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Point de presse de Mme Dominique Anglade, cheffe de l’opposition officielle

Version finale

Le jeudi 23 septembre 2021, 8 h

Hall principal de l'hôtel du Parlement, hôtel du Parlement

(Huit heures quatre minutes)

Le Modérateur : Alors, bonjour. Bienvenue au point de presse de la cheffe de l'opposition officielle, Mme Dominique Anglade. Alors, sans plus attendre, à vous la parole.

Mme Anglade : Merci. Alors, bonjour, bonjour à tous. Aujourd'hui, je vais vous dire, je suis quand même contente que la pression qu'on a exercée sur le gouvernement ait fonctionné et que, ce matin, il y a un projet de loi qui va être déposé pour nous assurer qu'il n'y ait pas d'intimidation qui se fasse autour de nos écoles, auprès de nos enfants.

Je me surprends un peu, hier, nous avons présenté une motion qui élargissait seulement... pas seulement que ce soit fait autour des écoles, mais également autour des CHSLD, autour des endroits de vaccination, le gouvernement a voté contre, mais je suis optimiste que, dans le projet de loi qui va être déposé aujourd'hui, ces éléments-là seront également inclus.

Parlant de protection des enfants, c'est un peu troublant, particulièrement troublant de constater à quel point un enseignant en particulier, une enseignante en particulier avait eu un effet dévastateur sur une école en termes de contamination. Et c'est la raison pour laquelle, depuis plusieurs semaines, on dit que la vaccination obligatoire devrait être étendue pour les enseignants également parce qu'il s'agit de la protection des enfants, il s'agit de leur propre santé, leur propre sécurité, alors qu'eux-mêmes ne sont pas vaccinés à ce moment-ci. Je parle particulièrement des plus jeunes, de moins de 12 ans.

Et ça, bien, il faut se poser la question : Qu'est-ce qu'on attend pour étendre la vaccination obligatoire à notre corps enseignant? Hier, il y avait même un médecin qui disait : Au début, j'étais contre, mais, à voir les résultats et à voir ce qui se passe, je suis obligé de dire que ce serait probablement la bonne chose à faire que d'étendre cette vaccination obligatoire.

Alors, qu'attend le gouvernement? Plus de cas, plus de contamination, plus d'enfants malades? On a besoin d'agir. On veut que le gouvernement étende cette vaccination obligatoire. Maintenant, je suis prête à répondre à vos questions.

Journaliste : Quelles sont vos attentes spécifiques concernant le plan qui va être annoncé par M. Dubé cet après-midi?

Mme Anglade : Depuis des mois, on constate la situation de crise. On constate les fermetures des urgences, on constate à quel point la situation n'a jamais été aussi dramatique dans notre système de santé. Je m'attends à ce qu'il y ait eu des consultations avec le milieu. Vous savez qu'on a demandé un comité de gestion de crise justement pour que les propositions émanent de la base et qu'elles fassent partie de la proposition. Donc, premièrement, je m'attends à ce que ces consultations aient eu lieu.

Deuxièmement, je m'attends également à ce qu'on ait une véritable prise de conscience de la part du gouvernement. On est déjà très tard dans les propositions qui vont être amenées par le gouvernement, et j'espère que le réveil de la semaine dernière, où ils se sont dit surpris puis finalement qu'il fallait agir, bien, ça a donné un électrochoc au gouvernement. Alors, on verra les résultats.

Mme Côté (Claudie) : M. Dubé a dit qu'il voulait leur redonner le sourire, aux infirmières. Qu'est-ce qui leur redonnerait le sourire dans la situation actuelle?

Mme Anglade : La capacité pour les intervenants, là, de pouvoir voir les propositions qu'ils ont mises de l'avant depuis des mois vraiment être intégrées. Évidemment, les conditions de travail, on va se le dire, là, les conditions de travail, c'est le nerf de la guerre. Les incitatifs pour qu'ils retournent au travail, le fait qu'ils puissent avoir une véritable conciliation famille-travail, tout ça, ce sont des éléments qui vont faire en sorte que les gens vont être davantage satisfaits. Mais, encore une fois, il faut que les gens se sentent entendus par le gouvernement, ce qui n'est pas le cas à l'heure actuelle.

M. Lacroix (Louis) : Mais là on va faire pleuvoir, de ce qu'on comprend, des milliards sur le système de santé pour amener des infirmières, infirmières auxiliaires. Est-ce que, si vous êtes élue à la prochaine élection, vous vous engagez à maintenir ces sommes d'argent et les conditions de travail qu'on va avoir données aux infirmières de façon pérenne pour faire en sorte qu'on ne se retrouve pas dans trois ans, quatre ans, dans une situation semblable?

Mme Anglade : L'épine dorsale, hein, de notre système de santé, là, ce sont nos soignants, ça, c'est l'épine dorsale, et je pense qu'il est fondamental d'investir pour nous assurer qu'ils restent là. Mais je vous dirais que j'irais plus loi. Il y a d'autres secteurs qui sont présentement largement mis de côté, par exemple toute la question de la santé mentale, qui ne sont pas financés au niveau où ils devraient être financés. Donc, ce n'est pas juste de dire : On veut maintenir la situation actuelle ou ce qui va être proposé. Moi, je veux voir comment ça va s'étendre à des secteurs qui sont névralgiques également et qui sont sous-financés aujourd'hui.

M. Lacroix (Louis) : Donc, vous allez en rajouter, si je comprends bien, là.

Mme Anglade : Alors, je n'ai pas vu le plan du gouvernement, mais ce que je peux vous dire, par contre, c'est que moi, je vois encore des secteurs qui sont sous-financés, sur lesquels on n'a pas agi alors qu'on savait qu'il y avait des enjeux importants. Ça fait plus d'un an qu'on parle, par exemple, du financement pour les enjeux de santé mentale, ça fait des mois qu'on parle d'établir des conditions de travail qui ont du sens pour nos infirmières, donc, c'est sûr qu'on veut aller dans cette direction-là.

M. Bergeron (Patrice) : Est-ce que l'équilibre budgétaire va rester quand même une priorité dans votre éventuel prochain mandat?

Mme Anglade : L'équilibre budgétaire, c'est toujours quelque chose d'important. Mais fondamentalement, là, on sort d'une crise qui est majeure. Les gens qui ont été touchés par ça, frappés de plein fouet, là, ce n'est pas le temps d'aller faire des économies, c'est le temps de s'assurer que notre système public fonctionne. C'est ça, la priorité.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Est-ce que le projet de loi n° 96 est discriminatoire, Mme Anglade?

Mme Anglade : À quel point de vue il est discriminatoire?

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...

Mme Anglade : Bien, écoutez, il y a des questions qui se posent présentement au niveau des commissions parlementaires. Puis je pense que le message qu'on doit envoyer, là, c'est la volonté pour notre formation politique d'envoyer un message très clair par rapport à l'importance de la protection et de la promotion du français. C'est pour ça qu'on a fait 27 propositions.

Maintenant, il y a plein de débats qui ont lieu en commission parlementaire, mais notre objectif, ce n'est pas d'avoir un projet de loi qui soit discriminatoire au bout du compte, ça, c'est certain.

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...les commissions scolaires anglophones qui sont en plus pas contentes...

Mme Anglade : Avancez un petit peu...

M. Pilon-Larose (Hugo) : ...des commissions scolaires anglophones ne sont pas heureux du fait que vous avez appuyé une motion voilà quelques jours les concernant. Ils sont, ce matin, en commission parlementaire. Avez-vous un message pour eux?

Mme Anglade : La protection de la langue française, la promotion de la langue française, là, c'est l'affaire de tous, c'est l'affaire de tous, de tous les Québécois, incluant ceux d'expression anglaise. Et moi, je suis convaincue que la majorité des Québécois d'expression anglaise le comprennent, le saisissent, et je pense qu'il faut en faire un travail d'unité là-dedans.

Évidemment, il faut toujours rappeler l'importance que l'on doit accorder aussi aux services donnés à la communauté d'expression anglaise, donc c'est un équilibre. Mais c'est l'affaire de tous. Ce n'est pas l'affaire des anglophones ou des francophones, c'est l'affaire de tous, la langue française.

M. Lacroix (Louis) : Est-ce que vous êtes d'accord, finalement, à ce qu'en fait le français, langue officielle du Québec, soit finalement inscrit dans la Constitution canadienne?

Mme Anglade : Il va y avoir, évidemment, les débats, mais, comme vous avez pu le lire récemment, on est favorables. Maintenant, il va falloir qu'on ait les débats article par article, mais on est favorables. Je veux dire, de manière générale, tout élément qui fait en sorte qu'on est capables de renforcer, d'affirmer ce que nous sommes comme société, comme nation est un élément dans la bonne direction.

M. Robitaille (Antoine) : Est-ce que vos militants vous suivent? Parce que, quand on regarde les commentaires sur Internet, notamment, bien, ça ne vous suit pas tout le temps, les gens sont sceptiques dans la communauté anglophone, critiquent ces positions-là. Avez-vous l'impression que tous vos militants vous suivent?

Mme Anglade : Alors, je peux vous dire que la grande majorité de nos militants, peut-être que vous allez en trouver un qui n'est pas dans cette situation-là, ça, c'est le propre d'un parti politique, évidemment, mais la grande majorité de nos militants nous suivent. Puis d'ailleurs les lettres ouvertes que l'on fait, on les fait en français, on s'assume en anglais, je veux dire, il n'y a pas de différence. Puis je pense que l'objectif, c'est de faire en sorte qu'on ait quelque chose où tout le monde se sent interpellé par ça.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Concernant la police de Repentigny, croyez-vous que... et le fait que la ville n'applique pas les conclusions de la Commission des droits de la personne, est-ce que le gouvernement doit intervenir, mettre sous tutelle la police, parler à la ville? Y a-tu de quoi qui ne marche plus là-bas?

Mme Anglade : Bien, en lisant l'article, je ne sais pas si vous avez tous eu l'opportunité de lire cet article-là ce matin, mais je trouvais ça vraiment choquant. Je trouvais choquant qu'un enseignant se fasse arrêter à cause de la voiture qu'il conduit, que des enfants de 12 ans, des enfants se fassent arrêter parce qu'ils jouaient à cache-cache, puis on leur a mis une pression indue, qu'un père qui organise une fête de famille se fasse arrêter injustement devant un enfant de trois ans. C'est choquant, puis ce que ça nous dit, ça, c'est qu'il y a véritablement un enjeu, puis on l'appelle le racisme systémique. C'est un exemple probant de ce que c'est. Le gouvernement a dit qu'il agirait là-dessus. Où sont les résultats? Regardez ce qui se passe aujourd'hui. Ça se répète, ça se répète encore. Où sont les résultats? Que fait François Legault par rapport à ça? Je n'ai pas vu d'action.

M. Pilon-Larose (Hugo) : Comment on peut expliquer qu'un corps policier en particulier, celui de Repentigny, ait autant de problèmes? Est-ce que c'est comme endémique dans l'administration de ce corps de police là? Comment est-ce qu'on peut expliquer ça?

Mme Anglade : Vous utilisez le mot «endémique», «systémique», et il y a visiblement un problème. Il y a visiblement un problème. Puis moi, je ne peux pas répondre à la question de manière précise sur ce qui se passe, mais, quand on voit les résultats, on sait que la question de la discrimination systémique est présente là, c'est évident. On ne peut pas me dire qu'à cause de la couleur de ta peau tu vas être... tu as trois fois plus de chances d'être arrêté. Ça n'a pas de sens. Et c'est ça qu'il faut régler. Et c'est là que le gouvernement doit intervenir et qu'il n'intervient pas.

Le Modérateur : Dernière question en français.

M. Bergeron (Patrice) : Concernant la vaccination obligatoire des enseignants... proposé, vous avez entendu, donc, un médecin, hier, dire qu'il faudrait la rendre obligatoire, mais est-ce que c'est assez pour fonder une position? Ce ne serait pas mieux de demander un avis externe, non, ou...

Mme Anglade : Mais il y a plusieurs personnes qui se sont prononcées en faveur de la vaccination obligatoire. Encore une fois, ce n'est pas une science exacte. Mais qu'est-ce que nous dit la science aujourd'hui? Ils nous disent que les enfants sont plus malades. Ce que nous dit la science aujourd'hui, c'est que nos plus jeunes ne sont pas vaccinés et que, conséquemment, si on veut les protéger, il faut créer un environnement sécuritaire. Ils nous disent quoi? L'aération dans nos écoles, la vaccination des personnes qui les entourent, c'est ça qui aide.

Alors, pourquoi est-ce qu'on ne va pas dans cette direction? Est-ce qu'on va attendre la dernière minute, encore une fois, pour proposer quelque chose de la part du gouvernement? Le gouvernement attend toujours la dernière minute pour réagir.

Le Modérateur : ...

M. Larin (Vincent) : Peut-être juste sur le projet de loi qui va être étudié aujourd'hui, Mme Anglade…

Le Modérateur : On va passer en anglais, s'il vous plaît.

Mme Senay (Cathy) :Mrs. Anglade, what do you say to Claire Samson today? Because Liberals were ahead of the game. So, what you say to Claire Samson?

Mme Anglade : I say to Claire Samson that we need to protect our children. We need to protect our kids from having people that are antivaccination going to them and intimidating them. And everybody should be really prioritizing our children. That's what I'm telling Claire Samson.

Mme Senay (Cathy) : But you know that she has the power to stop the… to vote against accelerating the process.

Mme Anglade : I'm asking her to think about all the children that are impacted today and the possibility of things getting a lot worse because we don't control the situation. We are not against people demonstrating, we are against people intimidating and demonstrating in front of children in locations that are dangerous for the people that are impacted.

Mme Senay (Cathy) : But you are in favor of extending this special bill to day-cares, hospitals, vaccination centers, CHSLDs?

Mme Anglade : Yesterday, we deposed a motion. The Government voted against the motion where we extended not only for schools, but also for areas where they vaccinate people, CHSLD, day-cares, we extended that. So, we hope that the Government is going to listen to us and include this in their bill.

Mme Senay (Cathy) : The plan that will be announced by the Health Minister and the Premier this afternoon, it can be called «la grande séduction».

Mme Anglade : It can be called… sorry?

Mme Senay (Cathy) : It can be called «la grande séduction» to bring back, to convince nurses to come back to the Public Health centers. They cannot fail on this. This is too big for them to fail on this plan.

Mme Anglade : Yes, but it's been too big to fail for a long time, and they haven't reacted yet. Last week, we had a minister that was still surprised by the level of damage that is in the system. Really, he was surprised, and he is probably the only one that was surprised across Québec. So, I really believe that they need to send a clear message that they have understood. But, in order to understand, you need to listen to people. It's not only… the Minister and do a follow-up, it's really work on a plan with the people on the ground in order to do this.

Mme Senay (Cathy) :  What do you want to see?

Mme Anglade : I want to see clear proposals that are supported by the people on the ground in the proposals they are going to make. I want to see that they are really listening to the people on the ground. I want to see that they are no longer surprised by what's going on, but they really understand that they have a big part of the responsibility to make this happen.

Mme Côté (Claudie) : Mme Anglade, sur le projet de loi qui va être étudié cet après-midi, là, est-ce qu'on devrait l'élargir à plus que les écoles ou encore… les CHLSD?

Mme Anglade : Hier, nous avons déposé une motion qui l'élargissait. Nous avons déposé une motion hier qui pourra vous être envoyée, si vous ne l'avez pas reçue, qui justement élargissait les... pas seulement pour les écoles, mais également les CHSLD, les lieux de vaccination. Donc, la CAQ a voté contre. Nous, ce que l'on souhaite, c'est que, dans le projet de loi qui soit déposé aujourd'hui, ce soit élargi. Donc, on espère qu'ils ont entendu le message.

(Fin à 8 h 18)

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