes-là. Je leur ai demandé : Pourquoi vous êtes parties? Elles ne m'ont jamais parlé du salaire. Elles m'ont dit : On ne dormait plus, on ne voyait plus nos enfants puis on ne se sentait pas respectées. Il n'y a rien dans le plan de François Legault et de Christian Dubé qui répond à ça. C'est ça, le vrai problème.

M. Bergeron (Patrice) : M. Nadeau-Dubois, la présidente de la FIQ a accueilli de façon beaucoup plus nuancée la proposition du gouvernement. Elle a dit : Il faut que ça atterrisse rapidement, il va falloir imposer des modalités dans les… etc. Comment vous expliquez le décalage entre la réaction que vous avez — vous dites que vous avez parlé à des infirmières — et la réaction de la présidente de la FIQ?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je n'ai entendu aucun représentant, aucune représentante des infirmières crier victoire en disant que ce plan-là allait régler le problème fondamental. Le problème fondamental, ça n'a jamais été les salaires. Des meilleurs salaires pour nos infirmières, pour nos soignantes, ça ne sera jamais un problème en soi, puis ça, c'est normal qu'elles soient contentes. Mais la question, c'est : Est-ce que ça va les ramener, les femmes qui ont quitté? Et, quand on demande à ces femmes-là : Pourquoi vous êtes parties?, elles parlent de respect, elles parlent de conciliation travail-famille, elles parlent de TSO. Elles parlent assez peu, en fait, du salaire.

M. Laforest (Alain) : Oui, mais on règle ça comment? C'est beau de dire : Il manque de monde. On règle ça comment?

M. Nadeau-Dubois : Pour redonner de l'espoir aux soignantes, il faut prendre des engagements clairs. Il faut dire, par exemple : Notre objectif, c'est que, dans x nombre de semaines ou x nombre de mois, le TSO, ça n'existe plus. Cet engagement-là, cet objectif-là, François Legault ne l'a pas pris, il ne s'est pas donné d'objectif. Alors, pour beaucoup de femmes sur le terrain, ça sonne comme quoi? Ça sonne encore une fois comme des voeux pieux.

M. Laforest (Alain) : Donc, c'est une erreur de communication? Parce qu'il l'a dit, que le temps supplémentaire, si les gens revenaient… Puis je ne me fais pas le défenseur du gouvernement …ses propos.

M. Nadeau-Dubois : Moi, ce que j'ai entendu, c'est un premier ministre qui a remis sur les épaules des infirmières le fardeau de redresser le réseau de la santé en disant : Si vous revenez, parce que je vous donne des chèques, ça se peut qu'on soit capables de se passer du TSO, en tout cas, un petit peu plus. Je n'ai pas entendu un premier ministre dire : Je m'engage à ce que ça n'existe plus, revenez travailler dans notre système public.

Mme Lévesque (Fanny) : …un risque de prendre cet engagement-là?

M. Nadeau-Dubois : Il faut donner de l'espoir. Il faut donner de l'espoir, puis l'espoir, ça vient avec des objectifs clairs. Personne ne s'attend à ce que Christian Dubé ou François Legault soient capables de donner l'heure et le jour exacts où le TSO va disparaître. On aurait pu donner des objectifs, on aurait pu donner des échéanciers, et ça, ça nous aurait donné une chance de redonner espoir.

Ce qui est brisé, fondamentalement, là, entre les soignantes puis le gouvernement, c'est le lien de confiance. Ces femmes-là ont de la difficulté à même croire les promesses que les politiciens leur font parce que ça fait des décennies qu'elles entendent des promesses. Comment on recrée ce lien de confiance là? Bien, ça prend des garanties, ça prend des engagements clairs, puis il n'y en a pas dans le plan de Legault et Dubé.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous seriez ouverts à ce qu'on bonifie les conditions de façon différente selon les corps professionnels?

M. Nadeau-Dubois : C'est une excellente question, parce que François Legault utilise chaque occasion qu'il a pour détourner la position qui a toujours été celle de Québec solidaire. Manon l'a répété souvent, je le répète aujourd'hui, à Québec solidaire, on n'a aucun problème avec des hausses différenciées de salaire si tout ça est négocié de bonne foi avec tout le monde. On n'a aucune objection de principe à cet enjeu-là, à cette solution-là. Ce qu'on veut, c'est que ce soit négocié avec tout le monde.

D'ailleurs, ce qu'on constate dans les dernières heures, c'est que le fait…

M. Larin (Vincent) : …négocier avec tout le monde…

M. Nadeau-Dubois : Oui, il faut que le gouvernement négocie ses conventions collectives avec l'ensemble de ses employés. Si c'est négocié, qu'il y ait des augmentations différenciées par corps de métier, on n'a aucune objection de principe avec ça à Québec solidaire, aucune.

M. Larin (Vincent) : Là, ce qu'on voit, c'est qu'on bonifie les conditions des infirmières, ça crée la colère chez les… Pour prévenir ça, je veux dire, dans aucun monde…

M. Nadeau-Dubois : Mais c'est pour ça que je fais la… c'est pour ça que je prends la peine de faire la précision. Il faut que ça soit négocié. Parce que, si, pour régler des problèmes dans l'opinion publique, on sélectionne arbitrairement des corps de métier plutôt que d'autres, on contribue aux inégalités puis au déséquilibre à l'intérieur du réseau de la santé. C'est pour ça qu'il faut négocier ces choses-là.

Et là, on le voit, il y a des corps de métier qui, en ce moment, se disent : Bien, voyons donc! Nous aussi, on a du TSO. Pourquoi le gouvernement nous a oubliés? C'est pour ça qu'il faut discuter avec tout le monde.

M. Robitaille (Antoine) : On a entendu les syndicats la semaine passée s'opposer à ce que… toute différence, là. Il y a eu des conférences de presse ici…

M. Nadeau-Dubois : Puis c'est leur position. Moi, je vous dis qu'à Québec solidaire on n'a pas, par principe, d'opposition à des hausses différenciées tant et aussi longtemps que c'est négocié avec tout le monde.

M. Larin (Vincent) : Est-ce que vous pensez vraiment qu'un syndicat va dire oui?

M. Nadeau-Dubois : Bien, ce n'est pas moi qui est autour de la table des négociations. Je vais laisser les gens négocier.

M. Robitaille (Antoine) : …à un moment donné, est-ce que ce n'est pas au gouvernement de défendre une sorte de vision du bien commun où certains corps de métier sont dévalorisés? Donc qu'on rehausse leurs conditions?

M. Nadeau-Dubois : Tout à fait. Et c'est pour ça que, sur une convention collective, il y a deux signatures, pas seulement celle des syndicats, celle du gouvernement également. C'est le rôle du gouvernement de trouver une entente avec ces femmes et ces hommes-là.

Nous, on a toujours dit : On n'a pas, par principe, d'opposition à des offres différenciées, mais il faut que ça soit négocié avec tout le monde. Parce que l'objectif, c'est quoi? C'est que notre système de santé, il aille mieux, puis que les patients, ils aient des meilleurs soins, puis pour ça, oui, ça prend des infirmières, ça prend des préposés, ça prend des inhalos, mais ça prend aussi des gens pour l'entretien, ça prend aussi des perfusionnistes, ça prend aussi des techniciens et des techniciennes en imagerie médicale. Tous ces gens-là font fonctionner le système, et il faut tous les reconnaître, toutes les reconnaître dans leur contribution.

M. Bergeron (Patrice) : ...M. Dubé est l'homme de la situation pour que, justement, ça aille mieux dans le système?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je m'attends à ce que Christian Dubé écoute davantage les femmes qui travaillent sur le terrain. S'il les avait écoutées, il aurait entendu qu'elles demandaient moins des chèques que du respect, de la considération et de la reconnaissance. Personne ne va cracher sur un chèque, je les comprends. Et je ne vais jamais reprocher en soi à un gouvernement de mieux payer les femmes qui travaillent en santé. Mais est-ce que ça règle le problème de fond? Je ne pense pas. Et ça, je vous dis ça, pas juste parce que c'est ce qui m'est apparu dans ma douche ce matin, parce que, nous, à Québec solidaire, à chaque semaine, on parle à ces femmes-là, puis c'est ce qu'elles nous disent.

La Modératrice : Une dernière question en français.

Mme Gamache (Valérie) : Concernant la troisième dose, M. Nadeau-Dubois, où est-ce que vous vous situez? Certains experts nous disent : Bien, il faudrait privilégier, envoyer ces doses-là aux pays pauvres. Le gouvernement s'apprête à l'annoncer. Où est-ce que vous vous situez sur l'administration de ce projet?

M. Nadeau-Dubois : Sur la vaccination, j'ai eu l'occasion de le dire souvent puis je vais le répéter aujourd'hui, il faut suivre la science, il faut suivre les recommandations de nos scientifiques québécois qui, jusqu'à maintenant, ont fait, il faut le dire, un excellent travail. Toutes les recommandations du comité d'immunisation au Québec ont été, finalement, des bonnes recommandations. Ça nous a permis d'être parmi les champions, là, en Amérique du Nord, même dans le monde, en termes de campagne de vaccination.

Maintenant, ce à quoi je m'attends cet après-midi, c'est qu'on trouve un équilibre entre la protection des plus vulnérables au Québec et la nécessaire solidarité dont il va falloir faire preuve pour se débarrasser, une fois pour toutes, de cette pandémie-là. Parce que tant que toute la planète ne sera pas vaccinée, il va y avoir des variants, tant qu'il va y avoir des variants, il va y avoir des vagues, et tant qu'il va y avoir des vagues, bien, on ne retournera pas à une vie normale. Ça fait qu'il faut trouver cet équilibre entre protéger les plus vulnérables au Québec et réfléchir, à moyen, long terme, aux meilleurs moyens de mettre fin, pour de bon, à la pandémie. Je pense qu'on est capables de trouver cet équilibre-là.

M. Laforest (Alain) : Du baseball à Montréal...

M. Nadeau-Dubois : Oui, j'aime le baseball, mais je pense que les fonds publics doivent servir à nos écoles, à nos hôpitaux, à nos CPE, à nos soignantes, à nos profs, à nos familles, à nos éducatrices. Il y a tellement de choses à faire avec l'argent public au Québec avant de financer un stade de baseball.

La Modératrice : On va passer en anglais.

M. Larin (Vincent) : Juste une précision sur les offres différenciées, là, pour éclaircir ça. Vous, vous pensiez vraiment qu'il y a un syndicat qui va accepter que sa bonification soit moins élevée que le syndicat d'à côté?

M. Nadeau-Dubois : Moi, je ne suis pas porte-parole du mouvement syndical, je suis porte-parole de Québec solidaire. Je vous dis que notre position à nous, et c'est celle que Manon a eu l'occasion d'exprimer à plusieurs reprises à François Legault, qui se prend un malin plaisir à ne pas la répéter adéquatement, on n'a pas d'opposition au principe, à des augmentations différenciées. Ce qu'on souhaite, c'est que ces choses-là soient négociées.

M. Robitaille (Antoine) : Et ça ne se fera jamais. C'est parce que vous dites…

M. Nadeau-Dubois : Ce n'est pas vrai. Il y a déjà des syndicats…

M. Robitaille (Antoine) : …puis vous savez qu'un des deux ne veut pas danser, dans le fond.

M. Nadeau-Dubois : Il y a des syndicats qui ont signé des conventions dans les dernières semaines, dans les derniers mois. Manon.

Mme Massé : Oui, en fait, c'est ça que j'allais dire, c'est-à-dire... Il y a deux choses. Premièrement, les infirmières, là, elles travaillent en équipe. Elles sont conscientes qu'autour d'elles elles ont besoin d'inhalothérapeutes, de préposés, d'auxiliaires. Elles ont besoin… Elles travaillent en équipe. Quand, en équipe, tu dis : Toi, je te choisis, mais toi, je ne te veux pas, ça fout le bordel.

Et historiquement, je terminerais là-dessus, les syndicats ont régulièrement négocié des ententes avec des salaires différenciés. Donc, c'est possible, et je pense que M. Legault se cache derrière ça.

M. Robitaille (Antoine) : Donnez-moi un exemple récent.

Mme Massé : Je n'en ai pas, mais je vais vous en trouvez un avant de revenir, avant de... On va vous le laisser savoir. Parce que c'est mon collègue... c'est surtout mon collègue, Alexandre Leduc, qui a cette expertise.

La Modératrice : Excellent. On va passer en anglais.

M. Verville (Jean-Vincent) :Mr. Nadeau-Dubois, on the Caisse de dépôt climate strategy, the fact that they're getting rid of the $4 billion of shares in the oil sector, so, what is your reaction and what is your message to Alberta, the people of Alberta? And this may cost, maybe, a big fight between… Don't you think?

M. Nadeau-Dubois : First, our reaction is : About time. It was about time that the money of Quebeckers… The money of Quebeckers should not fund those destructive industries, it should fund a new, and green, and fair economy. So, it was about time that the Caisse de dépôt et placement du Québec arrives to that decision.

That being said, we will wait to see the fine print, we will wait to see what exactly is the plan, what exactly is the calendar because the Caisse de dépôt should also defund its investments in pipelines, they should do the same with gas, which is also a polluting energy.

So, it looks like a step in the right direction, but we will be very careful in reading the fine prints of that announcement.

M. Verville (Jean-Vincent) : What is your message to reassure Albertan people about that? I mean…

M. Nadeau-Dubois : My message to the Albertan people is : There is no future in oil and gas. The jobs that you might think that you are saving by investing in those sectors are actually jobs that you are putting on an artificial respirator. If you want good jobs, if you want a future for your economy, there is only one way and it's the green way.

M. Verville (Jean-Vincent) : Thank you.

M. Bruemmer (René) : Given that we still have about 8,000 healthcare workers who are still not fully vaccinated, do you think Mr. Legault should think about pushing back the October 15 deadline that he said?

M. Nadeau-Dubois : I think we need the complete numbers to evaluate the situation. Where are exactly those workers? Will this provoke a lack of services for the population? We need those numbers to have a clear overview of the situation and then we'll be able to say : Should we go forward or not? But, first of all, we need all the numbers. We need to know where are those people.

M. Bruemmer (René) : But, I guess, if we do find out… cause a «bris de services» that would be fairly large, that we should perhaps push back…

M. Nadeau-Dubois : Well, it's not possible for me to say what needs to be done. But what I know is that we need to be careful. We need to go slowly, and we need to make sure that we find a good equilibrium between the protection of the public and the conservation of services for health care patients that need to receive those services.

M. Bruemmer (René) : Merci.

M. Nadeau-Dubois : Thank you. Merci.

(Fin à 11 h 37)


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