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Conférence de presse de M. François Legault, premier ministre, Mme Sonia LeBel, présidente du Conseil du trésor, et M. Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Version finale

Le jeudi 23 septembre 2021, 13 h

Salle Evelyn-Dumas (1.30), édifice Pamphile-Le May

(Treize heures deux minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour et bienvenue à cette conférence de presse du premier ministre, François Legault, accompagné de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, et du ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé. À vous la parole.

M. Legault : Oui, bonjour, tout le monde. Ce qu'on vous annonce aujourd'hui, ce n'est rien de moins qu'une petite révolution dans la gestion du réseau de la santé. Depuis plusieurs années, depuis plusieurs gouvernements, on a un réseau qui est presque dysfonctionnel, puis un des problèmes importants, c'est le fait qu'on ait 40 % des infirmières dans le réseau qui sont à temps partiel. On peut imaginer, là, ceux qui ont déjà géré une entreprise, une organisation, il n'y a aucune organisation qui pourrait être gérée de façon efficace avec 40 % de ses employés importants qui sont à temps partiel. Donc, le problème commence là.

Mais le problème amène deux autres problèmes chroniques. À travers les années, depuis plusieurs années, plusieurs gouvernements, le temps supplémentaire obligatoire a explosé, puis on a aussi vu exploser le recours aux agences de placement privées. Donc, ça a amené ces deux problèmes. Et, bon, quand on est arrivés il y a trois ans, d'abord, on savait qu'il fallait changer les conventions collectives. Les conventions collectives se terminaient le 31 mars 2020. Donc, on avait ça en tête. Ce qu'on a fait en attendant la négociation de la convention collective, c'est d'afficher beaucoup de postes temps plein pour les infirmières. Mais malheureusement il y en a plusieurs, de ces postes-là qui n'ont pas été comblés.

Donc, on a eu ensuite la pandémie, bon, puis évidemment chaque mois qui a passé, ça a amené plus de difficultés. Ce n'est pas seulement au Québec, là. Je parle régulièrement avec mes homologues, les premiers ministres des autres provinces, puis, partout, on manque d'infirmières, essentiellement pour deux raisons. Première raison, bien, on demande aux infirmières, en plus de s'occuper des patients réguliers, de s'occuper des patients COVID. Mais aussi malheureusement il y a des infirmières, à cause de ça, qui se sont retrouvées épuisées puis qu'avec raison elles ont choisi de quitter le réseau. Donc, ça a aggravé le problème des infirmières qui restent.

Donc, je reviens sur les conventions collectives parce que tout commence là. Le problème puis le défi qu'on a, c'est de réorganiser le travail pour être capable d'offrir une conciliation famille-travail, une prévisibilité aux infirmières dans leurs horaires, en fait être capable de leur donner une vie de famille, une vie personnelle raisonnable, si je peux dire, et surtout, surtout arrêter de leur demander de faire du temps supplémentaire obligatoire.

Donc, pour ça, il fallait négocier les conventions collectives. Ce n'était pas simple, le mandat qu'on s'est donné pour négocier les conventions collectives. D'abord, vous vous rappellerez qu'on s'est donné... certains groupes où on a donné des augmentations de salaire plus importantes. Je pense aux enseignants. Je pense aux préposés aux bénéficiaires. Je pense aux infirmières qui travaillent de soir, de nuit, de fin de semaine. Ça ne s'était jamais fait de donner 6 % à un groupe puis 18 % à un autre groupe, là. Ça ne s'était jamais fait. Puis je veux en profiter pour le faire devant elle, là. Sonia LeBel, la présidente du Conseil du trésor, a fait un travail extraordinaire, puis elle est arrivée à signer puis à modifier ces conventions collectives là avec l'accord de la FIQ puis des syndicats d'infirmières. C'est extraordinaire.

Par contre, avant que ça soit mis en application, ça va prendre un certain nombre de mois, O.K., beaucoup de bureaucratie. Il faut que ça descende localement. Donc, le défi qu'on a devant nous, c'est qu'est-ce qu'on fait en attendant que ces conventions collectives là soient appliquées, parce que, je le répète, la clé, c'est d'abord la réorganisation du travail, puis ça passe par les nouvelles conventions collectives.

Mais là on a besoin d'une passerelle pour être capables de se rendre jusque-là, pour accélérer l'application des conventions collectives. Donc, ce qu'on a essayé de faire, avec Christian, avec Sonia, c'est de penser en dehors de la boîte, un peu comme on l'a fait pour embaucher 8 500 préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD l'année passée puis un peu comme on l'a fait dernièrement avec la vaccination, là, donc, être capables de penser en dehors de la boîte, je dirais même en dehors de la bureaucratie puis des anciennes façons de faire.

Donc, je le répète, le plus important, c'est la réorganisation du travail. Mais, pour se rendre jusque-là, on annonce aujourd'hui des incitatifs financiers importants pour avoir plus d'infirmières à temps plein qui vont nous permettre justement d'offrir des horaires qui sont prévisibles, qui sont raisonnables. Puis je veux aussi vous préciser que, quand je dis «infirmières», ça inclut les infirmières auxiliaires, ça inclut les inhalothérapeutes puis ça inclut les perfusionnistes.

Donc, le premier principe qu'on s'est donné pour donner des bonis, c'est de dire : Il faudrait que les infirmières qui sont restées dans le réseau ne soient pas pénalisées, au contraire qu'elles soient avantagées. Donc, c'est les personnes qui travaillent à temps plein dans le réseau, là, à qui j'annonce qu'on va leur donner un boni de 15 000 $, donc, par infirmière, celles qui travaillent à temps plein. Deuxième groupe, les infirmières qui sont dans le réseau actuellement, qui acceptent de passer à temps plein, vont recevoir aussi un boni de 15 000 $. Troisième groupe, les infirmières qui ont quitté, donc, soit qui ont quitté pour être chez elles, à la retraite, soit qui ont quitté pour aller souvent dans le secteur privé, donc les infirmières qui ont quitté, qui acceptent de revenir à temps plein, vont avoir un bonus de 12 000 $.

Il y a une quatrième catégorie qui est dans cinq régions. Il y a cinq régions où il y a des problèmes particuliers, bon, l'Outaouais, bien sûr, parce qu'il y a la compétition d'Ottawa puis de l'Ontario, l'Abitibi-Témiscamingue, dont on a beaucoup parlé, la Côte-Nord, le Nord-du-Québec puis la Gaspésie—Îles-de-la-Madeleine, donc des régions qui sont plus éloignées, où il y a encore plus de problèmes. Donc, dans ces régions-là, on va offrir un boni aux infirmières qui sont déjà à temps plein, qui sont restées, de 18 000 $, puis les infirmières qui acceptent de revenir à temps plein dans ces cinq régions vont avoir un boni de 15 000 $.

Bon, en plus de ces incitatifs financiers, Christian, avec les P.D.G. de CISSS et de CIUSSS, va s'assurer qu'à l'avenir les meilleurs horaires de travail vont d'abord être offerts aux infirmières du réseau public, donc, avant les infirmières qui passent par les agences privées.

Ensuite, on va embaucher des agents administratifs. Il y a beaucoup d'infirmières qui nous ont dit : Je passe 30 % de mon temps à remplir de la paperasse. Donc, on aimerait mieux, nous autres, qu'ils passent ce temps-là à soigner des patients. Donc, on va embaucher des agents administratifs. Ça va libérer du temps d'infirmières.

Il y a aussi des moyens qui vont être mis en place qui vont donner plus des résultats à moyen terme. Le ministre de l'Emploi, Jean Boulet, travaille sur du recrutement à l'extérieur du Québec puis il travaille aussi sur une accélération de la formation des infirmières auxiliaires.

Donc, je conclus en vous disant que toutes ces mesures vont nous permettre de réduire de façon très importante… on aimerait ça que ça soit complet, là, mais on va être réalistes, dans un premier temps, de réduire de façon très importante nos deux problèmes chroniques, c'est-à-dire réduire le temps supplémentaire obligatoire puis réduire l'utilisation des agences de placement privées. Puis, pour ça, bien, vous le voyez, on a des moyens costauds. Ça représente un coût d'environ 1 milliard de dollars pour le gouvernement du Québec. C'est beaucoup d'argent, mais on pense que la situation le justifie.

Maintenant, dernière chose que je veux préciser, on a très bien compris que l'essentiel pour les infirmières, ce n'est pas l'argent, c'est la qualité de vie, c'est d'être capable d'arrêter d'avoir du temps supplémentaire obligatoire, d'avoir de la prévisibilité. Puis notre objectif dans tout ce qu'on propose aujourd'hui, c'est d'avoir une meilleure… de dire : Il faut que le réseau public de la santé soit la meilleure place pour les infirmières pour travailler, pas les agences privées, pas ailleurs, là, le réseau public, qu'on soit capables d'offrir les meilleures conditions. Pour ça, on a besoin, à court terme, de mettre des incitatifs pour avoir plus de gens à temps plein.

Donc, je lance un message, en terminant, à toutes les infirmières qui ne sont pas à temps plein actuellement dans le réseau : On a besoin de vous autres, les Québécois ont besoin de vous autres. Puis je lance aussi un message aux syndicats, gestionnaires, ordres professionnels : Tout le monde, là, il faut se mettre en mode solution. C'est un gros changement qu'on propose, mais, devant une situation exceptionnelle, il faut prendre des moyens exceptionnels. Puis je termine en disant : Les infirmières, là, ont pris soin de nous autres depuis longtemps, il est temps aujourd'hui qu'à notre tour on prenne soin de nos infirmières.

Sur ce, je passe la parole à la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel.

Mme LeBel : Bien, merci, M. le premier ministre. Bonjour, tout le monde. Je suis très contente d'être ici, parce que cette révolution dont le premier ministre vient de vous parler, quant à moi, elle débute par cette convention qu'on a négociée avec principalement la FIQ et les autres syndicats également. Et c'est la base, là… C'est la base du plan d'action et c'est la base de la solution pour avoir justement ces meilleures conditions de travail là.

Je suis intimement convaincue que ça va secouer les colonnes du temple, puis c'était l'idée de la convention. On veut changer concrètement la face du réseau et déployer, naturellement, plus de services pour les Québécois. Mais toute cette culture de gestion là qui s'est instaurée au fil des années, convention après convention, où on en est venus à une espèce de problème chronique de façons de gérer les horaires et le temps de vie des infirmières, c'est à ça que la convention veut répondre et va répondre.

Et on a bien entendu les revendications des infirmières. On était à l'écoute aux tables de négociation. Et, on l'a dit, mais on ne le répétera pas assez, ce qu'elles veulent, c'est une meilleure qualité de vie, et c'est aux conditions d'exercice qu'on s'est attaqué avec cette convention-là, et c'est les objectifs qui ont guidé toutes les mesures qui se retrouvent dans la convention. C'est vraiment un changement de culture qu'on veut instaurer dans le réseau, un nouveau modèle de gestion.

Et, bon, je vous donne quelques exemples, là, de ce qui se retrouve comme mesures, mais l'objectif poursuivi a toujours été de changer… ce que j'appelle, moi, de renverser la roue, là, mais de changer la façon dont le réseau de la santé est géré.

Donc, on a un réinvestissement dans les conditions de travail qualifié d'historique, là, par plusieurs intervenants. On a déjà, au niveau des échelles salariales, fait beaucoup dans la structure des échelles. On parle des échelons, des rangements. Je vous passe les détails, mais on a un réinvestissement massif au niveau des salaires.

On a toute la notion de stabilisation des équipes grâce à l'ajout d'effectifs. C'est ce qu'on appelle notamment les ratios. Donc, on a des mesures pour obtenir des meilleures équipes de soins, donc, pour que les infirmières soient aussi épaulées et aient le temps de faire leur travail correctement, ce qui est à l'avantage de nos infirmières et l'avantage des patients, naturellement.

L'ajout de congés et de réduction du temps supplémentaire pour favoriser la meilleure conciliation famille-travail… On l'a dit, on veut réduire ce temps supplémentaire, là, obligatoire à sa plus simple expression, et c'est dans la convention, et il y a des mesures pour atteindre ces objectifs-là.

On a mis des bonifications de primes, là, dans des secteurs qui étaient très difficiles d'avoir du recrutement. Je parle de nuit, de jour, de fin de semaine. Donc, les chiffres qui ne sont pas des périodes de travail intéressantes ou plus difficiles à combler, il y a des primes qui sont importantes.

Mais, on l'a bien dit, hein, cette convention-là, elle est là pour régler la structure, pour régler la normale… si on veut, le quotidien. Et là la pandémie est venue exacerber la crise et est venue ajouter une pression supplémentaire. Donc, le temps où toutes ces mesures-là, ce changement de culture là doit s'implanter… En temps normal, on aurait probablement eu l'espace nécessaire pour lui permettre de vivre, de prendre racine, à cette convention-là. Mais force est de constater que les vagues successives qu'on vient de vivre, qu'on vit encore d'ailleurs, particulièrement la troisième et la quatrième vague, qui ont épuisé notre personnel de santé, ont aggravé la situation, et je pense que ça a amplifié ce qui existait déjà dans le réseau.

Au point où on en est, à la situation d'aujourd'hui, je pense qu'il est nécessaire, donc, pour atteindre plus rapidement les objectifs… Et tous les outils... Le coffre à outils qu'on a mis en place avec la convention, pour pouvoir l'activer et l'utiliser à son maximum, bien, il faut qu'on agisse rapidement, et, pour ça, ça prend quoi? Ça prend un apport d'effectifs massif. Il y a des manques à combler.

Et là on a entendu… Je le réitère, on l'a fait avec les infirmières. Moi, j'ai parlé avec la FIQ, avec Nancy Bédard, à quelques reprises dans les derniers jours, à travers moi personnellement, à travers mes équipes, pour qu'on… pour s'assurer... pas bien comprendre parce qu'on la comprenait bien, mais s'assurer qu'on la comprenait bien puis qu'on était à la même place que les infirmières sur le terrain, sans compter les nombreuses infirmières avec qui j'ai eu l'occasion de parler. Et ça revient constamment, là, c'est la qualité de vie, la prévisibilité. C'est souvent la raison pour laquelle elles vont dans les agences, d'ailleurs, c'est pour le contrôle de leurs horaires, en premier lieu, donc… et qu'on s'attaque de façon significative et non équivoque au temps supplémentaire obligatoire.

Donc, c'est ça que le plan qu'on annonce aujourd'hui prévoit. Le ministre de la Santé va vous le détailler dans quelques minutes. Mais la convention est la pierre, le socle de cette annonce-là aujourd'hui, parce que c'est elle qui est la solution et c'est elle qu'on veut faire vivre plus rapidement. Donc, ça comporte des mesures, on l'a dit, pour améliorer l'organisation du travail. Donc, on va avoir des mesures qui vont retenir les infirmières en place et qui ont donné des services à temps plein malgré la situation. Il y a des mesures pour inciter les gens à revenir. Je vais laisser mon collègue…

Et ça, ce plan-là, je le répète, parce que c'est important… et on l'a négociée, cette convention-là, avec les syndicats, avec la FIQ. C'est une passerelle, ce qu'on annonce aujourd'hui, vers la convention. On peut dire un accélérateur. Donc, c'est pour nous permettre que cette convention-là, qui aurait pris, en temps normal, si on exclut la pandémie et les vagues successives, quelque temps, comme c'est normal pour des changements de culture et de paradigmes, à s'implanter dans le réseau… bien, ce qu'on veut lui donner, c'est... j'allais dire du gaz, mais c'est ça, dans le fond, c'est une façon de pouvoir arriver et atterrir plus rapidement dans ses effets pour que les gens le ressentent plus rapidement.

Donc, on veut vraiment démontrer tout notre soutien aux personnes du réseau. On l'a mentionné, ce sont les quatre catégories, hein : infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques. On dit infirmières, mais il ne faut juste pas oublier que c'est ces quatre groupes-là qu'on cible. Et on veut vous dire que, pendant les négociations et maintenant, on vous entend. On sait de quoi vous avez besoin et on veut vous aider à atteindre ces objectifs-là.

Et je pense que, maintenant, mon collègue ministre de la Santé va pouvoir vous dire exactement comment on va créer cette passerelle-là.

M. Dubé : Alors, bonjour, tout le monde. Puis, tout d'abord, j'aimerais non seulement remercier le premier ministre pour son support dans la mise en place de ce projet-là, mais aussi mes collègues au Trésor, Mme LeBel et notre ministre des Finances, Eric Girard, parce qu'on a eu quelques bonnes soirées au cours des dernières semaines, puis je tiens à les remercier, tous les trois et leurs équipes, là, pour être capables de livrer la marchandise tel que convenu.

Je n'irai pas dans le détail des points parce qu'on l'a déjà pas mal couvert, mais peut-être quelques éléments que je voudrais attirer l'attention… parce que, quand on parle d'un modèle de gestion, vu que ça reste très pratique, là, c'est une gestion qui est beaucoup plus décentralisée puis qui permet, entre autres... Puis je pense que les gens vont le voir au cours des prochaines semaines, ça va être sur le terrain qu'on va voir que les demandes qu'on a reçues des infirmières, qu'on a reçues des syndicats, mais qu'on a reçues aussi des ordres professionnels… Je pense au rapport, entre autres, de l'office des infirmiers et infirmières du Québec, qui a été publié la semaine dernière. C'est avec toutes ces discussions-là qu'on pense aujourd'hui que le modèle de gestion qu'on met en place répond aux points que le premier ministre a dit, comment on peut adresser des réductions importantes à court terme du temps supplémentaire obligatoire, du recours aux agences privées.

Les horaires… je vais en dire quelques mots, ce qu'on appelle les horaires autogérés au niveau du réseau, ça, c'était une demande qui était excessivement importante, entre autres, de la FIQ. La diminution des tâches administratives, je vais en dire quelques mots, parce que, dans le rapport de l'OIIQ, là, d'il y a une dizaine de jours, il y avait vraiment une bonne définition de l'importance de valoriser mieux le travail des infirmières. Puis on parle souvent de travail... avant on disait de travail-famille, mais de travail-vie personnelle. C'est tout ça ensemble, toutes ces mesures-là qui vont nous permettre de donner, je pense... de rendre nos travailleurs de la santé… dans un environnement de travail qui, je pense, va faire une grande, grande différence au cours des prochains mois.

Bon, maintenant, sur la question... Je vais traiter de trois, quatre points. Je vais essayer d'y aller rapidement. Le premier, c'est sur l'augmentation du personnel à temps plein. Le premier ministre l'a dit tout à l'heure, on a en ce moment 60 % de notre personnel qui est à temps plein. Ce n'est pas assez. Et les mesures — j'allais dire Me LeBel — que la présidente du Conseil du trésor a mises en place… Notre objectif, puis c'est le résultat qu'on veut atteindre à très court terme, c'est de monter à 75 %. Donc, on veut qu'on ait au moins 75 % le plus rapidement possible, parce qu'à ce moment-là c'est un peu comme Sonia disait tout à l'heure, c'est ça qui nous permet de stabiliser nos horaires. Mais, en même temps, lorsque le même personnel passe de 60 % à 75 %, ça nous donne du personnel supplémentaire, et c'est de ça qu'on a besoin.

Bon, sur le TSO, le premier ministre l'a dit, c'est très clair, on va trouver la façon d'ajuster comment on va le faire de façon réaliste, mais on va vraiment favoriser d'avoir des personnes qui nous viennent de l'extérieur, parce que, quand on a des personnes qui nous viennent de l'extérieur, plus les personnes qui tombent à temps plein, bien, c'est évident qu'on est capables très rapidement d'avoir un impact sur le TSO. Donc, le temps supplémentaire obligatoire va se réduire par l'ajout de personnel à court terme, mais aussi de passages à temps plein.

Bon, sur les horaires autogérés, bien, pour moi, et ça, j'en ai parlé, je vais vous dire, depuis des semaines avec nos P.D.G., c'est un changement de culture. C'est un changement de culture encore plus où on a besoin maintenant d'agir. On a vu qu'est-ce que c'est d'avoir les fameux... les arrêtés 007, où on pouvait bouger le personnel, parce qu'on n'avait pas le choix. Rappelez-vous, il y avait des questions de protection et de contrôle des infections. C'était difficile, les conditions qu'on avait et qu'on a encore dans certains cas. Mais, en même temps, on le sait, que plus on contrôle la pandémie, plus on est capables de revenir à un nouvel environnement. Donc, je le dis, pour nous, on veut donner plus d'autonomie au personnel dans leur gestion locale, et ça, je pense que ça va nous permettre de mieux gérer le nouveau personnel aussi qui va être en place.

Bon, sur les agences, je pense que le premier ministre a été très clair, ça veut dire que ça va rendre les horaires beaucoup plus attrayants pour le personnel public, parce que ce qu'on veut à terme… Puis il faut quand même respecter les contrats qu'on a en cours, le besoin, qui est un peu plus grand dans les régions, d'utiliser le personnel d'agences, mais notre objectif, c'est vraiment de réduire à sa plus simple expression l'utilisation des agences. Mais on va le faire correctement dans un échéancier qu'on va établir ensemble.

Maintenant, sur les ressources administratives, puis ça, je pense que je voudrais prendre juste une petite minute là-dessus, lorsqu'on a fait… lorsque le premier ministre avait annoncé l'engagement qu'on cherchait 10 000 PAB, on avait l'avantage à ce moment-là de pouvoir le faire beaucoup plus rapidement parce que la formation pouvait être beaucoup plus rapide. Dans le cas des infirmières, on le sait, ça prend trois ans. Puis, en plus, s'il y a le D.E.C.-bac dans ça, on peut aller jusqu'à cinq ans.

Ce qu'on a décidé de faire, et que je pense qu'on va avoir, des premières réactions que je reçois, là, avec qui on a discuté, c'est que le personnel administratif peut être engagé… premièrement, peut être formé beaucoup plus rapidement, du personnel administratif, surtout lorsque… Vous connaissez ma vision d'utiliser beaucoup plus l'informatique puis des nouveaux outils. Donc, ce qu'on va faire, c'est qu'au cours des prochains mois, là, on va former plus de 3 000 personnes, 3 000 personnes qui vont venir aider les infirmières. Puis, quand je dis les infirmières, là, c'est, de façon beaucoup plus générale, le personnel clinique, tout le professionnel clinique, là, qu'on va vouloir supporter avec 3 000 personnes administratives qu'on va former cet automne et qui vont être disponibles à partir du printemps 2022.

Et ça, moi, je pense que, pour les infirmières, c'est quelque chose de majeur. C'est ça qu'on a vu, qui était demandé par tout le monde depuis longtemps, parce que le grand objectif si on veut valoriser leur profession… Ces gens-là, ils sont allés au cégep, ils sont allés à l'université, pas pour remplir des feuilles de papier, mais pour servir des patients, et c'est ça qu'on va leur offrir, puis on peut le faire beaucoup plus rapidement. Donc, pour nos 75 000 infirmières qui sont dans le réseau, on leur donne, à court terme, un support administratif qui va leur permettre de, justement, mettre… de se consacrer aux patients.

Maintenant, deux choses que je dirais avant de passer rapidement sur les montants forfaitaires. Deux choses. La première, c'est que je sais qu'on fait des changements majeurs, qu'on annonce aujourd'hui. Puis ce que je m'attends, puis j'en ai parlé à quelques représentants syndicaux, j'en ai parlé beaucoup avec les P.D.G... Je vous le dis, là, il y a des bouts là-dedans qui vont être difficiles. On fait vraiment une transformation, un mode de gestion, une culture de gestion qui va être complètement différente de ce qu'on a connu jusqu'à maintenant. On n'a pas le choix. Mais maintenant je m'attends que, quand ça va être difficile au niveau des P.G.D., au niveau des syndicats, qu'on va s'asseoir ensemble.

Puis, moi, l'engagement que j'ai pris, quand j'ai reparlé encore une dernière fois, hier après-midi, c'est que je vais y mettre mon temps personnel à moi. Je l'ai fait dans les dossiers lorsqu'on a préparé la deuxième vague. Je l'ai fait quand on a préparé la vaccination. Je l'ai fait en mettant des «squads» techniques, des gens comme Daniel Paré, qui s'occupaient de faire le suivi, qui mettaient des représentants de la vaccination dans chacun des CISSS et des CIUSSS. On va faire la même chose. On va avoir des équipes qui vont être dédiées à suivre ce qu'on appelle le TSO, le temps supplémentaire obligatoire, qui vont suivre la réduction de l'utilisation des agences, qui vont s'assurer de tout ce qu'on a dit tout à l'heure, de la gestion des horaires. Donc, je vais m'assurer personnellement qu'on va le suivre, comment ça va atterrir.

Deuxièmement… puis d'ailleurs je parlais hier à la Commissaire à la santé, Mme Castonguay, Mme Castonguay a commencé à faire des analyses... je vais l'appeler des sondages, mais de satisfaction de nos employés. Elle a commencé à faire ça. Moi, ce que je veux faire maintenant, c'est de me servir, entre autres, de l'institut CIRANO, qui est un institut indépendant, et pour être capable de mesurer l'amélioration, je vais l'appeler de l'indice du bonheur de nos employés. Alors, on a déjà commencé, c'est déjà mis en place. Puis, au fur et à mesure que notre changement de culture puis notre modèle de gestion va voir… bien, on va s'assurer que les objectifs, dont on vous parle aujourd'hui, vont être en place.

Quelques mots sur les montants forfaitaires, je pense, c'est important. On le dit, les syndicats, les employés, ce qu'ils nous disaient : Donnez-nous un environnement de travail qui est important. Le premier ministre l'a bien dit, Sonia l'a bien dit, mais il faut aller rapidement aller chercher 4 300 infirmières. Alors, pour aller chercher ces infirmières-là dans la première année, pendant qu'on replace notre modèle, bien, c'est évident qu'il fallait donner des incitatifs. Principalement, puis je donne l'exemple, puis je l'ai dit quelques fois, on se bat contre l'Ontario, en ce moment, qui sont venus chercher des gens en Abitibi puis en Outaouais, puis qui donnent des primes de 10 000 $. Alors, on avait déjà une base qu'il fallait travailler. Alors, je pense que c'est important de voir ça.

Ces forfaitaires-là, le premier ministre en a parlé, mais je vous dirais que le principe, le principe, elles sont principalement pour les gens qui vont travailler à temps plein. Et ça, c'est important parce que, pour ceux qui sont dans le réseau en ce moment, c'est pour des personnes qui vont revenir à temps plein. Puis on pourra, en temps et lieu, vous donner les définitions, parce qu'il y a eu justement des changements dans la convention qui été mise en place, et on pourra donner plus de détails. Juste pour vous donner une idée, là, on va travailler encore dans les prochains jours à mettre en place cette fameuse directive-là, parce que ça prend encore quelques jours tout attacher ça, les détails de ça, mais ça va se faire là, dans la prochaine semaine.

Les incitatifs de rétention et d'attraction, donc, autant pour ceux qu'on veut retenir que ceux qu'on veut aller chercher, vont s'appliquer dès maintenant. Les gens qui vont appliquer et qui vont s'engager, pour la prochaine année, à être à temps plein, comme on l'a expliqué, bien, ça va être en vigueur pour une période de 12 mois. Donc, un incitatif à la signature et un incitatif très important à la fin de cet engagement-là de 12 mois.

Et, je dirais, pour ceux qui vont répondre à la demande du premier ministre, à l'appel, puis je pense qu'on va avoir, je suis certain, un succès avec ça, parce que les gens veulent ce changement-là, bien, on fera un peu comme on a fait avec Je contribue. On va mettre l'information disponible sur le site Web de Québec.ca. On va lister les différents CISSS et CIUSSS pour que les gens puissent les contacter directement, parce que l'embauche va se faire dans les endroits où les gens veulent aller travailler. Mais, nous, quand même, au ministère, on va suivre les demandes pour être certains qu'il n'y ait pas personne qui tombe entre les craques. On a appris de Je contribue au début puis on va s'assurer qu'on suit ça.

Je termine en disant que, malheureusement, la pandémie a montré les vulnérabilités de notre modèle de gestion actuel. Donc, on doit adopter une nouvelle culture qui s'inspire de nos succès jusqu'à maintenant, que ça soit la deuxième vague, la campagne de vaccination, et où les employés… On l'a vu, les employés étaient heureux de travailler dans un environ qu'ils aimaient. On l'a vu, les patients étaient heureux. Ils étaient au centre de cette expérience-là. Et ce qu'on veut, avec tout ça, c'est redonner aux Québécois et à leurs employés un système de santé dont ils sont fiers. Merci beaucoup.

Le Modérateur : Bon, nous en sommes maintenant à la période de questions. Nous commençons avec Marie-Michèle Sioui, Le Devoir.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Oui, bonjour à tous les trois. Combien ça va coûter, tout ça, puis pendant combien de temps ça va être en vigueur?

M. Dubé : Bien, écoutez, ce que je vous dirais, là, je pense, le premier ministre en a donné un ordre de grandeur pour bien comprendre, on parle… Seulement pour les mesures incitatives, là, on est à peu près à 900 millions, puis ça, c'est si on réalise nos objectifs, là. Et, pour ce qu'on appelle des mesures externes, c'est-à-dire d'aller attirer les personnes de l'externe, c'est à peu près 50 millions. Alors, si vous prenez 900 millions plus 50, 950 millions. On a réussi à rester à l'intérieur du milliard. Il y a d'autres montants qui viennent s'ajouter à ça, mais qui étaient prévus à la convention collective, mais qui ont déjà été... Mais les montants additionnels qui ont rapport aux primes dont on parle, c'est à peu près 1 milliard.

    Mme Sioui (Marie-Michèle) : Puis j'imagine que vous l'avez calculé pour arriver à ces chiffres-là. Combien d'infirmières parties ou retraitées vous espérez ramener dans le réseau avec vos mesures?

M. Dubé : Bon, alors l'objectif... Je vous donne un exemple, là, notre objectif, c'est d'aller chercher à peu près 4 300 personnes. Puis je vous dirais que ce 4 300 là est une combinaison de gens qu'on va aller chercher de l'externe, mais aussi de gens qui vont accepter de passer à plus de temps plein, hein, parce qu'en ce moment, je l'ai dit, on en a 60 % qui sont à temps plein. Alors, lorsqu'on calcule ce qu'on appelle des équivalents temps complet, là, je ne rentrerai pas dans le détail de ça, mais ça nous... Mais, idéalement, idéalement, si on était capables d'aller chercher totalement les gens à l'externe, je serais plutôt aussi heureux.

Puis je disais même à notre ministre des Finances, il m'a regardé un peu de travers quand on a dit ça : Moi, j'aimerais ça que le programme nous coûte même un petit peu plus cher, parce que plus il va nous coûter cher, s'il coûtait 1,1 milliard ou... c'est parce qu'on va aller chercher plus de monde, puis plus on va avoir de monde qui va être venu dans notre réseau, plus on va stabiliser tout le monde, moins on va recourir aux agences puis moins on va recourir au temps supplémentaire. Alors donc... Mais je vous donne l'ordre de grandeur. On serait excessivement heureux si on passait de 60 % à 75 % à temps plein puis si on allait chercher à l'externe à peu près 4 000 personnes dans un horizon à très court terme.

Le Modérateur : Alain Laforest, TVA.

M. Laforest (Alain) : Bonjour à vous trois. Là, vous parlez de 4 300 personnes que vous voulez aller chercher. Le 15 octobre, votre vaccination obligatoire entre en vigueur, vous en perdez combien?

M. Dubé : Bien, premièrement, j'espère…

M. Laforest (Alain) : Vous êtes rendus à combien, là, de potentiel...

M. Dubé : En ce moment…

M. Laforest (Alain) : Je parle de personnel soignant, là. Vous avez déjà avancé le chiffre, il y a deux semaines, de 10 000.

M. Dubé : Oui, de 10 000. On est rendus à peu près à 7 500. Alors, en date, là, du 23 septembre, aujourd'hui, là, c'est un petit peu moins que 8 000, je pense, c'est 7 700 pour être exact.

M. Laforest (Alain) : Il y a un équivalent qui ne fonctionnera pas, là. Ça vous demande 11 000 personnes à aller chercher.

M. Dubé : Oui, bien, premièrement, ce n'est pas fini. Et, deuxièmement, comme on a dit, on a demandé à nos P.D.G. de trouver des façons de pallier à ça si ces personnes-là n'étaient pas vaccinées. Je peux vous dire qu'on va trouver des gens... Je veux juste vous donner un exemple, M. Laforest. Il y a à peu près 8 000 infirmières qui ont pris leur retraite à l'intérieur des cinq dernières années. On a été capables, dans Je contribue, d'aller chercher à peu près ça, là, 8 000 infirmières qui sont venues nous aider dans Je contribue. Alors, ces gens-là sont doublement vaccinés, ils peuvent revenir. On leur dit que c'est à compter d'aujourd'hui qu'ils peuvent revenir. Il faut que… c'est évident que, pour avoir droit aux primes, les gens doivent être vaccinés, doublement vaccinés, c'est comme évident.

Alors donc, moi, je pense qu'on est loin d'avoir lancé la serviette. On demande aux gens de continuer à se faire vacciner dans le réseau. Puis chaque jour qui passe, ces gens-là peuvent aller chercher une première dose. Alors, moi, j'ai été très, très, très direct, on va trouver des solutions pour les gens qui ne seront pas vaccinés. C'est tout.

M. Laforest (Alain) : …oui, allez-y, M. Legault.

M. Legault : …aussi une petite réponse, là. Les 3 000 agents administratifs. C'est certain que, si on dit : Les infirmières feront 30 % de leur temps à de la paperasse, si on embauche 3 000 agents administratifs pour faire cette paperasse ou, en tout cas, une partie de la paperasse, bien, ça dégage aussi du temps d'infirmières supplémentaire.

M. Laforest (Alain) : …l'école Saint-Henri, où c'en est rendu, là, avec le dossier de l'enseignante? Avez-vous du nouveau?

M. Legault : On n'a pas eu d'autres informations. Si les informations étaient vraies, bien, il va y avoir des recours, là. C'est inacceptable, ce qui a été raconté. Mais on n'a pas encore les informations, là, vérifiées.

Le Modérateur : Jocelyne Richer, La Presse canadienne.

Mme Richer (Jocelyne) : Oui. Bonjour à tous les trois. J'aimerais savoir. La crise, elle est importante, là, présentement, là, on n'a jamais vu ça, les salles d'urgence qui ferment, les salles d'opération. Si ça ne fonctionne pas, si les infirmières ne répondent pas à l'appel, c'est quoi, le plan B?

M. Dubé : Bien, écoutez, je l'ai dit depuis le début, là, c'est une crise sans précédent. Puis vous avez raison. D'avoir réussi à passer à travers cette crise-là avec un délestage qui est beaucoup moins grave qu'ailleurs, même s'il est très important, hein, on a réussi à passer à travers en faisant du délestage, en gardant nos écoles ouvertes... Vous savez tout ça. Moi, j'ai l'impression, j'ai l'impression que, si on donne un environnement de qualité à nos gens — c'est ça qu'ils nous demandent, là — on va être capables d'aller chercher les gens.

Bon, maintenant, on l'a vu, on n'aime pas ça le faire, quand on n'a pas le personnel, on doit réorganiser nos services. Ce n'est pas l'idéal. J'aime mieux être transparent envers la population puis de dire : Maintenant, j'ai une entente très claire avec les P.D.G.. Quand on voit les coups venir à l'avance, il faut se le dire, puis on avertit la… Ce n'est pas facile d'être transparent puis de dire les vraies choses... pas aimé ça, la réorganisation des services qu'on a en Abitibi ou qu'on a en Outaouais. Mais c'est toujours ça, la solution, c'est de réorganiser nos services en fonction du personnel qu'on a.

Et c'est pour ça que, maintenant, j'apprécie le support que j'ai de la part du premier ministre et de nos

deux ministres financiers… c'est de dire : Écoutez, pour mettre 1 milliard sur la table, là, pour aller chercher le personnel, ça vous donne la gravité de la situation. Mais une chance qu'on a cette nouvelle convention là, et c'est ça qu'on attendait avec beaucoup d'espoir. Puis, moi, je pense qu'avec cette convention-là ça va faire une différence. Maintenant, c'est de la faire atterrir au p.c., comme on dit.

Mme Richer (Jocelyne) : Mais, quand vous dites «réorganisation de services», est-ce que je comprends bien que ça veut dire que, si les infirmières manquent à l'appel, ne reviennent pas, ça veut dire plus de délestage, plus de reports d'opérations, plus de bris de services, etc.? Il faut s'attendre à ça.

M. Dubé : Mais il n'y a pas de magie. Soyons clairs, il n'y a pas de magie. Moi, ce que je dis, c'est qu'à date on s'en est tirés pas si pire. Je n'aime pas ça, là. On n'aime pas ça, faire de la réorganisation de services, mais c'est pour ça qu'on arrive aujourd'hui avec la situation où on est, avec une convention, maintenant, qui est très bien définie. Parce que ça a été long convenir, là… Mme LeBel a fait beaucoup de travail avec son équipe. Mais là on a ça, au moins, là. C'est récent, cette entente-là qu'on a.

Alors, moi, je pense que maintenant que les idées sont claires sur la table, dans quels paramètres… Puis je pense qu'encore une fois on a vu que le réseau de santé peut être agile. On l'a vu avec la vaccination, on l'a vu qu'on pouvait sortir de la boîte. Moi, je suis très confiant qu'on va aller chercher les personnes, parce qu'ils ont le goût de travailler. Les gens sont fiers. Vous l'avez vu dans la vaccination, là, les gens étaient contents d'être là. On a un défi. Cette pandémie-là est atroce, mais, en même temps, jusqu'à maintenant, on a bien réussi.

Le Modérateur : Éric Martel, Journal Métro.

M. Martel (Éric) : Oui, bonjour. Mais, avec ce plan-là, est-ce que vous pouvez vous engager à ce qu'il n'y ait plus de bris de services dans le réseau de santé d'ici les prochains mois?

M. Dubé : Bien, écoutez, moi, je vous parle de réorganisation de services, parce que je ne veux pas jouer sur les mots, mais je vais le faire jusqu'à tant que je sois bien compris. Pour moi, un bris de services, puis je l'ai dit, c'est quand on n'a pas prévu puis qu'on arrive à quelque part, puis, à un moment donné, woups! ça ferme parce qu'il y a trois infirmières qui, malheureusement, sont tannées, sont à bout. Ça, ce n'est pas de la gestion. La gestion, c'est de dire : J'ai un enjeu qui s'en vient, j'ai du personnel, mais je ne veux pas avoir… je ne veux pas être pris devant un fait accompli.

Alors, on le sait, là, je l'ai demandé à mes P.D.G., particulièrement dans les cinq régions dont on parle, je n'en veux plus, de surprises jusqu'à tant qu'on ait maintenant les… qu'on mette en place les solutions. Et c'est pour ça que je parle de réorganisation. Je comprends que la personne de Senneterre n'est pas contente parce qu'elle dit : J'avais accès à tel service avant, puis là il faut que j'aille un peu plus loin. Mais, entre aller un petit peu plus loin puis être bien servi par du personnel qui est vacciné, par du personnel qui est dans un environnement sécuritaire, bien, moi, c'est ça que je dis, qu'en attendant c'est comme ça qu'il faut s'organiser, jusqu'à tant qu'on ait ce nouveau modèle de gestion là qui tienne compte de ces principes-là qu'on vient de discuter.

M. Martel (Éric) : Votre plan est effectif dès maintenant, mais la vaccination, elle va devenir obligatoire le 15 octobre. Êtes-vous prêt à pallier au départ du personnel dès cette date-là? Ça vient quand même vite.

M. Dubé : J'ai répondu tout à l'heure. On a toutes sortes d'actions qui sont en train d'être mises en place pour les P.D.G., que... s'il y a des personnes qui sont non adéquatement vaccinées, on va prendre des mesures.

Le Modérateur : Fanny Lévesque, LaPresse.

Mme Lévesque (Fanny) : Oui. Bonjour à vous trois. C'est sûr qu'aujourd'hui il y a des gens qui vous écoutent, hein, des infirmières qui sont parties, puis qui pensent à la prime, puis qui trouvent ça attrayant. Quel engagement vous prenez aujourd'hui envers ces personnes-là qui vont quitter, par exemple, une agence pour retourner au privé? À quel moment elles peuvent s'attendre, par exemple, à ne plus avoir à faire de temps supplémentaire obligatoire?

M. Dubé : Bien, écoutez, le plus rapidement possible. Le plus rapidement possible qu'on va avoir ces 4 000 personnes là, déjà, ça va faire une grande différence. Je vous dirais que l'engagement qu'on prend — puis j'apprécie votre question — c'est : plus vite ils vont revenir, plus l'environnement va être extraordinaire. Puis on l'a vu avec les PAB. Les PAB, lorsqu'on a mis 10 000 personnes, les gens disaient : Mon Dieu que c'est beaucoup! Mais ça a permis d'avoir un environnement de travail, dans les CHSLD... je ne vous dirais pas qui était parfait, mais qui était 100 % meilleur.

C'est la même chose ici. On dit : Regardez, venez. Puis c'est quand même, vous l'avez dit, des primes qui sont très attractives. Puis en plus, ce qu'ils vont savoir, c'est que les gens, ils ne seront pas tout seuls. C'est que tous les gens qui vont être là vont avoir, je dirais, un environnement de travail qui est meilleur puis avec une stabilité des heures, de la meilleure planification.

Moi, je pense que c'est simple. C'est peut-être trop simple, ce qu'on dit. Mais ça se prouver assez rapidement qu'on va avoir amélioré l'environnement de travail. Et je le dis, puis je le répète, j'ai dit aux P.D.G. : Je veux que vous me trouviez des solutions; vous m'en avez trouvé, là, depuis un an, là, qu'on vit la pandémie, là, bien, j'en veux pour ça aussi. Puis on va les suivre de très proche.

Mme Lévesque (Fanny) : Mais, dans le fond, vous leur demandez un peu de vous faire confiance puis d'embarquer dans ce mouvement-là.

M. Dubé : Bien, écoutez, je fais confiance, la réponse, c'est oui. Mais notre gouvernement met 1 milliard dollars sur la table pour qu'ils restent puis pour qu'ils reviennent. Ça fait que je pense qu'on met un «commitment» assez fort.

Mme Lévesque (Fanny) : Et juste rapidement, j'aimerais vous entendre sur justement le TSO, là. Il y a le tribunal administratif, en Montérégie-Est, qui ordonne, finalement, aux infirmières à l'Hôpital Pierre-Boucher qui refusent de faire du TSO, de le faire. C'est quoi, votre réaction par rapport à ça? Et quel signal ça envoie, alors qu'aujourd'hui vous tentez de les convaincre de rester?

M. Dubé : Bien, écoutez, il faut faire une ligne, là. C'est pour ça que je vous ai dit, là : Ce n'est pas dans six mois que c'est applicable, ce qu'on met là, là, c'est aujourd'hui. Si les gens veulent appliquer aujourd'hui, là, ils peuvent appliquer. Alors, on va mettre les postes disponibles dans les prochains jours, alors prenez quelques jours pour y penser, là. Puis j'ai dit, là, on va mettre le site Web, on va faire le lien.

Mais moi, là, ce qui est en train d'être discuté, les mesures, le 007, tout ça, là, je veux mettre ça derrière nous le plus rapidement possible pour que les gens puissent appliquer sur des postes puis qu'on ait... que ça soit au Suroît ou... On les connaît tous par coeur, les endroits qui sont difficiles. Vous les connaissez, vous aussi, très bien. Alors, c'est ça que je vous dis, c'est maintenant que ça va faire une différence.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco...

M. Legault : ...revenir sur la convention collective. Parce que c'est très important, ce qu'il y a dans la convention collective, là, il y a beaucoup de mesures. Mais prenons juste les mesures pour augmenter les primes le soir, la nuit puis la fin de semaine.

Souvent, le temps supplémentaire, c'est des quarts de travail qui sont moins attractifs, si on peut dire. Donc, en mettant des primes... Puis ce n'est pas simple à négocier, hein, parce que les syndicats sont habitués : quand on a une prime, on la donne à tout le monde. Là, on dit : Pour avoir droit à la prime, c'est le soir, la nuit, la fin de semaine. Donc, il y a des gens qui sont dans des conditions familiales, ou autres, où ils peuvent se permettre de travailler le soir, la nuit, la fin de semaine, qui aiment aussi la prime qui vient avec. Donc, ça, ça va aider aussi, en plus des gens à temps plein qui vont s'ajouter. Puis je donne cette mesure-là, là, mais il y en a plein, dans la convention collective. Mais la convention collective, actuellement, elle n'est pas appliquée encore.

Le Modérateur : Louis Lacroix, Cogeco.

M. Lacroix (Louis) : M. le premier ministre, Mme LeBel, M. Dubé. Là, je comprends qu'il y a beaucoup... il y a énormément d'argents, là, qui sont donnés en incitatifs, en bonis. Mais les bonis, là, c'est... généralement, quand tu reçois un boni, il ne revient pas l'année prochaine, là. Alors, qu'est-ce qui vous assure, un, que les gens vont continuer à rester dans le réseau une fois que les bonis vont être passés? Et êtes-vous prêts à rajouter le même genre de mesures pour garder les infirmières à long terme? Si jamais, là, vous voyez que, l'année prochaine, elles se disent : Bon, bien, là, c'est bien beau, on l'a eue, notre prime, maintenant, on s'en va, là, tu sais? Pour ne pas se retrouver dans la même situation d'année en année.

  M. Legault: Bien, moi, je dirais d'abord deux choses. Ce qu'il est important de dire, là, c'est : grosso modo un tiers de la prime maintenant, deux tiers de la prime le 31 octobre 2022. O.K.? Donc, il y a un incitatif à rester jusqu'au 31 octobre 2022. Deuxièmement, c'est comme l'oeuf puis la poule, plus on a de gens à temps plein, plus la qualité des conditions de travail est bonne. Donc, nous, on est convaincus qu'une fois qu'on va avoir notre monde puis bien appliqué la convention collective, qu'on n'aura plus besoin de ces primes-là. Donc, c'est ce qu'on vise, là. Puis on est convaincus que ça va bien se passer.

   M. Lacroix (Louis) : Parce que là, là, je comprends que vous dites que vous misez sur le fait que, bon, le...

(Interruption)

M. Lacroix (Louis) : Ça arrive des fois. Une fois de temps en temps, ce n'est pas bien grave. Ça m'a fait perdre le fil de mon idée, je vais essayer de la retrouver. C'est que, là, c'est comme si on attirait les infirmières avec un gros incitatif dans l'espoir que les nouvelles conditions de travail vont faire en sorte qu'elles vont rester. Mais là ça va être toute une drop de salaire, là, l'année suivante. Il va y avoir 12 000 $, 15 000 $ de moins l'année suivante, là.

M. Legault : …M. Lacroix, là, puis les infirmières nous le répètent sans cesse, c'est que le problème, ce n'est pas l'argent, c'est la qualité de vie, la conciliation famille-travail, le temps supplémentaire obligatoire. C'est ça, là, elles n'en peuvent plus, les infirmières, de faire du temps supplémentaire obligatoire. Donc, si on gagne notre pari, puis je pense… je suis convaincu qu'on va le gagner, qu'il y en a assez qui reviennent à temps plein, bien, il n'y en aura presque plus, de temps supplémentaire obligatoire. Donc, la qualité de vie, c'est ça qui est recherché, c'est ça qui est demandé par les infirmières, bien, va être là.

M. Lacroix (Louis) : Mais est-ce que le Québec aurait les moyens d'offrir de façon continue ces augmentations de salaire que vous leur donnez de façon…

M. Legault : J'aurais le goût de vous parler de Justin Trudeau, là, mais je ne vous parlerai pas de Justin Trudeau. Le fédéral finance 22 % des dépenses de santé dans les provinces. On demande d'augmenter ça à 35 %. Ça représenterait 6 milliards par année qu'on demande au gouvernement fédéral juste pour le Québec.

M. Lacroix (Louis) : Si c'était le cas, si on avait ces transferts-là, on aurait les moyens.

M. Legault : Oui, mais on ne pense pas que c'est nécessaire. Les primes, les bonis qu'on parle, là, pour ramener du monde à temps plein, on ne pense pas que c'est nécessaire pour plus qu'un an.

Mme LeBel : …parce que ça va nous amener vers la nouvelle négociation de la prochaine convention collective. C'est très important, ce que le premier ministre a dit. Oui, il y a toujours, au coeur des négociations, des augmentations de salaire, du rattrapage, des majorations de primes. Et on en a fait un pas extrêmement important au coeur de la convention. Et on parlait des primes, tantôt, de soir, de nuit, de fin de semaine, c'est du 12 %, du 18 %, du 10 %, là, qu'on ajoute, et ça, c'est du récurrent qui s'ajoute sur le salaire pour la durée de la convention. On est dans la structure.

Mais ce qui est important de dire, c'est que les infirmières, quand elles nous parlent, c'était récurrent dans les discussions. Et les axes de la convention, c'est stabiliser les équipes de travail, les ratios, la flexibilité dans les horaires, la réduction du temps supplémentaire obligatoire, arrêter d'avoir recours aux agences de placement. Et c'est ça qui était le discours des infirmières. Et le pari qu'on fait par cet accélérateur-là qu'on pense nécessaire compte tenu de la pandémie, c'est qu'on va y arriver plus rapidement à ces conditions gagnantes là et on va avoir atteint les objectifs qui étaient demandés par les infirmières. Donc, je pense qu'on répond à la question.

Le Modérateur : Hugo Lavallée, Radio-Canada.

M. Lavallée (Hugo) : Oui, bonjour à tous. Donc, votre plan mise vraiment sur le fait que les travailleurs de la santé soient à temps plein. Est-ce que ce n'est pas un pari risqué? Parce qu'il y a beaucoup d'infirmières, par exemple des retraitées, qui aimeraient revenir, mais qui n'ont peut-être pas la santé ou le temps pour travailler à temps plein. Le fait qu'il y ait des gens qui se dirigent vers les agences, c'est précisément, des fois, pour avoir plus de flexibilité, pas avoir un emploi à temps plein. Le fait qu'il y a des gens qui se dirigent vers les agences, c'est précisément, des fois, pour avoir plus de flexibilité, ne pas avoir un emploi à temps plein. Comment on va faire pour attirer ces gens-là si on ne leur donne pas de primes?

M. Dubé : Bien, écoutez, premièrement, on s'attend bien que ça ne sera pas tout le monde qui va être à temps plein, là. On a dit qu'en ce moment on a 60 % des gens qui sont à temps plein qui sont déjà à l'emploi, et on veut que ça, ça passe à 75 %, puis on a des mesures spécifiques qui étaient dans la convention pour ça. Mais il va rester, quand même, dans ceux qui sont là, dans ceux qui sont là, 25 % des gens qui peuvent rester à temps partiel. Donc, on n'élimine pas la capacité de venir travailler… de continuer à travailler dans le réseau pour ceux qui sont à temps partiel.

Puis, deuxièmement, puis c'est ça qu'on va expliquer dans les directives, parce qu'aujourd'hui, là, je trouve qu'on vous donne déjà beaucoup de détails, mais… des 4 000 personnes qu'on pourrait aller chercher à l'externe, ces gens-là qui sont soit des retraités ou qui travaillent déjà à temps partiel dans des… on est prêts à les prendre aussi à temps partiel. On a cette flexibilité-là. Ce qu'on veut, c'est d'avoir cette combinaison-là, mais un ratio plus grand de personnes à temps plein. On ne veut pas éliminer les personnes à temps partiel, mais on veut avoir… Pour le personnel, en ce moment, notre objectif, c'est 75 %. Tant mieux si c'est un petit peu plus. Ça donne plus de stabilité. Mais on va continuer à utiliser des gens à temps partiel, parce qu'on sait qu'il y a des… Quand on entend parler de conciliation travail-famille, bien, il y en a pour qui le temps partiel, ça fait partie de ça.

M. Lavallée (Hugo) : Mais donc ces gens-là n'auront pas de primes?

M. Legault : Il y a un effet aussi pervers, c'est qu'actuellement il y a des personnes qui sont à temps partiel, qui travaillent, disons, 20 heures par semaine, puis, parce qu'ils reçoivent du temps double, ils font plus d'argent que des personnes qui sont à temps plein, 37,5 heures. Donc, c'est ça aussi qu'il faut arrêter, là.

M. Lavallée (Hugo) : Vous avez fait une brève allusion tout à l'heure aux projets à long terme, parce qu'effectivement il y a beaucoup de personnes qui vont prendre leur retraite ces prochaines années. Dans le cas des préposés, vous avez vraiment procédé à un recrutement massif. Ce serait quoi, l'équivalent qu'on pourrait faire pour les infirmières à plus long terme? Là, je comprends qu'on ne peut pas accélérer une formation de trois ans puis la condenser en six mois, mais, le plan, est-ce que ça pourrait être éventuellement de quand même raccourcir cette formation-là, d'offrir de payer les gens pendant leur formation comme on l'a fait avec les préposés? Est-ce qu'il y a un horizon, un plan pour le recrutement, de façon plus long terme?

M. Legault : Oui, bien, je vais… Effectivement, là, il y a cinq types d'emploi, là : les infirmières, les enseignants, les éducatrices, les personnes qui travaillent en santé mentale puis les personnes qui travaillent à la DPJ. Donc, entre autres, là-dedans, il y a des psychologues, des enseignants. On sait que c'est quatre ans d'université. Les infirmières, bon, ça peut être trois ans de cégep ou cinq ans, parce qu'éventuellement il va falloir mettre le bac. Donc, effectivement, là, ce qu'on regarde avec Jean Boulet, il y a une mise à jour qui s'en vient à l'automne, c'est comment on peut, à moyen terme, mettre des incitatifs. Ça peut être des bonis aux personnes qui s'inscrivent puis ça peut être un boni pour chacune des trois années du bac, par exemple. Mais ça s'est déjà fait au Québec. Ça se fait à beaucoup d'endroits dans le monde. Je pense qu'on se rend compte que, dans ces cinq types d'emploi là, il va falloir aussi mettre des incitatifs, à moyen terme, pour attirer plus de personnes.

Parce que ces gens-là, là, ça ne se remplace pas par des robots. Tu sais, on parle beaucoup de robots, là, dans les entreprises privées, mais les soins aux personnes, ça prend du vrai monde, et il va falloir, comme, convaincre plus de gens de se diriger dans ces secteurs-là.

Le Modérateur : Charles Lecavalier, Journal de Québec.

M. Lecavalier (Charles) : Bonjour à vous trois. Écoutez, j'ai juste deux questions. Ça fait que ma première question, c'est plus pour éclaircir sur le milliard. Je comprends bien qu'il y a 900 000 millions que c'est des bonis, bon, disons, non reconductibles, là, sur une année, mais est-ce que… Bon, vous allez chercher de nouvelles infirmières qui vont venir travailler pour le public. Ça, vous l'espérez. Ça, c'est des dépenses récurrentes. Même chose pour les 3 000 personnes du personnel administratif. Quel impact budgétaire ça va avoir, ça, sur le… Parce que ça, on s'entend que ça, c'est permanent. Ça, c'est des gens que vous embauchez et qui vont rester.

Mme LeBel : Bien, dans la convention collective, déjà, on avait prévu, là, par l'ajout de nouveaux postes et par… Parce que, dans la convention collective, il y avait aussi l'objectif de faire passer plus de personnes à temps plein. Là, on accélère par… l'accélérateur par les primes, pour pouvoir amener les gens. Mais il y a, dans la convention collective, déjà… ces postes-là sont déjà prévus. On avait 1 500 nouveaux postes puis 3 500 qui découlent de ce qu'on appelle, nous, le rehaussement, c'est-à-dire le passage d'un temps plein… d'un temps partiel à temps plein. Donc, c'est déjà prévu par la convention. Ce que les primes font, c'est qu'on veut les ramener plus rapidement dans le réseau.

M. Lecavalier (Charles) : Mais ça inclut le 3 000 personnes administratives, les conventions?

Mme LeBel : Non, ça, c'est des choses qu'on en train de regarder, mais on va les mettre, s'il faut les mettre, parce que c'est nécessaire, puis ça dégage les infirmières de travail clérical.

M. Lecavalier (Charles) : Ça fait que ce n'est pas budgété, là, les 3 000.

Mme LeBel : Pas dans la convention.

M. Legault : Là, on va déposer, cet automne, une mise à jour économique avec des prévisions sur un certain nombre d'années. Bon, évidemment, ce qu'Eric Girard puis son équipe font, c'est de calculer combien on va sauver en temps supplémentaire, combien aussi n'a pas été dépensé, dans le budget, pour les postes qui ne sont pas comblés, qu'on cherche à combler depuis trois ans, là. Quand je disais, tantôt, que, quand on est arrivés, on a annoncé beaucoup de postes, mais ils n'ont pas été comblés. Ça fait qu'on n'est pas arrivés à dépenser l'argent qu'on avait mis dans le budget. Ça fait que ça, cet argent-là est disponible.

M. Lecavalier (Charles) : …juste rapidement sur le TSO. Est-ce que vous avez des objectifs précis, clairs, là, tu sais : Dans un an, ça a-tu marché ou pas? Est-ce que vous avez, par exemple, un nombre d'heures total de TSO en ce moment? Puis c'est quoi, votre objectif, là, dans un an, dans deux ans?

M. Dubé : Bien, moi, ce que je veux faire, c'est la façon dont on travaille, là, je vais m'asseoir... maintenant qu'on a mis les grands principes, là, je vais m'asseoir avec les P.D.G., j'ai déjà commencé hier après-midi, puis là, on dit : C'est ça, là, c'est ça, la commande. On connaît très bien le nombre d'heures supplémentaires. On connaît moins le TSO, hein, parce qu'il y avait toutes sortes d'informations sur le TSO en détail. Il était moins connu de façon coordonnée ou centralisée. Appelez ça comme vous voulez.

Ça fait que, là, maintenant qu'on sait que c'est ça, l'objectif, puis qu'on a… moi, je vais leur demander un plan puis je vais leur dire : Écoutez, ça va être quoi… comment vous allez réduire ça? Parce qu'il y a des régions que ça va être plus facile que d'autres. On s'entend, là, il y a des régions que ça va être plus difficile.

Alors, moi, je vous dirais, quand j'aurai ce plan-là, puis on va se revoir, hein, dans la prochaine année, là, je pense qu'à un moment donné je vais vous dire : Bien là, le plan exact, là, pour réduction du TSO, c'est tant. Le temps… La réduction pour les… Un peu comme j'ai fait avec… Lorsqu'on regardait le PCI puis on regardait la main-d'oeuvre indépendante, on vous a communiqué cette information-là. Moi, je pense qu'il est un peu trop tôt. Mais l'engagement, il est clair, ça va baisser pas mal vite.

Le Modérateur : Olivier Bossé, Le Soleil.

M. Bossé (Olivier) : Bonjour. Juste pour comprendre la mécanique des bonis, là, donc une retraitée qui revient au travail maintenant, elle empoche 4 000 $, 5 000 $, 6 000 $. À Noël ou au printemps, elle peut dire : Moi, je débarque. C'est juste qu'elle n'a pas le reste, mais elle garde cet argent-là. Est-ce que c'est à peu près ça?

M. Dubé : …qu'on devrait raisonner comme ça, mais je vous donne l'exemple... Jusqu'à maintenant, là, de tous ceux qui sont venus nous aider au niveau… comme des PAB, tout ça, on n'a jamais eu vraiment de grands enjeux, à ceux qui ont dû partir. On entend toujours une ou deux histoires, mais je vous dirais que… Moi, je pense que… En tout cas, on l'a vu avec la vaccination, là, je vous le dis, on a 20 000 personnes qui sont revenues nous aider, là. On n'a jamais eu d'enjeu. On n'a jamais eu d'enjeu.

Ça fait que moi, je pense qu'une infirmière qui est à la retraite, qui est dans… par exemple, qui revient puis qui est dans une région, là, ciblée, là, imaginez-vous, là, elle reçoit 5 000 $ au moment où elle s'engage pour un an puis elle dit : J'ai 12 mois à travailler puis je vais recevoir un autre 10 000 $. Puis ça, c'est en plus de son plein salaire. Puis là, en plus, on est en train de regarder avec le ministre des Finances comment on va s'assurer qu'il n'y a pas la double fiscalité sur sa retraite. Ça fait qu'imaginez-vous, là, ça commence à être intéressant, parce que notre principe…

Puis c'est pour ça que je vous dis qu'on est en train de finir d'attacher ça, puis, quand la directive va sortir, ça va tout être clair. Mais, ce que le premier ministre faisait remarquer, une infirmière qui est à la retraite, qui va travailler dans le privé, il n'y a personne qui lui enlève sa pension. Pourquoi, quand elle revient chez nous, il faudrait qu'elle diminue sa pension parce qu'elle vient travailler dans le public? Alors, nous, on a regardé nos gens de Justice puis des gens du Revenu puis on a dit : Comment on va faire ça? C'est tellement une grosse différence. Ça fait que je leur dis, aux infirmières, là : Il n'y en aura pas, de double fiscalité, il n'y aura pas de pénalité. Il faut trouver le moyen. C'est pour ça que je vous dis : Donnez-nous quelques semaines pour qu'on l'attache, mais c'est ça qu'est l'objectif.

M. Bossé (Olivier) : On pense ou on parle beaucoup des hôpitaux. C'est surtout dans les hôpitaux qu'on a besoin de ces gens-là, mais est-ce qu'on…

M. Dubé : Mais dans les CHSLD aussi.

M. Bossé (Olivier) : ...CHSLD, groupes de médecine familiale, on parle de tout, là.

M. Dubé : En fait, là, on parle, comme l'a dit le premier ministre, tout ce que nous, on appelle la catégorie 1, O.K.? Catégorie 1, là, c'est infirmières, infirmières auxiliaires, ergothérapeutes... inhalothérapeutes, pardon, excusez-moi, et — qu'est-ce que j'ai — des perfusionnistes...

Une voix : ...

M. Dubé : Oui. Alors, il nous reste des choses à régler, je vais vous dire. Ça, pour moi, ce n'est pas encore défini. Parce qu'on est en train de regarder, je vous donne l'exemple, dans les RPA. Les RPA, il y a des infirmières, mais elles sont payées par le privé. Bien, on est en train de regarder qu'est-ce que ça veut dire. Alors, c'est pour ça, là, je suis... Là, on parle du réseau public, pour le moment, nos CHSLD, nos CHSLD conventionnés. On en a une quarantaine. Mais on est en train... C'est pour ça que je dis : Là, les gens vont penser, là, avec l'annonce d'aujourd'hui, là. Mais, d'ici quelques jours, on va arriver avec une directive très claire.

Le Modérateur : Nous en sommes maintenant à la période de questions en anglais. Nous commençons avec Cathy Senay, CBC.

Mme Senay (Cathy) : Good afternoon to all of you. You have two important verbs here : attract, retain. And you're gambling a lot. I have an impression that you're so sure about the success of this $ 1 billion golden bridge program. Why are you so sure that you will be able to attract nurses and retain them in the public health sector?

M. Dubé : First, because what Mrs. LeBel has done in the collective agreement. She has negociated what the personnel was asking. First. Because we did not invent things that they wanted, we negociated what they wanted. We said : What do you need? We need more stability, you want to remove the obligation on overtime, and all those things that you know. So, we did it in the convention.

Now, I think the clear point is, for me, to make this land. I want to touch the ground. Because, usually, those collective agreements, it takes months to be applied because they're being, after that, discussed, managed locally. We don't have the time for that.

So, we're not inventing what we will implement. We will implement what has been negociated in the collective agreement. So, I wouldn't say that we are taking a gambling. The thing that we're taking is we're having… because we can, the Government can, we have the financial resources to accelerate this implementation.

And one of the things... Because we have been successful in the vaccination, people said : We are willing to come back to help you if the conditions are good. And I think they've seen, during the vaccination, that retired people, in the right environment, for the right time during the day, not at night, not on weekend, they're willing to come back.

So, I don't think we're taking a gambling, because that is what they want. But it's up to us to offer it very quickly. And that is the reason that we have put this amount of money.

M. Legault : It's very important, what Christian just said. Remember, a year and a half ago, the unions, the nurses' unions, many people thought that we would never sign with them, that we would never agree, sign an agreement. Why? Because they wanted so much that we end the mandatory overtime and that we end the use of private agencies. And they finally, with Sonia, signed the agreement. So, unions also thought that it's a good solution for their problem. So, I think that we're both in the boat.

Mme Senay (Cathy) : But if you look at the math, if you take the bonus and then you leave after a year, because you're there, and, finally, nurses didn't come back, so it's still really, really hard to work, and you're leaving... So what are you telling to nurses today? Because it depends about them coming back.

M. Legault : Yes, but unions and us, we both think that they will accept to come back and... I don't see any other examples, in companies or organizations, where you have 40% of your employees that are part time. Why is that? Because there are some kind of incentives that were put together, through the year, where you make more money being part time with overtime paid twice. So, we have to change that because we end up with a situation where the quality of life for the full-time nurses is not acceptable anymore.

Le Modérateur : Matt Grillo, CTV.

M. Grillo (Matthew) : Good afternoon. I'm just wondering : What is your message to nurses who might be listening to this plan, who are focused on quality of life and work schedules and maybe aren't that worried about the money that they're making, who may be skeptical of this plan, who, you know, might have their doubts that, once they go back, their quality of life may not actually be improved? What would you say to them?

M. Legault : Again, they have to believe the solution that is presented by their own unions and by the Government. So, we cannot, both of us, be wrong. I think that we negotiated that with Sonia and we came to the conclusion that that's the way to go. So, I think that it should give confidence to nurses that are listening right now.

M. Dubé : …I'll add one thing. I had the chance, in the last year, to see the negative of the current model, but I've seen also the positive of the way the new models are being implemented. When I go to the CUSM, when I go to the CHUM, when I go to Sainte-Justine, which are using maybe more decentralized approachs, they're using the 12-hour shift, then… I'm not saying this is the solution, but they're seeing modern way of managing people that attract those people. You see, there is no TSO, in those institutions, they don't have problem with that. So, I think we need to go back and say : Those are best practices.

I'll give you an example, in the… I think, the Globe and Mail, this week : four of our hospitals are part of the best hospitals managed in the world. Sainte-Justine is one of them, CHUM is one of them, CHUQ, in Québec, is one of them. So, I mean, we don't need to go that far to look at the best practices. We just need to implement them everywhere, and that's exactly what we'll do in the next year.

M. Grillo (Matthew) : Mr. Legault, I also want to get you on Bill 105 and to get your comments on what was tabled today with regards to the protests. You mentioned your patience was running thin, yesterday. I'm just wondering : Why wait until now to do it, to table something like this? Because we've seen the protests, and it's clear these groups were not going anywhere, they were going to continue doing it. So, I'm just wondering : Why now?

M. Legault : First, it's never easy to say : You cannot manifest, you cannot go on the street. It's not something that you can do everyday. So, you have to be careful. We want to make sure that people will not win trying to say that the law is unacceptable, that we cannot enforce it. Second, we wanted to make sure that we don't use that only for schools, but also for kindergatens, for hospitals. So, we wanted to do it correctly. And I think that, also, we need to have the support of all the other parties. And I think that it's the right time.

Le Modérateur : On a deux questions de notre collègue de Global News…  qui remplace Raquel Fletcher : How will one-time bonus solve retention problems after the first year?

M. Legault : You want to go?

M. Dubé : Sure. Well, I think... if I understand the question correctly, I think that gives us... the fact that we pay one-third of the incentive at the beginning and two-thirds at the end, I think that would allow the time for those people, first, that have stayed, and especially for the ones that we attract to come back... that will leave them the time to see that this new environment is the right environment for them. That's the decision. Because we know that the measures that have been designed in the collective agreement is exactly what they have been asking for. So, it's for us to say : Come and see, you can touch and you can feel that we really have implemented what you were asking for. That's the thing that we'll do the next year.

Le Modérateur : As a follow-up : What are you doing to attract and retain orderlies?

M. Dubé : Orderly, you mean like…

Le Modérateur : Les préposé aux bénéficiaires.

M. Dubé :OK. Well, I think we have done a lot for the «préposés aux bénéficiaires». I think that, as the Premier has said, we have done many measures. I think we have been able to retain a lot of them. And I think we will continue also to make sure that their number don't go below a certain line. So, we'll continue to train to get new ones. Because, again, when we have the right amount of staff, the environment is good. So, I think, for us, we will continue to do training to make sure that we have people, when they retire, to replace them.

M. Legault : And maybe to give you two figures : we finally hired 9,400 and we still have, now, 8,500 that are still working. So, it's better than expected.

Le Modérateur : Une petite dernière d'un média local, pour vous, M. Dubé. C'est un média de l'Abitibi, MédiAT, qui demande, à propos de la question de l'enjeu de Senneterre... Vous en avez parlé tout à l'heure, mais apparemment que les gens là-bas ne décolèrent pas à la suite de l'annonce de la fermeture partielle des services de santé. Des élus locaux et des centaines de citoyens ont dénoncé haut et fort la situation. La population demande carrément de revenir sur cette décision. Avez-vous l'intention de vous pencher sur ces réalités locales particulières de ce dossier?

M. Dubé : Bien, je pense que la première chose qui va arriver avec Senneterre... Regardez l'importance des mesures, des incitatifs qu'on met pour des régions comme Senneterre : on met 18 000 $ sur la table pour aller chercher du personnel. C'est la mesure la plus généreuse de tout le programme qu'on met, parce qu'on veut aller chercher du personnel.

Mais, en attendant, je le répète, les gens doivent comprendre... je sais que ce n'est pas facile, mais doivent comprendre qu'on veut offrir un service sécuritaire. Puis, quand les employés soit d'un hôpital ou d'une urgence disent : Moi, mon environnement n'est pas sécuritaire, je ne peux pas rentrer travailler sans soit prendre un risque pour moi ou pour les patients, je pense qu'on n'a pas le choix d'offrir de la réorganisation de services. Mais c'est pour ça qu'on agit avec le programme qu'on a mis sur la table.

Le Modérateur : Merci infiniment, madame et messieurs. Bonne fin de journée.

(Fin à 14 h 12)